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Vivement l'Ecole!

Articles avec #politique tag

Sortir... The Color Line - Les artistes africains-américaisn et la ségrégagtion - Musée du Quai Branly Jacques Chirac...

11 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Art, #Politique

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Interro surprise!...

10 Novembre 2016 , Rédigé par #directNVB Publié dans #Education, #Politique

Interro surprise!...
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Sortons des faux débats sur l’École – Lettre ouverte aux candidats à la primaire de la droite...

10 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Education

Sortons des faux débats sur l’École – Lettre ouverte aux candidats à la primaire de la droite...

EXTRAITS

Le débat télévisé qui devait vous permettre d’exposer vos projets pour l’école a sacrifié le thème de l’éducation : c’est regrettable. Sur ce sujet plus encore que sur tous les autres, les Français ont droit à un débat de fond qui dépasse la surenchère démagogique sur l’autorité et les mensonges sur les réformes de ce quinquennat. L’école de la République mérite mieux que d’être l’éternelle victime des alternances politiques. Sommes-nous capables de nous mettre d’accord sur l’essentiel, et de lui garantir une politique publique stable dans la durée, ainsi que le préconise depuis si longtemps l’ensemble de la communauté éducative de notre pays ?

Si nous voulons bien admettre qu’il faut des enseignants devant les élèves dans les salles de classe, la question de leur recrutement se pose. Or, s’il est une orientation qui recueille votre assentiment enthousiaste et unanime, c’est la purge sans précédent à laquelle vous souhaitez soumettre les moyens que la Nation consacre à son école. Sur la durée du prochain quinquennat, Bruno Le Maire et François Fillon entendent supprimer 500 000 postes de fonctionnaires, Nicolas Sarkozy 300 000 et Alain Juppé entre 200 000 et 250 000. Jean-François Copé propose un gel total des embauches et Nathalie Kosciusko-Morizet la suppression du statut de fonctionnaire pour tous les emplois “non régaliens”, dont les enseignants.

Si les effectifs consacrés à la sécurité et à la justice sont épargnés, c’est donc au bas mot 100 000 emplois que vous envisagez de supprimer dans l’Éducation nationale. Bien plus que les 80 000 postes détruits entre 2007 et 2012. Alors que ce ministère compte environ 20 000 départs à la retraite par an, votre proposition signifie donc au minimum n’en remplacer aucun et fermer, faute de postes, les concours auxquels se destinent des milliers de jeunes qui se préparent à enseigner. Avec 100 000 fonctionnaires en moins, l’idée même de remplacer un professeur absent devient une chimère, l’abandon des écoles rurales une évidence, et l’explosion des effectifs en classe une certitude, au moment même où la démographie scolaire remontera dans le second degré.

(...)

Vous proposez le tri précoce des élèves, toujours les mêmes

Au lieu de cela, vous proposez le tri précoce des élèves, toujours les mêmes. Dès le CP pour Nicolas Sarkozy, en créant des classes spéciales où reléguer les élèves en difficulté. En orientant dès la 6e vers une professionnalisation rapide pour Bruno Le Maire. Ou en développant l’apprentissage précoce à 15 ans, avant la fin de la scolarité obligatoire pour François Fillon. Comme si la démocratisation scolaire était allée trop loin. Comme si l’orientation subie et imposée n’était pas la source des frustrations et de l’échec. Comme si la relégation scolaire des élèves en difficulté permettait la revalorisation de la filière professionnelle que chacun appelle par ailleurs de ses vœux. L’école du libre choix, progressif, accompagné, réversible a déjà permis, elle, de diminuer de 30 000 en cinq ans le nombre de jeunes sortant sans qualification ? N’est-ce pas préférable ?

La priorité au primaire dites-vous ? Aux fondamentaux ? Alors pourquoi proposer, comme vous le faites, de supprimer la cinquième matinée de classe dont bénéficient les écoliers depuis la réforme des rythmes scolaires ? Pour revenir à un nombre de jours d’école parmi les plus faible des pays de l’OCDE ? Pourquoi vouloir mettre fin au “plus de maîtres que de classes” qui fait des merveilles sur le terrain pour compenser, dès qu’elles apparaissent, les difficultés scolaires ? Est-ce ainsi que nos enfants maîtriseront mieux ce précieux lire-écrire-compter qui nous tient tant à cœur ? Est-ce en sacrifiant à nouveau la scolarisation des moins de 3 ans, que vous avez déjà divisée par trois quand vous étiez aux responsabilités que nous réduirons les inégalités dans l’apprentissage du français ? Où est la cohérence à reconduire ce qui a échoué dans le passé ?

(...)

Parce que la réforme du système éducatif ne produit ses effets qu’à l’échelle d’une génération d’élèves, il nous faut de la continuité républicaine dans les politiques publiques qui sont conduites.

Parce que le sens d’une politique éducative, c’est évidemment son niveau de performance sur le niveau des élèves et leur future insertion professionnelle, mais c’est aussi sa capacité à construire des citoyens confiants, des adultes heureux, libres, entreprenants et créatifs, nous devons débattre des questions de pédagogie, de transmission des savoirs et des valeurs.

Parce que nous vivons une époque mondialisée, numérisée, qui connaît des mutations économiques, technologiques, sociales, environnementales et culturelles plus rapides et profondes que jamais dans l’histoire, nous devons débattre maintenant de la place des langues vivantes, de l’apprentissage du code, des arts, ainsi que du numérique et de l’innovation à l’école.

Parce que personne ne sait aujourd’hui quels seront les métiers, emplois et compétences de demain, nous devons débattre de notre politique publique d’orientation, mais aussi de la reconsidération des filières techniques et professionnelles pour élever le niveau de qualification de tous nos élèves et élargir tous les viviers de l’excellence.

