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Vivement l'Ecole!

politique

Enfants de l’Etat islamique, ceux que personne ne veut voir/"Enfants de Daech, les damnés de la guerre"/20h50 France 5 - 18 mai

18 Mai 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique

Dans le documentaire «Enfants de Daech, les damnés de la guerre» diffusé sur France 5 ce mardi à 20h50, Anne Poiret raconte avec sobriété les vies d’adolescents emprisonnés, parce que liés malgré eux à l’Etat islamique.

Ils sont les grands oubliés de la guerre contre l’Etat islamique. Ils sont ceux que la communauté internationale ne veut pas voir, et ceux que leur pays d’origine, l’Irak, rejette. Plusieurs dizaines de milliers d’enfants sont aujourd’hui ostracisés, emprisonnés et incapables de se construire un avenir. Leur crime est d’être né dans une famille dont l’un ou l’autre des membres avait rejoint l’Etat islamique. D’autres, un peu plus âgés mais à peine adolescents, étaient «des lionceaux» du califat, enrôlés et envoyés dans des camps d’entraînement. La plupart, attirés par les 100 dollars de solde mensuelle, étaient destinés à mourir en kamikaze.

L’Irak ne veut pas de ceux qui ont survécu. Dans un film sobre et posé, à l‘exact opposé de tout voyeurisme ou sensationnalisme, la documentariste Anne Poiret raconte les vies de ces adolescents, dont certains avaient dix ans quand leur ville a été conquise par les jihadistes, condamnés à des peines de prison au terme de procès ne durant que quelques minutes. Ils ont grandi dans des cellules surpeuplées, dont ils ne sortaient que deux heures par semaine, sans soins médicaux ou école. Ceux qui ont été libérés ne sont pas libres pour autant, ils végètent dans leur famille, l’état irakien refusant de leur donner une carte d’identité.

D’autres sont toujours dans le camp d’Al-Hol, en Syrie, où ont été emmenés les femmes et les enfants qui étaient à Al-Baghouz, le dernier lambeau du califat, repris au printemps 2019 par la coalition internationale et les forces kurdes. Ils sont livrés à eux-mêmes, sans aucune perspective de sortie ou de retour dans leur pays. Seules quelques ONG sont présentes dans le camp. A quelques dizaines de kilomètres, un orphelinat accueille des enfants nés des viols subis par leur mère yézidie, une communauté contre laquelle l’Etat islamique a commis un génocide, massacrant les hommes et livrant les femmes à l’esclavage sexuel. Leurs mères ont dû les y abandonner, condition non négociable pour réintégrer familles et communautés. «Pour l’instant, nous nous occupons d’eux. Mais quel est leur avenir ?», s’interroge la directrice de l’orphelinat.

Luc Mathieu

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Etude de textes - Macron ou le mystère du verbe par Damon Mayaffre

17 Mai 2021 , Rédigé par FR3 Provence Alpes Côte d'Azur Publié dans #Politique

Macron ou le mystère du verbe - ses discours décryp - Damon Mayaffre -  Librairie Eyrolles

Grâce à l'intelligence artificielle, ce chercheur de Nice prévoit le discours d'Emmanuel Macron pour les présidentielles

Un livre, publié le 6 mai par un chercheur de l'université de Nice décrypte les habitudes sémantiques du président de la République. La technologie d'intelligence artificielle permet de prédire par exemple son discours de 2022 en vue de l'élection présidentielle.

Chercheur au CNRS, professeur à l'Université Côte d'Azur et membre d'une unité de recherche sur le corpus du langage, Damon Mayaffre étudie le discours politique depuis sa thèse.

Entretien avec ce docteur en histoire, qui après avoir écrit sur Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac, prédit le discours d'Emmanuel Macron pour la présidentielle de 2022. Son livre "Macron ou le discours du Verbe" aux éditions de l'Aube vient de sortir ce 6 mai.

Voilà, à quoi pourrait bien ressembler le discours d'Emmanuel Macron en 2022 :

Chères concitoyennes, chers concitoyens

Les transformations profondes que j’ai souhaitées en 2017 ont changé la France et l’Europe. Elles demandent aujourd’hui à être renforcées afin que la reconstruction engagée porte désormais ses fruits au bénéfice de toutes et de tous. J’ai entendu vos inquiétudes, parfois vos colères, et je partage votre impatience.

Face aux nationalistes, au populisme, à la tentation du repli, qui ne signifient rien d’autre que l’immobilisme, je veux incarner le choix de l’espoir, du progrès et de la réconciliation. Je veux porter le projet d’une société nouvelle dans laquelle la libre expression des talents, l’égalité entre les femmes et les hommes et les mobilités sociales assureront l’émancipation véritable.

