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Vivement l'Ecole!

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« Le care, c’est prendre les citoyens pour des adultes éclairés porteurs de solutions »

8 Octobre 2020 , Rédigé par Usbek et Rica Publié dans #Société, #Politique

La Société des vulnérables - Tracts - GALLIMARD - Site Gallimard

EXTRAITS

Écrit juste après le confinement, La société des vulnérables, leçons féministes d’une crise (Tracts Gallimard, 2020) tire les premiers enseignements des effets de la pandémie en termes d’inégalités entre femmes et hommes. Ce livre mêle les analyses de la philosophe Sandra Laugier et de Najat Vallaud-Belkacem, aujourd’hui directrice de l’ONG One après avoir été ministre des droits des femmes puis de l’éducation. Cette dernière a accepté de nous rencontrer pour nous expliquer en quoi, selon elle, le care est la meilleure réponse politique à la crise sanitaire que nous traversons et, plus largement, au péril climatique.

Vous avez fini l’écriture de votre livre en juillet 2020. Trois mois plus tard, alors qu’il sort en librairies, la crise sanitaire est toujours là. A-t-on déjà le recul nécessaire pour mesurer un aggravement des inégalités à cause de la pandémie ?

Najat Vallaud-Belkacem
 
Oui, parce que des choses très révélatrices se sont déroulées en accéléré sous nos yeux. En à peine quatre mois, nous sommes passés par toutes les couleurs. Au temps comme suspendu de façon inédite des premiers jours a succédé l’utopie d’un nouveau monde, plus conscient, écologiste et juste. Il y a eu une prise de conscience qu’on vivait dans un monde à la fois d’interdépendances (il fallait nous voir livrés à nous-mêmes tentant d’instruire nos enfants) et de hiérarchie des valeurs totalement inversée, où ceux qui font le plus pour la société (les « premiers de corvée » qu’on voyait soudain et dont on se rendait compte qu’il s’agissait essentiellement, et de façon si évidente, de premières de corvée) sont aussi les moins gratifiés. Un monde dans lequel plus un métier a une valeur sociale, plus il semble voué à une rémunération asociale. Et on a aussi pris conscience que cette anomalie-là, qui en disait long sur nos erreurs en termes de priorités, méritait, sitôt le confinement terminé, d’être renvoyée dans les cachots de l’histoire. 

Hélas, à peine deux mois plus tard, la parenthèse s’est refermée, et c’est cela qui a nourri notre irritation avec Sandra (Laugier, sa co-autrice, ndlr) : il n’en restait rien. Le confinement n’a donné à voir qu’une dégradation des conditions de vie de ces invisibles premier(e)s de corvée. Pire : ces femmes, qui étaient déjà grandement privées de parole, l’ont été encore plus, aussi absurde que cela puisse paraître dans un moment où ce sont elles qui tenaient la société. Les émetteurs de discours, d’expertises, d’énonciation des priorités, de ce qui est juste ou de ce qui ne l’est pas, n’ont pas bougé d’un iota. C’était les mêmes, en encore plus homogène. Or leur accaparement, non seulement du récit mais aussi de la gestion de crise, étouffait toute possibilité d’appréhender cette dernière différemment, et notamment d’y répondre avec ce qu’on appelle l’éthique du care, c’est-à-dire le soin, l’attention aux autres, l’absence de négligence à l’égard des plus faibles, la considération pour la voix et les voix de chacun et la responsabilisation des citoyens face à cette pandémie.

À cela le gouvernement a préféré un discours autoritariste, convoquant la guerre et faisant étrangement l’économie des affects. Moquant ou pointant du doigt les comportements anxieux des citoyens (les achats de précaution par exemple), leur mentant délibérément pour ne pas avoir à justifier ses propres errements (sur les masques notamment), ne reconnaissant jamais le rôle de ces citoyens ou des associations dans la défense de la vie (par l’aide alimentaire improvisée au service des plus démunis dans bien des quartiers populaires, que le discours public se contentait de stigmatiser ; par l’abnégation totale d’employés des EHPAD qui choisissaient délibérément de s’enfermer avec les personnes âgées pour les garder à l’abri, etc.).

(...)

Vous reproduisez la célèbre citation de Simone de Beauvoir pour étayer votre propos sur l’incidence de la crise sur l’effacement des femmes : « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. » Comment expliquer qu’on n’apprenne pas davantage de ce qu’a pu écrire une figure aussi importante ?

Najat Vallaud-Belkacem
 
De manière générale, je crois que le discours féministe bute sur deux choses. D’abord le conservatisme d’acteurs installés qui n’ont aucun intérêt à accepter de lâcher une part du pouvoir qu’ils accaparent. Ce faisant je ne désigne absolument pas tous les hommes : il y a des hommes féministes, et par ailleurs bien des hommes sont précisément eux-mêmes victimes de l’appétit insatiable de certains autres hommes. Ensuite, il y a une forme d’aveuglement devant les inégalités de genre, y compris de la part de femmes, dans nos sociétés pourtant évoluées. Étrangement, lorsque je travaillais chez Ipsos, j’avais noté qu’à la question « Vous considérez-vous comme féministe ? » posée dans une trentaine de pays du monde, il y avait plus de réponses positives chez les femmes indiennes que chez les femmes françaises. C’est ce que l’on nomme le paradoxe de l’égalité : les quelques victoires que nous avons, dans un pays comme le nôtre, remportées sur le front de l’égalité femmes/hommes font qu’un grand nombre de femmes ne se rendent pas compte de ce qui est à l’œuvre et pensent sincèrement être les égales des hommes.

