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Vivement l'Ecole!

Articles avec #politique tag

«Je vais t’en donner, du droit à l’erreur» ...

10 Juin 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique

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Il est question de permettre aux citoyens de se tromper. Voilà une modernisation de la vie en société qui n’aura peut-être pas que des avantages.

Si j’ai bien compris, Emmanuel Macron veut institutionnaliser le droit à l’erreur dans les liens avec l’administration. C’est-à-dire le rendre réciproque car, actuellement, les administrations ont le droit à l’erreur (et s’en servent). Désormais les administrés auront leur joker. «Madame le juge, monsieur l’examinateur, monsieur ou madame le percepteur, banco, je vais utiliser mon droit à l’erreur.» La mesure est susceptible d’être populaire même si la popularité n’est pas ce qui manque pour l’instant à Emmanuel Macron, il en regorge, les sondages prétendent qu’il suffit de se réclamer de lui pour en avoir jusqu’au cou, une orgie de popularité. Mais si le droit à l’erreur se répand trop, le Président risque d’en faire les frais. On imagine les électeurs dans six mois : «Mais je me suis trompé, je n’ai pas voté pour ça, ces mesures me déplaisent, j’abats mon droit à l’erreur.» Faudra-t-il alors convoquer de nouvelles élections ? Et dans la société civile tellement à la mode ces jours-ci, la mesure est prometteuse, en finissant avec mille querelles. A l’école : «Monsieur, pour ce zéro en maths, je vais faire jouer mon droit à l’erreur.» A l’hôpital : «Cher patient, je crains d’avoir utilisé mon droit à l’erreur. Rassurez-moi, c’est bien la première fois avec vous ?» Au restaurant : «Il est carbonisé, votre steak bleu ? Tout le monde peut se tromper.» En couple : «Chéri(e), je ne rentrerai pas ce soir, là j’ai bon espoir que ça le fasse, mon droit à l’erreur.»

C’est bien beau, la République en marche, mais vers où ? Ça a beau être précis, c’est quand même vague. On ne va ni vers le Nord, ni vers le Sud, ni vers l’Ouest, ni vers l’Est, mais vers le centre. Bon. Et quand on sera arrivé ? Et puis on a envie de se reposer, parfois, on ne peut pas être en marche en permanence. Ce qu’il faudrait, c’est une oasis, une bonne grosse oasis bien juteuse. Il y a des gens pour prétendre que c’est ici et maintenant, l’oasis, qu’on boit notre eau claire. Encore deux petits bulletins les 11 et 18 juin et on se retrouvera comme des chameaux, avec notre provision de démocratie pour cinq ans. Avec les primaires et tout on a voté jusqu’à plus soif, elle risque de nous sortir par les trous de nez, la démocratie, mais peut-être est-ce ce sentiment qui est une erreur. Une indigestion de démocratie ? L’électeur repu n’aurait qu’à se mettre à la diète et hiverner cinq ans.

Le problème du droit à l’erreur, c’est qu’on n’en n’aura qu’un, maintenant. Fini, le cumul des droits à l’erreur. Car, à examiner le personnel politique, il semble que peu sont vierges, question droit à l’erreur. Les socialistes en ont fait une débauche ces cinq dernières années. Et Les Républicains une fameuse en croyant que les erreurs des autres rattraperaient largement toutes les leurs. Il y en a plein les rues, du droit à l’erreur. Est-ce que, finalement, ce ne serait pas mieux s’il n’y en avait plus ? Qu’envisage-t-on en faveur des victimes du droit à l’erreur ? On a l’impression que Donald Trump en profite lui aussi et pas sûr que le climat l’entende de cette oreille et que la courbe s’inverse, celle du réchauffement. Si j’ai bien compris, il y a des sujets, comme ça, où il n’y a plus de droit à l’erreur, on ne peut plus bluffer, les jeux sont faits.

Mathieu Lindon

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Blanquer : un redoublant inconscient?...

9 Juin 2017 , Rédigé par EducPros.fr - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Politique

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Le pince-sans rire à la tête du ministère de l’Education nationale endosse le rôle du comique l’air de rien.

Alors qu’il était à la tête de la DGESCO (direction générales des enseignements scolaires), Jean -Michel Blanquer a fait paraître une circulaire en date du 16 mars 2010 (cf le BO du 18 mars) où il était dûment indiqué (au chapitre 2.1.2  intitulé « Donner sa pleine mesure à l’aide personnalisée ») :« La première mesure de personnalisation du parcours scolaire à l’école est la pédagogie différenciée […]. Elle doit rendre très exceptionnel le recours au redoublement ».

Depuis deux jours, on trouve « redoubler n’est plus interdit » ou « il n’est pas normal d’interdire le redoublement » à la Une de bien des journaux. Et c’est ce qui restera dans les esprits. Jean-Michel Blanquer sait fort bien que l’idée de  "redoublement" est populaire (moins lorsqu’il s’agit des principaux intéressés), et il communique en conséquence, sans se soucier outre mesure de la cohérence (et même de sa cohérence) pensant qu’on ne saura pas grand chose des tenants et aboutissants véritables en la matière. Le nouveau ministre de l’Education nationale ne semble pas être un adepte de la rigueur, loin s’en faut.

