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Vivement l'Ecole!

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La formation des futures élites face à la logique du cloisonnement... (Vidéo)

10 Août 2020 , Rédigé par Xerfi Canal Publié dans #Education, #Université

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L’université française au point de rupture...

22 Juillet 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Université

L’université française au point de rupture...
Editorial. En raison d’un nombre d’étudiants plus élevés que les années précédentes et du taux de réussite exceptionnel au baccalauréat, les facs sont dans une situation périlleuse. Des dizaines de milliers de jeunes n’ont, à ce stade, aucune proposition d’orientation.
Editorial du « Monde ». L’enseignement supérieur est au bord de l’asphyxie. Le nombre de jeunes souhaitant y accéder ne cesse d’augmenter, mais les moyens consacrés à les accueillir ne suivent pas. Le phénomène n’est pas nouveau, mais il s’aggrave. Sur la dernière décennie, le budget par étudiant a ainsi chuté de 10 %, et la situation pour la rentrée 2020 s’annonce particulièrement tendue.
Les résultats de la plate-forme d’admission dans l’enseignement supérieur Parcoursup, dévoilés le 17 juillet, montrent que des dizaines de milliers de postulants restent à ce stade sans proposition d’orientation. Il s’agit d’un immense gâchis, qui risque de se perpétuer dans les prochaines années si la France continue de sous-investir dans son enseignement supérieur.
Le système est d’abord confronté à un défi démographique. Cette année, 20 000 lycéens de terminale supplémentaires se sont inscrits sur Parcoursup. Ensuite, le taux de réussite au baccalauréat, historiquement élevé avec 96 % d’admis, a ouvert les portes du supérieur à 48 000 élèves de plus qu’en 2019.
(...)
Tout le monde s’accorde sur le fait que l’enseignement supérieur représente un levier essentiel pour renforcer notre économie en matière de compétitivité et d’adaptation aux mutations technologiques qui seront au cœur des plans de relance. Encore faut-il que les efforts budgétaires consentis soient à la hauteur de cette ambition. Or, la loi sur la programmation pluriannuelle pour la recherche, qui doit être prochainement discutée, ne parle ni d’université ni de moyens supplémentaires pour répondre à ce défi de la formation de la jeunesse.
Le Monde
Article complet à lire en cliquant ci-dessous
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Covid-19 : pour un Pacte social de la jeunesse ...

15 Avril 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Université

Covid-19 : pour un Pacte social de la jeunesse ...

Face à la précarité des jeunes exacerbée par les mesures de confinement, le Groupe socialiste universitaire propose de revaloriser les aides personnalisées au logement (APL) et de généraliser le RSA aux 18-24 ans.

Tribune. A la crise sanitaire s’ajoute une crise sociale. Les plus fragiles, notamment les jeunes de 18 à 25 ans, voient leur précarité exacerbée par les mesures de confinement. Nous avons entendu les paroles du président de la République mais nous attendons des actes forts. En France, près de 670 000 étudiants dépendent du revenu d’un «boulot-étudiant» pour leurs besoins les plus essentiels (alimentation, logement, habillement). Les bourses d’étude et aides au logement sont souvent des ressources insuffisantes pour vivre sans travailler. Aussi, privés d’un revenu de solidarité – le RSA –, les étudiants sont sans filet de protection.

La crise du Covid-19 met aujourd’hui la lumière sur la fragilité et la précarité de nos jeunes, oubliés de notre système de protection sociale. Il nous faut apporter deux réponses à cette crise sociale : une première immédiate pour remplir les réfrigérateurs de nos étudiants, et une seconde structurelle, pour résoudre le problème de précarité étudiante et jeune. C’est le sens des deux propositions que le Groupe socialiste universitaire (GSU) a formulé dans sa dernière étude sur la précarité chez les jeunes.

Face à l’urgence, il nous faut utiliser les mécanismes déjà existants au sein de l’artillerie sociale française. Les aides personnalisées au logement – APL – parce qu’elles sont adressées aux plus précaires d’entre eux, et la Caisse d’allocations familiales, qui dispose déjà des informations bancaires de ses allocataires, apparaissent être les meilleurs outils pour répondre avec efficacité à cette problématique. Nous souhaitons que soit compensé le manque à gagner de ces étudiants fragiles en revalorisant cette aide. Sur la base d’un volume horaire hebdomadaire moyen chez les étudiants-travailleurs de 16 heures payé au Smic, il s’agit de majorer les APL à hauteur de 514 euros par mois. Sans activité professionnelle depuis près d’un mois désormais, l’incertitude à laquelle font face ces salariés précarisés nécessite a minima un engagement sur un trimestre. Puisque ce gouvernement assène qu’il est celui du «sérieux budgétaire», nous écrivons avec clarté que cette aide d’urgence représenterait 0,1% du budget social annuel.