Lorsque j’étais ministre des droits des femmes, je me souviens par exemple de ces jeunes filles, élèves brillantes de grandes écoles, qui avaient jusqu’alors toujours été récompensées justement de leurs efforts et n’avaient pas de raison de croire que cela pourrait changer sur le marché du travail. Fortes de leurs diplômes, des mêmes études que les garçons, elles manifestaient une vraie confiance en l’avenir sur ces sujets et trouvaient le discours féministe un peu ringard ou victimisant. Quatre ou cinq ans plus tard, il fallait les voir et reprendre cette conversation avec elles : cela leur avait suffi pour réaliser le caractère insidieux des promotions qu’on ne vous propose pas, des plafonds de verre persistants, de la difficulté à jongler entre le domestique et le professionnel, etc.

(...)

Propos recueillis par Vincent Edin

L'entretien complet est à lire en cliquant ci-dessous

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A lire... "La Société des vulnérables. Leçons féministes d’une crise" - Najat Vallaud-Belkacem et Sandra Laugier (24 septembre 2020)

14 Septembre 2020 , Rédigé par Gallimard Publié dans #Société

A lire...  "La Société des vulnérables. Leçons féministes d’une crise" - Najat Vallaud-Belkacem et Sandra Laugier (24 septembre 2020)
Najat Vallaud-Belkacem et Sandra Laugier seront les invitées de la Matinale de France Inter le vendredi 18 septembre 2020 à 8h20.
 
«Et si le care devenait, enfin, l’affaire de tous?»

À la racine des inégalités de notre organisation sociale, il y a cette idée qu’une femme, c’est toujours un peu moins légitime, compétent, important qu’un homme. Voilà pourquoi on craint, à chaque soubresaut de l’histoire, que ne se réalise la prédiction de Simone de Beauvoir : «Il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse, pour que les droits des femmes soient remis en question.» De fait, la parole d’expertise et de pouvoir des hommes a repris le dessus durant la crise, alors même que nous redécouvrions que le vaste peuple, aussi indispensable qu’invisible, des travailleurs qui prennent soin des autres était massivement constitué de femmes. De sorte que le combat féministe pour l’égalité peut s’identifier à la défense d’un projet de société qui, au nom de notre vulnérabilité commune, reconnaisse enfin une valeur au travail du soin et à la contribution de chacun plutôt qu’au pouvoir de quelques-uns. Telle est l’éthique démocratique du care.
 
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Pour le droit de vote dès 16 ans ! Pétition...

11 Septembre 2020 , Rédigé par change.org Publié dans #Société

Pour le droit de vote dès 16 ans ! Pétition...

Chères jeunes générations,

Chères concitoyennes et chers concitoyens, 

Nous sommes des parlementaires, élus locaux, acteurs associatifs et militants, chercheurs ou citoyens engagés. Nous vous sollicitons pour co-signer cette pétition afin de convaincre les décideurs d’instaurer le droit de vote dès l’âge de 16 ans lors de l'examen de cette proposition de loi le 8 octobre prochain.

Cette proposition revient périodiquement dans le débat public. Organisations étudiantes et de jeunesse la portent depuis plusieurs années. Pendant la campagne présidentielle de 2017, des candidats de tous bords s'étaient déclarés favorables à l’extension du droit de vote envers les jeunes. A cette occasion, l’Union Nationale Lycéenne avait posé la question à 57 000 lycéens et 2/3 d’entre eux avaient approuvé la mesure. En 2019, en sortie de Grand Débat National, le Président de la République lui-même s’est dit “prêt” à avancer dans ce sens. Plus récemment encore, trois partis allemands ont remis la question à l’ordre du jour outre-Rhin.

Nous pensons que cette mesure s’impose aujourd’hui, plus que jamais. La crise sanitaire que nous vivons appelle des mesures d’urgence. Mais elle implique aussi des transformations profondes, radicales qui auront des incidences pour les prochaines décennies. Tant sur le plan de l’environnement, de l’emploi, de la santé, de la solidarité, que des finances publiques : vous, qui avez entre 16 et 18 ans, avez toute la légitimité pour vous exprimer, dire ce que vous voulez pour l’avenir, décider de celles et de ceux que vous souhaitez voir porter vos aspirations.  N’est-ce pas bien vous que médias, analystes et responsables politiques ont dénommés la “Génération Covid” ? Le “monde d’après” que nous souhaitons bâtir ne peut se faire sans vous alors qu’il sera le vôtre ! 

