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Vivement l'Ecole!

Articles avec #sociologie tag

Cinq jeunes racontent leur banlieue sans clichés...

11 Juillet 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Sociologie

Cinq jeunes racontent leur banlieue sans clichés...

Comment vit-on à l’ombre du béton  ? Cinq jeunes, deux filles et trois garçons, racontent leur banlieue, leur quartier, leur cité, loin des clichés.

ZEP et Libération. En publiant ces textes, Libération poursuit l’aventure éditoriale entamée depuis janvier 2015 avec la Zone d’expression prioritaire. La ZEP, média participatif déjà associé à l’Etudiant, au Huffington Post, à l’émission Périphéries sur France Inter - hélas supprimée à la rentrée prochaine - et à l’Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev), est un dispositif original développé par une équipe de journalistes pour déployer l’expression des jeunes. Le principe : inciter les lycéens, étudiants, travailleurs, chômeurs, urbains, ruraux à se raconter et à témoigner sur l’actualité et les sujets qui les concernent (école, fac, emploi, argent, santé, amour…) en les accompagnant. Ces récits, à découvrir sur La-zep.fr, dressent un panorama inédit et bien vivant des jeunesses de France. Lire nos précédentes publications sur Libération.fr.

Laura, étudiante, 25 ans, Marseille

«Souvent on me dit : "Quoi ? tu rentres toute seule ?"»

«Air Bel est la plus grande cité de Marseille : 6 000 habitants, quatre tours… Presque à flanc de colline avec vue sur les monts des Calanques. Air Bel a un lourd passé lié au trafic de drogues dans les années 90, qui s’est aujourd’hui beaucoup calmé, faute de s’être éteint. La cité a un air de Belle au bois dormant, décors de conte de fée : de grands pins, des chants d’oiseaux et, parmi les voitures brûlées au printemps, des fleurs ! Souvent, lorsque je rentre de nuit, on me dit : «Quoi ? Toi, tu habites à Air Bel ? Et tu rentres toute seule ? Tu sais une fille comme toi devrait faire attention…» Que craignent-ils ? Je me demande pourquoi ils ne vont pas y regarder de plus près, eux qui habitent tout à côté. Car pour moi, c’est l’exemple type d’un quartier populaire qui pâtit de l’idée qu’on s’en fait. Certes, la cité s’est vidée de ses commerces et de ses activités. Pourtant, on y rit comme ailleurs ! Quand on s’arrête prendre un café chez un voisin ou dans la rue, on ne sait jamais pour combien de temps on est embarqué.

«Il y a D., qui s’évertue coûte que coûte à faire vivre une association de locataires malgré la mauvaise grâce du bailleur à lui mettre à disposition un local. Il y a les incessantes disputes de palier entre Madame K. et Madame B., les plantes de C. et P. qui colonisent la montée d’escalier, les piscines qui s’installent l’été sur les toits des bâtiments à la grande indignation de ceux qui vivent en dessous, des cris qui se transforment au fil des récits en rires… Ou encore, Favour, 8 ans, la petite fille que j’accompagne chaque semaine, qui a découvert, parmi les pierres délimitant l’accès au stade, des nuées de coccinelles. 1, 2, 3, 10, 25, 50… Quel gamin des beaux quartiers se lancerait, un samedi aprèm, dans une chasse aux insectes improvisée ?»

Sofiane (1), 15 ans, lycéen, Les Ulis (Essonne)

«Est-ce que je veux être comme les grands ?»

«Les grands buildings ? Les grands rêves ? Non, rien de tout ça, je veux parler des grands de la cité. Les parents les utilisent pour nous dire que si on «continue comme ça», on deviendra comme eux : «Des glandeurs qui ne font rien de leur vie, qui restent sur leur banc et vont finir clochards.» Voilà comment les grands sont décrits par les vieilles du rez-de-chaussée. Le banc, c’est la première chose qui me vient à l’esprit lorsqu’on me parle des grands de la cité. C’est le lieu où ils crèchent… On les entend rire depuis l’autre bout de la cité. Ce sont des gens marrants pour les uns, bruyants pour les autres. Les grands, ce sont les genres de personnes qui «check» en te disant : «Wesh wesh beau gosse.» Même s’ils nous connaissent pas personnellement, ils savent toujours que tu es de la cité : «Hé ! T’es pas le grand à Mehdi, a wai la vie d’ma dar que j’t’ai cramé.» Ces grands ont une grande influence sur tous les autres. On veut tous être des gangsters respectés du quartier, des dealers pendant les heures perdues. Méprisés par certains, des exemples pour les autres. Et moi, est-ce que je veux être comme eux ?»

