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Vivement l'Ecole!

Articles avec #politique tag

Code du travail : La folle entreprise du gouvernement...

14 Juin 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique, #Loi Travail

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http://sudedulor.lautre.net/spip/spip.php?article1499

A vous toutes et tous qui vous dites de gauche et avez rejoint Emmanuel Macron, COMMENT pouvez-vous cautionner cela?

Dimanche, à Dieppe, je voterai pour le Candidat communiste et Maire de Dieppe Sébastien Jumel face au candidat de la France dite "en marche".

En marche vers l'abyme!

J'appelle les abstentionnistes à revenir partout aux urnes! Il en va de VOTRE avenir et de celui de vos enfants!

A Villeurbanne, j'appelle de toutes mes forces à voter en masse pour la candidate socialiste, fidèle à ses valeurs et à ses engagements de toujours!

Najat Vallaud-Belkacem

Christophe Chartreux

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Négociation du motif de licenciement, primauté des accords d’entreprise sur le contrat de travail… Les pistes de réforme dévoilées la semaine dernière par «Libération» sont bien sur la table de la concertation engagée lundi par l’exécutif avec les partenaires sociaux. Des mesures radicales.

Le voile commence à se lever sur les intentions du gouvernement concernant la réforme du code du travail. Invité mardi sur France Info, le Premier ministre a laissé échapper un indice important sur le caractère très audacieux des futures ordonnances. A la question de savoir si un accord d’entreprise pourrait définir à l’avance les causes d’un licenciement, Edouard Philippe a répondu par un «on verra» qui laisse songeur. Alors même qu’il avait exclu, quelques secondes plus tôt, d’autres thèmes (durée et nombre de CDD) de la négociation d’entreprise.

En réalité, depuis lundi, les rencontres bilatérales entre le cabinet de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et les partenaires sociaux commencent à dessiner un projet qui irait vraiment beaucoup plus loin que la loi El Khomri. Et qui valide, progressivement, les pistes dévoilées mercredi dernier dans Libération, inscrites dans un document que l’exécutif jugeait pourtant «sans valeur». Petit tour des premières mesures chocs que le gouvernement commence à mettre ouvertement sur la table.

La négociation des causes du licenciement

C’est donc sur France Info qu’Edouard Philippe a lâché la dernière piste : la possibilité pour les employeurs de négocier avec les syndicats, dans chaque entreprise, les causes préalables du licenciement. Un vieux rêve du Medef, qui pourrait conduire à ce que les salariés, par exemple, s’engagent, à l’avance, à produire une quantité précise et définie de travail. Au risque, sinon, d’être virés, sans possibilité de recours devant le juge, le fait de ne pas atteindre les objectifs constituant une «cause réelle et sérieuse» de licenciement. Une proposition clairement présente dans le document de la Direction générale du travail (DGT) publié le 7 juin par Libération. Ce texte, qui recensait les réformes sur lesquelles le cabinet de la ministre du Travail demandait à ses services de plancher, proposait ainsi, pour les CDI, d’«élargir les possibilités de négociation en ce qui concerne la période d’essai, le préavis, les congés familiaux, l’indemnité de licenciement, le motif du licenciement».

Des dérogations aux accords de branche

Selon la CFTC, FO et la CGT, qui ont ouvert lundi et mardi le bal des rencontres avec le cabinet de Pénicaud, le gouvernement ne cache plus son intention de permettre aux entreprises de négocier dans des domaines jusqu’ici dévolus aux branches. En effet, six thématiques font aujourd’hui partie de leur pré carré : les minima salariaux, les classifications des métiers, la protection sociale complémentaire, la formation, la pénibilité et l’égalité professionnelle. D’après Fabrice Angei, de la CGT, le gouvernement s’interrogerait sur le fait de sortir la pénibilité de ces six thèmes sanctuarisés.

Par ailleurs, en plus de ces six thématiques, les branches ont aussi la possibilité de se réserver, de façon exclusive, des sujets de négociation (s’ils n’ont pas été confiés par la loi à l’entreprise). Or le gouvernement réfléchit à ce que les employeurs puissent aussi signer des accords avec les syndicats sur ces sujets. «Les ordonnances pourraient permettre à un accord d’entreprise de déverrouiller ce qui serait en théorie verrouillé par les branches», explique ainsi Michel Beaugas, de Force ouvrière, à la sortie de sa rencontre avec le cabinet de Pénicaud. Selon le président de la CFTC, Philippe Louis, les entreprises ne pourraient cependant le faire que dans des «cas bien spécifiques et avec une majorité spécifique». Une sorte d’accord super-majoritaire, qui pourrait dépasser la barre des 50 %.

Des pistes de dérogations là encore évoquées dans le document de la DGT. Le texte suggérait ainsi de réserver un sort particulier à la pénibilité, «en fonction de la solution d’atterrissage à inventer dans les jours ou semaines qui viennent». Quant aux secteurs «exhaustivement énumérés où une branche aurait la possibilité de verrouiller», un accord d’entreprise pourrait «malgré tout déroger», proposait le document.

