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Vivement l'Ecole!

Articles avec #politique tag

Vocabulaire: parlez-vous le Macron? (Vidéo)

19 Février 2017 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Politique, #Vocabulaire

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Jean Zay, figure de gauche et de la laïcité récupérée par le FN (et par d'autres)...

19 Février 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Laïcité, #Politique, #FN

Résultat de recherche d'images pour "laicite front national"

Dessin de Jean-Marie Olaya pour Les Cahiers Pédagogiques

EXTRAIT

Des circulaires de celui qui fut ministre de l'Education nationale sous le Front populaire sont utilisées pour défendre de nouvelles attaques contre les musulmans. Hélène Mouchard-Zay, sa fille, s'attaque à ce «rapt».

Quand elle a vu ça, elle est «tombée de sa chaise», dit-elle à Libération. Hélène Mouchard-Zay est la directrice du Cercil-Musée Mémorial des enfants du Vel d’Hiv d’Orléans. L’objet de sa surprise figure dans le programme de Marine Le Pen, candidate du Front national à l’élection présidentielle. Voici sa proposition n°102, sur les 144 que compte son programme :

«Faire de l’école un "asile inviolable où les querelles des hommes n’entrent pas" (Jean Zay), donc en y imposant non seulement la laïcité, mais également la neutralité et la sécurité.»

Laïcité, neutralité, sécurité ? Le programme de Marine Le Pen ne précise pas ce qu’elle entend par ces mots. S’agirait-il d’aller plus loin que la loi de 2004, qui interdit le port de signes religieux «ostensibles» à l’école ? Et si oui, de quelle manière ? Contacté, le directeur de la communication de la candidate, Florian Philippot, n’a pas répondu.

A défaut de préciser son propos, Marine Le Pen se réfère à une grande figure de l’Education nationale française, Jean Zay. Une figure de gauche aussi : ministre sous le Front populaire, résistant, Jean Zay a été assassiné par la milice française en 1944. Hélène Mouchard-Zay est sa fille et voir son père récupéré par le Front national la dérange beaucoup.

L’école, un «asile inviolable où les querelles des hommes n’entrent pas» : ces mots sont bien de Jean Zay. Ils figurent dans une circulaire signée par le ministre de l’Education nationale le 31 décembre 1936, portant «sur l’absence d’agitation politique dans les établissements scolaires». A cette circulaire en succédera une autre, le 15 mai 1937, «interdisant le prosélytisme religieux». Elles sont toutes deux lisibles dans leur intégralité sur le site de la BNF. Au cours des dernières années, ces deux circulaires ont été régulièrement citées dans les débats sur la laïcité et l’école. Et les voilà qui reviennent donc dans le programme du FN. Mais que disent-elles vraiment ? Et surtout, dans quel contexte ont-elles été adoptées ?

Des circulaires pour contrer l’influence de l’extrême droite

Le contenu, d’abord. La circulaire du 31 décembre 1936 vise des méthodes d’agitation politique menées par des personnes ou des partis non désignés : «Ici le tract politique se mêle aux fournitures scolaires. L’intérieur d’un buvard d’apparence inoffensive étale le programme d’un parti. Ailleurs, des recruteurs politiques en viennent à convoquer dans une "permanence" un grand nombre d’enfants de toute origine scolaire, pour leur remettre des papillons et des tracts à l’insu, bien entendu, de leurs parents et les envoyer ensuite les répandre parmi leurs condisciples», dénonce Jean Zay. «On devra poursuivre énergiquement la répression de toute tentative politique s’adressant aux élèves ou les employant comme instruments, qu’il s’agisse d’enrôlements directs ou de sollicitations aux abords des locaux scolaires», ajoute-t-il.

La circulaire du 15 mai 1937 complète celle de 1936 en précisant que ces recommandations valent aussi pour les «propagandes confessionnelles» : «L’enseignement public est laïque. Aucune forme de prosélytisme ne saurait être admise dans les établissements. Je vous demande d’y veiller avec une fermeté sans défaillance.»

