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Vivement l'Ecole!

politique

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Le Medef insulte les enseignants... (+ commentaire)

21 Septembre 2017 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Politique, #Medef

Le Medef insulte les enseignants... (+ commentaire)

"Si l'école faisait son travail, j'aurais un travail" : le slogan provocateur du Medef provoque la colère des enseignants

Les enseignants ne décolèrent pas après l'émergence sur les réseaux sociaux d'un slogan mettant en cause l'Education nationale. Le syndicat patronal Medef, à l'origine de la phrase polémique, assume cette sortie provocatrice.

En pleine mobilisation sociale contre la réforme du Code du travail, jeudi 21 septembre, une polémique fait hurler les enseignants. Mercredi, un slogan adossé à un manifeste du Medef a commencé à faire le tour des réseaux sociaux : "Si l'école faisait son travail, j'aurais un travail." Le Medef assume totalement cette prise de position alors que, sur Internet, les réactions outrées se multiplient. 

La FSU enrage, le Medef assume

Le slogan lancé par le Medef suscite la polémique. Cette phrase est adossée au Manifeste pour l'éducation, publié le 14 juin et complété par un site internet. Elle était jusqu'ici passée inaperçue mais elle a été dénichée sur internet mercredi par la Fédération syndicale unitaire (FSU), le syndicat de la fonction publique, qui s'est fendu d'un communiqué pour la dénoncer. La présidente de la FSU, Bernadette Groison, ne décolère pas : "Cette phrase du Medef est une insulte pour tous les enseignants du pays", enrage-t-elle. Elle dénonce une stigmatisation des enseignants par le syndicat du patronat.

C'est grossier, c'est totalement faux et injuste. C'est jeter l'école en pâture !

Bernadette Groison, présidente de la FSU à franceinfo

De son côté, le Medef assume totalement ce slogan. Contacté par franceinfo, le service presse de l'organisation patronale explique que "les enseignants ne doivent pas le prendre pour eux". Il faudrait, d'après ce responsable de communication, parler des dysfonctionnements de l'Éducation nationale qui "doit améliorer sa performance. C'est bien l'école d'aujourd'hui qui débouche sur un chômage de masse des jeunes français, une éducation trop académique et pas assez professionnelle." Il résume : "Il faut réformer l'école." Certes, reconnaît-on au Medef, cette phrase était délibérément provocatrice, pour attirer l'attention sur cette campagne pour l'éducation élaborée par l'organisation patronale. Pari réussi : le Medef s'est attiré l'attention des enseignants mais aussi leurs foudres.

Solenne Le Hen

Commentaire

"...une éducation trop académique et pas assez professionnelle."

Les patrons du Medef seront les premiers à hurler, à inscrire leurs enfants dans de très onéreuses écoles privées hors contrat, si l'école tout à coup abandonnait l'"académique" pour plus de "professionnel".

L'éducation "académique" pour leurs enfants; l'éducation professionnelle pour les autres.

L'école à deux vitesses, avec sélection dès le CP?

Christophe Chartreux

Ci-dessous la réaction du MEN

http://www.leparisien.fr/societe/blanquer-consterne-demande-au-medef-le-retrait-de-son-slogan-contre-l-ecole-21-09-2017-7275492.php#xtor=AD-1481423553

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Collèges REP : "L'impression de ne pas avoir accès à la 'vraie école'"...

20 Septembre 2017 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Politique

Collèges REP : "L'impression de ne pas avoir accès à la 'vraie école'"...

EXTRAITS

A l'occasion de la Journée du refus de l'échec scolaire, "l'Obs" dévoile une étude sur le rapport à l'école de 447 collégiens en zone prioritaire.

A l'occasion de la Journée du refus de l'échec scolaire qu'elle organise ce mercredi, l'Afev, principale association française de soutien scolaire, publie une étude sur le rapport à l'école de 447 collégiens de l'éducation prioritaire.

Le sociologue Benjamin Moignard, qui enquête depuis dix ans dans les collèges REP de banlieue parisienne, décrypte ses résultats pour "l'Obs" en exclusivité et revient sur les propositions du ministre Jean-Michel Blanquer en matière de lutte contre les inégalités scolaires.