Le 8 juin, dans le quotidien « Le Parisien » , Jean-Michel Blanquer a affirmé vouloir «autoriser à nouveau le redoublement» dès l’année scolaire 2017-2018, en jugeant «absurde son interdiction » par la précédente ministre Najat Vallaud-Belkacem.

En réalité, la précédente ministre de l’Education nationale n’avait nullement « interdit »   le redoublement. Son décret de novembre 2014 avait simplement affirmé «le caractère exceptionnel du redoublement », dans la ligne même de la circulaire de Jean-Michel Blanquer du 16 mars 2010 : « rendre très exceptionnel le recours au redoublement » .

In fine, on voit qu’en l’occurrence le nouveau ministre de l’Education nationale ne "manque pas d’air" en prétendant qu’ « autoriser à nouveau le redoublement, n’est certes pas un virage absolu mais une inflexion importante». «Autoriser à nouveau le redoublement» est de l’ordre de la contre-vérité pour ne pas dire de l’ordre du mensonge conscient puisque le DGESCO Jean-Michel Blanquer et la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem se sont prononcé dans le passé dans le même sens : redoublement « exceptionnel » pour l’une, et même « très exceptionnel » pour l’autre… Cela n’augure pas grand chose de bon quant à la fiabilité de ses déclarations voire de son action…

Claude Lelièvre

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Revue de Presse Education... Le grand moon walk - Orientation - Supérieur...

9 Juin 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Politique, #Médias

Revue de Presse Education... Le grand moon walk - Orientation - Supérieur...

L’actualité d’hier et d’aujourd’hui est quasiment totalement occupée par la marche arrière chère à Michael Jackson et le « moon walk » s’impose sur tous les sujets. Quelques réflexions sur l’orientation ainsi que sur le supérieur pour diversifier cette revue de fin de semaine.

Le grand moon walk

Éducation : les conseils de casse du gouvernement. « En s’attaquant d’emblée, ce jeudi, aux réformes des rythmes scolaires et du collège, l’exécutif confirme son intention d’autonomiser les établissements. Un choix que nulle évaluation des dispositifs précédents n’est venu étayer et qui anéantit toute idée de stabilité. »

EPI

CSE : Les EPI sauvés à dose homéopathique. « Au terme d’une séance interminable, le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) du 8 juin a voté majoritairement contre les textes présentés par le ministre sur les rythmes scolaires au primaire et la réforme du collège. L’esprit de consensus a malgré tout marqué un point. Le ministre a accepté un amendement qui rend obligatoire au moins un EPI et un temps d’accompagnement personnalisé (AP) sur la durée du cycle 4 du collège. »

Devoirs

Jean-Michel Blanquer : « Il n’est pas normal d’interdire le redoublement ». Entretien avec le ministre à propos des devoirs dans le Parisien :

« - Vous lancez aussi le dispositif Devoirs faits à la rentrée dans les collèges ?

Oui, ce sera aussi sur la base du volontariat et gratuit. Nous voulons changer de manière très concrète la vie des familles. Cela fait cinquante ans que l’institution n’est pas claire sur ce sujet. Nous sortons de l’hypocrisie : oui, il faut des devoirs, y compris au primaire. Mais on sait aussi que cela peut renforcer les inégalités. Pour résoudre ce problème, les devoirs pourront être faits à l’école et au collège. Et on commence par le collège.

Qui prendra en charge ces études dirigées ?

On va s’appuyer sur les initiatives existantes, on aura recours à des professeurs volontaires payés en heures supplémentaires et à des assistants d’éducation (NDLR : les surveillants) dont le statut évoluera pour qu’ils deviennent de véritables assistants pédagogiques. Ce seront des personnes qui se destinent à être professeurs et qui se formeront grâce à cela. Je lance aussi un appel à tous les étudiants ou jeunes diplômés qui ont envie de s’investir. Je lance aussi un grand appel, au travers du service civique, pour accompagner les élèves dans leurs devoirs et leur permettre de mieux réussir. »

Redoublement

Le ministre de l’éducation veut « autoriser à nouveau le redoublement ». « “Il y a quelque chose d’absurde à laisser passer de classe en classe des élèves accumulant des retards”, estime M. Blanquer dans Le Parisien. »

Éducation : le redoublement refait surface. « Dans un entretien exclusif, le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, nous dévoile de nouvelles pistes pour lutter contre l’échec scolaire. »

Des réactions sur France info :

François Dubet : « "Il est absurde de croire" qu’avec le redoublement de masse la France améliora ses résultats. »
Eric Charbonnier : « Réfléchir à des alternatives au redoublement : travailler par petits groupes d’élèves, utiliser parfois le numérique, etc. »
Retour du redoublement : « Une perte de temps et d’énergie », dénonce un expert. « Un changement de cap qui agace Thierry Troncin, docteur en sciences de l’éducation à l’université de Bourgogne et spécialiste du sujet. »

Sur BFMTV, Albert-Jean Mougin, vice-président Syndicat national des lycées et collèges (SNALC-FGAF), et Nathalie Mons, présidente du Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco), sont interrogés : Pourquoi le redoublement à l’école divise ?

