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Vivement l'Ecole!

politique

Le macronisme est un populisme, un totalitarisme intellectuel... (Ecrit en 2019)

1 Mars 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature, #Politique

7 mai 2017…
 
(À lire en écoutant la ballade numéro 1 de Chopin, par Kristian Zimermann au piano)
 
7 mai 2017… Un jeune homme de trente-neuf ans était élu huitième Président de la Ve République. Face à Marine Le Pen parvenue au second tour, profitant de la faiblesse d’une gauche épuisée, divisée, en manque de forces de conviction.
 
Alors, c’est ce jeune homme qui fut déclaré vainqueur. Pourtant sans le début de commencement d’un programme politique, d’un « projet », même si lui et ses communicants ont réussi l’exploit – aidés par quelques médias mainstream – de donner l’illusion qu’il en proposait un. Il y eut bien quelques analystes affirmant que tout cela était quand même très peu précis, très flou. Ils furent très vite isolés, puis disparurent des plateaux.
 
L’effet « sidération » se mettait en place. Il allait durer un an. Avant de commencer à s’effriter.
 
À Dieppe, la plage est de galets. Des millions de galets, puis du sable et la mer. De part et d’autre de la ville, des falaises dont certaines s’effondrent. Une ville de pêcheurs, d’hommes rudes et attachants. Ici pas de faux-semblant. Le chômage est une réalité. Les fins de mois sont difficiles. Mais ces femmes, ces hommes se plaignent rarement. Ils ne montrent pas leurs douleurs. Ils la vivent. Sans simulacre… Dans les cafés du port, ils parlent. Débattent. Se disputent. Ne leur parlez pas de Macron ! Vous pourriez les fâcher. Oui, c’est vrai, certains d’entre eux ont fait le choix de Marine Le Pen. Pas par conviction. Par découragement. Hélas, le « macronisme » continue d’entretenir ce découragement, l’augmente. Marion se prépare. 2022, c’est demain… C’est DEJA demain ! Elle aussi sait y faire pour séduire les « innocents »…
 
Ah la séduction !… C’est joli la séduction… Tu étais jolie au restaurant, le visage éclairé par le soleil couchant… Tu étais belle à Varengeville, admirative devant les vitraux bleus de Braque… Tu étais sublime, pieds nus dans la voiture… J’étais séduit… Mais je l’étais par une réalité vivante ! Aucun simulacre ! Aucun mensonge !
 
Or qu’avons-nous élu le 7 mai 2017 sinon l’incarnation du vide ? Abusés par une séduction vulgaire…
 
Avant de proposer – et ce n’est pas l’objet de ce livre – des idées qui, ensemble, feront « programme », il convient de faire prendre conscience aux citoyens, y compris à celles et ceux qui, très sincèrement, ont choisi Emmanuel Macron dès le premier tour de la présidentielle 2017, que la sidération ne peut plus durer ! Qu’il faut désormais rêver, bien sûr rêver, mais les yeux ouverts, la conscience aux aguets ! Il y va de la survie du débat politique, de la politique tout court. Le macronisme a la folle ambition d’abolir LE et LA politique. Pour une et une seule raison :
 
Le macronisme est un populisme, un totalitarisme intellectuel. Ni l’un ni l’autre ne supporte débats ou clivages.
 
Mon amie commanda une soupe de poisson…
 
Je crois te l’avoir déjà dit mais j’ai souvent relu les discours du candidat Macron. Ceux du Président aussi. Tous, sans exception, absolument tous sont suffisamment flous, imprécis pour que chacun y trouve à picorer. Pour que les médias trouvent à commenter, à organiser des plateaux-télés comme autant de plateaux-repas. Toutes et tous autour de la table et chacun choisit son sujet. Des paroles partout, tout le temps… Des critiques, nulle part, jamais. Emmanuel Macron « a raison » puisqu’il n’affirme jamais rien, ne prend jamais parti. Quand par-dessus tout cela, ses troupes copient-collent le vide et le diffusent, alors tu auras tout compris du macronisme: une immense opération d’hypnose collective. « Aie confiance » disait Kaa à Mowgli…
 
N’attendons ni Bagheera ni Sher Khan pour nous réveiller…
 
Laissons-nous séduire par la beauté d’un regard, la douceur d’une voix, les lumières d’un paysage au couchant, par cette femme qui sourit en regardant l’enfant… Son enfant…
 
Sans CHERCHER à séduire, elle.
 
