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Vivement l'Ecole!

politique

La campagne du Front national sous la loupe des chercheurs... (+ vidéos)

13 Novembre 2016 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Politique

La campagne du Front national sous la loupe des chercheurs... (+ vidéos)
La campagne du Front national expliquée et analysée par des chercheurs qui travaillent sur ce parti depuis des années. Son programme, ses discours, sa stratégie, ses électorats, l’organisation de son appareil, son maillage territorial: c’est l'opération «FN, l'œil des chercheurs» que Mediapart lance pour les campagnes présidentielle et législatives.
 
La campagne du Front national, vue par des chercheurs qui travaillent sur ce parti depuis des années. C’est le projet que nous lançons à Mediapart pour les campagnes présidentielle et législatives, baptisé « FN, l’œil des chercheurs ».
 
Dans son dernier livre consacré au parti d'extrême droite, le chercheur Joël Gombin met le doigt sur un biais du traitement du FN: oublier « que ce parti n’est pas né hier », mais en 1972. L’enjeu, dit-il, est d’« opposer la longue durée à la tentation permanente, encore renforcée à l’ère des chaînes d’information en continu et des médias sociaux, de tout analyser au prisme de la nouveauté, de l’inédit ».
 
C’est aussi de ce constat que nous sommes partis à Mediapart. Le traitement du Front national est depuis de longues années l’objet de controverses. Le parti est souvent couvert dans un mouvement de balancier qui oscille entre diabolisation et banalisation. Outre nos articles, enquêtes et reportages, nous avons demandé à des chercheurs de raconter le parti frontiste à travers leur regard académique: son programme, ses discours, sa stratégie, ses électorats, l’organisation de son appareil, son maillage territorial. Il s’agit d'une part de donner des clés aux lecteurs pour décrypter la campagne frontiste, avec une mise en perspective historique, d'autre part de tordre le cou à certaines idées reçues ou raccourcis qui ont la vie dure.
 
Au-delà des thèmes habituels (Le FN a-t-il atteint son « plafond de verre »? Est-il le « premier parti de France » comme il le répète? Quelle est la réalité de la « dédiabolisation » entreprise par Marine Le Pen? Le « Front républicain » est-il mort?), cette édition posera aussi des questions plus profondes: le Front national peut-il devenir le grand parti de droite conservateur? Pourquoi le FN “libéral-conservateur” du Sud ne s’oppose pas au FN dit “antilibéral” du Nord? Quels sont les ressorts du vote FN? Comment Marine Le Pen parle aux électeurs des territoires péri-urbains en crise? Comment le FN forme ses cadres et militants?
 
Pendant la campagne, quatre chercheurs et chercheuses tiennent donc leur édition et proposeront leur propre regard sur la campagne, à travers des décryptages, des vidéos, des analyses:
 
Cécile Alduy est professeur de littérature et de civilisation française à l’université Stanford (USA) et chercheuse associée au CEVIPOF à l’Institut d'Études Politiques (Sciences Po) de Paris. Elle publie en janvier 2017 Ce qu’ils disent vraiment. Décoder le discours des présidentiables (Seuil, 2017), une analyse comparée des discours de cinq présidentiables, de l’extrême droite à la gauche radicale. Elle est l’auteur de Marine Le Pen prise aux mots. Décryptage du nouveau discours frontiste (Seuil, 2015), lauréat du prix « Penser la société » 2015 du Panorama des Idées.
 
Ses recherches portent sur l’analyse du discours politique, en particulier le discours d’extrême droite, dans ses dimensions rhétoriques, stylistiques et idéologiques et de la communication politique. Sur Mediapart, elle analysera la sémantique de concepts-clés du discours frontiste (« identité », « nationalité », « laïcité », « liberté », etc.) et leur évolution de Jean-Marie à Marine Le Pen, ainsi que des décryptages ponctuels de discours de campagne, de tracts, d'affiches et une lecture comparée de discours « populistes » de droite, d’extrême droite et de gauche.
 
(...)
 
Suite et fin en cliquant ci-dessous

Marine Turchi

 
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Education 2017... Les savoirs enseignés et les outils intellectuels indispensables à appréhender le monde sont à repenser de fond en comble...

12 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Education 2017... Les savoirs enseignés et les outils intellectuels indispensables à appréhender le monde sont à repenser de fond en comble...

Deux raisons majeures pour placer la question des savoirs au cœur du futur projet pour une École du XXIe siècle :

Vivre au XXIème  siècle, dans un monde globalisé, où sciences et technologies  évoluent très rapidement, suppose l’accès à des savoirs plus  complexes : il ne s’agit plus seulement  d’additionner des savoirs de base (lire, écrire,  compter, se repérer dans le temps et l’espace), mais d’accéder  à la « pensée complexe » inlassablement décrite dans  toute l’œuvre d’Edgar Morin.

Penser  l’École aujourd’hui, c’est aussi avoir présent à l’esprit  que nos enfants entrant aujourd’hui au CP, auront 20 ans en  2024 !  Que sera-t-il pertinent  d’avoir comme « bagage » (au sens noble du terme) dans  ce monde futur ? Les connaissances sont rapidement obsolètes  dans certains secteurs. Des disciplines, aujourd’hui situées hors  du champ de la scolarité obligatoire, apparaissent (ou apparaîtront  vite) comme indispensables. Il faudra bien faire des choix dans la  masse devenue exponentielle des savoirs amassés par l’Humanité  comme devant être « transmis » ?

