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Vivement l'Ecole!

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Précarité étudiante : à Paris, les files d’attente pour la distribution alimentaire ne faiblissent pas

14 Juillet 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Université

https://images.bfmtv.com/VpmXR5_cB73gQyjxdPSRvYnxybk=/7x0:1191x666/1184x0/images/Face-a-la-crise-laide-alimentaire-est-devenue-indispensable-pour-les-etudiants-965522.jpg

EXTRAITS

L’association Linkee, qui prépare des colis avec des invendus alimentaires, vient en aide à 15 000 étudiants d’Ile-de-France depuis un an, notamment à Ground Control, dans l’est de la capitale.

La pluie s’abat sur le préau de l’ancien entrepôt de la SNCF, où plus de 200 étudiants font la queue. Ce soir du mardi 13 juillet, c’est à Ground Control, lieu culturel et branché de l’est parisien, que la distribution a lieu. Le principe : sur présentation de sa carte, tout étudiant inscrit en amont sur le site de l’association Linkee peut recevoir gratuitement un colis de 7 à 8 kilos de produits bio, issus des invendus des supermarchés, chaînes de vente à emporter et autres cantines collectives – dont les stocks s’écoulent plus ou moins bien en fonction du recours au télétravail.

« Chaque année, dix millions de tonnes d’aliments partent à la poubelle », rappelle Julien Meimon, fondateur de Linkee en 2016. Sur les étals, des choux rouges, du fenouil, des ananas, des avocats et des œufs permettront de cuisiner pendant plusieurs jours. Parfois, des chefs bénévoles remettent eux-mêmes aux étudiants leurs petits plats.

Depuis un an, l’association essaime auprès de 15 000 étudiants ces marchandises dans vingt points de distribution en Ile-de-France, des « tiers-lieux » tels des bars ou espaces culturels, qui rendent le moment moins formel. En plus d’un colis, chacun peut bénéficier des conseils d’associations présentes sur place, pour trouver un logement, rencontrer un psychologue ou encore se faire couper les cheveux par une coiffeuse bénévole.

A Ground Control, le pic de fréquentation lors du confinement a atteint les 900 personnes. « Au début, je suis venue pour la nourriture et après, j’y suis restée car il fallait absolument que je voie du monde. Un bonjour, un sourire… J’ai l’impression d’être une clocharde en disant cela, mais c’est pourtant ce dont nous avons besoin », relate Delphine, étudiante en master à l’Ecole des hautes études en sciences sociales.

Dans la file d’attente, se dévoilent des visages marqués par la fatigue ou la gêne de recourir à l’aide alimentaire. « Mon père n’a qu’une petite retraite et ma mère ne travaille qu’irrégulièrement. Je suis obligée de les aider », témoigne une jeune fille, en deuxième année d’études de médecine à l’Université de Paris, qui a perdu son job de serveuse à cause du confinement.

(...)

Lors de son discours du 12 juillet, Emmanuel Macron a eu un mot pour « une jeunesse qui a tout sacrifié » mais la promesse d’agir est restée évasive, le chef de l’Etat renvoyant à la rentrée pour présenter « la garantie jeune universelle », dispositif financier qui, jusqu’ici, est réservé aux jeunes sans qualification.

« Quid des étudiants ? », réagit le syndicat L’Alternative, qui souligne que les 2,8 millions d’étudiants ne sont donc pas concernés par cette annonce. Et quid de la réforme des bourses promise à trois reprises depuis le début du quinquennat ? La Fédération des associations générales étudiantes, première organisation représentative, demande en urgence une allocation de rentrée ainsi qu’une revalorisation et une extension des bourses à un plus grand nombre de bénéficiaires.

(...)

Soazig Le Nevé

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Parcoursup : l’admission à l’université, hypothèse incertaine pour les lycéens

2 Juillet 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Université

L'épreuve Parcoursup a-t-elle supplanté le bac ?

EXTRAIT

Le tri des candidatures aux licences universitaires comporte une part d’aléatoire, y compris pour des lycéens affichant un bon dossier. Une source de frustration et de stress supplémentaire.

Sa position la plus favorable sur liste d’attente : 4 000e. La plus mauvaise : 8 000e. Depuis un mois, Flora (les prénoms ont été modifiés) se sent en sursis, à mesure que Parcoursup rend ses réponses d’admission dans l’enseignement supérieur. Elève au lycée Hélène-Boucher, dans le 20e arrondissement de Paris, 14/20 de moyenne, la jeune fille souhaite intégrer une licence en sciences politiques à Paris-I ou à Nanterre, un projet validé par ses professeurs et par le chef d’établissement sur la « fiche avenir » versée à son dossier de candidature.

Pourtant, ces deux formations « non sélectives » l’ont mise en attente. Au bout de trois semaines, deux autres formations, qui étaient pour elle des « vœux de secours » – licence de psychologie et licence d’administration économique et sociale (AES) – pour lesquels Flora était aussi en attente, ont fini par lui donner une réponse positive, des centaines de places s’étant libérées ces derniers jours.

L’exemple de Flora est loin d’être isolé et trois ans après la mise en place de Parcoursup, la question est de savoir si les filières « non sélectives » à l’université sont encore une réalité lorsque les listes d’attente sont si longues qu’aucun espoir n’est permis pour le candidat mal classé. Le ministère de l’enseignement supérieur martèle de son côté qu’aucun refus d’admission ne peut être formellement opposé par les commissions d’examen des vœux puisqu’elles n’ont pas la possibilité de dire « non » à des candidats. En revanche, elles peuvent les placer en fin de liste d’attente s’ils n’ont pas été classés par l’algorithme de tri.