Au cœur des territoires, les innovations technologiques, l’intelligence artificielle et le numérique offrent aux acteurs, entrepreneurs, chefs d’entreprise ou salariés, une liberté historique et concrète de s’épanouir, sous condition d’une démocratie renouvelée dans laquelle l’ordre, le dialogue réel et la pleine concertation seront les meilleurs gages de notre renaissance. C’est en profondeur que je veux refonder l’agora et le pacte social pour que le projet qui est le nôtre advienne sans peur, sans jalousie, ni tabou.

Des idéologies mortifères et des violences ressurgissent partout en Europe espérant étouffer les solutions que nous allons mettre en œuvre tous ensemble de manière pragmatique, loin des dogmes et des fondamentalismes, chacun et chacune prenant sa part, chacun et chacune saisissant sa chance.

C’est pourquoi je vous appelle à porter en avant ma candidature, parce que je veux que le travail et l’innovation soient enfin récompensés […]

Prédiction du discours d'Emmanuel Macron en vue des présidentielles 2022 (IA Damon Mayaffre)

En lisant ces lignes, on entend déjà l'actuel président s'exprimer. Nous avons demandé, sans l'aide de l'intelligence artificielle, à Damon Mayaffre de présenter son travail et ses méthodes.

Quelle était l’idée principale de votre livre ?

L’idée, c’est que le discours d'Emmanuel Macron a une forme de complexité, c’est un « objet politique non identifié », il y a une sorte de mystère ou d’originalité dans son discours. C'est pour cette raison, que l'on voulait faire un traitement technologique plus abouti. Je suis épaulé par Laurent Vanni, également du CNRS, avec lui on marche sur deux jambes, une linguistique et l'autre plus technologique.

J’ai engendré plus de 1.000 discours et l’intelligence artificielle (IA) va les comparer avec des discours d’autres présidents de la République, depuis le général de Gaulle.

Damon Mayaffre.

C’est une prise de position : on ne peut définir qu’en comparaison. Le contexte historique est primordial tout comme, on ne peut définir la gauche sans le contraste avec la droite. 

L’analyse peut-être généalogique, historique et géographique par exemple, j’ai comparé Emmanuel Macron à Tony Blair, et c’est une comparaison quasi littérale du "Blairisme" : le "en même-temps" de Macron est fondateur, c’est une traduction "as well as" qui a caractérisé Blair. Comme E. Macron, T. Blair disait "il faut libérer et en même temps protéger".

Comment fonctionne l'intelligence artificielle, l'IA? 

Globalement, l’IA n’est pas l’intelligence humaine, mais elle est "bioinspiré", c’est-à-dire que comme le cerveau, on fait faire réagir des connexions comme les synapses avec les neurones. Un mot stocke de l’information puis, ces mots ont des règles de combinaison et vont produire un discours. 

L’IA pour Google sait par exemple, sans se tromper reconnaître l’image d’un chat ou d’un chien sur la base d’un agencement de pixels. 

(...)

Comment apprendre à parler comme Emmanuel Macron ?

Pour apprendre à parler le Macron, on va remarquer qu’il adore le suffixe-tion et qu’il y aura toujours du futur derrière. -Tion, c’est le mouvement comme transformation, ensuite Emmanuel Macron va factoriser avec le futur ou le subjonctif. C’est du "deep-learning" c’est un apprentissage profond. J’ai l’impression de rentrer dans la profondeur du discours. 

Tout le Macron se résume en une lettre : le « R », parce que son secret c’est d’assortir un vocabulaire de gauche avec une lettre de droite. 

Damon Mayaffre.

Tout comme, le préfixe en re- renvoie à la transformation, il ne dit pas naissance, mais reconnaissance, ne dit pas créer, mais recréer. Comme ça, il plait aussi bien à un électorat de gauche qui veut le changement, mais en "même temps" à l’électorat de droite entend le préfixe et l’idée de retour, l’idée d’un passé glorieux. Typiquement le mot refondation : il adore.

Au départ, d’un point de vue scientifique c’est la machine qui clignote et l’analyse permet de comprendre. 

(...)

