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Vivement l'Ecole!

politique

Zemmour? "Une réhabilitation de l’extrême droite vichyste au nom d’une France chrétienne."

9 Octobre 2021 , Rédigé par Le DDV Publié dans #Politique, #Histoire

Les Croisades : le départ en Terre Sainte - Chrétiens aujourd'hui

EXTRAITS

Éric Zemmour, glaive et bouclier de l’extrême droite

Figure incontournable de l’information spectacle, Éric Zemmour a opéré ses transgressions politiques en toute transparence. Ses assertions et ses écrits délivrent à eux seuls les ressorts de son imperturbable conquête des esprits. Une réhabilitation de l’extrême droite vichyste au nom d’une France chrétienne. Et, pour le polémiste lui-même, une assimilation revendiquée jusqu’à la négation de soi.

Par Gaston Crémieux

Les ambitions présidentielles d’Éric Zemmour amènent à une redécouverte et à la diffusion importante de son discours. Le mode d’énonciation de ses idées est le plus souvent celui de la transgression : qu’il s’agisse de ses propos sur Vichy ou sur les immigrés, le but est de choquer, de provoquer la polémique, d’introduire de nouveaux clivages, pour le grand bénéfice de Zemmour lui-même, qui en tire tout le profit médiatique et politique possible. À chaque polémique, le cycle est immuable : provocation savamment calculée, réactions outrées, approbations bruyantes, positions artificiellement nuancées (« quoi qu’on pense de », « on peut tout de même en débattre ») et, malheureusement, oubli et dispersion dans le flot médiatique ininterrompu.

Cette sadisation régulière du débat public n’est pas l’apanage de Zemmour. Celui-ci ne fait que s’inscrire dans le courant le plus délétère de l’infotainment à la française, celui initié par Thierry Ardisson, poursuivi par Laurent Ruquier, Jean-Marc Morandini et Cyril Hanouna. Zemmour doit d’ailleurs sa carrière à ce cirque médiatique où il a tout d’abord joué le rôle de bon client, puis celui de chroniqueur régulier avant de devenir animateur dans une série d’émissions à forte audience. Jean Birnbaum et Raphaël Chevènement1 ont bien montré comment ce genre de talk show a puissamment remodelé le champ culturel et politique français.

Cet infotainment à la française permet en effet d’introduire progressivement dans la conversation publique, plus sûrement que toute action politique directe, des idées qui avaient auparavant très peu droit de cité. Dans une démonstration implacable, Birnbaum et Chevènement insistent ainsi sur la façon dont Ardisson a, avec minutie et patience, exploité les tendances identitaires de la société française pour en faire un spectacle, donné une chambre d’écho fantastique au complotisme et propulsé le phénomène Dieudonné. Cette formidable caisse de résonance, Zemmour s’en est de son propre aveu intensément servi : « Je suis dans un combat idéologique et culturel, et j’ai retourné contre la gauche ses propres armes. Je suis entré dans la machine à propagande par les émissions où se produisent aujourd’hui les nouveaux maîtres à penser : acteurs, chanteurs, people2. » Éric Zemmour est en cela fidèle aux thèses du théoricien marxiste Antonio Gramsci et à leur reformulation par la Nouvelle Droite ou par l’essayiste Patrick Buisson : « La victoire politique passe d’abord par la conquête culturelle des esprits3. » C’est donc le contenu de cette conquête culturelle qu’il s’agit ici d’éclairer en identifiant précisément l’idéologie qui émerge de ces déclarations chocs.

Une reconquête culturelle au grand jour

L’une des caractéristiques de cette reconquête culturelle est en effet qu’elle se fait au grand jour et qu’il suffit de prendre au sérieux ce que dit Zemmour pour savoir vraiment à quoi s’en tenir. Un travail de recensement systématique doit être fait4 contre l’oubli et l’irresponsabilité induites par le principe même de l’infotainment à la française : les séquences sont courtes, sur le ton de l’humour ou de l’ironie et donc apparemment sans conséquences. Éric Zemmour a ainsi beau jeu aujourd’hui de dire qu’il n’a jamais souhaité réhabiliter Vichy5. Nous verrons qu’il n’en est rien : il se livre depuis des années à un travail systématique de remise en cause de l’héritage politique de la lutte contre l’antisémitisme en France et des conquêtes politiques associées au franco-judaïsme.

Qu’on juge de l’ensemble avant d’entrer dans le détail : contestation de l’innocence du capitaine Dreyfus, condamnation de Zola et des dreyfusards, réhabilitation du maurrassisme, notamment de son rôle dans la Résistance, insistance sur la supposée filiation entre maurrassisme et gaullisme, réhabilitation de Pétain et de Vichy et défense d’un rôle supposément positif de l’État français dans le sauvetage des juifs français, défense de l’attitude de Maurice Papon pendant la Seconde Guerre mondiale, critique de la loi Gayssot pénalisant le négationnisme de la Shoah et de la loi Pleven pénalisant racisme et antisémitisme, rejet du discours du Vel d’Hiv de Jacques Chirac reconnaissant la responsabilité de l’État français dans la déportation des juifs (1995), mépris pour Sébastien Selam, l’une des premières victimes juives françaises de l’islamisme, le 20 novembre 2003, et enfin dénationalisation des victimes juives de Mohamed Merah, coupables pour Zemmour d’avoir été enterrées à l’étranger. Cette litanie apparaît improbable. Nous montrerons, citations à l’appui, qu’il s’agit bien de ce qu’Éric Zemmour a écrit, dit et parfois répété.

Une réécriture radicale de l’histoire

Cette offensive idéologique continue se fait au prix d’une réécriture radicale de l’histoire. Le récit que véhicule Éric Zemmour dans ses émissions sur l’affaire Dreyfus est ainsi tout particulier : « Beaucoup étaient prêts à dire Dreyfus innocent, même si c’est trouble cette histoire aussi, mais on ne va pas refaire le procès de Dreyfus ici », déclare-t-il dans une émission sur Émile Zola6. Quinze jours plus tard il enfonce le clou, expliquant à propos des expertises mensongères qui ont conduit à la mise en accusation de Dreyfus qu’« on ne saura jamais », à propos de l’innocence de Dreyfus, que « ce n’est pas évident » et qu’en tout état de cause Dreyfus n’était pas attaqué «  tellement en tant que juif » mais en tant qu’« Allemand7. Aucune considération pour les travaux journalistiques et judiciaires de l’époque qui démontrèrent l’innocence de Dreyfus8. Aucune considération pour les dizaines de milliers de pages de travaux historiques confirmant cette innocence et l’existence d’un antisémitisme de masse au moment de l’affaire Dreyfus9. Pour parachever cette stratégie du soupçon, Zemmour, s’appuyant sur une lecture biaisée de l’historien Simon Epstein10, parle de « listes interminables »11 de dreyfusards ayant rejoint Vichy ou la Collaboration (en fait une trentaine de noms) oubliant d’évoquer la distance séparant l’un et l’autre de ces événements. Il s’en prend également à Zola, d’après lui coupable par son dreyfusisme d’avoir désarmé la France face à l’Allemagne12.

