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Vivement l'Ecole!

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"Pandémie : des étudiants sacrifiés" - (Mais tellement sages...)

20 Janvier 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Université, #Education

"Pandémie : des étudiants sacrifiés" - (Mais tellement sages...)

Plus de cours en présentiel, plus de stages ou de voyages à l’étranger, pas de sortie possible après 20 heures et surtout… plus de boulot étudiant. Depuis la fin octobre, les étudiants sont "en mode survie". A Chambéry, le campus de l’Université Savoie Mont Blanc est vide, sauf le mardi.

Dans un local prêté par le CROUS, Nadia, présidente de l'association Etudébrouille participe aux distribution alimentaires. L'association a enregistré 130 inscriptions depuis le début de l'année et a triplé son nombre de bénéficiaires.

C'est dur de se concentrer sur ses études quand on doit déjà se demander comment on va pouvoir manger.

Les emplois universitaires, proposés par la fac pour les étudiants les plus précaires, ne sont plus d'actualité en période de confinement. A Chambéry, étudiants étrangers ou issus de familles en difficulté financière doivent se débrouiller seul dans des petits studios et faire face au coût d'une vie qui se fait de plus en plus pénible.

Les doutes, propres à de nombreux étudiants, se font de plus en plus prégnants : "ai-je fait les bons choix?", "Ne vaut-il pas mieux opter tout de suite pour la vie active?".

- Roxane a 22 ans. Etudiante et jeune mère, elle est en licence de droit et doit faire face à cette épreuve sans ressources autre que les aides dont elle bénéficie. Au moment de venir étudier à Chambéry après avoir obtenu un visa, elle avait découvert sa grossesse qui l'a forcée à refaire une première année de fac. 

Depuis cet incident, aucun membre de ma famille ne m'adresse plus la parole.

Quand il a découvert que j'avais eu un enfant, mon propriétaire s'est énervé, il a jeté mon frigo et toutes mes affaires par la fenêtre.

Finalement relogée près de l'université, les cours ne se font plus en présentiel. Suite à une rupture numérique, elle n'a pas été en mesure de passer certains examens. 

Quand ma fille dort et que je sais qu'elle ne se réveillera pas, vers une ou deux heures du matin, je me lève et je fais mes devoirs jusqu'à 5 heures avant de me réveiller à nouveau quelques heures plus tard.

Roxane a été employée dans différentes boîtes, de Monoprix à O'Tacos qui, à cause du confinement, ont été contraintes de licencier. Payer ses charges et se nourrir, elle et son enfant, est parfois très difficile.

J'ai envie de continuer mes études, ça a toujours été mon but mais je ne peux pas abandonner ma fille, je veux pouvoir, malgré tout ce qu'on traverse, être un exemple pour elle. 

Pouvant compter sur le soutien des assistantes sociales ou des conseiller.e.s de la Mission Locale, une de ses grandes craintes est pourtant d'être rapatriée et d'être séparée de sa fille par sa famille.

Avec ma mère, on se parle en cachette. Pour ma famille, avoir un enfant hors-mariage est une abomination, on ne me le pardonnera jamais.

Reportage : Valérie Borst  

Réalisation : Cécile Laffon

Chanson de fin: "Weight" par Ian William Craig, 2020

Merci aux étudiants du campus de Jacob-Bellecombette, à Sabrina, Roxane et Nadia de l’association Etudébrouille. Merci à La plateforme de soutien de l’USMB (Université Savoie Mont Blanc).

https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/pandemie-des-etudiants-sacrifies?actId=ebwp0YMB8s0XXev-swTWi6FWgZQt9biALyr5FYI13OojN5VSMd2TMt8SkIKwMoFh&actCampaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=634136#xtor=EPR-2-[LaLettre19012021]

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La santé mentale des étudiants mise à fac...

15 Janvier 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Université

La santé mentale des étudiants mise à fac...

Isolement, angoisse liée à l’enseignement à distance, précarité… Syndicats et enseignants s’alarment de l’état de détresse des jeunes. Jean Castex et Frédérique Vidal doivent recevoir ce vendredi les représentants de la communauté universitaire.

Depuis quelques nuits, Eric Carpano, président de l’université Lyon-III, peine à fermer l’œil. Mardi soir, une étudiante a tenté de sauter du cinquième étage de sa résidence universitaire. Bien qu’elle ait été prise en charge «avant de commettre l’irréparable», selon les mots de Carpano, cet événement fait violemment écho à ce qui s’est passé durant la nuit de vendredi à samedi. A la résidence universitaire de Villeurbanne, un étudiant en master de droit à Lyon-III s’est jeté par la fenêtre du cinquième étage. Son pronostic vital est engagé. Les causes de ces gestes ne sont pas encore connues, mais une chose est sûre, «il y a un profond mal-être de la jeunesse aujourd’hui, qui a le sentiment d’avoir été délaissée. La crise sanitaire leur impose des contraintes absolument redoutables», selon le président de l’université. Lui qui n’occupe ses fonctions que depuis dix jours est «sidéré» face à la détresse dont il est témoin : «Il faut une prise de conscience nationale pour accompagner notre jeunesse et lui offrir un horizon. J’espère que la réponse gouvernementale sera à la hauteur des attentes.»

«Une lassitude»

Ce constat, le Premier ministre Jean Castex ne l’a pas nié lors de sa conférence de presse de jeudi soir, parlant d’un «profond sentiment d’isolement», de «vraies difficultés psychologiques», une «source de préoccupation majeure». Avec la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, il a annoncé un retour très progressif dans les amphis des 1,6 million d’étudiants assignés à l’enseignement à distance depuis trois mois, à partir du 25 janvier pour «une reprise en demi-groupes des travaux dirigés des élèves de première année». «Il en va de l’avenir de notre jeunesse», selon Vidal. Ce vendredi, le duo doit recevoir les représentants de la communauté universitaire pour préciser les modalités de cette prudente évolution, alors que la reprise en physique des étudiants les «plus fragiles», annoncée en décembre, s’est faite au compte-gouttes depuis la rentrée de janvier.

La souffrance qu’Eric Carpano observe à Lyon se retrouve partout en France. Libération l’a raconté ces derniers mois : les étudiantes et étudiants vont très mal. Les syndicats alertent sur leur santé mentale en dégringolade. «On se retrouve dans des situations de plus en plus anxiogènes : la hausse de la précarité, l’angoisse liée aux partiels, la peur pour l’avenir, la fermeture des universités, l’isolement, déroule Paul Mayaux, président de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage). Je ne sais même plus comment mettre des mots là-dessus.»

