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Vivement l'Ecole!

politique

Un point de vue - "Démission de Christophe Girard, ou l'influence d'une morale de dupe"

25 Juillet 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique, #Femme

Un point de vue - "Démission de Christophe Girard, ou l'influence d'une morale de dupe"

Par Perrine Simon-Nahum, Philosophe, directrice de recherches au CNRS

Jamais mis en cause par la justice dans «l’affaire Matzneff», l'adjoint à la culture de la mairie de Paris a été contraint de démissionner de son poste. Au nom de quels principes éthiques, demande la philosophe Perrine Simon-Nahum.

Tribune. La démission annoncée hier soir de Christophe Girard de son poste d’adjoint à la culture de la mairie de Paris ne concerne pas seulement le cercle restreint des édiles parisiens. Elle doit secouer nos consciences de citoyens. Je ne parle pas ici de l’aspect judiciaire de ce qu’il est désormais convenu d’appeler «l’affaire Matzneff» dans laquelle l’écrivain est visé par une enquête pour «viols sur mineurs», affaire pour laquelle Christophe Girard n’a jamais été mis en cause par la justice. On rappellera pour mémoire qu’il a été entendu en mars au titre des fonctions de secrétaire général de la maison Yves Saint Laurent (dans les années 80), elle-même citée dans cette affaire pour avoir, à l’instar d’autres institutions comme le Centre national du livre (CNL), un moment, financé l’écrivain.

Tout citoyen averti, tout philosophe intéressé aux choses du politique ne pourront en revanche que s’alarmer devant ce qui relève, au minimum, d’une dangereuse confusion des genres, au pire, d’une mauvaise compréhension de ce que signifie la gestion de la chose publique. Car c’est bien ce signal inquiétant entre tous que nous envoie le collectif de militantes féministes et d’élus écologistes qui semble avoir obtenu hier la démission de l’adjoint à la culture après avoir manifesté sous les fenêtres de l’hôtel de ville où se tenait le premier conseil de Paris de la nouvelle mandature.

Conduite des affaires publiques

Au début des années 90, Michel Rocard s’alarmait déjà de ce que le développement des actions judiciaires en responsabilité allait détourner ceux qui en manifestaient la vocation de s’engager en politique. Il ne resterait, disait-il, pour incarner l’avenir du pays, que les médiocres ou ceux qu’anime le désir du pouvoir et, pire encore, l’idée d’étancher cette soif de reconnaissance au cœur de la chose publique. Il semble que nous y soyons. On aurait tort de se focaliser sur les seuls effets néfastes que provoque sur la conduite des affaires publiques le désintérêt qu’elle suscite chez les citoyens. Personne ne niera que la montée de l’abstention lors des récentes élections soit un signal dont il faut s’inquiéter. Bien peu, en revanche, s’alarment des effets délétères que produit l’ordre moral qui étend petit à petit son ombre sur le domaine de la culture et nuit à la qualité d’action de nos dirigeants politiques.

Les militantes féministes et les élus écologistes en question, qui se réclament d’une légitimité dont on ne sait si elle s’ancre dans une élection acquise au rabais (rappelons qu’aux dernières municipales parisiennes, le taux d’abstention a battu un record) ou d’une mode idéologique, celle de la cancel culture, imitée des Etats-Unis, nous offrent un avertissement à grands frais. Leurs protestations, qui ne reposent sur aucune preuve et violent les procédures, ne sont que le côté émergé de l’iceberg qui nous entraîne vers le fond de la culture, de la politique, de la démocratie. Il faudra un jour sans doute revenir sur l’action de Christophe Girard à la tête de la culture parisienne dont on sait qu’il y a travaillé à accueillir ces minorités, ces diversités dont se réclament ses adversaires et s’est toujours montré attentif, au-delà des différences, au respect de chacun.

Nouveaux justiciers

Aux nouveaux justiciers qui s’appuient sur «la rumeur, les amalgames et les soupçons» comme le dit Anne Hidalgo, je rappellerai la nécessité de prendre quelque distance historique. Il importe de garder les choses dans leur contexte. Au nom de quelle morale le met-on en cause et par qui ont été investis ceux qui s’en font les porte-voix ? Ce n’est pas en pratiquant l’anathème et l’exclusion que l’on fera avancer la cause des femmes et des enfants. La morale n’est pas affaire d’idéologie, encore moins de politique. Elle est à l’image d’une société, diverse, mouvante, qui se cherche et met un point d’honneur à s’interroger. Le reste n’est qu’une morale de dupes.

Sans doute doit-on se montrer attentifs au fait que nos dirigeants nationaux ou municipaux fassent preuve des qualités d’«éthique» et de «responsabilité», pour reprendre les termes utilisés par les élues féministes et leurs alliés écologistes. A ceux-ci, il faut rappeler cependant que la grandeur de la politique réside sans doute dans sa capacité à faire entendre des voix différentes mais plus encore à les mettre en dialogue pour parvenir à un consensus dont les institutions démocratiques sont les porteuses et à défendre ainsi ce qui s’appelle encore «l’intérêt général».

Perrine Simon-Nahum, Philosophe, directrice de recherches au CNRS

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Un "modèle" de féminisme... Alexandria Ocasio-Cortez... (+ bref commentaire)

25 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Femme, #Politique

Une femme libre et raisonnable pour un féminisme qui défend les femmes sans haïr les hommes. Raisonnable au sens de "dotée de raison", l'un des piliers du pacte républicain avec le droit fondant l'Etat.

