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Vivement l'Ecole!

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"Je fais le choix de la cohérence, de la loyauté et de la fidélité à tout ce qui fait mon engagement au service de la France..."

21 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Hamon

 

Mes chers ami.e.s,

Jamais une élection présidentielle n’aura été aussi incertaine à deux jours du premier tour. Rien n’est joué, tout est entre vos mains.

L’enjeu de ce premier tour, c’est d’exprimer vos convictions, de choisir le projet qui s’accorde le mieux avec l’idée que vous vous faites de l’intérêt du pays, de désigner le candidat qui défend le mieux vos valeurs, les idées en lesquelles vous croyez.

Je fais le choix de la cohérence, de la clarté, de la loyauté et de la fidélité à tout ce qui fait mon engagement politique depuis quinze ans, au service de la France. Je voterai pour Benoît Hamon dont j’estime que le projet est celui qui répond le mieux aux enjeux des années à venir.

Benoît Hamon a fait campagne avec honnêteté, dignité, inventivité, force et courage. Une campagne collective, renouant avec les intellectuels, s’appuyant sur les chercheurs, sur les idées nouvelles, en donnant toute leur place à la jeunesse et à la société civile.

Il est le candidat de la gauche qui veut rassembler. Le candidat d’une gauche ouverte, sociale, écologiste, européenne, laïque, respectueuse de la France, de son histoire et de sa diversité. Le candidat d’une économie moderne qui prend soin des femmes et des hommes qui travaillent. Le candidat d’une démocratie profondément renouvelée. Le candidat de l’ambition éducative, de la recherche, de l’enseignement supérieur et de la culture. Le candidat de la continuité dans une longue et belle histoire de la gauche qui assume ses responsabilités sans renoncer à aucun de ses idéaux.

Une gauche qui doit continuer à penser la société et ses évolutions pour la transformer et la rendre plus juste et plus durable. Une gauche qui n’oublie pas que sa mission historique est de se battre pour les plus fragiles, les oubliés, les exclus. Une gauche lucide qui assume que le travail évolue, et que des jeunes mieux formés, des salariés bien protégés, des chômeurs mieux accompagnés sont les conditions de la réussite économique. Une gauche qui combat le terrorisme par tous les moyens, en France et dans le monde, pour la paix et et pour notre sécurité. Une gauche qui prend la mesure de l’urgence écologique, et qui sait faire preuve de courage face à toutes les résistances pour protéger notre planète, et préparer un monde meilleur pour nos enfants.

Une gauche qui est ma gauche.

Je souhaite que nous soyons une majorité à faire ce choix : je vous appelle à vous rendre massivement aux urnes dimanche prochain, et à voter pour Benoît Hamon. Pour vous, pour nos enfants, pour la République et pour la France.

Najat Vallaud-Belkacem

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Dimanche... Une journée particulière...

21 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

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Chers amis,

Le blog s'arrête jusqu'à dimanche... Une journée particulière...

Demain les mille kilomètres du retour en Normandie m'attendent...

J'appelle modestement chacune et chacun à bien réfléchir, à ne pas voter par ressentiment mais par conviction.

J'ai soutenu et je soutiens François Hollande.

J'ai voté pour Manuel Valls lors de la primaire.

J'ai respecté l'engagement qui liait les membre du Parti Socialiste à soutenir le vainqueur, quel qu'il fut.

Je voterai pour le projet de Benoit Hamon dimanche, sans l'ombre d'un doute. Il est le meilleur dans tous les domaines. Le plus équilibré. Le plus enthousiasmant. Le plus réalisable rapidement. Le plus écologique. Le plus européen dans une Europe utile.

Quel que soit le résultat final, je suis et resterai fier d'avoir mené campagne pour ce candidat, issu des urnes et fidèles à ses idées.

Tout autre vainqueur nous mènera soit dans l'enfer de l'extrême droite, soit dans le mur d'une droite très à droite; dans les deux cas avec des gens dont le présent judiciaire est pour le moins quelque peu encombré.

Quant aux autres, je ne crois pas une seconde à l'efficacité de leurs propositions. Soit parce qu'elles ont été appliquées et ont échoué, soit parce qu'elles sont irréalisables.

Bon week-end et à lundi...

En attendant l'espoir...

Christophe Chartreux

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« Les programmes de Le Pen et Mélenchon pourraient nuire gravement à la science »

21 Avril 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Politique

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EXTRAIT

Un collectif de chercheurs de renommée internationale s’alarme de certaines propositions de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon qui, si elles étaient appliquées, nuiraient, selon eux, au développement et au rayonnement de la recherche française.

(...)

Une France qui serait coupée de ses partenaires

C’est le cas d’abord de celui de Marine Le Pen, au demeurant extrêmement impopulaire dans le monde de la recherche. En stigmatisant l’Union européenne comme elle le fait, en appelant à un repli national, elle contribuerait à couper la France de ses partenaires étrangers, alors que la recherche est une activité fondamentalement internationale. L’un d’entre nous, directeur d’institut, doit signaler que certaines de ses subventions internationales sont déjà suspendues à l’élection, les bailleurs de fonds étant effrayés par la perspective d’une victoire de Marine Le Pen.

