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Vivement l'Ecole!

politique

A lire... RESPECT! - Agathe Cagé (+ vidéo)

21 Février 2021 , Rédigé par Es des Equateurs Publié dans #Politique

Éditions des Équateurs - Respect ! - Agathe Cagé

 

« Manque de considération des hommes envers les femmes, des boomers envers les millenials, des plus favorisés envers les plus précaires, des urbains envers les ruraux, des centres-villes envers les quartiers. Abandon des plus âgés.

« Nous avons perdu le sens de l’humanité, du rapport à l’autre, de la discussion.

« Sommes-nous résignés ou simplement habitués à entendre et voir s’exprimer en permanence un mépris pour tous ceux qui sont un tant soit peu différents ou extérieurs aux tout petits milieux dans lesquels nous vivons confinés ?

« Respecter les autres dans leur diversité et dans leur singularité est un combat social, environnemental, politique. Pour nos grands-mères et nos grands-pères, pour nos sœurs et nos frères, pour nos filles et nos fils, pour nos concitoyens, d’où qu’ils viennent, quelle que soit leur histoire, quels que soient leurs espoirs.

« Que chacun puisse se dire “je suis important” et se sentir reconnu dans le regard des autres. C’est le fondement d’une société. »  

 

R.E.S.P.E.C.T scandait Aretha Franklin. Agathe Cagé reprend ces sept lettres, ce cri, pour réconcilier notre société morcelée par nos intérêts privés, la colère et le mépris.

 

Détérminée à lutter contre les inégalités et pour la justice sociale, Agathe Cagé, docteure en science politique, a placé ses combats au centre de ses travaux de recherche et de ses différents engagements professionnels au cœur du pouvoir.

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A propos d'islamo-gauchisme - Najat Vallaud-Belkacem

21 Février 2021 , Rédigé par JDD Publié dans #Politique

A propos d'islamo-gauchisme - Najat Vallaud-Belkacem

Pourquoi le concept d'"islamo-gauchisme" divise-t-il autant la gauche, comme en témoigne la récente passe d'armes entre Olivier Faure et Manuel Valls?

Najat Vallaud-Belkacem: Ces formules creuses et extensives à l'infini, je les connais bien. C'est typique de ces concepts exploités par l'extrême droite et les droites pour faire diversion. On crée de toutes pièces un objet fantasmagorique qu'on agite jusqu'à s'en enivrer. Quand nous avons fait le mariage pour tous et l'éducation à l'égalité filles-garçons, les mêmes nous servaient la théorie du genre, présentée à l'époque, déjà, comme gangrenant l'université et la société!

Oui, l'islamisme radical est un fléau contre lequel il faut se mobiliser totalement. Lutte-t-on contre lui en participant à des débats outranciers sur CNews ou en accusant de plus en plus de Français, bientôt tous les musulmans puis les universitaires, de complicité avec les terroristes? Non. En réalité, il faut plus de moyens pour la police, les forces de l'ordre, le renseignement, la justice. Et il faut mettre plus en lumière ceux qui recousent. Pas seulement ceux qui déchirent.

Enfin, ce que ce débat porte au fond de haine des intellectuels ne présage jamais rien de bon. La première des libertés, c'est celle de penser.

Via Le JDD/Entretien complet en cliquant ci-dessous

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Pascal Perrineau : "Lorsque la France se porte mal, le Rassemblement national se porte bien" (Vidéo)

20 Février 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Politique

Le politologue, professeur émérite des universités à Sciences Po et ancien directeur du Cevipof, publie ”Le Populisme” dans la collection Que sais-je ? des Presses universitaires de France.

