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Vivement l'Ecole!

Articles avec #politique tag

Le FN à Béziers, Fréjus, Hayange...

1 Mai 2017 , Rédigé par NVB - Twitter Publié dans #Education, #Politique

 

Le à Béziers, c'est la fin de l’accueil le matin avant l’école pour les enfants dont les parents sont au chômage.

Le à Fréjus, c'est la baisse de 20 % du budget de fonctionnement des écoles.

Le à Hayange, c'est le tarif des transports scolaires qui augmente de 62 % pour le 1er enfant et de 110 % pour le 2ème.

Le à Fréjus c'est la baisse drastique  des subventions aux centres sociaux (-65% pour La Gabelle, -57% pour L’Agachon).

Le au Pontet et à Beaucaire, c'est la fin de la gratuité de la cantine pour les enfants des familles les plus pauvres.

Le à Villers-Cotterêts, c'est un prix du repas à la cantine qui augmente de 78% pour les familles modestes.

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L'école "Macron": une 'Education" toujours "nationale"?...

1 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

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Je relisais (une fois encore) le projet Macron en matière d'éducation. Il est désormais quasiment achevé tout en laissant BEAUCOUP de zones d'ombre.

Très largement inspiré par l'Institut  Montaigne et donc dans un grand élan  "libéral", Emmanuel Macron ne change rien dans le fond! Mais il change tout dans le fonctionnement, notamment des collèges. 

Un pouvoir gigantesque est offert aux Conseils d'Administration dont les places vont valoir TRES cher. Collègues, attendez-vous à de farouches empoignades.

Car ce sont les CA qui désormais décideront de - presque - TOUT ce qu' Emmanuel Macron les autorise à faire:

"Emmanuel Macron parle alternativement de « donner l’initiative », de « plus d’autonomie » ou encore de « stimuler l’innovation » des acteurs de terrain. Cela signifie d’abord une plus grande latitude laissée aux établissements (et à leurs chefs) et un pilotage par l’évaluation. Mais pour Libération cela voudrait dire aussi le choix d’appliquer ou non les réformes en vigueur. A l’école, la réforme des rythmes scolaires ne sera plus obligatoire. Un décret, publiable dès cet été, doit redonner le choix aux communes, après concertation avec les écoles.

Au collège, la réforme ne serait pas abrogée en tant que telle mais pour les 20% dégagés dans l’emploi du temps des élèves pour les enseignements interdisciplinaires (les fameux EPI), chaque établissement pourrait décider de ce qu’il en fait : continuer les EPI, ou remettre en place des parcours bilingues (deux langues vivantes dès la sixième), ou bien des enseignements de langues anciennes. La décision serait prise par le conseil d’administration de l’établissement."

(Extrait du bloc notes des Cahiers Pédagogiques)

Je ne suis pas fermé à des changements. Je n'ai pas défendu - et je continuerai de le faire - la refondation pendant cinq ans pour me réfugier aujourd'hui derrière l'immobilisme.

A condition que ceux-ci ne soient pas dictés par la seule volonté de détruire l'existant, d'exprimer je-ne-sais quelle "vengeance" à l'encontre d'une réforme, voire d'une Ministre, pour revenir à ce que nous faisions avant, qui ne donnait pas de résultat et dont tout le monde se plaignait.

Car certains changements me semblent dangereux (voire pour quelque-uns, irréalisables):

retour à la semaine de 4 jours par exemple ou mort des EPI (qui doivent être maintenus et bien évidemment améliorés par diverses initiatives) pour offrir les 20% dégagés dans l'emploi du temps à... A quoi? Au détriment de qui?

Les Conseils d'administration vont devenir les véritables postes de pilotage et de contrôle des établissements évalués en permanence. Ainsi que nous d'ailleurs.

Vive l'ultra libéralisme. Vive le pilotage par les chiffres et les statistiques!

L'Education NATIONALE se meurt...

Christophe Chartreux

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L'école En Marche! - "La culture française reste très élitiste. L’école française sait très bien sélectionner les meilleurs"

30 Avril 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Politique

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EXTRAIT

(...)

l’École en Marche

Le programme éducation d’Emmanuel Macron a été analysé avec la même attention. On peut signaler mon propre billet de blog ou celui de Jean-Michel Zakhartchouk . On trouvera aussi une autre analyse dans le Café Pédagogique et un résumé dans VousNousIls . Libération a procédé de la même manière que pour Marine Le Pen et décrypte, point par point, les mesures du programme du candidat d’En marche en matière d’éducation en interrogeant les porteurs de ce projet.

