Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

politique

"Amish" - Quand à l'abaissement du débat politique s'ajoute la ringardise présidentielle...

16 Septembre 2020 , Rédigé par Libération Publié dans #Politique, #Environnement

"Amish" - Quand à l'abaissement du débat politique s'ajoute la ringardise présidentielle...

Ringardise

Avant-hier, les «chevelus en sandales et pulls qui grattent». Hier, les «Khmers verts», les «ayatollahs de l’écologie». Désormais… les «amishs». En voilà une trouvaille subtile et inventive qu’a dégotée Emmanuel Macron pour moquer les élus EE-LV et de gauche mobilisés pour réclamer un moratoire et un débat sur le déploiement de la 5G.

Certes, les Verts ont l’habitude de servir d’épouvantails obscurantistes, d’être taxés de dangereux décroissants, de végans excités, d’austères dépourvus du sens de la fête (voir l’épisode de feu le sapin de Noël bordelais). La tactique est éculée, à défaut d’être constructive. Car Emmanuel Macron, chantre de la «pensée complexe», ne s’est pour le coup pas foulé. Refuser en bloc une innovation technologique est un peu court. Mais y voir un bienfait au seul motif que c’est une innovation, est-ce ainsi que l’on remporte la palme de la modernité ? Est-ce avoir fait le tour de la notion de progrès ?

Ses opposants lui ont renvoyé ses compliments de ringardise et de posture. Que Macron veuille en découdre avec ses adversaires verts en les cornérisant dans une «écologie du moins» face à ce qui serait une «écologie du mieux» est une chose. Mais c’est vite oublier la parole donnée en juin à la Convention citoyenne pour le climat. Ces 150 personnes auxquelles le Président savait gré de «tourner le dos au modèle de la décroissance», et dont il promettait de retenir les propositions, sauf trois d’entre elles. Leur demande d’un moratoire sur la 5G ne figurait pas parmi ces «jokers».

Discréditer l’émetteur est par ailleurs commode pour se débarrasser de son message. Sans opposer d’emblée un «niet» à la 5G, de multiples questions méritent pourtant d’être posées, dans le calme et, de part et d’autre, sans oukase. Son impact environnemental d’abord ; son utilité sociale (à ce titre, la cantonner au visionnage de «pornos en HD dans un ascenseur», dixit Eric Piolle, était aussi un raccourci) ; la priorité de franchir ce cap quand il faudrait déjà en finir avec les zones blanches ; ses enjeux de souveraineté et de sécurité ; ses risques sanitaires.

Dans la même intervention - sans risques, devant un parterre de startuppeurs de la French Tech -, Macron a eu beau jeu d’en appeler à un «débat éclairé». Le voilà bien parti. Pour en poser le cadre, peut-être eut-il fallu éviter d’emblée de se ranger du côté de la France «des Lumières» contre les tenants du «retour à la lampe à huile». Conseil d’amish.

Laure Equy

Lire la suite

A lire... Confusions - Marie Tanguy... Une ex plume d'E Macron parle... "Quand ils parlaient de la classe moyenne et en ricanaient, c’est comme s’ils parlaient de ma mère."

14 Septembre 2020 , Rédigé par Vice Publié dans #Politique

A lire... Confusions - Marie Tanguy... Une ex plume d'E Macron parle... "Quand ils parlaient de la classe moyenne et en ricanaient, c’est comme s’ils parlaient de ma mère."

Avec l'ancienne plume de Macron qui a démissionné après un burn-out

Dans son livre, Marie Tanguy raconte un rêve qui s'est transformé en cauchemar, celui de travailler comme plume d'Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle de 2017.

Après avoir lu le récit de Marie Tanguy, on s’imagine une femme endurcie par la politique qui lui a fait tant de mal. La réalité est tout autre. Lorsque j’arrive dans le café où nous avons rendez-vous, sa jeunesse me frappe. Plus tard, elle me confiera qu’on la confond souvent avec la baby-sitter quand elle va chercher sa fille à la crèche. Pour me saluer, elle se lève précipitamment, faisant tomber son sac à dos qui s’écrase bruyamment contre le sol.

