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Vivement l'Ecole!

Articles avec #politique tag

On connaît enfin le nom du conseiller éducation de Macron...

3 Août 2017 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Politique, #Macron

On connaît enfin le nom du conseiller éducation de Macron...

Depuis deux mois, le microcosme s'étonnait, pour ne pas dire s'inquiétait en constatant que le président n'avait toujours pas nommé de collaborateur chargé de suivre les questions éducatives. Fallait-il y voir un désamour soudain pour le "combat premier" de sa campagne ? Ou l'influence occulte de la certifiée de lettres Brigitte Trogneux, qualifiée de meilleur ex-prof de France par Jean-Michel Blanquer dans une philippique énamourée ?

(...)

Gurvan Le Guellec

L'article complet est à lire ci-dessous. Vous y découvrirez le nom de l'heureux "élu"...

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Pour un collège dont le seul élitisme serait républicain...

3 Août 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

Pour un collège dont le seul élitisme serait républicain...
Pour un collège dont le seul élitisme serait républicain!

 

Il en est des débats comme des plats. Plus on repasse les mêmes, moins on a envie d'y goûter. Ce fut le cas pendant des mois au sujet de la réforme du collège, dite "Collège2016". Celle-ci, après avoir franchi les obstacles mis en travers de son chemin, s'est installée. Elle fut accusée de tous les maux par les mêmes qui ont mis en oeuvre son empêchement d'abord, puis le ralentissement de son application effective et enfin son application.

Cette réforme serait, je cite :

- "responsable de la mort du Latin, du Grec et de l'Allemand", alors que Latin, Grec et Allemand sans la réforme auraient poursuivi l'entre-soi dans lequel ces options étaient confinées et leur inéluctable descente aux enfers par la réduction des effectifs concernés, chaque année un peu plus importante. Or, Latin, Grec et Allemand ont désormais tout pour « reprendre des couleurs » ;

- "responsable de la haine de l'excellence et des bons élèves", alors que la réforme ne s' "attaque" pas aux bons élèves mais met à disposition des enseignants les outils nécessaires à la réduction des écarts entre les plus en difficultés et ceux n'en ayant aucune ou très peu;

- "responsable du nivellement par le bas", alors qu' un nombre d'élèves bien plus important qu'auparavant aura accès à ce qui, avant la réforme, lui était souvent interdit;

- "responsable de la désorganisation des établissements par la précipitation qui a présidé sa mise en application", alors que les débats ont commencé il y a des années. Souvenons-nous de l'Appel de Bobigny qui portait en germes tout ce que la réforme du collège met aujourd'hui en application. Cet appel fut présenté et approuvé par TOUS les syndicats d'enseignants le 20 octobre...2010! Avant l'élection de François Hollande, Vincent Peillon travaillait DEJA à la mise en place de cette réforme. Ce dernier, comme Benoit Hamon puis Najat Vallaud-Belkacem n'ont eu de de cesse d'impliquer des centaines de professionnels de l'éducation pour une construction préparée et concertée.

Tout cela en contradiction absolue avec la nécessité affirmée, y compris par les opposants les plus virulents, de réformer le collège, ce "maillon faible".

Des opposants :

- attaquant très violemment l'Aide Personnalisée et les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI) qui pourtant offrent la possibilité de croiser les disciplines (sans jamais les remettre en cause), en donnant du sens aux apprentissages jadis cloisonnés, en plaçant les élèves dans des situations de construction et de réalisation de projets ;

- mettant en doute les capacités des enseignants à travailler en équipe, voire en affirmant que tous les enseignants de collège travaillaient DEJA en équipe - ce qui est très rare et ne concerne que quelques collègues par équipe pédagogique. Ce travail en équipe est pourtant - toutes les études le démontrent, tous les établissements dits "innovants" travaillent ainsi depuis des années avec des résultats incontestables et incontestés - une urgence dans un pays où, il est vrai, le travail en équipe est étranger à l’organisation historique du système éducatif très pyramidal. A ce sujet je ne peux que conseiller la lecture éclairante du texte de Daniel Calin ici http://dcalin.fr/textes/equipe.html

- mettant en cause la simultanéité de la refondation des programmes ET de l'évaluation, alors que c'est à cette condition de simultanéité dans le temps que la réforme entre en cohérence avec ses attendus. Procéder par étapes successives eût amené les élèves du niveau 3e à attendre... 2020 (!!) pour espérer être concernés, ce qui aurait entraîné des distorsions TRES désorganisatrices!

Tout cela soutenu par quelques "experts" véritables ou autoproclamés, chroniqueurs permanents et omniprésents, humoristes sans humour, philosophes trop heureux de se voir offrir des tribunes inespérées transformées en polémiques alimentant les réseaux sociaux de commentaires d'une indigne violence, plus inacceptable encore quand elle est l'oeuvre d'enseignants.

Qui n'a pas entendu les Christophe Barbier, Natacha Polony, Nicole Ferroni, Alain Finkielkraut, Michel Onfray, Jacques Julliard, Jean-Paul Brighelli, et tous ceux que j'oublie car je préfère les oublier, ne s'en porte que mieux tant leurs diatribes, critiques outrées et outrancières, caricatures approximatives jusqu'aux mensonges, n'apportaient strictement rien au débat nécessaire que tous ceux-là n'ont contribué qu'à assécher, faute d'arguments et de propositions attendues.

On les attend encore!

Mais faisons quelques rappels :

- La réforme du collège, qui aurait pu aller plus loin, plus vite, plus fort - la Ministre l'aurait souhaité - a l'immense mérite d'exister ENFIN pour commencer à grandir.

- C'est une réforme de gauche. Ce qui a déplu à certains, y compris à cette autoproclamée "vraie gauche", aujourd'hui "France Insoumise" qui battait le pavé avec... le SNALC (Syndicat enseignant "marqué à droite" comme on dit).

- C'est une réforme solidaire dans un pays qui vit, depuis plusieurs années, une crise des solidarités et des replis identitaires. Replis se manifestant par des exclusions aux visages multiples qui sont autant de négations de l'égalité des droits:

exclusion de ceux qui ont toujours moins;
exclusion des quartiers dits "difficiles";
exclusion de toutes les minorités;
exclusion des familles non francophones;
exclusion d'établissements à l'écart des métropoles, isolés en milieu rural;
exclusion des "étranges étrangers" et de tous ceux qui ne sont pas "nous";
exclusion des décrocheurs, "produits" non pas par le collège, mais par ses dysfonctionnements.

Ceux-ci aggravés par le gouvernement actuel, dont nous aurions du attendre le meilleur de la droite et de la gauche quand nous n'avons que le pire de la droite. Gouvernement qui n'a de cesse et n'aura de cesse d'appliquer des politiques de destruction d'emplois (300 000 dans la fonction publique! Fourchette basse!), de sélection par l'échec, de refus du concept d'éducabilité condamnant, comme un Bruno Le Maire dans son programme de candidat à la primaire de la droite, un élève faible en CM2 sans lui laisser d'autre espoir qu'une orientation par l'échec, donc subie. A dix ans!