(1) Le prénom a été modifié.

(...)

ZEP Zone d'expression prioritaire

Suite et fin à retrouver en cliquant ci-dessous

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A Lire... L'Enfance de l'ordre - Comment les enfants perçoivent le monde social. Wilfried Lignier et Julie Pagis... (+ video)

21 Juin 2017 , Rédigé par lectures.revues.org Publié dans #Sociologie, #Education

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Présentation de l'éditeur

De quelle manière les enfants appréhendent-ils les différences sociales qui constituent l'univers dans lequel ils grandissent ? Comment perçoivent-ils les inégalités, les hiérarchies, voire les clivages politiques qui le structurent ? A partir de quels critères en viennent-ils à se classer et à classer les autres ? Et d'où peuvent-ils bien tenir tout cela ? C'est à ces questions qu'entreprend de répondre cette enquête sociologique inédite, menée deux années durant dans deux écoles élémentaires.

Si les mécanismes de la socialisation enfantine sont souvent postulés, peu de travaux les ont réellement explorés. Wilfried Lignier et Julie Pagis identifient un phénomène de recyclage symbolique des injonctions éducatives, notamment domestiques et scolaires, que les enfants transposent lorsqu'il leur faut se repérer dans des domaines peu familiers. Ces mots d'ordre deviennent ainsi des mots de l'ordre, employés par les enfants pour distinguer les métiers prestigieux des activités repoussantes, les meilleurs amis des camarades infréquentables, ou encore leurs partis et leurs candidats préférés quand surgit une élection présidentielle.

Chacun trouvera sa place, du côté du sale ou du propre, de la bêtise ou de l'intelligence, des " bons " ou des " méchants ". Si bien qu'à travers la genèse de ces perceptions enfantines, c'est celle de l'ordre social lui-même que l'ouvrage retrace.

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Le macronisme, un renouveau pas si nouveau...

16 Juin 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique, #Sociologie

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Si la dynamique impulsée par le Président est indéniable*, son caractère novateur est à relativiser : de la Grèce à Hongkong, on retrouve ce même désir de renouvellement des élites à distance des partis. Et l’affirmation des «marcheurs» de faire «autrement» de la politique est une ambition souvent affichée en début de carrière.

L’ampleur du succès des candidats d’En marche au premier tour des législatives génère des diagnostics tranchés : des partis «dévastés», une abstention «record», des électeurs «déboussolés», un dégagisme «inquiétant», des candidats «météores», voire un Parlement «en danger». Mais on peut aussi lire ce big-bang apparent comme le résultat d’évolutions connues dont la combinatoire à forte intensité émotionnelle provoque ce moment politique singulier. L’analyse du rôle des affects dans les comportements sociaux fait désormais l’objet de controverses scientifiques, surtout dans les pays anglo-saxons. Dans une perspective transversale que la science politique cherche dorénavant à explorer (1), la socialisation politique est étudiée dans ses dimensions sensibles avec une focale sur les ressorts intimes et pulsionnels à l’œuvre. A notre avis, les candidatures et les votes de La République en marche participent de trois évolutions assez classiques où les émotions jouent un rôle important. La singularité de la situation vient du fait que lorsqu’elles sont mises bout à bout dans une même séquence électorale, ces évolutions donnent soudainement cette impression de chaos.

La première évolution concerne le puissant rejet des logiques partisanes. Lors de deux missions récentes de recherche à l’étranger sur l’engagement politique (au Japon et au Canada), j’ai retrouvé presque mot pour mot dans les témoignages de mes interlocuteurs (électeurs et candidats) les discours indignés dénonçant avec vigueur l’impuissance des partis traditionnels à «changer le monde». Pour faire bouger les lignes, là aussi, il fallait nécessairement transgresser les clivages anciens. Il s’agit ici d’une promesse première de la démocratie, celle qui est au déclenchement de tous les combats militants : la politique est une source d’émancipation. Si l’on relit les résultats du premier tour des législatives à l’aune de cette indignation et de cet espoir, le même phénomène caractérise toutes les démocraties occidentales, de la Grèce à Hongkong en passant par les Etats-Unis. A l’évidence, l’abstentionisme, le dégagisme et le macronisme sont trois symptômes convergents du désir de renouvellement des élites à distance des partis.