Parce que la société française traverse une crise grave, longue et profonde, qui remet en question sa démocratie, ses institutions, son modèle social, son rapport à l’immigration ou aux religions, nous devons débattre de la place de l’école de la République pour faire en sorte que nous réaffirmions, tous ensemble, la confiance que nous avons en elle, dans son personnel et les enseignants qui, malgré les difficultés, ont toujours répondu présent, et continuent de le faire avec compétence, engagement et courage en cette rentrée scolaire.

Ainsi, peut-être, je le souhaite et je l’espère, nous sortirons des faux débats, des polémiques minuscules ou des considérations grotesques sur les vertus comparées de la tablette numérique et de l’uniforme pour enfin aborder les vrais enjeux de l’école au XXIe siècle.

Najat Vallaud-Belkacem Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Tribune publiée dans le journal Le Monde daté du 10 novembre 2016.

Le texte complet est à retrouver ci-dessous

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Le projet Macron en matière d'éducation... Que de lacunes!!!!

10 Novembre 2016 , Rédigé par christophe - L'Obs Publié dans #Education, #Politique

Le projet Macron en matière d'éducation... Que de lacunes!!!!

Il dévoile enfin son programme. Dans un long entretien, à lire dans "l'Obs" en kiosque jeudi 10 novembre, Emmanuel Macron détaille ses ambitions pour la France. Voici ses 8 principales propositions.

1 - Autonomie des établissements dans le primaire

Parce qu’il pense que la mère des batailles se joue dans le primaire et qu’il veut aider plus ceux qui en ont le plus besoin, il prône "une vraie autonomie pédagogique pour les établissements" (méthodes différentes, plus de profs par classes et des professionnels plus expérimentés et mieux payés dans les écoles des quartiers les moins favorisés). Il faut selon lui leur donner "beaucoup plus de moyens et beaucoup plus d’autonomie. Il faut arrêter de saupoudrer et assumer d’y investir de façon différenciée. [...]"

2 - Réforme de la carte scolaire

Pour assurer une véritable mixité sociale, pour que les écoles accueillent des publics vraiment divers, que les enfants des quartiers aient le droit d’aller dans les établissements des centres-villes, Emmanuel Macron défend une vraie réforme de la carte scolaire. "On doit absolument la faire évoluer", affirme-t-il, s’appuyant sur l’exemple d’une mère de famille de La Paillade, à Montpellier, qui lui a confié : "Moi, avec la carte scolaire, je n’ai pas le droit de mettre mon gamin à l’école en centre-ville, c’est injuste. Il n’y a plus de petits blonds dans nos écoles".

                                            ________________________________

La suite (d'où sont extraites certaines citations ci-dessous) est à découvrir en suivant le lien en bas de page ou en achetant L'Obs (version papier) paru ce jour

Commentaires:

C'est hallucinant...

- Il faudra "rendre totalement autonomes les écoles primaires"

Totalement irréaliste et dangereux. Ou quand l'ultra libéral Macron croit qu'il suffit de prononcer le mot magique "autonomie" pour résoudre les problèmes de l'école primaire. C'est exactement le contraire qu se produira et TOUJOURS à l'encontre des mêmes élèves, des mêmes familles, des mêmes quartiers!

- "modifier la carte scolaire"

Ohhhhhhhhhhhhhhhhh quelle originalité! Je n'en dirai pas davantage. A quoi bon?

- " donner plus de moyens aux établissements les plus en difficulté"

Non???? Sérieusement? Emmanuel Macron suit décidément très mal l'actualité de l'éducation. C'est exactement ce qui se fait sous la houlette de Najat Vallaud-Belkacem.

- "remettre les classes bilangues et les options qui permettaient aux colleges en mieux fonctionner avant"

Avec cette proposition, Emmanuel Macron démontre qu'il ne maîtrise pas DU TOUT le dossier. Où a-t-il vu que les "collèges fonctionnaient mieux" avec classes bilangues et options?

Fonctionnaient mieux POUR QUI?

Triste candidat au sourire charmeur mais dont le charme ne pallie pas les graves et lourdes lacunes.

Christophe Chartreux

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Brexit... Trump... Et demain?... Mon collège à l'heure FN?...

9 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Photo Majid Bouzzit - Charente Libre

Photo Majid Bouzzit - Charente Libre

Mon collège à l'heure FN (Ceci est une fiction... Pour l'instant)

C'était un printemps comme tous les printemps. Il flottait dans l'air cette douceur oubliée pendant l'hiver. Un jour de 2020, l'avant-dernière de ma carrière d'enseignant.

Après un coup d'oeil distrait et machinal à la caméra vidéo surplombant le portique électronique filtrant les entrées, puis au drapeau tricolore qui flottait dans le vent, je retrouvai quelques collègues dans la salle des professeurs. Celle-ci avait été redécorée par notre chef d'établissement, arrivé après le cataclysme électoral de 2017... Un portrait de la Présidente de la République, un drapeau tricolore (encore!) et les photographies des élèves "méritants", ceux ayant obtenu des moyennes supérieures à seize sur vingt. Les "tableaux d'honneur". Sur le mur faisant face à celui des brillants élèves, les photographies de ceux n'ayant pas dépassé sept sur vingt. Le "mur du déshonneur". Et puis sur un troisième support, la liste des professeurs "cités à l'ordre du collège" pour leurs résultats au Brevet. Chaque matin, je ressentais ce même écoeurement, ce même dégoût... Et j'enrageais devant l'inutilité de telles méthodes. Car les pourcentages de réussite n'avaient pas évolué depuis cette "Révolution Nationale" qui se disait éducative et les résultats des élèves de notre établissement rural présentaient même de bien inquiétants signes de faiblesse aggravée. Mais il ne fallait pas en parler. C'eût été prendre le risque d'une convocation et d'un blâme de la part de notre hiérarchie qui avait tout pouvoir, y compris celui de nous licencier sur le champ  ! En toute discrétion, je prenais un malin plaisir pourtant à railler ces absurdités. Résistance...

