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Vivement l'Ecole!

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Intolérables violences, très "organisées", à la Faculté de Droit de Montpellier! Les images et témoignages...

23 Mars 2018 , Rédigé par France 3 Publié dans #Education, #Politique, #Université

Montpellier : des étudiants occupant la fac de Droit passés à tabac par des hommes cagoulés

Scène d'une grande violence, la nuit dernière à la faculté de Droit de Montpellier. Plusieurs étudiants occupant les locaux ont été agressés par une douzaine d'hommes cagoulés. Les forces de l'ordre sont intervenues vers 1h du matin. Plusieurs jeunes sont hospitalisés.

Vers minuit et demi, selon les témoignages, une bande de 10-15 personnes cagoulées a agressé les manifestants. Armés vraisemblablement de matraques ou de bâtons, visibles sur les images postées sur les réseaux sociaux, les hommes ont visiblement tenté de faire évacuer les locaux de force.

Résultat: plusieurs étudiants blessés, selon notre reporter, Caroline Agullo, qui était sur place. Certains ont été transportés à l'hôpital.

Qui sont les agresseurs?

Pour l'instant, rien ne filtre de l'enquête de la police mais certains étudiants présents accusent le doyen de la faculté de droit de Montpellier d'avoir commandité cette évacuation forcée.
Joint par France 3, Philippe Petel s'est défendu d'être à l'origine de cette attaque, mais insiste également sur la nécessité qu'il y avait à faire évacuer les lieux.

Ecoutez cette étudiante présente lors de l'agression. Elle est au micro de Caroline Agullo. Elle a les mains en sang après avoir tenté de dégager un étudiant attaqué et coincé sous une grille.

Réponse du doyen de la faculté de Droit, accusé par les étudiants d'avoir pour le moins facilité l'accès de l'université aux hommes armés et cagoulés.

Sylvie Bonnet

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La réforme Macron de l’université.. Analyse/La Vie des Idées...

21 Février 2018 , Rédigé par La Vie des Idées Publié dans #Education, #Politique, #Baccalaureat, #Université

La réforme Macron de l’université.. Analyse/La Vie des Idées...

EXTRAITS

Alors que l’université accueille les enfants de la démocratisation scolaire, la réforme Macron permet aux établissements d’enseignement supérieur de sélectionner leurs étudiants. Défendant l’université comme lieu de formation et de recherches, S. Beaud et M. Millet invitent à s’interroger sur le sens de la poursuite d’études dans une société démocratique.

Au moment où commencent les choses sérieuses, à savoir la mise en place concrète de la loi ORE (Orientation et Réussite des Étudiants) qui, à travers la production par chaque formation universitaire de prérequis (appelés « attendus »), remet en cause le principe sacré de la liberté d’accès à l’université de tous les bacheliers de France et de Navarre [1], ce texte souhaite revenir sur certains enjeux de cette réforme qui semblent insuffisamment évoqués dans les débats en cours. Celle-ci est en effet historique dans la mesure où, depuis l’échec du projet Devaquet de 1986, toute idée de sélection à l’université a été exclue par les gouvernements de notre pays. Or cette loi, malgré ses précautions sémantiques, vise à faire sauter ce verrou et entrer l’université française dans une nouvelle ère.

