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Vivement l'Ecole!

Articles avec #politique tag

Blanquer vante les internats d'excellence... Qui furent un fiasco absolu...

28 Juin 2017 , Rédigé par La Croix Publié dans #Education, #Politique

Blanquer vante les internats d'excellence... Qui furent un fiasco absolu...

Extraits de l'entretien donné par Jean-Michel Blanquer à La Croix daté du jeudi 29 juin

Dans une interview à paraître ce jeudi dans La Croix et à retrouver aussi sur la-croix.com, Jean-Michel Blanquer dit vouloir confier davantage d’autonomie aux acteurs éducatifs afin de bâtir « une école de la confiance ». Il pourrait s’agir de permettre aux chefs d’établissement de recruter eux-mêmes sur des « postes à profil ». En corollaire, le ministre veut relancer des évaluations nationales, conçues comme un outil de pilotage.

L’autonomie constituait l’un des maîtres mots du programme éducatif du candidat Macron. En quoi ce principe est-il si essentiel pour redresser l’école?

Jean-Michel Blanquer: Derrière le principe d’autonomie, il y a une liberté adossée à la responsabilité et à la confiance. Une confiance en soi et une confiance des uns envers les autres qui contribuent au succès de l’école dans bien des pays mais qui fait encore défaut dans notre système d’enseignement. Certains blocages ne tiennent pas tant à des rigidités techniques ou juridiques qu’à un état d’esprit, qui peut évoluer.

(...)

Faut-il aussi s’inspirer de la gestion des établissements privés?

J.-M. B.: Le public peut regarder ce qui fonctionne dans le privé, et vice versa. Il n’y a pas de raison de laisser au privé une souplesse qui constitue un avantage comparatif et qui permet parfois à ses établissements d’être plus attractifs. L’exemple type, ce sont les postes à profil, qui permettent à un chef d’établissement de recruter des personnels sur des postes très particuliers, comme l’enseignement d’une discipline en langue étrangère en section internationale. C’est une démarche que j’ai expérimentée il y a quelques années dans le cadre des internats d’excellence, lorsque j’étais directeur général de l’enseignement scolaire. C’est une piste intéressante. Je la discuterai avec les partenaires dans les mois qui viennent pour voir comment faire progresser le système à l’avantage de tous, avec des équipes plus stables et des parcours individualisés pour les professeurs.

(...)

L’autonomie servirait-elle aussi à détricoter les réformes passées?

J.-M. B.: Il faudrait plutôt parler de « retricotage ». Nous sommes cohérents: nous donnons de la liberté aux acteurs. La réforme du collège comportait une contradiction profonde en affirmant l’autonomie et en commençant par imposer la suppression des classes bilangues, des sections européennes ou des enseignements de latin et de grec, qui étaient l’expression de la petite autonomie préexistante. Nous gardons ce qu’il y a de positif dans la réforme du collège, la possibilité donnée aux équipes de déterminer les contenus à hauteur de 20 % des horaires, et rectifions ce qui va à l’encontre de l’autonomie.

Recueilli par Denis Peiron

L'entretien complet est à lire demain dans l'excellent et très bien informé quotidien La Croix. Et c'est un agnostique qui le dit!

Christophe Chartreux

                                     __________________________

Notes:

1- Pour la millième fois, il est caricatural - voire mensonger concernant la "suppression du latin et du grec" - de présenter la réforme "Collège2016" dans les termes utilisés par le Ministre.

2- Concernant les internats d'excellence, en voici le bilan. C'est un fiasco absolu! (Cliquer ci-dessous)

Cessons avec ces faux sujets, ces rideaux de fumée, ces paravents!

Qu'on en finisse avec cette saturation de l'espace médiatique par des annonces aussi nombreuses qu'inutiles!

Et que la DROITE enfin se décide à parler d'ECOLE!

Christophe Chartreux

 

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12 élèves par classe de CP en REP+ : 2500 postes créés à la rentrée… ou redéployés?...

28 Juin 2017 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Education, #Politique

12 élèves par classe de CP en REP+ : 2500 postes créés à la rentrée… ou redéployés?...

EXTRAITS

(...)