Comme l’indique l’article, il est difficile de connaitre les noms des responsables de l’équipe éducation d’Emmanuel Macron. Ceux-ci mettent en avant le fait qu’ils seraient "en poste" (et pas seulement "en marche" ...). L’article présente une personne : Fanny Anor, Prof d’histoire-géo en détachement qui était jusqu’à peu salariée de l’Institut Montaigne. Dans un autre article proposé par l’AFP sur le site du Point , une deuxième personne se dévoile. Il s’agit d’Anousheh Karvar, ex-trésorière de la CFDT et directrice du cabinet de Myriam El Khomri, présentée ici comme la responsable Education d’En Marche. Puisqu’on en est à parler des personnes, quelques noms circulent pour le poste de ministre. On évoque celui de Benoist Apparu ou de Philippe Meirieu (mais c’est une rumeur lancée par Brighelli). On peut se dire aussi que l’ancien Recteur (et dir’cab de Peillon), Pierre-Yves Duwoye qui déploie sa réflexion sur son blog pourrait être candidat. Et puisqu’on en est au petit jeu des pronostics, on pourrait aussi considérer que Laurent Bigorgne, qui dirige l’institut Montaigne pourrait être intéressé. Enfin, on notera une tribune de François de Rugy dans le Huffington Post qui développe les principaux axes de ce programme éducation.

Comment qualifier ce programme ? Jean-Michel Zakhartchouk parle de « promesses et zones d’ombre ». Dans mon propre billet de blog le titre joue sur les mots (normal...) en parlant d’ « En marche, un pas en avant, un pas en arrière ». Sur le site VousNousIls , le syndicat SNES-FSU regrette un “programme pas assez détaillé”, et quelques “méconnaissances du système éducatif”. François Jarraud dans le Café Pédagogique résume le programme en deux mots : « Autonomie et solidarité ».

En ce qui concerne le 1er terme, Emmanuel Macron, parle alternativement de « donner l’initiative », de « plus d’autonomie » ou encore de « stimuler l’innovation » des acteurs de terrain. Cela signifie d’abord une plus grande latitude laissée aux établissements (et à leurs chefs) et un pilotage par l’évaluation. Mais pour Libération cela voudrait dire aussi le choix d’appliquer ou non les réformes en vigueur. A l’école, la réforme des rythmes scolaires ne sera plus obligatoire. Un décret, publiable dès cet été, doit redonner le choix aux communes, après concertation avec les écoles. Au collège, la réforme ne serait pas abrogée en tant que telle mais pour les 20% dégagés dans l’emploi du temps des élèves pour les enseignements interdisciplinaires (les fameux EPI), chaque établissement pourrait décider de ce qu’il en fait : continuer les EPI, ou remettre en place des parcours bilingues (deux langues vivantes dès la sixième), ou bien des enseignements de langues anciennes. La décision serait prise par le conseil d’administration de l’établissement. Au lycée, l’équipe Macron envisage aussi de laisser les équipes appliquer ou pas l’accompagnement personnalisé et les enseignements d’exploration, mis en place par la réforme Chatel de 2010. Ce qui est très inquiétant pour les SES, au passage...

Sur France Tv Info on revient sur l’autre aspect emblématique du programme. Pour lutter contre l’échec et les inégalités scolaires, Emmanuel Macron propose que les classes de CP et de CE1 des écoles en zone prioritaire soient limitées à 12 élèves. Le financement de la mesure, qui nécessiterait l’embauche de 4 000 à 5 000 nouveaux professeurs des écoles, est encore flou, mais passerait par l’économie de "centaines de millions d’euros" sur l’organisation du baccalauréat. Les syndicats d’enseignants sont séduits par cette promesse, mais ont encore des doutes sur sa faisabilité. Ils refusent notamment que son financement passe par l’augmentation des effectifs d’élèves ailleurs, ou par le sacrifice d’autres dispositifs éducatifs présents dans les zones prioritaires. Autre question pratique que pose cette mesure : les locaux. La construction et l’entretien des écoles sont du ressort des communes. Si certaines écoles ont des salles en rab, beaucoup sont étriquées. Dédoubler une classe suppose deux salles. « Nous avons préparé une enveloppe de 200 millions d’euros pour aider les communes, précise Fanny Anor pour Libération . Le temps des travaux, quand il n’y aura pas de solution, deux enseignants feront classe dans la même salle. »

(...)