Cette crise met à la lumière du jour les problèmes inhérents à notre système éducatif et la protection sociale pour les jeunes. L’occasion est aujourd’hui donnée à la représentation nationale d’asseoir à jamais qu’étudier est un droit et non une chance. L’utilisation de deux outils préexistants, que sont les bourses Crous et les aides au logement, combiné à un Revenu de solidarité active (RSA) étendu aux jeunes de 18 à 24 ans, permettrait de former un réel pacte social pour la jeunesse. Il n’est aujourd’hui plus possible de devenir majeur civilement à 18 ans mais de ne devenir majeur «socialement» qu’à 25.

Aussi, en conservant l’échelonnage du dispositif de bourse Crous en l’état pour les étudiants, la généralisation du RSA aux 18-24 ans permettrait à près 5,2 millions de jeunes de toucher entre 650 euros et plus de 1 000 euros par mois. Sur le fondement de l’étude de l’Institut des politiques publiques sur le revenu de base, le coût de l’ouverture du RSA dès 18 ans serait d’environ 11,8 milliards d’euros. Cela ne représente que 1,6% de notre budget social. Nous payons aujourd’hui les conséquences de la politique d’austérité, ne reproduisons pas demain les mêmes erreurs avec l’avenir de notre jeunesse.

Signataires : Abir Adam, président du GSU, Eliott Boulais-Rivière, vice-président du GSU, Sacha Pasquier, directeur des recherches du GSU, Olivier Faure, député de Seine-et-Marne et Premier secrétaire du PS, Patrick Kanner, sénateur du Nord et Président du groupe SER, Rachid Temal, sénateur du Val-d’Oise, porte-parole du groupe SER, Boris Vallaud, député des Landes, porte-parole du groupe SOC, Stéphane Troussel, président du département de Seine-Saint-Denis, Nathalie Lanzi, vice-présidente à la Jeunesse de la Région Nouvelle-Aquitaine, Rémi Féraud, sénateur de Paris, George Pau-Langevin, députée de Paris, Christophe Bouillon, député de Seine-Maritime, Laurence Rossignol, sénatrice de l’Oise, Martine Filleul, sénatrice du Nord, Laurence Dumont, députée du Calvados, Victoire Jasmin, sénatrice de la Guadeloupe, David Habib, député des Pyrénées-Atlantiques, Joël Aviragnet, député Haute-Garonne, Eric Kerrouche, sénateur des Landes, Clotilde Valter, ancienne ministre, Nicolas Mayer-Rossignol, conseiller régional de Normandie, ancien président de la région Haute-Normandie, Timothée Duverger, maître de conférences associé d’histoire à Sciences Po Bordeaux, Isabelle This-Saint-Jean, professeure d’économie à l’Université Sorbonne Paris-Nord, Gabrielle Siry, chargée d’enseignement à l’Université Paris Dauphine et porte-parole du PS, Baptiste Ménard, vice-président du GSU, chargé d’enseignement à l’Université de Lille, Fatima Yadani, docteure en microbiologie, Secrétaire national du PS, Jennifer Merchant, professeure à l’Université Paris II Panthéon-Assas, Marion Fontaine, maître de conférences d’histoire à l’Université d’Avignon, Jean-Philippe Derosier, professeure de droit public à l’Université de Lille, Yannick Trigance, conseiller régional d’Ile-de-France, secrétaire national à l’éducation et à l’enseignement supérieur du PS, Dieynaba Diop, enseignante, porte-parole du PS, Maxime Sauvage, secrétaire national aux territoires du PS, Emilien Goguel-Mazet, doctorant à l’Université d’Aix-Marseille, Dylan Laplace-Mermoud, doctorant à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

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« Les doctorants sont une main d'œuvre corvéable à merci qui permet à l'université de tenir » (Vidéo)

5 Mars 2020 , Rédigé par Regards Publié dans #Education, #Université

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La Sorbonne est à tous...

17 Décembre 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Université

La Sorbonne est à tous...

Dans une lettre ouverte au recteur de l’académie de Paris, les universitaires Anouk Barberousse, Johann Chapoutot, Sandra Laugier et Pierre Serna appellent à redonner à la Sorbonne sa fonction de lieu de partage des savoirs et d’enseignement d’une pensée critique.

Monsieur le recteur, à qui est la Sorbonne ? Les étudiants, personnels administratifs, chercheurs, enseignants, maîtres de conférences et professeurs sont en droit de se le demander tant les fermetures abusives et incongrues se répètent ces dernières années. Ces blocages (comment les nommer autrement ?) vident la Sorbonne de son sens et de son existence et, selon les «éléments de langage» de nos maîtres, nous «prennent en otages».

La Sorbonne est, depuis sa création au XIIIe siècle, la maison des étudiants et des professeurs, et non celle du roi ou du gouvernement, même s’il plaît au roi, de temps à autre, d’y organiser une opération de com, un «grand discours» qui nous fait suffoquer de policiers, de barrières et de contrôles, et qui bloque tout le Quartier latin. La Sorbonne est le lieu du partage du savoir, par sa bibliothèque, inaccessible en cas de blocage rectoral, par ses salles de cours, de séminaire, et ses amphithéâtres. Les agents de sécurité sont bien en peine d’expliquer les raisons de ces fermetures - dont nous ne sommes du reste jamais informés - car, dans la quasi-totalité des cas, la rue de la Sorbonne ou la rue Saint-Jacques sont calmes et sereines, sans que la moindre subversion estudiantine ne soit perceptible.

