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Vivement l'Ecole!

politique

2020 ou le retour de la pensée éclairée par le débat d'idées...

24 Décembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Education

2020 ou le retour de la pensée éclairée par le débat d'idées...

Noël. Période propice à la réflexion, au temps qui se pose et aux sourires partagés. L'année 2019 aura été à l'image de la précédente: agitée, floue, souvent consternante par les approximations, les contre-vérités, les fake news. La raison, le débat critique et contradictoire souffrent en Macronie. Souffrent d'être attaqués, souffrent de ne pas exister. Ce sont pourtant - la raison et le débat - deux piliers de la démocratie. Démocratie qui, sans eux, se voit dépossédée et donc rendue incapable de remplir son office: prendre soin du citoyen, accompagner la nation, lui offrir du temps disponible non pas pour Coca-Cola mais pour l'intelligence partagée, éclairée et éclairante.

L'Ecole - au sens le plus large - devrait être le lieu privilégié des apprentissages au débat critique, au raisonnement construit et argumenté. Dès le plus jeune âge. Au lieu de ça, se construit sous nos yeux et malgré nous une forme bizarre d'Ecole davantage utile à fabriquer une société libérale et égoïste - quand le libéralisme partout s'essouffle à force d'échecs répétés - qu'à émanciper tous les enfants de ce pays, sans distinction, qu'à émanciper les femmes et les hommes devenus adultes.

"Emanciper"! Tout le contraire du triomphe de l'individualisme voulu par le Président Macron tournant de plus en plus le dos à la construction du commun. Gravissime erreur dont les effets se font sentir ces temps-ci. La volonté de réussite personnelle à tout prix engendre frustration, colère, violence et révolte chez les oubliés, très nombreux, de la dogmatique start-up nation où tout DOIT réussir, où tout DOIT aller vite, où tout DOIT être action permanente, sans repos ni retraite. Ou tout, aussi, DOIT être soumis à évaluation systématique. A l'Ecole - les derniers résultats de l'enquête PISA l'ont mis en lumière - les écarts se creusent à nouveau entre ceux qui ont tout et ceux qui ont moins, voire rien du tout. C'est à terme très dangereux quand il faudrait, urgemment, recréer les conditions permettant de faire de nos élèves de futurs citoyens. Plutôt que construire une société dans laquelle ils seront confinés, respectivement, à des communautés imposées.

Je suis néanmoins confiant. 2020 devrait voir le retour de la pensée illustrée par le débat d'idées.

Ces idées qui mènent le monde...

Christophe Chartreux

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Emmanuel Macron... Le président simulacre et si peu romanesque...

23 Décembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

Emmanuel Macron... Le président simulacre et si peu romanesque...

Roulant vers Paris, mon amie et moi parlions de tout autant que de rien. La conversation vint à rencontrer la politique. Plus nous parlions de la France « macronienne », moins nous trouvions de « profondeur » à ce jeune Président. À tel point qu’après quelques banalités, la musique reprit le dessus. Il y avait bien plus à dire en écoutant Juliette ou Maxime Le Forestier qu’en tentant une analyse du vide.

Le vide…

Comme la nature, la politique en a horreur. Et pourtant, c’est bien un « vide » qui dirige la septième puissance mondiale. Un « vide » construit sur un malentendu. Celui consistant d'abord à faire admettre au « bon peuple » la proximité du candidat avec la philosophie, plus exactement avec un philosophe : Paul Ricoeur. Cette amitié, cette complicité, ces « travaux » en commun furent beaucoup moins importants – c’est aujourd’hui de notoriété publique – que le disent quelques commentateurs paresseux, le jeune Macron ayant aidé le philosophe à établir une bibliographie pour « La Mémoire, l’Histoire, l’Oubli » paru en 2000. Pendant la campagne présidentielle et après l’élection, cette belle histoire continua de répandre son parfum. Elle était utile et comblait des vides.