« Seule une capacité d’accueil insuffisante peut justifier qu’il ne soit pas fait droit à une demande d’inscription dans une formation non sélective, affirme Jérôme Teillard, responsable de la plate-forme Parcoursup. Evidemment, certaines de ces formations peuvent connaître des tensions en dépit des créations de places régulières conduites dans le cadre du plan étudiants et du plan de relance. » Jeudi 1er juillet, 16,6 % des 841 000 candidats (lycéens et étudiants en réorientation) restaient sans proposition. A partir du 2 juillet, chacun pourra solliciter un accompagnement de son rectorat pour trouver une formation parmi les places encore vacantes.

Professeur principal dans l’académie d’Amiens, Jean (qui a requis l’anonymat) ne souhaite plus « assurer le service après-vente » de la plate-forme. « Je m’interroge cette année plus que les précédentes, rapporte-t-il. La grande question des élèves est de savoir s’ils auront une place à l’université, ce à quoi je suis incapable de répondre. » Dans sa classe, cet enseignant d’histoire-géographie observe un phénomène nouveau : des élèves à 11 ou 12/20 de moyenne reçus en classe prépa, une autre avec 17/20 sur liste d’attente pour le Parcours accès santé spécifique (PASS) de la faculté de médecine, tandis qu’une troisième à 14,5/20 y a été admise dès le premier tour… « Elles ont choisi les mêmes spécialités en 1re et en terminale et présentent des profils similaires, sans engagement extrascolaire qui aurait pu faire la différence entre elles, analyse leur professeur. Est-ce dû à un bug informatique ? Est-ce qu’il vaut mieux avoir 14 partout plutôt que 17 de moyenne avec une grande différence entre deux matières ? »

(...)

Soazig Le Nevé

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Un étudiant sur deux obligé de sauter un repas, selon une nouvelle étude

2 Juillet 2021 , Rédigé par Le Figaro Publié dans #Education, #Université, #Jeunesse

Un étudiant sur deux obligé de sauter un repas, selon une nouvelle étude

EXTRAIT

Une étude de Linkee menée auprès de 3 281 étudiants révèle que la précarité étudiante n’a jamais été aussi élevée. Et 40 % des participants envisagent même d’arrêter complètement leurs études.

«Pas de vacances pour la précarité», explique Julien Meimon, président de l’association Linkee qui vient en aide aux plus démunis tout en luttant contre le gaspillage alimentaire à Paris. Cette organisation vient de publier une étude inquiétante sur la précarité étudiante: 97 % des participants vivent sous le seuil de pauvreté. Julien Meimon souligne les difficultés rencontrées par les étudiants, au-delà de la crise sanitaire: «Ces jeunes vont mettre beaucoup de temps à s’en relever. C’est un problème de fond qui n’est pas tranché parce que les terrasses ont ouvert et que les gens se préparent à partir en vacances».

(...)

Jean Cittone

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Génération Covid, le malaise étudiant [Enquête] - Vidéo

27 Juin 2021 , Rédigé par Public Sénat Publié dans #Education, #Université

« C’est dur d’avoir 20 ans en 2020 », affirmait Emmanuel Macron le 14 octobre.

Mais en 2021, la situation des 2,8 millions d’étudiants en France n’a jamais été aussi précaire. Selon la Fondation Abbé Pierre, les 18-30 ans ont été les premières victimes des conséquences économiques et sociales de la crise du Covid-19. Le sénateur des Hauts de Seine Pierre Ouzoulias préside la mission d’information sur la vie étudiante. Il est allé à la rencontre des acteurs concernés pour mieux cerner le malaise étudiant. Les jeunes : victimes collatérales de la crise sanitaire ?

Une enquête de Flora Sauvage (2021)

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Parcoursup : "C'est un moment de stress tous les matins", racontent des élèves sur liste d'attente

10 Juin 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Université

Parcoursup : "C'est un moment de stress tous les matins", racontent des élèves sur liste d'attente

Depuis la publication des résultats, le 27 mai, des centaines d'adolescents toujours sur liste d'attente sur la plateforme de vœux Parcoursup se réveillent avec la boule au ventre.

"Tous les matins, quand je me lève, je vais sur le site. Ça rythme ma journée." Lilou a 18 ans et, comme des centaines d'adolescents, elle est encore en liste d'attente sur Parcoursup. Lycéenne à Saint-Dié-des-Vosges (Vosges), elle n'a toujours pas reçu de réponse positive pour entrer dans l'une des quinze écoles d'infimières auxquelles elle a postulé. "Je crois que j'ai demandé tous les établissements qui existent dans le Grand Est."

Chaque matin, après mise à jour des classements Parcoursup, Lilou compte scrupuleusement le nombre de places qu'elle a gagnées depuis la veille. "C'est un moment de stress tous les matins. En deux semaines, je suis passée de 1 000e à 450e pour l'école de Saint-Dié-des-Vosges", tente-t-elle de se réjouir, tant bien que mal. Dans un autre établissement, elle a bondi de la 1 500e à la 700e place depuis le 27 mai, jour de la publication des résultats. Encore trop peu. Un stress pour elle et pour ses parents, car plus les jours passent, plus ses chances d'être acceptée quelque part s'amenuisent.

"On se sent très déçu quand on voit que ça n'avance pas ou peu", regrette Candice, scolarisée à Saint-Priest, près de Lyon. En réorientation, Ryad, qui sort d'une première année de licence en physique, ne voit plus son dossier remonter : "Actuellement, j'ai l'impression de ne gagner aucune place. C'est assez anxiogène."

Un sentiment d'injustice

"Ce que je ne comprends pas, pointe Lilou, c'est qu'une autre élève de ma classe, qui a 9 de moyenne, a été prise." La jeune fille affiche 12 de moyenne générale, spécialités SVT et maths, mais les portes des écoles restent fermées pour le moment. "On ne comprend pas comment les critères marchent. Peut-être que les lettres de motivation doivent contenir des mots-clés… On ne sait pas, on essaie de chercher des solutions, de comprendre."

