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Vivement l'Ecole!

politique

Macron et la peur de l'étranger - Déconstruire ce discours est une urgence!...

19 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Refugies

Macron et la peur de l'étranger - Déconstruire ce discours est une urgence!...

Emmanuel Macron et son gouvernement construisent, fabriquent un discours emprunté à la droite la plus décomplexée.

L'exemple des réfugiés et de ce navire humanitaire, l'Aquarius, abandonnés par la France et par son président pourtant généreux lorsqu'il était candidat, est particulièrement signifiant.

"Accueillir des migrants en France créerait immanquablement un appel d'air".

C'est absolument faux.  Non seulement les pays qui accueillent bien davantage de réfugiés que la France (qui n'en accueille aucun des 9000 promis par le candidat Macron) n'ont jamais souffert de ce supposé "appel d'air", mais ils ont observé un ralentissement très sensible des arrivées "massives".

En effet, depuis deux ans, les flux migratoires sont en baisse. Tous les organismes spécialisés dans l'observation de ces flux l'affirment, preuves chiffrées et statistiques à l'appui.  

Rappelons encore et toujours enfin que bien avant l'arrivée "sur zones" des navires humanitaires, des centaines de réfugiés tentaient la traversée et se noyaient déjà!

Mais le Président de la République et son gouvernement surfent sur les peurs ancestrales:  

- peur de "l'autre qui n'est pas moi";  
- peur de "l'étrange étranger".  

Des peurs qui se répandent jusque dans le "désert français" où aucun migrant n'a mis ni ne mettra jamais les pieds.  N'ont-ils pas, notre président et notre gouvernement, le culot monstrueux d'affirmer :

"Regardez tous ces bateaux qui convergent vers l'Europe!".

Évitant, en même temps, de nous dire que si ces milliers de "migrants/réfugiés" arrivent effectivement, au péril de leur vie, par la mer, c'est parce que toutes les voies terrestres se ferment les unes après les autres. Comment s'étonner alors de voir les flux migratoires, pourtant ralentis à la source, se bousculer en Méditerranée provoquant des tragédies évitables

Évitables si le Président de la République prenait soin de ne pas regarder ailleurs quand la mer lui demande d'accorder aux malheureux qu'elle "transporte" quelque attention.  

Cessons d' accueillir"! "Portons secours"! C'est de cela et de cela seulement qu'il s'agit. 

L'Histoire retiendra qu'un mois de juin 2018, puis d'août de la même année, la France humaniste a, par son Président, assumé la honte du regard détourné. Pour le Président Macron et son gouvernement, la crise migratoire serait donc une crise des flux. Cela les arrange bien de tenir ce discours. Il évite la vérité: celle d'oser dire qu'il ne s'agit plus d'une crise des flux, mais bien d'une crise des états. Ces états européens incapables de s'unir, abandonnant l'Italie pour le résultat politique récent que l'on sait.  

Où est donc aujourd'hui le candidat Macron? Que sont devenus ces discours européens enflammés? Où donc est son projet hurlé il y a un an? Sans doute se dissimule-t-il derrière ses discours désormais ancrés dans une tradition de droite à l'ancienne. Ces discours qui alimentent les peurs schizophréniques de nos concitoyens en agitant les chiffons noirs de l' "invasion" migratoire. Un sentiment utilisé pour plaire à la frange la plus réactionnaire de l'électorat d'Emmanuel Macron. Un calcul qui, peut-être, s’avérera payant à court terme mais se retournera contre lui dès 2022.

Pour quel résultat? Pour quelle aventure hasardeuse ? Pour quelle tragédie? 

Nul ne peut répondre. Mais il convient urgemment de déconstruire les discours "macroniens" pour permettre à la France et à l'Union Européenne d'en finir avec les peurs entretenues, des peurs insensées qui ne peuvent nous conduire, toutes et tous, qu'à des catastrophes auprès desquelles les "dangers" des flux migratoires sembleront bien dérisoires. 

Christophe Chartreux

PS: ne pas porter assistance à une ou plusieurs personnes en danger de mort est de la non assistance à personnes en danger.

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Education sexuelle obligatoire ou pas? Schiappa sera-t-elle soutenue par Blanquer?... Par Claude Lelièvre...

17 Août 2018 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Politique

Education sexuelle obligatoire ou pas? Schiappa sera-t-elle soutenue par Blanquer?... Par Claude Lelièvre...

