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Vivement l'Ecole!

sociologie

C'était en juillet 2017. Bénédicte Loubère avait tout compris, déjà, des causes de la crise sociale à venir...

17 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Sociologie

Depuis 1981, Donzy, 1 600 habitants, a la particularité de refléter le vote des Français à l'élection présidentielle - même résultat, même pourcentage qu'au niveau national. Cela s'est-il vérifié cette année encore ? Début 2017 et jusqu'à l'élection d'Emmanuel Macron le 7 mai, Bénédicte Loubère et Pierre Chassagnieux sont allés recueillir la parole des habitants de cette bourgade de Bourgogne. Pour qui vont-ils voter ?

A travers les témoignages de ces représentants d'une France rurale et discrète, la campagne présidentielle menée depuis Paris prend un relief particulier. "Ils pourraient revoir leur façon de vivre par rapport à nous", résume Yvonne, 62 ans, en réaction à l'affaire Fillon. Divorcée, la retraitée, 3 enfants et 4 petits-enfants, a fini sa carrière comme femme de ménage à la suite d'une maladie, et se débrouille avec 50 euros par semaine. Pascaline, 65 ans, pompiste, secrétaire et comptable du garage repris avec son mari, ne touche quant à elle aucun salaire pour ses neuf heures de travail par jour. Frédéric, lui, est producteur de foie gras et d'huile de noix. Emmanuel, policier municipal, et Jacqueline, sa femme, retraitée SNCF, ont 5 enfants. Melinda, monitrice d'équitation, 35 ans, séparée, un fils, et Louise, animatrice de centre équestre, vivent sous le même toit.

Conseil municipal, repas de famille, débats télévisés, scènes de marché... Entre champs et forêts, la vie à Donzy s'écoule, distillant un signal d'alerte formulé par le maire, Jean-Paul Jacob : "Il y a une vraie cassure" entre la ville et la campagne.

Ingrid Sion

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Jean Viard : "Nous sommes une société de la discontinuité" - France Culture (Audio)

17 Novembre 2019 , Rédigé par France Culture Publié dans #Sociologie

Jean Viard : "Nous sommes une société de la discontinuité" - France Culture (Audio)

Un an après la première mobilisation des Gilets jaunes, l’exécutif fait de nouveau face à une contestation sociale forte. Comment l’interpréter et comment en sortir ? Pour en parler, nous recevons le sociologue Jean Viard

Hôpital public, universités, école, transports… L’exécutif fait de nouveau face à une contestation sociale forte. Entre fracture sociale et fracture territoriale, l'analyse d'un homme qui travaille depuis quarante ans sur les questions de territoires, de mobilité et de temps libre. En mai il a publié un essai sur les racines du mouvement des Gilets jaunes, L’Implosion démocratique et il vient de publier Un nouvel âge jeune ? Devenir adulte en société mobile (coéd. L’aube et la fondation Jean Jaurès).

Jean Viard, sociologue, directeur de recherche associé au Cevipof- CNRS. En 2017 s’est présenté aux Législatives dans le Vaucluse sous la bannière LREM.

"Sur notre territoire, il n'y a pas de lieux condamnés mais il y a des lieux sans projet.

"La révolution écologique est portée par les jeunes. Donnons-leur le droit de vote à 16 ans et donnons-leur les moyens de faire un voyage de dix jours en France pour découvrir leur pays!"

"On a enfermé les pauvres dans la laideur. Si on prive les gens de la beauté, ils se révolteront".

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Le parcours d’une génération à l’école selon l’origine sociale...

14 Novembre 2019 , Rédigé par Observatoire des inégalités Publié dans #Sociologie

Le parcours d’une génération à l’école selon l’origine sociale...

EXTRAIT

Au collège, les enfants d’employés et d’ouvriers sont presque trois fois plus nombreux que les enfants de cadres supérieurs. À bac + 5, c’est l’inverse. Que s’est-il passé ?

Au collège, les enfants d’employés et d’ouvriers sont presque trois fois plus nombreux que les enfants de cadres supérieurs. Au sommet des études supérieures, à bac + 6 ou plus, les enfants de cadres supérieurs sont sept fois plus représentés. Une étude du ministère de l’Enseignement supérieur [1] décrit la trajectoire d’une génération, celle qui a obtenu le bac en 2008, tout au long de ses études. Elle met en lumière la façon dont les écarts entre milieux sociaux se creusent au fil du temps.

