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Vivement l'Ecole!

politique

Coup de gueule... Je choisis l'école de Jean Zay...

6 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Coup de gueule... Je choisis l'école de Jean Zay...

Le second débat des primaires de la "droite et du centre" (quel est le candidat du centre parmi les 7 prétendants?) devait, ce jeudi 3 novembre, être en partie consacrée à l'éducation.

Il n'en fut quasiment rien. C'est seulement au-delà de 23h, après avoir passé plus de vingt longues, très longues minutes, à disserter de Monsieur Bayrou qu'enfin les "Juppé and co" livrèrent leurs projets.

A peine 10 minutes. Une très et trop visible volonté d'en finir. Avec la volonté affichée de ne surtout pas en dire trop. Reconnaissons à Ruth Elkrief le courage tardif d'avoir insisté pour connaître le chiffre qu'aucun ne veut lâcher:

"Combien de postes d'enseignants allez-vous supprimer?"

Nous n'avons pas obtenu de réponses.

Quant aux "idées" lancées par les uns et les autres, elles furent affligeantes de banalité, de bêtise - oui de BETISE! - et d'approximations!

Claude Lelièvre en a fait l'excellente analyse dans L'Obs. (Voir le lien ci-dessous).

Depuis cette soirée consacrée à d'autres sujets dont très peu intéressent les français, je me demande:

1- si l' éducation intéresse les candidats de la droite. Vu leur précipitation pour ne surtout pas en parler, j'en doute;

2- si les compétences des uns et des autres sont suffisantes pour aborder un sujet complexe qui met en jeu l'avenir de notre pays. Souvent, lors des rares entretiens au cours desquels les candidats de droite acceptent de parler de l' Ecole, j'ai ressenti un "malaise": ces gens-là ne maîtrisent absolument pas les dossiers. Leur vision est très éloignée du réel. Peut-être d'avoir trop lu Madame Barjon ou Monsieur Brighelli les aveuglent-ils. Ce qui expliquerait les outrances, les caricatures, les erreurs, les mensonges.

Comparant avec ce qui a été accompli depuis 2012 par Vincent Peillon, Benoit Hamon et surtout Najat Vallaud-Belkacem, je me disais et me dis encore qu'il serait légitime de choisir et de défendre la poursuite de la refondation en cours - car elle n'est pas achevée! - plutôt que la critiquer sans relâche, oubliant trop souvent l'Ecole que la droite promet!

Le temps des choix approche. Celui des engagements clairs aussi.

La question est très simple et elle est la suivante:

entre l'Ecole de l'uniforme, de la sélection dès la 6e (la sélection toujours des mêmes!), de la suppression des postes, de l'autonomie totale et ultra libérale sans discernement, de la mort du "collège unique" et l'école refondée, appuyée sur l'excellence pour TOUTES ET TOUS, sur la formation retrouvée, sur l'ouverture au numérique pour un XXIe siècle maîtrisé, sur l' élitisme républicain plutôt que dynastique, sur le respect des enseignants et la reconnaissance de leur travail, qu'allons-nous choisir?

Dans mon cas - vous l'aurez deviné - certainement pas la triste et grisâtre salle de classe des Juppé et autres.

J'ai choisi, depuis longtemps l'école que voulait un Jean Zay et que, dans sa lignée, construit Najat Vallaud-Belkacem! Avec les enseignants sur le terrain!

Nous pouvons réaliser le rêve de Jean Zay A CONDITION de ne pas nous fourvoyer dans des disputes intestines ni dans des "non choix" qui mettraient à bas et pour des années tout le travail entrepris avec courage et abnégation!

C'est maintenant!

Christophe Chartreux

Coup de gueule... Je choisis l'école de Jean Zay...
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Une "Ecole" fondée sur des réalisations concrètes... Commission élargie crédits 2017 : Enseignement scolaire (Vidéo)

6 Novembre 2016 , Rédigé par Assemblée Nationale Publié dans #Education, #Politique

Une "Ecole" fondée sur des réalisations concrètes... Commission élargie crédits 2017 : Enseignement scolaire (Vidéo)

Commission élargie crédits 2017 : Enseignement scolaire

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    Une "salle des parents" dans tous les établissements scolaires...