Pétain repeint en sauveur de juifs

On ne sera pas surpris de retrouver ces libertés prises avec l’histoire dans la façon systématique qu’a Zemmour de réécrire le déroulement de la persécution des juifs par Vichy. Il n’hésite pas dans Le suicide français à louer la « stratégie adoptée par les Pétain et Laval face aux demandes allemandes : sacrifier les Juifs étrangers pour sauver les Juifs français. »13. Face à Léa Salamé, il outre encore son propos allant jusqu’à affirmer que « 95% des juifs français »14 avaient été sauvés grâce à Pétain. Comme Jacques Isorni, l’avocat de Pétain, qui disait au procès « Messieurs, il n’y a pas eu de crime », Zemmour lâchera, excédé, à l’un de ses contradicteurs : « Mais on n’a pas commis de crime15 ! ». Ce qui lui importe, c’est de défendre la thèse du « glaive et du bouclier », celle du dernier discours de Pétain : « S’il est vrai que de Gaulle a levé hardiment l’épée de la France, l’histoire n’oubliera pas que j’ai tenu patiemment le bouclier des Français16 ». Cette thèse fut aussi celle des avocats de Pétain et de l’historien Robert Aron dans son Histoire de Vichy17, constituée à partir de témoignages18. L’ouverture des archives, et non la survenue d’une offensive idéologique américaine avec la « révolution paxtonienne » tant décriée par Zemmour19, a permis d’y voir plus clair : les travaux successifs d’Eberhard Jäckel20 puis de Robert Paxton21, soutenu par Michel Winock et Pierre Milza, et enfin de Laurent Joly22 ont bien montré la volonté autonome de Vichy de mettre en place une politique raciale et le rôle incontournable et largement volontaire du régime de Vichy dans la mise en œuvre de la politique d’extermination nazie. Laurent Joly rappela d’ailleurs à la barre du tribunal face à Zemmour que 24 000 juifs français avaient été déportés23 s’attirant de piteuses réponses : « ce n’est pas mon sujet, je ne l’ai pas étudié », « tout dépend si vous comptez les enfants des juifs étrangers » (qui étaient français selon la loi de 1927)24

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Des transgressions autoritaires visant l’islam

Le troisième mobile de ce dispositif idéologique est plus discret, peut-être plus profond et explique pourquoi Éric Zemmour s’en prend avec autant d’acharnement aux grandes conquêtes du franco-judaïsme issues de l’affaire Dreyfus et de la Résistance. Dans son livre Le Juif de Savoir53, le linguiste et philosophe Jean-Claude Milner donne la clé de cette obsession : «  Parmi ceux qui ont cru aux droits politiques, il y a bien entendu le juif français ». Par « droits politiques », Milner entend « suffrage universel, libertés formelles, droit à l’instruction, prise en charge de l’instruction par l’État, etc. », soit le programme républicain. Milner note que de la gauche vient une critique forte des droits politiques jugés formels et incapables « d’accomplir le bien de la société ». Ce qu’il vise ici, c’est probablement la frange anti-républicaine de la gauche, indigéniste, décoloniale. Milner pointe le fait que cette gauche cherche à « se rassembler contre les droits politiques » et, dans la mesure où «  le juif français a été lié par l’histoire aux droits politiques, l’antijudaïsme est devenu l’idéologie la plus propre à garantir un tel rassemblement »54. Zemmour est le pendant de droite de cette hostilité à la figure du juif français. Il en veut également aux droits politiques, à la République. Non parce qu’elle ne peut accomplir le bien de la société mais parce qu’elle ne peut, selon lui, garantir la lutte contre l’islamisme voire l’islam : «  La laïcité peut, certes, contenir l’offensive islamique. Mais je pense qu’elle ne suffira pas. Il faut un vrai renouveau de la religion chrétienne qui incarne l’identité de la France55. » Zemmour veut donc, pour réarmer la France, en finir avec cette histoire de l’antisémitisme français qui fait crouler le pays sous la « repentance », en finir avec la République et la laïcité si bien incarnées par le juif français pour revenir à l’identité chrétienne de la France, en finir avec l’État de droit et les lois antiracistes, destinées initialement à lutter contre l’antisémitisme, pour construire un État autoritaire, seul à même selon lui de contenir la poussée de l’islam. Il y a fort à parier que ses futures transgressions viendront alimenter ce projet.

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Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

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A l'IFP, la jeunesse de droite fait l'école identitaire

9 Octobre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique

France : Génération identitaire a reçu des dons du terroriste de  Christchurch

Créé en 2004 pour défendre le libéral-conservatisme, l’Institut de formation politique forme désormais à Paris une nouvelle génération de militants réacs, biberonnés aux auteurs d’extrême droite.

Octobre 2014, dans un bar parisien. Devant un parterre de jeunes gens, Eric Zemmour raconte la «triste histoire de votre époque qu’on ne vous a jamais racontée». Celle du Suicide françaisson récit en 500 pages du «déclin» national. L’invité déroule son propos devant un auditoire conquis, les étudiants de l’Institut de formation politique (IFP). Le «polémiste», introduit par le directeur de l’école comme un «mousquetaire de la plume et du verbe», est ici «avec des amis, avec une famille». Il donnera d’ailleurs son nom à la promotion. «C’est à vous de faire la révolution et de guillotiner les vieilles barbes», les exhorte Zemmour en conclusion.

A Nice, mi-septembre. Juste avant de chauffer la salle remplie d’aficionados, Zemmour rencontre des militants de Génération Z, des jeunes poussant l’essayiste d’extrême droite à tenter sa chance pour l’Elysée. Leur point commun ? Beaucoup sont passés par les bancs de l’IFP. L’école ne roule pas officiellement pour Eric Zemmour. Rien d’anormal non plus à ce qu’un organisme de formation militante envoie ses étudiants dans les écuries présidentielles, les médias ou les associations. Enfin, cette «petite boutique sympa», dixit un ancien étudiant, n’a pas l’influence qu’on lui prête. «Ils ont formé quelques jeunes, mais ce n’est pas une grande franc-maçonnerie de droite qui serait ignorée de tous», ajoute cet ancien élève.