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Introduction

Depuis quatre décennies, toute une série de mouvements politiques présentés comme « populistes » et provenant non seulement de la droite extrême, mais aussi d’autres horizons politiques ont rencontré un succès électoral dans de nombreux pays européens et, au-delà, dans le monde. La notion même de « populisme » utilisée à leur endroit fait débat. Les acteurs politiques l’emploient le plus souvent de façon polémique pour disqualifier un adversaire accusé de démagogie. Nombre d’analystes et d’observateurs y ont recours pour stigmatiser un style politique empreint de simplisme, d’arguments grossiers, de dénonciations lapidaires et de références faciles au « bon sens » populaire. Quant aux spécialistes de science politique, ils s’opposent sur le caractère scientifique du concept, certains y voyant une catégorie confuse et encombrée de significations du sens commun, d’autres constatant que le populisme en tant qu’instrument d’analyse a déjà une longue histoire dans les sciences sociales, désignant un type de phénomène politique particulier que l’on retrouve depuis plus d’un siècle et qui mêle une lecture spécifique de la société organisée autour d’un affrontement entre le peuple et les élites, ainsi qu’un mode d’action politique où le registre émotionnel est beaucoup mobilisé pour accréditer l’idée que « le peuple » s’exprime directement et intensément au travers d’une figure politique vibrant à l’unisson de celui-ci.

 

Le présent ouvrage souhaite revenir sur le phénomène populiste pour le circonscrire (de quoi s’agit-il ?), pour en prendre la mesure (dans quels pays et à quelle hauteur ces partis réussissent-ils ?), pour en déceler les causes (pourquoi cette émergence et cette implantation électorale au cours des dernières décennies ?) afin de mieux l’envisager à l’avenir dans le contexte de la crise de la démocratie.

 

Pascal Perrineau - Le Populisme

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«C'est dans l'intérêt des pays riches que la population des pays vulnérables soit protégée» - Najat Vallaud-Belkacem

6 Février 2021 , Rédigé par RFI Publié dans #Politique, #Solidarité

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« La juste distribution du vaccin anti-Covid est une urgence absolue », affirme Najat Vallaud-Belkacem. « Et c'est dans l'intérêt bien compris des pays riches », ajoute l'ancienne porte-parole du gouvernement français, qui dirige aujourd'hui, pour la France, l'ONG ONE, créée par le chanteur Bono. Najat Vallaud-Belkacem vient de publier, aux éditions Librio, « Objectif 2030 : Un monde sans extrême pauvreté ». Au micro de Christophe Boisbouvier, elle affirme que les pays riches se mettront en danger s'ils n'aident pas les pays pauvres à vacciner leur population.

https://aod-rfi.akamaized.net/rfi/francais/audio/modules/actu/202102/INV_AFR_INTERNET_05_02_NAJAT_VALLAUD_BELKACEM_LE_VACCIN_POUR_TOUS.mp3

RFI : Il y a quelques jours au forum virtuel de Davos, le Sud-Africain Cyril Ramaphosa a dénoncé les pays riches qui accaparent les vaccins. Il a raison ou il a tort ?

Najat Vallaud-Belkacem : Il a évidemment raison de s’en prendre aux pays, en effet, qui font des réserves de vaccins au détriment des pays les plus démunis. On a des chiffres qui nous permettent de dire par exemple que le Canada a commandé l’équivalent de neuf fois sa population en termes de doses de vaccins ou qu’en Europe, nous en avons commandé trois fois notre population. Il y a évidemment une urgence absolue en ce moment, c’est de veiller à l’équitable, à la juste distribution du vaccin, puisque personne ne sera pas à l’abri tant que tout le monde ne l’est pas.

Alors quand on est le président des États-Unis ou de la France et qu’on est face à une pandémie mortelle, est-ce qu’il n’est pas normal qu’on pense en priorité à la vaccination de ses compatriotes ?

Cela peut sembler intuitif, en réalité c’est contre intuitif. Précisément, on le sait aujourd’hui, si nous ne veillons pas à vacciner l’ensemble de la population vulnérable de chaque État du monde, en réalité, nous ne sommes aucunement à l’abri. Nous avons un risque de mortalité tous ensemble deux fois plus important si nous ne vaccinons qu’une partie du monde, et de de façon exclusive, plutôt que si nous veillons, comme l’indique l’Organisation mondiale de la santé, à vacciner pour commencer les 20% de la population de chaque pays. Aujourd’hui, il est avéré que ce virus, notamment ces variants qui apparaissent au Brésil, en Afrique du Sud, en Grande-Bretagne, ne s’arrêtera pas si nous ne sommes pas en capacité de faire de la coopération le maitre mot de notre réponse.