Le contexte, ensuite. Dans un texte publié sur Facebook, et partagé notamment par l’actuelle ministre de L’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, Hélène Mouchard-Zay le rappelle : «Ceux […] qui, dans les années 30, menacent la laïcité, ce sont essentiellement les ligues d’extrême droite qui, pour détruire la République, maintiennent l’agitation dans les établissements scolaires et cherchent à y introduire leur propagande, par toutes sortes de ruses : tracts, recruteurs, enrôlement, etc. C’est contre les menées de ces ligues que Jean Zay veut protéger les enfants, et par la protection de la loi.»

Plus loin, Hélène Mouchard-Zay rappelle les liens historiques qui rapprochent précisément le Front national de ceux à qui Jean Zay s’opposait : «En 1940, c’est cette même extrême droite qui accueille comme une "divine surprise" (Maurras) l’accession au pouvoir, grâce à la victoire de l’Allemagne, de Pétain et de ce régime qui va s’empresser de mettre à mort la République, avant d’engager les persécutions contre ceux qu’il désigne comme "l’anti-France". Ses journaux, en particulier Gringoire et Je suis partout, ne cessent pendant toute l’occupation d’alimenter la haine contre les juifs et les résistants, et Jean Zay, depuis toujours détesté par l’extrême droite, continue à être l’une de leurs cibles principales. La milice s’engage activement dans cette chasse à mort contre les juifs et les résistants. Cette même milice qui assassinera Jean Zay en 1944… Le FN est l’héritier historique de cette extrême droite française, maurrassienne et pétainiste. Il ne s’en est jamais démarqué, et chacun peut constater l’inspiration maurrassienne des idées qu’il développe.»

Quant à la «neutralité» vantée par Marine Le Pen à travers ces circulaires, là aussi, Hélène Mouchard-Zay estime que la candidate du FN tape à côté de la plaque : «Jean Zay appelle les enseignants à la mobilisation pour la défense de la République et les valeurs qui la fondent. S’il refuse tout militantisme politique, idéologique ou religieux dans l’école, c’est au nom des valeurs qui fondent la République et que combat au contraire Marine le Pen : il veut une école qui apprenne à juger par soi-même et non à applaudir des hommes – ou des femmes – providentiel(le)s. Il veut une République ouverte, fraternelle, solidaire, qui n’exclut personne en raison de ses origines ou de sa religion, et dont le fondement est une école qui accueille tous les enfants, quels qu’ils soient, et qui tente de les ouvrir au monde.»

Une vision aux antipodes donc de celle que défend Marine Le Pen, qui voudrait voir l’interdiction des signes religieux, et notamment des voiles islamiques, étendue à tous les lieux publics… tout en favorisant l’enseignement privé hors contrat.

(...)

Frantz Durupt

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Exemple "pédagogique" par l'image de la contradiction... Ou quand Macron "enfume"...

19 Février 2017 , Rédigé par Mediapart - Liberation Publié dans #Education, #Politique, #Macron

L'enfumage de Macron sur le cannabis, de la dépénalisation à la «tolérance zéro»

Boulette.

Interviewé par le Figaro ce vendredi, Emmanuel Macron évoque sa politique dite de «tolérance zéro à l'égard de la délinquance», notamment en matière de stupéfiants. Au sein du même entretien, il semble se contredire lui-même, en déclarant d'abord qu'une amende de 100 euros payable sur-le-champ serait «plus dissuasive et efficace» qu'une «réponse pénale plus tardive et théorique». Une stratégie de «contraventionalisation» comme dira plus tard son porte-parole Arnaud Leroy correspondant donc concrètement à une dépénalisation - sous-entendu du cannabis. Dans son livre Révolution, il évoquait déjà cette piste, écrivant selon Paris Match qu'il est «vain de pénaliser systématiquement la consommation de cannabis».

Sauf qu'à la question suivante du Figaro, le candidat d'En Marche répond : «je ne crois pas à la dépénalisation des "petites doses" ni aux peines symboliques, cela ne règle rien». Début novembre, dans un entretien vidéo pour Mediapart à retrouver ci-dessus, Macron disait à ce sujet avoir une «opinion pas définitive» (une habitude visiblement chez lui), expliquant qu'«il y a des choses qu'on mâture, plutôt que dire une chose et d'y revenir, je préfère être très transparent». Tellement «transparent» que le lecteur du Figaro pourra donc comprendre que le candidat ni de droite ni de gauche est contre la dépénalisation, tout en proposant de l'instaurer de facto.