Manon Hamiot

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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Mon Mai 68... Par Christophe Chartreux

11 Mai 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

Mon « mai 1968 »…

Mai 1968. Un mois suivi d’un chiffre. Le printemps et mes dix ans. La robe trop courte…

J’habitais El Jadida, au Maroc. Une petite ville, jadis portugaise. Mazagan fut son nom. Des quartiers séparés mais un joyeux mélange. Dans mes classes, j’ai souvent eu pour voisines ou voisins Ahmed, Elie, Pierre ou Mélina. Jamais je ne demandais quelle était la religion de l’une ou de l’autre. Ils m’auraient répondu musulman, chrétien, juif, orthodoxe ou rien du tout. Je m’en fichais. Les copains jouaient au foot, les copines aussi parfois en plus d’être brunes, blondes et par-dessus tout ça, si jolies au soleil comme sous la pluie. Les têtes tournaient et se tournaient pour suivre les parfums laissés derrière elles dans la chaleur du jour attendant le soir pour faire l’amour au crépuscule éphémère.

Quant à nos parents, beaucoup étaient enseignants. D’autres exerçaient des professions libérales – médecins, pharmaciens. D’autres encore commerçaient ou possédaient des terres. Nous n’étions pas des « colons » chez moi. Ma mère comme mon père m’ont élevé dans le respect absolu des traditions, de la langue, de la culture - immense - de ce pays qui m’avait presque vu naître. J’ai vu le jour en Algérie, un 16 avril de 1958. Avant de fuir, deux ans après, le feu et le sang pour une terre d’accueil que j’allais quitter, en larmes et le cœur déchiré, un jour lugubre de 1973. J’ai vu s’effacer Tanger depuis la poupe d’un bateau blanc. J’ai senti, charnellement, mes souvenirs se noyer dans les remous des hélices de ce maudit navire. J’étais seul appuyé contre le bastingage lustré. Et je pleurais. Plus tard, en terminale, une professeure de français – remarquable – nous avait demandé de choisir un poème pour le présenter aux autres élèves de la classe… Ces vers me vinrent immédiatement à l’esprit…

« Que sont mes amis devenus

Que j'avais de si près tenus

Et tant aimés

Ils ont été trop clairsemés

Je crois le vent les a ôtés

L'amour est morte

Ce sont amis que vent me porte

Et il ventait devant ma porte

Les emporta »

Rutebeuf… N’hésitez pas à l’écouter chanté par Ferré ou Joan Baez…

En parlant de Ferré et de Joan Baez, me revient en mémoire ce mois de mai 1968. L’année scolaire attendait d’en finir, alanguie aux chaleurs printanières. Je devais être en sixième au lycée d’El Jadida. Mes parents et leurs amis avaient chaque soir, chaque matin, partout où ils allaient, même le dimanche à la plage, l’oreille collée au petit poste de radio qui reliait les français de « là-bas » à la métropole. Malgré mon jeune âge et contrairement aux habitudes éducatives de l’époque, ma mère et mon père me parlaient de politique et me laissaient poser des questions. Curieux par nature, je ne manquais jamais l’occasion de demander à comprendre. Mai 68… «Mon » mai 68…

La France cessait de s’ennuyer. Du noir et blanc elle passait à la couleur… La jeunesse se révoltait. Les usines une à une arrêtaient de produire. À Paris, Europe numéro 1, RTL, Radio Monte-Carlo – les radios indépendantes du pouvoir – relataient les manifestations, les barricades. Des noms revenaient souvent dans les conversations des parents : Cohn-Bendit, Geismar, Sauvageot, Pompidou, de Gaulle, la rue Gay-Lussac, la Sorbonne, le Quartier Latin – tiens, on parlait encore latin à Paris ? Bientôt certains amis d’avant les événements se verront moins, se fâcheront. Mes parents étaient « soixante-huitards », mon père dans sa jeunesse avait été trotskyste. Je ne savais pas du tout ce que cela signifiait. C’était mon père et cela me suffisait.

Chez moi on écoutait Le Forestier (Maxime et Catherine), Colette Magny, Marc Ogeret, Ferré, Ferrat, Brassens, Moustaki. Beaucoup de musiques classiques aussi. Mon père voulait « révolutionner la pédagogie ». Le nom de Freinet revenait souvent. Celui de Mao aussi mais celui-là, ils ne l’aimaient pas. J’ai su, plus tard, que ce « Mao » fut davantage un assassin de masse qu’un émancipateur DES masses…

Un jour, au lycée, les « grands », ceux de seconde, première et terminale, ont décidé de se mettre en grève. Davantage pour « faire comme en France » que par convictions politiques. Le matin du lendemain, des militaires entouraient le lycée et nous avons reçu ordre de réintégrer nos salles de classe. Sans quoi, des mesures d’expulsions seraient prises à l’encontre des familles récalcitrantes. Quitter le Maroc ? Jamais ! Alors nous avons repris les cours, avec dans mon cas et à mon âge, un soulagement certain. J’avais le temps encore pour vivre d’autres « mai 1968 ». Mon « mai 68 » aura donc duré une journée. Mais tant de soirées aussi, passionnément accroché au transistor. J’ai couru dans les rues de Paris, j’ai construit des barricades, j’ai participé aux AG dans les amphis – Dis papa, c’est quoi La Sorbonne ? – j’ai balancé des pavés, « CRS SS » sans avoir jamais vu un seul CRS de ma vie, et tout ça sur mon lit, dans ma chambre devenue place publique, atelier d’usine, rue à tenir face aux forces de l’ordre. Je transformais la France, à dix ans ! Adieu de Gaulle, adieu de Gaulle, adieu !