Au delà des questions pratiques, bien sûr importantes, que pose le pilotage de cette réforme et de la situation actuelle de l’université, affaiblie par la conjonction de 10 ans de LRU, de disette budgétaire et de plusieurs décennies d’accroissement des effectifs étudiants, il apparaît essentiel de replacer au cœur des débats la réflexion sur la fonction sociale de l’université en France. Depuis 30 ans, il a été assigné à la plupart des formations universitaires (hormis le secteur de Médecine/Pharmacie, protégé par le concours de fin de première année) la fonction d’accompagner, le plus souvent avec les moyens du bord, le puissant mouvement de poursuite des études issu de ce qu’on a coutume d’appeler la « seconde explosion scolaire » [2] (Chauvel, 1998). Aussi l’université a-t-elle été avec les STS [3], de tous les segments de l’enseignement supérieur, celui qui a accueilli la plus forte proportion des « enfants de la démocratisation scolaire » (Beaud, 2002) issus de la politique des 80 % au bac décidée par J.-P. Chevènement en 1985. La loi ORE vise clairement à rompre avec cette mission. Elle donnera sans doute satisfaction à tous les partisans du tour de vis qui espèrent ainsi pouvoir choisir (enfin) leur public. Mais elle laisse en suspens, dans le flou ou le non-dit, la question - décisive à nos yeux - du sens et de la forme que doit prendre la dynamique de poursuite d’études supérieures pour les nouvelles générations de bacheliers, appelée par l’économie de connaissance qui est celle désormais des pays développés.

(...)

...  la loi ORE - tant sur sa forme, brutale, que sur le fond - procède essentiellement d’un regard d’en haut sur l’université qui est lui-même intimement lié à l’« élitisme républicain » (Baudelot, Establet, 2009) dont on peut souligner qu’il imprègne de part en part les premiers mois de la Présidence Macron. La priorité est accordée à la promotion de filières d’excellence comme fer de lance de la start up nation qui se conjugue avec l’abandon de toute conception progressiste et démocratique de l’université.

La mise en place de la loi ORE ne manquera pas, à terme, d’avoir de profonds effets structurels, déjà inscrits dans la loi LRU (2007) : une nouvelle hiérarchisation des universités et des filières, une tendance à leur polarisation, sans compter un sérieux coup de pouce pour le secteur privé du supérieur qui pourrait s’engouffrer un peu plus [14] dans les brèches ouvertes par le flou institutionnel (voir Graphique 5) et les très probables, et durables, dysfonctionnements de l’usine à gaz qui s’annonce dans ce secteur stratégique de la première année post-bac, à l’université.

Sans compter que cette réforme du premier cycle universitaire, en instaurant une sélection à l’entrée de l’université, feint de ne pas voir deux processus essentiels qui lui sont associés. D’une part, sa mise en œuvre pratique a de fortes chances de finir de détruire l’investissement dans leur métier de personnels administratifs sous-payés et d’enseignants-chercheurs soumis à rude épreuve depuis la mise en place de la LRU, devant faire face à une criante pénurie de moyens. D’autre part, cette réforme, en rompant avec la fonction sociale objectivement assignée depuis 30 ans au premier cycle universitaire - celle d’amortisseur social de la crise, de régulation de la longue transition professionnelle des bacheliers « moyens » - ne dessine aucune perspective d’avenir aux futurs refusés à l’entrée de l’université. Parce que cette réforme fait payer aux nouveaux étudiants les conséquences de politiques d’ouverture inconséquentes, jamais accompagnées ni assumées jusqu’au bout, cette politique de sélection à l’entrée dans l’université ne débouche, pour eux, sur aucun autre horizon que celui du précariat et de la galère.

Stéphane Beaud et Mathias Millet

Stéphane Beaud & Mathias Millet, « La réforme Macron de l’université », La Vie des idées , 20 février 2018. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/La-reforme-Macron-de-l-universite.html

A lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous

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CP à 12 et Parcoursup... A force de raconter n'importe quoi...

20 Février 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Université

CP à 12 et Parcoursup... A force de raconter n'importe quoi...
A force de raconter n’importe quoi sur ce qui s'est fait entre 2012 et 2017,  les "observateurs", volontairement ou pas, ont préparé les esprits :
 
- à recevoir comme magique une mesure démagogique et imposée sans discussion.
 
Alors que les cours préparatoires à 12 pour 2000 classes, en déshabillant toutes les autres sans que personne ne se demande ce que deviennent ces gamins une fois qu’ils rejoindront brutalement des CE2 à 28, vont entraîner des catastrophes.
 
- à accepter une réforme de l’université qui acte la fin du droit d’accéder à l’université.
 