90% d'élèves heureux dans les collèges REP, 91% qui s'y sentent en sécurité… Le résultat de cette étude peut sembler contre-intuitif…

Et, pourtant, ces chiffres sont en phase avec ce que nous constatons sur le terrain. Certes, cette enquête doit être lue avec précaution – elle repose sur un panel d'élèves assez réduit, mais, sur bien des aspects, elle recoupe ce que nous savions déjà. A savoir que le "school bashing", cette idée selon laquelle le lien à l'institution scolaire dans les quartiers populaires serait définitivement rompu, est une idée fausse. Dans leur immense majorité, nos jeunes ont foi en l'école, ils ont parfaitement intégré l'idée méritocratique selon laquelle la réussite sociale dépend de l'excellence académique, et ils sont d'autant plus déçus quand la promesse républicaine d'une école bienveillante, respectueuse et égalitaire, n'est pas tenue.

(...)

De fait, la relation avec les professeurs est jugée bonne par 75% des élèves…

Ce qui m'étonne un peu, du moins à ce niveau. Habituellement, on est plutôt à 55-58%, avec, c'est vrai, de gros deltas entre établissements. La confiance en l'équipe enseignante peut monter à 90% quand le collectif est très soudé. Mais elle peut descendre aussi très bas. Globalement, je constate que les relations profs-élèves ont plutôt tendance à se tendre.  

Pour le climat scolaire, les deux facteurs déterminants, ce sont la stabilité des équipes et la capacité à travailler ensemble. Or, sur ces deux points, on n'y est pas du tout. Le turnover en REP n'a jamais été aussi fort. Et le collectif enseignant est profondément ébranlé. Il y a un sentiment de mal-être très fort à l'égard de la hiérarchie, et de moins en moins de solidarité entre collègues. Historiquement, la culture enseignante est très individualiste. Mais même les formes de coopération informelles qui existaient à la marge tendent à se réduire. Résultat : face à des classes qui "bordélisent", certains enseignants sont totalement esseulés.

(...)

Il (Le Ministre) a quand même annoncé des mesures fortes pour l'éducation prioritaire : les CP à douze élèves, une prime pour stabiliser les équipes enseignantes…

Certes, mais ses projets pour le collège restent relativement flous. Il parle de la nécessité de prendre en compte les désirs et les talents de chaque enfant dès la sixième en proposant des parcours personnalisés. Cela paraît séduisant sur le papier, mais l'on sait très bien que l'Education nationale est une machine à trier et hiérarchiser. Donc, si l'on multiplie les filières comme au lycée, je crains que l'on aboutisse à la mise en place de classes de niveau. Avec des conséquences très fâcheuses.

Dans mes travaux, j'ai pu démontrer que, lorsque les collèges concentrent les élèves les moins dotés scolairement dans les mêmes classes, cela renforce, voire catalyse les phénomènes de bandes, participe au décrochage et à la construction de carrières délinquantes.

Jean-Michel Blanquer est également un fervent partisan des internats d'excellence. Qu'il présente précisément comme un moyen pour les élèves studieux d'échapper aux climats scolaires dégradés.

J'ai participé à l'évaluation de ces dispositifs lancés en 2009, et elle n'était pas particulièrement positive. Il y a derrière cette idée d'internat une vision compassionnelle des jeunes de banlieue qui pose question. Il ne s'agit plus de faire réussir les enfants quelles que soient leurs origines, mais de "sauver" quelques jeunes méritants, comme le dit le ministre, afin d'élargir la base de notre élite. Toute la question étant de savoir qui vous sauvez, sur quels critères, et ce que vous faites des moins méritants, qui resteront assignés à résidence. Le message que vous transmettez est quand même très ambigu. Si, à partir du moment où il n'est pas exfiltré de son quartier, un élève défavorisé n'a que très peu de chances de réussir, alors on peut légitimement se demander à quoi sert l'école dans les quartiers populaires ? Quels sont ses objectifs ? Quelle est sa fonction sociale ? Ce sont ces réponses que j'attends du ministre.

Propos recueillis par Gurvan Le Guellec

L'entretien complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Coolitude officielle...

19 Septembre 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique, #Macron

Coolitude officielle...

La rentrée, et probablement une chute de popularité sévère, a quelque peu modifié la communication présidentielle ces derniers jours.

