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Vivement l'Ecole!

politique

#college2016 - "Tous les élèves pourront faire du latin et commencer une deuxième langue vivante dès la 5e." Où était la régression?

9 Février 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Politique, #college2016

#college2016 - "Tous les élèves pourront faire du latin et commencer une deuxième langue vivante dès la 5e." Où était la régression?

"Tous les élèves pourront faire du latin et commencer une deuxième langue vivante dès la 5e."

Où était la régression ?

N'est-elle pas bien plus présente aujourd'hui et ne mériterait-elle pas une opposition plus déterminée?

Pourquoi ce silence tout à coup?

Pourquoi????

Christophe Chartreux

                                 ___________________________________________

Pour rappel

Une école pensée pour la réussite de tous les enfants

D’après la réforme du collège, tous les élèves pourront faire du latin et commencer une deuxième langue vivante dès la 5e. Où est la régression ? Qui peut penser qu’élever le niveau d’ensemble de toute la population scolaire conduit à la « médiocrité » et au « nivellement par le bas » ? s’interrogent Marie-Aleth Grard et Jean-Paul Delahaye

Une école de la réussite de tous est possible en France, nous l'avons constaté dans nombre d'établissements (écoles et collèges visitées). Or, actuellement notre système scolaire est terriblement inégalitaire. La moitié des décrocheurs ont un père ouvrier, 5 % un père cadre. 54 % des enfants en retard en troisième ont des parents non diplômés, 14 % ont des parents diplômés du supérieur. La France de l’échec scolaire est dans son immense majorité issue des catégories défavorisées. Cela résulte pour partie de l’organisation de notre système scolaire.

L’intérêt porté aux filières « prestigieuses » et à certaines options (intérêt supérieur on l’aura remarqué à celui suscité par la scandaleuse diminution des fonds sociaux destinés aux élèves pauvres de 2002 à 2012 qui n’a pas suscité la moindre pétition), fait oublier son image inverse : les formations moins « renommées » qui rassemblent les enfants issus pour l’essentiel des catégories populaires. 90 % des enfants d’enseignants entrés en sixième en 1995 ont obtenu le bac environ sept années plus tard, contre 40,7 % des enfants d’ouvriers non-qualifiés. Si l’on observe uniquement le type de bac obtenu par catégorie sociale, les écarts sont tout aussi grands. Parmi les enfants d’ouvriers qui ont eu leur bac en 2012, 31 % l’ont eu dans une filière générale, 23 % dans une filière technologique et 46 % dans une filière professionnelle. Chez les enfants de cadres supérieurs, les trois quarts ont eu un bac général, 14 % technologique et 10 % professionnel. On compte 17 % d’enfants dont le père est ouvrier dans la filière scientifique, contre 40 % en filière tertiaire et 51 % en bac professionnel. Dans les filières pour les élèves les plus en difficulté au collège, les sections d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa), on trouve 84 % d’enfants issus des milieux populaires (ouvriers, employés, sans profession) et moins de 2 % d’enfants de cadres et d’enseignants. Cette situation est insupportable.

Si, en dépit des réformes conduites, les inégalités sociales pèsent encore autant sur le destin scolaire de la jeunesse de notre pays, c’est que l’échec scolaire des plus pauvres n’est pas un accident. Il est inhérent à un système qui a globalement conservé la structure et l’organisation adaptées à la mission qui lui a été assignée à l’origine : trier et sélectionner.
La méritocratie a une face claire pour ceux qui réussissent et une face sombre pour tous les autres.

(...)

Certains considèrent que l’objectif du collège unique était mauvais en lui-même, voire démagogique, et donc inapplicable. Il faudrait donc revenir à la séparation des élèves, réinstaller un concours d’entrée en sixième, et organiser des « filières courtes » (évidemment pas pour les propres enfants des concepteurs de ces « programmes », mais pour les enfants des autres). Un programme de Restauration d’un ordre ancien en quelque sorte qui fermerait une parenthèse de tentative de démocratisation. Mais quelle société préparons-nous si nous ne parvenons pas à faire vivre et apprendre ensemble, au moins pendant le temps de la scolarité obligatoire, dans des établissements hétérogènes, toute la jeunesse d’un pays dans sa diversité ? On se paye de mots avec le « vivre ensemble » si on ne travaille pas au « scolariser ensemble ».

Nous pensons au contraire que les difficultés du collège unique proviennent ce qu’on n’a pas assumé la logique de la réforme de 1975 jusqu‘au bout en ne donnant pas au collège un contenant et un contenu spécifiques au rôle qui est le sien : achever la scolarité obligatoire dans de bonnes conditions pour tous les élèves et préparer, de façon différenciée, les élèves à toutes les formations ultérieures d’égale dignité.