La deuxième non-surprise concerne «l’ivresse» de l’engagement militant observée chez les Marcheurs comme chez les Insoumis (et dans une moindre mesure chez les Frontistes). Tous ces nouveaux candidats ont pour point commun de déclarer leur capacité à représenter différemment leurs concitoyens devant les urnes. Ils illustrent une forme classique d’éligibilité par autodésignation et autolégitimation. Cependant, trois différences singularisent en apparence la trajectoire des marcheurs. La première concerne le procédé de sélection sur un échantillon de 19 000 candidatures spontanées. Cela a entrainé un profilage où le milieu, la filiation, la formation et l’identité sociale et culturelle ont privilégié de facto des personnalités déjà bien insérées dans la vie sociale. La seconde différence concerne ces éligibles qui font l’apprentissage de l’entrée en politique en mode accéléré, de façon fulgurante, sans passer par la case «collectivités locales» ni par le cursus des «corps intermédiaires». Cependant, quand on y regarde de plus près, beaucoup d’entre eux ont des expériences collectives locales. Une troisième différence concerne le double argument des candidats de LREM selon lequel ils n’avaient pas prévu de faire de la politique et que leur démarche sort donc de l’ordinaire : «Je suis arrivé par hasard en politique», «Je n’étais pas du tout programmé pour cela». Là aussi, c’est une demi-innovation car chez 90 % des élus en fonction (2), on retrouve depuis longtemps cette affirmation sur le hasard et l’atypisme pour expliquer le point de départ de leur ascension politique. Il s’agit même d’un invariant concernant l’exposition de soi aux électeurs : la première campagne électorale est toujours racontée avec émotion et fierté comme une épreuve initiatique inattendue, enivrante et fondatrice.

La dernière évolution classique concerne la relation qui s’établit entre le local et le national, en termes d’enjeux et de mode de gouverner. Le premier tour de la présidentielle montrait une France étonnamment différenciée et contrastée (territoire par territoire et même, en milieu urbanisé, bureau de vote par bureau de vote) alors que le scrutin législatif va entraîner une représentation quasiment monocolore à l’Assemblée nationale. La première séquence électorale nous montrait ainsi la magie de l’esprit des lieux avec mille et une façons sensibles de concevoir la politique selon chaque histoire locale (la résistance, la transgression, l’adhésion, l’ordre… ). Mais au niveau national, l’Assemblée sera amenée à opérer une hiérarchisation implacable des priorités sur quelques grandes réformes génériques. Ainsi, la différenciation et l’uniformisation, malgré les apparences, vont demeurer inextricablement imbriquées : il y a fort à parier que les futures élections locales transformeront le «tsunami marchiste» en une multitude d’ajustements territorialisés et que dans le même temps les âpres négociations entre les députés du centre-gauche, du centre-droit et du Modem créeront de nouveaux clivages structurants. Tant aux niveaux local que national, le «principe de réalité» (doxa macroniste s’il en est) redonnera aux conflits cette charge explosive qui fait le sel des passions politiques.

Bref, la transgression et l’incarnation symboliques d’Emmanuel Macron amorcées avec audace il y a moins d’un an ont indiscutablement bousculé les prés carrés électoraux en impulsant un souffle de renouveau et de modernité. Mais comme en 1945 ou en 1958, la dynamique révèle un cocktail émotionnel alimenté d’ingrédients classiques, plutôt qu’elle ne plonge la société française dans un inquiétant processus cathartique.

1) Alain Faure, Emmanuel Négrier (dir.), 2017, la Politique à l’épreuve des émotions, Presses Universitaires de Rennes, 320 pp.

2) Alain Faure, 2016, Des élus sur le divan. Les passions cachées du pouvoir local, Presses Universitaires de Grenoble, 210 pp.

Carnet de recherche : https://enigmes.hypotheses.org/

Alain Faure, directeur de recherches à Pacte (CNRS), université Grenoble-Alpes

* "Si la dynamique impulsée par le Président est indéniable..."