Passons aux choses sérieuses : la douche. Monsieur le Président, comment allez-vous vous doucher ? En bras de chemise et cravate, Emmanuel Macron se tient devant un micro. La nuit est tombée sur l’île de Saint-Martin, où il a décidé au dernier moment de dormir, à la gendarmerie. Il entame son énième point presse. Face à lui, Hugo Clément, un des reporters impertinents de l’émission Quotidien (TMC-TF1). «Monsieur le Président, je discutais tout à l’heure avec un Saint-Martinois qui voulait vous poser une question mais qui n’osait pas. Vous savez qu’il n’y a pas d’eau potable ici. Il se demandait comment vous allez vous doucher ce soir. Est-ce que vous allez faire comme les habitants ici, dans un bac avec de l’eau récupérée avec la pluie ?» Macron : «Je vais faire comme les habitants, puisque je serai avec eux ce soir.» Applaudissements (la caméra se tourne alors vers la petite assistance des applaudissants). On apprendra quelques jours plus tard qu’il a en fait dormi dans le vrai lit de la vraie maison d’un gendarme.

Voici encore quinze jours à peine, Emmanuel Macron en tenait pour la fameuse stratégie de communication jupitérienne. Jupiter ne descend pas parmi les mortels. Jupiter ne répond pas aux questions des journalistes, ces inaptes à saisir la complexité de la pensée présidentielle. Jupiter ne désire être suivi, interrogé, que par des spécialistes pointus, qui poseront des questions sérieuses. Et voici donc que Jupiter répond à une question pointue sur la nature de l’eau qui lavera l’épiderme présidentiel. Qu’il informe l’univers que le président de la cinquième puissance mondiale va dormir sur un lit de camp. Jupiter ne précise pas si les toilettes du bivouac seront européennes ou à la turque, mais c’est tout juste.

Depuis quelques jours, le sol des sondages se dérobant sous ses pas, Jupiter a dégringolé de son Olympe. Il fraie grave avec les mortels, les fainéants, les illettrés, les rien du tout, les encore moins que rien, qui composent son peuple bien aimé. Ici, au cours d’un bain de foule, il répond longuement à une question d’un militant de l’association Droit au logement (et envoie aussitôt la vidéo sur son compte Twitter, avec cette légende, sobre et souveraine : «Un militant me pose une question sur les APL. J’y réponds»). Là, il répond (encore) à une autre question sur son usage de l’insulte «fainéant». Regrette-t-il d’avoir traité de fainéants les opposants à la réforme du travail ? Non, il ne regrette pas. Il ne manquerait plus que Jupiter regrette. Plus loin, il est interpellé par un adolescent en larmes, qui le remercie de le rendre «fier d’être français». A Saint-Martin encore, il s’attarde avec une habitante qui se présente elle-même comme «une chieuse».

Au fil des jours, on dirait qu’il y prend goût, qu’il s’enhardit. Il plonge dans le peuple, sans tri apparent (pas de naïveté, sa protection rapprochée le fait pour lui). Tout fait ventre, tout fait buzz. On imagine la cellule de com de l’Elysée archivant les fichiers des séquences buzz, et chargée d’inventer des mots-clés. Le gamin qui pleure. La chieuse. La douche. Fainéants 1. Fainéants 2. Fainéants 3.

Aucun tri ? Hum. En y regardant de plus près, dans la tribu des journalistes, c’est toujours aux mêmes, que Jupiter répond à la (fausse) volée, comme il se prêtait avant son élection aux fausses paparazzades de Match. Pas n’importe lesquels : les journalistes de l’émission Quotidien, diffusée sur TMC, filiale de TF1 (Bouygues). La douche ? Quotidien. Le retour sur les fainéants ? Quotidien encore. A priori, on pourrait conclure qu’il a choisi la difficulté. Dans le jeu des sept familles des journalistes (les carpettes, les investigateurs, les spécialistes pointus, etc.), ceux de l’émission Quotidien sont classés «les impertinents». Ceux qui posent les questions que les citoyens n’osent pas poser.

Difficile ou pas, en tout cas c’est habile. Par la grâce de quelques réponses, voici l’émission sacrée interlocuteur privilégié du Président, et voilà la parole présidentielle «greenwashée» par ce summum de l’impertinence télé. La coolitude de Macron déteint sur Barthès, celle de Barthès déteint sur Macron. Comme son photographe attitré, Pete Souza, avait fabriqué l’image d’un Obama cool, Barthès est promu fournisseur officiel de coolitude à l’Elysée. C’est un marché gagnant-gagnant, comme on dirait en macronie.