Trente-trois ans ? J’aurais parié qu’elle avait moins. Ses grands yeux qui ont, un jour, été cernés de noir me sourient. Son débardeur laisse entrevoir deux larges tatouages sur ses bras. C’est la première interview qu’elle donne pour la promotion de son livre : « Je suis un peu stressée » avoue-t-elle. Posé sur la table à côté d’un expresso, son livre Confusions s’apprête à sortir en librairie. Elle y raconte son ancienne vie de plume pour Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle de 2017.

« Politiquement, j’y croyais très fort. J’ai vu en Macron quelque chose qu’il n’était pas »

Après plusieurs années à écrire les discours de la CFDT, elle décide d’abandonner un travail qu’elle adore pour embarquer pour la campagne de Macron, candidat auquel elle croit. « Politiquement, j’y croyais très fort. J’ai vu en Macron quelque chose qu’il n’était pas. J’ai été séduite par son intelligence, la cohérence de ses propos. Il avait des mots qui résonnaient très fort en moi. Il parlait d’émancipation et disait qu’il voulait rendre le pouvoir à ceux qui font. » Le candidat lui fait beaucoup penser à Rocard. Mais elle se trompe et le réalise très vite.

Marie Tanguy se retrouve parachutée dans l’un des services les plus importants de la campagne : le pôle Idées. Dans un bureau de 11m², ses collègues et elle préparent d’arrache-pied le programme à la virgule près. La jeune femme s’occupe avec d’autres des discours du futur président de la République. Toute son équipe travaille 7 jours sur 7 et ne termine jamais avant 1 heure du matin. Rapidement, elle commence à se comparer à ses collègues qui malgré la fatigue restent toujours aussi brillants. À l’inverse d’eux, chaque discours que doit faire Marie Tanguy est délicat, chaque mot est une souffrance et sort avec difficulté.

(...)

... "Quand ils parlaient de la classe moyenne et en ricanaient, c’est comme s’ils parlaient de ma mère."

Justine Reix

Suite et fin en cliquant ci-dessous
Lire la suite

Je crois au socialisme comme "écologie politique"...

9 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

Je crois au socialisme comme "écologie politique"...
Longtemps, je me suis toujours « senti de gauche » sans jamais adhérer à un parti. Trop occupé sans doute par mes activités sportives dans le monde associatif. Trop libre aussi… Cette impossibilité de me laisser enfermer dans une « ligne », un cadre. Pas d’injonctions. Pas de carte. Pas d’idéologie.
 
Puis vinrent 2006 et Ségolène Royal. La « démocratie participative ». J’ai été séduit. D’autres rencontres, magnifiques - Najat Vallaud-Belkacem - vont me rapprocher du Parti Socialiste. Que je n’ai plus quitté. Encore moins aujourd’hui, dans la difficulté.
 
Je crois au socialisme. Et au Parti Socialiste. Je n’y crois pas comme on « croit » en tel ou tel dieu. J’y crois parce que le socialisme existe, qu’il a un avenir et que le parti socialiste, qu’il soit de Jaurès ou d’Olivier Faure en passant par toutes ses grandes figures, doit se relever et se relèvera lorsque les Français en auront fini avec la sidération macronienne. Fin en cours…
 
Non, le socialisme n'est pas mort!
 
Il se relèvera d'une lourde chute, surtout, lorsqu’il saura proposer – et cela ne se construit pas en un jour – d’autres vies à imaginer. À réaliser !
 
Le macronisme est un simulacre, un « neutre » mortellement ennuyeux, un conformisme comme on en a rarement connu, une accumulation d’images généreusement offertes aux citoyens priés d’être spectateurs, un piège à émotions, une « startupisation » générale à marche forcée. Un château de cartes biseautées. Le macronisme se résume en une phrase :
 
«La droite en rêvait. Macron l’a fait »
 
Nous n'en avons pas fini avec la méchanceté du quotidien, l’indifférence des hommes devant leur propre folie, la condamnation des différences au nom des certitudes… Tout ce que le socialisme doit combattre, non pas pour un « égalitarisme » caricaturalement dénoncé par les réactionnaires de tout poil, mais pour faire triompher les valeurs de progrès humain. Elles sont inscrites aux frontons de toutes les mairies de France :
 
Liberté – Egalité – Fraternité - Laïcité… C’est pourtant simple !
 
Loin, très loin du communautarisme des élites !
 
Loin, très loin de la dénonciation paresseuse d’une « bien pensance de gauche » !
 
Loin, très loin du ruissellement devenu évaporation, des premiers de cordée qui se contrefichent des derniers!
 
