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Vivement l'Ecole!

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Aide sociale à l'enfance : garantissons l’obligation de protection des jeunes majeurs...

6 Mai 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Société

Aide sociale à l'enfance : garantissons l’obligation de protection des jeunes majeurs...

Un groupe de parlementaires, de personnalités publiques et d'associatifs appellent à soutenir une proposition de loi, discutée cette semaine à l’Assemblée nationale, visant étendre la prise en charge obligatoire des jeunes placés jusqu’à 21 ans.

Tribune. Longtemps ignorée, souvent critiquée, l’Aide sociale à l’enfance (ASE) sort aujourd’hui de l’invisibilité grâce notamment à la mobilisation sans relâche d’anciens jeunes placés.

Les chiffres nous commandent d’agir. Une personne sans domicile fixe sur quatre née en France est un ancien enfant placé et 70% des jeunes qui sortent de l’Aide sociale à l’enfance sont sans diplôme. Pire, dans la population des jeunes sans domicile fixe de moins de 25 ans, 40% sont des anciens de l’ASE.

Le plus souvent sortis de l’Aide sociale à l’enfance sans diplômes et sans soutien affectif, ils sont particulièrement vulnérables et exposés aux risques addictifs, à la délinquance et aux prédateurs sexuels. Si beaucoup d’anciens jeunes placés se retrouvent sur le trottoir, c’est qu’à leur majorité, ils ont été laissés à eux-mêmes, sommés de devenir soudainement des adultes autonomes. La précarité spécifique des jeunes majeurs brutalement abandonnés par l’ASE n’est pas fatale, elle est la conséquence d’une rupture violente de protection. Un ultime abandon.

Situations de survie

Malgré la loi du 14 mars 2016 relative à la protection de l’enfant, la prise en charge des jeunes majeurs n’est pas systématiquement accordée, ce dispositif étant dénué de caractère obligatoire et laissé à la libre appréciation des départements.

Pourtant, la catégorie des 16-25 ans est celle de la population qui a le taux de pauvreté le plus élevé : près de 20% d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté, ce qui entraîne pour ces jeunes sans soutien familial, des situations de survie. Comment accepter que la 5e puissance mondiale ne puisse pas protéger 63000 jeunes déjà fragilisés ?

Suite aux récentes affaires médiatiques, il s’est levé, en France, un vent d’indignation face au sort que la République réserve à ses enfants. L’ASE sauve des vies, mais elle doit faire plus que cela. Face au dysfonctionnement de notre système, nous avons la responsabilité d’agir. Des solutions existent, elles ont fait leur preuve pour beaucoup de jeunes majeurs. Par exemple, certains départements mènent une politique volontariste, en assumant cette responsabilité en prenant en charge au-delà de 18 ans l’accompagnement des jeunes majeurs pour les aider à construire leur avenir. Mais cela ne doit plus être une exception et cela ne peut pas uniquement reposer sur la bonne volonté des départements et à leur seule charge financière. C’est une inégalité à laquelle il faut mettre fin.

«carnage social»

La proposition de loi déposée par Brigitte Bourguignon, la présidente de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, visant à renforcer l’accompagnement des jeunes majeurs vulnérables vers l’autonomie, permet d’apporter une réponse concrète à ce que M. Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la lutte contre la pauvreté, nomme, à juste titre, un «carnage social». Car au-delà de l’injustice qui est faite à ces jeunes, cette proposition de loi s’attaque aussi à une aberration économique majeure. La protection de l’enfance est le deuxième budget social des départements avec 9 milliards d’euros à l’échelle nationale.

Et pourtant, l’économie de court terme que représente l’absence d’accompagnement pour les jeunes majeurs entraîne toujours des dépenses lourdes à long terme pour l’ensemble de la collectivité (RSA, CHRS, AAH, etc.).

Pour garantir une égalité sur l’ensemble du territoire, la proposition de loi, discutée cette semaine à l’Assemblée nationale, vise à rendre obligatoire l’accompagnement personnalisé des enfants placés après 18 ans. Cela mettrait fin à cette incertitude permanente du lendemain chez ces jeunes, déjà fragilisés. Ces jeunes, à qui l’on demande d’être autonomes à̀ 18 ans alors que les autres restent parfois dépendants de leur famille jusqu’à̀ 25 ans, sont paradoxalement les moins armés pour y parvenir. Ils ont souvent subi abandons, violences, ruptures familiales et affectives. Notre société ne peut pas les laisser livrés à eux-mêmes. Leur sac à dos, à 18 ans, est déjà bien chargé.