Daniel Schneidermann

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A mes amis qui trichent avec la carte scolaire...

19 Septembre 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique

A mes amis qui trichent avec la carte scolaire...

Les principes et convictions de gauche explosent quand l’enfant entre en sixième. Contourner la carte scolaire devient la préoccupation de la rentrée.

Non, pas lui. Pas après l’adolescence que nous avons eue ensemble, nos défilés contre le smic jeunes ou la réforme de la loi Falloux (tu te rappelles, quand Bayrou, ministre de l’Education - oui, c’était une autre vie - voulait faciliter le financement des écoles privées ?). Et pourtant si. Il l’a lâché comme ça, au détour d’un coup de fil : Juniorette allait entrer en sixième dans une classe musique (on lui a trouvé un fulgurant intérêt pour la clarinette), histoire de «sortir du ghetto parce que le collège de secteur, ça allait pas être possible».

L’histoire serait tristement banale si elle ne venait à la fin d’un été où tous mes amis ont rivalisé d’ingéniosité pour faire de l’évitement scolaire. Le panel est personnel et aléatoire. Il ne vaut pas étude scientifique. Mais il est symptomatique d’un comportement aujourd’hui décomplexé dans des milieux qui devraient le combattre.

Car, quand même, parlons de vous, les amis, de nous. Nous sommes globalement blancs, favorisés, progressistes, tolérants, votons à gauche malgré nos déceptions. Nous avons 40 ans maintenant, et nos enfants entrent en sixième. Vous représentez toutes les strates de ma vie : amitiés lycéennes, étudiantes, professionnelles, parents d’élèves devenus proches… Et vous avez craqué. Presque tous. Les uns après les autres. Vous avez fait «un autre choix que le collège de secteur».

Pourtant, pour être honnête, ils étaient rarement problématiques, vos collèges de secteur. Mais vous aviez tous une bonne raison. Et individuellement, elles s’entendent : Juniorette est très sensible, et le collège où elle est affectée est un très gros bahut où elle risque d’être perdue, Junior préfère être scolarisé avec son cousin, ça sera plus simple pour les trajets… Mais, par-dessus tout, il y a l’excuse massue : l’établissement où Junior doit être affecté, «on n’en dit pas que du bien», et puis «il y a un problème de niveau, les bons ne sont pas assez stimulés».

Parce que la mixité scolaire, ça va bien à la maternelle et à la primaire. Mais au collège, fini de rigoler, on retrouve ses semblables. Les populations «défavorisées» «tirent la classe vers le bas». Alors que Juniorette, elle, elle est limite surdouée. La réversibilité de l’argument (et si c’était plutôt Juniorette et ses potesqui allaient tirer la classe vers le haut ?) n’est jamais envisagée : les beaux principes de jeunesse, les idéaux de gauche, de mélange, d’égalité, de société ouverte où les forts épaulent les faibles, éclatent sur le mur de l’amour filial. On se résigne à l’entre-soi en se trouvant des excuses. Les convictions s’arrêtent là où commence Junior.

Pourtant, vous les connaissez, les bienfaits de la mixité scolaire, le bien-fondé, pour un quartier, pour une société, de l’hétérogénéité sociale. Mais pour Junior, une bonne petite classe de niveau, ce serait pas mal. Pourtant, ce quartier, vous étiez content de vous y installer. Un quartier mélangé, comme on dit, nous autres gentrificateurs. D’ailleurs, ce mélange, il était pratique il y a quelques années : il rendait abordable le niveau des loyers ou le prix du mètre carré. Mais dix ans plus tard, ce mélange devient embarrassant…

Alors on triche. Vous trichez, les amis. Je vous aime mais vous trichez. Avec la loi, mais surtout avec les principes républicains que vous continuez à défendre sans voir la contradiction. Vous trichez : vous falsifiez des factures EDF, vous inscrivez Junior à des cours de trombone, vous vous faites domicilier chez une vieille marraine qui a une chambre de bonne place du Panthéon, vous emménagez fictivement chez un parent d’élève complice de l’autre côté de la rue, histoire de pouvoir mettre votre nom sur la boîte aux lettres. Ou vous allez dans le privé, ce qui permet, à défaut de sauvegarder la morale que vous prôniez il y a peu, d’éviter l’illégalité.

