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Vivement l'Ecole!

politique

Naissance du collectif « Lettres vives, pour un autre enseignement du français… »

2 Mai 2018 , Rédigé par Questions de Classe(s) Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

Naissance du collectif « Lettres vives, pour un autre enseignement du français… »

En ce 1er mai 2018, quelques jours après les déclarations du ministre de l’Éducation nationale visant à normaliser et mettre au pas l’enseignement et les enseignant.e.s, 50 ans après le mouvement social de Mai 68, et alors que les universités, les cheminots se mobilisent et réinventent le collectif, nous avons décidé d’annoncer la création de « Lettres vives », un collectif ouvert à celles et ceux qui ne se résignent pas et veulent porter sur la place publique une autre parole sur l’enseignement du français…

Collectif « Lettres vives », pour un autre enseignement du français

La langue française et son enseignement soulèvent les passions et déclenchent d’éternelles polémiques. Il est convenu d’en déplorer le déclin, prélude à une inéluctable extinction. Certains font même profession de souffler sur les braises, martelant sans relâche quelques prétendues évidences : l’orthographe des petits Français est aujourd’hui un désastre, l’illettrisme touche un élève sur trois, les jeunes ne possèdent tout au plus que quelques dizaines de mots de vocabulaire… Il n’y a pas à chercher bien loin le coupable de cette débâcle « civilisationnelle » : c’est l’école et ses enseignant.e.s qui n’apprennent désormais plus ni à lire ni à écrire [1] ! Littérateurs, pamphlétaires ou responsables politiques se bousculent pour prophétiser ce naufrage – avec d’autant plus de « conviction » qu’il leur assure visibilité médiatique et promesse de juteux succès éditoriaux… ou électoraux.

Paroles d’élèves, pratiques de profs

C’est cependant une autre réalité que nous vivons, celle du quotidien des heures de cours, celle de notre expérience de praticiens et de praticiennes de l’enseignement du français, de la maternelle à l’Université. C’est d’abord la curiosité des élèves, leur finesse, leur capacité à se mettre à la place de l’autre qui nous interpellent et que nous voudrions partager et souligner [2]. Ce sont des paroles sur le cours, sur la littérature ; des paroles sur la culture, leurs cultures ; des paroles sur la vie, le monde, la société, sur l’histoire… pour qui veut bien les accueillir. À la manière des auteur.e.s qu’ils côtoient – avec ou sans nous –, les élèves savent faire rire, faire réfléchir, émouvoir, interroger, bousculer, etc.

La langue est un objet vivant, une réinvention permanente de nous-mêmes et de notre relation à l’autre et au monde. Son enseignement ne se réduit pas à une visée utilitaire [3] ou testamentaire.

Point d’idéalisation ni d’angélisme de notre part. Et même s’il faut avouer que, entre brouhaha et mutisme, libérer cette énergie n’est pas facile tous les jours, nous savons aussi qu’émergent des paroles précieuses, des textes vifs et des textes à vif… En être les témoins privilégiés est une aventure passionnante qui exige en retour d’accompagner et d’alimenter cette richesse. Notre rôle est que ces jeunes rencontrent à cette occasion la littérature sous toutes ses formes, roman, théâtre, poésie… et de faire en sorte qu’ils et elles s’approprient la langue pour leur propre usage : lire, chanter, rêver, écouter, parler, écrire, apprendre et désapprendre, pour cette longue vie qu’ils ont encore devant eux.

Cet écart entre le déclinisme ambiant et notre vécu sur le terrain relève d’une confiscation sans cesse grandissante de la parole « d’en bas », celle des éducateurs et éducatrices, comme celle des élèves. C’est aussi un déni des apports des recherches pédagogiques et historiques, à l’heure de la réduction neuroscientifique de l’élève à un cerveau « pré-câblé »…

Si nous avons décidé de fonder le collectif « Lettres vives », sans esprit de concurrence avec d’autres mouvements existants, c’est pour faire entendre ces voix, sans autre légitimité ni représentativité que nos pratiques et nos réflexions sur ces pratiques, engagées au service d’un apprentissage du français. Notre pari est d’en faire un chemin vers une émancipation individuelle et collective.