Suivons à la trace de ces jeunes au fil de leur scolarité. Pour cela, il faut commencer par le collège. Presque tous les jeunes d’une génération vont jusqu’en troisième : l’origine des élèves représente alors à peu près la composition sociale de la population active totale. Au début des années 2000, les enfants de cadres supérieurs regroupaient 17 % des élèves, ceux d’ouvriers et employés, près de la moitié [2]. Ces derniers étaient donc 2,9 plus nombreux.

Ces mêmes élèves ont passé le bac en 2008. Parmi ceux qui l’ont obtenu, un tiers étaient enfants de cadres supérieurs [3] et 31 % seulement d’enfants d’ouvriers ou d’employés. Quasiment l’égalité. La part des enfants de cadres a donc doublé et celle des enfants de milieu populaire a baissé d’un tiers. Pour ces derniers, la fin de la troisième est un moment charnière, une part d’entre eux est orientée vers des filières courtes, voire abandonnent l’école.

(...)

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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A lire... Un pouvoir implacable et doux : La Tech ou l'efficacité pour seule valeur - Philippe Delmas/Fayard

13 Novembre 2019 , Rédigé par Libération - Fayard Publié dans #Sociologie

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Najat Vallaud-Belkacem: "Il faut travailler sur la notion de parentalité des hommes" (Vidéo)

9 Novembre 2019 , Rédigé par Le Dauphine.com Publié dans #Sociologie

Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l'Education Nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, était l'invitée de GEM en débat, à Grenoble Ecole de Management. L'occasion d'évoquer notamment l'égalité hommes / femmes, avec les différences de salaires. Pour l'ancienne porte-parole du gouvernement , le phénomène est lié "à un mode d'organisation de notre société, qui fait que les femmes ont la double journée, les responsabilités familiales, les carrières qui s'interrompent car ce sont surtout elles qui prennent des congés parentaux. Tous ces éléments mis bout à bout, elles se voient moins proposer d'augmentation salariale, de promotion de carrière et donc de salaire plus élevé. Il faut donc un équilibre dans les responsabilités entre hommes et femmes."

Benoît LAGNEUX

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Le temps des passions tristes - Inégalités et populisme (Vidéo)

9 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Sociologie

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A lire... "Vagabondes, voleuses, vicieuses : adolescentes sous contrôle, de la Libération à la libération sexuelle" - Véronique Blanchard

28 Octobre 2019 , Rédigé par Mollat - La Vie des Idées Publié dans #Histoire, #Sociologie, #Education

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Comment l'élite française a dévoyé le terme «communautarisme»...

22 Octobre 2019 , Rédigé par Slate Publié dans #Sociologie, #Education

Par un tour de passe-passe, un libéralisme trop «individualiste» s’est transformé en de supposées demandes de droits spécifiques de la part des minorités, notamment musulmanes.

L’enquête Inch’Allah: l’islamisation à visage découvert, réalisée par cinq étudiants et étudiantes du Centre de formation des journalistes (CFJ) et coordonnée par Gérard Davet et Fabrice Lhomme, n’a eu de cesse de déchaîner les passions depuis sa parution le 17 octobre aux éditions Fayard. Ce qui ne l’a pas empêchée –bien au contraire– de rencontrer un succès fulgurant en librairie.

Dans la préface du livre, l’inséparable duo de journalistes du Monde dépeint l’ouvrage comme une galerie de portraits d’acteurs de la Seine-Saint-Denis dont «chacun d’entre eux incarne, d’une façon singulière, un des multiples visages de cette islamisation dont le communautarisme est sans doute le symbole le plus visible». On y trouve pêle-mêle une entreprise permettant à ses employés de prier sur leurs heures de pauses, une association musulmane faisant pression sur une mairie pour la construction d’une mosquée, la concentration des commerces halal ou encore une école salafiste. Tous rassemblés sous le pavillon du «communautarisme» –jamais défini.