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Najat Vallaud-Belkacem, un bilan assumé et revendiqué...

18 Février 2017 , Rédigé par France Bleu Isère Publié dans #Education, #Politique

http://www.najat-vallaud-belkacem.com/2016/02/26/scolarisation-des-eleves-presentant-des-troubles-autistiques-ou-des-troubles-envahissants-du-developpement-50-emplois-dedies-pour-lannee-scolaire-2016-2017/

http://www.najat-vallaud-belkacem.com/2016/02/26/scolarisation-des-eleves-presentant-des-troubles-autistiques-ou-des-troubles-envahissants-du-developpement-50-emplois-dedies-pour-lannee-scolaire-2016-2017/

La ministre de l'Education nationale était en visite en Rhône-Alpes ce vendredi 17 février, dans un lycée puis dans une école maternelle. En cette fin de quinquennat, Najat Vallaud-Belkacem défend le bilan du gouvernement, tout en assurant soutenir le candidat à la présidentielle Benoît Hamon.

Najat Vallaud-Belkacem a rendu visite au lycée polyvalent Ella Fitzgerald de Saint-Romain-en-Gal sur le thème de la lutte contre le décrochage scolaire. Puis à Diémoz, elle a inauguré la nouvelle école maternelle qui peut accueillir 120 élèves. Un établissement de 1400 mètres carrés qui a coûté 2 millions d'euros dont 700.000 à la charge du département. L’occasion pour elle de dire à quel point l’école maternelle française est enviée à l’étranger, et l’importance qu’elle a pour les premiers apprentissages.

La ministre de l'Education nationale assume son bilan alors que le quinquennat s'achève. Notamment sur la réforme des rythmes scolaires. Najat Vallaud-Belkacem n'aime pas qu'on lui fasse remarquer que d'une commune à l'autre, la différence de moyens financiers crée des inégalités quant aux activités périscolaires proposées.

Après la réforme des rythmes scolaires, 75% des enfants ont accès à des activités périscolaires

« Avant la réforme, il y avait des disparités dans l’accès aux activités. Les familles qui avaient les moyens de payer l’association sportive, le conservatoire etc, y envoyaient leurs enfants. Les autres restaient devant la télé. Et personne ne s’en plaignait. Vient la réforme des rythmes scolaires qui a précisément vocation à lutter contre ces inégalités-là, et là on nous raconte que ça crée des disparités. » Et la ministre donne des chiffres : avant la réforme, 25% des enfants faisaient des activités de loisirs, de culture, de sports. Aujourd’hui la proportion est passée à 75%.

Je ne passe pas mon temps à ressasser qu'il y a des gens parmi nous qui se sont opposés à notre quinquennat▬ Najat Vallaud-Belkacem

Interrogée sur le début de campagne poussif de Benoît Hamon, qu'on ne sent guère aidé par un gouvernement qu'il a bien critiqué, Najat Vallaud-Belkacem assure que même si elle aurait préféré que François Hollande se représente, même si elle soutenait Manuel Valls, elle se range derrière l'élu de la primaire.

Et elle se livre à un exercice d'équilibriste : revendiquer un bilan de gouvernement tout en faisant campagne pour celui qui l'a dénigré. «Le bilan de ce quinquennat est éminemment positif, et je pense que tout ça sera reconsidéré à sa juste valeur assez rapidement. Donc n’étant pas pessimiste là-dessus, je ne passe pas mon temps à ressasser qu’il y a des gens parmi nous qui se sont opposés à notre quinquennat. Ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est de voir que derrière la candidature de Benoît Hamon, qui l’a emporté, il y a eu une demande de la part des électeurs de la primaire, qu’on soit capables de dessiner un projet de société. Donc je pense qu’il faut qu’on soit capables de tenir cet équilibre sur ses deux jambes : oui ce bilan est bon, et oui il faut ne pas s’en contenter et se projeter dans l’avenir ».

Et la ministre de conclure : « c’est pour cela qu’il faut qu’on fasse campagne, et pour ce qui me concerne, je la fais ».