Et puis il y eut juin… Et puis il y eut juillet… Ma chambre redevint une chambre. Mes parents préparaient le départ annuel vers la France, vers la famille, vers le Pas-de-Calais de leur naissance. À eux. Ils « rentraient » pour les vacances d’été quand je « partais » pour une parenthèse estivale. Cet été 1968 ne fut pourtant pas comme les autres. La France, malgré le relatif échec des étudiants et ouvriers, avait changé. Et, du haut de mes dix ans, je m’en rendais compte au contact de ma cousine préférée. Elle avait dix-sept ans, s’appelait Dominique. J’en étais fou ! Elle m’emmenait partout. Mais cet été-là, bien des choses étaient différentes… Ses jupes étaient courtes. Vraiment courtes ! Mai 1968, Mary Quant, Courrèges et le prêt-à-porter étaient passés par-là, avec une paire de ciseaux ! Les filles dévoilaient leurs jambes ou les cachaient sous des jeans. Dans ma chambre de « révolutionnaire », je n’avais pas envisagé cette conséquence vestimentaire. Et puis elle fumait ! Dominique fumait ! Même chez elle, devant ma tante et mon oncle ! Sans que ceux-ci s’en offusquent ! Elle fumait aussi avec ses camarades – salut les copains ! – au foyer. Car il y avait un foyer désormais avec de la musique, un baby-foot, du Coca et des Orangina. Elle dansait avec des garçons de son âge et je la regardais. Elle s’éloignait. J’étais un enfant. Elle devenait une femme… J’ai compris alors que jamais plus rien ne serait comme avant.

Et pourtant…

Ce devait être en 1975. Je peux me tromper d’un an mais peu importe. En terminale – mes parents et moi étions revenus en France – un matin, j’ai entendu la surveillante générale – c’est ainsi qu’on appelait les CPE de l’époque – appeler une de mes camarades, d’une voix forte et qui ne souffrait aucune discussion. Devant tous les élèves entrant dans la cour, elle lui fit remarquer que sa robe était trop courte. Celle-ci était au-dessus du genou. Munie d’un cutter, cette surveillante générale entreprit alors de découdre l’ourlet et de rendre à cette robe une allure décente » ! Nous étions en 1975, en France ! Notre camarade était en larmes !

Ce jour-là, je me suis juré que jamais je n’accepterais de baisser la tête devant l’autorité stupide, d’obéir à des injonctions sans fondement, de respecter une « morale » au nom de convenances imposées. Mai 68 a beaucoup apporté. D’autres « Mai-68 » seront nécessaires. Sont nécessaires…

Ma cousine s’est mariée. Pas moi…

Geismar est devenu Inspecteur Général. Pas moi…

Cohn-Bendit a rejoint la « Macronie ». Pas moi…

Heureusement, Sauvageot a sauvé l’honneur de mes rêves d’enfant quand je partais à l’assaut de l’Elysée depuis ma chambre, ouverte sur les orangers et les citronniers du jardin…

Christophe Chartreux

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L'histoire d'un ascenseur tombé en panne...

8 Mai 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Société, #Politique, #économie

L'ascenseur social toujours en panne ! - Dal 77 - Droit au Logement

La France a connu, pendant les Trente Glorieuses, une mobilité sociale forte et très ascendante. Les trajectoires descendantes restent moins nombreuses aujourd’hui, mais elles se multiplient, notamment pour certaines catégories de population. Qui sont les laissés-pour-compte de l'ascenseur social ?

Alors que la Chine affiche un taux de croissance de 18,4% au premier trimestre 2021, l’Union Européenne est à la traîne avec son 0,4% de récession. La France, elle, affiche 0,4% de croissance. Et cette atonie de la croissance dans les économies en développement, accentuée par la crise actuelle, n’est pas nouvelle : depuis 2001, la France n’a pas dépassé les 3% de croissance annuelle. Les possibilités d’enrichissement individuel et de mobilité sociale se sont taries avec la croissance dans les économies développées depuis les années 1990.

