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Vivement l'Ecole!

politique

Samuel Sandler : « Deux ou trois choses que je voudrais dire à Eric Zemmour »

22 Septembre 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Politique

Samuel Sandler : « Deux ou trois choses que je voudrais dire à Eric Zemmour »
Samuel Sandler : « Deux ou trois choses que je voudrais dire à Eric Zemmour »

EXTRAITS

Le père et grand-père de trois victimes de Mohamed Merah répond au polémiste d’extrême droite qui reproche de la même manière à la famille du terroriste et à la sienne de n’avoir « pas choisi la France » pour sépulture et d’y vivre en « étrangers ».

(...)

« Je voudrais dire plusieurs choses à Eric Zemmour. 

Je voudrais d’abord lui dire que je suis d’accord avec lui quand il explique qu’il est dommage que des membres de la famille Sandler ne soient pas enterrés en France. Je regrette en effet que les cendres de ma grand-mère, Pauline Walter, se trouvent aujourd’hui en Pologne, où elle a été déportée en mars 1943, alors qu’elle habitait au Havre. Je pense qu’elle aurait préféré être enterrée auprès des siens, en France, au cimetière de Wissembourg, dans le Bas-Rhin, où notre famille est inhumée depuis le XVIIIe siècle…

En réponse à ses propos sur Pétain, dont il explique qu’il a sauvé des juifs, j’aimerais aussi raconter à Eric Zemmour l’histoire de ma sœur aînée, Léa, décédée il y a cinq ans, et qui était née à Mannheim, en Allemagne, en 1933. En 1937, deux ans après l’adoption des lois de Nuremberg par l’Allemagne nazie, mes parents ont abandonné leur affaire de fonderie pour échapper aux persécutions antisémites et s’installer en France, au Havre. Quand la guerre a éclaté, mes parents et ma sœur habitaient là, en Normandie. Mon oncle, André Loeb, y est resté : il disait qu’il ne craignait rien en zone occupée, il répétait : “Je suis un ancien officier de l’armée française, j’ai fait la guerre de 1914-1918, donc il ne m’arrivera rien.” Il a été déporté en même temps que ma grand-mère Pauline, que ma tante Minna, et que mon cousin Jeannot, qui avait 8 ans.

Mes parents, eux, ont choisi de fuir Le Havre et la zone occupée. Ils ont rejoint la zone libre avec ma sœur, je n’étais pas encore né, et ont ouvert à Limoges un restaurant “économique” et casher, considéré comme d’utilité publique par Vichy. En cachette, il s’y fabriquait en réalité de faux papiers pour ceux qui voulaient traverser la ligne de démarcation. A Limoges, ma sœur aînée a participé, à 9 ou 10 ans, je ne sais plus, au concours national de rédaction française. Elle a gagné. Léa Sandler est arrivée première, mais il n’était pas question de lui remettre le prix : on ne pouvait pas consacrer une petite juive allemande ! Elle a donc été déclassée. Le voilà, le fameux patriotisme de Pétain… C’est la seconde chose que je voulais dire à Eric Zemmour.

Plus tard, ma sœur Léa est devenue journaliste pour le quotidien Paris-presse et le magazine Le Nouveau Candide. C’est elle qui m’a poussé après l’attentat (je ne prononce jamais le nom de son auteur) : “Il faut que tu communiques, il faut que tu acceptes les interviews”, et je le fais en effet car c’est l’occasion de parler de mon enfant et de mes petits-enfants. Ma sœur a tout vécu, tout traversé, mais elle était restée profondément marquée par ce déclassement. Jusqu’à son dernier jour, cette histoire la bouleversait. Jusqu’à sa mort en Israël, elle me disait : “Quand est-ce qu’on nous laissera tranquilles ?”

Voilà les deux ou trois choses que je voulais dire à Eric Zemmour »

(...)

Cité par Ariane Chemin

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Nouvelle vie pour le mot « radicalité »

21 Septembre 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Politique

Radicalité : définition de « radicalité » | La langue française

On le trouve par exemple à la une du journal L’Opinion, au sujet de la primaire écologiste, où se situe la radicalité, ce mot étant utilisé, malaxé, échangé par Yannick Jadot et Sandrine Rousseau.