« Moins de professeurs dédiés » dans « Plus de maîtres que de classes »

Afin de réaliser la promesse d’Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle, et de passer à 12 élèves par classe, le ministre indique refuser de « déshabiller Pierre pour habiller Paul ». Toutefois, il explique « respecter l’approche » du dispositif « Plus de maîtres que de classes » (PDMQDC) – « concentrer les professeurs en CP et CE1 » -, en continuant à le mettre en oeuvre… mais « avec moins de professeurs dédiés ».

« Il ne s’agit pas à proprement parler de créations de postes », écrit Le Figaro. Pour dédoubler les classes de CP des REP+, Jean-Michel Blanquer compte ainsi, en réalité, redéployer en septembre des postes utilisés dans PDMQDC. « Mathématiquement, des écoles vont perdre des postes », ajoute le quotidien.

« Nous faisons coexister les deux dispositifs pour pouvoir les évaluer et avancer. Jusqu’à présent les études nationales et internationales ont montré une efficacité des dispositifs de dédoublement. En revanche les dispositifs comparables à ‘Plus de maîtres que de classes‘ n’ont pour l’instant pas fait preuve de leur efficacité », avance le ministre de l’Education nationale.

(...)

Des écoles en grève pour défendre « Plus de maîtres que de classes »

Jean-Michel Blanquer devrait aussi « piocher » dans les 1537 postes en réserve utilisés pour des remplacements. « Ces renforts d’enseignants sont nécessaires pour que la rentrée se passe bien. Si le ministère l’utilise pour le dédoublement des classes de CP, cela signifiera moins de moyens pour des remplacements ou des ouvertures de classes », prévient Régis Metzger, du SNUipp, dans Challenges.

« Alléger les effectifs des CP en REP+, c’est nécessaire. Mais ça l’est tout autant dans les autres classes, en REP+, comme en REP ou hors éducation prioritaire », écrit le SNUipp sur son site. Pour le syndicat, « les décisions du ministère obèrent une rentrée sereine dans l’éducation prioritaire ».

Opposés à la réforme, et décidés à défendre le dispositif PDMQDC, plusieurs dizaines d’écoles de Seine-Saint-Denis, de Seine-et-Marne, du Rhône et du Var font grève depuis le début de la semaine, et ont fermé leurs portes, notent Europe 1 et Le Parisien.

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Lettre ouverte de profs à Claire O’Petit, députée LREM...

27 Juin 2017 , Rédigé par Questions de Classe(s) Publié dans #Education, #Politique

  Lettre ouverte de profs à Claire O’Petit, députée LREM...

Claire O’Petit est une nouvelle députée En Marche qui a estimé que quatre profs sur cinq étaient mauvais-es, qu’elle avait envie d’écraser des musulmans, que les filles voilées devaient voir un psy ou encore que les roms étaient sales et dégoûtant-es. Une lettre ouverte lui est adressée, qui peut être signée par chaque enseignant-e indignée par ses propos et par la récompense qu’offre En Marche au racisme le plus sordide.

Vous pouvez signer cette lettre ouverte à ce lien.


Madame la députée,

Nous sommes cent enseignant-es, ce qui implique, selon vos propres dires, qu’au moins quatre-vingt d’entre nous sont statistiquement de mauvais-es professeur-es. C’est la raison pour laquelle nous nous tournons vers vous, afin de pouvoir bénéficier de vos lumières concernant un problème pédagogique de la plus haute gravité.

Comment faire comprendre aux élèves que le racisme est à combattre quand une personne qui confesse à la radio ses pulsions de meurtre à l’égard des musulman-es peut se présenter candidate et se faire élire députée ? Comment faire comprendre que la République assure la liberté de conscience, comme le rappellent la Constitution et l’article 1 de la loi de 1905, quand cette personne affirme que le port du voile relève de la maladie mentale ? Quel respect envers les personnes souffrant de handicaps ou de troubles mentaux enseigner quand cette personne utilise de tels problèmes comme métaphores pour dénigrer toute une population ? Comment prévenir les discriminations contre les Rroms quand cette personne a appelé à la haine contre elles et eux ?

Vous êtes bien placée pour nous répondre, puisque cette personne, c’est vous. Nous souhaitons donc savoir comment promouvoir la laïcité et combattre à l’école le racisme, la haine des personnes handicapées ou les discriminations envers les Rroms quand votre mouvement les récompense en permettant votre élection. Si nos élèves tiennent des propos discriminatoires, devons-nous les féliciter en leur conseillant d’être candidat-es pour En Marche quand ils ou elles seront en âge ? Devons-nous leur suggérer d’amener leurs parents à écraser les gens qui leur déplaisent ? En tant que mauvais enseignant-es, pour les quatre-cinquièmes d’entre nous, nous attendons avec impatience vos réponses de marcheuse humaniste.