Parce que "quand même  c’est toujours mieux que le tirage au sort!" ... sauf que le tirage au sort n’a jamais concerné, si ce n'est de manière totalement exceptionnelle et de plus en plus périphérique ,  que deux ou trois filières particulièrement demandées , par des étudiants grosso modo du même niveau (Staps, psycho...) alors que la réponse  apportée par le Gouvernement Philippe, elle, va bel et bien restreindre l’accès à TOUTES les filières.
 
Christophe Chartreux
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Blanquer casse-t-il le lycée et l’université ? (Mediapart/Videos émission du 7/02/2018)

8 Février 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique, #Université

Invitées :

Sylvie Plane, linguiste et ancienne vice-présidente du Conseil supérieur des programmes
Valérie Philippeau, professeure d'histoire-géographie en terminale
Christine Jarrige, psychologue de l’éducation nationale
Leïla Frouillou, maîtresse de conférences en sociologie à l'université Paris Nanterre

À lire :

Les risques de la future réforme du bac et du lycée
La réforme du bac amorce la refonte du lycée
A Paris, les manifestants défilent contre «un système d'éducation à plusieurs vitesses»

Invités :

Rachid el-Guerjouma, président de l’université du Mans
Annabelle Allouch, sociologue, auteure de La Société du concours
Lilâ Le Bas, présidente de l’Unef
Annliese Nef, maîtresse de conférences en histoire à Paris I-Université Panthéon-Sorbonne

À lire :

Face à Parcoursup, les lycéens entre interrogations et angoisses
Des enseignants contestent toujours la réforme de l’universit
Notre dossier complet sur l'université

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Parcoursup... Un point de vue...

8 Février 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Parcoursup, #Université

Parcoursup... Un point de vue...

Parcoursup: le dernier combat

(...)

1. La plateforme Parcoursup, c’est l’arbitraire d’une prédiction d’orientation définie par des enseignant.e.s de Terminale désorienté.e.s; c’est l’inégalité sociale d’un bonus accordé à celles et ceux qui disposent d’un patrimoine extra-scolaire, social ou culturel ; c’est un dispositif qui favorise celles et ceux qui en maîtrisent les codes. Jeu de piste ou loterie : la plus grande réussite de Parcoursup est de vous désorienter. Et pourquoi donc ?

2. L’objectif de Parcoursup et son monde (Loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants, dite loi ORE, réforme du bac et du lycée) est de créer un grand marché dérégulé de l’éducation. Ce marché est déjà en place. Chers parents, chères lycéennes et chers lycéens, des dizaines d’officines privées sont prêtes à vous piller et remplaceront très bientôt les conseillers d’orientation, lesquels sont gratuits. L'une d'entre elle propose de choisir entre une formule Inspiration (320 euros) et une formule Sérénité (560 euros). Pour 810 euros il existe même une option « inscription internationale »**. Le rêve du patronat va s’accomplir : que les étudiants payent leur propre orientation, leur formation – l’augmentation des droits d’inscription est programmée - et au final, pourquoi pas, payent pour travailler !

3. Parcoursup est la négation du libre choix pour chaque jeune de définir son avenir professionnel, de se réorienter ou encore du droit –parfaitement légitime ! - de ne pas savoir à 17 ans quelle voie professionnelle il/elle souhaite emprunter.

4. La conséquence mécanique de Parcoursup, c’est la guerre à tous les niveaux : guerre entre lycéen.ne.s pour accéder aux meilleurs formations, guerre entre formations, entre universités et entre établissements secondaires, entre public et privé, entre pauvres et riches ; mais aussi tensions entre profs et élèves, entre enseignants et entre parents et profs de terminale. Et guerre entre enseignants-chercheurs pour devenir ou ne pas devenir des bureaucrates de la sélection.

