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Vivement l'Ecole!

politique

Blanquer et la maladie imaginaire... Par Claude Lelièvre...

14 Décembre 2017 , Rédigé par EducPros.fr - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Politique

Blanquer et la maladie imaginaire... Par Claude Lelièvre...

Le ministre de l’Education nationale ("l’inspecteur gadget" selon  "Marianne") s’avère incorrigible en brandissant  son épouvantail à moineaux : la méthode globale. Qu’est-ce qui pourrait le guérir : une parodie méritée, le ridicule ?

Blanquette.- Je vais de ville en ville, de province en province, pour chercher d’illustres matières à ma capacité, pour trouver des maladies dignes de m’occuper, capables d’exercer les grands et beaux secrets que j’ai trouvés. Je dédaigne de m’amuser à ce menu fatras de maladies ordinaires, à ces bagatelles de fiévrottes, à ces vapeurs, et à ces migraines. Je veux des maladies d’importance, de bonnes fièvres continues, avec des transports au cerveau, c’est là que je me plais, c’est là que je triomphe ; et je voudrais, Monsieur, que vous eussiez toutes les maladies que je viens de dire pour vous montrer l’excellence de mes remèdes, et l’envie que j’aurais de vous rendre service.

Professeur des écoles Arguant- Je vous suis obligé, Monsieur, des bontés que vous avez pour moi.

Blanquette.- Donnez-moi votre pouls. Ahy, je vous ferai bien aller comme vous devez. Hoy, ce pouls-là fait l’impertinent ; je vois bien que vous ne me connaissez pas encore. Quelle est votre grande référence ?

Professeur des écoles Arguant.- Monsieur Roland Goigoux.

Blanquette.- Cet homme-là n’est point écrit sur mes tablettes entre les grandes références. De quoi, dit-il, que vous êtes malade ?

Professeur des écoles Arguant- Il dit que c’est de la compréhension ; et d’autres disent que c’est du vocabulaire.

Blanquette.- Ce sont tous des ignorants, c’est de la Globale que vous êtes malade.

Professeur des école Arguant.- De la Globale ?

Blanquette.- Oui. Que sentez-vous ?

Professeur des écoles Arguant- Je sens de temps en temps des douleurs de tête.

Blanquette.- Justement, la Globale.

Professeur des écoles Arguant.- Il me semble parfois que j’ai un voile devant les yeux.

Blanquette.- La Globale.

Professeur des écoles Arguant.- J’ai quelquefois des maux de cœur.

Blanquette.- La Globale.

Professeur des écoles Arguant.- Et quelquefois il me prend des douleurs dans le ventre, comme si c’était des coliques.

Blanquette.- La Globale, la Globale, vous dis-je. Que vous ordonne votre grand référent pour nourriture ?

Professeur des écoles.- Un bouillon de culture.

Blanquette.- Ignorant.

Professeur des écoles Arguant.- Il dit que ceux qui ont de l’expérience combinent analyse et synthèse.

Blanquette.- Ignorant.

Professeur des écoles Arguant.- Il dit que c’est dans le bon dosage des activités et de leur tempo que réside le secret

Blanquette.- Ignorant. Ignorantus, ignoranta, ignorantum. Non, C’est de la Globale qu’il s’agit ! Pour en guérir, rien de mieux qu’une nourriture vraiment consistante. Commencez par faire cuire dans une casserole une dinde en morceaux avec de l’eau à hauteur de la viande. Dans une casserole à part, démarrez le roux : faites fondre le beurre, ajoutez la farine, remuez et faites cuire trois minutes. Poêlez au beurre les lardons et les champignons. Et vous aurez la blanquette de dinde à l’ancienne.

Claude Lelièvre

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"Je perçois Brigitte Macron comme la prof idéale"... Et autres étrangetés...

12 Décembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

"Je perçois Brigitte Macron comme la prof idéale"... Et autres étrangetés...

(Ecrit le 25 juillet 2017)

Lire le JDD dimanche fut, pour moi comme pour de très nombreux enseignants/collègues, à la fois une curiosité, une série de "chocs" et un sourire.

Jean-Michel Blanquer répondait aux questions des journalistes pour évoquer, affirmait le titre, tout ce qui allait changer dans l'école à la rentrée 2017.

Rien de très nouveau à ce sujet puisque les annonces passées n'étaient que confirmées:

- division par deux des CP en REP+;

- "retour" (je tiens aux guillemets) de l'enseignement du latin/grec et des classes bilangues;

- la création du "devoirs faits" permettant aux élèves volontaires de faire leurs devoirs avant de rentrer chez eux;

- création d' "internats ruraux";

- utilisation du redoublement;

- la liberté laissée aux communes et écoles primaires de revenir à la semaine de 4 jours;

- une réflexion sur les vacances;

Et, comme le rappelle le JDD:

  • Face aux errements du système admission post-bac, le ministre promet une politique d'orientation profondément revisitée dès le début du lycée et une concertation dès l'automne sur le baccalauréat. 
  • La prime de 3.000 euros pour les professeurs allant exercer en REP+ (quartiers défavorisés) verra ses modalités définies "au cours du quinquennat".
  • Jean-Michel Blanquer veut relancer une politique volontariste des internats à la rentrée 2018, pour passer de "l'internat prison" à "l'internat liberté".
  • Les EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires) resteront l'objet d'une épreuve au brevet, mais avec une modulation possible des thématiques pour les établissements.

Autant d'annonces dont la traduction sur le terrain sera pour partie TRES difficile.

Je pense par exemple:

-  à la division des CP en REP+ - quels locaux? Quels personnels? A-t-on la certitude d'une quelconque efficacité de la mesure une fois ces CP passés dans des CE1 à 25 ou plus? 

- à la prime de 3000 euros pour les professeurs allant exercer en REP+ - primes qui "verra ses modalités définies au cours du quinquennat". Que de flou!

- au système "devoirs faits" dont personne ne sait par qui seront encadrés les élèves: faire des devoirs, apprendre ses leçons sont des actes pédagogiques qui ne peuvent être remplacés par une simple surveillance. Le vademecum publié sur le site du Ministère le confirme à lui-seul.