Dans l’attente de vos lumières,

Mathieu Buisson, Grégory Chambat, Aude Fonvieille, Claire Gensac, Cécile Kerdilès, Noé Le Blanc, Florine Leplâtre, Jérôme Martin, Émilie Sauguet, Philippe Soler, enseignant-es.

Vous pouvez signer cette lettre ouverte à ce lien.

Image - By Jean-Luc Hauser (Own work) [CC BY-SA 4.0] via Wikimedia Commons

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Quand la "macronmania" tourne au parfait ridicule... Ou à la propagande!

25 Juin 2017 , Rédigé par Marianne Publié dans #Education, #Politique, #Médias

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Rythmes scolaires : la contre réforme du ministre Blanquer, c’est le retour à l’école du tri scolaire, du tri social et du tri territorial...

25 Juin 2017 , Rédigé par Parti Socialiste Publié dans #Education, #Politique

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Le Parti socialiste dénonce le décret imminent du Ministre de l’éducation qui autorise le retour à la semaine scolaire de 4 jours.

Cette décision, prise de manière précipitée au mois de juin, sans aucune évaluation du dispositif actuel, sans concertation avec la communauté éducative s’impose dehors de tout débat parlementaire – contrairement au choix opéré pour la Refondation de l’école. Le décret laisse donc à des autorités locales, et en particulier aux communes, le choix de l’organisation de la semaine scolaire – et de pouvoir le faire pour d’autres motifs que des considérerions éducatives.

Elle intervient alors qu’un rapport du Sénat, unanimement jugé sérieux et équilibré, vient de recommander de ne pas revenir à la situation d’avant 2013, corroborant ainsi les études de nombreux chronobiologistes, chercheurs et acteurs de l’éducation qui mettent en garde depuis des années contre les effets négatifs de la semaine de 4 jours sur les apprentissages des élèves.

Ce décret impose une semaine scolaire qui répond davantage aux préoccupations de certains adultes qu’à l’intérêt de l’enfant et à ses rythmes d’apprentissage. Il néglige, par exemple, que pour la première fois en France, des milliers d’enfants ont eu accès à des activités (artistiques, scientifiques et sportives,…) complémentaires aux temps scolaires et familiaux qui contribuent à une bonne insertion sociale et professionnelle.

En autorisant ce retour en arrière dès septembre prochain, le Ministre fait montre de bien peu de considération pour celles et ceux qui, sur le terrain, ont déjà programmé et préparé des activités périscolaires pour la rentrée prochaine. La réforme des rythmes a en effet permis la création de 25.000 ETP et cette décision brutale, pour de nombreux intervenants et animateurs, signifie immédiatement chômage ou baisse de pouvoir d’achat.

Ce décret n’aura probablement aucune incidence pour les 70% d’élèves qui réussissent à l’école, mais il conforte dans l’échec ceux qui ont besoin d’une demi-journée supplémentaire pour apprendre, qui ne sont pas aidés à la maison et qui accumulent des retards dès leur entrée à l’école.

Notre opposition à la semaine de 4 jours réside d’abord dans ce retour à un système inégalitaire qui condamne à l’échec scolaire les 30% d’élèves qui sont en difficultés, qui ne peuvent pas réussir avec des journées trop longues et trop denses et qui sont majoritairement issus des classes populaires. La contre-réforme Blanquer, c’est en somme le retour du triple tri : scolaire, social et territorial.

Le Parti socialiste demande que la semaine de 4 jours fasse l’objet d’une évaluation nationale ; que l’aide de l’Etat aux communes soit pérennisée, voire augmentée, pour aider les collectivités les plus fragiles à mettre en œuvre leurs activités périscolaires ; que les relations instaurées entre l’école et son territoire à travers les PEDT soient maintenues et développées ; et enfin qu’une réflexion soit engagée sur l’organisation de l’année scolaire avec la communauté éducative.