La Sorbonne, comme Paris, a un statut particulier. Longtemps, Paris n’a pas eu de maire, en raison de la réaction thermidorienne de 1795, rejouée en 1871. Aujourd’hui encore, le préfet de police de Paris n’est pas soumis à l’autorité du directeur général de la police nationale. De la même manière, la Sorbonne n’est pas vraiment chez elle, puisqu’elle abrite, fait unique au monde, les bureaux du rectorat, c’est-à-dire du représentant du gouvernement dans le monde éducatif. C’est, de fait, le recteur qui dirige ses bâtiments, dont il occupe une trop grande partie, alors qu’il n’enseigne pas et que nous manquons d’espace. Le grand amphithéâtre accueille de curieux locataires, qui payent pour y organiser leurs réunions de prestige, leurs défilés de mode et leurs opérations mercantiles, au lieu d’être dévolu à l’enseignement. Les laboratoires de la Sorbonne doivent louer aux services du recteur des salles de colloque ! Les collègues étrangers n’y comprennent rien. Nous non plus.

Quand le recteur bloque le reste des bâtiments, la Sorbonne, habituellement pleine de tout son monde universitaire, est vide, dans un «état de mort cérébrale» construit et voulu.

Depuis plusieurs années, l’Etat hobbesien fondé sur la sécurité imposée contre l’abandon des libertés est en train de remplacer de façon sournoise mais continue un Etat lockéen fondé sur le pacte social qui additionne les libertés pour créer la sécurité commune du vivre ensemble. Depuis le cinquantenaire du mouvement de 1968, il faut bunkériser la Sorbonne et empêcher coûte que coûte qu’elle ne devienne ce qu’elle a été en 1968, le foyer de la «chienlit», c’est-à-dire le lieu d’une expression de liberté créative rarement vécue dans l’histoire mondiale des contestations universitaires. De fait, dès que l’on redoute que les étudiants de premier cycle se dirigent depuis Tolbiac ou Clignancourt vers le Quartier latin, où n’ont cours que les troisièmes années, les masters, les agrégatifs et les doctorants, on ferme les portes. A plus long terme, on saisit la stratégie du pouvoir : vider le Quartier latin de tous ses étudiants, les placer ailleurs, réserver la Sorbonne pour les cocktails du rectorat, en faire un musée payant de l’université avec son merchandising associé, la transformer en hôtel de luxe pour les invités du pouvoir exécutif, ou en coulisse prestigieuse pour tel ou tel discours aussi creux que solennel. Avec, tout autour, un Quartier latin «Airbnbisé» et vide de tout lecteur, penseur, créateur.

La Sorbonne est une institution républicaine qui, en 1896, prit la suite de la Sorbonne médiévale et moderne. Elle fut voulue et pensée par la IIIe République pour défendre l’éducation nationale, libre, gratuite, laïque et obligatoire pour tous les enfants de France. Les cours y étaient publics et chacun pouvait y assister en toute liberté, sans «montrer sa carte» à l’entrée. La Sorbonne républicaine était le phare d’un édifice qui rassemblait écoles primaires, normales et normales supérieures en un cursus démocratique et méritocratique que le monde nous a envié. Il est temps de lui redonner cette fonction de lieu de partage des savoirs et d’enseignement d’une pensée critique. C’est au recteur qui, par les aléas de l’histoire, partage avec nous ce lieu, de défendre avec nous cette mission. Il peut et il sait le faire, car il est un universitaire et non un rouage servile qui saute dans la minute comme un préfet. Dans le cas qui nous occupe, il est un homme nourri de culture humaniste et critique, spécialiste de l’histoire des libertés politiques et de tout ce que bafoue le «management» du pouvoir exécutif.

Johann Chapoutot professeur d’histoire contemporaine, Sorbonne Université , Sandra Laugier professeure de philosophie, Paris-I , Anouk Barberousse professeure de philosophie des sciences, Sorbonne Université , Pierre Serna professeur d’histoire moderne, Paris-I
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Le salaire étudiant existe en Europe et aurait déjà pu exister en France...

20 Novembre 2019 , Rédigé par Slate Publié dans #Education, #Université

Le salaire étudiant existe en Europe et aurait déjà pu exister en France...

Dans le message qu'il a laissé, l'étudiant qui s'est immolé par le feu a indiqué soutenir l'instauration d'un «salaire étudiant». Une revendication à peine commentée tant elle est jugée irréaliste.

Toujours dans le coma, dix jours après s'être immolé par le feu devant le Crous de Lyon, A., étudiant en sciences politiques, avait indiqué dans un texte largement partagé sur les réseaux sociaux qu'il s'apprêtait à «commettre l'irréparable» car il n'en pouvait plus de «survivre» dans la précarité. «Je reprends une revendication de ma fédération de syndicats aujourd'hui avec le salaire étudiant [...]», indiquait aussi le jeune homme de 22 ans dans ce message.