A la sonnerie du matin, les élèves, en uniformes, se rangeaient deux par deux dans la cour face au drapeau (encore!), cette fois au pied du mât. Et gare aux retardataires, aux récalcitrants. Les surveillants, tous ayant dépassé la trentaine - il était loin le temps des "étudiants pions" - munis d'un sifflet, "chassaient" les trublions. Une fois le calme et l'ordre obtenus, une fois les rangs militairement formés avec prise de distance réglementaire, une Marseillaise était diffusée par la sono de l'établissement, reprise - c'était la règle- par tous les élèves. Deux d'entre eux, désignés la veille pour leurs classements remarquables, avaient l'honneur de hisser les trois couleurs, lentement, en gestes mesurés. La cérémonie terminée, et au coup de sifflet du Chef d'établissement lui-même, les rangées pouvaient rejoindre leur salle respective, accompagnées des enseignants, tous en costume-cravate. Chaque salle portait un nom. Il y avait la salle "Bayard", la salle "Du Guesclin", la salle "Charlemagne", la salle "Jeanne d'Arc"... A l'intérieur, au-dessus de chaque tableau, trônait le portrait du Chef de l'Etat. Cette dame qui avait su si bien lisser son discours qu'elle avait séduit même les plus brillants d'entre nous. Au moins n'avait-elle pas imposé l'apprentissage par coeur de ses discours nombreux. Elle intervenait une fois par semaine sur toutes les chaînes de télévision  !

Les cours devaient, c'était la règle et les inspecteurs nouvellement nommés y veillaient avec rage, être "frontaux". Des tables rangées en colonnes, un bureau sur une estrade faisant face aux élèves, les surplombant. Le maître sait! Le maître domine! Le "pédagogisme" n'avait plus droit de cité. Les seules méthodes tolérées étaient celles inspirées par les oeuvres du Ministre de l'Education Nationale. Dans une autre vie, il avait milité contre le diable en personne, Philippe Meirieu. Il avait commis quelques articles, quelques livres, avait tenu rubrique dans un magazine "de droite". Désormais, il faisait appliquer ce qu'il avait rêvé  : l'école du par-coeur, de l'obéissance absolue, du silence imposé y compris par les châtiments corporels, de la notation chiffrée et uniquement chiffrée, avec classements et tableaux d'honneur ou de déshonneur. Il fallait bien alimenter les murs de la salle des professeurs. Chaque fin d'année se terminait, y compris en collèges et lycées, par une distribution des prix en présence des autorités de la commune. Les "cancres" n'étaient pas oubliés ce jour-là. Un bonnet d'âne leur était remis sous les huées de leurs camarades. C'est ainsi que s'opérait la sélection précoce. Qui commençait dès le primaire! Il fallait mériter la sixième. Les plus "mauvais" étaient impitoyablement obligés de redoubler puis, s'ils échouaient encore, se voyaient imposer des orientations - à neuf ans! - pré professionnalisantes. Les autres avaient droit à l'apprentissage du français, des mathématiques et de l'Histoire (celle des héros et des "grandes dates" surtout et quasi exclusivement), les matières nobles dont les horaires avaient été singulièrement alourdis. Cela correspondait à l'aberrant projet du parti de notre Présidente  :

« Le français, langue latine s’écrivant dans un alphabet latin, seule la méthode syllabique est appropriée pour apprendre à le lire et à l’écrire correctement. Son enseignement comprend le vocabulaire, l’orthographe, la grammaire et l’approche des grands auteurs. (...) S’y ajoutent d’une part des notions solides sur l’histoire de France, à partir de la chronologie et de figures symboliques qui se gravent dans les mémoires, d’autre part une connaissance de la géographie du pays, reposant sur des cartes. À l’école primaire, s’ajoute encore l’apprentissage du calcul. Tout au long de la scolarité, les enseignements doivent être délivrés dans une langue limpide, d’où sont bannis les termes jargonnant et les dernières modes qui peuvent agiter légitimement les spécialistes. L’objectif n’est pas un savoir de spécialistes, mais un viatique pour vivre ensemble. »

(Extrait du programme FN)

"Vivre ensemble"... Oui bien entendu... Mais voilà... Depuis l'arrivée au pouvoir des extrémistes "nationaux-populistes", nous ne vivions "ensemble" qu'à condition d'exclure. Bien étrange vision de l' "ensemble". Année après année, les étrangers outre-méditerranéens, les français musulmans, les français qui n'étaient pas "de souche", avaient été écartés par divers moyens, ou s'étaient exclus d'eux-mêmes, les uns en retrouvant leur pays d'origine, les autres en étant inscrits dans des écoles privées, confessionnelles ou pas. A vouloir vivre ensemble mais entre "blancs catholiques français", notre Ecole se vidaient de ses sangs...

Cela faisait plaisir aux quelques collègues membres du Collectif Racine. 

Christophe Chartreux

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Ecole 2017... Repenser une École à taille humaine dans une architecture adaptée

9 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Ecole 2017...  Repenser une École à taille humaine dans une architecture adaptée

Repenser une École à taille humaine dans une architecture adaptée

Le droit à des lieux d’étude et de travail de qualité est un droit inaliénable pour tous les acteurs de l’École

L’École donne souvent le sentiment de s’enliser : dans la routine du quotidien de la classe, dans la succession rituelle des cours, des changements de salles ou d’enseignants, dans cette image (partagée par les élèves comme les professeurs) de classes surchargées à l’intérieur d’établissements scolaires déshumanisés.