Les savoirs enseignés et les outils intellectuels indispensables à les appréhender sont donc à repenser de fond en comble et doivent faire l’objet d’une réflexion collective. Ces questions doivent être au cœur d’un débat de la société toute entière, dépassant les clivages partisans. Non, il ne doit pas y avoir un « discours de gauche sur les savoirs », mais la volonté partagée de « régénérer une culture humaniste laïque » permettant « d’armer intellectuellement les adolescents pour affronter le XXIe siècle » (Morin, 1998).

Il ne s’agit pas ici d’un discours incantatoire, mais de choses que nous vivons les uns et les autres (et nos enfants) au quotidien. Dans le monde actuel, un citoyen voulant comprendre son environnement, y agir en conscience et de manière responsable, est confronté à des savoirs plus complexes que par le passé. Les débats sur le réchauffement planétaire, les modèles de développement durable, les questions éthiques posées par les progrès de la médecine, la pertinence de telle ou telle technologie face à des choix écologiques, les problèmes posés par l’économie et la finance, les problématiques institutionnelles ou administratives, les questions de droit … autant de questions qui intéressent le citoyen mais nécessitent des outils intellectuels et des connaissances plus élaborés que par le passé. Nous ne sommes plus dans une conception additive de la connaissance, où il suffirait, à partir de savoirs de « base », d’accumuler jusqu’à l’encyclopédisme. D’ailleurs, ceux qui revendiquent une telle position (dans les débats contre les pédagogues en particulier), oublient – tellement ils ont intégré culturellement ces processus culturels – qu’ils manipulent des compétences de l’ordre d’un méta-savoir, un savoir sur le savoir qui leur permet sans problème de faire des liens, d’abstraire, de penser en surplomb ce qu’ils disent n’être simplement que des savoirs faciles à engranger. Si aujourd’hui, les choses étaient si simples, cela se saurait. 

Si cet enjeu (ce défi) n’est pas pris à bras le corps par l’École, afin de donner au plus grand nombre des clés de compréhension, une nouvelle fracture sociale va se développer, celle qui séparera ceux qui ont accès à la complexité et ceux qui en sont exclus. On le voit, il ne s’agit plus ici d’une simple question de l’accès à la culture ; mais de la capacité à s’emparer intellectuellement des problèmes du monde dans lequel nous vivons. Cette fracture est d’autant plus grave qu’elle sera (est déjà ?) « actée » politiquement. Il est de plus en plus fréquent d’entendre des hommes politiques, dans des interviews, indiquer que répondre de manière détaillée serait trop « technique », trop compliqué… pour l’auditeur ou le lecteur. Sous-entendu : le citoyen n’a pas les moyens de comprendre des mécanismes complexes : qu’il se contente de donner quitus sur des aspects généraux ; ensuite, les personnes compétentes feront le reste ! De telles positions sont indécentes car elles remettent en cause profondément le fonctionnement démocratique. D’ailleurs, n’est-ce pas également ce qui peut paraître irritant quand, dans des blogs, l’on lit avec stupéfaction des citoyens déverser des torrents de jugements à l’emporte pièce sur le mode « ya qu’à… », « il suffit de… » sur des questions qui mériteraient des débats approfondis ? Ces citoyens ne sont pas plus bêtes que les autres ; mais ils reflètent bien, de notre point de vue, la conséquence qu’il y a à réserver les choses compliquées (et sérieuses) à une élite.

Ainsi, l’École est au cœur de ce nouveau défi de la Connaissance afin de réconcilier ses ambitions pour les générations futures avec la réalité de la classe. Un simple exemple permettra de constater qu’il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur les enseignants mais d’inciter à une réflexion collective sur des pratiques devenues de tels habitus scolaires qu’ils ne suscitent plus guère de réflexion. Dans une discipline scolaire comme l’histoire-géographie, les finalités que poursuivent les enseignants, telles qu’elles apparaissent dans toutes les recherches didactiques, dans les évaluations de la DEPP (Image de la discipline et pratiques d’enseignement en histoire, géographie et éducation civique au collège, mars 2007), sont très ambitieuses : former des citoyens responsables, exercer l’esprit critique, comprendre le monde.  Pédagogiquement – et contrairement à ce qui est dit ça et là – ces mêmes enseignants disent être attentifs à mettre leurs élèves en activité, pour maintenir l’attention et la motivation et favoriser les apprentissages. Mais, les observations faites en classe dans le cadre de plusieurs recherches INRP montrent que sont valorisées, le plus souvent, des activités de « basse tension intellectuelle ». La métaphore peut faire sourire ; elle est pourtant claire. Colorier une carte, retrouver dans le titre d’un document un mot attendu par l’enseignant, l’échelle, reproduire sur son cahier le schéma fait par l’enseignant pour appuyer le raisonnement du cours, peuvent être autant d’activités effectuées… en pensant à autre chose ! Quel est l’investissement authentique de l’élève ? Quel enjeu y a-t-il pour lui, réellement ? En quoi cela lui pose-t-il une vraie question, un problème à résoudre ? Comme le dit Philippe Perrenoud, l’élève peut se contenter de faire son « métier d’élève ». En revanche, faire argumenter ces mêmes élèves – à partir de documents variés – sur le tracé d’une autoroute ; proposer et confronter des points de vue sur des solutions différentes, prenant en compte des contraintes géologiques, l’existence d’un patrimoine culturel (un site gaulois ?), des coûts différents, la répartition de la population, des perspectives européennes… est autrement plus mobilisateur. L’élève – considéré alors comme un futur citoyen en herbe – peut très bien comprendre les enjeux pour peu que les documents soient mis à sa portée. Tout à coup, décoder la légende d’une carte fait sens puisqu’il faut y retrouver une information qui deviendra argument. S’apercevoir que le dossier proposé ne permet pas de répondre à toutes les questions, devient un véritable entraînement à l’esprit critique, au-delà de tout formalisme scolaire. La critique vient à l’esprit parce qu’une question émerge à laquelle l’élève ne peut répondre en l’état .