Éducation : l’autorisation du redoublement, un retour en arrière. « La volonté du ministre de l’éducation “d’autoriser à nouveau” le redoublement va à l’encontre d’une tendance générale d’abandon d’une solution jugée inefficace. »

Sur Sud-Radio dans l’émission « Seul contre tous », Cécile Blanchard, Rédactrice en chef des Cahiers pédagogiques et Hélène Rouch, présidente du Comité régional FCPE de Midi-Pyrénées, essayent de s’opposer à cette déclaration “Oui au redoublement !

Un document ressource de 2009, toujours pertinent : Quelles alternatives au redoublement ? Coordonné par Jean-Michel Zakhartchouk - Un hors-série de 112 pages au format PDF.

Et il y en a une qui se réjouit ! Sophie Coignard - Éducation nationale : la fin des années folles. « Sur les rythmes scolaires, les classes bilangues, le grec et le latin, le redoublement, c’est l’heure du retour à la raison, après un quinquennat calamiteux. »

Rythmes

Rythmes : Le rapport du Sénat valide les 4 jours et demi mais veut une réflexion sur les rythmes annuels. « Présenté demain à la presse, le rapport de la Commission Culture et Éducation du Sénat sur les rythmes scolaires pourrait peser sur la réunion du Conseil supérieur de l’éducation. Il "est objectif" nous a dit Françoise Cartron, sénatrice et auteure d’un rapport remarqué sur les rythmes. Le rapport valide la semaine de 4 jours et demi. Il veut donner la possibilité de faire du samedi matin la 5ème demi journée. Mais il lie une éventuelle semaine de 4 jours à la réduction des vacances d’été. Il demande lui aussi, après Jean-Michel Blanquer, une réflexion sur les rythmes annuels, c’est à dire la réduction des congé d’été. »

Rythmes scolaires : un rapport sénatorial recommande de maintenir l’organisation actuelle. « Alors que le gouvernement souhaite réintroduire la semaine de quatre jours, les sénateurs rappellent “le consensus scientifique sur le caractère préjudiciable” de celle-ci. »

Rentrée fin août : « Le temps de l’enfant doit être mieux étalé ». « Jean-Michel Blanquer se dit ouvert à des "discussions" sur le calendrier scolaire. Une "réflexion sur le temps de l’enfant" pourrait être engagée, avec l’idée d’une rentrée ramenée à la fin août. »

Rythmes scolaires : quelles perspectives en 1946 ? Par Jean-Pierre Véran. « Il y a plus de 70 ans, la question des horaires à l’école n’a pas échappé à l’attention des membres de la commission ministérielle d’étude chargée de la réforme de l’enseignement. Un éclairage historique utile à l’heure où le conseil supérieur de l’éducation est saisi d’une proposition de décret concernant l’organisation de la semaine scolaire dans le premier degré. »

Quand les écoliers des ZEP vont aux champs. « L’association Veni Verdi, qui crée des fermes pédagogiques dans des établissements scolaires des quartiers difficiles, fait découvrir les joies de la nature aux enfants quittant rarement la ville. »

Un Munich pédagogique. « A la rentrée 2008, le ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos, prévoit de supprimer le samedi et de généraliser la semaine de 4 jours. L’historien de l’éducation Antoine Prost dénonce une “catastrophe” accompagnée d’un “lâche consentement”. »

Blanquer : l’éducation en marche… forcée ? Par Jean-Pierre Véran. « En 2016, les personnels de direction dénonçaient par la voix de leurs syndicats des à-coups et des injonctions ministériels désorganisant leur travail. Les débuts du nouveau ministre de ce nouveau quinquennat semblent, de ce point de vue, ne pas changer fondamentalement cette donne. »

Éducation : le libéral Institut Montaigne, maître à penser de Macron. « Le nouveau ministre de l’Éducation est un fidèle du think tank depuis de nombreuses années. Il a participé à plusieurs de ses rapports et appartient au comité directeur d’Agir pour l’école depuis sa création. Cette organisation, présidée par Bigorgne, est un satellite de “Montaigne”. Dédié à l’école élémentaire, il multiplie les expériences depuis plusieurs années pour mettre en œuvre ses idées dans le domaine de l’éducation. C’est par exemple grâce à cette structure hébergée dans les mêmes locaux que l’Institut Montaigne que Céline Alvarez a pu lancer une expérimentation mêlant la méthode d’apprentissage Montessori et les neurosciences, narrée dans son best-seller, les Lois naturelles de l’enfant. »

Un rappel des « Trois réformes au XXe siècle, quatre depuis l’an 2000 : les multiples revirements des rythmes scolaires » par Les décodeurs du Monde.

Et, sur le site du ministère de l’Intérieur, on trouvera les Procédures de gestion de crise et sécurisation des établissements d’enseignement face à la menace terroriste.