La primauté des accords d’entreprise sur le contrat de travail

Autre sujet mis sur la table, lundi, par le cabinet de Pénicaud : «Le principe de la primauté des accords d’entreprise sur le contrat de travail», explique Michel Beaugas, de FO. Aujourd’hui, hormis quelques cas précis, un salarié dont le contrat se trouve modifié à la suite de la conclusion d’un accord d’entreprise doit signer un avenant. Ce système disparaîtrait donc (le salarié ne pouvant plus s’y opposer) si la primauté des accords d’entreprise était adoptée. Un point indiqué noir sur blanc dans le document de la DGT.

La présomption de légalité des accords d’entreprise

Toujours selon FO, le ministère du Travail envisage aussi d’instaurer une «présomption de légalité d’un accord d’entreprise majoritaire», s’inquiète Michel Beaugas. Là aussi, c’est une piste qui apparaît dans le relevé de la DGT. Selon le texte, contrairement à aujourd’hui, il reviendrait aux syndicats d’apporter la preuve d’une non-conformité d’un accord d’entreprise avec la loi. «Une telle présomption conduirait à restreindre le contrôle du juge sur les accords collectifs», précise le texte de la DGT.

Le référendum d’entreprise à l’initiative de l’employeur

Le gouvernement n’exclut pas non plus de rendre possible un référendum d’entreprise «à l’initiative unique de l’employeur», c’est-à-dire sans signature d’un accord minoritaire par les syndicats, poursuit Michel Beaugas. Une éventualité qui n’a jamais été évoquée pendant la campagne. Le programme d’Emmanuel Macron prévoyait bien un référendum à l’initiative du patron (aujourd’hui, seuls les syndicats peuvent solliciter un vote), mais seulement pour valider un accord signé par des syndicats représentants au moins 30 % des voix aux élections professionnelles. L’idée était, en revanche, aussi avancée dans le document de la DGT. «Le cabinet de Muriel Pénicaud nous a dit ça en souriant, car il sait que tous les syndicats sont contre, veut toutefois croire Michel Beaugas. Je ne pense pas que ça se fera. C’est un petit jeu du "je te teste, tu me testes". Ce qui est sûr, c’est qu’eux ne disent non à rien.»

Luc Peillon , Alexia Eychenne

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Code du travail, l’urgence de la gauche!...

13 Juin 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique

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Il est absolument nécessaire de doter l’Assemblée nationale d’un minimum de capacité à s’opposer aux régressions sociales les plus graves, et à protéger les salariés les plus fragiles.

Les Français ont accordé dimanche une majorité absolue à Emmanuel Macron, avec de futurs députés dont le seul programme et le seul engagement pour les cinq ans qui viennent est d’avoir juré obéissance aveugle et sans condition au Président et à son gouvernement, dont le Premier ministre se revendique fièrement de droite. Pour quoi faire ? Nul ne le sait, mais il n’est pas interdit de s’en faire une petite idée au regard des premières annonces concernant tout aussi bien la hausse de la CSG pour les retraités en même temps qu’on réduira considérablement l’impôt sur les grandes fortunes (beau sens des priorités fiscales) ; la disparition d’une centaine de milliers de postes dans la fonction publique (et on sait que ce sont toujours les mêmes quartiers et villes populaires qui en pâtissent) ; ou encore l’adoption d’une loi travail par ordonnances dès cet ét

Une loi dont le couple exécutif s’est bien gardé de dévoiler les objectifs en se réfugiant derrière l’annonce d’une méthode de consultation qui ne vise en réalité qu’une seule chose : confisquer tout débat démocratique aux parlementaires, et toute forme d’opposition.

Le droit du travail dans notre pays est en danger : il y a une urgence à doter l’Assemblée nationale d’un minimum de capacité à s’opposer aux régressions sociales les plus graves, et à protéger les salariés les plus fragiles. On connaissait la rengaine de la droite dure sur «ces protections sociales qui décourageraient l’embauche et l’initiative». On ne s’imaginait pas la retrouver telle quelle, adoptée par La République en marche, tout juste ripolinée avec les mots doux de la modernité la plus libérale, sous couvert de progrès et de souplesse. A l’évidence, notre pays a besoin de mieux organiser les transitions nouvelles dans la vie professionnelle, d’accompagner les mobilités, de prendre en compte les mutations du travail, en conciliant le droit à la formation initiale et continue et un haut niveau d’indemnisation des périodes de chômage, en contrepartie d’une plus grande fluidité du marché du travail. Mais pour y parvenir, rien ne serait plus injuste que d’opposer les salariés entre eux, et les salariés aux personnes privées d’emploi, car cette logique mortifère n’a pour conséquence que le moins disant social. Ce ne peut être un horizon de société souhaitable et acceptable dans la France d’aujourd’hui. Les Français l’ont compris et l’ont rappelé à de multiples occasions : ils refusent que l’accès à l’emploi stable passe par le renoncement à tous les acquis sociaux, dans l’acceptation de conditions de travail toujours plus dégradées.