Même problème pour Thomas*, qui fréquente un établissement de la banlieue lyonnaise. Candidat dans plusieurs prépas, il a le sentiment que son choix d'options l'a pénalisé : "Je suis en spécialités maths et sciences de l'ingénieur. Un de mes amis a les mêmes options que moi, mais il avait physique en première et moi, numérique et sciences de l'informatique. Nous avons des moyennes similaires et il a été pris alors que je suis sur liste d'attente." Victoria, qui espère une place au sein d'un BTS commerce international, ressent un sentiment d'injustice : "J'ai l'impression que ceux qui ont une bonne moyenne ont moins de chances d'être pris", déplore la lycéenne mosellane.

Et lorsqu'on repart pour un tour après une première année d'études supérieures, Parcoursup réserve aussi son lot de surprises. Maxime, élève dans une prépa littéraire bordelaise, souhaite se réorienter en institut d'études politiques (IEP). Il a postulé dans sept établissements, mais là encore, c'est liste d'attente à tous les étages. Au vu de sa progression quotidienne, il espère rapidement accéder à la liste principale à Toulouse. "Mais à partir du moment où je suis pris à Toulouse, j'ai trois jours pour donner une réponse, sinon ma place est donnée à quelqu'un d'autre." Alors que c'est Sciences Po Lille qui fait envie à Maxime, il regrette de devoir jouer "quitte ou double" "Si je refuse Toulouse, je n'ai aucune garantie d'être pris à Lille par la suite. Mais si j'accepte Toulouse, tous mes autres vœux sont annulés et je perds mes chances d'aller à Lille."

L'espoir et le stress d'une réponse tardive

Tout de même acceptée en fac de psychologie, Lilou souhaite ardemment entrer en école d'infirmières. Mais elle s'inquiète de la réponse tardive qu'elle pourrait avoir. "Si je suis prise à Nancy, je sais que c'est une ville avec beaucoup d'étudiants, donc je me dis que je vais devoir chercher un appartement plus tard que les autres, mais je ne sais pas encore et ça rajoute du stress", commente-t-elle.

Chaque jour, elle angoisse un peu plus face à l'échéance qui approche : "J'ai peur de ne pas avoir une formation qui me convient et de perdre une année. Il reste encore cinq semaines pour que ça se débloque, mais si mi-juin rien n'a changé, je vais commencer à vraiment m'inquiéter."

"C'est sûr que je ne suis pas serein", reconnaît Maxime. Il critique notamment l'absence de transparence de la plateforme, puisqu'il est impossible de savoir combien de places restent à pourvoir en temps réel dans chaque formation. Candice le rejoint : "On ne sait pas si on a vraiment une chance ou pas. C'est un peu dur d'y croire, sans se faire de faux espoirs."

* Le prénom a été modifié.

Marianne Chenou

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Comment Parcoursup refaçonne la sélection à l’entrée des grandes écoles

9 Juin 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Université

Comment Parcoursup refaçonne la sélection à l’entrée des grandes écoles

EXTRAITS

Délaissant les concours, des écoles postbac font le choix de sélectionner les candidats à travers Parcoursup, alimentant un soupçon d’opacité sur le tri des dossiers.

S’il existait un indice de frustration des candidats sur Parcoursup, serait-il plus élevé cette année que les précédentes ? Il y a une dizaine de jours, le 27 mai, les premiers résultats d’admission dans l’enseignement supérieur ont été communiqués aux 641 000 lycéens inscrits sur la plate-forme. Depuis, monte une petite musique jouée par ceux qui présentent un excellent profil académique et disent avoir été recalés dans l’une, voire dans toutes les formations sélectives qu’ils visaient.

Des professeurs confirment l’inquiétude de leurs élèves et y voient le révélateur d’un dysfonctionnement de la plate-forme, où les écoles peuvent paramétrer à leur guise l’algorithme de tri classique proposé par le ministère de l’enseignement supérieur, nommé « outil d’aide à la décision ». « Le chaos habituel est décuplé, les classements incohérents révélant des situations scandaleuses », a dénoncé sur Twitter le professeur d’histoire Thibaut Poirot, qui voit grandir « le ressentiment de jeunes qui, malgré leurs bons dossiers, malgré leur investissement, nous disent aujourd’hui “ça n’a servi à rien de travailler” ».

Plus qu’en 2020, la campagne actuelle porte l’empreinte de la crise sanitaire. L’impact est réel dans les dossiers, après une année quasi entière d’enseignements hybrides et dépourvue d’épreuves anticipées du bac. Bulletins de notes et appréciations sont notoirement plus flatteurs qu’à l’accoutumée, selon les enseignants chargés d’examiner les dossiers, et les candidatures sont plus difficiles à départager.

(...)

A Sciences Po, chacun des 15 000 dossiers reçus a été examiné par deux évaluateurs qui ne se connaissaient pas et n’avaient pas le droit de communiquer entre eux. « Ils disposaient de plusieurs dossiers issus d’un même lycée, pour constituer une grille de compréhension de son système de notation », poursuit la directrice des admissions.

Mais aucune règle n’est édictée pour pondérer les notes en fonction du lycée d’origine, ce dont s’offusquent des proviseurs de grands lycées privés parisiens, qui affirment que leurs élèves s’en trouvent floués compte tenu d’une notation plus stricte. « Aucune consigne passée n’a pu jouer en leur défaveur au moment de l’évaluation des dossiers. Si nous constatons à l’issue de cette campagne que des lycées privés voient décliner le nombre de leurs élèves sélectionnés, nous nous pencherons sur la question », évacue Gabriela Crouzet. L’école promet un bilan de cette campagne inédite par l’afflux de candidatures (en hausse de 103 % par rapport à 2020) qu’a permis Parcoursup et qui devrait contribuer à la « diversification des profils » qu’elle vise, avec un objectif de 30 % de boursiers.