L’unité scolaire de référence : les « unités éducatives »

L’École doit profondément repenser les cadres et les structures qui se sont indurés depuis deux siècles. Pour apprendre « autrement » et « d’autres savoirs », il faut être capable d’opérer une rupture radicale dans le lieu même où elle opère. La forme scolaire dominante doit vraiment être interrogée, bousculée.

Une structure  d’établissement repensée

Dans ses grandes lignes, il faut imaginer (pour le collège et le lycée principalement) une autre vision de ce que peut être un établissement. Une structure matricielle pourrait se décliner comme suit :

- Établissements  (collèges/lycées) de 60/100 élèves :  C'est  à dire des « unités éducatives » (expression chère à  Philippe Meirieu), regroupées géographiquement par deux ou trois  de 100 élèves chacune et remplaçant les établissements/usines  pouvant dépasser 1500 élèves en collèges !

- Équipes  pédagogiques, au sens large, stables. Pour obtenir cette stabilité  il sera impératif de repenser le recrutement et les nominations  nationales qui, jusqu'à aujourd'hui, ne favorisent en aucun cas  cette stabilité souhaitable.

- Fonctionnement  souple et articulé : temps passé en grand groupe, en groupes  stables, les groupes de besoin…

- Une autre conception  du travail supposant une formation disciplinaire élargie et une  initiation à l’ensemble des savoirs que les élèves sont  supposés construire ; nouvelle compétence indispensable à un  moment où certains objets d’enseignement supposent des  collaborations interdisciplinaires, voire des recompositions  disciplinaires (la question du Développement Durable, par exemple).

Une structure souple  et modulable

Ces « unités éducatives » seront confiées à des équipes d’enseignants dont le service sera entièrement repensé, en concertation avec toutes les parties prenantes.

L’ensemble des élèves pourra ainsi être réuni régulièrement pour des mises au point institutionnelles, des propositions d’activités, des projets pédagogiques à construire mais aussi des déplacements non plus par classes mais par « unités éducatives » favorisant.

Les « classes » seront remplacées par des groupes de travail hétérogènes :

- groupes stables pour les 2/3 du temps employé

- groupes de besoins voire même de niveau pour le 1/3 restant du temps employé.

Groupes homogènes dans ce cas et très souples d’usage.

Ces groupes de travail peuvent être de taille variable selon les disciplines et très perméables à toute arrivée ou sortie d’élève, selon les difficultés ou progrès de celui-ci. En collège et dès les « groupes-classe nouveaux arrivants », il sera mis en place (entre autres outils) un système de tutorat pour les élèves décrocheurs, ceux dont les incivilités sont fréquentes et qui auront été repérés en amont grâce au travail commun des équipes pédagogiques de CM2 et de collège. Mesure qui doit rester exceptionnelle en raison des moyens mobilisés en amont. Dans ce dernier cas ultime, il conviendra de renforcer significativement les dispositifs existants : classes relais nécessitant des moyens matériels et humains. Il conviendra également de reconsidérer l’exclusion temporaire comme n’étant pas toujours sécuritaire mais bel et bien éducative.  

Christophe Chartreux et Nicole Allieu-Mary

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Comment expliquer les élections américaines aux élèves?...

9 Novembre 2016 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Politique, #Education

Comment expliquer les élections américaines aux élèves?...

Des ressources vidéos et audios sur les élections américaines

une page consacrée aux élections américaines

Une vidéo en anglais

vidéo explicative animée

Une autre vidéo sur le fonctionnement de l’élection générale et du collège électoral 

Une liste de vocabulaire spéciale élections.

La clé des langues publie les clips de campagne de Donald Trump et d’Hillary Clinton pour une analyse en classe

Et tout cela grâce à VousNousIls, site pédagogique toujours très informatif à suivre ci-dessous et à mettre en favori évidemment!

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Catastrophe aux USA... Oui, mais pourquoi?...

9 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

Catastrophe aux USA... Oui, mais pourquoi?...

Catastrophe - l'avenir très proche démontrera qu'il s'agit bien d'une catastrophe - aux USA dont nos politologues vont devoir analyser très finement les causes.

Car si les USA ne sont pas la France, le "seisme" provoqué par l'élection de Donald Trump pourrait, si l'on n'y prend pas garde, en annoncer d'autres.

Il va falloir que les "français de progrès", aillent sur le terrain, choisissent les "bons thèmes":

Emploi/Santé/Retraite/Fiscalité/Education/Ecologie/UE par exemple...

et SURTOUT sachent REPARLER aux catégories sociales "délaissées", souvent d'un niveau éducatif assez bas (Sans que ce soit péjoratif).

J'ai écrit, il y a maintenant 10 ans:

"Les décrocheurs d'aujourd'hui seront les électeurs du FN demain"... Nous y sommes... A force de sélectionner par l'échec et uniquement par l'échec, à force de dévaloriser l'apprentissage et le travail manuel, des catégories sociales ont perçu leur situation comme un abandon. Nous risquons de récolter des années de politique d'une droite imbécile qui, imbécilité suprême, est prête à poursuivre dans le même sens!

Il conviendra également d'analyser finement le vote des jeunes aux Etats-Unis. Beaucoup soutenaient Bernie Sanders et, d'après les premières lectures, nombreux sont ceux parmi ces électeurs-là à ne pas être allés voter.