Aggravés enfin par un Président de la République ayant fait le choix de laisser les clefs de la Rue de Grenelle à des responsables dont le passé au Ministère de l'Education Nationale fut surtout un passif:

- 80 0000 postes supprimés;

- fin de la formation initiale;

Je ne parle ici que des plus "hauts faits d'armes".

La réforme du collège a fait un choix, voulu et porté par Vincent Peillon, Benoit Hamon et surtout Najat Vallaud-Belkacem à laquelle l'Histoire donnera raison et rendra hommage. Ce choix, c'est celui du refus d'un autre choix, souvent illustré par les travaux de François Dubet: "Le choix de l'inégalité" qui accompagne toujours les exclusions que nous venons d'énumérer.

Un refus motivé, non pas  - comme l'a très rapidement affirmé Jean-Marie Blanquer aux premiers jours de son entrée en fonction, donnant quelques gages aux "extrémistes du passé" et au "champions de l'élitisme dynastique" - par la volonté d' un égalitarisme utopique et dangereux, mais pour simplement respecter une valeur fondatrice de notre République:

l'égalité, celle des droits et devoirs, l'égalité par le rééquilibrage des moyens, aussi: donner plus à ceux qui ont moins. C'est clair, simple et tellement évident!

L'Ecole est pourtant devenue, silencieusement et de manière chaque année de plus en plus prégnante, un terrain de jeu réservé à quelques-uns. A ces "quelques-uns" très au courant des codes scolaires obscurs à tant d'autres, ces "quelques-uns" culturellement armés pour accompagner leurs enfants vers la réussite.

Doit-on les en blâmer? Certainement pas! En revanche, inquiétons nous de constater à quel point les exclus - toujours issus des mêmes catégories sociales - seront de plus en plus exclus. Surtout lorsque ces "exclus" ne constituent plus - inconsciemment - un "terrain d'avenir" pour celles et ceux qui en ont la responsabilité pédagogique mais sont stigmatisés, transformés en "problèmes". Combien de fois ai-je entendu cette phrase lors des conseils de classe:

"Cet élève pose problème". Comprendre: "Cet élève EST un problème". Terrible! Alors ceux-là ne sont plus des élèves. Ils se transforment en "décrocheurs", "absentéistes permanents", "intenables", "irrécupérables". En un mot ils deviennent responsables, coupables de leur malheur. Et coupables du malheur qu'ils infligent aux autres, "ceux qui suivent".

Nous - les enseignants - touchons alors du doigt cette crise des solidarités.

Comment aurions-nous pu - et les opposants à la réforme du collège auraient du s'interroger avant de crier à la fin de la civilisation par l'abandon du Latin et du Grec, abandon absolument jamais acté - participer à cet abandon des solidarités?

Comment pourrons-nous accepter de tenir grande ouverte la porte du triomphe à une idéologie de droite dont l'objectif annoncé est de briser plus encore toute velléité solidaire à l'égard de celles et ceux que les dysfonctionnements de l'école - dysfonctionnements que cette idéologie de droite à alimentés de manière continue - ont contribué à écarter?

Je ne l'accepte pas et ne l'accepterai jamais!

Voilà pourquoi j'ai soutenu cette réforme:

-    de gauche, sociale et solidaire, sans rien rabattre sur le "niveau" ni sur les "disciplines"; à l'opposé de l' "identitarisme" triomphant;

- bienveillante et lucide car consciente du danger réel des "communautarismes";

-    à contre-courant des "gauloiseries" sarkozystes, des excès zemmouriens, de la "francité en danger" chère à Alain Finkielkraut, de l' "égalitarisme" et du "pédagogisme" si facilement pointés du doigt par paresse intellectuelle.

-    élitiste! Mais un élitisme républicain permettant à toutes et tous de toucher au meilleur à l'opposé de cet élitisme dynastique le permettant à quelques-uns seulement.

Voilà pourquoi j'ai soutenu Vincent Peillon et Benoit Hamon. Voilà pourquoi j'ai soutenu et soutiens Najat Vallaud-Belkacem dans ses combats.

Voilà pourquoi j'ai soutenu et soutiens une réforme qu'il serait très dangereux de détricoter pour la remplacer par ce que nous avons subi dans le passé.

Et qui a lamentablement échoué...

Christophe Chartreux

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"Le pédagogisme"... Ce faux débat auquel je ne participe plus...

1 Août 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

"Le pédagogisme"... Ce faux débat auquel je ne participe plus...

Plusieurs lectures récentes, sur les réseaux sociaux comme sur les sites plus "spécialisés", m'ont amené - mais j'en suis convaincu depuis quelques mois sans pouvoir véritablement et clairement formaliser ma réflexion - à regarder d'un oeil neuf le combat (beaucoup plus que le débat) qui oppose depuis des décennies "pédagogues" et "républicains".

Le tout nouveau Ministre de l'Education Nationale - et ex DGESCO pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy de sinistre mémoire - a cru utile de réutiliser le terme péjoratif: "Pédagogisme". Aimant manifestement les mots en "isme", il a également évoqué l' "égalitarisme", ce chien galeux qui empêcherait la liberté de déployer ses ailes. Diable!

De fait, le successeur de Najat Vallaud-Belkacem choisissait son camp: celui des "républicains" contre les "pédagogues".

L'objet de ce court billet n'est pas de définir les deux "écoles". Internet regorge de milliers de pages, toutes plus savantes les unes que les autres, qui informeront le lecteur curieux bien mieux que je ne saurais le faire.

Il est plutôt de constater et de faire constater à quel point ce "débat" est devenu vain, médiocre, inutile et dangereux.

D'ailleurs s'agit-il encore d'un débat? La définition que je donne à ce terme n'et en rien illustrée par les invectives, accusations, injures parfois, qui jalonnent les échanges entre les uns et les autres. Un débat, ce sont des personnes de bonne volonté, d'avis certes différents mais qui échangent des opinions contraires dans un but COMMUN: la construction, la réalisation d'un projet.

Or nous assistons, depuis des années et en particulier sur les réseaux dits "sociaux" ou dans les "com" publiés à la suite d'articles parus dans la presse Internet (très friande de ce "débat"), à des dialogues de sourds d'un caractère très particulier:

Etape 1  : le républicain provoque, en général toujours le premier, un "débat" sur tel ou tel sujet. La pédagogie regorge d'occasions de se disputer. Il le fait en employant TOUJOURS la même méthode: la "réécriture" du discours "pédagogiste", pour reprendre la teminologie ironique utilisée. Le républicain ne dénonce pas la pédagogie. Il n'utilise quasiment jamais le corpus pourtant immense à sa diposition. Il se contente d'une complainte permanente, récurrente qui peu à peu glisse de la réécriture à l' invention pure et simple du discours de son "adversaire". L'idéologie remplace alors la réflexion, l'analyse scientifique.