Quelque temps après, la philosophie laissa la place au romanesque. Le Président se voulut, et sa cour avec lui - car une fois au Palais, il céda aux habitudes anciennes. Donc vite, une cour ! - « personnage romanesque ». Philippe Besson commit un livre intitulé « Un personnage de roman – Macron par Besson » paru chez Julliard. À la lecture – difficile car ennuyeuse – de ce livre, il est impossible de savoir si Emmanuel Macron est davantage Rastignac que Sorel. Et pour cause ! Le président de la République n’est pas et ne sera jamais un personnage romanesque. Et n’écrira jamais ce « roman national » que beaucoup d’intellectuels appelaient pourtant de leurs vœux enamourés. Les plus fanatiques allant même jusqu’à affirmer qu’il s’écrivait sous nos yeux par la grâce, le génie, la clairvoyance de ce jeune homme que rien ni personne ne pourrait arrêter dans son ascension de l’Olympe. Plus tard, Zeus deviendra Jupiter. Avant la chute. Icare...

Je me souviens de mes personnages de roman. Aucun d’entre eux n’avait envie d’un destin « macronien ». Toutes et tous me ressemblaient. J’avais envie de les suivre dans leurs aventures, leurs chevauchées, leurs intrigues, leurs douleurs comme leurs amours. Qui aujourd’hui souhaiterait devenir un « Macron » ? Absolument personne. La « Macronie » a érigé une statue de héros antique, de Dieu – Jupiter – et ce faisant a confondu « roman » et « mythe ». Si le premier offre à aimer des histoires, le second fige l’Histoire, la rend inaccessible aux mortels. Sans doute, par cette erreur involontaire, les soutiens du candidat puis du Président voulaient-ils combler le vide politique « contenu », si je puis dire, dans les discours d’Emmanuel Macron. J’invite chacune et chacun à les relire. Ou à les écouter. Tout est tellement flou et approximatif qu’il fallut très vite raconter d’autres histoires, créer un autre « personnage ». Celle du « personnage romanesque » n’était qu’une erreur de plus venant confirmer ce qui désormais se voit, s’entend : nous avons élu un simulacre. Définition la plus courante : « Apparence qui ne renvoie à aucune réalité sous-jacente  »

Le vide encore. Le vide toujours. Mais le vide UTILE quand le réel proposé – le projet – est incompréhensible, rendu volontairement inaccessible au citoyen lambda.

Encore un petit effort et le « personnage romanesque » devint bientôt un algorithme. Avec un avantage non négligeable : être dispensé du « courage de la vérité » dont parla magnifiquement Michel Foucault lors de sa dernière leçon donnée au Collège de France, en 1984, quelques temps avant sa mort. Pour aboutir au pire, au contraire de la démocratie qui n’est pas, comme il est usuel de l’affirmer, la dictature. Non, le pire est ailleurs : dans la démagogie.

Mon amie, mon héroïne a le regard sombre et le sourire lumineux. Elle a tous les courages. Dont celui de la vérité. Elle a les enthousiasmes et les chagrins des personnages de mes romans d’adolescence. Ses « aventures » pourraient être les miennes. Elle est ma « petite sœur », ma compagne de route. Je la reconnais à un regard ; je la comprends à quart de mot. Chaque rencontre est un chapitre. Chaque conversation est un espoir. Point de simulacre. Seulement la réalité d’une vie.

Romanesque…

Christophe Chartreux

Le présent n’est pas un passé en puissance, il est le moment du choix et de l’action.”

Simone de Beauvoir

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Myriam Revault d’Allonnes : « Le macronisme est une politique de l’insensible » (+ vidéos)

22 Décembre 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Politique

EXTRAITS

En dépit de ses appels à la solidarité, notamment pour défendre la réforme des retraites, l’exercice du pouvoir par Emmanuel Macron relève d’une conception managériale de la société et de l’individu, analyse la philosophe Myriam Revault d’Allonnes dans un entretien au « Monde ».

(...)

Les professions du soin, de la protection ou de l’éducation, qui sont en contact direct et quotidien avec les citoyens, semblent particulièrement touchées. Vivons-nous à l’heure de la déliaison sociale ?