C'est bien gentil, presque "romantique", d'être clivant mais stratégiquement - car une élection c'est AUSSI de la stratégie, que cela plaise ou non - c'est TRES dangereux... Sans dire, évidemment, que Bernie Sanders a provoqué la chute de la "maison Clinton", il ne l'a pas aidée... Question subsidiaire: a quoi a-t-il servi? A qui a-t-il été le plus "utile"?

En tout cas, surtout ne baissons pas les bras ni la tête et allons encore plus fort au combat qui nous attend.

Evitons l'engrenage:

Brexit... Trump... Quel pays subira la catastrophe suivante?....

Christophe Chartreux

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Ecole 2017... Le droit à l’éducation pour chacun est inaliénable... Quatre principes préalables...

8 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Ecole 2017... Le droit à l’éducation pour chacun est inaliénable... Quatre principes préalables...

Ecole 2017... 

Dans une quête de cohérence, il s’agit de proposer à nos concitoyens - avec l'espoir que beaucoup s'en emparent – les fondements éthiques d’un nouveau contrat pour l’École. Déjà engagé par Najat Vallaud-Belkacem et qui doit être consolidé.

- Aucun  individu, pour quelque raison que ce soit, ne doit être privé du  Droit à l'éducation, par quelque empêchement que ce soit : l’État  et les collectivités territoriales s’engagent à en permettre  l’égal accès à tous. Premier principe.

- La localisation  géographique, le milieu social ne doivent pas être des variables  d’inégalité non maîtrisées et donc considérées comme des  fatalités : l’État et les collectivités territoriales  s’engagent à en réduire les effets. Ne  faudrait-il pas poser une question « tabou » (parmi tant  d’autres concernant l’École, et y répondre même si ce n'est  pas l'objet de ce livre) : quid  du traitement différentiel des lieux défavorisés ? Pourquoi  ne pas provoquer un débat sur la localisation des établissements  d’excellence ? Second principe

- Les enfants et les  jeunes handicapés, ceux en maladie de longue durée, ceux victimes  de phobie scolaire… doivent avoir leur place, à part entière,  dans l’école : soit dans des structures adaptées, soit dans les  structures traditionnelles, soit en bénéficiant de soutiens  particuliers, en fonction des spécificités de chaque situation et  en dialogue entre les familles et les milieux professionnels  concernés. L’État et les collectivités territoriales s’engagent  à conjuguer leurs moyens pour assumer la part qui leur revient aux  côtés des familles. Troisième principe

- La société est  solidairement responsable de son projet d’éducation : toutes  les composantes de la société doivent y contribuer puisque chaque  enfant qui échoue, chaque jeune qui sort du système éducatif,  déjà exclu du monde de la connaissance et de celui du travail,  interpelle la société des citoyens toute  entière. Quatrième principe

Des conditions d’exercice à la hauteur des enjeux

Ce droit inaliénable à l'éducation englobe tout à la fois un cadre éducatif plaisant, des conditions de scolarisation exigeantes, des conditions d’accès aux ressources documentaires, culturelles et sportives offertes à chacun des élèves, une formation des personnels éducatifs optimale.

La  visée est celle de l’excellence, pour tous, des conditions mêmes  de ce droit à l’éducation. Qu’il s’agisse de la qualité des  lieux ; de l’offre en terme d’activités intellectuelles,  manuelles, culturelles, sportives, artistiques ; de l’accès à  tous les types de ressources documentaires ; de l’encadrement  offert pour apprendre à utiliser les formidables ressources du  monde d’aujourd’hui.

Changer  profondément le cadre de l’éducation ne peut être le fait du  court terme ni de l’addition d’ajustements à la marge. Il  s’agit d’avoir une visée ambitieuse pour l’avenir – une  « feuille de route » – afin que convergent les efforts  de tous les acteurs du système en direction de l’accès à la  connaissance, à la culture, aux TICE, aux Arts.

Il  s’agit donc de penser, dès aujourd’hui, aux types de personnels  d’accompagnement nécessaires et aux moyens concrets pour mettre  en synergie, dans les établissements scolaires, l’ensemble des  acteurs intéressés par un tel projet : étudiants devenus  tuteurs ; parents,  séniors ayant des compétences dans un domaine comme  l’informatique, la communication, etc. ; personnels  enseignants souhaitant s’impliquer dans de telles activités ;  professionnels en tous genres, citoyens tout simplement ?

Christophe Chartreux

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Plaidoyer pour l’Excellence et sa démocratisation exigeante...

7 Novembre 2016 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Education, #Politique

Photo MEN - NVB

Photo MEN - NVB

Samedi 5 novembre 2016, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, était l’invitée de la Nuit de l’Agrégation, organisée à l’occasion du 250ème anniversaire du concours par la Société des Agrégés.

Retrouvez ici l’intervention de la ministre en forme de leçon d’agrégation.

                                __________________________

Madame la présidente de la société des agrégés,
Mesdames et messieurs les agrégés,
Mesdames et messieurs,

Au moment de commencer cette leçon, je veux vous dire le plaisir que j’ai à être parmi vous ce soir, en cette année où l’agrégation fête ses 250 années d’existence. 

Ce plaisir est encore renforcé par un soulagement : vous m’avez proposé une leçon. C’est un soulagement car j’ai craint, un instant, que vous n’ayez l’idée de ressusciter une autre épreuve de ce concours, moins connue : celle de la correction des copies, abolie en 1885.

« Pense-t-on politiquement comme on est socialement ? » tel est le sujet que vous avez soumis à ma réflexion.

Vous ressentez, je pense, comme moi, dans sa formulation même, cet alliage de réflexion, d’érudition, mais aussi de références sous-entendues qui fait le véritable sujet de leçon d’agrégation. Ce sujet, en apparence innocent, dissimule une citation célèbre, d’une étude célèbre, d’un auteur célèbre.