« Copie miroir »

Annulé pour la seconde année consécutive pour cause de crise sanitaire, le concours commun de sept Sciences Po de région a pour sa part tenu à maintenir une épreuve écrite à distance, sur laquelle ont planché quelque 13 500 candidats, dont 2 500 sont sortis « classés ». « Nous savions que les critiques allaient pleuvoir sur le fait que des parents auraient pu rédiger la copie, relate Pierre Mathiot, directeur de Sciences Po Lille. Pour réduire ce risque, nous avons corrigé pour chaque candidat classé une copie miroir certifiée par son lycée afin d’évaluer d’éventuels écarts tangibles de niveau entre les deux travaux. »

En sus, un algorithme a géré l’examen des dossiers Parcoursup « en neutralisant les parties littéraires des bulletins pour ne prendre en compte que les notes », détaille le directeur lillois, qui « présume que les notes correspondent au niveau réel des élèves ». Cette année, les IEP ont néanmoins inclus dans leur algorithme le taux de mentions obtenues au bac en 2019, « ce qui redressera certainement les choses en faveur des lycées privés et publics de centre-ville ».

(...)

La frustration des lycéens envers Parcoursup est une évidence pour Thomas Lagathu, tant la promesse d’accompagnement faite par la réforme du lycée n’a pas été tenue. Les salons « virtuels » consacrés à l’orientation ont été « une catastrophe car il ne s’y est rien passé du tout » et des « erreurs d’orientation » sont à prévoir, prévient-il.

Premier signal : le 28 mai, au lendemain de l’ouverture de la plate-forme, 913 candidats sans proposition l’avaient déjà quittée, soit 17 % de plus en comparaison avec la campagne 2020. Dix jours plus tard, ils étaient 3 612, en hausse de 12 % par rapport aux statistiques constatées l’an passé.

Soazig Le Nevé

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Parcousup2021 Sucks. Encore plus que d'habitude.

4 Juin 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Université, #Education

Parcousup2021 Sucks. Encore plus que d'habitude.

EXTRAITS

Bon. Ayant très immodestement écrit l'un des deux meilleurs articles de tous les temps au sujet de #Parcoursup (l'autre étant disponible sur Lundi matin), j'étais décidé à fermer ma bouche cette année pour essentiellement deux raisons : la première c'est qu'en tant que parent j'ai de nouveau un enfant mien dans cette loterie, et la seconde c'est que cette année encore plus que les précédentes j'ai - ainsi que les collègues avec qui nous assurons le recrutement du meilleur DUT Infocom de la galaxie connue - pleuré des larmes de sang durant des semaines entières à force de constater le niveau d'incurie présidant aux supposées "mises à jour" de la plateforme et à ce qu'elle produisait au final comme automatisation ou acceptation des inégalités.

216 900 jeunes sans aucune proposition acceptée.

Oui mais voilà je suis tombé hier sur une des interventions de la figure tutélaire de l'ESR, oscillant entre un Voldemor sous anxiolytiques et une Gorgone Méduse aux fantaisies capillaires éreintantes, j'ai nommée Frédérique Vidal. Dont l'argumentaire se résume en trois points auxquels je vais sommairement répondre :

  • "tout va bien, les profs et les services des rectorats sont formidables"

Là j'ai surtout envie de crier dans son oreille avec la délicatesse d'un Jean-Marie Bigard répondant aux questions d'un journaliste sur le port de l'étoile jaune comme signe de refus de la vaccination. Et accessoirement je tiens à ta disposition, Frédérique, les échanges de mails avec les services (totalement dépassés) du rectorat à chaque fois que nous les sollicitions pour l'un des innombrables bugs de cette année. Mais c'est vrai qu'ils sont gentils. Formidablement dépassés et incompétents sur les points techniques (à moins bien sûr que la compétence ne se mesure à l'aune de la capacité à répondre "nous sollicitons la plateforme et revenons vers vous rapidement"), mais gentils, en effet. 

  • "7 bacheliers sur 10 ont reçu une ou plusieurs propositions"

Fume. Il y avait 723 000 bacheliers l'année dernière - et il y en a davantage cette année. Ce qui signifie que si les chiffres avancés par la ministre sont vrais (d'ailleurs on vérifie comment hein ?), 506 100 bacheliers auraient reçu une ou plusieurs propositions. Cette immarcescible quiche étant supposée maîtriser la soustraction au regard des coupes qu'elle continue d'opérer dans le renouvellement des postes de titulaires, cela veut surtout dire qu'à ce jour 216 900 lycéen.ne.s n'ont toujours reçu absolument aucune proposition de Parcoursup (à titre d'information, l'année dernière à la même époque ils étaient plus de 400 000 sans réponse positive ... donc en effet c'est ... "mieux").

Cette année ces 216 900 lycéen.ne.s sont par ailleurs en train de plancher sur le fumeux "grand oral" du Bac de l'oncle Jean-Michel Fétide Blanquer, lequel grand oral contient, je le rappelle, un temps de discussion sur l'orientation choisie ("échangez avec le jury sur votre projet d'orientation"). Autant vous dire, que pour 216 900 jeunes gens et jeunes filles à ce jour, cette discussion sur le "projet d'orientation" se prépare avec la même motivation qu'un entretien de renouvellement de ses droits chez pôle emploi. Comment peut-on même imaginer que ces jeunes gens et jeunes filles préparent un oral sur leur projet d'orientation quand leur avenir s'appelle "refus", quand leur espoir s'appelle "en attente" et quand leur présent se résume à "0 propositions d'admission" ?!

Capture d’écran 2021-06-02 à 09.30.41

  • "tout le monde se réjouit d'en avoir fini avec le tirage au sort comme modalité de sélection pour l'entrée dans le supérieur."