Fuyons les simulacres et revenons au réel!
 
Christophe Chartreux
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La guerre des mots, un combat très politique - France Culture, samedi 22 février - 12h/12h30 (Invitée: Cécile Alduy)

21 Février 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Politique

La guerre des mots, un combat très politique - France Culture, samedi 22 février - 12h/12h30 (Invitée: Cécile Alduy)

"Féminicide", "écocide" : les mots des militants se sont imposés dans le débat public ces dernières années. Ce combat sémantique est loin d'être symbolique : qui impose ses mots maîtrise les termes du débat. Qu'en sera-t-il du "séparatisme islamiste" dénoncé par Emmanuel Macron ?

Dans un monde politico-médiatique où la parole semble peser davantage que les actes, le combat des idées n’en passe que davantage par le vocabulaire.

Celui qui impose ses mots et le sens qu’il leur associe obtient un avantage concurrentiel conséquent sur ses adversaires : il maîtrise les termes du débat. C’est un peu comme jouer à domicile pour une équipe de foot.

Exemple le plus récent : le "séparatisme islamiste" d’Emmanuel Macron.

Le chef de l’Etat était à Mulhouse cette semaine pour annoncer des mesures visant à lutter contre ce phénomène.

En imposant, avec une facilité déconcertante, ce terme de "séparatisme", il donne l’impression de décrire une réalité objective, alors qu’il s’agit tout autant de défendre, à travers lui, une politique. "Dire, c’est faire".

Mais ceux qui détiennent le pouvoir ne sont pas les seuls à malaxer le vocabulaire dans le sens qui leur convient.

On a vu ainsi ces derniers mois apparaitre des termes comme "féminicide", "écocide", "effondrement" : là encore, il ne s’agit pas seulement d’approcher la vérité d’une situation mais de mener un combat, contre les violences faites aux femmes, contre la destruction de l’environnement.

Est-ce à dire que la lutte politique en sort régénérée ?

Cela se discute. Car en parallèle de ces mots très offensifs s’est installée une sémantique beaucoup plus fade, une novlangue bureaucratique teintée de culture "start-up" qui, en donnant l’illusion du renouvellement, appauvrit considérablement la pensée.

Au point qu’on finit par perdre le sens d’autres mots que l'on croyait universels comme la "démocratie" par exemple.

A lire :

« Séparatisme islamiste » : « Le mot et son contenu sont loin de pouvoir nommer toute la réalité », tribune de l'islamologue Rachid Benzine parue dans Le Monde

Féminicide : mot masculin qui tue. Article paru dans M, le Magazine du Monde

Ruffin, les boules Quies et le "core business", chronique de Daniel Schneidermann dans Libération

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« Tu as remarqué. Il n’y a plus de débats en France »...

17 Février 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

Je suis un grand amoureux. De Kerouac, des « road movies », de ces chansons qui invitent à emprunter les routes mythiques, la Nationale 7 en France ou la « Route 66 » aux Etats-Unis. J’aime conduire. Mon amie cherche fébrilement une chanson à me faire écouter. Elle s’enthousiasme pour tout ou presque. On ne peut qu’être bon lorsqu’on s’acharne à ce point pour seulement trouver une chanson. Les kilomètres sont avalés. Elle a trouvé ! Juliette… « Une Petite Robe Noire »… Appuyée contre la portière, légèrement tournée vers moi, les pieds nus, le regard perdu vers la liberté…
 
Il y avait tellement de couleurs dans mon jardin ! Des géraniums aux fleurs énormes, des arums à donner le vertige en cornettes de bonne sœur avec un rayon de soleil au milieu, des pois de senteur, des soucis et mes chers bougainvilliers qui escaladaient tout, en retombant lourdement, épuisés… Je m’enivrais des parfums mélangés… J’étais au paradis.
 
Au printemps explosaient d’autres senteurs. Celles de fleurs d’orangers. De l’oranger devrais-je dire. Il n’y en avait qu’un. Mon bel oranger.
 