Comme le note "Le Monde" d'hier , de nombreux sites s'en prennent à l'intervention faite en juillet sur RMC par la secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa demandant que les "trois séances d'éducation sexuelle par an" prévue par la loi soient effectivement mises en place.

Comme il est indiqué aussi par "Le Monde", "depuis la promulgation, le 3 août, de la loi renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes , de nombreuses intox prolifèrent sur les réseaux sociaux véhiculées par des sites liés à l’extrême droite comme ''La gauche m’a tuer'' ou ''Boulevard Voltaire ''.''Après le temps périscolaire, le temps sexiscolaire »« les pédophiles vont se frotter les mains »…Et "Le Monde" précise à juste titre que la prescription de "trois séances d'éducation sexuelle par an" ne date pas de la loi Shiappa du 3 août 2018. Que dire de ce passé qui passe difficilement?

Un silence de plomb a longtemps prévalu, à l’Ecole comme dans la quasi totalité des familles. Mais à la suite de l’effervescence de mai 68 et des années qui ont suivi ( et en raison notamment de la propagation dans les lycées du tract d’un « Comité d’action pour la libération de la sexualité » animé par le docteur Carpentier, « Apprenons à faire l’amour » ), il n’est alors plus apparu tenable qu’aucune information ou éducation sexuelle ne soit donnée à l’Ecole.

En 1973, le ministère de l’Education nationale dirigé alors par le démocrate-chrétien Joseph Fontanet opère un clivage fondamental entre « l’information sexuelle » (scientifique, intégrée aux programmes, pour tous les élèves) et « l’éducation sexuelle » (facultative, en dehors de l’emploi du temps obligatoire, avec ou sans autorisation des parents selon qu’il s’agit du premier ou du second cycle de l’enseignement secondaire).

Changement radical de principe au début du XXI° siècle. Les dispositions de l’article 22 de la nouvelle loi du 4 juillet 2001 relative à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception complètent le Code de l’éducation par un nouvel article (et il est remarquable que ce soit à l'occasion de cette loi)  : «  une information et une éducation à la sexualité sont dispensées dans les écoles, les collèges et les lycées à raison d’au moins trois séances annuelles ».

La circulaire d’application préparée sous le gouvernement Jospin paraît le 17 février 2003 sous le gouvernement Raffarin, sans modification sensible (ce qui est non moins significatif de ce tournant majeur). La circulaire insiste sur le fait que la loi (du 4 juillet 2001) a désormais « confié à l’Ecole une mission éducative dans le champ bien spécifique de l’éducation à la sexualité ».

« Cette démarche est d’autant plus importante qu’elle est à la fois constitutive d’une politique nationale de prévention et de réduction des risques (grossesses précoces non désirées, infections sexuellement transmissibles, VIH/sida) et légitimée par la protection des jeunes vis-à-vis des violences ou de l’exploitation sexuelles, de la pornographie ou encore par la lutte contre les préjugés sexistes […]. Ces pratiques éducatives impliquent une nécessaire cohérence entre les adultes participant au respect des lois et des règles de vie en commun qui s’exercent aussi bien dans le cadre de la mixité, que de la lutte contre les violences sexistes et homophobes contraires aux droits de l’homme […]. Dans les enseignements, à tous les niveaux, les programmes des différents champs disciplinaires ( tels que la littérature, l’éducation civique, les arts plastiques, la philosophie, l’histoire, l’éducation civique juridique et sociale…) offrent, dans leur mise en œuvre, l’opportunité d’exploiter des textes ou des supports en relation avec l’éducation à la sexualité selon les objectifs précédemment définis ».

On connaît la suite, les ''valses hésitations'' dans les applications effectives et les rebondissements actuels...