(...)

Marie-Aleth Grard, rapporteure de l’avis du CESE, « Une école de la réussite pour tous », mai 2015

Jean-Paul Delahaye, auteur du rapport à la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, « Grande pauvreté et réussite scolaire, le choix de la solidarité pour la réussite de tous », mai 2015

La tribune est à lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous
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Petit exercice de politique fiction...pessimiste ? ou réaliste ? "Nous demandons que l'âge de la scolarité obligatoire soit ramené à 11 ans"...

8 Février 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique

Petit exercice de politique fiction...pessimiste ? ou réaliste ? "Nous demandons que l'âge de la scolarité obligatoire soit ramené à 11 ans"...

Demain dans les journaux et les hémicycles de notre pays ?

La Loi Vidal manque du courage politique qui s'impose !

Il faut se rendre aux évidences, les chiffres officiels de l'Observatoire des inégalités le prouvent. 58 % des élèves des sections pour jeunes en difficulté au collège sont issus de catégories sociales défavorisées, 2 % sont enfants de cadres supérieurs. Selon le milieu social, la réussite des élèves au collège est très inégale.

Bien avant d'échouer lamentablement en Licence, les élèves des milieux les moins favorisés plombent l'ensemble du système éducatif dès le collège voire avant. On a beau faire on a beau dire, les origines sociales, déterminantes tout au long de la scolarité "leur collent à la peau" si l'on veut bien nous passer l'expression : malgré le dévouement des enseignant-e-s et les efforts conséquents des gouvernements successifs, le constat est là : l'échec est massif et incontestable; les incapacités et handicaps des élèves des classes populaires ne peuvent être compensés ! Combien de temps encore à financer en pure perte un système éducatif à bout de souffle ?... nous faudra-t-il toutes et tous mettre nos enfants dans le privé pour qu'ils échappent au nivellement généralisé du public ?

Dès l’entrée en sixième, les élèves ne sont plus sur un pied d’égalité. Plus de 20 % des enfants d’inactifs et plus de 10 % des enfants d’ouvriers ou d’employés ont redoublé, contre à peine 3 % des enfants de cadres supérieurs, selon le ministère de l’Éducation nationale (données 2015). Une partie des écarts puise son origine plus tôt, à l’école maternelle et au primaire.

Les élèves ne suivent pas les mêmes filières. Les enfants d’ouvriers, d’employés et d’inactifs représentent près de 90 % des élèves des sections d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa) [1], contre 53 % des jeunes qui suivent un enseignement général (données 2014). Les enfants de cadres supérieurs représentent 2 % des élèves de Segpa, dix fois moins que leur part dans l’enseignement général.

Les choses sont claires et tout le monde le sait : Une partie plus importante qu’auparavant des jeunes termine le collège avec des lacunes, comme le montrent les évaluations réalisées en troisième ou seconde.

Les résultats au brevet reflètent aussi l’origine sociale. Seule bonne nouvelle : le score des enfants d’enseignants frôle les 100 %...

Les inégalités scolaires entre milieu sociaux se construisent avant le collège, mais celui-ci est un moment clé pour l’avenir des jeunes de milieu populaire en particulier. La coupure marquée avec le primaire dans la façon d’enseigner, l’académisme des enseignements (calqués sur l’enseignement universitaire), la fréquence des évaluations et bien d’autres facteurs défavorisent les plus défavorisés. Les modules de soutien scolaire mis en place ne peuvent pas grand-chose face à l’ampleur des écarts. Du coup, une partie des jeunes décrochent et attendent l’âge de fin de scolarité obligatoire faute de solution adaptée pour eux ou faute d’avoir été soutenus.

La fin de collège est un point de bifurcation essentiel dans le parcours éducatif. C’est au moment du passage en seconde, à l’âge de 15 ans, que le système scolaire sépare les jeunes d’une classe d’âge : 85 % des enfants de milieux favorisés continuent en seconde générale et technologique, deux fois plus que les enfants de milieux défavorisés. Une partie de ces derniers sont contraints d’opter pour des filières professionnelles et un avenir qu’ils ne souhaitent pas.

Arrêtons la mascarade du collège unique : qui ne sait que les plus dotés choisissent les "bonnes options" (filière européenne, langues...) ou les bons lycées de la carte scolaire qui n'existe plus en réalité : ne nous cachons pas derrière notre petit doigt, assumons-le jusqu'au bout ! Ce gouvernement doit avoir le courage politique de faire les réformes qui s'imposent.

Le collège, faute d’avoir été adapté à la massification scolaire et modernisé, laisse donc se développer progressivement les écarts de réussite scolaire.