Accorder le droit de vote à 16 ans, c’est aussi une réponse à la crise démocratique que nous traversons. Election après élection, nous déplorons l’augmentation de l’abstention. Il est de notre responsabilité de redonner envie de voter. Mais la confiance ne se décrète pas, c’est une relation réciproque : avant de la demander, il faut la donner. Nous entendons régulièrement que les jeunes se désintéressent de la politique. C’est faux : ils se mobilisent dans la rue, dans les réseaux sociaux, dans les lycées ; ils se mobilisent pour le climat, pour les droits des femmes, contre les discriminations. Donnons-leur la possibilité de s’exprimer dans les urnes, au sein même des institutions ! Plusieurs études nous montrent que plus les citoyens prennent l’habitude de voter tôt, plus ils votent régulièrement et durablement tout au long de leur vie.

Il est question, enfin, de rééquilibrer droits et devoirs. Les jeunes de 16 ans sont aujourd’hui considérés majeurs juridiquement dans un grand nombre de domaines. A 16 ans, on peut travailler, obtenir son émancipation, créer ou adhérer à une association, conduire, s’immatriculer à la Sécurité Sociale, choisir son médecin traitant… Les jeunes de  16 ans sont aussi, ne l’oublions pas, responsables pénalement. Pour quelle raison ne pourrait-on pas à 16 ans accéder au premier des droits civiques : celui d’élire nos représentants ? Serait-on à 16 ans suffisamment matures pour payer ses impôts, reconnaître un enfant, faire son testament, mais pas pour avoir une pensée politique libre et indépendante ? 

Pour développer pleinement cette pensée libre et indépendante, le droit de vote à 16 ans devra être accompagné d’un renforcement de l’éducation citoyenne au lycée. Nous proposons d’organiser des débats d’idées dans les cours de philosophie ou d’histoire et de refonder les cours d'Enseignement Moral et Civique (EMC). Cette discipline aujourd’hui négligée devrait permettre de donner les bases nécessaires à la compréhension du système politique actuel et aux jeunes de se forger un esprit critique. La "Journée Défense et Citoyenneté́" pourrait également inclure une introduction au fonctionnement de la vie publique. Nous sommes convaincus que l’abstention qui touche aujourd’hui les jeunes est moins le résultat d’un manque d’intérêt que d’un déficit d’initiation à la vie politique et citoyenne. On ne vote pas sans savoir pourquoi on vote.

Plusieurs pays en Europe ont déjà franchi le pas du droit de vote à 16 ans. C’est le cas en Autriche et à Malte. En Allemagne dans certains Lander, en Écosse et en Estonie, celui-ci est ouvert aux élections locales. D’autres pays dans le monde l’autorisent également au niveau national, tels que le Brésil, l’Argentine, le Nicaragua, Cuba ou encore la Slovénie. L’extension du droit de vote aux jeunes serait une nouvelle avancée démocratique. En France, après l’abolition du suffrage censitaire en 1848, le droit de vote des femmes en 1944, l'égalité de suffrage en outre-mer en 1946, le droit de vote à 18 ans en 1974 et la naissance de la citoyenneté européenne en 1992, le droit de vote à 16 ans en 2020 constituerait une nouvelle étape de franchie dans l’histoire de la conquête du suffrage.

Mobilisons-nous dès maintenant pour que l’engagement des 16-18 ans soit pris au sérieux le 8 octobre prochain, lors du débat parlementaire qui aura lieu sur le sujet.

Ensemble, faisons en sorte que, dès les prochaines échéances électorales, la jeunesse de notre pays puisse prendre part aux décisions qui la concernent ! 

#JEVOTEA16ANS

POUR SIGNER, C'EST CI-DESSOUS

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L’antisémitisme, une valeur actuelle. Par Cécile Alduy (Janvier 2020)

29 Août 2020 , Rédigé par Site de Benjamin Stora Publié dans #Société, #Antisémitisme, #Racisme

L’antisémitisme, une valeur actuelle. Par Cécile Alduy (Janvier 2020)

EXTRAIT

Doit-on s’offusquer qu’un journaliste de la droite conservatrice portraiture un intellectuel de gauche en « poussah pontifiant » qui a « fait du gras » depuis ses jeunes années d’étudiant ?

L’article de Bruno Larebière sur l’historien Benjamin Stora, paru dans le numéro spécial d’octobre 2019 de Valeurs actuelles sur la guerre d’Algérie a suscité l’indignation. Plus de quatre cents intellectuels sont signé une pétition contre ce texte jugé antisémite. Pourtant, si l’attaque ad hominem sur le physique de l’historien est abjecte, l’article à charge s’attarde peu sur les origines juives de l’universitaire. On est loin de Céline, ou de Je suis partout. Mais qu’est ce qu’un texte antisémite à l’aube de 2020 ? Décryptage.

Interrogé par nos soins, Larebière confie être « tombé des nues ». : « Je me contrefiche éperdument que Stora soit juif. Se serait-il appelé Kervadec, issu d’une lignée catholique de Concarneau (…) que j’aurais fait, ou pu faire, le même papier ». A première vue, rien dans l’article ne désigne explicitement la judéité de Benjamin Stora à la vindicte : il y est fait deux mentions, dont l’une est une citation de Stora lui-même. Pour le reste, le texte est une biographie acerbe de l’ascension sociale de l’universitaire : jeunesse lambertiste, consécration comme conseiller des princes et des médias. Mais la clé de la lecture de ce récit est dans le prélude, un double portrait physique de Stora jeune et « émacié » d’abord, puis corpulent aujourd’hui : « L ‘homme n’a pas seulement fait du gras, il a enflé (…) Gonflé, au risque d’exploser de cette mauvaise graisse ayant prospéré à proportion de la vanité qui n’a cessé de croitre en lui à mesure que s’élevait son statut social ».