Affirmation néanmoins à relativiser au vu du taux d'abstention record du premier tour des législatives.

A relativiser encore si l'on en croit les sondages annonçant une abstention hélas encore plus importante au second tour.

Dynamique certes mais une "dynamique de l'entre-soi"

Christophe Chartreux

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Une journée dans la vie de Nadia, la « dame de cantine » qui fait aussi le ménage au collège Verlaine à Lille... (Audio)

4 Juin 2017 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Sociologie

"Les enfants, ici, c’est des petits monstres. Mais moi je les aime bien."

Chanson de fin : "I want to break free" par Arno - Album : "Covers cocktail" (2008) - Label : Parlophone France.

  • Reportage : Marie Depleschin
  • Réalisation : Charlotte Roux (et Marie Plaçais)
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"Cette nouvelle bourgeoisie française"...(Video)

28 Mai 2017 , Rédigé par Youtube Publié dans #Politique, #Sociologie

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Un lepénisme ouvrier?... (Vidéo)

1 Mai 2017 , Rédigé par La Vie des Idees Publié dans #Politique, #Sociologie

Le spécialiste de sociologie électorale Florent Gougou montre que le vote ouvrier pour la droite, puis l’extrême droite, est alimenté par une double dynamique : l’abandon de la classe ouvrière par les partis de gauche, et la radicalisation d’une nouvelle génération, unie par sa commune hostilité à l’immigration, en faveur du Front national à partir des années 1980.

Florent Gougou est maître de conférences en science politique à Sciences Po Grenoble. Spécialiste de sociologie électorale, il a travaillé sur les évolutions du vote des ouvriers en France et en Allemagne depuis 1945.

Il a récemment publié : « Les ouvriers et le vote Front national. Les logiques d’un réalignement électoral », dans Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Mayer (dir.), Les faux-semblants du Front national, Paris, Presses de Sciences Po, 2015.

Marieke Louis

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Isabelle Falque-Pierrotin «Nos choix de société ne doivent pas être dictés par les algorithmes»...j

31 Mars 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique, #Sociologie

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La présidente de la Commission nationale de l’informatique et des libertés organise un grand débat public sur les questions éthiques soulevées par les algorithmes, qui se sont immiscés dans presque tous les aspects de notre quotidien : santé, éducation, justice…

En 1974, le Monde provoquait l’émoi dans l’opinion publique en révélant l’existence de «Safari», un projet gouvernemental qui visait à interconnecter l’ensemble des fichiers nominatifs de l’administration française. Quatre ans plus tard naissait la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), chargée de veiller à la protection des données personnelles. En près de quarante ans d’exercice, le périmètre de l’institution n’a cessé de s’étendre, à mesure que le numérique pénétrait tous les domaines d’activité et que l’innovation s’accélérait. Le 23 janvier, la Cnil a ainsi amorcé une discussion autour des questions éthiques soulevées par les algorithmes, destinée à se poursuivre jusqu’à l’automne. Pour sa présidente, Isabelle Falque-Pierrotin, il s’agit de permettre à un large public de s’approprier des enjeux qui font désormais partie de notre quotidien.

Pourquoi soumettre les algorithmes à la question éthique ?

La loi pour une République numérique a chargé la Cnil d’une mission de réflexion sur les enjeux éthiques liés au numérique. Nous tenions à cette mission : ce texte consacre explicitement une dimension éthique de notre activité qui existe, en réalité, depuis la création de la commission. Mais la Cnil ne résume pas à elle seule le sujet. Les questions éthiques sont éminemment complexes, elles intéressent par définition tous nos concitoyens, et touchent tous les aspects de la vie numérique. Nous avons pensé que pour remplir cette mission, la bonne réponse était de lancer une dynamique, un processus de débat public, dans lequel nous jouerions un rôle de facilitateur et de «synthétiseur».

Le thème des algorithmes est venu assez naturellement, car il est présent dans beaucoup de domaines de la vie quotidienne : les moteurs de recherche, la recommandation, mais aussi la médecine prédictive, la justice avec l’analyse des actes de récidive… C’est une problématique identifiée par le public, en même temps qu’un objet de craintes : en filigrane, il y a la question du libre arbitre et de la capacité de maîtrise. Par ailleurs, le secrétariat d’Etat au numérique a lancé une stratégie nationale en matière d’intelligence artificielle. Tout cela nous semblait cohérent.

