Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

Articles avec #refugies tag

M. Macron, est-ce pour en arriver là que j'ai voté pour vous ?... Par Laurent Cantet...

23 Juillet 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Politique, #Refugies

M. Macron, est-ce pour en arriver là que j'ai voté pour vous ?... Par Laurent Cantet...

« Est-ce pour en arriver là que j'ai voté pour vous au second tour des élections présidentielles ? » Dans cette lettre ouverte à Emmanuel Macron, le cinéaste Laurent Cantet fait part de son « profond écœurement » sur le sort fait aux migrants, après une tentative de suicide en rétention.

Monsieur le Président,

Après avoir tenté de m'adresser à vous par des voies officielles, j'ai pris la décision de vous adresser cette lettre ouverte qui, je l'espère, sera plus efficace que mes tentatives plus discrètes.

Le 14 juillet, le jour où, au côté de Monsieur et Madame Trump, vous commémoriez la prise de La Bastille et l'avènement d'un monde plus juste, l'avant-veille veille du jour où, au côté de Monsieur Netanyahou, vous rendiez hommage aux victimes du Vel d’hiv, affirmant que Vichy était bien la France et reconnaissant la responsabilité de la nation dans la rafle, Madame Cao, une jeune femme d'origine chinoise, mère d'une fillette de 10 ans scolarisée en France et enceinte de 4 mois, était conduite à l'aéroport pour être expulsée vers la Chine qu'elle avait quitté il y a deux ans avec sa famille.

Ce jour là, elle a refusé d'embarquer, et a été replacée au centre de rétention du Palais de Justice de Paris, celui-là même où elle venait de passer trois semaines et où elle avait perdu 8 kilos, mettant en danger l'enfant qu'elle attend.

Dans la lettre que je vous ai adressée alors (lire sur Mediapart L'expulsée du 14 juillet), je décrivais l'angoisse de sa fille qui se préparait à grandir sans sa mère, celle de son mari qui n'allait pas connaitre son enfant à naître. Je vous rappelais aussi vos déclarations sur le traitement humaniste que vous appeliez de vos vœux face à l'immigration. Dix jours plus tard, il semblerait que tout ça soit resté lettre morte. Madame Cao est toujours en centre de rétention et attend le jour où elle sera remise, de force cette fois, dans un avion en partance pour la Chine.

L'histoire pourrait s'arrêter là, elle ne serait qu'un exemple parmi tant d'autres de l'acharnement dont sont victimes tant de réfugiés et sans papiers.

Mais hier, le 22 juillet, toujours plus affaiblie par ce séjour prolongé en centre de rétention, Madame Cao a tenté de mettre fin à ses jours en s'ouvrant le poignet. Conduite d'urgence à l'hôpital, elle a été soignée, puis sitôt hors de danger, reconduite en rétention !

Je vous écris aujourd'hui pour vous faire part de mon profond écœurement. Est-ce pour en arriver là que j'ai voté pour vous au second tour des élections présidentielles, espérant faire barrage aux idées nauséabondes du Front National ? Depuis longtemps, l'indignité de notre nation grandit de gouvernement en gouvernement. Je crains que ce ne soit pas le vôtre qui mette un terme à cette escalade.

Mais aujourd'hui, je ne suis pas seul à m'indigner. Nous somme nombreux à réclamer un traitement décent pour tous les réfugiés. Une campagne en faveur de la régularisation de Mme Cao à inondé de mails les secrétariats des ministères et de l’Elysée, des coups de téléphone ont occupé les standards. La seule chose que nous puissions faire, c'est dénoncer par tous les moyens l'indignité de ce que vous faites en notre nom à tous. Comptez sur nous pour ne pas y renoncer de si tôt.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments républicains.

Laurent Cantet

Lire la suite
Lire la suite

Frères migrants, les poètes déclarent…

2 Février 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Littérature, #Refugies

A paraître en mai aux éditions du Seuil

L’écrivain Patrick Chamoiseau lance un appel de solidarité avec les migrants. « Ne pas accueillir, même pour de bonnes raisons, celui qui vient qui passe qui souffre et qui appelle est un acte criminel », affirme-t-il dans une « déclaration des poètes » qui conclut Frères migrants, à paraître au Seuil. Mediapart la publie en avant-première avec son accord.