Par ailleurs, la protection de l’enfance est le deuxième budget social des départements avec 9 milliards d’euros à l’échelle nationale. Il y a une aberration économique à investir tant pour que tout s’arrête au couperet des 18 ans et risquer des dépenses futures liées au coût social que représente la précarisation de jeunes adultes. Comment accepter que ces jeunes soient abandonnés de nouveau, à 18 ans, censés être prêts à affronter une société de plus en plus exigeante, alors que dans le même temps, l’âge d’accès au premier emploi stable est de 28 ans ?

Dépasser les clivages traditionnels

C’est pourquoi cette proposition de loi est attendue par l’ensemble des acteurs de la protection de l’enfance de notre pays : les jeunes eux-mêmes, mais aussi les professionnels de l’aide sociale à l’enfance - les Départements en premier lieu, soucieux de l’avenir des jeunes qui leur sont confiés et les acteurs de l’insertion, qui se démènent pour les sortir de la marginalité.

Il n’y a pas de fatalité à fabriquer des sans domicile fixe. Les chantiers évoqués ici, s’ils sont portés par un consensus politique, soutenus par les Français qui pensent souvent de bonne foi (mais à tort) que cette mission est assurée, peuvent changer l’avenir de ces nombreux enfants.

Nous refusons que la proposition de Loi soit vidée de ses mesures essentielles : notamment son article premier qui rend obligatoire pour les départements la contractualisation avec les jeunes majeurs jusqu’à leurs 21 ans. Les Départements doivent au contraire être soutenus financièrement pour ne pas assumer seuls cette mission de solidarité nationale. Cela serait un signal fort donné aux jeunes placés, le signal d’une République qui les protège et garantie leur droit à un avenir.

Il est possible, Mesdames et Messieurs les parlementaires, en maintenant l’obligation de protection des jeunes majeurs, prévue dans la loi, de dépasser les clivages traditionnels en étant plus juste pour la jeunesse de notre pays.

Le temps nous est compté, ne le gâchons pas. Travaillons ensemble pour que ces oubliés de la République ne le soient plus.

Signataires :

Xavier Iacovelli (Sénateur), Perrine Goulet (Députée), Lyes Louffok (Ancien enfant placé, CNPE), Stéphane Troussel (Président CD93), Emmanuelle Ajon (Vice-Présidente Conseil départemental 33), Dominique Versini (Adjointe au Maire de Paris, Ancienne Défenseure des enfants), Christian Favier (Président CD94), Isabelle Santiago (Vice-Présidente CD94), Marc Labbey (Vice-président CD29), Xavier Fortinon (Président CD40) ;

Le collectif #LaRueÀ18ans (Anciens enfants placés) : Fouzy Mathey kikadidi (Vice-Présidente Repairs94), Nouri Meriyem (Ancien placé), Yamina Djanti (Vice-Présidente ADEPAPE33), Robert Thibault (Repairs 75), Stéphanie Callet (Ancienne enfant placée), Sonia Nour (Ancienne enfant placée), Leeroy Mbengue (Repairs75), Elina Dumont (Comédienne), Sonya Nour, Coelho Michaël (Repairs), Amanda Toupy (ADEPAPE 33) ;

Un groupe de parlementaires : Gisèle Biemouret (Députée), Laurence Rossignol (Sénatrice, ancienne Ministre), Nassima Dindar (Sénatrice, Ancienne Présidente de la Réunion), Patricia Schillinger (Sénatrice), Florence Provendier (Députée), Michelle Greaume (Sénatrice), Luc Carvounas (Député), Sonia de la Prevoté (Sénatrice), Bertrand SORRE (Député), Fabien Matras (Député), Catherine Conconne (Sénatrice), Michelle Meunier (Sénatrice), Rémi Féraud (Sénateur), Victoire Jasmin (Sénatrice), Marc Daunis (Sénateur), Gisèle Jourda (Sénatrice), Pascal Savoldelli (Sénateur), Hélène Conway Mouret (Vice-présidente du Sénat), André Vallini (Sénateur, Ancien président département de l’Isère), Martial Bourquin (Sénateur), Nadine Grelet Certenais (Sénatrice), Lionel Causse (Député), Daniele Obono (Députée), Patricia Adam (Ancienne Députée), Benoit Potterie (Député), Maud Petit (Députée), Frédérique Dumas (Députée), Patrick Kanner (Sénateur), Loic Hervé (Sénateur), Maurice Antiste (Sénateur), Michèle Peyron (Députée), Boris Vallaud (Député) ;

