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Vivement l'Ecole!

politique

Najat Vallaud-Belkacem - Sortir de l'extrême pauvreté (Vidéo)

19 Janvier 2021 , Rédigé par Blonde Publié dans #Politique

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"Le chef de l’Etat puise ses références dans la philosophie des Lumières, mais pour mieux les dévoyer"

19 Janvier 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique

EXTRAITS

«Autonomie», «responsabilité», «hommes capables»… Dans «l’Esprit du macronisme», la philosophe prend la rhétorique du Président au mot, et montre que le chef de l’Etat puise certes ses références dans la philosophie des Lumières, mais pour mieux les dévoyer. Révélant une plasticité langagière propre au néolibéralisme.

Le discours macroniste est un art… du détournement ­conceptuel et de l’ambiguïté rhétorique permanente. Dans l’Esprit du macronisme (Seuil), à paraître jeudi, Myriam Revault d’Al­lonnes, philosophe politique, élève et amie de Paul Ricœur, avec lequel Emmanuel Macron avait mis en scène une complicité intellectuelle pendant la campagne présidentielle de 2017, revient sur les notions clés utilisées par le président français. Et la manière dont le locataire de l’Elysée les récupère et les réinterprète. Si son propos se réfère à la philosophie des Lumières, celui-ci invoque avant tout une conception managériale de la société. Une vision où tout est calcu­lable et anticipable, sauf une pandémie.

(...)

Vous relevez que le concept d’autonomie est omniprésent dans le discours macronien.

Emmanuel Macron l’invoque en effet sans cesse. L’autonomie est le maître mot de la modernité. Dans l’esprit des Lumières, la notion convoque à la fois le singulier et le collectif. Elle lie l’émancipation potentielle du genre humain à celle du sujet individuel. On n’est pas autonome tout seul. Or le discours du macronisme met l’accent sur les ­réalisations individuelles : il accroît la confusion entre la liberté comme in-dépendance et l’autonomie comme liberté partagée. Chez Rousseau ou chez Kant, on obéit à la loi qu’on s’est prescrite, et «penser par soi-même» ne signifie pas penser tout seul. C’est toujours une ­liberté qui engage la liberté des autres. Or, pour Macron, «l’autonomie» se réfère essentiellement à la réussite ­individuelle, à la performance d’un individu comme séparé du monde commun et qui ne devrait rien à personne. C’est une abstraction. Lorsqu’on en arrive à dire que la France doit être une «start-up nation», il est clair que l’on conçoit la politique sur le mode de l’entreprise, jusqu’à faire de l’individu un «entrepreneur de soi-même». Tout ce qui est relatif à la gestion, à l’anticipation «calculante» prend le pas sur la discussion autour des finalités du «bon gouvernement», comme ­disaient les Grecs.

(...)

Dans cette perspective, vous semblez dire qu’il n’y a pas de place pour le conflit.

Une société poli­tique – a fortiori une démocratie – est habitée par un conflit permanent qui fait sa dynamique et sa réinvention. Elle implique un débat incessant sur les choix, les orientations, les valeurs. Ce qui suscite inévitablement du désaccord et de la contestation. L’imaginaire social du macronisme minore ou méconnaît cette dimension conflictuelle. La métaphore des «premiers de cordée» est d’abord une métaphore du lien ­social. Tous vont dans la même ­direction et œuvrent à un projet commun, sans tensions, sans désaccords, sans discordances dans une société faus­sement harmonieuse où les conflits sont abolis et où comptent avant tout les compétences. Quant aux «passions tristes» (expression empruntée à Spinoza pour qui elle désigne les affects qui diminuent ­notre puissance d’agir), elles se réduisent aux frustrations et au ressentiment éprouvés par ceux qui ­jalousent la réussite individuelle.

(...)

En vue de la sortie de crise sanitaire, quelle place occupe l’Etat social dans la pensée macronienne ?