Depuis quelques années et de plus en plus ces trois dernières, la raison recule. Les idées perdent poids.

Quant à l'Etat de droit, il est fragilisé par des contre-pouvoirs populistes et par le "tribunal du peuple". Tout le monde désormais peut se transformer en sinistre Fouquier-Tinville. Et, pire encore, parvenir à ses fins.

Mettant en péril les "noces de la République et de la raison" pour reprendre une formule utilisée par Christophe Prochasson dans son livre "Voyage d'un historien à l'intérieur de l'Etat", Fayard/collection Raison de plus, Paris 2019.

Loin de moi l'idée de nier la part immense de responsabilités de millions d'hommes de par le monde coupables des pires actes à l'encontre de jeunes filles et de femmes! Mais je suis persuadé que la cause des femmes avancera beaucoup plus vite en associant les hommes - de bonne volonté et il en existe beaucoup - à leurs combats plutôt qu'en les stigmatisant dans des amalgames imbéciles comme ceux que véhicule Alice Coffin ces derniers jours. 

Christophe Chartreux

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Les liaisons dangereuses du journalisme et de la politique

10 Juillet 2020 , Rédigé par Cairn Info Publié dans #Médias, #Politique

 Les liaisons dangereuses du journalisme et de la politique

2003 et toujours d'actualité...

EXTRAITS

(...)

Présidentielle : les dysfonctionnements

Trois aspects, parmi d’autres, de la couverture de la campagne pour le premier tour illustrent ce dysfonctionnement :

– L’utilisation abusive et maladroite des sondages. Ceux-ci ont constitué, quasiment quotidiennement et pour la première fois jusqu’à l’avant-veille du scrutin, la base de la vie politique.

Ils ont été traités non comme un thermomètre mesurant l’effet des événements (programmes, débats, interviews,…) mais comme des événements en eux-mêmes. Ils ne rythmaient pas la campagne ; ils étaient la campagne. Ils n’éclairaient pas ; ils aveuglaient. Ce constat de sur-exploitation des sondages aurait d’ailleurs été aussi valable s’ils ne s’étaient pas trompés. Mais au moins, dans ce cas, n’auraient-ils pas faussé le jugement des citoyens. Phénomène aggravant, mais hélas ! récurrent : les sondages ne sont pas traités par les médias avec la prudence que devrait imposer leur marge d’erreur (surtout lorsqu’il y a seize candidats). Comme ils coûtent cher, leurs commanditaires veulent en avoir pour leur argent. Non seulement, il ne faut donc pas relativiser leur fiabilité, mais en plus chaque livraison, pour justifier son prix, doit créer l’événement. Les variations les plus marginales, incluses dans la marge d’erreur, sont donc volontiers présentées non seulement comme des certitudes mais aussi comme des évolutions significatives de l’opinion.

– La « markétisation » de la politique. Rarement les vrais enjeux, idéologiques ou programmatiques, ont été à ce point négligés, au bénéfice du spectacle, des attitudes, des « petites phrases », des gadgets électoraux, des simagrées, bref de la sacro-sainte communication. Ce que tu es parle si fort que je n’entends plus ce que tu dis ! L’apparition des conjoints de candidats montre que la loi du people s’applique désormais à la vie politique. Même les plus réticents ont dû cette fois s’y plier. La personnalisation de la vie politique est totale. Les journaux ont embrayé, les uns avec délectation, les autres avec mauvaise conscience, tous privilégiant le médium, négligeant le message. Pour justifier cette dérive commercialement efficace, les médias ont mis en avant le peu d’intérêt du débat. Le moins qu’on puisse dire est qu’ils n’ont pas tenté de le susciter ou de le réveiller. Mais était-ce leur rôle ?

– La règle de l’égalité, imposée aux radios et télévisions par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, a eu, enfin, un effet pervers imprévu, sinon imprévisible : devant le casse-tête d’une comptabilité épicière des temps de parole de seize candidats, les médias audiovisuels ont choisi de faire le service minimum, contribuant ainsi à maintenir une atonie générale. L’amplifiant même puisqu’ils se devaient de la souligner constamment, pour justifier leur faible implication.

(...)

La connivence politico-médiatique

Certaines particularités dommageables du journalisme français en matière politique sont connues de longue date. Elles ne sont d’ailleurs pas toutes propres au traitement de ce secteur d’actualité. La couverture de tout domaine d’activité implique la fréquentation assidue de ses acteurs. Des liens personnels se tissent ; des sympathies se forgent. Le manque de distanciation entraîne au mieux une forme de myopie ; au pis, une connivence ; parfois une complicité. Ce travers est plus accentué qu’ailleurs dans le champ politique. Par obligation, hommes et femmes politiques savent séduire. Les journalistes ne sont pas insensibles à cette séduction, d’autant que leur recrutement n’échappe pas à l’endogamie. Il y a une évidente consanguinité entre les politiques et ceux qui sont chargés de les observer. Ils sont fréquemment issus des mêmes milieux, et souvent des mêmes écoles. Ils partagent la même culture, les mêmes codes, les mêmes références. Par goût autant que par obligation, ils fréquentent les mêmes lieux. Souvent, hors des studios, ils se tutoient. Il peut même arriver que certains journalistes imaginent influencer le cours des événements et rêvent de jouer les éminences grises, passant alors de l’autre côté du miroir… Les effets pervers de cette grande proximité sont accrus par une tradition de déférence à l’égard de tous ceux qui occupent une fonction publique. Cette déférence a imprégné la société : l’expérience montre, à la télévision notamment, qu’un questionnement pointu, insistant, est considéré comme agressif, et se retourne contre « l’agresseur », blâmé non sur le fond mais sur la forme. La société républicaine est monarchique dans son comportement : le roi doit être respecté, les roitelets aussi.