Philippe Watrelot

La totalité de la revue de presse est à lire en cliquant ci-dessous

A lire aussi (extrait de la même Revue de presse par le même auteur)

(...)

Dans Le Monde du 28 avril, une interview du sociologue Olivier Galland mérite d’être lue. Il délivre son analyse sur les attitudes politiques des jeunes à l’entrée de la vie professionnelle. Mais il parle aussi du système éducatif en ces termes :

« Concernant l’école, on le sait, les destins scolaires se jouent très tôt. D’où l’importance de mettre l’accent sur le primaire, sous-doté, et les apprentissages fondamentaux. La scolarisation précoce peut également être une piste. On doit porter plus d’attention à la qualité de l’enseignement. La réussite des élèves en dépend : c’est une évidence mais on ne s’en est pas assez préoccupé. La formation pédagogique a été trop longtemps laissée à l’abandon en France. L’affectation des professeurs, centralisée et liée à l’ancienneté, est un non-sens. »

Et il poursuit:

« Par ailleurs, l’enseignement en France est encore très académique, peu adapté aux jeunes de milieux sociaux avec des déficits culturels. Il ne s’agit pas de leur fournir un enseignement au rabais mais un peu plus en prise avec la société réelle. Enfin, une plus grande individualisation renforcerait la transmission des connaissances. Les jeunes n’entrent pas avec la même égalité des chances dans le système scolaire or l’école ne les réduit absolument pas. Mais cela rentre en contradiction avec le modèle égalitariste à la française. La centralisation et la bureaucratisation de l’éducation nationale sont peu adaptées à ces défis. Sans compter des syndicats enseignants souvent opposés aux réformes, comme on a pu le voir avec celle initiée par Najat Vallaud-Belkacem. La culture française reste très élitiste. L’école française sait très bien sélectionner les meilleurs. En revanche, faire réussir le plus grand nombre n’est malheureusement pas une obsession politique. »

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Bleu Marine... (Vidéo)

30 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique, #Politique, #FN

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Dimanche, gardons-nous de nous taire!...

30 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Histoire

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J'écris, en ce dernier jour d'avril, ces lignes...

"Nuit et Brouillard", chantée par Jean Ferrat, emplit l'espace ensoleillé de mon bureau... Une paix envahit tout...

Nous sommes à une semaine du second tour de l'élection présidentielle. Marine Le Pen, candidate du parti d'extrême droite "Front National" est l'une des deux finalistes face à un jeune homme de 39 ans, Emmanuel Macron. Quinze ans après la déflagration de 2002 qui avait vu le père - le fascisme est une hérédité - de Marine "du même nom" disputer l'Elysée à Jacques Chirac. Plus d'un million de personnes dans les rues... Aujourd'hui, quasiment plus personnes.

Et si, même vaincues dimanche, les idées extrêmes avaient quand même "gagné"?... Terrible et lancinante inquiétude.

Mais plutôt que contempler les désastres successifs, sans doute serait-il temps d'enfin les empêcher, pour reprendre la belle et pugnace invite de Najat Vallaud-Belkacem très récemment...

En 2002 nous étions des milliers descendus dans les rues, chantant, criant, hurlant nos dégoûts, nos révoltes. Libération faisait sa UNE d'un gigantesque NON... Ensemble nous étions... Ensemble nous allions... Nous étions beaucoup plus que seulement vingt et cent...

2017... Quinze années ont passé et nous n'aurions rien vu? Un sondage vient m'apprendre que plus de 40% d'électeurs seraient prêts à accepter la présence de Marine Le Pen à l'Elysée. 40%! Tout cela dans le silence. Quelques déclarations et articles pour dire son effroi. Mais surtout, surtout, l'étalage permanent, derrière un sourire carnassier, des "théories" fumeuses d'un Front National habilement dissimulé derrière une rose bleue. Bien peu nombreux sont celles et ceux descendant dans les rues. Même les "Insoumis" ont choisi de ne pas choisir. Ou quand l'insoumission devient tacticienne et offre un boulevard aux pires tentations.

Le FN n'a changé pourtant en rien. Que le négationnisme soit porté par Bruno Gollnisch hier ou par Jean-François Jalkh aujourd'hui, c'est toujours le même négationnisme. Hier le "détail de l'Histoire"... Il y a quelques jours la France "pas responsable de la rafle du Vel' d'Hiv"!