Parmi les plus récents, on peut citer le rapport du Haut Conseil à l'égalité paru en juin 2016 (et que j'ai déjà cité dans un billet paru sur Médiapart le 21 novembre 2017): "l’impulsion donnée fin 2012/début 2013 sur l’éducation à l’égalité est de courte durée, freinée par les mobilisations réactionnaires contre l’ouverture du mariage aux couples de même sexe dans un premier temps, puis contre la sensibilisation à l’égalité filles-garçons et l’éducation à la sexualité [...]. Les mots d’ordres sont divers et rejettent la déconstruction des stéréotypes sexistes et de l’hétéronormativité [...] Dès le mois de décembre, le dispositif « ABCD de l'égalité » fait l’objet de rumeurs infondées et mensongères via messages SMS et sur les réseaux sociaux, appelant à une « journée de retrait » (JRE) des enfants de l'école, une fois par mois [… ]. Ces « JRE » auront surtout un impact politique : le 25 juin 2014, quelques jours avant la publication du rapport d'évaluation produit par l’IGEN, Benoît Hamon annonce que les ABCD de l’égalité seront remplacés par un plan d'action pour l'égalité filles-garçons à l'école. Ce revirement est vécu comme un recul, aussi bien par les syndicats d’enseignant.e.s et de lycéen.ne.s que par les associations de terrain, qui vient délégitimer le rôle de l’école sur cette question ».

Le ministre actuel de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer fera-t-il preuve de la détermination nécessaire en soutien de la Secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa? A suivre...

Claude Lelièvre

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Aquarius : tout nous oblige...

15 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Refugies

Aquarius : tout nous oblige...

C’était prévisible. Écrit. Cela a eu lieu. Le navire de sauvetage en mer Aquarius, affrété par les ONG « Sos Méditerranée » et « Médecins sans frontière », a dû à nouveau quémander auprès des Etats européens un port d’accueil pour les 141 réfugiés à son bord.

141 personnes, pour plus de la moitié des enfants, dont la majorité vient de Somalie et d’Erythrée faisant d’elles des réfugiés de guerre. 141 personnes qui ont fui la mort, qui ont tout risqué dans des embarcations de misère et qui, à peine sauvées par l’équipage de l’Aquarius, se sont vu errer aux frontières d’un continent de 500 millions d’habitants…

Quelle image l’Europe a-t-elle donnée d’elle même avec ses dirigeants fermant leurs ports et en même temps faisant assaut médiatique de leur humanité ? L’incurie des gouvernements et de l’Union européenne doit cesser.

Le Gouvernement français discute avec des Etats membres, nous a-t-on d’abord dit. Puis, après que Pedro Sanchez, à la tête d’un gouvernement progressiste en Espagne fort de son action de juin dernier, s’est employé à débloquer une situation qui était verrouillée, nous avons appris que la France accueillerait finalement 60 de ces réfugiés. Si c’est un soulagement, comment ne pas voir que le président de la République a, une nouvelle fois, refusé d’ouvrir nos ports ? Comment oublier qu’il y a quelques semaines, déjà confronté à la même tragique situation, le président de la République avait invoqué le droit maritime pour se défaire de ses responsabilités et refuser de venir en aide ? Comment ne pas être atterrés lorsqu’aujourd’hui ce sont la droite et l’extrême droite de notre pays qui, dans un mimétisme peu surprenant, reprennent ce faux argument du droit maritime pour justifier à leur tour leur refus d’accueillir ces réfugiés ? Ainsi, cela aurait été à la Tunisie de recevoir l’Aquarius alors que le pays des droits de l’Homme serait resté les bras ballants…

Ce n’est plus tolérable. Le gouvernement français, comme tous ceux qui choisissent l’inertie et la fermeture, qui multiplient les signaux contradictoires pour refuser d’assumer nos devoirs, qui nient la nécessité de s’organiser durablement, deviennent les complices tant de ces drames que des inacceptables discours nationaux populistes. Ceux-là mêmes qui fleurissent actuellement en Europe, ceux-là mêmes qui sont tenus en Italie et qui se nourrissent d’une absence d’accueil équitable, organisé, justement réparti.  Pour tuer les fantasmes de submersion, de petits Calais qui se multiplieraient partout, il faut en finir avec les improvisations successives.

Ce que les tenants du refus veulent éviter à tout prix, c’est un précédent. Et bien justement, parce qu’il y aura d’autres Aquarius, nous, élus socialistes, nous entendons construire ce précédent. Sciemment. De façon réfléchie et organisée car c’est ce précédent qui ouvrira la route à une réponse pérenne. Nous n’acceptons pas de détourner le regard et de laisser les extrémistes et les populistes pérorer.

C’est désormais à l’Europe de se hisser à la hauteur des enjeux. C’est donc aux gouvernements qui entendent la défendre de prendre des initiatives. Il ne s’agit plus de trouver une solution à la crise du jour par une répartition aléatoire de l’accueil reposant sur le bon vouloir ponctuel de quelques Etats comme cela a été le cas. Il ne s’agit pas davantage de maintenir le système né de l’accord de Dublin qui fait reposer sur quelques pays une réponse qui doit être collective. Non.