C'est donc une nouvelle vie pour ce terme, qui, il y a peu, désignait les radicalisés ─ « radicalisé » signifiant que l’on était un sociopathe, un danger pour la société. Et aujourd’hui, les radicalisés sont à l’intérieur de la scène politique, et c’est à qui sera le plus radicalisé : Rousseau et Jadot se réclamaient chacun de la radicalité dans leurs interviews hier sur France Inter, parce que si l’on n’est pas radical, on ne peut pas, expliquaient-ils en substance, combattre le réchauffement climatique. Sandrine Rousseau assumait la radicalité de ses positions à hauteur des enjeux actuels, tandis que Yannick Jadot rappelait qu’il n’avait cessé d’être radical avec les OGM, la pèche électrique et d’autres thèmes essentiels. 

Une manière de réactiver les raisonnements de Jean-François Revel, polémiste du siècle dernier, qui était passé de gauche à droite et serait bien étonné de se voir enrôlé pour éclairer la primaire écologiste. Revel expliquait qu’une critique constructive se devait d’être radicale, puisqu’elle évitait de reproduire les erreurs dénoncées. 

La radicalité est donc devenue enviable chez les écologistes et il y a fort à parier qu’elle le soit aussi à droite, je veux dire à droite de la droite, entre Marine Le Pen et Eric Zemmour, si d’aventure ce dernier se révélait être candidat à la présidentielle. Mais avant que cela ne devienne officiel, il a déjà commencé à expliquer que Marine Le Pen était pusillanime, et s’était normalisée – la normalisation étant l’envers péjoratif de la radicalité ─ ce qui représente une vraie révolution au sens planétaire du terme, puisque je crois me souvenir qu’un homme fut élu avec la promesse qu’il serait un président normal. Reste à entendre les candidats, mais j’ai déjà lu qu’Emmanuel Macron incarnait l’extrême centre, autant dire un centre radicalisé.

Tout ceci marque une nouvelle tendance du politique : la valorisation du tranchant au détriment du compromis. On ne sait pas sur quoi cela débouchera, mais c’est en tout cas radicalement nouveau. 

Guillaume Erner

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"Laurent Bigorgne : Les enseignants ne sont pas mal payés : il y en a trop..."

21 Septembre 2021 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique - Libération Publié dans #Education, #Politique

Les profs sont des "planqués" - Et si on en parlait!

EXTRAIT

Fin août, l'Institut Montaigne publiait un bilan de l'action gouvernementale en matière d'éducation qui tenait du panégyrique et du programme. Il lançait les grandes lignes de ce qu'Emmanuel Macron a commencé à dessiner pour 2022. Le 18 septembre, son directeur, Laurent Bigorgne, très proche d'E Macron et de JM Blanquer, intervient sur France Inter à propos du salaire des enseignants. "On n'a pas bien su organiser l'échelon secondaire qui est très couteux et qui a conduit à paupériser beaucoup d'enseignants. 

(...)

F Jarraud

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Vive la France ! - Réponse à Eric Zemmour... (Vidéo)

19 Septembre 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Politique

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Malaise... Par Najat Vallaud-Belkacem/19 septembre 2019 et toujours d'actualité

18 Septembre 2021 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Politique

Malaise... Par Najat Vallaud-Belkacem/19 septembre 2019 et toujours d'actualité

Il fut un temps où, quand le premier personnage de l’Etat parlait de «fuite d’eau», nous entendions de toutes parts de justes réactions d’indignation. Aujourd’hui, des mots aussi déshumanisants que «vague» sont employés sans que personne n’y trouve plus rien à redire. On va jusqu’à employer, au Gouvernement, une rhétorique guerrière avec un appel à «armer le pays». On n’en dira jamais assez les dommages causés, dans notre pays, par ces années de mauvais débats sur l’identité nationale et l’immigration, et qui resurgissent aujourd’hui sous une autre forme, dans d’autres bouches.

En termes de cadrage des perceptions, nous savons combien les métaphores utilisées influent sur la manière dont nous pensons les choses. Ces figures de style et exercices de communication sont donc non seulement dérangeants, sinon odieux, ils sont surtout catastrophiques d’un point de vue politique. Les effets de manche et l’inflation sémantique, loin de compenser les insuffisances des actes ou leur inefficacité, ont en effet un impact direct sur les représentations et les attentes. Le discours de Grenoble et ses suites n’ont rien produit d’autres que de l’intolérance vis à vis de l’immigration, et une polarisation toujours plus grande de l’opinion. Parler des choses, «sans tabou», quand on en parle mal, quand on libère chacun des contraintes des normes sociales et que l’on laisse libre cours aux fantasmes, cela n’apaise rien. Cela aggrave le problème.