On le voit, ces situations problématiques (on parle en mathématiques et en sciences de « situations problèmes »), ambitieuses, transposables à toutes les disciplines scolaires et expérimentées par certains pédagogues depuis… près de 30 ans, créent de la « tension intellectuelle », obligent à l’apprentissage et favorisent une posture responsable. Or que nous disent les mêmes recherches et évaluations énoncées plus haut du côté des élèves ? Sur les 3000 élèves questionnés par la DEPP en 2007, 86,9% considèrent que la classe d’histoire est « le lieu où l’on apprend à étudier des dates importantes » et 85,8% estiment qu’en géographie on étudie des « pays ». Les élèves ont donc finalement intériorisé le modèle dominant de l’enseignement français qui fait une large place au discours du maître et assez peu à de réelles situations d’apprentissage comme c’est le cas dans de nombreux pays européens.

De même (mais tout ne peut être développé ici), une approche de la complexité supposerait de sortir – comme le Socle commun y invite – du cloisonnement, de l’extrême compartimentation des savoirs scolaires. Peut-être faudrait-il d’ailleurs, commencer par les enseignants ! Pour avoir participé à une recherche INRP portant sur les pratiques argumentatives dans des débats oraux dans la classe au collège, l’un des auteurs peut témoigner de la méconnaissance profonde qu’ont les didacticiens même avec des champs disciplinaires voisins. Voulant étudier sur une classe de collège (5ème) les capacités des élèves à argumenter dans chacune des disciplines scolaires… ces chercheurs ont du commencer par travailler au plan théorique ce qu’est l’argumentation… en histoire, en physique, en arts plastiques, et français, etc. Sans compter la méconnaissance des problèmes spécifiques posés par les pédagogies entre disciplines, et entre niveaux d’enseignement.

Pourquoi ne pas envisager des passerelles, institutionnalisées aussi pour les enseignants !

- que les professeurs de collèges aillent à l’école élémentaire et au lycée (et vice-versa) ;

- que des enseignants d’université apprennent à découvrir les problèmes rencontrés par les enseignants de lycées;

- que des journées d’informations soient organisées à l’intention des enseignants des autres cycles

* sur les problèmes de l’apprentissage de la lecture, de l’écriture ;

* sur la présentation des grandes familles de disciplines (épistémologies comparées) ;

* sur l’interdisciplinarité pédagogique ;

* sur l’orientation à tous les niveaux …

Bref que chacun, à sa place, puisse se faire une vision plus large, plus ample, de l’ensemble du système éducatif.

Il est clair que les Universités, les IUT, les grandes écoles, les IUFM (refondés), l’IFE (Institut Français d’Éducation1) ont un « nouveau rôle » à jouer en promouvant – dans l’esprit des Universités Populaires Participatives Citoyennes – une diffusion des savoirs pour le plus grand nombre et auxquels, d’ailleurs, des étudiants même jeunes pourraient être associés ! Des UPPC, démultipliées sur le territoire, pourraient permettre le dialogue fécond avec les citoyens sur ces questions engageant l’avenir : une manière de renouer avec le projet de l’Éducation nouvelle en jetant des ponts entre société et École.

Christophe Chartreux et Nicole Allieu-Mary

Pour aller plus loin…

Le Socle commun des connaissances et des compétences. Tout ce qu’il est indispensable de maîtriser à la fin de la scolarité obligatoire. MENESR. Décret du 11 juillet 2006.

http://media.education.gouv.fr/file/51/3/3513.pdf

Di Martino Annie & Sanchez Anne-Marie (2011) Socle commun et compétences. Paris : ESF.

Morin Edgar (1999) Le défi du XXIe siècle. Relier les connaissances. Journées thématiques conçues et animées par Edgar Morin, Paris du 16 au 24 mars 1998. Paris : Éditions du Seuil.

Morin Edgar (1999) La tête bien faite. Repenser la réforme, réformer la pensée. Paris : Éditions du Seuil.

Morin Edgar (2000) Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur. Paris : Éditions du Seuil.

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Une Ministre au chevet de l'orthographe...

11 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Une Ministre au chevet de l'orthographe...

Les difficultés de nos élèves en orthographe, relevées depuis des années par les pédagogues, les chercheurs et tout simplement par les professeurs, viennent d'être à nouveau évaluées à la hausse.

Ce phénomène est général et concerne TOUS les élèves.

Néanmoins il convient d'ajouter quelques remarques à des chiffres froids:

1- Cette étude émane du Ministère de l'Education Nationale. Souvent accusé de ne pas reconnaître telles ou telles difficultés, force est de constater que cette fois c'est la Ministre en personne qui tire le signal d'alarme.

Raison pour laquelle elle a récemment réuni - sans que la presse y ait accordé toute l'attention nécessaire hélas - la fine fleur de la recherche dans le domaine concerné.

Lorsque nos responsables politiques ne font rien, cela leur est à juste titre reproché. Lorsqu'une Ministre - Najat Vallaud-Belkacem - ne dissimule rien d'un grave problème et s'en empare, soulignons-le aussi!