Une liste de ports de destination, situés dans plusieurs pays du bassin méditerranéen et équipés à dessein, doit être arrêtée. Une proposition ambitieuse de répartition des demandeurs d’asile entre pays de l’Union doit enfin être lancée. Une réponse concertée, systémique et solidaire doit être mise en œuvre sans autre délai.

Dans cette réponse, l’ensemble des collectivités, les associations, les citoyens doivent prendre et prendront toute leur part. Aujourd’hui, nous appelons le chef de l’État à porter une voix forte et ambitieuse à l’échelle européenne, et le gouvernement à saisir enfin la main que nous lui tendons depuis des mois pour organiser dignement et efficacement la réponse à cette crise migratoire dans nos territoires.

Ce macabre feuilleton doit prendre fin. Responsabilités politiques, obligations légales, impératifs moraux, inaliénable fraternité, tout nous oblige.

Le temps est venu d’être à la hauteur.

Premiers signataires :

Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste

Nathalie Appéré, maire de Rennes

Martine Aubry, maire de Lille

Michel Bisson, président délégué de Grand Paris Sud et maire de Lieusaint

Romain Colas, maire de Boussy-Saint-Antoine

François Cuillandre, maire de Brest

Jean-François Debat, maire de Bourg-en-Bresse

Carole Delga, présidente de la région Occitanie

Sylvie Guillaume, députée européenne

Anne Hidalgo, maire de Paris

Pierre Jouvet, président de Porte DrômeArdêche

Matthieu Klein, président du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle

Stéphane Le Foll, maire du Mans

François Rebsamen, maire de Dijon

Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy, présidente de la délégation socialiste française au Parlement européen

Johanna Rolland, maire de Nantes

Stéphane Troussel, président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis

Boris Vallaud, secrétaire national à l’Europe

Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre

Sébastien Vincini, conseiller départemental de la Haute-Garonne

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Coup de coeur... Achille Mbembe...

13 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Histoire, #Littérature

Comme le soulignait Simone Weil, « la colonisation commence presque toujours par l’exercice de la force sous sa forme pure, c’est-à-dire par la conquête. Un peuple, soumis par les armes, subit soudain le commandement d’étrangers d’une autre couleur, d’une autre langue, d’une tout autre culture, et convaincus de leur propre supériorité. Par la suite, comme il faut vivre, et vivre ensemble, une certaine stabilité s’établit, fondée sur un compromis entre la contrainte et la collaboration ». Révisionnisme oblige, l’on prétend aujourd’hui que les guerres de conquête, les massacres, les déportations, les razzias, les travaux forcés, la discrimination raciale institutionnelle, les expropriations et toutes sortes de destructions, tout cela ne fut que la « corruption d’une grande idée » ou, comme l’expliquait autrefois Alexis de Tocqueville, des « nécessités fâcheuses ».

Réfléchissant sur la sorte de guerre que l’on peut et doit faire aux Arabes, le même Tocqueville affirmait : « Tous les moyens de désoler les tribus doivent être employés. » Et de recommander, en particulier, l’interdiction du commerce et le « ravage du pays » : « Je crois, dit-il, que le droit de guerre nous autorise à ravager le pays et que nous devons le faire soit en détruisant les moissons à l’époque de la récolte, soit tout le temps en faisant des incursions rapides qu’on nomme razzias et qui ont pour objet de s’emparer des hommes ou des troupeaux. » Comment s’étonner, dès lors, qu’il finisse par s’exclamer : « Dieu nous garde de voir jamais la France dirigée par l’un des officiers de l’armée d’Afrique ! » La raison en est que l’officier qui « une fois a adopté l’Afrique et en a fait son théâtre contracte bientôt des habitudes, des façons de penser et d’agir très dangereuses partout, mais surtout dans un pays libre. Il y prend l’usage et le goût d’un gouvernement dur, violent, arbitraire et grossier ».