C’est aussi le cas du projet de Jean-Luc Mélenchon. Ses promesses généreuses sont peut-être une raison du soutien dont il jouit auprès d’une partie de l’enseignement supérieur français : gratuité complète des diplômes universitaires, doublement des crédits en cinq ans… Cependant, à supposer que de telles promesses soient réalisables, si l’on entre dans les détails de son programme, on ne peut que déchanter devant la violence destructrice des réformes qu’il propose.

On y trouve la suppression de l’Agence nationale de la recherche (ANR) et du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES) ; le financement sur projets et l’évaluation indépendante sont pourtant des fonctions vitales, parmi bien d’autres, de la recherche. L’interdiction pour les chercheurs de recevoir toute rémunération issue du secteur privé, et la suppression pure et simple du crédit d’impôt recherche (CIR), nuiront gravement aux liens entre recherche et industrie, à une époque où cette articulation, conçue dans le respect de l’indépendance scientifique, est pourtant jugée comme une priorité, en France et ailleurs.

C’est aussi le cas du projet de Jean-Luc Mélenchon. (...)

On y trouve la suppression de l’Agence nationale de la recherche (ANR) et du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES) ; le financement sur projets et l’évaluation indépendante sont pourtant des fonctions vitales, parmi bien d’autres, de la recherche. L’interdiction pour les chercheurs de recevoir toute rémunération issue du secteur privé, et la suppression pure et simple du crédit d’impôt recherche (CIR), nuiront gravement aux liens entre recherche et industrie, à une époque où cette articulation, conçue dans le respect de l’indépendance scientifique, est pourtant jugée comme une priorité, en France et ailleurs.

(...)

Mais la mesure la plus stupéfiante du programme de Jean-Luc Mélenchon est la suppression de l’autonomie des universités, venant avec l’instauration d’un concours de recrutement national et une planification globale de la mobilité des enseignants-chercheurs, niant aux universités toute possibilité de développer une quelconque politique scientifique dans la durée…

(...)

L’équipe de Jean-Luc Mélenchon propose de détruire purement et simplement tous ces acquis, replongeant la recherche française dans l’illusion anachronique d’un Etat omniscient capable de planifier l’ensemble du monde universitaire dans son incroyable diversité.

Pour une recherche de qualité, un financement généreux est nécessaire, mais ne suffit pas : l’ouverture internationale, le bon dosage des institutions, l’évaluation sans complaisance, la confiance accordée aux acteurs du système, sont tout aussi importants. Les institutions d’enseignement supérieur et de recherche françaises continuent, en dépit de bien des difficultés, à tenir leur rang de belle manière sur la scène internationale, pour la fierté de la nation et son bien-être à long terme : ce serait un cauchemar que de les voir soumises à une réforme autoritaire aux conséquences potentielles catastrophiques.

Françoise Barré-Sinoussi, Prix Nobel de médecine 2012 ; Claude Cohen-Tannoudji, Prix Nobel de physique 1997 ; Albert Fert, Prix Nobel de physique 2007 ; Serge Haroche, Prix Nobel de physique 2012 ; Jules Hoffmann, Prix Nobel de médecine 2011, Jean Jouzel, Prix Vetlesen (sciences de la Terre) 2012 et membre de l’équipe de campagne de Benoît Hamon; Jean-Marie Lehn, Prix Nobel de chimie 1987, Jean-Pierre Sauvage est Prix Nobel de chimie (2016); Cédric Villani, médaille Fields (mathématique) 2010 et membre du comité de soutien d’Emmanuel Macron.

Le texte entier est à lire en cliquant ci-dessous

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Vous aimez Mélenchon? Lisez-le vraiment...

21 Avril 2017 , Rédigé par Slate Publié dans #Politique, #Melenchon

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EXTRAIT

Il faut lire et analyser le programme du candidat de la «France insoumise».

Voilà des semaines que je regarde la montée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages et que je tourne en rond à la recherche d’arguments pour conjurer les (é)lecteurs de s’en détourner. Les attaques contre lui ne portent pas ou pire, elles se retournent en boomerang.

Dire par exemple qu’il tient exactement le même discours populiste que Marine Le Pen – «le peuple contre l’élite», ou plutôt «le peuple contre l'oligarchie» – ne trouble pas une seconde ses afficionados. Que les mesures économiques qu’il propose sont encore plus fortes que celles du parti communiste avant 1981 (en % de PIB), non plus. Pointer qu’il est devenu très ambigu sur l’immigration, ce qui est étrange pour un candidat d’extrême-gauche, ne marque pas. Son projet d’adhésion à l’ALBA, l’alliance bolivarienne d’Amérique latine alors qu’il veut «sortir des traités européens» est quand même un peu fort de café colombien, mais ses amis en rient. Son attirance pour les Chavez ne lui porte pas tort. Le PIB du Venezuela s’est effondré de 19% en 2016 et la chute devrait être de 6% en 2017, mais personne dans ses rangs ne doute que le modèle reste une inspiration.

(...)