Autre personnalités et associatifs : Najat Vallaud-Belkacem (Ancienne Ministre), Ingrid Chauvin (actrice), Olivier Delacroix (Journaliste), Françoise Laborde (Journaliste/Ecrivain), Leo Mathey (Président de Repairs 75), Manuel Domergue (Directeur des études de la Fondation Abbé Pierre), Caroline DE HAAS (Militante féministe), Dominique Attias (Avocate, Ancienne vice Bâtonnière Barreau Paris), Pauline Delpech (écrivain, actrice), Danielle Simmonet (Conseillère de Paris), Nicolas Noguier (Président Le Refuge), Catherine Durand (rédactrice en chef adjointe - Marie Claire), Salvatore STELLA (Président CNAEMO), Daniel Yannick (Président Fédération du Scoutisme Français), Coton Pascale (Vice-Présidente du CESE), Sabeur Siham (Journ-Activiste), Salmona Muriel (psychiatre, présidente Mémoire Traumatique et Victimologie), Mie Kohiyama (Journaliste MoiAussiAmnesie), Michèle Creoff (Vice présidente CNPE), Sellier Homayra (Fondatrice et présidente Innocence en Danger), Patricia Chalon (présidente Enfance Majuscule), Alizée Casagrande (Présidente Association VIP), Georges Labazee (Ancien sénateur, CNPE), Catherine Bonnet (Psychiatre d’enfants et d’adolescents), Céline Boussié (lanceuse d’alerte), Céline Greco (CNPE, APHP), , Marie-Pierre Colombel (Présidente Enfance et Partage), Olivier Bereziat (Secrétaire général Coup de pouce - Protection de l’enfance), Geneviève Payet (Présidente Réseau VIF La Réunion), Anne-Marie Lemoigne (Vice-présidente MTR), Isabelle Aubry (Présidente Association internationale des victimes de l’inceste), Roger Abalain (Président La Sauvegarde de l’enfance du Finistère), Simon Herri (vice-président ADSEA 29), Aude Fiévet (Vice-Présidente Le Monde à Travers un Regard), Pascale Favé, Jean-Louis Potier (Directeur Général Association d’Iroise pour le Logement l’Emploi et les Solidarités), René Moullec (Trésorier Sauvegarde du Finistère), Marie-Christine Colombo (Médecin départemental PMI, CNPE), Joran Le gall (Président Association Nationale des Assistants de Service Social), Michelle Babin (Présidente FNAF), Marc SOLE (CNPE, Association Nationale des Assistants de Service Social), Sabine Carme (Syndicat SAF Solidaires), Dris Malika (Presidente Adepape59), Simon Chantal (ancienne Vice Présidente de Département), LECOMTE Nadia (collectif de Soutiens à la protection de l’enfance 49), Antoine Dulin (Membre du CESE) ; Descombes Catherine (Humaine), Raphaël Bourrigan (Éducateur spécialisé), Marty Hakan (Éducateur spécialisé), Loic De pontual (Pédiatre), Yseline Fourtic (Militante féministe), Camille Thill, Denis Clarisse, Chantal Calvisio, Julien Capelle (Educateur spécialisé) Souria Kahoul (Assistante familiale), Martine Comte (Formatrice), Cindy Lafon (Ass fam), Hortensia Toribio (Assistante Familiale), Guilain Isabelle (Assistante Familiale), Abiven yvon, Sandrine Carretero (Assfam), Anne Priolo (AssFam), Prigent Rene ;

Défenseure des enfants : Claire Brisset (2000- 2006), Dominique Versini (2006-2011), Marie Derain (2011-2014)

un collectif

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A toi, l'amie "trans" que je ne connais pas...

2 Avril 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Société

A toi, l'amie "trans" que je ne connais pas...

"Il y a quelque chose de pire que d'avoir une âme même perverse. C'est d'avoir une âme habituée" 

Charles Péguy - Note conjointe sur la philosophie de M. Descartes, 1914

A toi...

