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Vivement l'Ecole!

politique

Mai 68 par celles et ceux qui l'ont vécu... (Video)

22 Mars 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Histoire, #Politique

Mai 68 par celles et ceux qui l'ont vécu... (Video)
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Toulouse, Bordeaux, Montpellier: les facs contre la sélection...

22 Mars 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique

Toulouse, Bordeaux, Montpellier: les facs contre la sélection...

Plusieurs universités, à Bordeaux, Toulouse ou Montpellier, sont bloquées pour protester contre la loi, définitivement adoptée le 8 mars au terme d’un examen accéléré, d’accès à l’enseignement supérieur. Les étudiant.e.s mobilisé.e.s occupent des bâtiments sur les campus et espèrent obtenir un retrait de la loi portée par la ministre Frédérique Vidal.

Sans le vouloir, Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur, a peut-être enclenché le durcissement d’un mouvement de protestation contre sa loi d’accès à l’enseignement supérieur. L’université de Toulouse-Jean-Jaurès (ex-Le Mirail), souvent à la pointe de la contestation, est bloquée depuis trois mois. Les raisons de ce blocage sont multiples, mais les étudiants et les personnels en grève entendent contester ainsi la loi d’accès à l’enseignement supérieur. Celle-ci introduit une forme de sélection, avec notamment la mise en place d’attendus, soit de compétences requises pour postuler à telle ou telle filière.

Définitivement adoptée le 8 mars, au terme d’un examen accéléré, la loi « orientation et réussite des étudiants » (ORE) provoque des remous dans les universités. Les enseignants-chercheurs ont de leur côté protesté contre la mise en œuvre de ces prérequis. Les étudiants refusent ce mode d’admission à l’université et réclament plus de moyens pour les facultés. Les principales organisations étudiantes et lycéennes comme l'Unef, la Fidl, le MJS, Jeunes Générations, les Jeunes Écologistes, le MJCF, l'UNL, le SGL, la FIDL et la JOC ont appelé les jeunes à se joindre aux cheminots et à la fonction publique, qui descendent dans la rue le 22 mars. La Fage, désormais première organisation, n'appelle en revanche pas à la mobilisation.

Le parallèle est limpide. Cinquante ans plus tard, les étudiants commencent à se révolter, comme lors d'un certain mois de mai passé à la postérité en matière de luttes sociales. De quoi inspirer le député insoumis Jean-Luc Mélenchon. « À Toulouse, l'université est foudroyée par l'autoritarisme macroniste… Vivement mai 68 ! », a tweeté le leader de La France insoumise en référence à la mise sous tutelle de l’université. « Il flotte comme un parfum d'insurrection “soixante-huitarde” sur le campus de Toulouse-Jean-Jaurès », raconte également Le Point. « Les insurgés, qui réclamaient également la démission du président, favorable à la fusion, ont remporté une première victoire à la Pyrrhus : Toulouse a définitivement perdu son Idex lundi. »

En effet, le mécontentement des grévistes de Toulouse-Jean-Jaurès trouve sa source dans un projet de fusion de leur établissement avec l'université Paul-Sabatier et deux écoles d'ingénieurs, pour tenter de regagner le label du programme Initiatives d’excellence (Idex). Ce qui aurait permis à l'établissement de gagner des crédits de 25 millions d’euros annuels. Les résultats du jury de mars 2018, dont les résultats ont été dévoilés le 19 mars par la ministre de l’enseignement supérieur dans un communiqué, confirment que le projet de Toulouse a été retoqué, faute d’atouts suffisants pour devenir une université d’excellence à fort rayonnement international.

Marina, 23 ans, militante au NPA Jeunes et à Solidaires étudiants, explique à Libération les raisons de son opposition au projet : « Cette fusion nous ferait perdre notre personnalité morale et juridique, des postes seraient supprimés, les frais d’inscription augmenteraient, les différentes filières seraient mises en concurrence… »

Le blocage total de l’université a cours depuis le 7 mars et la grève dure, elle, depuis trois mois. Afin de mettre fin au conflit et comme le permet l’article L. 719-8 du code de l’éducation, Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, a ainsi décidé de prononcer ce jour la dissolution des conseils centraux de l’université Toulouse-Jean-Jaurès. Une décision rare.