«On sait que les étudiants ne vont pas bien. Leur état de santé mentale est altéré, quel que soit l’indicateur que nous avons mesuré», affirme Marielle Wathelet, médecin de santé publique au Centre national de ressources et de résilience (CN2R). En octobre, elle a codirigé à une étude sur l’état de santé mentale des étudiants universitaires en France pendant le confinement, du 17 avril au 4 mai. Sur les 70 000 répondants, 11,4 % ont déclaré avoir des idées suicidaires, 27,5 % rapportaient des symptômes sévères d’anxiété et 16,1 % de dépression. Des chiffres qui «sont plus élevés que la moyenne, hors contexte de pandémie», note Marielle Wathelet. Mais des données manquent encore : celles des suicides. «Là, on a les chiffres de 2016. Ce retard est un problème, encore plus en cette période, car on aimerait vraiment savoir quel est l’impact du Covid sur les suicides aboutis et les tentatives de suicide afin de guider les politiques», souligne Fabrice Jollant, psychiatre spécialiste des conduites suicidaires. De premiers résultats, concernant la période de janvier à août 2020, ont tout de même pu être analysés : «Ils portent sur les tentatives de suicide hospitalisées seulement. Chez les jeunes, il y a eu une diminution durant la première partie de la pandémie», note Fabrice Jollant. Mais il reste difficile de poser un constat ferme, puisque cette baisse des hospitalisations pourrait notamment s’expliquer par un accès aux soins plus difficile à cette période. Surtout, comme le pointe le spécialiste, «tout le monde a le sentiment que c’est de plus en plus difficile depuis la rentrée. Chez les étudiants, il y a une fatigue, une lassitude, une crise qui dure. On craint que les prochains chiffres aillent dans l’autre sens».

La détresse psychologique des étudiants n’est pas nouvelle : pauvreté, difficultés d’accès au logement et manque d’aides sont déjà dénoncés depuis des années. Mais la crise sanitaire a fait exploser ces problématiques. «Le contexte et les mesures sanitaires sont susceptibles d’aggraver la précarité et l’isolement des étudiants, deux facteurs connus pour être associés avec les troubles de santé mentale», explique Marielle Wathelet. A l’effet de la pandémie, s’ajoute le fait que les étudiants sont «une population particulièrement fragile», souligne la médecin : «Les 15-25 ans, c’est la tranche d’âge durant laquelle apparaissent les grandes pathologies psychiatriques.»

Malgré tout, le recours au soin est extrêmement faible dans cette catégorie de la population, y compris pour les personnes qui ont des troubles graves. En 2019, une enquête nationale de la Mutuelle des étudiants (LMDE) pointait notamment le fait que 42 % d’entre eux renoncent au soin, dont 40 % par manque de moyens financiers. «Les séances chez le psy sont très chères, et les Bapu [bureaux d’aide psychologique universitaire, ndlr] sont débordés par manque de moyens», déplore Mélanie Luce, présidente de l’Union nationale des étudiants de France (Unef). A Paris, le délai d’attente pour avoir un rendez-vous au Bapu du Ve arrondissement est de trois à quatre mois. A Lille, de trois mois et demi. Et cette situation est loin d’être exceptionnelle. Dans un rapport publié en novembre, l’association Nightline a compté un psychologue pour 30 000 étudiants en France. Un chiffre largement inférieur à celui recommandé par l’Iacs, association qui accrédite les services de santé mentale universitaire dans le monde : il est conseillé de viser un psychologue pour 1 000 à 1 500 étudiants. Résultat : des jeunes attendent plusieurs mois pour se faire soigner, ou baissent les bras.

«Jamais été aussi mal»

En décembre, le Premier ministre a annoncé la création de 80 postes de psychologues et 60 d’assistants sociaux dans les Crous pour un budget de 3,3 millions d’euros. Une annonce suivie par un communiqué de l’Enseignement supérieur indiquant un «doublement des capacités d’accompagnement psychologique des étudiants». Mais, pour les concernés, cela reste insuffisant. «La détresse psychologique explose. Ce qu’on demande, c’est des chèques santé pour avoir des visites gratuites chez les psys. Il faut agir dans l’urgence !» martèle la présidente de l’Unef. Le rendez-vous de ce vendredi avec Jean Castex et Frédérique Vidal est très attendu, comme l’explique Mélanie Luce : «On est dans une situation historique, on n’a jamais été aussi mal. Si on ne prend pas des mesures historiques, on va continuer à foncer droit dans le mur.»

Les ressources d’aide psychologique à disposition des étudiants : les services de médecine préventive et de promotion de la santé des universités ; le Fil santé jeunes (0 800 235 236, tous les jours de 9 heures à 23 heures) ; Nightline, service d’écoute nocturne gratuit ; le médecin traitant ; en cas d’urgence, contacter le 15.

Cassandre Leray

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Les étudiants confinés, sacrifiés...

14 Janvier 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Université

Les étudiants confinés, sacrifiés...

La pandémie nous rappelle l’urgence de prendre soin de nos étudiants et l’extension toujours plus violente de leur précarité. L’élargissement de l’accès aux études secondaires est loin d’avoir aboli les inégalités.

Comment apprendre bien dans un monde qui va mal ? De l’intranquillité quotidienne au désespoir d’une vulnérabilité faite existence, les générations actuelles d’étudiants et d’étudiantes forment une communauté d’expérience limite, à la confluence de la crise du Covid-19, puissant catalyseur des inégalités, et des incuries de la réponse politique qui lui est apportée. «Derniers Confinés», comme se sont si justement nommés les étudiants d’un collectif de l’université de Haute-Alsace (UHA) dans une lettre au président de la République, ces jeunes hommes et femmes n’ont souvent que leurs écrans - quand ils en ont - pour se projeter.