(...)

L’information, victime de la communication

Suiviste, et même victime, le journalisme politique l’est encore par rapport aux exigences modernes de la communication. Et singulièrement de la contagion publicitaire. Pour être efficace, le message publicitaire doit être simple ; pour être simple, il doit être bref. La « petite phrase » qui fait mouche, ciselée, lapidaire, parfois vacharde, est la forme politique du slogan publicitaire. Elle fournit le titre de l’article, la citation sonore de vingt secondes dans un sujet de trois minutes au JT de 20 h. Évidemment, sa brièveté exclut l’argumentation, et davantage encore la nuance. Réduisant les opinions à leur plus simple expression, elle radicalise le débat. Et infantilise le citoyen. Les médias raffolent et abusent de cette forme, à la fois rudimentaire et sophistiquée, de la communication car elle répond à leur souci d’efficacité et de rapidité. La percussion du slogan est, pour eux, pain bénit face à la langue de bois, creuse et pâteuse. Le débat démocratique semble plus vivace, mais n’y gagne pas vraiment en intelligence.

Média de masse, la télévision fait l’objet d’une attention particulière. Les candidats à toute élection savent bien qu’une apparition à l’écran leur permet de « toucher » plus d’électeurs que des centaines de meetings. Mais le traitement de l’actualité politique dans les journaux y est particulièrement délicat. La menace du zapping y impose plus qu’ailleurs la brièveté, donc le lapidaire. Les interviews doivent être hachées, les débats vifs et décousus, sous peine de lasser. De plus, la télévision, c’est de l’image, et la politique, contrairement aux faits divers, ne fournit que de l’image pauvre. Les « ballets de portières » des arrivées ministérielles dans la cour de l’Élysée, même agrémentées de quelques déclarations, ne permettent guère de retenir l’attention. Il ne faut jamais oublier qu’un grand événement sans image est un petit événement pour la télévision. Vecteur dominant, et parfois exclusif, de l’information des citoyens, elle ne peut répondre aux impératifs d’un débat démocratique de bon niveau.

(...)

... L’information a du pouvoir ; elle n’est pas un pouvoir. Elle est – elle devrait être – par essence, par hygiène, contestataire du pouvoir. Elle est – elle devrait être – un contre-pouvoir, permanent, pas agressif mais exigeant. Ambitieux, mais modeste. Bref, à sa place, non pas dans, mais face à la politique.

Albert du Roy

Dans Hermès, La Revue 2003/1 (n° 35), pages 131 à 136

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

https://www.cairn.info/revue-hermes-la-revue-2003-1-page-131.htm

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#Municipales2020 - Une vague uniquement verte?...

29 Juin 2020 , Rédigé par Nos Lendemains Publié dans #Politique

#Municipales2020 - Une vague uniquement verte?...

Vague verte, vague verte, vague verte !

En zappant sur les chaines d’info et les radios ce soir, on est frappés de l’unanimisme du commentaire…

Tout juste entend-t-on les uns et les autres déplorer la faible participation. Et en particulier ceux qui ont intérêt à minimiser la portée et la signification des scores de ce soir, c’est-à-dire des grands perdants du scrutin : la France Insoumise, La République en Marche et le Rassemblement National (quoi qu’il en dise, en brandissant sa victoire symbolique mais bien seule à Perpignan)…

Et d’ailleurs, il est frappant de constater combien le gouffre se creuse entre le paysage politique national, dominé par ces trois partis, incarnés par des personnalités fortes, et le paysage politique local, où clairement le PS et Les Républicains sortiront comme vainqueurs sur le plan quantitatif (nombre d’élus, et de villes détenues). Nous devrions peut-être nous inquiéter d’un tel fossé, qui cumulé à l’abstention dit sans doute beaucoup de l’insatisfaction majoritaire vis-à-vis d’une offre

Toujours est-il que ce soir, les médias ont envie de raconter une vague verte. Peu importe que cette vague – que l’on salue, tant la prise de conscience écologique est urgente et indispensable – doive en réalité sa concrétisation à une stratégie d’union de la gauche. Car il faut le dire : les verts qui ont fait le pari de partir en solitaire ont perdu. En revanche, ceux qui ont eu l’intelligence de comprendre que l’union de la gauche avait un potentiel de conquête, ont été récompensés.

Ce soir, c’est donc moins EELV qui a gagné, qu’une stratégie qui divise encore au sein de ce parti, à savoir la stratégie d’union de la gauche. Et à ce stade, cette stratégie bénéficie parfois à des têtes de listes EELV – Lyon restera un cas emblématique -, mais aussi, souvent, majoritairement même, à des têtes de listes socialistes. Citons Quimper, Nancy, Le Mans, Rouen, Brest, Clermont-Ferrand, Dijon, Laval, Annecy, Chambéry, Montpellier, Avignon… autant de villes et bien d’autres qui ont été remportées par des têtes de liste PS, et qui se sentent sans doute un peu méprisées en écoutant les médias nationaux ne parler que de la poignée de villes emportées par EELV.