« La lecture du monde précède la lecture du mot », Paulo Freire

Nous voulons nous opposer à la culture du silence comme à celle de la participation muselée, prêter l’oreille au bruit et au « bruissement des derniers rangs », pour accueillir et recueillir une parole à peine – ou mal – entendue et permettre aux jeunes de donner une forme et une profondeur à leur « lecture du monde ».

Notre projet est de « vivifier » les contenus et les pratiques en ne limitant pas l’enseignement des lettres à une « histoire nationale de la littérature ». La place des femmes dans les programmes, celle des dominé.e.s, des exploité.e.s, etc. abordées dans une perspective sociale et politique, la lutte contre le discours dominant, etc. tels sont les enjeux dont les élèves doivent s’emparer.

C’est un défi incontournable si l’on veut que les différentes formes de littérature s’appréhendent, dès le plus jeune âge, tout à la fois comme une source de plaisir (et de plaisir partagé) et comme une clé pour décrypter et transformer le monde.

Ce projet se veut collectif, offensif et créatif. La célébration du b.a.-ba, la réduction aux « Lire, écrire, compter », qui irriguent déjà notre système éducatif, consistent le plus souvent à confisquer l’accès aux savoirs savants et émancipateurs au profit de quelques privilégiés. Il s’agit de contrecarrer ces discours passéistes, alarmistes et défaitistes sur l’enseignement du français ou le niveau des élèves, en explorant d’autres explications, en proposant des issues, des pistes pour améliorer et transformer l’école, pour et avec les élèves.

Dans une société où le libéralisme triomphant conçoit l’éducation comme une marchandise, où la seule ambition de l’école serait de former des individus « employables » et des consommateurs « disponibles » [4], asservis et impuissants, la création est un antidote. Nos élèves doivent devenir des lecteurs-auteurs d’écrits sociaux motivés par les projets individuels ou collectifs, d’écrits scientifiques, de documentaires, d’écrits d’imagination produits avec des incitateurs ou dans des ateliers d’écriture, tout au long de leur scolarité.

(...)

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Mai 68... Réponses aux idées reçues...

2 Mai 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique

Mai 68... Réponses aux idées reçues...

 

EXTRAITS

 

Mai 68: les faux procès d’une vraie libération

 

Cinquante ans après, le mouvement qui a vu converger étudiants contestataires d’un ordre patriarcal et vieilli et ouvriers grévistes est perçu comme une avancée majeure pour la société française. N’en déplaise à ses contempteurs qui ressassent dans les médias de vieilles rengaines erronées.

 

Ils ont coiffé les casques policiers de Mai pour faire la chasse aux soixante-huitards, à coups d’idées maniées comme des matraques. Ce sont les Guaino, Sarkozy, Zemmour, Tillinac, le Figaro, Valeurs actuelles, Causeur et quelques autres tenants de l’ordre. Contre Mai, ils ont sonné la charge et le combat n’en finit pas. Ils ont été secondés par un bataillon de transfuges passés depuis longtemps de l’autre côté de la barricade : Finkielkraut, Bruckner, Le Goff, Debray, qui ont abjuré le progrès pour revêtir l’uniforme du réac à la mode, pour dénigrer, diaboliser, défigurer Mai 68, ce pelé, ce galeux, qui est à leurs yeux le principal responsable des maux qui affectent aujourd’hui la doulce France.

 

A leur grande fureur, Mai résiste. Notre sondage le montre, comme ceux qui ont été déjà effectués ces dernières semaines. Alors même que les nouveaux conservateurs squattent les studios, les colloques, les pages idées des journaux, les unes des magazines, en clamant partout que la doxa soixante-huitarde les empêche de parler, penseurs dominants travestis en dissidents, surfant sur la droitisation de la société dont ils sont les coryphées éperdus, l’opinion des Français les contredit avec éclat : pour le peuple dont ils se réclament à grands cris, Mai 68 a été un événement positif pour la France. Aux deux tiers, l’opinion veut en préserver les acquis et en aucun cas en rejeter l’héritage prétendument «impossible», et encore moins revenir aux valeurs archaïques qui prévalaient avant son irruption.