Les enquêtes sur la vie étudiante confinée impulsées par le Centre national de ressources et de résilience (CN2R), l’Observatoire national de la vie étudiante (OVE) ou encore Santé publique France dressent un même portrait, celui d’une jeunesse en situation de détresse morale et d’insécurité économique et psychologique saisissantes alors que 29 % des 18-24 ans se disent déprimés («Les étudiants, une population particulièrement fragile psychiquement», le Monde, 12 janvier). Samedi, un étudiant de l’université Jean-Moulin Lyon-III a tenté de se suicider et est à ce jour dans un état critique. Sans vouloir plaquer une interprétation à sens unique sur ce geste tragique, le président de l’université a néanmoins rappelé dans une lettre adressée aux étudiants et au personnel de l’établissement le contexte social et politique anxiogène dans lequel ce dernier a eu lieu : «La fermeture des universités, les cours à distance, l’arrêt des activités sportives, culturelles et festives ont favorisé l’isolement et la détresse psychologique. La situation économique a précipité les plus fragiles dans la précarité. Un drame humain se joue que nous ne devons pas occulter.» Mardi, le drame humain continue à Lyon, alors qu’une étudiante a tenté de se défenestrer de sa résidence universitaire.

Ce drame humain, c’est notamment celui d’une extension toujours plus grande, toujours plus violente du domaine de la précarité étudiante dans un silence quasi assourdissant. Déni de reconnaissance, ce silence gouvernemental perpétue l’histoire d’une invisibilisation au plus long cours des vies fragiles qui occupent les bancs des universités. Alors que dès les années 60, les premières enquêtes sociologiques de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron révèlent que la «condition étudiante» est une condition plurielle et inégalitaire, cette dernière demeure pourtant perçue comme le lot commun d’une jeunesse uniformément privilégiée. L’élargissement et la diversification de l’accès à l’enseignement supérieur, ces quarante dernières années, n’ont nullement aboli ces inégalités et leur perception faussée. Historiens et sociologues de l’éducation à l’instar d’Antoine Prost ou de Pierre Merle se sont efforcés de donner à voir cette réalité : la démocratisation de l’université, parce qu’elle conduit les membres des classes populaires vers les filières les moins valorisées et qu’elle réserve les filières les plus prestigieuses aux groupes sociaux supérieurs, fut et demeure ségrégative. A cela s’ajoute la massification du phénomène de la pauvreté étudiante dans un contexte de montée des incertitudes et d’extension du déclassement qui frappe particulièrement les jeunes depuis la fin des années 70. Aujourd’hui, plus de 20 % de la population étudiante vit en dessous du seuil de pauvreté.

La précarité étudiante a fait l’objet de multiples rapports depuis le début des années 2000. En novembre 2019, Anas K., étudiant lyonnais de 22 ans d’origine populaire, s’est immolé par le feu, expliquant son acte par la perte «automatique» de sa bourse, après le triplement de sa deuxième année de licence. Et pourtant, cette précarité continue de ne pas faire cause pour l’agenda politique. Dans un article de 2020 de la revue Agora Débats-Jeunesses intitulé «Quand la marge interpelle la norme. Evolution et actualité de la précarité étudiante», les sociodémographes Philippe Cordazzo et Nicolas Sembel soulignent à quel point la focale du débat public sur la question de l’orientation et de la sélection dans les universités ces vingt dernières années rend acceptable la perpétuation des inégalités et permet d’entretenir cette cécité sur les conditions de vie de celles et ceux qui étudient autant que la violence symbolique dont elle est porteuse. Ainsi, «l’impératif d’efficacité se traduit par la prise en compte de la seule variable de la réussite universitaire» et «l’élimination des «mauvais·e·s» étudiant·e·s coïncident trop souvent avec l’élimination des étudiant·e·s les moins favorisé·e·s socialement. Et c’est tout un pan de la jeunesse qu’on abandonne.

Notre présent pandémique nous rappelle ainsi l’urgence qu’il y a à reconnaître et à prendre soin de nos étudiants et de nos étudiantes, à vouloir non pas plus d’excellence, mais plus d’égalité et de savoirs partagés, il devrait aussi et surtout obliger celles et ceux qui nous gouvernent à accompagner et soutenir ces millions de jeunes hommes et femmes qui portent en eux les horizons des possibles de demain.

Clyde Marlo Plumauzille historienne, chargée de recherches au CNRS

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Partiels à distance : les cinq nouvelles techniques de triche...

13 Janvier 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Université

Les tricheurs - huile sur toile de Michelangelo Caravaggio en reproduction  imprimée ou copie peinte à l'huile sur toile

Les tricheurs - Michelangelo Caravaggio, dit le Caravage

L’antisèche avant, Internet maintenant. Avec les examens à la maison pour cause de Covid-19, les techniques de triche évoluent. «Libération» passe en revue les nouvelles tendances de la fraude étudiante.

Oui, on sait : la triche, c’est mal. Tellement mal que, dans le cas d’examens ou de concours publics, elle est sanctionnée d’une peine pouvant aller à 3 ans de prison et 9 000 euros d’amende. Mais, avec la multiplication des examens à distance, pour cause de confinement le milieu connaît sa propre révolution copernicienne. Elan de solidarité, protestation contre les logiciels de surveillance ou acte désespéré lié à la crise sanitaire: si les motifs des tricheurs se diversifient, leurs techniques aussi. Des fiches de cours en HDMI sur l’écran de la télé à la coopération de promos entières, l’ère de l’antisèche glissée dans la chaussette semble bel et bien révolue.

Un beau jeu collectif

Le grand changement avec les examens en ligne, c’est la répartition des tâches. Certains la jouent en petite équipe. C’est le cas de Camille, 23 ans, en école hôtelière à Nantes. Pour ses examens de ressources humaines et de marketing, elle a coopéré avec ses camarades de classe, vivant dans sa résidence étudiante. Leur objectif ? Gagner du temps en faisant chacun un ou plusieurs exercices. «Vu qu’on n’est pas en présentiel, on peut vachement chercher sur Internet, donc les profs nous donnent des choses très très longues pour pas qu’on n’ait le temps de le faire», justifie-t-elle. Et pour que la technique fonctionne, mieux vaut opérer en trio : «A un moment on s’était confinés dans une maison de vacances et les partiels alors qu’on était 6-7 autour de la table, c’était horrible. On finissait par les faire dans nos chambres parce qu’on n’arrivait plus à se concentrer», raconte-t-elle.

A contrario, d’autres font appel à beaucoup plus de cerveaux. Lors du premier confinement, Suelen, 22 ans, élève en Institut d’études politiques (IEP) a triché avec l’ensemble de sa promotion lors d’un QCM d’économie. «Ce cours était difficile à suivre sur Zoom même si les profs étaient très bons. Les cours à distance épuisent beaucoup», justifie-t-elle. Un google doc a donc été créé pour leur permettre de se partager les réponses. «Quand tu as la même réponse que cinq autres personnes, tu es plus sûre de toi que si tu étais dans ton coin», indique-t-elle. Résultat : tout le monde a validé l’examen.