    6 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Education

    Une "salle des parents" dans tous les établissements scolaires...

    Pour la refondation d’un autre  rapport Parents/École

    L’École est l’affaire de tous. Elle est le « socle » de la société du futur, là où se construisent les bases du vivre ensemble, les fondements d’une culture partagée, l’inculcation des premières règles du fonctionnement citoyen, la partie commune de notre appartenance à une « nation ». Tous doivent y contribuer : chacun à sa place, mais les uns AVEC les autres et non les uns CONTRE les autres. Ainsi penser un « lieu » institutionnalisé où, sans intrusion ni rejet de part et d’autre, puisse être organisées la rencontre entre tous les acteurs concernés est une urgence.

    La question de la place des parents dans l’École a toujours crispé : les positions des uns et des autres pourraient se résumer autour de la revendication des enseignants à se penser légitimes en raison de leurs compétences professionnelles, distanciées face à des parents dont les attitudes seraient saturées par les affects. De leur côté, beaucoup de parents, que l’École renvoie à leur propre parcours personnel et leur propre histoire, ont un regard acéré sur ce qu’ils considèrent comme efficace, surtout si cela a bien fonctionné pour eux. Au fond, l’École est perçue de manière bivalente : comme entité à part de la société (« on y met ses enfants ») ; comme un lieu dont chacun se sent expert. Ces antagonismes, parfois entachés de violences symboliques et verbales, doivent être dépassés.

    L’idée d’une aide à la parentalité, avec la création d’Écoles de parents, ouvertes gratuitement à toutes les familles, avait provoqué des remous lors des débats précédant dernières l'élection présidentielle de 2007. La proposition du Groupe Éducation – Savoirs et émancipation qui avait réfléchi, pour le Parti socialiste en particulier, à la question du collège et qui suggérait que, stratégiquement, une salle collégiale pour les parents (et les associations agrées) puisse être implantée en proximité de la salle des professeurs risquerait de provoquer les mêmes effets. Il faut rester prudent face à des positions purement électoralistes, car l’enjeu est d’importance.

    Il conviendrait d’y rendre possible très rapidement des rencontres de plusieurs types. Ainsi, ces écoles des parents pourraient être des lieux où les parents démunis trouveront des formations, des conseils à l’aide aux devoirs, des lieux où des conseillers d’orientation psychologue scolaire tiendront des permanences, des lieux où des échanges informels sur des projets scolaires pourront être partagés entre les différents acteurs et proposés ensuite aux instances compétentes (conseil d’École ; conseil d’administration des établissements…).

    Il conviendrait aussi d’associer les parents d’élèves, volontaires et via leurs instances représentatives, à la réflexion précédant la rédaction des projets d’école et d’établissement (comme c'est le cas en Finlande par exemple). 

    Il conviendrait enfin que tous les collèges et lycées disposent d’au moins un(e) infirmier(e) et un(e) conseiller(e) d’orientation psychologue scolaire à temps plein, les parents étant démissionnaires sur au moins deux sujets sensibles : la sexualité et la contraception, quel que soit le milieu social, au collège et au lycée.

    Christophe Chartreux et Nicole Allieu-Mary

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    Sarkozy et l'éducation : entre mépris et méconnaissance... En 2012 comme en 2016...

    6 Novembre 2016 , Rédigé par Bruno Julliard Publié dans #Politique, #Education

    Sarkozy et l'éducation : entre mépris et méconnaissance... En 2012 comme en 2016...

    Ecrit par Bruno Julliard le 6 mars 2012. Cet article évoque le "moins-disant" éducatif du candidat Sarkozy de l'époque.

