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Vivement l'Ecole!

Articles avec #politique tag

Pour aller au-delà du redoublement, des 4 jours ou de la place du latin/grec...

10 Juin 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Crayons, Couleur, Tirage Au Sort

 

Une société courageuse, sûre des valeurs qu’elle défend, ne doit pas faire l’impasse sur une analyse rigoureuse du bilan de son École. Sans flagellation inutile, pour pouvoir regarder l’avenir avec lucidité. Oui, François Dubet a raison : tous ceux – et nous en faisons partie – qui se sont battus dans les trente dernières années pour donner le meilleur de ce que nous pensions pertinent pour nos élèves ; tous ceux qui se sont engagés dans un processus de remise en cause des pratiques enseignantes ; tous ceux qui ont proposé, innové, réfléchi, assumé au quotidien les réformes ou les ouvertures pédagogiques, milité pour une autre École ne doivent pas baisser les bras ni abdiquer quand il s’agit de l’Éducation.

 

Pour aller au-delà du redoublement, des 4 jours ou de la place du latin/grec...

 

La société française a intériorisé le modèle de socialisation par l’École qui se met progressivement en place, dès le XVIIème siècle, dans les villes en Occident, et dont l’École de la IIIème République n’est finalement que le prolongement. Cette forme scolaire imprègne nos esprits au point de nous interdire une interrogation sur des questions pourtant simples et essentielles, prémices à la fondation d’une autre École. Oui, en ce début du troisième millénaire, il est possible et urgent de nous interroger sur des évidences qui vont bien au-delà des débats actuels, à la mode, provoquant "coms" et "buzz" mais très éloignés des priorités majuscules:

 

-  Faut-il conserver la classe comme structure de référence ?
- La notion de programme a-t-elle encore du sens dans le monde mouvant actuel ?
-  L’établissement scolaire doit-il être une structure ouverte ou protégée ? 
-  Les disciplines scolaires (et savantes) doivent-elles être le cadre premier de toute programmation de l’enseignement ou la ressource à des questions anthropologiques que se pose tout individu (la vie, l’organisation en société, la gestion durable des ressources…) ?

 

Et bien d'autres questionnements évidemment...

 

Ces sujets appartiennent à tous et ne doivent pas être confisqués par des technocrates s’arrogeant le droit de penser pour le reste de la société. L’école est l’affaire de chacun : ce devrait même - avec d’autres questions sociétales (la santé, les retraites, la dépendance, l’emploi, l’organisation des territoires…) - être le champ prioritaire de l’exercice de la citoyenneté. Najat Vallaud-Belkacem avait commencé à accompagner l'Ecole sur ce chemin. Manifestement, son successeur souhaite aller "en marche" arrière. C'est dramatique de conséquences à court, moyen et long terme.

 

Une autre école est possible (Nécessaire?)...

 

Une autre École est possible. Elle dépend de nous. À condition d’en comprendre les réels enjeux. Il est terminé le temps où un nouveau ministre de l’Éducation nationale pouvait rassurer le peuple, par une habile rhétorique, en déclarant a priori, qu’il ne changerait rien. Le temps est au contraire venu de revendiquer une juste et urgente révolution, certainement même une « métamorphose » au sens défini par Edgar Morin :

 

pas de promettre l’infaisable, mais la revendication d'une rupture radicale pour une École qui a rencontré ses limites.

 

Christophe Chartreux

                                  ___________________________________

 

Pour aller plus loin…

 

Duru-Bellat Marie. Les inégalités sociales à l’école. Paris : PUF, 2002.

Dubet François. Faits d’école. Paris : Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 2008. En particulier la quatrième partie : l’école juste.

Maurin Éric. Le Guetto français. Paris : Éditions du Seuil, 2004.

Maurin Éric (2009) La peur du déclassement, une sociologie des récessions. Paris : Éditions du Seuil.

Meirieu Philippe & Frackowiak Pierre. L’éducation peut-elle être encore au cœur d’un projet de société ? L’Aube, 2008.

Paget Denis. Petite histoire des collèges et des lycées. Nantes : éditions du temps, 2008.

Peugny Camille (2009) Le déclassement. Paris : Grasset.

Revue Française de pédagogie – recherches en éducation n°167 (avril-mai-juin 2009). Dossier « Retours sur la seconde explosion scolaire ».

Terrail Jean-Pierre. De l’inégalité scolaire. Paris : La Dispute, 2002.

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Education : le libéral Institut Montaigne, maître à penser de Macron...

10 Juin 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique

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EXTRAIT

Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, est un fidèle de ce think tank proche du CAC 40 et très influent pendant la campagne du nouveau président.

Au jeu des pronostics politiques, Laurent Bigorgne était bien coté pour devenir ministre. Cet agrégé d’histoire de 42 ans, spécialiste de l’éducation, est à la tête de l’Institut Montaigne, un think tank proche du patronat. Pendant la campagne, il a discrètement modelé une partie du programme de son «ami» Emmanuel Macron en jonglant pendant plusieurs mois entre un rôle de conseiller officieux et son poste à «Montaigne». Et une fois élu, le nouveau président de la République a choisi pour le ministère de l’Education Jean-Michel Blanquer, un vieux compagnon de route de l’Institut Montaigne. C’est une nomination au goût de victoire pour lui et une boutique qui a toujours défendu un courant libéral de l’enseignement.