Loin, très loin des thèmes soudainement imposés comme le dernier en date, la "sécurité" justifiée (?) par l' "ensauvagement", mot abject sorti du chapeau d'un médiocre Ministre de l'Intérieur, conseillant un Président déjà candidat à sa réélection!
 
Contre tout cela, rien ne me fera dévier de ma ligne de conduite: le socialisme pour offrir aux collectifs la possibilité de "prendre le pouvoir". Le pouvoir de faire, le pouvoir d'agir, le pouvoir de résoudre, le pouvoir de transmettre... 
 
Une écologie politique...
 
Christophe Chartreux
Lire la suite

Emmanuel Macron ou la « République de droite »

6 Septembre 2020 , Rédigé par Nos Lendemains Publié dans #Politique

Emmanuel Macron au Panthéon pour célébrer "150 ans en République" le 4 septembre 2020 - Capture vidéo Nos Lendemains.

Emmanuel Macron au Panthéon pour célébrer "150 ans en République" le 4 septembre 2020 - Capture vidéo Nos Lendemains.

EXTRAIT

Le Président Macron a prononcé un discours ce vendredi 4 septembre au Panthéon, discours supposé célébrer les 150 ans de la proclamation de la République par Léon Gambetta, un 4 septembre 1870.

Ce moment solennel fut aussi l’occasion de transmettre quelques messages politiques plus actuels, ceux-ci passant en revue la « République sociale », le « séparatisme » et la « sécurité ».

Comme le rappelle Vincent Martigny, interrogé par le journal Le Monde en date du 5 septembre:

« Parler de la République en France, c’est une formule convenable pour parler d’identité politique, ce ne sont pas des discours neutres. C’est préparer la présidentielle« .

En écoutant Emmanuel Macron, bien des passages ont du faire sursauter. Le candidat Macron puis le Président de plus en plus candidat à sa propre succession, sur ce sujet de la République comme celui de la laïcité, a eu des prises de position pour le moins « élastiques », tellement qu’elles enveloppent l’attitude du Chef de l’Etat dans un flou manié avec maestria. Hélas.

Une phrase – par exemple – a beaucoup surpris:

« On ne choisit jamais une part de France. On choisit la France« .

Rien n’est plus faux!

(...)

Christophe Chartreux

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Festival des Idées - Crise : qui doit payer l'addition ? Avec Najat Vallaud-Belkacem (entre autres)

5 Septembre 2020 , Rédigé par Festival des Idées Publié dans #Economie, #Politique

Festival des Idées - Crise : qui doit payer l'addition ? Avec Najat Vallaud-Belkacem (entre autres)

Crise : qui doit payer l'addition ?

Carte blanche de Regards.

Intervenants

Manon Aubry
Gilles Finchelstein
Aurore Lalucq
Aurélie Trouvé
Najat Vallaud-Belkacem
Animateur
Pierre Jacquemain
Ce débat abordera notamment la question de la fiscalité, de la relance par le soutien aux entreprises, aux citoyens, etc.
Date: 5 septembre 14h30 - 16h
Festival des Idées - Crise : qui doit payer l'addition ? Avec Najat Vallaud-Belkacem (entre autres)
Lire la suite

Mon stage de 3ème à Valeurs actuelles (Vidéo)

31 Août 2020 , Rédigé par France Inter Publié dans #Politique

Lire la suite
Lire la suite

"S’adapter", nouvel horizon du libéralisme ? avec la philosophe Barbara Stiegler (vidéos)

12 Août 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Politique, #Philosophie

A lire:

« Il faut s’adapter ». Sur un nouvel impératif politique, de Barbara Stiegler, Gallimard, « NRF Essais », 334 p., 22 €.

Lire un extrait en suivant le lien ci-dessous

https://flipbook.cantook.net/?d=%2F%2Fwww.edenlivres.fr%2Fflipbook%2Fpublications%2F475934.js&oid=3&c=&m=&l=&r=&f=pdf

Lire la suite

Débat public - "Le drame de notre temps, c'est que la bêtise se soit mise à penser"...