2- Les filles, qui suivent les mêmes apprentissages que les garçons, obtiennent encore de meilleurs résultats, l'écart devenant même plus important au fur et à mesure des années:

"La différence du nombre d'erreurs moyen passe de 1,8 en 1987 à 3,5 en 2015".

3- Le nombre moyen d'erreurs continue de rester plus bas chez les élèves issus des milieux sociaux favorisés. Là encore, quel que soit le milieu, les élèves reçoivent les mêmes apprentissages.

Les commentaires qui ont suivi la publication de ces résultats, outre les outrances habituelles et sans intérêt aucun sinon de faire le buzz par l'intermédiaire d'enseignants médiatisés et "Grandes Gueules", ont négligé un aspect essentiel à mes yeux:

l'orthographe ne peut pas être traitée à part de tous les autres domaines du français. Ne pas commettre d'erreurs orthographiques s'obtient bien entendu en pratiquant la dictée (et tous les exercices de "dictées" car il en est de très variés) mais AUSSI:

- en incitant dès le CE1/CE2 nos élèves à pratiquer la "lecture longue" (et de plus en plus longue au fur et à mesure des années); mais aussi l' "écriture longue". (Si l'on pouvait aussi éviter l'excès des photocopies et documents prêts à l'emploi...)

- en faisant pratiquer les règles de grammaire. Souvent ce sont les MEMES erreurs qui reviennent dans toutes les copies. Inutile de savoir par coeur 40 règles différentes. Il "suffit" - je l'ai expérimenté - d'en maîtriser quatre ou cinq essentielles, celles permettant d'éviter justement ces erreurs récurrentes, et le tour n'est peut-être pas totalement joué mais l'élève est soulagé de bien des marques de stylo rouge qui "illustraient" ses travaux;

- en exigeant - oui en EXIGEANT! - que tous les collègues, et pas uniquement ceux de lettres, signalent les erreurs orthographiques. Pas forcément en pratiquant ensuite une correction détaillée (je comprends tout à fait que ce soit impossible par manque de temps) mais a minima en indiquant l'erreur;

- en insistant sur le fait qu'un devoir écrit à la main et un devoir écrit au clavier nécessitent la même attention. Souvent les élèves estiment qu'un devoir "claviériser" (j'adore les néologismes) ne justifie pas une attention orthographique particulière.

- en utilisant les heures de remédiation, l'accompagnement personnalisé pour venir en aide aux élèves les plus en difficultés.

- en exigeant une prononciation orale parfaite (celle de nos élèves comme la notre). Nous avons tous à l'esprit le fameux "Quand même", orthographié "comème", parce qu'il est prononcé oralement ainsi. Ou la toute aussi fameuse liaison fautive "les huit z'enfants" orthographiée évidement "les huitS enfants"...

Et puis en INVENTANT en fonction de nos classes, des difficultés rencontrées... Aucune méthode ne les palliera toutes.

Nos enthousiasmes, nos envies, nos désirs, nos bienveillances, nos exigences... Si!

J'espère ne pas avoir fait de "fautes"...

Christophe Chartreux

Ci-dessous les ITW de quelques intervenants lors de la journée du 9 novembre à Paris

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"On ne réagit que par la haine grégaire quand on se sent victime du mépris individuel et quotidien"...

11 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Education

jlb260.canalblog.com

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"On ne réagit que par la haine grégaire quand on se sent victime du mépris individuel et quotidien" me disait il y a quelques jours Philippe Meirieu.

Je lui faisais part de quelques inquiétudes après l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis et les publications répétées de sondages indiquant le poids toujours plus écrasant des intentions de vote en France pour le Front National. J'aurais pu ajouter le Brexit qui participe du même mouvement de fond d'un vote "protestataire" qu'il convient d'observer.

Il existe en Europe comme aux Etats-Unis, donc dans des pays et continents riches, un très fort désir de vote "populiste" porté par des responsables politiques de droite et surtout d'extrême droite. Leurs messages, aussi radicaux soient-ils, trouvent des oreilles attentives de plus en plus nombreuses si l'on en croit les sondages. Mais si l'on en croit aussi désormais les résultats du scrutin aux Etats-Unis ou dans certains pays européens: la Hongrie, l'Autriche et tous ces états qui voient les partis les plus réactionnaires progresser sans que rien ni personne ne semblent pouvoir enrayer la tendance.

Souvent, les électeurs FN sont montrés du doigt. A juste titre pour le "noyau dur" qui représente grosso-modo 15% de l'électorat FN. Ceux-là sont engagés dans un combat idéologique d'une violence terrifiante et aveugle, n'hésitant pas à tenir des propos ouvertement racistes, antisémites et révisionnistes. Je les appelle les "irrécupérables". Aucun débat raisonnable n'est possible avec eux. Absolument aucun!

Et puis il y a tous les autres. Très souvent méprisés, moqués, mis dans le même sac que les 15% du noyau dur. Or il ne s'agit pas DU TOUT des mêmes profils sociaux.

Ceux-là sont, à l'image des électeurs qui ont porté Trump à la Maison Blanche, sur-représentés chez les peu ou pas diplômés, ce qui ne signifie en aucun cas, comme cela est trop facilement dit souvent, que le vote FN soit le résultat de la naïveté, de la bêtise ni de l'ignorance. Souvent aussi, cet électorat est issu:

- des banlieues - contrairement à une idée reçue et ancrée, on vote beaucoup plus FN qu'on l'imagine dans les banlieues dites difficiles - ;

- des périphéries éloignées des centres urbains;

- des "ruralités profondes".