Non... C'est "nous" qui avons changé...

Qui avons changé et n'avons pas voulu - je parle ici, en l'incluant à ce "nous", d'une partie de la gauche de gouvernement - croire en la dangerosité de certains renoncements, en l'égarement sur des chemins périlleux. Qu'avons-nous trouvé en brandissant la déchéance de nationalité? Sinon la validation tacite et involontaire de certaines propositions portées par le parti extrémiste de droite dirigé par Marine Le Pen. Tout ne s'explique pas par cette seule erreur mais toute ambigüité de la part de la gauche fait le miel du Front National. Ne recommençons jamais!

Je plierai en deux, dimanche, le bulletin portant le nom d'Emmanuel Macron. Je le glisserai dans l'enveloppe. J' irai la déposer dans l'urne transparente. Une fois de plus, après 2002, je participerai sans l'ombre d'une hésitation au combat du "Front Républicain". Pour éviter à mes élèves de collège d'avoir à vivre privés des libertés fondamentales si chèrement acquises souvent!

Ensuite je rentrerai chez moi. Et j'attendrai les résultats. En espérant Macron... La suite étant une autre histoire...

La chanson de Ferrat tourne en boucle...

"La lune se taisait comme vous vous taisiez
En regardant au loin, en regardant dehors"

Gardons-nous de nous taire...

Christophe Chartreux

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Le Pen - Macron : Les mots du duel... (Video)

29 Avril 2017 , Rédigé par Public Senat Publié dans #Politique

Deux projets radicalement différents, mais des mots en miroir… Tel est le paradoxe du duel de second tour de cette présidentielle. Antisystème, patriote et renouvellement, comment les deux finalistes déclinent-ils aujourd'hui les mots qui leur ont permis de se hisser au second tour ? Quelles nouvelles thématiques ont fait leur apparition ? Et comment les deux finalistes réagissent-ils aux critiques et aux attaques qui ont fait irruption dès le soir du première tour ? Pour répondre à ces questions et pour déshabiller, en tout bien tout honneur, la candidate du peuple et celui du travail, selon le mot d'ordre de l'un et de l'autre, quatre invités :
 
Présenté par Hélène Risser
 
Invités
 
Jean-Pierre Winter Psychanalyste
Denis Bertrand Sémiologue - Paris VIII
Cécile Alduy Chercheuse à Sciences Po et membre de l’Observatoire des radicalités de la fonda
Damon Mayaffr Lexicologue - Université de Nice Sofia Antipolis
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Emmanuel Macron: ce qu'il a (vraiment) en tête pour l'école + commentaire

29 Avril 2017 , Rédigé par christophe - Liberation Publié dans #Education, #Politique, #Macron

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Vous trouverez ci-après les principaux points du "projet" Macron en matière d'Education.

J'en tire trois enseignements:

1- Emmanuel Macron et son équipe semblent profondément méconnaître le monde de l'Education;

2- la quasi totalité du "projet" est construit sur l'annonce de PROPOSITIONS que les établissements (et surtout leur Conseil d'Administration respectif) accepteront de mettre en place en totalité, en partie ou pas du tout.

En clair: "Faites ce que vous voulez". Réflexion subsidiaire: l'Education conserve-t-elle un caractère national?

3- Tout cela laisse augurer des débats certes passionnants mais des décisions TRES différentes d'un établissement à l'autre.

On voudrait mettre les établissements scolaires - notamment les collèges - en concurrence par des offres différentes qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Avec toutes les conséquences néfastes que cette concurrence ne manquera pas d'entraîner.

Les places dans les Conseils d'Administration vont être très prisées lors de leur mise en place à la rentrée 2017.

Pas certain du tout que les élèves y gagnent...

Christophe Chartreux

PS: les collègues qui n'apprécient pas plus que ça les audits, contrôles, évaluations et autres remontées statistiques ne redescendant jamais risquent fort de souffrir beaucoup...

Votons Macron le 7 mai... Vigilance ensuite...

Car tout conserver en l'état en cognant dessus ne peut être une politique pour l'école.

La refondation doit être poursuivie, amplifiée. Certainement pas plus ou moins détricotée!

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EXTRAIT (Le surlignage est réalisé par le webmaster)

Après un passage au crible des propositions de Marine Le Pen sur l’éducation, voici le même exercice avec le programme d’Emmanuel Macron.

(...)