Le statu quo n'est plus possible, fermer les yeux est criminel, nous demandons que l'âge de la scolarité obligatoire soit ramené à 11 ans pour ne pas mettre en péril tout notre système scolaire républicain - si le gouvernement est trop frileux, un système de stages, de formation en alternance et de découverte du monde du travail peut être envisagé dans un premier temps. On ne peut accueillir décemment tout le monde, la démonstration est faite, reste à en finir avec le mythe de l'école pour tous, devenu un véritable mensonge d'Etat; la pseudo-méritocratie scolaire ne peut aujourd'hui dissimuler ses incuries et ses défaillances. Il est grand temps de réformer et donner à chaque élève la possibilité de choisir son métier à l'issue de sa scolarité primaire, armé de tout le socle de connaissances nécessaires pour affronter un monde qui, ne nous mentons pas, est devenu hyper compétitif et ce, de plus en plus tôt. Que les meilleurs puissent enfin s'épanouir et faire honneur au pays !

Romain Pudal

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Blanquer casse-t-il le lycée et l’université ? (Mediapart/Videos émission du 7/02/2018)

8 Février 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique, #Université

Invitées :

Sylvie Plane, linguiste et ancienne vice-présidente du Conseil supérieur des programmes
Valérie Philippeau, professeure d'histoire-géographie en terminale
Christine Jarrige, psychologue de l’éducation nationale
Leïla Frouillou, maîtresse de conférences en sociologie à l'université Paris Nanterre

À lire :

Les risques de la future réforme du bac et du lycée
La réforme du bac amorce la refonte du lycée
A Paris, les manifestants défilent contre «un système d'éducation à plusieurs vitesses»

Invités :

Rachid el-Guerjouma, président de l’université du Mans
Annabelle Allouch, sociologue, auteure de La Société du concours
Lilâ Le Bas, présidente de l’Unef
Annliese Nef, maîtresse de conférences en histoire à Paris I-Université Panthéon-Sorbonne

À lire :

Face à Parcoursup, les lycéens entre interrogations et angoisses
Des enseignants contestent toujours la réforme de l’universit
Notre dossier complet sur l'université

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La "rencontre" Macron/Me Colonna... Improvisée?... Ben non... Pas du tout! Déconstruction pédagogique...

7 Février 2018 , Rédigé par Telerama Publié dans #Politique, #Médias

EXTRAIT

(...)

Pour trouver plus noble actualité, je passe sur CNews et L’heure des pros. « On ne va pas parler que de la neige, on va parler d’une séquence que j’ai jugée extraordinaire, annonce Pascal Praud. A Ajaccio, le président de la République fait un bain de foule et surgit Stéphanie Colonna, qui n’est autre que l’épouse d’Yvan Colonna. » Ça alors, quel hasard ! « Et manifestement ce n’est pas préparé. » Une pure coïncidence. « Ça pose d’ailleurs des problèmes de sécurité. Tout le monde peut approcher le président de la République. » Et l’assassiner en toute impunité.

« La séquence dure 2 minutes 45 et vous allez entendre quelque chose qui est assez fort, c’est lorsqu’une personne interpelle le président de la République et le tutoie. » Non, qui a osé ? « Et entre le moment où il le tutoie et où le président répond, il se passe une seconde où Emmanuel Macron évalue la situation et décide la réponse appropriée. » Quelle extraordinaire réactivité appropriée ! « Voyez cette séquence, moi je trouve qu’elle est unique. »

Je scrute la séquence unique, Emmanuel Macron dit à Stéphanie Colonna : « Je vous mentirais si je vous disais… » « Tu fais que ça, ho ! », intervient un homme à l’écart. « Monsieur, nous ne nous connaissons pas et je ne vous tutoie pas. Donc restez où vous êtes. »

« C’est une séquence tout à fait extraordinaire, répète Pascal Praud en plateau. J’ai pas souvenir d’une séquence comme ça, avec une telle intensité. » Pas depuis la séquence où le futur président conseillait à un importun de travailler pour se payer un costard. « Dans le monde dans lequel on est, regrette le présentateur, vous ne pourrez pas empêcher certaines personnes de penser que cette séquence était prévue, que c’est un, entre guillemets, coup monté. » Des complotistes, assurément. « Des esprits malveillants, confirme Patricia Balme. J’ai fait de la communication politique depuis très très longtemps, je connais les séquences préparées et celles qui ne le sont pas. » L’experte en communication est formelle : cette extraordinaire séquence était improvisée.