«Ctrl F», mon amour

Classique, mais efficace. Pour les non-initiés en informatique, la combinaison de touches Ctrl + F permet à l’internaute d’effectuer une recherche avancée de mots et expressions dans un document. Idéale en cas de questionnaire à choix multiples (QCM). Ezio, en fac d’économie à Clermont-Ferrand, y a recours depuis ce semestre : «Je me suis permis d’avoir le cours à côté de moi et, à chaque question, je tape le mot-clé dans la barre de recherche. Dans 99% des cas, j’ai la réponse que je veux.» Bien sûr, l’université de l’étudiant de 19 ans a déployé des contre-attaques, comme des questionnaires aléatoires ou, encore, une limite de temps. «Ils ont mis en place des QCM dégressifs avec un délai de réponse très réduit. Beaucoup se sont plaints parce que si tu prenais ton temps pour répondre, tu finissais par ne plus pouvoir boucler l’examen», déplore-t-il.

Pour les oraux, on trouve des tactiques similaires. Coraline, en psychologie à Rouen, a opéré avec deux ordinateurs. Un pour l’oral, un autre, en retrait, avec ses fiches ouvertes dessus. «Franchement, cette épreuve était horrible. L’oral comportait trois matières différentes et je ne savais pas sur laquelle j’allais tomber […] Bon finalement, ça n’a pas servi à grand-chose. Les questions n’étaient pas toujours directement liées au cours et je l’ai un peu raté.»

Joker : «appel à un ami»

Pas de 50/50 ou d’avis du public, alors on choisit l’appel à un ami. Inès est bonne élève dans toutes les matières mais une seule la fait frémir, les statistiques. Alors, pour maintenir son niveau, l’étudiante de 18 ans a posté une annonce sur les réseaux sociaux : «J’ai demandé de l’aide au cas où je bloque sur certains exercices ou questions.» Une solution désespérée, défend-elle : «Cet examen était décisif pour moi. Ça me mettait la pression de devoir passer aux rattrapages. […] Sans compter qu’on doit avoir un bon dossier pour la troisième année qui se passe à l’étranger.»

Dans le flot de commentaires désapprobateurs, des messages de soutien se glissent : «Heureusement il y a eu des personnes qui étaient très compréhensives par rapport à notre situation actuelle avec la pandémie…» Le jour J, elle a pu compter sur leur coup de pouce ainsi que sur l’aide d’un ami de lycée.

Faire rentrer un remplaçant sur le terrain

Y aller, se rater ou bien se faire remplacer ? Cette option est l’une des plus difficiles à mettre en place et certains la tentent malgré tout. Clarisse, juriste en cabinet d’avocat de 24 ans, y a été confrontée : «Un de mes élèves de cours de soutien m’a demandé de le remplacer pour son examen de droit des contrats.» Un service qu’il proposait de rémunérer. Si Clarisse dit comprendre les difficultés qu’il peut rencontrer à cause de la pandémie, elle a malgré tout décliné l’offre. «J’étais sidérée. Je n’ai pas souhaité répondre à sa demande», s’indigne-t-elle.

Avoir la triche engagée

Qui a dit que la triche ne pouvait pas être un acte politique ? Stefan, 24 ans, lâche : «Ils nous prennent pour des cons.» Lui a commencé à tricher l’année dernière, à l’université de Genève, après la mise en place d’une plateforme d’examen dotée d’une batterie de moyens de surveillance. Photo du candidat, capture d’image de son écran, prise de son aléatoire, autant de méthodes invasives ayant indigné cet étudiant en commerce des vins : «Moi je triche parce que je considère que ce n’est pas normal qu’on nous impose des programmes comme ça […]. Ils pensent qu’il faut avoir un soldat derrière nous pour qu’on bosse bien, puisque c’est comme ça: challenge accepté», revendique-t-il.

Depuis, il s’est forgé une expertise en la matière : «Il faut toujours travailler à deux ordinateurs, l’un dédié uniquement à l’examen, l’autre pour s’aider. Si les gens ont une télé, ils peuvent brancher leurs fiches de cours en HDMI, c’est plus pratique.» Autre conseil pour ceux opérant en équipe : «Utilisez le partage de connexion de votre téléphone pour internet sinon, avec le wifi, ils peuvent voir que vous utilisez le même.» Enfin, pour déjouer les éventuelles prises de son, Stefan fait appel à sa fibre artistique : «Je mets du scotch sur le micro et de la musique classique à fond. Je me suis inspiré du film la Vie des autres On suppose que le rock et le rap fonctionnent aussi.

Elise Viniacourt et Kadiatou Sakho

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Crise sanitaire : les universités, angle mort du gouvernement...

12 Janvier 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Université

https://www.lamontagne.fr/photoSRC/V15TJ1taUTgIBhVOCRAHHQ4zRSkXaldfVR5dW1sXVA49/38554528-universite-d-orleans-confinement-des-etudiants-pend_5046146.jpeg

La gestion de la crise par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche met en danger une génération entière d’étudiants, tant sur le plan de leur formation que sur celui des risques psycho-sociaux.

Tribune. L’enseignement supérieur a été totalement absent du discours du Premier ministre lors de la conférence de presse du 7 janvier 2021 largement consacrée aux vaccins. Une fois de plus, gouvernement, ministère et, de fait, présidence de la République relèguent le monde universitaire au rang des accessoires dans cette crise sanitaire, bien loin des attentes et des alertes légitimes de leurs acteurs, qu’il s’agisse des étudiants, des enseignants ou encore des directions d’établissements.

Depuis le mois de septembre, la désorganisation du monde universitaire est criante, alimentée par l’impréparation du ministère, l’absence de dialogue, de concertation, de diagnostics partagés et par la succession d’annonces imprécises et à contretemps.

Année universitaire hors normes

La gestion de la crise par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche via des circulaires floues et irréalisables sur le terrain met clairement en danger une génération entière d’étudiants, tant sur le plan de leur formation que sur celui des risques psychosociaux.

