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Vivement l'Ecole!

politique

Comment éviter la victoire de Marine Le Pen? Une réponse de Najat Vallaud-Belkacem à L'Obs...

17 Novembre 2016 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Politique

bfmtv.com

bfmtv.com

L’engagement citoyen au quotidien

Il n’y a pas de recette miracle. En revanche, il y a une urgence : reconstruire ensemble un engagement citoyen au quotidien. Deux liens essentiels sont sur le point de se rompre dans nos démocraties : celui du peuple et de sa représentation politique, d’une part ; celui qui unit les citoyens entre eux, d’autre part. Ces liens, il nous faut les retisser dès aujourd’hui. Cela passe par l’école, par l’apprentissage de la citoyenneté en son sein, que nous avons rétabli et renforcé. Mais cela va au-delà, et exige à la fois un engagement politique national et un engagement individuel dans la vie de tous les jours, par les paroles et par les actes à tous les niveaux.

Par les paroles : nous devons, en particulier en tant que responsables politiques, prendre garde à ce que nous disons. Ni l’euphémisme ni l’hyperbole ne correspondent à la réalité. Par les actes : c’est, en politique, rompre avec la logique d’injonctions verticales et mieux articuler la vision d’ensemble, nécessaire, et la prise en compte des acteurs de terrain pour élaborer collectivement les solutions. Nous le faisons, par exemple, pour avancer sur la mixité dans nos établissements. Cela prend plus de temps, mais cela offre aussi des réponses pérennes aux défis qui sont les nôtres, et ils sont nombreux.

Unis, nous pouvons accomplir de grandes choses. Ne tombons pas dans les pièges de l’individualisme, de la colère et de la peur. Car le seul mur que les Américains verront s’édifier, c’est le mur des réalités, contre lequel le populisme finit toujours par se fracasser.

Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l'Education Nationale

Recueilli par Julien Martin

D'autres réponses en cliquant ci-dessous

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Macron - Déclaration de candidature... Education? A peine une esquisse... Surtout un brouillon...

16 Novembre 2016 , Rédigé par L'Obs - Paul Laubacher Publié dans #Education, #Politique, #Macron

Macron - Déclaration de candidature... Education? A peine une esquisse... Surtout un brouillon...
Que propose Emmanuel Macron ?

 

"Libérer ceux qui peuvent, protéger les plus faibles" : une fois cette ligne posée, Emmanuel Macron a esquissé sa vision de la démocratie, de l'Europe, du travail, du lien social et de l'éducation. Ainsi, l'ancien ministre de l'Economie entend :

  • Proposer une "révolution démocratique profonde", qui prendra "du temps" ;
  • Faire une priorité de la relance de l'Europe, "notre chance dans la mondialisation" ; 
  • Mettre l'accent sur le travail "qui émancipe chacun". "La France doit retrouver confiance en elle, par le travail d'abord (...) Le travail c'est ce qui nous construit." ;
  • Offrir "de nouvelles protections" pour les "plus faibles". Pour les "protéger contre les risques de la vie, contre l'insécurité... On ne construira rien de solide en laissant des milliers de personnes au bord du chemin" ; 
  • Pouvoir aussi "réussir 'par l'investissement', pour réussir le passage vers le numérique, vers une autre société, (...) et pour réussir la transformation énergétique et climatique."

Paul Laubacher

L'article complet est à retrouver en cliquant ci-dessous

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Coup de gueule... Comment atteindre cet électorat "lepéniste de circonstances"?...

13 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

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La victoire de Marine Le Pen en 2017 est désormais possible. Le Brexit... Trump... Demain Marine?...

Il existe un noyau dur de l'électorat FN. Ceux-là sont racistes, antisémites, révisionnistes. Aucun débat raisonné n'est possible avec eux. Absolument aucun. J'ai essayé. En quelques minutes, parfois secondes, j'étais couvert d'injures, abreuvé de menaces.

Et puis il existe un autre électorat FN. Composé souvent de citoyens qui n'ont jamais voté FN de leur vie. Qui votaient même, pour un certain nombre, très à gauche. Engagés syndicalement dans des organisations que l'ont dit "marquées à gauche".