Bien au-delà de ce qu’on tente de faire passer pour des revendications catégorielles, qui voudraient maintenir les seuls avantages acquis par certains au détriment du sort des générations futures, on est confrontés depuis des mois aux plaintes, aux demandes, aux réquisitoires de ceux qui prennent quotidiennement en charge les populations les plus vulnérables : le SAMU, les services d’urgence, les pompiers qui, de leur propre aveu, sont devenus les « médecins des pauvres » et passent le plus clair de leur temps à « faire du social » là où les services publics sont défaillants, voire inexistants. Ces protestations durent depuis des mois, même des années, et elles se sont exprimées avec force bien avant les manifestations et les grèves de ces dernières semaines. Personne n’ignore que le mouvement des « gilets jaunes « a pris racine dans ces territoires désertés par les services publics ainsi que par les instances et les organes de médiation qui faisaient lien et permettaient, si peu que ce soit, de donner une figure concrète au tissu social, au « commun ». C’est l’un des aspects – mais non le seul – d’un processus de déliaison, de délitement du lien social, qui est le signe d’un dérèglement de la logique démocratique.

Quelle est la vision de l’individu et de la société véhiculée par la politique d’Emmanuel Macron ?

Sur la vision de la société que nous propose le « macronisme », plusieurs points méritent, selon moi, d’être soulignés. Je voudrais ici m’attacher à la perspective d’une « anthropologie politique » qui déborde les seules décisions politiques et même les seuls mécanismes institutionnels. On ne rappellera jamais assez qu’une forme de société (au premier chef la démocratie) n’est pas seulement un ensemble de dispositifs juridico-politiques, un mode d’agencement et de répartition du pouvoir. C’est aussi un horizon de sens et un ensemble d’expériences, autrement dit une manière de vivre (ou de ne pas vivre) ensemble. Il importe alors de se demander quelle vision on nous propose aujourd’hui de l’individu et de ses rapports avec la société, vision dont le « macronisme » n’est sans doute que l’emblème ou la pointe avancée.

Le triomphe de l’individu, qui a marqué la modernité politique, a souvent laissé penser que la politique n’était que l’instrument garantissant la réalisation des finalités individuelles. Comme si les individus, mis en position de fondement, étaient porteurs de droits préalables (et des pouvoirs liés à ces droits) avant d’être soumis à des devoirs et surtout avant même d’appartenir à la société politique. Dans cette perspective, poussée à un point extrême, les institutions sociales ne sont qu’un instrument extérieur ou extrinsèque destiné à assurer ces droits préalables. Il suit de là que le consentement des individus à l’égard de ces mêmes institutions est nécessairement conditionnel et révocable : ils n’ont en effet d’obligations à l’égard de la communauté que dans la mesure où elle garantit ces droits.

C’est la question de l’endettement de l’individu à l’égard du social qui se trouve alors posée, mais c’est aussi son symétrique inversé, à savoir la question de l’endettement du social à l’égard des individus, qui se révèle aujourd’hui dans sa lumière la plus crue à travers les discours du pouvoir actuel, notamment autour des notions de responsabilité, d’autonomie et de capacité.

(...)

Le « nouveau monde » n’a rien de nouveau, si ce n’est la proclamation explicite, non dissimulée, d’un certain nombre d’impératifs étroitement associés à une vision utilitariste du social. Et, encore une fois, cette vision utilitariste affecte profondément la manière dont on appréhende les sujets politiques : le nouveau modèle de subjectivation proposé aux individus est celui d’un sujet rationnel, entrepreneur de soi-même, performant, soustrait par le calcul et la prévision aux aléas de la contingence et débarrassé du même coup des déchirements intérieurs, des contradictions et des paradoxes qui font sa richesse. A cet égard, le macronisme est une politique de l’insensible.

(...)

... je crois qu’effectivement les jeunes, même si on les voit et on les entend peu dans les manifestations traditionnelles, prennent à bras-le-corps un certain nombre de questions relatives à la responsabilité que nous avons à l’égard du monde, à ce que nous devons au monde et à sa durabilité. Sans doute les chemins qu’il leur faut explorer ne sont pas encore frayés, mais dire que le monde est toujours « hors de ses gonds » signifie qu’il ne peut être préservé de l’usure et de l’entropie que par la force de l’imaginaire.

Propos recueillis par Nicolas Truong

A lire dans son intégralité en cliquant ci-dssous

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Barbara Stiegler : «Pour le néolibéralisme, l’idée que l’on puisse se retirer est un archaïsme» (+ vidéos)

21 Décembre 2019 , Rédigé par Libération Publié dans #Politique

La réforme des retraites reflète totalement la mentalité poussant à supprimer tous les espaces et temps offrant des abris face au grand jeu de la compétition, estime la philosophe.