Une équipe de quinze personnes travaille sur la partie éducation de son programme. Fanny Anor est la seule à rendre son nom public (et depuis peu), «les autres, explique-t-elle, occupent des postes ne leur permettant pas de se dévoiler, nous ne sommes pas un parti.» Prof d’histoire-géo en détachement, elle était jusqu’à peu salariée de l’Institut Montaigne (un think tank d’inspiration libérale), avant de rejoindre l’équipe Macron à plein-temps il y a quelques semaines. A l’écouter, si Emmanuel Macron est élu le 7 mai prochain, des changements pourraient se produire vite. Dès septembre.

«Nous diviserons par deux les effectifs des classes de CP et de CE1 en éducation prioritaire»

C’est sa mesure phare, peut-être la seule que les électeurs ont retenue du programme Macron.

(...)

Deux questions se posent dans la mise en œuvre pratique de cette mesure. Les moyens humains d’abord. Macron évalue à 12 000 le nombre d’enseignants supplémentaires nécessaires. Où va-t-il les trouver ? D’abord en affectant, dès le mois de septembre prochain, les 5000 enseignants du dispositif «Plus de maître que de classe» de François Hollande - il s’agit d’un enseignant en renfort dans les écoles en difficulté pour permettre de dédoubler certaines classes et de monter des projets. Si Macron est élu, à compter de septembre, ce bataillon de profs sera affecté en priorité dans les CP les plus défavorisés (les REP+). «Nous monterons en charge les rentrées suivantes, explique Fanny Anor. 5000 postes d’enseignants seront créés, et les 2000 restant seront des "redéploiements" Redéployés d’où ? «Nous ferons un audit précis, ce point n’est pas encore défini.»

Deuxième question pratico-pratique que pose cette mesure: les locaux. La construction et l’entretien des écoles sont du ressort des communes. Si certaines écoles ont des salles en rab, beaucoup sont étriquées. Dédoubler une classe suppose deux salles. «Nous avons préparé une enveloppe de 200 millions d’euros pour aider les communes, précise Fanny Anor. Le temps des travaux, quand il n’y aura pas de solution, deux enseignants feront classe dans la même salle.»

«Nous n’affecterons plus aucun professeur en zone prioritaire pendant ses trois premières années»

Les règles d’affectation des enseignants pourraient changer, mais seulement à la marge.

(...)

Macron veut accompagner cette mesure d’une autre, qui existe déjà dans les textes: permettre à certains chefs d’établissement de collège et lycée de recruter eux-mêmes leurs enseignants. «Cette autonomie de recrutement sera possible pour les postes à profil et à condition que l’établissement ait un projet construit», précise Fanny Anor. L’idée est de permettre aux responsables d’établissement, notamment en éducation prioritaire, de constituer une équipe motivée. Et si personne ne postule, comme cela arrive aujourd’hui ? Macron mise sur le porte-monnaie. Il s’engage à augmenter de 3000 euros par an (250 euros/mois) la prime accordée aux professeurs en REP+, en plus des 2300 déjà accordés par la ministre sortante.

«Nous donnerons davantage de liberté aux établissements…»

Emmanuel Macron utilise plusieurs tournures pour formuler cette même idée, fil conducteur dans son programme. Il parle alternativement de «donner l’initiative», de «plus d’autonomie» ou encore de «stimuler l’innovation» des acteurs de terrain. Dans la tête de Macron, ça veut d’abord dire: donner le choix d’appliquer ou non les réformes en vigueur.

• A l’école, la réforme des rythmes scolaires ne sera plus obligatoire. Un décret, publiable dès cet été, doit redonner le choix aux communes, après concertation avec les écoles. Toutes les options seront possibles: revenir à la semaine de quatre jours d’école. Conserver le rythme des quatre jours et demi, avec - ou sans !- les activités périscolaires. Le fonds d’aides aux communes continuera d’exister, mais seulement pour les plus pauvres.

Au collège, la réforme du collège pourrait aussi prendre du plomb dans l’aile. «Elle ne sera pas abrogée en tant que telle. On conserve les textes», indique Fanny Anor. Ainsi, sera conservée la deuxième langue vivante pour tous dès la cinquième (et non comme avant en quatrième). En revanche, les choses pourraient changer sur les 20% dégagés dans l’emploi du temps des élèves pour les enseignements interdisciplinaires (les fameux EPI), ces projets transversaux montés par deux ou trois profs qui font classe autrement. «Ce volume horaire de 20% demeure mais chaque établissement pourra décider de ce qu’il en fait: continuer les EPI, ou remettre en place des parcours bilingues (deux langues vivantes dès la sixième), ou bien des enseignements de langues anciennes», explique Fanny Anor. Qui tranchera? Le conseil d’administration de l’établissement.