«C’est symptomatique de l’usage de ce mot, utilisé sans que des faits et données précis viennent étayer ce constat», déplore Sylvie Tissot, professeure de sciences politiques à l’université Paris 8 –établissement qui fait l’objet d’un chapitre dans Inch’Allah. Le dictionnaire Larousse 2019 définit le communautarisme de manière assez vague comme une «conception selon laquelle l’organisation de la société doit privilégier les communautés (ethniques, religieuses, etc.) et non un modèle semblable pour tous». Il faut s’intéresser aux différentes utilisations qui en sont faites par les élites politiques, médiatiques et intellectuelles pour y voir plus clair.

En août dernier, l’éditorialiste Natacha Polony, passée depuis à la tête du magazine Marianne, fustigeait dans Le Figaro les «taupes du communautarisme américain»: «La guerre menée par les activistes pour une Europe “inclusive” et de la “non-discrimination” est le parfait produit du soft power américain», écrivait-elle. Pourtant, il suffit justement de traverser l’Atlantique pour comprendre que, à l’origine, le «communautarisme» signifie tout l’inverse du sens que lui ont donné ses contempteurs et contemptrices hexagonales.

La critique «communautarienne» du libéralisme

C’est ce que montrait dès 2007 –il y a plus de dix ans– Justine Lacroix, politologue à l’université libre de Bruxelles, dans un article intitulé «Communautarisme et pluralisme dans le débat français. Essai d’élucidation». Dans les années 1980, quatre penseurs reconnus, trois Nord-Américains et un Écossais (Alasdair MacIntyre, Michael Sandel, Charles Taylor et Michael Walzer), formulent simultanément une critique dite «communautarienne» du libéralisme.

«On a appelé “mouvance communautarienne” des philosophes politiques d’envergure, extrêmement sérieux, qui allaient de façon différente estimer que la théorie libérale, notamment incarnée par le philosophe américain John Rawls, était trop abstraite et froide, détaille la chercheuse. Pour eux, pour cimenter et faire vivre une communauté politique, l’État de droit ne suffit pas, il faut un sentiment commun d’identité.» Et ce sentiment commun d’identité doit être puisé, pour eux, non dans les «communautés infranationales» que désigne du doigt le discours «anticommunautariste» français, mais dans la communauté nationale.

«Il y a quelque chose d’ironique; par certains aspects, cette mouvance n’est pas très éloignée de ce que plaident un certain nombre de républicains contemporains», relève Justine Lacroix. D’autant plus que ces «néorépublicains», Natacha Polony la première, dénoncent le communautarisme comme un avatar du libéralisme à l’anglo-saxonne, alors même que le communautarisme comme courant philosophique était une pensée critique du libéralisme.

Les «foulards de Creil»

En traversant l’Atlantique, le terme a été complètement vidé de sa substance et revisité. En France, il est véritablement «apparu sous la plume de certains intellectuels dits de gauche, appartenant à une mouvance plutôt républicaine, entre la fin des années 1980 et le début des années 1990, avant de se diffuser très largement», explique Sylvie Tissot, autrice d’un article sur la question publié en 2016 sur le site Les mots sont importants, dont elle est cofondatrice.

Un événement permet de dater précisément le début d’une utilisation récurrente du terme «communautarisme» par une certaine élite intellectuelle. Le 4 octobre 1989, à Creil dans l’Oise, trois collégiennes musulmanes sont exclues de leur établissement pour avoir refusé de retirer leur foulard en classe. Le Conseil d’État estime que les établissements scolaires sont libres de leur politique en la matière. Une partie de la sphère intellectuelle s’insurge et condamne en chœur une manifestation du «communautarisme» musulman. «Dans des tribunes, Alain Finkielkraut ou Jacques Julliard par exemple, qui se présentent comme républicains, vont commencer à manier cette rhétorique-là, une vision de l’intégration très durcie et un discours alarmiste, utilisés pour jeter la suspicion sur les minorités racisées, religieuses et sexuelles et leurs demandes», analyse Sylvie Tissot.

Chez certaines de ces figures intellectuelles, la référence à l’école communautarienne est explicite. Ainsi, dix ans plus tard, le philosophe Régis Debray, qui avait participé de cette vague à la suite de l’«affaire des foulards de Creil», veut rappeler «aux amis de Charles Taylor, le multiculturaliste canadien, qu’il faut des principes d’unité, rationnels et abstraits, pour fédérer dans une nation digne de ce nom la pluralité des nous communautaires» dans son ouvrage Le code et le glaive. Après l’Europe, la nation?

