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Vivement l'Ecole!

predicat

Difficile le prédicat?... Ecoutons Danièle Manesse... (Video)

21 Février 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Predicat

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Le prédicat est-il subversif?...

6 Janvier 2018 , Rédigé par Pratiques Publié dans #Education, #Predicat

Le prédicat est-il subversif?...

EXTRAIT

Résumé

Les programmes d’enseignement ont fait l’objet d’une réécriture qui a été confiée au Conseil supérieur des programmes. À la suite des consultations effectuées et de l’avis de nombreux linguistes, les programmes publiés en 2015 simplifient la terminologie grammaticale, tout en conservant les distinctions opératoires pour l’orthographe, et introduisent la notion de prédicat. Cet article présente les raisons qui ont présidé aux choix opérés en matière de grammaire et expose les réactions démesurées et déraisonnables qu’a suscitées l’introduction du prédicat dans les programmes scolaires. En effet, à partir de janvier 2017, la presse écrite et audiovisuelle et les réseaux sociaux ont abondamment traité du prédicat. Les critiques ne se fondent ni sur la lecture des programmes, ni sur l’analyse des notions, mais elles s’en prennent au prédicat, accusé d’être responsable d’une détérioration à venir des apprentissages orthographiques et grammaticaux, voire d’être l’instrument de tentatives de dégradation de l’enseignement.

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Plan:

 
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Miguelito : Rien à faire ! la maitresse a beau expliquer, je ne comprends rien à la règle du sujet et du prédicat.

Mafalda, montrant les détritus amoncelés sur la chaussée : C’est facile, Miguelito. Si je te dis par exemple « Cette ordure salit la rue ». Quel est le sujet ?

Miguelito : Le maire ?

Dialogue extrait de la bande dessinée Mafalda revient (Quino, 1983 ; Éd. Lumen)

D’une querelle sur la grammaire au procès en sorcellerie

Le 26 novembre 2015 parait un numéro spécial du Bulletin officiel de l’Éducation nationale contenant les programmes scolaires des différents cycles de l’école élémentaire et du collège. Dans les semaines et les mois qui suivent, ces programmes sont commentés et font, inévitablement et sainement, l’objet de réactions contrastées ; mais celles-ci sont plutôt positives dans l’ensemble, et les critiques qu’on peut lire ne provoquent pas d’émoi particulier.

Cependant, un premier épisode fiévreux se déclare en février 2016 à l’occasion de la parution de manuels scolaires. En effet, l’un de ces manuels porte sur sa couverture un macaron signalant qu’il applique l’orthographe rénovée, et cette vignette ingénue provoque un scandale que les auteurs du manuel ne pouvaient guère prévoir : les rectifications orthographiques adoptées par l’Académie française en 1990 sont la référence en matière d’orthographe dans l’enseignement depuis les programmes de 2008. Néanmoins, certains commentateurs habitués à s’exprimer publiquement sur l’école découvrent ce fait, ou feignent de le découvrir, et s’en émeuvent. On assiste alors au grand retour des longs débats d’il y a 25 ans, accompagnés des mêmes ruminations sur la langue française.

Puis les vociférations s’espacent et la sérénité revient.

Mais il a fallu juste une étincelle pour que resurgissent les mauvaises querelles, les rumeurs et les attaques personnelles. Le prédicat, notion introduite dans les programmes du cycle 3 de l’école, se trouve être l’origine puis le carburant de ce nouveau départ de feu. Une soixantaine d’articles dans différents médias, la une ou une pleine page dans plusieurs journaux nationaux ou régionaux, des émissions de radio ou de télévision, des chats, des forums sont soudain consacrés au prédicat. L’emballement débute en janvier 2017 à la suite d’un blog, va crescendo jusqu’en mars puis le prédicat disparait des préoccupations, remplacé par d’autres sujets d’actualité. Pourtant, à la rentrée 2017, il est à nouveau question du prédicat, mais cette fois, il ne s’agit plus de débats ou d’attaques, mais de l’annonce d’une décision proscrivant son enseignement.