Telle est, en effet, la vie psychique du pouvoir colonial. Il s’agit, non pas d’une « grande idée », mais d’une espèce bien déterminée de la logique des races au sens de traitement, contrôle, séparation des corps, voire des espèces. Dans son essence, il s’agit d’une guerre menée non contre d’autres personnes humaines, mais contre des espèces différentes qu’il faudrait, au besoin, exterminer. C’est la raison pour laquelle des auteurs tels que Hannah Arendt ou Simone Weil ont pu, après avoir examiné en détail les procédés des conquêtes et de l’occupation coloniales, conclure à une analogie entre ceux-ci et l’hitlérisme. L’hitlérisme, dit Simone Weil, « consiste dans l’application par l’Allemagne au continent européen, et plus généralement aux pays de race blanche, des méthodes de la conquête et de la domination coloniales y ». Et de citer, à l’appui de sa thèse, les lettres écrites par Hubert Lyautey depuis Madagascar et le Tonkin.

Que, sur le plan culturel, l’ordre colonial ait été marqué de bout en bout par ses ambiguïtés et ses contradictions est indiscutable. La médiocrité de ses performances économiques est aujourd’hui largement admise.  

Achille Mbembe - Sortir de la grande nuit

Lire aussi "Politique de l'inimitié"

 

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Joan Baez... Ma gauche...

13 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Musique

Joan…

https://youtu.be/aXaqKCDGN28

(Après cette lecture, vous pouvez écouter Joan Baez… En boucle… « Diamonds and Rust » pour commencer…)

Un jour, ma mère a posé un disque, un vinyle, sur le tourne-disque. Je devais avoir huit ou neuf ans. Je me souviens très bien ce jour-là. La porte du couloir donnant sur le jardin encore fleuri en ce mois de septembre marocain était grande ouverte. Ouverte aussi, la fenêtre de ma chambre où je jouais sur l’épais tapis acheté à Fès par mes parents – il était d’un bleu que Braque aurait aimé avec ses quelques parements noirs à chaque angle – offrait au vent la possibilité de rafraîchir la maison. Accompagnant cette caresse, j’ai alors entendu la voix d’une femme. Cette voix allait accompagner ma vie pendant un demi-siècle.

Joan… Joan Baez… Je ne savais rien de ses combats ce jour de septembre. Je ne savais rien de ses amours avec un certain Bob Dylan… Je ne savais rien d’autre que le son de sa voix qui avait arrêté mes jeux d’enfant. J’écoutais. Émerveillé. Sidéré. Je ne savais pas encore que cinquante-deux ans plus tard j’en parlerai, en écoutant « Sad-Eyed Lady Of The Lowlands »… Je ne savais pas que Joan allait accompagner ma vie… Je ne savais pas que Joan allait provoquer mes prises de conscience adolescentes… Je ne savais pas que Joan me ferait pleurer en chantant « Sag mir wo die blumen sind » ou « Where are the flowers gone »… Je ne savais pas qu’un jour, au lycée de Bagnères-de-Bigorre où je passais le mois de juillet à approfondir mon anglais, je découvrirai « Here’s to you » en embrassant Héléna, vénézuélienne de mon âge – quinze ans – avec qui j’approfondirai beaucoup plus l’art du baiser que celui de la langue de Shakespeare.

Joan Baez, c’est la gauche. C’est ma gauche… Au-delà de l’artiste, il y eut et il y a toujours ses engagements. Ce sont les miens. A vingt-et-un ans, elle fait la « Une » de Time Magazine ! Pacifiste. Écologiste avant tout le monde. Jamais dans la nostalgie de ce qui fut en croyant que « c’était mieux avant ». Soucieuse de ceux qui souffrent. Ecoutant son cœur parce que c’est là que se trouve sa conscience. Que se trouvent nos consciences bien davantage que dans les discours des donneurs de leçons technocratiques. Anti raciste évidemment. Toujours opposée mais toujours « proposante ». Ma gauche…

J’ai écouté Joan Baez assis sur le tapis de ma chambre. Ma mère fredonnait dans un anglais qu’elle ne comprenait pas. Je me souviens de la chanson… « Farewell Angelina »…

J’aimerais tant un jour te faire découvrir cette femme… Son timbre est aujourd’hui plus fragile… Mais la force est là. Toujours… Elle, une guitare, une voix…

Le vent frais traversait la maison de part en part…

Comme me transperça cette voix, un jour de septembre, au Maroc…

Je n’ai jamais retiré la flèche !

Christophe Chartreux

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Les '' humanités classiques'' dans le ''bac'' de Blanquer : on y perd son latin... Par Claude Lelièvre...