Alors là. Mais alors là bordel. J'ai un stock de métaphore conséquent me permettant d'éviter les injures mais même lui (le stock) il a tendance à s'épuiser devant des gens qui osent tout à ce point et que c'est même à cela qu'on les reconnaît (comme l'écrivait Audiard). Donc pour une remise en contexte historique rapide sur cette histoire de "tirage au sort", on se réfèrera utilement au début du thread du Professeur Logos sur Twitter dont je me permets de reprendre ici les premiers éléments : 

1/ #ParcourSup, c'est le jour de la marmotte: les mêmes éléments de langage, d'année en année. Au départ, il y avait la volonté idéologique de reprendre la loi Devaquet (si tu savais) sur la sélection, avec une mise en concurrence croisée établissements/candidats.

2/ Aussi le ministère avait-il mis en place cette opération d'enfumage: un "tirage au sort" pour régler un nombre infime de cas, bien inférieur au nombre de candidats découragés par Parcoursup, problème qu'un traitement rationnel et humain aurait solutionné en une semaine chrono.

3/ Tout l'enjeu était de parvenir à faire croire qu'il s'agissait d'un problème de plateforme, et pas de 15 ans de sous-investissement, dans le temps même où les enfants du babyboom de l'an 2000 devenaient adultes.

4/ Il y eu deux étages d'enfumage pour faire oublier la démographie: le matraquage d'un problème fictif (APB fonctionne par tirage au sort) et l'inepte marronnier "Parcoursup fait-il mieux qu'APB?" En 2006, APB parvenait à 76% d'affectations INSTANTANEMENT; 53% en premier vœu …

Et pour la suite, c'est par là :-)

Bien. Maintenant laissez-moi vous expliquer pourquoi Parcoursup nous amène, contrairement aux affirmations de Frédérique Voldemor Gorgone Vidal, vers toujours davantage de "tirage au sort". 

(...)

Bonus Track.

Oui des solutions existent pour éviter toute cette gabegie. En voici quelques-unes. Non exhaustives. 

Rétablir la hiérarchisation des voeux.

Cesser de fragmenter et d'atomiser les processus se saisie et de traitement.

Cesser de faire peser la charge de la contrainte et de la vérification sur les premières victimes de ces systèmes, c'est à dire les lycéens et lycéennes.  

Etablir clairement et en toute transparence la réalité du recrutement et de l'examen des dossiers pour chaque catégorie de formation (= dire si les lettres de motivation, les appréciations, le CV seront ou non regardés et prix en compte ou si c'est juste la moyenne qui sera prise en compte, et dire alors quelle moyenne il faut avoir pour espérer une place). Aujourd'hui on indique simplement aux familles qu'elle peuvent demander à consulter l'algorithme local. Ce qui revient, au lieu de s'engager à promouvoir un système "juste", à inverser la charge de la preuve en demandant aux familles de faire les démarches  pour prouver qu'elles ont pu être victime d'une injustice. Et devinez quoi ? Non seulement les familles ont autre chose à foutre mais en plus le système est suffisamment bien organisé pour décourager les rares qui tenteraient le coup. Et en plus elles ont tellement intégré que de toute façon le système était injuste qu'elle ne tentent même plus de s'en offusquer et de le combattre.

Se servir des indicateurs de Parcoursup (les formations les plus demandées, les voeux les plus abandonnés, etc.) pour piloter une vraie politique pluri-annuelle de l'enseignement supérieur et de la recherche. Cette année par exemple on nous répète que les voeux pour les IFSI (Instituts de Formation en Soins Infirmiers) ont littéralement explosé. Ce qui est à la fois tout à fait explicable (la pandémie est passée par là), tout à fait étonnant (qu'allaient-ils faire dans cette galère ?) et tout à fait enthousiasmant (on est sûr qu'ils et elles n'y vont pas pour l'argent ...). Se servira-t-on de cet indicateur pour réfléchir au taux d'encadrement - et de places offertes - de ces formations pour les prochaines années ? Pour y créer si besoin des postes supplémentaires et y ouvrir davantage de places ? Non. Bien sûr que non. A aucun moment ce système n'a été pensé et réfléchi comme un levier d'optimisation d'autre chose que du fracas des espoirs et des aspirations de la jeunesse. 

Parcoursup a été créé par autant de Créon tentant de museler et de contraindre des légions d'Antigone. Pour l'instant Créon l'emporte. Mais la pièce n'est pas finie. 

(...)

Olivier Ertzscheid

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Pauvreté : un étudiant sur deux ne mange pas à sa faim depuis le début de la crise sanitaire

30 Avril 2021 , Rédigé par Public Sénat Publié dans #Education, #Université

Des étudiants sans autre ressource pour se nourrir reçoivent de l’aide alimentaire à Paris, ce mois-ci. 

Credit...Andrea Mantovani for The New York Times

Une jeune association, Co’p1-Solidarités étudiantes, vient de réaliser une enquête inédite sur la précarité qui frappe les étudiants depuis le début de la crise sanitaire. 79 % des étudiants interrogés déclarent avoir eu recours à une aide alimentaire pour la toute première fois cette année. Les représentants de l’association seront reçus au Sénat le 6 mai prochain.

« On s’est rendu compte qu’on manquait de chiffres sur la précarité étudiante. Nous en avions besoin pour connaître le profil et les besoins de ceux qui sollicitent une aide alimentaire », explique Ulysse Guttmann-Faure, président de l’association Co’p1-Solidarités étudiantes.

D’abord frappé par les difficultés liées à la crise sanitaire et économique qui touchent de plus en plus lourdement les étudiants, Ulysse Guttmann-Faure, étudiant en droit, lance à la rentrée 2020 avec 5 autres cofondateurs, l’association Co’p1-Solidarités étudiantes.