«Tendance plutôt libérale»

Reste qu’en une petite vingtaine d’années d’existence, l’IFP a gagné ses galons dans le petit milieu des formations privées, a infusé ses idées dans la jeunesse de droite et occupe le terrain des idées à sa manière. «Un jeune de 20 ans plutôt à droite et qui veut s’engager tombe sur l’IFP en trois clics», reconnaît Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction de Valeurs actuelles. Surtout, son évolution raconte la droitisation de la société, la perte de vitesse des partis politiques traditionnels dans la formation de leurs militants, et la fin d’un «cordon sanitaire» entre la droite de gouvernement et l’extrême droite.

Retour en 2004. Alexandre Pesey, diplômé d’Assas, revient d’un séjour à Washington où il a découvert l’influence des think tanks américains. Avec deux proches, l’avocat Jean Martinez et le chef d’entreprise Thomas Millon – fils de l’ancien ministre de la Défense Charles Millon qui avait accepté les voix de conseillers régionaux Front national pour accéder à la présidence de la région Rhône-Alpes en 1998, entraînant son exclusion de l’UDF – Pesey fonde l’IFP avec l’idée de renouveler la classe dirigeante. Libéralisme (en économie) et conservatisme (sur les questions sociétales) sont alors au cœur des séminaires, organisés le week-end. «Lors de mes premières interventions, les promos étaient de tendance plutôt libérale», se souvient Olivier Vial, président de l’UNI, un syndicat étudiant de droite.

«Stopper la domination»

Un premier virage s’opère en 2013. «Le tournant c’est la Manif pour tous, avance Christophe Seltzer, du think tank Génération libre. Des anti-gays, des mecs du FN sont arrivés.» Le noyau dur du mouvement d’opposition à la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe est alors très actif au sein de l’IFP. Ludovine de La Rochère, présidente de la Manif pour tous, est une conférencière régulière. L’établissement bénéficie alors d’un véritable engouement. Le second mouvement notable a lieu en 2015, au moment de la crise migratoire. Des formateurs plus marqués à droite, axant leurs conférences sur l’identité, l’immigration et l’islam interviennent alors à l’IFP. Le théoricien de la «préférence nationale» et ancien du FN Jean-Yves Le Gallou est régulièrement invité. Tout comme Alexandre del Valle, géopolitologue aux positions publiquement virulentes sur l’islam.

Le directeur lui-même tient un discours nationaliste, très ancré à droite, comme à Rome, en février 2020. Invité à la National Conservatism Conference aux côtés de Viktor Orbán, Matteo Salvini ou Marion Maréchal, Alexandre Pesey dresse l’éloge de la nation, menacée par le «mondialisme» et «l’islam», deux formes «d’empire» selon lui. «Les étudiants viennent à l’IFP non pas pour satisfaire leur ambition personnelle mais motivés par l’urgence de stopper la domination de cet empire», conclut le directeur.

Alexandre Pesey reconnaît l’évolution du public de son école et de leurs centres d’intérêt, au gré de l’actualité. «En 2004, les thématiques étaient liées aux grèves, à l’endettement. En 2005, avec le traité constitutionnel européen, au souverainisme. En 2013-2014, il y a eu un effet Manif pour tous. Le sécuritaire et le terrorisme sont intervenus en 2017. Depuis un an, il y a un effet Zemmour. […] Mais l’IFP ne suit pas la conjoncture sur le plan pédagogique. Nous ne sommes pas une école de pensée. Et nous restons ancrés sur nos piliers : défense des libertés et amour de la France.»

«Pression idéologique»

Installée dans le très chic XVIe arrondissement, l’IFP fonctionne grâce à des dons privés, déductibles fiscalement. Environ 5 000 donateurs contribuent au budget annuel de l’association – 600 000 euros, selon le directeur. «L’idée, c’est de ne pas dépendre des grands donateurs», défend Pesey. Parmi eux, on trouve Charles Gave, riche entrepreneur et soutien de Zemmour ; l’entrepreneur flirtant avec la droite dure Charles Beigbeder«partenaire» de l’école ; ou encore l’ancien banquier François Billot de Lochner, proche de Marion Maréchal et «fasciné» par ce que fait Zemmour. Hormis ces noms, l’essentiel des dons provient d’anonymes, pour un montant moyen de «45 euros», selon le directeur.

Parmi les anciens étudiants interrogés, beaucoup reconnaissent la qualité de l’enseignement. «C’est une formation riche, très professionnelle et encadrée», se souvient l’un d’eux. Une bonne manière de se former politiquement, à l’heure où les partis traditionnels n’y parviennent plus. «Les politiques ne forment plus leurs militants, avance Guillaume Bernard, intervenant à l’IFP et par ailleurs professeur à l’Institut catholique d’études supérieures (Ices) de Vendée, fondé par Philippe de Villiers. Ni le PCF, ni le RN, ni LR. Ce sont des coquilles vides pour désigner des candidats. […] L’IFP a trouvé cette part de marché laissée de côté.» Dans ce champ de ruines qu’est l’engagement politique, «la pression idéologique ne vient plus de la gauche, mais de la droite, poursuit l’universitaire. L’IFP fait partie de ce mouvement global où une partie de la jeunesse s’assume de droite.»

«Politiquement correct»

Le succès de l’IFP témoigne également de l’influence de la nouvelle génération biberonnée aux auteurs réacs à succès et autres chantres de la «décadence». L’école ne cache pas cette ambition : former la nouvelle génération à la bataille des idées. «Le combat politique est d’abord culturel, assurait ainsi Zemmour pour les quinze ans de l’institut. Une école comme l’IFP a justement compris ça, et essaie de contrer la doxa dominante dans les universités.»

Invité à la Convention de la droite en 2019, un raout de la droite nationaliste et réactionnaire, le directeur de l’IFP ne disait pas autre chose : «Cette nouvelle génération n’a plus peur du politiquement correct. Elle ose nommer les choses.» Et le libéral convaincu d’interroger : «Qui sont les journalistes et chroniqueurs qui font le buzz ? Qui sont à la tête de médias aux valeurs très actuelles, d’organisations de la société civile qui aident les chrétiens persécutés, qui pensent une écologie non punitive ? […] Qui sont-ils tous et qu’ont-ils en commun ? Ils sont tous âgés d’une vingtaine ou d’une trentaine d’années seulement.»