La contestation autour de la réforme des retraites est-elle l’occasion de critiquer plus profondément l’injonction faite à chacun d’être dans la performance de soi, au travail comme dans la sphère privée, jusqu’au dernier jour de sa vie ? Gagner sa retraite comme on remporte l’ultime compétition de son existence ? Professeure à l’université Bordeaux-Montaigne, la philosophe Barbara Stiegler a publié cette année un essai remarqué sur cet esprit du néolibéralisme, intitulé «Il faut s’adapter.» Sur un nouvel impératif politique (Gallimard).

L’ampleur du conflit social exprime-t-elle un refus de l’injonction politique à «s’adapter», qui est au cœur de votre ouvrage ?

Je crois que nous assistons à un affrontement de très grande ampleur, probablement historique, qui dépasse très largement les débats techniques entre experts sur les avantages comparés d’une réforme «systémique» ou «paramétrique» et qui déborde la seule question des retraites, au sens étroit du terme. Ce qui est en question, c’est le maintien de la pensée politique dominante qui répète depuis un demi-siècle qu’«il faut s’adapter» à un nouvel environnement, désormais régi par une compétition mondiale aux rythmes accélérés. Selon ce grand récit inventé par le néolibéralisme dans les années 1930 et qui a gagné la bataille politique et culturelle à partir des années 1970, tel serait en effet le sens inéluctable de l’histoire, conférant à l’Etat une mission révolutionnaire : celle de faire table rase de tous les héritages du passé et de réquisitionner tous les temps de la vie pour les inclure dans ce grand jeu de la compétition mondiale. Or, ce sont très exactement les conséquences de cette politique que les professionnels d’éducation et de recherche, mais aussi de soin et de santé éprouvent aujourd’hui de plus en plus durement, et c’est ce qui explique l’ampleur de leur mobilisation dans ce mouvement. Enfants, élèves, étudiants, chercheurs, mais aussi chômeurs, précaires, malades chroniques, handicapés ou personnes âgées : tous ceux que l’on encourageait jusque-là à vivre selon d’autres rythmes, que l’on mettait à l’abri derrière la clôture des institutions et que l’on plaçait sous la protection de certains statuts doivent désormais prendre, comme tous les autres, le train de la compétition mondiale, qui défait toutes les clôtures et qui refuse tous les statuts. C’est une question de justice, nous dit-on. Et c’est cela aussi que tout le monde entend désormais derrière l’injonction à travailler toujours plus, toujours plus tard et toujours plus longtemps.

En quoi la réforme des retraites est-elle significative du projet néolibéral dans son ensemble ?

On y retrouve presque tous ses marqueurs intellectuels. Et d’abord son discours sur la justice, l’égalité des chances et les règles du jeu. Tandis que les conflits de l’histoire, la complexité des corps intermédiaires et l’accumulation des statuts sont accusés de produire une réalité opaque, le nouveau monde néolibéral fait table rase de tout le passé pour remettre tous les compteurs à zéro, avec des règles du jeu universelles et transparentes. A partir de là, et comme dans le sport de compétition, le but est que le meilleur gagne. Puisque chacun est soumis aux mêmes règles du jeu, les inégalités s’en trouvent automatiquement légitimées. Le jeu proposé est d’ailleurs double, mais c’est toujours le jeu de la compétition : si l’on n’a pas capitalisé assez de points dans le jeu «par répartition», ou si l’on anticipe par exemple que les points vont nécessairement baisser du fait de la démographie, on est encouragé à jouer au jeu de la retraite «par capitalisation», comme l’explique en toutes lettres la loi Pacte. Le sens même de la «retraite» se trouve alors intégralement inversé. Au lieu de permettre de se retirer du jeu, d’inventer un nouveau rapport au travail, au temps ou à la vie en général, elle intensifie le jeu de la compétition mondiale sur le marché. Rien d’étonnant dès lors si le pilotage du système est confié à un dispositif automatique, et pourquoi pas algorithmique, dont le but est de mettre hors circuit la conflictualité sociale en même temps que l’intelligence collective des sociétés, pour lui substituer une «gouvernance» par le haut, connaissant par avance «le cap», c’est-à-dire la fin de l’histoire. C’est le sens politique profond du conflit entre le pouvoir actuel et les syndicats.