Abstention, union de la gauche, écologie, voilà trois enseignements majeurs. Mais il ne faudra pas oublier, pour la suite d’autres tendances majeures : le renouvellement (au PS, une nouvelle génération émerge, comme chez LR), le besoin de proximité (les sortants sont plébiscités car ils sont ancrés, proches des gens), mais aussi sans doute, dans une période incertaine, la demande d’ordre (à droite) et de justice (à gauche) dans un contexte de crise économique. Ce sont là des tendances profondes, durables sans doute, auxquelles le chef de l’Etat ferait sans doute bien de répondre dans les mois qui viennent.

Chloé Morin

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Conférence Nouveaux Dissidents - Nouveaux Résistants - Les Interventions en 13 vidéos... Des idées à foison!

27 Mai 2020 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Politique, #Sociologie, #Philosophie

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Najat Vallaud-Belkacem : « C’est une forme de nouvelle lutte des classes qui se joue »

18 Mai 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Politique

Najat Vallaud-Belkacem : « C’est une forme de nouvelle lutte des classes qui se joue »

EXTRAITS

L’ancienne ministre de l’éducation nationale revient sur la gestion de la crise sanitaire et sociale par le gouvernement et sur les débats qui agitent la gauche pour préparer l’après.

Aujourd’hui directrice France de l’ONG One, l’ancienne ministre de l’éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem plaide pour un retour à une souveraineté économique sans tomber dans le souverainisme.

Quel regard portez-vous sur l’action du gouvernement contre le Covid-19 ?

Si le caractère inédit de la crise conduit à tempérer certaines critiques, on a quand même vu une pratique du pouvoir assez solitaire, parfois opaque et manquant d’humilité. Le manque de transparence dans l’information publique, la faiblesse de la délibération collective ont fini par créer une suspicion dont les tergiversations sur les masques et les tests sont symptomatiques. Ce n’est pas sain car ça amoindrit la portée des politiques publiques et la confiance dans l’action étatique.

Mais cette crise a aussi éclairé une certaine vision du monde du gouvernement qui n’a pris conscience qu’avec beaucoup de retard des ravages humains et sociaux. Longtemps une sorte d’angle mort a semblé recouvrir les familles enserrées dans des logements inadaptés, les files d’attente devant l’aide alimentaire, les étudiants confinés en cité universitaire sans job ni perspectives, les enfants sans cantine privés du seul repas équilibré de leur journée, les intermittents, les chômeurs non indemnisés…

(...)

Quelles seraient les mesures d’urgence à prendre pour amortir cette crise ?

Des bombes à retardement sociales sont en train de se fabriquer qu’il faut désamorcer dès maintenant. Des milliers de Français risquent de ne plus pouvoir payer leur loyer et leurs charges : il faut créer un fonds de solidarité pour les soulager et adresser des aides exceptionnelles au déconfinement aux familles en grande difficulté, au moins 800 euros pour un couple avec un enfant.

Le gouvernement doit faire table rase des réformes adoptées comme celle des retraites qui affaiblissent notre système de protection sociale. Renoncer à celle de l’assurance-chômage qui a fragilisé des milliers de demandeurs d’emploi et prolonger l’indemnisation des chômeurs qui arrivent en fin de droits. Enfin, il faut passer aux actes rapidement sur la revalorisation des métiers dont on a vu la valeur en même temps que la pauvreté des salaires.

Les violences contre les femmes ont augmenté durant le confinement. La gravité du problème a-t-elle été prise en compte ?

La plupart des mesures nécessaires sont déjà dans la loi. Le problème c’est leur application. On le voit avec les ordonnances de protection ou l’éviction du conjoint violent, plus encore quand la justice est quasi à l’arrêt. La crise aura montré qu’il ne faut pas lésiner en matière de moyens de protection des victimes. Il y a seulement trois mois, les associations réclamaient un plan de 1 milliard. J’espère que la légitimité de leur appel apparaîtra aux pouvoirs publics. Le confinement aura au moins été utile à la prise de conscience de ces violences et du rôle que chacun de nous, comme témoin, peut jouer.

(...)

N’est-ce pas compliqué quand on a participé au quinquennat Hollande, qui a une responsabilité dans la fermeture de lits d’hôpital et la gestion des stocks de masques, de porter votre discours ?

L’hôpital et les soignants ont fait des efforts considérables depuis dix ans. On arrive au bout d’un système devenu insoutenable. Nous y avons notre part de responsabilité et il faut le reconnaître, comme d’autres avant et d’autres après. L’hôpital a besoin de moyens nouveaux et d’un changement de modèle. Quant au quinquennat passé, si on doit instruire son procès, il faut le faire à charge et à décharge, voir ses insuffisances et ses réussites.

(...)

La gauche peut-elle être l’alternative à un duel Macron-Le Pen ?

Ce duel est une stratégie choisie par les deux protagonistes, c’est aussi une facilité pour les médias. Mais le premier tour des élections municipales [le 15 mars] a dessiné un autre visage politique, avec une gauche bien présente dans les territoires et surtout une imbrication de la question sociale et de l’écologie politique dans ses réponses. Bref, la démonstration que la gauche peut penser le futur sans abandonner le présent où se nichent les vies dures. C’est le fait politique majeur.