A votre décharge, beaucoup d’entre vous êtes parisiens, et à Paris, on a le sentiment qu’un collège, ça se choisit («non, vraiment, le collège X, on n’est pas très clients», m’a dit la mère de la meilleure amie de mon fils, érigeant la notion de consumérisme scolaire en évidence), comme si on était client de l’Education nationale et qu’on pouvait y faire son marché. A votre décharge, ce sport de l’évitement est pratiqué en premier lieu par les personnels de l’Education nationale eux-mêmes, qui en connaissent toutes les ficelles et qui possèdent un réseau leur permettant de passer à travers les fourches caudines d’un rectorat pourtant réputé vigilant. A votre décharge, surtout, il s’agit de Juniorette. Et rien n’est trop beau pour elle (forcément, c’est Juniorette). Vous avez raison. Mais aurait-elle été si malheureuse ? (On ne lui demande pas son avis, à Juniorette, qu’on sépare de ses copines. On sait ce qui est bon pour elle).

Je vous entends déjà raconter les situations dramatiques des établissements ghettos (le vôtre n’en était pas un, mais c’est vrai qu’ils existent). Me disant que ce n’est pas à vous de régler le problème, qu’on ne va pas sacrifier nos enfants. Que c’est bien joli d’avoir des principes, mais que ce ne sont pas les principes qui vont soigner Junior quand il se sera fait casser la gueule ou tirer ses baskets. Vous avez raison, mais Junior n’a même pas eu le temps de se faire casser la gueule. Vous avez présumé que, peut-être, il allait se faire casser la gueule. Vous avez appliqué à l’établissement le délit de faciès contre lequel vous éructiez jadis.

Ne vous méprenez pas, je vous comprends. Et moi aussi, sans doute, il m’arrive de transiger parfois sur certains principes. N’empêche. A 10 ans, Junior, il a retenu une chose. Dans la vie, la solution, c’est la triche.

Dans la queue du bureau de vote, en mai, il y avait devant moi une famille Ricoré. Deux enfants, entre 10 et 15 ans. Pour la première fois, manifestement, ils entraient dans ce collège, tout neuf, où se tenait l’élection. Ils le trouvaient beau. Les enfants surtout, pour qui on avait voulu faire de ce dimanche électoral une leçon d’éducation civique. Mère, sentencieuse : «… démocratie… droit de vote des femmes pas si ancien, ma chérie… nos ancêtres se sont battus… pense à ces pays où on ne vote pas…». Juniorette, blasée : «Pourquoi je vais pas là au collège, maman ? C’est chouette, c’est juste en face, et moi, mon bahut il est à perpète…»

Le lendemain matin, au portail du collège, il n’y avait pas beaucoup d’enfants Ricoré. Et pourtant, si tous ceux qui y avaient voté la veille y avaient scolarisé les leurs…

Michel Becquembois rédacteur en chef adjoint à «Libération»

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" Voici donc le ministre conseiller pédagogique, inspecteur pédagogique, chef d’établissement, CPE, responsable des programmes…"

18 Septembre 2017 , Rédigé par Se-UNSA Publié dans #Education, #Politique

" Voici donc le ministre conseiller pédagogique, inspecteur pédagogique, chef d’établissement, CPE, responsable des programmes…"

Quand le Ministre quitte la marge pour réécrire la page

Il est des paradoxes qui méritent d’être mis en évidence, tant ils sont improductifs.

Les annonces du Président de la République et du gouvernement visent à simplifier, à donner des marges de manœuvres, à desserrer des contraintes… à libérer l’innovation et l’esprit d’entreprendre.

Il semble que cette orientation ait quelque peu échapper au ministre de l’Education nationale.

Certes, fidèle aux promesses du candidat Macron, Jean-Michel Blanquer aura permis la dérogation aux rythmes scolaires et assoupli la réforme du collège.

Mais depuis ?

Pas une semaine sans nouvelles annonces.

Alors, certes, avec maintes précautions oratoires, le ministre assure ne -  rien vouloir bousculer ou juste à la marge. Il tente de rassurer car ce sont de nouvelles polémiques qu’il ouvre ainsi à chaque annonce.