Cela fait déjà plusieurs années que Laurent Bigorgne souffle des idées à l’oreille d’Emmanuel Macron. Il avait pris l’habitude de lui rendre visite à l’Elysée, quand ce dernier était encore le secrétaire général adjoint du président Hollande. Les deux hommes s’étaient rencontrés par l’entremise de Richard Descoings, illustre et décrié directeur de Sciences-Po, mort en 2012. Quand une petite équipe s’active autour de Macron début 2016, Bigorgne participe aux réunions. «Avant le lancement officiel du mouvement, quelques personnes avaient pris l’habitude de se rencontrer assez fréquemment. On devait être une dizaine, on discutait, de fil en aiguille ce petit groupe s’est consolidé», détaille le directeur de l’Institut Montaigne.

«Structure apolitique»

Ce think tank fondé en 2000 par Claude Bébéar, longtemps PDG d’Axa et figure tutélaire du patronat français, a la vocation «d’élaborer des propositions concrètes dans les domaines de l’action publique, de la cohésion sociale, de la compétitivité et des finances publiques». L’Institut Montaigne et sa quinzaine de salariés sont financés quasi intégralement grâce aux adhésions d’une centaine d’entreprises, dont plusieurs sont membres du CAC 40. Avec une limite : une société ne peut pas apporter plus de 2 % du budget total. Pourtant réputé comme proche de la droite, l’organisme se réclame «indépendant» des partis. C’est Bébéar qui recrutera Laurent Bigorgne et le placera directeur des études en 2009. L’année suivante, il deviendra directeur général.

En s’engageant avec En marche, Laurent Bigorgne a surtout joué avec le feu. Lorsque Mediapart révèle que l’association du parti est hébergée à son domicile privé, il doit organiser à la hâte un déjeuner avec l’équipe du think tank pour expliquer sa démarche. «Il nous a dit qu’il avait compris l’avertissement et qu’il allait prendre ses distances avec Emmanuel Macron», se rappelle un collaborateur. Claude Bébéar, dont il est proche, le rappelle à l’ordre. Il confie : «Quand j’ai créé l’Institut Montaigne, j’ai édicté le principe d’une structure apolitique et si on ne respecte pas ça, on tue l’Institut.» A la même période, Emmanuel Macron va proposer à Laurent Bigorgne de devenir délégué général de son nouveau parti. Une offre qu’il décline mais continue de s’investir «sur son temps privé» dans la campagne présidentielle. La lecture des nombreux échanges contenus dans les MacronLeaks permet de saisir son influence. Un mois après le lancement d’En marche, il rédige par exemple une ébauche de lettre où Macron s’exprime à la première personne pour rappeler les fondamentaux de son mouvement politique. Il participe également aux réunions stratégiques et file un coup de main pour la levée de fonds en incitant quelques proches à contribuer.

(...)

«Une philanthropie à l’américaine»

Pour cause, le nouveau ministre de l’Education est un fidèle du think tank depuis de nombreuses années. Il a participé à plusieurs de ses rapports et appartient au comité directeur Agir pour l’école depuis sa création. Cette organisation, présidée par Bigorgne, est un satellite de «Montaigne». Dédié à l’école élémentaire, il multiplie les expériences depuis plusieurs années pour mettre en œuvre ses idées dans le domaine de l’éducation. C’est par exemple grâce à cette structure hébergée dans les mêmes locaux que l’Institut Montaigne que Céline Alvarez a pu lancer une expérimentation mêlant la méthode d’apprentissage Montessori et les neurosciences, narrée dans son best-seller, les Lois naturelles de l’enfant. A l’époque Jean-Michel Blanquer est directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco) au côté du ministre de droite Luc Chatel (de 2009 à 2012). Blanquer va soutenir le projet d’Alvarez et lui permettre de franchir les portes de l’enseignement public de 2011 à 2014. Agir pour l’école lui apporte de son côté un soutien financier pour équiper sa classe et rémunérer partiellement une assistante pour «environ 20 000 euros», précise Laurent Cros qui dirige ce satellite de l’Institut Montaigne. L’association s’est également chargée de mesurer les résultats de l’expérimentation de Céline Alvarez, neurosciences à l’appui. Le développement de certaines zones du cerveau des enfants a par exemple été observé à l’aide d’IRM. Dans un premier temps plébiscité, le protocole de Céline Alvarez est devenu l’objet de nombreuses critiques des professionnels de l’éducation : depuis leur terme en 2014, les tests effectués n’ont fait l’objet d’aucune publication dans une revue scientifique. «La période où Jean-Michel Blanquer était à la Dgesco, était la plus faste en expérimentation mesurée», décompte Laurent Cros. «Blanquer et "Montaigne" incarnent une approche scientiste de l’éducation, à la recherche permanente de la martingale. Comme s’il existait quelque part une bonne façon d’enseigner qui résoudrait tous les problèmes», tacle un chercheur spécialiste de l’analyse des politiques éducatives.

(...)

«libérer les énergies»

Dans la cour du ministère, lors de la passation de pouvoir le 17 mai, Jean-Michel Blanquer imprime tout de suite la marque de l’Institut Montaigne avec des formules types, telles que «libérer les énergies», «différenciation des parcours», «sciences cognitives», «expérimentation», «rôle essentiel des chefs d’établissement», «excellence»… Blanquer a aussi nommé comme conseillère spéciale Fanny Anor, qui a quitté le think tank pour rejoindre son cabinet ministériel. «Pour l’instant, l’influence de l’Institut Montaigne est relative car leurs expérimentations ne concernent que quelques milliers d’élèves, tempère Olivier Noblecourt, ex-directeur de cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, qui vient de quitter la rue de Grenelle. Mais avec la nomination de Blanquer, ils vont sûrement avoir une place beaucoup plus importante.» De son côté, Laurent Bigorgne assure qu’il n’a pas reçu d’offre de dernière minute pour entrer au gouvernement et que, malgré sa proximité avec Jean-Michel Blanquer, il devra désormais «prendre rendez-vous» pour voir le ministre.