« Ce qui s’est passé hier soir est formidable, estime la communicante. Et aussi terrible parce que, comme vous l’avez noté, où est le dispositif de sécurité ? » Heureusement, Stéphanie Colonna n’a pas sauté à la gorge d’Emmanuel Macron. Du coup, « le président de la République a été dans son rôle, il a été parfait, il a écouté ». Au tutoiement malséant, « il répond très poliment. Il a une certaine dignité, une posture présidentielle. Il a été excellent dans cette séquence improvisée ». « Oui oui », abonde Pascal Praud.

« Et il y a ce moment d’émotion que l’on peut percevoir quand on le voit de profil… » Mais beaucoup moins quand il est de dos. « … Il écoute attentivement madame Colonna quand elle parle de son enfant qui veut voir son père… » « Qui a 6 ans !, l’interrompt Pascal Praud. C’est une information qu’on apprend. Ça veut dire que cet enfant… » « … a été fait en prison. » « J’osais pas le dire comme ça. » Et voilà, on fait son enfant en prison et après on vient se plaindre au président que l’enfant ne peut pas voir son père… Ça n’a pas de sens.

« La séquence est parfaite », conclut Patricia Balme. Autant que le président. « Comment vous décryptez, Hélène Pilichowski ? », demande Pascal Praud. « J’ai trouvé que c’était une séquence très très très émouvante. » Poignante et bouleversante. « Elle, c’est un vrai personnage de cinéma, et pourtant ce n’est pas du cinéma. » Non, puisque c’est totalement improvisé. « Elle a un regard noir extrêmement présent. » Qui signe sa corsitude.

« Quelque part, Emmanuel Macron, c’est une lame, quelqu’un qui a un regard bleu extrêmement froid, c’est-à-dire un esprit extrêmement précis, extrêmement dur, extrêmement euh… construit. » C’est dingue ce que révèle un regard bleu. « Et en même temps il dit : “J’ai aussi un cœur.” » Je suis extrêmement convaincu. « Ça, c’est formidable. » Magnifique. « Et pour lui, ça aura été une séquence très positive. » Pas que pour lui, il me semble.

« Enfin !, reprend Pascal Praud, ça pose un problème de sécurité XXL que le président de la République puisse être interpellé de cette manière ! » Il aurait aussi bien pu être poignardé par Stéphanie Colonna, et là, pas de séquence très positive… Après la pause pub, promet le présentateur, « on reverra la séquence… » Chouette. « On la reverra intégralement parce que c’est une séquence assez rare. » Extrêmement extraordinaire.

Après la réclame et le regret de voir « l’Ile-de-France sens dessus dessous avec 5 cm de neige », Pascal Praud reprend. « On va revoir la séquence Stéphanie Colonna, c’est un dialogue incroyable. » Et très réussi. « Revoyez cette séquence extraordinaire dans les rues d’Ajaccio, la nuit est tombée, une main surgit, le président dit bonjour, il ne sait pas à qui il dit bonjour, et c’est madame Stéphanie Colonna. » Incroyable concours de circonstances. « Il y a également une personne qui va interpeller le président de la République et qui va le tutoyer. » S’attirant une incroyable réponse appropriée.

Une fois la séquence d’anthologie rediffusée, un nouvel invité, Philippe Bilger, en livre l’analyse : « Moi, j’admire l’incroyable art du président. » Comme tout le monde. Pascal Praud, lui, s’attarde sur l’attentat mortel auquel Emmanuel Macron a échappé de justesse. « Des défaillances de la sécurité présidentielle ? », interroge le bandeau. « On est en ligne avec Jean-Pierre Diot, vice-président de la Fédération française de la protection rapprochée. » Tiens, je ne connaissais pas cette discipline sportive.

« Y a une image qui surprend, explique Pascal Praud. Un président de la République qui est interpellé par madame Colonna, ça aurait pu être dangereux. Est-ce que l’homme de la sécurité que vous êtes est étonné ? » « Etonné, non. Puisque, en regardant l’image, j’ai dénombré environ sept officiers de sécurité. » Ah oui, quand même. Et « il y en a beaucoup plus » hors champ, précise-t-il. « Donc, pour vous, il n’y pas matière à polémiquer sur cette séquence ? » « Non, pas du tout. » Zut alors, de quoi on va bien pouvoir polémiquer ?

« Est-ce que le professionnel que vous êtes peut voir si cette séquence était organisée ou pas ?, demande encore Pascal Praud. Est-ce qu’il y a des éléments qui vous font dire que c’est une rencontre fortuite ou qu’au contraire cette rencontre pouvait être organisée ? – La présence de madame Colonna ne pouvait être ignorée des services de renseignement et du département de la sécurité rapprochée », assure l’expert, qui a lui-même fait partie de la protection rapprochée de Nicolas Sarkozy, notamment lors d’un voyage en Corse. « Donc les services de sécurité ont anticipé et prévu cette rencontre », conclut-il.