(...) La faille de Jean-Luc Mélenchon, c’est son projet, les 83 réponses qu’il apporte. La seule attaque qui porte contre Jean-Luc Mélenchon, je l’ai finalement trouvée, elle vient de lui-même. Lisez-le. Ne vous contentez pas des principes, des effets de manche, des grandiloquences, lisez le détail. Regardez les mesures une à une. La lecture provoque tantôt une franche rigolade, tantôt elle fait froid dans le dos à toutes les pages. Rien n’est étudié, calculé, faisable. Une inégalité? «J’éradique». Un pouvoir? «J’abolis». Les droits? «J’en donne» autant que tu veux. Des fuites de capitaux ? «Je terrasse». Une guerre? «Je convoque l’ONU» pour faire la paix. Tout est énoncé comme un enfant d’Audiard qui ferait sa liste de Noël. «Il a des facilités qui tombent quelques fois dans le simplisme», a mis en garde François Hollande. Il dit vrai. Ah Hollande forcément, diront les «Insoumis». Le président sortant a raison: s’il-vous-plait lisez le texte.

Lisez encore

Tout est en effet ultra-simpliste. Chacun peut s’en rendre compte facilement. Je n’en prends que quelques exemples.

«Il faut qu’on rediscute de toutes les frontières issues de l’ancienne Union soviétique», écrit-il. Ouch! C’est donner un quitus bien rapide à l’expansionnisme de Vladimir Poutine. Surtout, la question des frontières en Europe, comme en Afrique ou dans la mer de Chine, a été, est et sera toujours le facteur des guerres. M. Mélenchon est bien léger et son initiative très dangereuse pour la paix.

En matière économique, le manque du «sérieux» qu’il s’attribue surgit à toutes les lignes. Par exemple, de prévoir de s’endetter encore («la dette n’est pas un problème») tout en préparant une renégociation de cette dette. Qui sera assez sot pour nous prêter en sachant qu’il ne sera pas remboursé? Ou bien encore, «en cas de chômage de longue durée, l'État doit proposer un emploi au chômeur en lien avec sa qualification, sur une mission d'intérêt général». Qui peut penser que l’emploi public pour tous c’est «du sérieux», comme dirait l’autre?

Lisez. Lisez ce qui est dit sur l’entreprise. «Accorder de nouveaux droits de contrôle aux comités d'entreprise sur les finances de leur entreprise. Instaurer le droit pour les salariés à un vote de défiance à l'égard des dirigeants d'entreprise ou des projets stratégiques.» Quel est le patron qui, passant au dessus de çà, va encore embaucher? Jean-Luc Mélenchon réquisitionnera-t-il toute l’économie?

 Chaque mesure est totalement, définitivement, absolument inapplicable. Mais le candidat l’a prévu, son programme est «cohérent» comme il le revendique. Et, en effet, les mesures s’emboîtent les unes dans les autres, elle ne sont (éventuellement) possibles qu’en imaginant une mise en œuvre générale et complète. Mais pour aboutir à une mise sous tutelle étatique très rapide de l’ensemble. Chaque mesure est sympathique mais impossible et elle n’est possible que dans un ensemble qui lui n’est pas du tout sympathique. Il nous promet l’ALBA, nous irons en Albanie.

M. Mélenchon promet la lune. Beau voyage, beau prospectus. Le péril est qu’il veut vraiment nous y emmener, tous entassés dans une vieille fusée idéologique bricolée. Lisez, vous en descendrez.

Eric Le Boucher

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Réduire le nombre d'élèves par classe? Oui mais...

21 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Pédagogie, #Politique

Réduire le nombre d'élèves par classe? Oui mais...
Texte mis à jour le 21 avril 2017

Faut-il réduire le nombre d’élèves par classe ?

Toutes les études, notamment américaines (Etats-Unis) montrent que la réduction du nombre d’élèves par classe favorise tous les élèves, faibles et forts. Mais ceci à une condition : que cet effectif soit d’un maximum de 10 élèves, ce qui ne peut se faire à l’heure actuelle en France de manière généralisée, mais est possible de manière ponctuelle et ciblée.

Il est prouvé que retirer 5 élèves sur un effectif de 25 n’aura aucun effet ; en revanche, retirer 5 élèves sur un effectif de 15 est porteur d’excellents résultats. (Voir School Class Size de Glass, Cahen, Smith et Filby paru en 1982).

Les recherches menées au Etats-Unis (et en France notamment par Piketty) l’ont été de la manière suivante :

les élèves ont été affectés de manière aléatoire dans des classes à effectif réduit ou dans des classes à effectif plus nombreux. Les chercheurs ont ensuite vérifié que les élèves composant les deux types de classes présentaient des caractéristiques comparables du point de vue de l’ethnie, du sexe et du statut socio professionnel des parents. Les résultats des élèves des deux groupes ont été comparés à des moments différents de leur scolarité et à travers des indicateurs diversifiés : tous confirment l’intérêt des classes à effectif réduit (10 ou moins de 10 élèves/Jamais moins de 8).

- A ces effectifs réduits doivent être appliquées des pédagogies adaptées, des contenus traités de manière évidemment différente.

- Il n'est pas non plus interdit de penser que même avec ces effectifs très réduits, deux enseignants doivent intervenir dans ces classes.

- Au moins une fois par semaine, ces effectifs réduits DOIVENT être réunis en nombre plus important afin de favoriser er de permettre des "exercices d'échanges", de socialisation et de "fabrique du commun".