Etape 2  : le pédagogue s'offusque et répond. Pour ce faire il prend alors le temps de se justifier. Il passe des heures à RE-construire ce qui vient d'être détruit. Cette re-justification permanente n'empêche évidemment pas son interlocuteur "républicain" de considérer toujours le "pédagogue" comme ce "professeur de rien" dont parlait Jean Lechat en 2005 dans L’idée de science classique. (In Lombard J. LÉcole et les sciences. Paris : L’Harmattan, 2005). Et le "pédagogue", de justification en justification, finit par lasser et se lasser. Le "débat" trouvant sa conclusion dans des fins de non recevoir au mieux, dans l'invective et l'injure au pire.

De tout cela il ne sort... rien!

Car tout ce temps passé, par les uns à inventer idéologiquement un faux discours "pédagogiste", et par les autres à se justifier parfois maladroitement, est autant de temps perdu au détriment d'un sujet autrement plus essentiel: l'Ecole et ses réelles difficultés.

La critique du "pédagogisme" n’a pas d’objet. Elle procède de la rhétorique de la construction de l’adversaire. Les justifications permanentes des pédagogues n'ont pas plus d'objet non plus puisqu'elles sont la conséquence d'un propos lui même sans objet. On tourne en rond et l'Ecole passe au second plan. Un comble!

Voilà pourquoi je ne participerai plus JAMAIS à ce "débat" devenu inutile, inintéressant et consommateur d'un temps précieux que je préfère consacrer à la construction de l'école de demain plutôt qu'à la destruction de celle d'aujourd'hui par la faute d'échanges qui ne font plus sens.

J'invite humblement mes lecteurs à faire de même et à s'engager dans cette voie, plus exigeante mais plus exaltante et positive.

P.S. de Philippe Meirieu : Pour "revisiter" ce débat et prendre de la distance avec lui, je me permets de renvoyer à mon ouvrage "Lettres à quelques amis politiques sur la République et l'état de son école", Plon, 1998, épuisé mais disponible gratuitement en téléchargement sur ce site : cliquez ici

Christophe Chartreux

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Je n'aime pas cette France qu'on nous construit...

31 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Macron

Je n'aime pas cette France qu'on nous construit...

Je n'aime pas, mais alors pas du tout, cette France qui se construit...

J'écris ces mots et ces phrases comme ils me viennent à l'esprit. La France que j'appelle "macronienne" ne me dit rien qui vaille et ne m'attire pas. Elle a le visage d'un pays que je ne connais pas et ne veux pas connaître.

Celui d'une grande bourgeoisie - ce n'est pas péjoratif - dictant au reste du "bon peuple" ce qu'il convient de penser, de dire, de faire. Celui d'une France urbanisée mais urbanisée autour de quatre ou cinq grands pôles dont évidemment Paris. Paris intra muros. Celui d'un espace fracturé mais artificiellement "rassemblé" par la seule volonté d'un discours présidentiel croyant pouvoir effacer les différences quand il faudrait au contraire les constater pour les réduire par l'action bien plus que par les mots ou les phrases simplistes et vidées de tout sens. Celui d'un champ politique dont on voudrait éliminer les clivages et le débat d'idées. Bruno Bonnell, candidat "La République En Marche" à Villeurbanne face à Najat Vallaud-Belkacem, n'affirmait-il pas, sans rire ou avec ce sourire des cyniques certains de leur triomphe : "Le débat entre la droite et la gauche c'est vintage". (Libération). 

"Vintage"... Comme si la politique devenait soudain un produit de consommation courante. 

Une France sans débat d'idées, aseptisée, qui commence déjà à mourir d'ennui. A mourir d'ennui et à souligner le danger qui s'annonce: celui d'une majorité présidentielle écrasante qui aura choisi, construit son opposition formée par la France Insoumise et le Front National. L'objectif tellement visible étant d'obtenir des victoires électorales grâce aux futurs millions de votes par défaut. Ceux-là même qui ont porté Emmanuel Macron au pouvoir. L'invention d'une "dictature douce".

Celui d'une France d'où la gauche serait absente. Je parle ici de la gauche de gouvernement, celle qui a, par le passé très récent, exercé le pouvoir avec courage et opiniâtreté, réussissant parfois, échouant parfois. La tragique absence - ou l'extrême rareté -  de ses représentants élus à l'Assemblée Nationale confirmerait alors mes craintes. La France ne serait plus celle qui a porté si haut la confrontation des idées, le débat raisonné et argumenté. Devrons-nous dire à nos élèves: "Plus de débat! Soyons dogmatiquement consensuels!"? 

Relisant récemment Spectrum de Perry Anderson, je fus arrêté par cette phrase : « L’art n’est vivant que si l’on se dispute à son sujet. » Il en va de même pour la politique... Sans dispute, point de vie...

Si la France d'Emmanuel Macron et de son parti - qui désormais en est un, quoi qu'il en dise - est celle qui imposerait aux français le concept de "la seule ligne possible", telle une évidence qu'il serait outrecuidant, voire blasphématoire, de nier, alors refusons absolument cette vision-là et combattons-la. Elle défigure Marianne!

Si la France d'Emmanuel Macron est celle qui imposerait à toutes et à tous le fait que seul le parti présidentiel est capable de défendre l'intérêt général, alors combattons cet "idéal" illustré par des des phrases aussi convenues que banalement médiocres :

"Il faut du renouvellement!". Qui n'est, si l'on y songe, que la variante édulcorée du "Virez-les tous" de Jean-Luc Mélenchon. Il existe parfois des complicités involontaires...

"Vous ne pouvez être objectifs puisque que vous appartenez à un parti!". Le "parti" étant LE repoussoir brandi par les militants marcheurs. Eux qui participent pourtant à la construction d'un ultra-parti...

"Le Président DOIT avoir une majorité pour appliquer les réformes". Oubliant que ce Président fut élu, non par consentement large, mais par l'apport de voix destinées uniquement à faire barrage au Front National. 

Si la France d'Emmanuel Macron est celle d'une école fabriquée pour les meilleurs et éliminant les plus faibles, oubliant jusqu'au principe d'éducabilité, revenant en - marche -  arrière pour appliquer de vieilles recettes ayant toutes échoué, passant à coté des enjeux véritables, autonomisant les collèges et lycées dans un ultra libéralisme dangereux, n'hésitant pas à tolérer des mouvements pour le moins douteux quant à leurs motivations laïques - je pense à Sens Commun, à Espérance Banlieues - alors luttons pied à pied contre cette politique-là...