Jacky Page

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Présidentielle 2017... Hamon: mixité socio-scolaire et "crime contre l'humanité"...

17 Février 2017 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Politique, #Hamon

EXTRAIT

(...)

Mixité sociale et scolaire

Benoît Hamon a défendu son idée de "mixité scolaire". Selon lui, la diversité du niveau des élèves et leurs origines sociales sont des facteurs de réussite à l'école. "Je ne dis pas que ce sera simple", admet le candidat socialiste à la présidentielle qui prévoit que les parents d'élèves puissent faire "plusieurs vœux". "La mise en œuvre de la mixité scolaire doit répondre à la mixité sociale. Plus un établissement est homogène socialement, plus il concentre des problèmes pour les élèves en difficulté. Il faut donc passer à la mixité scolaire en élargissant les bassins de recrutement."

Le candidat à la présidentielle réitère également sa volonté que "l'enseignement privé soit associé, par la discussion". "Nous avons le devoir d'organiser la mixité sociale au bénéfice de tous", a-t-il conclu.

Les mots d'Emmanuel Macron sur la colonisation

Benoît Hamon est revenu vendredi sur les propos d'Emmanuel Macron, à Alger, mardi dernier, qui a qualifié la colonisation française de "crime contre l'humanité". Pour Benoît Hamon, c'est "un fardeau suffisamment lourd pour ne pas s'engager à la légère", en invitant le candidat d'En Marche ! à prendre la mesure de ses propos.

"Il faut qu'Emmanuel Macron dise à qui il pense et s'il envisage que, demain, des personnes soient poursuivies devant un tribunal international", déclare le candidat socialiste. "Crime contre l'humanité, ce n'est pas juste une formule, cela renvoie à la Shoah, aux génocides. Sur ces blessures-là, il ne faut pas jeter de sel, car on se retrouve dans la position où, comme président de la République, il faudra rendre des comptes. Moi, je ne m’engage pas aujourd’hui à l’aventure sur ce terrain-là."

L'intégralité du verbatim est à retrouver ci-dessous

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A Lire... "La France identitaire - Enquête sur la réaction qui vient" par Eric Dupin...

17 Février 2017 , Rédigé par Eric Dupin Publié dans #Politique, #FN

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L’obsession de l’identité taraude une France bousculée par la crise et la mondialisation sur fond d’immigration mal intégrée. C’est ainsi que se développe une mouvance identitaire de plus en plus influente dans le monde politique et intellectuel.

Dans cet univers où l’on craint pour la survie d’un peuple français blanc et chrétien, on croise les jeunes militants de l’extrême droite identitaire mais aussi l’écrivain Renaud Camus, l’inventeur du « grand remplacement », ou encore Pierre Sautarel, l’animateur du site très fréquenté « desouche ».

Éric Dupin montre comment ce courant d’idées et de militants pénètre le Front national, même si ses thèses y sont discutées. Il interroge les intellectuels qui s’inscrivent, chacun à sa manière, dans la veine identitaire comme Alain de Benoist ou Alain Finkielkraut. Il examine comment cette question percute l’ensemble du champ politique, avec le témoignage de personnalités aussi diverses que Marion Maréchal-Le Pen ou Jean-Pierre Chevènement.

L’auteur s’interroge enfin sur la profonde mutation du peuple français et sur la crise du « vivre ensemble » qui imposent une redéfinition des valeurs républicaines. C’est l’un des grands défis pour une gauche désemparée par la question de l’identité et profondément divisée sur les réponses à y apporter. Une réflexion d’autant plus indispensable que la pulsion identitaire, avivée par le terrorisme islamiste, travaille l’ensemble des sociétés européennes.

205 pages, 17 €, parution le 2 février 2017.

En savoir plus en cliquant ci-dessous

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Elysée 2017... Trou d'air et "résignation version rose"...