Les images ont une idéologie.

Pourquoi donc parler du corps d’un intellectuel ? Que l’article passe entièrement sous silence l’apport scientifique de l’universitaire met la puce à l’oreille : ce n’est pas une vie réelle qui est contée, mais une fable. Comme Giton, le « riche » de La Bruyère, Stora prend trop de place, littéralement et socialement. La masse de ses travaux (52 livres) au lieu d’être à son crédit témoigne de son « poids » médiatique excessif. Si le corps de l’universitaire est une métaphore, sa vie est une parabole en filigrane de l’hégémonie culturelle grandissante de la gauche sur l’histoire de la colonisation et de l’essor de l’immigration (« massive » pour l’extrême-droite) qu’elle favorise.

On est loin de l’iconographie du Juif Süss, mais c’est le même procédé narratif de la parabole à valeur d’avertissement, ici par allusion. Stora a gagné la confiance des puissants (à force d’une ruse particulièrement perverse : la compétence !), il avait un agenda caché (l’immigration), résultat (que le lecteur de Valeurs actuelles n’aura aucun mal à déduire) : la France est menacée d’invasion, et « d’explosion ».

(...)

Cécile Alduy, Professeur à Stanford University, chercheuse associée à Sciences Po. Cécile Alduy a publié Ce qu’ils disent vraiment. Les Politiques pris aux mots (Seuil, 2017).

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Thomas Chatterton Williams : « Un espace public corseté par la “cancel culture” ne sert pas les intérêts des minorités »

26 Juillet 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Société

Thomas Chatterton Williams : « Un espace public corseté par la “cancel culture” ne sert pas les intérêts des minorités »

EXTRAITS

L’écrivain américain est l’un des instigateurs de la tribune signée par 150 intellectuels et artistes contre l’intolérance de la nouvelle gauche antiraciste à l’encontre des points de vue dissonants. Dans un entretien au « Monde », il analyse les débats qu’elle suscite.

Entretien. Thomas Chatterton Williams est un essayiste et journaliste américain. Il est l’un des cinq intellectuels américains à l’origine de la récente tribune contre la cancel culture, parue dans Le Monde (daté 9 juillet), Harper’s Magazine et bien d’autres publications à travers la planète. Plus de 150 journalistes, écrivains et artistes, dont Mark Lilla, Margaret Atwood, Wynton Marsalis, ont soutenu ce texte dénonçant la tendance qui existerait au sein de la nouvelle gauche antiraciste à vouloir faire taire toute voix jugée non conforme.

Thomas Chatterton Williams collabore notamment avec Harper’s, The New York Times. Il a publié dans The New Yorker une enquête sur l’influence des penseurs d’extrême droite français aux Etats-Unis. Après Une soudaine liberté (Grasset, 2019), il devrait faire paraître, l’hiver prochain, Autoportrait en noir et blanc, aussi chez Grasset.

Qu’est-ce que la « cancel culture » ?

C’est un phénomène, qui, sans être nouveau, a peu à peu pris de l’ampleur. Ce mouvement prend la forme d’attaques coordonnées, généralement lancées en ligne, contre quelqu’un afin de ruiner sa réputation et de lui faire perdre son emploi.

Ses détracteurs se mobilisent, car ils estiment que cette personne a tenu des propos ou s’est comportée d’une manière jugée infamante. Très souvent, le geste condamné ne porte pas atteinte à une norme établie, mais à de nouvelles normes défendues par des milieux très mobilisés, souvent pour des causes justes, comme la lutte contre le racisme.

La « cancel culture » ne se limite donc pas à l’insulte ou à une prise à partie, elle cherche à vous atteindre plus personnellement. Un climat de peur, contraire à la liberté d’expression, s’installe de ce fait, et les rapports sociaux deviennent plus brutaux.

(...)

Les réseaux sociaux, tout particulièrement Twitter, jouent un rôle important dans la diffusion de la « cancel culture ». Pourquoi ?

Très souvent, c’est en effet sur les réseaux sociaux que des campagnes s’organisent contre quelqu’un. La foule se mobilise sur Twitter et l’indignation monte. L’employeur de cette personne est alors interpellé, jusqu’au moment où une procédure d’enquête ou de licenciement est engagée contre elle. Mais la perte de son emploi ne suffit pas, il faut en plus stigmatiser cette personne, le pardon n’est pas possible.

Twitter joue un autre rôle, c’est aussi le lieu où se diffusent ces nouvelles normes, notamment au sein de la profession journalistique qui l’emploie massivement aux Etats-Unis. De sorte que les journalistes fréquentent en ligne des réseaux informels où l’on s’entre-surveille et où il est important de se conformer à la nouvelle orthodoxie, même si l’opinion publique américaine ne partage pas ces nouvelles valeurs.