2 Août 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Médias

Débat public - "Le drame de notre temps, c'est que la bêtise se soit mise à penser"...
Mis à jour le 4 août
"Nous étouffons parmi les gens qui croient avoir absolument raison, que ce soit dans leurs machines ou dans leurs idées. Et pour tous ceux qui ne peuvent vivre que dans le dialogue et l'amitié des hommes, ce silence est la fin du monde".
Albert Camus, Le Siècle de la Peur (Combat, 1948)
Le débat public est d'une affligeante médiocrité. Tout le monde ou presque en est d'accord. Y compris celles et ceux organisant ces joutes verbales vues bien plus qu'entendues car devenues spectacles - ne parle-t-on  pas de "talk show" - "machines à buzz et à clash" interdisant tout débat digne de ce nom. Les sujets traités sont les mêmes de plateaux télés en matinales radios et sont rarement ceux qu'il conviendrait de développer. Ils "font" l'actualité, surfent sur l'immédiateté ou sont feuilletonnés jusqu'à l'épuisement, jusqu'au sujet qui viendra remplacer le précédent.
Il en a toujours été ainsi pourrait-on dire. Non. L'actualité, depuis l'avènement de l'information dite "en continu" et des réseaux sociaux servant à la fois de chambres d'écho à l'infini et d'amplification des débats dans ce qu'ils ont de spectaculaires, de scandaleux et de choquants, est de nos jours offerte en bien de consommation presque comme un autre. Pire même, les animateurs d'émissions populaires/populistes comme Cyril Hanouna par exemple - mais il en est bien d'autres de Pascal Praud à Jean-Marc Morandini en passant par Marc Menant - mélangent les genres abattant les murs qui séparaient le "futile" du "sérieux". Pourquoi pas? La vulgarisation n'est somme toute pas condamnable en soi. Bien au contraire.
Hélas, cette vulgarisation ne privilégie que le superficiel, n'approfondit jamais tel ou tel sujet, transformant en éclats de rire et de voix permanents ce qui mériterait d'être respecté dans et par une réflexion partagée avec les auditeurs et téléspectateurs. Elle dit au citoyen ce qu'il a envie d'entendre, dans une paresse et une facilité absolument révoltantes. A la radio, les "formats" sont de plus en plus courts. Il faut aller vite. Les réponses doivent être courtes. Le journaliste se sent en permanence obligé, non pas de relancer son interlocuteur invité mais de le couper toutes les vingt secondes pour "animer" le plateau de peur peut-être d'ennuyer l'auditeur. Il en résulte des conversations hachées, chacun empiétant sur la parole de l'autre dans un magma de mots qui ne font plus sens, la réflexion se perdant avant d'être interrompue par la coupure publicitaire ou par l'intervieweur mettant fin au "dialogue". Le temps passe si vite n'est-ce pas? On en retiendra une phrase, un mot qui seront commentés à l'infini sur les réseaux dits "sociaux", sur lesquels ceux qui parlent fort sont ceux que l'on écoute, ceux parmi lesquels on étouffe tant ils semblent avoir absolument raison, pour plagier Camus. L'amusement y gagne. L'intelligence collective y perd. Quant au doute, pourtant si nécessaire à la volonté de réflexion,  il n'a même plus sa place. Et pour cause!
Ce à quoi nous assistons n'est rien moins qu'une désintellectualisation du débat public par le biais de médias de plus en plus "médiocratiques". Alors que de nombreuses voix alertent souvent et caricaturalement sur "le niveau qui baisse" (à l'école), d'autres voix et très souvent les mêmes sont celles qui participent à l'effondrement du niveau, celui-là pas caricatural du tout, de notre débat public. Un débat dominé désormais par les communicants dont l'obsession est de nourrir le petit "oiseau bleu". Entre autres. Le développement de telle ou telle actualité, de tel ou tel thème, ne trouve plus sa place que sur quelques stations de radios - France-Culture par exemple heureusement de plus en plus écoutée, ce qui démontre l'appétence des français pour une information "ralentie", posée, réfléchie - ou chaînes de télévision. Dans la presse écrite aussi. Mais l'immense majorité du débat public se perd dans les analyses à court-terme, dans les talk-show récurrents, répétitifs et réunissant les mêmes "experts" en tout donc spécialistes de rien. Il faut parler, parler, parler. Prendre la parole et ne pas la céder. C'est à dire prendre le pouvoir sur l'autre sans lui reconnaître le droit de vous contredire pour vous convaincre. Dire très vite ce qui mériterait de longs développements. Le discours néo-libéral se sent très à son aise dans de tels "formats". Centré toujours sur les individus bien davantage que sur les idées. Désintellectualisation et individualisation: deux écueils interdisant aux idées de trouver leur place. Les idées, sans doute trop subversives pour les démagogues qui nous dirigent ou nous "informent", qu'ils soient politiques, éditorialistes ou animateurs médiatiques. 
Cette médiocrité - un véritable fait de société qui mériterait un débat mais il ne vient jamais, les responsables étant trop occupés, ou parfois contraints, à distiller des idées courtes traduites en autant d'éléments de langage - est évidemment une contribution majeure à l'abaissement de l'esprit critique. Dès le plus jeune âge, ce qui devrait faire de nous des citoyens éclairés - l'information développée - se transforme en messages courts, en slogans et "punchline". Un terreau idéal pour le néo-libéralisme - au sens le plus large -  qui ne sent jamais aussi à l'aise que dans l'accélération et la prévalence de l' événementiel, de l'instantanéité et de l'émotionnel sur la réflexion et le débat respectueux de la parole contradictoire, outil essentiel permettant à l'individu/citoyen  de pouvoir exercer son libre-arbitre. Ce libre-arbitre qui lui est confisqué puisque délégué à quelques-uns "pensant" en son nom. Sous le prétexte fallacieux qu'une "bonne" polémique vaudrait toujours mieux qu'une conversation de salon. Raisonnement absurde destiné à discréditer le débat intellectuel pour l'enfermer dans un exercice élitiste destiné à un public choisi.
Bien entendu, le débat public trouve aussi des espaces où il peut jouer son rôle. Le "média-centrisme" ne doit pas nous aveugler. Dans les collectivités locales, nombreuses sont celles qui organisent des débats participatifs. Le développement des sites Internet permet à toutes et tous de trouver "débat à son pied": débat de société; consultation publique; assises thématiques; referendum local; conférences citoyennes à distance - la pandémie "covid19" a permis le développement de ces échanges via des outils que beaucoup ont découverts. On le voit et ce n'est pas le moindre des paradoxes, alors que les français ont accès, via les "open data" entre autres, à des informations jadis inaccessibles aux communs des mortels, ils n'ont jamais été à ce point privés de débats publics de large audience sur les sujets majeurs pourtant ignorés par les médias "mainstream". La demande est pourtant là. Très forte. Même si, il faut le dire, participer à des débats, Internet ou autres, n'influe que très exceptionnellement sur les décisions politiques en aval. Sauf lorsque ce débat est à l'initiative du pouvoir politique en place, ce qui ne participe qu'artificiellement à la revitalisation de la démocratie.
Enfin, ce débat public - je parle de celui qui se voit et s'entend comme un perpétuel bruit de fond gavant le citoyen comme l'éleveur gave ses oies - passe très largement à coté des dossiers essentiels. Je n'en dresserai pas ici la liste tant ils sont nombreux mais à force de privilégier l' actualité brûlante, le citoyen se voit privé de la réflexion longue au sujet de ce qui le passionne pourtant.
Qu'on y prenne garde, à force d'égarement nous pourrions être amenés à justifier l'élection de populistes tel que Donald Trump, en donnant raison à Cocteau:
"Le drame de notre temps, c'est que la bêtise se soit mise à penser".
Christophe Chartreux
Lire la suite