17 Février 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique, #Education

Se résigner à Emmanuel Macron, «c’est "La La Land"»

Trou d’air. Prise en otage chaque semaine par les révélations du Canard enchaîné - on ne l’en blâme pas -, la campagne s’installe sur un faux plat où l’on ne parle plus que d’affaires, de morale et de droit. La faute à une droite républicaine qui, après avoir convoqué 4 millions d’électeurs à la primaire pour plébisciter une candidature qui lui semblait éthique, fait le dos rond en attendant que le mauvais temps passe. Il ne peut y avoir aveu plus cruel de sa déconnexion vis-à-vis d’une société qui n’accepte pas d’être convoquée à l’effort par des puissants qui ne reculent devant aucun confort pour eux-mêmes.

Trou d’air encore : l’assoupissement qui gagne. La preuve ? L’incroyable émission télévisée avec Marine Le Pen. Hormis deux trop brefs moments de contestation de ses propos par une chef d’entreprise et par Najat Vallaud Belkacem qui auront permis de mesurer le vide de ses propositions, la soirée de la dirigeante d’extrême droite aura été de tout repos. Sept millions de chômeurs, selon elle ? Personne pour lui rappeler la statistique. Les détournements à grande échelle de fonds européens pour financer son parti ? Un complot de l’Europe ! Là encore, mutisme général. Dans la même émission, elle affirme que l’euro est trop fort puis qu’il aurait beaucoup baissé ? Pas de problème. Elle peut tout dire et son contraire, l’anesthésie a imposé sa loi.

Jusqu’à faire gober à des téléspectateurs hébétés la présence du théoricien de la droite extrême Patrick Buisson comme contradicteur surprise : plus c’est gros plus ça passe. Entre vices publics affichés et passivité face à l’odieux qui vient, la France hésite. Elle peut s’abandonner à la résignation version brune, s’enfermer entre soi, se convaincre qu’on était mieux avant et croire que la marche arrière est possible dans la vie des peuples.

Résignation version rose qui reste de l’abandon : se livrer pieds et cerveaux liés aux bonimenteurs et hommes providentiels en tout genre, qui plus est quand ils apparaissent sympathiques : c’est La La Land au pays du président. Elle peut aussi faire le choix de faire face. Chaque jour, des millions de Français le font à leur façon, dans leur ferme, leur association, leur métier, leurs études, leur vie. Créer, agir, vouloir, espérer, raisonner : valeurs d’avenir. On a retrouvé l’écho de cette France-là dans la primaire de la gauche de gouvernement, dans l’espoir qui s’y est réveillé. Elle s’était déjà mobilisée dans le quinquennat, face aux adversités qui n’ont pas manqué. Prendre appui sur elle, rassembler : allez Benoît, il faut y aller maintenant.

Thierry Mandon, Secrétaire d'Etat à l'enseignement supérieur

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« Le socle idéologique du FN repose sur la purification du corps social de tout élément étranger » Par Cécile Alduy...

16 Février 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Politique, #FN

EXTRAITS

Pour Cécile Alduy, professeure à l’université Stanford, le cœur du projet de Marine Le Pen repose sur l’homogénéisation et la purification du corps social de tout élément « étranger ».

« Réunir les Français de droite et de gauche, de Mayotte à l’Ardèche, du berceau à la canne, de l’usine au bureau. » C’est par cette formule œcuménique que Marine Le Pen a présenté son programme de gouvernement, début février à Lyon.

« De droite et de gauche », c’est effectivement l’impression que donne au premier abord le catalogue des 144 engagements publiés dans la foulée, tant il pioche ses propositions de part et d’autre des lignes de clivage traditionnelles.

Dans ce patchwork hétéroclite se côtoient dans un méli-mélo calculé mesures estampillées « de gauche » – retraite à 60 ans, maintien des 35 heures, retrait de la loi El Khomri, droits des femmes, défense de la Sécurité sociale, revalorisation des petites retraites, du point d’indice pour les fonctionnaires – et promesses « de droite » – défiscalisation des heures supplémentaires, allégement de charges sociales, exonérations fiscales sur la transmission du patrimoine, taux d’impôt sur les sociétés réduit, abrogation du mariage pour tous, autorité du maître, etc.

(...)

L’extrême droite, comme tradition politique qui puise ses racines idéolo­giques dans le national-populisme des années 1880 et le nationalisme intégral maurrassien, n’est pas une droite qui serait simplement « extrême ». C’est une pensée originale de l’homme et de la société qui place au-dessus de tout l’unité, la pureté du groupe et un ordre social et moral autant conservateur qu’autoritaire.