Ismaël Halissat

L'article complet est à lire ci-dessous

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«Je vais t’en donner, du droit à l’erreur» ...

10 Juin 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique

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Il est question de permettre aux citoyens de se tromper. Voilà une modernisation de la vie en société qui n’aura peut-être pas que des avantages.

Si j’ai bien compris, Emmanuel Macron veut institutionnaliser le droit à l’erreur dans les liens avec l’administration. C’est-à-dire le rendre réciproque car, actuellement, les administrations ont le droit à l’erreur (et s’en servent). Désormais les administrés auront leur joker. «Madame le juge, monsieur l’examinateur, monsieur ou madame le percepteur, banco, je vais utiliser mon droit à l’erreur.» La mesure est susceptible d’être populaire même si la popularité n’est pas ce qui manque pour l’instant à Emmanuel Macron, il en regorge, les sondages prétendent qu’il suffit de se réclamer de lui pour en avoir jusqu’au cou, une orgie de popularité. Mais si le droit à l’erreur se répand trop, le Président risque d’en faire les frais. On imagine les électeurs dans six mois : «Mais je me suis trompé, je n’ai pas voté pour ça, ces mesures me déplaisent, j’abats mon droit à l’erreur.» Faudra-t-il alors convoquer de nouvelles élections ? Et dans la société civile tellement à la mode ces jours-ci, la mesure est prometteuse, en finissant avec mille querelles. A l’école : «Monsieur, pour ce zéro en maths, je vais faire jouer mon droit à l’erreur.» A l’hôpital : «Cher patient, je crains d’avoir utilisé mon droit à l’erreur. Rassurez-moi, c’est bien la première fois avec vous ?» Au restaurant : «Il est carbonisé, votre steak bleu ? Tout le monde peut se tromper.» En couple : «Chéri(e), je ne rentrerai pas ce soir, là j’ai bon espoir que ça le fasse, mon droit à l’erreur.»

C’est bien beau, la République en marche, mais vers où ? Ça a beau être précis, c’est quand même vague. On ne va ni vers le Nord, ni vers le Sud, ni vers l’Ouest, ni vers l’Est, mais vers le centre. Bon. Et quand on sera arrivé ? Et puis on a envie de se reposer, parfois, on ne peut pas être en marche en permanence. Ce qu’il faudrait, c’est une oasis, une bonne grosse oasis bien juteuse. Il y a des gens pour prétendre que c’est ici et maintenant, l’oasis, qu’on boit notre eau claire. Encore deux petits bulletins les 11 et 18 juin et on se retrouvera comme des chameaux, avec notre provision de démocratie pour cinq ans. Avec les primaires et tout on a voté jusqu’à plus soif, elle risque de nous sortir par les trous de nez, la démocratie, mais peut-être est-ce ce sentiment qui est une erreur. Une indigestion de démocratie ? L’électeur repu n’aurait qu’à se mettre à la diète et hiverner cinq ans.

Le problème du droit à l’erreur, c’est qu’on n’en n’aura qu’un, maintenant. Fini, le cumul des droits à l’erreur. Car, à examiner le personnel politique, il semble que peu sont vierges, question droit à l’erreur. Les socialistes en ont fait une débauche ces cinq dernières années. Et Les Républicains une fameuse en croyant que les erreurs des autres rattraperaient largement toutes les leurs. Il y en a plein les rues, du droit à l’erreur. Est-ce que, finalement, ce ne serait pas mieux s’il n’y en avait plus ? Qu’envisage-t-on en faveur des victimes du droit à l’erreur ? On a l’impression que Donald Trump en profite lui aussi et pas sûr que le climat l’entende de cette oreille et que la courbe s’inverse, celle du réchauffement. Si j’ai bien compris, il y a des sujets, comme ça, où il n’y a plus de droit à l’erreur, on ne peut plus bluffer, les jeux sont faits.

Mathieu Lindon

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Blanquer : un redoublant inconscient?...

9 Juin 2017 , Rédigé par EducPros.fr - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Politique

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Le pince-sans rire à la tête du ministère de l’Education nationale endosse le rôle du comique l’air de rien.

Alors qu’il était à la tête de la DGESCO (direction générales des enseignements scolaires), Jean -Michel Blanquer a fait paraître une circulaire en date du 16 mars 2010 (cf le BO du 18 mars) où il était dûment indiqué (au chapitre 2.1.2  intitulé « Donner sa pleine mesure à l’aide personnalisée ») :« La première mesure de personnalisation du parcours scolaire à l’école est la pédagogie différenciée […]. Elle doit rendre très exceptionnel le recours au redoublement ».

Depuis deux jours, on trouve « redoubler n’est plus interdit » ou « il n’est pas normal d’interdire le redoublement » à la Une de bien des journaux. Et c’est ce qui restera dans les esprits. Jean-Michel Blanquer sait fort bien que l’idée de  "redoublement" est populaire (moins lorsqu’il s’agit des principaux intéressés), et il communique en conséquence, sans se soucier outre mesure de la cohérence (et même de sa cohérence) pensant qu’on ne saura pas grand chose des tenants et aboutissants véritables en la matière. Le nouveau ministre de l’Education nationale ne semble pas être un adepte de la rigueur, loin s’en faut.

Le 8 juin, dans le quotidien « Le Parisien » , Jean-Michel Blanquer a affirmé vouloir «autoriser à nouveau le redoublement» dès l’année scolaire 2017-2018, en jugeant «absurde son interdiction » par la précédente ministre Najat Vallaud-Belkacem.