Orientation

Sur le site des Cahiers pédagogiques, École : les vrais défis - Les chantiers de l’orientation par Bernard Desclaux. « Quelles sont les lignes d’évolution de l’organisation de l’orientation dans notre système de formation initiale ? Globalement, on observe une absence de décisions fermes sur le sens de ces évolutions qui devraient être des changements systématiques. Deux points sont ici discutés : la structure de notre système et l’état de nos procédures d’orientation. »

Les conseillers d’orientation dans l’enseignement secondaire (1959-1993) : un métier « impossible » ? Thèse de LEHNER Paul signalée par l’IFE. « Grâce aux apports de la sociologie de l’action publique, des groupes professionnels et de l’institution, on cherche à comprendre dans cette recherche, consacrée à une sociogenèse du métier de conseiller d’orientation de 1959 à 1993, l’échec (relatif) des conseillers d’orientation pour imposer, et, corrélativement, occuper un domaine de compétences stable, reconnu et valorisé, au sein de l’enseignement secondaire, de 1959 à 1993. »

Supérieur

Mystère Blanquer. Une réforme du bac mystérieuse ? par Claude Lelièvre. « Blanquer est l’un des mystères du gouvernement Philippe. Il n’a pas hésité à être le premier à évoquer un raccourcissement des grandes vacances. En revanche, il retient son souffle quant à l’aspect le plus téméraire de la réforme du baccalauréat envisagé par le chef de l’État. »

Orientation postbac : les lycéens favorables à un rôle accru des mentions au bac. « Plus de contrôle continu au baccalauréat, un rôle accru des mentions obtenues au bac dans l’orientation vers l’enseignement supérieur : voici les principaux enseignements du sondage exclusif de l’Étudiant réalisé auprès de 2600 lycéens sur le bac. »

Exclusif. APB 2017 : les petits arrangements du ministère « pour éviter le tirage au sort ».

Master : le Conseil d’État maintient le monopole des universités et écoles publiques. « En matière de délivrance du master, le Conseil d’État a estimé, dans sa décision du 7 juin 2017, que le monopole actuel détenu par les universités et grandes écoles publiques "résulte de la loi". La Conférence des grandes écoles l’avait saisi, estimant, de son côté, qu’il y avait "une rupture d’égalité" avec les établissements privés. »

Tirage au sort à l’université : pour la première fois, la médecine est touchée. « 857 candidats ont été recalés à l’entrée de la première année de santé, en Ile-de-France. Le ministère promet de trouver une solution en urgence. »

Bernard Desclaux

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De la résistance en démocratie...

9 Juin 2017 , Rédigé par Philippe Meirieu Publié dans #Education, #Politique

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Il est des confusions exaspérantes. Disons le une bonne fois pour toutes : l’obéissance n’est pas une valeur. Pas plus que le travail, ni même le courage ! Ils étaient « travailleurs » ceux qui ont construit les camps de la mort et « courageux », à leur manière, ceux qui, dans les années 1960, bravaient la loi en vigueur pour se livrer à des ratonnades… Quant à l’obéissance, elle ne saurait dispenser de l’exercice de la pensée critique, ni au regard de celui qui donne des ordres, ni à la considération des effets de ses propres actes. C’est qu’on peut obéir à des tyrans ou sous l’emprise de gourous. On peut obéir dévotement à une technocratie aveugle ou stupide. On peut obéir par paresse ou par manque d’imagination. Et nul ne peut jamais se prévaloir d’une quelconque « vertu d’obéissance » pour s’exonérer de l’interrogation sur la légitimité du donneur d’ordres… Mais, en même temps, cette interrogation est insuffisante : qu’un dictateur donne l’ordre de prendre soin de ses enfants ou de ne pas rouler en état d’ivresse ne signifie pas qu’il faille lui désobéir. De même que, si un pouvoir légitimement élu impose de contrevenir aux droits fondamentaux de la personne - l’éducation, la santé ou le logement – il ne peut être question de s’y résigner. Car nul ne peut jamais se prévaloir d’une « vertu d’obéissance » - ou « de désobéissance » – pour s’exonérer de la réflexion sur la portée de ses actes.
 
Pour autant que l’on convienne que la démocratie reste un horizon commun possible et souhaitable… pour autant qu’on accepte de la définir comme un engagement collectif pour la construction du bien commun… pour autant qu’on y affiche que nul, jamais, n’a légitimité à y exercer le pouvoir « par nature », mais toujours provisoirement, par mandat et « en tant que… »… pour autant qu’on renonce à cultiver la nostalgie des théocraties religieuses ou laïques où l’obéissance s’imposait au nom d’une vérité révélée… pour autant, pour tout dire, qu’on reste fidèle à la maxime de Kant, définissant Les Lumières, « sapere aude… ose penser par toi-même »… alors nous devons affirmer que, pour tout citoyen, en démocratie, la question n’est nullement de choisir entre obéir ou désobéir. La vraie question est : quels sont les devoirs du citoyen pour que la démocratie soit autre chose qu’un vœu pieu, un habillage institutionnel des rapports de force ou une sympathique façade derrière laquelle règne la concurrence des démagogies.
 
Risquons l’énonciation de quelques-uns des devoirs – et je dis bien des devoirs – du citoyen.
 