C'est à toi que je pense en écrivant ces lignes. Après avoir vu les images de l'agression insupportable dont tu as été victime et face à laquelle tu as fait preuve d'un courage dont j'aurais été incapable...

J'ai eu, j'ai et j'aurai des élèves "trans"...

Pour toi, avec tant d'autres, je me suis battu à ma manière afin que ton droit à l'égalité de choix - celui de vivre TA vie - te soit reconnu comme il l'est déjà dans de nombreux pays très catholiques comme l'Espagne et le Portugal.

Je pense à ces centaines, peut-être ces milliers de "trans" moqués, insultés, traités - improprement - de PD, de tapettes, de fiottes, de gouines, de goudous, de lopettes, d'invertis, de tarlouzes. Le corpus dans ce domaine est d'une "richesse" infinie. Au XXIe siècle le triangle rose a disparu. Les mots sont restés. La honte aussi.

Je ne m'y habituerai jamais!

Pour toi et tous les "trans", je me battrai - car les haines ne sont pas éteintes; les agressions violentes en témoignent encore. Tu en es la malheureuse preuve vivante - afin que soit effacée cette honte qui n'a pas lieu d'être.

Pour toi, je me battrai au nom de traditions familiales chrétiennes - mais oui - qui m'ont permis d'être d'abord à l'écoute, d'être d'abord dans le partage, d'être d'abord dans l'amour des autres et du prochain, quelle que soit son orientation sexuelle.

Pour toi, je défendrai et appelle à défendre la dignité à laquelle tu as droit.

Pour tous mes élèves enfin, je me battrai pour construire une société tendant le plus possible vers l'égalité et vers la compréhension des uns entre les autres, hétérosexuels, homosexuels, trans et bi...

Vous tous dont le point commun est d'AIMER...

Christophe Chartreux

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A Lire... "Sortie de rails"... Cette autre hyper violence dont personne ne parle...

26 Mars 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Société

A Lire... "Sortie de rails"... Cette autre hyper violence dont personne ne parle...

EXTRAIT

Ambitieux mais surmené par un système défaillant, cet ouvrier qui bossait pour la SNCF et la RATP a passé onze ans à trimer dans le noir et la crasse. Après avoir craqué, il publie un livre où il raconte la violence de son quotidien précaire, souvent frôlé par la mort.

Un matin, une fille à moitié nue, avec laquelle Léon, en peignoir, avait passé un moment câlin, lui a balancé «T’es un bobo», ou quelque chose du genre. Appartement dans le XVIIIe arrondissement de Paris, technicien dans une grosse boîte, fiche de paie qui le calait pile aux portes de la petite bourgeoisie et, de surcroît, musicien sur son temps libre. Et puis Léon, belle gueule, baroudait souvent le jour dans les rues de la capitale. «C’est très drôle : pour les gens, c’est synonyme de glandeur ou de rentier…»

Au vrai, bobo charbonneur, Léon travaillait la nuit, sur les voies ferrées et les lignes de métro, entre les odeurs à désespérer les narines et les moments de risque sans filet, où des ouvriers laissent parfois des doigts ou plus. Beaucoup plus. Le grand bonhomme entretenait, câblait, et quand il prit du galon, déléguait à des intérimaires qui se démerdaient comme lui quand il était précaire : pas vraiment préparés, trop peu encadrés, dans le jus profond. Quand Léon se mouchait, c’était parfois tout noir, et le turbin avait esquinté ses doigts de pieds. Sang sous les ongles fissurés : le ballast qu’il arpentait avec ses chaussures de sécurité ne pardonnait rien en hiver. Ce qu’il en dit : «Le travail tue… On le sait, mais on n’a pas le choix. Tu travailles, tu gravis les échelons pour avoir une vie. La maison, la voiture, les voyages… et puis tu te rends compte que ce n’est pas ce qui t’apporte forcément une meilleure existence.»