Si bien que, dans les rédactions américaines, une forme d’autocensure s’installe et les relations de travail se tendent. La chroniqueuse du New York Times Bari Weiss a récemment annoncé son départ de ce prestigieux quotidien en expliquant qu’elle ne supportait plus « l’intimidation » qu’elle disait subir parce que certains de ses collègues n’acceptaient pas ses points de vue.

(...)

Propos recueillis par Marc-Olivier Behrer

L'entretien complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Appel signé par 40 personnalités pour demander de véritables droits pour les moins de 25 ans...

9 Juillet 2020 , Rédigé par La Croix Publié dans #Société, #Jeunesse

Appel signé par 40 personnalités pour demander de véritables droits pour les moins de 25 ans...

La crise sanitaire a rendu particulièrement visible l’ampleur de la pauvreté des jeunes, qui touche en France plus d'un jeune sur cinq. La crise sociale qui s'annonce, avec la contraction de l'emploi, de l'intérim, des petits boulots, va accroître encore ces situations de pauvreté, en creusant inévitablement les inégalités d’accès à l’emploi. Ce sont des centaines de milliers de jeunes, diplômés ou pas ou peu qualifiés, qui, ne pouvant s'appuyer sur le soutien familial, vont se trouver sans ressources et sans filet de sécurité.

→ TRIBUNE. Pour ne pas laisser les jeunes vulnérables sombrer

La société solidaire qu'appelle de ses vœux le président de la République ne peut laisser ainsi une part importante de ses jeunes sur le bord de la route. Il en va de notre responsabilité collective. Il nous faut aujourd'hui tirer les leçons de trente ans de politiques de lutte contre la pauvreté des jeunes, partielles et segmentées, qui mettent des jeunes dans des cases, et définir enfin, pour tous, un droit à l'insertion, c'est-à-dire un droit à un accompagnement de qualité couplé à la garantie d'un revenu décent.

→ ANALYSE. Les diplômes du supérieur, solide tremplin vers l’emploi

Tout citoyen de 18 à 25 ans doit pouvoir, s'il le souhaite, être accompagné dans son parcours. Nous mesurons l'ampleur d'une telle ambition. Elle impose de mobiliser tous les acteurs qui accompagnent aujourd'hui les jeunes dans le cadre de politiques sectorielles (acteurs de l’insertion sociale et professionnelle, acteurs de l'hébergement, structures de l'insertion par l'activité économique, acteurs du handicap...) et de leur donner les moyens d'amplifier leurs efforts. A la diversité des situations doit en effet répondre une pluralité d’acteurs et de modalités d'action, pour garantir à la fois la qualité de l’accueil et l’adaptation aux profils et aux besoins des jeunes.

L’épidémie mine l’insertion des jeunes

Tous les jeunes en difficulté d’insertion pourront faire valoir ce droit à l'accompagnement, à commencer bien sûr par les plus exclus, dans une démarche active pour les repérer et les mobiliser, avec une attention particulière pour les jeunes en errance, les jeunes en situation de handicap, les jeunes sortant de l'aide sociale à l'enfance ou encore les jeunes des zones urbaines sensibles et des zones rurales isolées. Plus que jamais, le non-recours serait un aveu d'échec.

A ce droit à l'accompagnement doit répondre un droit à une allocation équivalente au montant du RSA, sous condition de ressources. Tout citoyen de 18 à 25 ans, s'il répond aux critères de ressources et s'il a fait valoir son droit à l'accompagnement, aura droit à cette allocation. Il est temps de mettre fin à cette discrimination qui exclut les moins de 25 ans du droit inscrit dans le préambule de la constitution du 27 octobre 1946, pour toutes les personnes en difficulté d’accès à l'emploi, d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence.

→ DÉBAT. Emploi des jeunes : faut-il ouvrir le RSA aux moins de 25 ans

Il convient enfin de promettre à ces jeunes qu’ils ne seront jamais abandonnés sans solution. Le droit à l'accompagnement, comme le droit au soutien monétaire de la collectivité, doit donc s'exercer sans limite de durée, jusqu'à ce que les jeunes accompagnés soient autonomes.

La crise sociale qui s'installe et qui va toucher particulièrement les jeunes rend nécessaire une réponse forte de la Nation. Au-delà de leur coût et des effets d'aubaine qu’elles offrent aux employeurs, les recettes classiques qui, pour favoriser l'emploi des jeunes, passent par l'abaissement du coût du travail, ne traitent qu'une partie du problème, faute d’accompagnement pour les personnes qui ont besoin de temps et de soutien pour tracer leur chemin. Il faut aller plus loin et reconnaître enfin les devoirs de la société envers les jeunes les moins favorisés, en faisant progresser leurs droits. C'est à ce prix qu'on leur construira un avenir : le nôtre.

Vous trouverez la liste complète des signataires en cliquant sur ce lien

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Stop Fisha: cybersexisme et faiblesse de l’arsenal juridique...