Au marché d’El Jadida, tout dégoulinait de fruits et de légumes divers. À mourir de plaisir au milieu des cris et des bousculades. Les paniers s’emmêlaient. Même l’étal du boucher, ruisselant de sang, attirait mon regard. Ce rouge virant au noir sur les tabliers blancs…
 
Et puis les mimosas ! Ma mère les adorait. Elle en faisait des bouquets décorant la maison de jaune à la Van Gogh. Le vase sur le piano était toujours le plus fourni. Je n’ai jamais su pourquoi. Un hommage à la musique sans doute… Elle est belle cette chanson de Juliette…
 
« Tu as remarqué. Il n’y a plus de débats en France » me dit-elle aux environs de Mantes…
 
Mon père et ses amis enseignants débattaient souvent. Politique, pédagogie, que sais-je encore ? La France est le pays de la « disputatio », du débat humaniste. Quel repas de famille, quelle rencontre entre collègues ne contient pas son débat, ses propos contradictoires, ses arguments défendus pied à pied ? Nos assemblées résonnent encore, des siècles après, des envolées lyriques d’un Hugo, d’un Jaurès, d’un Mitterrand. Tout en France fait débat.
 
J’adorais le bleu de fleurs de Volubilis. Plus tard, je découvrirai les ruines du même nom. Mon Tipasa à moi… Sans la mer ni les absinthes. Mais la même caresse sur les pierres et le ciel incrusté dans la brûlure du temps. Ici pas de « maître des horloges ». Quel orgueil de seulement croire pouvoir le devenir !
 
La France en effet se voit privée de débats. Se voit privée de politique. Le nouveau pouvoir autoproclamé « nouveau monde » ne veut ni droite ni gauche. Le citoyen, au sens étymologique du terme, devient un « collaborateur » dans une France startupisée. Les oppositions sont sommées de ne pas exister. Même la presse, le « quatrième pouvoir », se voit accusée de « ne pas chercher la vérité ». Alors qu’elle ne fait que cela. Le peuple est délégitimé.
 
- C’est bien pire que la disparition du débat. Car ce sont nos libertés qui risquent la disparition
 
Le regard de mon amie sembla s’assombrir. Je m’en voulus de la peiner.
 
J’aimais tant courir sur le sable vers la mer. Antoine Doinel à la fin des « Quatre Cents Coups ». Mais je ne m’arrêtais pas. Je ne me retournais pas pour, face caméra, regarder s’éloigner mon enfance. Non ! Je plongeais tête la première dans les rouleaux Atlantique pour hâter la caresse de l’eau sur mon corps. Et je priais n’importe qui pour que cela ne s’arrête jamais. Le sel brûlait mes yeux que je gardais ouverts, toujours !
 
- Il faudra qu’on partage un thé à la menthe un jour.
 
Oui mais servi dans un verre, tombant de haut. La théière ventrue souplement soulevée, dessinant dans l’espace une hanche de femme… J’aimais tant les parfums de Khadija qui se mêlaient à ceux du thé et de la menthe… A ceux des fleurs et des arbres du jardin…
 
- Oui, nous partagerons un thé à la menthe. C’est promis.
 
Son sourire était revenu…
 
Christophe Chartreux
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Olivier Faure, invité de France Inter - 17 février 2020

17 Février 2020 , Rédigé par France Inter Publié dans #Politique

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Boris Vallaud : « Il est de salubrité publique de trouver un chemin qui nous soit commun à gauche » (Video)

11 Février 2020 , Rédigé par Regards Publié dans #Politique

A lire aussi en cliquant ci-dessous

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Eric Hazan : “Depuis les Gilets jaunes, rien n’est plus ‘comme d’habitude’” (Video)

9 Février 2020 , Rédigé par Les Inrocks Publié dans #Politique

A noter:

très loin de partager tous les combats d'Eric Hazan, j'ai estimé néanmoins nécessaire et utile de faire connaître ici son point de vue

CC

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Le macronisme est un populisme. Les idées sont aux abonnés absents.

24 Janvier 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

Le macronisme est un populisme. Les idées sont aux abonnés absents.
7 mai 2017… Un jeune homme de trente-neuf ans était élu huitième Président de la Ve République. Face à Marine Le Pen parvenue au second tour, profitant de la faiblesse d’une gauche épuisée, divisée, en manque de forces de conviction.
 