Un électorat aussi, qui s'abstenait élections après élections et qui, cette fois, ira voter. Pour la démagogie et le mensonge, pour un projet intenable mené par une équipe d'incapables, mais ils iront voter pour ceux qui leur font CROIRE à quelque chose. Ce constat-là doit être fait.

Ceux-là font partie de ces français qui subissent la mutation profonde d'un monde se transformant à très grande vitesse.

Aujourd'hui, les enfants entrant en maternelle ignorent tout - les adultes aussi -  de ces 65% de  professions nouvelles et inconnues qui existeront lorsqu'ils auront 20 ans. Ils ne savent pas car nous n'avons aucune idée de ce que seront ces professions.

En revanche, nous voyons déjà se diviser en deux le monde du travail qui s'annonce:

- d'une part des professions très peu valorisées et valorisantes, n'offrant que peu, voire pas du tout, de perspectives de progression. Professions "réservées" à celles et ceux qui auront échoué, les oubliés de l'Ecole, de cette école promise par les candidats de la droite actuelle: des élèves exclus très tôt, éliminés parce que plus éducables aux yeux des Juppé, Sarkozy ou Le Maire et Fillon. Aux yeux du FN, également, FN dont le projet Education pourrait être titré: "Le Massacre des Innocents".

- d'autre part des professions très valorisées et valorisantes, nécessitant un bagage culturel et un niveau d'expertise très élevé, résultat bien entendu d'études longues et onéreuses, donc ouvertes à des "dynasties" d'experts qui réserveront leurs "places".

Et entre les deux, tous les déclassés qui, à tort bien entendu, prêtent une oreille attentive aux discours démagogiques de Marine Le Pen et de ses amis.

Ces déclassés - et tout ce qui va suivre n'est empreint d'aucun mépris - existent en France. Je les rencontre parfois.

Ce sont ces gens exerçant une profession difficile, peu sûre car menacée par les licenciements, voire par la disparition totale. Ils habitent en ville, en périphérie. Ils ne sont pas chômeurs.

Ce sont ces ruraux, ces agriculteurs ou petits commerçants et artisans du Pays de Caux, du Pays de Bray, de tous ces "pays" qui font la France qu'on dit "profonde". Ils travaillent eux aussi, durement. Et eux aussi voient leur héritage disparaître, leurs enfants ne reprenant surtout pas des activités qui ne rapportent rien pour des heures où ils donnent tout.

Ces français-là ne sont pas racistes, ne sont pas antisémites, ne sont pas révisionnistes. Ils sont perdus. Et ils ont perdu confiance. En eux mais surtout en ceux qui à droite et à gauche n'ont pas vu ou voulu voir qu'ils existaient, étaient de plus en plus nombreux et grossissaient le flot risquant d'emmener le pays vers une catastrophe historique pas inéluctable, certes, mais possible.

Alors comment impacter ces populations qui - aucun mépris dans ce qui suit, je le redis - lisent peu la presse nationale, regardent de préférence TF1 à Arte, écoutent plus volontiers RTL à France Inter, se saoulent d'émissions présentées par des Cyril Hanouna dont la dangerosité involontaire devrait quand même faire réfléchir les patrons de chaînes, sont très éloignées des lieux de culture - cinémas; théâtres; bibliothèques; centres culturels; opéras - au point de considérer qu'une galerie marchande d'hypermarché est beaucoup plus intéressante qu'une visite de musée?

Ces populations qui n'utilisent qu'assez peu les smartphones, n'ont ni comptes Twitter ou Facebook, ne partent pas en vacances, ne voient les pistes de ski qu'au journaux télévisés et n'ont d'actualité que celle partagée le dimanche au stade pour venir encourager le fiston qui joue contre l'équipe du village d'à coté.

Ces populations qui apprennent que l'école, cette école où ils ont souvent échoué, cette école qui voit leurs enfants poursuivre dans la même voie de l' échec annoncé s'inquiète beaucoup de la disparition des classes bilangues mais très peu de celle de 150 000 (110 000 depuis l'an dernier) décrocheurs. 150 000 PAR AN depuis des décennies. Des "décrocheurs" que je préfère appeler des "décrochés". Nuance.