Malgré toutes les critiques, souvent fondées, qui lui ont été adressées, la loi travail portait en elle cette recherche d’équilibre et de compromis, comme l’a montré la création du compte personnel d’activité. Certains ont jugé l’équilibre insuffisant… notamment à cause des dispositions excessives voulues à l’époque par le ministre Emmanuel Macron. D’autres ont voulu y voir un socle de droits novateurs qui méritait d’être approfondi. J’en fais partie.

Mais force est de constater, aujourd’hui, qu’avec les propositions du gouvernement, la volonté d’équilibre a vécu : le vernis du discours «progressiste éclairé» du Président s’efface au profit d’un projet très idéologique, brutal et déséquilibré au détriment des salariés. Alors que les lois portant sur la réforme du travail et adoptées durant le dernier quinquennat commencent à peine à produire leurs effets, et qu’aucune de leurs dispositions n’a fait l’objet d’une évaluation sérieuse, quelle urgence commande cette nouvelle réforme du code du travail ? Quelle obsession exige d’en faire l’axe central de la politique de l’emploi ? Quelle nécessité justifie cette mise sous tension permanente des salariés et de leurs droits, rendus coupables de tous les maux économiques et du chômage qui frappe notre pays ? Comme si la précarité n’était pas déjà beaucoup trop forte en France, en particulier chez les jeunes. Comme si la lutte contre le chômage justifiait la création de nouveaux travailleurs pauvres. Comme s’il suffisait d’accroître la précarité pour créer de l’emploi.

Ce qui se prépare pour les prochaines semaines, c’est l’alignement sur les obsessions revanchardes d’une partie du patronat, d’un match retour après la loi travail pour tous ceux qui estimaient qu’elle n’allait pas assez loin dans la suppression des garanties collectives. C’est beaucoup plus inquiétant que ce que le candidat avait annoncé dans sa campagne : l’autorité donnée à l’accord d’entreprise sur le contenu du contrat de travail, la diminution des plus bas salaires, l’assouplissement des règles de santé et de sécurité, l’instauration d’un droit au licenciement abusif à bas coût ou encore l’oubli du compte personnel d’activité. «Entre le fort et le faible, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit», écrivait Lacordaire : en matière de droit du travail, en particulier au niveau de l’entreprise où les salariés isolés et précarisés sont en situation défavorable pour négocier avec les employeurs, cette affirmation trouve tout son sens.

C’est en réalité notre modèle social issu du compromis de l’après-guerre, fondé sur la construction de garanties collectives nationales et à l’échelle des branches, et sur une vision émancipatrice du travail qui respecte les droits des salariés, qui est remis en cause.

Voilà pourquoi il faut que, dimanche prochain, tous les électeurs attachés au pluralisme démocratique et à la protection sociale élisent des députés de gauche : il s’agit d’empêcher que la logique de dérégulation libérale ne s’impose au détriment des salariés et des précaires par la grâce d’une majorité si écrasante qu’elle en deviendrait aussitôt sourde et aveugle aux réalités du pays.

Najat Vallaud-Belkacem Ancienne ministre, candidate aux législatives à Villeurbanne

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Des options ? Pourquoi pas, mais alors pour tous les élèves!...

13 Juin 2017 , Rédigé par SE-UNSA Publié dans #Education, #Politique

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L’arrêté sur le collège étudié en Conseil supérieur de l’Éducation le 8 juin décline une des propositions de campagne d’Emmanuel Macron de rétablir les classes bilangues, européennes, et l’option latin. En fait, dans de nombreuses académies, la plupart des bilangues avaient été maintenues et quasiment tous les établissements qui l’assuraient auparavant  avaient conservé un enseignement facultatif de langues anciennes. On était donc en grande partie dans l’effet d’annonce.

Profitant de l’opportunité offerte par cette révision des options, le SE-Unsa a pris position pour un élargissement de l’offre. En effet, si le président et le ministre pensent que les options sont bonnes pour les élèves, alors les enseignements facultatifs ne doivent pas se limiter aux langues et à un petit groupe d’élèves ! Le SE-Unsa a défendu davantage de variété en proposant une option de 2 heures par semaine pour travailler cultures et pratiques artistiques, sportives, informationnelles, numériques ou scientifiques et technologiques.

Par ailleurs, le SE-Unsa, lors de son entrevue avec le nouveau ministre, a obtenu qu’une communication soit envoyée aux académies et aux établissements, pour attirer leur attention sur l’impact négatif du cumul des options : d’une part il ne faut pas alourdir la semaine des élèves et déboucher sur des emplois du temps aberrants pour tous, d’autre part il faut faire profiter le plus grand nombre et répartir plus justement les moyens.
 