Mais les lecteurs eurent aussi droit à ces quelques déclarations qui tonnent comme autant de messages:

"L’ennemi du service public, c’est l’égalitarisme";

"Najat Vallaud-Belkacem, ce fut quand même une catastrophe";

Le ministre veut restaurer les cours de latin et de grec "chaque fois que c'est possible", ce qui est selon lui "un enjeu de civilisation";

"Je perçois Brigitte Macron comme la prof idéale";

Reprenons, point par point:

"L’ennemi du service public, c’est l’égalitarisme"

Le mot est une fois de plus lâché. "Egalitarisme". Un terme qui appartient au corpus des droites les plus traditionalistes. Il faut se méfier des mots en "isme". Surtout lorsqu'un Ministre s'en sert pour accabler et dénaturer l'égalité. Car c'est bien de cela dont il s'agit.

L' "égalitarisme" est le terme trouvé par la droite, historiquement,  lui ayant permis de toujours justifier les injustices et inégalités à venir. "Donnons plus à ceux qui ont déjà plus. L' égalitarisme ne passera pas!".

Des mots d'ordre entendus chez SOS Education et dans les collectifs Racine, bras armé du Front National en matière de politique éducative.

"Najat Vallaud-Belkacem, ce fut quand même une catastrophe"

Au détour de l'entretien, nous dit le JDD, Jean-Michel Blanquer glisse donc ce "tacle" à l'encontre de la Ministre qui l'a précédé. Ce n'est là que son point de vue, une prise de position idéologique qui n'est fondée sur aucune étude, aucune évaluation, aucun recul lorsqu'on sait - lui le premier - qu'une réforme en matière d'éducation ne peut porter de fruits qu'après une période de cinq années minimum.

Non, le travail de Najat Vallaud-Belkacem (comme des deux autres ministres de l'éducation du quinquennat de François Hollande), n'a pas été une "catastrophe". Bien au contraire! Certaines décisions auraient pu être prises plus tôt ou plus tard? Certaines autres auraient pu être plus ou mieux expliquées? Peut-être. Mais au moins, avec elle, parlait-on d'EDUCATION! Mais au moins avec elle s'est-on ENFIN penché sur le sort des plus faibles! Mais au moins avec elle y avait-il un réel intérêt pour les enseignants et les élèves! Mais au moins avec elle, les inégalités étaient-elles les véritables ennemies!

(Lire à ce sujet le billet de Claude Lelievre dans Médiapart/Voir lien en bas de page)

Je n'ai pas aperçu, dans l'entretien au JDD, une ligne où il soit question d'EDUCATION. On y fait de la petite politique, on y manie un discours idéologique et l'on semble oublier que si catastrophe il y a, elle est à venir mais, pire encore, elle a DEJA eu lieu entre 2007 et 2012, sous la présidence de Monsieur Sarkozy:

- 80 000 postes supprimés;

- mort de la formation initiale ("Prof, ce métier qui ne s'apprend pas");

- semaine de 4 jours en primaire;

Et j'en passe.

Le Directeur Général de l'Enseignement Scolaire qui mit en musique, avec zèle, cette politique de casse de l'école s'appelait... Jean-Michel Blanquer.

Le ministre veut restaurer les cours de latin et de grec "chaque fois que c'est possible", ce qui est selon lui "un enjeu de civilisation".

Le "retour" de l'enseignement du latin/grec (qui n'a pas disparu. Il suffit pour cela de se rendre sur le terrain) est donc placé par le Ministre sous le signe d'un "enjeu de civilisation". Et il ajoute:

"Nous ne venons pas de nulle part. Nos racines sont gréco-latines".

Je ne vais pas ici, par manque de place et de temps, mais aussi je l'avoue, par immense lassitude, revenir trop lourdement sur ces affirmations. Elles sont tout simplement fausses, historiquement. Fausses par l'emploi du "Nos". J'imagine mes collègues et moi-même affirmant "nos" racines gréco-latines devant des classes composées d'élèves très surpris de l'apprendre car absolument pas "gréco-latins".

Quant à l'utilisation du mot "civilisation", il illustre lui aussi, comme l' "égalitarisme", l'idéologie véhiculée par les officines de droite et d'extrême droite, dont "Sens Commun" entre autres. D'après Jean-Michel Blanquer, hors le latin-grec, "preuve" irréfutable de civilisation - concept TRES large et affirmation discutable - hors ces racines-là donc, il n'y aurait que le "nulle part".

C'est tout simplement gravissime!

"Je perçois Brigitte Macron comme la prof idéale"

Cette dernière affirmation pourrait sembler anecdotique, voire ridicule et appartenant au registre de Gala et de la presse people en général.

Sauf qu'elle est tenue dans un média connu par un Ministre de la République.

Brigitte Macron n'est ici absolument pas en cause. Je la suppose d'ailleurs davantage gênée que flattée par la sortie étonnante de Monsieur Blanquer.

Que nous dit la phrase du ministre? Rien au sujet de la personne citée. Beaucoup au sujet de ce qu'elle incarne dans l'esprit du locataire de la Rue de Grenelle.

Madame Macron a été enseignante, sans doute excellente - je n'en sais strictement rien - et a accompli la quasi totalité de sa carrière dans l'enseignement privé. Ce qui, en soi, n'a rien d'un crime.

Mais Madame Macron est aujourd'hui "première dame" et Monsieur Blanquer est aujourd'hui Ministre de l'Education Nationale. La parole de ce dernier n'est pas, n'est jamais neutre. Si le Ministre choisit de donner en exemple la "première dame" à tous les enseignants de France, il va falloir que cette désignation soit motivée. En quoi Madame Macron est-elle cet "exemple"?

J'attends avec impatience - car il serait criminel de nous priver des compétences supposées d'une telle enseignante désignée comme "exemplaire" - les conférences pédagogiques que le Ministre ne manquera pas d'organiser et au cours desquelles les enseignants en exercice pourront bénéficier des "leçons" que Madame Macron viendra dispenser pour le bien de tous les élèves de France, de Navarre et du lointain...