Cette philosophie conceptualise la nation comme une entité charnelle et spirituelle, un corps politique organique fondé sur les liens du sang et les « solidarités naturelles » (famille, village, nation). Ce positionnement, de Déroulède à Boulanger, Maurras puis Jean-Marie Le Pen, a toujours été à la fois conservateur, voire réactionnaire sur l’identité nationale et les valeurs morales (ordre, autorité, travail, propriété), et dans le même temps étatique et populiste.

L’unité du « moi » national suppose en effet de ­résorber les fractures sociales à coups de compensations corporatistes ciblées ; le patriotisme d’embrigader toutes les classes sociales dans un projet trans­partisan et de désarmer les révoltes populaires – d’où la proposition du Front national de supprimer les syndicats.

(...)

La première phrase du programme donne le ton : « Remettre la France en ordre. » L’objectif est de « défendre l’unité de la France et son identité nationale ». Une unité et une identité qui se traduisent par un idéal de pureté ethnique autant que culturelle.

(...)

Cécile Alduy

Cécile Alduy est l’auteure de Ce qu’ils disent vraiment. Les politiques pris aux mots (Seuil, 400 pages, 21 euros) sur le discours des présidentiables, et de Marine Le Pen prise aux mots. Décryptage du nouveau discours frontiste (Seuil, 2015).

La totalité de la chronique de Cécile Alduy est à retrouver en cliquant ci-dessous (pour abonnés)

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Le quotidien d'un collège en France FN... Fiction... Pour l'instant...

16 Février 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

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C'était un printemps comme tous les printemps. Il flottait dans l'air cette douceur oubliée pendant l'hiver. Un jour de 2020, l'avant-dernière de ma carrière d'enseignant.

Après un coup d'oeil distrait et machinal à la caméra vidéo surplombant le portique électronique filtrant les entrées, puis au drapeau tricolore qui flottait dans le vent, je retrouvai quelques collègues dans la salle des professeurs. Celle-ci avait été redécorée par notre chef d'établissement, arrivé après le cataclysme électoral de 2017, facilité par la désunion de la gauche plus soucieuse de sauver les egos respectifs que d'éviter la tragédie pourtant annoncée... Un portrait de la Présidente de la République, un drapeau tricolore (encore!) et les photographies des élèves "méritants", ceux ayant obtenu des moyennes supérieures à seize sur vingt. Les "tableaux d'honneur". Sur le mur faisant face à celui des brillants élèves, les photographies de ceux n'ayant pas dépassé sept sur vingt. Le "mur du déshonneur". Et puis sur un troisième support, la liste des professeurs "cités à l'ordre du collège" pour leurs résultats au Brevet. Chaque matin, je ressentais ce même écoeurement, ce même dégoût... Et j'enrageais devant l'inutilité de telles méthodes. Car les pourcentages de réussite n'avaient pas évolué depuis cette "Révolution Nationale" qui se disait éducative et les résultats des élèves de notre établissement rural présentaient même de bien inquiétants signes de faiblesse aggravée. Mais il ne fallait pas en parler. C'eût été prendre le risque d'une convocation et d'un blâme de la part de notre hiérarchie qui avait tout pouvoir, y compris celui de nous licencier sur le champ  ! En toute discrétion, je prenais un malin plaisir pourtant à railler ces absurdités. Résistance...

A la sonnerie du matin, les élèves, en uniformes, se rangeaient deux par deux dans la cour face au drapeau (encore!), cette fois au pied du mât. Et gare aux retardataires, aux récalcitrants. Les surveillants, tous ayant dépassé la trentaine - il était loin le temps des "étudiants pions" - munis d'un sifflet, "chassaient" les trublions. Une fois le calme et l'ordre obtenus, une fois les rangs militairement formés avec prise de distance réglementaire, une Marseillaise était diffusée par la sono de l'établissement, reprise - c'était la règle- par tous les élèves. Deux d'entre eux, désignés la veille pour leurs classements remarquables, avaient l'honneur de hisser les trois couleurs, lentement, en gestes mesurés. La cérémonie terminée, et au coup de sifflet du Chef d'établissement lui-même, les rangées pouvaient rejoindre leur salle respective, accompagnées des enseignants, tous en costume-cravate. Chaque salle portait un nom. Il y avait la salle "Bayard", la salle "Du Guesclin", la salle "Charlemagne", la salle "Jeanne d'Arc"... A l'intérieur, au-dessus de chaque tableau, trônait le portrait du Chef de l'Etat. Cette dame qui avait su si bien lisser son discours qu'elle avait séduit même les plus brillants d'entre nous. Au moins n'avait-elle pas imposé l'apprentissage par coeur de ses discours nombreux. Elle intervenait une fois par semaine sur toutes les chaînes de télévision  !