Alors, c’est ce jeune homme qui fut déclaré vainqueur. Pourtant sans le début de commencement d’un programme politique, d’un « projet », même si lui et ses communicants ont réussi l’exploit – aidés par quelques médias mainstream – de donner l’illusion qu’il en proposait un. Il y eut bien quelques analystes affirmant que tout cela était quand même très peu précis, très flou. Ils furent très vite isolés, puis disparurent des plateaux.
 
L’effet « sidération » se mettait en place. Il allait durer près de deux ans. Avant de commencer à s’effriter.
 
À Dieppe, la plage est de galets. Des millions de galets, puis du sable et la mer. De part et d’autre de la ville, des falaises dont certaines s’effondrent. Une ville de pêcheurs, d’hommes rudes et attachants. Ici pas de faux-semblant. Le chômage est une réalité. Les fins de mois sont difficiles. Mais ces femmes, ces hommes se plaignent rarement. Ils ne montrent pas leurs douleurs. Ils la vivent. Sans simulacre… Dans les cafés du port, ils parlent. Débattent. Se disputent. Ne leur parlez pas de Macron ! Vous pourriez les fâcher. Oui, c’est vrai, certains d’entre eux ont fait le choix de Marine Le Pen. Pas par conviction. Par découragement. Hélas, le « macronisme » continue d’entretenir ce découragement, l’augmente. Marion se prépare. 2022, c’est demain… C’est DEJA demain ! Elle aussi sait y faire pour séduire les « innocents »…
 
Ah la séduction !… C’est joli la séduction… Tu étais jolie au restaurant, le visage éclairé par le soleil couchant
 
Tu étais belle à Varengeville, admirative devant les vitraux bleus de Braque… Tu étais sublime, pieds nus dans la voiture… J’étais séduit… Mais je l’étais par une réalité vivante ! Aucun simulacre ! Aucun mensonge !
 
Or qu’avons-nous élu le 7 mai 2017 sinon l’incarnation du vide ? Abusés par une séduction vulgaire…
 
Avant de proposer des idées qui, ensemble, feront « programme », il convient de faire prendre conscience aux citoyens, y compris à celles et ceux qui, très sincèrement, ont choisi Emmanuel Macron dès le premier tour de la présidentielle 2017, que la sidération ne peut plus durer ! Qu’il faut désormais rêver, bien sûr rêver, mais les yeux ouverts, la conscience aux aguets ! Il y va de la survie du débat politique, de la politique tout court. Le macronisme a la folle ambition d’abolir LE et LA politique. Pour une et une seule raison :
 
le macronisme est un populisme, un totalitarisme intellectuel. Ni l’un ni l’autre ne supporte débats ou clivages.
 
Mon amie commanda une soupe de poisson…
 
Je crois te l’avoir déjà dit mais j’ai souvent relu les discours du candidat Macron. Ceux du Président aussi. Tous, sans exception, absolument tous sont suffisamment flous, imprécis pour que chacun y trouve à picorer. Pour que les médias trouvent à commenter, à organiser des plateaux-télés comme autant de plateaux-repas. Toutes et tous autour de la table et chacun choisit son sujet. Des paroles partout, tout le temps… Des critiques, nulle part, jamais. Emmanuel Macron « a raison » puisqu’il n’affirme jamais rien, ne prend jamais parti. Quand par-dessus tout cela, ses troupes copient-collent le vide et le diffusent, alors tu auras tout compris du macronisme: une immense opération d’hypnose collective. « Aie confiance » disait Kaa à Mowgli…
 
N’attendons ni Bagheera ni Sher Khan pour nous réveiller…
 
Laissons-nous séduire par la beauté d’un regard, la douceur d’une voix, les lumières d’un paysage au couchant, par cette femme qui sourit en regardant l’enfant… Son enfant…
 
Sans CHERCHER à séduire, elle…
 
Fuyons les simulacres et revenons au réel! Mais un réel à imaginer...
 
Christophe Chartreux
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Najat Vallaud-Belkacem s’exprime en « militante » des libertés publiques...

22 Janvier 2020 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Politique

Najat Vallaud-Belkacem s’exprime en « militante » des libertés publiques...