Ce furent d’abord les évaluations imposées en CP et 6ème et dont nous attendons dorénavant les éléments précis.

Ce fut la condamnation d’une méthode globale de lecture n’ayant jamais existé et la préconisation insistante pour la méthode syllabique.

C’est dorénavant la fin du prédicat, le retour à la chronologie en littérature, les quatre opérations en CP et CE1, l’interdiction (déjà existante) des portables…

Voici donc le ministre conseiller pédagogique, inspecteur pédagogique, chef d’établissement, CPE, responsable des programmes…

Le voici, non plus proposant quelques aménagements « à la marge », mais bien tentant de réécrire, une nouvelle fois, le fonctionnement de l’Ecole, le contenu des cours, les méthodes pédagogiques.

Est-ce bien là que l’Ecole a besoin de son engagement, de son action, de son volontarisme ?

Libérer les énergies des personnels éducatifs c’est certainement leur permettre d’exercer leur métier et de mettre en œuvre leurs compétences professionnelles. L’idée de la confiance allait dans ce sens. Où est-elle quand interdictions et obligations se multiplient sans cesse ?

A chacun son rôle donc.

Au ministre de donner les grandes orientations pour faire que demain le système scolaire français sorte du rouge des évaluations internationales, qu’il cesse de reproduire (voire d’amplifier) les inégalités, qu’il permette la réussite de chaque élève.

Aux professionnels de l’Education de mettre en œuvre leur professionnalité pour donner sens et faire vivre les évolutions au quotidien.

Les personnels ont besoin de confiance, de reconnaissance, d’accompagnement, de formation continue… là sont les urgences.

L’Ecole, l’Education ont besoin de stabilité et de pérennité.

Ni les professionnels, ni les élèves, ni les familles ne peuvent comprendre un système en perpétuel changement. Reniant aujourd’hui ce qui vient juste d’être mis en place hier. Revendiquant pour demain, le retour de vieilles formules du passé, dépassées parce que le monde, comme l’Ecole, ont changés.

« L’Ecole de demain » doit s’appuyer sur les compétences professionnelles de ces personnels et cesser de les infantiliser avec des injonctions successives et permanentes. Elle doit faire le pari de l’intelligence et de l’éducabilité de toutes et tous et offrir à chacune et chacun les moyens de la réussite.

C’est là que le ministre doit agir.
C’est là qu’il est attendu.

Non comme le censeur biffant d’un trait de crayon rouge telle mesure pour lui en substituer une autre, mais comme l’architecte chargé de mobiliser toutes les énergies pour construire le cadre durable et si possible consensuelle d’une école de la réussite.

L Escure

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Grève dans la fonction publique le 10 octobre - Appel unitaire

18 Septembre 2017 , Rédigé par Divers/FSU/UNSA/CGT/FP:Etc... Publié dans #Education, #Politique

Grève dans la fonction publique le 10 octobre - Appel unitaire

Depuis l’arrivée du nouveau gouvernement, les mesures négatives s’accumulent pour les agent.e.s de la Fonction publique : gel de la valeur du point indice, rétablissement de la journée de carence, perspective de 120 000 suppressions d’emplois sur les 3 versants de la Fonction publique...

Et contrairement à l’engagement fait aux agent.e.s public.que.s par Emmanuel Macron dans le cadre de sa campagne présidentielle : “J’augmenterai votre pouvoir d’achat, comme celui des salariés des entreprises : vous paierez moins de cotisations et votre salaire net sera augmenté d’autant”, la hausse de la Csg se traduira au mieux par une simple compensation dans la Fonction publique, c’est à dire sans gain de pouvoir d’achat pour les agent.e.s !

Ainsi, toutes ces mesures vont impacter fortement et négativement le pouvoir d’achat de plus de 5,4 millions d’agent.e.s public.que.s et fragilisent les services publics rendus aux usagers. C’est inacceptable.

C’est totalement injuste pour les agent.e.s, et c’est totalement inefficace pour une Fonction publique de moins en moins attractive dans de nombreux secteurs. Ces mesures ne contribuent en rien à l’amélioration de la qualité des services publics. Services publics au sujet desquels nos organisations syndicales rappellent leur demande d’un débat de fond sur ses missions s’appuyant sur le bilan des réformes déjà engagées. Enfin, nos organisations rappellent leur attachement au code des pensions civiles et militaires et seront très vigilantes sur la future réforme des retraites annoncée pour l’ensemble des agent.e.s public.que.s.

