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Vivement l'Ecole!

politique

Jeudi 19 novembre à partir de 18h30 - "La société des vulnérables" avec Najat Vallaud-Belkacem

17 Novembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Femme

Jeudi 19 novembre à partir de 18h30 - "La société des vulnérables" avec Najat Vallaud-Belkacem

Nous vous attendons nombreux-ses ce jeudi 19 novembre à 18h30, pour un live instagram avec @najatvb

L’échange se fera autour de la sortie de son nouveau livre, co-écrit avec Sandra Laugier, #LaSociétédesVulnérables

Pour y participer, rendez-vous sur les comptes @najatvb ou @shanese.rivera

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Vers un trumpisme made in France ?

13 Novembre 2020 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Politique

Vers un trumpisme made in France ?
Vers un trumpisme made in France ?

EXTRAITS

Jusque-là, seul le parti de Marine Le Pen assumait l’adhésion à la vision trumpienne du monde. Les digues peuvent-elles sauter d’ici à la prochaine présidentielle ? On peut le craindre tant notre pays est traversé et fragilisé par de multiples crises.

(...)

Notre pays, l’un des plus ouverts d’Europe aux fake news

Jusque-là, sur la scène politique française, seul le parti de Marine Le Pen assumait l’adhésion à la vision trumpienne du monde (son parti était d’ailleurs précurseur). Les digues peuvent-elles sauter d’ici à la prochaine présidentielle ? On peut le craindre. La société française, traversée et fragilisée par de multiples crises – « gilets jaunes », terrorisme, Covid –, est de plus en plus perméable à cette idéologie nouvelle, qui mêle des ingrédients disparates (l’aspiration à la liberté mais aussi l’illibéralisme, la recherche d’un homme fort, le rejet du libre-échange, la xénophobie, la détestation des élites et des médias…) et dont le carburant suprême est la méfiance.

La façon dont les Français s’informent se « trumpise » elle aussi. Notre pays est, selon les enquêtes, l’un des plus ouverts d’Europe aux fake newsLes anti-vaccins y prospèrent. Le Dr Raoult y est adulé. Les pires émissions, sur Sud Radio ou sur CNews, y font des cartons, sur le modèle assumé des Fox News et autres « radio talks » réactionnaires américains. Un documentaire complotiste sur le Covid, « Hold Up », financé (facilement) par souscription, électrise les réseaux sociaux.

(...)

La gauche doit s’interroger sur son incapacité à rebondir

Ne peut-on pas faire un lien, par exemple, entre le rejet des élites et la quasi-disparition du pouvoir législatif dans notre pays ? Le couvre-feu décidé en octobre, privation majeure de libertés, n’a même pas fait l’objet d’un débat à l’Assemblée ! Dans les pays voisins, où la vie parlementaire est mieux respectée, la méfiance envers les institutions est bien moindre. 57 % des Français jugent que la démocratie ne fonctionne pas bien, contre 30 % en Allemagne, selon le Cevipof.

La gauche, enfin, doit s’interroger sur son incapacité à rebondir malgré les gigantesques défis sociaux et écologiques. Que ce soit aux Etats-Unis ou en France, elle a perdu sa base populaire. Parce qu’elle a oublié que pour gagner la confiance et les voix des « invisibles », il faut bâtir des politiques qui améliorent leur sort et leur environnement, qui donnent du sens à leur vie. Quitte à imposer des efforts aux autres, les urbains et les riches, qu’épargne ou favorise la mondialisation.

Pascal Riché

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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C'était quoi l'engagement il y a 50 ans... (Vidéo)

7 Novembre 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Politique, #Philosophie

Le romancier Philippe Forest nous propose une réflexion sur le problème de l'engagement dans la création littéraire, des pouvoirs et des limites de la littérature, tel qu'il a été pensé par quelques grands écrivains du vingtième siècle : Sartre, Beauvoir...