Tous ceux qu'on appelle et qui s'appellent eux-mêmes "la France des oubliés". C'est leur ressenti, qu'il soit contesté ou pas. Il faut en tenir compte. Ne pas le faire serait immanquablement tenir ouverte la porte du pouvoir à Marine Le Pen dès 2017. Dès 2017!

Il reste peu de temps. Six mois.

Il y a une dizaine d'années, j'écrivais: "Les décrocheurs d'aujourd'hui seront les électeurs FN de demain".

Nous y sommes. Une partie de l'électorat FN n'est pas raciste par "nature", n'est pas antisémite, n'est pas révisionniste. C'est un électorat "de circonstances", prêt à rejoindre les partis traditionnels à condition que ceux-ci sachent lui tendre la main, lui prêter attention, soient bienveillants comme un professeur peut l'être avec l'élève qui se noie dans un océan d'incompréhensions, d'échecs et de mépris. Un "mauvais" élève devient souvent "extrémiste" lorsqu'il est méprisé. Imaginons ce que cela peut avoir comme conséquences appliqué à l'échelle d'une population d'électeurs. Terrible!

La tâche qui attend les candidats à l'élection présidentielle est immense. Des blessures sont ouvertes dans cette partie "abandonnée" du corps électoral. Ce corps qui n'attend qu'une chose:

Davantage d'EGALITE... D'avantage d'ATTENTION...

Alors mesdames et messieurs les candidats, en rédigeant vos projets, méditez bien cette phrase, citée en préambule à ce billet:

"On ne réagit que par la haine grégaire quand on se sent victime du mépris individuel et quotidien"

Christophe Chartreux

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Sortir... The Color Line - Les artistes africains-américaisn et la ségrégagtion - Musée du Quai Branly Jacques Chirac...

11 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Art, #Politique

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Interro surprise!...

10 Novembre 2016 , Rédigé par #directNVB Publié dans #Education, #Politique

Interro surprise!...
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Sortons des faux débats sur l’École – Lettre ouverte aux candidats à la primaire de la droite...

10 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Education

Sortons des faux débats sur l’École – Lettre ouverte aux candidats à la primaire de la droite...

EXTRAITS

Le débat télévisé qui devait vous permettre d’exposer vos projets pour l’école a sacrifié le thème de l’éducation : c’est regrettable. Sur ce sujet plus encore que sur tous les autres, les Français ont droit à un débat de fond qui dépasse la surenchère démagogique sur l’autorité et les mensonges sur les réformes de ce quinquennat. L’école de la République mérite mieux que d’être l’éternelle victime des alternances politiques. Sommes-nous capables de nous mettre d’accord sur l’essentiel, et de lui garantir une politique publique stable dans la durée, ainsi que le préconise depuis si longtemps l’ensemble de la communauté éducative de notre pays ?

Si nous voulons bien admettre qu’il faut des enseignants devant les élèves dans les salles de classe, la question de leur recrutement se pose. Or, s’il est une orientation qui recueille votre assentiment enthousiaste et unanime, c’est la purge sans précédent à laquelle vous souhaitez soumettre les moyens que la Nation consacre à son école. Sur la durée du prochain quinquennat, Bruno Le Maire et François Fillon entendent supprimer 500 000 postes de fonctionnaires, Nicolas Sarkozy 300 000 et Alain Juppé entre 200 000 et 250 000. Jean-François Copé propose un gel total des embauches et Nathalie Kosciusko-Morizet la suppression du statut de fonctionnaire pour tous les emplois “non régaliens”, dont les enseignants.

Si les effectifs consacrés à la sécurité et à la justice sont épargnés, c’est donc au bas mot 100 000 emplois que vous envisagez de supprimer dans l’Éducation nationale. Bien plus que les 80 000 postes détruits entre 2007 et 2012. Alors que ce ministère compte environ 20 000 départs à la retraite par an, votre proposition signifie donc au minimum n’en remplacer aucun et fermer, faute de postes, les concours auxquels se destinent des milliers de jeunes qui se préparent à enseigner. Avec 100 000 fonctionnaires en moins, l’idée même de remplacer un professeur absent devient une chimère, l’abandon des écoles rurales une évidence, et l’explosion des effectifs en classe une certitude, au moment même où la démographie scolaire remontera dans le second degré.

(...)

Vous proposez le tri précoce des élèves, toujours les mêmes

Au lieu de cela, vous proposez le tri précoce des élèves, toujours les mêmes. Dès le CP pour Nicolas Sarkozy, en créant des classes spéciales où reléguer les élèves en difficulté. En orientant dès la 6e vers une professionnalisation rapide pour Bruno Le Maire. Ou en développant l’apprentissage précoce à 15 ans, avant la fin de la scolarité obligatoire pour François Fillon. Comme si la démocratisation scolaire était allée trop loin. Comme si l’orientation subie et imposée n’était pas la source des frustrations et de l’échec. Comme si la relégation scolaire des élèves en difficulté permettait la revalorisation de la filière professionnelle que chacun appelle par ailleurs de ses vœux. L’école du libre choix, progressif, accompagné, réversible a déjà permis, elle, de diminuer de 30 000 en cinq ans le nombre de jeunes sortant sans qualification ? N’est-ce pas préférable ?