13 Août 2018 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Politique

Les '' humanités classiques'' dans le ''bac'' de Blanquer : on y perd son latin... Par Claude Lelièvre...

Y aurait-il une disparition programmée du latin et du grec à l'occasion de la détermination par Jean-Michel Blanquer du futur baccalauréat général ? Certains n'hésitent pas à l'affirmer, même si l'on est plutôt dans le ''flou artistique'' ( ''humaniste'' ? )

Alain MORVAN @ajfmorvan (ancien recteur des académies de Clermont-Ferrand, Amiens et Lyon, ancien président du Directoire des PUF) sur twitter : "Grec et latin disparaissent du bac. Et beaucoup me prenaient pour un illuminé, un rabat-joie, lorsque je criais à la catastrophe dès le jour de la nomination de @jmblanquer ! »

A vrai dire, cela n'est pas si net que cela si on se réfère à la présentation des horaires futurs du lycée d'enseignement général et à l'énumération des épreuves prévues qui apparaissent sur le site du MEN.

Voir ci-dessous pour avoir le tableau des horaires et des spécialités

« Le baccalauréat 2021 reposera pour une part sur un contrôle continu et pour une autre part sur des épreuves terminales. L'épreuve anticipée écrite et orale de français se déroulera comme aujourd'hui en fin de première. En terminaledeux épreuves écrites portant sur les enseignements de spécialité auront lieu au printemps et deux épreuves se dérouleront en juin : l'écrit de philosophie et l'oral préparé au long des années de première et terminale (cycle terminal). Le contrôle continu sera composé d'épreuves communes organisées pendant le cycle terminal ».

On le voit, parmi les 12 ''spécialités'' proposées au choix (3 à prendre en première, 2 en terminale), il existe une spécialité « Littérature, langues et cultures de l'Antiquité » (4 heures hedomadaires en première, 6 heures en terminale). Et il est dûment prévu « deux épreuves écrites portant sur les enseignements de spécialité » choisies en terminale.

On ne peut donc affirmer tout de go que « le grec et le latin disparaissent du bac ». Mais il est vrai que l'on ne sait pas quel sera effectivement leur place dans le conglomérat « Littérature, langues et cultures de l'Antiquité », sans compter que le choix de cette spécialité a de fortes chances d'être très minoritaire si l'on en juge par ce qui se passe déjà actuellement.

Quand il y a du ''flou'', y a-t -il un '' loup'' ?

Claude Lelièvre

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Education - A Lire... La Riposte - Pour en finir avec le miroir aux alouettes... (Sortie le 29 août)

7 Août 2018 , Rédigé par Ed Autrement Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

La Riposte

La Riposte

Pour en finir avec le miroir aux alouettes

Chaque gouvernement charrie avec lui son lot de remèdes miracles pour réformer l'École : dédoublement des classes, méthode syllabique, semaine de quatre jours, réforme du baccalauréat, rétablissement de l'autorité, etc.

Pêle-mêle, on invoque les neurosciences et les évaluations internationales, le bon sens de Descartes et la pédagogie de Maria Montessori.
 
Afin d'y voir plus clair, Philippe Meirieu s'interroge : quels enfants voulons-nous former? Pour quel monde? Et comment faire en sorte que l'École de la République tienne sa promesse de justice et de solidarité?

Essais et documents

À paraître le 29/08/2018

Genre : Essais
304 pages - 135 x 211 mm
 
Format poche
 
EAN : 9782746747579 
 
ISBN : 9782746747579

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Robin Renucci : « La politique présidentielle affaiblit délibérément le ministère de la culture »...

7 Août 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Culture, #Politique

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EXTRAITS 

Dans une tribune au « Monde », l’acteur et huit autres représentants d’associations culturelles estiment que le président engage « une politique de retrait de sa présence sur les territoires ». 

Tribune. Malgré les déclarations de Madame la ministre de la culture, Françoise Nyssen, appelant, en juillet, les différents ministères à travailler de concert pour mettre en place une politique publique des arts plus engagée au service de la création et de l’équité territoriale, nous restons particulièrement critiques vis-à-vis des orientations mises en œuvre par le président de la République et son exécutif. Les signaux qu’envoient Emmanuel Macron et son premier ministre Edouard Philippe sont révélateurs de la manière dont ils entendent conduire la réforme du service public, et en particulier celui de la culture. Il nous apparaît clairement que le président ne croit plus suffisamment en une gouvernance qui s’appuie sur les institutions de la République. Ainsi, il n’a de cesse de délégitimer l’action de son propre ministère de la culture, diminuant progressivement son périmètre d’action, externalisant certaines de ses missions, réduisant les effectifs du cabinet de sa ministre, tout en procédant, en parallèle, depuis l’Elysée, à la nomination discrétionnaire de chargés de missions qui pilotent en coulisses la réforme de son administration et repensent sa politique. 