Selon La Tribune, l’impossibilité de réunir le conseil d’administration bloque l’adoption du budget de l’université Jean-Jaurès pour l’année 2018, ce qui représente environ 170 millions d’euros. Depuis le début de l’année, le rectorat a débloqué un budget provisoire permettant seulement de verser les salaires des personnels. « Mais ce budget provisoire était conditionné à la régularisation de la situation, à savoir l’adoption d’ici la mi-mars du budget, faute de quoi l’université serait mise sous tutelle », peut-on lire dans l’article.

« En signe de protestation, les représentants syndicaux membres du conseil d'administration boycottent les diverses réunions empêchant la tenue de tout vote et prise de décision, le quorum (nombre de participants minimum obligatoire pour valider un vote) n'étant pas atteint », rapporte Libération.

Après plusieurs semaines de bras de fer, le président de l’université, Daniel Lacroix, dont la démission était réclamée par les protestataires, a finalement été démis de ses fonctions. En effet, celui-ci s'était engagé à tenir compte de l'avis des étudiants et personnels. « Environ 95 % des étudiants et 60 % des personnels se sont prononcés contre ce projet en décembre », rapporte un gréviste. Mais le président n'a pas respecté son engagement et a utilisé sa voix prépondérante pour entériner la demande de fusion. En attendant de nouvelles élections, l’administration provisoire de l’université a été confiée à Richard Laganier, chercheur au CNRS à Paris-VII et ancien président de l’université de Guyane.

La ministre assume cette décision de mise sous tutelle, même si la rectrice de l'académie de Toulouse récuse ce terme. « L’État prend ses responsabilités », a expliqué Frédérique Vidal lors de la séance de questions au gouvernement du 21 mars.

L’Union des étudiant.e.s de Toulouse a exprimé son opposition à la décision ministérielle avec vigueur sur Twitter. « Et que dire de l'intervention policière programmée en plein mouvement social ? N'ont-ils donc rien appris de l'histoire ? Notre grève ne sera pas brisée, notre détermination n'en sera que renforcée. Soyez en sûrs. Que le sang coule comme à Bordeaux, ou pas. » Un autre tweet fait aussi référence à Mai 68 : « On vous rappelle que Mai 68 a commencé par une fac évacuée un 22 mars. Bons baisers du Mirail. »

« Toulouse-2 vivra, Toulouse-2 vaincra ! », « Du fric pour les facs, et les lycées, pas pour la Bac, ni pour l'armée ! », « Flics, hors de nos facs ! », hurlaient à pleins poumons une centaine de manifestants lors d’un rassemblement parisien de soutien le 20 mars. Au cours de cette manifestation sauvage, plusieurs participants ont fait part de leur solidarité avec leurs camarades toulousains, étant tous opposés à une intervention policière pour les déloger. Très vite après l’annonce, cette rumeur a parcouru les réseaux sociaux. Ce ne serait pas la première fois.

En effet, début mars, l'évacuation par des CRS d'une assemblée générale étudiante à l'université de Bordeaux avait choqué les esprits. Des étudiants mobilisés racontaient avoir été violemment évacués, rapportait alors France 3. Les forces de l’ordre étaient alors accusées d’avoir fait usage de « coups de matraque » et de « coups de poing au visage », des violences ponctuées d’« insultes racistes ».

Malgré ce choc, la faculté des sciences humaines de la Victoire est toujours occupée de jour comme de nuit, selon Sud Ouest, par les étudiants depuis près de quinze jours maintenant. Ils entendent rester mobilisés jusqu’au retrait de la réforme. Une détermination qui ne fait pas l’unanimité. Une pétition en ligne qui a recueilli 1 500 signatures a été lancée par des étudiants, opposés à l’action car ils doivent se rendre sur d’autres sites pour suivre leurs cours.