En réalité, la précédente ministre de l’Education nationale n’avait nullement « interdit »   le redoublement. Son décret de novembre 2014 avait simplement affirmé «le caractère exceptionnel du redoublement », dans la ligne même de la circulaire de Jean-Michel Blanquer du 16 mars 2010 : « rendre très exceptionnel le recours au redoublement » .

In fine, on voit qu’en l’occurrence le nouveau ministre de l’Education nationale ne "manque pas d’air" en prétendant qu’ « autoriser à nouveau le redoublement, n’est certes pas un virage absolu mais une inflexion importante». «Autoriser à nouveau le redoublement» est de l’ordre de la contre-vérité pour ne pas dire de l’ordre du mensonge conscient puisque le DGESCO Jean-Michel Blanquer et la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem se sont prononcé dans le passé dans le même sens : redoublement « exceptionnel » pour l’une, et même « très exceptionnel » pour l’autre… Cela n’augure pas grand chose de bon quant à la fiabilité de ses déclarations voire de son action…

Claude Lelièvre

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Revue de Presse Education... Le grand moon walk - Orientation - Supérieur...

9 Juin 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Politique, #Médias

Revue de Presse Education... Le grand moon walk - Orientation - Supérieur...

L’actualité d’hier et d’aujourd’hui est quasiment totalement occupée par la marche arrière chère à Michael Jackson et le « moon walk » s’impose sur tous les sujets. Quelques réflexions sur l’orientation ainsi que sur le supérieur pour diversifier cette revue de fin de semaine.

Le grand moon walk

Éducation : les conseils de casse du gouvernement. « En s’attaquant d’emblée, ce jeudi, aux réformes des rythmes scolaires et du collège, l’exécutif confirme son intention d’autonomiser les établissements. Un choix que nulle évaluation des dispositifs précédents n’est venu étayer et qui anéantit toute idée de stabilité. »

EPI

CSE : Les EPI sauvés à dose homéopathique. « Au terme d’une séance interminable, le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) du 8 juin a voté majoritairement contre les textes présentés par le ministre sur les rythmes scolaires au primaire et la réforme du collège. L’esprit de consensus a malgré tout marqué un point. Le ministre a accepté un amendement qui rend obligatoire au moins un EPI et un temps d’accompagnement personnalisé (AP) sur la durée du cycle 4 du collège. »

Devoirs

Jean-Michel Blanquer : « Il n’est pas normal d’interdire le redoublement ». Entretien avec le ministre à propos des devoirs dans le Parisien :

« - Vous lancez aussi le dispositif Devoirs faits à la rentrée dans les collèges ?

Oui, ce sera aussi sur la base du volontariat et gratuit. Nous voulons changer de manière très concrète la vie des familles. Cela fait cinquante ans que l’institution n’est pas claire sur ce sujet. Nous sortons de l’hypocrisie : oui, il faut des devoirs, y compris au primaire. Mais on sait aussi que cela peut renforcer les inégalités. Pour résoudre ce problème, les devoirs pourront être faits à l’école et au collège. Et on commence par le collège.

Qui prendra en charge ces études dirigées ?

On va s’appuyer sur les initiatives existantes, on aura recours à des professeurs volontaires payés en heures supplémentaires et à des assistants d’éducation (NDLR : les surveillants) dont le statut évoluera pour qu’ils deviennent de véritables assistants pédagogiques. Ce seront des personnes qui se destinent à être professeurs et qui se formeront grâce à cela. Je lance aussi un appel à tous les étudiants ou jeunes diplômés qui ont envie de s’investir. Je lance aussi un grand appel, au travers du service civique, pour accompagner les élèves dans leurs devoirs et leur permettre de mieux réussir. »

Redoublement

Le ministre de l’éducation veut « autoriser à nouveau le redoublement ». « “Il y a quelque chose d’absurde à laisser passer de classe en classe des élèves accumulant des retards”, estime M. Blanquer dans Le Parisien. »

Éducation : le redoublement refait surface. « Dans un entretien exclusif, le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, nous dévoile de nouvelles pistes pour lutter contre l’échec scolaire. »

Des réactions sur France info :

François Dubet : « "Il est absurde de croire" qu’avec le redoublement de masse la France améliora ses résultats. »
Eric Charbonnier : « Réfléchir à des alternatives au redoublement : travailler par petits groupes d’élèves, utiliser parfois le numérique, etc. »
Retour du redoublement : « Une perte de temps et d’énergie », dénonce un expert. « Un changement de cap qui agace Thierry Troncin, docteur en sciences de l’éducation à l’université de Bourgogne et spécialiste du sujet. »

Sur BFMTV, Albert-Jean Mougin, vice-président Syndicat national des lycées et collèges (SNALC-FGAF), et Nathalie Mons, présidente du Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco), sont interrogés : Pourquoi le redoublement à l’école divise ?

Éducation : l’autorisation du redoublement, un retour en arrière. « La volonté du ministre de l’éducation “d’autoriser à nouveau” le redoublement va à l’encontre d’une tendance générale d’abandon d’une solution jugée inefficace. »

Sur Sud-Radio dans l’émission « Seul contre tous », Cécile Blanchard, Rédactrice en chef des Cahiers pédagogiques et Hélène Rouch, présidente du Comité régional FCPE de Midi-Pyrénées, essayent de s’opposer à cette déclaration “Oui au redoublement !

Un document ressource de 2009, toujours pertinent : Quelles alternatives au redoublement ? Coordonné par Jean-Michel Zakhartchouk - Un hors-série de 112 pages au format PDF.