En mai 2018, la fédération de syndicats Solidaires étudiant-e-s dans laquelle il était très investi avait lancé un appel européen en ce sens aux côtés de l'Union syndicale étudiante (USE) en Belgique et de SUD étudiant-e-s et précaires en Suisse: «Nous exigeons un salaire étudiant, prenant effet dès la fin de la scolarité obligatoire, et permettant à la fois d'offrir une autonomie réelle aux personnes en formation, en les libérant de la tutelle étatique, familiale et/ou patronale, mais permettant aussi, et surtout, de reconnaître socialement le travail qu'ils/elles font et ont toujours fait, sur leurs lieux de formation», faisait valoir le texte.

L'Unef défend depuis des années une idée semblable sous l'appellation «allocation d'autonomie».

Être payé·e pour étudier; la piste trouve malgré tout peu d'écho en France et ne semble pas inspirer les politiques. Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a cependant proposé après le drame de Lyon la mise en place d'une «allocation d'autonomie» pour les étudiant·es, dans la lignée de sa promesse lors de la campagne présidentielle de 2017 de leur allouer 800 euros par mois.

Au Danemark, les études rémunérées

Cette idée de prime abord révolutionnaire est déjà une réalité dans certains pays scandinaves comme le Danemark. Comme tou·tes ses compatriotes, Thomas Kobber Panum, actuellement en doctorat à l'université d'Aalborg, dans le nord du pays, a ainsi reçu quelque 5.800 couronnes danoises (environ 750 euros) par mois pendant six ans. «Si l'on vit à Copenhague, il n'est pas possible de subvenir à ses besoins avec cette somme. Mais dans une ville comme Aallborg, la quatrième plus grosse ville du pays, cela permet de payer le loyer et la nourriture», raconte-t-il.

La seule condition pour être éligible à cette aide appelée «Statens Uddannelsesstøtte» (SU, «Soutien à l'éducation publique») est d'être inscrit·e à un cours d'enseignement supérieur. La situation financière de l'étudiant·e ou de celle de ses parents n'est pas prise en compte, et la personne ne perçoit l'intégralité de la somme que si elle ne vit pas chez ses parents. Par ailleurs, tou·tes les bénéficiaires de la SU ont accès à un prêt mensuel («SU-lån»), là encore indépendamment de leur situation financière. Selon l'OCDE, le pourcentage d'étudiant·es bénéficiant d'une aide financière au Danemark était de 83% en 2017-2018. Un taux comparable à celui de la Norvège (90%), la Suède (89%) et supérieur à celui de la Finlande (58%).

«Le Danemark est plus ou moins la définition même d'un État-providence, et cela rend chacun très responsable.»

Thomas Kobber Panum, doctorant au Danemark

Dans le cas de Thomas Kobber Panum, cette aide a sans doute été décisive: «Je viens d'une famille issue de la classe ouvrière dans laquelle je suis un des premiers à aller à l'université. Je suis actuellement en doctorat et je ne sais pas si mes parents auraient eu les moyens de me donner ce niveau d'éducation», confie-t-il. Pour lui, ce système «fantastique» participe de «la richesse de la société danoise». «Je pense que tous les pays développés devraient y aspirer car cela supprime efficacement toutes les barrières socio-économiques», suppose-t-il.

Dans un article intitulé «Pas de salaire pour étudier» publié quelques jours après le geste désespéré de l'étudiant de Lyon 2, un éditorialiste des Échos estimait: «La revendication d'un salaire étudiant qui pointe derrière les revendications de ceux qui instrumentalisent ce drame de la précarité est une manière de déresponsabiliser les jeunes.»

«Le Danemark est plus ou moins la définition même d'un État-providence, et cela rend chacun très responsable vis-à-vis de tous les services fournis par une telle société», affirme, pour sa part, Thomas Kobber Panum.

En tant que citoyen danois, il relève tout de même plusieurs inconvénients à ce système, à commencer par son coût pour la société «même si cela est bénéfique à long terme». Mais le plus gros désagrément, selon lui, est «l'afflux d'étudiants européens qui viennent bénéficier de ces aides et repartent aussitôt leurs études finies».

Autrefois débattu à l'Assemblée nationale

Dans son rapport «Regards sur l'éducation 2019», l'OCDE résume ainsi la stratégie des pays nordiques (Danemark, Finlande, Norvège, Suède) en matière d'enseignement supérieur: «frais de scolarité nuls et aides généreuses aux étudiants». Pour la France (mais aussi la Belgique, l'Italie ou la Suisse), l'approche est ainsi présentée: «frais de scolarité peu élevés ou modérés, et systèmes d'aide aux étudiants moins développés».

Ce choix de société a bien failli être différent en France. «La rémunération étudiante est un projet politique qui a perdu de l'audience aujourd'hui mais ce n'était pas le cas après-guerre. Même des étudiants gaullistes soutenaient cette idée», explique Aurélien Casta, chercheur associé à l'IDHES (Université Paris Nanterre) et auteur de Un salaire étudiant: financement et démocratisation des études. Après 1945, plusieurs organisations de jeunesse, comme l'Unef, ou de salarié·es prennent en effet position en faveur d'un «salaire» étudiant ou d'une «allocation d'études».