Colombe BROSSEL Secrétaire nationale à l'Éducation et à la formation, et vice-présidente du Conseil national

Yannick TRIGANCE Secrétaire national adjoint à l'éducation et aux lycées professionnels

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Les fables de Blanquer... Par Claude Lelièvre...

24 Juin 2017 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Politique

Illustration De Livre, La Littérature

Le nouveau ministre de l'Education nationale vient d'annoncer urbi et orbi que 150000 élèves de CM2 allaient recevoir les « Fables » de La Fontaine. Pourquoi 150000 ? Et qui seront les heureux récipiendaires? Pourquoi à la fin du CM2 ?

D'autant que Jean-Michel Blanquer veut montrer en ce début de ministère qu'il a beaucoup d'idées. Mais ce sont toujours à peu près les mêmes, celles qu'il avait lorsqu'il était Directeur de l'enseignement scolaire sous l'autorité du ministre de l'Education nationale Luc Chatel. Il s'agissait en l'occurrence déjà des « Fables » de La Fontaine, mais pour le CM1, et pour 178000 d'entre eux.

Extraits de la « circulaire Blanquer » : « Opération « Un livre pour l'été », circulaire n° 2010-067 du 26-5-2010. En cet été 2010, qui marque le lancement de cette opération, 178 000 élèves de CM1 recevront  ''Un livre pour l'été''. […] ''Un livre pour l'été'' est une initiative de grande ampleur, qui demande encore à croître au regard de l'enjeu national qu'est la lecture pour les jeunes générations. Elle s'inscrit dans la durée pour que, dès l'an prochain, chaque élève de CM1 se voie remettre un livre au terme de l'année scolaire, et que ce livre l'accompagne tout au long de l'été. Pour cette première année, en partenariat avec la Réunion des musées nationaux, l'Éducation nationale a choisi d'éditer des Fables de La Fontaine illustrées par Marc Chagall [...]. Le directeur général de l'enseignement scolaire, les recteurs et les IA-DSDEN conduiront les opérations de communication nécessaires (visites d'écoles, communiqués de presse, etc.) avec l'appui des correspondants académiques chargés de la prévention de l'illettrisme. Pour le ministre de l'Éducation nationale, porte-parole du Gouvernement, et par délégation, Le directeur général de l'enseignement scolaire Jean-Michel Blanquer ». |

L'Âne portant des Reliques (Recueil 1, Livre 5, Fable 14)

Un Baudet, chargé de Reliques,

S'imagina qu'on l'adorait.

Dans ce penser il se carrait,

Recevant comme siens l'Encens et les Cantiques.

Quelqu'un vit l'erreur, et lui dit :

Maître Baudet, ôtez-vous de l'esprit

Une vanité si folle.

Ce n'est pas vous, c'est l'Idole

A qui cet honneur se rend,

Et que la gloire en est due.

D'un Magistrat ignorant

C'est la Robe qu'on salue.

L'Âne vêtu de la peau du Lion (Recueil 1, Livre 5, Fable 21)

De la peau du Lion l'Ane s'étant vêtu

Etait craint partout à la ronde,

Et bien qu'animal sans vertu,

Il faisait trembler tout le monde.

Un petit bout d'oreille échappé par malheur

Découvrit la fourbe et l'erreur.

Martin fit alors son office.

Ceux qui ne savaient pas la ruse et la malice

S'étonnaient de voir que Martin

Chassât les Lions au moulin.

Force gens font du bruit en France,

Par qui cet Apologue est rendu familier.

Un équipage cavalier

Fait les trois quarts de leur vaillance.  

Le Charlatan (Recueil 1, Livre 6, Fable 19)

Le monde n'a jamais manqué de Charlatans.

Cette science de tout temps

Fut en Professeurs très fertile.

Tantôt l'un en Théâtre affronte l'Achéron,

Et l'autre affiche par la Ville

Qu'il est un Passe-Cicéron.

Un des derniers se vantait d'être

En Eloquence si grand Maître,

Qu'il rendrait disert un badaud,

Un manant, un rustre, un lourdaud ;

Oui, Messieurs, un lourdaud ; un Animal, un Ane :

Que l'on amène un Ane, un Ane renforcé,

Je le rendrai Maître passé ;

Et veux qu'il porte la soutane.

Le prince sut la chose ; il manda le Rhéteur.

J'ai, dit-il, dans mon écurie

Un fort beau Roussin d'Arcadie :

J'en voudrais faire un Orateur.