Autre raison de la colère de Cyril Ramaphosa, l’Afrique du Sud va payer ses vaccins deux fois et demi plus chers que les pays de l’Union européenne. N’est-ce pas, pour les pays européens, un simple retour sur investissement un an après le déblocage de milliards d’euros en faveur des laboratoires de recherche ?

Mais ces milliards d’euros, en effet on estime à 10 milliards d’euros les financements débloqués pour soutenir la recherche et le développement pour ce vaccin, ont vocation précisément à être utile à la protection de l’ensemble de la planète. Aujourd’hui, le fait que le vaccin AstraZeneca revienne deux fois et demi plus à l’Afrique du Sud qu’à nos pays de l’Union européenne est un scandale et il faut que nous soyons tous d’accord pour le dénoncer. C’est-à-dire que les laboratoires pharmaceutiques, compte tenu des financements publics qu’ils ont reçus, doivent jouer le jeu. Jouer le jeu, ça veut dire faire la plus grande transparence notamment sur leur tarification et faire en sorte que soit servi l’ensemble de la population du globe, puisque c’est aussi dans l’intérêt des pays riches que la population des pays les plus vulnérables soit protégée.

Il y a six ans, la communauté internationale s’est engagée à faire disparaître l’extrême pauvreté en 2030, mais dans votre livre Objectif 2030 vous dites que la pandémie du Covid-19 risque de tout remettre en question. Est-ce que l’on sait déjà que l’on n’y arrivera pas ?

Oui, malheureusement puisque rien que sur l’année 2020, on estime à une augmentation de 17% la part de la population vivant sous l’extrême pauvreté, ce sont des chiffres que l’on n’avait pas vu depuis les années 90. Donc, il est plus que temps de se retrousser les manches et, au-delà de cette question du vaccin qui est extrêmement importante en ce moment, se rappeler qu’il s’agit aussi d’extirper de cette extrême pauvreté des populations qui aujourd’hui n’ont accès ni à des traitements pour la Covid-19 ni à des traitements contre d’autres pandémies comme la rougeole, la rubéole, la tuberculose, la malaria. Il y a aussi ces maladies-là qui tuent, il ne faut pas l’oublier, le sida évidemment, et d’autres maladies qui tuent.

À la tête de l’ONG One pour la France, vous plaidez pour un renforcement mondial de l’Aide publique au développement, mais vous savez ce que dise beaucoup de gens, l’APD, l’aide publique, ne fait qu’augmenter la corruption dans les pays qui en bénéficient.

Cela fait partie, en effet, des caricatures qui sont souvent faites de l’Aide publique au développement, et que je passe en revue dans ce livre, pour en finir avec les idées reçues. Il faut savoir que oui de la corruption il y en a, qu’elle a été évaluée. S’agissant de l’Aide publique au développement, on estime que 1,4% des sommes investies finissent en pot-de-vin ou en corruption. Il faut lutter contre la corruption, mais la vérité c’est que la politique publique de l’Aide au développement est sans doute l’une de celle qui est la plus contrôlée, la plus surveillée dans ces pays.

Dans votre livre Objectif 2030, vous regrettez que la France ne consacre que 0,4% de son revenu national brut à l’Aide publique au développement. Mais c’est à partir de 2014 que cette aide a beaucoup baissé, vous étiez ministre à l’époque, est-ce que vous faite votre mea culpa ?

Bien entendu et, de manière générale, l’Aide publique au développement s’est mise à baisser dans nos pays à partir de la crise financière de 2008 aussi, qui a constitué un véritable tournant, et c’est à ce moment-là que nous avons dévié de notre trajectoire, nous en sommes à 0,44 aujourd’hui. Une loi va passer sur le sujet au Parlement français. Nous devrons être ambitieux et assumer d’atteindre ces 0,7% le plus rapidement possible. La crise du Covid-19 ne peut que nous y pousser puisque les besoins sont encore plus importants qu’avant la crise. C’est bien la raison pour laquelle nous plaidons pour que cette loi qui va passer au Parlement soit plus ambitieuse que nous ne l’avons jamais été. De la même façon, autre mauvaise construction ou dysfonctionnement, nous devons en finir avec cette pratique dite de « l’aide liée » où on va aider un pays, mais en lui demandant de faire intervenir une de nos entreprises pour bâtir une autoroute, un pont, une usine, nous ne sommes pas là pour placer nos entreprises.