Elle fragilise également tous les acteurs du service public de l’enseignement supérieur à qui l’on demande d’assurer une année universitaire hors normes, sans moyens supplémentaires ni mesures d’accompagnement spécifiques, sans considération non plus pour la surcharge de travail liée à la mise en place d’enseignements en ligne et au suivi individualisé des étudiants.

Après une rentrée totalement improvisée et un automne chaotique qui n’ont permis ni d’assurer la continuité pédagogique, ni d’enrayer le décrochage universitaire ou la surprécarisation des étudiants les plus fragiles, la rentrée de janvier confirme la coupable cécité mais également la désinvolture du gouvernement.

«Publics étudiants fragiles»

La gestion de crise du coronavirus par le gouvernement accélère le creusement des inégalités dans l’enseignement supérieur. Et la récente préoccupation du ministère pour les «publics étudiants fragiles», aux contours pour le moins flous, au moyen d’une circulaire en date du samedi 19 décembre visant à signer le retour en petits groupes des étudiants à l’université le 4 janvier, se révèle être un leurre et un échec.

Les modalités envisagées pour la reprise de janvier sont clairement inadaptées aux besoins. La proposition d’un retour sur site uniquement en groupes restreints à dix étudiants considérés comme «fragiles» et autorisés à être présents sur convocation est discriminante et inopérante. Comment les universités peuvent-elles identifier les étudiants potentiellement concernés face aux contraintes actuelles et avec un calendrier tel qu’il est imposé ? Comment peuvent-elles pratiquement mettre en place un tel retour sans annonces claires sur les moyens techniques et humains nouveaux indispensables aux établissements ?

«Geste politique»

A ce stade de l’année universitaire, le traitement de la «fragilité étudiante» doit dès maintenant changer de braquet et englober tous les aspects de cette crise universitaire sans précédent. Car c’est bien toute la population étudiante dans son ensemble qui est aujourd’hui impactée par les conséquences de la situation sanitaire, sur le plan des conditions de vie comme sur celles des apprentissages. La souffrance psychologique, sociale et éducative des étudiants est particulièrement aiguë depuis les décisions de confinement et de restriction d’accès aux établissements.

Le ministère doit désormais proposer une organisation du second semestre sûre, stable et durable avec un retour sur site des étudiants et des personnels partout où cela est possible dans le respect des règles sanitaires. Cela passe par l’octroi urgent de moyens humains, matériels et financiers à la hauteur de l’enjeu que constitue le retour en présentiel dans les universités. Le gouvernement doit également engager l’accélération et la systématisation de l’offre de vaccination sur tous les sites universitaires pour les enseignants et étudiants qui le souhaitent.

Mais au-delà, le gouvernement doit acter un «geste politique» d’envergure vis-à-vis du service public de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pour, enfin, en faire une priorité au long cours et un levier démocratique efficient.

Il y va de l’avenir de notre jeunesse.

Yannick Trigance Secrétaire national PS à l’Education et à l’enseignement supérieur, conseiller régional Ile-de-France ,

Isabelle Rocca Secrétaire national PS adjointe à l’Education populaire. adjointe aux Affaires scolaires Paris 12ème

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Pandémie : les étudiants remuent partiels et terre...

11 Janvier 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Université

Pandémie : les étudiants remuent partiels et terre...

EXTRAITS

En pleine pandémie et alors que le premier semestre universitaire s’achève, les étudiants doivent passer leurs examens, dans les amphis ou chez eux. Entre risque sanitaire, sentiment d’abandon et triche généralisée, ils racontent à «Libération» la galère à laquelle ils sont confrontés.

Emilie (1) ne veut plus mettre les pieds dans sa fac pour ses examens. Etudiante en anglais en troisième année à la Sorbonne, elle a pourtant bien tenté de passer un partiel, le 4 janvier. Mais elle est ressortie «hallucinée» de la façon dont les choses étaient organisées : «Tables et chaises pas désinfectées, salles pas aérées, pas de gel hydroalcoolique, les copies manipulées à tout va… Au moins, contrairement à d’autres, je n’ai pas eu à lécher le bordereau d’anonymat pour le coller sur ma feuille.» La direction de la Sorbonne assure que les mesures sanitaires sont bien respectées, mais pour Emilie, hors de question de retourner dans un amphi. A la place, elle enchaîne depuis plusieurs jours les blocus de l’université, accompagnée de sa meilleure amie. De toute façon, elle se voyait déjà rater les examens : «Je suis sous traitement depuis plusieurs semaines pour une dépression. J’ai complètement lâché l’affaire pendant le reconfinement. J’envisage d’arrêter la fac», confie l’étudiante de 21 ans. Raison de plus, pour elle, de se mobiliser : «On ne dénonce pas juste les conditions sanitaires des partiels en présentiel, mais aussi le fait que les examens ne sont pas adaptés au contexte dans lequel on a eu cours ces derniers mois.»

Blocus et boycotts

(...)

Olivier (1), lui aussi à la Sorbonne, a effectué ses partiels sur place. Et il s’en serait bien passé : «On était tellement rapprochés qu’on rigolait en se disant qu’on aurait tous le Covid. Et le mec derrière moi a dit : "Bah moi, je l’ai." J’ai cru qu’il rigolait, sauf que j’ai appris ensuite qu’il était vraiment malade, ce con !» Les étudiants cas contacts ou positifs au Covid sont normalement priés de rester chez eux et de passer leurs partiels aux rattrapages… en juin. L’idée de réaliser ses épreuves aux côtés de potentiels malades ne rassure pas du tout Lisa, 25 ans, en licence à la fac de lettres de Nancy. Immunodépressive, elle craint pour sa santé : «On était une centaine dans une salle trop petite pour accueillir tout le monde. Le prof paniquait parce qu’il manquait des chaises. Je n’étais pas du tout à l’aise.» Elle raconte même ne pas avoir pu aller se laver les mains aux toilettes parce qu’elles étaient fermées. Ethan, en deuxième année de médecine à l’Université de Paris, décrit les mêmes problématiques : «On a dû attendre une heure et demie dans une salle entre deux épreuves, à plus de 400 étudiants. Les gens ont retiré les masques, n’ont pas respecté les gestes barrières, ont mangé dans la classe… On met nos vies en danger.» A force de mobilisation, «on a obtenu que les partiels soient réalisés en distanciel», poursuit l’étudiant de 19 ans.