- Il conviendra aussi de penser, et ce n'est pas le moindre des obstacles, à construire des salles, à les équiper, à former des enseignants ( et pas à supprimer des postes) rompus à des pédagogies innovantes et ciblées.

Voilà quelques impératifs incontournables. Car s'arrêter à la seule "division par deux des effectifs des CP/CE1/CE2 en zone prioritaire" ne serait que pure incantation, voire manœuvre grossière de candidat en mal de voix.

  • L’intérêt des groupes de besoin

L’idée de « groupes de besoin » n’est pas nouvelle. Claparède la préconisait en…1920. Aux Etats-Unis, dans le cadre beaucoup plus récent du plan Joplin, les élèves sont attachés en fonction de leur age à une classe hétérogène. Ils la quittent pour certains apprentissages (Lecture et mathématiques principalement) qui se déroulent en groupes homogènes. Cet assouplissement respecte à la lettre trois règles immuables :

- le temps passé en groupes homogènes est nettement inférieur au temps passé en classes hétérogènes, ce qui a pour conséquence que le groupe auquel les enfants s’identifient reste ce dernier;

- la constitution des groupes homogènes repose sur l’évaluation d’une compétence spécifique et non plus sur celle d’une aptitude générale;

- les groupes sont flexibles ; en fonction des progrès des élèves, ils peuvent être réorganisés.

Le plan Joplin a fait l’objet de plusieurs évaluations :

- l’effet positif est particulièrement sensible pour les élèves faibles, sans affecter le niveau des élèves forts

- les résultats en lecture des élèves du programme Joplin sont nettement supérieurs à ceux des élèves fréquentant des classes « traditionnelles »;

- aucune étude d’évaluation n’a abouti à des résultats négatifs à propos du plan Joplin.

Il est donc nécessaire, puisque cela « marche », de constituer des classes hétérogènes à petits effectifs, surtout dans les premières années de l’école primaire, déterminantes pour l’avenir. Sur cette unité de base, il sera utile de greffer un fonctionnement par groupes de besoin en respectant les trois règles énoncées ci-dessus.

Christophe Chartreux

Voir les travaux de Marcel Crahay, Professeur, Développement, apprentissage et intervention en situations scolaires, Université de Genève et Université de Liège
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Macron écrit aux enseignants et oublie beaucoup de choses...

20 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Macron

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«Vous n'êtes plus suffisamment reconnus comme les artisans de la France de demain que vous êtes.»

nous dit M Macron dans une lettre à l'adresse des 850 000 enseignants

«Je veux vous dire toute la confiance que je place en vous»;

«Votre travail doit faire l'objet d'une plus grande reconnaissance de la nation».

Emmanuel Macron ne cite QUE les propositions s'inspirant plus ou moins du programme de gauche:

- trois jours de formation continue (avec ça on va loin);

- augmentation de salaire (bien moindre que celle promise par d'autres candidats);

- diviser par deux les effectifs en CP et CE1 en éducation prioritaire (sans dire comment il compte financer la création de milliers de salles équipées supplémentaires, sauf à demander aux communes de payer, celles-ci étant propriétaires des murs des écoles primaires).

Il oublie évidemment TOUT ce que la majorité écrasante des enseignants refuse:

l'autonomie de recrutement laissée à certains chefs d'établissement.

C Chartreux

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Jean-Luc Mélenchon et la Russie : ce qui nous dérange - Par un collectif d'universitaires...

20 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Histoire

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Plusieurs chercheurs en histoire, en sociologie et en science politique sur la Russie dénoncent les erreurs d'appréciation et les compromissions du leader de La France insoumise avec le régime de Vladimir Poutine.

Depuis un siècle au moins, le monde politique français est partagé sur la Russie. Si l’alternative du temps de l’Union soviétique – fascination ou rejet – semble dépassée, l’attirance pour la figure du chef et la dénonciation de l’impérialisme états-unien alimentent la complaisance envers Vladimir Poutine, qui dirige le pays depuis 1999. Après l’extrême droite et une partie de la droite, elle semble avoir conquis ces dernières années Jean-Luc Mélenchon. Déjà, en mars 2015, ce dernier avait traité l’opposant Boris Nemtsov de «voyou politique», juste après son exécution par balles à quelques mètres de la place Rouge. Certes, Mélenchon a déjà répondu aux critiques à ce propos, balayant l’idée qu’il serait «lié» à Poutine et reconnaissant l’existence d’un climat de violence à Moscou. Mais ces explications ne nous ont pas satisfaits. Les prises de position du candidat de La France insoumise sur la Russie et l’Ukraine heurtent ce que disent notre expérience personnelle, nos travaux de recherche et bien des enquêtes journalistiques. Pire, elles relaient souvent directement la communication gouvernementale russe : un comble pour celui qui dénonce depuis des mois la «médiasphère officielle» dans l’hexagone.