Oui, mais c’est ce que font les Américains ou les Chinois, les Français devraient-ils être plus naïfs ?

Mais vous savez ce livre et ce plaidoyer s’adressent à tous ceux qui considèrent qu’aujourd’hui dans le monde d’interdépendance dans lequel nous vivons seule la coopération nous sauvera tous. Et la coopération ça veut dire ne pas se lancer dans une espèce de compétition au plus cynique, au contraire se demander finalement ce qui nous sert. Ce qui nous sert, c’est qu’il n’y ait plus aucune personne, aucun individu dans le monde, qui soit plongé dans cette situation d’extrême dénuement qui est source de tensions, de guerres, de files de réfugiés qui arrivent finalement devant nos portes. Donc, c’est bien dans l’intérêt compris de chacun des pays du monde d’installer cette solidarité, cette coopération sans arrière-pensée.

Pourquoi dites-vous que la pauvreté est sexiste et que le développement doit être féministe ?

Pour une raison très simple, c’est que dans les pays dont on parle, cette extrême pauvreté, elle se fait sentir en particulier sur les populations féminines dans la mesure où se sont elles qui généralement sont sans emploi ou en emploi informel. On l’a vu lorsque la crise du Covid-19 a éclaté, ce sont les femmes qui les premières ont dû interrompre toute activité, n’avaient aucun moyen de subsistance, ont dû se serrer la ceinture pour préserver les plus vulnérables de leur famille. La pauvreté, ça a comme effet un moindre accès à l’éducation pour les filles, les problématiques de santé, notamment de santé reproductive et sexuelle qui sont extrêmement lourdes. Donc, finalement, une incapacité pour la moitié de l’humanité dans ces pays-là de s’émanciper et devenir à leur tour des acteurs de la croissance économique, des acteurs du changement, et c’est la raison pour laquelle, l’Aide publique au développement doit veiller aussi à chaque fois à soutenir des projets qui font sortir les filles et les femmes de leur misère.

Christophe Boisbouvier

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Pour en finir avec le mythe de "L'égalité des chances" vue par la Macronie...

6 Février 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique

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Un plan de relance pour la gauche macroniste

Malgré un grand volet «égalité des chances» éclipsé par l’actualité sanitaire, les ministres et députés issus de la gauche tentent de combattre le déséquilibre droitier du pouvoir et veulent réhabiliter le «en même temps» présidentiel.

Ce devait être un lancement en fanfare. Enfin, le gouvernement avait quelque chose de positif à annoncer. Vendredi matin, Jean Castex était à Grigny (Essonne) dans le cadre du comité interministériel à la ville, pour promettre 3,3 milliards d’euros à destination de 1 514 quartiers prioritaires. Le Premier ministre lançait ainsi la séquence autour de «l’égalité des chances» présentée par le gouvernement depuis le discours d’Emmanuel Macron aux Mureaux le 2 octobre comme le versant social du projet de loi contre le séparatisme, en débat à l’Assemblée nationale depuis le 1er février. Mais, comme Matignon le redoutait, l’actualité Covid-19 est venue tout écraser. Le Conseil de défense sanitaire convoqué le soir même par Emmanuel Macron et l’intervention de Jean Castex dans la foulée ont raflé toutes les unes de la presse, toutes les ouvertures des journaux. Le gouvernement n’a plus qu’à espérer que la multitude de mesures promises pour les prochaines semaines au sein de ce plan, ainsi que l’implication d’Emmanuel Macron qui en annoncera lui-même une partie, ne souffriront pas de la même concurrence. Parce qu’en coulisse, une impatience teintée d’inquiétude se diffuse. Elle n’émane pas des oppositions. Elle existe au sein de la majorité à l’Assemblée, et, pire, au cœur de certains ministères.

(...)

Charlotte Chaffanjon

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L’égalité des chances, cheval de Troie du néo-libéralisme...