Il y a une contradiction interne chez Macron sur ce sujet. Lorsqu’il explique que l’Etat doit être un «investisseur social», il se réfère implicitement à la théorie du «capital humain», autrement dit à l’idée selon laquelle l’action publique doit aider les individus à développer leur ­potentiel pour s’insérer dans le marché du travail et de la consommation, pour gagner des compé­tences et créer de la richesse. Mais à supposer même que la finalité de l’Etat soit d’assumer cette fonction, ­encore faut-il qu’il investisse à long terme dans la recherche et l’enseignement. Or, la loi recherche récemment votée témoigne d’une ­logique purement gestionnaire et ne fait que précariser encore davantage le secteur. Quant à l’enseignement supérieur, la réouverture des universités, qui accueillent généralement des étudiants moins favo­risés sur le plan social, se fait de ­manière totalement chaotique alors que les classes prépas aux grandes écoles n’ont jamais cessé d’accueillir les étudiants. C’est sans doute l’un des scandales qui, en temps de pandémie, révèlent la ­misère structurelle des universités à laquelle l’Etat comme «investisseur social» aurait pour première tâche de remédier. Il est à craindre qu’il n’en prenne pas le chemin.

Simon Blin

Entretien complet à lire en cliquant ci-dessous

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A lire... L'esprit du macronisme - Myriam Revault d'Allonnes - Déconstruction des expressions fétiches du président

17 Janvier 2021 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Politique

L'Esprit du macronisme: ou l'art de dévoyer les concepts eBook: Revault  d'Allonnes, Myriam: Amazon.fr

Avant propos

À quelles conditions un monde commun est-il possible ? Comment l’habiter ? Ces questions, je n’ai jamais cessé de me les poser. Elles ne portent pas seulement sur les systèmes politiques, le fonctionnement des institutions, les modes d’organisation du pouvoir, si fondamental que ce soit. Elles touchent à l’épaisseur du social, aux expériences, aux manières de dire et de faire, aux affects, aux relations intersubjectives. À tout ce qui sous-tend et excède à la fois la mise en forme d’un ordre social et politique. On peut désigner ce projet, si l’on veut, comme un projet « anthropologique » ou d’« anthropologie politique ».

C’est ainsi que j’ai voulu aborder cet objet insaisissable qu’est le « macronisme », son discours, ses équivoques, son art de gouverner, son rapport à l’époque. Non pas tant sa doctrine que son adhérence à l’esprit du temps. Dans quel univers mental s’inscrit-il ? À quel style de vie (way of life) renvoie-t-il ? En bref, quel est le cadre de sa rationalité anthropologique et politique1 ?

Parler d’« esprit » du macronisme, c’est évidemment se référer à ces deux grandes inspirations que sont De l’esprit des lois de Montesquieu et L’Esprit du capitalisme de Max Weber. Ces deux ouvrages semblent se situer à des années-lumière l’un de l’autre. Ils ont pourtant en commun de s’intéresser à l’ethos qui soutient les systèmes politiques et économiques. Montesquieu veut rendre compte des institutions humaines dans leur ensemble, de leur histoire, de leur sens, de leur contexte physique, social, culturel. Les formes de gouvernement (leur « nature ») sont en liaison étroite avec les mœurs et les manières et surtout avec les passions fondamentales qui assurent leur durée et leur permanence : ils en sont les « principes » moteurs. Toute mise en forme organisationnelle d’un système politique s’entrelace à un style de vie, à des modes de relation entre les individus, à des dispositions subjectives, à des affects individuels et collectifs.

Quant à Max Weber, il voit dans l’« esprit » du capitalisme naissant un ethosqui incite à l’action et induit certains modes de comportement. Le capitalisme, avec toutes les données culturelles qui l’accompagnent, entretient avec l’éthique calviniste une profonde connivence. Sa rationalité spécifique (économique) rencontre les conduites qui valorisent la discipline morale, exaltent la « besogne » et font du travail productif et de la poursuite du gain une tâche au service de la plus grande gloire de Dieu. La compréhension wébérienne mobilise ainsi des « parentés de choix » ou des « affinités électives » entre les divers ordres du réel : dans ce cas précis, entre un style de vie marqué du sceau de l’ascétisme et le capitalisme naissant. Même si cette origine s’est ensuite perdue au cours du développement du capitalisme, ce dernier a émergé en rapport avec une certaine conduite rationnelle de la vie2.