Les cours sont suspendus jusqu'au lundi 26 mars à l’université Paul-Valéry de Montpellier, pour le même motif. L'université n'est pas bloquée, elle est ouverte différemment, raconte l'AFP : « Il y a un programme de cours substitutifs par des enseignants mobilisés », explique un syndicaliste étudiant, dénonçant le « discours clivant » du président de l'université Patrick Gilli. Néanmoins, ce dernier et le vice-président essaient de dialoguer avec le comité de mobilisation et les organisations étudiantes pour éviter d'avoir recours à une fermeture administrative ou à une évacuation musclée du bâtiment.

Faïza Zerouala

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Tout ce que nous ne savons pas sur l'histoire de la grève... Réponse au Ministre de l'Education Nationale...

22 Mars 2018 , Rédigé par Arrêt sur Images Publié dans #Education, #Politique, #Histoire

Tout ce que nous ne savons pas sur l'histoire de la grève... Réponse au Ministre de l'Education Nationale...
Après cette déclaration du Ministre de l'Education Nationale, pour le moins imprudente:
 
"On n'a pas besoin de grève en France".
"Je pense qu'on n'a absolument pas besoin de grève pour se parler (...) Je n'ai pas besoin d'une grève pour comprendre les revendications", a-t-il martelé, ajoutant :
"Y a d'autres moyens que celui-là, on a un parlement pour s'exprimer, on a les journaux, on a tout ce qu'il faut…".
 
Il était nécessaire de rappeler que, si, on a besoin de grèves en France...
 
Il suffit pour s'en convaincre d'étudier notre Histoire...
 
Ce qu'a très bien fait Mathilde Larrère...
 
Bonne lecture et bonne écoute
 
Christophe Chartreux
                        __________________________________________
 
Une révision générale sur l'histoire de la grève en France
 
Savez-vous quel chef d'Etat a légalisé la grève en France, pour pouvoir mieux la réprimer ? Savez-vous quand ont commencé les grèves avec occupation d'usine ? Comment la France entière s'est mise en grève en Mai 68 ? Et quel ministre de l'actuel gouvernement estime que "la grève ne sert à rien
 
Alors que bat son plein la grande grève du 22 Mars, notamment contre la réforme du statut des cheminots, alors que les medias dominants, comme toujours, vont titrer sur la "paralysie" du pays, révision générale sur l'histoire de la grève en France. Avec une conclusion : oui, la grève est utile !
 
(Vidéo en cliquant ci-dessous)
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Maternelle : 850 classes en moins à la rentrée 2018 (Snuipp-FSU)...

22 Mars 2018 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Education, #Politique

Maternelle : 850 classes en moins à la rentrée 2018 (Snuipp-FSU)...

Selon le syndicat Snuipp-FSU, 1 212 classes de maternelles hors éducation prioritaire seront fermées à la rentrée 2018, pour seulement 370 ouvertures.

(...)

1 200 postes « Plus de maîtres que de classes » en moins

Pour les départements pris en compte par le syndicat, la dotation totale s’élève à 3 880 postes, pour une baisse de 32 657 élèves. Cependant, souligne le Snuipp-FSU, le dédoublement des classes de CP/CE1 en éducation prioritaire, promesse de campagne du candidat Macron mise en place à la rentrée 2017, « ‘consomme’ à lui seul 5 442 postes ».

Le « Plus de maîtres que de classes » est le premier à pâtir de cette « dotation insuffisante », indique le syndicat, puisque 1 200 postes sur les 3 000 consacrés au dispositif seront supprimés.

(...)

Ces fermetures affecteront particulièrement les classes rurales : dans les 90 départements pris en compte par le syndicat, 1 097 classes vont fermer, pour 289 ouvertures. Une situation dénoncée depuis plusieurs semaines par des parents, enseignants et élus de milieu rural, mais démentie par le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer. Ce dernier affirmait d’ailleurs en début de semaine être « assez fâché » du « faux procès » qu’on lui intentait au sujet des écoles rurales.

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"Si demain se prépare aujourd’hui, l’avenir est sombre.." .

22 Mars 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Histoire, #Politique

"Si demain se prépare aujourd’hui, l’avenir est sombre.." .

Pour rappel, et pour souligner des rapprochements TRES fâcheux mais aussi TRES signifiants,  je rappelle que se tiendra demain, vendredi 23 mars, le colloque dont le programme et la liste des invités sont consultables en cliquant sur un des liens ci-dessous.