Christophe Chartreux

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Michel Lussault : "Les propos de Jean-Michel Blanquer sur les mères voilées accompagnatrices de sorties scolaires n’ont aucune justification"

12 Décembre 2017 , Rédigé par Bondy Blog Publié dans #Education, #Politique

 

Interrogé dans l’interview du Grand Jury sur RTL et LCI dimanche 10 décembre, le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer s’est prononcé pour que les mères d’élèves, accompagnatrices des sorties scolaires, ne portent pas de voile. Une position qui indigne Michel Lussault, président du Conseil supérieur des programmes jusqu’en septembre 2017. Interview

Le Bondy Blog : Jean-Michel Blanquer a affirmé hier : “Mon approche personnelle est que toute personne accompagnant les élèves est en situation d’être ce qu’on appelle un collaborateur bénévole de service public autrement dit qu’il doit se conformer à un certain nombre de devoirs”. A la question “pas de voile pour les accompagnatrices?“, le ministre a répondu “normalement non“. Quelle est votre réaction ?

Michel Lussault : Je ne suis plus étonné de rien. Je continue de penser que le ministre est surtout préoccupé d’adresser des signes à une partie de ceux qu’il estime être l’électorat qui soutient sa politique. Lors de cette interview, Jean-Michel Blanquer a multiplié les annonces qui sont pour certaines extrêmement curieuses comme quand il dit qu’il faut remettre de l’enseignement moral et civique alors que cela existe déjà ! Même chose s’agissant des textes sur l’interdiction des téléphones portables dans les établissements qui existent aussi déjà ! Quant au fait religieux, c’est aussi un sujet enseigné depuis des décennies notamment dans les programmes d’histoire. Il y a une obsession à vouloir communiquer à tout prix. Ces propos sur les mères d’élèves voilées ne me surprennent pas.

Le Bondy Blog : Qu’en pensez-vous sur le fond ?

Michel Lussault  : Cela m’attriste beaucoup. Je pense que cela fait partie d’une tendance générale depuis quelques années à exaspérer le débat sur des questions secondaires, qui sont pourtant traitées au cas par cas par des équipes pédagogiques. Je ne considère pas que les parents d’élèves lorsqu’ils sont bénévoles en sorties scolaires sont à traiter comme des agents du service public. D’ailleurs, un collaborateur bénévole de service public, cela n’existe pas. La seule situation qui peut être discutée c’est lorsqu’un parent est élu d’un conseil où il représente l’établissement dans une réunion institutionnelle, et encore. Faut-il rappeler que la loi sur la laïcité n’interdit pas l’expression religieuse des adultes ? Aller vers l’idée selon laquelle les parents sont des collaborateurs bénévoles de service public est de mon point de vue intenable. En 2013, le Conseil d’Etat avait déjà dit que ces parents ne sont pas des collaborateurs mais des usagers et renvoyait au cas par cas.

Le Bondy Blog : On est loin des propos tenus par Emmanuel Macron en juillet 2016 en plein début de campagne électorale à la Mutualité à Paris : “Je ne crois pas pour ma part qu’il faille inventer de nouveaux textes, de nouvelles lois, de nouvelles normes, pour aller chasser le voile à l’université, pour aller traquer ceux qui lors des sorties scolaires peuvent avoir des signes religieux”.

Michel Lussault : Oui et j’avais trouvé cela positif de sa part. Mais c’est lui le chef, s’il veut remettre le ministre dans les clous, c’est à lui de le faire. Mais lorsqu’on voit le communiqué de Marine Le Pen qui voit dans la politique menée par Jean-Michel Blanquer une victoire de ses idées, en tant qu’agent du service public et attaché au développement de notre éducation, je ne pensais pas un jour pouvoir lire cela.

Le Bondy Blog : Vous a-t-on déjà fait remonter des situations problématiques concernant des mères accompagnatrices de sorties scolaires portant le voile ?

Michel Lussault : Jamais. Par ailleurs, ma compagne a été longtemps cheffe d’établissement dans l’est lyonnais dans un quartier où vivaient beaucoup de familles d’origine turque avec des mères qui portaient le voile. Il n’y a jamais eu le moindre problème. Les propos de Jean-Michel Blanquer n’ont aucune justification, il n’y a pas le moindre problème à l’école sur ce sujet-là. Si on ne traite pas ces personnes comme des imbéciles ou des terroristes en puissance, cela se passera bien. S’il y a un souci, on discute. Dans n’importe quelle situation problématique, quand on discute, les choses retombent. Le fait qu’elles soient voilées n’empêche pas qu’on puisse discuter avec elles. Je suis pour que l’on laisse tranquille les parents qui accompagnent des sorties scolaires. Je trouverai douteux qu’on empêche ces femmes de s’impliquer dans les projets scolaires, il y aurait là une sorte de condescendance envers elles. Ce n’est pas en ayant des mesures vexatoires qu’on traite un problème, en admettant qu’il existe un problème sur cette question car je pense qu’il n’y en a pas. Je suis athée depuis des générations ; je respecte le droit des personnes à manifester leur liberté religieuse à partir du moment où on respecte la mienne. C’est le prosélytisme qui est interdit y compris le prosélytisme politique d’ailleurs.

Le Bondy Blog : N’y a-t-il pas un risque de marginaliser ces femmes et qu’elles soient incitées à scolariser leurs enfants dans le privé par exemple ?

Michel Lussault : C’est vrai qu’il y a un discours aujourd’hui qui se structure qui est de dire que dans le privé les parents sont mieux considérés que dans le public. En tant qu’agent et défenseur de l’enseignement public, cela me pose problème. C’est sans doute plus urgent de se demander comment on peut faire en sorte que l’enseignement public considère les parents non pas comme des ennemis ou des intrus mais comme des partenaires plutôt que de lâcher les chiens autour d’une question accessoire. On ne fait pas une vraie politique d’éducation en délaissant l’essentiel et en privilégiant l’accessoire.

Propos recueillis par Nassira EL MOADDEM

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Interdire les téléphones portables à l'école et au collège?... Allez comprendre!

10 Décembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Interdire les téléphones portables à l'école et au collège?... Allez comprendre!

Le Ministre de l'Education Nationale veut interdire les téléphones portables à l'école et au collège...

1- c'est déjà le cas (Merci à Sandrine Chesnel pour la photo)

Interdire les téléphones portables à l'école et au collège?... Allez comprendre!