Il y a tout d’abord la façon dont il qualifie le pouvoir russe. Lors d’un meeting au Havre le 30 mars, Mélenchon a déclaré : «Je combats la politique de Poutine… Mais […] je ne suis pas d’accord pour participer au chœur des excités qui passent leur temps à espérer qu’on déclenche un conflit avec les Russes parce que ceci est une abomination. Je suis pour la paix.» Son conseiller sur les questions internationales, le chercheur en géopolitique Djordje Kuzmanovic, a affirmé le 28 mars devant l’association Dialogue franco-russe qu’en tant que président de la République, Jean-Luc Mélenchon entretiendrait des «relations cordiales et […] de partenariat avec Monsieur Poutine ou tout autre président que les Russes se seront choisi». Passons sur les procédés rhétoriques qui consistent à faire croire que critiquer fermement Poutine signifie vouloir la guerre avec la Russie, et qu’il est un chef d’Etat élu comme les autres. De telles formules banalisent un régime qui, s’il conserve une apparence de pluralisme, a été instauré par un ancien responsable des services secrets qui a conduit à son arrivée au Kremlin une guerre atroce en Tchétchénie, sous couvert d’«opération antiterroriste». L’issue des élections en Russie est, depuis le milieu des années 2000, déterminée par l’impossibilité pour les candidats d’opposition de faire campagne dans des conditions acceptables en démocratie : l’absence de débats à la radio et à la télévision, les restrictions mises aux manifestations publiques, mais aussi le bourrage des urnes et l’intimidation, voire la violence physique. Même s’il ne nie pas ouvertement cette réalité, Jean-Luc Mélenchon tend consciemment ou non à la faire oublier. La vision qu’il porte de la Russie et de l’Ukraine dans le débat public le confirme sur plusieurs points.

Erreurs d’appréciation

D’abord, ses erreurs d’appréciation sur l’opposition en Russie. Structurée lors des manifestations de l’hiver 2011-2012 contre la fraude électorale et la corruption, elle fédère aujourd’hui des partis «libéraux» (proches par leurs programmes de la social-démocratie européenne), une partie de la mouvance nationaliste, dont l’avocat blogueur Alexeï Navalny, mais aussi des écologistes et des défenseurs des droits de l’homme, ainsi que les marxistes du «Front de gauche», la plateforme groupusculaire de Sergueï Oudaltsov, actuellement emprisonné en Russie. Vu la coalition de ces courants face à Poutine et Medvedev, même si elle ressemble à «l’alliance de la carpe et du lapin» comme disent les observateurs, il est absurde d’opposer les uns aux autres.

Traiter Nemtsov de «libéral fanatique» comme l’a fait Jean-Luc Mélenchon dans son blog de mars 2015 était par ailleurs injustifié, alors qu’il s’était engagé, l’année précédent son assassinat, dans l’organisation des «marches de la Paix» (les 15 mars et 21 septembre 2014) contre la guerre en Ukraine. L’enrichissement personnel de Nemtsov pendant toute sa carrière fut négligeable par rapport aux cas de Poutine et de Medvedev, lesquels ont favorisé la mainmise économique de la Russie par leurs proches. Quant aux propos douteux de Navalny sur les Juifs et la Shoah, rapportés en 2013, ils n’apparaissent plus aujourd’hui dans ses discours ; en revanche il a gagné le soutien d’une frange importante de l’opinion par son travail d’investigation contre la corruption au sommet de l’Etat poutinien, comme en témoigne le succès des rassemblements du 26 mars dernier.

De même, le jugement du candidat «insoumis» sur le soulèvement de Maïdan à Kiev en 2013-2014, un cas d’occupation de l’espace public proche de ceux qui, aux Etats-Unis, en Espagne et en France, ont été salués par son mouvement, est déroutant. Pour de nombreux chercheurs, ce fut une révolution rassemblant – comme celle de février 1917 à Petrograd – une coalition hétéroclite contre le président ukrainien Viktor Ianoukovitch (1). Ce dernier, élu de façon démocratique en 2010, s’était aliéné une partie de l’opinion à Kiev et dans l’ouest du pays, en particulier de la jeunesse, en tournant le dos à l’Union européenne et en laissant s’instaurer une oligarchie très corrompue. Il a provoqué sa chute en faisant tirer à balles réelles sur la foule des manifestants le 20 février 2014 (75 morts).

Les médias officiels russes y ont vu le résultat d’une opération conjointe de la CIA, de l’OTAN et de l’Union européenne destinée à instaurer un régime fasciste en Ukraine. Jean-Luc Mélenchon leur a alors emboîté le pas, dénonçant «un pouvoir putschiste aventurier [influencé par] des néonazis». Or, s’il y avait une composante d’extrême droite dans le mouvement du Maïdan, le nouveau parlement ukrainien élu en octobre 2014 ne compte qu’une trentaine de députés (sur 450) issus de cette mouvance, qui a obtenu 15% des voix environ. Des dizaines d’activistes pro-russes ont bien péri à Odessa le 2 mai 2014 dans l’incendie d’un bâtiment, et un climat de violence persiste du fait de la guerre dans le Donbass qui a déjà fait environ 10 000 morts en trois ans. Pour autant, le pouvoir en Ukraine n’est pas fasciste.