Plus généralement, l’idée de retraite n’a pas le même sens pour tous…

Pour le néolibéralisme, c’est l’idée même que l’on puisse se retirer du jeu, c’est la notion même de retraite au sens le plus général du mot - d’un retrait pour se soigner, pour s’éduquer, pour chercher, pour travailler autrement, pour se reposer, ou pour faire tout cela à la fois et à sa guise - qui est un archaïsme. Pour tous ceux qui se mobilisent aujourd’hui, c’est ce grand récit sur la fin de nos vies et le sens de l’évolution qui est désormais archaïque. Car avec la souffrance au travail qui monte un peu partout, avec l’épuisement des ressources physiques et psychiques que produit le rythme de la compétition, sorte de redoublement intime de l’épuisement planétaire des ressources produit par la surchauffe de l’économie mondialisée, le sentiment grandit que cette vision du monde menace à la fois nos propres vies et toute forme de vie sur terre.

Plus qu’une question budgétaire, l’enjeu de cette réforme serait donc d’ordre évolutionniste et environnemental ? Plus que de sous, il serait au fond question de sens et d’espérance de vie ?

L’idée est en effet d’imposer un certain récit sur l’avenir de nos vies : celle d’une espérance de vie toujours plus longue, dans laquelle le travail et la compétition feront indéfiniment reculer la mort et toujours plus triompher la justice. Mais cette vision prophétique se fracasse aujourd’hui sur une tout autre réalité : celle de l’explosion des inégalités, qui se décuple à la fin de nos vies, quand les plus défavorisés cumulent une fin de carrière au chômage et l’irruption précoce de la maladie et de la dépendance. A l’aune de la crise écologique et de la dégradation de nos modes de vie, tous les rapports internationaux en santé publique nous annoncent une explosion des maladies chroniques qui contredit violemment le récit néolibéral sur la vie et la santé. C’est certainement ce contre-diagnostic qui explique la puissante contestation qu’il affronte aujourd’hui. Plutôt que d’adapter nos vies aux exigences d’un environnement dégradé par la mondialisation, c’est aux ressources de nos écosystèmes, de nos corps et de nos psychismes, bref c’est à nos conditions de vie que l’ancien monde doit désormais s’adapter.

Propos recueillis par Simon Blin

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De la peur - et du flou - comme outils de gouvernance en Macronie... Par Christophe Chartreux

19 Décembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

De la peur - et du flou - comme outils de gouvernance en Macronie... Par Christophe Chartreux

Alors que la Démocratie devrait prendre soin des citoyennes et des citoyens, nous observons depuis 2017 l'installation prégnante d'un sentiment qui ne devrait pas faire partie des outils de gouvernance, ni des moyens de pression des corps intermédiaires, ni enfin des sujets redondants saturant l'espace médiatique.

Ce sentiment très présent ces derniers mois a un nom: la peur.

Lorsque les français choisissent - ou plus exactement s'imposent ce choix - de voter pour Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle 2017, beaucoup d'entre ceux-là le font par peur. La peur de voir triompher Marine Le Pen. La peur de livrer la France à l'extrême droite.

Lorsque les Gilets Jaunes commencent à occuper les ronds-points, la colère les anime et "fabrique" leur combat commun mais la peur du déclassement, de l'oubli de leurs conditions, alimente leurs revendications et tissent leurs solidarités.

C'est encore la peur, cette fois gouvernementale, qui obligera le pouvoir à céder quelques milliards pour apaiser les révoltes et freiner les violences hebdomadaires terrorisant - ce qui se comprend - les commerçants, touristes et habitants des quartiers touchés. Encore la peur.

Lorsque cette collègue enseignante dit au Premier Ministre et au Ministre de l'Education Nationale que ceux-ci les écoutent, non pas parce que les remarques et propositions des professeurs les intéressent, mais parce qu'ils ont peur, elle met très précisément l'accent sur ce sentiment qui au lieu d'aider la réflexion, de faciliter le débat, l'empêche, voire l'interdit.

Lorsque des membres de la communauté éducative refusent de répondre à des journalistes ou ne le font qu'à condition de ne pas révéler leur identité, c'est encore et toujours la peur - de la sanction - qui les oblige à se protéger.