2- il faudra résoudre les multiples problèmes matériels pour parvenir à appliquer une "réforme" qui n'en est pas une: voir ci-dessus;

3- Nombreux sont les enseignants qui font utiliser les téléphones portables aux élèves dans un but strictement pédagogique, de manière ponctuelle et brève, sous le contrôle de l'enseignant;

Il est possible aussi à tel ou tel élève de photographier le cours au tableau pour le faire parvenir à un élève absent;

Il est possible encore de photographier le cours pour un élève qui, pour une raison ou une autre, se serait mis en retard à la sonnerie.

Et autres possibilités..

4- Je suis évidemment favorable au remplacement des téléphones portables et de leurs fonctions Internet par 30 ordinateurs - un par élève - dans chaque classe de France. Des ordinateurs comme celui trônant sur le bureau des professeurs et dont ils se servent en de multiples occasions, pédagogiques bien entendu...

Sinon, je veux bien revenir à la craie et à l'ardoise...

Avec l'uniforme, j'aurai bien mérité ma prime...

Allez comprendre...

Christophe Chartreux

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La réforme du collège DOIT être poursuivie et amplifiée... Nos voisins donnent l'exemple...

10 Décembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

La réforme du collège DOIT être poursuivie et amplifiée... Nos voisins donnent l'exemple...

Alors que petit à petit et à très bas bruit s'installe une "nouvelle" école, ressemblant fort à celle connue par le passé - dictée; fables; "pédagogisme"; fondamentaux... Un corpus utilisé pour rassurer des parents non informés dont l'immense majorité est composée de femmes et d'hommes attendant tout de l'école sans savoir que celle qui se met en place n'offrira pas à leurs enfants cette fameuse "égalité des chances" que je préfèrerais voir remplacée par celle de l'égalité des droits et des moyens - je crois urgent de dire mon étonnement et mon inquiétude.

Mon étonnement d'entendre un Président de la République, très sincèrement et profondément européen, vanter les mérites de la construction et du renforcement de la "maison" Union Européenne mais en même temps - eh oui - d'accepter de voir se dessiner les contours d'une Ecole tournant le dos à ce qui se fait de mieux chez nos proches voisins. Proches voisins qui observent - je le sais et suis informé de leurs remarques - cette édification avec au mieux un peu d'amusement, au pire avec effarement.

Mon inquiétude lorsque j'entends un Luc Ferry couvrir d'éloges la politique éducative actuelle du Gouvernement, l'ex Ministre de l'Education Nationale suivi par ses collègues Darcos, Chatel, tous oubliant qu'ils sont responsables des dégâts constatés par les diverses enquêtes - PIRLS et PISA - publiées récemment.

Pour rappel, ces mêmes enquêtes, aujourd'hui interprétées "à la sauce" de chacun selon ce qu'on veut y voir, avait dressé un bilan fort positif en juillet 2015.

Mon inquiétude encore plus grande d'entendre une Marine Le Pen tresser des lauriers à cette même politique éducative actuelle. Loin de moi l'idée d'accuser la Rue de Grenelle de devenir un refuge de l'extrémisme de droite. Évidemment!

Néanmoins, la leçon est cruelle:

lorsqu'on ouvre les portes à des mesures "populistes", plus messages politiques en direction des "parents/électeurs" que véritables engagements pour une Ecole refondée sur le modèle de nos voisins, il ne faut pas s'étonner de recevoir les félicitations d'une Marine Le Pen aux anges.

Christophe Chartreux

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Pourquoi faut-il poursuivre et amplifier la refondation de l'Ecole, la réforme du collège?

Cette réforme serait, je cite :

- "responsable de la mort du Latin, du Grec et de l'Allemand", alors que Latin, Grec et Allemand sans la réforme auraient poursuivi l'entre-soi dans lequel ces options étaient confinées et leur inéluctable descente aux enfers par la réduction des effectifs concernés, chaque année un peu plus importante. Or, Latin, Grec et Allemand ont désormais tout pour « reprendre des couleurs » ;

- "responsable de la haine de l'excellence et des bons élèves", alors que la réforme ne s' "attaque" pas aux bons élèves mais met à disposition des enseignants les outils nécessaires à la réduction des écarts entre les plus en difficultés et ceux n'en ayant aucune ou très peu;

- "responsable du nivellement par le bas", alors qu' un nombre d'élèves bien plus important qu'auparavant aura accès à ce qui, avant la réforme, lui était souvent interdit;

- "responsable de la désorganisation des établissements par la précipitation qui a présidé sa mise en application", alors que les débats ont commencé il y a des années. Souvenons-nous de l'Appel de Bobigny qui portait en germes tout ce que la réforme du collège met aujourd'hui en application. Cet appel fut présenté et approuvé par TOUS les syndicats d'enseignants le 20 octobre...2010. Avant l'élection de François Hollande, Vincent Peillon travaillait DEJA à la mise en place de cette réforme. Ce dernier, comme Benoit Hamon puis Najat Vallaud-Belkacem n'ont eu de de cesse d'impliquer des centaines de professionnels de l'éducation pour une construction préparée et concertée.

Tout cela en contradiction absolue avec la nécessité affirmée, y compris par les opposants les plus virulents, de réformer le collège, ce "maillon faible". Des opposants :

- attaquant très violemment l'Aide Personnalisée et les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI) qui pourtant offrent la possibilité de croiser les disciplines (sans jamais les remettre en cause), en donnant du sens aux apprentissages jadis cloisonnés, en plaçant les élèves dans des situations de construction et de réalisation de projets ;

- mettant en doute les capacités des enseignants à travailler en équipe, voire en affirmant que tous les enseignants de collège travaillaient DEJA en équipe

- ce qui est très rare et ne concerne que quelques collègues par équipe pédagogique. Ce travail en équipe est pourtant - toutes les études le démontrent, tous les établissements dits "innovants" travaillent ainsi depuis des années avec des résultats incontestables et incontestés - une urgence dans un pays où, il est vrai, le travail en équipe est étranger à l’organisation historique du système éducatif très pyramidal. A ce sujet je ne peux que conseiller la lecture éclairante du texte de Daniel Calin en lien ci-dessous.

- mettant en cause la simultanéité de la refondation des programmes ET de l'évaluation, alors que c'est à cette condition de simultanéité dans le temps que la réforme entre en cohérence avec ses attendus. Procéder par étapes successives eût amené les élèves du niveau 3e à attendre 2020 pour espérer être concernés, ce qui aurait entraîné des distorsions TRES désorganisatrices!