Nouveau cours du nationalisme russe

Justement, considérons la situation militaire à l’Est. Le romancier russophone Andreï Kourkov écrivait en mars 2014, s’adressant à Vladimir Poutine : «Je n’ai pas besoin que l’on me protège, et j’exige le retrait immédiat des forces russes du territoire de l’Ukraine.» La Russie a en effet commis une agression caractérisée à l’égard de son voisin : invasion et annexion de la Crimée après un référendum non démocratique, puis déclenchement d’un conflit en Ukraine orientale (Donbass), via des troupes irrégulières pour une guerre longue de basse intensité, avec le soutien de forces spéciales et l’envoi de blindés. Lorsqu’il affirme que «les différentes puissances, et spécialement les Etats-Unis et Poutine, utilisent des bouts de pays pour servir leurs intérêts» dans cette partie du monde, le conseiller de Jean-Luc Mélenchon pratique une langue de bois remarquable. Il dit par ailleurs : «Sur Poutine, nous faisons une distinction nette entre sa politique intérieure et sa politique extérieure. C’est un nationaliste russe et un libéral.» Comprendre : la première caractéristique est acceptable, pas la seconde.

Ce nouveau cours du nationalisme russe a également séduit une partie de l’opposition à Moscou : le Parti communiste comme Oudaltsov, l’opposant que défend publiquement Mélenchon, ont approuvé l’annexion de la Crimée. Conséquence de ce ralliement partiel et de la répression du pouvoir à son encontre, le «Front de gauche» a connu plusieurs défections et pratiquement cessé toute activité (2). Un de ses fondateurs, Ilia Ponomarev, vit désormais en exil à Kiev. Mais, outre Navalny, qui propose sur la Crimée une voie médiane avec la tenue d’un nouveau référendum, d’autres responsables politiques pourraient incarner le changement en Russie. Dans ces conditions, appeler à soutenir le seul «Front de gauche» comme le fait le leader de La France insoumise, nous paraît surtout servir la cause du pouvoir en place.

(1) Ioulia Shukan, Génération Maïdan : vivre la crise ukrainienne, La Tour-d’Aigues, Éditions de l’Aube, 2016.
(2) Les profils du «Front de gauche» russe sur les réseaux sociaux n’ont rien publié depuis juin et décembre 2016 respectivement. L’URL de son site internet n’est plus valide.

Signataires : Laurent Coumel, Françoise Daucé, Marc Elie, Anne Le Huérou, Marie-Hélène Mandrillon, Valérie Pozner, Amandine Regamey, Bella Ostromooukhova, Anna Colin-Lebedev

Un collectif d'universitaires

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Revue de Presse Education... Présidentielle - Bilans - Apprendre...

20 Avril 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Politique, #Médias

Revue de Presse Education... Présidentielle - Bilans - Apprendre...

EXTRAIT

L’actualité éducative à propos de la présidentielle s’emballe ! Il y a encore des bilans et des réflexions à propos d’apprendre.

Présidentielle

L’éducation, une priorité sans consensus électoral. “Les programmes des candidats à l’élection présidentielle proposent des solutions bien différentes pour répondre aux besoins du secteur éducatif.”

Public-privé : la guerre scolaire se prépare, par Marie Piquemal, “Jean-Luc Mélenchon veut supprimer les financements publics des écoles privées, tandis que François Fillon pourrait les augmenter. Les autres candidats jouent la prudence.”

Education : ce que proposent aussi les candidats, par Marie Piquemal. “Si l’école ne monopolise pas les débats télévisés, quatre sujets, du recrutement aux fondamentaux, divisent.”

Les écoles hors contrat votent Fillon. “Confessionnels, Espérance Banlieues, Montessori… Les établissements sans lien avec l’Education nationale, aujourd’hui peu encadrés, pourraient connaître un essor avec le candidat LR.”

Mélenchon veut recruter 60 000 enseignants et augmenter leur salaire.

Éducation : peu d’idées neuves chez les candidats à la présidentielle, par Denis Peiron, “Poursuite ou « détricotage » des réformes engagées, mesures symboliques comme le port d’un uniforme… les programmes des candidats à l’élection présidentielle accordent peu de place aux idées nouvelles en matière d’éducation. Jean-Luc Mélenchon est le seul à prôner une rupture radicale, avec la fin de l’enseignement privé sous contrat.”

Une large intersyndicale contre le transfert des L.P. aux régions. “Annoncé par plusieurs candidats à l’élection présidentielle, le transfert de l’enseignement professionnel aux régions est dénoncé par les syndicats Cgt, Snalc, Se Unsa, Snep Fsu, Snuep Fsu, Snetap Fsu, et Sud. "

Les programmes de Fillon, Hamon, Le Pen, Macron et Mélenchon pour l’Enseignement supérieur. Revue de programmes à 5 jours du scrutin.

L’équipe de campagne très doctorale de Benoit Hamon. “Hé bien nous pouvons au moins saluer l’équipe de campagne V1 et V2 mise en place par Benoit Hamon en vue de la présidentielle. En effet, ce dernier laisse une place particulièrement importante aux doctorant-e-s et docteur-e-s :” suit une liste impressionnante.

La présidentielle vue d’ici IUT de Saint-Avold : « Aucune vision nouvelle ». “Emploi, santé, sécurité… Autant de sujets sur lesquels s’expriment les candidats à la présidentielle. Mais qu’en est-il de l’enseignement supérieur et de la recherche ? Les structures locales en charge de ces domaines trouvent-elles des propositions à la hauteur des attentes du territoire ? Réponse à l’IUT de Saint-Avold avec Philippe Burg, directeur, et son prédécesseur Thierry Zimny.”