« On ne peut pas laisser passer ça » : c’est ainsi qu’Édouard Glissant, en insistant sur le « on ne peut pas », convoquait son jeune complice Patrick Chamoiseau face aux urgences du Tout-Monde et des humanités en relation. Ce souvenir a été d’emblée rappelé par l’écrivain en introduction à la lecture de cette « Déclaration des poètes », mercredi 1er février à la Maison de la poésie à Paris, lors d’une soirée de « poétiques de la résistance » organisée par l’Institut du Tout-Monde fondé par Édouard Glissant (lire ici notre hommage lors de sa disparition)

L’esprit qui habite Frères migrants est le même qui avait inspiré Quand les murs tombent, ce manifeste contre le ministère de l’identité nationale et de l’immigration qu’ils avaient écrit ensemble en 2007. On y retrouve cette inspiration que, depuis Aimé Césaire (Discours sur le colonialisme) et Frantz Fanon (Les Damnés de la terre), la Martinique n’a cessé d’apporter au monde (lire sur Mediapart Martinique éveilleuse du monde).

Bien que ce nouveau manifeste ne paraisse qu’en mai aux éditions du Seuil, Patrick Chamoiseau a tenu à ce que cet appel circule d’ores et déjà, tant l’urgence est là, de la trop grande indifférence européenne au bannissement états-unien des indésirables, réfugiés et musulmans.

Frères Migrants
DÉCLARATION DES POÈTES

1 - Les poètes déclarent : Ni orpheline, ni sans effets, aucune douleur n’a de frontières !

2 - Les poètes déclarent que dans l’indéfini de l’univers se tient l’énigme de notre monde, que dans cette énigme se tient le mystère du vivant, que dans ce mystère palpite la poésie des hommes : pas un ne saurait se voir dépossédé de l’autre !

3 - Les poètes déclarent que l’accomplissement mutuel de l’univers, de la planète, du vivant et des hommes ne peut s’envisager que dans une horizontale plénitude du vivant — cette manière d’être au monde par laquelle l’humanité cesse d’être une menace pour elle-même. Et pour ce qui existe…

4 - Les poètes déclarent que par le règne de la puissance actuelle, sous le fer de cette gloire, ont surgi les défis qui menacent notre existence sur cette planète ; que, dès lors, tout ce qu’il existe de sensible de vivant ou d’humain en dessous de notre ciel a le droit, le devoir, de s’en écarter et de concourir d’une manière très humaine, ou d’une autre encore bien plus humaine, à sa disparition.

5 - Les poètes déclarent qu’aller-venir et dévirer de par les rives du monde sont un Droit poétique, c’est-à-dire : une décence qui s’élève de tous les Droits connus visant à protéger le plus précieux de nos humanités ; qu’aller-venir et dévirer sont un hommage offert à ceux vers qui l’on va, à ceux chez qui l’on passe, et que c’est une célébration de l’histoire humaine que d’honorer la terre entière de ses élans et de ses rêves. Chacun peut décider de vivre cette célébration. Chacun peut se voir un jour acculé à la vivre ou bien à la revivre. Et chacun, dans sa force d’agir, sa puissance d’exister, se doit d’en prendre le plus grand soin.

6 - Les poètes déclarent qu’en la matière des migrations individuelles ou collectives, trans-pays, trans-nations et trans-monde, aucune pénalisation ne saurait être infligée à quiconque, et pour quoi que ce soit, et qu’aucun délit de solidarité ne saurait décemment exister.

7 - Les poètes déclarent que le racisme, la xénophobie, l’indifférence à l’Autre qui vient qui passe qui souffre et qui appelle sont des indécences qui dans l’histoire des hommes n’ont ouvert la voie qu’aux exterminations, et donc que ne pas accueillir, même pour de bonnes raisons, celui qui vient qui passe qui souffre et qui appelle est un acte criminel.