Il semble que, depuis les années 1990, il y ait plutôt une peur du déclassement, qui doit tout de même être prise avec beaucoup de sérieux parce qu'elle ne veut pas dire qu'il n'y a pas de réalité. Mais c'est plutôt un sentiment que la vie est plus dure pour ces générations que pour les générations précédentes. Il y a tout de même une précarisation de l'emploi, qui était moins forte pendant l'âge d'or des Trente Glorieuses. - Hélène Périvier

Pourtant, depuis la construction des tables de mobilité par l’INSEE en 1953, la mobilité sociale a augmenté en France, et elle a été plus souvent ascendante que descendante. Le taux d’immobilité sociale a presque été divisé par deux en cinquante ans : en 2012, 36 % des fils avaient un statut socioprofessionnel similaire à celui de leur père, contre près de 70 % en 1953. Pendant longtemps, cependant, ces changements de catégories socioprofessionnelles entre père et fils ont été majoritairement dus à des modifications structurelles du marché du travail.

C'est important de raisonner sur l'ensemble de la distribution. On a mis l'accent, à raison, sur la croissance de l'écart entre les 1% et les 99% restants, mais quand on regarde l'ensemble de la distribution des revenus, on n'arrive pas à des conclusions du même type : l'indice de Gini, qui mesure l'inégalité de revenu, est resté relativement stable pendant longtemps en France. - Louis-André Vallet

Depuis les années 1990, le marché du travail subit des transformations moins fortes et la mobilité sociale est moins dynamique, en France comme dans le reste des pays développés. Le chômage est devenu un phénomène de masse, la croissance est presque atone, et l’emploi s’est précarisé : face à ces phénomènes, est-il possible de renouer avec l’enrichissement continu des Trente Glorieuses ? Ne doit-on pas modifier les outils avec lesquels on mesure la mobilité sociale depuis maintenant presque 70 ans alors que la société s’est tant transformée ?

Pour en parler, nous avons fait appel à Louis-André Vallet, sociologue et directeur de recherches au CNRS et à Hélène Périvier, économiste à l’OFCE Sciences Po, directrice du programme PRESAGE (Programme de Recherche et d’Enseignement des Savoirs sur le Genre).

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"La jeunesse se noie, et on nous répond que la bouée qu’on veut lui lancer va l’entraîner par le fond" - Boris Vallaud

5 Mai 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Jeunesse, #Politique

bouée-sauvetage-bateau - Blog Samboat

EXTRAITS

Boris Vallaud, porte-parole du PS, député des Landes, auteur de "Un Esprit de résistance" (Flammarion), est l'invité du Grand entretien.

Pourquoi ce terme, historiquement très fort, de "résistance" ? "Résistance à l’air du temps, surtout quand cet air est mauvais : il y a des pentes qui sont préoccupantes, de repli sur soi, de désir d’autorité. Résistance à ce monde qui se défait, où de grands compromis républicains, construits patiemment, sont sapés ; où les inégalités explosent, où la crise environnementale nous menace et menace les plus vulnérables d'entre nous. Je m’inspire de cet esprit de résistance, qui a commandé la reconstruction de la France après la Seconde guerre mondiale et qui a été un pilier, un moment d’utopie concrète où nous avons construit la République telle que nous la connaissons depuis plusieurs décennies."

Boris Vallaud le rappelle : "Nous sommes 40 ans après mai 1981, mais ça intervient après 23 ans durant laquelle la gauche, dans sa grande diversité, est dans l’opposition. Nous ne sommes pas dans cette situation-là. On est en train, depuis 4 ans, de travailler, de se reconstruire. Parce que la permanence, c’est celle des inégalités, celle de la pauvreté. Au milieu de cette crise pandémique, il y a une urgence sociale, un ultimatum social, il y a 10 millions de pauvres. Il y a des étudiants qui viennent grossir les rangs de la banque alimentaire : on a l’impression, quand on regarde ça, d’être devant les photos de la Grande Dépression. Cette urgence-là commande ce réveil de la gauche. Je vois beaucoup de Françaises et de Français qui ne mettent pas forcément de mots sur leur colère, qui ne mettent pas forcément de mots sur ce qui les révolte, sur leur appétit de justice : à travers ce que j’écris, je leur dis que ces combats nous sont communs, et que nous pouvons nous retrouver."

(...)