5. Tout est déjà en place que pour que la sélection à l’entrée de l’université s’institutionnalise. Après des années de réductions budgétaires et de dégradation des conditions de travail, les universitaires sont majoritairement favorables à la mise en place d’une sélection qu’ils considèrent à tort comme un remède à leurs difficultés ; les présidents d’université y poussent ; les conseils d’administration des universités, chambres d’enregistrement dominées par des membres extérieurs et des majorités présidentielles, valideront capacités d’accueil et attendus.

6. Les réformes Macron-Vidal-Blanquer ont une systématicité et s’imposent dans une stratégie du choc. Réforme du Bac (bac spécifique à chaque lycée = bac maison), réforme du lycée (lycée "modulaire"), loi ORE et politique de réduction du nombre de fonctionnaires participent d’une même logique : la défonctionarisation de l’éducation et de l’enseignement supérieur et leur entrée dans le secteur concurrentiel privé. La stratégie de l’empilement des réformes et leur imposition sans concertation - et en dehors de tout cadre légal pour ce qui est de la loi ORE - visent à empêcher les mobilisations et toute contestation démocratique.

7. Si les réformes Macron-Vidal-Blanquer s’imposent, les syndicats réformistes, que ce soit le Sgen-CFDT pour les personnel ou la Fage pour les étudiants, auront une responsabilité historique dans la mise en œuvre d’une politique de ségrégation sociale et de destruction de la fonction publique. Ils veulent débattre et pourquoi pas négocier le poids des chaînes, alors qu’il faut se battre et ne rien céder. Ils n’ont pas encore compris que Macron, c’est la politique de Sarkozy, avec le sourire et la com’ en plus.

8. Mener le combat contre la sélection, c’est défendre la justice sociale, la démocratie et le libre accès au savoir. C’est aussi refuser que les compétences se substituent partout aux connaissances, c’est refuser que les formations soient calibrées en fonction des besoins du patronat, vieux rêve de la droite que Macron-Vidal vont exaucer. C’est défendre le principe que la connaissance n’est pas une marchandise, que l’accès au savoir est un droit humain fondamental et qu’à cette fin, l’Université publique doit être soutenue et doit rester ouverte à tous les bacheliers. C’est essentiel pour l’égalité des chances, pour le progrès social, mais c’est aussi fondamental pour l’université elle-même dont les fondements ont été évidés par dix années de réformes néolibérales et les valeurs à peu près réduites à néant. Selon Sophie Orange et Romuald Bodin, dans un article important qu'on peut lire ICI, "APB et Parcoursup partagent le fait d'être des outils pensés par et pour les milieux sociaux les plus favorisés et risquent donc de produire la désorientation des moins favorisés là où il était censé la réduire".

9. Dans une importante « Recommandation concernant la science et les chercheurs scientifiques » la Conférence générale de l’UNESCO réunie à Paris au mois novembre 2017, liait étroitement la valeur de la recherche à celle des scientifiques eux-mêmes, dont l’accomplissement des tâches exige « des qualités d'intégrité et de maturité intellectuelle, alliant d'éminentes qualités intellectuelles et le respect des principes éthiques ». Aussi l’UNESCO recommande-t-elle ceci aux États membres :

« faire en sorte que tous leurs ressortissants, sans distinction de race, de couleur, d’ascendance, de sexe, de genre, d’orientation  sexuelle, d’âge, de langue natale, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale, ethnique ou sociale, de condition économique ou sociale de naissance, ou de handicap, jouissent des mêmes possibilités d'acquérir une éducation et une formation initiales leur offrant les qualifications nécessaires aux carrières dans la recherche et le développement, et que tous ceux qui ont acquis cette aptitude jouissent de la même possibilité d'accès aux  emplois existants dans la recherche scientifique. »

Ce que les universitaires ne mesurent pas encore, c’est que derrière l’accès à l’université pour les bacheliers se joue aussi l’accès à l’emploi scientifique et le statut même des fonctionnaires, le statut des enseignants-chercheurs que Pécresse n’avait pas réussi à casser en 2009 et que Macron entend remettre en cause. Quand les universitaires se rendront compte de ce qui se joue là, ce sera trop tard. 