Grace à des collectes réalisées auprès de certaines associations comme la Croix rouge, la fondation Abbé Pierre, les Restos du cœur, des entreprises ou encore la mairie de Paris, cette jeune structure de 450 bénévoles, tous étudiants, vient en aide à 750 étudiants toutes les semaines (jeudi, vendredi et samedi). Les distributions ont lieu dans un immeuble non loin de la place de la Bastille (XIe arrondissement de Paris) et depuis peu dans des nouveaux locaux vers la porte de Vanves (XIVe arrondissement).

Outre leur action caritative, les membres de cette association ont ensuite réalisé, par eux-mêmes, entre octobre et décembre, une grande enquête sociologique auprès de 1 122 étudiants dont les résultats sont éloquents.

67 % des bénéficiaires sont des femmes

Premier enseignement, 79 % des bénéficiaires répondants, ont sollicité une aide alimentaire pour la toute première fois à la rentrée universitaire 2020-2021. Les femmes sont également surreprésentées et composent 67 % des bénéficiaires. « De connaître ces données, ça nous permet d’adapter le besoin en accompagnement. Nous savons que les femmes sont majoritaires, c’est la raison pour laquelle nous avons ajouté des produits d’hygiène à nos colis », souligne Ulysse Guttmann-Faure.

« On réalise que les difficultés s’additionnent »

Le plus frappant reste ce chiffre : un étudiant sur deux, estime ne pas avoir mangé à sa faim de façon répétée depuis le début de l’année universitaire. On apprend aussi que la précarité alimentaire touche principalement les étudiants internationaux (67 %) et des jeunes en fin de cursus qui ne vivent plus leurs parents (92 %). 52 % des répondants ne peuvent pas compter sur leur entourage pour une aide matérielle ou financière. « On réalise que les difficultés s’additionnent. Certains ont perdu leur job, ont des parents qui ont perdu leur emploi ou sont en chômage partiel et ne peuvent plus venir en aide à leurs enfants », précise le président de l’association.

Parmi les conséquences de cette précarité, plus de 23 % affirment avoir eu à renoncer à une aide médicale. 57 % affirment que le confinement a eu un effet négatif sur leur santé psychique et 76 % déclarent être « préoccupés, tourmentés ou anxieux ».

Les membres de l’association indiquent n’avoir eu pour le moment aucun retour sur cette étude de la part le ministère de l’Enseignement supérieur. Mais seront auditionnés le jeudi 6 mai par la mission d’information du Sénat sur « les conditions de la vie étudiante en France ».

Ces derniers mois, la mission a auditionné des représentants des syndicats étudiants, des associations d’aide alimentaire ou encore différents responsables de l’habitat des étudiants qui ont également fait part de signaux alarmants.

Pierre Ouzoulias : « On est dans un pays en voie de sous-développement »

« Vous avez des nouvelles de la ministre de l’Enseignement supérieure, vous ? » raille le président communiste de la mission, Pierre Ouzoulias qui salue cette initiative locale. « Ce sont des chiffres terribles qui démontrent que notre pays est incapable d’offrir une perspective à sa jeunesse. On est dans un pays en voie de sous-développement », lâche-t-il.

Suite à la médiatisation de l’affluence étudiante aux portes des banques alimentaires, le gouvernement a lancé repas à 1 euro, fin janvier. Une initiative qui reste insuffisante pour le président de la mission sénatoriale. « Beaucoup de restaurants universitaires ne sont pas ouverts le soir. Donc, le repas à 1 euro, c’est surtout un repas par jour à condition de ne pas s’éloigner des grandes métropoles », note Pierre Ouzoulias qui déplore « le désengagement de l’Etat ». « Ce gouvernement qui pourtant se montre très militant pour renforcer les principes républicains, s’aligne sur le modèle Anglo-saxon. L’idée républicaine de la Nation apprenante, un pays qui considère que l’ensemble d’une classe d’âge doit accéder à des études supérieures, est abandonnée » conclut-il.

Frédérique Vidal sera auditionnée par la mission d’information sénatoriale au mois de juin.

Simon Barbarit

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Sur table ou à distance, le grand dilemme des examens à l’université

19 Avril 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Université

Sur table ou à distance, le grand dilemme des examens à l’université

EXTRAITS

Les facs ont dû annuler les examens en présentiel jusqu’au 2 mai. Seuls les concours et quelques autres épreuves sont maintenus dans un climat d’inquiétude sur le protocole sanitaire.

A l’approche de la fin d’année universitaire, les établissements se préparent à une session d’examens encore plus délicate qu’il y a un an lorsque les épreuves avaient intégralement basculé à distance, en catastrophe. Le troisième confinement et l’annonce par Emmanuel Macron – traduite dans un décret du 2 avril – du passage au distanciel ou du report des examens prévus entre le 6 avril et le 2 mai, contraignent à une nouvelle contorsion des universités qui pratiquent un équilibre précaire entre présentiel, distanciel et enseignement hybride depuis la rentrée.

Une circulaire publiée le 3 avril par le ministère de l’enseignement supérieur précise qu’aucun examen en présentiel ne peut être organisé durant cette période, à l’exception des épreuves en contrôle continu dans le cadre des travaux dirigés (TD) et des travaux pratiques (TP) – les étudiants conservant la possibilité de se rendre physiquement à la fac avec une jauge d’accueil fixée à 20 % des capacités. Seuls à être préservés : les concours des grandes écoles ainsi que les épreuves des études de santé qui se déroulent actuellement aux dates et lieux prévus.