(...)

Il faut quelqu’un pour porter ces combats, notamment lors des élections. Vous y pensez ?

Je ne veux pas parler à leur place ! Il faut donner la parole à ces laissés-pour-compte que le mouvement des « gilets jaunes » avait déjà révélés, parce que ce sont leurs aspirations et leurs compétences qui nous aideront à tracer ce chemin. C’est une forme de nouvelle lutte des classes qui se joue là.

Ensuite, on ne peut pas s’arrêter au constat des fractures, l’enjeu est de les réparer. On a vu pendant le confinement une formidable envie de cohésion, d’être utile. Il faut s’appuyer sur ce désir, dès maintenant. Mais l’erreur à ne pas commettre serait de tout ramener à une question de personnes quand il y a un tel besoin de réhabiliter la confiance dans un projet. Gardons-nous des jeux qui ont beaucoup affaibli la qualité du débat politique.

Propos recueillis par Abel Mestre et Sylvia Zappi

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L'initiative commune - Les "idées-forces"...

15 Mai 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

L'initiative commune - Les "idées-forces"...

L'initiative commune - Les "idées-forces"

Parce que pendant trop longtemps la gauche a été - parfois à juste titre - accusée de ne pas trouver un terrain commun pour échanger, de ne rien proposer, d'être inaudible, alors aujourd'hui que des femmes et hommes de gauche, issus de familles différentes portent non pas un projet, encore moins un programme, mais un ensemble de propositions, d'orientations, embryons de ce que des millions d' "orphelins de la gauche" attendent, ne boudons pas le plaisir lucide de porter ce texte et bien entendu de le discuter, de l'enrichir et de l'ouvrir à celles et ceux qui n'ont pas encore fait le pas vers un rassemblement désormais possible. Irréversible si les forces de progrès social et environnemental ne veulent pas voir se renouveler le pitoyable duel Macron/Le Pen.

Au diable les querelles, procès, rancoeurs. Tout cela fait le jeu du couple libéraux/populistes.

Est-ce cela que nous voulons? Non!

Alors essayons l'intelligence....

Le texte "L'initiative commune" est à lire dans son intégralité et à signer (en bas de page) ICI    

Christophe Chartreux

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La crise confirme l’urgence radicale des grandes transitions. De cette impérieuse nécessité, faisons naitre une espérance.

Au coeur de cette crise, il nous faut tourner la page du productivisme. Il faut affronter les périls immédiats, s’accorder pour engager la transition écologique et dans un même mouvement les transformations sociales et économiques trop longtemps différées.

L’état d’urgence sociale doit se déployer dès maintenant dans l’ensemble du pays, à commencer par les quartiers populaires et les territoires ruraux, partout où la crise remet à vif la grande pauvreté et les inégalités.

Cette crise doit enfin imposer un basculement des politiques publiques : « sortir » des dizaines de milliers de personnes de la rue, c’est affaire de dignité d’abord, mais aussi d’ordre public sanitaire et social. 

Pour ces temps de grande transition, il y a urgence à assurer un revenu digne rendant possibles à toutes et tous la formation, l’accès à un nouvel emploi ou un projet professionnel. Compte tenu de la hausse explosive du nombre des sans-emplois, ce serait une faute historique de maintenir la « réforme » de l’assurance chômage de 2020.

Quant aux travailleurs étrangers en situation irrégulière, soutiers plus anonymes encore de nos économies, leur accès au droit au séjour doit être facilité. 

nous demandons qu’il soit renoncé définitivement au projet de réforme des retraites qui mine la cohésion nationale dont nous avons tant besoin. Face à la précarité ou aux inégalités femmes-hommes, tous les travailleurs et travailleuses, indépendants, artisans et commerçants, professionnels des plates-formes, salariés en CDD, intermittents ou intérimaires, doivent être dotés de droits sociaux individuels complets et d’une capacité réelle de négociation collective.

Travailleurs de l’aube et du soir, fonctionnaires de jour comme de nuit, soignants et enseignants dévoués, elles (très souvent) et ils sont en droit d’attendre bien sûr des primes immédiates et légitimes, mais aussi une amélioration significative et sans délai de leurs conditions d’emploi et de salaire, à commencer par le Smic

Le confinement a mis également en exergue la nécessité de reconnaitre le féminicide en droit français et de ne plus reporter un plan national d’ampleur contre les violences faites aux femmes et aux enfants, en doublant le budget alloué aux associations venant en aide aux victimes et aux lieux de prise en charge.

l’hôpital public a été asphyxié par des années d’austérité budgétaire et la marchandisation de la santé. Une loi de programmation doit assurer au plus vite un financement pérenne des investissements des hôpitaux et des Ehpad, rompre avec la spirale des fermetures de lits et permettre la revalorisation des métiers de soignantes et soignants.

garantir à tout moment la disponibilité des principaux médicaments sur le territoire national. Elle assurera enfin la réhabilitation des soins de premiers recours, efficients et réactifs face à de nouvelles crises et la fin des déserts médicaux, indignes de notre pays. 

Des fleurons de notre économie sont au bord de la faillite, avec le cortège habituel de restructurations brutales et de chômage massif. Face à ces risques, la réaction de l’État en faveur de l’emploi doit être couplée à la mise en oeuvre accélérée de la transition écologique, à commencer par le respect des Accords de Paris sur le climat

Les événements récents confirment une fois de plus les fragilités de l’Europe quand elle se limite à n’être qu’un marché livré aux excès du libre-échange, renonçant à protéger son économie.