  • 1 B. Bouard (2008) montre que le concept de complément était mobilisé par les grammairiens avant même (...)
  • 2 Autre débat terminologique en anglais, où l’équivalent du « complément d’objet » est nommé object o (...)
  • 3 On notera à cette occasion que Brunot ne réserve pas le complément d’objet au seul verbe, puisque d (...)

Cet article est consacré à la brève histoire de cet épisode singulier qui a mis sur le devant de la scène médiatique un concept grammatical et provoqué des réactions passionnelles violentes. Que la grammaire suscite des querelles et soit à l’origine d’argumentaires très toniques n’est pas une chose étonnante : on se souvient que L.-N. Bescherelle et ses collaborateurs en 1838, année où ils font paraitre leur propre Grammaire de l’école pratique, intitulent un de leurs ouvrages Réfutation complète de la grammaire de MM. Noël et Chapsal ; ou que l’adoption du terme complément, présent dans les analyses de la langue depuis C. C. Du Marsais et N. Beauzée1 a fait l’objet de batailles face à la concurrence redoutable de régime, d’attribut, et d’objet2 ; ou encore que cet étrange compromis qu’est le complément d’objet3 dans la nomenclature de 1910 ne se comprend que comme une réponse qu’adresse la commission présidée par F. Brunot à d’autres catégorisations reposant sur des principes hétéroclites (Vergnaud,1980 ; Boutan, 1997 ; Fournier, 1998).

Mais les mésaventures récentes du prédicat ne sont pas du même ordre : il ne s’agit pas d’une controverse entre grammairiens, mais d’un formidable déferlement d’opinions peu informées qui, prenant prétexte du prédicat pour critiquer des courants pédagogiques, envahit l’espace public et, à grand renfort de répétitions en boucle, diffuse des représentations erronées de ce concept grammatical, empêchant ainsi tout débat de fond et livrant à la vindicte populaire les concepteurs des programmes.

(...)

Sylvie Plane, « Le prédicat est-il subversif ? », Pratiques [En ligne], 175-176 | 2017, mis en ligne le 22 décembre 2017, consulté le 06 janvier 2018. URL : http://journals.openedition.org/pratiques/3753 ; DOI : 10.4000/pratiques.3753

Université Paris-Sorbonne, STIH, EA 4509, F-75230, France
Conseil supérieur des programmes

La totalité de l'article est à lire en cliquant ci-dessous

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Prédicat - Le coup de colère de Michel Lussault/Vidéo (Merci à lui!)

21 Janvier 2017 , Rédigé par Educavox - Claude Tran Publié dans #Education, #Predicat

EXTRAITS

Cette conférence a été l'occasion pour le professeur Michel Lussault, directeur de l'IFE mais également président du conseil supérieur des programmes " à ses heures perdues", de dire, en ouverture des travaux, son émoi et sa colère aux 450 personnels de l'éducation participant à ce plan national de formation.

"Depuis quelques jours, annonce-t-il, nous sommes confrontés à une polémique sur le prédicat qui personnellement me laisse pantois »

(...)

"Il est assez inquiétant, ajoute Michel Lussault, de voir que dans les milieux même de l'éducation on peut devenir imbécile à peu de frais.

Je suis très frappé de voir à quel point dans ce pays certains semblent refuser qu'on puisse débattre de l'éducation à partir des faits avérés, prouvés par la Recherche et pas simplement à partir des fantasmatiques et à partir des idéologies, les pires de surcroît, que nous avons aujourd'hui en rayonnage.

On peut être amusé par ce qu'on lit !

C'est aussi une vraie question politique, c'est aussi une question majeure que de savoir si nous serons capables collectivement, de faire de l'éducation un véritable champ du débat public et donc un véritable champ de choix politique éclairé.

Ou si nous allons consentir pour l'éducation aussi, à un style de démocratie d'opinion ou seules les passions l'emportent dans les délibérations collectives.