 

(...)

 

V Mai 68 a abaissé l’autorité parentale et désagrégé la famille en sacrant «l’enfant-roi», sans limite, sans morale ni héritage.

 

 Fallait-il conserver dans le formol la famille d’antan ? Une famille patriarcale, masculine, hypocrite aussi, où les enfants ne devaient parler qu’interrogés, enserrés dans mille contraintes médiocres, étroitement surveillés et mis sur les rails d’un conformisme rigide empreint de morale catholique à l’ancienne, où les enfants de divorcés étaient vus à l’école comme des bêtes curieuses, où l’on maintenait pour la façade l’apparence de l’entente, quand bien même les parents, mariés trop vite, ne s’entendaient plus depuis longtemps et vivaient une vie familiale mensongère et factice ? Fallait-il s’abstenir d’inventer la pilule qui a libéré les femmes, autant que les hommes, délivrés de l’épée de Damoclès d’une grossesse hors mariage infamante ? Fallait-il encore réprimer la sexualité, douceur de la vie, sel de l’amour, au nom d’un puritanisme hors de saison ? Fallait-il que les homosexuels continuent à raser les murs, moqués, offensés au jour le jour, confinés dans une clandestinité louche et humiliante ?

 

Les années 50 ont inventé l’adolescence, âge des possibles et des angoisses, qui fut un détonateur de la révolte à travers ses signes culturels propres, les modes, la musique, le cinéma des années 60. Fallait-il continuer à imposer aux jeunes de singer maladroitement des adultes qui n’avaient guère de leçons à donner ? Ou bien ménager aux jeunes hommes et aux jeunes filles une plage de temps plus libre, plus autonome, plus créative ? La liberté est souvent vertigineuse, douloureuse même. Faut-il lui préférer la contrainte et la tartufferie ? Dans tous les sondages depuis toujours, quelle est la valeur citée en tête de toutes les autres par l’opinion ? La famille.

 

VI Mai 68 a détruit l’école et ruiné la transmission du savoir et des valeurs.

 

Frappé au premier chef, le système éducatif a été ébranlé par Mai 68. Les lycéens et les étudiants ont rejeté massivement l’ancienne discipline, les savoirs biaisés ou conformistes, la transmission purement verticale et la petite police des corps qui régnait à l’école. Les professeurs ont dû s’adapter dans le désordre et souvent l’incompréhension. Beaucoup d’anciens militants ou piétons de Mai 68 ont rejoint le corps enseignant, animés par un désir de démocratisation et de modernisation des méthodes. Cette rénovation a donné lieu à toutes sortes d’expériences pédagogiques inspirées des idées diffusées du temps du Front populaire avec Jean Zay, ou bien des avant-gardes enseignantes anglo-saxonnes de l’après-guerre. On mit l’émancipation et le sens critique à la hauteur de la transmission des savoirs. Forfait impardonnable… Cet effort déboucha parfois sur des innovations malheureuses, des essais farfelus, des inventions utopiques. Mais on ne saurait ramener le travail des professeurs, la compétence des maîtres, l’inépuisable bonne volonté des pédagogues, à ces tentatives pleines de bonnes intentions et d’effets indésirés. La masse des enseignants, confrontée à une démocratisation massive de l’école et de l’université, a fait face avec abnégation aux tâches nouvelles. La plupart des profs continuent de former, d’éduquer, de transmettre les savoirs avec rigueur et continuité. Le niveau de l’enseignement situe la France en milieu de tableau des classements internationaux. L’élite continue de bénéficier d’un enseignement de haute volée. On peut, on doit, améliorer, réformer, consolider. Mais on est bien loin de l’effondrement diagnostiqué par les Cassandre anti-68, qui croient qu’en restaurant l’école de papa, tout ira mieux. Les publics ont changé. Faut-il rester immobile ? Soupirer sans fin sur un âge d’or mythique où le bac était réservé à une mince aristocratie du mérite et de l’argent ? Croit-on qu’en réinstallant les estrades, les coups de règle sur les doigts, les classes muettes et l’orientation précoce des fils d’ouvriers vers la production, on relèvera les défis de l’avenir ? La nostalgie n’est pas un programme.