Par les mots employés par le Président de la République cette semaine — «parti bourgeois» opposé à ces catégories populaires qui «vivraient avec» -, on semble acter un renoncement politique. En nommant les choses ainsi, on fige en effet une forme de partition sociale que l’on dénonçait pourtant hier à grands coups d’envolées lyriques sur l’émancipation et l’égalité des chances. On semble ainsi renoncer à toute possibilité de réconcilier l’ensemble des Français autour d’intérêts communs, de les fédérer autrement qu’en leur désignant des ennemis et des boucs émissaires.

Mais il y a pire : par ces mots, on enferme «le peuple», et surtout «les catégories populaires» dans une posture victimaire, la posture de ceux qui «subissent», «vivent avec», on leur nie la possibilité d’être ouverts, généreux, de savoir dépasser leurs intérêts particuliers pour considérer l’intérêt général. Finalement, vu d’en haut, le peuple serait incapable d’empathie, ce carburant de nos démocraties que j’ai pourtant plus souvent trouvé dans les quartiers populaires que dans les ministères. Il serait incapable de saisir la complexité d’une situation, il faudrait donc lui résumer les faits au risque de la caricature, exciter ses émotions au risque de flatter ce que l’humain a de plus médiocre… Cette approche réductrice, paternaliste, caricaturale du peuple ne vaut pas mieux que celle qui consiste à tout pardonner à certaines catégories de populations parce qu’elles seraient, à elles seules, l’essence même du peuple. Quel que soit le groupe caricaturé ou érigé en bouc émissaire, la politique qui parie sur les jalousies ou la victimisation ne saura jamais réconcilier et jeter les bases de compromis qui nous sont tant nécessaires.

Le Macronisme se voudrait avant tout un «pragmatisme», on le sait. Outre qu’opposer «humanité» et «fermeté» est profondément dérangeant, car cette opposition induit que l’on serait contraint de sacrifier son humanité afin de vivre dans une société pacifiée et ordonnée — il y a dans la revendication de pragmatisme une mystification incroyable. Pour mémoire, il y a eu plus d’un million de demandes d’asile dans le monde en 2018, un chiffre en baisse, et 46 700 personnes l’ont obtenu en France pour cette même année (OFPRA). En Colombie, pays moins grand que le nôtre où je me suis rendue récemment, on accueille chaque jour, sans drame, 27 000 réfugiés vénézuéliens. Ici, nous fantasmons sur des hordes qui se presseraient à nos portes, et ne savons même pas gérer correctement les malheureux qui parviennent jusqu’à nous — la plupart du temps, sans désir de rester dans notre pays.

On se jette des images et des symboles à la figure, comme par exemple l’AME dont on a entendu qu’elle serait détournée pour financer des «prothèses mammaires», quand nous savons bien que l’essentiel finance des interventions médicales urgentes, visant avant tout à prévenir la résurgence de maladies graves, et donc à nous protéger collectivement… Souvent, ces caricatures sont élaborées au nom d’un prétendu affrontement entre «raison» et «émotion». Mais c’est oublier que la politique n’est ni purement rationnelle, ni émotion brute. Nos démocraties souffrent autant de manque d’empathie que de manque de faits établis et de chiffres éprouvés et incontestables! La politique ne doit se désigner pour ennemi ni la raison ni l’émotion, elle est une combinaison de tout cela, et a un ennemi prioritaire : la manipulation, l’erreur de perception, la négation du réel, la «Fake news».

Avec cette approche adoptée aujourd’hui sur l’immigration, le politique vient une fois de plus s’arrimer à des perceptions majoritaires — la France est l’un des pays du monde qui surestime le plus le nombre d’immigrés sur son territoire — : ayant renoncé à agir sur les choses en abandonnant toute audace réformatrice sur l’autel de l’ultra-libéralisme, il ne prétend même plus agir sur les erreurs de perception, et se contente de surfer sur une réalité parallèle en espérant que cela suffise à lui redonner un semblant de légitimité et de soutien populaire. Si nous persistons collectivement, non seulement en France mais aussi au Royaume-Uni, en Italie ou aux États Unis, dans cette voie, alors j’en ai la conviction: la Politique n’en sortira pas grandie, et la question migratoire n’en deviendra que plus difficile à résoudre.

Najat Vallaud-Belkacem

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Revalorisation des enseignants : Monsieur Blanquer, un peu d’honnêteté !