Sire, vous pouvez tout, reprit d'abord notre homme.

On lui donna certaine somme.

Il devait au bout de dix ans

Mettre son Ane sur les bancs ;

Sinon, il consentait d'être en place publique

Guindé la hart au col, étranglé court et net,

Ayant au dos sa Rhétorique,

Et les oreilles d'un Baudet.

Quelqu'un des Courtisans lui dit qu'à la potence

Il voulait l'aller voir, et que, pour un pendu,

Il aurait bonne grâce et beaucoup de prestance ;

Surtout qu'il se souvînt de faire à l'assistance

Un discours où son art fût au long étendu,

Un discours pathétique, et dont le formulaire

Servît à certains Cicérons

Vulgairement nommés larrons.

L'autre reprit : Avant l'affaire,

Le Roi, l'Ane, ou moi, nous mourrons.

Il avait raison. C'est folie

De compter sur dix ans de vie.

Soyons bien buvants, bien mangeants,

Nous devons à la mort de trois l'un en dix ans.

Quelles fables (et quelles leçons) pour les petits enfants?

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Classes de CP à douze élèves : une réforme à marche forcée...

24 Juin 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Politique

Enfant, L'École, Jeune Fille, Enfants

EXTRAITS

Manque de locaux, professeurs difficiles à trouver : l’application, dès la rentrée, de cette promesse de campagne du candidat Macron tourne au casse-tête.

Sur le papier, la promesse était séduisante. Le candidat Emmanuel Macron s’était engagé à réduire à douze le nombre d’élèves dans les classes de CP et de CE1 en éducation prioritaire, au nom de la lutte contre l’échec scolaire et les inégalités. Mais, à l’heure où se prépare la rentrée de septembre, la mise en œuvre de la réforme se révèle être un casse-tête, voire une application au forceps à certains endroits. Deux difficultés se posent : comment trouver des salles disponibles dans les écoles concernées ? Et à quels enseignants faire appel ?

(...)

Première difficulté : les locaux. Car, pour dédoubler les CP, il faut multiplier le nombre de salles de classe par deux. C’est l’affaire des communes. « En ce moment, les maires cherchent des solutions », rapporte David Constans-Martigny, conseiller à France urbaine, une association d’élus de grandes villes. Dans 70 % des cas, les écoles concernées disposent d’espaces disponibles : des salles d’arts plastiques ou d’informatique, par exemple, qui seront transformées en salles de cours à la rentrée. Ailleurs, on réfléchit à installer des préfabriqués. Ou bien à affecter deux classes de douze élèves dans la même salle, avec ou sans rideau au milieu.

Marseille a choisi cette option. « J’ai proposé de mettre en place des cloisons mobiles pour couper les salles en deux : douze élèves d’un côté, douze élèves de l’autre, explique Danièle Casanova, adjointe au maire de Marseille chargée de l’éducation, qui a comptabilisé plus de 120 classes de CP à dédoubler. Ce n’est pas la panacée, mais c’est la solution qui nous permet de répondre rapidement à la demande gouvernementale. » A Paris, la mairie pourrait jouer sur deux tableaux : sur les 52 classes de CP à dédoubler, 34 seront physiquement divisées en deux ; les 18 autres se partageront la même salle. Mais sans paravent, semble-t-il.

Seconde difficulté : trouver des enseignants. L’affaire, cette fois, de l’éducation nationale. Ici ou là, les recteurs puisent dans leur vivier de remplaçants ou remettent en question des ouvertures de classe prévues à la rentrée – ce qui conduit, de facto, à gonfler les effectifs dans les classes autres que le CP. Surtout, M. Blanquer a beau assurer qu’il n’entend pas « casser le dispositif “plus de maîtres que de classes” », ce sont bien ces enseignants surnuméraires qui risquent de payer la facture.

Emblématique de la politique éducative de François Hollande, ce dispositif, mis en place en 2013, consiste à affecter un maître supplémentaire en renfort dans les écoles. Les « maîtres plus » interviennent à différents niveaux – de la maternelle au CM2 –, selon les besoins. En classe, ils peuvent passer dans les rangs pour aider les élèves en difficulté, prendre en charge un petit groupe, coenseigner avec leur collègue… Il existe, pour l’heure, quelque 3 200 postes affectés au dispositif qui s’applique principalement en ZEP ; près de 5 000 étaient prévus à la rentrée. « Dans les départements qui ont peu de réseaux d’éducation prioritaire, donc peu de CP à dédoubler, les directions académiques trouvent parfois les moyens de limiter les dégâts. A l’inverse, dans les départements où il y a beaucoup de REP+, on constate une remise en cause brutale du dispositif », rapporte Adrien Ettwiller, du SGEN-CFDT.