"La jeunesse se noie, et on nous répond que la bouée qu’on veut lui lancer va l’entraîner par le fond"

Mais pourquoi la gauche ne décolle pas dans les sondages ? "Parce que nous devons parler moins de nous-mêmes et parler plus des Françaises et des Français. C’est ce que j’essaie de faire avec ce livre : c’est un livre politique qui parle peu de combinaisons politiques, qui parle des gens, de ceux que je reçois dans ma permanence, qui ont des vies dures, parfois invivables, et qui les supportent de manière extrêmement courageuse. Le devoir de la gauche, c’est de se rappeler toujours pour qui elle se bat."

Il est notamment favorable à un revenu de base dès 18 ans. "C’est un débat que nous avons eu à l’Assemblée nationale : on dit que la jeunesse se noie, et on nous répond que la bouée qu’on veut lui lancer va l’entraîner par le fond. Ce minimum jeunesse, c’était essentiellement l’ouverture du RSA à 18 ans et son versement automatique. Car aujourd’hui, il y a 25 à 30 % de gens qui ont droit au RSA et qui ne le demandent pas faute de connaître leurs droits. Le gouvernement a dit non, considérant qu’au fond, tout allait bien et tout était bien fait. J’aime bien l’idée de “un jeune, une solution”, je suis très favorable aux garanties jeunes, que nous avons créées, mais quand on voit qu’il y a plus d’un million de jeunes qui ne sont ni dans l’emploi ni en formation, on se dit : qu'advient-il d’eux ?"

(...)

Propos recueillis par Léa Salamé et Nicolas Demorand

A lire entièrement en cliquant ci-dessous

Un esprit de résistance - Dernier livre de Boris Vallaud - Précommande &  date de sortie | fnac

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"...les mesures que nous souhaitons pour redonner à cette jeunesse toute la place qu’elle mérite" - Najat Vallaud-Belkacem

28 Avril 2021 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Politique, #Jeunesse

Après plusieurs semaines d’écoute et d’échanges avec des jeunes, il est désormais temps de préciser quelles seront les mesures que nous souhaitons pour redonner à cette jeunesse toute la place qu’elle mérite au sein de la société.
La région est la collectivité de la jeunesse par excellence.
Investir pour eux, c’est préparer l’avenir de notre territoire.
Najat Vallaud-Belkacem - Candidate Région Auvergne-Rhône-Alpes
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"Un nouveau contrat social pour la jeunesse" - Najat Vallaud-Blekacem

28 Avril 2021 , Rédigé par Le Parisien Publié dans #Education, #Politique

"Un nouveau contrat social pour la jeunesse" - Najat Vallaud-Blekacem
"Un nouveau contrat social pour la jeunesse" - Najat Vallaud-Blekacem

EXTRAITS

Najat Vallaud-Belkacem : «Je n’ai pas d’adversaire à gauche»

L’ex-ministre de François Hollande, qui défie le président sortant (LR) Laurent Wauquiez aux élections régionales en Auvergne Rhône-Alpes, plaide pour l’union de la gauche qu’elle espère réaliser au deuxième tour.

Candidate socialiste à la présidence de la région Auvergne Rhône-Alpes, Najat Vallaud-Belkacem cible le bilan du président sortant (LR) Laurent Wauquiez. Et livre les détails de sa mesure prioritaire : un « nouveau contrat social pour la jeunesse ».

En tant qu’ex-ministre de l’Education nationale, que pensez-vous des modalités de la rentrée scolaire ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM. Tout le monde préfère les écoles ouvertes aux écoles fermées. Mais les conditions dans lesquelles se fait cette rentrée ne sont pas satisfaisantes. Il y a un manque de préparation évident. Il aurait fallu en priorité vacciner tous les enseignants. On n’a pas prévu les remplaçants pour assurer la continuité pédagogique. Une partie de l’enseignement continue à se faire à distance, mais les outils numériques ont été sous-dimensionnés occasionnant à nouveau des bugs.

(...)

Quelle sera votre grande priorité si vous êtes élue ?

Je veux proposer un nouveau contrat social pour la jeunesse. Nous le lui devons. Ce sera un plan extrêmement ambitieux de 200 millions d’euros chaque année pour venir en aide aux jeunes aujourd’hui livrés aux difficultés et qui mobilisera tous les champs de compétence de la région, avec une obligation de résultat. Je ferai notamment passer de 100 000 à 500 000 le nombre d’entrées en formation professionnelle sur l’ensemble du mandat. A travers une société foncière régionale, on construira pour les jeunes des habitations de haute qualité environnementale comprenant des espaces de coworking. J’aiderai les jeunes travailleurs modestes à accéder à la propriété avec jusqu’à 40 % de réduction du coût du logement. Je prévois enfin la gratuité des transports pour les moins de 25 ans les plus précaires, des transports scolaires, des billets de TER à un euro le week-end pour tous les 16-25 ans qui rentrent chez eux, ou encore une flotte de vélos électriques en location longue durée pour les trajets plus courts. Je veux à la fois une ambition historique de reconstruction et de relance pour cette « génération Covid » qui est aussi la « génération Climat ».