8 - Les poètes déclarent qu’une politique de sécurité qui laisse mourir et qui suspend des libertés individuelles au nom de l’Ordre public contrevient au principe de Sûreté que seul peut garantir l’exercice inaliénable indivisible des Droits fondamentaux.

9 - Les poètes déclarent qu’une Constitution nationale ou supranationale qui n’anticiperait pas les procédures d’accueil de ceux qui passent qui viennent et qui appellent, contreviendrait de même manière à la Sûreté de tous.

10 - Les poètes déclarent qu’aucun réfugié, chercheur d’asile, migrant sous une nécessité, éjecté volontaire, aucun déplacé poétique, ne saurait apparaître dans un lieu de ce monde sans qu’il n’ait — non pas un visage mais tous les visages, non pas un cœur tous les cœurs, non pas une âme toutes les âmes. Qu’il incarne dès lors l’Histoire de toutes nos histoires et devient par ce fait même un symbole absolu de l’humaine dignité.

11 - Les poètes déclarent que jamais plus un homme sur cette planète n’aura à fouler une terre étrangère — toute terre lui sera native —, ni ne restera en marge d’une citoyenneté — chaque citoyenneté le touchant de ses grâces —, et que celle-ci, soucieuse de la diversité du monde, ne saurait décider des bagages et outils culturels qu’il lui plaira de choisir.

12 - Les poètes déclarent que, quelles que soient les circonstances, un enfant ne saurait naître en dehors de l’enfance ; que l’enfance est le sel de la terre, le sol de notre sol, le sang de tous les sangs, que l’enfance est donc partout chez elle, comme la respiration du vent, le salubre de l’orage, le fécond de la foudre, prioritaire en tout, plénière d’emblée et citoyenne d’office.

13 - Les poètes déclarent que la Méditerranée entière est désormais le Lieu d’un hommage à ceux qui y sont morts, qu’elle soutient de l’assise de ses rives une arche célébrante, ouverte aux vents et ouverte aux plus infimes lumières, épelant pour tous les lettres du mot accueil dans toutes les langues, dans tous les chants, et que ce mot constitue uniment l’éthique du vivre-monde.

14 - Les poètes déclarent que les frontières ne signalent qu’une partition de rythmes et de saveurs, qui n’oppose pas mais qui accorde, qui ne sépare que pour relier, qui ne distingue que pour rallier, et que dès lors aucun cerbère, aucun passeur, n’y trouvera à sévir, aucun désir n’y trouvera à souffrir.

15 - Les poètes déclarent que toute Nation est Nation-Relation, souveraine mais solidaire, offerte au soin de tous et responsable de tous sur le tapis de ses frontières.

16 – Frères migrants, qui le monde vivez, qui le vivez bien avant nous, les poètes déclarent en votre nom, que le vouloir commun contre les forces brutes se nourrira des infimes impulsions. Que l’effort est en chacun dans l’ordinaire du quotidien. Que le combat de chacun est le combat de tous. Que le bonheur de tous clignote dans l’effort et la grâce de chacun, jusqu’à nous dessiner un monde où ce qui verse et se déverse par-dessus les frontières se transforme là même, de part et d’autre des murs et de toutes les barrières, en cent fois cent fois cent millions de lucioles ! — une seule pour maintenir l'espoir à la portée de tous, les autres pour garantir l’ampleur de cette beauté contre les forces contraires. 

Paris, Genève, Rio,
Porto Alegre, Cayenne,
La  Favorite,
Décembre 2016

Lire la suite

Najat Vallaud-Belkacem lance une mobilisation pour l’apprentissage du français aux publics migrants et réfugiés...

21 Novembre 2016 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem - MEN Publié dans #Education, #Réfugiés

Afficher l'image d'origine

Au lendemain de la journée internationale des droits de l’enfant, Najat Vallaud-Belkacem s’est rendue à la cité scolaire Honoré de Balzac (Paris 17ème), dans une classe UPE2A (unité pédagogique pour élèves allophones arrivants) afin de mieux faire connaître la scolarisation des jeunes allophones. L’Éducation nationale se mobilise aux côtés des associations et des acteurs de terrain pour l’apprentissage du français aux migrants, aux réfugiés et à toute personne bénéficiant d’une protection internationale sur notre territoire. Objectif : les initier à la langue française, aux codes et aux valeurs de la République.