(...)

Suite et fin à retrouver en cliquant ci-dessous

Commentaire:

Jean-Luc Mélenchon est le seul à prôner une rupture radicale, avec la fin de l’enseignement privé sous contrat.”

Il a très nettement adouci sa position ce jeudi sur RMC/BFM TV. Désormais il "discute".

De rupture radicale, il n'est plus question...

Le webmaster

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Les écoles hors contrat votent Fillon...

19 Avril 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique

Les écoles hors contrat votent Fillon...

EXTRAIT

Confessionnels, Espérance Banlieues, Montessori… Les établissements sans lien avec l’Education nationale, aujourd’hui peu encadrés, pourraient connaître un essor avec le candidat LR.

Si l’on s’en tient aux chiffres, c’est à n’y rien comprendre : les écoles hors contrat ne concernent qu’une minuscule part d’élèves (0,5 %) et pourtant, elles se retrouvent au cœur d’une bataille politique et d’influence au cours de cette présidentielle. Si certains candidats restent flous sur leurs intentions (Emmanuel Macron ou Marine Le Pen), François Fillon est le seul à se dire ouvertement prêt à soutenir le développement de ces écoles qui n’ont aucun lien avec l’Education nationale. «L’Etat ne devra plus s’opposer à cette nouvelle offre éducative issue de la société civile ; il devra leur faciliter la tâche et les aider», a clamé le candidat LR à Besançon, le 9 mars.

A la différence du privé sous contrat classique, dont les profs sont formés et payés par l’Etat, ces établissements hors contrat (il en existe 1 208 aujourd’hui) ne reçoivent pas un centime d’argent public, embauchent n’importe qui en guise d’enseignant, sans condition de diplôme, et ne sont pas tenus de suivre les programmes officiels. En France, la liberté d’enseignement - celle-là même qui permet aussi d’instruire son enfant à domicile - est tout en haut de la hiérarchie des normes, érigée au rang de liberté fondamentale. L’Etat a seulement le pouvoir de vérifier que les milliers d’élèves inscrits dans ces écoles (ou à domicile) acquièrent le socle minimal de connaissances et qu’il n’y a pas de trouble porté à l’ordre public et aux bonnes mœurs.

En juin dernier, la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, avait annoncé un renforcement des contrôles, expliquant être «préoccupée» : «Je reçois de plus en plus de signalements. Des citoyens, des élus locaux inquiets de voir se développer en France des embrigadements idéologiques ou confessionnels hostiles aux valeurs républicaines», disait-elle. Elle publiait dans la foulée une circulaire pour systématiser les inspections et annonçait son intention de modifier le mode d’ouverture de ces établissements. L’idée était de passer d’un régime de déclaration simple à un système d’autorisation préalable, pour permettre aux autorités d’empêcher une école d’ouvrir si son objet s’avère contraire aux valeurs de la République. C’était le premier acte (visible) de la bataille politique. Il n’a pas fallu longtemps au camp adverse pour riposter : des parlementaires de droite ont saisi le Conseil constitutionnel… qui a censuré le texte en janvier : le régime d’ouverture reste donc inchangé. Car la droite tente de défendre une position paradoxale, et pour le coup peu lisible : elle est à la fois la première à dénoncer les ouvertures d’écoles musulmanes et à souhaiter les encadrer au maximum au nom de la lutte contre le radicalisme, et la première à souhaiter plus de liberté (et de moyens) pour les écoles alternatives, notamment catholiques. Dans son programme, Marine Le Pen, elle, est plus claire : elle vise les écoles confessionnelles musulmanes, en souhaitant «contrôler plus strictement la compatibilité avec les valeurs de la République des enseignements dispensés dans le privé hors contrat.»

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Marie Piquemal

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La patrie, ou la nation et la guerre? Par Claude Lelièvre...

18 Avril 2017 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Histoire, #Politique

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Samedi, François Fillon a prétendu (en vrac!) que l' « on n'ose plus prononcer aujourd'hui les mots d'identité, de France, de nation, de patrie ». Le 4 avril dernier, Emmanuel Macron avait lancé à Marine Le Pen : « le nationalisme, c'est la guerre ! ». ''Patrie'' ou ''nation'', une querelle ''byzantine'' sans enjeu ? Pas si sûr !

Emmanuel Macron et surtout Jean-Luc Mélenchon mettent en avant la « patrie ». Marine Le Pen et François Fillon, eux, évoquent volontiers la « nation » mais aussi « la patrie », sans distinguo.

La formule d'Emmanuel Macron est une reprise de celle de François Mitterrand s'exprimant le 17 janvier 1995 devant les parlementaires européens :« Il faut vaincre ses préjugés. Ce que je vous demande là est presque impossible, car il faut vaincre notre histoire et pourtant si on ne la vainc pas, il faut savoir qu’une règle s’imposera : le nationalisme, c’est la guerre ! La guerre ce n’est pas seulement le passé, cela peut être notre avenir ».