10. Parcoursup n’est pas qu’un dispositif technocratique. Cette plateforme porte en elle un modèle de société. Ce modèle - qui est celui de la compétition, de la concurrence et de la sélection – est mortifère pour toute civilisation.

Pascal Maillard

Le 7 février 2018

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«Avec Parcoursup, je n’aurais pas pu accéder à l’université»...

2 Février 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Université, #Parcoursup

«Avec Parcoursup, je n’aurais pas pu accéder à l’université»...

«Parcours super naze, l’exclusion est en marche» ; «Même Darwin n’avait pas imaginé tant de sélection» ; «Fac pour tous»… Placée sous le signe de la convergence des luttes, la première journée d’action contre les réformes de l’entrée à l’université et du baccalauréat n’a pas fait le plein. Ils étaient plusieurs milliers (2 400 selon la police) à manifester jeudi après-midi à Paris, et environ 400 à se réunir devant le rectorat de Lyon.

Le premier syndicat chez les enseignants du supérieur (Snesup-FSU), l’organisation étudiante Unef, les syndicats lycéens UNL et SGL, FO, CGT, SUD et d’autres réclament le retrait du projet de loi sur les nouvelles modalités d’accès à l’université, jugées sélectives, via la plateforme d’inscription Parcoursup lancée il y a dix jours. Ils ont été rejoints par la FCPE, première fédération des parents d’élèves, qui souhaite que «le baccalauréat reste la seule porte d’entrée» à l’enseignement supérieur.

Premiers concernés, les lycéens étaient nombreux à marcher entre les facs de Jussieu et de la Sorbonne. Comme Adrien, 16 ans, en première ES à Palaiseau (Essonne). «Je trouve ça injuste, tout le monde devrait pouvoir accéder aux études qu’il veut. Quelqu’un de moyen au lycée comme moi peut tout à fait réussir à l’université. Je préférais le tirage au sort à ces critères arbitraires.» A ses côtés, Medhi, 16 ans, en seconde à Cergy (Val-d’Oise), est inquiet : «J’ai peur de ne pas trouver d’université, d’être dans le désarroi total en fin de terminale.»

Des étudiants étaient présents en signe de soutien aux lycéens. «Je n’aurais jamais pu accéder à l’université avec cette réforme. J’étais en terminale STG [sciences et technologies de la gestion] dans un lycée pas facile. J’aimerais que tous les lycéens aient les mêmes chances que moi, tonne Matthieu, 24 ans, en histoire à Paris-I. D’autre part, le contrôle continu au bac ne peut fonctionner que si tous les élèves ont la même éducation pour ne pas créer une France à deux vitesses, ceux des lycées d’élite et les autres. La sélection passerait aussi par ce biais-là.» Fabienne, prof de maths au lycée Jules-Ferry, abonde : «Ce qui est prévu est que ce soit les universités qui choisissent leurs étudiants, et non plus l’inverse. C’est aberrant.»

Marlène Thomas

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Sélection universitaire : «Pas nés sous la même étoile…»

14 Janvier 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Université

Sélection universitaire : «Pas nés sous la même étoile…»

La réforme de l’accès à l’enseignement supérieur entend conditionner à des «attendus» l’entrée des étudiants dans chaque filière. Officiellement, il s’agit de lutter contre l’échec à la fac. En réalité, le «plan étudiants» du gouvernement n’est qu’une vaste machine à trier.