Si la France d'Emmanuel Macron est celle de la pensée unique, autoritaire et sans contradiction possible, alors disons-le haut et fort. Sinon:

l'économie aura pris le pas sur la raison;

l'esprit d'entreprise triomphera de toute sagesse;

la rentabilité sera, même à l'école, partout la norme;

l'évaluation de tout, y compris de l'individu, sera le seul et redoutable instrument de mesure;

la bourgeoisie "CSP++++" détiendra les clefs du pouvoir et du savoir. Le sien.

Pour toutes ces raisons, j'appelle chacun et chacune à donner à la France une VERITABLE opposition, pour des débats d'idées, pour construire un pays aux sensibilités multiples et respectées !

Christophe Chartreux

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La « bonne pioche » Blanquer invoque l'«esprit Montessori »... Par Claude Lelièvre...

31 Juillet 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

La « bonne pioche » Blanquer invoque l'«esprit Montessori »... Par Claude Lelièvre...

La semaine dernière, le nouveau ministre de l'Education nationale s'en est encore pris ouvertement à ''l'égalitarisme'' et mezzo voice au ''pédagogisme'' tout en invoquant avec ferveur ''l'esprit Montessori''...

Jean-Michel Blanquer n'a pas manqué de recevoir pour cela les encouragements empressés de « Valeurs actuelles » (un hebdomadaire qui s'affiche comme ''libéral et conservateur'' ; et qui s'était déjà réjoui de sa nomination à la tête du ministère de l'Education nationale) : « Jean-Michel Blanquer apparaît de plus en plus être la bonne pioche du gouvernement Philippe. Critiquant à mots couverts le pédagogisme qui prévaut dans l'Éducation nationale depuis plusieurs décennies et qui a connu son acmé avec Najat Vallaud-Belkacem, Jean-Michel Blanquer précise sa pensée : "Le vrai ennemi du service public, c'est l'égalitarisme ; son ami, c'est la liberté. La liberté bien conçue favorise l'égalité'' »

A vrai dire, la charge du ministre de l'Education nationale contre « l'égalitarisme » n'a rien de bien nouveau. Elle est apparue chaque fois qu'il y a eu des tentatives pour mettre vraiment en place un « collège unique », et dès ses débuts. Jean-Michel Blanquer était encore en culotte courte au collège quand, par exemple, Jean-Marie Benoist s'en est pris avec une verve toute particulière à la création du collège unique voulu personnellement par le président de la République Giscard d'Estaing. Il accuse cette réforme  d' «aller vers le règne de l’uniformité, digne des démocraties populaires et vers la dépersonnalisation absolue, celle des steppes et des supermarchés ». Il condamne cet « égalitarisme absurde, forcené, uniformisateur ». « Ce mythe égalitaire précise-t-il est digne de ce peuple de guillotineurs que nous sommes depuis 1793, et se traduit par la culpabilisation de tout aristocratisme, de tout élitisme dans le savoir : raccourcir ce qui dépasse, ce qui excelle, voilà le mot d’ordre » (« La génération sacrifiée ; les dégâts de la réforme de l’enseignement », 1980).

En revanche l'invocation de « l'esprit Montessori » appartient en propre à Jean-Michel Blanquer : un signe des temps, de notre temps ?  « Je suis pour la créativité, la diversité des expériences. Je ne dis pas que Montessori doit être appliqué partout. D'ailleurs c'est plus l'esprit Montessori, qui doit être revisité, dans des modalités qui doivent évoluer. Au-delà du génie pédagogique qu'était Montessori, c'est sa démarche qui est importante [...]. Au lieu de voir ces expériences menées dans l'école privée comme bizarres, voire inquiétantes, j'aimerais à l'avenir qu'elles puissent être inspirantes pour le service public » ( « Matins de France Culture », 27 juillet 2017). Et le nouveau ministre de l'Education nationale précise : « Mon fil directeur, c'est d'abord une philosophie de l'éducation, qui mène à la liberté. Ce qui donne sens à toute éducation, c'est de donner plus de liberté, d'émancipation, à l'enfant. Une liberté de construction [...]. Les conceptions universalisantes de l'égalité vont à l'encontre de l'égalité réelle […]. C'est par plus de liberté que l'on peut aller vers plus d'égalité ».

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le choix « Montessori » peut paraître surprenant de la part d'un ministre de l'Education nationale. En effet, si l'on envisage de prendre en compte des expériences réelles mises en œuvre par des mouvements pédagogiques existants, pourquoi prendre appui sur la mouvance ''Montessori'' (pour l'essentiel en établissements privés) plutôt que sur la mouvance ''Freinet'' (qui existe bel et bien au sein de l'Education nationale) ? L'une comme l'autre ont des ''choses à dire'' (à nous dire) en matière de « liberté », de « liberté de construction » , d' « émancipation » . Il existe certes des différences. Mais c'est sans doute ce qui fait vraiment problème en l'occurrence...

Célestin Freinet loue Maria Montessori d’ « avoir rendu pratique, au moins dans une certaine mesure, l’auto-éducation des jeunes enfants [...] Mme Montessori a voulu placer ses élèves dans un milieu favorable à l’auto-éducation. […] Dans ce milieu, l’influence directe de l’institutrice est réduite au minimum. Chaque enfant s’occupe de l’objet choisi, le temps qu’il veut, et cette volonté correspond à la nécessité de la maturité intime de l’esprit, maturité qui demande un exercice constant, prolongé dans le temps. Aucun guide, aucun maître ne pourrait deviner l’exigence intime de chaque élève et le temps de maturation nécessaire à chacun ; mais c’est l’enfant lui-même qui nous les révèle dans la liberté. » (« Ecole émancipée » n°29, 19 avril 1925, pp 379-380)

En définitive, Célestin Freinet partage avec Maria Montessori un même ''matérialisme pédagogique'' ; mais il porte un jugement contrasté sur le matériel de la pédagogue au regard de la liberté de l’enfant. Et cela parce que, chez Freinet, il y a non seulement des ''outils physiques'', mais aussi des ''outils sociaux'' (correspondance interscolaire, responsabilité d'ateliers, conseils de coopérative...). Le maître mot revient en définitive à la ''coopération''. Et ce n'est pas un détail  pour ce qui concerne la conception de la liberté qui est effectivement mise en œuvre (découverte et ''expérimentée'' par les élèves eux-mêmes) .