EXTRAIT

Offrir les mêmes chances à tous les enfants et ainsi organiser les meilleures conditions pour la compétition méritocratique est l’objectif affiché par le président Macron en matière d’éducation. Mais s’agit-il de répondre à une demande de justice sociale ou aux injonctions d’une politique néo-libérale ? Faut-il vraiment se battre pour « l’égalité des chances » ?

Dans un article récent[1], Barbara Stiegler nous rappelle opportunément que « le nouveau libéralisme transforme nécessairement la démocratie élective en un régime autoritaire ».  Autoritaire et brutal doit-on encore ajouter, particulièrement au lendemain de ce 1ermai. Mais ce n’est pas là, selon elle, ce qui fait encore la nouveauté du néo-libéralisme —  ce qui le distingue par exemple de l’ultra-libéralisme. Au travers de son injonction propre « il faut s’adapter » qui exige qu’il doive maintenir le cap — quoi qu’il puisse donc en coûter pour les libertés publiques —, le néo-libéralisme vise à instaurer, nous dit Barbara Stiegler, les conditions d’une « compétition juste » de manière à ce que « tous puissent, avec un maximum d’égalité des chances, participer à la grande compétition pour l’accès aux ressources et aux biens ».     

C’est ce cap néo-libéral qui a été fortement rappelé, dans le désert de ses annonces, par le Président de la République lors de sa conférence de presse. Après avoir affirmé que selon lui « la meilleure réponse au sentiment d’injustice n’est pas d’augmenter les impôts mais de les baisser », il a poursuivi par cette déclaration : « Les vraies inégalités ne sont pas fiscales. Elles sont liées à l’origine, au destin, à la naissance. Il faut agir dès la petite enfance ». Au-delà de l’invocation d’une « mystique de la petite enfance », comme la nomme malicieusement l’historien de l’éducation Claude Lelièvre [2], cette déclaration atteste de la parfaite compatibilité du néo-libéralisme avec l’idéal méritocratique de justice sociale. Dans la compétition généralisée que le néo-libéralisme entend instaurer pour notre survie, la hiérarchie sociale entre les gagnants et les perdants sera justifiée si la compétition est juste, si dès le plus jeune âge chacun se trouve être à égalité sur la ligne de départ.

La notion de mérite est cette sorte de fiction morale dont usent les sociétés démocratiques pour justifier ou légitimer une hiérarchie dans un ordre social qui prétend l’exclure au nom de l’égalité. Le seul principe de sélection juste dans une société qui pose en principe l’égalité en droits de tous les hommes ne semble en effet pouvoir reposer que sur leur capacité de faire par eux-mêmes (c’est-à-dire librement) quelque chose d’eux-mêmes. On en déduit en général comme corollaire un principe de responsabilité que Macron traduit, sans que l’on sache trop pourquoi, de manière réflexive dans la fameuse formule « se responsabiliser », comme s’il pouvait y avoir d’autre responsabilité que celle que l’on a décidé d’assumer. Mais à vrai dire que sait-on du mérite ? Qui peut en juger et selon quels critères ? Comment peut-on prétendre juger du mérite d’un individu seul si tout individu est un être socialisé ? Pourquoi faudrait-il mieux rétribuer un individu selon son mérite plutôt que selon ses besoins ? Autant de questions qui, le plus souvent, ne reçoivent pas de réponses ou alors des plus inconsistantes ainsi qu’on le constate à chaque fois que l’on entend instaurer un avancement ou une rémunération au mérite. L’idéologie méritocratique manifeste ainsi qu’elle n’est qu’une idéologie, en elle-même ni vraie ni fausse, puisqu’elle ne vaut que par son utilité sociale.

(...)

Pascal Levoyer, professeur agrégé de philosophie

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Blanquer/Attal - "Ministre-amateur, c'est un métier"

29 Janvier 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique

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L'un sur France Inter, l'autre sur France 2, Attal et Blanquer se sont contredits au même moment ce jeudi matin à propos du rallongement des vacances scolaires pour lutter contre la propagation du Covid-19.

Il y a au moins une constante dans la gestion de la crise du Covid-19, c’est la capacité, somme toute assez incroyable, du gouvernement à se contredire tout seul. Loin de nous l’idée de traquer la moindre petite erreur comme des procureurs mais, tout de même...