C’est suffisamment rare pour le souligner. Najat Vallaud-Belkacem a choisi de revenir dans le débat public par les idées. Et vraiment par les idées. En retrait de la vie politique depuis sa défaite aux législatives de 2017, l’ancienne ministre de l’Education avait décidé de lancer une collection d’essais chez Fayard sous le label « Raison de plus ». En ce début d’année, alors qu’elle vient de quitter Ipsos, la socialiste reprend la parole. Elle souhaite à nouveau « porter une modeste contribution à un débat public qui parfois nous irrite ». C’est au nom de l’association Raison de plus qu’elle coorganisait hier soir un colloque avec l’historien Olivier Christin, du Centre européen des Etudes républicaines. Le thème disait bien l’intention : « Nouveaux dissidents, nouveaux résistants. Défendre les libertés publiques. »

Najat Vallaud-Belkacem prête à « reprendre une place dans le débat public

« La passion de la liberté »

Devant près de 600 personnes, dans l’amphi Painlevé, au Cnam à Paris, Najat Vallaud-Belkacem a lancé ce « cycle européen de conférences sur les libertés » en plantant le décor : « Les libertés publiques sont subrepticement remises en cause dans nos démocraties. Je parle de nos vieilles démocraties dans lesquelles nos Etats de droit subissent des coups. » Ces Etats de droit « qui vont de petits compromis en grandes compromissions » ne sont plus pour elle les garants des libertés publiques. Et face à un public qui l’a applaudie, l’ancienne ministre a conclu par cette question :

« Avons-nous perdu la passion de la liberté qui suppose non pas d’être vigilant mais d’être militant ? »

Pendant près de trois heures, des intellectuels, des avocats, des politiques, des fonctionnaires venus d’Italie, d’Espagne, de Suisse se sont succédé à la tribune, pour faire l’état des lieux – parfois de manière trop abstraite – des atteintes aux libertés publiques en Europe depuis ces vingt dernières années. « Nous devons nous réveiller de notre léthargie » a exhorté l’italienne Laura Boldrini, ancienne présidente de la Chambre des députés. L’avocat William Bourdon a pointé le double mouvement d’une « exigence de dignité qui dit quelque chose du sentiment d’une maltraitance sociale qui fait rage dans nos sociétés » et d’une « universalisation de l’insupportabilité que ceux qui devraient nous sauver, faire face, défaillissent, trahissent l’intérêt général qui leur a été confié ».

Une dérive du débat public

Le philosophe Frédéric Worms a résumé l’enjeu politique de cette période, où les défenseurs des libertés publiques semblent subir le débat et les reculs : « On a besoin d’actions, mais on a besoin d’idées. On a besoin d’une nouvelle doctrine pour changer ce qui domine dans le débat. » L’ancien président de la CNCDH a abondé « le déclin des libertés n’est pas dû seulement aux gouvernements, il est dû à l’absence de défense des libertés ». L’avocat François Sureau, auteur de « Sans la liberté », a appuyé ce sombre constat en France : « Depuis vingt ans, on a vu disparaître la liberté de s’informer […], la liberté de manifester […] et réduire la liberté de s’exprimer. »

A l’unisson d’intervenants fondamentalement hostiles à la dérive d’un débat public qui en vient à faire de la sécurité une liberté, la juriste Mireille Delmas-Marty a donné son explication. Pour elle, les principaux problèmes de la société étant désormais des phénomènes mondiaux (terrorisme, climat, migration) « les gouvernements ne peuvent plus les régler ». Cette « impuissance des Etats » est, pour elle, la cause de la « surenchère » sécuritaire. Des lois, des restrictions des libertés pour montrer aux opinions publiques qu’ils sont là, qu’ils agissent. Mais hier, le temps d’une soirée, les défenseurs des libertés publiques se sont retrouvés. Et ont décidé de repasser à l’offensive.

Cécile Amar

Publié par L’Obs, le 21 janvier 2020 à 12h27
https://www.nouvelobs.com/politique/20200121.OBS23745/najat-vallaud-belkacem-s-exprime-en-militante-des-libertes-publiques.html

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"Qu'ils viennent me chercher"... au théâtre! (Vidéo)

21 Janvier 2020 , Rédigé par France Inter Publié dans #Politique

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