S'y côtoieront le ministère de l'éducation nationale, le fondateur des écoles Espérance-banlieues, l'armée. Je laisse le soin à chacun de découvrir l'aréopage invité.

Ainsi que la réponse apportée par Véronique Servat sur le site Aggiornamento (également en lien ci-dessous) et dont voici le texte (sans les illustrations).

Christophe Chartreux

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Si demain se prépare aujourd’hui, l’avenir est sombre.

" Une partie de la communauté des historien-nes a donc choisi de se compromettre au sens le moins noble du terme avec le pouvoir pour assurer la promotion de « valeurs » dont on peut raisonnablement discuter de l’opportunité de les associer à la France. Après avoir œuvré dans les arrière-cours du ministère de la culture pour commémorer la naissance du directeur antisémite de l’Action française, revoilà donc Jean-Noël Jeanneney, grand témoin d’une sympathique table-ronde partagée avec Eric Mestrallet, fondateur de l’officine Espérance Banlieues, proche de la « Manif pour tous » (et, par extension, de toute la nébuleuse de l’extrême-droite et de la droite extrême) qui se cherche un avenir du côté de l’Éducation nationale. Cela tombe assez bien car pour l’occasion le Ministre lui-même ouvrira d’une allocution solennelle ce colloque placé sous le signe de l’ordre, de la tirelire et de l’uniforme grâce à un attelage d’intervenants, de prime abord disparate, mais qui dessine un projet politique et éducatif.

Explorons plus avant ce casting toxique pour lequel le tapis rouge sera déployé sous les ors de La Sorbonne. Il est constitué exclusivement d’hommes car – en ce jour où l’on commémore le droit de vote des femmes anglaises obtenu de haute lutte par les Suffragettes – il apparaît, de l’autre côté du Channel que seul le sexe fort est habilité à produire de la « réflexion » sur les valeurs de la France. Par un heureux caprice du ciel, leur teint s’accorde parfaitement avec les conditions météorologiques du moment. Un académicien et un recteur, historien par ailleurs, côtoient celui déjà mentionné, pour la légitimation intellectuelle. Le MEDEF représenté par son vice-président, et le monde de l’entreprise, façon start-up nation, incarné par le cofondateur du site de vente en ligne Showroomprivé se joignent à ce premier cercle d’esprits aiguisés et ouverts. Au cas où on resterait un peu sur sa faim quant à la représentation de la mouvance « droite libérale versée dans le culte de l’économie de marché, de la déréglementation et de la destruction accélérée du service public d’éducation », la présence d’un représentant du Think Tank Synopia, un autre du Figaro Magazine et le co-directeur d’HEC, nous rassure pleinement. L’ordre et l’uniforme ne sont pas en reste puisque ce colloque réunit également le nouveau chef du SMA (Service Militaire Adapté), l’ancien chef d’état-major des armées, l’actuel également qui a remplacé au pied levé le précédent, démissionné cet été, et un représentant de l’école d’infanterie.

Ne soyons pas chafouins, les cartes de visites des invités, hormis celle du monsieur proche des homophobes de service, ne constituent pas en l’état un argument disqualifiant pour participer à un colloque. C’est surtout l’objet, ou le sujet, de leur réunion qui effraie. Mais de quoi vont-ils donc parler ? La journée est consacrée au thème suivant « Société civile et communauté militaire : défendre ensemble les valeurs de la France ». Quatre axes de réflexion précisent les valeurs qu’il faut défendre en joignant les efforts de la société civile (quel choix clairvoyant que celui de Bernard Lapasset, ancien président de la Fédération française de rugby, du temps où ce sport encore très préservé de la marchandisation et du sponsoring fut bradé à la Société Générale et aux équipementiers sportifs) et de l’armée. La Patrie d’abord – avec une majuscule – la morale ensuite, le travail pour poursuivre autour de la notion de risque au sens entrepreneurial et militaire du terme, celui qui permet de gagner, car le mâle blanc joue toujours pour la victoire. La dernière table-ronde ouvre opportunément le champ des possibles avec une réflexion sur la transmission et le partage de ce bel avenir que l’on nous prépare.