Parmi les anciens de l’IFP auxquels Pesey fait référence, on trouve le maurrassien Charles de Meyer, fondateur de SOS Chrétiens d’Orient, la journaliste de CNews Charlotte d’Ornellas, l’ancienne porte-parole de Génération identitaire Thaïs d’Escufon. Ou encore Samuel Lafont, ancien de l’UNI, aujourd’hui derrière Zemmour, Stanislas Rigault, porte-parole de Génération Z, ou l’avocat d’affaires René Boustany, proche lui aussi du polémiste selon le mensuel d’extrême droite l’Incorrect. Tout un vivier de jeunes militants, certes peu nombreux, mais hyperactifs sur les réseaux sociaux, donc influents. Antoine Diers, aujourd’hui porte-parole des Amis d’Eric Zemmour et ancien de l’école, relativise ce rayonnement. Mais constate, lucide : «Les périodes se succèdent et l’IFP répond aux attentes des jeunes de droite. Toutes les droites y sont en même temps. Mais parfois l’une prend le pas sur l’autre…» Et c’est aujourd’hui la plus extrême.

Victor Boiteau

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Zemmour, Zemmour, Zemmour... Jusqu'à la nausée ! - Par Christophe Chartreux

9 Octobre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Histoire

NAUSÉE - Definition and synonyms of nausée in the French dictionary

 

Zemmour, Zemmour, Zemmour... Jusqu'à la nausée !

 

Eric Zemmour... Faut-il en parler ou pas ?

 

Ne pas en parler, c'est laisser le champ libre à des affirmations scandaleusement racistes, homophobes, sexistes. A des comparaisons inacceptables. Récemment encore, N'osait-il pas parler de Joseph Mengele, l' « ange de la mort » d'Auswitch pour évoquer les décisions prises par Jean-Michel Blanquer en direction des élèves transgenres ? Insupportable !

 

En parler, c'est lui offrir l'occasion d'apparaître en lumière, d'en faire un adversaire de poids, de relayer son « discours ». L'essentiel à ses yeux n'étant pas qu'on parle de lui en mal mais seulement qu'on parle de lui .

 

Je ne lui offrirai pas l'occasion ici de revenir sur son dernier « livre », sur ses dernières sorties, sur ses multiples entretiens complaisamment offerts par des rédactions flairant le « bon » client, candidat putatif susceptible de faire de l'audience chez Hanouna, le tout amplifié par les réseaux dits « sociaux ». Il est suffisamment tous les jours à l'antenne, y compris indirectement tant il occupe les esprits des chroniqueurs.

 

Eric Zemmour semble en tout cas avoir bien retenu les leçons d'Edouard Drumont, père de l'antisémitisme français qui, en son temps, avait montré du doigt et de la plume - à l'époque pas de radios ni de télévisions - un ennemi de l'intérieur parfaitement imaginaire et accablé de toutes les responsabilités des malheurs de la France, passés, présents et à venir : les juifs. Eric Zemmour, à longueur de journée, évoque à son tour un « ennemi de l'intérieur » qui serait cette fois les français et étrangers musulmans résidant sur notre sol. A tel point et sans crainte du ridicule que l' ex polémiste et journaliste du Figaro évoque la responsabilité des musulmans lorsqu'un journaliste l'interroge sur l'insécurité – les musulmans ! - , l'éducation en panne – les musulmans ! - , l'économie fragile – les musulmans - , le réchauffement climatique – les musulmans ! « »Le poumon, le poumon, le poumon » comme disait Molière, avec talent, lui. Hélas, force est de constater qu'une partie non négligeable de nos concitoyens est prête, d'après les sondages, à accorder sa confiance à celui qui, comme Drumont d'ailleurs, sait utiliser les médias populaires et populistes pour distiller son venin. Venin d'autant plus dangereux qu'il a la capacité d'effacer les réflexions indispensables sur les véritables immenses enjeux qui attendent, non seulement la France, mais le monde : enjeux climatiques, internationaux - le poids immense de la Chine – éducatifs, de santé, tant d'autres encore dont Eric Zemmour ne parle jamais et donc pour lesquels il n'avance aucune proposition.

 

Quant à la vision de la France future qu'il offre à celles et ceux qui le croient, c'est celle d'un pays dont il « révisionne » l'Histoire, replié sur lui-même, enfermé dans les peurs qu'il agite comme autant d’appâts faciles et paresseux : l'Islam et l'islamisme qu'il ne distingue même plus ! Malin et diabolique, il sait enfin habiller ses propos d'une rhétorique implacable qui disqualifie systématiquement toute critique. D'autant plus facilement que celles et ceux qui lui sont opposés n'osent pas utiliser les mêmes armes pour les retourner contre lui. J'attends que des historiens lui soient un jour présentés bien davantage que des politiques, des philosophes ou des journalistes.

 

J'attends aussi – c'est urgent – un Pete Seeger français se levant et chantant, entraînant derrière lui écrivains, comédiens, cinéastes et dénonçant, avec la force d'un tambour, le danger qui guette, chaque jour plus prégnant.

 

Dénonçant, accusant et proposant une autre voie que celle de la division entre français ! Cette division qui nourrit la haine alimentant le « programme » d' Eric Zemmour !

 

Christophe Chartreux

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Dans "La République des hommes", Gabrielle Siry-Houari raconte comment le sexisme, en politique et dans les médias, a des conséquences concrètes.

7 Octobre 2021 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Politique, #Médias

Gabrielle Siry-Houari boycotte Cnews et l'émission de Pascal Praud y est pour beaucoup

Dans "La République des hommes", Gabrielle Siry-Houari raconte comment le sexisme, en politique et dans les médias, a des conséquences concrètes.

SEXISME - “J’ai eu le sentiment de découvrir le poids du sexisme en arrivant dans les sphères de pouvoir, ou en tous cas en les côtoyant”, raconte Gabrielle Siry-Houari. Dans son livre “La République des hommes” (éditions Bouquins), la maire-adjointe du 18e arrondissement de Paris et porte-parole du PS dénonce ce qu’elle appelle le “patriarcat libéral”. 

“C’était d’une certaine manière un choc, surtout dans le milieu médiatique. L’impression de tomber de haut, raconte-elle. J’ai le sentiment qu’il y a une espèce d’attente - qui est tout à fait légitime - de ces sphères de pouvoir pour qu’elles soient exemplaires et qu’en fait c’est l’inverse qui se produit.”

Son récit démarre en 2015 à Bercy. Elle intègre le Ministère de l’Économie et des Finances comme conseillère au secrétariat d’État au numérique et à l’innovation. Mais la difficulté principale, selon ce qu’elle décrit, c’est le sexisme ordinaire. Elle a alors 25 ans, 90% de ses interlocuteurs sont des hommes. Son quotidien est alors ponctué de “manterrupting” et de dénigrement des hommes qui composent son entourage professionnel.

“Si le sexisme continue de sévir dans les sphères de pouvoir où se prennent les décisions pour notre vivre-ensemble, où s’élaborent les lois et s’organise le débat au sein de l’espace public dans les médias, il y a moins de chances que la situation de l’ensemble des femmes s’améliore, regrette-t-elle. Même constat sur les violences: comment escompter une lutte appropriée contre les violences sexuelles si ceux qui les commettent composent aussi les sphères de pouvoir?”