Comment avez-vous organisé ce débat ?

Nous avons contacté plusieurs organisations pour leur proposer de «co-construire» ce débat avec nous (1). L’idée est de montrer qu’au-delà de la diversité des usages et des problématiques sectorielles, il y a des questions éthiques communes. A l’automne, à l’issue de ce processus, nous restituerons les éléments du débat public (2), et peut-être des grandes lignes de recommandations éthiques - à ce stade, il est encore un peu tôt pour le savoir.

Quel bilan avez-vous tiré de la première journée de débats ?

Elle a vu émerger beaucoup d’interrogations sur la manière dont sont construits les algorithmes, sur leur fonctionnement, ainsi que sur le risque de reproduction des biais, des discriminations, par exemple dans le cas des algorithmes de prévision des récidives. La question de l’explicabilité a aussi été abordée. La transparence des algorithmes, ce n’est pas simple à honorer : si on vous dit ce qu’il y a à l’intérieur d’un moteur, cela ne vous dit pas pour autant comment il fonctionne, si vous-même n’êtes pas compétent en matière de mécanique. Expliquer un algorithme, c’est expliquer son objectif, les paramètres qu’il utilise pour le remplir, la hiérarchie de ces différents paramètres. Si on utilise un algorithme pour gérer les patients au sein d’un hôpital, quel est le principal critère ? Est-ce la rotation des lits la plus rapide possible ? On voit bien qu’il y a une demande très forte d’intelligibilité de la logique des algorithmes.

(...)

Amaelle Guiton

L'entretien complet est à retrouver en cliquant ci-dessous

Lire aussi:

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Agnès Van Zanten, l'école comme fabrique d'inégalités...?

12 Mars 2017 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Sociologie

Les inégalités scolaires font leur entrée dans la campagne présidentielle. Un débat qui se focalise pour l'instant sur les fondamentaux: lire-écrire-compter. Qu'est-ce qui distingue les candidats ? Quels chemins sont privilégiés pour rendre l'école plus égalitaire ?

"Réduire les inégalités, ce n'est pas envoyer tous les élèves à Polytechnique" Agnès Van Zanten, La Grande Table

Pour écouter la première partie de l'émission avec le metteur en scène Stéphane Braunschweig, cliquez ici.

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Inégalités et radicalisation - François Dubet (2016) Vidéo...

5 Février 2017 , Rédigé par Youtube - François Dubet Publié dans #Education, #Sociologie

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Cynthia Fleury: «Il y a du Narcisse blessé dans le pessimisme français»... (+ commentaire)

31 Décembre 2016 , Rédigé par Libération Publié dans #Politique, #Sociologie

Geluck - ykwih.com

Geluck - ykwih.com

Pour Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste, les Français redécouvrent aujourd’hui la nécessité d’un récit collectif.

Critiques à l’extrême, pessimistes en diable, les Français donnent le sentiment de ne plus s’aimer. Une forme de dépression collective ?

La France déprime, c’est certain. Déprime-t-elle parce qu’elle ne s’aime pas ou parce qu’elle s’aime trop ? Je pense qu’il y a du Narcisse blessé dans ce pessimisme, donc plutôt la preuve d’une passion pour soi-même qui ne s’assume pas, et surtout qui n’a plus les moyens de s’assumer comme telle. Et puis l’autodénigrement chez les Français, c’est presqu’une affaire de style.

Que voulez-vous dire ?

Ceux qu’Antoine Compagnon a appelés les «antimodernes» ont gagné la bataille du style. Ce qui s’est démocratisé dans la doxa française, après le XIXe siècle, c’est le spleen, le désenchantement, la mélancolie intelligente. En fait, on pourrait même considérer que cela remonte à plus tôt. Nous sommes certes les enfants des Lumières et du XVIIIe siècle mais nous demeurons étrangement ceux du XVIIe et du jansénisme (incarné par La Rochefoucauld) qui porte un regard âpre sur le genre humain. Hugo était l’héritier des Lumières. Qui aujourd’hui est l’héritier de Hugo ? Regardez les XXe et XXIe siècles : Céline et Houellebecq, ce n’est pas vraiment la générosité solaire d’un Hugo. Et puis le jansénisme s’est parodié, cette haine de soi est d’une telle complaisance qu’elle en devient suspecte.