Pyjama et tee-shirt XXL

Mais là encore, ce n’est pas forcément simple. Lina, 19 ans et étudiante en sciences politiques, se sent dépassée toute seule chez elle : «En ce moment, par exemple, je prépare un dossier d’une trentaine de pages pour l’examen d’une matière sur laquelle je n’ai eu cours qu’une seule fois, et j’en ai quatre autres à faire, ça prend un temps fou.» Elle travaille d’arrache-pied, jusqu’à 4 heures du matin, avec la crainte de mal faire : «Je ne suis pas encadrée et je ne sais pas si ma méthodologie est bonne. En plus, certains profs corsent les sujets parce qu’ils se disent qu’on est chez nous et que c’est plus facile. C’est comme si on avançait dans le vide pour finir par se prendre un mur.» Amel, 20 ans, peine quant à elle à se concentrer. En troisième année de géographie à l’université de Lyon, il lui reste un partiel de quatre heures à distance : «Je préfère être dans le silence complet avec un examinateur. Je sais que je ne serais pas aussi efficace chez moi avec l’ordi, le téléphone, la télé… ce n’est pas facile comme ça.» Les épreuves à distance ne se passent pas beaucoup mieux pour Marie, 18 ans. Assise en tailleur sur son lit, elle vient de passer son examen de première année de psycho en bas de pyjama à carreaux et tee-shirt XXL. Pas très solennel pour son tout premier partiel, d’autant plus qu’elle entendait son père en télétravail dans la pièce d’à côté et que ses chats venaient s’allonger sur son clavier. Cette étudiante en première année à l’université de Strasbourg devait répondre à un QCM de 80 questions en deux heures. Elle estime n’avoir trouvé la bonne réponse qu’à la moitié d’entre elles. Habituée à être encadrée, elle savait que ce serait bien différent à la fac. Mais pas à ce point. «On doit travailler sans aucune aide. On a juste eu quatre TD par matière. Pour les cours magistraux, on n’a pas de profs, ils nous ont envoyé des diaporamas. Je ne savais pas comment préparer ce partiel, j’ai dû me débrouiller seule et je n’étais pas prête.» Résultat, elle est «quasi certaine» de finir aux rattrapages.

(...)

Evaluations faussées

(...) ... C’est aussi pour éviter la triche que certains profs de la Sorbonne font venir les étudiants sur place : «Il y a des épreuves, comme la traduction d’un texte, où la documentation à laquelle les élèves ont accès à distance fausse les évaluations, estime Alain Tallon, doyen de la fac de lettres. Or le but des partiels est de déterminer leurs compétences.» Mais retourner à la fac juste pour «ça» n’amuse pas du tout Laura, étudiante en double licence à Paris. A Noël, elle a pris la décision de ne pas voir sa famille, à cause du Covid. «Et pourtant on m’impose de passer cinq partiels à l’université pour éviter la triche, alors que les conditions sanitaires ne sont pas réunies, soupire-t-elle. Il faut réfléchir aux raisons qui poussent certaines personnes à tricher : tout le monde n’a pas eu accès aux outils pour suivre les cours à distance, certains se sont retrouvés seuls, ont eu des problèmes de santé mentale. Comment préparer des partiels alors qu’on encaisse tout depuis des mois ?»

Cécile Bourgneuf , Cassandre Leray

(1) Ces prénoms ont été modifiés.

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Vers un financement en partie public (Région Auvergne-Rhône-Alpes) de l'université catholique de Lyon à Annecy? Allo M. Wauquiez?

26 Décembre 2020 , Rédigé par Sources diverses Publié dans #Education, #Université, #Politique

Vers un financement en partie public (Région Auvergne-Rhône-Alpes) de l'université catholique de Lyon à Annecy? Allo M. Wauquiez?

Annecy : la future université catholique fait grincer des dents

Plusieurs associations et le parti socialiste de Haute-Savoie s'insurgent contre le financement public du projet de campus de l'université catholique de Lyon à Annecy.

Deux mois après l'annonce de l'implantation du troisième campus de l'université catholique de Lyon (UCLy) à Annecy , le parti socialiste de Haute-Savoie a émis de vives critiques sur le fait que cet équipement privé soit financé par des fonds publics. Le parti a notamment dénoncé « l'incurie ancienne et durable du Conseil départemental qui, parce que trop amorphe face aux instances universitaires s'est trouvé dans l'incapacité de défendre la Haute-Savoie quand il s'est agi d'ancrer des antennes universitaires délocalisées par rapport à Lyon et Grenoble ». Pour la même raison, un collectif associatif et syndical a lancé une pétition en ligne et dénoncé une « entorse à la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l'Etat ».

Pour mémoire, le coût du projet, atteint environ 10 millions d'euros. L'agglo d'Annecy, le département de Haute-Savoie et la région Auvergne-Rhône-Alpes, doivent en financer la moitié (1,5 million proviendra du département, 1,5 million de l'agglo et 2 millions de la région).

Le président du département, Christian Monteil, a aussitôt rétorqué au Parti socialiste. Il a fait part de sa « stupéfaction » et estimé que ces propos « témoignent à nouveau d'une méconnaissance totale du sujet »., L'élu a rappelé « l'engagement historique » du département qui « a été un des rares à investir massivement pour la construction d'un site universitaire sur son territoire, et qui encore aujourd'hui, bien que les Départements aient perdu la compétence (loi NOTRe), continue à investir fortement pour son développement ».

Le président du département a ensuite assumé le soutien de la collectivité au « développement d'écoles et formations complémentaires à l'offre proposée par l'USMB (Université Savoie Mont Blanc, ndlr), participant au rayonnement de la Haute-Savoie et offrant encore plus d'opportunités aux étudiants (Ecole Supérieure d'Art de l'Agglomération d'Annecy, formations dans le domaine de l'Image…) ».

Réalisé en convention avec l'Université Savoie Mont Blanc, ce campus baptisé Alpes Europe, ouvrira ses portes dès la rentrée 2020, d'abord dans les locaux du lycée Saint-Michel d'Annecy, puis, à partir de septembre 2021, dans un bâtiment neuf de 3.600 mètres carrés situé dans le périmètre de Saint-Michel. Il doit accueillir quelque 1.000 étudiants d'ici cinq ans.