Ces revirements constants exigent une grande capacité à réagir vite de la part des établissements. « Le président de la République parle en milieu de semaine puis le premier ministre nous demande d’être opérationnels la semaine qui suit, constate Jean-Christophe Saint-Pau, qui préside la conférence des doyens de droit. Mais nous sommes à la barre de véritables paquebots, chaque mouvement demande du temps ! » Pris de court, le doyen de la faculté de droit de Bordeaux a maintenu des examens le 6 avril. « En plein week-end de Pâques, nous n’étions pas en mesure de prévenir les étudiants de ne pas venir. Nous avons annulé ceux du 7 avril alors que de nombreux étudiants rentrés dans leurs familles avaient acheté leurs billets de train », relate-t-il.

(...)

A l’université d’Angers, Clément Chauvet, le directeur du département de droit a remplacé les examens blancs appelés « galops d’essai » par des « galops d’essai en travaux dirigés, c’est-à-dire en petits groupes », sous la houlette des enseignants chargés de TD. « Cela nous permet de maintenir en présentiel ces épreuves tout en étant compatibles avec les nouvelles règles édictées », explique-t-il. Il souligne que « demander la bascule à distance des examens en l’espace de deux jours est irréaliste », la nature d’une épreuve et ses modalités de passation sur une plate-forme numérique impliquant « du temps et des tâches qui de surcroît ne relèvent pas du métier d’enseignant ».

Lassée par une année universitaire en pointillé, une partie de la communauté exprime un « désir » d’examens sur table. « Certaines équipes arrivent à saturation et cela concerne même des enseignants qui étaient très innovants sur le numérique et qui le sont beaucoup moins aujourd’hui et ont envie d’un retour plus important en présentiel », témoigne Erwan Hallot, vice-président chargé de la formation, à l’université de Rennes-I.

Attroupements dans les escaliers

Parmi les étudiants, les avis sont largement plus partagés. L’inquiétude prédomine concernant les conditions sanitaires qui ne semblent pas toujours réunies lors des épreuves en présentiel maintenues pour des formations non concernées par le décret du 2 avril comme les contrats d’apprentissage, les brevets professionnels et les brevets de technicien supérieur (BTS). Des photos et vidéos postées sur Twitter le 2 avril lors d’une épreuve d’anglais de BTS à la Maison des examens d’Arcueil (Val-de-Marne) attestent d’attroupements dans les escaliers et d’une promiscuité entre des candidats coincés dans une file d’attente.

(...)

Pour Franck Loureiro, secrétaire général adjoint du SGEN-CFDT, ces situations doivent inciter le gouvernement à reconsidérer les modalités de passation de ces examens mais aussi des concours des grandes écoles, véritable totem français. « Cette crise sanitaire est un scanner qu’on fait passer à l’ensemble de la société qui nous montre où existent des faiblesses. Les candidats jouent leur vie le jour d’un concours et certains viennent en ayant connaissance qu’ils sont positifs au Covid. Est-il normal qu’on s’en contente ? Ne peut-on imaginer qu’ils puissent repasser une épreuve s’ils disposent d’un justificatif ? », interroge-t-il.

Ni le décret ni la circulaire ne prévoient de dispositions pour les cas contacts, relève également Paul Mayaux, président de l’organisation étudiante la FAGE. « Pour les concours de médecine PASS [parcours d’accès spécifique santé] et L.AS, il n’y a aucune obligation de prévoir une salle réservée, déplore-t-il. Il est insupportable d’imaginer qu’un jeune attrape le Covid parce qu’il n’a pas bénéficié de conditions de protection suffisantes. »

Soazig Le Nevé

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Quand la fachosphère cible les universitaires

2 Avril 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Université

Petit guide de la Fachosphère – Anti-K

Les affaires de chercheurs intimidés ou menacés pour leurs prises de position se multiplient. Une arme bien rodée dont use et abuse l’extrême droite pour tenter de dicter son agenda.

Ils se sont retrouvés avec une cible collée dans le dos, désignés «complices de l’islam radical». Pourquoi ? Avoir signé une simple pétition appelant à la démission de Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur qui avait déclaré mi-février que «l’islamo-gauchisme gangrène la société dans son ensemble et l’université n’est pas imperméable». «Islamo-gauchisme» : le mot était lâché, déclenchant une série de polémiques et livrant les partisans présumés de cette notion aussi éthérée que fantasmée à la vindicte. Et notamment à celle de l’extrême droite.

Lancée, dans la foulée des déclarations de Vidal, par des membres du personnel de l’enseignement supérieur et de la recherche, la pétition a très vite recueilli des milliers de soutiens et en comptait 23 000 lors de sa remise à Matignon, le 25 mars. Tous dénoncent «l’intention dévastatrice» de leur ministre accusée de «diffamer une profession et, au-delà, toute une communauté». Mais l’affaire dépasse vite le champ des idées avec la (re) publication, le 21 février sur un blog, de la «liste des 600 gauchistes complices de l’islam radicale (sic) qui pourrissent l’université et la France». Si ce site obscur n’est pas particulièrement politisé, le texte qui accompagne la fameuse «liste», toujours en ligne, comporte tous les stigmates de l’extrême droite. «Cette liste contient les noms des personnes, toutes payées par l’Etat donc par l’impôt des Français, souvent fonctionnaires, pour effectuer d’hypothétiques recherches qui n’intéressent qu’eux-mêmes et la sphère gauchiste plus ou moins radicale, s’épanche l’auteur. Ces recherches […] servent à développer les théories qui ont pour unique but de faire avancer l’islam et par conséquent le radicalisme islamique à l’université en particulier et en France en général.» L’homme, qui a visiblement agi sous son vrai nom, a également pris soin de mettre des liens comportant CV et contacts de certains signataires.