17 Septembre 2021 , Rédigé par Parti Socialiste Publié dans #Education, #Politique

Revalorisation des enseignants : Monsieur Blanquer, un peu d’honnêteté !

Yannick Trigance, secrétaire national du Parti socialiste à l'École, l'Éducation, l'Enseignement supérieur et la Recherche

Depuis plusieurs semaines, engagé dans une nouvelle campagne médiatique dont lui seul a le secret, le Ministre de l’Éducation nationale Blanquer affirme sans vergogne que « le salaire des enseignants aura bien plus augmenté entre 2017 et 2022 qu’entre 2012 et 2017 quand il y avait un gouvernement que soutenait Madame Hidalgo ». (« Le Parisien » du 13 septembre)

Une fois de plus, M. Blanquer part du principe que ses assertions restent indiscutables et indiscutées : il n’en est rien, bien au contraire.

Car la réalité des faits ramène les propos de M. Blanquer à ce qu’ils sont : des contre-vérités.

La réalité d’abord, c’est qu’entre 2012 et 2017 des mesures de revalorisation ciblées ont été prises pour les enseignants par les gouvernements socialistes : alignement de l’indemnité de suivi et d'accompagnement des élèves du premier degré sur celle du second degré en la portant à 1200 euros par an, augmentation des indemnités éducation prioritaire pour rendre plus attractifs ces territoires en les portant à 1 734 euros en REP et 2312 euros en REP+, attribution de nouvelles décharges aux directeurs d’école, augmentation des indemnités pour l'exercice de missions particulières.

La réalité encore, c’est que les accords PPCR (Parcours professionnels, carrières et rémunérations) conclus avec l’ensemble des forces syndicales – qu’est devenu le dialogue social sous le quinquennat Blanquer ? – , concernaient l’ensemble des enseignants et permettaient d’aller plus loin en revalorisant très sensiblement le salaire moyen des professeurs, au-delà de la moyenne OCDE.

En fin de carrière, ce PPCR portait le salaire des enseignants français au niveau les plus élevés de l’OCDE, comme l’Allemagne. Sur l'ensemble d'une carrière, un enseignant devait percevoir 23 000 € brut de plus qu'aujourd'hui, soit un effort total d'un milliard d'euros, dont près de 500 millions dès 2017 et 300 millions au titre de la hausse du point d'indice.
Et la nouvelle grille plus linéaire mise en place dans le cadre de ces accords permettait à tous les enseignants d’accéder à la « hors classe », ce qui était loin d'être le cas jusqu’alors notamment dans le premier degré.

Enfin, il était prévu que la classe exceptionnelle soit accessible pour 80% à des enseignants ayant exercé des missions particulières, par exemple pour un enseignant ayant travaillé durant 8 ans en éducation prioritaire : une logique nouvelle qui ne reconnaissait plus seulement les enseignants travaillant avec les élèves les plus forts mais aussi ceux qui s'engagent en Rep ou Rep+.

La réalité toujours, c’est que contrairement à ce que font M. Blanquer et l’actuel gouvernement, les grandes augmentations précédentes avaient opté pour une programmation sur plusieurs années. Le PPCR, par exemple, engageait l'exécutif jusqu'en 2020.

La réalité enfin, c’est que cette programmation mise en place jusqu’en 2017 sous l’action de Najat Vallaud-Belkacem, Monsieur Blanquer ne l’a pas poursuivie : il s’est récemment contenté d’une vague promesse de 500 millions chaque année pendant plusieurs années, sans aucune garantie.

Au final, la revalorisation présentée aux syndicats le mercredi 25 août – une modeste enveloppe de 245 millions d’euros pour le budget de 2022 – se traduit par une prime de 29 euros net par mois pour les enseignants en milieu de carrière à 57 euros pour les plus jeunes : on est bien loin des revalorisations réalisées entre 2012 et 2017 !

Et si « la présidentielle ne peut pas être une Foire du Trône de la démagogie » comme le ministre le claironne dans la presse, il lui faudra rendre des comptes sur sa politique éducative de régression face à ceux qui, comme Anne Hidalgo, ont décidé de placer l’éducation, l’école et ses enseignants au cœur de leur projet et de leurs priorités.