En décembre 1964, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir dialoguaient avec quelques jeunes romanciers. A l'époque, la théorie de l'engagement telle que l'avait promue depuis la Libération l'existentialisme sartrien, était mise en cause par les partisans du Nouveau Roman. Mais Sartre, lui-même, avait été amené reconsidérer celle-ci dans Les Mots. Devant une journaliste qui l'interrogeait, il reconnaissait que face à un enfant qui meurt de faim, un livre comme La Nausée ne faisait pas le poids.

Une conférence enregistrée en novembre 2014.

Philippe Forest, romancier et essayiste, professeur de littérature à l'Université de Nantes, co-rédacteur en chef de la NRF des éditions Gallimard.

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« Le care, c’est prendre les citoyens pour des adultes éclairés porteurs de solutions »

8 Octobre 2020 , Rédigé par Usbek et Rica Publié dans #Société, #Politique

La Société des vulnérables - Tracts - GALLIMARD - Site Gallimard

EXTRAITS

Écrit juste après le confinement, La société des vulnérables, leçons féministes d’une crise (Tracts Gallimard, 2020) tire les premiers enseignements des effets de la pandémie en termes d’inégalités entre femmes et hommes. Ce livre mêle les analyses de la philosophe Sandra Laugier et de Najat Vallaud-Belkacem, aujourd’hui directrice de l’ONG One après avoir été ministre des droits des femmes puis de l’éducation. Cette dernière a accepté de nous rencontrer pour nous expliquer en quoi, selon elle, le care est la meilleure réponse politique à la crise sanitaire que nous traversons et, plus largement, au péril climatique.

Vous avez fini l’écriture de votre livre en juillet 2020. Trois mois plus tard, alors qu’il sort en librairies, la crise sanitaire est toujours là. A-t-on déjà le recul nécessaire pour mesurer un aggravement des inégalités à cause de la pandémie ?

Najat Vallaud-Belkacem
 
Oui, parce que des choses très révélatrices se sont déroulées en accéléré sous nos yeux. En à peine quatre mois, nous sommes passés par toutes les couleurs. Au temps comme suspendu de façon inédite des premiers jours a succédé l’utopie d’un nouveau monde, plus conscient, écologiste et juste. Il y a eu une prise de conscience qu’on vivait dans un monde à la fois d’interdépendances (il fallait nous voir livrés à nous-mêmes tentant d’instruire nos enfants) et de hiérarchie des valeurs totalement inversée, où ceux qui font le plus pour la société (les « premiers de corvée » qu’on voyait soudain et dont on se rendait compte qu’il s’agissait essentiellement, et de façon si évidente, de premières de corvée) sont aussi les moins gratifiés. Un monde dans lequel plus un métier a une valeur sociale, plus il semble voué à une rémunération asociale. Et on a aussi pris conscience que cette anomalie-là, qui en disait long sur nos erreurs en termes de priorités, méritait, sitôt le confinement terminé, d’être renvoyée dans les cachots de l’histoire. 

Hélas, à peine deux mois plus tard, la parenthèse s’est refermée, et c’est cela qui a nourri notre irritation avec Sandra (Laugier, sa co-autrice, ndlr) : il n’en restait rien. Le confinement n’a donné à voir qu’une dégradation des conditions de vie de ces invisibles premier(e)s de corvée. Pire : ces femmes, qui étaient déjà grandement privées de parole, l’ont été encore plus, aussi absurde que cela puisse paraître dans un moment où ce sont elles qui tenaient la société. Les émetteurs de discours, d’expertises, d’énonciation des priorités, de ce qui est juste ou de ce qui ne l’est pas, n’ont pas bougé d’un iota. C’était les mêmes, en encore plus homogène. Or leur accaparement, non seulement du récit mais aussi de la gestion de crise, étouffait toute possibilité d’appréhender cette dernière différemment, et notamment d’y répondre avec ce qu’on appelle l’éthique du care, c’est-à-dire le soin, l’attention aux autres, l’absence de négligence à l’égard des plus faibles, la considération pour la voix et les voix de chacun et la responsabilisation des citoyens face à cette pandémie.