Tout cela soutenu par quelques "experts" véritables ou autoproclamés, chroniqueurs permanents et omniprésents, humoristes sans humour, philosophes trop heureux de se voir offrir des tribunes inespérées transformées en polémiques alimentant les réseaux sociaux de commentaires d'une indigne violence, plus inacceptable encore quand elle était l'oeuvre d'enseignants.

Qui n'a pas entendu les Christophe Barbier, Natacha Polony, Nicole Ferroni, Alain Finkielkraut, Michel Onfray, Jacques Julliard, Jean-Paul Brighelli, et tous ceux que j'oublie car je préfère les oublier, ne s'en porte que mieux tant leurs diatribes, critiques outrées et outrancières, caricatures approximatives jusqu'aux mensonges, n'apportaient strictement rien au débat nécessaire que tous ceux-là n'ont contribué qu'à assécher, faute d'arguments et de propositions attendues.

On les attend encore!

Hélas, par la répétition quasi quotidiennes de leurs mensonges, ils ont gagné la "bataille des mots".

Quelques rappels :

- La réforme du collège, qui aurait pu aller plus loin, plus vite, plus fort - la Ministre l'aurait souhaité - a l'immense mérite d'exister ENFIN pour commencer à grandir.

- C'est une réforme de gauche. Ce qui a déplu à certains, y compris à cette autoproclamée "vraie gauche" qui battait le pavé avec... le SNALC (Syndicat enseignant "marqué à droite" comme on dit).

- C'est est une réforme solidaire dans un pays qui vit, depuis plusieurs années, une crise des solidarités et des replis identitaires. Replis se manifestant par des exclusions aux visages multiples qui sont autant de négations de l'égalité des droits:

exclusion de ceux qui ont toujours moins;
exclusion des quartiers dits "difficiles";
exclusion de toutes les minorités;
exclusion des familles non francophones;
exclusion d'établissements à l'écart des métropoles, isolés en milieu rural;
exclusion des "étranges étrangers" et de tous ceux qui ne sont pas "nous";
exclusion des décrocheurs, "produits" non pas par le collège, mais par ses dysfonctionnements.

Ceux-ci aggravés par des gouvernements de droite qui n'ont eu de cesse et n'auront de cesse - c'est annoncé dans les projets des candidats à la primaire en cours - d'appliquer des politiques de destruction d'emplois (300 000 dans la fonction publique! Fourchette basse!), de sélection par l'échec, de refus du concept d'éducabilité condamnant, comme un Bruno Le Maire, un élève faible en CM2 sans lui laisser d'autre espoir qu'une orientation par l'échec, donc subie. A dix ans!

Jamais je n'accepterai de dire à un enfant de 10 ans: "Tu dois désormais songer à une autre scolarité. Tu n'es plus éducable".

Le choix de la réforme

La réforme du collège a fait un choix, voulu et porté par Vincent Peillon, Benoit Hamon et surtout Najat Vallaud-Belkacem à laquelle l'Histoire donnera raison et rendra hommage. Ce choix, c'est celui du refus d'un autre choix, souvent illustré par les travaux de François Dubet: "Le choix de l'inégalité" qui accompagne toujours les exclusions que nous venons d'énumérer.

Un refus motivé non pas par la volonté d' un égalitarisme utopique et dangereux, mais pour simplement respecter une valeur fondatrice de notre République: l'égalité, celle des droits et devoirs, l'égalité par le rééquilibrage des moyens, aussi: donner plus à ceux qui ont moins. C'est clair, simple et tellement évident!

L'Ecole est pourtant devenue, silencieusement et de manière chaque année de plus en plus prégnante, un terrain de jeu réservé à quelques-uns. A ces "quelques-uns" très au courant des codes scolaires obscurs à tant d'autres, ces "quelques-uns" culturellement armés pour accompagner leurs enfants vers la réussite.

Doit-on les en blâmer? Certainement pas!En revanche, inquiétons nous de constater à quel point les exclus - toujours issus des mêmes catégories sociales - sont de plus en plus exclus. Surtout lorsque ces "exclus" ne constituent plus - inconsciemment - un "terrain d'avenir" pour celles et ceux qui en ont la responsabilité pédagogique mais sont stigmatisés, transformés en "problèmes". Combien de fois ai-je entendu cette phrase lors des conseils de classe:

"Cet élève pose problème". Comprendre: "Cet élève EST un problème". Terrible! Alors ceux-là ne sont plus des élèves. Ils se transforment en "décrocheurs", "absentéistes permanents", "intenables", "irrécupérables". En un mot ils deviennent responsables, coupables de leur malheur. Et coupables du malheur qu'ils infligent aux autres, "ceux qui suivent".

Nous - les enseignants - touchons alors du doigt cette crise des solidarités. Comment aurions-nous pu - et les opposants à la réforme du collège auraient du s'interroger avant de crier à la fin de la civilisation par l'abandon du Latin et du Grec, abandon absolument jamais acté - participer à cet abandon des solidarités?

Comment pourrons-nous accepter de tenir grande ouverte la porte du triomphe à une droite dont l'objectif annoncé est de briser plus encore toute velléité solidaire à l'égard de celles et ceux que les dysfonctionnements de l'école - dysfonctionnements que cette droite à alimentés de manière continue - ont contribué à écarter?

Je ne l'accepte pas et ne l'accepterai jamais! Voilà pourquoi j'ai soutenu cette réforme:

solidaire et sociale, sans rien rabattre sur le "niveau" ni sur les "disciplines"; à l'opposé de l' "identitarisme" triomphant;

bienveillante et lucide car consciente du danger réel des "communautarismes";

à contre-courant des "gauloiseries" sarkozystes, des excès zemmouriens ou de la "francité en danger" chère à Alain Finkielkraut.

Qu'on y prenne garde... A force de copier les extrêmes, même à la marge, même involontairement, on en gomme les excès et la dangerosité, on finit par tellement leur ressembler que l'électeur se dit:

"Pourquoi pas l'original plutôt que la copie?"

Christophe Chartreux

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Où sommes-t-on? Marine Le Pen, Blanquer et ''Racine''... Par Claude Lelièvre...