Ce sexisme lié au pouvoir, elle le retrouve lorsqu’elle se rend sur certains plateaux télé. Elle consacre un chapitre de son livre à la responsabilité de certains médias dans “l’hystérisation” du débat public. Elle est devenue porte-parole du PS et se souvient très bien de ses différents passages sur CNews et en particulier dans l’émission de Pascal Praud, “L’heure des pros”.

“Un troupeau d’hommes sexagénaires et fortunés”

À plusieurs reprises, elle tentera de défendre son propos, sans succès. “La première fois, j’y ai subi les tentatives d’infantilisation de Frédéric Mitterrand qui mimait l’émerveillement devant mon joli cahier”, raconte-t-elle (voir la vidéo ci-dessus). Avant d’y noter “vous êtes exquise” et son numéro de téléphone et de s’en vanter en direct.

“Vous êtes tout de suite infériorisée et ensuite c’est plus difficile, il faut déployer beaucoup plus d’efforts, pour avoir une parole politique crédible et forte, explique-t-elle au HuffPost. Et on comprend qu’en fait, vous n’êtes pas là pour ça.”

Mais c’est surtout le sexisme et le paternalisme de Pascal Praud qui la décidèrent à boycotter l’émission et même la chaîne. “Ces émissions, très organisées, bien qu’elles s’apparentent à une foire d’empoigne, s’assimilent donc à une arène dans laquelle une femme - parfois un homme, aux opinions ou à la sociologie minoritaires - est jetée en pâture à un troupeau d’hommes sexagénaires et fortunés” décrit-elle.

Des matchs “perdus d’avance” qu’elle a désormais décidé de boycotter. “On ne gagne pas grand chose et au contraire, on contribue à légitimer ce genre d’espace médiatique problématique, qui n’est pas un espace de débat neutre”, conclut-elle.

Lucie Hennequin

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L'école sous Eric Zemmour...

5 Octobre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

https://www.leparisien.fr/resizer/wUdVVfw1YI9fZBzPF9Ta5Tsj6Fg=/932x582/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/leparisien/4QZ7IUYDURDTDBVZZMBREECAB4.jfif

C'était un printemps comme tous les printemps. Il flottait dans l'air cette douceur oubliée pendant l'hiver. Un jour de 2022...

Après un quinquennat Macron ponctué d’affaires et de mesures sans résultats, le visage d' Eric Zemmour était apparu sur l’écran des télévisions. La France, après le populisme de l’extrême-centre sombrait dans celui de l’extrême droite.

« Eric Zemmour est élu Président de la République »…

2022… 2023… 2024...  L’école se mit à l'heure du duo Zemmour/Maréchal. Pas Pétain... Marion, devenue "Premier ministre"...

Après un coup d'oeil distrait et machinal à la caméra vidéo surplombant le portique électronique filtrant les entrées, puis au drapeau tricolore qui flottait dans le vent, je retrouvai quelques collègues dans la salle des professeurs. Celle-ci avait été redécorée par notre chef d'établissement, arrivé après le cataclysme électoral… Un portrait du président, un drapeau tricolore (encore !) et les photographies des élèves "méritants", ceux ayant obtenu des moyennes supérieures à seize sur vingt. Les "tableaux d'honneur". Sur le mur faisant face à celui des brillants élèves, les photographies de ceux n'ayant pas dépassé sept sur vingt. Le "mur du déshonneur". Et puis sur un troisième support, la liste des professeurs "cités à l'ordre du collège" pour leurs résultats au Brevet. Ceux-là touchaient une « prime de mérite .

Chaque matin, je ressentais ce même écœurement, ce même dégoût… Et j'enrageais devant l'inutilité de telles méthodes. Les pourcentages de réussite n'avaient pas évolué depuis cette "Révolution Nationale" qui se disait éducative et les résultats des élèves de notre établissement rural présentaient même de bien inquiétants signes de faiblesse aggravée. Mais il ne fallait pas en parler. C'eût été prendre le risque d'une convocation et d'un blâme de la part de notre hiérarchie qui avait tout pouvoir, y compris celui de nous licencier sur-le-champ ! En toute discrétion, je prenais un malin plaisir pourtant à railler ces absurdités. Résistance…

À la sonnerie du matin, les élèves, en uniformes, se rangeaient deux par deux dans la cour face au drapeau (encore !). Cette fois au pied du mât. Gare aux retardataires, aux récalcitrants. Les surveillants, tous ayant dépassé la trentaine - il était loin le temps des "étudiants pions" - munis d'un sifflet, "chassaient" les trublions. Une fois le calme et l'ordre obtenus, une fois les rangs militairement formés avec prise de distance réglementaire, une Marseillaise était diffusée par la sono de l'établissement, reprise - c'était la règle - par tous les élèves. Deux d'entre eux, désignés la veille pour leurs classements remarquables, avaient l'honneur de hisser les trois couleurs, lentement, en gestes mesurés. La cérémonie terminée, et au coup de sifflet du Chef d'établissement lui-même, les rangées pouvaient rejoindre leur salle respective, accompagnées des enseignants, tous en costume-cravate et tailleur strict. Chaque salle portait un nom. Il y avait la salle "Bayard", la salle "Du Guesclin", la salle "Charlemagne", la salle "Jeanne d'Arc"… A l'intérieur, au-dessus de chaque tableau, trônait le portrait du Chef de l'Etat. Une fois par semaine, il intervenait sur toutes les chaînes de télévision !

Les cours devaient, c'était la règle et les inspecteurs nouvellement nommés y veillaient avec rage, être "frontaux". Des tables rangées en colonnes, un bureau sur une estrade faisant face aux élèves, les surplombant. Le maître sait ! Le maître domine ! Le "pédagogisme" n'avait plus droit de cité. Les seules méthodes tolérées étaient celles imposées par Michel Onfray, Ministre de l'Education Nationale,  Désormais, il faisait appliquer ses rêves : l'école du par cœur, de l'obéissance absolue, du silence imposé y compris par les châtiments corporels, de la notation chiffrée et uniquement chiffrée, avec classements et tableaux d'honneur ou de déshonneur. Il fallait bien alimenter les murs de la salle des professeurs. Chaque fin d'année se terminait, y compris en collèges et lycées, par une distribution des prix en présence des autorités de la commune. Les "cancres" n'étaient pas oubliés ce jour-là. Un bonnet d'âne leur était remis sous les huées de leurs camarades. C'est ainsi que s'opérait la sélection précoce. Qui commençait dès le primaire ! Il fallait mériter la sixième. Les plus "mauvais" étaient impitoyablement obligés de redoubler puis, s'ils échouaient encore, se voyaient imposer des orientations - à neuf ans ! - pré professionnalisantes. Les autres avaient droit à l'apprentissage du français, des mathématiques et de l'Histoire (celle des héros et des "grandes dates" surtout et exclusivement), les matières nobles dont les horaires avaient été singulièrement alourdis. Cela correspondait à l'aberrant projet du parti de notre Président, copié-collé du programme RN : 