C'est vraiment fondamental, pour Freinet et les siens, aussi bien dans le domaine politique que pédagogique. La première tâche assignée à l'Ecole de la troisième République était de faire des ''républicains''. Pour Freinet et les siens, il faut préparer à une ''République sociale'', voire ''socialiste'', en tout cas ''démocratique''. Et un vecteur majeur pour cela est la « coopération ». La « coopération » entre les élèves, en vue d'une responsabilisation progressive par le collectif, dans le collectif, pour le collectif. Mais aussi une « coopération » entre les instituteurs eux-mêmes pour qu'ils partagent leurs valeurs, leurs outils , leurs expériences «  afin que la libération pédagogique soit l'oeuvre des éducateurs eux-mêmes », et soit pleinement et effectivement une libération à la fois pédagogique et politique.

Mais on est là, à l'évidence, aux antipodes de « la liberté » versus Jean-Michel Blanquer (ou « Valeurs actuelles ») qui prend « une drôle de liberté » en tant que ministre de l'Education nationale.

Claude Lelièvre

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"La grande violence que prépare Macron"... Par Aude Lancelin et Juan Branco, avocat de Julian Assange...

30 Juillet 2017 , Rédigé par Là-bas si j'y suis Publié dans #Politique, #Macron

"La grande violence que prépare Macron"... Par Aude Lancelin et Juan Branco, avocat de Julian Assange...

Voici la transcription de l’émission "La guerre des idées" du 18 juillet 2017 : « Macron ou la tentation autoritaire ». Un entretien d’Aude LANCELIN avec Juan BRANCO, l’avocat français du fondateur de Wikileaks, Julian Assange. A lire et à relire à tête reposée.

Extrait

(...)

AL : Il y a toujours eu des forces capitalistiques derrière les candidats, des intérêts oligarchiques même. On pense évidemment au précédent Nicolas Sarkozy. Mais qu’est-ce qui fait la spécificité de Macron à vos yeux ? Effectivement, on sent que ce n’est pas tout à fait la même chose. A cet égard, certains ont pu aller jusqu’à invoquer un coup d’Etat démocratique, un putsch du CAC 40. Ce type de scénario qui n’a rien à voir avec le complotisme, qui naît simplement d’une analyse des forces en présence complètement légitimes. Qu’est-ce qui fait cette différence dans le ressenti ?

JB : C’est un être qui s’est constitué politiquement à travers les réseaux d’influence, c’est la grande différence avec Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac. Jacques Chirac, par exemple, a une position un peu plus ambiguë, mais quand même. C’est quelqu’un qui va se mettre au service de l’Etat pour le bien ou pour le mal, et qui va avoir un parcours sacrificiel de rapport au politique, avec toutes les jouissances que peut apporter le politique, mais dans lequel il va tenir une ligne d’engagement qui est la sienne, qui est plus ou moins corrompue, tout ce qu’on pourra penser. Mais qui va faire qu’il va passer par toutes les étapes de l’élection, de la mise au service d’autres hommes politiques, du gouvernement, de la constitution d’un parti, de la prise de pouvoir de ce parti, pour arriver à terme à s’imposer comme une figure qui puisse revendiquer sa légitimité politique dans l’exercice du pouvoir. Macron arrive à ce pouvoir porté par des forces qui sont étrangères au politique, c’est-à-dire étrangères au bien commun. En effet, quoi qu’on pense de Chirac et des modalités de son exercice du pouvoir, ce sont des forces qui à la base sont servies par rapport aux citoyens et à la constitution politique dans le sens démocratie libérale le plus classique du terme. Au contraire, Macron est quelqu’un qui va sauter toutes ces étapes pour s’imposer d’en haut dans l’espace politique à travers cette campagne-éclair, après avoir été nommé ministre de l’Economie, après avoir été secrétaire général de l’Elysée, sans fonction élective. C’est-à-dire qu’il va créer une tension qui va faire que sa légitimité, et du coup sa fidélité, ne tient pas tant au peuple, qui a été utilisé pour valider sa mise sur le trône, pour lui donner une onction, qu’aux forces qui l’ont propulsé jusque-là. La force du parcours de Macron c’est l’ENA, c’est Rothschild, c’est le réseau de la technocratie, les réseaux d’affaires qui vont le porter jusque-là. Ce n’est pas un rapport au politique, ce n’est pas un rapport au peuple, ce n’est pas un rapport à l’élection qui vont fonder son pouvoir. Nicolas Sarkozy, certes, devient maire de Neuilly pour constituer un réseau avec tout l’affairisme neuilléen et après avoir rencontré toutes ces personnes qu’il va marier et qui vont lui permettre d’accélérer son parcours, de permettre à cette personne très banale de devenir président de la République. Mais avec toujours principalement cette idée d’élection. C’est-à-dire d’abord cette légitimation par le rapport au populaire, le rapport au politique, le rapport pour finir au service de l’Etat. Là, au contraire, on puise de l’Etat immédiatement, pour ensuite, utiliser cette puissance accumulée et la déverser à travers les réseaux médiatiques, oligarchiques, etc. sur le peuple et s’imposer à lui. Il y a un vrai rapport d’imposition à la France, d’imposition au peuple chez Macron. Dans la façon dont il agit il y a une grande cohérence. Que ce soit au Louvre ou dans tout ce qu’il a déployé depuis, il y a une grande volonté de mise en scène de son autorité qui vise à écraser l’autre – non pas tant l’opposition, ce n’est pas intéressant, mais la France tout simplement – et qui s’explique par cette trajectoire venue d’en haut. Et là, pour moi, il y a une vraie rupture parce que c’est une création de ces milieux-là. A partir de là, il ne peut rien leur opposer, il en fait parfaitement partie. Il est là pour défendre complètement leurs intérêts parce qu’il les considère comme légitimes. Il n’a pas de rapport au peuple.

AL : C’est un fondé de pouvoir d’une certaine façon.

JB : L’élection présidentielle ne résout rien à ça. La façon dont elle a été menée fait qu’il n’y a pas de rapport organique qui se crée. On est sur une vraie distinction qui, encore une fois, ressemble un peu à ce qui est arrivé à Poutine au début de son mandat ; avec toutes les différences qui existent qui font que Poutine arrive là pour combler un vide (en l’occurrence c’était Eltsine, on pourrait comparer Eltsine et Hollande). Cette sorte de chose où on met quelqu’un là pour sauver la France, où ça n’allait plus, où on était en pleine dérive avec un incompétent, etc. Et enfin on a un soulagement parce qu’on a quelqu’un qui a une certaine autorité, une certaine prestance, qui va s’imposer là sans être vraiment passé vraiment par une quelconque initiation. Je pense qu’il y a quelque chose qui a été ressenti par beaucoup de personnes : quand on le voit remonter les Champs-Elysées sur cet appareil militaire, j’ai l’impression qu’il y a peu de personnes (en tout cas je ne l’ai pas ressenti) qui aient senti une forme de sens à ce geste, toute sa symbolique. Vous voyez Chirac, vous voyez Mitterrand, y compris Sarkozy, vous voyez un destin qui s’accomplit, qui après vingt, trente, quarante ans, finit par arriver là et du coup porte en lui un rapport au politique très déployé. Là, on voit quelqu’un qui a pris ce pouvoir comme ça, sans que personne comprenne trop comment ça s’est fait, et qui ne charrie rien derrière lui – si ce n’est ses discours managériaux sur l’excellence, la qualité, mais on pourrait placer n’importe qui à cette place-là. Sans que toute la fonction d’incarnation que le pouvoir politique doit porter soit existante.