 

Plus généralement, Weber insiste constamment sur les dispositions et les conduites de vie qui constituent un certain « type d’homme » et qui accompagnent les formations économiques, sociales et politiques. L’exercice de la domination requiert toujours d’influencer les « dominés » et de faire en sorte que ceux qui y consentent agissent comme s’ils faisaient de l’ordre qui leur est donné la maxime de leur conduite. Weber intègre l’élément de la subjectivation tant du côté des « dominants » (qui exercent une requête de légitimité et sont en attente de sa satisfaction) que du côté des « dominés » (qui vont répondre d’une manière ou d’une autre à cette demande). Le pouvoir est une relation qui ne se réduit pas au strict rapport commandement/obéissance : il se joue dans un réseau de relations réciproques qui engagent la liberté des sujets ou, si l’on préfère, l’entrelacs qu’est le jeu commun des libertés.

Tout le problème est de savoir ce qu’on entend par un (ou des) sujet(s) libre(s). Avec la modernité, la notion de « liberté » a pris un sens inédit : elle n’est plus, comme chez les Anciens, le privilège du citoyen, elle ne se résume pas non plus à la liberté intérieure et au libre arbitre, elle n’est pas une faculté humaine parmi d’autres. Elle devient un commencement et un principe. C’est l’homme en tant que tel qui est libre et cette nouvelle représentation de la liberté n’est pas seulement une donnée théorique ou philosophique. Elle marque un bouleversement anthropologique et politique : l’homme moderne se pense et s’affirme désormais comme source de ses représentations et de ses actes, comme leur fondement et leur auteur. Récusant l’hétéronomie, à savoir la dépendance à l’égard d’une norme qui s’impose de l’extérieur, la modernité fait advenir la liberté comme « autonomie ».

Or de cette idée, la pensée morale et politique moderne a donné plusieurs lectures. La première a lié l’exigence d’autonomie à son inscription dans un monde commun. Entendons par là que l’individu ne devient véritablement autonome que dans l’obéissance à une loi qu’il s’est prescrite, dans des relations aux autres, dans un agir-ensemble médiatisé par des institutions. L’autonomie n’est pas une liberté sans règles mais le consentement à des règles librement acceptées. Pourtant le chemin qui y mène est problématique. Il n’est nullement tracé à l’avance et son devenir est habité par l’incertitude.

Le primat de l’individu installé par la modernité en posture de fondement a induit une autre interprétation. Elle a privilégié l’indépendance comme valeur suprême dans un monde où les individus ont avant tout le souci d’eux-mêmes et se pensent à la fois, dans une perspective quasi monadique, comme source de leurs actes et déliés de toute obligation irrévocable à l’égard de la société. L’émancipation consiste alors à s’arracher au poids du passé, de la tradition, à se libérer des « entraves » et à considérer avant tout la liberté humaine comme celle d’un être non social ou plutôt ante-social. ...

 

Myriam Revault d'Allonnes - L'Esprit du macronisme - Ou l'art de dévoyer les concepts - Seuil, Paris 2021

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L’égalité des chances cheval de Troie du néo-libéralisme...

16 Janvier 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Philosophie, #Politique

L’égalité des chances, cheval de Troie du néo-libéralisme...

EXTRAIT

Offrir les mêmes chances à tous les enfants et ainsi organiser les meilleures conditions pour la compétition méritocratique est l’objectif affiché par le président Macron en matière d’éducation. Mais s’agit-il de répondre à une demande de justice sociale ou aux injonctions d’une politique néo-libérale ? Faut-il vraiment se battre pour « l’égalité des chances » ?