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Paris 2024 : le discours indécent de coach Macron

15 Septembre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique, #Jeunesse, #Education

Paris 2024 : comment le Covid chamboule les Jeux olympiques - L'Express  L'Expansion

Les athlètes français ne rapportent pas assez de médailles par rapport à l’argent public investi dans le sport, et il va falloir changer tout ça : c’est le message transmis lundi soir par Emmanuel Macron aux médaillés de Tokyo qu’il recevait à l’Elysée.

Ils n’avaient plus besoin de prouver qu’ils avaient un mental à toute épreuve. Les médaillés olympiques français viennent pourtant de le démontrer une nouvelle fois, en subissant lundi les consignes en vue de Paris 2024 concoctées par coach Macron, qui les recevait à l’Elysée pour une cérémonie en leur honneur. Sauf que d’hommage, il a été peu question au beau milieu d’un exposé échevelé qu’on aurait pu intituler «le macronisme appliqué au sport», ponctué de quelques concepts inaudibles : «pacte de performance»«cordée du sport» ou «capital sportif-entrepreneur»...

Evacués quelques mots rapides de félicitations pour Tokyo, le Président a prévenu celles et ceux sans qui la France ne figurerait pas dans le top 10 du tableau des médailles : il faudra «faire beaucoup plus» dans trois ans. Belle leçon d’hypocrisie envers des personnes qui se sont ruinées (souvent au sens financier du terme) et épuisées pendant cinq ans pour brillamment contribuer à remplir les objectifs olympiques. Sans chiffrer son rêve de médailles, le chef de l’Etat a souhaité que la France fasse, a minima, partie des cinq meilleures nations olympiques en 2024.

Le manège rhétorique fonctionne peut-être devant d’autres publics. Mais athlètes confirmés et autres aspirants à la médaille n’ont pas envie d’entendre de telles inepties: ils veulent du concret. Qu’on leur parle des aides envisageables pour les trois ans qui les séparent des prochaines olympiades, d’un plan pour former plus d’entraîneurs, d’éducateurs avec des vraies compétences ou de moyens financiers mis dans le développement des clubs.

Le rapport Onesta, base de travail pour 2024

Dans son discours d’une dizaine de minutes, le président a promis qu’il annoncerait «dans les prochaines semaines un plan massif pour les équipements sportifs de proximité». C’est bien, mais l’Agence nationale du sport (ANS), financée par les crédits du ministère des Sports, subventionne déjà des projets de construction ou de rénovations d’équipements. Et surtout, c’est au début du quinquennat qu’il aurait fallu mettre le paquet. Au moment même où les Jeux ont été attribués à Paris, en 2017. Ce moment où l’ancienne ministre des sports Laura Flessel évoquait déjà l’ambitieux objectif de 80 médailles. Qui apparaît aujourd’hui démesuré, tant les investissements en faveur du sport n’ont pas suivi.

L’ANS devait alors se substituer au ministère des Sports en vue des Jeux, et permettre le développement des structures dédiées aux athlètes partout en France. Or ses prérogatives et les moyens qui lui ont été alloués ont été bien trop limités pour espérer une première «montée en gamme» lors des JO de Tokyo cet été.

Si le président parle d’un bilan «mitigé», qu’on ne s’y trompe pas : les 33 médailles grappillées (olympiques et paralympiques) au Japon (contre 42 à Rio en 2016) sont peu ou prou conformes à ce que la France pouvait espérer, au vu de l’intérêt minime porté par le gouvernement pour le secteur jusqu’ici.

Le discours présidentiel n’a d’ailleurs pas l’air d’avoir convaincu les concernés. Teddy Riner, plutôt bien placé pour savoir de quoi il en retourne, vu le nombre de récompenses récoltées dans sa carrière. «La France est une grande nation de sport mais se dire qu’on va faire 90 médailles à Paris 2024, non. Faut faire beaucoup plus de choses pour prétendre à 90 médaillés dans trois ans», a-t-il réagi. Avant de résumer la pensée de beaucoup: «Il fallait investir déjà sept ans en arrière dans le sport, massivement.»

Et suivre les recommandations de la cellule de haute performance montée sur mesure en 2017 afin de dicter une ligne directrice sur sept ans. Emmanuel Macron en a repris aveuglément certains points lundi. Il a indiqué vouloir imiter les prédécesseurs chinois et anglais, qui ont doublé leur moisson de breloques lors de leurs éditions organisées à domicile en 2008 et 2012, en concentrant les efforts «sur les profils et les disciplines à fort potentiel».