L’ensemble de nos propositions permettraient que toutes les disciplines soient concernées : aucun enseignant ne serait a priori écarté  de ces dispositifs qui permettent aux élèves de s’épanouir selon leurs appétences. Pourquoi seuls les bons élèves accéderaient-ils à ces options qui fonctionnent bien, alors que les élèves en difficulté n’auraient aucun choix ? L’amendement du SE-Unsa a recueilli une large majorité des voix chez les autres membres de la communauté éducative mais le ministère ne l’a pas repris à son compte. Dommage, pour un ministre qui assurait vouloir s’inscrire dans le dialogue social.
 
Le SE-Unsa continuera à se battre pour obtenir cette mesure qui permettrait à tous les enseignants et notamment aux professeurs documentalistes de prendre toute leur place dans les dispositifs pédagogiques du collège.
 
Le SE-Unsa est engagé pour une École durable, qui met la réduction des inégalités au cœur de son action en proposant des enseignements stimulants et ambitieux à tous les élèves.
 
Engagez-vous avec nous en signant notre pétition.
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Comment change l'école?... (Vidéo/Nathalie Mons)

12 Juin 2017 , Rédigé par CEMEA Publié dans #Education, #Politique

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"Vous savez qui est Albert Camus"... Programmé pour l'éducation?...

12 Juin 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

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Jean-Michel Blanquer, programmé pour l’éducation

Au-delà de son pragmatisme revendiqué, le nouveau ministre de l’éducation, ennemi du « pédagogisme » et féru de neurosciences, a des idées très arrêtées sur l’école.

« Lire, c’est important. C’est l’une des choses les plus importantes dans la vie. Plus que de regarder la télé… » Voilà le message que Jean-Michel Blanquer est venu porter jusque dans la classe de CP de Madame Rémy, à l’école Albert-Camus de Creil (Oise), mardi 23 mai. C’était, six jours après sa nomination, sa première visite en tant que ministre de l’éducation nationale. Et il a choisi de la faire en zone d’éducation prioritaire (ZEP), pour défendre l’une de ses mesures phares de la rentrée prochaine : les classes à 12 élèves en CP.

De lui, les enfants retiendront sans doute un « grand monsieur » en costume cravate gris, petites lunettes, crâne dégarni, l’air sérieux mais bienveillant, accompagné d’une nuée de caméras. Avant de les quitter, il leur a posé une question : « Vous savez qui est Albert Camus ? » Et eux de répondre : « C’est nous ! C’est notre école ! »

Sans doute que lui savait déjà, à 6 ans, qui était Albert Camus. Lui qui a grandi dans le cœur de Paris, aux côtés d’une mère enseignante et d’un père avocat. Qui a fait ses premières classes au cours Saint-Louis puis à Stanislas, prestigieux établissements privés. Qui a cumulé tous les titres que le système universitaire peut dispenser : maîtrise de philosophie, DEA d’études politiques à Sciences Po, diplôme de Harvard, doctorat et agrégation de droit public.

Quand on lui demande « qui il est » aujourd’hui, il répond : « un professeur ». Mais il n’est ni un instituteur ni un professeur de collège : Jean-Michel Blanquer est enseignant-chercheur. Un « intellectuel brillant », disent ceux qui l’ont côtoyé partout où il a pu enseigner – de la fac d’Assas en 1992 à Paris-III en 2004. Un homme d’action « hyperactif », pour ceux qui l’ont vu œuvrer sur le terrain en Guyane et à Créteil, et progresser à une vitesse éclair dans la haute hiérarchie de l’éducation nationale.

(...)

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Ceux qu’on foule aux pieds (aujourd’hui, au regard de l’actualité éducative)...

12 Juin 2017 , Rédigé par Questions de classe(s) Publié dans #Education, #Politique

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Les mesures envisagées par le nouveau ministre de l’Éducation nationale n’ont rien de spectaculaires : l’annonce du recours plus fréquent au redoublement, une certaine latitude pour les rythmes scolaires, permettant de revenir à la semaine de quatre jours, le rétablissement des classes bilangues et la mise entre parenthèses des enseignements pluridisciplinaires en collège, rien qui paraisse cataclysmique même si on le juge négatif.

On ne peut s’empêcher de faire trois remarques :

- ces mesures sont socialement marquées : ce sont les enfants des classes aisées qui sont demandeuses des classes bilangues (et des langues anciennes) ; ce sont au nom de leur « fatigue » que l’on envisage de pouvoir revenir à la semaine de quatre jours – les autres enfants, eux, se lèvent aussi le mercredi ! Ce sont surtout les enfants des classes populaires qui redoublent.

- ce marquage social est aussi politique : c’est Sarkozy qui avait supprimé la cinquième matinée de travail scolaire, au grand dam de l’ensemble des chronobiologistes ; c’était aussi un clin d’oeil appuyé au monde enseignant, qui l’a compris via le syndicat majoritaire du secteur en ne pipant mot (même attitude aujourd’hui).

- il est aussi pédagogique : les EPI, quelque maladroite qu’ait pu être leur mise en œuvre, voulait promouvoir l’interdisciplinarité. Le front commun syndical mêlait ceux qui étaient « pour l’interdisciplinarité mais pas comme ça » - avec des arguments audibles - et ceux qui ont une conception blindée et aveugle des disciplines : c’était quand même un front commun.