«Douleur inconsciente»

Né en 1974, Léon Cornec (un pseudonyme) raconte dans Sortie de rails, publié début mars chez Robert Laffont, ses onze années passées dans une entreprise de sous-traitance, chargée par la SNCF et la RATP de veiller au bon fonctionnement des trains, métros et tramways. L’auteur ramène sa carrière à des histoires de rafistolage dans le noir : avec ses gars, ils bossaient avec des plans et du matériel qui ne correspondaient pas toujours au lieu à retaper. On l’a croisé dans une petite salle de réunion, chez son éditeur, où l’on précise que le récit est même un poil en deçà de la réalité. Quand ses mains ont tremblé, il a posé la gauche sur la droite. Et l’inverse. A l’origine, il voulait être rockeur, ou peintre. Cul-de-sac artistique. Pour remplir la gamelle, il s’est retrouvé à éviter les trains qui passent à ça de lui, à écouter les voyageurs au petit matin le maudire pour les retards, à regarder des camps de Roms voisins des voies et bourlinguer à droite à gauche en France. Jusqu’au burn-out. «C’était une douleur inconsciente, je crois. Quoique je m’étais mis à peindre, un peu avant de tout lâcher, des voies ferrées, des tunnels…»

En 2006, une agence d’intérim le dirige vers un géant de la sous-traitance ferroviaire, qu’il baptise «Htransport» dans le bouquin, où tous les prénoms et noms ont été changés. Ses chefs l’ont très vite à la bonne, il présente mieux que d’autres, même quand il se foire. Léon, idéaliste de prime abord, devint machine, tête brûlée, ça lui permettait d’être bien vu là-haut : «J’avais de l’ambition. Sinon, c’est long et on ne fait plus attention à toi, on peut tomber dans l’oubli.» Il commence par s’occuper de circuits électriques, tâche qu’il maîtrise à peine et qu’il apprend sur le tas autour de bonshommes rouillés bien comme il faut. «J’ai toujours pris plus de temps que les autres quand je travaillais. J’aimais bien le côté esthétique : un câblage joli, c’est la preuve que le type a réfléchi.» Ses débuts ont des allures de bizutage dégueulasse.

Entre autres anomalies, l’employé chargé de surveiller les trains qui arrivent et de prévenir les collègues occupés sur les voies est complètement bourré. Ce qu’il en pense : «Je crois qu’il faut forcément quelque chose pour tenir, des cachets, de l’alcool… Surtout quand tu es en déplacement. Quand tu n’as qu’une télévision, que tu es sans ta famille, que tu ne vois pas grandir tes enfants, dans le froid, il faut être costaud pour ne boire que de l’eau pétillante.» Il ajoute : «J’aurais pu parler de la coke.» Léon a sincèrement essayé, mais il est allergique. A Dijon, alors qu’il n’est pas encore installé, il manque de casser la gueule à Franck, supérieur qui braille et faux-cul impressionnant. Trop de cris, trop de remontrances. «J’ai pourtant tout fait pour être son ami.» Un jour, Franck demande à Léon d’aller lui chercher de l’essence alors qu’ils sont coincés en pleine cambrousse. Il roule à toute berzingue et revient fier comme Artaban avec le bidon. Franck lui propose alors un café. A l’échelle d’un gros saligaud comme lui, ce geste-là équivaut à une déclaration d’amour gravée sur un arbre.

(...)

Ramsès Kefi

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Présentation de l'éditeur

« Je retiens mon casque. Un train passe dans l'autre sens, défile à un mètre de nous comme un cheval fou. Je tremble. Les cailloux sautent et me frôlent. Je perds l'équilibre, pose un genou à terre. Le train s'éloigne. Nous avons eu de la chance. Je masque ma frayeur aux autres. Eux aussi, je pense. “Un train peut en cacher un autre !” s'écrie mon annonceur en rigolant. »

Embauché comme simple intérimaire par une grande entreprise ferroviaire, le jeune narrateur de ce roman va en gravir peu à peu les échelons. D'abord enthousiaste, motivé, il est vite confronté à une série d'invraisemblables défaillances : accidents graves, matériel vétuste, sous-qualification, alcoolisme, vols… Il n'en croit pas ses yeux. Au fil de ses déplacements, il découvre aussi une France plongée dans la misère. Des lieux désaffectés, lunaires, où zonent des populations oubliées, déglinguées. Avec un réalisme saisissant, Sortie de rails raconte le parcours halluciné d'un cheminot d'aujourd'hui.

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Egalité Hommes/Femmes - Les travaux de la Fondation Jean-Jaurès...

10 Mars 2019 , Rédigé par Fondation Jean-Jaurès Publié dans #Société

Egalité Hommes/Femmes - Les travaux de la Fondation Jean-Jaurès...