Son premier devoir est d’assumer les obligations qui relèvent de l’universalité et de la réciprocité citoyennes : ne rien faire qui mette en péril les droits de chacun à exister dans la dignité en tant que citoyen ; nous ne pouvons pas agir envers les autres en niant ce que nous revendiquons pour nous-mêmes ni ce qui rend possible l’existence du collectif démocratique…
 
Le second devoir du citoyen est celui de la participation et de l’implication requises par les institutions démocratiques : voter est un devoir car c’est la condition même de l’existence de la démocratie ; si plus personne ne votait ou si le vote devenait minoritaire, c’est tout notre échafaudage démocratique qui serait mis en péril…
 
Le troisième devoir du citoyen est de connaître les lois et les règles élaborées par nos institutions démocratiques : « nul n’est censé ignorer la loi » n’est pas une maxime satisfaisante ; il vaudrait mieux dire : « chacun doit connaître la loi » ; ce qui impose évidemment que les pouvoirs publics aient, dans ce domaine comme pour toutes les décisions qu’il prend, un principe d’information intégrale et d’explicitation systématique…
 
Le quatrième devoir du citoyen est d’examiner si ces lois et ces règles sont conformes à ce qui fonde le projet démocratique lui-même, en amont de toute idéologie ou de toute « opinion » ; on peut, en effet, dans une démocratie, débattre de tout, sauf de ce qui, justement, permet le débat : le refus du passage à l’acte violent, le refus du caprice et de l’arbitraire, le refus de destituer qui que ce soit de ses droits fondamentaux, le refus de l’exclusion de quiconque du « cercle des humains »…
 
Le cinquième devoir du citoyen est d’engager, en cas de désaccord sur ces points avec ses autorités hiérarchiques, un dialogue inlassable pour expliquer pourquoi « en conscience, il refuse d’obéir »… et de chercher à instaurer les conditions d’un retour à un accord dans le cadre d’une négociation sereine et sans relâche.
 
Soyons clairs : ces devoirs sont la condition même de l’institution et de la pérennité de la démocratie… et cela contre les cinq tentations majeures qui nous guettent. L’universalité et la réciprocité citoyennes nous garantissent contre le retour à l’aristocratie et à toutes les formes d’oligarchie, c’est-à-dire à la réduction du corps des « citoyens » à quelques privilégiés. L’implication et la participation citoyennes nous garantissent contre la dévitalisation de nos instances et l’abandon du pouvoir aux technocraties de toutes sortes. La publicité systématique des décisions prises par toutes les instances institutionnelles nous garantit contre toutes les formes de manipulation de l’opinion par la rumeur, l’opacité et l’ignorance. L’examen du caractère démocratique de toute décision nous garantit contre les errances de ceux qui confondent le fait d’avoir un mandat électif avec celui d’être propriétaire du pouvoir ; cela rappelle qu’aucune démocratie ne peut décider – même démocratiquement – d’enfreindre les principes qui la fondent. Et, enfin, l’explicitation du désaccord et la recherche du dialogue nous garantissent contre la tyrannie de minorités, fussent-elles « éclairées », qui, certaines de leur bon droit, s’enfermeraient vite dans leur tour d’ivoire avant de basculer dans le terrorisme.
 
(...)
 
Philippe Meirieu
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Pourquoi Najat Vallaud-Belkacem est la candidate qu'il faut aux villeurbannais... (Video)

9 Juin 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

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Gif-sur-Yvette : parents, profs et élèves unis contre le principal « autoritaire » du collège...

9 Juin 2017 , Rédigé par Le Parisien Publié dans #Education, #Politique

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94 % des enseignants de l’établissement Juliette Adam se sont mis en grève ce jeudi pour la deuxième fois en un mois. Les élèves ont pour leur part organisé un blocus de l’établissement mardi et mercredi.

94 % des professeurs du collège Juliette Adam de Gif-sur-Yvette se sont mis en grève ce jeudi. Manifestant à proximité de l’établissement, ils ont dénoncé le comportement de leur principal, nommé en septembre 2015 et jugé trop autoritaire. Un mouvement de grève, lui aussi massivement suivi, avait déjà été lancé le 11 mai dernier.

Le rejet semble unanime. « La PEEP et la FCPE exigent qu’un nouveau principal soit nommé afin de rétablir un climat propice aux enseignements », écrivent les deux associations de parents d’élèves dans un communiqué. Et les adolescents scolarisés dans ce collège ont organisé un blocus ce mercredi et ce mardi.

« La première année, nous avons essayé de discuter et de ne pas écouter les rumeurs qui le précédaient de ses précédents établissements », assure Delphine Lebahan, professeur de lettres et déléguée du syndicat d’enseignant SNES.

Mais tout bascule lors des grandes inondations survenues en Essonne il y a un an. L’eau envahit le collège. « Il nous a quand même demandé de venir travailler alors que l’établissement était inaccessible. Un cap était franchi. Il mettait concrètement notre sécurité en danger », poursuit la prof.

« Il nous a été demandé de renouer le dialogue… Mais il n’y en a jamais eu »

Changements de classe impromptus, missions arrêtées arbitrairement, comité pédagogique réduit à sa portion congrue… « Il y a eu aussi des faits graves, comme l’introduction de couteaux dans l’enceinte de l’établissement, qui ont été à peine sanctionnés. Cela crée un sentiment d’impunité et n’envoie pas le bon message éducatif aux enfants », expliquent Nathalie Couvreur, de la FCPE et Valérie Guillot, de la PEEP.

« On voyait régulièrement des profs arriver en classe avec les yeux rouges. Ils ne disaient rien, ils essayaient de nous préserver. Nous étions gênés pour eux. Nous avons compris au fur et à mesure », témoigne une élève de 3e.

« Lors d’une réunion début mai à la direction académique, il nous a été demandé de renouer le dialogue… Mais il n’y en a jamais eu », raconte Delphine Lebahan. « C’est à sa hiérarchie de prendre ses responsabilités », estiment aujourd’hui les parents d’élèves. Contactée, la direction académique n’a pas réagi.

leparisien.fr

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Education : les conseils de casse du gouvernement...