C’est pour faire entendre ces profonds désaccords que les organisations syndicales appellent toutes et tous les agent.e.s à la grève, aux manifestations ou assemblements (selon des modalités définies par les différents secteurs) pour se mobiliser le mardi 10 octobre prochain, date choisie par le ministre pour la tenue d’un rendez-vous salarial.

Elles exigent une véritable négociation salariale qui aboutisse à une réelle reconnaissance du travail, des missions et de l’engagement professionnel des agent.e.s par une augmentation du pouvoir d’achat et la revalorisation des carrières, le non rétablissement de la journée de carence et les moyens nécessaires pour permettre aux agent.e.s d’exercer leurs missions de services publics.

Paris, le 15 septembre 2017

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L’histoire de France selon Macron...

17 Septembre 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Histoire, #Politique

L’histoire de France selon Macron...

Citations extraites de l'article à lire en lien de bas de page

« Emmanuel Macron aborde le passé en jeune homme avec l’idée que l’histoire est tragique, estime l’historien Patrick Garcia. Il y a chez lui un désir de vérité comme condition de la sortie du ressassement, d’où l’envie de faire bouger les lignes. »

Patrick Garcia relève que la présence de Benyamin Nétanyahou a occulté une dimension capitale du discours prononcé par le chef de l’Etat au Vel’d’Hiv : « En insistant sur le fait que ni le racisme ni l’antisémitisme n’étaient nés avec le régime de Vichy, qu’ils étaient là, vivaces, sous la IIIe République, lors de l’affaire Dreyfus et dans les années 1930, Emmanuel Macron prend en compte l’extrême droite sur la longue durée. Cette perspective n’était présente ni dans le discours de Chirac de 1995, ni dans celui de Fillon de 2007, ni dans celui de Hollande de 2012. »

« Plus qu’à l’Occupation ou à la Résistance, Macron se réfère à la Libération, vue comme un acte fondateur avec le programme du Conseil national de la Résistance et les réformes du général de Gaulle, qu’il considère comme des étapes capitales dans l’histoire de France, souligne Olivier Wieviorka. C’est un moyen pour lui d’affirmer la légitimité de l’intervention de l’Etat. Dans la mesure où il est taxé de libéral et où on le soupçonne de vouloir démanteler les grandes conquêtes de la Libération, cette référence lui permet d’affirmer qu’il ne bradera pas l’héritage. »

« Il y a chez lui une volonté de récupérer l’ensemble de l’histoire nationale et de ne pas en laisser une grande partie entre les mains de l’extrême droite et de la droite décomplexée », explique Patrick Garcia.

Dans une tribune publiée sur LeMonde.fr, le 18 juillet, l’historienne Suzanne Citron s’inquiétait « du confusionnisme dans lequel le président de la République est en train de nous plonger en superposant une diplomatie à tout-va et la référence en toute occasion à “son” histoire de France ».

« Son idée de réconcilier les mémoires me paraît un peu démiurgique, remarque Jean-Noël Jeanneney. Il y aura toujours des mémoires de droite et de gauche, héritées de communautés, de familles et de régions. »

Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait provoqué une polémique après avoir qualifié, à Alger, la colonisation de « crime contre l’humanité ». La formule fut jugée scandaleuse par les uns, maladroite par les autres. « Elle engageait pourtant une relecture plus globale du passé colonial de la France. Elle était aussi plus audacieuse que les gestes précédents de reconnaissance des massacres de Sétif par Chirac, puis par Hollande », estime Patrick Garcia.

« Le problème, c’est que, pour se réconcilier, il faut être deux, tranche Olivier Wieviorka. Il n’est pas certain que l’Algérie veuille changer de politique mémorielle, ni que les acteurs, côté français, soient prêts à avoir un regard apaisé sur ce passé. »

Antoine Flandrin

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Coluche - Sois fainéant ou conseil à un nourisson...

17 Septembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Macron, #Faineant

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A Lire... La Société du Concours/L'empire des classements scolaires - Anabelle Allouch

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