(...)

«…En contrepartie d’une responsabilisation accrue et d’une évaluation plus régulière»

Quand il parle d’autonomie, Macron case tout de suite un autre mot «évaluation», les deux allant de pair dans son esprit. Il souhaite instaurer «un audit très complet» de chaque collège et lycée tous les trois ans. Tout serait alors passé au peigne fin: les projets pédagogiques mis en place, les résultats des élèves, le ressenti des uns et des autres (y compris des parents), mais aussi l’état des infrastructures même si leur entretien est du ressort des collectivités territoriales. Une «agence du diagnostic et de l’évaluation», sans que l’on sache son statut, formulerait des recommandations pour chaque établissement. «Il s’agira d’objectiver pour nous permettre de mieux accompagner les équipes en fonction des besoins réels», sous-titre Fanny Anor. Elle donne un exemple: «envoyer le temps nécessaire un renfort dans l’équipe de direction.» Ces évaluations seront-elles publiques au risque d’augmenter encore plus les stratégies des parents de contournement de la carte scolaire ? La réponse est oui, par souci de transparence «même s’il n’y aura évidemment pas de classement. Ce n’est pas l’idée. De toute façon, aujourd’hui, la situation est pire puisque la réputation d’un établissement se base sur des rumeurs.»

En parallèle de cet audit, chaque élève fera un «bilan personnalisé», en début d’année scolaire, de la grande section maternelle à la troisième.

«Il ne faut pas imposer la mixité. Elle naît de la possibilité pour tous d’accéder à la réussite»

On est allé piocher cette citation dans une interview dans la Voix du Nord de janvier dernier, où Macron avait brossé à gros traits pour la première fois sa vision de l’éducation. L’objectif de mixité sociale, alors affiché, ne figure pas dans le programme officiel. Est-ce à penser que rien ne sera fait sur ce terrain s’il accède à l’Elysée. Réponse de Fanny Anor: «Nous continuerons les expérimentations déjà lancées, et en associant l’enseignement privé par le dialogue.» Pas question d’utiliser la contrainte, en passant par la loi, «nous ne voulons pas rouvrir la guerre scolaire».

(...)

Marie Piquemal

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

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"Lycéens et lycéennes, ne vous trompez pas de combat", par Philippe Torreton...

28 Avril 2017 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Politique

Le comédien s'adresse aux lycéens et étudiants ayant manifesté ce jeudi, contre l'affiche du second tour à la présidentielle.

Lycéens et lycéennes,  

Vous vivez un choc et vous le faites savoir ; vous vivez en 2017 ce que nous, plus anciens, avons vécu en 2002.

Il y a quinze ans, nous étions comme vous choqués et en colère, et nous voulions nous aussi le faire savoir haut et fort. Aujourd'hui, beaucoup d'entre nous ont pris acte d'un Fait National, qui fait front sans personne en face. Excepté vous.

Vous manifestez votre rage d'être ainsi pris en otage, et je vous comprends car se sentir poussé à voter pour quelqu'un que l'on n'a pas choisi, parce que l'on craint un plus grand danger, est énervant et c'est un euphémisme. Je le sais, j'étais comme vous en 2002. Et comme vous, j'en ai marre de voter par défaut. Et pourtant, il faut voter Macron sans hésiter, je reprends les mots de Jean-Luc Mélenchon en 2002 : "Pincez-vous le nez" si vous voulez mais votez Macron, comme on a voté Chirac.

Si je vous interpelle, c'est que, pour moi, ne pas appeler à voter Macron revient à supposer que l'abstention ou voter Le Pen est une possibilité que l'on admet. Il ne sert à rien de tortiller du croupion pour dire que je ne rendrai pas mon vote public, que j'invite à ne pas donner une voix au FN, ce qui est clair s'exprime clairement. Il faut voter Macron et il faut le faire savoir.

Le Front national n'en revient pas du cadeau que lui font certains responsables politiques et syndicaux, Marine le Pen jubile, sa campagne de second tour, commencée d'ailleurs sur les chapeaux de roue, est le signe qu'elle entend bien profiter des bouderies adolescentes de La France insoumise, de la consigne floue de LR, des atermoiements de la CGT et consorts, des appels au boycott ou aux votes nuls.