La candidate est donc supposée le faire finement remarquer par une phrase du type : « On reconnaît là, évidemment, la formule par laquelle Paul Lazarsfeld résume son paradigme déterministe, dans son enquête The People’s Choice, parue en 1944 aux Colombia University Press ». Ne pas reconnaître là, évidemment, Paul Lazarsfeld, exposerait la candidate à une question piégeuse d’un membre du jury, prononcée affablement : « Dites-moi, les travaux de Lazarsfeld vous sont-ils familiers ? »

Ces questions font l’effroi du candidat et la joie du reçu. Elles font partie de la légende de l’agrégation, de son folklore. Un peu comme l’inévitable condisciple croisé à la sortie d’une épreuve écrite qui s’exclame, profondément choqué : « Comment ! Tu n’as pas parlé de Schumpeter ?! »

Mais retournons à notre leçon.

La tension au cœur du sujet proposé est double : celle du déterminisme et de la liberté d’une part. Celle du politique et du social, d’autre part.

Cette tension s’aborde généralement à partir d’un cas précis : le vote. Il existe, si l’on schématise, deux conceptions de ce qui se passe quand on vote.

La première, déterministe, considère que des facteurs structurants influencent le votant. Peu importe les discours, les campagnes et les médias, le vote se détermine ailleurs – ce qui, soit dit en passant, laisse songeur quand on regarde le coût des campagnes présidentielles américaines actuelles.

Ce qui distingue les tenants du modèle déterministe, c’est la source principale d’influence : l’environnement social, c’est la thèse de Lazarsfeld ; le contexte géographique ; l’appartenance religieuse, aussi, phénomène étudié dans les années 1970 par Guy Michelat et Michel Simon en France ; ou bien, selon des chercheurs de l’université du Michigan,  l’« identification partisane », qui, dans le contexte français, correspond grosso modo au clivage droite-gauche.

Et comme ce clivage est régulièrement dénoncé comme obsolète, je ne résiste pas, sur ce sujet, au plaisir de citer Alain :

« Lorsqu’on me demande si la coupure entre partis de droite et partis de gauche a encore un sens, la première idée qui me vient est que l’homme qui pose cette question n’est certainement pas un homme de gauche! »

Bref, dans toutes les approches déterministes, ce qui fait que je dépose ce bulletin dans l’urne me dépasse un peu.

Le second modèle s’est développé dans les années 1970, dans la lignée de la critique par Key de la « camisole de force » des déterminants, et tend à valoriser le libre-arbitre.

Mais moins qu’à la liberté transcendantale chère à Kant, c’est le modèle rationnel d’Anthony Downs dans An Economic Theory of Democracy qui est convoqué.

Le vote s’envisage alors  selon un modèle économique du libre choix comparatif : « Je tâte, je compare, et décidément le candidat A lave beaucoup plus blanc que le candidat B ! C’est lui qu’il me faut ! »

Comme souvent, la vérité est dans la nuance et l’entre-deux. On citera par exemple l’article « Les variables lourdes en sociologie électorale », de Nonna Mayer et Daniel Boy : « Son choix – celui de l’électeur – est le fruit d’un processus où se mêlent facteurs sociaux et politiques, structurels et conjoncturels, à long terme et à court terme ».

De la même manière que la pensée politique ne se résume pas au seul vote, l’être humain n’est ni un pur homo economicus, ni un animal politique à sang froid. Il est tout cela à la fois et ne s’y résume jamais. Il est sensible et sensé, et j’ajouterais pour ma part, avec Georges Steiner, que nous sommes aussi « un animal dont le souffle de vie est celui des rêves parlés, peints, sculptés et chantés ».

Ma première partie consistera donc à répondre oui à la question posée. Puis à répondre non. Puis à terminer, selon l’inspiration du moment, par une partie intitulée « peut-être » ou « pourquoi pas ? ».

Mais au moment de m’engager dans ce plan furieusement original, voici que se présente à moi un chemin de traverse que je m’empresse d’emprunter. 

Il y a, dans le déterminisme, quelque chose de contradictoire avec le politique. Et en cette année où nous célébrons les 80 ans du Front Populaire, il est difficile de ne pas évoquer la figure de Léon Blum.

Rien ne prédestinait le critique d’art bourgeois à devenir une figure marquante du socialisme français. Ce que nous dit le parcours de Blum, c’est qu’une pensée politique se forge aussi par la culture, par la réflexion, par l’ouverture à ce qui n’est pas soi.

Voilà comment un gouvernement qui a beaucoup fait pour le progrès social, beaucoup fait pour la condition ouvrière, était dirigé par un homme qui n’était ni ouvrier, ni issu du peuple, mais qui a su transcender sur le plan politique sa condition sociale.

Si vraiment le déterminisme triomphait, la politique s’abolirait d’elle-même. Il n’y a de politique que parce que l’on croit que l’on peut faire évoluer les choses pour l’ensemble de la société.

Vous savez, j’ai été ministre des droits des femmes. Et quand j’explique, encore aujourd’hui, que c’est une cause qui me tient à cœur, la réponse ne se fait pas attendre : « C’est normal, vous êtes une femme ! ».

Réponse banale, en apparence. Réponse pourtant très étonnante. Un homme qui se consacre aux droits de l’homme est un humaniste. Son horizon est le bien commun. Mais une femme qui défend les droits des femmes serait une sorte de lobbyiste, avec pour seule perspective son intérêt personnel.