Lorsque le gouvernement, très fortement soutenu et relayé par des médias d'information en continu, par des chroniqueurs matutinaux omniprésents, fait planer la menace d'une grève durable des transports pendant les congés de Noël, la peur lui est très utile une fois encore.

Lorsque Laurent Berger (CFDT) quitte au bout d'une heure une manifestation "unitaire" - celle du 17 décembre - et que son entourage affirme - je cite - qu' "il y avait trop de monde autour de lui", la peur devient un motif d'explication.

La peur, encore et toujours.

Ajoutée au flou très employé par le pouvoir macroniste depuis mai 2017 - et par le candidat Macron - les français sont en droit de se poser les questions suivantes:

"La démocratie en 2019 joue-t-elle toujours son rôle protecteur?

N'est-elle pas fort mal servie par bien des acteurs divers en charge de la faire vivre?

La peur, réelle ou fabriquée, est-elle devenue un outil de gouvernance parmi d'autres?"

J'ai très peur de la réponse.

J'espère néanmoins que 2020 verra l'émergence de discours enfin différents sachant réenchanter l'imaginaire français, sachant remplacer la peur par les idées - ces idées qui mènent le monde - et par l'espoir.

Christophe Chartreux

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"Le premier grand geste politique est l'éducation" - Cynthia FLEURY - Rencontres Littéraires Pau 2018 - Passionnant! (Vidéo)

17 Décembre 2019 , Rédigé par Pau Béarn Pyrénées Publié dans #Politique, #Philosophie, #Société

« La démocratie peut-elle guérir ? » Ayant constaté au fil de ses recherches au sein du monde clinicien le lien tangible entre un individu, sa santé et l’État de droit, Cynthia Fleury explique que l’État de droit est avant tout l'état social. Or, quand « l’État de droit se dissocie de l'état social, on ne détruit pas que la santé des individus, on détruit aussi l'Etat de droit ».

Cynthia Fleury affirme qu'il n'y a pas qu'une seule manière de faire de la démocratie : il faut la « diversité des individus pour inventer la démocratie qui leur correspond » et ne plus mettre en danger « la manière solidaire d'être ensemble ».

Pour la démocratie de demain, elle renvoie à la notion d’individuation, structurante de l'individu et martèle son propos sur la nécessité d'engagement des individus dans la limite de leurs moyens, en concluant que « le premier grand geste politique est l'éducation, l'enseignement qui est le pilier de tout : on va apprendre et on va nécessairement transmettre ».

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Vivement 2020... Pour que tous les "possibles" réapparaissent enfin...

8 Décembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

Vivement 2020... Pour que tous les "possibles" réapparaissent enfin...

Dans le film dont parlaient récemment sur France Inter son réalisateur Nicolas Pariser et Najat Vallaud-Belkacem (voir lien en bas de page), une question a été posée sans qu'il y soit vraiment répondu (ce n'était pas l'objet de l'émission mais c'est l'un des prétextes au film):

"Qu'est-ce qu'une idée?"

Amené à y réfléchir, j'ai complété la question:

"Que devrait être une idée politique en 2020 pour les années à venir?"

L'Histoire de la Ve République - pour ne pas remonter à Platon - regorge, fourmille et déborde d'idées politiques. Toutes, à quelques exceptions près, sont issues du quasi sacro-saint "pragmatisme". Ce "pragmatisme politique" qui n'a eu pour effets que freiner les enthousiasmes, les envies et annihiler les rêves.

Ces idées "pragmatiques" étaient issues d'un discours très souvent incompréhensible à une immense majorité de français. En 2016/2017, durant la campagne, Emmanuel Macron et ses soutiens ont apporté une variante. Au "pragmatisme", ils ont ajouté le "flou conceptuel". Jamais aucun observateur ne pouvait exactement traduire les propos tenus par le candidat "En Marche". Et chacun pouvait aussi y trouver son "bonheur" tant ce flou faisait office de projet.

Alors que devrait être une "idée politique" pour les années à venir? Et même dès maintenant. Je ne parle pas ici du fond mais de la forme et mes propositions sont sans doute très éloignées de ce que l'on peut entendre à l'ENA ou à Sciences Po, écoles que je n'ai pas fréquentées. Il s'agit davantage d'intuitions, de perceptions que d'une réflexion formatée, ce qui me semble plus intéressant peut-être.