Leçon d'intransigeance

Oui, gloire à vous lycéennes et lycéens, vous donnez au pays une leçon d'intransigeance, mais il faut appeler à voter Macron. Vous n'êtes pas des politiques, vous n'avez pas de fonds de commerce, vous ne pouvez pas craindre que votre jeunesse s'abîme en appelant à voter Macron. Votre jeunesse est plus forte que cela, votre jeunesse n'a pas de déceptions électives à caresser dans le sens du poil, votre jeunesse n'a rien à marchander, votre jeunesse n'a pas de plan B européen, votre jeunesse n'est pas souverainiste, votre jeunesse en cela est dans le sens de l'histoire. Elle sait que l'Union européenne n'est que le fruit de ce que les présidents français ont signé et approuvé. Votre jeunesse ne veut pas supprimer le football après un mauvais match.

Votre jeunesse n'a aucun gage de pureté à présenter en vitrine, votre jeunesse ne prépare pas les législatives, votre jeunesse n'a que des coups à prendre et un avenir à construire et rien de bien ne peut se construire sur le nationalisme, rien de bien ne peut se construire en se coupant des autres, en rejetant l'étranger, en contrôlant la culture, en refusant la mixité. Essayez d'imaginer deux secondes ce que donnerait une France repliée sur elle-même, ça devient un tout petit pays, un territoire rabougri, une France comme un ongle incarné qui se blesse à chaque pas.

Se taire, c'est voter Le Pen.

Appeler à l'abstention, c'est voter Le Pen.

Appeler à voter blanc, c'est voter Le Pen.

Ne pas donner de consigne de vote, c'est voter Le Pen.

Ne pas dire que l'on va voter Macron, c'est voter Le Pen.

Il n'y a qu'une façon de faire barrage à l'extrême droite, au nationalisme, à la xénophobie, au racisme, à l'antisémitisme, au révisionnisme, au populisme, c'est d'appeler à voter Emmanuel Macron au second tour. Tout le reste est indigne et ne mérite que mépris.

Lycéens et lycéennes, ne vous trompez pas de combat.

Philippe Torreton

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Cette école chère au Collectif Racine...

28 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Photo Majid Bouzzit - Charente Libre

Photo Majid Bouzzit - Charente Libre

Mon collège à l'heure FN (Ceci est une fiction... Pour l'instant)

C'était un printemps comme tous les printemps. Il flottait dans l'air cette douceur oubliée pendant l'hiver. Un jour de 2020, l'avant-dernière de ma carrière d'enseignant.

Après un coup d'oeil distrait et machinal à la caméra vidéo surplombant le portique électronique filtrant les entrées, puis au drapeau tricolore qui flottait dans le vent, je retrouvai quelques collègues dans la salle des professeurs. Celle-ci avait été redécorée par notre chef d'établissement, arrivé après le cataclysme électoral de 2017... Un portrait de la Présidente de la République, un drapeau tricolore (encore!) et les photographies des élèves "méritants", ceux ayant obtenu des moyennes supérieures à seize sur vingt. Les "tableaux d'honneur". Sur le mur faisant face à celui des brillants élèves, les photographies de ceux n'ayant pas dépassé sept sur vingt. Le "mur du déshonneur". Et puis sur un troisième support, la liste des professeurs "cités à l'ordre du collège" pour leurs résultats au Brevet. Chaque matin, je ressentais ce même écoeurement, ce même dégoût... Et j'enrageais devant l'inutilité de telles méthodes. Car les pourcentages de réussite n'avaient pas évolué depuis cette "Révolution Nationale" qui se disait éducative et les résultats des élèves de notre établissement rural présentaient même de bien inquiétants signes de faiblesse aggravée. Mais il ne fallait pas en parler. C'eût été prendre le risque d'une convocation et d'un blâme de la part de notre hiérarchie qui avait tout pouvoir, y compris celui de nous licencier sur le champ  ! En toute discrétion, je prenais un malin plaisir pourtant à railler ces absurdités. Résistance...