Les droits des femmes ne sont pas un domaine réservé aux femmes ! Il ne s’agit pas d’un nouveau hobby typiquement « féminin », qui prendrait, au XXIème siècle, le relais du macramé ou du tricot.

Si je défends les droits des femmes, c’est d’abord en tant qu’être humain ; en tant que citoyenne d’une République dont la devise est liberté, égalité, fraternité ; en tant que démocrate et en tant que personne farouchement attachée à vaincre les inégalités. Toutes les inégalités.

C’est justement l’un des grands enjeux d’aujourd’hui, que de parvenir à faire cesser cette idée que l’on ne lutte que contre les inégalités dont on souffre ! Que de rappeler que lutter pour les droits des femmes, c’est aussi lutter pour ceux des hommes !

Et j’irai plus loin encore. Si vous ne pensez pas que l’on puisse s’abstraire de ce déterminisme, alors il n’y a aucun sens à enseigner.

L’École repose sur une idée fondamentale : celle du progrès. Celle de l’émancipation.

Alors, oui, on connaît les travaux de Bourdieu sur la distinction, sur la reproduction sociale. Et oui, évidemment, il y a dans ce qu’il dit énormément de choses justes. Mais je n’oublie pas non plus le Bourdieu des Méditations Pascaliennes, qui écrivait, je le cite : L’Ecole est un « temps libre et libéré des urgences du monde qui rend possible un rapport libre et libéré à ces urgences, et au monde. »

Ce faisant il remettait en évidence l’étymologie grecque du mot école : celle de skhôle, le temps libre.

L’École nous donne de la distance : celle de la connaissance. L’esprit qu’elle défend est l’esprit de complexité.

Apprendre, c’est développer une familiarité profonde avec ce qui au départ était inconnu, ou méconnu. C’est s’ouvrir aux autres, à l’altérité pour façonner avec eux quelque chose de commun.

Cette relation aux autres, c’est celle qui s’élabore à travers la maîtrise de la langue française et des fondamentaux ou par le respect des règles qui régissent la vie de l’école et la vie dans l’école.

Cette relation, c’est celle, essentielle, qui se façonne avec les professeurs. C’est aussi celle qui, à travers des lectures, des apprentissages, des visites ou des ateliers, va inscrire l’élève dans un héritage beaucoup plus vaste, celui des siècles passés.

Et c’est cette importance de la relation à l’autre et aux autres au sein de l’école, cette part essentielle à l’œuvre dans tout enseignement, qui m’amène à ne pas considérer qu’il y aurait d’un côté la question de la réussite de nos élèves et de leur formation, et de l’autre celle, plus accessoire, des inégalités et de la mixité sociale. Les deux sont profondément liés.

Affirmer la force de l’Ecole ne doit donc pas nous aveugler sur la situation.

Oui, les déterminismes sociaux et économiques existent. Oui, ils pèsent sur la scolarité de nos élèves. Et c’est justement parce que l’École est une institution précieuse, qu’il est important qu’elle ne soit pas une machine à reproduire les inégalités.

Alors, je sais que quand on traite des déterminismes, on se voit fréquemment opposer des contre-exemples. On vient même parfois me voir, en me demandant : « Vous êtes ministre ! N’êtes-vous pas la preuve que le système fonctionne ? »

Et quand on ne me questionne pas sur mon cas personnel, on me cite tel élève, dans une situation de précarité extrême, qui a réussi un parcours brillant.

Ces contre-exemples constituent d’indéniables réussites. Je les salue, et je m’en réjouis. Mais je refuse d’en faire des arguments pour ne rien changer.

Ces contre-exemples représentent ceux que Ferdinand Buisson appelait « les exceptions consolantes » ; ceux qu’Alain nommait les « pics superbes nés du peuple » utilisés pour « donner un air de justice à l’inégalité ».

Je crois au mérite. Je le défendrais toujours. Mais cela n’empêche nullement la lucidité.

En 9 ans, entre les résultats PISA 2003 et PISA 2012, la France est passée du groupe des pays dont la performance est supérieure à la moyenne de l’OCDE au groupe des pays dont la performance est dans la moyenne de l’OCDE. Et la France est devenue, triste victoire, la championne de l’OCDE du déterminisme social.

Le poids des inégalités économiques et sociales n’a jamais été aussi fort. Jamais nous n’avons connu de telles situations, avec plus de 82% de collégiens d’origine sociale défavorisée scolarisés dans 10 % seulement des collèges.

C’est la raison pour laquelle, avec la refondation de l’Ecole, nous avons mis en œuvre une entreprise de réforme d’une ampleur historique. Et cette ampleur, j’en suis consciente, a pu susciter, une certaine inquiétude. Des réserves aussi.

Mais cette ampleur était nécessaire : quel sens y aurait-il eu, par exemple, à ne pas prendre en compte la maternelle et le primaire ? Quel sens y aurait-il eu à se contenter de réformer le collège ? Et pouvions nous changer les programmes, sans changer, aussi, sur certains points, la façon d’enseigner ?

Il fallait agir, résolument, à tous les niveaux. Sans jamais perdre de vue deux dimensions essentielles : renforcer les apprentissages, en particulier les fondamentaux ; réussir une démocratisation de l’exigence, en agissant contre les inégalités économiques et sociales, et en renforçant la mixité.

Il y a une réplique du Mariage de Figaro que vous connaissez sûrement : « Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus. » Cette phrase, j’aimerais qu’elle soit l’apanage du passé. Ce n’est pas le cas. Elle est encore d’actualité. Trop souvent, sous couvert de défendre le mérite, on promeut une excellence dynastique, et non une excellence républicaine.