Entrer dans le fameux top 5 est jouable à condition d’être au rendez-vous dans ce qui fait la force de la délégation française: le judo, l’escrime, les sports cos, et – ce sont les gros chantiers – l’athlétisme et la natation, deux disciplines ayant raté le coche à Tokyo. Mais il ne faut pas négliger les autres sports, nécessaires dans cette quête vers les sommets, où quelques futurs champions et championnes ne demandent qu’à éclore, à condition de bénéficier d’un environnement sportif décent, propice à la performance.

Claude Onesta, l’ancien entraîneur des handballeurs français, deux fois doré aux Jeux et désormais manageur de la haute performance, vient de remettre au gouvernement ses préconisations en vue des JO de Paris. Une fois n’est pas coutume, espérons que l’exécutif le suive au pied de la lettre. Pas sûr que les athlètes doivent être les seuls à «en faire beaucoup plus».

Romain Métairie

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Doublement du salaire des profs : quand Hidalgo réveille le débat politique

15 Septembre 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education, #Politique

https://images.bfmtv.com/EG2XBIgBJoRa7-9mU8py4IIKeyE=/0x43:768x475/640x0/images/La-maire-de-Paris-Anne-Hidalgo-annonce-sa-candidature-a-la-presidentielle-le-12-septembre-2021-a-Rouen-1126437.jpg

Désormais candidate à la présidentielle, la maire de Paris publie demain son sixième livre intitulé « une femme Française ». Et dans ce livre se niche la proposition que l’on n’attendait pas : le doublement du salaire des profs.

Car oui, Anne Hidalgo pense possiblede multiplier par deux au moins, sur un quinquennat, le traitement de toutes les personnes au contact avec les élèves. Pour commencer, elle veut aligner le salaire des nouveaux professeurs sur le salaire médian des titulaires d’un bac 5. 

Depuis que cette mesure est connue, la bataille des chiffres fait rage et ses rivaux s’étouffent

Pour résumer, Anne Hidalgo ne serait qu’une sombre démagogue

Il est pourtant de bonne guerre que la maire de Paris, essayant de réanimer le grand cadavre à la renverse qu’est la social-démocratie, s’adresse en premier à un segment électoral qui votait autrefois largement pour le PS. 

Pour mémoire, en 2012, près de la moitié des profs avait choisi François Hollande au premier tour ! En 2017, plus d’un tiers d’entre eux avaient opté pour Emmanuel Macron, et un quart pour Jean-Luc Mélenchon. 

C’est d’ailleurs ce qui explique la réaction épidermique du leader de la France insoumise. Il a commencé par se moquer, en se demandant si le PS avait perdu sa culture de gouvernement. 

Dans le Journal du Dimanche, il a clamé qu’Anne Hidalgo n’avançait aucune idée politique particulière alors que lui promet par exemple une loi d’urgence sociale avec blocage des prix et smic à 1400 euros. 

On l’a compris, la bataille pour le leadership à gauche est sérieusement lancée

Mais la proposition d’Anne Hidalgo est-elle vraiment crédible ? 

Dans son livre, Anne Hidalgo la chiffre à 9 000 euros par an et par élève tout au long de sa scolarité. Le prix à payer pour transformer l’école et réduire le nombre de décrocheurs, selon elle.

Les économistes s’entendent autour d’un coût de 30 à 35 milliards d’euros par an, soit un huitième du coût global du quoi qu’il en coûte, évalué à 240 milliards. 

Encore une promesse que le PS ne tiendrait pas me soufflait hier un cadre de la majorité en référence à taxation à 75 % sur les très hauts revenus promise par François Hollande en 2012. Mais cet interlocuteur régulier du président reconnait que l’idée « n’est pas idiote ». 

Pas idiote en effet parce qu’avec sa proposition dont il reste à détailler les conditions exactes de mise en œuvre, l’élue PS réussit à organiser le débat autour d’elle. Intersectionnelle à sa manière en faisant se croiser deux des thèmes phares de la rentrée : la priorité donnée à l’éducation et l’augmentation du pouvoir d’achat. 

Soazig QuéménerRédactrice en chef politique à Marianne

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A lire... "LE NOUVEAU MONDE - TABLEAU DE LA FRANCE NÉOLIBÉRALE"

11 Septembre 2021 , Rédigé par Ed Amsterdam Publié dans #Sociologie, #Politique

Éditions Amsterdam (@amsterdam_ed) | Twitter

Dans quel pays vivons-nous ? « Un nouveau monde », disent-ils. Mais lequel ? Pour répondre à cette question, il fallait mener une enquête de grande ampleur sur la France contemporaine.