Oui comment impacter ces populations auxquelles on ne parle plus, sinon par le biais de l'école,  seule institution qui depuis quatre ans fait en sorte d'apporter l'EGALITE sans égalitarisme ni refus d'exigence? Et cela - que cela plaise ou non - par le travail de ministres dont la dernière titulaire du portefeuille, Najat Vallaud-Belkacem - a le COURAGE, oui le COURAGE et la LUCIDITE, de porter cette EGALITE encadrée sur les frontons de nos écoles par la LIBERTE et la FRATERNITE!

C'est par plus d'égalité, plus de partage visible, plus d'école, plus d'éducation, plus de culture, plus de services publics, plus de proximité, plus de "commun", que nous impacterons, que nous "imprimerons" les esprits inquiets de populations trop longtemps délaissées, ni fascistes, ni racistes, ni révisionnistes mais qu'on a laissées entre les mains dangereuses du Front National!

Tout cela a été commencé dès 2012. Pas assez, pas assez rapidement? Sans doute... La politique est un temps long dans une époque du "tout, tout de suite".

Est-ce une raison suffisante pour prendre le risque de cinq ans de "purgatoire", voire d' enfer?

Je pose la question...

Christophe Chartreux

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La campagne du Front national sous la loupe des chercheurs... (+ vidéos)

13 Novembre 2016 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Politique

La campagne du Front national sous la loupe des chercheurs... (+ vidéos)
La campagne du Front national expliquée et analysée par des chercheurs qui travaillent sur ce parti depuis des années. Son programme, ses discours, sa stratégie, ses électorats, l’organisation de son appareil, son maillage territorial: c’est l'opération «FN, l'œil des chercheurs» que Mediapart lance pour les campagnes présidentielle et législatives.
 
La campagne du Front national, vue par des chercheurs qui travaillent sur ce parti depuis des années. C’est le projet que nous lançons à Mediapart pour les campagnes présidentielle et législatives, baptisé « FN, l’œil des chercheurs ».
 
Dans son dernier livre consacré au parti d'extrême droite, le chercheur Joël Gombin met le doigt sur un biais du traitement du FN: oublier « que ce parti n’est pas né hier », mais en 1972. L’enjeu, dit-il, est d’« opposer la longue durée à la tentation permanente, encore renforcée à l’ère des chaînes d’information en continu et des médias sociaux, de tout analyser au prisme de la nouveauté, de l’inédit ».
 
C’est aussi de ce constat que nous sommes partis à Mediapart. Le traitement du Front national est depuis de longues années l’objet de controverses. Le parti est souvent couvert dans un mouvement de balancier qui oscille entre diabolisation et banalisation. Outre nos articles, enquêtes et reportages, nous avons demandé à des chercheurs de raconter le parti frontiste à travers leur regard académique: son programme, ses discours, sa stratégie, ses électorats, l’organisation de son appareil, son maillage territorial. Il s’agit d'une part de donner des clés aux lecteurs pour décrypter la campagne frontiste, avec une mise en perspective historique, d'autre part de tordre le cou à certaines idées reçues ou raccourcis qui ont la vie dure.
 
Au-delà des thèmes habituels (Le FN a-t-il atteint son « plafond de verre »? Est-il le « premier parti de France » comme il le répète? Quelle est la réalité de la « dédiabolisation » entreprise par Marine Le Pen? Le « Front républicain » est-il mort?), cette édition posera aussi des questions plus profondes: le Front national peut-il devenir le grand parti de droite conservateur? Pourquoi le FN “libéral-conservateur” du Sud ne s’oppose pas au FN dit “antilibéral” du Nord? Quels sont les ressorts du vote FN? Comment Marine Le Pen parle aux électeurs des territoires péri-urbains en crise? Comment le FN forme ses cadres et militants?
 
Pendant la campagne, quatre chercheurs et chercheuses tiennent donc leur édition et proposeront leur propre regard sur la campagne, à travers des décryptages, des vidéos, des analyses:
 
Cécile Alduy est professeur de littérature et de civilisation française à l’université Stanford (USA) et chercheuse associée au CEVIPOF à l’Institut d'Études Politiques (Sciences Po) de Paris. Elle publie en janvier 2017 Ce qu’ils disent vraiment. Décoder le discours des présidentiables (Seuil, 2017), une analyse comparée des discours de cinq présidentiables, de l’extrême droite à la gauche radicale. Elle est l’auteur de Marine Le Pen prise aux mots. Décryptage du nouveau discours frontiste (Seuil, 2015), lauréat du prix « Penser la société » 2015 du Panorama des Idées.
 