 

(...)

 

Laurent Joffrin

 

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L'école 2018?... La fin de l'insouciance...

1 Mai 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

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"Ah, alors c'est la fin de l'insouciance..."

Cette phrase, je l'ai prononcée, il y a quelques jours alors qu'un ami me disait avoir inscrit son fils pour sa première année en maternelle. Pourquoi ai-je dit cela  ?... N'aurais-je pas dû dire  :

"C'est formidable! Il va apprendre, s'élever, respecter l'autre..."

Ou bien:

"Ah l'Ecole! Il va y être heureux et tu le retrouveras chaque soir souriant et chaque jour transformé par ce qu'on lui aura inculqué"...

Or je n'ai pas dit cela... J'ai dit  :

"Ah, c'est la fin de l'insouciance"...

Terrible phrase, venue naturellement dans et par ma bouche... Comment ai-je pu prononcer ces mots  ? Aussi facilement... Terrible phrase qui n'est que le résultat d'une perversion  : celle de l'Ecole.

Car l'Ecole est pervertie:

- pervertie par l'immobilisme voulu et organisé puis maintenu par quelques syndicats irresponsables, véritables "machines" à maintenir les choses en l'état, quel que soit cet état. "Il faut satisfaire la base", dit-on dogmatiquement. Et le dogme, cela ne se discute pas. Comment, pourtant, peut-on croire et faire croire que des statuts nés en 1950 ne méritent même pas un léger dépoussiérage ? Loin de moi l'idée d'instruire le procès de ces syndicats-là. Ils sont indiscutablement utiles et nécessaires. Ils le seraient plus encore en acceptant de refonder les acquis quand ils ne font que maintenir des traditions anciennes, en décalage total avec les réalités présentes;

- pervertie par des absences notoires... Comment ce métier qui s'apprend peut-il satisfaire celles et ceux qui le servent avec dévouement et passion sans formation continue digne de ce nom  ? Il suffirait donc d'obtenir tel ou tel diplôme, de passer tel ou tel concours donnant accès à tel ou tel titre, pour enseigner ensuite pendant environ quarante ans, assis sur des certitudes à n'entretenir que par habitudes?

- pervertie par un émiettement aux nombreux visages... Émiettement des statuts, émiettement des emplois du temps, émiettement des examens et concours (La France est la championne du monde des examens!), émiettement des équipes pédagogiques qui n'ont d'équipes que le nom, émiettement des objectifs, émiettement de tout  !

Et notre Ecole, d'émancipatrice est devenue gare de triage, reproduisant année après année les différences et inégalités. Chaque classement PISA, aussi discutable soit ce classement, le dit et le confirme. On lit ces classements, on les commente quelques jours et puis on continue de faire comme si rien ne s'était passé... Qu'une Ministre ose vouloir transformer, même à la marge, et c'est immédiatement le tollé. Surtout ne changeons rien! Ou encore, donnons l'illusion d'un changement par un ripolinage couleur sépia... Ou enfin - c'est une variante qui n'est qu'un faux nez de l'immobilisme - changeons, mais "pas comme ça".

Alors sont apparues les phobies scolaires. Nos élèves sont parmi les plus silencieux du monde. Ils apprennent beaucoup de choses sans savoir s'en servir. On les a leurrés avec l' "égalité des chances" quand il fallait parler de droit à l'éducation pour tous. L'infantilisation des personnels enseignants fait des ravages. Les parents les moins informés ne comprennent plus cette Ecole-là. Et sont prêts à accepter tous les simplismes.

Oui vraiment - et rien n'est fait pour inverser cette tendance - l'école est de plus en plus la fin de l'insouciance.