« Le français, langue latine s’écrivant dans un alphabet latin, seule la méthode syllabique est appropriée pour apprendre à le lire et à l’écrire correctement. Son enseignement comprend le vocabulaire, l’orthographe, la grammaire et l’approche des grands auteurs. (…) S’y ajoutent d’une part des notions solides sur l’histoire de France, à partir de la chronologie et de figures symboliques qui se gravent dans les mémoires, d’autre part une connaissance de la géographie du pays, reposant sur des cartes. À l’école primaire, s’ajoute encore l’apprentissage du calcul. Tout au long de la scolarité, les enseignements doivent être délivrés dans une langue limpide, d’où sont bannis les termes jargonnant et les dernières modes qui peuvent agiter légitimement les spécialistes. L’objectif n’est pas un savoir de spécialistes, mais un viatique pour vivre ensemble. » (Extrait du programme RN)

"Vivre ensemble"… Oui bien entendu… Mais voilà… Depuis l'arrivée au pouvoir des extrémistes "nationaux-populistes", nous ne vivions "ensemble" qu'à condition d'exclure. Bien étrange vision de l' "ensemble". Année après année, les étrangers outre-méditerranéens, les français musulmans, les français qui n'étaient pas "de souche", avaient été écartés par divers moyens, ou s'étaient exclus d'eux-mêmes, les uns en retrouvant leur pays d'origine. Les départs en charters étaient diffusés en direct à la télévision. 

À vouloir vivre ensemble mais entre "blancs catholiques français", notre Ecole se vidait de ses sangs… 

Cela faisait plaisir aux quelques collègues membres du "Collectif Racine" et autre "Agir pour l’Ecole"...

Christophe Chartreux

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La Macronie a perdu les profs... A cause de Blanquer...

4 Octobre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique

Urgence sociale et environnementale – Plus Jamais ça !

BLANQ-HATE

• Certains à LREM n'ont pas perdu l'espoir d'infléchir à gauche le futur programme présidentiel d'Emmanuel Macron. Cette envie n'est pas seulement idéologique, elle est pragmatique, à en croire un député de l'aile gauche macroniste. «Il y a un vide sidéral sur la gauche de gouvernement et sur l'écologie de gouvernement. De notre côté, on a un problème de crédibilité malgré notre bilan parce que les grandes voix sont à droite et que Nicolas Hulot nous a plantés au bout d'un an», détaille-t-il. Parmi ces «grandes voix», il y a notamment Jean-Michel Blanquer, dont l'influence dépasse la rue de Grenelle.

Notre député gauchiste estime ainsi que, quels que soient les efforts déployés, certains électeurs, comme les enseignants, ne resigneront pas pour 5 ans de Macron en 2022. 

«Sur les profs, on a perdu la partie. Jean-Michel Blanquer est trop haï. Les recteurs nous disent que le problème, c'est le ministre», rapporte cet élu issu du PS.

En clair : même si le gouvernement décidait d'une revalorisation massive du salaire des profs, ceux-ci ne reviendraient pas voter Macron.

En 2017, d'après l'Ifop, 38% du milieu enseignant avait pourtant porté son choix sur le candidat LREM, contre 23% pour Jean-Luc Mélenchon et 15% pour Benoît Hamon. 4 ans et demi plus tard et un Jean-Michel Blanquer en plus, le désaveu est cinglant. 

ChezPol

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QU’IL VIENNE ME CHERCHER

• Cinq ans c’est long, surtout vers la fin. C’est ce que semble se dire Jean-Michel Blanquer après tout un quinquennat - mouvementé - à l’Education nationale. Il rêve désormais de débuter un second quinquennat Macron dans un costume plus régalien. Mais avant, il devrait passer par l’étape législatives et lorgne notamment, selon la Dépêche, sur la circonscription d’Amérique latine des Français de l’étranger. Comme par hasard, la députée sortante de cette circo, Paula Forteza, élue avec l’étiquette LREM en 2017, s’est éloignée de la majorité et soutient désormais l’écolo Yannick Jadot. Et cet «intérêt soudain» de Blanquer la fait sourire. «Il y a quelques mois, c’était Aurélien Lechevallier…», souffle-t-elle au sujet de l'ambassadeur en Afrique du Sud, dont le nom avait été évoqué en macronie pour reprendre sa circo. Elle persifle : «Je connais bien les Français de l’Amérique latine et des Caraïbes. Je reviens tout juste d’un long déplacement au Costa Rica et au Mexique : aujourd’hui plus que jamais, ce n’est pas en leur expliquant qu’on candidate pour devenir ministre de l’Intérieur et se rapprocher de la sphère directe d’Emmanuel Macron qu’on gagne leur confiance.» Pour Forteza, élue avec 60% face à l’ex-EE-LV Sergio Coronado, les Français de la région «ont besoin d’élus qui se concentrent sur les problématiques actuelles des Français de l’étranger», comme «l’accès aux vaccins, l’application du pass sanitaire, le soutien face à la crise économique liée au COVID…» plutôt que d’un député cherchant à nourrir son ambition personnelle. S.T.

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Eric Zemmour sur Vichy : « un rapport manipulatoire à l’histoire »

2 Octobre 2021 , Rédigé par Conspiracy Watch Publié dans #Histoire, #Politique

http://www.slate.fr/sites/default/files/styles/1060x523/public/000_par8073461_1.jpg

EXTRAIT

Si Eric Zemmour récuse les « caricatures » qui seraient faites de ses propos sur le régime de Vichy, les travaux des spécialistes les plus sérieux de la période contredisent catégoriquement ses thèses.
Les pertes de sang-froid d’Eric Zemmour sont suffisamment rares pour être notées. Invité de la journaliste Ruth Elkrief sur LCI lundi dernier, le possible futur candidat à l’élection présidentielle 2022 s’est montré très gêné, deux jours plus tôt, lorsque Sonia Mabrouk (Europe 1) l’a interrogé sur une énième déclaration de sa part réhabilitant le régime de Vichy (1940-1944) qui aurait, a-t-il estimé, « protégé les Juifs français et donné les Juifs étrangers. »