A la sonnerie du matin, les élèves, en uniformes, se rangeaient deux par deux dans la cour face au drapeau (encore!), cette fois au pied du mât. Et gare aux retardataires, aux récalcitrants. Les surveillants, tous ayant dépassé la trentaine - il était loin le temps des "étudiants pions" - munis d'un sifflet, "chassaient" les trublions. Une fois le calme et l'ordre obtenus, une fois les rangs militairement formés avec prise de distance réglementaire, une Marseillaise était diffusée par la sono de l'établissement, reprise - c'était la règle- par tous les élèves. Deux d'entre eux, désignés la veille pour leurs classements remarquables, avaient l'honneur de hisser les trois couleurs, lentement, en gestes mesurés. La cérémonie terminée, et au coup de sifflet du Chef d'établissement lui-même, les rangées pouvaient rejoindre leur salle respective, accompagnées des enseignants, tous en costume-cravate. Chaque salle portait un nom. Il y avait la salle "Bayard", la salle "Du Guesclin", la salle "Charlemagne", la salle "Jeanne d'Arc"... A l'intérieur, au-dessus de chaque tableau, trônait le portrait du Chef de l'Etat. Cette dame qui avait su si bien lisser son discours qu'elle avait séduit même les plus brillants d'entre nous. Au moins n'avait-elle pas imposé l'apprentissage par coeur de ses discours nombreux. Elle intervenait une fois par semaine sur toutes les chaînes de télévision  !

Les cours devaient, c'était la règle et les inspecteurs nouvellement nommés y veillaient avec rage, être "frontaux". Des tables rangées en colonnes, un bureau sur une estrade faisant face aux élèves, les surplombant. Le maître sait! Le maître domine! Le "pédagogisme" n'avait plus droit de cité. Les seules méthodes tolérées étaient celles inspirées par les oeuvres du Ministre de l'Education Nationale. Dans une autre vie, il avait milité contre le diable en personne, Philippe Meirieu. Il avait commis quelques articles, quelques livres, avait tenu rubrique dans un magazine "de droite". Désormais, il faisait appliquer ce qu'il avait rêvé  : l'école du par-coeur, de l'obéissance absolue, du silence imposé y compris par les châtiments corporels, de la notation chiffrée et uniquement chiffrée, avec classements et tableaux d'honneur ou de déshonneur. Il fallait bien alimenter les murs de la salle des professeurs. Chaque fin d'année se terminait, y compris en collèges et lycées, par une distribution des prix en présence des autorités de la commune. Les "cancres" n'étaient pas oubliés ce jour-là. Un bonnet d'âne leur était remis sous les huées de leurs camarades. C'est ainsi que s'opérait la sélection précoce. Qui commençait dès le primaire! Il fallait mériter la sixième. Les plus "mauvais" étaient impitoyablement obligés de redoubler puis, s'ils échouaient encore, se voyaient imposer des orientations - à neuf ans! - pré professionnalisantes. Les autres avaient droit à l'apprentissage du français, des mathématiques et de l'Histoire (celle des héros et des "grandes dates" surtout et quasi exclusivement), les matières nobles dont les horaires avaient été singulièrement alourdis. Cela correspondait à l'aberrant projet du parti de notre Présidente  :

« Le français, langue latine s’écrivant dans un alphabet latin, seule la méthode syllabique est appropriée pour apprendre à le lire et à l’écrire correctement. Son enseignement comprend le vocabulaire, l’orthographe, la grammaire et l’approche des grands auteurs. (...) S’y ajoutent d’une part des notions solides sur l’histoire de France, à partir de la chronologie et de figures symboliques qui se gravent dans les mémoires, d’autre part une connaissance de la géographie du pays, reposant sur des cartes. À l’école primaire, s’ajoute encore l’apprentissage du calcul. Tout au long de la scolarité, les enseignements doivent être délivrés dans une langue limpide, d’où sont bannis les termes jargonnant et les dernières modes qui peuvent agiter légitimement les spécialistes. L’objectif n’est pas un savoir de spécialistes, mais un viatique pour vivre ensemble. »

(Extrait du programme FN)

"Vivre ensemble"... Oui bien entendu... Mais voilà... Depuis l'arrivée au pouvoir des extrémistes "nationaux-populistes", nous ne vivions "ensemble" qu'à condition d'exclure. Bien étrange vision de l' "ensemble". Année après année, les étrangers outre-méditerranéens, les français musulmans, les français qui n'étaient pas "de souche", avaient été écartés par divers moyens, ou s'étaient exclus d'eux-mêmes, les uns en retrouvant leur pays d'origine, les autres en étant inscrits dans des écoles privées, confessionnelles ou pas.

A vouloir vivre ensemble mais entre "blancs catholiques français", notre Ecole se vidaient de ses sangs...

Cela faisait plaisir aux quelques collègues membres du Collectif Racine. 

Christophe Chartreux

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