Dans un article récent[1], Barbara Stiegler nous rappelle opportunément que « le nouveau libéralisme transforme nécessairement la démocratie élective en un régime autoritaire ».  Autoritaire et brutal doit-on encore ajouter, particulièrement au lendemain de ce 1ermai. Mais ce n’est pas là, selon elle, ce qui fait encore la nouveauté du néo-libéralisme —  ce qui le distingue par exemple de l’ultra-libéralisme. Au travers de son injonction propre « il faut s’adapter » qui exige qu’il doive maintenir le cap — quoi qu’il puisse donc en coûter pour les libertés publiques —, le néo-libéralisme vise à instaurer, nous dit Barbara Stiegler, les conditions d’une « compétition juste » de manière à ce que « tous puissent, avec un maximum d’égalité des chances, participer à la grande compétition pour l’accès aux ressources et aux biens ».     

C’est ce cap néo-libéral qui a été fortement rappelé, dans le désert de ses annonces, par le Président de la République lors de sa conférence de presse. Après avoir affirmé que selon lui « la meilleure réponse au sentiment d’injustice n’est pas d’augmenter les impôts mais de les baisser », il a poursuivi par cette déclaration : « Les vraies inégalités ne sont pas fiscales. Elles sont liées à l’origine, au destin, à la naissance. Il faut agir dès la petite enfance ». Au-delà de l’invocation d’une « mystique de la petite enfance », comme la nomme malicieusement l’historien de l’éducation Claude Lelièvre [2], cette déclaration atteste de la parfaite compatibilité du néo-libéralisme avec l’idéal méritocratique de justice sociale. Dans la compétition généralisée que le néo-libéralisme entend instaurer pour notre survie, la hiérarchie sociale entre les gagnants et les perdants sera justifiée si la compétition est juste, si dès le plus jeune âge chacun se trouve être à égalité sur la ligne de départ.

La notion de mérite est cette sorte de fiction morale dont usent les sociétés démocratiques pour justifier ou légitimer une hiérarchie dans un ordre social qui prétend l’exclure au nom de l’égalité. Le seul principe de sélection juste dans une société qui pose en principe l’égalité en droits de tous les hommes ne semble en effet pouvoir reposer que sur leur capacité de faire par eux-mêmes (c’est-à-dire librement) quelque chose d’eux-mêmes. On en déduit en général comme corollaire un principe de responsabilité que Macron traduit, sans que l’on sache trop pourquoi, de manière réflexive dans la fameuse formule « se responsabiliser », comme s’il pouvait y avoir d’autre responsabilité que celle que l’on a décidé d’assumer. Mais à vrai dire que sait-on du mérite ? Qui peut en juger et selon quels critères ? Comment peut-on prétendre juger du mérite d’un individu seul si tout individu est un être socialisé ? Pourquoi faudrait-il mieux rétribuer un individu selon son mérite plutôt que selon ses besoins ? Autant de questions qui, le plus souvent, ne reçoivent pas de réponses ou alors des plus inconsistantes ainsi qu’on le constate à chaque fois que l’on entend instaurer un avancement ou une rémunération au mérite. L’idéologie méritocratique manifeste ainsi qu’elle n’est qu’une idéologie, en elle-même ni vraie ni fausse, puisqu’elle ne vaut que par son utilité sociale.

(...)

Pascal Levoyer, professeur agrégé de philosophie

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Un monde sans extrême pauvreté, “c’est faisable” pour Najat Vallaud-Belkacem - Vidéo

13 Janvier 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Politique, #pauvreté

Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre et auteur de “Objectif 2030 : un monde sans extrême pauvreté”, est l’invitée du 23h de franceinfo mardi 12 janvier. 

Il y a chez les étudiants un tsunami de détresse psychologique, d’isolement, de découragement insuffisamment pris en compte. Les pouvoirs publics ont toujours semblé à la remorque par rapport à la situation”, estime l’ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem sur franceinfo mardi 12 janvier. Les files qui s’allongeaient devant l’aide alimentaire dès le premier confinement étaient beaucoup composées d’étudiants. Le gouvernement doit adopter un grand plan d’urgence”.