(...)

Par Jannick Alimi et Julien Duffé 

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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A lire... "La marque Macron", par Raphaël Llorca...

19 Avril 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Politique

EXTRAIT

À « nouveau monde », nouvel outil

« Le pouvoir réside là où les gens se le figurent. Ce n’est ni plus ni moins qu’une illusion, une ombre sur le mur. » Lord Varys (Game of Thrones1 ).

Comment expliquer le mystère du pouvoir? En effet, tout pouvoir confine bien au mystère : comment expliquer qu’un collectif se laisse gouverner par une poignée d’individus, quand ce n’est par un seul? Comment un pouvoir s’échafaude-t-il, comment instaure-t-il son autorité, comment parvient-il à se maintenir dans le temps? La seule coercition ne suffit pas: le pouvoir, l’histoire l’a maintes fois montré, n’échoit pas toujours au plus fort. Pour s’instituer, le pouvoir ne peut pas être force pure ; il doit nécessairement susciter des formes de consentement. Un consentement qui est rarement un pur acte rationnel, car, ainsi que le souligne le philosophe Jean-Jacques Wunenburger (2019), le pouvoir mobilise toujours « des affects, des images, des histoires, des symboles, des mythes, bref un imaginaire collectif qui le fonde et lui confère une identité particulière ». Voilà notre point de départ: un pouvoir est intimement lié au système symbolique sur lequel il se construit. Autrement dit: pour sonder l’épaisseur du mystère du pouvoir, il faut étudier de près les technologies de l’imaginaire qu’il met en œuvre. « Gouverner, c’est faire croire », écrivait Machiavel: de fait, chaque civilisation, chaque époque et chaque régime politique a conçu sa propre construction du faire-croire, dessinant son propre agencement entre mots et images, récits et signes, visible et invisible, réel et symbolique. L’historien Ernst Kantorowicz (1989) a montré combien, au Moyen Âge, la fiction des deux corps du roi – corps mortel, corps immortel – était au cœur de la production symbolique du pouvoir, structurant en profondeur l’imaginaire politique occidental. À l’âge classique, la construction du faire-croire passait plutôt par le maniement systématique et généralisé de vastes systèmes de signes: Versailles en est l’exemple le plus abouti – et certainement l’un des plus raffinés –, où tout, de l’architecture des bâtiments aux costumes des courtisans, du parcours des jardins à la rhétorique culinaire, des cérémonies religieuses aux grandes festivités curiales, est transformé en signes du pouvoir. Au xxe siècle, meurtri par le totalitarisme, c’est le paradigme de la propagande qui prévaut, faisant de tout discours, de tout fait de langue et de toute production visuelle du pouvoir une tentative d’organisation des masses et de manipulation des esprits.

Raphaël Llorca - La marque Macron - Désillusions du Neutre

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2022: en route vers les idées...

17 Avril 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

2022: en route vers les idées...

Dans le film "Alice et le maire" dont parlaient - c'était sur France Inter, le 28 septembre 2019 - son réalisateur Nicolas Pariser et Najat Vallaud-Belkacem (voir lien en bas de page), une question a été posée: 

"Qu'est-ce qu'une idée?"

Ce n'était pas l'objet de l'émission mais c'est l'un des prétextes au film.

Question que je me suis à mon tour posé en la complétant:

Qu'est-ce qu'une idée politique en vue de 2022 et de l'échéance présidentielle ?

L'Histoire de la Ve République - pour ne pas remonter à Platon - regorge, fourmille et déborde d'idées de toutes sortes. Elles sont, à quelques exceptions près, inscrites dans le sacro-saint "pragmatisme". Ce "pragmatisme politique" qui n'a eu pour effets que freiner les enthousiasmes, les envies et annihiler les rêves, les candidat-e-s "rêveurs" ne dépassant jamais la barre des 5%.

Depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Elysée, ces idées "pragmatiques" naissent d'un discours très souvent incompréhensible à une immense majorité de français. En 2016/2017, durant la campagne, le candidat "En Marche" et ses soutiens ont ajouté au "pragmatisme" le "flou conceptuel". Jamais aucun observateur ne pouvait - et ne peut toujours pas aujourd'hui - exactement traduire les propos tenus par le candidat. En même temps - formule macronienne brevetée - chacun pouvait y trouver son "bonheur" tant ce flou faisait office de projet. J'engage chacun à lire un ou les discours du candidat comme du Président Macron. Tous sans exception sont construits, non pas sur des idées, sinon quelques citations dont l'interprétation laisse à désirer, mais sur le triptyque suivant: "Flou/Projet/Feuilleton":

- flou: pour ne jamais trop en dire et interdire aux commentateurs de se saisir d'éléments précis pour pouvoir les contredire en argumentant;

- projet: pour en permanence emmener les commentateurs et les français vers des lendemains hypothétiques. A ce point hypothétiques que souvent l'idée de projet se perd, s'oublie, avant très vite de passer à une autre, puis une autre, puis une autre. L'horizon d'attente permanent et les français transformés en "patients";

- feuilleton: le "projet", ou la gestion d'une crise ou tout autre "moment", sont découpés en épisodes successifs terminés par la formule "A suivre". La nation est embarquée dans des étapes "hyper commentées" par des chroniqueurs et experts nourrissant l'histoire et en écrivant une partie au grand plaisir du pouvoir qui n'en demande pas tant.

2022, je l'espère verra la fin de cette construction qui fait du peuple un ensemble de spectateurs/auditeurs passifs, soumis aux lois des sondages, courbes et pourcentages, par l'Audimat et les enquêtes bâclées où le micro-trottoir fait office de représentation de l'opinion générale.

Vivement le retour triomphal des idées! A condition d'essayer d'en dessiner quelques contours

Une idée politique se devra d'être évidemment compréhensible sans être simpliste. Oui, il faut cesser de croire que la complexité d'un propos serait gage de "génie". Les "synergies", c'est joli sur un plateau. Cela "fait" expert. Mais le citoyen veut entendre des humains comme lui, des gens qui doutent parfois, des candidats qui n'apportent pas la certitude de succès annoncés, jamais aboutis. D'où les déceptions récurrentes. Savoir qu'on ne sait pas, c'est le début de la sagesse et la naissance de la philosophie.

Elle devra être galvanisante. L'utopie ne doit pas être excessive - un équilibre à trouver - mais elle doit faire son retour. Si la jeunesse du monde suit Greta Thunberg, ou en France Camille Etienne, ce n'est pas parce qu'elles sont des expertes "sachantes" - ce qu'elles n'ont jamais prétendu être - mais parce qu'elles portent des utopies, des rêves de monde meilleur, plus juste, plus "propre". Un monde où tous les possibles seraient à nouveau présents, et pour toutes et tous. Pas seulement pour quelques-uns, toujours les mêmes.

Elle devra se rapprocher des préoccupations locales. Difficile certes car il existe un nombre incalculable de "lieux". Néanmoins, tous ces "lieux" sont traversés, reliés par des constantes permanentes. En s'adressant à cet urbain aisé, à ce banlieusard fatigué, à ce rural lointain, à ce français expatrié, en s'adressant aux femmes, à la jeunesse quelle qu'elle soit, aux populations des cités dites "difficiles" regorgeant d'énergie et de trésors, aux étrangers vivant sur notre sol, bref à toi et à moi, alors cette idée politique viendra sonner aux oreilles et permettra à chacune et chacun de s'approprier l'espoir qu'elle porte, le soin qu'elle apporte, contrairement aux propos actuels du Président de la République, se perdant dans un vocabulaire managérial qui ne s'adresse qu'à une partie de la population, celle qui dirige, oubliant celle qui est priée de bien vouloir obéir.

Enfin - mais il y aurait tant à dire et je laisse le soin à toutes et tous d'écrire et de dire la suite - l'idée politique d'après devra respecter les français. Les respecter en reflétant TOUJOURS, d'une manière ou d'une autre, la réalité des inégalités sociales par une "sociologie de l'idée". Ces inégalités qu'Emmanuel Macron méprise, pensant du haut de sa suffisance qu'il suffit de "traverser la rue pour trouver un emploi".  Inégalités sociales que l'extrême droite utilise - Eric Zemmour s'emparant de Jaurès et Blum - pour mentir au peuple, prendre le pouvoir et trahir ce même peuple si par malheur un jour elle parvient à l'Elysée.

Les années à venir doivent nourrir les français - et les français nourrir ces années - d'idées non seulement différentes de celles qui triomphent en "Macronie",  mais différentes aussi et surtout par le renouvellement qu'elles provoqueront dans les esprits anesthésiés d'un peuple qui ne demande qu'à agir pour mieux vivre ensemble.

Christophe Chartreux

https://www.franceinter.fr/emissions/on-aura-tout-vu/on-aura-tout-vu-28-septembre-2019

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