    Ce "moins-disant", c'est exactement celui de TOUS les candidats de droite et du centre en 2016.

    Alain Juppé, comme les autres.

    Christophe Chartreux

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    Un "moins-disant éducatif". C'est ainsi que Bruno Julliard, chargé de l'enseignement scolaire dans l'équipe de François Hollande, qualifie le projet pour l'école présenté par Nicolas Sarkozy la semaine dernière. Un projet qui s'inscrit selon lui dans la lignée de ce qui a été fait dans ce domaine depuis 5 ans.

    Mardi 28 février, le candidat Nicolas Sarkozy annonçait à Montpellier ses propositions pour l’éducation. L’occasion de constater une fois encore à quel point le président méconnaît le monde de l’enseignement et l’urgence à le repenser en profondeur.

    Se résumant à un moins-disant éducatif, son projet pour l’école est autoritaire, concurrentiel et appauvri. Il n’a tiré aucune leçon de son bilan désastreux en la matière et persiste dans l’annonce de "réformes" qui ne reposent sur aucune autre pensée que la rationalisation budgétaire, ou pire la culture du chacun pour soi. Assumant un populisme inquiétant, il n’a su qu’accuser les enseignants d’être les responsables fainéants de l’échec scolaire, dressant les familles contre l’institution scolaire, ses professionnels et leurs syndicats.

    Méconnaissance et mépris du monde de l’éducation

    Travailler plus pour gagner plus. Malgré l’échec cuisant de son ancien hymne de campagne, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à proposer aux enseignants cette solution inefficace, faisant fi de la réalité de leur profession. Il est vrai que le sujet n’est pas pour lui d’améliorer les conditions de travail des enseignants, mais évidemment de trouver un moyen pour poursuivre les suppressions de postes.

    La revalorisation du métier d’enseignant est une priorité absolue qui ne peut se contenter d’une réponse budgétaire. Nous devons revenir sur la dramatique réforme de la formation des enseignants qui s’est traduite par une suppression de celle-ci. La création des Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation qui intégrera le mélange des niveaux et la recherche pédagogique pour un travail en commun dès l’origine et s’organisera autour de l’alternance est une réponse d’avenir.

    La formation continue, les déroulements de carrières, la création de nouveaux postes d’enseignants pour adopter le principe de "plus de maîtres que de classes" sont aussi des conditions de revalorisation et d’amélioration du métier d’enseignant et de réelles réponses à la crise éducative que traverse le pays.

    Déni de crise éducative

    Cette crise éducative que Nicolas Sarkozy semble ignorer est pourtant bien réelle et touche encore plus violemment les élèves les plus en difficultés. Les études internationales sont sans appel, de par son élitisme intrinsèque et sa propension à la sélection par l’échec, l’Ecole ne joue plus son rôle d’ascenseur social.

    Or, Nicolas Sarkozy est sans conteste l’homme qui a rendu l’école et la réussite encore plus inaccessibles et inégalitaires : suppression de la carte scolaire, disparition programmée des RASED, baisse du montant des bourses [1], chute drastique des subventions versées aux associations au titre de l’accompagnement éducatif [2], suppression des allocations familiales pour les parents d’élèves absentéistes… La liste est longue et les inégalités se creusent. Pourquoi avoir supprimé par dizaines de milliers des postes dans l’Education nationale ? L’homme qui a supprimé 80.000 postes d’enseignants et 35.000 postes de surveillants depuis 2007 découvre donc aujourd’hui "qu’il faut mettre des adultes dans les établissements".

    La seule proposition concrète destinée aux élèves les moins favorisés énoncée par le candidat est l’amplification des internats d’excellence. En 5 ans, Nicolas Sarkozy a créé 26 internats d’excellence, accueillant 2200 internes en France. Tous les jeunes ne méritent-ils pas d’être aidés ? Que propose-t-il pour les jeunes décrocheurs et pour les 150.000 jeunes qui continuent de quitter l’école sans qualification ?