Dans son livre, Objectif 2030 : un monde sans extrême pauvreté, la directrice générale de l’ONG One France se fait l'avocate de l’aide internationale pour les pays les plus pauvres du monde, notamment en Afrique subsaharienne. “On sait comment faire. C’est un beau rêve, une belle ambition pour notre génération d’éradiquer l’extrême pauvreté et c’est faisable”, assure-t-elle.

"Aider l’autre bout du monde à combattre le Covid"

Les classes sociales les plus précaires sont davantage marquées par l’épidémie de coronavirus. En France, la Seine-Saint-Denis enregistrait le plus fort taux de surmortalité au printemps dernier. Parmi les 10% des ménages les plus pauvres, 35% déclarent que leur situation financière s’est dégradée. Dans le monde, 115 millions de personnes ont basculé dans l’extrême pauvreté. Le Mali a un respirateur artificiel pour un million d’habitants.

Le Covid-19 n’ayant pas de frontières, il est nécessaire d’aider l’autre bout du monde à le combattre au lieu de se replier sur soi. En Afrique, les Etats n’ont pas les moyens financiers de faire face aux défis sanitaire et économique”, explique Najat Vallaud-Belkacem.

J’appelle à une solidarité internationale. Les problèmes qu’on laisse s’aggraver là-bas viendront se répercuter chez nous. Nous avons tout intérêt à rendre ce vaccin équitable, accessible à tous à faible coût, à partager la propriété intellectuelle, conclut-elle. 

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A quoi peut-on encore rêver aujourd'hui? Live sur Youtube 18h30 - Invitée: Najat Vallaud-Belkacem

11 Janvier 2021 , Rédigé par Youtube Publié dans #Philosophie, #Politique

A quoi peut-on encore rêver aujourd'hui? Live sur Youtube 18h30 - Invitée: Najat Vallaud-Belkacem

À QUOI PEUT-ON ENCORE RÊVER AUJOURD’HUI ?

Invitée : Najat Vallaud-Belkacem

youtube.com/VincentCespede

Lundi 11 janvier 2021 18h30

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Vers un financement en partie public (Région Auvergne-Rhône-Alpes) de l'université catholique de Lyon à Annecy? Allo M. Wauquiez?

26 Décembre 2020 , Rédigé par Sources diverses Publié dans #Education, #Université, #Politique

Vers un financement en partie public (Région Auvergne-Rhône-Alpes) de l'université catholique de Lyon à Annecy? Allo M. Wauquiez?

Annecy : la future université catholique fait grincer des dents

Plusieurs associations et le parti socialiste de Haute-Savoie s'insurgent contre le financement public du projet de campus de l'université catholique de Lyon à Annecy.

Deux mois après l'annonce de l'implantation du troisième campus de l'université catholique de Lyon (UCLy) à Annecy , le parti socialiste de Haute-Savoie a émis de vives critiques sur le fait que cet équipement privé soit financé par des fonds publics. Le parti a notamment dénoncé « l'incurie ancienne et durable du Conseil départemental qui, parce que trop amorphe face aux instances universitaires s'est trouvé dans l'incapacité de défendre la Haute-Savoie quand il s'est agi d'ancrer des antennes universitaires délocalisées par rapport à Lyon et Grenoble ». Pour la même raison, un collectif associatif et syndical a lancé une pétition en ligne et dénoncé une « entorse à la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l'Etat ».

Pour mémoire, le coût du projet, atteint environ 10 millions d'euros. L'agglo d'Annecy, le département de Haute-Savoie et la région Auvergne-Rhône-Alpes, doivent en financer la moitié (1,5 million proviendra du département, 1,5 million de l'agglo et 2 millions de la région).

Le président du département, Christian Monteil, a aussitôt rétorqué au Parti socialiste. Il a fait part de sa « stupéfaction » et estimé que ces propos « témoignent à nouveau d'une méconnaissance totale du sujet »., L'élu a rappelé « l'engagement historique » du département qui « a été un des rares à investir massivement pour la construction d'un site universitaire sur son territoire, et qui encore aujourd'hui, bien que les Départements aient perdu la compétence (loi NOTRe), continue à investir fortement pour son développement ».