8 Juin 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique

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En s’attaquant d’emblée, ce jeudi, aux réformes des rythmes scolaires et du collège, l’exécutif confirme son intention d’autonomiser les établissements. Un choix que nulle évaluation des dispositifs précédents n’est venu étayer et qui anéantit toute idée de stabilité.

Le nouveau locataire de la rue de Grenelle veut «libérer les énergies» et permettre aux écoles et collèges d’ajuster à leurs besoins l’application de deux réformes emblématiques du quinquennat Hollande, contestées depuis leur mise en place : les rythmes scolaires et la réforme du collège. C’est le sens des textes qui sont soumis pour avis ce jeudi au Conseil supérieur de l’éducation (dont font partie les syndicats), avant d’être signés par le ministre. Pourtant, Jean-Michel Blanquer avait pourtant toujours déclaré, et il continue de le faire, son attachement à la continuité en matière de réformes éducatives. Comment donc comprendre cette juxtaposition d’assouplissements et de remises en cause aussi rapides ?

Syndicaliste du premier degré, Francette Popineau (SnuiPP FSU) est désabusée : «Le nouveau décret sur les rythmes ne représente qu’un assouplissement par rapport à ce que Benoît Hamon avait mis en place [la possibilité de libérer une demi-journée, ndlr]  . Ce qui est catastrophique en revanche, c’est que ce ministre continue à penser les rythmes avec une logique délétère : occulter l’intérêt de l’enfant en se concentrant sur les possibilités des communes.» Si les spécialistes de la chronobiologie et l’Académie de médecine affirment depuis longtemps que la semaine de quatre jours et demi est plus favorable aux apprentissages, Blanquer soutient que rien ne dit qu’une solution soit meilleure qu’une autre.

«Anxiogène»

Des communes, Nice en tête, ont déjà annoncé le retour à la semaine de quatre jours (lire ci-contre). Dans les villes qui ont joué le jeu de la réforme de 2013, les responsables s’interrogent. Comme Rozenn Merien, présidente de l’Association nationale des directeurs de l’éducation des villes (Andev) : «J’ai très peur que de belles initiatives locales soient brisées alors que les projets s’amélioraient d’année en année. Quand le ministre dit "on ne sait pas ce qui est le mieux pour les enfants", c’est même anxiogène ! Comment faire confiance à une institution qui change de politique tous les trois ans ?»

Sur la question de la réforme du collège, Frédérique Rolet, du Snes FSU, le principal syndicat du second degré, s’estime satisfaite : «Je reste vigilante, mais je vois dans ce qui est décidé une mise en conformité avec la réalité car, on le sait, la réforme du collège était appliquée de manière très contrastée.» En revanche, pour les organisations qui ont soutenu la réforme (le Sgen CFDT et Unsa, les principaux syndicats lycéens et la FCPE), c’est la désillusion. Le nouveau ministre «casse un élan», disent-ils, en mettant fin au caractère obligatoire des enseignements interdisciplinaires. Les militants pédagogiques qui avaient accompagné l’action de Najat Vallaud-Belkacem, tel Philippe Watrelot, parlent même de «ministre Ctrl Z», celui qui efface d’un coup de clavier ce qui vient d’être mis en place. Du côté des acteurs de terrain, certains sont déjà découragés. «Comment autant de travail et d’énergie dépensés peuvent être détruits si vite ? demande un principal de collège. Je pense à toutes ces heures de concertation à monter des enseignements interdisciplinaires [EPI] dans mon établissement. Quel est le sens de tout cela ?»

Les revirements actuels donneraient plutôt raison à ceux qui, sur le terrain, n’ont pas joué le jeu des réformes, les appliquant a minima, attendant un changement de ministre. De plus, avec ces possibilités de mettre en œuvre ou non les dernières réformes, qui procédera aux arbitrages financiers ? Difficile de cumuler les dispositifs sans faire de choix. Par exemple, concernant le collège, comment remettre en place des classes bilangues en 6e et préserver la seconde langue à partir de la 5e à moyens constants ? A l’école élémentaire, comment faire fonctionner le dispositif «Plus de maîtres que de classes» et des effectifs à 12 élèves dans les CP des zones d’éducation les plus prioritaires (REP+) ?

Méthode

Selon le SnuiPP, les directeurs académiques, qui doivent travailler à nombre de postes constants pour la rentrée, procèdent déjà à des arbitrages : des classes ne seront pas ouvertes, on ne pourra pas faire face à l’urgence démographique. Les adversaires de Blanquer, qui le savent féru d’évaluations scientifiques, retournent sa méthode contre lui : pourquoi détruire ce qui n’a pas été évalué ? Comme le remarque la secrétaire générale du SnuiPP Francette Popineau, «il suffit de regarder les évaluations internationales pour comprendre que la continuité demeure la méthode qui marche le mieux pour faire progresser les systèmes éducatifs».

Louise Tourret

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Education - "Une recette imparable pour faire du surplace : défaire méthodiquement ce qui a été fait."