Et il y en a une qui se réjouit ! Sophie Coignard - Éducation nationale : la fin des années folles. « Sur les rythmes scolaires, les classes bilangues, le grec et le latin, le redoublement, c’est l’heure du retour à la raison, après un quinquennat calamiteux. »

Rythmes

Rythmes : Le rapport du Sénat valide les 4 jours et demi mais veut une réflexion sur les rythmes annuels. « Présenté demain à la presse, le rapport de la Commission Culture et Éducation du Sénat sur les rythmes scolaires pourrait peser sur la réunion du Conseil supérieur de l’éducation. Il "est objectif" nous a dit Françoise Cartron, sénatrice et auteure d’un rapport remarqué sur les rythmes. Le rapport valide la semaine de 4 jours et demi. Il veut donner la possibilité de faire du samedi matin la 5ème demi journée. Mais il lie une éventuelle semaine de 4 jours à la réduction des vacances d’été. Il demande lui aussi, après Jean-Michel Blanquer, une réflexion sur les rythmes annuels, c’est à dire la réduction des congé d’été. »

Rythmes scolaires : un rapport sénatorial recommande de maintenir l’organisation actuelle. « Alors que le gouvernement souhaite réintroduire la semaine de quatre jours, les sénateurs rappellent “le consensus scientifique sur le caractère préjudiciable” de celle-ci. »

Rentrée fin août : « Le temps de l’enfant doit être mieux étalé ». « Jean-Michel Blanquer se dit ouvert à des "discussions" sur le calendrier scolaire. Une "réflexion sur le temps de l’enfant" pourrait être engagée, avec l’idée d’une rentrée ramenée à la fin août. »

Rythmes scolaires : quelles perspectives en 1946 ? Par Jean-Pierre Véran. « Il y a plus de 70 ans, la question des horaires à l’école n’a pas échappé à l’attention des membres de la commission ministérielle d’étude chargée de la réforme de l’enseignement. Un éclairage historique utile à l’heure où le conseil supérieur de l’éducation est saisi d’une proposition de décret concernant l’organisation de la semaine scolaire dans le premier degré. »

Quand les écoliers des ZEP vont aux champs. « L’association Veni Verdi, qui crée des fermes pédagogiques dans des établissements scolaires des quartiers difficiles, fait découvrir les joies de la nature aux enfants quittant rarement la ville. »

Un Munich pédagogique. « A la rentrée 2008, le ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos, prévoit de supprimer le samedi et de généraliser la semaine de 4 jours. L’historien de l’éducation Antoine Prost dénonce une “catastrophe” accompagnée d’un “lâche consentement”. »

Blanquer : l’éducation en marche… forcée ? Par Jean-Pierre Véran. « En 2016, les personnels de direction dénonçaient par la voix de leurs syndicats des à-coups et des injonctions ministériels désorganisant leur travail. Les débuts du nouveau ministre de ce nouveau quinquennat semblent, de ce point de vue, ne pas changer fondamentalement cette donne. »

Éducation : le libéral Institut Montaigne, maître à penser de Macron. « Le nouveau ministre de l’Éducation est un fidèle du think tank depuis de nombreuses années. Il a participé à plusieurs de ses rapports et appartient au comité directeur d’Agir pour l’école depuis sa création. Cette organisation, présidée par Bigorgne, est un satellite de “Montaigne”. Dédié à l’école élémentaire, il multiplie les expériences depuis plusieurs années pour mettre en œuvre ses idées dans le domaine de l’éducation. C’est par exemple grâce à cette structure hébergée dans les mêmes locaux que l’Institut Montaigne que Céline Alvarez a pu lancer une expérimentation mêlant la méthode d’apprentissage Montessori et les neurosciences, narrée dans son best-seller, les Lois naturelles de l’enfant. »

Un rappel des « Trois réformes au XXe siècle, quatre depuis l’an 2000 : les multiples revirements des rythmes scolaires » par Les décodeurs du Monde.

Et, sur le site du ministère de l’Intérieur, on trouvera les Procédures de gestion de crise et sécurisation des établissements d’enseignement face à la menace terroriste.

Orientation

Sur le site des Cahiers pédagogiques, École : les vrais défis - Les chantiers de l’orientation par Bernard Desclaux. « Quelles sont les lignes d’évolution de l’organisation de l’orientation dans notre système de formation initiale ? Globalement, on observe une absence de décisions fermes sur le sens de ces évolutions qui devraient être des changements systématiques. Deux points sont ici discutés : la structure de notre système et l’état de nos procédures d’orientation. »

Les conseillers d’orientation dans l’enseignement secondaire (1959-1993) : un métier « impossible » ? Thèse de LEHNER Paul signalée par l’IFE. « Grâce aux apports de la sociologie de l’action publique, des groupes professionnels et de l’institution, on cherche à comprendre dans cette recherche, consacrée à une sociogenèse du métier de conseiller d’orientation de 1959 à 1993, l’échec (relatif) des conseillers d’orientation pour imposer, et, corrélativement, occuper un domaine de compétences stable, reconnu et valorisé, au sein de l’enseignement secondaire, de 1959 à 1993. »

Supérieur

Mystère Blanquer. Une réforme du bac mystérieuse ? par Claude Lelièvre. « Blanquer est l’un des mystères du gouvernement Philippe. Il n’a pas hésité à être le premier à évoquer un raccourcissement des grandes vacances. En revanche, il retient son souffle quant à l’aspect le plus téméraire de la réforme du baccalauréat envisagé par le chef de l’État. »

Orientation postbac : les lycéens favorables à un rôle accru des mentions au bac. « Plus de contrôle continu au baccalauréat, un rôle accru des mentions obtenues au bac dans l’orientation vers l’enseignement supérieur : voici les principaux enseignements du sondage exclusif de l’Étudiant réalisé auprès de 2600 lycéens sur le bac. »

Exclusif. APB 2017 : les petits arrangements du ministère « pour éviter le tirage au sort ».