Le Nouveau Monde, auquel ont participé près de quatre-vingt-dix auteurs – chercheurs en sciences sociales, journalistes, écrivains, praticiens et militants –, brosse un tableau sans équivalent de la France à l’heure néolibérale. En mêlant les voix et les regards, en multipliant les angles et les cadrages, en réinscrivant notre présent dans des tendances de plus long terme, il nourrit l’ambition de rendre intelligible le moment singulier dans lequel nous nous trouvons : prédation des communs et crise écologique, emprise de la finance et capture de l’État, délitement politique et violence sociale généralisée.

Du séparatisme de la bourgeoisie aux formes instituées du mépris, des piliers de l’ordre dominant aux multiples oppositions, alternatives et diversions qu’il suscite, du quotidien des travailleurs aux mythologies qui structurent l’esprit du temps, ce livre-somme dégage les lignes de force de l’époque. Pour construire un autre nouveau monde, le nôtre.

Couverture (c) Juliette Maroni

Liste des contributeurs :

Sarah Abdelnour, Sabrina Ali Benali, Bruno Amable, Philippe Bacqué, Camille Beauvais, François Bégaudeau, Sophie Béroud, Aurélien Bernier, Laurent Binet, Laurent Bonelli, Christophe Bonneuil, Michel Bozon, Gérard Bras, Benoit Bréville, Isabelle Bruno, Antony Burlaud, Éric Chauvier, Johann Chapoutot, Hadrien Clouet, Laurent Cordonnier, Denis Colombi, Laurence De Cock, Amina Damerdji, Jean-Marie Delarue, François Denord, Thierry Discepolo, Gatien Elie, Sophie Eustache, Amélie Ferrand, Nicolas Framont, Pierre François, Simone Gaboriau, Julie Gervais, Cécile Gintrac, Samuel Gontier, Guillaume Gourgues, Serge Halimi, Christophe Hanna, Camille Herlin-Giret, Vincent Jarousseau, François Jarrige, Fabien Jobard, Anne Jourdain, Raphaël Kempf, Rachel Knaebel, Aurore Koechlin, Paul Lagneau-Ymonet, Renaud Lambert, Jérôme Lamy, Mathilde Larrère, Frédéric Lebaron, Gérald Le Corre, Claire Lemercier, Thomas Le Roux, Danièle Linhart, Frédéric Lordon, Marius Loris, Sandra Lucbert, Nelo Magalhaes, Anne Marchand, Gérard Mauger, Michel Offerlé, Ugo Palheta, Stefano Palombarini, Evelyne Pieiller, Frédéric Pierru, Jean-Luc Porquet, Christian Prigent, Nathalie Quintane, Clément Quintard (illustrations), Mathias Reymond, Hélène Richard, Pierre Rimbert, Anne-Cécile Robert, Claire Rodier, Max Rousseau, Mathias Roux, Grégory Rzepski, François Ruffin, Rachel Saada, Arnaud Saint-Martin, Grégory Salle, Julien Sartre, Antoine Schwartz, Pierre Serna, Vincent Sizaire, Félix Tréguer, Antoine Vauchez, Xavier Vigna.

Prologue - Extrait

En 1833, Michelet publiait son Tableau de la France, mince prélude à une œuvre immense. Cet arpentage géographique de l’Hexagone voulait saisir, en même temps que les traits du paysage, les ressorts psychologiques et politiques du pays.

Aujourd’hui, difficile pour un seul auteur de prétendre embrasser et restituer la réalité française dans toute son ampleur. De là le premier parti pris de ce livre : solliciter plusieurs dizaines de contributeurs, aux profils et aux spécialités variés. Beaucoup sont chercheurs (sociologues, politistes, historiens, économistes, géographes…) ; ils apportent les questions, les méthodes et les acquis de sciences sociales qui fournissent l’armature analytique du livre.

Mais les voies de l’enquête sont multiples. Les écrivains, s’ils ont le sens du social, les journalistes, quand ils vont au-delà de la surface des choses, les militants devenus experts de leur terrain de lutte, les esprits attentifs aux paroles et aux vies minuscules, les polémistes même, quand ils appuient là où ça fait mal : eux aussi ont quelque chose à raconter de l’état du pays. On a donc fait le choix de convoquer d’autres voix et d’autres regards que ceux des chercheurs, d’autres cadrages et d’autres tons, en pariant qu’ainsi on pourrait non seulement dire autrement, mais aussi saisir autre chose.