La priorité au primaire dites-vous ? Aux fondamentaux ? Alors pourquoi proposer, comme vous le faites, de supprimer la cinquième matinée de classe dont bénéficient les écoliers depuis la réforme des rythmes scolaires ? Pour revenir à un nombre de jours d’école parmi les plus faible des pays de l’OCDE ? Pourquoi vouloir mettre fin au “plus de maîtres que de classes” qui fait des merveilles sur le terrain pour compenser, dès qu’elles apparaissent, les difficultés scolaires ? Est-ce ainsi que nos enfants maîtriseront mieux ce précieux lire-écrire-compter qui nous tient tant à cœur ? Est-ce en sacrifiant à nouveau la scolarisation des moins de 3 ans, que vous avez déjà divisée par trois quand vous étiez aux responsabilités que nous réduirons les inégalités dans l’apprentissage du français ? Où est la cohérence à reconduire ce qui a échoué dans le passé ?

(...)

Parce que la réforme du système éducatif ne produit ses effets qu’à l’échelle d’une génération d’élèves, il nous faut de la continuité républicaine dans les politiques publiques qui sont conduites.

Parce que le sens d’une politique éducative, c’est évidemment son niveau de performance sur le niveau des élèves et leur future insertion professionnelle, mais c’est aussi sa capacité à construire des citoyens confiants, des adultes heureux, libres, entreprenants et créatifs, nous devons débattre des questions de pédagogie, de transmission des savoirs et des valeurs.

Parce que nous vivons une époque mondialisée, numérisée, qui connaît des mutations économiques, technologiques, sociales, environnementales et culturelles plus rapides et profondes que jamais dans l’histoire, nous devons débattre maintenant de la place des langues vivantes, de l’apprentissage du code, des arts, ainsi que du numérique et de l’innovation à l’école.

Parce que personne ne sait aujourd’hui quels seront les métiers, emplois et compétences de demain, nous devons débattre de notre politique publique d’orientation, mais aussi de la reconsidération des filières techniques et professionnelles pour élever le niveau de qualification de tous nos élèves et élargir tous les viviers de l’excellence.

Parce que la société française traverse une crise grave, longue et profonde, qui remet en question sa démocratie, ses institutions, son modèle social, son rapport à l’immigration ou aux religions, nous devons débattre de la place de l’école de la République pour faire en sorte que nous réaffirmions, tous ensemble, la confiance que nous avons en elle, dans son personnel et les enseignants qui, malgré les difficultés, ont toujours répondu présent, et continuent de le faire avec compétence, engagement et courage en cette rentrée scolaire.

Ainsi, peut-être, je le souhaite et je l’espère, nous sortirons des faux débats, des polémiques minuscules ou des considérations grotesques sur les vertus comparées de la tablette numérique et de l’uniforme pour enfin aborder les vrais enjeux de l’école au XXIe siècle.

Najat Vallaud-Belkacem Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Tribune publiée dans le journal Le Monde daté du 10 novembre 2016.

Le texte complet est à retrouver ci-dessous

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Le projet Macron en matière d'éducation... Que de lacunes!!!!

10 Novembre 2016 , Rédigé par christophe - L'Obs Publié dans #Education, #Politique

Le projet Macron en matière d'éducation... Que de lacunes!!!!

Il dévoile enfin son programme. Dans un long entretien, à lire dans "l'Obs" en kiosque jeudi 10 novembre, Emmanuel Macron détaille ses ambitions pour la France. Voici ses 8 principales propositions.

1 - Autonomie des établissements dans le primaire

Parce qu’il pense que la mère des batailles se joue dans le primaire et qu’il veut aider plus ceux qui en ont le plus besoin, il prône "une vraie autonomie pédagogique pour les établissements" (méthodes différentes, plus de profs par classes et des professionnels plus expérimentés et mieux payés dans les écoles des quartiers les moins favorisés). Il faut selon lui leur donner "beaucoup plus de moyens et beaucoup plus d’autonomie. Il faut arrêter de saupoudrer et assumer d’y investir de façon différenciée. [...]"

2 - Réforme de la carte scolaire

Pour assurer une véritable mixité sociale, pour que les écoles accueillent des publics vraiment divers, que les enfants des quartiers aient le droit d’aller dans les établissements des centres-villes, Emmanuel Macron défend une vraie réforme de la carte scolaire. "On doit absolument la faire évoluer", affirme-t-il, s’appuyant sur l’exemple d’une mère de famille de La Paillade, à Montpellier, qui lui a confié : "Moi, avec la carte scolaire, je n’ai pas le droit de mettre mon gamin à l’école en centre-ville, c’est injuste. Il n’y a plus de petits blonds dans nos écoles".

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La suite (d'où sont extraites certaines citations ci-dessous) est à découvrir en suivant le lien en bas de page ou en achetant L'Obs (version papier) paru ce jour

Commentaires:

C'est hallucinant...

- Il faudra "rendre totalement autonomes les écoles primaires"

Totalement irréaliste et dangereux. Ou quand l'ultra libéral Macron croit qu'il suffit de prononcer le mot magique "autonomie" pour résoudre les problèmes de l'école primaire. C'est exactement le contraire qu se produira et TOUJOURS à l'encontre des mêmes élèves, des mêmes familles, des mêmes quartiers!

- "modifier la carte scolaire"

Ohhhhhhhhhhhhhhhhh quelle originalité! Je n'en dirai pas davantage. A quoi bon?

- " donner plus de moyens aux établissements les plus en difficulté"

Non???? Sérieusement? Emmanuel Macron suit décidément très mal l'actualité de l'éducation. C'est exactement ce qui se fait sous la houlette de Najat Vallaud-Belkacem.