Master : le Conseil d’État maintient le monopole des universités et écoles publiques. « En matière de délivrance du master, le Conseil d’État a estimé, dans sa décision du 7 juin 2017, que le monopole actuel détenu par les universités et grandes écoles publiques "résulte de la loi". La Conférence des grandes écoles l’avait saisi, estimant, de son côté, qu’il y avait "une rupture d’égalité" avec les établissements privés. »

Tirage au sort à l’université : pour la première fois, la médecine est touchée. « 857 candidats ont été recalés à l’entrée de la première année de santé, en Ile-de-France. Le ministère promet de trouver une solution en urgence. »

Bernard Desclaux

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De la résistance en démocratie...

9 Juin 2017 , Rédigé par Philippe Meirieu Publié dans #Education, #Politique

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Il est des confusions exaspérantes. Disons le une bonne fois pour toutes : l’obéissance n’est pas une valeur. Pas plus que le travail, ni même le courage ! Ils étaient « travailleurs » ceux qui ont construit les camps de la mort et « courageux », à leur manière, ceux qui, dans les années 1960, bravaient la loi en vigueur pour se livrer à des ratonnades… Quant à l’obéissance, elle ne saurait dispenser de l’exercice de la pensée critique, ni au regard de celui qui donne des ordres, ni à la considération des effets de ses propres actes. C’est qu’on peut obéir à des tyrans ou sous l’emprise de gourous. On peut obéir dévotement à une technocratie aveugle ou stupide. On peut obéir par paresse ou par manque d’imagination. Et nul ne peut jamais se prévaloir d’une quelconque « vertu d’obéissance » pour s’exonérer de l’interrogation sur la légitimité du donneur d’ordres… Mais, en même temps, cette interrogation est insuffisante : qu’un dictateur donne l’ordre de prendre soin de ses enfants ou de ne pas rouler en état d’ivresse ne signifie pas qu’il faille lui désobéir. De même que, si un pouvoir légitimement élu impose de contrevenir aux droits fondamentaux de la personne - l’éducation, la santé ou le logement – il ne peut être question de s’y résigner. Car nul ne peut jamais se prévaloir d’une « vertu d’obéissance » - ou « de désobéissance » – pour s’exonérer de la réflexion sur la portée de ses actes.
 
Pour autant que l’on convienne que la démocratie reste un horizon commun possible et souhaitable… pour autant qu’on accepte de la définir comme un engagement collectif pour la construction du bien commun… pour autant qu’on y affiche que nul, jamais, n’a légitimité à y exercer le pouvoir « par nature », mais toujours provisoirement, par mandat et « en tant que… »… pour autant qu’on renonce à cultiver la nostalgie des théocraties religieuses ou laïques où l’obéissance s’imposait au nom d’une vérité révélée… pour autant, pour tout dire, qu’on reste fidèle à la maxime de Kant, définissant Les Lumières, « sapere aude… ose penser par toi-même »… alors nous devons affirmer que, pour tout citoyen, en démocratie, la question n’est nullement de choisir entre obéir ou désobéir. La vraie question est : quels sont les devoirs du citoyen pour que la démocratie soit autre chose qu’un vœu pieu, un habillage institutionnel des rapports de force ou une sympathique façade derrière laquelle règne la concurrence des démagogies.
 
Risquons l’énonciation de quelques-uns des devoirs – et je dis bien des devoirs – du citoyen.
 
Son premier devoir est d’assumer les obligations qui relèvent de l’universalité et de la réciprocité citoyennes : ne rien faire qui mette en péril les droits de chacun à exister dans la dignité en tant que citoyen ; nous ne pouvons pas agir envers les autres en niant ce que nous revendiquons pour nous-mêmes ni ce qui rend possible l’existence du collectif démocratique…
 
Le second devoir du citoyen est celui de la participation et de l’implication requises par les institutions démocratiques : voter est un devoir car c’est la condition même de l’existence de la démocratie ; si plus personne ne votait ou si le vote devenait minoritaire, c’est tout notre échafaudage démocratique qui serait mis en péril…
 
Le troisième devoir du citoyen est de connaître les lois et les règles élaborées par nos institutions démocratiques : « nul n’est censé ignorer la loi » n’est pas une maxime satisfaisante ; il vaudrait mieux dire : « chacun doit connaître la loi » ; ce qui impose évidemment que les pouvoirs publics aient, dans ce domaine comme pour toutes les décisions qu’il prend, un principe d’information intégrale et d’explicitation systématique…
 
Le quatrième devoir du citoyen est d’examiner si ces lois et ces règles sont conformes à ce qui fonde le projet démocratique lui-même, en amont de toute idéologie ou de toute « opinion » ; on peut, en effet, dans une démocratie, débattre de tout, sauf de ce qui, justement, permet le débat : le refus du passage à l’acte violent, le refus du caprice et de l’arbitraire, le refus de destituer qui que ce soit de ses droits fondamentaux, le refus de l’exclusion de quiconque du « cercle des humains »…
 
Le cinquième devoir du citoyen est d’engager, en cas de désaccord sur ces points avec ses autorités hiérarchiques, un dialogue inlassable pour expliquer pourquoi « en conscience, il refuse d’obéir »… et de chercher à instaurer les conditions d’un retour à un accord dans le cadre d’une négociation sereine et sans relâche.
 