Ses recherches portent sur l’analyse du discours politique, en particulier le discours d’extrême droite, dans ses dimensions rhétoriques, stylistiques et idéologiques et de la communication politique. Sur Mediapart, elle analysera la sémantique de concepts-clés du discours frontiste (« identité », « nationalité », « laïcité », « liberté », etc.) et leur évolution de Jean-Marie à Marine Le Pen, ainsi que des décryptages ponctuels de discours de campagne, de tracts, d'affiches et une lecture comparée de discours « populistes » de droite, d’extrême droite et de gauche.
 
(...)
 
Suite et fin en cliquant ci-dessous

Marine Turchi

 
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Education 2017... Les savoirs enseignés et les outils intellectuels indispensables à appréhender le monde sont à repenser de fond en comble...

12 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Education 2017... Les savoirs enseignés et les outils intellectuels indispensables à appréhender le monde sont à repenser de fond en comble...

Deux raisons majeures pour placer la question des savoirs au cœur du futur projet pour une École du XXIe siècle :

Vivre au XXIème  siècle, dans un monde globalisé, où sciences et technologies  évoluent très rapidement, suppose l’accès à des savoirs plus  complexes : il ne s’agit plus seulement  d’additionner des savoirs de base (lire, écrire,  compter, se repérer dans le temps et l’espace), mais d’accéder  à la « pensée complexe » inlassablement décrite dans  toute l’œuvre d’Edgar Morin.

Penser  l’École aujourd’hui, c’est aussi avoir présent à l’esprit  que nos enfants entrant aujourd’hui au CP, auront 20 ans en  2024 !  Que sera-t-il pertinent  d’avoir comme « bagage » (au sens noble du terme) dans  ce monde futur ? Les connaissances sont rapidement obsolètes  dans certains secteurs. Des disciplines, aujourd’hui situées hors  du champ de la scolarité obligatoire, apparaissent (ou apparaîtront  vite) comme indispensables. Il faudra bien faire des choix dans la  masse devenue exponentielle des savoirs amassés par l’Humanité  comme devant être « transmis » ?

Les savoirs enseignés et les outils intellectuels indispensables à les appréhender sont donc à repenser de fond en comble et doivent faire l’objet d’une réflexion collective. Ces questions doivent être au cœur d’un débat de la société toute entière, dépassant les clivages partisans. Non, il ne doit pas y avoir un « discours de gauche sur les savoirs », mais la volonté partagée de « régénérer une culture humaniste laïque » permettant « d’armer intellectuellement les adolescents pour affronter le XXIe siècle » (Morin, 1998).

Il ne s’agit pas ici d’un discours incantatoire, mais de choses que nous vivons les uns et les autres (et nos enfants) au quotidien. Dans le monde actuel, un citoyen voulant comprendre son environnement, y agir en conscience et de manière responsable, est confronté à des savoirs plus complexes que par le passé. Les débats sur le réchauffement planétaire, les modèles de développement durable, les questions éthiques posées par les progrès de la médecine, la pertinence de telle ou telle technologie face à des choix écologiques, les problèmes posés par l’économie et la finance, les problématiques institutionnelles ou administratives, les questions de droit … autant de questions qui intéressent le citoyen mais nécessitent des outils intellectuels et des connaissances plus élaborés que par le passé. Nous ne sommes plus dans une conception additive de la connaissance, où il suffirait, à partir de savoirs de « base », d’accumuler jusqu’à l’encyclopédisme. D’ailleurs, ceux qui revendiquent une telle position (dans les débats contre les pédagogues en particulier), oublient – tellement ils ont intégré culturellement ces processus culturels – qu’ils manipulent des compétences de l’ordre d’un méta-savoir, un savoir sur le savoir qui leur permet sans problème de faire des liens, d’abstraire, de penser en surplomb ce qu’ils disent n’être simplement que des savoirs faciles à engranger. Si aujourd’hui, les choses étaient si simples, cela se saurait. 