8 Juin 2017 , Rédigé par Libération Publié dans #Education, #Politique

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Surplace

«Nouveaux visages, nouveaux usages», nous vante la réclame de notre nouveau président. Pendant sa campagne, Emmanuel Marcon avait dressé un diagnostic du mal français : notre démocratie souffre de beaucoup trop de lois, d’aucune culture de l’évaluation et encore moins de l’expérimentation. La classe politique française a toujours adoré élaborer des textes, mais se moque de savoir s’ils sont correctement appliqués, ou efficaces. La révolution macronienne nous promettait la nouvelle ère du pragmatisme.

On emploie l’imparfait car il a suffi de quelques semaines au gouvernement d’Edouard Philippe pour retrouver les réflexes de la bonne vieille politique. Les deux premières décisions de Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education, sont un modèle du genre : deux décrets pour donner la possibilité aux communes de déroger à la semaine de quatre jours et demi et aux établissements de s’affranchir de la réforme du collège. Deux réformes qui ont eu à peine le temps de trouver leurs marques et donc de produire des résultats. La question des rythmes scolaires est un splendide cas d’école. Avec sa semaine de quatre jours, la France était une exception en Europe. Toutes les études scientifiques concluaient à peu près la même chose : une journée de cours moins longue (et un enseignement mieux réparti dans la semaine) est favorable à l’apprentissage des enfants, et notamment des plus défavorisés. C’étaient en tout cas les justifications du chantier lancé par l’ex-ministre de l’Education Vincent Peillon. Aucune réforme (pas plus celle-là qu’une autre) n’est exempte de critiques, mais encore faut-il se donner les moyens d’en mener une évaluation sérieuse. Ce que le gouvernement s’est empressé de ne pas réaliser. En matière de politique publique, il y a une recette imparable pour faire du surplace : défaire méthodiquement ce qui a été fait.

Grégoire Biseau

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LREM, des candidats loin d'être exemplaires...

7 Juin 2017 , Rédigé par Médiapart Publié dans #Politique

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EXTRAIT

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Dans la campagne d’Emmanuel Macron, l’adversaire de Najat Vallaud-Belkacem à Villeurbanne (Rhône), proche du ministre de l’intérieur Gérard Collomb, a joué un rôle pivot. L’ex-patron d’Infogrames et Atari, apôtre médiatique de la « Robolution » – la révolution du travail et de l’économie par les robots, un concept déposé à l’Inpi qu’il décline à toutes les sauces – a été un soutien de la première heure du candidat d’En Marche! et le référent du parti dans le Rhône… mais aussi, de l’aveu même de l’entourage de Macron, un précieux rabatteur de dons privés : il a ainsi organisé deux événements privés à Lyon début février, un dîner et un cocktail, en marge du meeting d’Emmanuel Macron à Lyon.

Selon un jugement de divorce du tribunal de Lyon de 2011, ce patron souvent cité en modèle, interlocuteur de tous les ministres de l’économie, a pourtant « entièrement restructuré son patrimoine, y compris en utilisant judicieusement un endettement qui pourrait être qualifié de colossal, afin d'éluder l'impôt de solidarité sur la fortune d'abord et l'impôt sur le revenu ». Il a par ailleurs été sanctionné par l'Autorité des marchés financiers, le gendarme de la Bourse.

L'affaire remonte à quelques années. En 2007, Bonnell est « viré » avec fracas d’Infogrames, société aujourd’hui en liquidation judiciaire. Le 16 janvier 2008, Infogrames est condamné à verser 40 000 euros à l’Autorité des marchés financiers (AMF). Bonnell n’est plus patron, mais c’est bien sa gestion qui est visée. Selon la décision, toujours accessible en ligne, l’AMF estime qu’entre juin 2003 et juin 2004, Infogrames Entertainment, « représentée par son directeur général d’alors, M. Bruno Bonnell », a « artificiellement fait varier le cours de son titre » en achetant et revendant des paquets d’actions, sans que l’AMF n’en soit informée. Des écoutes ont prouvé que le trésorier d’Infogrames a demandé à l’intermédiaire financier Natexis Bleichroeder de « soutenir de manière artificielle les cours, afin de favoriser la réalisation par Infogrames de cessions d’actions hors marché, effectuées les mêmes journées ». Des agissements contraires à plusieurs règlements, juge l’AMF. Sollicité par Mediapart, Bonnell dénonce un « excès de zèle » du régulateur et assure que les opérations étaient destinées à « défendre le titre », alors attaqué sur les marchés.

« Navya Inc. » a été déposée au Delaware par une société dont Bonnell préside le conseil de surveillance © DR
 
« Navya Inc. » a été déposée au Delaware par une société dont Bonnell préside le conseil de surveillance © DR

Bonnell, qui incarna le patron intraitable dans l’éphémère version française de The Apprentice, le show télé qui fit connaître Donald Trump aux États-Unis, est par ailleurs propriétaire de deux sociétés, BB26 et Navya, basées dans le paradis fiscal du Delaware, petit État de la côte est des États-Unis qui compte plus d'entreprises que d’habitants. Et pour cause : les taxes y sont inexistantes, aucune activité réelle n’est exigée et le nom des propriétaires des sociétés n’est pas demandé. Le Delaware est donc impliqué dans toutes sortes de montages financiers permettant aux sociétés du monde entier d’éluder fiscalement des milliards de capitaux. Bonnell prie pourtant de croire que dans son cas, « tout est transparent ».