N’oubliez-vous pas l’aspiration universaliste matérialisée par la Révolution ?

Sur ce sujet, l’historien Timothy Tackett a émis une hypothèse intéressante : considérer que l’événement majeur de la Révolution, c’est Varennes et la trahison du roi. Autrement dit, la Révolution s’inaugure sur un traumatisme indépassable, la trahison de celui qui représente la nation, non pas seulement la trahison de l’extérieur mais aussi celle de l’intérieur. Résultat, la paranoïa est sans doute devenue dans l’inconscient collectif le meilleur rempart contre les menaces. Qui sait si le sentiment actuel de trahison des élites n’est pas une énième réminiscence de cette trahison originelle ? Phénomène aggravant, la trahison est, chaque jour, étayée par les chiffres, rendue transparente, hypervisible.

La mondialisation n’a-t-elle pas aussi contribué au sentiment de relégation ?

Le tropisme des Français pour le statut (professionnel et social) résiste mal aux déstabilisations provoquées par la mondialisation. Déchus dans leur statut, ils ont le sentiment d’être déclassés, menacés dans leur mode de vie. La précarisation sociale, bien réelle, n’arrange rien. Pour l’heure, comme personne ne sait ni de quoi est fait le nouveau charisme français ni comment l’exprimer, l’impression dominante c’est la déperdition de soi.

Cela explique selon vous la poussée des partis antisystème ?

Nous sommes dans la queue de comète de la défiance, dans la mesure où sa verbalisation a commencé il y a quinze ans. Il n’est pas rare d’entendre maintenant une forme d’autorisation nouvelle chez les citoyens : l’alternance traditionnelle n’a plus le monopole du changement, voire est identifiée au non-changement. Partant, certains qualifient le FN de «vote utile». Au sens où lui seul serait susceptible de «casser» quelque chose.

Est-il possible de reconstruire un récit collectif ?

Nous sommes à un moment inédit de l’histoire : jamais les individus n’ont, à juste titre, autant revendiqué l’autonomisation de leurs désirs. Et, en même temps, ils redécouvrent enfin la nécessité des récits collectifs. Je crois qu’il y a, dans le geste constituant, la matrice d’une restauration de la confiance que l’on a tort de laisser en friches. Le traumatisme du référendum de 2005 est encore très présent. Une nouvelle république, construite avec les citoyens, permettrait aux Français de renouer avec leur tradition universaliste et pionnière*. Le «made in France», ce n’est pas la tradition ou le vintage, c’est la vertu pionnière. Le fait que la France soit le premier territoire européen en termes de Fab Labs (et donc d’open innovation) me dit que, peut-être, les Français vont se ressaisir de ce talent.

Renouer avec l’optimisme est-il envisageable dans un avenir proche ?

Le désenchantement est souvent corollaire du sentiment d’isolement. Or, il est possible aujourd’hui de repérer des individus et des réseaux avec lesquels s’associer et inventer les modes socio-économiques de demain. Le dénigrement systématique de l’existant, c’est bon pour ceux qui s’intéressent à la conquête du pouvoir. Mais pour les autres, qui ont déconstruit la notion de pouvoir, ils savent que la politique et le pouvoir ne se recoupent pas, que la première est bien plus vaste et moins illusoire que le second. Résultat, ils n’attendent plus les politiques pour transformer le monde.

Nathalie Raulin

* Sur ce point précis je ne crois absolument pas à l'efficacité d'une "nouvelle République", construite ou pas avec les citoyens.

Beaucoup plus certaine de rencontrer l'enthousiasme serait l' INVENTION d'un "autre chose" dont je ne ne connais ni le nom, ni le début du commencement de ce qu'il contiendrait.

Réinventer la République, soit. Mais réinventer n'est jamais que changer le socle de la statue.

Or c'est d'INVENTION dont nous avons besoin. En RENVERSANT les statues...

Mais ça...

Quant à l'universalisme, oui. Gardons-nous néanmoins de ne pas verser dans l'universalité. Certaines grandes idées généreuses, en voulant l'imposer, ont nourri les pires dictatures.

Christophe Chartreux

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