Si cet enjeu (ce défi) n’est pas pris à bras le corps par l’École, afin de donner au plus grand nombre des clés de compréhension, une nouvelle fracture sociale va se développer, celle qui séparera ceux qui ont accès à la complexité et ceux qui en sont exclus. On le voit, il ne s’agit plus ici d’une simple question de l’accès à la culture ; mais de la capacité à s’emparer intellectuellement des problèmes du monde dans lequel nous vivons. Cette fracture est d’autant plus grave qu’elle sera (est déjà ?) « actée » politiquement. Il est de plus en plus fréquent d’entendre des hommes politiques, dans des interviews, indiquer que répondre de manière détaillée serait trop « technique », trop compliqué… pour l’auditeur ou le lecteur. Sous-entendu : le citoyen n’a pas les moyens de comprendre des mécanismes complexes : qu’il se contente de donner quitus sur des aspects généraux ; ensuite, les personnes compétentes feront le reste ! De telles positions sont indécentes car elles remettent en cause profondément le fonctionnement démocratique. D’ailleurs, n’est-ce pas également ce qui peut paraître irritant quand, dans des blogs, l’on lit avec stupéfaction des citoyens déverser des torrents de jugements à l’emporte pièce sur le mode « ya qu’à… », « il suffit de… » sur des questions qui mériteraient des débats approfondis ? Ces citoyens ne sont pas plus bêtes que les autres ; mais ils reflètent bien, de notre point de vue, la conséquence qu’il y a à réserver les choses compliquées (et sérieuses) à une élite.

Ainsi, l’École est au cœur de ce nouveau défi de la Connaissance afin de réconcilier ses ambitions pour les générations futures avec la réalité de la classe. Un simple exemple permettra de constater qu’il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur les enseignants mais d’inciter à une réflexion collective sur des pratiques devenues de tels habitus scolaires qu’ils ne suscitent plus guère de réflexion. Dans une discipline scolaire comme l’histoire-géographie, les finalités que poursuivent les enseignants, telles qu’elles apparaissent dans toutes les recherches didactiques, dans les évaluations de la DEPP (Image de la discipline et pratiques d’enseignement en histoire, géographie et éducation civique au collège, mars 2007), sont très ambitieuses : former des citoyens responsables, exercer l’esprit critique, comprendre le monde.  Pédagogiquement – et contrairement à ce qui est dit ça et là – ces mêmes enseignants disent être attentifs à mettre leurs élèves en activité, pour maintenir l’attention et la motivation et favoriser les apprentissages. Mais, les observations faites en classe dans le cadre de plusieurs recherches INRP montrent que sont valorisées, le plus souvent, des activités de « basse tension intellectuelle ». La métaphore peut faire sourire ; elle est pourtant claire. Colorier une carte, retrouver dans le titre d’un document un mot attendu par l’enseignant, l’échelle, reproduire sur son cahier le schéma fait par l’enseignant pour appuyer le raisonnement du cours, peuvent être autant d’activités effectuées… en pensant à autre chose ! Quel est l’investissement authentique de l’élève ? Quel enjeu y a-t-il pour lui, réellement ? En quoi cela lui pose-t-il une vraie question, un problème à résoudre ? Comme le dit Philippe Perrenoud, l’élève peut se contenter de faire son « métier d’élève ». En revanche, faire argumenter ces mêmes élèves – à partir de documents variés – sur le tracé d’une autoroute ; proposer et confronter des points de vue sur des solutions différentes, prenant en compte des contraintes géologiques, l’existence d’un patrimoine culturel (un site gaulois ?), des coûts différents, la répartition de la population, des perspectives européennes… est autrement plus mobilisateur. L’élève – considéré alors comme un futur citoyen en herbe – peut très bien comprendre les enjeux pour peu que les documents soient mis à sa portée. Tout à coup, décoder la légende d’une carte fait sens puisqu’il faut y retrouver une information qui deviendra argument. S’apercevoir que le dossier proposé ne permet pas de répondre à toutes les questions, devient un véritable entraînement à l’esprit critique, au-delà de tout formalisme scolaire. La critique vient à l’esprit parce qu’une question émerge à laquelle l’élève ne peut répondre en l’état .