9 Décembre 2017 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Politique

Où sommes-t-on? Marine Le Pen, Blanquer et ''Racine''... Par Claude Lelièvre...

Que penser du « phénomène Blanquer » comme vient de le dire Marine Le Pen et/ou de «sa politique en trompe l'oeil » si l'on écoute le collectif éducation ''Racine'' (lequel, après s'être situé dans la mouvance de la dirigeante du FN vient de rallier les ''Patriotes''' de Philippot) ?

Il convient d'être clair. Il ne s'agit pas un seul instant de soutenir que Jean-Michel Blanquer ou sa politique scolaire seraient d'extrême droite. Et on ne mérite pas toujours (ou entièrement) les appréciations que l'on obtient. Mais le sort à part qui est fait par la droite extrême et même par l'extrême droite au ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer par rapport aux autres ministres du gouvernement (et aussi par rapport aux nombreux ministres de l'Education nationale qui l'ont précédé, à commencer par Najat Vallaud-Belkacem) ne peut manquer d'interpeller sur son positionnement politique (sans doute plus à droite que la majorité gouvernementale) alors qu'il prétend se situer par delà la droite et la gauche en étant inspiré par la ''science'' et le ''pragmatisme''.

Vendredi dernier, Marine Le Pen a soutenu que « l'engouement suscité autour de M. Blanquer, que l'on peut même qualifier de ''phénomène Blanquer'', constitue une victoire idéologique notable pour le Front national et une défaite cuisante des sociologues et des pédagogistes qui avaient pourtant méthodiquement pris possession de l'institution scolaire. Depuis des décennies, notre école est malade du pédagogisme, de l'égalitarisme, du laxisme et accessoirement du gauchisme, qui ont contaminé tous les aspects de la vie scolaire et universitaire. La crise est considérable, mais elle n'est malheureusement pas nouvelle. Ce qui est nouveau , c'est l'arrivée au ministère d'un personnage [Jean-Michel Blanquer] qui affiche une volonté de rupture et qui multiplie les annonces positives ». En conclusion, Marine Le Pen a dit espérer que le nouveau ministre de l'Education nationale « ira jusqu'au bout de sa logique et ne se contentera pas d'annonces et de mesures symboliques ».

C'est sur ce terrain là que s'est situé d'abord , au contraire, le collectif éducation ''Racine'' en prenant ses distances avec Marine Le Pen tout en rejoignant avant tout le ''souverainisme'' des ''Patriotes''' de Florian Philippot. Dans «La lettre 13 » de « Racine ; les enseignants patriotes » de décembre 2017 on peut lire en effet : « De quoi d’ailleurs Blanquer est-il le nom? Certes pas d’une nostalgie sincère pour l’excellence passée de notre Ecole, comme se sont pris à le croire naïvement les milieux conservateurs après que «Valeurs actuelles» leur en a fait l’article, ou comme se l’imaginent les dupes de la dictée quotidienne, son annonce en date d’hier […] Blanquer, sous une savante démagogie du bon sens, n’est en fait rien d’autre qu’un exécuteur zélé des diktats conçus dans les sphères européistes et mondialistes : ce qu’il fut comme DGESCO sous Sarkozy, il continuera de l’être comme ministre  […] La rentrée 2017 a été placée par le nouveau ministre de l’Éducation nationale sous le signe de la «confiance» : mais peut-on faire confiance au ministre ? Il ne faut certes pas nier les bonnes orientations, les bonnes intentions affichées. Certaines, notamment s’agissant du collège, de l’enseignement des fondamentaux (tout récemment du «retour à la grammaire») rejoignent nos propositions, dont on pourrait même penser que M. Blanquer les a lues attentivement. Mais que constate-t-on p o u r l'’instant dans la réalité ? La grille horaire des collèges à la rentrée 2017 reste la même, comme on peut le voir sur le site du ministère. Lors de son discours de rentrée (29 août), M. Blanquer a parlé de «l’assouplissement de la Réforme», mais rien n’a véritablement changé, en particulier pour les horaires de français (4h30 en 6e/5e/4e, 4h en 3e), matière dont le Président comme le Ministre affirment pourtant l’importance primordiale. Rien de changé non plus pour le latin et le grec, dont J.-M. Blanquer parle beaucoup, au point même que ses détracteurs commencent à hausser le ton en rappelant que «le latin et le grec ne sont pas au centre du système scolaire». Qu’en est-il en réalité ? Le ministre affirme leur caractère fondamental, réfute les termes de désuet ou d’élitiste. Il affirme même vouloir implanter ces enseignements dans «tous les endroits en difficulté» et fait de ces disciplines son cheval de bataille, ce qui ne peut que nous réjouir. Mais ce que l’on constate pour l’instant fait des langues anciennes un cas exemplaire de ce qui pourrait être une politique en trompe-l’œil. Elles n’ont pas été rétablies dans la grille horaire, et ne sont toujours mentionnée qu'en note, sous l'appellation vague et pudique de ''langue et culture de l'Antiquité''parmi les enseignements facultatifs, que les établissements qui le souhaitent peuvent proposer »

Si l'on était à la place du ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer (Dieu nous en garde!) , on ne saurait plus s'il faut reprendre à son compte cet aphorisme célèbre : « Gardez moi de mes amis, mes ennemis, je m'en charge ! »

PS: "Où sommes-t-on?": J'ai pensé que la confusion idéologique où nous risquons de nous trouver devait être doublée d'une confusion linguistique d'écriture inclusive populiste...

Claude Lelièvre

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Vers l'école de demain... La recherche au service de l’innovation dans toute la société française - Najat Vallaud-Belkacem... (10 et fin)

8 Décembre 2017 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Education, #Politique

Vers l'école de demain...  La recherche au service de l’innovation dans toute la société française - Najat Vallaud-Belkacem... (10 et fin)

10. La recherche au service de l’innovation dans toute la société française

Une société apprenante est toujours en apprentissage, en formation, en remise en question de ses savoirs et de ses connaissances. Il n’y a plus d’un côté le temps des études, et de l’autre, celui du métier : les deux sont liés.

La formation se déploie tout au long de la vie. Une société apprenante est une société en action, dont les centres de savoir, comme les universités, sont ancrés au cœur de la Cité. Ancrés, et avec des portes toujours ouvertes, qui permettent à tout un chacun, quel que soit son âge, de venir se former et se re-former !