Nul doute que les programmes d’EMC et que le nouvel enseignement du lycée appelé à suppléer l’ECJS et une partie de l’histoire-géographie sauront prochainement bénéficier des retombées fécondes de cette journée de colloque, car personne n’est dupe ici, il s’agit bien de préparer l’avenir. Un avenir sous la férule de l’ordre, de la norme, du culte de l’entreprise et de la réussite, aux antipodes des valeurs de liberté, de solidarité et d’égalité inscrites dans la Constitution."

Véronique Servat

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N'oubliez jamais: "On est tous le cheminot de quelqu'un"...

21 Mars 2018 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Politique

"Le poison de la division, ça marche mais mortel. Ne tombez pas dans le poison de la division".

"Ouais, on peut se dire ça. 'Moi je vais pas bouger un petit doigt pour les cheminots parce que je n'ai rien à voir avec leur statut. Je vais pas bouger pour les enseignants parce qu'ils ont trop de vacances. Je vais pas bouger pour les chômeurs parce qu'il y a des abus. Les étudiants ils pourraient faire un petit effort avec les 5 euros d'APL'. Le jour où vous allez être attaqué par une mesure, venez pas pleurer si vous êtes tout seul."

(...)

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Combien de classes vont fermer dans les zones rurales près de chez vous ? Découvrez-le grâce à notre carte...

21 Mars 2018 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Politique

Combien de classes vont fermer dans les zones rurales près de chez vous ? Découvrez-le grâce à notre carte...

Combien de classes vont fermer dans les zones rurales près de chez vous ? Découvrez-le grâce à notre carte

En s'appuyant sur les données collectées par le syndicat SNUipp-FSU dans 90 départements où les instances décisionnaires en matière de carte scolaire se sont déjà tenues, franceinfo a dressé une carte pointant les 1097 fermetures de classes en zones rurales.

"Un faux procès." Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a balayé d'un revers de main, lundi 19 mars sur RTL, les critiques des syndicats qui dénoncent d'importantes fermetures de classes en zones rurales à la rentrée prochaine. Il assure même qu'il y aura "moins de fermetures de classes rurales à la rentrée qu'à la rentrée 2015 et 2016" et qu'"on a fait mieux que surcompenser le problème".

Une perte nette de 808 classes

Problème : les syndicats ne l'entendent pas de cette oreille. Le SNUipp-FSU assure ainsi avoir collecté des données dans 90 départements où les instances décisionnaires en matière de carte scolaire se sont déjà tenues. Au total, après avoir retiré les départements uniquement urbains (Paris, Hauts-de-Seine...), le syndicat a relevé 1 097 fermetures dans les écoles situées en zones rurales, selon la définition des conseils départementaux, "pour seulement 289 ouvertures, soit un différentiel de 808 postes supprimés".

Le syndicat précise au passage qu'il ne s'agit pas de la carte scolaire définitive mais des chiffres issus les premières instances d'attribution des moyens pour la rentrée 2018. D'autres réunions doivent ainsi avoir lieu en juin et en septembre, pour de nouveaux ajustements à la marge.
Découvrez dans quelle mesure les zones rurales de votre département sont concernées, en tapant son nom dans notre moteur de recherche.

"Il y a une vraie ponction sur le rural"

"On voit que les deux pôles qui paient le plus ce projet de nouvelle carte scolaire sont le rural et les classes de maternelle, explique Francette Popineau, secrétaire générale du SNUipp à franceinfo. Il y a une vraie ponction sur le rural."  

Le syndicat estime ainsi que les 3 880 postes créés pour la rentrée 2018 ne suffisent pas à financer la mesure-phare du gouvernement, le dédoublement des CP et des CE1 en REP+ (Réseaux d'éducation prioritaire renforcés) et des CP en REP, situés en majorité dans les villes, qui consommera à la rentrée environ 6 200 postes. Conséquences : recteurs et directeurs d’académie sont contraints à des redéploiements en ponctionnant les postes des secteurs ruraux.

Le ministre de l'Education a assuré, début mars, que 200 à 300 classes rurales "grand maximum" (en solde net) seraient fermées. Une diminution nettement moindre qu'en 2015 et 2016, où, dans les 45 départements les plus ruraux, 1 200 classes (en solde net) avaient été fermées sur le cumul de ces deux années, a assuré le ministère.