«Fausses informations»

L’affaire a été immédiatement prise «très au sérieux» par le CNRS, qui a saisi le procureur de la République. Contacté par Libé, il indique n’avoir pas eu de remontées de menaces supplémentaires à ce stade. Des universités, comme celle de Toulouse, se sont décidées à offrir la protection fonctionnelle aux chercheurs visés et à porter plainte«L’extrême droite utilise les réseaux sociaux, Internet, pour faire circuler des fausses informations, accoler à des personnes bien réelles des opinions qui ne sont pas les leurs et, in fine, en faire des gens supposément dangereux qu’il faudrait presque attaquer…» dénonce Christophe Voilliot, cosecrétaire général du Snesup-FSU, contacté par Libé. Le syndicaliste regrette que Frédérique Vidal n’ait pas soutenu les chercheurs en question plus vigoureusement.

Le sociologue Eric Fassin, également signataire de la pétition, a pour sa part dénoncé une «chasse aux sorcières» lancée par la ministre Vidal et «relayée par la fachosphère». Le chercheur a lui-même été menacé de mort récemment par Didier Magnien, une ancienne figure de la mouvance néonazie, comme l’a révélé Mediapart. «Je vous ai mis sur ma liste des connards à décapiter le jour où ça pétera», avait lancé Magnien sur Twitter en réponse à un billet de blog publié par le sociologue dans la foulée de l’assassinat de Samuel Paty, où il expliquant notamment que «si les terroristes cherchent à provoquer un «conflit des civilisations», nous devons à tout prix éviter de tomber dans leur piège». Magnien a été condamné en décembre à quatre mois de prison avec sursis et 1 000 euros d’amende pour «menace de mort».

Mécanique bien huilée

Le schéma est simple, et presque toujours le même : une prise de position en lien de près ou de loin (parfois même de très loin) avec l’islam, les musulmans ou l’immigration dont la fachosphère s’empare et c’est la shitstorm («tempête de merde») dans le langage fleuri du Web. Grâce à des milliers de messages véhéments diffusés par des bataillons de militants ou des faux comptes, la fachosphère se joue des algorithmes et pousse ses sujets en tête des tendances, ce qui en démultiplie la portée. Et la violence pour les victimes de ce harcèlement.

Mais les réseaux radicaux s’en servent aussi pour gonfler ou créer de toutes pièces des polémiques par lesquelles ils parviennent à jouer sur l’agenda médiatique, ou politique. Outre le monde de la recherche, des personnalités comme Mennel, l’ancienne candidate de The Voice, l’animateur Yassine Belattar, les rappeurs Black M et Médine, la syndicaliste étudiante de l’Unef Maryam Pougetoux, attaquée pour s’être présentée voilée à une commission parlementaire de l’assemblée, et tant d’autres ont été ciblées par la fachosphère. Et les plateaux télé d’enchaîner les débats sur l’immigration, les études de genre, les questions identitaires, le «racisme anti-blancs» théorisé par Jean-Marie Le Pen, ou plus récemment la «non-mixité» des réunions syndicales à l’Unef.

Tempête d’insultes… puis de menaces

L’extrême droite en ligne maîtrise parfaitement la recette : relayer, s’indigner, faire réagir. Elle a encore fait preuve de ses capacités à agiter les réseaux sociaux et à décupler l’écho médiatique de certaines polémiques lors de la récente affaire liée à l’affichage − condamné par tous les acteurs − du nom de deux enseignants qualifiés de «fascistes» et taxés d’islamophobie, fin février à Sciences-Po Grenoble. Le monde politique a réagi, ainsi que la ministre Frédérique Vidal pour fustiger la mise en cause publique de ces deux enseignants placés sous protection policière. Face au tollé national, difficile d’entendre que l’un d’entre eux, Klaus Kinzler, avait auparavant rudement mis en cause le travail d’une enseignante. Sa «faute», selon lui ? Diriger un groupe de travail contre les discriminations employant le terme «islamophobie», terme qui serait une «arme idéologique [de la] guerre mondiale menée par des “fous de Dieu”», selon des échanges révélés par Mediapart. Kinzler s’était d’ailleurs fait recadrer par la direction de Pacte, le labo de recherche en sciences sociales CNRS /Sciences-Po Grenoble /UGA, comme l’a écrit Libé. L’affaire rebondit, mi-mars, lorsque l’animateur de CNews Pascal Praud, goguenard, donne à l’antenne le nom de la directrice du labo Pacte, coupable selon lui d’avoir défendu en interne sa collègue prise pour cible par Kinzler. Conséquence immédiate de l’outing de CNews : une tempête d’insultes et de menaces contre cette femme, qui doit désormais elle aussi vivre sous protection policière.

Cette intervention d’un leader d’opinion influent à la droite de la droite est un autre élément crucial de la mécanique fanatique de la fachosphère. Ce sont aussi les Eric Zemmour, Jean Messiha, Damien Rieu mais aussi le site Fdesouche, le «média de mobilisation» Damoclès, fondé par un collaborateur parlementaire LR, ou encore les néonazis anonymes du site interdit (mais qui reste accessible et a même un forum très fréquenté) «Démocratie participative» : une intervention de ces influenceurs, qu’elle soit sibylline ou carrément ordurière, peut transformer un épiphénomène en tempête.

Le phénomène ne concerne bien sûr pas que les chercheurs. Militants, journalistes, ou même anonymes en ont fait les frais ces dernières années. Si de plus en plus d’affaires finissent devant les tribunaux, la majorité reste impunie. Les raids numériques coordonnés et les tweets injurieux sont plus sévèrement réprimés depuis une loi de 2018. Et si un amendement a été inséré dans le projet de loi «confortant les principes de la République», pour contraindre (un peu) les réseaux sociaux à améliorer leur modération, la majorité compte surtout sur l’échelon européen. Le «Digital Services Act» devrait ainsi mettre fin à l’irresponsabilité juridique des géants du numérique. Il pourrait être adopté, au mieux, d’ici 2022.

Maxime Macé et Pierre Plottu

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