AL : Le nombre de gardes républicains ce jour-là sur les Champs-Elysées était inversement proportionnel au nombre de passants agglutinés pour le voir.

JB : Oui, il y a un besoin de surinvestissement de ces espaces-là, parce qu’on sent qu’il n’y a rien derrière. La seule façon qu’a Macron de compenser tout ça, c’est par la force, par une forme d’autoritarisme marqué qui va écraser toute contestation qui, naturellement, pourrait dire : mais qui est ce type, qu’est-ce qu’il fait là, d’où sort-il, comment se fait-il qu’on l’ait placé dans cet espace-là ?

(...)

Propos recueillis par Aude Lancelin

L'entretien complet est à lire en cliquant ci-dessous

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En marche vers une "école" dont l'avenir doit inquiéter...

30 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

En marche vers une "école" dont l'avenir doit inquiéter...

Vers une "école" - au sens large - dont l'avenir doit inquiéter...

Même s'il s'en défend - ce gouvernement se caractérise, jusqu'au plus haut niveau, par une incapacité à assumer projets et décisions - le Ministère de l'Education nationale a commencé le "détricotage" des réformes mises en place pendant le quinquennat Hollande. Mesures pourtant chaudement félicitées en leur temps par l'OCDE (Voir lien en bas de page). Cela allait tellement bien qu'il convenait sans doute de tout changer.

Certains propos, certes rapportés par la presse mais accompagnés de guillemets, ne m'ont pas alerté outre-mesure. Le Ministre de l'Education Nationale déroulait un propos oscillant entre prudence et audace, des audaces limitées.

Et puis est venu le temps des mots qui fâchent, clivent, séparent, opposent et toujours se trompent et nous trompent. Je pense aux "pédagogisme" puis "égalitarisme", ces "isme" qui abaissent, enferment, caricaturent, dénaturent et mentent.

La suite - je cite de mémoire et même hors contexte, je ne trahis pas la pensée du locataire de la Rue de Grenelle - fut à l'avenant:

- une école française dans laquelle le latin et le grec seraient un "enjeu de civilisation", ajoutant (Le Parisien) que latin et grec seraient absolument indispensables à la compréhension de l'étymologie;

- ces deux langues "structurant nos mentalités";

"Civilisation", "Latin à l'origine exclusive de nos étymologies", "Latin et grec structurant nos mentalités"

Arrêtons-nous un instant sur chacun des propos:

- cette "civilisation" renvoyée aux oreilles des enseignants me rappelle quand même TRES fortement les discours sarkozystes des années 2007-2012. Déjà pendant cette période il nous fut très souvent rappelé que "NOUS" étions LA civilisation.

"NOUS",  français dont les ancêtres sont les gaulois! Bien entendu...

"Civilisation"? Laquelle?

- "Latin à l'origine des étymologies et facilitant les apprentissages du français": aucun linguiste ne défend plus cette thèse. 50% des mots du français ne SONT PAS d'origine latine!

On peut aussi parfaitement maîtriser les étymons sans avoir jamais fait ni latin ni grec!

Enfin, puisque le latin et le grec sont des aides aussi précieuses - c'est du moins ce que le Ministère affirme toujours et partout -  pourquoi ne pas les commencer dès le CP jusqu'à la terminale et évidemment pas en options? Manifestement ce Gouvernement n'apprécie pas les enseignements destinés à TOUS les élèves. Il est évidemment moins "politiquement correct" d'affirmer que latin et grec sont de bons outils d'entre-soi pour les enfants de l'élite (si tant est qu'on puisse parler d'élite). Mais ne ravivons pas d'anciennes polémiques...

- "Latin et grec structurant nos mentalités": la structuration des mentalités est un domaine d'une complexité extrême et aucun psychanalyste, ni psycho-linguiste, ni socio-linguiste ne pourra jamais soutenir cette affirmation, prononcée j'ose l'espérer dans la précipitation d'une Interview.

Alors et pour terminer, trois propositions qui auraient le mérite, pour les deux premières, d'être en cohérence avec les propos tenus:

- latin obligatoire dès le CP;

- grec en CM1;

- sans oublier - beaucoup plus sérieusement - l'arabe en 5e.

Il y a BEAUCOUP de mots d'origine arabe dans la langue française...

Christophe Chartreux

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Travail, chômage, mépris...

29 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Travail, chômage, mépris...

"Je m' appelle Victoria, j'habite dans ce bloque, je fais tout pour 2,50 euros ». Cette phrase est écrite au marqueur bleu à l'extérieur de la porte d'un ascenseur sur laquelle on peut lire aussi, gravé au canif : «PORTE DE L' ENFER». Nous sommes dans un ancien bassin minier transfrontalier, à cheval sur le Nord de la France et le Hainaut belge. Trois cités s'y côtoient, aux noms évocateurs : les Mimosas, les Amazones, les Phares. Pascale Jamoulle, anthropologue, s' y est immergée pendant des mois. Elle a écrit un livre relatant son expérience" 

Des hommes sur le fil. La construction de l'identité masculine en milieux précaires, La Découverte, Paris 2005, 292 pages, 29 euros.

C'était en 2005... La politique mise en place par le Gouvernement Philippe, sous la responsabilité du Président Emmanuel Macron, nous mène droit vers ce sombre passé!

Le livre de Pascale Jamoulle relate la situation, les parcours et les relations de trois générations d' hommes en milieu précaire. De descriptions en récits, au fil des chapitres, elle explore plusieurs sphères de la vie de ces hommes : l' emploi, le logement, la famille, la bande, la rue, l'entr'aide. C'est encore aujourd' hui le tableau le plus vrai, le plus juste et le plus saisissant de la violence sociale faite aux jeunes et aux moins jeunes dans les quartiers dits sensibles. Une violence souvent retournée contre eux-mêmes par l'intermédiaire des conduites à risques: drogues, défis d'honneur, fugues, vols, automutilations, pratiques sexuelles imposées et/ou à risques.

A qui la faute?