Pascal Praud n’en revient pas. « Au moment où Emmanuel Macron serre la main de madame Colonna, il sait que c’est madame Colonna ? » « Oui. » « C’est une information importante que vous nous donnez. » Carrément catastrophique… Ça fait une demi-heure que l’on débat d’un problème de sécurité XXL qui n’existe pas et que l’on se pâme de l’incroyable réaction d’Emmanuel Macron à une rencontre improvisée qui ne l’était pas. Finalement, je vais retourner sur BFMTV avec les naufragés de la RN118, c’est un terrain moins glissant.

Samuel Gontier

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L’hiver s’est abattu sur la France comme ce colloque sur ses valeurs...

7 Février 2018 , Rédigé par Aggiornamento Publié dans #Education, #Politique, #Histoire, #Blanquer

L’hiver s’est abattu sur la France comme ce colloque sur ses valeurs...
Vendredi 23 mars 2018, de 08h45 à 17h45
Ce colloque, organisé conjointement par l'Université Paris-Sorbonne et par la Saint-Cyrienne, l'association des élèves et anciens élèves de l'Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr, rassemblera d'éminents représentants de la société civile et de la communauté militaire qui débattront sur le thème de la défense commune des valeurs de la France.
Détails de l'évènement
Programme du colloque :
 
8h45 : accueil par le général Bruno Dary,
          Président de La Saint-Cyrienne
          et
          Monsieur le Recteur Pécout,
          Recteur de la région académique Ile-de-France, Recteur de l'Académie de Paris,
         chancelier des Universités de Paris
 
9h00 : Allocution de Monsieur Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education Nationale
 
9h30 : Débat "A-t-on encore besoin de valeurs ?"
 
10h00 : Table Ronde 
           "La Patrie : entre individualisme, régionalisme, nationalisme et mondialisation"
 
11h15 : Table ronde
           "Ethique : de l'éthique au combat à la morale quotidienne"
 
12h30 Pause
 
 14h15 : Table Ronde
           " Prise de risque et principe de précaution : est-il encore possible de gagner"
 
15h45: Table Ronde 
           " La pérennité des valeurs : comment les transmettre et les partager ?"
 
17h00 :    Allocution de clôture
             "Servir ensemble : perspectives d'avenir"
 
Parmi les intervenants : général François Lecointre, général Benoit Puga, général Pierre de Villiers, Jean-René Van der Plaetsen, Alexandre Malafaye, Geoffroy Roux de Bézieux, Pierre Carli, Thierry Petit, Bernard Ramanantsoa, Eric Mestrallet...
        ____________________________________________

 

Rédactrice : Véronique Servat

Si demain se prépare aujourd’hui, l’avenir est sombre

Une partie de la communauté des historien-nes a donc choisi de se compromettre au sens le moins noble du terme avec le pouvoir pour assurer la promotion de « valeurs » dont on peut raisonnablement discuter de l’opportunité de les associer à la France. Après avoir œuvré dans les arrière-cours du ministère de la culture pour commémorer la naissance du directeur antisémite de l’Action française, revoilà donc Jean-Noël Jeanneney, grand témoin d’une sympathique table-ronde partagée avec Eric Mestrallet, fondateur de l’officine Espérance Banlieues, proche de la « Manif pour tous » (et, par extension, de toute la nébuleuse de l’extrême-droite et de la droite extrême) qui se cherche un avenir du côté de l’Éducation nationale. Cela tombe assez bien car pour l’occasion le Ministre lui-même ouvrira d’une allocution solennelle ce colloque placé sous le signe de l’ordre, de la tirelire et de l’uniforme grâce à un attelage d’intervenants, de prime abord disparate, mais qui dessine un projet politique et éducatif.
 
(...)
 
Suite et fin en cliquant ci-dessous
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Olivier Faure : "Emmanuel Macron avait promis une République en marche, il en a fait un marché !"... (Video)

6 Février 2018 , Rédigé par Europe1 Publié dans #Politique

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L’enseignement privé catholique veut-il rallumer la guerre scolaire?...

6 Février 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique

L’enseignement privé catholique veut-il rallumer la guerre scolaire?...

Le Comité national d’action laïque (CNAL) déplore l’inquiétante accumulation de mesures récentes favorisant le financement des établissements privés par le contribuable.

Il y a d’abord eu le transfert 10 millions d’euros du budget du secondaire public en direction du privé, puis les établissements privés se sont vus « soulagés » de la hausse de leur taxe foncière.