- "remettre les classes bilangues et les options qui permettaient aux colleges en mieux fonctionner avant"

Avec cette proposition, Emmanuel Macron démontre qu'il ne maîtrise pas DU TOUT le dossier. Où a-t-il vu que les "collèges fonctionnaient mieux" avec classes bilangues et options?

Fonctionnaient mieux POUR QUI?

Triste candidat au sourire charmeur mais dont le charme ne pallie pas les graves et lourdes lacunes.

Christophe Chartreux

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Brexit... Trump... Et demain?... Mon collège à l'heure FN?...

9 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Photo Majid Bouzzit - Charente Libre

Photo Majid Bouzzit - Charente Libre

Mon collège à l'heure FN (Ceci est une fiction... Pour l'instant)

C'était un printemps comme tous les printemps. Il flottait dans l'air cette douceur oubliée pendant l'hiver. Un jour de 2020, l'avant-dernière de ma carrière d'enseignant.

Après un coup d'oeil distrait et machinal à la caméra vidéo surplombant le portique électronique filtrant les entrées, puis au drapeau tricolore qui flottait dans le vent, je retrouvai quelques collègues dans la salle des professeurs. Celle-ci avait été redécorée par notre chef d'établissement, arrivé après le cataclysme électoral de 2017... Un portrait de la Présidente de la République, un drapeau tricolore (encore!) et les photographies des élèves "méritants", ceux ayant obtenu des moyennes supérieures à seize sur vingt. Les "tableaux d'honneur". Sur le mur faisant face à celui des brillants élèves, les photographies de ceux n'ayant pas dépassé sept sur vingt. Le "mur du déshonneur". Et puis sur un troisième support, la liste des professeurs "cités à l'ordre du collège" pour leurs résultats au Brevet. Chaque matin, je ressentais ce même écoeurement, ce même dégoût... Et j'enrageais devant l'inutilité de telles méthodes. Car les pourcentages de réussite n'avaient pas évolué depuis cette "Révolution Nationale" qui se disait éducative et les résultats des élèves de notre établissement rural présentaient même de bien inquiétants signes de faiblesse aggravée. Mais il ne fallait pas en parler. C'eût été prendre le risque d'une convocation et d'un blâme de la part de notre hiérarchie qui avait tout pouvoir, y compris celui de nous licencier sur le champ  ! En toute discrétion, je prenais un malin plaisir pourtant à railler ces absurdités. Résistance...

A la sonnerie du matin, les élèves, en uniformes, se rangeaient deux par deux dans la cour face au drapeau (encore!), cette fois au pied du mât. Et gare aux retardataires, aux récalcitrants. Les surveillants, tous ayant dépassé la trentaine - il était loin le temps des "étudiants pions" - munis d'un sifflet, "chassaient" les trublions. Une fois le calme et l'ordre obtenus, une fois les rangs militairement formés avec prise de distance réglementaire, une Marseillaise était diffusée par la sono de l'établissement, reprise - c'était la règle- par tous les élèves. Deux d'entre eux, désignés la veille pour leurs classements remarquables, avaient l'honneur de hisser les trois couleurs, lentement, en gestes mesurés. La cérémonie terminée, et au coup de sifflet du Chef d'établissement lui-même, les rangées pouvaient rejoindre leur salle respective, accompagnées des enseignants, tous en costume-cravate. Chaque salle portait un nom. Il y avait la salle "Bayard", la salle "Du Guesclin", la salle "Charlemagne", la salle "Jeanne d'Arc"... A l'intérieur, au-dessus de chaque tableau, trônait le portrait du Chef de l'Etat. Cette dame qui avait su si bien lisser son discours qu'elle avait séduit même les plus brillants d'entre nous. Au moins n'avait-elle pas imposé l'apprentissage par coeur de ses discours nombreux. Elle intervenait une fois par semaine sur toutes les chaînes de télévision  !

Les cours devaient, c'était la règle et les inspecteurs nouvellement nommés y veillaient avec rage, être "frontaux". Des tables rangées en colonnes, un bureau sur une estrade faisant face aux élèves, les surplombant. Le maître sait! Le maître domine! Le "pédagogisme" n'avait plus droit de cité. Les seules méthodes tolérées étaient celles inspirées par les oeuvres du Ministre de l'Education Nationale. Dans une autre vie, il avait milité contre le diable en personne, Philippe Meirieu. Il avait commis quelques articles, quelques livres, avait tenu rubrique dans un magazine "de droite". Désormais, il faisait appliquer ce qu'il avait rêvé  : l'école du par-coeur, de l'obéissance absolue, du silence imposé y compris par les châtiments corporels, de la notation chiffrée et uniquement chiffrée, avec classements et tableaux d'honneur ou de déshonneur. Il fallait bien alimenter les murs de la salle des professeurs. Chaque fin d'année se terminait, y compris en collèges et lycées, par une distribution des prix en présence des autorités de la commune. Les "cancres" n'étaient pas oubliés ce jour-là. Un bonnet d'âne leur était remis sous les huées de leurs camarades. C'est ainsi que s'opérait la sélection précoce. Qui commençait dès le primaire! Il fallait mériter la sixième. Les plus "mauvais" étaient impitoyablement obligés de redoubler puis, s'ils échouaient encore, se voyaient imposer des orientations - à neuf ans! - pré professionnalisantes. Les autres avaient droit à l'apprentissage du français, des mathématiques et de l'Histoire (celle des héros et des "grandes dates" surtout et quasi exclusivement), les matières nobles dont les horaires avaient été singulièrement alourdis. Cela correspondait à l'aberrant projet du parti de notre Présidente  :