Pour faire avancer notre pays, nous avons besoin de femmes et d’hommes qui sauront opposer aux discours mensongers des arguments qui sont ceux forgés par la connaissance et le savoir. C’est pour cela que la recherche doit rester une évidence et une priorité pour notre politique. Cet investissement ne peut être une contrainte.

C’est pour cela que les programmes investissements d’avenir doivent être poursuivis notamment dans l’impulsion qu’ils donnent sur la formation en lien avec la recherche et l’innovation. C’est pour cela aussi que l’emploi scientifique doit être préservé. C’est pour cela que nos efforts sur la reconnaissance du doctorat dans l’ensemble des missions publiques et dans les entreprises doivent rester une réalité.

Qu’avons-nous voulu faire, en effet, pour la recherche française, et que voulons-nous pour elle demain ? Une recherche qui soit en capacité de contribuer à l’évolution des savoirs, mais une recherche qui soit également au service de l’innovation dans toute la société française, au service de son économie, de son environnement et de l’emploi. Une recherche qui puisse aussi apporter un regard et une aide sur les politiques publiques, et contribuer à donner un sens à notre vie en commun, à notre histoire, comme au futur que nous voulons. C’est le sens du conseil scientifique sur les processus de radicalisation que nous venons d’installer avec Bernard Cazeneuve, qui réunit des chercheurs et des décideurs publics dans une logique de transfert.

Les sciences humaines et sociales (SHS) proposent des clés essentielles pour l’intelligibilité du monde, dans un environnement en mutation rapide, qui s’interroge sur ses valeurs, ses perspectives et ses leviers d’action. Des mesures ont été prises lors de cette dernière année pour mieux former, insérer, soutenir, valoriser les étudiants, docteurs, enseignants et chercheurs de ce domaine et préparer l’avenir. Il faudra poursuivre cette démarche afin que les SHS cessent d’être le secteur scientifique oublié trop souvent depuis des années.

La recherche doit aussi être réappropriée par la société et ne pas rester le seul fait des experts. C’est pour cela que nous devons favoriser l’essor des sciences participatives et associer les citoyens à la recherche. C’est pour cela que la culture scientifique, technique et industrielle ne doit pas se concevoir que sous l’angle de la diffusion des savoirs. La société n’est pas là que pour recevoir, elle doit aussi participer, proposer. Et parce que la recherche n’est pas qu’une problématique franco-française, nous devons continuer à nous inscrire à long terme dans les objectifs du programme européen Horizon 2020, sur la base d’une plate-forme consensuelle qui engagera la France par-delà les obstacles conjoncturels et les alternances politiques.

La France serait ainsi en mesure d’atteindre ces trois objectifs majeurs : encourager l’excellence scientifique, aider au développement des innovations industrielles, et répondre aux grands défis sociétaux et mondiaux du XIXe siècle. C’est ainsi, et seulement ainsi, que nous préparerons de manière responsable et authentiquement progressiste la société française aux grandes mutations de demain. Le livre blanc de l’enseignement supérieur et de la recherche qui a été élaboré lors de ce quinquennat présente, à cet égard, une feuille de route, une stratégie pour l’avenir.
En guise de conclusion à ces quelques réflexions sur ce qui pourrait servir de socle à une politique éducative nouvelle, mais en cohérence avec ce qui a été accompli ces dernières années, je veux alerter le prochain ministre de l’Éducation nationale sur quelques points qui feront le quotidien de son action et conditionneront la réussite des réformes qu’il entreprendra, quelles qu’elles soient.

C’est une évidence, mais sans une passion personnelle sincère et viscérale pour l’École de la République que l’on donne à voir, à sentir et éprouver chaque jour, rien ne sera possible.

Je veux surtout lui dire à quel point le débat public sur l’éducation est piégé, et combien il est important de lui consacrer du temps, de l’énergie, de la patience et de la pédagogie pour que nos concitoyens perçoivent le sens de l’action conduite. Pour cela, il faudra affronter au quotidien, sans se désespérer ni rien mépriser, un bruit de fond fait de polémiques permanentes, de faits divers élevés au rang de généralités qui feront foi bien davantage que tous vos faits, chiffres et arguments toujours suspects de manipulation. Il faudra se battre, ligne à ligne, contre les difficultés de l’opinion, à voir et à tenir compte de ce qui réussit et qui fonctionne, ce qui constitue malgré tout la réalité d’ensemble de l’École aujourd’hui. Il faudra ne jamais renoncer à faire face aux fake news propagées par les réseaux sociaux en continu, aux procès d’intention, à la mauvaise foi caractérisée dans l’interprétation des études et enquêtes dont personne ne veut jamais comprendre qu’elles n’évaluent pas la mesure décidée en début de semaine, mais la réforme d’il y a dix ans. Tout cela ne devra pas venir à bout de vos nerfs et de votre capacité profonde à faire confiance à l’ensemble des acteurs de la communauté éducative, en dialoguant et en travaillant toujours avec elle, quelles que soient les circonstances, le contexte politique ou syndical. Affrontez tous les jours cette mer démontée du débat sur l’éducation en même temps que vous agissez car sinon, vous n’aurez plus qu’une seule chose à faire: rien. C’est arrivé à d’autres par le passé. Croyez-moi, persévérer dans l’action fera de vous un ministre de l’Éducation nationale heureux. Je vous souhaite courage, et réussite dans ce que vous entreprendrez.

Najat Vallaud-Belkacem,
Mai 2017

Pour lire l'intégralité des propositions de Najat Vallaud-Belkacem, cliquer ci-dessous

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Soutien aux collègues du Collège François Rabelais de l'Escarène... Attaqués par la fachospère...

8 Décembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

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Quand l'Afrique anglophone enterre la "Françafrique" face à un Emmanuel Macron soudain sans humour...

4 Décembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Françafrique, #Macron

Et tout à coup, Monsieur le Président de la République ne fait plus du tout dans l'humour...

Deux phrases à retenir mais je laisse chacun écouter la totalité du discours du  President Akufo-Addo (en anglais). car il est là le discours fondateur de la fin de la Françafrique, décidée par l'Afrique et non imposée par la France!