En Seine-Saint-Denis, département mobilisé vendredi, les 113 postes de « maître plus » en REP+ pourraient être entièrement mis à contribution pour parvenir à dédoubler les 230 classes de CP dans ces réseaux, à la rentrée. Même chose dans le Rhône, où 84 postes de « maître plus » seront « redéployés », selon Camille Bastien, du SNUipp-FSU départemental « Pour nous, c’est la double peine, estime-t-elle. Non seulement on perd nos maîtres plus, mais on va voir nos effectifs grimper dans les autres classes et la brigade de remplacement diminuer. On ne peut pas accepter une mesure qui défavorise tous les autres élèves ! »

(...)

Aurélie Collas

L'article complet (pour abonnés) est à lire en cliquant ci-dessous

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Education: manifestement, il n'y a plus aucun problème... La Fontaine est de retour...

24 Juin 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Depuis l'élection présidentielle, depuis la nomination de Jean-Michel Blanquer au Ministère de l'Education Nationale, il semble, à la lecture de la presse, que tous les problèmes dénoncés avec tant de force par divers syndicats, associations et journalistes engagés sur le sujet aient disparu.

Disparu comme par enchantement.

Quelques exemples, de mémoire?

- les postes non pourvus dans le 9-3? Plus une ligne!

- les effectifs de classe à la hausse en ce2, cm1, cm2 et tous les problèmes que cela pose et posera en aval? Rien. Il faut sans doute au moins ce silence pour pouvoir imposer le plan com' au sujet des CP à 12 élèves en REP+, réduction d'effectifs qui, imposée seule, n'est d'absolument d'aucun effet.

- les faits divers "éducation", qui pourtant sont tout aussi nombreux qu'à l'époque où Najat Vallaud-Belkacem était, à ce sujet, toutes les semaines attaquée dans Valeurs Actuelles, Le Point et par Natacha Polony ou autres chroniqueurs "experts"? Il n'y en a plus! Ils sont pourtant, sur le terrain, les mêmes et tout aussi nombreux.

Désormais, plus personne ne va "chercher" le Ministre dans des domaines qui ont tellement servi pendant les cinq années précédentes. Servi à démolir systématiquement toutes les actions mises en place et à ne mettre en lumière médiatique que le négatif quand le positif faisait trois lignes, voire aucune. Je pense - entre autres - au dispositif "Plus de Maîtres Que de Classes" aujourd'hui menacé et même, à bas-bruit et dans la plus grande discrétion, détricoté.

Alors, un magazine comme Le Point se régale... La dernière couverture de l'hebdomadaire ne titrait-elle pas, parlant de Jean-Michel Blanquer: "L'homme qui veut arrêter les bêtises"? Oubliant les bêtises dont fut co-responsable le même homme:

- 80 000 postes supprimés;

- semaine de 4 jours (une aberration française d'une stupidité rare!);

- la mort de la formation initiale;

Et quelques autres...

Rassurer les français

Sans doute les français sont-ils aujourd'hui "rassurés" par les messages (de com') envoyés depuis la Rue de Grenelle.

Haro sur le "pédagogisme" (le terme fut TRES VITE utilisé par le néo-Ministre), "retour" aux fondamentaux (pour rappel, la France est le pays qui consacre le plus grand nombre d'heures au "Lire-Ecrire-Compter" dans l'OCDE). Rentrée en chantant (?). "Retour" des classes euro et du latin. Autonomie des établissements.  Lecture des Fables de La Fontaine, ce doux souvenir de l'école d'avant, celle où tout allait mieux. Utilisation des neurosciences quand il ne s'agit la plupart du temps que de "neuromythes"...

Il faut, c'est la doxa ministérielle, rassurer les français. Leur dire que "la culture est de retour dans l'école"! Vous n'avez plus rien à craindre de l' "abominable" Najat Vallaud-Belkacem!