Certes, ces retours en arrière marqués mais réalisés à pas feutrés (des coups de canif, pas une « casse », pour reprendre ce terme tant et si mal usité) risquent de rencontrer l’indifférence des parents des classes populaires, pas forcément au courant de ces questions et qui vont avoir bien d’autres soucis avec la réforme du code du travail. Les bénéficiaires, les enseignants corporatistes et les parents aisés, vont continuer à jouer double jeu, avec le souci proclamé de l’égalité des chances et des malchances, et la réalité des privilèges aux dépens des gens d’en bas.

J.-P. Fournier

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A Lire... Connaissance, igorance, mystère... Edgar Morin...

11 Juin 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Philosophie

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EXTRAIT

J’aime connaître.

J’ai gardé les curiosités de l’enfance, les interrogations de l’adolescence, j’ai pu, à vingt-sept ans, dans mon livre L’Homme et la Mort, interroger ce qui, dans la condition humaine, pose le plus problème et nécessite une culture transdisciplinaire ; à trente ans, j’ai eu la chance d’être intégré au CNRS, qui m’a permis de satisfaire mes curiosités et interrogations, loué soit-il pour la liberté qu’il m’a accordée !

Je ressens toujours très vivement le plaisir des découvertes et des lucidations, et je n’ai cessé de lire revues scientifiques et ouvrages m’informant des prodigieux progrès des connaissances.

Néanmoins, très rapidement, j’ai compris que la relation entre la connaissance et la réalité posait le problème soulevé depuis longtemps par des penseurs indiens, chinois, grecs, soulevé de nouveau par Kant et aujourd’hui par la science du cerveau et la philosophie de la connaissance : que connaît-on, que peut-on connaître de la réalité ?

La connaissance devenue problématique rend la réalité elle-même problématique, qui rend tout autant problématique l’esprit producteur de la connaissance, lequel rend aujourd’hui énigmatique le cerveau producteur de l’esprit.

Ainsi débouchons-nous sur la relation inséparable et circulaire entre réalité, connaissance, esprit, cerveau. Nous découvrons un inconnu en chacun d’eux et, chose paradoxale, l’inconnu se trouve à l’intérieur du connu et du connaissant. Autrement dit, tout ce qui élucide devient obscur sans cesser d’élucider.

Cela n’a pas éteint ma soif de connaissance, mais l’a élargie et amplifiée dans le but de tenter de connaître la connaissance elle-même, ses possibilités, ses limites, ses risques d’erreur, d’illusion, et de chercher les moyens d’élaborer une connaissance, la plus pertinente possible, ce qui m’a conduit à écrire La Méthode.

Je ressens toujours autant le plaisir des découvertes, des élucidations, aussi bien à propos de l’univers que des petits détails de la vie quotidienne. Cela a suscité chez moi, de plus en plus fortement, l’étonnement – parfois émerveillement, parfois vertige – d’être en vie, de marcher, d’être sous le soleil, de regarder la lune montante dans le ciel nocturne, de contempler les amas d’étoiles, minuscules à mes yeux, énormes à ma connaissance.

Tout ce qui est évident, tout ce qui est connu devient étonnement et mystère.

Mon étonnement s’accroît à chaque regard, à chaque sensation. Ce n’est pas seulement le mystère de la vie, de l’existence, de la réalité, c’est aussi la tête des passants dans la rue, les arbres, les animaux…

Je m’ébahis devant les pépins amassés, protégés comme des bébés à l’intérieur de la chair du melon, des pépins du grain de raisin, ou devant l’amande calfeutrée à l’intérieur du noyau cuirassé de la pêche.

J’ai le fort sentiment de l’invisible caché dans le vu.

Je ressens ce qui a été ressenti par tant d’esprits dans tant de civilisations, le sentiment d’une vérité secrète, qu’il faut chercher avec obstination et ascèse, jusqu’à l’initiation qui fait accéder enfin à la vérité ésotérique. Mais je suis arrivé à la conscience que cette vérité restera à jamais cachée à notre conscience. Ceux qui croient y être parvenus s’illusionnent d’un maître mot qui les illumine. Du reste, je suis toujours éberlué quand j’entends ceux qui brandissent le mot qui dissipe toutes ténèbres : Dieu, Matière, Esprit, Raison, Déterminisme.

Je suis de ceux qui s’émerveillent de l’univers, mais non de ceux qui lui trouvent un sens ou le rationalisent.

Quand le grand Einstein s’enchante de la raison supérieure qui régit l’univers, je ne peux m’empêcher de penser que cette raison supérieure est toute mêlée d’une folie immodérée, avec les annihilations d’antimatière par la matière, les collisions et explosions d’étoiles, les désintégrations ininterrompues de tout ce qui est intégré, sans oublier les cataclysmes qu’a connus l’histoire de la vie, et, si l’on passe à l’humain, les extinctions de civilisations, les anéantissements culturels et les déferlements de massacres et délires, cruautés de toutes sortes !