Égalité femmes-hommes
Les travaux de la Fondation

 

À la suite du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, et alors que s'ouvre demain la 63e session de la Commission de la condition de la femme à l'ONU à New York – à laquelle la Fondation participe pour la sixième année –, retrouvez une sélection de nos travaux de ces derniers mois. Un témoignage de l'engagement de longue date, et chaque jour de l'année, de la Fondation sur la question de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Violences et harcèlement

La violence politique a-t-elle un genre ?, Bibiana Aído Almagro, Florence Baillon (note, 8 mars 2019)

Violences sexistes et sexuelles au travail : état des lieux, état d'urgence ?, Marylin Baldeck, Juliette Clavière, Brigitte Grésy, Laurence Rossignol, Marlène Schiappa, Bernard Thibault, Jacques Toubon... (vidéos, 19 novembre 2018)

Les femmes face aux violences sexuelles et au harcèlement dans la rue, Amandine Clavaud, Gilles Finchelstein, François Kraus (enquête, 19 novembre 2018)

Le 3919 : pour mettre fin aux violences sexuelles et sexistes, Françoise Brié (vidéo, 13 décembre 2018)

#MeToo : un mouvement international dans la lutte contre les violences faites aux femmes, Martine Storti (vidéo, 23 novembre 2018)

Travail

À travail égal, salaire égal : au cœur de l’Europe sociale, Nicolas Verschueren (note, 6 mars 2019)

Pour une convention internationale contre les violences faites aux femmes, Philippe Lévêque (vidéo, 22 novembre 2018)

Le rôle des syndicats dans la lutte contre les violences faites aux femmes, Béatrice Lestic (vidéo, 21 novembre 2018)

Inégalités

Droits des femmes en régression en Europe : comment y remédier ?, Agnès Hubert, Lia Migale, Eszter Kovats, Catriona Graham, Stefanie Ricken, Irene Donadio, Laeticia Thissen (vidéo, 7 mars 2019)

Femmes et précarité, Dominique Meurs (note, 26 février 2019)

Roland-Garros 2019 : jeu, set... égalité !, Gilles Finchelstein, Juliette Clavière, Richard Bouigue, Najat Vallaud-Belkacem, Patrick Kanner, Marie-George Buffet, Laurent-David Samama, Laurence Rossignol, Pierre Rondeau, Béatrice Barbusse (tribune, 10 mars 2019)

Histoire

Léon Blum et l'émancipation des femmes, Antoine Tarrago (livre, avec l'Association Maison Léon Blum, 7 mars 2019)

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La connerie, cet étonnant succès éditorial...

9 Mars 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Société

L’ouvrage collectif « Psychologie de la connerie », tiré initialement à 3 000 exemplaires, a vu ses ventes quasiment multipliées par vingt depuis sa sortie.

« Vous qui entrez ici, laissez toute espérance »… Les lecteurs de Psychologie de la connerie (Editions sciences humaines, 384 pages, 18 euros) n’ont manifestement pas été rebutés par cet « avertissement » en forme de clin d’œil à Dante : tiré initialement à 3 000 exemplaires lors de sa publication, en octobre 2018, l’ouvrage a vu ses ventes quasiment multipliées par vingt depuis. Une quinzaine de traductions sont prévues, à destination notamment des Etats-Unis, de la Russie, de la Corée du Sud, de la Suède, ainsi que de pays de langue arabe. Un second volume est prévu pour l’automne. Un projet de documentaire est en cours de finalisation.

(...)

Jean-Baptiste de Montvallon

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Mieux répartir la charge parentale : ce que peut faire l'entreprise... Par Najat Vallaud-Belkacem...

8 Mars 2019 , Rédigé par Les Echos Publié dans #Société

Mieux répartir la charge parentale : ce que peut faire l'entreprise... Par Najat Vallaud-Belkacem...

EXTRAIT

Rétablir l'égalité professionnelle entre hommes et femmes passe par un meilleur équilibre des charges familiales. Pour Najat Vallaud-Belkacem, ex-ministre de François Hollande et aujourd'hui directrice générale d'Ipsos Global Affairs, les entreprises peuvent créer les conditions d'un progrès dans ce domaine.

On a enfin, en ce 8 mars 2019, atteint les 75 % de personnes qui, à travers le monde admettent qu'un homme qui s'occupe de ses enfants n'a pas à en rougir. Il en aura fallu du temps... Dommage que la réalité du monde du travail nous raconte une tout autre histoire, qu'il eût d'ailleurs été bien utile d'objectiver à travers le nouvel index du gouvernement sur l'égalité professionnelle. Une histoire dans laquelle la maternité est toujours, et partout, synonyme d'amoindrissement professionnel pour les femmes, et pour elles seules, au point qu'en moyenne la différence de salaire entre une femme sans enfant et une femme avec enfant se situe aux alentours de 60 % aujourd'hui, dans un pays comme l'Allemagne...

