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Vivement l'Ecole!

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Mathématiques - Méthode de Singapour: "Ils n’apportent rien de nouveau aux pédagogues français, qui ont même un cadre théorique plus avancé"...

22 Octobre 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Mathematiques, #Singapour

Mathématiques - Méthode de Singapour: "Ils n’apportent rien de nouveau aux pédagogues français, qui ont même un cadre théorique plus avancé"...

EXTRAITS

Enseignement des maths : l’exemple singapourien qui fait rêver Blanquer

Le ministre de l’éducation a confié une mission à Cédric Villani pour améliorer l’enseignement de cette discipline. La cité-Etat occupe la première place au dernier classement PISA.
 
C’est une « success story » dont le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, aimerait s’inspirer pour la France. L’histoire d’un petit pays asiatique, Singapour, invisible dans les classements internationaux il y a vingt ans, qui aujourd’hui caracole en tête des palmarès en mathématiques. En annonçant, jeudi 19 octobre, une mission pour améliorer l’enseignement de cette discipline, le ministre affiche l’ambition d’engager, en France, « la même démarche que celle qui a réussi à Singapour ».
 
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La mission, qui rendra ses préconisations fin janvier 2018, ne devrait pas aboutir à une réécriture des programmes de 2016, que le ministre estime « bons ». C’est en matière de formation des professeurs et de ressources pédagogiques qu’il y aura un « impact », a assuré Jean-Michel Blanquer. Et ce dès la rentrée 2018.

A Singapour, il a fallu beaucoup de temps pour rehausser le niveau. Le « Singapore mathematics project » a été lancé dans les années 1980. « Une équipe de spécialistes a passé cinq à sept ans à élaborer une méthode qui a ensuite été testée pendant quinze ans, corrigée, améliorée, grâce aux retours de terrain. Tous les enseignants ont reçu plus de deux cents heures de formation », rapporte Monica Neagoy, spécialiste de la méthode de Singapour en France. A partir de 1995, la cité-Etat est montée en flèche dans les classements et occupe la première place au dernier PISA.

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Du reste, la méthode de Singapour n’a rien de révolutionnaire. « Ses concepteurs le disent : on n’a rien inventé !, rapporte Monica Neagoy. Ils ont étudié et appliqué des recherches du monde entier : de Bruner à Polya en passant par Piaget, Montessori… » Au final, en quoi consiste-t-elle ? L’un de ses grands principes est de ne pas brûler les étapes. « Tout passe d’abord par le concret. Un enfant a besoin de manipuler : voir, toucher, construire, dessiner…, pour comprendre le sens des choses, étape essentielle au service de l’abstraction, explique Mme Neagoy. On utilise par exemple des cubes, puis on fait un dessin, avant de passer à la feuille de papier et d’écrire : 4 + 5 = 9. » Un apprentissage progressif, structuré, et surtout explicite : l’élève doit être guidé et encouragé à raisonner à haute voix.
 
Autant de principes qui ne diffèrent guère de ceux qu’énonce la recherche en France, selon Rémi Brissiaud : « Ils n’apportent rien de nouveau aux pédagogues français, qui ont même un cadre théorique plus avancé. » « On ne part pas de rien, renchérit Francette Popineau, du syndicat SNUipp-FSU. Ce type de démarches – manipuler des objets avant de passer aux symboles, amener les élèves à expliciter leur raisonnement… – sont dans les pratiques enseignantes. Reste à les renforcer avec une formation plus poussée et en lien avec la recherche. »
 
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Aurélie Collas
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