Le président du département a ensuite assumé le soutien de la collectivité au « développement d'écoles et formations complémentaires à l'offre proposée par l'USMB (Université Savoie Mont Blanc, ndlr), participant au rayonnement de la Haute-Savoie et offrant encore plus d'opportunités aux étudiants (Ecole Supérieure d'Art de l'Agglomération d'Annecy, formations dans le domaine de l'Image…) ».

Réalisé en convention avec l'Université Savoie Mont Blanc, ce campus baptisé Alpes Europe, ouvrira ses portes dès la rentrée 2020, d'abord dans les locaux du lycée Saint-Michel d'Annecy, puis, à partir de septembre 2021, dans un bâtiment neuf de 3.600 mètres carrés situé dans le périmètre de Saint-Michel. Il doit accueillir quelque 1.000 étudiants d'ici cinq ans.

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Comme le département, qui en fait l’une des conditions de son implication, la Région assure être soucieuse de la bonne coordination entre la future implantation de l’UCLy et l’université Savoie-Mont-Blanc (USMB) qui relève du secteur public. Les deux entités ont d’ailleurs déjà signé une convention. « La région est également très investie pour l’USMB, à qui elle apporte 13 millions d’euros. Elle ne sera donc pas pénalisée indique Laurent Wauquiez. Les étudiants ont le libre choix de l’établissement. Mais nous, dans ce dossier, nous ne  faisons pas de différence entre l’enseignement privé et l’enseignement public. Il n’y a pas de querelle. Ce qui compte, c’est le rayonnement du territoire et le travail de fond que nous devons mener en sa faveur. »

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Najat Vallaud-Belkacem... “On se sentira tous très coupables si on laisse la place aux libéraux et aux nationalistes” - Vidéo

14 Décembre 2020 , Rédigé par Brain et Huffington Post Publié dans #Politique

(...)

Au cours de cette interview, l’ancienne ministre des Droits des femmes étrille au passage la politique du gouvernement en la matière et n’est pas tendre avec les partis politiques, dont le parti socialiste. “Les partis politiques ne sont plus la caisse de résonance de la société, et ça vaut aussi pour le nôtre. C’est triste comme constat mais c’est comme ça”, estime-t-elle.

Citant le féminisme ou l’écologie, Najat Vallaud-Belkacem juge que les partis, EELV compris, ne se sont pas “assez emparés de cet activisme”. À propos du conflit entre le PS et EELV au sein de la mairie de Paris, elle dit regretter que ces forces aillent aux régionales en ordre dispersé: “Ce n’est pas la meilleure façon de préparer l’union pour la présidentielle en partant désunis aux régionales. C’est assez incompréhensible.”

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"La lutte contre les inégalités doit être au coeur des politiques publiques" - Najat Vallaud-Belkacem/Sciences Po

14 Décembre 2020 , Rédigé par Sciences Po Executive Education Publié dans #Politique, #Sociologie

"La lutte contre les inégalités doit être au coeur des politiques publiques" - Najat Vallaud-Belkacem/Sciences Po

Les années à la tête de ministères ont été, pour elle, une « source d’expérience extraordinaire » et l’ont confortée dans l’idée que l’action publique pouvait faire « bouger les lignes ». Aujourd’hui directrice France de l’ONG ONE et coprésidente d’honneur de l’Executive Master Management des politiques publiques, Najat Vallaud-Belkacem estime que la lutte contre les inégalités doit être une priorité des politiques publiques. Un impératif, à ses yeux, pour prendre réellement en compte le « sentiment de relégation » qui s’exprime dans une partie de la population et que la crise sanitaire n’a fait qu’accentuer.

Vous avez occupé des fonctions ministérielles entre 2012 et 2017, lors de la présidence de François Hollande. Que retenez-vous de cette période ?