28 Juin 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Société, #Femme

« Les corps des femmes et des filles ne doivent pas être source d’exploitation et de divertissement à leur insu ». Contre l'explosion des comptes “fisha” (“affiche” en verlan) qui diffusent photos et vidéos à caractère sexuel majoritairement de filles et de femmes pour la plupart mineures, un collectif s'est créé. Avec un grand nombre de soutiens, il tire la sonnette d’alarme face à grande faiblesse de l’arsenal institutionnel et juridique pour lutter contre le cybersexisme. 

Elyse, 16 ans, a mis fin à ses jours au Havre, mercredi 1er avril 2020, à cause d’un compte fisha. Depuis le confinement, les violences faites aux filles et aux femmes ont augmenté et le cyberharcèlement sexuel a explosé. Bien que virtuelles, ces attaques ont de graves conséquences et force est de constater que les comptes fisha tuent.

Slut-shaming de masse

Des comptes dits “fisha” (“affiche” en verlan) ont été massivement créés sur les réseaux sociaux dans le but de diffuser des photos et vidéos à caractère sexuel majoritairement de filles et de femmes, pour la plupart mineures, sans leur consentement. Appelés “nudes”, ces contenus sont souvent divulgués avec le nom de la victime, son adresse, son établissement scolaire… Si cette pratique existait déjà, cette vague est sans précédent. 

Sur ces comptes fisha, sont publiés chaque jour des messages incitant à la diffusion de “dossiers” pour humilier et punir : « vous avez d’autres dossiers sur cette pute ? », « Faut afficher mon ex, cette sale chienne », ou bien « afficher des dossiers de gens ça rend service à tout le monde. Les personnes affichées peuvent changer de voie ou rester dans leur puterie ». Ils les traquent, les persécutent, et les condamnent systématiquement, publiquement - puis se félicitent. Certains nudes sont monétisés par les agresseurs, d’autres sont publiés sur des sites pornographiques sans que les victimes ne soient au courant. On y a aussi trouvé des photos et vidéos pédocriminelles, de viols en réunion, d’agressions sexuelles. Les diffuseurs veulent toujours plus de contenu trash pour attirer toujours plus de monde. Un compte fisha Instagram nommé “les putes de Liège” a publié la vidéo d’un viol en réunion - d’une jeune fille, mineure, qui avait été droguée. Le contenu est resté disponible plus de 16 heures. Et ce, malgré les milliers de signalements.

Les diffuseurs deviennent des agresseurs et s’auto-proclament juges : c’est du revenge-porn* et du slut-shaming* de masse.

#STOPFISHA : l’auto-organisationface à un système défaillant 

Notre collectif auto-organisé Stop Fisha s’est créé en urgence, en mars 2020. Depuis, nous nous battons nuit et jour pour agir contre ces délits impunis qui ne cessent de prendre de l’ampleur et contre ces comptes fisha qui ne cessent de se multiplier. Les membres du collectif mènent deux types d’actions :

  • Traque, dénonciation des comptes fishaet veille sur les réseaux sociaux ;
  • Soutien aux victimes trop souvent seules et isolées face aux cyber-violences qu’elles subissent. 

Mais qui sommes-nous ? Nous avons entre 16 et 50 ans. Et nous sommes épuisé·e·s. Nous sommes étudiant·e·s ou salarié·e·s et en peu de temps, nous sommes devenu·e·s la nouvelle brigade numérique, qui remplace celle censée nous protéger. En deux mois, le collectif est parvenu à fédérer plus de 12.000 membres actif·ve·s prêt·e·s à nous aider. L'existence de notre combat est la preuve d’un système défaillant.

Le cybersexisme mis à l'abandon

Le confinement a accéléré la digitalisation de notre quotidien : la société se numérise à une vitesse éclair, les cybercrimes et le cybersexisme aussi. Triste est de constater qu’il n’y a à ce jour aucun moyen mis en place pour nous en protéger, tant dans la sphère digitale que physique.  

PHAROS, la plateforme de signalement de contenus dangereux sur internet, compte une centaine de policiers·ères et gendarmes pour lutter contre la cybercriminalité. Parmi ces agent·e·s, seule une vingtaine traite les affaires de cyberviolences. Depuis le début du confinement, le site reçoit 45 000 signalements par mois, 1500 par jour, plus d’un par minute! C’est sans compter les signalements de comptes Snapchatque Pharos refuse de comptabiliser depuis plusieurs semaines. Y aurait-il un “bug” ? Du côté des réseaux sociaux, Instagram ne prend que peu de signalements en compte : “En raison [du] COVID-19, […] nous ne pouvons examiner que les contenus qui présentent le plus grand risque de préjudice”. Quant à Snapchat, les signalements sont toujours trop vagues : la pédopornographie n’est catégorisée que de  “malveillante”. Pourtant, c’est un délit, puni de 7 ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende.  

Notre seul allié institutionnel est Net Ecoute (e-Enfance) qui a constaté une explosion de 60% des comptes fisha depuis mars et des appels qui ont bondi à plus de 350 par semaine, soit 50 par jour.Le tout, géré par 6 personnes.