(...)

 

Entreprise de démolition

Ceci n’est pas notre projet. Nous attendons de notre président plus de créativité que cette entreprise de démolition aux bras faussement musclés. Nous pensons qu’une autre politique est possible et que la place prépondérante du ministère de la culture, de ses structures, de ses outils et des artistes doit être réaffirmée dans la construction du modèle sociétal de la France.

Plutôt que de poursuivre une réforme de la politique culturelle inspirée d’un modèle économique éculé et sans perspective, il est grand temps que le président de la République fasse la démonstration de sa capacité à penser un projet ambitieux dans lequel il revendiquerait l’importance de la place de l’art et de la création dans le projet d’ensemble de la société. L’organisation d’un chantier interministériel, idée portée notamment par le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles, pourrait être une proposition symboliquement forte et innovante. Centrée autour du ministère de la culture, elle prendrait en considération la dimension transversale de la question culturelle, qui n’impacte pas uniquement le champ d’action du ministère. Plutôt que d’affaiblir celui-ci, l’exécutif devrait urgemment le renforcer dans ses attributions fondamentales et en faire le pivot de sa politique. C’est là désormais qu’est la modernité.

Dans ce cadre, l’ouverture d’un chantier interministériel permettrait de faire émerger la parole d’un Etat respectueux de l’équité sur les territoires, qui pense l’art et la culture comme la colonne vertébrale d’un projet de cohésion sociale et éducative. Ce chantier, nous l’avons proposé et entamé avec notre ministre de la culture, mais c’est au président de la République et au premier ministre de porter ce projet et de donner cet élan qui contribuera à la transformation de la société française. Nous attendons d’eux qu’ils interrompent leur entreprise de contournement et de démolition du ministère de la culture et qu’ils s’engagent à nos côtés sur la voie de la construction d’une politique culturelle véritablement innovante.

Signataires : Joris Mathieu, Robin Renucci, Carole Thibaut, pour l’Association des centres dramatiques nationaux (ACDN). Solenne Racapé, Alban Richard, pour l’Association des centres chorégraphiques nationaux (ACCN). Christian Sebille, pour l’Association des centres nationaux de création musicale (ACNCM). Philippe Le Gal, pour Territoires de Cirque. Céline Bréant, Daniel Favier, Joëlle Smadja, pour l’Association des centres de développement chorégraphique nationaux (ACDCN).

La tribune est à lire ci-dessous dans son intégralité

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Coup de coeur... Najat Vallaud-Belkacem...

5 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature, #Politique

EXTRAITS

"Le jour de l'examen, le grand jour, je ne suis pas près de l'oublier. Mon père m'a accompagnée de bout en bout. Nous sommes partis de la maison vers quatre heures du matin, ma mère avait préparé un petit déjeuner, et des provisions pour un voyage gigantesque, et elle m'a embrassée comme si j'étais perdue. C'est vrai que je n'en menais pas large. Dehors il faisait froid encore, nous avons pris le bus jusqu'à la gare d'Amiens, puis le train jusqu'à la gare du Nord. Enfin nous avons pris le RER, jusqu'à la Maison des examens d'Arcueil.

Mon père m'a attendue toute la journée, pas loin, dans un café. Nous sommes rentrés épuisés, presque sans un mot. Je n'y croyais pas trop, mais l'aventure m'avait semblé osée et joyeuse. Comment dire : j'avais découvert une école qui me tentait. Je crois que j'avais fait le pas le plus difficile : convaincre mes parents ; m'inscrire, bien que mes chances m'aient semblé nulles ; passer les frontières symboliques et géographiques. Et j'ai visité Paris par le métro… Un peu Zazie, oui, c'est vrai. "

(...)