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Comme le département, qui en fait l’une des conditions de son implication, la Région assure être soucieuse de la bonne coordination entre la future implantation de l’UCLy et l’université Savoie-Mont-Blanc (USMB) qui relève du secteur public. Les deux entités ont d’ailleurs déjà signé une convention. « La région est également très investie pour l’USMB, à qui elle apporte 13 millions d’euros. Elle ne sera donc pas pénalisée indique Laurent Wauquiez. Les étudiants ont le libre choix de l’établissement. Mais nous, dans ce dossier, nous ne  faisons pas de différence entre l’enseignement privé et l’enseignement public. Il n’y a pas de querelle. Ce qui compte, c’est le rayonnement du territoire et le travail de fond que nous devons mener en sa faveur. »

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Etudiant.e.s : une situation catastrophique qui ne pourra être traitée à l’économie !

12 Décembre 2020 , Rédigé par SNUASP FSU Publié dans #Education, #Université

Etudiant.e.s : une situation catastrophique qui ne pourra être traitée à l’économie !

COMMUNIQUE DE PRESSE Etudiant.e.s : une situation catastrophique qui ne pourra être traitée à l’économie !

Le premier ministre lors de sa conférence de presse du 10 décembre a pointé la gravité de la situation des étudiant.e.s, évoquant « des situations sociales et psychologiques qui sont extrêmement préoccupantes (...)des suicides ». Pour y faire face, il annonce le déblocage de crédits pour développer la vacation des psychologues et assistant.e.s de service social des CROUS.

Le SNUASFP FSU alerte depuis de nombreux mois sur la dégradation des conditions de vie des étudiant.e.s, dégradation amplifiée par la crise sanitaire et économique. La prise de conscience du gouvernement de la gravité de la situation est un premier pas mais les réponses apportées ne sauraient suffire à y répondre.

Outre la question sociale et psychologique préoccupante des étudiant.e.s, le SNUASFP FSU alerte sur l’épuisement de l’ensemble des assistant.e.s de service social de l’enseignement supérieur qui sont en première ligne depuis le printemps dernier pour faire face à ces situations. Déjà surchargé.e.s depuis de nombreuses années, la crise sanitaire génère une demande exponentielle dans un contexte complexe et selon des modalités de travail contraintes, le plus souvent à distance.

Le SNUASFP FSU dénonce le recours aux vacations dont la précarité et les conditions de rémunération ne permettront pas le recrutement en nombre suffisant d’assistant.e.s de service social. Quel.le professionnel.le acceptera en effet un contrat de quelques heures, sous-payé et dans des conditions de travail indignes alors même qu’il existe des difficultés de recrutement dans l’ensemble du secteur social ?

L’accompagnement social des étudiant.e.s ne relève pas uniquement des CROUS. Les services de médecine préventive universitaire sont aussi surchargés de demandes et doivent bénéficier de moyens permettant d’y faire face.

Par conséquent, le SNUASFP FSU considère qu’il est illusoire de pouvoir espérer apporter un début de réponse à cette situation à travers le développement des vacations d’assistant.e.s de service social au sein des CROUS. Ce sont bien des créations de postes pérennes qui s’imposent, seul moyen de pouvoir endiguer la situation sociale fortement dégradée des étudiant.e.s. Ce ne sont en effet pas quelques vacations qui permettront d’inscrire l’indispensable accompagnement social des étudiant.e.s dans la durée au moment même où le gouvernement annonce que la crise va s’inscrire dans le temps.

Le SNUASFP FSU alerte aussi sur la situation de fortes tensions constatées au sein des établissements scolaires où personnels comme élèves vivent des situations sociales très préoccupantes. Les services sociaux en faveur des élèves et en faveur des personnels croulent sous les demandes d’accompagnement et il est urgent de renforcer aussi ces services pour appréhender les conséquences de la crise en cours.

Le SNUASFP FSU revendique urgemment la création de postes en nombre suffisant pour les trois services sociaux de l’Éducation Nationale et de l’Enseignement Supérieur, seul moyen de permettre aux étudiant.e.s, élèves et personnels de bénéficier d’un accompagnement social nécessaire et préalable indispensable à la continuité du service public d’éducation.

Les Lilas, le 11 Décembre 2020

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Plus d’une soixantaine de maisons d’éditions dénoncent les propos du ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer...

19 Novembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Université

Plus d’une soixantaine de maisons d’éditions dénoncent les propos du ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer...

Pour une fabrique libre du savoir

Plus d’une soixantaine de maisons d’éditions dénoncent les propos du ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, qui visent à discréditer le monde universitaire et à remettre en cause l'autonomie de la recherche.

Tribune. Le résultat des travaux des chercheurs et chercheuses n’est pas une opinion. Il est le fruit d’un processus rigoureux d’enquêtes, de recoupement, d’analyses, qui s’appuie sur des méthodes éprouvées. Il s’inscrit dans une histoire des sciences et des idées. Il est discuté, contesté, révisé par la communauté scientifique, parfois au prix de conflits et divergences qui sont partie prenante de l’élaboration des connaissances. Menée librement, cette recherche assure la crédibilité d’un savoir scientifique, appuyée sur le débat collectif et la prééminence de l’exercice critique sur l’ignorance dogmatique.

C’est avec la même rigueur et le même sérieux que, en tant qu’éditeurs et éditrices de sciences humaines et sociales, nous nous attachons à rendre accessibles ces travaux et ces débats au public. La transmission de ce savoir est indispensable à la compréhension de nos sociétés et à la délibération collective. Décrédibiliser la recherche, c’est se priver d’un savoir partageable et laisser place à des contre-vérités et des fake news, dont le climatoscepticisme est l’un des exemples les plus désastreux aujourd’hui. Dans notre diversité et par notre indépendance, nous sommes l’un des relais entre les travaux des chercheurs et chercheuses et les citoyens et citoyennes, l’un des liens entre la construction de la connaissance et une république démocratique.

La recherche mise à mal

Or c’est cet ensemble qui vient d’être dangereusement remis en cause par ceux-là mêmes qui devraient en être les garants, en particulier le ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports, Jean-Michel Blanquer, lequel déclare qu’«il y a des courants islamo-gauchistes très puissants dans les secteurs de l’enseignement supérieur» : il désigne ainsi clairement la recherche en sciences humaines et sociales, ses actrices et acteurs comme responsables des maux de notre société.