    Néant pédagogique et absence d’ambition pour le savoir de tous

    Il semblerait également que Nicolas Sarkozy n’estime toujours pas nécessaire de s’inspirer des fondements pédagogiques incontournables sur l’apprentissage du savoir pour la réussite de tous. Il avait déjà largement démontré son passéisme contre-productif à travers quelques réformes insensées : baisse de l’accueil en maternelle des enfants de moins de 3 ans, semaine de 4 jours, suppression de la formation des enseignants.

    Pour compléter son bilan chaotique, le candidat président, qui pense qu’enseigner n’est pas un métier et que la pédagogie est forcément innée, propose désormais la fin du collège unique, instaurant des parcours différents en classe de 4ème et 3ème. Nous savons pourtant que les systèmes les plus performants sont ceux aux troncs communs les plus longs [3].

    Nous savons qu’orienter les élèves trop tôt revient à accentuer les inégalités sociales et abaisser le niveau général des élèves. C’est pourquoi nous devons maintenir le collège unique, non pas pour en faire un collègue uniforme, mais parce qu’il est celui qui conduit toute une classe d’âge à l’acquisition d’un socle de culture commune qui émancipe le plus grand nombre.

    [1] Le montant des bourses est passé de 570,6 millions d’euros en 2011 à 531, 8 millions d’euros en 2012, soit une chute brutale de 6,8%

    [2] chute de 32% entre 2012 et 2011

    [3] cf Etude PISA 2006

    Bruno Julliard

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    Le Maire, Fillon, Copé face à l'éducation : une surenchère passéiste...

    5 Novembre 2016 , Rédigé par L'obs - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Politique

    Le Maire, Fillon, Copé face à l'éducation : une surenchère passéiste...

    Alors que se profile le prochain débat de la primaire de la droite, l'historien de l'éducation Claude Lelièvre revient sur les propositions des candidats concernant l'éducation. Dates et décrets à l'appui, il constate que les ambitions de la droite n'ont jamais été aussi rétrogrades. Explications. 

    Beaucoup des mesures préconisées par les candidats à la primaire de droite sont loin de participer à une "invention de l'avenir", mais marquent au contraire une régression vers des moments antérieurs à certaines dates-clés de l'évolution du système éducatif. Et les candidats les plus jeunes ne sont pas les moins rétros.  

    Un pré-apprentissage dès la 6ème pour Le Maire

    Le "collège d'enseignement secondaire" (un établissement unique par lequel tous les élèves devront désormais passer depuis l'âge de 11-12 ans jusqu'à l'âge de 15-16 ans) est créé sous l'autorité personnelle du Général de Gaulle. La décision de prolonger l'âge de la fin de la scolarité "obligatoire" de 14 ans révolus à 16 ans révolus a été prise par ordonnance dès le 6 janvier 1959.

    En revanche, le "Document d'orientation" proposé le 6 avril 2016 par le parti "Les Républicains" (sous la houlette de Nicolas Sarkozy) indique qu'"il faut diversifier les parcours dans les collèges à partir de la classe de quatrième en développant une filière de préapprentissage" (p.6). Bruno Le Maire, lui, veut mettre fin au collège unique grâce à la mise en place d'heures d'options professionnelles dès la classe de sixième. Jean-François Copé préconise l'apprentissage dès 14 ans, regroupé avec les lycées professionnels.

    La circulaire du 29 décembre 1956 (jamais abrogée, même si elle est parfois contournée) édicte "la suppression des devoirs à la maison ou en étude" dans l'enseignement primaire. Mais François Fillon tient à "mettre fin à l'interdiction des devoirs à l'école élémentaire, des devoirs faits à la maison".