Enfin, le secrétariat général de l’enseignement catholique, qui ne peut prétendre représenter des établissements privés, a déclaré lors de la réunion du syndicat des chefs d’établissements privés qu’il voulait « négocier « au niveau territorial » des assouplissements de la règle non écrite qui veut que les moyens de l’enseignement privé soient limités à 20 % de ceux du public.

Le secrétaire général de l’enseignement catholique tente une manœuvre grossière en cherchant à imposer localement des renégociations de la règle des 80-20, car il sait qu’une remise en cause d’un équilibre pourtant favorable aux établissements privés rencontrerait une vive opposition de tous ceux qui donnent la priorité à l’école publique.

Le CNAL ne laissera pas cette provocation sans réponse et demande à toutes les organisations qui le constituent la plus extrême vigilance. Donnons les moyens nécessaires à l’école publique qui est l’école de tous et les besoins de la population seront satisfaits.

De plus, le montant des sommes aujourd’hui versées par le contribuable aux établissements privés, est inconnu.

Le CNAL demande donc au ministère de l’éducation nationale que ses services évaluent le montant global des financements destinés aux établissements privés en provenance de l’Etat, des collectivités territoriales, et le manque à gagner pour le budget national des mécanismes de défiscalisation liés à des dons à des fondations alimentant les établissements privés. Ce constat est désormais indispensable à la conduite de la politique éducative de notre pays.

Paris le 5 février 2018

Charles Conte

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Souad Ayada : du bon usage des programmes et des manuels scolaires...

5 Février 2018 , Rédigé par Questions de Classe(s) Publié dans #Education, #Politique, #CSP

Souad Ayada : du bon usage des programmes et des manuels scolaires...

Manifestement, le ministre de l’EN n’a plus de souci à se faire du côté du CSP (le Conseil Supérieur des Programmes), après la nomination à sa tête de Souad Ayada, ex doyenne de l’inspection générale de philosophie. Au cours de son audition (le 24/01) devant la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale, cette dernière a eu l’occasion de reprendre à son compte les thèmes favoris du meilleur ministre de l’Education que la France ait connu.

En charge des futurs programmes des lycées mais aussi du « lissage, de la clarification, de l’ajustement  » de ceux qui existent pour l’école primaire et le collège, elle a montré, à ce propos, de bien curieuses certitudes qui devraient guider son action : « le problème des programmes – affirme-t-elle doctement - c’est que les professeurs ne les lisent pas (…) Il faut qu’ils sachent ce qu’ils doivent enseigner  ». Autrement dit, les prendre par la main. Ou alors, quand ils les lisent, ce qui doit parfois arriver, ils ne les comprennent pas, tant les programmes sont encombrés par « les manques en matière de contenus, les partis pris idéologiques, les maladresses de formulation  » de nature à désarçonner les pauvres enseignants. Dans ces conditions, précise-t-elle, « il reviendra au CSP dans le cadre d’un lissage, d’enlever tout élément de jargon (…), de revenir à un vocable le plus simple possible. » Dans le viseur, entre autres, la notion de prédicat, objet de tous les fantasmes, dont le tort majeur est sans doute que les élèves l’ont comprise mais pas les chroniqueurs habituels du Café du commerce. Avec Souad Ayada, on va donc «  revenir à la grammaire et au vocabulaire  », scandaleusement rayés des programmes par de dangereux irresponsables. Nommée seulement depuis deux mois, la présidente du CSP n’a sans doute pas eu le temps de consulter les programmes en application depuis la rentrée 2016, précisant, pour le cycle 2 que « la langue française constitue l’objet d’apprentissage central  » et que « le cycle 3 doit consolider ces acquisitions afin de les mettre au service des autres apprentissages dans une utilisation large et diversifiée de la lecture et de l’écriture. » Quel jargon, effectivement…

Plus étonnantes, les charges réitérées au cours de cette audition, contre les manuels scolaires. Étonnantes, parce que non seulement, l’élaboration des manuels n’entre pas dans la compétence du CSP mais aussi parce que sa présidente semble tout ignorer du sujet. « Les manuels scolaires – prétend-elle – sont les transmetteurs privilégiés, voire uniques des programmes ; ils le sont pour leurs professeurs  ». De la part de la présidente du CSP, une telle ignorance de la réalité quotidienne d’une salle de classe et du travail des enseignants est quand même inquiétante. Mais comme le diable est dans les détails, cette ignorance fait sens et s’explique par la suite : « tout manuel – poursuit Souad Ayada – est une lecture et une interprétation  » et le CSP devra « travailler avec les éditeurs à un ajustement de cette interprétation pour qu’elle ne trahisse pas les programmes.  » Car nul n’ignore que les éditeurs scolaires sont des traitres et des saboteurs, à commencer par Blanquer en personne qui, en plusieurs occasions, a fait part de son intention de mettre au pas les auteurs de manuels – notamment de lecture – suspectés de propager de mauvaises méthodes.