«Il est inenvisageable de rémunérer les étudiants parce qu'on les pense comme des investisseurs.»

Aurélien Casta, chercheur associé à l'IDHES

«Une proposition de loi en ce sens a d'ailleurs été à deux doigts d'être adoptée en 1951», relate le chercheur. La commission de l'Éducation nationale de l'Assemblée nationale avait ainsi adopté à l'unanimité le rapport Cayol en faveur d'une rémunération étudiante. Lors des débats en séance plénière, le ministre de l'Éducation nationale Pierre-Olivier Lapie (SFIO) souligne «la part d'inconnu du projet» tandis que le ministre des Finances, Edgar Faure, affiche sa réticence. Les député·es finissent par voter le renvoi en commission des Finances, qui enterrera la proposition.

Le contexte n'a, par la suite, pas été favorable à un tel projet: «En France, la théorie du capital humain a gagné en influence depuis vingt ans. Dans ce fonctionnement, il est inenvisageable de rémunérer les étudiants parce qu'on les pense comme des investisseurs: ils étudient pour avoir une meilleure rémunération future», analyse Aurélien Casta.

La rémunération plus égalitaire que la familiarisation des aides

Le projet d'instaurer une rémunération étudiante peut-il néanmoins refaire surface? «L'idée circule dans le cercle d'élaboration des politiques publiques», relève Tom Chevalier, chercheur au CNRS, spécialiste des politiques publiques en direction des jeunes et auteur de La jeunesse dans tous ses États qui qualifie même le projet de «serpent de mer».

Ainsi, en 2010, le think tank Terra Nova avait plaidé, dans un rapport, pour la mise en place d'un «capital de formation», conjuguant allocation et prêt contingent, garantissant un revenu universel de 600 euros par mois pendant toute la durée des études. «Le soutien familial est un facteur important d'inégalités et ne peut garantir une réelle émancipation en direction de la jeunesse», faisait valoir le rapport.

Pour Tom Chevalier, c'est le cœur du sujet: «Contrairement aux pays nordiques où il y a une individualisation des prestations sociales auxquelles les jeunes accèdent à partir de 18 ans, la France a fait le choix de la familiarisation des aides dont l'attribution dépend des revenus des parents.» Un héritage de la tradition catholique qui privilégie la solidarité familiale et qui explique que l'âge requis pour être éligible au RSA, par exemple, soit 25 ans.

«L'instauration d'une rémunération étudiante améliorerait assurément la précarité étudiante et l'égalité des chances dans l'accès à l'enseignement supérieur, estime Tom Chevalier. Cela nécessiterait de ré-allouer l'ensemble des dispositifs d'aides familiales avec nécessairement des gagnants et des perdants.» Si, selon lui, le coût financier serait plutôt moindre qu'une mesure comme la suppression de la taxe d'habitation par exemple, le coût politique serait réel.

Ainsi que le souligne Aurélien Casta, si la rémunération étudiante est qualifiée d'«utopie», c'est par ses adversaires.

Alcyone Wemaëre

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Etudiants : les mesurettes du gouvernement ...

20 Novembre 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Université

Etudiants : les mesurettes du gouvernement ...

Réagir vite pour tenter de déminer. Onze jours après la tentative de suicide par le feu d’un étudiant lyonnais, brûlé à 90 % et toujours dans un état critique, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a annoncé mardi deux mesures qui paraissent, sinon cosmétiques, assez superficielles au regard des enjeux de précarité étudiante. Toute revalorisation des bourses, pourtant première demande des syndicats étudiants, a été balayée.

1- Un numéro d’appel pour les étudiants en situation d’urgence

Ce numéro vert devrait favoriser le recours aux «aides d’urgence», qui existent déjà mais ne sont pas toutes utilisées. «Il reste chaque année un peu plus de 15 millions d’euros», a précisé la ministre sur RTL mardi matin. A peine 50 000 demandent à bénéficier des aides d’urgence, alors que 125 000 étudiants seraient en situation de précarité selon l’enquête de l’observatoire de la vie étudiante. Avec ce numéro vert, promet la ministre, les jeunes pourront «prendre un rendez-vous», «avoir accès à une assistante sociale». La première aide est ponctuelle, versée en cas de difficultés momentanées pour un montant maximal de 1 669 euros. Elle peut s’ajouter aux bourses sur critères sociaux. Selon la Présidente du premier syndicat, la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), il s’agirait surtout de «renforcer la manière dont ces aides sont attribuées et les ressources en personnel pour gérer ces situations. [L’étudiant qui s’est immolé] en connaissait l’existence. Est-ce que le traitement des demandes est trop long ? Les critères d’attribution trop complexes ?»

Toutefois, la ministre a balayé la revalorisation des bourses réclamée par les syndicats étudiants. «On sort de plusieurs années de gel des bourses. Le gouvernement dit qu’il a déjà revalorisé les bourses cet été, mais c’était inférieur à l’inflation : nous on demande 20 %, pas 1 %. [L’exécutif] n’est pas à la hauteur du sujet», juge Mélanie Luce, présidente de l’Unef.