«Il y a eu une incompréhension complète, estime Justine Lacroix. Debray n’a pas compris ou pas lu Charles Taylor ou Michael Walzer, chez lesquels il n’y a pas de défense à tout crin du multiculturalisme. Taylor expliquait que si le gouvernement québécois voulait imposer le français à l’école, c’était justifié. Que c’était aussi l’intérêt d’une communauté de défendre sa collectivité, sa langue, quitte à porter atteinte aux droits individuels des parents.»

La «construction du problème musulman»

Avant 1989, le terme «communautarisme» était marginalement utilisé pour désigner les luttes pour les droits des gays et des lesbiennes, «très tôt requalifiées en communautarisme ou ghettos», rappelle Sylvie Tissot. Mais les «foulards de Creil» et, bien plus encore, les débats en 2004 sur l’interdiction des signes religieux à l’école, font des musulmanes et musulmans la cible principale de la critique «anticommunautariste»: «La construction du problème musulman dans le débat public est étroitement connectée à la question du communautarisme».

L’emploi du terme se généralise à l’aube des années 2000, à gauche comme à droite, d’Élisabeth Badinter à Éric Zemmour dans le milieu intellectuel, de Nicolas Sarkozy à Manuel Valls dans le monde politique –parfois réunis, au-delà des clivages, dans le magazine Causeur ou l’association Printemps républicain par exemple. Les médias le reprennent à la même période, comme l’a démontré le sociologue Fabrice Dhume-Sonzogni dans une étude publiée en 2007 (Voir lien 2 ci-dessous), là encore, sur le site Les mots sont importants. Ainsi, alors qu’avant 1994 le terme était quasiment absent des médias, une trentaine de dépêches de l’AFP chaque année vont l’employer au moins une fois entre 1995 et 2001. Entre 2002 et 2005, ce chiffre passe à 218 dépêches en moyenne par an.

«Fonction de disqualification»

Pourquoi un terme dévoyé de son sens originel a-t-il remporté un tel succès dans le débat public? Fin septembre, le sociologue Marwan Mohammed et le politologue Julien Talpin ont tenté de répondre à la question en publiant un livre volontairement court, opportunément baptisé Communautarisme?. Dans l’introduction, ils tâchent de déconstruire un terme qui renvoie à une image bien particulière et largement répandue: «Depuis la fin des années 1980, les musulman.e.s incarneraient une défiance à l’égard de la mixité sociale, ethnique ou religieuse». Pour illustrer le propos, Julien Talpin, interrogé par Slate, aborde spontanément Inch’Allah, qu’il a lu: «Quand on referme le livre, on a le sentiment d’un “grand remplacement” qui arrive, d’une volonté délibérée des musulmans qui voudraient vivre entre eux, ne pas se mélanger».

Le terme «communautarisme» a avant tout une «fonction de disqualification», souligne Sylvie Tissot. En cherchant à dénoncer des «groupes d’individus qui se replieraient, feraient sécession dans leur communauté», il serait en réalité une «manière de requalifier des demandes d’égalité des droits en demandes de passe-droit».

«Les habitants de ces quartiers ne demandent qu’une chose: la mixité», plaide Julien Talpin. Pour lui, l’écueil principal d’Inch’Allah est une «absence de contextualisation» nécessaire pour comprendre des «phénomènes subis», comme les politiques de logement, d’urbanisme. «Des formes de repli existent, mais il faut en comprendre la cause, abonde Sylvie Tissot. Elles peuvent résulter du racisme, de l’exclusion: pour y faire face, on cherche une solidarité, un lien d’entraide que l’on ne trouve pas ailleurs.» Et la politologue d’estimer que derrière les demandes d’égalité «s’exprime un vrai universalisme qui prend au sérieux la devise républicaine».

Dans son article pour Les mots sont importants, la chercheuse se réfère d’ailleurs à un essai de Jean-Paul Sartre publié en 1946, Réflexions sur la question juive. Le philosophe existentialiste y écrit: «Si ce repli existe bel et bien, ses causes sociales en font un phénomène qui n'a rien de spécifiquement communautaire, mais qui se révèle au contraire absolument universel: c'est le repli stratégique, le réflexe de survie naturel, normal, légitime de toute personne subissant une violence et voulant s'en préserver». Des lignes écrites plus de quarante ans avant l’affaire des «foulards de Creil».