Si les réseaux sociaux ne prennent pas en compte nos signalements, la police non plus. L’état d’urgence sanitaire a servi de justification aux refus - déjà trop nombreux - de dépôts de plaintes. « Il y a des priorités ». Nous sommes en état d’urgence sanitaire, « les plaintes ne peuvent plus être prises ».  

La situation, en plus d’être pathétique, est dangereuse. 

Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations a proposé, afin de pallier l’inaction des réseaux sociaux, de créer une chaîne Snapchat ayant pour vocation de sensibiliser au revenge-pornNous souhaitons aller plus loin et que ces chaînes soient créées sur tous les réseaux sociaux. 

Du côté de la Belgique, le pays s’est saisi du problème des fishas en avril 2020 en votant une loi contre le revenge-porn. La France, a récemment voté la loi AVIA dite de « lutte contre les contenus haineux sur Internet », en plus d’être insuffisante, elle a été partiellement censurée par le Conseil Constitutionnel

Nous pointons du doigts son inefficacité : Pharos était censée collaborer avec les réseaux sociaux, à qui toute la responsabilité a été reléguée. Cependant, le sous-effectif de Pharos, pourtant au coeur de la loi, n’a pas été évoqué. Comment pouvait-elle être appliquée ? 

Face à la faiblesse de l’arsenal juridique actuel, nous tirons la sonnette d’alarme : Nous demandons des mesures concrètes, fortes, urgentes.  

Agir, maintenant.  

Notre collectif s’est créé suite à un constat, une urgence : nous n’avions plus le temps d’attendre que les choses se passent, il a fallu agir. Nous alertons de nouveau face à la passivité et le manque d'intérêt des pouvoirs publics : il faut agir.  

Lutter contre le (cyber)sexisme, c’est empouvoirer la protection numérique, l’éducation à l’égalité de genre, et la justice. 

Lutter contre le cybersexisme, c’est s’attaquer à la sensibilisation dans les milieux scolaires et professionnels. C’est donner des cours de responsabilisation et de protection numérique. C’est former les forces de l’ordre à ces nouvelles violences, et augmenter l’effectif et les moyens d’action des plateformes concernées. C’est prendre en charge différemment les victimes d’infractions d’un nouveau genre.  

Lutter contre le cybersexisme, c’est créer les outils nécessaire au système judiciaire pour reprendre le dessus sur les schémas de dominations sociétaux, tant dans la rue que sur la toile.  

Parce que les corps des femmes et des filles ne doivent pas être source d’exploitation et de divertissement à leur insu, parce que les diffuseurs n’ont pas à jouir de leurs actes sous prétexte que c’est la victime qui en serait coupable, parce qu’une photo ne doit pas prendre une vie, la honte doit changer de camp et justice doit être faite.

*Revenge porn : ou encore “vengeance pornographique” est la diffusion de contenus intimes d'une personne sans son consentement dans le but de se “venger” et l’humilier.

*Slut-shaming : rabaisser ou humilier une femme en la ramenant à la figure de la "salope".

Signataires :