« Si l'on considère le sang que la nation a fait couler au cours de l'histoire, la manière dont elle a contribué à nourrir les préjugés, le racisme, la xénophobie et le manque de compréhension entre les peuples et les cultures, l'alibi qu'elle a offert à l'autoritarisme, au totalitarisme, au colonialisme, aux génocides religieux et ethniques », on peut sans doute en arriver à dire avec Mario Vergas Llosa que « lanation semble l'exemple privilégié d'une imagination maligne » (conférence prononcée à Vienne le 3 juin 1993).

Mais si l'on suit l'analyse que fait Edgar Morin (notamment de certains rapports entre la « patrie » et... l' « Etat-nation ») on ne peut manquer d'être interpellé par la possibilité de certaines ambiguïtés aussi. « La nation est féminisée en Mère nourricière […]. L'Etat est paternalisé, dans son autorité toujours justifiée […]. La fusion sacralisée du Maternel et du Paternel se manifeste dans le nom même de Patrie, masculin-féminin. La religion de l'Etat-nation est de substance matri-patriotique [...] . C'est ce qui donne à l'Etat-nation la conjonction d'une formidable puissance mytho-religieuse […] .L'identité de l'individu, fixée dans une Terre-Mère, se nourrit d'une histoire très riche en infortunes et en gloires, qui procurent des souffrances et jouissances mimétiques surdéterminant l'identification à la Patrie » (Edgar Morin, « Penser l'Europe », Gallimard, 1987, pages 54et 55).

Et c'est bien ce qui semble se passer dans un ouvrage aussi emblématique et historiquement fondateur que le ''roman national''  à l'oeuvre dans les manuels d'histoire de France de Lavisse, à savoir « Le Tour de la France par deux enfants » (sous titré « Devoir et Patrie ») qui a été le best-seller des manuels de lecture courante durant la troisième République triomphante.

Le père de deux enfants lorrains, avant de mourir, a murmuré le mot « France ». La France, la patrie, est ce qu'il faut rejoindre pour obéir au père, mais aussi ce qui est refuge (maternel). Ainsi se tisse dans une histoire ''singulière'' ce qui doit être la trame du destin collectif de tout Français : « A travers cette odyssée des deux orphelins est recréée la généalogie des transferts. Sur la mort du père se fonde l'exigence de servir la France. Après la mort des pères/mères, c'est la patrie qui se substitue à ces derniers pour assurer leur protection. Le ''Tour de la France par deux enfants''est un parcours de réintégration à la mère » (Yveline Fumat, « Revue française de pédagogie », n°44, 1978).

Mais il est non moins remarquable que « la patrie » l' emporte dans ce manuel emblématique sur « la nation » . Une cinquantaine d'occurrences pour « la patrie » et seulement une douzaine pour « la nation ». A vrai dire, ce dernier terme n'apparaît que lorsqu'il y a comparaison avec les autres « nations », lorsqu'il s'agit de prétendre à la « première place ».

Et, dans le programme de 1882 du Cours moyen, c'est « la patrie » qui occupe toute la place (comme on peut le voir dans l'en-tête même du manuel) : « Programmes officiels de 1882 et pages correspondantes du Tour de la France. La patrie. La France , ses grandeurs et ses malheurs. Devoirs envers la patrie et la société. Voir le livre tout entier. Voir aussi les « Vies des grands homme de la France et l'histoire des grands patriotes » : Jeanne d'Arc ; Drouot ; Vauban ; Vercingétorix; Michel de l'Hôpital ; Bayard ; Mirabeau, Portalis; Cujas ; Daumesnil; Duguesclin ; l'abbé de Saint-Pierre ; Colbert) .

Le manuel ne met à l'honneur que deux grandes catégories : les savants inventeurs et les militaires ''patriotes'' (ceux qui défendent la ''Patrie'', résistent). Il ignore les rois et les conquérants.

Un abbé – l'abbé de Saint-Pierre - figure en bonne place dans la liste  des « grands hommes et des grands patriotes » parce qu'il a écrit en 1712 « un beau livre intitulé : ''Projet de paix perpétuelle''. Il y soutenait qu'on pourrait éviter la guerre, en établissant un tribunal choisi dans toutes les nations et chargé de juger pacifiquement les différends qui s'élèveraient entre les peuples. Sans doute nous sommes loin encore de cette paix perpétuelle rêvée par le bon abbé Saint-Pierre. Mais ce n'en est pas moins un honneur pour la France d'avoir été, entre toutes les nations, la première à espérer qu'un jour les peuples seraient assez sages pour renoncer à s'entre-tuer et pour terminer leurs querelles par un jugement pacifique » (page 250).

Loin de s'inscrire dans l'horizon d'une revanche militaire contre l'Allemagne qui vient d'annexer l'Alsace et la Lorraine, l'ouvrage se termine par des considérations des plus pacifiques . Le dernier chapitre intitulé « J'aime la France » est sous-titré : « Le travail fait renaître le bonheur et l'aisance où la guerre ne laisse que deuil et misère » et se termine par une exhortation significative : « Que chacun des enfants de la patrie s'efforce d'être le meilleur possible ; alors la France sera aimée autant qu'admirée par toute le terre ».

Claude Lelièvre

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