Cette attaque est d’autant plus grave qu’elle arrive au moment où le même gouvernement tente de faire adopter une loi de programmation de la recherche à la faveur de la pandémie et au mépris d’une véritable discussion démocratique, dont plusieurs dispositions portent atteinte au respect des libertés académiques, qui constituent elles-mêmes le socle. L’idée même de mettre sous la coupe de politiques partisanes le monde universitaire est non seulement inacceptable, mais dangereuse. L’autonomie de la recherche, et de celles et ceux qui la mènent, la publient, l’enseignent, est essentielle à la fabrication d’un savoir réflexif et objectivé.

Ainsi, nos gouvernants affaiblissent encore un peu plus la valeur de la recherche et la légitimité des chercheurs et chercheuses, déjà si souvent remplacés par les experts autoproclamés qui se répandent sur les plateaux de télévision et dans les studios de radio. Cette attitude irresponsable fait le jeu des tenants de toutes les dérives autoritaires qui fleurissent en Europe et partout dans le monde. Le recul sans précédent des libertés publiques, ces dernières années, est là pour le rappeler.

C’est pourquoi nous dénonçons avec force le discrédit que les mots du ministre ont jeté sur le monde de la recherche et de l’enseignement supérieur. Nous, éditeurs et éditrices, refusons l’abandon de l’université, de la recherche publique, des chercheurs et des chercheuses à la vindicte des opinions partisanes. Nous sommes solidaires de leur incrédulité et de leur colère face à l’indignité de la parole gouvernementale.

Par Chloé Pathé , (Anamosa) , Étienne Anheim , (Éditions de l’EHESS) et Jean-Luc André d'Asciano , (L'oeil d'or)

Parmi les signataires: Frantz Olivié, Cécile Troussel (Anacharsis); Doris Audoux, Christophe Granger, Marie-Pierre Lajot, Olivier Villepreux (Anamosa); Claude Pahud (Antipodes); Antoine Cam (Apogée); Camille Deltombe, Charlotte Goure, Julien Lucchini (Éditions de l’Atelier); Jacques Aubergy (L’atinoir); Solène Derrien et Karima Neggad (Blast); Benjamin Roux et Sylvain Bertrand (Éditions du Commun); Benoît Verilhe (La Contre Allée)Les Éditions La Découverte; ; Eric Hazan (La Fabrique); Sophie Caillat (Éditions du Faubourg); Pauline Kipfer (directrice éditoriale poche chez Flammarion)… La liste complète des signataires. 

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« La misogynie d’une partie du milieu académique français est notoire et elle fait des ravages »

8 Septembre 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Université

« La misogynie d’une partie du milieu académique français est notoire et elle fait des ravages »

EXTRAITS

Les oraux des concours d’études littéraires s’apparentent souvent à de petites séances de tortures psychologiques et morales, surtout à l’encontre des candidates, dénonce la doctorante en littérature.

Tribune. A la faveur des résultats des concours de la filière lettres de l’ENS-Ulm, une occasion inédite se présente d’entreprendre une réflexion sur un sujet qui, disons-le tout de go, reste tabou, en même temps qu’il est un lieu commun fréquemment dénoncé « en off » dans les milieux académiques. Comme le dit – courageusement – Joëlle Alazard, secrétaire générale de l’Association des professeurs de premières et de lettres supérieures, « ce bond significatif de la part des femmes est une interpellation. Un chantier doit s’ouvrir autour de l’épreuve orale et de ses paramètres ». Le chantier, à coup sûr, est immense mais mérite qu’on s’y lance.

Pour preuve, le nombre d’anecdotes qui circulent sur le comportement des jurys. Intimidations, pressions en tout genre, moqueries, humiliations, sarcasmes : tout y passe dans ces oraux, qui s’apparentent assez souvent à de petites séances de tortures psychologiques et morales dont les jeunes femmes sortent moins souvent victorieuses – pour diverses raisons. Il n’est sans doute pas inutile de s’attarder un peu sur les pratiques des commissions des jurys de concours qui vous jaugent sur votre apparence physique, vous toisent de toute leur hauteur d’universitaires patentés et vous intimident à loisir par des regards, des petits mots échangés entre eux avec un sourire complice qui en dit long sur la jouissance qui est la leur à vous mettre sur le grill. « Cela fait partie du jeu », dit-on, avec fatalisme et par résignation.

(...)

Les jurys « se lâchent » souvent : ils tremblent de rage, ils soufflent, ils ricanent, ils s’envoient des textos ou des blagues dont on n’ose pas imaginer le contenu. C’est humain, dira-t-on. Certainement. Mais il est inhumain d’être en face d’eux et rien ne saurait justifier ce rituel archaïque, pas même une vieille tradition républicaine qu’il faut avoir le courage de remettre en question lorsqu’elle donne lieu à pareilles dérives qui sont hélas monnaie courante. Combien de candidats, et surtout de candidates, sortent brisés des salles d’examen dont le huis clos favorise les abus qu’on pourrait égrener à l’envi ?

Problème : il n’y a pas de recours possible puisqu’il s’avère en pratique impossible de contester l’attribution d’une note par une commission. La contester, c’est se condamner soi-même à ne plus jamais pouvoir passer le concours. (...)

(...)

La misogynie d’une partie du milieu académique français est notoire et elle fait des ravages. Les filles ne sont pas ostensiblement sacquées, non ; la chose est plus subtile. On attend d’elles un certain type de parole, une prise de risque modérée, un certain ethos. Si les chiffres traduisent une plus faible performance des femmes lors de ces épreuves, les raisons en sont largement culturelles.

(...)

... les choses se passent autrement aux Etats-Unis, où le féminisme et la liberté de penser ne sont pas de vains mots. Vivre à l’étranger m’a montré qu’on pouvait tout à la fois allier hauteur de vue, exigence académique et humanité, qu’on pouvait y tolérer des points de vue différents du sien à condition qu’ils soient argumentés. Nul besoin, là-bas, d’éradiquer les moutons noirs et autres flamands roses qui osent suggérer, comme j’en eus l’audace sacrilège (et qui me coûta cher) lors d’un oral mémorable (au moins pour moi), que Montaigne ne fait pas tout à fait ce qu’il dit qu’il fait.

(...)

Nos grands oraux de concours français non plus ne sont pas exactement ce qu’ils disent qu’ils sont, et se grandiraient sans doute plus encore à se corriger un peu.

(...)

Loriane Lafont est doctorante à l’université de Chicago et à l’Ecole pratique des hautes études, et autrice de Misère et décadence des grandes écoles. Confessions d’une khâgneuse atterrée (Jean-Claude Gawsewitch, 2013)

La tribune est à lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous

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