Najat Vallaud-Belkacem

J’ai eu la chance d’exercer des responsabilités dans des ministères très différents. Les moyens, tant humains que budgétaires, n’avaient, bien sûr, rien de comparable entre le ministère des Droits des femmes et celui de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Mais ils avaient en commun de toucher, tous deux, à des sujets passionnels et de devoir faire face à des défis d’une incroyable ampleur.

Au cours de ces cinq années riches en réformes, j’ai donc pu voir fonctionner différents types d’administration, et se mettre en œuvre des politiques publiques variées. Cela a été pour moi une source d’expérience extraordinaire, particulièrement formatrice. J’ai eu à cette occasion la confirmation qu’il était possible de faire bouger les lignes, de réellement agir. Que des femmes et des hommes étaient là tout à la fois pour s’assurer que la « machine » tourne au quotidien (par exemple, à l'Éducation nationale, que les rentrées se déroulent normalement), mais aussi pour conduire des réformes, ce qui n’est jamais simple. Les fonctionnaires que j’ai vus a l’œuvre agissaient pour la plupart vite et bien, et souvent avec dévouement et passion.

Le rôle de la haute fonction publique est aujourd’hui interrogée. Chloé Morin a par exemple publié récemment un ouvrage, "Les inamovibles de la République" à ce sujet. Pensez-vous que ces hauts fonctionnaires puissent desservir l’État malgré eux ?

Najat Vallaud-Belkacem

Pour porter un regard critique sur le sujet, il faut tout d’abord comprendre ce qui fonctionne. J’insiste : j’ai vu, dans le cadre de mes fonctions ministérielles, beaucoup d’agents de la fonction publique porteurs de changements, des femmes et des hommes essentiels à l’élaboration des politiques publiques et à leur mise en œuvre, pas toujours reconnu à leur juste valeur et qui souvent auraient été plus confortablement installés dans le privé que dans le service au public.

Quant aux critiques émises qui ne sont en effet pas sans fondement, on connaît les solutions. La première, c’est de favoriser la diversité des profils, des parcours. J’y ai travaillé lorsque j’étais ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Nous sommes par exemple parvenus à instaurer progressivement la parité parmi les recteurs. Bien sûr ce sont des efforts à poursuivre et à amplifier sans quoi ils s’essoufflent. 

La diversité est d’autant plus importante qu’elle ne se résume pas à une question de représentativité : elle est aussi un atout pour la qualité et l’efficacité des politiques publiques. Elle favorise une confrontation des points de vue qu’une assemblée de profils trop homogènes ne permet pas. C’est un atout essentiel pour concevoir de bonnes politiques publiques.  
Les hauts fonctionnaires et les grands corps sont également parfois critiqués pour le vocabulaire (ou procédures ou formulaires) qu’ils utilisent ou conçoivent. On les juge technocratiques, hermétiques, kafkaïens. Là encore, des solutions existent. Il serait par exemple intéressant qu’ils suivent, au cours de leur carrière professionnelle, une formation continue leur permettant de se remettre en question sur de tels sujets. Dans notre pays, on attend toujours que les gens venant du bas de l’échelle sociale s’adaptent, adoptent les codes, le langage, la culture du haut de l’échelle pour espérer l’atteindre et y être acceptés. On demande rarement l’exercice inverse notamment à ceux dont le rôle serait précisément de toujours veiller à inclure la société toute entière. Il serait donc précieux de se saisir de ce « bilinguisme social » dans nos services publics, y compris nos grands corps, afin que leurs représentants apprennent à utiliser un vocabulaire, et concevoir des procédures, compréhensibles du plus grand nombre.

Quels seront, demain, en France, les grands enjeux des politiques publiques ?