2- Instaurer la trêve hivernale dans les logements du Crous

«On va faire en sorte que la trêve hivernale s’applique dans les cités universitaires dès à présent», a promis la ministre. Jusqu’ici, les chambres universitaires, parce qu’elles appartiennent au domaine public, ont en effet un statut dérogatoire du droit commun. Pour ceux qui sont hébergés en résidence Crous, la trêve hivernale, suspendant les expulsions du 1er novembre au 31 mars, ne s’appliquait pas. Combien d’étudiants se retrouvent ainsi expulsés ? Il n’existe pas de chiffre précis. La Fage évoque «quelques cas». Pour les syndicats, cette mesure est mineure au regard de la crise du logement étudiant, avec l’envolée des loyers et des centres-villes de plus en plus accaparés par Airbnb. Mélanie Luce : «C’est une revendication qu’on portait depuis longtemps, mais ça reste insuffisant.»

Marie Piquemal et Kim Hullot-Guiot

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Le gouvernement supprime 35 millions d'euros dans le budget de la vie étudiante...

19 Novembre 2019 , Rédigé par Public Senat Publié dans #Education, #Université

Pour boucler le budget 2019, le gouvernement a décidé de supprimer 35 millions d’euros de crédits réservés au financement de la vie étudiante et des bourses. Dans un contexte de précarité des étudiants, le Sénat a rétabli ce budget en adoptant un amendement PS.

Voici une décision qui ne devrait pas réjouir les étudiants. Pour boucler le budget 2019, le gouvernement a décidé de supprimer 35 millions d’euros de crédits réservés au financement de la vie étudiante. Cet argent est versé notamment aux CROUS (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires), et finance les bourses aux étudiants. Ce coup de rabot s’inscrit dans une annulation globale de 322 millions d’euros réservés au budget de l’enseignement supérieur. 

Le Sénat rétablit le budget de la vie étudiante 

Alors que la colère des étudiants monte contre la précarité, après la tentative de suicide d’un étudiant lyonnais, les sénateurs ont vivement dénoncé cette mesure et ont rétabli le budget de 35 millions d’euros réservé à la vie étudiante, grâce à l’adoption d’un amendement socialiste. Un amendement communiste similaire était défendu.

« Une annulation incompréhensible » pour le sénateur Pierre Ouzoulias

Pour le sénateur communiste Pierre Ouzoulias, « cette annulation est incompréhensible. Elle prive les CROUS qui ont les plus grandes difficultés à aider les étudiants. Cet argent aurait permis la réalisation de dispensaires de santé dans les universités », explique le sénateur, également universitaire. « En 2 ans, 100 millions d’euros de crédits ont été annulés. Les ministres Vidal et Attal assurent que le gouvernement agit depuis 2 ans pour les étudiants. Surtout qu’ils arrêtent d’agir! »

« En 2020, ces crédits augmenteront de 70 millions d’euros » rassure le ministre Olivier Dussopt

Le secrétaire d’Etat Olivier Dussopt a répondu aux sénateurs : « Il y avait 76 millions d’euros de crédits en réserve pour la vie étudiante. Outre les 35 millions d’euros annulés, il y a donc un dégel de 41 millions d’euros qui vont financer les bourses, soit 54% de cette réserve. En 2020, le budget de la vie étudiante augmentera de 70 millions d’euros » a assuré le ministre.

En marge des concertations avec les syndicats étudiants, la ministre Frédérique Vidal a annoncé la création d’un numéro d’urgence pour les étudiants, mais pas des moyens supplémentaires.

L'Assemblée nationale pourra toujours revenir sur le rétablissement du budget, voté par le Sénat.

Alexandre Poussart

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"J'ai un euro par jour pour manger" : trois étudiants témoignent de leur grande précarité

14 Novembre 2019 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Université

"J'ai un euro par jour pour manger" : trois étudiants témoignent de leur grande précarité

Plusieurs centaines d'étudiants ont manifesté en France mardi aux abords d'une quarantaine de Crous et d'universités contre la précarité étudiante. Certains ont raconté à franceinfo leur quotidien fragile.

"La précarité tue." Avec ce hashtag, des centaines d'étudiants ont réagi sur Twitter après l'immolation par le feu, vendredi, d'un de leurs camarades, devant le siège du Crous, à Lyon. Brûlé à 90% et entre la vie et la mort, cet étudiant en licence de sciences politiques voulait dénoncer la précarité dans laquelle vivent de nombreux jeunes. "Même quand j'avais 450 euros par mois, était-ce suffisant pour vivre ?", s'interrogeait le jeune homme, dans un message posté sur les réseaux sociaux pour expliquer son geste.

L'université Lyon 2, où est inscrit le jeune homme, a été de nouveau fermée pour la journée, mercredi 13 novembre, après des blocages, menés dans toute la France pour protester contre la précarité. Trois étudiants racontent leurs difficultés à franceinfo.