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La démocratie est-elle l’affaire de tous?... (Audio)

11 Juin 2017 , Rédigé par France Culture Publié dans #Politique, #Histoire

Que peut encore nous apprendre la démocratie athénienne, du temps où s'inventaient simultanément la philosophie et la démocratie ?

Pour Castoriadis, ce temps de création collective, de vitalité politique et de remise en question des institutions incarne ce qu'il appelle "autonomie", la prise en charge par une société entière de son propre destin démocratique. D'où le problème que pose la bureaucratie, l'accaparement du projet politique entre les mains d'un petit nombre, faisant obstacle à l'avènement de la démocratie, au sens où celle-ci serait véritablement l'affaire de tous. Explications par Nicolas Poirier.

Le texte du jour

« Une société démocratique, quelle que soit sa taille, est toujours formée d’une pluralité d’individus qui participent tous au pouvoir dans la mesure où chacun a autant qu’un autre la possibilité effective d’influer sur ce qui se passe, ce qui n’est absolument pas le cas en pratique dans nos sociétés démocratiques, qui sont plutôt ce que j’appellerais des oligarchies électives et libérales, avec des strates sociales bien barricadées dans leurs positions de pouvoir. Certes, ces strates ne sont pas tout à fait étanches. C’est le fameux argument des libéraux : « M. Machin a commencé par être vendeur de journaux puis, grâce à ses capacités, il a fini président de la General Motors », ce qui prouve simplement que les couches dominantes savent aussi se renouveler en recrutant dans les strates inférieures les individus les plus actifs dans le jeu social tel qu’elles l’ont organisé. Et il en va de même pour la politique, dominée par la bureaucratie des partis : peu importe qu’ils soient au gouvernement ou dans l’opposition, qu’ils soient socialistes ou conservateurs, ils sont en un sens complices pour ce qui est des enjeux inamovibles de pouvoir. Ils ne changent pas en fonction d’une quelconque volonté populaire, mais selon les règles du jeu bureaucratique de l’appareil partisan, qui vont promouvoir de nouveaux dirigeants. […]

Mais il ne faudrait pas croire pour autant que les oligarchies dominantes, capitalistes ou politiciennes, violent partout et toujours un peuple innocent, à son corps défendant. Les citoyens se laissent mener par le bout du nez, se font berner par des politiciens habiles ou corrompus, et manipuler par des médias avides de scoop, mais n’ont-ils aucun moyen de les contrôler ? Pourquoi sont-ils devenus tellement amnésiques ? Pourquoi oublient-ils si facilement que le même Reagan ou le même Mitterrand, il y a un an, il y a quatre ans, tenait de tout autres discours… Ont-ils été zombifiés par des esprits maléfiques ? »

Cornelius Castoriadis, Une société à la dérive, Seuil, 2005, « Les enjeux actuels de la démocratie » (1986), p. 157

Lecture

- Cornelius Castoriadis, Ce qui fait la Grèce I. D'Homère à Héraclite, Seuil, « La couleur des idées », 2004, chap. II. « La pensée politique », p. 274.

Extraits

- Documentaire de Chris Marker, « L'héritage de la chouette », 1989, sur La sept.

- Archive Castoriadis : le recul de la vitalité démocratique et la légitimation de la domination bureaucratique par l’inaction des citoyens (source :Là-bas si j’y suis, Castoriadis au micro de Daniel Mermet, 25/11/1998)

- Archive Castoriadis : la contre-éducation politique, l’apathie politique, le cynisme ( source :Là-bas si j’y suis, Castoriadis au micro de Daniel Mermet, 25/11/1998)

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Pour aller au-delà du redoublement, des 4 jours ou de la place du latin/grec...

10 Juin 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Crayons, Couleur, Tirage Au Sort

 

Une société courageuse, sûre des valeurs qu’elle défend, ne doit pas faire l’impasse sur une analyse rigoureuse du bilan de son École. Sans flagellation inutile, pour pouvoir regarder l’avenir avec lucidité. Oui, François Dubet a raison : tous ceux – et nous en faisons partie – qui se sont battus dans les trente dernières années pour donner le meilleur de ce que nous pensions pertinent pour nos élèves ; tous ceux qui se sont engagés dans un processus de remise en cause des pratiques enseignantes ; tous ceux qui ont proposé, innové, réfléchi, assumé au quotidien les réformes ou les ouvertures pédagogiques, milité pour une autre École ne doivent pas baisser les bras ni abdiquer quand il s’agit de l’Éducation.

 

Pour aller au-delà du redoublement, des 4 jours ou de la place du latin/grec...