Sur France Inter, Gabriel Attal évoque l’hypothèse remise au goût du jour d'un reconfiement «serré» avec, notamment, la fermeture des écoles. «On a toujours comme boussole, autant que c’est possible, de permettre à nos enfants d’aller à l’école», assure-t-il. Et le porte-parole du gouvernement d’aborder la possibilité d’allonger les vacances d’hiver. «Tous les scénarios sont sur la table, rien n’est exclu. On arrive sur une période de vacances de février où sur un mois, selon les trois zones, il y a les vacances. Il est donc possible de réfléchir à rallonger les vacances d’un côté et de l’autre. Mais notre objectif reste que les enfants puissent continuer à apprendre», a-t-il ajouté. Ce scénario, proposé notamment par le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy, est donc sur la table.

Oui mais non

Mais au même moment sur France 2, le ministre de l’Education nationale passe un coup d’éponge et hop, la table est quasiment vide. «Ça serait un moindre mal. Mais encore faut-il démontrer que les vacances sont moins contaminantes comme période que la période scolaire. Ce n’est pas acquis. Je constate qu’au retour des vacances de la Toussaint et des vacances de Noël, on a une courbe épidémique qui monte dans les dix jours qui suivent et qui montre que c’est plutôt dans la période extra-scolaire qu’on s’est contaminé», indique Jean-Michel Blanquer. 

Et le même de préciser, toutefois, que «rien n’est jamais exclu». D’autant que le ministre lui-même assure se baser sur uniquement trois sources scientifiques dont… le conseil scientifique. Les parents d’enfants scolarisés, eux, attendront encore un peu avant d’en savoir plus. Ou pas. Enfin peut-être.

Sylvain Chazot

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A lire... L'imposture Macron

27 Janvier 2021 , Rédigé par Attac Publié dans #Politique

A lire... L'imposture Macron...

L’illusion d’une sortie de la crise actuelle par des politiques néolibérales est-elle nouvelle ? C’est ce que prétend incarner Emmanuel Macron, en voulant créer une mystique salvatrice via ses réformes économiques et sociales. Un an après son élection, Attac et la Fondation Copernic décryptent dans cet opus les impasses d’une politique qui se prétend résolument moderne alors qu’elle n’a de cesse de prendre des mesures issues de l’ « ancien monde ».

À l’illusion du « en même temps » se sont adossés un rapport au pouvoir parfaitement éculé (car conçu comme autoritaire et vertical), et surtout la mise en place d’une politique de fuite en avant néolibérale, où remise en cause des droits sociaux et cadeaux aux plus riches participent à renforcer le pouvoir de ceux qui l’ont déjà.

Cette nouvelle gestion froide et cynique de la chose publique se met en place au sommet de l’État avec l’arrivée d’un contingent de jeunes bureaucrates : les Macron’s Boys and Girls. Ils sont à la base d’une nouvelle machine technocratique alimentée par des réformes où progrès social et écologie sont les grands absents.

Un business model, qui se prétend dénué de toute idéologie, est mis en place dans la start-up nation France. La Macronie s’est dotée d’une novlangue faussement innovante et porte aux nues un illusoire salut néolibéral où seuls les premiers de cordée, les puissants et la nouvelle « noblesse d’État libéral » trouveront grâce.

Comme ses prédécesseurs, Emmanuel Macron parie sur l’anesthésie de la société. Mais le réveil risque d’être douloureux. Face à une telle visée, voici un ouvrage qui propose à tous ceux qui ne se résignent pas, un projet porteur d’une autre vision de la société…

Livre coordonné par Jean-Marie Harribey, Pierre Khalfa et Aurélie Trouvé.

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Comment définir le macronisme aujourd’hui ? (Vidéo)

22 Janvier 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Politique

Derrière les mots du pouvoir, quelles logiques à l'oeuvre? Myriam Revault d'Allonnes, professeure émérite des universités à l’Ecole pratique des hautes études (EPHE) et chercheuse associée au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), nous parle du macronisme et de notre époque.