Car il faut le dire: La Fontaine a été choisi à des fins strictement politiques. Ce symbole de la "culture française" - auteur que je vénère mais que je n'ai vraiment apprécié qu'en licence de lettres car, enfin, je ne l'apprenais plus par coeur mais je le comprenais en en découvrant les entrées et les secrets qu'aucun enfant de CM2, sans acquis historiques, philosophiques ni littéraires ne saurait apprécier - devient l'objet d'un "culte ancien" imposé par l'Etat au nom d'un procès qui s'annonce:

celui du quinquennat passé.

Rien de plus... Rien de moins...

Et c'est d'une indicible tristesse!

Christophe Chartreux

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Le «trou noir» du cabinet élyséen... Par Claude Lelièvre...

23 Juin 2017 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Politique

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Il n'y a toujours pas de conseiller «Education» alors même que la liste des membres du cabinet (pléthorique) du Président de la Républiques est parue au JO du 18 juin. Un Warterloo annoncé ou un Appel ?

On ne peut pas dire que l'absence d'une nomination d'un conseiller ''Education '' auprès du nouveau Président de la République pourrait s'expliquer par des considérations allant dans le sens de la modération du nombre de conseillers (à l'instar de ce qui a été dernièrement préconisé par le Chef de l'Etat pour les ministres : pas plus de 10 conseillers). L' « arrêté du 15 mai 2017 relatif à la composition du cabinet du Président de la République » (publié au JO du 18 juin) montre en effet que le cabinet ne compte pas moins de 45 membres. Les ''deux poids, deux mesures '' allant à l'évidence dans le sens d'un gouvernement très élyséen....

Autres curiosités (et non des moindres), le Premier ministre dispose d' « une conseillère éducation, enseignement supérieur, jeunesse et sports (''chef de pôle'') », Marie Reynier (ex rectrice des académies de Martinique, Orléans et Nancy, de 2004 à 2017). Et l'on trouve dans la liste des membres nouvellement nommés du cabinet du Président de la République : un « conseiller enseignement supérieur, recherche et innovation » (Thierry Coulhon) et un « conseiller sport » (Cyril Moulin).

Est-ce à dire que le nouveau ministre de l'Education nationale (auquel on a dévolu aussi la « jeunesse ») serait l'objet d'une confiance exceptionnelle, hors ''surveillance'' élyséenne (les conseillers du président de la République jouant traditionnellement plus un rôle de ''veille'' que d'''inspirateur'') ? Mais ce serait oublier que le ministre de l'Education nationale est de toute façon dans le périmètre dévolu à la ''chef de pôle'' Marie Reynier auprès du Premier ministre Edouard Philippe.

Ce serait aussi oublier que Jean-Michel Blanquer prend volontiers ses propres conseillers parmi ceux qui ont ''conseillé'' son ami « Baroin » (qui vient de mener la campagne des « Républicains ») lorsque celui-ci était ministre de l'Economie et des Finances, en 2011. On peut citer ainsi Christophe Pacohil, son chef de cabinet ; ou Perrine Dufoixs qu'il vient de nommer « conseillère presse et communication ». Le laisserait-on être le ''Grouchy'' de Waterloo ? A sa charge (ou décharge), on notera que François Baroin a « versé une larme » quand il a appris la nomination de son ancien camarade de classe : « c'est quarante ans de vie commune ; c'est comme un frère pour moi ; mon père l'adorait. C'est de très loin le meilleur ; c'est un missionnaire de la transmission du savoir » (sur Europe n°1)

Il reste l' « Appel ». A Brigitte Macron. Dans « Paris Match », en novembre 2016, elle a déclaré que son « combat sera sur l'éducation afin d'offrir aux jeunes autre chose que des cages d'escalier. Si on les abandonne au bord du chemin cela explosera ». Six mois plus tard, dans le même journal, elle a soutenu que « si Emmanuel Macron était élu, elle s'impliquerait dans l'univers féminin et social, l'éducation, le handicap, la culture, son monde ». Les considérations précédentes donneraient plutôt du crédit à une certaine prise en compte effective imminente de cela pour expliquer le mystère du ''trou noir''. Mais il serait temps d'en sortir et de paraître en pleine lumière. Il y va quelque peu d'une bonne ''gouvernance'' et de l'importance dévolue ou non à l'Education au sommet de l'Etat.

Claude Lelièvre

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