«L’homogénéité est une règle du monde social»

Si Julien Talpin reconnaît lui aussi l’existence de phénomènes d’entre-soi, il rappelle qu’ils ne sont «en aucun cas l’apanage unique des minorités». C’est l’objet d’un des chapitres de Communautarisme?, intitulé «Entre-soi élitaire et communautarisme de classe» et rédigé par les sociologues Bruno Cousin et Jules Naudet. «Les mesures quantitatives de la ségrégation sociospatiale montrent que c’est dans les “beaux” quartiers que l’on relève les taux de ségrégation les plus élevés, lesquels jouent donc un rôle de premier plan dans la division sociale de l’espace urbain», écrivent-ils en se référant aux travaux d’Edmond Préteceille sur la métropole parisienne ou encore ceux, plus connus, de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot.

«Les espaces les plus homogènes sont ceux de la grande bourgeoisie et des groupes sociaux dominants, résume Julien Talpin. Chez les classes dominantes, il s’agit principalement de trajectoires résidentielles choisies, alors qu’une partie des habitants de la Seine-Saint-Denis ne choisit pas d’y habiter.»

Le sociologue appelle alors à «relativiser la question de l’entre-soi», «chose la plus banale du monde»: «L’homogénéité est une règle du monde social». Dans l’introduction de Communautarisme?, Marwan Mohammed et lui écrivent: «Il conviendrait peut-être dès lors de réhabiliter non pas tant le communautarisme que la communauté et le lien communautaire, qui sont l’une des modalités du lien social et de la solidarité».

Pour Slate, Julien Talpin développe:

«C’est aussi en reconnaissant la banalité de l’entre-soi qu’on va permettre dans un second temps le mélange, la mixité. En stigmatisant certaines formes d’entre-soi plutôt que d’autres, on rend les choses plus compliquées. Les phénomènes que l’on attribue à certains groupes sociaux sont beaucoup plus universels que ce que l’on pense».

Timothée de Rauglaudre

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A lire... Extensions du domaine du don - Alain Caillé

19 Octobre 2019 , Rédigé par Actes sud Publié dans #Economie, #Sociologie

A lire... Extensions du domaine du don - Alain Caillé

"Extensions du domaine du don" rassemble et synthétise la plupart des fils patiemment tissés par Alain Caillé et ses amis du Mouvement anti-utilitariste en science sociale (MAUSS) depuis près de quarante ans. Longtemps le MAUSS s’est limité à critiquer la montée en puissance de l’économisme et à lui opposer les leçons qu’il est possible de tirer d’un paradigme puissant — celui du don —, issu d’un ouvrage méconnu du grand public qui a nourri la réflexion de nombreux intellectuels et chercheurs, l’*Essai sur le don* de l’anthropologue Marcel Mauss (1925).=

Œuvre extraordinairement pertinente qui montre que l’homme n’a pas toujours été “un animal économique doublé d’une machine à calculer” : les sociétés premières ne s’organisaient pas selon les principes du marché, mais selon la “triple obligation de donner, recevoir et rendre”. Ce paradigme n’a rien à voir avec ce qu’on entend le plus souvent par “don” — geste désintéressé, proche de la charité ou du sacrifice.

“Le don, explique Alain Caillé, est un acte chargé d’ambivalence, désintéressé en un sens, mais tout autant intéressé, à la fois libre et obligé.”

Cette triple obligation régit en réalité l’essentiel de nos rapports aux autres. Et il faut dès à présent l’universaliser pour jeter les bases d’une véritable philosophie politique alternative, qui permettra de dépasser le néolibéralisme et la vision économiciste des sujets humains. "Extensions du domaine du don" montre à quel point il est éclairant d’étendre l’approche par le don à tous les secteurs de la vie sociale : le jeu, le rapport à la nature, les relations internationales, le sport, l’art, la consommation, les psychothérapies, la religion, la question du pouvoir, etc.

 

✪ Également disponible en livre numérique.

[https://www.actes-sud.fr/…/lit…/extensions-du-domaine-du-don]

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