"Il est temps que les africains cessent de conduire leurs politiques sur la base de ce que souhaitent l’UE ou la France";

"60 ans après les "indépendances", il est temps que les pays africains financent eux-mêmes leur éducation et leur santé. Sous ce rapport, il est urgent de rompre avec la mentalité d’assistés et de mendiants éternels."

On est très loin de la pantalonnade de Ouagadougou...

Ce discours, manifestement et visiblement fort mal vécu par un Emmanuel Macron plus habitué à donner des leçons qu'à en recevoir, n'a pas été très commenté par les habituel-lle-s "snipers" sévissant sur les réseaux dits "sociaux"...

Ni par les quelques médias si prompts à retransmettre les moindres faits et gestes d'un Président omniprésent.

Comme c'est bizarre...

Christophe Chartreux

Traduction du discours du Président du Ghana, Nana Akufo-Addo

« J’espère que le commentaire que je m’apprête à faire au sujet de ce problème ne va offenser personne dans cette salle.

Nous ne pouvons plus continuer à mener, dans nos pays, dans nos régions une politique sur la base de l'aide des occidentaux, de l’Europe, de l’union européenne ou la France.

Cela n’a pas marché, ça ne marche pas et ça ne marchera pas !

Il est de notre responsabilité de trouver des moyens pour développer nos nations par nous-mêmes.

Ce n’est pas juste qu’un pays comme le Ghana, 60 ans après son indépendance continue à définir son budget de l’éducation et de la santé sur la base des financements provenant du contribuable européen.

Au stade où nous sommes, nous devions être capable de financer nous-mêmes nous besoins de base. Nous allons considérer les 60 années à venir comme une période de transition où nous pourrons être capable de voler de nos propres ailes.

Notre objectif n’est plus de compter sur ce que le contribuable français pourra nous donner. Nous accepterons cependant tout apport que le contribuable français pourra nous apporter à travers son gouvernement. Nous n’allons pas tout simplement tourner le dos à tout apport de l’autre.

Cependant, malgré tout ce qu'il a subi, ce continent reste celui qui détient 30% de toutes les ressources naturelles les plus importantes du monde. C’est le continent qui a de vastes terres fertiles et la plus grande population jeune, qui constitue une Énergie et le dynamisme dont ce continent a besoin.

Regardez ces jeunes qui font preuve d’ingéniosité pour trverser le Sahara et la Méditerranée. Nous avons besoin de cette Énergie et de cette ingéniosité sur notre continent. Et cette énergie-là, nous l’aurons ici sur notre continent si nous implantons des systèmes politiques qui montrent à ces jeunes qu'ils sont l’espoir, qu’il y a des opportunités ici en Afrique.

Les phénomènes de migration ne sont pas nouveaux. Ils sont aussi vieux que l’humanité et s’expliquent par le fait que les gens qui quittent chez eux le font parce que leur pays ne leur donne aucun espoir.

Ceux d’entre vous qui connaissent l’histoire de l’Europe au 19e siècle savent que les grandes vagues d’immigration en Europe au 19e siècle partaient de l’Italie et de l’Irlande. Des vagues et des vagues d’italiens et d’irlandais ont migré aux USA à la recherche du rêve américain parce qu’il n’y avait pas d’opportunité de travail en Irlande et en Italie.

Aujourd’hui, vous n'entendez plus parler de cette immigration-là.

Les jeunes italiens et irlandais restent chez eux. Nous voulons que les jeunes africains restent aussi en Afrique (applaudissements). Pour cela, nous devons refuser cet état d’esprit d’assistés. Cet état d’esprit qui consiste à demander ce que la France fera pour nous (La France peut faire ce qu’elle veut de son propre gré et si cela coïncide avec nos intérêts, "tant mieux" comme on dira en Français).

Mais notre principale responsabilité en tant que leader et en tant que citoyen c’est de développer nos propres pays, de mettre sur pied des systèmes de gouvernance qui font des leaders, des personnes responsables de leurs actes et qui utilisent les moyens mis à leur disposition pour le bien du peuple et non pour leurs propres intérêts.

Notre préoccupation devrait consister à nous demander ce que nous devons faire pour éviter que l’Afrique continue à mendier de l’aide et à demander l’aumône dans ce 21e siècle.

Quand tu regardes l’Afrique et considérant ses ressources, c’est l’Afrique qui devrait donner de l’argent à d’autres pays.

Nous avons des ressources énormes sur ce continent. Nous devons avoir l’état d’esprit du gagnant, nous dire que si les autres ont réussi, alors nous aussi nous pouvons réussir et une fois que nous aurons cet état d’esprit, nous nous demanderons chaque fois "comment se fait-il que que la Corée [du Sud], Singapour, la Malaisie qui ont eu leur indépendance au même moment que nous, sont au sommet du classement des pays les plus riches du monde?"

On nous a appris qu’à l’époque des indépendances le revenu au Ghana était supérieur à celui de Corée [du Sud]. Que s’est-il passé pour que ces pays réussissent cette transition 60 ans après quand nous sommes où nous sommes (à quémander)?

Sans vouloir offenser le président français, car je suis francophile et je n’ai aucun problème avec la coopération française, mais notre défi majeur, notre part de responsabilité devrait être de créer les conditions nécessaires afin que nos jeunes cessent de braver tous ces dangers pour aller en Europe.

Ils n’y vont pas parce qu’ils veulent, mais parce qu’ils ne pensent pas qu’il y a des opportunités dans nos propres pays. Ces conditions, nous pouvons les créer si nous changeons cette mentalité de personnes qui dépendent des autres, cette mentalité d’assistés.

Et si nous y parvenons, nous verrons que dans une décennie l’Afrique émergera et on aura une nouvelle génération d’africains et en ce moment, les indépendances dont on a parlé pendant la période dite d’indépendance deviendront réelles et effectives.

J’espère qu’en disant cela, je n’offense pas l’intervieweur ou certains de mes amis dans l’assistance. Ceci est ce à quoi je crois fermement.

C’est pourquoi le slogan de mandat est : Nous voulons construire le Ghana sans recours aux aides. Un Ghana qui est indépendant, un Ghana qui se suffit qui vole de ses propres ailes. Monsieur le président voilà la contribution que je peux apporter."

Nana Akufo-Addo

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