Les cours devaient, c'était la règle et les inspecteurs nouvellement nommés y veillaient avec rage, être "frontaux". Des tables rangées en colonnes, un bureau sur une estrade faisant face aux élèves, les surplombant. Le maître sait! Le maître domine! Le "pédagogisme" n'avait plus droit de cité. Les seules méthodes tolérées étaient celles inspirées par les oeuvres du Ministre de l'Education Nationale. Dans une autre vie, il avait milité contre le diable en personne, Philippe Meirieu. Il avait commis quelques articles, quelques livres, avait tenu rubrique dans un magazine "de droite". Désormais, il faisait appliquer ce qu'il avait rêvé  : l'école du par-coeur, de l'obéissance absolue, du silence imposé y compris par les châtiments corporels, de la notation chiffrée et uniquement chiffrée, avec moyennes, classements et tableaux d'honneur ou de déshonneur. Il fallait bien alimenter les murs de la salle des professeurs. Chaque fin d'année se terminait, y compris en collèges et lycées, par une distribution des prix en présence des autorités de la commune. Les "cancres" n'étaient pas oubliés ce jour-là. Un bonnet d'âne leur était remis sous les huées de leurs camarades. C'est ainsi que s'opérait la sélection précoce. Qui commençait dès le primaire! Il fallait mériter la sixième. Les plus "mauvais" étaient impitoyablement obligés de redoubler puis, s'ils échouaient encore, se voyaient imposer des orientations - à neuf ans! - pré professionnalisantes. Les autres avaient droit à l'apprentissage du français, des mathématiques et de l'Histoire (celle des héros et des "grandes dates" surtout et quasi exclusivement), les matières nobles dont les horaires avaient été singulièrement alourdis. Cela correspondait à l'aberrant projet du parti de notre Présidente  :

« Le français, langue latine s’écrivant dans un alphabet latin, seule la méthode syllabique est appropriée pour apprendre à le lire et à l’écrire correctement. Son enseignement comprend le vocabulaire, l’orthographe, la grammaire et l’approche des grands auteurs. (...) S’y ajoutent d’une part des notions solides sur l’histoire de France, à partir de la chronologie et de figures symboliques qui se gravent dans les mémoires, d’autre part une connaissance de la géographie du pays, reposant sur des cartes. À l’école primaire, s’ajoute encore l’apprentissage du calcul. Tout au long de la scolarité, les enseignements doivent être délivrés dans une langue limpide, d’où sont bannis les termes jargonnant et les dernières modes qui peuvent agiter légitimement les spécialistes. L’objectif n’est pas un savoir de spécialistes, mais un viatique pour vivre ensemble. » (Extrait du programme FN)

"Vivre ensemble"... Oui bien entendu... Mais voilà... Depuis l'arrivée au pouvoir des extrémistes "nationaux-populistes", nous ne vivions "ensemble" qu'à condition d'exclure. Bien étrange vision de l' "ensemble". Année après année, les étrangers outre-méditerranéens, les français musulmans, les français qui n'étaient pas "de souche", avaient été écartés par divers moyens, ou s'étaient exclus d'eux-mêmes, les uns en retrouvant leur pays d'origine, les autres en étant inscrits dans des écoles privées, confessionnelles ou pas. A vouloir vivre ensemble mais entre "blancs catholiques français", notre Ecole se vidaient de ses sangs... Cela faisait plaisir aux quelques collègues membres du Collectif Racine.

Christophe Chartreux

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