Une idée politique se devrait d'être évidemment compréhensible sans être simpliste. Oui, il faut cesser de croire que la complexité d'un propos serait gage de "génie". Les "synergies", c'est joli sur un plateau. Cela "fait" expert. Mais le citoyen veut entendre des humains qui doutent parfois, des candidats qui n'apportent pas la certitude de succès annoncés, jamais aboutis. D'où les déceptions récurrentes.

Elle devrait être joyeuse, galvanisante et porteuse de rêves. L'utopie ne doit pas être excessive - un équilibre à trouver - mais elle doit faire son retour. Si la jeunesse du monde suit Greta Thunberg, ce n'est pas parce qu'elle est une experte "sachante" - ce qu'elle n'a jamais prétendu être - mais parce qu'elle porte des utopies, des rêves de monde meilleur, plus juste, plus "propre". Un monde où tous les possibles seraient à nouveau présents.

Elle devrait se rapprocher des préoccupations locales. Difficile certes car il existe un nombre incalculable de "lieux". Néanmoins, tous ces "lieux" sont traversés, reliés par des constantes permanentes. En s'adressant à cet urbain aisé, à ce banlieusard fatigué, à ce rural lointain, à ce français expatrié, en s'adressant aux femmes, à la jeunesse quelle qu'elle soit, aux populations des cités dites "difficiles" regorgeant d'énergie et de trésors, aux étrangers vivant sur notre sol, bref à toi et à moi, alors cette idée politique viendrait sonner aux oreilles et permettrait à chacune et chacun de s'approprier l'espoir qu'elle porte.

Enfin - mais il y aurait tant à dire et je laisse le soin à toutes et tous d'écrire et de dire la suite - l'idée politique 2019 et après devrait respecter les français. Les respecter en reflétant TOUJOURS, d'une manière ou d'une autre, la réalité des inégalités sociales par une "sociologie de l'idée". Ces inégalités qu'Emmanuel Macron méprise, pensant du haut de sa suffisance qu'il suffit de "traverser la rue pour trouver un emploi".  Inégalités sociales que l'extrême droite utilise - Eric Zemmour s'emparant de Jaurès et Blum - pour mentir au peuple, prendre le pouvoir et trahir ce même peuple à peine installée à l'Elysée.

Les années à venir doivent nourrir des idées non seulement différentes par ce qu'elles apportent, mais différentes aussi et surtout par le renouvellement qu'elles provoqueront dans les esprits anesthésiés d'un peuple qui ne demande qu'à agir pour mieux vivre ensemble.

Christophe Chartreux

https://www.franceinter.fr/emissions/on-aura-tout-vu/on-aura-tout-vu-28-septembre-2019

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A Lire... "Opération Macron" - Eric Stemmelen

30 Novembre 2019 , Rédigé par Le Monde Diplomatique Publié dans #Politique

Encore un livre sur l’ascension de M. Emmanuel Macron ? Oui. Mais celui-ci raconte avec la minutie d’un horloger les étapes successives de ce « tranquille coup d’État ». Le journal débute le 22 janvier 2012, lorsque M. François Hollande promet de s’attaquer au « monde de la finance » pendant que M. Macron pilote les fusions et acquisitions pour une banque d’affaires. Durant cinq années, l’auteur décrit la progression du futur chef de l’État, et surtout le rôle qu’y jouent les médias. Revenant sur chaque article élogieux, chaque portrait flatteur, Éric Stemmelen n’omet ni les tirs de barrage contre M. Jean-Luc Mélenchon ni le soutien des grands patrons de presse. « Au long de cette histoire, note l’auteur, sont passés auprès d’Emmanuel Macron, parmi les douze premières fortunes françaises : en première ligne, Xavier Niel et la famille Arnault, ainsi que Yannick et Vincent Bolloré, et aussi Patrick Drahi, la famille Pinault, la famille Bettencourt. Sans oublier Rothschild, Lagardère et quelques autres. »

Mathias Reymond - Le Monde Diplomatique

Voir également l'extrait de l'émission "Arrêt sur images" en cliquant ci-dessous

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Macron ou le triomphe de la destructrice pensée néolibérale...

28 Novembre 2019 , Rédigé par Libération Publié dans #Politique

Macron ou le triomphe de la destructrice pensée néolibérale...
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