On le voit, ces situations problématiques (on parle en mathématiques et en sciences de « situations problèmes »), ambitieuses, transposables à toutes les disciplines scolaires et expérimentées par certains pédagogues depuis… près de 30 ans, créent de la « tension intellectuelle », obligent à l’apprentissage et favorisent une posture responsable. Or que nous disent les mêmes recherches et évaluations énoncées plus haut du côté des élèves ? Sur les 3000 élèves questionnés par la DEPP en 2007, 86,9% considèrent que la classe d’histoire est « le lieu où l’on apprend à étudier des dates importantes » et 85,8% estiment qu’en géographie on étudie des « pays ». Les élèves ont donc finalement intériorisé le modèle dominant de l’enseignement français qui fait une large place au discours du maître et assez peu à de réelles situations d’apprentissage comme c’est le cas dans de nombreux pays européens.

De même (mais tout ne peut être développé ici), une approche de la complexité supposerait de sortir – comme le Socle commun y invite – du cloisonnement, de l’extrême compartimentation des savoirs scolaires. Peut-être faudrait-il d’ailleurs, commencer par les enseignants ! Pour avoir participé à une recherche INRP portant sur les pratiques argumentatives dans des débats oraux dans la classe au collège, l’un des auteurs peut témoigner de la méconnaissance profonde qu’ont les didacticiens même avec des champs disciplinaires voisins. Voulant étudier sur une classe de collège (5ème) les capacités des élèves à argumenter dans chacune des disciplines scolaires… ces chercheurs ont du commencer par travailler au plan théorique ce qu’est l’argumentation… en histoire, en physique, en arts plastiques, et français, etc. Sans compter la méconnaissance des problèmes spécifiques posés par les pédagogies entre disciplines, et entre niveaux d’enseignement.

Pourquoi ne pas envisager des passerelles, institutionnalisées aussi pour les enseignants !

- que les professeurs de collèges aillent à l’école élémentaire et au lycée (et vice-versa) ;

- que des enseignants d’université apprennent à découvrir les problèmes rencontrés par les enseignants de lycées;

- que des journées d’informations soient organisées à l’intention des enseignants des autres cycles

* sur les problèmes de l’apprentissage de la lecture, de l’écriture ;

* sur la présentation des grandes familles de disciplines (épistémologies comparées) ;

* sur l’interdisciplinarité pédagogique ;

* sur l’orientation à tous les niveaux …

Bref que chacun, à sa place, puisse se faire une vision plus large, plus ample, de l’ensemble du système éducatif.

Il est clair que les Universités, les IUT, les grandes écoles, les IUFM (refondés), l’IFE (Institut Français d’Éducation1) ont un « nouveau rôle » à jouer en promouvant – dans l’esprit des Universités Populaires Participatives Citoyennes – une diffusion des savoirs pour le plus grand nombre et auxquels, d’ailleurs, des étudiants même jeunes pourraient être associés ! Des UPPC, démultipliées sur le territoire, pourraient permettre le dialogue fécond avec les citoyens sur ces questions engageant l’avenir : une manière de renouer avec le projet de l’Éducation nouvelle en jetant des ponts entre société et École.

Christophe Chartreux et Nicole Allieu-Mary

Pour aller plus loin…

Le Socle commun des connaissances et des compétences. Tout ce qu’il est indispensable de maîtriser à la fin de la scolarité obligatoire. MENESR. Décret du 11 juillet 2006.

http://media.education.gouv.fr/file/51/3/3513.pdf

Di Martino Annie & Sanchez Anne-Marie (2011) Socle commun et compétences. Paris : ESF.

Morin Edgar (1999) Le défi du XXIe siècle. Relier les connaissances. Journées thématiques conçues et animées par Edgar Morin, Paris du 16 au 24 mars 1998. Paris : Éditions du Seuil.

Morin Edgar (1999) La tête bien faite. Repenser la réforme, réformer la pensée. Paris : Éditions du Seuil.

Morin Edgar (2000) Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur. Paris : Éditions du Seuil.

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Une Ministre au chevet de l'orthographe...

11 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Une Ministre au chevet de l'orthographe...