Face à Ruth Elkrief, Eric Zemmour s’est emporté : « Vous n’en n’avez pas marre ? Non, je ne vous laisse pas poser votre question. Je me suis expliqué mille fois sur cette question […]. On ne va pas m’enfermer tout le temps là-dedans. J’ai dit ce que j’avais à dire, je maintiens ce que j’ai dit. » Et de tenter de mettre fin à la séquence en assénant : « Vous parliez tout à l’heure de mon agression par un homme qui m’a dit « je vais te fumer sur le Coran », c’est plus important et plus contemporain que ces […] discussions historiques. »

Il faut dire que les propos du polémiste ont provoqué un tollé médiatique. Sur Europe 1, samedi 25 septembre, Eric Zemmour s’était laissé aller à expliquer que les lois antisémites prises par le régime de Vichy n’avaient pas « d’objectif exterminatoire » (sic). « Ce sont les Allemands qui ont introduit cette logique exterminatrice. Vichy a protégé les Juifs français et donné les Juifs étrangers. C’est facile de dire, cinquante ans après, que la France est coupable. La France n’est pas coupable, c’est l’Allemagne qui est coupable. » Invoquant la figure du général de Gaulle dans un débat portant sur « l’État français » dirigé par Philippe Pétain, l’ex-journaliste du Figaro n’hésitait pas à conclure : « Si on est gaulliste, on ne considère pas que c’est la France qui a arrêté ses Juifs. »

Il est toutefois plus simple d’allumer un feu que d’éteindre un incendie. C’est pourtant ce qu’Eric Zemmour a  essayé de faire le surlendemain sur LCI, tentant de glisser sous le tapis ses propos sur Vichy et les Juifs. Rebelote mercredi soir alors qu’il accordait une interview à « Restons Zen » sur Paris Première, émission présentée par son comparse Eric Naulleau : « Contrairement aux caricatures qui sont faites, il n’a jamais été question de “réhabiliter” Pétain. Quel ridicule de m’accuser, moi, d’une telle chose. Il est question de combattre la repentance qui nous tue pour relever la France. » Circulez, il n’y a rien à voir.

(...)

Maxime Macé et Pierre Plottu

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Vrai ou Fake : le régime de Vichy a-t-il vraiment protégé les Juifs français ?

2 Octobre 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Histoire, #Politique

Le polémiste Éric Zemmour a affirmé à plusieurs reprises que le régime de Vichy avait protégé les Français de confession juive pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Vrai ou Fake du jeudi 30 septembre passe cette déclaration au crible.

Sur Europe 1 et CNews, Éric Zemmour a déclaré que, de 1940 à 1944, le régime de Vichy a "protégé les Juifs français et donné les Juifs étrangers". Mais l’affirmation du polémiste est-elle vraie ? En 1940, le régime de Vichy, soumis à l’Allemagne, cible principalement les Juifs étrangers, "avec une loi qui, dès octobre 1940, les internait et des premières rafles en 1941 qui les visaient", précise Laurent Joly, historien de la Shoah et directeur de recherche au CNRS. Ainsi, même si des Juifs français ont aussi été arrêtés, la grande majorité des arrestations concernent les étrangers.

Un basculement s’opère dès 1942. L’Allemagne élabore la Solution finale, l’extermination totale des Juifs. Le régime de Vichy n’est plus simplement soumis aux ordres nazis, et va collaborer pleinement pour livrer des Juifs étrangers et français. "La politique de Vichy consiste à collaborer et à mener une politique antisémite propre qui vise à se débarrasser du maximum de Juifs indésirables. Et c’est une politique qui, de fait, n’a absolument pas été protectrice des Juifs français, puisque dès la rafle du Vel’ d’Hiv’, 3 000 enfants français ont été arrêtés", rappelle Laurent Joly.

Une pleine collaboration de Vichy

De ces enfants arrêtés lors de cette rafle en juillet 1942, il reste les fiches d’identité, orange pour les enfants juifs étrangers et bleu pour les enfants juifs français. En les comparant, on peut voir que 80% des enfants juifs arrêtés au Vel’ d’Hiv’ étaient français. Au total, pendant la guerre, 50 000 Juifs étrangers ont été déportés hors de France, pour 24 000 Juifs français.

Une différence qui s’explique notamment par une meilleure intégration de ces derniers dans la société, et qui ont donc disposé de plus de relais pour s’en sortir. "Ils avaient beaucoup plus d’atouts pour survivre, parce qu’ils parlaient français et ils étaient beaucoup plus en lien avec l’environnement non juif", confirme Laurent Joly. Il est donc faux de dire que Vichy a protégé les Juifs français. Philippe Pétain et son régime ont pleinement collaboré avec l’Allemagne, en particulier à partir de 1942, en arrêtant des Juifs aussi bien étrangers que français.

L. Brisson, Y. Moine

https://www.francetvinfo.fr/culture/patrimoine/histoire/vrai-ou-fake-le-regime-de-vichy-a-t-il-vraiment-protege-les-juifs-francais_4791205.html#xtor=CS2-765-[twitter]-

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De la vulgarité à la médiocrité... Et inversement.

26 Septembre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

MEDIOCRATIE *** Hubert -Félix Thiéfaine - YouTube

 

De la vulgarité à la médiocrité... Et inversement.

 

"Quand la médiocrité règne, l'incompétence est une règle, la roublardise une culture " - Bihmane Belattaf

 

Depuis l'entrée en fonction du Président Macron, mais cela avait déjà commencé avant l’intronisation du « monarque républicain », ce dernier aidé par des médias paresseux portant la « chose » à un degré de perfection rarement atteint, la vulgarité et la médiocrité gouvernent le quotidien des français.

 

La vulgarité est en effet partout. Y compris au sommet de l'Etat et du gouvernement. Nous parlons ici, vous l'aurez compris, non pas de cette « vulgarité » qui désignait et désigne encore parfois le « vulgum pecus », accusé par les nobles et bourgeois de s'exprimer et d'agir sans respecter les codes par eux établis, mais de la vulgarité traduite par le mépris du peuple en particulier. Chacun se souvient encore de propos publics énoncés par Emmanuel Macron, par ses ministres, par des élus de sa majorité. Inutile de les rappeler ici puisque nous les gardons toutes et tous en mémoire.

 

Ce mépris assumé est l'une des pires vulgarités qui soient , provoquant chez celles et ceux qui la pratiquent une terrifiante « infirmité de l'âme ». Mais ils assument, droits dans leurs bottes, cette vision du peuple : les puissants, les nantis, les dirigeants d'une part et de l'autre part, les faibles, les pauvres, le troupeau bêlant des citoyens obéissants. Cette construction les arrange d'autant plus qu'elle appuie ses fondations sur une partie des médias, un contre-pouvoir de moins en moins « contre » dans bien des cas, qui n'a de cesse de donner au petit peuple sa part de vulgarité. A quoi bon, doivent se dire les Bolloré et autres magnats, offrir au citoyen lambda une once de qualité, d'excellence, d'exigence ? Ces gens-là n'ont pas besoin d'être instruits ; et moins ils le seront, plus ils seront faciles à diriger, moins ils désireront se révolter. Ou quand la vulgarité devient une véritable vision de la société et porte atteinte à la dignité humaine, donc à la liberté.