 

La société française a intériorisé le modèle de socialisation par l’École qui se met progressivement en place, dès le XVIIème siècle, dans les villes en Occident, et dont l’École de la IIIème République n’est finalement que le prolongement. Cette forme scolaire imprègne nos esprits au point de nous interdire une interrogation sur des questions pourtant simples et essentielles, prémices à la fondation d’une autre École. Oui, en ce début du troisième millénaire, il est possible et urgent de nous interroger sur des évidences qui vont bien au-delà des débats actuels, à la mode, provoquant "coms" et "buzz" mais très éloignés des priorités majuscules:

 

-  Faut-il conserver la classe comme structure de référence ?
- La notion de programme a-t-elle encore du sens dans le monde mouvant actuel ?
-  L’établissement scolaire doit-il être une structure ouverte ou protégée ? 
-  Les disciplines scolaires (et savantes) doivent-elles être le cadre premier de toute programmation de l’enseignement ou la ressource à des questions anthropologiques que se pose tout individu (la vie, l’organisation en société, la gestion durable des ressources…) ?

 

Et bien d'autres questionnements évidemment...

 

Ces sujets appartiennent à tous et ne doivent pas être confisqués par des technocrates s’arrogeant le droit de penser pour le reste de la société. L’école est l’affaire de chacun : ce devrait même - avec d’autres questions sociétales (la santé, les retraites, la dépendance, l’emploi, l’organisation des territoires…) - être le champ prioritaire de l’exercice de la citoyenneté. Najat Vallaud-Belkacem avait commencé à accompagner l'Ecole sur ce chemin. Manifestement, son successeur souhaite aller "en marche" arrière. C'est dramatique de conséquences à court, moyen et long terme.

 

Une autre école est possible (Nécessaire?)...

 

Une autre École est possible. Elle dépend de nous. À condition d’en comprendre les réels enjeux. Il est terminé le temps où un nouveau ministre de l’Éducation nationale pouvait rassurer le peuple, par une habile rhétorique, en déclarant a priori, qu’il ne changerait rien. Le temps est au contraire venu de revendiquer une juste et urgente révolution, certainement même une « métamorphose » au sens défini par Edgar Morin :

 

pas de promettre l’infaisable, mais la revendication d'une rupture radicale pour une École qui a rencontré ses limites.

 

Christophe Chartreux

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Pour aller plus loin…

 

Duru-Bellat Marie. Les inégalités sociales à l’école. Paris : PUF, 2002.

Dubet François. Faits d’école. Paris : Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 2008. En particulier la quatrième partie : l’école juste.

Maurin Éric. Le Guetto français. Paris : Éditions du Seuil, 2004.

Maurin Éric (2009) La peur du déclassement, une sociologie des récessions. Paris : Éditions du Seuil.

Meirieu Philippe & Frackowiak Pierre. L’éducation peut-elle être encore au cœur d’un projet de société ? L’Aube, 2008.

Paget Denis. Petite histoire des collèges et des lycées. Nantes : éditions du temps, 2008.

Peugny Camille (2009) Le déclassement. Paris : Grasset.

Revue Française de pédagogie – recherches en éducation n°167 (avril-mai-juin 2009). Dossier « Retours sur la seconde explosion scolaire ».

Terrail Jean-Pierre. De l’inégalité scolaire. Paris : La Dispute, 2002.

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Education : le libéral Institut Montaigne, maître à penser de Macron...

10 Juin 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique

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EXTRAIT

Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, est un fidèle de ce think tank proche du CAC 40 et très influent pendant la campagne du nouveau président.

Au jeu des pronostics politiques, Laurent Bigorgne était bien coté pour devenir ministre. Cet agrégé d’histoire de 42 ans, spécialiste de l’éducation, est à la tête de l’Institut Montaigne, un think tank proche du patronat. Pendant la campagne, il a discrètement modelé une partie du programme de son «ami» Emmanuel Macron en jonglant pendant plusieurs mois entre un rôle de conseiller officieux et son poste à «Montaigne». Et une fois élu, le nouveau président de la République a choisi pour le ministère de l’Education Jean-Michel Blanquer, un vieux compagnon de route de l’Institut Montaigne. C’est une nomination au goût de victoire pour lui et une boutique qui a toujours défendu un courant libéral de l’enseignement.

Cela fait déjà plusieurs années que Laurent Bigorgne souffle des idées à l’oreille d’Emmanuel Macron. Il avait pris l’habitude de lui rendre visite à l’Elysée, quand ce dernier était encore le secrétaire général adjoint du président Hollande. Les deux hommes s’étaient rencontrés par l’entremise de Richard Descoings, illustre et décrié directeur de Sciences-Po, mort en 2012. Quand une petite équipe s’active autour de Macron début 2016, Bigorgne participe aux réunions. «Avant le lancement officiel du mouvement, quelques personnes avaient pris l’habitude de se rencontrer assez fréquemment. On devait être une dizaine, on discutait, de fil en aiguille ce petit groupe s’est consolidé», détaille le directeur de l’Institut Montaigne.