Christophe Chartreux

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Service universel - Aux armes citoyen.ne.s?... Les Détricoteuses... (Vidéo)

30 Avril 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique, #Histoire

Plusieurs partis ou mouvements politiques ont fait figurer dans leur programme des dernières élections le rétablissement du service national obligatoire, et Emmanuel Macron a annoncé son rétablissement. Les justifications tournent autour du rôle que pourrait ou devrait jouer l’armée dans la fabrique de l’unité nationale. Est-ce à dire que le lien armée-nation se serait distendu depuis la professionnalisation de l’armée et la suppression (en fait la suspension) du service militaire en 1997 ? Faudrait-il rétablir une armée-creuset, lieu d’une méritocratie parfaite ? Au fond, qu’est-ce que l’armée ? Les détricoteuses, aux côtés de l’historienne Raphaëlle Branche, saisissent l’occasion de ces nouveaux débats pour interroger la place de l’armée dans l’histoire nationale et déconstruire quelques mythes. 

Mathilde Larrère - Laurence De Cock

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Une jeunesse rebelle...

30 Avril 2018 , Rédigé par Fondation Jean-Jaures Publié dans #Education, #Politique, #Histoire

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D’où est sorti Mai 68 ? Que s’est-il passé pendant ce printemps fabuleux ? Comment comprendre ses lendemains, de l’utopie chimérique à l’utopie réaliste, de la révolution à la réforme ?

Venez débattre avec Henri Weber, figure de Mai 1968, cofondateur de la Jeunesse communiste révolutionnaire, puis de la Ligue communiste révolutionnaire, auteur deRebelle jeunesse (Robert Laffont, mai 2018), lors d’une rencontre publique animée par Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean-Jaurès.

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La liberté pédagogique n'est plus?...

30 Avril 2018 , Rédigé par Questions de Classe(s) Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

Le Parisien numéro 20180426

Jean-Michel Blanquer, annonce dans Le Parisien le retour au B.A BA pour lutter contre la baisse de niveau avec notamment des dictées quotidiennes – déjà préconisées par Najat Vallaud Belkacem – et le calcul mental quotidien – déjà en place depuis quelques années... Le tout sur des cahiers quadrillés comme il faut !

Quatre circulaires sont publiées avec des recommandations qui ressemblent fort à des directives  : « La liberté pédagogique n’a jamais été l’anarchisme. »
Des livrets, véritables guides de 130 pages sont partis pour les écoles et ainsi « conseiller » les bonnes pratiques pédagogiques aux professeurs de CP. Pour produire ce guide « fondé sur l’état de la recherche », Jean-Michel Blanquer s’est reposé sur le Conseil scientifique qu’il a mis en place cette année avec à sa barre Stanislas Dehaene.

Bannir toutes les méthodes pédagogiques qui ne seraient pas purement syllabiques, comme si l’étude des syllabes n’existait pas dans les autres méthodes ! Le fantasme de la méthode globale lui est bien utile pour rassurer et flatter l’opinion publique. 

L’école de la confiance, pour qui ? 

Certainement pas pour les enseignants !

Lecture critique des conceptions du ministre sur la lecture et l’étude de la langue. 

1. Pour la lecture

Les mauvais résultats de la France aux enquêtes internationales dont la dernière de PIRLS ont motivé le ministre. Pour lui, le retour au B.A BA est une évidence, sauf que les élèves français déchiffrent très bien, mais ont de grosses difficultés dans la compréhension de textes complexes. 
Alors ? 

Les résultats de l’enquête seraient-ils un prétexte pour préconiser la phonétique, méthode prônée par le Conseil scientifique et révélée efficace par l’imagerie cérébrale ? Ah, les sciences cognitives !

Avec comme logique : 

Former de bons lecteurs et des lecteurs actifs… Accéder au sens des textes et au plaisir… nécessite durant toute la scolarité obligatoire (à partir de 3 ans ?) un travail régulier et structuré qui permette aux élèves d’acquérir des automatismes et de maîtriser les mécanismes de la lecture pour lire de manière fluide et aisée.

(...)