La mise en oeuvre de nationalisations là où il le faut doit permettre non de mutualiser les pertes, mais d’atteindre des objectifs d’intérêt général. Dans ce but, il faudra aussi miser davantage sur l’économie sociale et solidaire pour mieux ancrer l’économie dans les territoires et impulser le nouveau modèle de développement. 

la transformation écologique de la France est le nouveau défi de notre République au XXIème siècle. Cette prise de conscience des communs naturels à protéger et de l’impasse des modes de consommation actuels est essentielle, tout comme les combats de la gauche.

Nous proposons que soit discutée et mise en oeuvre rapidement une Prime pour le climat, afin d’éliminer en priorité les passoires thermiques et sortir les plus pauvres de la précarité énergétique. Elle accompagnera aussi les travaux de rénovation énergétique rendus obligatoires pour l’ensemble du bâti afin d’atteindre deux millions de logements par an, en privilégiant les rénovations complètes. Des dizaines de milliers d’emplois non délocalisables pourraient être ainsi créés. 

bâtir un plan ambitieux de transition vers une mobilité durable, pour soutenir l’électrification des motorisations, les modes de transports collectifs et partagés, la relance des réseaux ferroviaires, mais aussi l’extension du droit au télétravail dans des conditions protectrices pour les salariés. 

La refonte des aides de la PAC en soutien des petites et moyennes exploitations doit être accélérée, pour permettre une agriculture respectueuse de l’environnement, la croissance des productions bio, et pour développer le paiement des services environnementaux (stockage du carbone, arrêt des intrants chimiques…).

On attend de l’Europe qu’elle conduise durablement une politique monétaire à la hauteur du risque actuel, mais aussi qu’elle mette en oeuvre des formes inédites de financement en commun pour empêcher une hausse de l’endettement des États, en particulier les plus affectés par la crise sanitaire.

Ces financements européens ne sauraient être assortis des mesures d’austérité qui ont creusé entre les peuples des blessures encore inguérissables. Les conditionnalités aujourd’hui se nomment écologie, cohésion sociale et respect de la démocratie.

La France doit rétablir un Impôt de solidarité sur la fortune, mettant à contribution les patrimoines les plus élevés, et renforcer la progressivité de sa fiscalité sur les revenus, notamment ceux du capital, largement érodée depuis 2017.

La taxation des secteurs qui ont bénéficié de la crise et de ceux qui ont décidé, au coeur de la tempête, de continuer à distribuer des dividendes ou à s’enrichir à l’abri des paradis fiscaux doit être proposée sans délai au Parlement.

Cette reconquête ne sera complète que lorsque les géants du numérique contribueront par un impôt juste aux efforts d’investissement qui attendent la France et l’Europe. 

Seule une refondation de nos institutions permettra de le dépasser. Il est impératif de ne pas confier à un « sauveur suprême » ou au pouvoir technocratique « la sortie de crise », mais au contraire d’augmenter la participation des citoyen·ne·s aux décisions qui les concernent et cela à tous les niveaux. 

Rien ne progressera sans des délibérations collectives, valorisant bien davantage les citoyens et leurs compétences, l’éducation, l’innovation sociale et la création culturelle, les territoires, villes et villages. 

Cet impératif s’adresse aussi aux entreprises : pour réussir la sortie de crise, il faut y faire entrer la démocratie en associant réellement les salariés à leur stratégie.

nous proposons qu’un grand événement, une « convention du monde commun », réunisse dans les prochains mois toutes les énergies disponibles, les citoyennes et citoyens épris de profonds changements, les formations politiques, les forces associatives, les initiatives que portent syndicats et ONG. C’est une première étape cruciale et attendue pour une alternative démocratique, écologique et sociale.

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Vers une "réunion" de la gauche française?... Une tribune importante. Une perspective enfin!

14 Mai 2020 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Politique

Vers une "réunion" de la gauche française?... Une tribune importante. Une perspective enfin!

Le texte ci-dessous texte est TRES intéressant. Je ne reviens donc pas sur ce qui est écrit et bien écrit. Il suffit de lire.

Les partis de gauche n'ont pas d'idées, rien à proposer? Leurs "leaders" ne se parlent plus? Preuve est faite que non. Les absents ne tarderont plus à rejoindre une vague qui ne devra plus s'arrêter.

Une vague d'espoirs à gauche. L'espoir d'une reconstruction.

L'espoir d'un "monde commun"...

CC

C'est à signer ICI

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EXTRAITS

TRIBUNE. « Au cœur de la crise, construisons l’avenir »

150 personnalités proches de la gauche ou de l’écologie, dont Olivier Faure (PS), Yannick Jadot (EELV), ou Ian Brossat (PCF) appellent dans une longue tribune à une « convention du monde commun » visant à fonder une alternative politique.