Ce n' est pas la bonne question. L'auteure ne se la pose pas aussi superficiellement. Les hommes et les femmes de ce bassin minier dévasté en veulent évidemment au «système» et à ses institutions. Ils VIVENT les dégradations de leurs conditions de vie. Chaque jour, ils ont vu leurs parents se réveiller « en train de calculer », tant la pénurie est immense. Devenus parents eux-mêmes, ils vivent la même précarité et ne parviennent pas à « serrer » leurs enfants. Leur autorité se transforme en impuissance devant l' impossibilité d'associer la promesse d'un destin acceptable à la transmission de règles et de valeurs morales. Les générations précédentes rêvaient d'ascension sociale pour ses enfants ; celle d'aujourd'hui espèrent surtout qu'ils ne « tomberont » pas en prison.

Comment éviter les incarcérations dans des cités qui fonctionnent comme des machines de «dépaternalisation»? Sans travail, mis à la porte souvent par leur propre compagne, les hommes ont le sentiment de n'être ni mari, ni pêre. Leurs femmes, accablées de responsabilités, leur reprochent de ne pas assumer leur place. Leurs filles grandissent auprès d'hommes, à leurs yeux, défaillants. Les enfants, les garçons principalement, prennent le pouvoir. Elevés par les mères, rarement par les pères, jamais par les deux à la fois, ils sont perçus à l'extérieur comme des «dégénérés», exposés quotidiennement aux politiques répressives, antijeunes, à toutes les formes de ségrégation et de disqualification spatiale et sociale. Plus d'un « finit » en prison.

Face à ces premiers constats, le débat public s'organise à travers une tension injustice/malheur. La tendance dominante dans nos sociétés est d'y voir tantôt un malheur dû à des forces abstraites (les contraintes objectives), tantôt un défaut moral des victimes (paresse; manque de volonté; refus de s'intégrer dans le corps social).

Ces questions ont un point commun: éluder celle de l'injustice sociale.

Naître dans l'environnement des cités est à coup sûr une malchance. Mais la multiplication des ghettos ou «quartiers» dans les sociétés occidentales bien portantes n'en est pas un. L' extension des zônes de vulnérabilité sociale renvoie bien à une INJUSTICE faite aux moins chanceux, actionnée par un système sans visage aux mains si nombreuses que les intentions, les responsabilités et les chaînes de causalité se diluent dans la multiplicité des rapports de force. Or parler de «malheur» pour désigner les cités est inapproprié. L' idée de malheur attribue les causes des désastres sociaux aux forces de la nature, à des lois objectives indépendantes de la volonté humaine. Et elle induit les notions de fatalité, de résignation, d'adaptation, de soumission à l'ordre du monde. De fait, et souvent volontairement, l'idée de malheur rend opaque l' injustice, empêche de la comprendre et d'en tirer les conséquences.

L' injustice s'accompagne toujours d'une forme de culpabilité. Un phénomène bien connu où les victimes se couvrent de honte et de mépris d'eux-mêmes. Les témoignages des rescapés des camps de concentration, «coupables» d'en avoir réchappé, sont à ce titre très éclairants. Les habitants des quartiers «sensibles» en viennent eux-aussi à s'auto punir, la honte interdisant de s'ouvrir aux autres:

Les hommes fuient leur famille ; ils se murent dans le silence et la dépression ; ils se réfugient dans l'errance, les conduites à risques, les psychotropes, dans des cas extrêmes, le suicide.

Les jeunes filles s'automutilent, se droguent, se prostituent : « Je me hais et je dois enlever ce qui fait qu'il y a tant de mains non désirées qui ont paralysé mon corps, qui ont fait de ma vie la mort ». L' autoaccusation permet aussi au sujet d' échapper à la responsabilité sans visage trop dure à supporter, c'est à dire le malheur de n' être qu'une victime aléatoire parmi d'autres dans un monde dénué de sens et de règles ou les événements frapperaient arbitrairement.

Y a-t-il un antidote à cette honte de soi?

N'est ce pas un antidote à la honte que d'espérer amasser de la « thune » afin de monter un jour son affaire pour entrer dans les « business » légaux? Pour la grande majorité des jeunes rencontrés dans le Nord et le Hainaut belge, les petits trafics illégaux sont une « dépanne », un moyen de surmonter le stigmate qui les frappe: « C' est dans les milieux les plus pauvres qu'on a le plus besoin de paraître. C' est cacher la misère, c'est masquer. Quand tu es sapé comme un seigneur, on vient te dire bonjour. Tu arrives à vivre socialement, à participer avec tout le monde. Il faut être reconnu ».

Prendre des risques dans ces activités, c'est encore un moyen de se faire un nom. D'être comme le père sidérurgiste au train du laminoir ou sur les échafaudages, quoique dans un autre registre, celui de l' illégalité : « Une cité sociale doit avoir une renommée, il lui faut des gamins qui se montrent, sinon on n'est pas une vraie cité ! ».

Et quand on regarde du coté des pratiques de travail légal, la loi n'est pas le bon critère pour comprendre l'injustice. Dans certains secteurs industriels (amiante, nucléaire, sidérurgie, chimie, agro-alimentaire, services), de nombreuses analyses concluent à une véritable mise en danger délibérée de la vie d'autrui pour servir des stratégies de sous-traitances, de délocalisations. Mais on délocalise aussi les risques sanitaires et sociaux en les transférant aux plus faibles: intérimaires et étrangers. (Lire à ce sujet le livre d' Annie Thébaud-Mony, Directrice de recherches à l'INSERM, Travailler peut nuire gravement à votre santé, La Découverte Paris 2007) .

En voici un exemple, celui de Gaetano... Fils de sidérurgiste, habitant une Cité, il rêve de suivre les traces de son père. L' intérim lui en donne l'occasion et il entre, par l'intermédiaire d'une filiale sous-traitante, chez Usinor-Sacilor. Selon son contrat de travail, il devra trier des plaques de tôles. Mais le jour de son arrivée, le chef d'équipe lui ordonne de découper au chalumeau des poutrelles métalliques situées à neuf mêtres du sol. Gaetano tente de refuser la tâche. Mais voilà, le chef d'équipe se fâche, menace, et puis le donneur d'ordres est pressé, le temps est compté, les futurs marchés de l'entreprise sous-traitante pourraient être menacés. Alors Gaetano monte, et commence à découper muni d'un chalumeau qu'il manipule pour la première fois. Par inexpérience, il coupe son harnais. Neuf mêtres plus bas, on le relève mort, tué sur le coup.

Intérimaire, son accident ne figure pas et ne figurera jamais au bilan social d' Usinor-Sacilor. Le procès pénal visera le chef d'équipe et l'entreprise sous-traitante. Certains donneurs d'ordre ont fait de cette «facilité» un véritable slogan, lisible dans certaines brochures internes : « Entreprises, sous-traitez ! Vous diminuerez votre taux d'accidents de travail ! ». Et à partir de cet exemple se posent de nombreuses questions : Dira-t-on de Gaetano qu'il fut un bon citoyen, respectueux de la légalité et de l'ordre public ? Contrairement à cet autre jeune des cités qui se mesure lui aussi, par d'autres moyens, à son père sidérurgiste ? Parce que le second préfèrerait chercher dans le «business» et la «came» la preuve de sa propre valeur ? Du point de vue de l'injustice sociale, Gaetano serait-il un meilleur sujet que lui ? Mais plus malchanceux peut-être ? A-t-il seulement été victime d'un malheur ? L' accident n'aurait-il pas pu être évité ?