«Structure apolitique»

Ce think tank fondé en 2000 par Claude Bébéar, longtemps PDG d’Axa et figure tutélaire du patronat français, a la vocation «d’élaborer des propositions concrètes dans les domaines de l’action publique, de la cohésion sociale, de la compétitivité et des finances publiques». L’Institut Montaigne et sa quinzaine de salariés sont financés quasi intégralement grâce aux adhésions d’une centaine d’entreprises, dont plusieurs sont membres du CAC 40. Avec une limite : une société ne peut pas apporter plus de 2 % du budget total. Pourtant réputé comme proche de la droite, l’organisme se réclame «indépendant» des partis. C’est Bébéar qui recrutera Laurent Bigorgne et le placera directeur des études en 2009. L’année suivante, il deviendra directeur général.

En s’engageant avec En marche, Laurent Bigorgne a surtout joué avec le feu. Lorsque Mediapart révèle que l’association du parti est hébergée à son domicile privé, il doit organiser à la hâte un déjeuner avec l’équipe du think tank pour expliquer sa démarche. «Il nous a dit qu’il avait compris l’avertissement et qu’il allait prendre ses distances avec Emmanuel Macron», se rappelle un collaborateur. Claude Bébéar, dont il est proche, le rappelle à l’ordre. Il confie : «Quand j’ai créé l’Institut Montaigne, j’ai édicté le principe d’une structure apolitique et si on ne respecte pas ça, on tue l’Institut.» A la même période, Emmanuel Macron va proposer à Laurent Bigorgne de devenir délégué général de son nouveau parti. Une offre qu’il décline mais continue de s’investir «sur son temps privé» dans la campagne présidentielle. La lecture des nombreux échanges contenus dans les MacronLeaks permet de saisir son influence. Un mois après le lancement d’En marche, il rédige par exemple une ébauche de lettre où Macron s’exprime à la première personne pour rappeler les fondamentaux de son mouvement politique. Il participe également aux réunions stratégiques et file un coup de main pour la levée de fonds en incitant quelques proches à contribuer.

(...)

«Une philanthropie à l’américaine»

Pour cause, le nouveau ministre de l’Education est un fidèle du think tank depuis de nombreuses années. Il a participé à plusieurs de ses rapports et appartient au comité directeur Agir pour l’école depuis sa création. Cette organisation, présidée par Bigorgne, est un satellite de «Montaigne». Dédié à l’école élémentaire, il multiplie les expériences depuis plusieurs années pour mettre en œuvre ses idées dans le domaine de l’éducation. C’est par exemple grâce à cette structure hébergée dans les mêmes locaux que l’Institut Montaigne que Céline Alvarez a pu lancer une expérimentation mêlant la méthode d’apprentissage Montessori et les neurosciences, narrée dans son best-seller, les Lois naturelles de l’enfant. A l’époque Jean-Michel Blanquer est directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco) au côté du ministre de droite Luc Chatel (de 2009 à 2012). Blanquer va soutenir le projet d’Alvarez et lui permettre de franchir les portes de l’enseignement public de 2011 à 2014. Agir pour l’école lui apporte de son côté un soutien financier pour équiper sa classe et rémunérer partiellement une assistante pour «environ 20 000 euros», précise Laurent Cros qui dirige ce satellite de l’Institut Montaigne. L’association s’est également chargée de mesurer les résultats de l’expérimentation de Céline Alvarez, neurosciences à l’appui. Le développement de certaines zones du cerveau des enfants a par exemple été observé à l’aide d’IRM. Dans un premier temps plébiscité, le protocole de Céline Alvarez est devenu l’objet de nombreuses critiques des professionnels de l’éducation : depuis leur terme en 2014, les tests effectués n’ont fait l’objet d’aucune publication dans une revue scientifique. «La période où Jean-Michel Blanquer était à la Dgesco, était la plus faste en expérimentation mesurée», décompte Laurent Cros. «Blanquer et "Montaigne" incarnent une approche scientiste de l’éducation, à la recherche permanente de la martingale. Comme s’il existait quelque part une bonne façon d’enseigner qui résoudrait tous les problèmes», tacle un chercheur spécialiste de l’analyse des politiques éducatives.

(...)

«libérer les énergies»

Dans la cour du ministère, lors de la passation de pouvoir le 17 mai, Jean-Michel Blanquer imprime tout de suite la marque de l’Institut Montaigne avec des formules types, telles que «libérer les énergies», «différenciation des parcours», «sciences cognitives», «expérimentation», «rôle essentiel des chefs d’établissement», «excellence»… Blanquer a aussi nommé comme conseillère spéciale Fanny Anor, qui a quitté le think tank pour rejoindre son cabinet ministériel. «Pour l’instant, l’influence de l’Institut Montaigne est relative car leurs expérimentations ne concernent que quelques milliers d’élèves, tempère Olivier Noblecourt, ex-directeur de cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, qui vient de quitter la rue de Grenelle. Mais avec la nomination de Blanquer, ils vont sûrement avoir une place beaucoup plus importante.» De son côté, Laurent Bigorgne assure qu’il n’a pas reçu d’offre de dernière minute pour entrer au gouvernement et que, malgré sa proximité avec Jean-Michel Blanquer, il devra désormais «prendre rendez-vous» pour voir le ministre.

Ismaël Halissat

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