« Le français, langue latine s’écrivant dans un alphabet latin, seule la méthode syllabique est appropriée pour apprendre à le lire et à l’écrire correctement. Son enseignement comprend le vocabulaire, l’orthographe, la grammaire et l’approche des grands auteurs. (...) S’y ajoutent d’une part des notions solides sur l’histoire de France, à partir de la chronologie et de figures symboliques qui se gravent dans les mémoires, d’autre part une connaissance de la géographie du pays, reposant sur des cartes. À l’école primaire, s’ajoute encore l’apprentissage du calcul. Tout au long de la scolarité, les enseignements doivent être délivrés dans une langue limpide, d’où sont bannis les termes jargonnant et les dernières modes qui peuvent agiter légitimement les spécialistes. L’objectif n’est pas un savoir de spécialistes, mais un viatique pour vivre ensemble. »

(Extrait du programme FN)

"Vivre ensemble"... Oui bien entendu... Mais voilà... Depuis l'arrivée au pouvoir des extrémistes "nationaux-populistes", nous ne vivions "ensemble" qu'à condition d'exclure. Bien étrange vision de l' "ensemble". Année après année, les étrangers outre-méditerranéens, les français musulmans, les français qui n'étaient pas "de souche", avaient été écartés par divers moyens, ou s'étaient exclus d'eux-mêmes, les uns en retrouvant leur pays d'origine, les autres en étant inscrits dans des écoles privées, confessionnelles ou pas. A vouloir vivre ensemble mais entre "blancs catholiques français", notre Ecole se vidaient de ses sangs...

Cela faisait plaisir aux quelques collègues membres du Collectif Racine. 

Christophe Chartreux

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Ecole 2017... Repenser une École à taille humaine dans une architecture adaptée

9 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Ecole 2017...  Repenser une École à taille humaine dans une architecture adaptée

Repenser une École à taille humaine dans une architecture adaptée

Le droit à des lieux d’étude et de travail de qualité est un droit inaliénable pour tous les acteurs de l’École

L’École donne souvent le sentiment de s’enliser : dans la routine du quotidien de la classe, dans la succession rituelle des cours, des changements de salles ou d’enseignants, dans cette image (partagée par les élèves comme les professeurs) de classes surchargées à l’intérieur d’établissements scolaires déshumanisés.

L’unité scolaire de référence : les « unités éducatives »

L’École doit profondément repenser les cadres et les structures qui se sont indurés depuis deux siècles. Pour apprendre « autrement » et « d’autres savoirs », il faut être capable d’opérer une rupture radicale dans le lieu même où elle opère. La forme scolaire dominante doit vraiment être interrogée, bousculée.

Une structure  d’établissement repensée

Dans ses grandes lignes, il faut imaginer (pour le collège et le lycée principalement) une autre vision de ce que peut être un établissement. Une structure matricielle pourrait se décliner comme suit :

- Établissements  (collèges/lycées) de 60/100 élèves :  C'est  à dire des « unités éducatives » (expression chère à  Philippe Meirieu), regroupées géographiquement par deux ou trois  de 100 élèves chacune et remplaçant les établissements/usines  pouvant dépasser 1500 élèves en collèges !

- Équipes  pédagogiques, au sens large, stables. Pour obtenir cette stabilité  il sera impératif de repenser le recrutement et les nominations  nationales qui, jusqu'à aujourd'hui, ne favorisent en aucun cas  cette stabilité souhaitable.

- Fonctionnement  souple et articulé : temps passé en grand groupe, en groupes  stables, les groupes de besoin…

- Une autre conception  du travail supposant une formation disciplinaire élargie et une  initiation à l’ensemble des savoirs que les élèves sont  supposés construire ; nouvelle compétence indispensable à un  moment où certains objets d’enseignement supposent des  collaborations interdisciplinaires, voire des recompositions  disciplinaires (la question du Développement Durable, par exemple).

Une structure souple  et modulable

Ces « unités éducatives » seront confiées à des équipes d’enseignants dont le service sera entièrement repensé, en concertation avec toutes les parties prenantes.

L’ensemble des élèves pourra ainsi être réuni régulièrement pour des mises au point institutionnelles, des propositions d’activités, des projets pédagogiques à construire mais aussi des déplacements non plus par classes mais par « unités éducatives » favorisant.

Les « classes » seront remplacées par des groupes de travail hétérogènes :

- groupes stables pour les 2/3 du temps employé

- groupes de besoins voire même de niveau pour le 1/3 restant du temps employé.

Groupes homogènes dans ce cas et très souples d’usage.

Ces groupes de travail peuvent être de taille variable selon les disciplines et très perméables à toute arrivée ou sortie d’élève, selon les difficultés ou progrès de celui-ci. En collège et dès les « groupes-classe nouveaux arrivants », il sera mis en place (entre autres outils) un système de tutorat pour les élèves décrocheurs, ceux dont les incivilités sont fréquentes et qui auront été repérés en amont grâce au travail commun des équipes pédagogiques de CM2 et de collège. Mesure qui doit rester exceptionnelle en raison des moyens mobilisés en amont. Dans ce dernier cas ultime, il conviendra de renforcer significativement les dispositifs existants : classes relais nécessitant des moyens matériels et humains. Il conviendra également de reconsidérer l’exclusion temporaire comme n’étant pas toujours sécuritaire mais bel et bien éducative.  

Christophe Chartreux et Nicole Allieu-Mary

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