De mauvaises méthodes et de mauvaises idées, car la présidente du CSP ne s’arrête pas là. Profitant de la question d’un parlementaire sur l’enseignement du fait religieux, elle tient alors à « parler directement » à son auditoire. Pur effet du hasard, sa réponse, directe effectivement, porte exclusivement sur l’islam (dans le programme d’histoire de 5e ) : « Je suis très frappée dans les manuels par les limites de cet enseignement. C’est un enseignement qui ne respecte pas les règles de l’histoire critique, de conceptualisation. C’est un enseignement dogmatique. On présente le prophète de l’Islam sans mettre en perspective le contexte socio-culturel. C’est un enseignement qui sacralise, qui ne semble pas servir des fins de connaissance historique, un enseignement qui vise à apaiser, à flatter, à soutenir des choses qui relèvent du vivre ensemble, qui n’est pas articulé à un souci de vérité  » (1h 32 sur la video). Peu importe que, comme déjà signalé, un manuel d’histoire de collège ne soit pas un cours d’histoire mais principalement un recueil de documents que l’enseignant utilise librement. Peu importe que Souad Ayada eût très bien pu utiliser à l’appui de sa thèse les exemples du christianisme ou du judaïsme étudiés en classe de 6e dans la même perspective que l’islam en 5e. La tirade (hargneuse ou seulement maladroite ?) a fait son effet (pour le plus grand plaisir de la fachosphère), confortant l’idée que, dans les programmes scolaires, toute forme d’ouverture au monde d’outre-Méditerranée, même limitée comme c’est le cas ici, à quelques notions religieuses et civilisationnelles (1), était comme une concession, un cadeau destiné à « flatter » une partie des élèves qu’il n’est même pas besoin de nommer.

Au cours de cette même audition, la présidente a cru devoir préciser que le CSP était « au service du ministère et articulé à une volonté politique. » On se disait aussi…

B. Girard

(1) – Programme officiel d’histoire de 5e , thème 1 : Chrétientés et Islam (VIe -XIIIe siècles), des mondes en contact.

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Un Conseil Supérieur des Programmes dépossédé de ses missions...

5 Février 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique

 Photo Florent Tanet pour "Libération"

Photo Florent Tanet pour "Libération"

Linguiste et ex-vice-présidente du CSP, Sylvie Plane revient sur sa démission, notamment à la suite de la publication d'une tribune dans les colonnes de «Libération», et sur l'avenir plus qu'incertain de l'institution. Entretien.

Sylvie Plane, vient de démissionner de la vice-présidence du Conseil supérieur des programmes (CSP). Après le départ fin septembre de son président Michel Lussault, cette annonce résonne de manière particulière. L'instance, mise sur pied en 2013 par la loi de refondation de l’école, avait un statut à part, conçu pour qu’elle soit indépendante du ministère de l’Education. Les 18 membres, dont dix «personnalités qualifiées pour leur excellence dans leur domaine et leur connaissance du système éducatif», six parlementaires, deux membres du Conseil économique, social et environnemental (Cese) disposent ainsi, selon les textes, d’une liberté d’action dans leurs missions.

Sylvie Plane, professeure émérite de sciences du langage à l’université Paris-Sorbonne, explique sa démission à Libération et revient sur le rôle et l’essence de ce conseil qu’elle estime aujourd’hui vidé de sa substance.

Que s’est-il passé ?

J’estime qu’au cours des derniers mois, le CSP a été petit à petit complètement dépossédé de ses missions. Et je déplore aussi une remise en cause de l’indépendance du conseil, du moins de mon indépendance en tant que vice-présidente.

Que voulez-vous dire ?

Il y a quelques semaines, j’ai informé les autres membres du conseil que j’allais publier dans Libération une tribune pour mettre fin à une nouvelle rumeur, après celle qui avait couru sur le prédicat, et qui touchait à nouveau notre travail au CSP. Cette fois, la rumeur portait sur la disparition supposée du passé simple des programmes scolaires… Je voulais rétablir les faits, et démonter cette fausse information. Quelques jours après cette réunion, la présidente du conseil, Souad Ayada, inspectrice générale de l’Education nationale, m’a écrit un courrier, me disant que m’exprimer publiquement dans la presse nationale en tant que vice-présidente du CSP allait susciter une polémique dont le Conseil n’a pas besoin. «Je vous demande de vous assurer qu’il ne sera pas fait mention du CSP et du fait que vous en êtes la vice-présidente dans l’article à paraître dans Libération», pour reprendre ses mots exacts.