Sophie*, 26 ans, une thèse et deux emplois 

"Pour tenter de vivre dignement, je cumule deux emplois", explique Sophie*, 26 ans, étudiante en histoire de l'art à Pau (Pyrénées-Atlantiques). Comme la jeune femme ne souhaitait pas qu'on lui impose un sujet de recherche, elle a dû faire l'impasse d'un contrat de doctorante, qui aurait pu lui permettre de financer une partie de ses études. Elle ne bénéficie pas non plus de bourse. En 2016, 22,7% des étudiants interrogés déclaraient auprès de l'Observatoire national de la vie étudiante (OVE), avoir été confrontés "à d'importantes difficultés financières durant l'année".

Sophie, syndiquée depuis sept ans au sein de l'organisation Solidaires étudiant-e-s, à l'origine de l'appel national à manifester devant les Crous, travaille à la bibliothèque de son université et effectue des remplacements dans un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). "Je peux faire jusqu'à 40 heures par semaine, en plus de mes travaux de recherche, mais c'est variable d’un mois à l’autre". L'étudiante dit gagner entre 900 et 1 000 euros par mois. Difficile de demander de l'aide. Entre "honte" et "dignité", les étudiants veulent être ces "jeunes adultes responsables que la société attend d'eux", analyse Sophie.

Avec 680 euros de frais fixe (loyer, électricité et téléphone), il lui reste souvent moins de 300 euros pour la nourriture, les livres et l'épargne, en prévision du second semestre. Sophie économise afin de pouvoir se consacrer pleinement à ses études à partir de janvier. "En général, les étudiants qui s'auto-financent tiennent six années", confie la jeune femme. "Moi, je ne tiendrai pas plus de quatre ans. Si j'arrête avant d'avoir rendu ma thèse, j'aurai perdu toutes ces années et développé des maladies chroniques pour rien." A cause de son rythme de vie, la jeune femme souffre de fatigue et de troubles dépressifs chroniques. Selon l'Observatoire de la vie étudiante, environ 60% des étudiants interrogés en 2016 éprouvaient de la fatigue, autant souffraient de stress quand 45% évoquaient des troubles du sommeil et 32% parlaient de déprime.

Ugo, 19 ans, un euro par jour pour manger

"Je me suis fixé cette somme de 1 euro par jour pour manger, pour tenir le mois", explique Ugo, 19 ans, étudiant en deuxième année d'histoire et sociologie à Rennes (Ille-et-Vilaine). Boursier "échelon zéro bis", le plus bas de l'échelle des bourses, le jeune homme touche environ 100 euros par mois. Ses parents, qui ont aussi ses deux petites sœurs à charge, financent son appartement, car il n'est pas éligible pour une chambre au Centre régional des œuvres universitaires et scolaires, le Crous. Ugo gère le reste de ses frais fixes en alternant les pâtes, le riz et les pommes de terre. "Je compte toutes mes sorties", ajoute-t-il.

Après avoir été livreur dans diverses enseignes, le jeune homme a trouvé un emploi fixe comme agent d'escale à la gare de Rennes. Près d'un étudiant sur deux (46%) travaille en dehors de ses études, selon l'OVE. Intérimaire, son nombre d'heures est variable et il gagne entre 600 et 900 euros par mois.

J'ai peur de perdre mes aides, alors j'essaie de mettre un maximum de côté cette année, pour ensuite faire un master à Paris.Ugo, étudiantà franceinfo

Pour pouvoir travailler, Ugo bénéficie d'une "dispense d'assiduité" qui lui permet de "rater" certains cours. En contrepartie, il ne bénéficie pas du contrôle continu et joue "son année" uniquement au moment des examens de fin de semestre. Une absence que toutes les facultés ne permettent pas.

Karine*, 22 ans, endettée, a arrêté ses études

"J'étais tellement stressée et dépressive que je n'arrivais plus à aller en cours", lâche Karine, 22 ans. Prise dans un engrenage entre petits boulots, soins psychologiques et cours de sociologie à la faculté de Poitiers (Vienne), la jeune femme a tout arrêté en fin de deuxième année, en 2018.

Elle a grandi avec peu, sa mère touchant le revenu minimum d'insertion (RSA), mais l'étudiante bouclait difficilement les fins de mois avec 350 euros pour vivre. Karine cumule encore les dettes. Ses petits emplois lui faisaient manquer certains enseignements. "Quand vous êtes boursier, vous avez une obligation d'aller en cours, sinon le Crous vous demande de rembourser", explique la jeune femme qui, un an après, est toujours en litige avec l'organisme. Sollicité par franceinfo, le Crous n'a pas souhaité répondre.

Guillemette Jeannot

* Les prénoms ont été modifiés à la demande des intéressées.

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Parcoursup plante : des candidats acceptés se retrouvent en liste d'attente...

18 Mai 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Université

Dessin de Deligne pour La Croix

Dessin de Deligne pour La Croix

Des candidats de 400 formations ont reçu par erreur une réponse favorable à leurs vœux jeudi. La faute à un problème de paramétrage selon le ministère de l'Enseignement supérieur.