La France affronte un séisme d’une ampleur inouïe. Favorisée par la destruction de la nature, la pandémie a généré une crise économique de grande ampleur, une commotion sociale brutale, notamment pour les plus précaires, et une mise entre parenthèses du fonctionnement démocratique. Elle a révélé l’improvisation des pouvoirs publics face à cette crise majeure. L’engagement extraordinaire des soignantes et des soignants, le courage de celles et ceux qui n’ont cessé de travailler sans relâche au service de tous et le civisme de millions de personnes confinées dans des conditions difficiles appellent une reconnaissance unanime. Dès maintenant, il s’agit d’éviter le pire et de préparer l’avenir. La réparation des dégâts annoncés, la défense des libertés, l’obligation de préparer une société résiliente nécessitent de fortes dynamiques collectives. La crise confirme l’urgence radicale des grandes transitions. De cette impérieuse nécessité, faisons naître une espérance. Nous ne sommes pas condamnés à subir !

Etat d’urgence sociale

Au cœur de cette crise, il nous faut tourner la page du productivisme. Il faut affronter les périls immédiats, s’accorder pour engager la transition écologique et dans un même mouvement les transformations sociales et économiques trop longtemps différées. L’impasse où nous ont conduits les politiques dominantes depuis quarante ans et le capitalisme financier exige une offensive résolue. Avec cette initiative commune, dans le respect de nos différences, nous nous engageons à la hauteur des principes que nos prédécesseurs ont affirmés dans la « reconstruction » qui suivit la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, en temps de paix, nous devons faire preuve d’une égale ambition, avec la volonté que les Français s’emparent de ces débats.

L’état d’urgence sociale doit se déployer dès maintenant dans l’ensemble du pays, à commencer par les quartiers populaires et les territoires ruraux, partout où la crise remet à vif la grande pauvreté et les inégalités. Les familles déjà vulnérables, comme celles qui viennent brutalement de plonger dans le chômage et la pauvreté, se comptent par millions. La solidarité nationale doit intervenir pour aider les locataires, contribuer à payer les factures d’eau et d’électricité, par l’aide alimentaire et la fourniture gratuite de masques, par des soutiens exceptionnels individualisés pour que vivent décemment celles et ceux, y compris les jeunes, qui ont vu leur travail et leurs revenus disparaître. Cette crise doit enfin imposer un basculement des politiques publiques : « sortir » des dizaines de milliers de personnes de la rue, c’est affaire de dignité d’abord, mais aussi d’ordre public sanitaire et social.

Pour aller plus loin, la France, comme d’autres en Europe, doit imaginer et mettre en chantier dès cette année un nouveau modèle de protection sociale. Pour ces temps de grande transition, il y a urgence à assurer un revenu digne rendant possibles à toutes et tous la formation, l’accès à un nouvel emploi ou un projet professionnel. Compte tenu de la hausse explosive du nombre des sans-emplois, ce serait une faute historique de maintenir la « réforme » de l’assurance chômage de 2020. Il faut permettre dès maintenant à tous les territoires volontaires de mettre en œuvre la belle initiative Territoires zéro chômeur de longue durée, inspirée des expériences du mouvement associatif. Quant aux travailleurs étrangers en situation irrégulière, soutiers plus anonymes encore de nos économies, leur accès au droit au séjour doit être facilité.

(...)

Lourde de souffrances inédites, cette période ne doit pas confisquer les espoirs de changement, bien au contraire. Faisons place à l’action collective et à ces premières convergences. Pour être à ce rendez-vous de notre Histoire, nous proposons qu’un grand événement, une « convention du monde commun », réunisse dans les prochains mois toutes les énergies disponibles, les citoyennes et citoyens épris de profonds changements, les formations politiques, les forces associatives, les initiatives que portent syndicats et ONG. C’est une première étape cruciale et attendue pour une alternative démocratique, écologique et sociale. Nous voulons lui donner la force de notre engagement.