À cela le gouvernement a préféré un discours autoritariste, convoquant la guerre et faisant étrangement l’économie des affects. Moquant ou pointant du doigt les comportements anxieux des citoyens (les achats de précaution par exemple), leur mentant délibérément pour ne pas avoir à justifier ses propres errements (sur les masques notamment), ne reconnaissant jamais le rôle de ces citoyens ou des associations dans la défense de la vie (par l’aide alimentaire improvisée au service des plus démunis dans bien des quartiers populaires, que le discours public se contentait de stigmatiser ; par l’abnégation totale d’employés des EHPAD qui choisissaient délibérément de s’enfermer avec les personnes âgées pour les garder à l’abri, etc.).

(...)

Vous reproduisez la célèbre citation de Simone de Beauvoir pour étayer votre propos sur l’incidence de la crise sur l’effacement des femmes : « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. » Comment expliquer qu’on n’apprenne pas davantage de ce qu’a pu écrire une figure aussi importante ?

Najat Vallaud-Belkacem
 
De manière générale, je crois que le discours féministe bute sur deux choses. D’abord le conservatisme d’acteurs installés qui n’ont aucun intérêt à accepter de lâcher une part du pouvoir qu’ils accaparent. Ce faisant je ne désigne absolument pas tous les hommes : il y a des hommes féministes, et par ailleurs bien des hommes sont précisément eux-mêmes victimes de l’appétit insatiable de certains autres hommes. Ensuite, il y a une forme d’aveuglement devant les inégalités de genre, y compris de la part de femmes, dans nos sociétés pourtant évoluées. Étrangement, lorsque je travaillais chez Ipsos, j’avais noté qu’à la question « Vous considérez-vous comme féministe ? » posée dans une trentaine de pays du monde, il y avait plus de réponses positives chez les femmes indiennes que chez les femmes françaises. C’est ce que l’on nomme le paradoxe de l’égalité : les quelques victoires que nous avons, dans un pays comme le nôtre, remportées sur le front de l’égalité femmes/hommes font qu’un grand nombre de femmes ne se rendent pas compte de ce qui est à l’œuvre et pensent sincèrement être les égales des hommes.

Lorsque j’étais ministre des droits des femmes, je me souviens par exemple de ces jeunes filles, élèves brillantes de grandes écoles, qui avaient jusqu’alors toujours été récompensées justement de leurs efforts et n’avaient pas de raison de croire que cela pourrait changer sur le marché du travail. Fortes de leurs diplômes, des mêmes études que les garçons, elles manifestaient une vraie confiance en l’avenir sur ces sujets et trouvaient le discours féministe un peu ringard ou victimisant. Quatre ou cinq ans plus tard, il fallait les voir et reprendre cette conversation avec elles : cela leur avait suffi pour réaliser le caractère insidieux des promotions qu’on ne vous propose pas, des plafonds de verre persistants, de la difficulté à jongler entre le domestique et le professionnel, etc.

(...)

Propos recueillis par Vincent Edin

L'entretien complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Les mères, porteuses d’une nouvelle force politique ?

26 Septembre 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Politique

EXTRAIT

"L'État s'en prend à nos enfants". Pour la politologue Fatima Ouassak, l'école française produit des inégalités structurelles massives qui touchent principalement les enfants issus de classes populaires. Elle milite pour la prise de pouvoir des mères dans l'espace public.

https://twitter.com/franceculture/status/1309560803830493184

Elle milite pour la prise de pouvoir des mères dans l'espace public : la politologue Fatima Ouassak publie "La puissance des mères, pour un nouveau sujet révolutionnaire" (La Découverte, Août 2020). L'occasion de revenir avec elle sur l'urgence d'une lutte collective.