"La société est traversée d'intérêts contradictoires, et chacun d'entre nous, en dépit de ses convictions politiques, l'est aussi et peut être tenté de se mentir afin de privilégier les siens. Il y a, la journée, des femmes et des hommes qui défendent avec la plus grande ardeur et conviction le principe de mixité sociale à l'école et qui, le soir venu, trouvent une bonne raison d'écrire un mail ou un texto à la ministre de l'Education pour justifier une exception à accorder en faveur du fils ou du petit cousin.

(...)

"[...] être ministre de l'Éducation, c'est d'abord veiller à ce qu'à l'école, chacun se construise un destin, accompagné avec bienveillance. Effectivement, une ambition pareille, qui suppose de former les enseignants à la différenciation pédagogique et d'en multiplier le nombre pour réduire d'autant les effectifs d'élèves, c'est moins vendeur que de clouer au pilori tout un système à coups de formules définitives et de promesses de raser la rue de Grenelle.

Et puis, c'est tellement plus exigeant que les diatribes contre ce collège qui n'a pas vocation, bien sûr, à accueillir tous les enfants de France…(comme) ce petit dernier qui, on ne sait trop pour quelle raison, à onze ans, n'a pas accroché à l'entrée en sixième [...]. Quoi ? Il va empêcher les autres de réussir ? Il va falloir le sacrifier pour permettre à d'autres, 'plus méritants', de continuer leur route ? Sérieusement ? On n'a pas le temps, madame la Ministre, pas les moyens de l'accompagner parce que toutes les heures supplémentaires attribuées à l'établissement sont utilisées pour faire fonctionner de petites classes destinées aux meilleurs auxquels on donnera plus, toujours plus."

Najat Vallaud-Belkacem - La Vie a plus d'Imagination que toi 

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Politique - Et si nous parlions des véritables enjeux?...

4 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

Politique - Et si nous parlions des véritables enjeux?...

La gauche en général, le Parti Socialiste en particulier, doivent - et le plus tôt sera le mieux, laisser de coté l'écume de l'actualité pour plonger dans la houle de la réflexion. A moyen et long terme.

Il est désormais urgent de lancer les chantiers - liste non fermée - suivants, tous de la même importance, de les imposer dans le débat public:

*les enjeux écologiques et environnementaux (enjeux climatiques et leurs conséquences. L'importance grandissante que vont prendre les conflits liés à la maîtrise de l'eau dans les pays du Tiers-Monde mais pas seulement. Nous serons touchés aussi);

*Les enjeux liés à nos manières de nous déplacer;

*Les "crises" migratoires;

*Les enjeux d'une éducation renouvelée de fond en comble (les "réformes" éducatives actuelles ne s'incrivent que sur le court-terme électoraliste, populiste! Les "débats" actuels sur le téléphone, le prédicat ou la formation continue me mettent hors de moi!);

*Le rôle d'une Union Européenne à reconstruire. Comment? Avec qui? Pour quoi faire? Vers quelles relations avec les Etats-Unis et la Chine?

*Revivifier les démocraties par les solidarités citoyennes par exemple. A partir de quel pourcentage d'abstention allons-nous commencer à nous inquiéter?

*Quels outils donner à l'Etat de demain pour rendre des services aux citoyens?

*La démocratie,  mais quelle démocratie quand tant de citoyens en sont exclus ou s'en excluent par rejet/dégoût/etc?

*Les enjeux de la laïcité;

*Le rôle des médias;

*Vers quelles intelligences artificielles et pour QUOI faire?

*La santé publique et les questions éthiques;

*Capitalisme ou économie de partage?

*"Start-up nation": solution ou risque majeur?

* La politique? Une nécessité... Le débat? Une valeur...

Et j'en oublie...

L'affaire Benalla n'a aucun autre intérêt que révéler la médiocrité d'un pouvoir incapable de se projeter. Il ne suffit pas d'hurler des incantations un soir de meeting électoral, il ne suffit pas de répéter des éléments de langage comme autant de mantras, pour conduire un pays, accompagner une nation vers la santé, le travail, l’éducation, la citoyenneté, l’innovation…

Chacun d'entre nous, sur le terrain, doit s'engager, s'emparer de ces sujets, les nourrir de réflexions lors de réunions publiques, dans les associations, les partis politiques, en famille, partout...

C'est sur le terrain, dans le quotidien des "gens", que nous imposerons des idées autrement plus neuves, et surtout utiles au plus grand nombre, que celles proposées aujourd'hui.

Christophe Chartreux

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