Premiers signataires* : Syamak Agha Babaei, Christophe Aguiton, Amandine Albizzati, Claude Alphandery, Nathalie Appéré, Guillaume Balas, Jeanne Barseghian, Marie-Laure Basilien-Gainche, Laurent Baumel, Romain Beaucher, Anne-Laure Bedu, Jacqueline Belhomme, Esther Benbassa, Patrice Bessac, Olivier Bianchi, Habiba Bigdade, Loïc Blondiaux, Alice Bosler, Maurice Braud, Rony Brauman, Axelle Brodiez, Ian Brossat, Philippe Brun, Julia Cagé, Sophie Caillat, Andrea Caro, Fanélie Carrey-Conte, Lucas Chancel, Pierre Charbonnier, Christian Chavagneux, Alain Coulombel, Annick Coupé, Jezabel Couppey-Soubeyran, Françoise Coutant, Thomas Coutrot, Cécile Cukierman, Ronan Dantec, Joël Decaillon, Laurence De Cock, Carole Delga, Stéphane Delpeyrat, Laurianne Deniaud, Emmanuel Denis, Gregory Doucet, Marie-Guite Dufay, Cécile Duflot, Antoine Dullin, Jérôme Durain, Guillaume Duval, Timothée Duverger, Nicolas Duvoux, Anne Eydoux, Olivier Faure, Rémy Féraud, Aurélie Filippetti, Diana Filippova, Alain Foix, Didier Fradin, Philippe Frémeaux, Guillaume Garot, Karl Ghazi, Jean-Luc Gleyze, Raphael Glucksmann, Daniel Goldberg, Guillaume Gontard, Gaëtan Gorce, Aziliz Gouez, Bernadette Groison, Florent Gueguen, Denis Guenneau, Hélène Hardy, Jean-Marie Harribey, Anne Hessel, Catherine Hoeffler, Pierre Hurmic, Marie-Hélène Izarn, Pierre Jacquemain, Yannick Jadot, Hugues Jallon, Vincent Joineau, Régis Juanico, Nina Karam-Leder, Pierre Khalfa, Yazid Kherfi, Hella Kribi-Romdhane, Thierry Kuhn, Joël Labbé, Guillaume Lacroix, Delphine Lalu, Aurore Lalucq, François Lamy, Sandra Laugier, Pierre Laurent, Guillaume Le Blanc, Joël Le Coq, William Leday, Claire Lejeune, Corinne Lepage, Elliot Lepers, Nadine Levratto, Medhi Litim, René Louail, Benjamin Lucas, François Mandil, Bénédicte Manier, Edouard Martin, Gus Massiah, Nora Mebarek, Dominique Meda, Philippe Meirieu, Claire Monod, Beligh Nabli, Naïri Nahapetian, Alexandre Ouizille, Christian Paul, Renaud Payre, Willy Pelletier, Camille Peugny, Maxime Picard, Thomas Piketty, Eric Piolle, Dominique Plihon, Dominique Potier, Alexis Poulin, Angèle Préville, Audrey Pulvar, Valérie Rabault, Jean-Paul Raillard, Gilles Raveaud, Sandra Regol, Nadine Richez-Battesti, Martin Rieussec-Fournier, Jacques Rigaudiat, Marie-Monique Robin, Johanna Rolland, Barbara Romagnan, Laurence Rossignol, Muriel Rouyer, Virginie Rozière, Michèle Rubirola, Bernard Saincy, Eva Sas, Mounir Satouri, Frédéric Sawicki, Laurence Scialom, Sabrina Sebaihi, Aissata Seck, Gabrielle Siry, Emmanuel Soulias, Jo Spiegel, Olivier Szulzynger, Sophie Taille, Bernard Thibault, François Thiollet, Isabelle This Saint-Jean, Stéphane Troussel, Henri Trubert, Hulliya Turan, Boris Vallaud, Najat Vallaud-Belkacem, Shahin Vallée, Antoine Vauchez, Denis Vicherat, Anne Vignot, Patrick Viveret.

* à titre personnel

Le texte complet est à lire en cliquant ci-dessous

https://www.nouvelobs.com/politique/20200514.OBS28804/tribune-au-c-ur-de-la-crise-construisons-l-avenir.html

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"J’espère que le peuple se lèvera et réclamera son dû..."

11 Mai 2020 , Rédigé par Hubert.Rousseau Publié dans #Politique

EXTRAIT

Texte poignant de Coline Serreau qui ne mâche pas ses mots…

Dimanche 22 mars. Coline Serreau**, réalisatrice de Trois hommes et un couffin, mais aussi de films visionnaires, écolos, humanistes et généreux comme La belle verte ou La crise.

LE MONDE QUI MARCHAIT SUR LA TÊTE EST EN TRAIN DE REMETTRE SES IDÉES A L’ENDROIT

Le gouvernement gère l’épidémie comme il peut… mais les postures guerrières sont souvent inefficaces en face des forces de la nature. Les virus sont des êtres puissants, capables de modifier notre génome, traitons-les sinon avec respect, du moins avec modestie.

Apprenons à survivre parmi eux, à s’en protéger en faisant vivre l’espèce humaine dans des conditions sanitaires optimales qui renforcent son immunité et lui donnent le pouvoir d’affronter sans dommage les microbes et virus dont nous sommes de toute façon entourés massivement, car nous vivons dans la grande soupe cosmique où tout le monde doit avoir sa place. La guerre contre les virus sera toujours perdue, mais l’équilibre entre nos vies et la leur peut être gagné si nous renforçons notre système immunitaire par un mode de vie non mortifère.

Dans cette crise, ce qui est stupéfiant c’est la rapidité avec laquelle l’intelligence collective et populaire se manifeste.

En quelques jours, les français ont établi des rites de remerciement massivement suivis, un des plus beaux gestes politiques que la France ait connus et qui prolonge les grèves contre la réforme des retraites et l’action des gilets jaunes en criant haut et fort qui et quoi sont importants dans nos vies.

Dans notre pays, ceux qui assurent les fonctions essentielles, celles qui font tenir debout une société sont sous-payés, méprisés. Les aides-soignantes, les infirmières et infirmiers, les médecins qui travaillent dans les hôpitaux publics, le personnel des écoles, les instituteurs, les professeurs, les chercheurs, touchent des salaires de misère tandis que des jeunes crétins arrogants sont payés des millions d’euros par mois pour mettre un ballon dans un filet.

Dans notre monde le mot paysan est une insulte, mais des gens qui se nomment « exploitants agricoles » reçoivent des centaines de milliers d’euros pour faire mourir notre terre, nos corps et notre environnement tandis que l’industrie chimique prospère.

Et voilà que le petit virus remet les pendules à l’heure, voilà qu’aux fenêtres, un peuple confiné hurle son respect, son amour, sa reconnaissance pour les vrais soldats de notre époque, ceux qui sont prêts à donner leur vie pour sauver la nôtre alors que depuis des décennies les gouvernements successifs se sont acharnés à démanteler nos systèmes de santé et d’éducation, alors que les lobbies règnent en maîtres et arrosent les politiques avec le fric de la corruption.

(...)

Coline Serreau

Texte intégral à lire en cliquant ci-dessous

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