La question de l'empowerment des femmes demeure au cœur des enjeux du féminisme, dans la sphère professionnelle, les relations amoureuses, sexuelles, dans l’exercice du pouvoir politique… Ces prises de pouvoir sont multiples; elles révèlent la pluralité des facettes d’une individualité. Pourtant, si ces combats sont de plus en plus audibles dans l’espace public, la politologue Fatima Ouassak relève que ces luttes ne se sont pas appropriées à la question pourtant éminemment politique de la visibilité des mères

Fatima Ouassak est politologue et consultante en politiques publiques. Son engagement associatif et militant puis sa réflexion sur le statut des mères sont nés de son expérience de la maternité qui l'a confrontée à des petites et grandes violences, sociales et institutionnelles, qu'elles soient visibles - quoique encore tabous - ou latentes. Elle en tire le constat d’une ambivalence profonde du statut de la mère, tantôt puissante, tantôt reléguée au silence.  

"Être mère est un paradoxe. C’est effectivement se sentir puissante, parce qu’on porte la vie et on donne naissance, on a l’entière responsabilité de l’enfant pour lequel on est l’ultime référence. Mais c’est aussi l’expérience de la dépossession de cette puissance, de ne pas être considérée dans ce rôle de mère, dans cette responsabilité. C’est quelque chose que j’ai vécu comme paradoxal. (…) Ce paradoxe m’a conduit à réfléchir aux façons de me réapproprier cette puissance, petit à petit, au fur et à mesure des entraves, des expériences. Cela m’a éveillée sur le pouvoir que l’on pouvait prendre en tant que mère, avec d’autres mères, comment on pouvait se battre pour nos enfants. "     
(Fatima Ouassak)

Dans  La puissance des mères, pour un nouveau sujet révolutionnaire (La Découverte), elle évoque les obstacles qui ont fondé ses combats qu’elle entend pluriels : à la croisée des luttes féministes, elle pense la prise de pouvoir des femmes autant dans leur expérience de la maternité au sein des associations Front de Mères que face aux discriminations, elle préside ainsi l’organisation Le Réseau Classe / Genre / Race. 

(...)

Olivia Gesbert

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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« On ne fait plus de politique au nom de l’intérêt général » (Video)

21 Septembre 2020 , Rédigé par Regards.fr - La Midinale Publié dans #Politique

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"Il y a une grande différence entre être contre le voile et s'attaquer à une femme voilée"/Leïla Slimani - Par Christophe Chartreux

20 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

"Il y a une grande différence entre être contre le voile et s'attaquer à une femme voilée"/Leïla Slimani - Par Christophe Chartreux

Maryam Pougetoux, représentante de l'UNEF, s'est présentée portant un hijab - le visage découvert - à l'Assemblée Nationale pour participer à une audition/débat dont la jeunesse était le sujet.

Cette présence, voilée et autorisée par le règlement intérieur de l'Assemblée Nationale, a provoqué le départ d'une petite minorité de députés présents. Parmi eux, Anne-Christine Lang, élue LREM justifiant sa décision de quitter la salle par le fait que ce voile, en plus d'être un "vêtement" religieux, démontrait la soumission des femmes dans un pays, la France, qui se bat pour l'émancipation de celles-ci.

Vertement recadrée par la présidente (LREM) de séance, Madame Lang et quelques députés LR ont néanmoins joint le geste à la parole en abandonnant le terrain pour rejoindre les micros.

Les débats concernant le jeunesse étudiante ont donc pu se dérouler. Ils furent d'un excellent niveau et les échanges, parfaitement respectueux des lieux comme des personnes, ont apporté un grand nombre d'informations à la représentation nationale dont l'un des rôles majeurs, faut-il le rappeler, est d'être à l'écoute de la société civile, sans exclure personne quelles que soient les convictions des uns et des autres.

Hélas la polémique provoquée par une petite poignée de députés, parfaitement conscient du "buzz" ainsi créé, a remisé au second plan les inquiétudes de la jeunesse étudiante, inquiétudes rapportées par une représentante dont le seul tort fut de paraître voilée.