Les paroles du groupe de rap IAM n’ont jamais sonné plus juste, à la veille d’une réforme annoncée - mais pas encore votée ! - touchant l’accès à l’université : «Pas nés sous la même étoile…» Le gouvernement entend instaurer des «attendus» nationaux et locaux - le flou n’étant pas le moindre des défauts de cette réforme - afin de «mieux orienter» les lycéens dans le choix de leurs études à l’université. Des millions de vœux seraient ainsi examinés, voire en partie automatisés. Selon quels critères? types de bac? de lycée? notes de première et terminale? voire du brevet des collèges? Les idées ne manquent pas! Tout cela donnerait lieu à un classement aboutissant in fine à une inscription dans la filière de leurs choix pour les «meilleurs bacheliers» que l’on commence à appeler les «bacheliers étoiles», et là où il reste de la place pour les autres. On ne le sait que trop : les inégalités scolaires s’enracinent largement dans des inégalités sociales (ce que les Anglo-Saxons nomment «an accident of birth») et accéder aux diplômes du supérieur, c’est se donner plus de chances d’éviter le chômage, les jobs mal payés, les statuts précaires… Bref, le système scolaire reste l’un des piliers de la reproduction sociale, certes, mais les efforts de démocratisation scolaire ont aussi aidé la mobilité sociale ascendante des classes populaires stabilisées et des (petites) classes moyennes, et cela, on le dit moins.

Pour autant, le système scolaire français reste structurellement profondément inégalitaire. D’un côté, des grandes écoles et leurs classes préparatoires, pour lesquelles les élèves sont sélectionnés tôt, couvés dans des établissements au taux d’encadrement élevé et qui contribuent largement à la reproduction sociale (environ 50 % d’enfants de cadres supérieurs et 15 % d’enfants d’ouvriers-employés, alors que ces catégories représentent respectivement 15 %(1) et 50 % de la population active). De l’autre, des universités aux capacités d’accueil réduites comme peau de chagrin, des personnels précarisés et des budgets de plus en plus contraints : la loi LRU (2007) a conduit à l’assèchement des caisses et à l’extrême mise sous tension des établissements universitaires, les rendant inefficaces pour mieux dénoncer leur incurie et imposer, au nom de l’autonomie, des mesures d’austérité. L’argent ne manque pas pourtant lorsqu’il s’agit d’alimenter Labex, Idex, chaires d’excellence, primes en tous genres pour «stars» de la recherche, sans parler des 5, 5 milliards du Crédit d’impôt recherche (CIR), devenu une véritable niche fiscale pour certaines entreprises et constituant autant de financements perdus pour la recherche publique.

Etrangement, cette inégalité structurelle massive est totalement absente de la réflexion gouvernementale. Et, à travers la réforme qui vient, c’est la première fois que s’exprime autant le refus de la démocratisation scolaire. Celle-ci ouvrait ce droit simple : permettre à ceux qui le souhaitent, une fois le baccalauréat obtenu - or, tout le monde ne l’a pas, 78 % de bacheliers dans une classe d’âge en 2016, 40 % pour un bac général - de fréquenter l’université et la filière de son choix.

Malgré les démentis et les tours rhétoriques, c’est ce droit fondamental aux études qui est remis en cause. Le «planétudiants» n’est qu’une vaste machine à sélectionner et à trier.

Les trois «piliers» de l’argumentation gouvernementale sont bien fragiles :

1) On nous assène des chiffres qui font peur : selon les lieux (Assemblée, médias) et les personnes (ministre, députés LREM…) qui s’expriment, on parle de 50 % à 70 % d’échecs en licence ! Pourquoi pas 80 % ou plus ? (2) Quand on en est à ce niveau d’approximation, tout est dicible. On agite la peur, toujours, avec un maître mot : «l’échec». Si, donc en classes préparatoires, l’échec au concours signifie qualité de la formation, en licence cela devient «gâchis insupportable» ! Que deviennent ceux qui arrêtent ? On n’en sait pas grand-chose et on n’en dit rien : Réorientation ? Travail ? Autres formations ? Sur quoi reposent ces «données», on n’en sait rien, car au niveau des UFR et des universités le devenir des étudiants est très mal connu. Et les quelques recherches accessibles sur cette question ne vont pas dans le sens du discours gouvernemental, loin s’en faut.

2) La qualité injuste et absurde du tirage au sort, tout le monde la reconnaîtra, mais elle a été une pratique très marginale, et il existe d’autres moyens que ce plan étudiants pour la supprimer.