Alors que l’Europe fait face à une crise migratoire parmi les plus importantes de son histoire, l’accueil des populations contraintes à l’exil s’inscrit dans une politique humanitaire fidèle aux valeurs de la France.

L’Éducation nationale accueille 52 500 enfants et jeunes allophones dont près des trois-quarts sont arrivés en cours d’année dans notre pays et dont la moitié n’a pas 11 ans.

- 9200 écoles et établissements accueillent au moins un élève allophone : 5400 écoles élémentaires, 2800 collèges et 1000 lycées, quasi exclusivement des établissements publics.

- 9 élèves allophones sur 10 bénéficient d’une scolarité, très majoritairement dans une unité spécialisée (les UPE2A) ou d’un soutien linguistique.

- Plus d’un tiers (33%) des écoles et des établissements concernés ne scolarisent qu’un seul élève, un autre tiers accueille des petits groupes de 5 élèves ou plus.

- 700 établissements, essentiellement des collèges, réalisent cette scolarisation dans des groupes d’une vingtaine d’élèves en moyenne.

En proportion, 80% des nouveaux arrivants sont en famille ; 20% sont des mineurs isolés étrangers (MIE) dont 97% de garçons.

Mobiliser les partenaires de l’École, les ONG et les citoyens

A la cité scolaire Honoré de Balzac, Najat Vallaud-Belkacem a tenu à saluer le travail remarquable des personnels et enseignants qui prennent en charge 17 jeunes d’une dizaine de nationalités. « Leur mission honore notre République en étant fidèle à sa tradition d’accueil et de solidarité. »

« La situation d’urgence humanitaire exige de redoubler d’effort pour l’accueil de ces publics », estime la ministre, qui était accompagnée du Défenseur des Droits Jacques Toubon et de responsables de la Croix-Rouge, d’Emmaüs, de Solidarité Laïque et de l’Association des réservistes citoyens de l’Éducation nationale (ACREN).

La ministre a annoncé un plan de mobilisation pour renforcer et améliorer l’accompagnement linguistique des publics migrants, mineurs mais aussi adultes. Ce plan repose sur la mobilisation des associations partenaires du ministère, des ONG, des réseaux humanitaires et de solidarité impliqués dans l’accueil et l’accompagnement de ces personnes, ainsi que des réservistes citoyens de l’Éducation nationale qui pourront prolonger leur engagement citoyen. « Nous avons aujourd’hui à l’Éducation nationale une expertise que nous pouvons mettre à disposition« , a ajouté Najat Vallaud-Belkacem. « Nous allons offrir à la fois des formations mais aussi du matériel pédagogique. »

Une instruction diffusée ce jour aux recteurs et aux DASEN présente les modalités de mise en œuvre et d’organisation de cette mobilisation sur le territoire national et à l’échelon académique.

J’invite les quelques 6000 membres déjà opérationnels de la Réserve nationale de l’éducation nationale à participer à cet effort pour apprendre à ces publics les rudiments de la langue, mais aussi à les sensibiliser aux valeurs de la République et au fonctionnement de notre société.

Des organismes du ministère, comme le Greta, chargé de la formation professionnelle pour adultes et le Centre international d’études pédagogiques (CIEP) de Sèvres, qui produit des ressources pédagogiques, sont aussi mobilisés dans le cadre de ce plan. Les formations de bénévoles d’associations, eux-mêmes appelés à former d’autres bénévoles, débuteront fin décembre. « D’ici la fin de l’année 2016 » tout sera « prêt et en vigueur« , a assuré la ministre.

Cliquez ci dessous pour lire la lettre de la ministre aux réservistes :

Najat Vallaud-Belkacem lance une mobilisation pour l’apprentissage du français aux publics migrants et réfugiés...
europe1.fr

europe1.fr

Lire la suite