Car, bien plus que le voile, c'est bien une femme voilée qui fut attaquée, niée, invisibilisée. Comme le rappelle très justement Leîla Slimani dans l'émission C Politique ce dimanche 20 septembre. Voir lien ci-dessous.

Il y a une grande différence entre être contre le voile et s'attaquer à une femme voilée

Cette Nième polémique avec le hijab - ou tout autre vêtement ne couvrant pas le visage - n'est qu'une Nième erreur commise par celles et ceux persuadés de lutter - et il faut lutter! - contre l'islamisme en s'en prenant, sans distinction aucune, à toutes les femmes couvertes d'un hijab. Peu leur importe ce qui a amené ces femmes à faire le choix du hijab. Jamais la question ne leur est posée. Elles sont, dans l'immense majorité des cas, immédiatement cataloguées dans les rangs des femmes soumises à une religion, aux hommes et porteuses d'un message prosélyte: celui de l'islamisme radical. Je note qu'il aura fallu plusieurs jours pour permettre à Maryam Pougetoux de donner son point de vue et de répondre aux arguments de Madame Lang et de ceux qui l'ont accompagnée. Cédant au passage le terrain à celle qu'il considère, peu ou prou, comme une dangereuse radicalisée et actant la défaite de la pensée, du débat contradictoire, de la disputatio  si nécessaire aux progrès des sociétés humaines, si nécessaires à l'émancipation de toutes et tous.

Je remarque - et je suis loin d'être le seul dans ce cas - que la présence d'hommes politiques ou d'invités à des auditions portant des signes religieux visibles dans l'enceinte de l'Assemblée Nationale - c'est arrivé à plusieurs reprises - n'a jamais soulevé la moindre polémique.

Je remarque - et je suis loin d'être le seul - que dans un climat politique de plus en plus pré-électoral, la "pêche aux voix de droite et d'extrême droite" semble ouverte. Tout prétexte à envoyer des messages aux électeurs de ces familles politiques sera immédiatement saisi. Madame Lang, par son intervention télévisée, n'avait je pense pas la moindre animosité à l'encontre de cette jeune fille en tant que personne, mais a trouvé le moyen "idéal" pour un appel du pied très appuyé en direction des défenseurs d'une laïcité sélective, ce que celle-ci ne peut pas être. La laïcité, pour rappel, c'est - entre autres piliers - le respect absolu de toutes les religions, l'Islam étant la seconde religion de France et n'étant pas interdite que je sache, le respect de leur pratique et le respect enfin de n'en pratiquer aucune. Petit souvenir personnel: j'ai été quasiment élevé par une femme voilée - et totalement voilée; elle ne se dévoilait qu'à l'intérieur de la maison au Maroc de mon enfance et de mon adolescence . Cela n' a pas fait de moi un musulman. Passons...

Voltaire aurait adoré notre époque. Montesquieu sans doute aussi. L'aurait adorée pour en relever les travers. Qui sont nombreux à commencer par cette hypocrisie de Madame Lang, faisant de la France une pionnière de la lutte contre la soumission infligée aux femmes par le port du hijab mais oubliant que c'est dans ce même pays "exemplaire" et souvent donneur de leçons qu'une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son ami/mari et que c'est dans ce pays toujours aussi "exemplaire" que les écarts salariaux entre les hommes et les femmes sont particulièrement injustes et scandaleux. Aucun rapport, me répondra-t-on sans doute. Je laisse chacune et chacun apprécier en son âme et conscience.

Les femmes, toujours objets des attaques et des reproches. Hijab, tenues des filles en collèges et lycées, machisme du Tour de France, toujours les femmes centres des préoccupations, des doutes, des rejets, des opprobres, des accusations.