Les difficultés de nos élèves en orthographe, relevées depuis des années par les pédagogues, les chercheurs et tout simplement par les professeurs, viennent d'être à nouveau évaluées à la hausse.

Ce phénomène est général et concerne TOUS les élèves.

Néanmoins il convient d'ajouter quelques remarques à des chiffres froids:

1- Cette étude émane du Ministère de l'Education Nationale. Souvent accusé de ne pas reconnaître telles ou telles difficultés, force est de constater que cette fois c'est la Ministre en personne qui tire le signal d'alarme.

Raison pour laquelle elle a récemment réuni - sans que la presse y ait accordé toute l'attention nécessaire hélas - la fine fleur de la recherche dans le domaine concerné.

Lorsque nos responsables politiques ne font rien, cela leur est à juste titre reproché. Lorsqu'une Ministre - Najat Vallaud-Belkacem - ne dissimule rien d'un grave problème et s'en empare, soulignons-le aussi!

2- Les filles, qui suivent les mêmes apprentissages que les garçons, obtiennent encore de meilleurs résultats, l'écart devenant même plus important au fur et à mesure des années:

"La différence du nombre d'erreurs moyen passe de 1,8 en 1987 à 3,5 en 2015".

3- Le nombre moyen d'erreurs continue de rester plus bas chez les élèves issus des milieux sociaux favorisés. Là encore, quel que soit le milieu, les élèves reçoivent les mêmes apprentissages.

Les commentaires qui ont suivi la publication de ces résultats, outre les outrances habituelles et sans intérêt aucun sinon de faire le buzz par l'intermédiaire d'enseignants médiatisés et "Grandes Gueules", ont négligé un aspect essentiel à mes yeux:

l'orthographe ne peut pas être traitée à part de tous les autres domaines du français. Ne pas commettre d'erreurs orthographiques s'obtient bien entendu en pratiquant la dictée (et tous les exercices de "dictées" car il en est de très variés) mais AUSSI:

- en incitant dès le CE1/CE2 nos élèves à pratiquer la "lecture longue" (et de plus en plus longue au fur et à mesure des années); mais aussi l' "écriture longue". (Si l'on pouvait aussi éviter l'excès des photocopies et documents prêts à l'emploi...)

- en faisant pratiquer les règles de grammaire. Souvent ce sont les MEMES erreurs qui reviennent dans toutes les copies. Inutile de savoir par coeur 40 règles différentes. Il "suffit" - je l'ai expérimenté - d'en maîtriser quatre ou cinq essentielles, celles permettant d'éviter justement ces erreurs récurrentes, et le tour n'est peut-être pas totalement joué mais l'élève est soulagé de bien des marques de stylo rouge qui "illustraient" ses travaux;

- en exigeant - oui en EXIGEANT! - que tous les collègues, et pas uniquement ceux de lettres, signalent les erreurs orthographiques. Pas forcément en pratiquant ensuite une correction détaillée (je comprends tout à fait que ce soit impossible par manque de temps) mais a minima en indiquant l'erreur;

- en insistant sur le fait qu'un devoir écrit à la main et un devoir écrit au clavier nécessitent la même attention. Souvent les élèves estiment qu'un devoir "claviériser" (j'adore les néologismes) ne justifie pas une attention orthographique particulière.

- en utilisant les heures de remédiation, l'accompagnement personnalisé pour venir en aide aux élèves les plus en difficultés.

- en exigeant une prononciation orale parfaite (celle de nos élèves comme la notre). Nous avons tous à l'esprit le fameux "Quand même", orthographié "comème", parce qu'il est prononcé oralement ainsi. Ou la toute aussi fameuse liaison fautive "les huit z'enfants" orthographiée évidement "les huitS enfants"...

Et puis en INVENTANT en fonction de nos classes, des difficultés rencontrées... Aucune méthode ne les palliera toutes.

Nos enthousiasmes, nos envies, nos désirs, nos bienveillances, nos exigences... Si!

J'espère ne pas avoir fait de "fautes"...

Christophe Chartreux

Ci-dessous les ITW de quelques intervenants lors de la journée du 9 novembre à Paris

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"On ne réagit que par la haine grégaire quand on se sent victime du mépris individuel et quotidien"...