C’est ce qu’on appelle un ascenseur émotionnel. Certains candidats acceptés dans certaines formations sur Parcoursup ont eu la mauvaise surprise ce vendredi matin de voir qu’ils étaient finalement sur liste d’attente, créant un tollé sur les réseaux sociaux. C’est le cas de Samantha, 19 ans, en réorientation vers un BTS Tourisme qui nous raconte : «J’ai été acceptée dans une école hier. Ce matin, je me réveille, je regarde comment ça a évolué et je vois que finalement je suis sur liste d’attente. Je suis scandalisée, je pense aussi à tous les autres candidats qui ont eu de faux espoirs comme moi. D’autant plus que j’avais appelé toute ma famille, on avait déjà commencé les démarches pour trouver un autre logement, pour quitter celui où je suis actuellement à Bordeaux et aller dans une autre ville. Comment ils ont pu laisser une telle chose arriver alors que des milliers de jeunes dépendent de cette plateforme ?»

Le problème a été décelé par le ministère de l’Enseignement supérieur jeudi en fin de matinée. «On a été alerté par les formations et par nos équipes techniques qui se sont rendu compte que le nombre de propositions était largement supérieur aux places disponibles. Ça concerne 400 formations sur 14 500, soit 2%», avance le ministère. Sur ces 400 formations, combien d’élèves en ont pâti ? Le ministère assure ne pas avoir de chiffres pour le moment, ni celui du nombre de vœux. «La comptabilisation est faussée par le fait qu’on puisse faire plusieurs vœux dans plusieurs formations.» Et de rejeter la qualification de bug : «Ce sont plusieurs erreurs humaines de plusieurs formations qui ont mal jaugé leurs capacités d’accueil. Lors du paramétrage de leurs données, beaucoup de formations ont confondu le remplissage de la formation, en gros la liste d’appel, et la liste d’attente.» Pas de vérification avant le lancement ? «On s’est rendu compte le deuxième jour qu’il y avait un problème, il y a des vérifications quotidiennes de la plateforme. Mais en effet ça ne s’est pas vu avant.»

Opération rafistolage

Hugo (1), enseignant dans un lycée de Seine-Saint-Denis, a au moins deux élèves concernées par cette anomalie. Et essaie tant bien que mal d’essuyer les plâtres. «C’est très cruel. L’une avait redoublé l’année dernière, elle bosse, progresse. Malgré tout, elle s’est pris une rafale de "non". Sauf un vœu en BTS techniques de commercialisation où elle avait été acceptée et ce vœu saute du coup.» Il poursuit : «On essaie de gérer la situation, c’est compliqué pour les élèves moralement surtout ici en Seine-Saint-Denis. On accompagne les élèves, on les rassure mais il faut aussi qu’ils fassent leur boulot au ministère. Là ils l’ont mal fait. On n’avait pas besoin de ça.»

Preuve de l’importance de ce souci technique, une conférence de presse a été organisée en urgence au ministère. Branle-bas de combat. La ministre Frédérique Vidal a reconnu une «erreur» qui a principalement affecté des filières sélectives comme les BTS et présenté ses excuses au nom des formations et de la plateforme. L’opération rafistolage se joue aussi sur les réseaux sociaux où les deux ministères ont tenté d’expliquer la situation, appelant notamment à contacter le numéro vert de Parcoursup. Candice, 30 ans, en reprise d’études n’est pas arrivée à les joindre : «Ce matin, je me rends compte qu’en psychologie à Rouen je suis 1710e alors que j’étais acceptée. A Paris, c’est encore pire je suis 3835e. Je suis bouche bée, j’ai appelé Parcoursup huit ou neuf fois, toutes les lignes sont saturées.»

Réaction en chaîne

Pour stopper la vague de vœux acceptés par erreur, le ministère avait remis le site en mode consultation jeudi avant de redémarrer le processus normal vendredi à 12h30. Alors que Frédérique Vidal a assuré que «les choses sont rentrées dans l’ordre», dans l’après-midi, des candidats remis en liste d’attente craignaient un nouveau bug. Comme Alice, 20 ans, en terminale STD2A, qui raconte : «Mercredi soir, j’étais prise dans quatre écoles d’art appliqué. Ce matin j’ai voulu confirmer mon choix. Impossible puisque je suis maintenant en liste d’attente sur tous mes vœux. J’ai appelé les écoles et le rectorat, personne ne peut m’affirmer que je serai de nouveau admise. J’ai l’impression d’avoir perdu mon rêve.»

On fait ici face à une réaction en chaîne allant au-delà des 400 formations. Le retour de ces candidats préalablement admis va mathématiquement faire perdre des places aux autres restés initialement en attente. Cela a même des conséquences plus large. Certains candidats ayant accepté une proposition en avaient refusé une autre (potentiellement en dehors des 400 formations). Ces refus ont été annulés pour ne pas les léser mais là encore les vases communiquent. Les élèves qui étaient remontés sur les listes d’appel ou d’attente devraient reculer puisque d’autres les réintègrent.

(1) Prénom modifié à la demande de l’intéressé.

Marlène Thomas

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