Je suis frappé de voir à quel point il reste difficile en France de parler sereinement et j'allais presque dire intelligemment des questions d'éducation sans verser dans une sorte d'hystérie assez curieuse.

La coupe est pleine nous n'avons pas les discussions sur l'éducation que cette question mérite dans un grand pays de formation comme la France

Et que nous allons finir par le payer très cher."

(...)

Le billet complet est à retrouver ci-dessous

 

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Le prédicat?... Une nouveauté?... Diable!...

7 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Predicat

Le prédicat?... Une nouveauté?... Diable!...

Le "prédicat" semble être le nouveau prétexte choisi par les opposants à toutes les réformes - je les appelle génériquement: les "anti-tout" - pour alimenter une polémique dont seul ce pays a le secret.

Au passage, vous remarquerez que les débats tournent toujours autour de la grammaire, de l'allemand, de l'histoire, du grec et du latin... Les disciplines nobles...

La SVT, l'EPS, l'anglais - où pourtant nos élèves ne brillent pas vraiment - ou la physique-chimie, tout le monde s'en contrefiche...

Mais revenons au latin...

Depuis toujours, il réserve une place de choix au "prédicat"... Sans que cela soulève la moindre protestation...

Si la notion est différente en latin comparée au français contemporain, il n'empêche que le terme - "prédicat" - qui semble horrifier quelques commentateurs pathologiques de la "chose scolaire" - toujours les mêmes - est utilisé depuis des lustres. Réservé aux latinistes certes...

Le fait de désormais l'employer aussi en grammaire française devrait rassurer les "classiques". Bien plus que les inquiéter...

Pour rappel: définition du prédicat en français:

Le prédicat est constitué de tous les mots qui n’appartiennent ni au groupe sujet ni au(x) groupe(s) complément(s) de phrase. C’est le groupe construit autour du verbe principal d’une phrase. Il contient donc le verbe principal et tous les éléments qui en dépendent.

Voir aussi ci-dessous

Extrait - afin d'être clair - de leçon de grammaire latine, leçon très traditionnelle:

Prédicat ou esse + attribut

Le prédicat est l'élément verbal affirmant une chose à propos du sujet. Il peut être réalisé par :

- un verbe désignant une action
Romulus ad regem impetum facit (Liv., 1, 5, 7),
"Romulus attaque le roi".

- un verbe désignant un état ou une manière d'être (+ attribut).

Le verbe esse "être", et les verbes assimilés à esse, tels fieri "devenir", uideri "sembler", manere "rester", declarari "être nommé", eligi "être élu", etc.) peuvent se rencontrer avec un attribut, qui spécifie une identité avec le sujet ou une qualité attribuée au sujet.

L'attribut, qui s'accorde éventuellement avec le sujet, peut être réalisé par un nom (ou ses substituts), un adjectif, un infinitif, un adverbe, ou même une proposition relative.
Ira furor breuis est (Hor., Ep., 1, 2, 62),
"La colère est une courte folie".

Docto homini uiuere est cogitare (d'après Cic., Tusc., 5, 111),
"Pour l'homme instruit, vivre, c'est penser".

Sic est uulgus (Cic., Com., 29),
"Le peuple est ainsi fait".

Quae tamen omnia dulciora fiunt moribus bonis (Cic., Sen., 65),
"Tous ces défauts cependant s'adoucissent par de bonnes habitudes".

Consules declarantur M. Tullius et C. Antonius (Sall., Cat., 24, 1),
"M. Tullius et C. Antonius sont nommés consuls".

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J'ajoute que, contrairement aux mensonges véhiculés par quelques-uns criant très fort et ayant rubrique ouverte dans des magazines aussi réputés que Télérama ou Le Point, les compléments ne disparaissent pas des programmes en cycle 3 (CM1/CM2/6e).

Enfin si les débats sur l'école pouvaient être recentrés sur les véritables enjeux, tout le monde ne s'en porterait que mieux.

A commencer par nos ELEVES!

Christophe Chartreux

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