On nous dit « démocratiser l’excellence c’est la pervertir ! ». Mais sauf erreur de ma part, il n’y a pas une quantité limitée d’excellence ! Tout comme il n’y a pas une seule voie qui y conduit ! Ce qui la caractérise, c’est l’effort, l’exigence, le travail et aussi, vous le savez bien, un certain plaisir ! Et cela, tout élève peut le développer, le ressentir. Mais encore aujourd’hui, « l’excellence » obéit à des logiques qui donnent un rôle trop important au milieu d’où vous venez.

Alors oui, il est difficile, pour quelqu’un qui a travaillé dur d’entendre que son contexte familial et social a contribué à sa réussite. Cela s’oppose à son ressenti personnel. Mais c’est un fait. Et ce n’est pas sale, ce n’est pas grave, tant mieux pour lui ! Mais je veux, moi, pouvoir offrir aussi cette chance à ceux qui ne l’ont pas ! C’est le sens par exemple des parcours d’excellence que nous avons mis en place. L’excellence Républicaine, c’est donner à tous les élèves les ambitions de leurs moyens ; ce n’est pas fossiliser une élite !

Arriver au sommet, c’est bien : mais si l’on veut parler de mérite et d’excellence, il faut aussi voir d’où l’on part. La ligne d’arrivée peut-être la même : mais dans un cas la scolarité, pour un élève, sera un 100 m, quand elle sera pour d’autres un marathon.

Si nous voulons que l’École continue à assumer la mission qui est la sienne depuis toujours, alors oui, il faut prendre en compte les inégalités.

Il y a pire que de voir une pensée politique déterminée par ce que l’on est socialement. C’est de voir la pensée tout court s’y soumettre, et la scolarité en dépendre.

Et si c’est particulièrement important aujourd’hui, c’est que l’École, en tant qu’institution, est dans une situation singulière.

Je n’aime pas idéaliser le passé. Mais je sais aussi que pendant longtemps, il y avait, au sein de la société française, un certain respect pour la culture, la connaissance et les savoirs.

Aujourd’hui, dès qu’ils sortent de l’école, nos élèves sont confrontés à des discours qui dévalorisent le savoir, l’art et la culture, et qui ne tendent qu’à valoriser ce qui est matériel, utilitaire, monétaire. Et le pire, dans ce discours dominant, où la valeur l’emporte sur les valeurs, c’est qu’il s’agit d’un mensonge faramineux.

En réalité, ceux qui font le monde d’aujourd’hui, ceux qui font les réussites d’aujourd’hui, doivent énormément à l’École, et à des filières et des disciplines que l’on tend à décrier.

Je n’ignore pas la crise des vocations qui affecte les filières littéraires. Mais c’est étonnant qu’à une époque où jamais les séries télévisées n’ont eu autant d’audience et d’influence, on oublie qu’elles viennent de l’écriture. Et si l’on y prête attention, on décèle dans leurs intrigues bien des emprunts à La Poétique d’Aristote.

On observe aussi, depuis les poèmes latins d’Ovide, jusqu’à certaines chansons actuelles, en passant par les poèmes de Chénier, la persistance de certains thèmes, comme celui du paraklausithyron, où le poète se lamente devant la porte close de celle qu’il aime.

Voilà pourquoi ce que j’ai voulu faire, à la tête de ce ministère, c’est créer des liens. Rapprocher les savoirs. Généraliser aussi, ce qui, jusqu’à présent, était réservé à quelques-uns. 

J’ai voulu rappeler, en somme, la force de cette simple conjonction de coordination : le « et ».

Oui, on peut à la fois ne rien négliger de l’instruction et ne pas méconnaître la formation du citoyen !

Oui, on peut développer l’éducation artistique et culturelle et s’assurer que tous nos élèves connaissent l’Histoire, les mathématiques et les sciences !

Oui, nous avons besoin du numérique et des langues et cultures de l’Antiquité !

Et oui, on apprend en suivant des cours, mais aussi en faisant, en s’engageant dans des projets : c’est la force des parcours comme des EPI que de lier les connaissances et l’expérience, les savoir et les savoir-faire.

En favorisant l’interdisciplinarité – qui, comme son nom l’indique, ne supprime pas les disciplines, mais favorise les interactions entre elles – on renoue avec une haute ambition, celle de l’humanisme, qui portait une certaine conception de l’être humain et de l’ouverture au monde.

Articuler les connaissances à des projets, c’est ancrer les savoirs dans une pratique qui renforce leur sens. C’est ne plus laisser dépendre ce sens du seul capital culturel dont vous héritez.

On ne prive jamais impunément un être humain de sens. Car alors, vous pouvez être assurés qu’il va aller le chercher ailleurs. Autre part. Et généralement, vers le pire. Loin de l’humanisme et de ce qui nous rassemble.

Alors, pour revenir in extremis au sujet de cette leçon, pense-t-on politiquement comme on est socialement ?

Sans doute un peu. Non sur le mode d’un déterminisme sclérosant, mais comme une source d’inspiration.

Oui, dans les idées que je défends, comme dans mon action, il entre sans doute la force  d’un souvenir vécu : celui de l’élève que je fus, dans un de ces quartiers que l’on qualifie pudiquement de « difficile ». Une élève qui n’a pas oublié ses camarades de classe qui n’ont pas eu sa chance.

Voilà ce qui nourrit en moi une conviction profonde : le grand défi que nous devons relever aujourd’hui, depuis la maternelle jusqu’à l’université, c’est celui d’une démocratisation exigeante.

C’est ainsi que nous pourrons assurer, à chaque élève, d’où qu’il vienne, qu’il n’a pas devant lui un destin à subir, mais bien un avenir à construire.

Je vous remercie.

Najat Vallaud-Belkacem
Ministre de l’Éducation nationale,
de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

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