Soyons clairs : ces devoirs sont la condition même de l’institution et de la pérennité de la démocratie… et cela contre les cinq tentations majeures qui nous guettent. L’universalité et la réciprocité citoyennes nous garantissent contre le retour à l’aristocratie et à toutes les formes d’oligarchie, c’est-à-dire à la réduction du corps des « citoyens » à quelques privilégiés. L’implication et la participation citoyennes nous garantissent contre la dévitalisation de nos instances et l’abandon du pouvoir aux technocraties de toutes sortes. La publicité systématique des décisions prises par toutes les instances institutionnelles nous garantit contre toutes les formes de manipulation de l’opinion par la rumeur, l’opacité et l’ignorance. L’examen du caractère démocratique de toute décision nous garantit contre les errances de ceux qui confondent le fait d’avoir un mandat électif avec celui d’être propriétaire du pouvoir ; cela rappelle qu’aucune démocratie ne peut décider – même démocratiquement – d’enfreindre les principes qui la fondent. Et, enfin, l’explicitation du désaccord et la recherche du dialogue nous garantissent contre la tyrannie de minorités, fussent-elles « éclairées », qui, certaines de leur bon droit, s’enfermeraient vite dans leur tour d’ivoire avant de basculer dans le terrorisme.
 
(...)
 
Philippe Meirieu
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Pourquoi Najat Vallaud-Belkacem est la candidate qu'il faut aux villeurbannais... (Video)

9 Juin 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

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Gif-sur-Yvette : parents, profs et élèves unis contre le principal « autoritaire » du collège...

9 Juin 2017 , Rédigé par Le Parisien Publié dans #Education, #Politique

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94 % des enseignants de l’établissement Juliette Adam se sont mis en grève ce jeudi pour la deuxième fois en un mois. Les élèves ont pour leur part organisé un blocus de l’établissement mardi et mercredi.

94 % des professeurs du collège Juliette Adam de Gif-sur-Yvette se sont mis en grève ce jeudi. Manifestant à proximité de l’établissement, ils ont dénoncé le comportement de leur principal, nommé en septembre 2015 et jugé trop autoritaire. Un mouvement de grève, lui aussi massivement suivi, avait déjà été lancé le 11 mai dernier.

Le rejet semble unanime. « La PEEP et la FCPE exigent qu’un nouveau principal soit nommé afin de rétablir un climat propice aux enseignements », écrivent les deux associations de parents d’élèves dans un communiqué. Et les adolescents scolarisés dans ce collège ont organisé un blocus ce mercredi et ce mardi.

« La première année, nous avons essayé de discuter et de ne pas écouter les rumeurs qui le précédaient de ses précédents établissements », assure Delphine Lebahan, professeur de lettres et déléguée du syndicat d’enseignant SNES.

Mais tout bascule lors des grandes inondations survenues en Essonne il y a un an. L’eau envahit le collège. « Il nous a quand même demandé de venir travailler alors que l’établissement était inaccessible. Un cap était franchi. Il mettait concrètement notre sécurité en danger », poursuit la prof.

« Il nous a été demandé de renouer le dialogue… Mais il n’y en a jamais eu »

Changements de classe impromptus, missions arrêtées arbitrairement, comité pédagogique réduit à sa portion congrue… « Il y a eu aussi des faits graves, comme l’introduction de couteaux dans l’enceinte de l’établissement, qui ont été à peine sanctionnés. Cela crée un sentiment d’impunité et n’envoie pas le bon message éducatif aux enfants », expliquent Nathalie Couvreur, de la FCPE et Valérie Guillot, de la PEEP.

« On voyait régulièrement des profs arriver en classe avec les yeux rouges. Ils ne disaient rien, ils essayaient de nous préserver. Nous étions gênés pour eux. Nous avons compris au fur et à mesure », témoigne une élève de 3e.

« Lors d’une réunion début mai à la direction académique, il nous a été demandé de renouer le dialogue… Mais il n’y en a jamais eu », raconte Delphine Lebahan. « C’est à sa hiérarchie de prendre ses responsabilités », estiment aujourd’hui les parents d’élèves. Contactée, la direction académique n’a pas réagi.

leparisien.fr

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Education : les conseils de casse du gouvernement...

8 Juin 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique

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En s’attaquant d’emblée, ce jeudi, aux réformes des rythmes scolaires et du collège, l’exécutif confirme son intention d’autonomiser les établissements. Un choix que nulle évaluation des dispositifs précédents n’est venu étayer et qui anéantit toute idée de stabilité.

Le nouveau locataire de la rue de Grenelle veut «libérer les énergies» et permettre aux écoles et collèges d’ajuster à leurs besoins l’application de deux réformes emblématiques du quinquennat Hollande, contestées depuis leur mise en place : les rythmes scolaires et la réforme du collège. C’est le sens des textes qui sont soumis pour avis ce jeudi au Conseil supérieur de l’éducation (dont font partie les syndicats), avant d’être signés par le ministre. Pourtant, Jean-Michel Blanquer avait pourtant toujours déclaré, et il continue de le faire, son attachement à la continuité en matière de réformes éducatives. Comment donc comprendre cette juxtaposition d’assouplissements et de remises en cause aussi rapides ?