Bien sûr le voile est un signe religieux visible. C'est l'une des "faiblesses" - ou des forces - de l'Islam. Cette religion se voit. Contrairement à d'autres, plus discrètes. La belle affaire!

A force de surligner une et une seule religion, en l'accablant, en la rendant responsable jusqu'aux fantasmes de tous les maux de la terre, en la confondant sottement avec l'islamisme radical - à combattre lui! - elle devient symbole de lutte "identitaire" et politique. Mais qui la pousse à cette extrémité?

Et si, tout simplement, nous leur fichions la paix?

LA PAIX!

Christophe Chartreux

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Coup de coeur... Exceptionnellement ce soir, un article...

18 Septembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique

Coup de coeur... Exceptionnellement ce soir, un article...

Sous le voile, des femmes encore et toujours attaquées

Stigmatiser n’est pas débattre, écrit Sonia Delesalle-Stolper, correspondante de «Libération» à Londres, qui s'interroge sur les conséquences humaines de ces attaques politiques.

Comment vont-elles ? Comment vont Maryam Pougetoux et Imane Boun ? A quoi ressemble aujourd’hui la vie de cette mère de famille insultée l’an dernier en public devant son enfant dans l’enceinte du conseil régional de Bourgogne-France-Comté ? Comment vont-elles toutes ces femmes qu’on ne médiatise pas mais qui, un jour ou l’autre, sont aussi bousculées, insultées, vilipendées parce qu’elles ont couvert leurs cheveux ? Maryam Pougetoux a 19 ans. Imane Boun, 21. Ce sont de toutes jeunes femmes, qui entrent dans la vie adulte, choisissent de s’engager dans la société, chacune à leur manière. La première milite pour les étudiants, la seconde donne des tuyaux sur comment survivre, étudiante, avec peu de moyens. La femme voilée verbalement attaquée à l’automne 2019 s’était portée volontaire pour accompagner une sortie de classe, prête à passer des heures à vérifier que les enfants ne se perdent pas, reviennent entiers, heureux et les yeux brillants après leur visite hors des murs de l’école.

Actes de violence gratuite

J’écris depuis un pays, le Royaume-Uni, où le port du voile ne fait pas débat. Mais je n’écris pas pour débattre sur la laïcité ou le port du voile. J’écris parce que ces actes – l’an dernier par un élu du Rassemblement national, la semaine dernière par une journaliste, jeudi par une élue LREM – ne sont pas les manifestations d’un débat : ils sont des actes de violence gratuite, doublés d’un désir de faire du buzz, de susciter un intérêt médiatique. Et ça marche. A chaque fois. On invite encore et encore les auteurs à développer leurs arguments. Et on oublie. On oublie celles qui se sont trouvées en butte à ces attaques. Qui n’avaient rien demandé, ni les insultes, ni la médiatisation. J’écris parce que je suis choquée. Par la violence, par la facilité avec laquelle certains – et en fait souvent certaines – choisissent ces cibles faciles, sans penser une seconde aux conséquences personnelles.

Stigmatiser n’est pas débattre. Au Royaume-Uni, les enfants apprennent dès le primaire à discuter de n’importe quel sujet. Ces cours peuvent mener plus tard à une maîtrise des effets de manche sans queue ni tête, Boris Johnson est spécialiste de la chose. Mais ils apprennent aussi que la première vertu du débat est de respecter son interlocuteur. Or, ces éructations récentes, qui s’accumulent, nient tout respect de l’autre. On oublie trop que les cibles de ces sorties violentes ne sont pas un bout de tissu. Ce sont des femmes, de chair et de sang, dont le cœur bat – sans doute à tout rompre – et dont l’âme vibre. Je veux croire encore qu’on puisse être un élu de la République, ou une journaliste, ou juste un être farouchement attaché aux valeurs de la laïcité, et se souvenir aussi d’autres valeurs cardinales, comme celles du respect, voire, rêvons un peu, de la bienveillance.

Sonia Delesalle-Stolper - Correspondante à Londres

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