3) Enfin, sont créées des fictions de toutes pièces : après le malade imaginaire, l’étudiant imaginaire. De toutes parts est propagée la figure de l’étudiant perdu qui s’inscrit là où il n’a rien à faire ! Il a évité les mathématiques pendant tout le lycée, qu’à cela ne tienne, il veut absolument faire de la physique théorique en fac ! Il ne jure que par la musique mais c’est en Staps qu’il s’inscrit… Pourtant qui ne sait parmi les enseignants, comme parmi les étudiants, que ceux qui ne sont pas là où ils devraient être sont plus victimes de l’absence de places que de neurones.

C’est à se demander si les prérequis pour gouverner ne sont pas, eux aussi, à revoir : quand il n’y a ni maîtrise des données et des statistiques ni définition et description objective du phénomène qu’on prétend réformer, peut-être devrait-on avoir la décence de poser les stylos, se taire et écouter un peu les spécialistes de l’enseignement supérieur qui, de toute évidence, ne sont pas au pouvoir.

Menée à la va-vite par un ministère que l’on ne peut, a priori, soupçonner d’amateurisme, cette réforme universitaire qui vient révèle, in fine, son vrai visage, idéologique : «En finir avec le mythe de l’université pour tous» (selon les propres mots du président Macron), bref interdire aux élèves des classes populaires et moyennes d’accéder aux études supérieures de leur choix. En un mot, les enfermer définitivement dans un destin scolaire qui sera leur tombeau social.

(1) Et non 25% comme indiqué dans une version précédente.

(2) Selon les données statistiques du ministère, parmi les nouveaux inscrits en licence 1 (L1), environ 40 % chaque année passent en L2 ; environ 30 % redoublent ; environ 30 % ne se réinscrivent pas (ceux qui sont dits avoir «abandonné»). Ces chiffres ne sont pas nouveaux et étaient déjà presque identiques au début des années 60 selon les archives statistiques du ministère. En d’autres termes, ils ne sont pas liés à la massification, à l’arrivée en masse des bacheliers professionnels ou à une baisse du niveau généralisée des bacheliers. Ils varient aussi fortement selon les universités.

Nous vous invitons à venir en débattre, le 20 janvier à 14 heures, à la Bourse du travail (s. Hénaff), 29, boulevard du Temple (75003).

Annabelle Allouch Sociologue, UPJV,
Romuald Bodin Sociologue, Nantes,
Raphaëlle Branche Université de Rouen,
Christel Coton Sociologue, Paris-I,
Laurence De Cock Historienne,
Fondation Copernic,
Corine Eyraud Sociologue, AMU,
Laurence Giavarini Littérature française, université de Bourgogne, Sauvons l’université !,
Matthieu Hély Sociologue, UVSQ, président de l’Association des sociologues Enseignant-e-s du supérieur,
Bernard Lahire Sociologue, ENS-Lyon,
Mathilde Larrère Historienne, Paris-Est Marne-la-Vallée,
Gérard Noiriel Historien, EHESS,
Sophie Orange Sociologue, Nantes,
Willy Pelletier Sociologue, Fondation Copernic, Irène Pereira Philosophe, ESPE de Créteil,
Romain Pudal Sociologue, CNRS,
Johanna Siméant Politiste, ENS,
Jérémy Sinigaglia Sociologue, IEP de Strasbourg.

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"Petit plaisir du matin : lire le descriptif de fonctionnement du futur #Parcoursup"...

26 Décembre 2017 , Rédigé par Twitter - Guillaume Ouattara Publié dans #Education, #Parcoursup, #Université

"Petit plaisir du matin : lire le descriptif de fonctionnement du futur #Parcoursup"...

Via Guillaume Ouattara Blogueur-invité pour LeMonde.fr

Sur Twitter il est à  suivre ici @ingenuingenieur

Sur Le Monde, il est à lire là ingenuingenieur.blog.lemonde.fr

Et c'est toujours instructif!