Famille de Élyse Emo : Cindy Emo, Arnaud Deschamps, Sandrine Emo. 
Collectif StopFisha: Shanley Clemot McLaren, Hajar Outaik, Hana Outaik, Zakarya Ait Ouaid, Iman El Hakour, Maeva Janvier, Davy Beauvois, Sara Pellegrin, Léa Reynaud, Chloé Bourne, Mickael Ferreira, Mhawa Grandiere, Laura Pereira Diogo, Sabrina Haouari. 
Association En avant toute(s)
HumansForWomen, association féministe intersectionnelle 
Association HandsAway, application contre le harcèlement sexuel de rue
Collectif des collages féministes de Tours
Collectif des collages féministes de Poitiers
Collectif féministe lycéenne et enragées, du lycée Dumont d'Urville de Toulon
Association Volar (Poitiers)
AssociationChafia, contre les violences faites aux femmes
P8 Féministe dtr, collectif féministe de l’université Paris 8 
Equipe de "Maintenant Assume"(@mtn_assume)
Anna Toumazoff alias @memespourcoolkidsfeministes, militante féministe
Elvire Duvelle-Charles alias @clitrevolution, militante féministe
Sarah Constantin, activiste féministe, co-créatrice de Clit Revolution
Illana Weizman, militante féministe et membre du collectif #MonPostPartum
Selma Anton, activiste féministe et créatrice du compte @ca_va_saigner
Fatima Benomar, féministe, dessinatrice, cofondatrice des@effrontees
Marie Laguerre, étudiante et militante féministe 
Masha Sexplique, militante féministe et blogueuse sexo
Camille Aumont Carnel, militante @jemenbatsleclito - @jedisnonchef
Ginevra Bersani, militante féministe et co-Présidente @Politiqu’elles Paris
Sophia Antoine, activiste, cyberactiviste, militante féministe
Noémie de Lattre, activiste féministe 
Marie-Elise Vidal, activiste féministe
Luce Villemin, activiste féministe
Judith, alias @tapotepute 
Laura Jovignot, militante #NousToutes et fondatrice du collectif #PasTaPotiche
Rebecca Amsellem, Les Glorieuses
Rokhaya Diallo, journaliste, militante antiraciste et féministe
Fiona Schmidt, journaliste et autrice 
Sofia Fischer, journaliste
Paloma Clément-Picos,journaliste
Arnold Nguenti, journaliste, collectif @echobanlieues
Chahinaz Berrandou, étudiante, collectif @plumebanlieue
Baptiste Beaulieu, romancier
Vincent Lahouze, travailleur social, romancier
Yseult, chanteuse 
Inas Chanti, actrice
Marion Seclin, actrice
Tay Calenda, photographe professionnelle 
Rachid Sguini (Rakidd), auteur et illustrateur 
Bouchera Azzouz, réalisatrice et présidente Féminisme Populaire
Laura Berlingo, gynéco-obstétricienne
Olga Pérez, professeure d'espagnol et référente égalité filles/garçons au lycée Dumont d'urville de Toulon
Marion Castellani, professeure de Mathématiques au lycée Dumont d’Urville, Toulon
Camilya Othmani, consultante en stratégie de communication
Rachel-Flore Pardo, avocate
Joachim Scavello, avocat
Ines Seddiki, fondatrice et présidente de GHETT'UP
Ouarda Sadoudi, présidente Home et cofondatrice Féminisme Populaire 
Élu.e.s Conseil National de Vie Lycéenne : Yannis Perrier-Gustin, Alcyone Bernard, Emanuela Periers, Nina Sevilla, Amélie Four, Maxime Rodrigues, Clairanne Dufour
Élu.e.s Conseil Supérieur de l’Education: Teddy Wattebled, Zoé Perochon-De Jametel, Camille Galvaire
Union Nationale Lycéenne, syndicat lycéen
Lyes Louffok, Membre du Conseil National de la Protection de l'enfance
Laurence Rossignol, Sénatrice PS de l'Oise
Esther Benbassa, sénatrice EELV
Sophie Taillé-Polian, Sénatrice Génération-s du Val de Marne 
Michelle Meunier, Sénatrice PS de la Loire-Atlantique
Laurence Cohen, Sénatrice PCF du Val-de-Marne. 
Danièle Obono,députée LFI de Paris
Mathilde Panot, députée LFI du Val-de-Marne 
Leïla Chaibi, députée européenne France Insoumise
Caroline Fiat,député LFI de Meurthe-et-Moselle
Marie Toussaint, eurodéputée EELV
Danielle Simmonet, conseillère de Paris
Clémentine Autain, Députée LFI
Manon Aubry, Députée Européenne LFI
Anne Vignot, conseillère municipale de Besançon 
Léonore Moncond’huy, militante écologiste, candidate à la mairie de Poitiers 
Laura Slimani, conseillère municipale de Rouen et membre du collectif national Génération-s
Collectif national de Génération-s: Jimmy Behague, Joséphine Delpeyrat, Corinne Acheriaux, Sorayah Mechtouch, Sandrine Lelandais, AlexisDebuisson, Alice Brauns, William Leday, Michel Bock, Margot L’Hermite, Nicolas Braemer, Marie Luchi, Isabelle Couradin, Zerrin Battaray, Anne Joubert, Eric Mauger, Bruno Gavarri
Alice Bosler, coordinatrice des Jeunes Génération-s
Roberto Romero, conseiller régional d'île de France Génération-s
Claire Monod, coordinatrice Nationale de Génération-s 
Manon Aubry, Députée Européenne LFI
Youth For Climate Paris
Quidam, Association d'éducation populaire
NPA Nanterre

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Le "monde d'après" n'était-il qu'une utopie?...

27 Juin 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Société, #Philosophie

Le "monde d'après" n'était-il qu'une utopie?...

La pandémie a fait naitre chez certains l’espoir d’une rupture, d’un nouveau départ. La crise sanitaire peut-elle être le déclencheur d’une société plus harmonieuse ? Est-il possible de ralentir, rediriger, donner plus de sens à nos vies ? Ou est-il plus imaginable que tout recommence comme avant ?

Dix jours à peine après le début du confinement, les premières tribunes évoquaient déjà un après de la crise du Coronavirus. Parmi elles, celle de l’écrivain israélien David Grossmann dans Libération qui imaginait que certains d’entre nous « ne voudraient plus revenir à leur vie antérieure... D’aucuns se poseront pour le première fois des questions sur leurs choix, leurs renoncements et leurs compromis. Sur les amours qu’ils n’ont pas osé nouer. Sur la vie qu’ils n’ont pas osé vivre. »  

Était-ce cela, ce manque, qui a provoqué une telle avalanche de tribunes et d’articles ? Toujours est-il qu’économistes, philosophes, artistes... ont tous saisi ce temps d’arrêt pour imaginer un avenir différent et, pourquoi pas, meilleur. 

Depuis le début du confinement, l'équipe du Temps du débat a rassemblé sur le site de France Culture, près d'une cinquantaine de textes d’écrivains, d’artistes ou d’intellectuels du monde entier qui nous ont donné leur regard sur la crise en cours. Nous vous invitons à lire la contribution du jour, signée d'Emel Mathlouthi : "Notre vie était-elle normale ?".

Toutes les chroniques de la série Coronavirus, une conversation mondiale sont disponibles ici.

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