Nicolas Enaut

Robin Prudent

Article complet avec infographie à retrouver en cliquant ci-dessous

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Mais si, M. Blanquer, nous avons besoin de grève!...

21 Mars 2018 , Rédigé par Question de classe(s) Publié dans #Education, #Politique

  Mais si, M. Blanquer, nous avons besoin de grève!...

Dans sa course folle à la notoriété, et pour séduire l’électorat de l’ordre et de l’autorité – on se souvient de ses entretiens accordés à Valeurs actuelles, Causeur et au site SOS éducation – Jean-Michel Blanquer, au micro de RTL, vient une nouvelle fois distiller sa vision rétrograde de l’école… et de la société.

Questionné sur la mobilisation des personnels le 22 mars prochain, le ministre a affirmé :

« on n’a pas besoin de grève » et d’ajouter « Ça ne rend service à personne. Certaines nous ont mis en difficulté ».

Rappelons donc que, si nous aussi nous sommes « en marche », ce ne sera jamais au pas cadencé, au son du pipeau de quelques démagogues autoritaires. Nous serons en marche dans les rues, dans notre diversité pour exprimer notre colère et notre détermination à ne pas accepter une société « en marché », qui ne propose aux générations futures que de piétiner les faibles, les dominés et leurs aînés.

Oui, nous avons besoin de grève pour témoigner en acte de notre refus de cette société cadenassée qui ne profite qu’aux puissants et qui écrase de son mépris ceux et celles qui n’oublient pas de penser aux autres…

Oui, nous avons besoin de grève et des Ag pour nous rencontrer, échanger, débattre, recréer et vivre la démocratie dans nos établissements, nos quartiers, nos villes…

Oui, nous avons besoin de la grève pour redonner sens à notre travail, à la notion de collectif quand la hiérarchie nous impose son rythme et son calendrier sans laisser aux personnels le temps de se poser, de discuter, de se confronter, d’inventer et de créer…

Oui, nous avons besoin de grève dans nos écoles, parce qu’il est de notre responsabilité, en tant qu’éducateurs et éducatrices, de nous engager pour une société plus juste. Les futur.e.s citoyens et citoyennes que nous devons accompagner dans leur éducation ont besoin que nos paroles sur l’égalité, la solidarité, la dignité, ne soient pas que des mots. Nous voulons qu’ils et elles nous voient les faire vivre réellement, y compris au prix de quelques sacrifices… Nous ne voulons pas les « former » pour qu’ils prennent la place qu’on voudra bien leur accorder dans la société de demain mais les préparer à la transformer pour plus de justice et d’égalité. Ce combat pour une éducation libératrice des classes dominées est avant tout une histoire collective. C’est le nôtre mais pas seulement : c’est la société tout entière qui doit porter l’analyse critique des projets d’éducation et des enjeux de société qu’ils contiennent. Cette histoire collective, faite de luttes et de grèves – de 36 à 95 en passant par 68 – qui, contrairement à vos propos ont rendu mille fois plus service aux dominé.e.s que toutes les rodomontades ministérielles.

Oui, nous avons besoin de grève et de rêve, pour nous et nos collègues, mais aussi pour toutes les générations qui n’en peuvent plus d’être méprisées et saignées.

Oui, nous avons besoin de grève et de rêve… et nous reconnaissons bien volontiers qu’en effet « Certaines vous ont mis en difficulté » et tel était bien leur objectif !

Si votre modèle, Monsieur le ministre est la fameuse Maria Montessori dont les adeptes rêvent toujours de « dépolitiser » la pédagogie, au nom de « la science » et du « bon sens », évacuant le collectif, le social… nous, nous continuons à nous inscrire dans une vision de l’éducation radicalement opposée et c’est aussi elle que nous défendrons en nous mettant tous et toutes en grève parce que c’est le meilleur service à rendre à l’avenir !

Grégory Chambat

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Carte scolaire, la vérité...

21 Mars 2018 , Rédigé par Snuipp-Fsu Publié dans #Education, #Politique

Carte scolaire, la vérité...