11 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Education

jlb260.canalblog.com

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"On ne réagit que par la haine grégaire quand on se sent victime du mépris individuel et quotidien" me disait il y a quelques jours Philippe Meirieu.

Je lui faisais part de quelques inquiétudes après l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis et les publications répétées de sondages indiquant le poids toujours plus écrasant des intentions de vote en France pour le Front National. J'aurais pu ajouter le Brexit qui participe du même mouvement de fond d'un vote "protestataire" qu'il convient d'observer.

Il existe en Europe comme aux Etats-Unis, donc dans des pays et continents riches, un très fort désir de vote "populiste" porté par des responsables politiques de droite et surtout d'extrême droite. Leurs messages, aussi radicaux soient-ils, trouvent des oreilles attentives de plus en plus nombreuses si l'on en croit les sondages. Mais si l'on en croit aussi désormais les résultats du scrutin aux Etats-Unis ou dans certains pays européens: la Hongrie, l'Autriche et tous ces états qui voient les partis les plus réactionnaires progresser sans que rien ni personne ne semblent pouvoir enrayer la tendance.

Souvent, les électeurs FN sont montrés du doigt. A juste titre pour le "noyau dur" qui représente grosso-modo 15% de l'électorat FN. Ceux-là sont engagés dans un combat idéologique d'une violence terrifiante et aveugle, n'hésitant pas à tenir des propos ouvertement racistes, antisémites et révisionnistes. Je les appelle les "irrécupérables". Aucun débat raisonnable n'est possible avec eux. Absolument aucun!

Et puis il y a tous les autres. Très souvent méprisés, moqués, mis dans le même sac que les 15% du noyau dur. Or il ne s'agit pas DU TOUT des mêmes profils sociaux.

Ceux-là sont, à l'image des électeurs qui ont porté Trump à la Maison Blanche, sur-représentés chez les peu ou pas diplômés, ce qui ne signifie en aucun cas, comme cela est trop facilement dit souvent, que le vote FN soit le résultat de la naïveté, de la bêtise ni de l'ignorance. Souvent aussi, cet électorat est issu:

- des banlieues - contrairement à une idée reçue et ancrée, on vote beaucoup plus FN qu'on l'imagine dans les banlieues dites difficiles - ;

- des périphéries éloignées des centres urbains;

- des "ruralités profondes".

Tous ceux qu'on appelle et qui s'appellent eux-mêmes "la France des oubliés". C'est leur ressenti, qu'il soit contesté ou pas. Il faut en tenir compte. Ne pas le faire serait immanquablement tenir ouverte la porte du pouvoir à Marine Le Pen dès 2017. Dès 2017!

Il reste peu de temps. Six mois.

Il y a une dizaine d'années, j'écrivais: "Les décrocheurs d'aujourd'hui seront les électeurs FN de demain".

Nous y sommes. Une partie de l'électorat FN n'est pas raciste par "nature", n'est pas antisémite, n'est pas révisionniste. C'est un électorat "de circonstances", prêt à rejoindre les partis traditionnels à condition que ceux-ci sachent lui tendre la main, lui prêter attention, soient bienveillants comme un professeur peut l'être avec l'élève qui se noie dans un océan d'incompréhensions, d'échecs et de mépris. Un "mauvais" élève devient souvent "extrémiste" lorsqu'il est méprisé. Imaginons ce que cela peut avoir comme conséquences appliqué à l'échelle d'une population d'électeurs. Terrible!

La tâche qui attend les candidats à l'élection présidentielle est immense. Des blessures sont ouvertes dans cette partie "abandonnée" du corps électoral. Ce corps qui n'attend qu'une chose:

Davantage d'EGALITE... D'avantage d'ATTENTION...

Alors mesdames et messieurs les candidats, en rédigeant vos projets, méditez bien cette phrase, citée en préambule à ce billet:

"On ne réagit que par la haine grégaire quand on se sent victime du mépris individuel et quotidien"

Christophe Chartreux

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Sortir... The Color Line - Les artistes africains-américaisn et la ségrégagtion - Musée du Quai Branly Jacques Chirac...

11 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Art, #Politique

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Interro surprise!...

10 Novembre 2016 , Rédigé par #directNVB Publié dans #Education, #Politique

Interro surprise!...
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