Najat Vallaud-Belkacem

Le principal enjeu sera de réussir, tout en concevant des politiques pour tous et pour un intérêt général commun, à prendre en considération les individus dans leur singularité, qu’ils soient plus ou moins éloignés du pouvoir, dans une situation périphérique ou non, qu’ils connaissent la précarité ou pas. Je suis frappée par le nombre de personnes qui sont aujourd’hui des angles morts de nos priorités politiques. Je ne parle pas de celles qu’on énonce la main sur le cœur dans les discours, mais de celles qui dictent au quotidien l’agenda politique et médiatique. En conséquence, des pans entiers de notre société ne se sentent pas représentés et se vivent comme exclus du récit qui est fait de notre pays. C’est à mon sens le cœur de ce qui nous attend demain : lutter contre ce sentiment de relégation et les inégalités persistantes qui y sont associées.

L’épidémie de Covid-19 a d’ailleurs mis en exergue cette problématique - comme elle a plus généralement souligné tout ce qui n’allait pas dans notre société. Les illustrations en sont nombreuses : nous venons avec, Sandra Laugier, de publier un constat désenchanté par exemple sur les femmes : premières victimes de la crise de la Covid-19, premières aidantes dans ces fameux métiers du care si applaudis pendant le confinement et pourtant encore une fois si absentes et invisibilisées dans l’expertise, l’expression médiatique ou la gestion de la crise. Ce constat vaut pour d’autres populations périphériques systématiquement oubliées : les files devant l’aide alimentaire, les familles monoparentales, les victimes de problèmes de santé mentale… autant de problématiques qui représentent bien sûr de grands enjeux pour les politiques publiques à venir.

La période de crise a, enfin, mis en évidence la valeur infinie que nous accordions collectivement à la vie. Cela nous a conduits à arrêter l’activité économique lors du premier confinement. Au-delà de l’épidémie, il faudra en tirer les conclusions nécessaires. Nous ne pourrons plus avoir les mêmes raisonnements que par le passé sur de nombreux sujets, comme l’aide aux réfugiés par exemple.

Au vu de ces enjeux, quelles compétences les acteurs de l’action publique doivent-ils dès à présent développer ?

Najat Vallaud-Belkacem

Nous nous rendons compte aujourd’hui de l’importance de développer davantage les soft skills. Les savoir-être apparaissent comme primordiaux dans le monde professionnel de manière générale ; plus encore dans le service au public. La curiosité, l’esprit critique, la créativité, la capacité à travailler en équipe… Autant de compétences sociales et émotionnelles qui contribuent à l’efficacité de l’action publique. Elles peuvent aussi être un précieux atout pour, comme nous l’avons évoqué, permettre aux hauts fonctionnaires de mieux communiquer en direction du plus grand nombre. Maîtriser les soft skills, c’est aussi veiller à être bien compris et savoir faire œuvre de pédagogie.

La formation tout au long de la vie est un chantier sur lequel vous vous êtes engagée rue de Grenelle. Pourquoi est-il, à vos yeux, fondamental ?

Najat Vallaud-Belkacem

J’ai toujours eu la conviction que la formation ne s’arrêtait pas quand on quittait l’école. Qu’elle était au contraire un processus régulier qui devait permettre de développer de nouvelles compétences, de se perfectionner sur de nouvelles techniques, d’élargir son champ des possibles. C’est en ce sens que, comme ministre, j’ai cherché à ce que la formation continue se développe davantage dans les établissements d’enseignement supérieur. C’est un chantier qui doit être poursuivi. Cela passera notamment par une augmentation de l’offre numérique, que la crise a d’ailleurs impulsée.

Vous intervenez depuis trois ans au sein de l’Executive Master Management des politiques publiques. Pourquoi avez-vous accepté de renforcer cet engagement en devenant coprésidente d’honneur, aux côtés de Gilles Johanet ?

Najat Vallaud-Belkacem

C’est tout d’abord un réel honneur qu’on m’ait proposé cette coprésidence. En intervenant depuis trois ans au sein de cet Executive Master, j’ai pu mesurer la qualité du contenu de la formation et ce qu’elle pouvait apporter aux professionnels qui la suivent. Enfin, la formation tout au long de la vie va prendre de plus en plus d’ampleur dans les années qui viennent, notamment du fait de la crise que nous traversons, et je suis ravie de m’y investir à travers Sciences Po Executive Education.

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