 

De la vulgarité à la médiocrité – et inversement – il n'y a qu'un pas.

 

Qu'est-ce que la médiocrité dans la France macronienne ? L'affaire est somme toute assez simple. Depuis le triomphe du « En même temps », chacun est sommé de rester à sa place. Tout débordement, tout excès, tout ce qui échappe à cet « En même temps » est soupçonné de déviance. Toutes et tous autant que nous sommes devons « rester dans le rang ». L'originalité n'est pas de mise. « Pas assez » ou « Trop » sont l'objet de soupçons. Il faut, c'est un dogme, rester « moyens ». rester médiocre et se glisser dans les vêtements de la « médiocratie ».

 

En médiocratie, les responsables comme les exécutants doivent faire preuve de leur compétences. Très bien, me direz-vous. Hélas ces compétences, souvent utiles et incontestables, validées par des diplômes d' écoles dites « grandes », sont mises au service de directives absurdes, contradictoires ou bien, priées de véhiculer l'idée qu'une annonce est plus importante qu'une réalisation. Le Président Macron – et toutes les déclinaisons macronistes – est passé maître dans l'art de projeter le citoyen dans un futur sans bornes. A tel point que l'annonce devient objet de commentaires tellement nombreux, à longueur de plateaux squattés par des chroniqueurs plus militants que journalistes, qu'elle devient « réalité virtuelle ». On n'en commente d'ailleurs jamais les résultats puisque très souvent l'annonce n'est pas suivie de faits.

 

En médiocratie macronienne, le rêve fou de celles et ceux qui la dirigent est de « fabriquer » un individu appliquant à la lettre une fiche de directives pré-écrites. Il devient alors le serviteur docile d'une idéologie pensant pour lui. Quel confort ! L'individu ne pense plus. Il tire un trait sur son autonomie. Il rentre dans le rang du troupeau que nous évoquions tout à l'heure. Quel confort en effet ! Pour le pouvoir qui, utilisant une « novlangue » incompréhensible mais ayant le « mérite » de la nouveauté, inonde les esprits pour anéantir la critique, pourtant forme avancée des esprits éclairés.

 

Enfin en médiocratie, la médiocrité se dissimule dans le flou. La clarté serait-elle à ce point dangereuse qu'un chef d'état la dissimule, la noie dans un brouillard épais ? Il faut le croire tant cet outil de gouvernance est utilisé souvent.

 

Vulgarité et médiocrité... Deux moyens souvent utilisés par les pouvoirs politiques successifs mais portés à un degré d'efficacité et de « perfection » jamais atteint à ce jour.

 

Quelle tristesse !

 

Christophe Chartreux

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Eric Zemmour et les croisades : fact-checking

23 Septembre 2021 , Rédigé par Actuel Moyen Âge Publié dans #Histoire, #Politique

La Vie - Le site chrétien d'actualité

EXTRAITS

Dans Destin français. Quand l’histoire se venge, son dernier ouvrage, sorti cet automne, Eric Zemmour parle abondamment de l’histoire de France. Si l’auteur prend soin de ne jamais se poser en historien, on ne l’entend pas moins affirmer dans un entretien au Point qu’il fait une « synthèse historique » et que « l’histoire n’appartient pas aux historiens ». Nous ne chercherons pas ici à disséquer la vision politique qui sous-tend son travail : d’autres le feront, et mieux que nous.

Nous nous contenterons de faire notre travail de médiévistes, donc de parler du chapitre qu’il consacre à la première croisade ; et notre travail d’historien.ne.s, qui est de nous concentrer sur les faits, la seule chose qui distingue un travail sérieux d’une compilation de fake news. Et pour la peine, en hommage au travail magnifique qu’ils font chaque jour, on emprunte leur visuel aux Décodeurs du Monde.

(...)

« La culture grecque, c’est l’Europe » (p. 67)

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Deux contre-vérités dans une simple phrase. D’abord, cette « Europe » autour de laquelle Éric Zemmour construit tout son propos n’existe pas à l’époque : en particulier, le monde byzantin, de culture grecque, et le monde latin sont déjà largement distincts, voire opposés. À cet égard, il est très significatif de voir qu’Éric Zemmour gomme totalement la quatrième croisade (1204). Au cours de celle-ci, les croisés occidentaux finissent par prendre et par piller la ville de Constantinople elle-même.

À ce moment il existe de vraies tensions au sein de la Chrétienté et les Grecs sont perçus très négativement par les Latins, devenant l’incarnation de la perfidie, de la couardise et de l’avarice. Les Grecs, quant à eux, considèrent les Latins comme des envahisseurs dangereux, voire comme des barbares : la chronique d’Anne Comnène, fille de l’empereur Alexis Comnène, souligne bien que Grecs et Latins ne partagent pas la même culture.

À ce moment il existe de vraies tensions au sein de la Chrétienté et les Grecs sont perçus très négativement par les Latins, devenant l’incarnation de la perfidie, de la couardise et de l’avarice. Les Grecs, quant à eux, considèrent les Latins comme des envahisseurs dangereux, voire comme des barbares : la chronique d’Anne Comnène, fille de l’empereur Alexis Comnène, souligne bien que Grecs et Latins ne partagent pas la même culture.

De fait, l’Europe n’émerge véritablement comme concept que dans la pensée des humanistes au XVe siècle, qui, inquiets de la montée de l’Empire ottoman, vont opposer l’Europe chrétienne à l’Asie musulmane.

Deuxième erreur : l’assimilation entre culture grecque et l’Europe. En effet cette culture grecque – il faudrait d’ailleurs plutôt parler de culture gréco-romaine – a également été reçue par le monde musulman. C’est d’ailleurs, dans la quasi-totalité des cas, via des textes arabes que l’Occident latin va redécouvrir le corpus grec (les textes médicaux, scientifiques ou philosophiques, notamment Aristote).

L’affirmation d’Éric Zemmour ne sort pas de nulle part. Il semble en effet reprendre la vision avancée en 2008 par Sylvain Gouguenheim, qui provoqua à l’époque une très vive réaction du monde universitaire européen. En plus de sa vision politiquement orientée, l’auteur fut accusé d’avoir manipulé, voire inventé des sources pour soutenir ses idées.

L'intégralité à découvrir en cliquant ci-dessous. C'est édifiant

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