Cet amoindrissement n'attend, d'ailleurs, même pas que la grossesse se déclare, ni même qu'elle existe. En France, selon le Défenseur des droits, le sexe serait, plus encore que l'origine, le principal critère d'exclusion du marché du travail, tant la possibilité d'une maternité, « et donc d'un congé maternité » est perçue comme un risque ; - il s'étend bien au-delà du dit-congé - en moyenne, l'écart de salaire entre une employée américaine et son collègue masculin atteindra son maximum à l'âge où son premier enfant fêtera ses 6 ans - ; et il ne s'arrêtera en réalité jamais tout à fait, moins de cotisations engendrant, bien sûr, moins de droits à la retraite.

Engrenage implacable

Partout le même engrenage implacable qui ne dit jamais son nom : au retour de son congé maternité, on a supposé la nouvelle mère moins dévouée à son travail qu'auparavant, elle s'est donc vue proposer moins d'opportunités et gravir moins d'échelons. Ironie du sort, l'homme qui devient père est au contraire considéré comme bien plus investi dans l'entreprise. Les préjugés inconscients, dans l'autre sens cette fois-ci, jouant là encore à plein : « Il n'aura d'autre choix que d'être plus dévoué encore, maintenant qu'il a toute une famille à charge... » Il y aurait de quoi sourire... jaune : c'est donc au moment où cette « famille à charge » aurait besoin de lui, qu'on se met à confier à l'heureux père plus de missions, d'heures de travail, de responsabilités, et donc de raisons de se tenir loin d'elle ?

(...)

Najat Vallaud-Belkacem - Directrice générale d'Ipsos Global Affairs

La tribune est à lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous

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« Jusqu’ici tout va bien... Jusqu’ici tout va bien... L’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage »

18 Février 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Société

« Jusqu’ici tout va bien... Jusqu’ici tout va bien... L’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage »

Je me suis souvenu, en observant ce qui se passe chaque samedi depuis trois mois, de ce qu'écrit Yves Citton dans "Contre-courants politiques" - Fayard/Collection "Raison de plus", notamment dans le chapitre consacré à ceux qu'il appelle les "Conflitistes".

Son analyse de ce que l'on nomme "conflit social" est parfaite. Un magnifique enrichissement au débat d'IDEES qui manque tellement aujourd'hui. (Voir l'extrait au bas de ce billet)

En même temps que me revenait le souvenir de cette lecture, j'écoutais le Ministre de l'Education Nationale sur France Info ce matin (18/02/2019). Il a évidemment parlé des propos antisémites entendus samedi à l'encontre d'Alain Finkielkraut. Propos abominables, intolérables et condamnables évidemment. J'ai néanmoins  trouvé dommage que la totalité de l'entretien ait porté sur ce seul sujet - très important certes - et qu'AUCUNE question (j'ai manqué les 5 dernières minutes donc qu'il me soit pardonné si mon propos ici se trouve infirmé par ces cinq minutes-là) ne lui ait été posée sur les "réformes éducatives" très inquiétantes en cours.

Je lui ai donné une seule fois raison.  Lorsqu'il a affirmé, à très juste titre, que "l'antisémitisme est le reflet de ce qui va mal dans une société".

Avec 74% d'augmentation des "faits antisémites" en France, il devrait s'interroger alors sur la société française, macronienne politiquement depuis presque deux ans, et qui va TRES mal, minée par des conflits permanents mais désertée par le "débat". Je le ressens dans les contacts que je peux avoir avec les parents mais aussi les commerçants, les voisins, les amis en général, lors de mes longues veilles sur les réseaux sociaux: le sentiment d'injustice est TRES puissant. La haine qui en découle est présente. Je ne la cautionne pas car je hais la haine, mais de plus en plus nombreux sont ceux qui n'ont pas cette prévenance et tiennent des propos que JAMAIS je n'aurais cru entendre un jour (et que je ne reprends pas à mon compte tant ils sont violents MAIS révélateurs).