Mais taire mon appartenance aurait détourné le sens de mon intervention, car si je suis linguiste, c’est aussi en tant que vice-présidente de cette institution que je tenais à prendre sa défense. Et surtout, une des conditions de l’indépendance du CSP, c’est la liberté de parole de ses membres qui n’ont pas à se soumettre à une autorité hiérarchique. C’est d’ailleurs pour cette raison que chacun des membres du CSP est nommé par décret ministériel et non choisi par le président du CSP. Et par ailleurs, nous ne sommes pas placés sous l’autorité du ministre [même si c’est au ministre que revient la nomination des membres du Conseil, ndlr].

Je lui ai donc répondu cela, en ajoutant qu’en cas de désaccord, je n’aurais d’autre option que de démissionner. La tribune est parue dans Libération le 15 janvier. Une semaine plus tard, la présidente m’écrit qu’elle accepte ma démission. Et elle envoie aussitôt un message aux autres membres leur disant que ma démission lui semblait souhaitable. Ayant été nommée par un ministre [Vincent Peillon, ndlr], c’est donc à un ministre [Jean-Michel Blanquer, ndlr] qu’il appartient de recevoir ma démission. Mais passons sur mon cas personnel, ce n’est pas le plus grave dans cette histoire.

Cela semble tout de même être une mise sous tutelle du CSP… 

Quand Michel Lussault [l’ancien président du CSP, ndlr] a démissionné fin septembre, nous nous sommes retrouvés au CSP dans une totale incertitude sur notre devenir. A ce moment-là, je m’étais posée la question de partir. J’ai hésité, mais j’ai fait le choix de rester. Je croyais en nos missions et je pensais pouvoir aider le CSP à œuvrer pour une école plus juste, plus attentive à l’ensemble des élèves, et travailler sur des questions de fond.

Mais depuis l’arrivée de la nouvelle majorité, notre travail est devenu très compliqué. Pour prendre un exemple, le CSP a élaboré conjointement avec le Conseil national éducation économie un rapport sur l’enseignement des sciences économiques et sociales (SES), en réponse à une saisine ministérielle. L’élaboration de ce rapport a pris beaucoup de temps, nécessité beaucoup d’auditions. Nous avons voulu remettre notre rapport à Jean-Michel Blanquer. Le ministre ne nous a pas reçus, ni même accusé réception de notre travail que nous avons fini par lui envoyer.

Vous dites que le Conseil est peu à peu dépossédé de ses attributions…

Je donne un autre exemple : la mission confiée à Pierre Mathiot sur la réforme du baccalauréat. Dans la loi du 8 juillet 2013 qui précise nos missions, on trouve : «La nature et le contenu des épreuves des examens conduisant aux diplômes nationaux de l’enseignement du second degré et du baccalauréat». Sans vouloir faire de polémique, nous avons contacté Pierre Mathiot pour travailler avec lui… Il nous a auditionnés une heure comme les organisations syndicales et d’autres. Cela s’est arrêté là. Je pourrai aussi citer la «mission sur l’école maternelle» confiée à Boris Cyrulnik ou encore la «mission maths» de Cédric Villani, qui là encore court-circuitent le CSP. On se retrouve dépossédé de nos missions.

Et vos programmes de 2015 semblent aussi sur la sellette. Auditionnée à l’Assemblée, la semaine dernière, la présidente Souad Ayada a dit ouvertement son intention de revenir sur les programmes pensés par cycle.

Elle a annoncé en effet la publication de «repères annuels» pour les programmes du CP à la troisième. Les repères de progressivité existent déjà dans les programmes : ils figurent à la fin de chaque programme de cycle. En fait, ce qui est en jeu, c’est la logique de cycle de trois ans : il s’agit de casser les cycles, avec à la clé des tests annuels et le retour des redoublements. Il est question, dit-elle, de «lisser» les programmes… Sous ce vocabulaire, se cache en réalité l’idée de les réécrire, au risque de déstabiliser encore les enseignants, les éditeurs de manuels scolaires et les familles. Il nous a aussi été dit que le CSP devrait recevoir le nouveau Conseil scientifique de l’Education nationale, qui vient d’être créé par Jean-Michel Blanquer, et que nous tiendrons compte de leurs avis pour réviser les programmes. C’est un changement majeur. Jusqu’ici, nous étions libres de choisir les experts à auditionner ! C’est une remise en cause de notre indépendance que je dénonce.

Marie Piquemal

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