Catherine Chabrun

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De la discrimination aux attitudes protestataires ? Enquête dans les lycées populaires...

30 Avril 2018 , Rédigé par Injep Publié dans #Education, #Politique, #Jeunesse

De la discrimination aux attitudes protestataires ? Enquête dans les lycées populaires...

Auteur : Laurent Lardeux, chargé d’études et de recherche, INJEP

Descriptif

Dans le cadre d’une vaste enquête réalisée auprès de 7 000 lycéens visant à mesurer leur degré d’adhésion à des thèses et pratiques radicales, l’INJEP participe plus spécifiquement au volet portant sur le sentiment d’injustice et de discrimination. Les résultats font apparaître un puissant désir de réussite de la part de lycéens déclarant pourtant subir de multiples injustices et discriminations. La forte adhésion des jeunes des quartiers populaires au modèle d’intégration, qui est censé garantir l’égalité des chances à chacun quelle que soit sa place sur le territoire français, peut toutefois engendrer de profondes frustrations en cas de défaillance de ce principe d’égalité.

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Pourquoi nous refusons le dispositif « Parcoursup », et ce que nous proposons...

29 Avril 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique, #Parcoursup

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Tandis qu'un certain nombre de voix s'élèvent pour dénoncer la sélection à l'Université, d'autres en font appel au "principe de réalité". Or, que l'on soit totalement, en partie ou pas du tout favorable à la réforme de l'accès à l'enseignement supérieur, le certain est que la plateforme Parcoursup ne saurait en aucune manière répondre au principe d'une orientation "réussie" des étudiant.e.s.

Rappel du contexte

La plateforme Parcoursup a été mise en œuvre dans la plus grande précipitation (entre octobre et décembre 2017), sans aucune concertation avec les établissements du secondaire et du supérieur, et sans même attendre que la loi « relative à l’Orientation et à la Réussite des Étudiants » soit votée par le Parlement : tout le monde a donc été placé devant le fait accompli, bien que hors cadre légal (pour mémoire : la loi ORE a été promulguée le 8 mars 2018, alors que le calendrier de la saisie des vœux par les lycéen.ne.s s’échelonnait du 20 janvier au 13 mars).

En février, après que les enseignant.e.s du secondaire ont dû répondre à l’injonction d’évaluer l' « autonomie », la « capacité à s’investir », la « capacité à réussir » ou la « cohérence » du projet de formation des lycéen.ne.s, en prenant éventuellement en compte leurs loisirs ou leurs activités extra-scolaires afin de les valoriser (la totalité de l’existence de ces jeunes gens, y compris ce qui est censé échapper à la scolarité, tendant du même coup à devenir une valeur d’échange sur le marché de l’enseignement supérieur), il a été annoncé que des commissions d’examen des vœux seraient mises en place au sein des universités, lesquelles auraient vocation à examiner des milliers de dossiers avant de les classer un à un (les ex-aequo ne seraient pas tolérés).

Conscient qu’il serait humainement impossible de procéder à tel classement (que l’on soit complètement, moyennement ou pas du tout favorable à un telle procédure, quel cerveau pourrait comparer puis hiérarchiser, aussi rationnellement qu’équitablement, 3000 voire 5000 dossiers selon les filières ?), le Ministère a mis à la disposition des équipes pédagogiques un outil informatique dit d’« aide à la décision ».

En découvrant cet outil (une formation express a été organisée à Paris les 19-21 mars ; le 9 avril, la version définitive de l’outil n’était toutefois toujours pas accessible), les enseignant.e.s-chercheur.e.s ont compris qu’il leur incomberait d’attribuer, comme bon leur semble, si ce n’est au petit bonheur la chance, d’une part des notes et d’autre part des coefficients aux différents items constitutifs des pièces déposées sur Parcoursup (bulletins de note, « fiches avenir », projets de formation).