Si, comme la plupart des accidents. Mais il aurait fallu pour cela que l'injustice ne soit pas rendue socialement invisible.

C' est la raison pour laquelle on ne peut pas espérer lutter contre le «mépris» sans porter dans l'espace public la question des injustices sociales.

Le Parti Socialiste et la gauche en général auront tout intérêt à explorer les pistes de nature à provoquer un vaste débat démocratique autour de ces « licenciements contemporains ». Car tant que l'injustice sociale restera confinée dans l'invisibilité et les espaces privés, la maxime de John Trani, grand patron américain passé entre autres par Général Electric, restera malheureusement et cyniquement d'actualité :

« Pour avoir du succès, il faut regarder la réalité telle qu'elle existe sans espérer qu'elle change »

La présidence Macron prend hélas le risque de renforcer les sentiments d'injustices sociales. C'est en cours. 

Le récent épisode de baisse des APL (et autres aides) n'est que la première illustration d'un "paysage français" construit sur l'exacerbation des frustrations, des amertumes et des rancoeurs.

Toujours des mêmes...

Attention! Danger majeur!

D'après un article (et ma propre réflexion)) de Noelle Burgi, Le Monde Diplomatique, octobre 2007.

Christophe Chartreux

Lire également ci-dessous l' "exemple" même de ce qu'il ne faut surtout pas faire. Ce gouvernement fabrique lui-même la bombe qui risque de lui exploser au visage.

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Et toujours plus d'indécence...

28 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Medias, #Politique

Et toujours plus d'indécence...

Il y a pire que tout... Il y a toujours pire que le pire... En cette année 2017, me reviennent en mémoire quelques souvenirs de lectures, de choses vues et entendues, souvent sans le vouloir...

Oui, l'avez-vous remarqué ? Jadis, nous allumions la radio, la télévision, ouvrions un journal et tous ces gestes "magiques" étaient des actes volontaires, choisis. La soirée s'organisait autour de tel film, de telle émission... Le journal s'étalait sur la table de la cuisine recouverte d'une toile cirée... Le chat dormait sur un fauteuil, celui du grand-père quand il venait encore à la maison... Ce n'était pas mieux avant. C'était différent.

Moins indécent.

Aujourd'hui, c'est la télévision, la radio, le défilement des tweets et messages "Facebook", les titres étalés qui s'imposent à nous. Ils nous "allument" presque. Le téléspectateur, l'auditeur, le lecteur, l'utilisateur des réseaux dits "sociaux", s'il n'est pas éduqué, s'il n'est pas éclairé, se laisse alors, sans même s'en rendre compte, happer, engloutir, enfermer dans des torrents d'images, de sons et de textes dont 80% sont d'une rare indigence, d'une absolue indécence...

L'indécence des titres raccoleurs qu'on lit en passant vite, en remontant son col car les courants d'air sont terribles dans les couloirs du métro, avant de rejoindre le bureau.

L'indécence d'émissions de télévision dont le crétinisme le dispute au voyeurisme. Il suffit de réunir quelques invités ayant "une actualité", c'est à dire ayant quelque chose à vendre, de les faire réagir en se moquant de tout - y compris du téléspectateur qui lui ne se doute de rien - de les faire de disputer très artificiellement puis, sans avoir construit le moindre début de réflexion, sans avoir abouti à aucune proposition, le "présentateur vedette" - car la vedette c'est lui - conclut par une pirouette avant la publicité et un feuilleton cathodique maintenant l'audimat à flot. Il n'y a d'ailleurs plus que l'audimat qui soit à flot... Le reste est noyé depuis longtemps dans l'indécence de croire que le téléspectateur, l'auditeur, le lecteur est le dernier des imbéciles auquel il suffirait de donner quelques miettes pour qu'il vienne, tel un pigeon des Jardins du Luxembourg, consommer sa pitance quotidienne d'imbécilité et de crétinisme.

Je n'ose dire ici quelques mots des émissions dites de "variétés". Mes propos pourraient dépasser des limites que ces mêmes émissions ont pourtant très largement outrepassées. De même les radios, dites "libres" il y a quelques années - les "années Mitterrand" - et devenues aujourd'hui prisonnières plus encore que sous de Gaulle. Elles déversent des "sons" au kilomêtre, des propos sans autre objectif que de coller l'auditeur au "poste" et de le pousser à consommer... A lui aussi, quelques miettes quotidiennes...

Et tout cela recouvre indécemment le génie toujours vivace de ce pays, ce pays qui préfère Angot à Le Clézio... Tout est dit dans ce comble de l'indécence... Car enfin comment peut-on préférer Zemmour à Jean-Claude Guillebaud ? Comment peut-on se passer d'une Florence Aubenas, remarquable plume journalistique pour lui préférer Eric Nolleau? Comment peut-on interviewer sur TOUTES les chaînes ces théâtreux poussifs, ces acteurs d'une rare nullité et délaisser tous ces anonymes du vrai spectacle vivant ? Comment peut-on permettre à une Arlette Chabot d'interroger les puissants avec une prudence presque douteuse quand un Laurent Joffrin ou un Edwy Plenel seraient plus percutants, quel que soit l'invité devant eux? Comment peut-on laisser, sans mot-dire, ces fielleux, ces moqueurs de bas-étages, ces caricaturistes qui insultent Daumier, ces menteurs, parfois, faire la pluie et le beau temps, tous complices, toujours les mêmes, usant de leur jeton de présence sur les plateaux où ils s'invitent ?

Comment peut-on laisser l'indécence prendre le pas sur l'intelligence partagée ?

Il y a là des sujets de révolte, de profondes inquiétudes aussi. Car c'est l'indécence qui triomphe aujourd'hui et par-là, c'est l'intelligence et la beauté qui meurent... A celà, un seul remède qui soit à ma modeste portée : le dire, l'écrire, le hurler et souhaiter que d'un cri naisse la conviction qu'il faut en finir, vite, avec l'indécence qui voudrait faire de nous des imbéciles irréfléchis... qui voudrait faire de nous des consommateurs passifs... qui voudrait faire de nous d'obéissants toutous... qui voudrait faire de nous des électeurs dociles... qui voudrait faire de nous des cerveaux éteints... qui voudrait faire de nous des lecteurs aveugles, des auditeurs sourds, des spectateurs toujours admiratifs sans une once d'esprit critique.

Au secours ! Je n'en peux plus !

Christophe Chartreux

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