Christophe Chartreux

                   _______________________________________________

"Petit plaisir du matin : lire le descriptif de fonctionnement du futur ... Je souhaite bien du courage aux élèves de terminale pour comprendre la plateforme"

"Petit plaisir du matin : lire le descriptif de fonctionnement du futur #Parcoursup"...

"Je sens que des milliers d'élèves vont perdre leur place sur liste d'attente car ils auront oublié de cocher "je souhaite conserver mes places sur liste d'attente"..."

"Petit plaisir du matin : lire le descriptif de fonctionnement du futur #Parcoursup"...

"Les "vœux multiples" seront donc des voeux dans les vœux ne comptant au total que pour un vœu parmi les 10 vœux obligatoires mais on ne pourra pas dépasser les 20 sous-vœux (10 sous-vœux par vœu)... En fait, devrait presque devenir une épreuve du bac !"

"Petit plaisir du matin : lire le descriptif de fonctionnement du futur #Parcoursup"...
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Entrée à l’université : le curieux service après-vente de deux députés LRM dans un lycée...

21 Décembre 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Université

Entrée à l’université : le curieux service après-vente de deux députés LRM dans un lycée...

EXTRAITS

Alors que l’Assemblée a adopté mardi en première lecture la loi réformant l’accès à la fac, des parlementaires sont venus la présenter à des parents dans la soirée. Accueil inquiet.

Ils ne sont pas arrivés en terrain conquis, loin de là. « Admettez que c’est une nouvelle sélection, pourquoi vous ne l’assumez pas ? », lance sans détour un parent d’élève. Venus présenter la réforme de l’accès à l’université devant des parents d’élèves de terminale, Laetitia Avia et Pierre Person, jeunes députés parisiens La République en marche (LRM), ont été fraîchement accueillis mardi 19 décembre, alors qu’ils tentaient un curieux service après-vente d’un texte adopté le jour-même, à l’Assemblée nationale, en première lecture.

Inquiets, perdus, en colère, la soixantaine de parents et les quelques lycéens installés dans la salle de cinéma du lycée Maurice Ravel (Paris, 20e) ne manquaient pas de questions, très concrètes, alors qu’arrivent pêle-mêle des « attendus » à l’entrée des licences et des recommandations des premiers conseils de classe de terminale sur l’orientation des élèves, dans un « grand flou » quant au rôle de ces futurs ingrédients dans le passage à l’université.

(...)

« Est-ce qu’on est plus rassuré après cette discussion, je ne pense pas, et on n’est pas plus informé non plus… », regrette une maman d’élève, qui salue tout de même l’initiative. « Je trouve ça scandaleux que des députés viennent nous vendre leur soupe dans un lycée public », lâche à l’inverse une mère d’élève excédée, entre deux portes.

Du côté des parlementaires, l’organisation du rendez-vous embarrasse. Si la députée Laetitia Avia assure qu’elle est venue faire ce qu’elle considère comme un « exercice de pédagogie » à la demande des parents d’élèves, le proviseur du lycée, Philippe Le Guillou, confie à l’inverse que c’est à sa propre demande que la parlementaire est venue rencontrer les parents de sa circonscription…

Camille Stromboni

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Etudiants, l'avenir à crédit...

30 Novembre 2017 , Rédigé par Public Senat Publié dans #Education, #Université, #Jeunesse

Dans le monde, les jeunes poursuivant des études supérieures étaient 13 millions au milieu des années 60. En 2015 ils étaient 200 millions. Dans 15 ans ils seront 400 millions. Une formidable clientèle se dessine. Partout la transmission du savoir devient une marchandise, un service à vendre. Sous l´effet de la compétition internationale, les universités se transforment en de gigantesques entreprises. Une enquête aussi éclairante qu´inquiétante sur un phénomène émergent en Europe...

Réalisé par Jean-Robert Viallet. Production : Arte France, CFRT

Public Sénat

Film à voir en cliquant ci-dessous

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