Ainsi, on pourrait au choix décider de privilégier les notes obtenues en philosophie, en biologie ou en sport, accorder des bonus à l' « esprit d’initiative » ou à la « méthode de travail » des lycéen.ne.s, donner un grand poids ou pas de poids du tout aux avis émis par les professeurs principaux ou les chefs d’établissement – le tout pouvant de surcroît être paramétré différemment selon les séries de bac, ce qui crée de facto une discrimination entre les diplômes censés légalement garantir l’accès à l’université.

Notre diagnostic

Au cours de ces dernières semaines, nous n’avons cessé de nous interroger, individuellement et collectivement, sur la conduite à adopter vis-à-vis de cette réforme « en marche forcée », de débattre de la façon dont nous pourrions nous approprier cet outil le plus démocratiquement possible, de peser le pire et le « moins pire ».

Au bout du compte, nous sommes nombreux et nombreuses à avoir pris la décision de ne pas constituer les commissions d’examen de vœux, parce que :

-     nous considérons qu’un « paramétrage » statistique dont nous ne maîtrisons ni les logiques ni les effets ne saurait en aucune manière répondre à une orientation « réussie », et encore moins résoudre les véritables problèmes auxquels les étudiant.e.s de première année de Licence sont confrontés ;

-     nous contestons le principe de quantification de données essentiellement qualitatives, de surcroît sujettes à des variations locales impossibles à pondérer, et refusons de déguiser l’arbitraire en mesures objectives ;

-     nous estimons que la préférence accordée par les lycéen.ne.s à telle ou telle formation, le désir et/ ou la nécessité qu’ils et elles ont de s’inscrire dans tel ou tel établissement, est un élément primordial pour décider de leur accueil dans l’enseignement supérieur, et que l’absence de prise en compte de ces données dans Parcoursup (où les vœux ne sont plus classés) rend cette procédure d’autant plus injuste et inappropriée au regard des problèmes qu’elle prétend résoudre.

(...)

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous (Lire en particulier la liste des signataires qui ne forment pas un bataillon de "gauchistes")

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Une société où l'on n'exigera plus d'une adolescente qu'elle s'interdise une "jupe indécente"...

29 Avril 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Histoire

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En mai 68 j'avais 10 ans. Je vivais au Maroc - comme je le rappelle souvent car ce pays est "le mien" autant que celui qui me fut donné par mes parents.

J'ai connu les événements de mai par la radio que mon père, enseignant, écoutait le soir. Même enfant, je comprenais l'importance de ce qui se passait en France sans en saisir les fondements politiques. Plus tard, beaucoup plus tard, une fois retombées les passions, une fois lus les analyses, les commentaires, les livres d'historiens, de sociologues, j'ai acquis l'intime conviction qu'il y avait bien un "avant Mai-68" et un "après Mai-68".

Mai 68... Mai 2018... Un anniversaire. 50 années ont passé. Tout a changé. La jeunesse - disons les 16/25 ans, même si à 60 ans j'ai conservé mon âme, mes rêves et mes révoltes d'enfant et d'adolescent - a changé. La "société" a changé.

Celles et ceux qui tentent d'établir des comparaisons entre les événements de Mai 68 et ceux de 2018 - grèves diverses; mouvements dans les universités par exemple - sont souvent renvoyés à leurs chères études. "Mais enfin ouvrez les yeux! La jeunesse contemporaine n'est pas révoltée. Elle est en phase avec son époque. Elle veut réussir, gagner de l'argent! Startup nation for ever! Une génération Macron en quelque sorte"...

Et pourtant...

Certains signes, parfois ténus, d'autres souvent plus visibles, laissent penser que "Mai-18" pourrait lui aussi avoir un avenir. Ou "Mai-19"... 

Je lisais récemment dans la presse que de plus en plus de lycéennes sont rappelées à l'ordre par les directions de leurs établissements pour le seul fait de porter des "tenues indécentes". Je vous laisse "juges".