    Augmenter le temps de présence des enseignants

    1950. Parution des décrets du 25 mai fixant les services des professeurs du secondaire. Il s’agissait de mettre fin à des pratiques diverses au sein des collèges et lycée. Ces décrets ne prennent en compte que les horaires d’enseignement pour établir les maxima de services des professeurs. Ils sont fixés à 15 heures hebdomadaires pour les agrégés et 18 heures pour les autres, conformément aux 18 heures d’enseignement hebdomadaire dévolus en principe aux professeurs de collèges communaux dès 1932.

    En octobre 2014, Nicolas Sarkozy se prononce pour une nouvelle règle (non de trois, mais de 30%) : 30% d'heures en plus pour les enseignants, 30% de rémunération en plus, et 30% d'enseignants en moins. Le "Document d'orientation" proposé le 6 avril 2016 par le parti "Les Républicains" déclare que "le temps de présence des enseignants sera augmenté de 25% (pourcentage incluant les cours, mais aussi l'aide aux devoirs et les études surveillées) en contrepartie d'une rémunération accrue" (p.7).

    Pour Bruno Le Maire, il s'agit de modifier le temps de travail des enseignants en fonction du niveau d'enseignement et non du corps : 26 heures en primaire, 20 heures au collège, 18 heures au lycée (avec une augmentation salariale en contrepartie de l'augmentation du temps de travail). Dans cette même ligne, Alain Juppé est partisan de revaloriser les traitements des professeurs des écoles de 10% en échange d'une présence accrue.

    (...)

    Claude Lelièvre

    Article complet à retrouver ci-dessous

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    Le devoir corrigé de l' élève Sarkozy... Compétence non acquise!

    5 Novembre 2016 , Rédigé par Lucien Marboeuf Publié dans #Education, #Politique

    L’instit humeurs

    L’instit humeurs

    Et lire le billet de Lucien Marboeuf, ci-dessous!

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    L'éducation vue par la droite... Et corrigée...

    5 Novembre 2016 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Education, #Politique

    L'éducation vue par la droite... Et corrigée...
    L'éducation vue par la droite... Et corrigée...
    L'éducation vue par la droite... Et corrigée...
    L'éducation vue par la droite... Et corrigée...
    L'éducation vue par la droite... Et corrigée...
    L'éducation vue par la droite... Et corrigée...
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    "Les choses vont changer le jour où la campagne va commencer..." Najat Vallaud-Belkacem...

    4 Novembre 2016 , Rédigé par Libération Publié dans #Politique

    «Vous savez, il est dans une situation assez particulière. C’est-à-dire qu’il n’est pas encore candidat, il ne s’est pas encore déclaré candidat ; le temps de la campagne n’est pas venu. Et donc, il concentre les critiques sans toujours être en situation de répondre

    […]

    Moi, j’estime que les choses vont changer le jour où la campagne va commencer, parce que ça permettra aux Français d’y voir très clair, tout simplement.»

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    Les 4 vérités - Najat Vallaud-Belkacem... Vidéo

    3 Novembre 2016 , Rédigé par France2 Publié dans #Education, #Politique

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    Alors Monsieur Sarkozy, les enseignants?... Des feignants privilégiés?....

    2 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

    dieppe-navals.fr

    dieppe-navals.fr

    Ah les vacances ! Les enseignants ont tout entendu à ce sujet. Nous sommes des privilégiés paraît-il. Je ne dirais pas cela. Les vacances sont un privilège, c'est incontestable. Conquis par des luttes anciennes. De là à nous ranger parmi les privilégiés comme l'a laissé entendre Nicolas Sarkozy affirmant qu'enseigner, c'était être 180 jours par an devant élèves, il y a un grand pas... Grave méconnaissance du métier de la part d'un ex Président de la République, lequel il est vrai a supprimé 80 000 postes en un seul quinquennat. 80 000 "feignasses" en moins?...

    J'ai rencontré, par hasard, Stéphanie en ville. Elle montait et remontait la rue principale. C'est l'activité quasiment unique des adolescents le samedi ou pendant leurs congés. Ils descendent des bourgs environnants et viennent respirer l'air marin, cet air que l'on sent avant même d' avoir aperçu la mer. Ils viennent aussi se montrer, attirer les regards... Parfois on les croise aussi dans la galerie marchande du supermarché Auchan, là-haut, au "Belvédère" battu par les vents....