Comme le confirme un document financier de l’époque, BB26 LLC (une SARL) a été créée en 2007 par Atari quand il a été débarqué. Un prêt d’un million d’euros lui a même été accordé par son ancienne entreprise pour lancer une activité dans la robotique et les jeux online. Mais Bonnell a dû rentrer précipitamment des États-Unis à cause d’un drame familial et n’a jamais lancé son activité. Il admet ne s’être ensuite « jamais occupé » de fermer la société. L’autre entité que nous avons découverte, Navya Inc., a été créée par la société du même nom, un fabricant de véhicules sans chauffeurs dont il préside le conseil de surveillance. « Il s'agissait de protéger la marque. Le Delaware n’est pas qu’un paradis fiscal, c’est aussi un lieu où l’on peut monter des sociétés rapidement. » Et surtout, dans la plus grande discrétion.

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Par Mathieu Magnaudeix (avec Antton Rouget et Louise Fessard)

La totalité de l'enquête Médiapart est à lire ci-dessous

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Education : ces mesures prises sous le quinquennat Hollande auront-elles toujours cours avec Macron?...

7 Juin 2017 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Politique

Enfant, Jeu, Paix, Personnes, Humain

EXTRAITS

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Les rythmes scolaires

La réforme. Annoncée en 2013 et mise en place partout à la rentrée 2014, les nouveaux rythmes scolaires sont une des mesures phares du précédent gouvernement. C'est aussi celle qui a suscité une levée de bouclier. Avec la réforme, les élèves du primaire vont à l'école quatre jours et demi par semaine. En plus des quatre jours habituels, le mercredi matin ou le samedi matin, est travaillé. La réforme introduit également trois heures d'ateliers périscolaires. Ces activités sont organisées par chaque municipalité avec une aide financière fournie par l'Etat.

Ce qu'elle devient. Retour en arrière et menu à la carte. Dès la rentrée 2017, les villes qui le souhaitent pourront revenir à la semaine de quatre jours, après concertation avec les parents et aval de l'inspection d'académie. Le décret, qui offre cette possibilité, doit être publié dans l'été. Des villes comme Marseille, Nice ou encore Furiani (Corse) ont déjà annoncé un retour aux quatre jours. Elles peuvent aussi, bien sûr, décider de maintenir les rythmes actuels. Mais il n'est pas sûr du tout, qu'après 2019, les aides de l'Etat soient maintenues pour financer les activités périscolaires, rappelle Le Monde.

La réforme du collège

La réforme. Elle vise à lutter contre l'ennui supposé des élèves. Pour y parvenir, la réforme des collèges a introduit les EPI, les enseignements pratiques interdisciplinaires. Les professeurs de différentes matières travaillent ensemble dès la 5e dans huit domaines comme le "développement durable", "sciences et société", "corps, santé et sécurité", "langues et cultures de l’Antiquité". L'idée est de mêler autour d'une même thématique plusieurs disciplines. Avec la réforme, les classes bilangues et les sections européennes ont été supprimées. Le latin et le grec n'ont pas disparu partout, mais la voilure a été largement réduite, puisque ces langues ne bénéficient plus de financement spécifique. En revanche, une deuxième langue est étudiée dès la 5e, un an plus tôt qu’auparavant.

Ce qu'elle devient. Avec le nouveau ministre de l'Education nationale, c'est le retour du latin, du grec, des classes bilangues et des sections européennes. Jean-Michel Blanquer estime qu'elles ont été "stupidement supprimées". En revanche, les EPI sont maintenus si les collèges le souhaitent. Le nouveau ministre veut redonner de l'autonomie aux établissements et leur laisser davantage la main. Seule obligation nouvelle pour les collèges, celle de proposer, chaque soir de 16 heures à 18 heures, des études dirigées, dans le cadre des "devoirs faits". Le ministre veut que les devoirs soient réalisés dans le cadre de l'école et plus à la maison, pour réduire les inégalités. Il a promis des "premières applications" de ce dispositif dès septembre et ses modalités seront annoncées "bientôt".
 
Une nouvelle carte d'éducation prioritaire
 
La réforme. Depuis la rentrée 2015, ne les appelez plus ZEP (zone d'éducation prioritaire), mais REP ou REP+ (réseau d'éducation prioritaire). En réalité, la nouvelle carte de l'enseignement prioritaire à travers les REP et une version renforcée de ces derniers, les REP+, était censée remplacer les ZEP, mais aussi toutes les politiques et les programmes en la matière. Dans ces classes de REP et REP+, les effectifs sont censés ne pas dépasser 25 élèves, rappelle Le Figaro.

Ce qu'elle devient. Dans son programme sur l'éducation, Emmanuel Macron ne revient pas sur la carte de l'enseignement prioritaire. En revanche, dans les classes de CP et CE1, les effectifs doivent passer à douze élèves et ce, dès la rentrée 2017 dans les REP+. Les syndicats craignent que le dédoublement des classes remplace le dispositif "plus de maîtres que de classes", mis en place dans les CP et CE1 de REP et de REP+ sous le quinquennat Hollande. Cette mesure consiste à affecter un enseignant supplémentaire en renfort dans ces écoles.

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Carole Bélingard

Le billet entier est à lire ci-dessous

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