Bougainvilliers, mimosas et thé à la menthe...  "L’imagination est la liberté de l’esprit"  - Angel Parra

27 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Bougainvilliers, mimosas et thé à la menthe...  "L’imagination est la liberté de l’esprit"  -  Angel Parra
Bougainvilliers, mimosas et thé à la menthe...  "L’imagination est la liberté de l’esprit"  -  Angel Parra
Bougainvilliers, mimosas et thé à la menthe...  "L’imagination est la liberté de l’esprit"  -  Angel Parra

Je suis un grand amoureux. De Kerouac, des « road movies », de ces chansons qui invitent à emprunter les routes mythiques, la Nationale 7 en France ou la « Route 66 » aux Etats-Unis. J’aime conduire. Tu cherches fébrilement une chanson à me faire écouter. Tu t’enthousiasmes pour tout ou presque. On ne peut qu’être bon lorsqu’on s’acharne à seulement trouver une chanson. Les kilomètres sont avalés. Voilà, tu as trouvé ! Juliette… « Une Petite Robe Noire »… Appuyée contre la portière, légèrement tournée vers moi, les pieds nus, le regard perdu vers la liberté, tu sembles apaisée.

 

Il y avait tellement de couleurs dans mon jardin ! Des géraniums aux fleurs énormes, des arums à donner le vertige, en cornettes de bonne sœur avec un rayon de soleil au milieu, des pois de senteur, des soucis et mes chers bougainvilliers qui escaladaient tout, en retombant lourdement, épuisés… Je m’enivrais des parfums mélangés. J’étais au paradis.

 

Au printemps explosaient d’autres senteurs. Celles de fleurs d’orangers. De l’oranger devrais-je dire. Il n’y en avait qu’un. Mon bel oranger.

 

Au marché d’El Jadida, tout dégoulinait de fruits et de légumes divers. À mourir de plaisir au milieu des cris et des bousculades. Les paniers s’emmêlaient. Même l’étal du boucher, ruisselant de sang, attirait mon regard. Ce rouge virant au noir sur les tabliers blancs.

 

Et puis les mimosas ! Ma mère les adorait. Elle en faisait des bouquets décorant la maison de jaune à la Van Gogh. Le vase sur le piano était toujours le plus fourni. Je n’ai jamais su pourquoi. Un hommage à la musique sans doute.

 

Elle est belle cette chanson de Juliette.

 

« Tu as remarqué. Il n’y a plus de débats en France, de débats d'idées, raisonnable et raisonné ». Nous approchions de Mantes.

 

Mon père et ses amis enseignants débattaient souvent. Politique, pédagogie, que sais-je encore ? La France est le pays de la « disputatio », du débat humaniste. Quel repas de famille, quelle rencontre entre collègues ne contient pas son débat, ses propos contradictoires, ses arguments défendus pied à pied ? Nos assemblées résonnent encore, des siècles après, des envolées lyriques d’un Hugo, d’un Jaurès, d’un Mitterrand. Tout en France fait débat.

 

J’adorais le bleu de fleurs de Volubilis. Plus tard, je découvrirai ses ruines. Mon Tipasa à moi. Sans la mer ni les absinthes. Mais la même caresse sur les pierres et le ciel incrusté dans la brûlure du temps. Ici pas de « maître des horloges ». Quel orgueil de seulement croire pouvoir le devenir !

 

La France en effet se voit privée de débats. Se voit privée de politique au sens noble de sa pratique. Le nouveau pouvoir autoproclamé « nouveau monde » ne veut ni droite ni gauche. Le citoyen, au sens étymologique du terme, devient un « collaborateur » dans une France startupisée. Les oppositions sont sommées de ne pas exister. Même la presse, le « quatrième pouvoir », se voit accusée de « ne pas chercher la vérité ». Alors qu’elle ne fait que cela. Le vote est délégitimé. Les réseaux sociaux se transforment en tribunaux d'opinion d'où la raison s'absente. Le faux triomphe du vrai que s'approprient des sorciers ou des activistes illuminés et aveuglés par des gloires éphémères. La simplification est omniprésente avec ce qu'elle véhicule d'approximations. La rigueur et la précision ont disparu, bousculées par la dictature de la vitesse, du spectacle, de l'indignation criarde et du narcissisme ridicule. 

 

- C’est bien pire que la disparition du débat. Ce sont quelques-unes de nos libertés qui risquent la disparition.

 

Ton regard sembla s’assombrir. Je m’en voulus de te peiner.

 

J’aimais tant courir sur le sable vers la mer. Antoine Doinel à la fin des « Quatre Cents Coups ». Mais je ne m’arrêtais pas. Je ne me retournais pas pour, face caméra, regarder s’éloigner mon enfance. Non ! Je plongeais tête la première dans les rouleaux Atlantique pour hâter la caresse de l’eau sur mon corps. Et je priais n’importe qui pour que cela ne s’arrête jamais. Le sel brûlait mes yeux que je gardais ouverts sous l’eau, toujours !

 

- Il faudra qu’on partage un thé à la menthe un jour.

 

Oui mais servi dans un verre, tombant de haut. La théière ventrue souplement soulevée, dessinant dans l’espace une hanche de femme… J’aimais tant les parfums de Khadija qui se mêlaient à ceux du thé et de la menthe… A ceux des fleurs et des arbres du jardin…

 

- Oui, nous partagerons un thé à la menthe. C’est promis.

 

Ton sourire était revenu…

 

Christophe Chartreux

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>