Quand PLUSIEURS parents, commerçants ou salariés du privé comme du public, ne craignent pas d'affirmer, froidement et les yeux dans les yeux: "J'ai voté Macron au second tour. En 2022, je vote Le Pen sans souci! Il est pire qu'elle!", quand des adultes instruits et raisonnables tiennent des propos d'une violence inouïe à l'encontre de ceux qui nous gouvernent, c'est qu'il se passe quelque chose dans ce pays qui le mène droit vers la catastrophe.

D'où la nécessité impérieuse de voir la gauche - au sens large - réinvestir ce que j'appelle la "friche fangeuse" laissée par le dégagisme théorisé puis appliqué par Emmanuel Macron et ses amis.

De la réinvestir ensemble, uni.

Les diviseurs et ceux qui choisiront de jouer une carte personnelle n'auront aucune excuse lorsque l'Histoire leur présentera la facture.

Il sera hélas trop tard...

Comme il fut souvent trop tard, avec les conséquences atroces que chacun connait!

Christophe Chartreux

Mon titre est emprunté à Yves Citton, qui illustre son livre de photographies de graffitis, dont celui-là emprunté aux murs de l'Université de Vincennes

                                                 _______________________              

Contre-courants politiques - Yves Citton (extraits)

Les Conflitistes

"Les Conflitistes ont évidemment raison. La politique est une affaire de rapports de force, pas une histoire d'amour. Les dominants partageront peut-être généreusement quelques miettes de leur festin, attendris par des appels à leur bon cœur, par l'invocation d'intérêts communs ou par la peur d'émeutes issues d'iniquités trop criantes. Mais rien ne les fera renoncer à leur part actuelle du gâteau (ou globalement 20% de privilégiés accaparent 80% des ressources). Ils tiennent le couteau par le manche: il faudra sortir un autre couteau, si possible plus gros - pas des histoires larmoyantes ou des beaux arguments - pour leur arracher. Pas de paix sans justice, disent les Inséparatistes! Mais pas de justice sans guerre, ajoutent les Conflitistes!

(...)

Vous avez été mis au chômage à cause d'une rapacité financière qui trouve au loin des taux de profit de 8% là où votre travail ne rapporte que 2%? Après quelques mois ou quelques années, on vous signalera respectueusement que vous arrivez en fin de droits, que nul n'y peut rien, que, même si votre conseillère est souriante, la loi est implacable, et que, faute de pouvoir continuer à payer votre loyer, il faudra songer à déménager. Si tout se passe comme prévu, vous recevrez des assignations écrites, la visite d'un huissier, poli, puis de policiers qui, s'ils ne cassent pas votre porte au nom de la lutte antiterroriste, élèveront impérativement la voix si vous n'évacuez pas dans les temps. Aucun coup de feu tiré, aucune explosion, à peine quelques larmes, quelques cris, voire quelques insultes (si vous avez un caractère "incontrôlé"). Pas besoin de violence patente pour faire respecter la violence latente."

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Julia Cagé - La France qui gronde | le1hebdo (Vidéo)

1 Décembre 2018 , Rédigé par Youtube - Le1 Publié dans #Politique, #Société

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"VIDEO. Gilets jaunes : la bataille des fausses nouvelles"... (Hilarant!)

27 Novembre 2018 , Rédigé par France 2 Publié dans #Société

EXTRAIT

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Sur les réseaux sociaux, une séquence a cette fois été relayée à foison par les anti-gilets jaunes : un manifestant qui, samedi 24 novembre, fait en direct un signe de la main devant une caméra… aussitôt inteprété par le compte Twitter “Team Macron” comme un salut nazi. Une députée de la majorité, Naïma Moutchou, partage elle aussi sur Twitter cette image et dénonce ceux qui “piétinent ainsi la République.”

La rapporteure de la loi contre les fausses informations prise au piège

Nous avons retrouvé la vidéo originale, avec le son cette fois. On entend l’homme prononcer distinctement “Ave Macron !”. Notre vieux dictionnaire Latin-Français est formel, “Ave” signifie bonjour en latin.

La députée qui a diffusé cette fausse nouvelle, avant de la retirer, est pourtant rapporteure de la loi contre la manipulation de l’information. Un comble. “Il peut y avoir une part d’erreur, et il faut les limiter au maximum, reconnaît Naïma Moutchou. Mais si on résonne comme ça on finit par ne plus rien dénoncer.

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L'Oeil du 20h

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