    « Oh Monsieur! Bonjour ! Vous profitez des vacances ? »

    Oui je profite des derniers jours. Et toi Stéphanie, qu' as tu fait pendant cette Toussaint ? Elle n' a pas grand chose à me dire. Mes élèves sont des ruraux et le Pays de Caux n' offre pas beaucoup de distraction. Les villages sont éloignés les uns des autres. Les fermes isolées sont nombreuses. La vie, comme le climat, y est rude. Maupassant et Flaubert, nos célébrités, l'ont dit mieux que moi, ce Pays. Le horsain, celui qui n' est pas né ici, est encore regardé de travers. On soulève discrètement le rideau à carreaux pour observer l'étrange étranger. Et on laisse aboyer le chien longtemps dans la cour avant de répondre au coup de sonnette de l'importun. Forcément importun. Même s'il pleut... Surtout s'il pleut ! Le normand est taquin... On "dérange" toujours dans le Pays de Caux. Mais on sait aussi être solidaire. Tradition de marins. Les hommes y ont les doigts épais et crevassés de ceux qui remuent la terre ou qui remontent les filets. Ils ont les yeux bleus et fatigués des agriculteurs endettés jusqu' à la gorge, des pêcheurs qui voient le port se vider de tous les bateaux, remplacés par ces cochons de plaisanciers , les parisiens comme ils les appellent. Quand on n'est pas d' ici, on est de Paris... De nulle part ailleurs...

    Je les aime ces hommes là ! Les vacances, eux, ils en entendent parler...

    Et leurs enfants ne veulent pas poursuivre l'activité du père. Trop dure ! En trente-quatre ans de métier, mes principaux de collège ont souvent affiché une note qui annonçait la disparition d' un parent d' élève. Le suicide est fréquent en Pays de Caux. Mais l'enfant est là. La vie doit continuer, heureusement. Ils ont les ambitions de leurs parents, modestes. Même ceux qui sont doués ne veulent pas poursuivre des études trop longues. Il faut travailler, gagner un salaire, rapidement. Les filles veulent être coiffeuses, les garçons mécaniciens. Et on peut tout essayer, ils n'en démordent pas ! C' est qu'on est têtu en Normandie ! Les choses évoluent mais si lentement...

     « On commence la poésie alors, vous êtes sûr ? »

    Oui Stéphanie, on commence la poésie. Tu verras, je vais te surprendre ! Il faut toujours les surprendre ! Chaque cours doit être un cadeau à leur faire. On n' y parvient pas à tout coup. Tout se joue dans les cinq premières minutes. Si vous parvenez à accrocher leur regard, leur attention et leur curiosité, alors c'est gagné. Ils vous suivront au bout du cours, au bout du monde, sur des bateaux imaginaires. Ils participeront... La classe sera l'île de Robinson, la scène du Bourgeois Gentilhomme, la Guerre de Troie y aura lieu et la conjugaison, la grammaire et l'orthographe prendront du sens. Eh oui, Monsieur Sarkozy, l'enseignement n' est pas qu'affaire d' experts ou de donneurs de leçons ! Il est aussi, surtout, affaire de passion et d' amour.

    Je les aime ces enfants là ! Les vacances, ils les ont bien méritées.

    «  A jeudi Stéphanie ! »

    Le froid est vif. Mais il fait un soleil magnifique. Je me dirige vers le port pour aller regarder les hommes sur les quais, réparant un filet ou rangeant leurs casiers. J'irai peut être même boire un café avec eux. J'aime les entendre parler. Ils parlent si bien de leur vie et de leur bonheur. Jamais de la dureté de leur existence.

    Et pourtant, ils en auraient des choses à dire, eux qui n'ont que très peu de privilèges!...

    Christophe Chartreux

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