Cela me rappelle un épisode qui m'a profondément marqué. Je ne l'ai jamais oublié. Je n'ai jamais oublié le visage de cette élève de seconde ou de première, je ne sais plus, très sévèrement appelée à comparaître devant la surveillante générale tant redoutée. A comparaître dans la cour, pendant une récréation, accusée de porter une jupe - à carreaux, je les vois encore - trop courte. Trop courte car elle dévoilait ses genoux! Alors, munie d'une paire de ciseaux, la surveillante générale a découpé l'ourlet, complice de l'indécence. Et Angèle, je me souviens aussi de son prénom, a fondu en larmes. "Eh bien voilà, c'est bien mieux comme ça! Et cessez de pleurer mademoiselle!". 

Cet épisode ne se reproduira jamais ainsi. Aujourd'hui, il sera demandé à l'élève de ne plus porter telle ou telle tenue. Comme si le "vice" n'était pas davantage dans l'oeil de celui qui regarde que dans le corps de celle qui "montre". Comme si être jolie devenait une faute. Mais les effets sont les mêmes. Les adolescentes ne pleurent plus aussi facilement. Leur révolte intérieure n'en est pas moins aussi violente!

Il existe aussi cette jeunesse "radicale" vue dans les diverses ZAD (Zone à défendre), la plus célèbre étant celle de Notre Dame des Landes. Elle aussi rêve d'une autre manière de vivre, de consommer, de produire, d'appréhender l'avenir. Un petit coté "flower power". Ils ont été chassés au nom de la loi. Sans beaucoup d'aides. Sans soutien populaire massif. Le Ministre de l'Intérieur a envoyé les CRS et tout est - à peu près - rentré dans l'ordre. Mais les traces laissées sur les corps comme dans les esprits ne s'effaceront pas aisément.

Et puis les étudiants, plus exactement DES étudiants, partis à l'assaut d'un système - Parcoursup - sélectif, mais aussi partis à l'assaut d'une vision de la société à venir, imposée par le candidat Macron devenu Président. Légitimement mais - même s'il peine à le reconnaître - si fragilement élu tant le pourcentage d'électeurs inscrits l'ayant porté au pouvoir est faible. Au premier tour d'abord, car je parle ici des "macroniens" véritables. Pas de celles et ceux qui, comme moi, ont voté Emmanuel Macron au second tour pour écarter la menace Le Pen sans la moindre illusion sur la politique qui allait être appliquée.

Une vision "macronienne" de la société pour le moins uniforme, tournée vers la "réussite" à n'importe quel prix, offrant de l'espoir aux "premiers de cordée" bénéficiaires d'un "ruissellement" aléatoire. La "réussite" se traduisant D'ABORD, dans l'esprit à la mode du moment, par la réussite financière. Start up nation for ever! 

Mais jamais, JAMAIS le moindre mot pour celles et ceux laissés sur le bord du chemin. Que deviennent les "échoués"? Que deviendront celles et ceux rejetés par Parcoursup? Que dira-t-on à celles et ceux qui attendront, à vie, le "ruissellement"? Nul ne le sait! Nul ne s'en soucie! Au sommet...

Qu'elles sont loin mes années universitaires où nous savions aider celle ou celui qui peinait à comprendre tel sujet, tel cours. Les solidarités existaient encore. Nous n'étions pas une élite. Nous étions des rêveurs. Et parfois, nous nous tenions la main en cachette sous les tables, pendant que de merveilleux professeurs partageaient leurs savoirs...

Pour le moment, les français continuent d'être dans la sidération. Elle se fissure petit à petit, à mesure que se déchire le voile flou d'un projet devenu réalité. Une réalité "de droite", bien et fermement de droite. Ôtons les guillemets...

Alors, mai 68 peut-il "revenir"? Je le crois. La France ne s'ennuie pas. C'est bien pire: elle semble indifférente à un président et à des ministres que de très nombreux français ne connaissent même pas, et ce malgré une occupation médiatique forcenée et répétitive. 

Peut-être reverra-t-on un jour une jeune fille blonde juchée sur les épaules de son camarade de défilé, réclamant à son tour une société plus juste, plus ouverte à celles et ceux trop souvent oubliés...

Une société où l'on n'exigera plus d'une adolescente qu'elle s'interdise une "jupe indécente"...

Et les gaz lacrymo seront sa Madeleine de Proust...

Christophe Chartreux

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