Syndicaliste du premier degré, Francette Popineau (SnuiPP FSU) est désabusée : «Le nouveau décret sur les rythmes ne représente qu’un assouplissement par rapport à ce que Benoît Hamon avait mis en place [la possibilité de libérer une demi-journée, ndlr]  . Ce qui est catastrophique en revanche, c’est que ce ministre continue à penser les rythmes avec une logique délétère : occulter l’intérêt de l’enfant en se concentrant sur les possibilités des communes.» Si les spécialistes de la chronobiologie et l’Académie de médecine affirment depuis longtemps que la semaine de quatre jours et demi est plus favorable aux apprentissages, Blanquer soutient que rien ne dit qu’une solution soit meilleure qu’une autre.

«Anxiogène»

Des communes, Nice en tête, ont déjà annoncé le retour à la semaine de quatre jours (lire ci-contre). Dans les villes qui ont joué le jeu de la réforme de 2013, les responsables s’interrogent. Comme Rozenn Merien, présidente de l’Association nationale des directeurs de l’éducation des villes (Andev) : «J’ai très peur que de belles initiatives locales soient brisées alors que les projets s’amélioraient d’année en année. Quand le ministre dit "on ne sait pas ce qui est le mieux pour les enfants", c’est même anxiogène ! Comment faire confiance à une institution qui change de politique tous les trois ans ?»

Sur la question de la réforme du collège, Frédérique Rolet, du Snes FSU, le principal syndicat du second degré, s’estime satisfaite : «Je reste vigilante, mais je vois dans ce qui est décidé une mise en conformité avec la réalité car, on le sait, la réforme du collège était appliquée de manière très contrastée.» En revanche, pour les organisations qui ont soutenu la réforme (le Sgen CFDT et Unsa, les principaux syndicats lycéens et la FCPE), c’est la désillusion. Le nouveau ministre «casse un élan», disent-ils, en mettant fin au caractère obligatoire des enseignements interdisciplinaires. Les militants pédagogiques qui avaient accompagné l’action de Najat Vallaud-Belkacem, tel Philippe Watrelot, parlent même de «ministre Ctrl Z», celui qui efface d’un coup de clavier ce qui vient d’être mis en place. Du côté des acteurs de terrain, certains sont déjà découragés. «Comment autant de travail et d’énergie dépensés peuvent être détruits si vite ? demande un principal de collège. Je pense à toutes ces heures de concertation à monter des enseignements interdisciplinaires [EPI] dans mon établissement. Quel est le sens de tout cela ?»

Les revirements actuels donneraient plutôt raison à ceux qui, sur le terrain, n’ont pas joué le jeu des réformes, les appliquant a minima, attendant un changement de ministre. De plus, avec ces possibilités de mettre en œuvre ou non les dernières réformes, qui procédera aux arbitrages financiers ? Difficile de cumuler les dispositifs sans faire de choix. Par exemple, concernant le collège, comment remettre en place des classes bilangues en 6e et préserver la seconde langue à partir de la 5e à moyens constants ? A l’école élémentaire, comment faire fonctionner le dispositif «Plus de maîtres que de classes» et des effectifs à 12 élèves dans les CP des zones d’éducation les plus prioritaires (REP+) ?

Méthode

Selon le SnuiPP, les directeurs académiques, qui doivent travailler à nombre de postes constants pour la rentrée, procèdent déjà à des arbitrages : des classes ne seront pas ouvertes, on ne pourra pas faire face à l’urgence démographique. Les adversaires de Blanquer, qui le savent féru d’évaluations scientifiques, retournent sa méthode contre lui : pourquoi détruire ce qui n’a pas été évalué ? Comme le remarque la secrétaire générale du SnuiPP Francette Popineau, «il suffit de regarder les évaluations internationales pour comprendre que la continuité demeure la méthode qui marche le mieux pour faire progresser les systèmes éducatifs».

Louise Tourret

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Education - "Une recette imparable pour faire du surplace : défaire méthodiquement ce qui a été fait."

8 Juin 2017 , Rédigé par Libération Publié dans #Education, #Politique

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Surplace

«Nouveaux visages, nouveaux usages», nous vante la réclame de notre nouveau président. Pendant sa campagne, Emmanuel Marcon avait dressé un diagnostic du mal français : notre démocratie souffre de beaucoup trop de lois, d’aucune culture de l’évaluation et encore moins de l’expérimentation. La classe politique française a toujours adoré élaborer des textes, mais se moque de savoir s’ils sont correctement appliqués, ou efficaces. La révolution macronienne nous promettait la nouvelle ère du pragmatisme.

On emploie l’imparfait car il a suffi de quelques semaines au gouvernement d’Edouard Philippe pour retrouver les réflexes de la bonne vieille politique. Les deux premières décisions de Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education, sont un modèle du genre : deux décrets pour donner la possibilité aux communes de déroger à la semaine de quatre jours et demi et aux établissements de s’affranchir de la réforme du collège. Deux réformes qui ont eu à peine le temps de trouver leurs marques et donc de produire des résultats. La question des rythmes scolaires est un splendide cas d’école. Avec sa semaine de quatre jours, la France était une exception en Europe. Toutes les études scientifiques concluaient à peu près la même chose : une journée de cours moins longue (et un enseignement mieux réparti dans la semaine) est favorable à l’apprentissage des enfants, et notamment des plus défavorisés. C’étaient en tout cas les justifications du chantier lancé par l’ex-ministre de l’Education Vincent Peillon. Aucune réforme (pas plus celle-là qu’une autre) n’est exempte de critiques, mais encore faut-il se donner les moyens d’en mener une évaluation sérieuse. Ce que le gouvernement s’est empressé de ne pas réaliser. En matière de politique publique, il y a une recette imparable pour faire du surplace : défaire méthodiquement ce qui a été fait.

Grégoire Biseau

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