Réunies, ces contributions forment un tableau. D’autres compositions, assurément, auraient été possibles. Mais, pour divers qu’ils soient, les textes qui suivent ne forment pas un ensemble disparate ou contingent. L’ouvrage a son unité, et des lignes de forces qui apparaîtront, espère-t-on, à la lecture.

Il a aussi son architecture. Après un prologue qui nous fait traverser le paysage français à vol d’oiseau, les textes s’articulent autour de quelques grands thèmes.

La première partie se concentre sur les couches supérieures de la société et de l’État  : elle met en évidence, par-delà les différences sectorielles, une propension générale au séparatisme. La deuxième partie s’attache à décrire les logiques des politiques sociales, économiques et environnementales dans la France d’aujourd’hui – laissant apparaître le poids toujours accru des intérêts privés, des impératifs comptables et des raisonnements court-termistes. La troisième partie réunit, autour de la thématique commune du mépris, des éclairages sur le sort fait à «  ceux d’en bas  », aux populations dominées, qu’elles constituent le grand ou le petit nombre.

Le cahier central rassemble une quarantaine de courts témoignages de travailleurs. En recueillant ces récits – c’est-en-dire en choisissant d’endosser peu ou prou, malgré les difficultés que cela soulève, le rôle de «  l’écrivain public  » –, on n’a pas prétendu donner une vision d’ensemble des réalités professionnelles aujourd’hui, mais bien rappeler l’importance toujours centrale de la question du travail (celui qu’on a ou celui qu’on cherche) dans la vie des individus, et celle des travailleurs dans la vie du pays. On a aussi tenu – tout misérabilisme ou pittoresque mis à part – à rappeler combien l’expérience du travail peut être difficile et douloureuse, dégradée et dégradante, pour une large partie de la population.

La cinquième partie prend pour objet les pratiques et enjeux ordinaires (mais aussi fondamentaux) de la vie contemporaine  : se nourrir, se soigner, apprendre, etc. Aux textes d’analyse, qui proposent une vue générale, largement cadrée, s’accolent des scènes et des évocations, plus précises, plus vives, qui tentent de donner un peu de grain à l’image.

Quant aux deux parties suivantes, elles se penchent sur les dynamiques conflictuelles qui affectent le pays. La première traite des multiples oppositions qui contestent, fracturent ou prétendent réinventer les formes (politiques, sociales et culturelles) instituées – sans faire a priori le départ entre fronts de lutte bien constitués et mouvements évanescents, vraies alternatives et diversions, combats honorables et fourvoiements indignes. L’autre porte sur le maintien de l’ordre, lato sensu, c’est-à-dire sur les différents modes de contrôle et de coercition qui permettent de maintenir et, le cas échéant, de défendre l’ordre social tel qu’il est.

Enfin, une série de textes plus courts, plus libres – volontiers polémiques – tente de saisir, à travers divers signaux courants – objets, discours et syntagmes, figures et lieux –, un peu de l’air du temps, de déplier les « mythologies » du moment, d’écailler quelques-unes des fausses évidences au milieu desquelles nous vivons.

 

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MANU, MCSAM ET CARLITO ...

3 Septembre 2021 , Rédigé par Arrêt sur images Publié dans #Politique, #Médias, #Education

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EXTRAITS

Il porte un cadre retourné. Étrange. Suspense. Soudain, au bon moment, il le retourne. Ce sont les photos des youtubeurs McFly et Carlito. C'est donc la suite de la mini-série, après Mc Fly et Carlito promeuvent les gestes barrière, et McFly et Carlito invités à l'Elysée. Il avait promis de montrer leurs portraits le 14 juillet, il tient sa promesse - avec un peu de retard, le public comprendra, mais il tient. Il est fair-play. Il ose. La "commu" des youtubeurs est censée être en extase. Il a dû redouter que cette promesse le poursuive toute la campagne, comme un sparadrap. Sait-on jamais. Une promesse non tenue à McFly et Carlito, si ça menait en Haute Cour, par les temps qui courent. Mais n'oublions pas les choses sérieuses. Cette rentrée scolaire, tout de même, est dédiée à Samuel Paty. Spéciale dédicace. Sam, si tu nous regardes ! Mais là, pas de photo.

(...)

Daniel Schneidermann

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