Myriam Revault d’Allonnes est professeure émérite des universités à l’Ecole pratique des hautes études (EPHE) et chercheuse associée au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). Après Le Miroir et la Scène. Ce que peut la représentation politique (Seuil, 2016), La Politique expliquée à nos enfants (Seuil, 2017) ou encore La Faiblesse du vrai (Seuil, 2018), elle publie L'Esprit du macronisme. Ou l'art de dévoyer les concepts (Seuil, février 2021)

A partir des théories de différentes philosophes des Lumières à Hannah Arendt, en passant par Marcel Mauss, elle analyse le macronisme et souligne ses contradictions, ses faiblesses, le tout à l’aune de ce que signifie « faire société ». Se livrant à un projet d’«anthropologie politique », elle veut, écrit-elle, aborder cet objet insaisissable qu’est le macronisme, en particulier dans son adhérence à l’”esprit du temps “ : un temps où la rationalité néolibérale imprègne notre époque et nos mentalités.

Si le macronisme est insaisissable du point de vue des catégories politiques traditionnelles, il est moins insaisissable si on le rapporte à cette espèce de vision du monde qui est rattachée à la flexibilité, la mobilité, pas seulement dans le domaine économique mais dans les parcours de vie. (Myriam Revault d’Allonnes)

Le parcours d'Emmanuel Macron est insolite, semblable à aucun autre. Ont pu séduire sa jeunesse, son armature intellectuelle, son absence d'attaches politiques,… Surtout, il use d'une rhétorique qui brouille et derrière laquelle se profile “une certaine mise en scène du monde”. Ne serait-ce que dans la volonté, présentée comme nouvelle, de faire disparaître le clivage obsolète gauche-droite, le “en même temps”.

Malgré ces brouillages, on retrouve des thèmes récurrents dans le macronisme, à commencer par l'appel à la réussite individuelle dans une société où les 'premiers de cordée' tireraient les autres vers l'avant en raison de leurs talents naturels. C'est aussi l'idée de la nation "start-up" faite d'individus entrepreneurs. Image chère à Emmanuel Macron.

Au fond, ce que Macron dit, c'est qu'il y a d'un côté les gens qui ont réussi et de l'autre les invisibles, ceux qui ne sont rien. (Myriam Revault d’Allonnes)

Quand Macron invite le chômeur à traverser la rue pour trouver un travail, ça veut dire qu'il est entièrement responsable de sa réussite et de ses échecs. (Myriam Revault d’Allonnes)

Est-ce qu'on peut réduire l'individu uniquement à un sujet économique qui calcule les conséquences de ses actions? (Myriam Revault d’Allonnes)

Est-il alors devenu impossible de faire société ? Le triomphe de l’individu a marqué la modernité politique,  au moins depuis Hobbes et l'idée que « L'Homme est un loup pour l'Homme ». La politique n’est plus que l’instrument garantissant la réalisation des finalités individuelles. Poussée à l'extrême, une telle perspective fait des institutions sociales de simples instruments  pour l'individu voulant assurer ses droits préalables. Tout dépend en fait de la manière dont on interprète le lien social : d'autres que Hobbes, les Rousseau ou les Montesquieu, ont souligné, au contraire, la nécessaire réciprocité entre l’individu et les institutions. On parle alors d'un endettement réciproque, pour lequel les institutions sont elles aussi “endettées” à l’égard des individus à produire les conditions de possibilité d’une véritable autonomie. Surtout, une véritable démocratie est faite de pluralité et de délibération. Non pas d'individus marchant droit et dans un même mouvement, mais d'opinions divergentes et d'agône.

Si le rationalisme néolibéral semblait d'abord remis en doute par la crise dûe à la Covid 19, Emmanuel Macron remettant à l'honneur les « derniers de cordée », ce personnel qui jusque là demeurait dans l'ombre et était si mal rémunéré, la « Révolution » macronienne, semble-t-il, poursuit son cheminement.

Olivia Gesbert

https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-idees/comment-definir-le-macronisme-aujourdhui?actId=ebwp0YMB8s0XXev-swTWi6FWgZQt9biALyr5FYI13OojN5VSMd2TMt8SkIKwMoFh&actCampaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=634548#xtor=EPR-2-[LaLettre21012021]

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Najat Vallaud-Belkacem - Sortir de l'extrême pauvreté (Vidéo)

19 Janvier 2021 , Rédigé par Blonde Publié dans #Politique

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