Le SNUipp-FSU, après une enquête auprès de 97 départements, dévoile la réalité des chiffres de la carte scolaire 2018

Voici les éléments chiffrés réels de la carte scolaire 2018, au terme de l'enquête que le SNUIpp-FSU a réalisée auprès de 97 départements. Les premières instances d'attribution des moyens se sont tenues et la dotation totale de 3 880 postes est insuffisante pour assurer le dédoublement des CE1 de REP+ et des CP de REP qui à lui seul "consomme" 5 442 postes*.

Conséquence de cette dotation insuffisante: la facture est lourde pour les "Plus de maîtres" dont près de 1 200 postes disparaissent sur les 3 000 existant encore à la rentrée 2017 alors même que ce dispositif plébiscité par la profession et aux résultats prometteurs n'a pas été évalué. Une facture lourde également pour la maternelle avec un solde négatif de près de 850 classes, paradoxal à quelques jours des assises, tout comme pour le rural avec un solde négatif de 808 classes. SI le remplacement est abondé de 334 postes et l'enseignement spécialisé de 224, cela ne représente qu’une goutte d’eau au regard des ponctions opérées les années passées et des besoins actuels.

Redéploiement de moyens

Cette dotation insuffisante qui a conduit à des redéploiements de moyens a été à l’origine de nombreuses mobilisations dans tout le pays rassemblant enseignants, parents et élus.

Outre ces chiffres qui démontrent l’insuffisance de postes, il y a aussi ce que ce que cette préparation de rentrée raconte. Affirmer donner la priorité au primaire ne peut pas être qu’un slogan : cela doit se traduire concrètement. La baisse démographique aurait pu permettre ici ou là des allègements d’effectifs, alors que plus de 100 000 classes dépassent 25 élèves (RERS 2017), la taille des classes va encore augmenter en dehors des CP et CE1 en éducation prioritaire.

Comment parler de l’importance du langage en augmentant la taille des classes en maternelle ? Comment justifier que les effectifs allégés sont facteur de réussite sans que cela concerne tous les élèves ? Comment justifier l’attention aux conditions d’apprentissage quand en milieu rural on trouvera à la rentrée des cours multiples à 3 voire 4 niveaux à plus de 20 élèves ?

Ce sont toutes ces interrogations qui prédominent. Car s’arc-bouter sur une bataille de chiffres ne doit pas cacher certaines réalités. Donner plus à ceux qui ont moins est juste à condition de ne pas dégrader la situation de tous les autres.

Améliorer l’école a un coût, certes économique mais dépend également du projet que l’on porte pour l’école. Au SNUipp-FSU nous voulons une école qui s’attaque aux inégalités scolaires, qui fasse sienne l’idée que tous les élèves sont capables de réussir et leur en donne les moyens.

L’école primaire française largement sous-investie doit faire l’objet d’un engagement financier massif pour une meilleure formation des enseignants, des effectifs abaissés, des enseignants spécialisés, des remplaçants, un accompagnement pour réussir l’inclusion, des dispositifs moins de 3 ans, des maîtres en plus pour travailler différemment…
La priorité au primaire ne peut en effet se payer de mots.

Le dossier de presse complet

carte scolaire 2018

Le tableau département par département

Le détail de la carte scolaire département par département ici. Les deux premières colonnes correspondent aux écoles en éducation prioritaire et hors éducation prioritaire.

* Les chiffres de la Guadeloupe et de Mayotte, non disponibles actuellement, ne sont pas comptabilisés dans ce total.

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Estimées collègues, estimés collègues, je serai en grève le 22 mars, et voici pourquoi …

21 Mars 2018 , Rédigé par 800000 feignasses Publié dans #Education, #Politique

Estimées collègues, estimés collègues, je serai en grève le 22 mars, et voici pourquoi …

Voici un texte publié dans le groupe des 800000 Feignasses:

“Estimées collègues, estimés collègues,

Je serai en grève le 22 mars, et voici pourquoi.

Quand je suis entré dans l’Education nationale, en 1993, les salariés du public comme du privé devaient travailler 37, 5 années pour toucher une retraite équivalente, dans les deux secteurs, à 75 % de leur dernier salaire. L’âge légal de départ était 60 ans.

Aujourd’hui, après les réformes Balladur de 1994, Fillon de 2003, Sarkozy de 2010, l’âge légal de départ en retraite est passé à 62 ans, et le niveau des pensions servies diminue régulièrement depuis 2008. De plus, le système des décotes (2,5 % par trimestre de cotisation manquant) contribue à rendre très théorique l’âge légal de 62 ans : à moins de perdre le quart de sa pension de retraite, de plus en plus de travailleurs ayant commencé tardivement une activité professionnelle pour cause d’études doivent poursuivre plusieurs années au-delà de 62 ans.

Demain… Macron veut s’inspirer du système suédois des « comptes notionnels ». En Suède, les gens accumulent des points-retraite tout au long de leur carrière. A l’âge légal, ils peuvent partir en retraite mais le montant de leur pension dépend non seulement du nombre de points accumulés, mais aussi de l’enveloppe globale consacrée aux retraites, qui, elle, ne varie pas. La conséquence est que quelqu’un qui est né dans une année creuse touche une meilleure retraite que celui qui est né dans une année où la natalité était élevée… à moins de reculer son âge de départ jusqu’à une année plus creuse : en effet, le même gâteau est à partager entre le nombre de bénéficiaires potentiels d’une année donnée, qui, lui varie.

On nous dit que nous n’avons pas les moyens de maintenir de bonnes retraites, à partir de 60 ans. On nous dit que si nous ne réformons pas tout de suite, il manquera 20 milliards d’euros en 2020, 2022, 2030… Alors laissez-moi vous raconter l’usage fait, en 2015, des 17 milliards d’euros du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE). Selon les évaluations réalisées, ce dispositif a sauvegardé ou créé entre 50 000 et 100 000 emplois, soit une dépense comprise entre 170 000 et 340 000 € par emploi. Notons au passage que la réduction de la TVA dans la restauration avait aussi coûté 142 000 € par emploi crée ou sauvé.

Un fonctionnaire coûte, lui, 60 000 € par an à la collectivité, cotisations patronales comprises. Nos gouvernements subventionnent donc des emplois privés, qui servent des intérêts privés, avec de l’argent public qui permettrait de créer 3 à 6 fois plus d’emplois au service de nos concitoyens : dans les EHPAD, les hôpitaux, les écoles…

Les écoles, oui, car si nous sommes aussi crevés, ce n’est pas pour rien : les enseignants français du primaire subissent une double peine. Et d’un, nos classes sont parmi parmi les plus chargées de l’OCDE. Et de deux, notre temps de travail face aux élèves est parmi les plus élevés. Notre productivité est donc très bonne, alors que les résultats de l’école française sont tout juste moyens dans les classements internationaux.

La productivité des travailleurs français en général est excellente, une des plus élevées au monde, contrairement à l’idée répandue par le monde politico-médiatique selon laquelle nous ne travaillons pas assez. Guillaume Duval, le rédacteur en chef d’Alternatives économiques, s’est amusé à calculer le nombre d’emplois supplémentaires nécessaires pour produire le volume de richesses actuellement créées en France si nous avions la productivité de nos voisins : « si les Français devenaient aussi inefficaces que les Britanniques, il y aurait en France 2,3 millions d’emplois en plus, aussi paresseux que les Allemands, 4,4 millions, aussi peu productifs que les Italiens, 5 millions, etc. Notre problème chronique de chômage de masse ne tient donc pas tant à une hypothétique paresse des Français qu’à notre trop grande efficacité productive comparée à celle de nos principaux voisins… »

Gaspiller l’argent public, détruire les retraites, culpabiliser les chômeurs, pousser à bout les travailleurs… Et en plus, il faut subir leur arrogance et leur discours perverti : c’est au nom de la justice entre les salariés du public et du privé qu’on va réformer en profondeur les régimes spéciaux de retraites, dont le nôtre (après avoir déshabillé Paul, on se tourne vers Pierre et on lui dit : « T’as pas honte d’avoir encore ton T-shirt ? »)

C’est pourquoi je ferai la grève du 22 mars. Et les suivantes.

Raphaël”

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