Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

politique

« Le clip de campagne électorale d’Eric Zemmour exacerbe un phénomène maintes fois vérifié : la culture n’est jamais un sujet de propositions, elle est instrumentalisée »

4 Décembre 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Culture, #Politique

Opinion] Pour une nouvelle époque de l'action culturelle publique

EXTRAITS

Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », analyse la vision culturelle ébauchée par le polémiste d’extrême droite dans la vidéo annonçant sa candidature à la présidentielle.

Alors que les milieux de la création déplorent depuis des décennies l’absence quasi totale du mot culture dans la bouche des candidats à la présidentielle, voilà que le sujet est omniprésent chez un concurrent déclaré, qui plus est sous la forme artistique d’un clip. Et pourtant – on ne prend pas trop de risques à l’écrire –, ils auraient préféré que cette longue jurisprudence du rien se prolonge plutôt que d’avoir à découvrir, mardi 30 novembre, sur le coup de midi, dix minutes venues d’outre-tombe.

Arrêtons-nous sur la vision culturelle ébauchée par Eric Zemmour, dont les propos et les images sont si éloignés du sentiment d’amour que YouTube les diffuse avec un avertissement – « cette vidéo peut être inappropriée pour certains utilisateurs » – et a interdit son accès aux mineurs. Dix-neuf créateurs sont cités, ce qui est énorme, dont le profil est pourtant loin du film gore : Hugo, Chateaubriand, Pascal, Descartes, La Fontaine, Molière, Racine, Voltaire, Rousseau, Gabin, Delon, Bardot, Belmondo, Hallyday, Aznavour, Brassens, Barbara, Sautet, Verneuil.

Ajoutons Beethoven, qui a signé la partition du clip musical. Son deuxième mouvement de la 7e Symphonie est répétitif, un peu martial, presque dansant, émouvant sûrement, crescendo. Ce tube de la musique classique est utilisé dans des dizaines de films, dont on retiendra, non sans corrélation avec la rhétorique zemmourienne, Le Discours d’un roi, dans lequel George VI (Colin Firth) surmonte son bégaiement pour signifier à la radio l’entrée en guerre du Royaume-Uni en 1939.

L’orchestration des créateurs dans le clip exacerbe un phénomène vérifié maintes fois dans des campagnes électorales, tous candidats confondus : la culture n’est jamais un sujet de propositions, elle est instrumentalisée. Elle n’est pas citée pour ce qu’elle dit mais au service d’un projet qui la dépasse. Elle sert un candidat sans que ce dernier la serve.

(...)

C’est plus commode que les vivants, les morts. C’est de la pâte à modeler. Ils ne réclament rien, ne s’indignent pas. Dans le clip, ils sont réduits à l’état de patrimoine à côté de Versailles ou de Notre-Dame, d’une 2CV dans une rue déserte, de livres d’un autre siècle rangés en fond d’écran, dans un coloris sépia, des livres si proches de ceux apparaissant sur les images officielles des présidents de la République d’antan que l’on affiche dans les mairies. Le tout est cohérent, faisant du candidat un mort parmi les morts, retranché dans un bunker à la lumière fragile.

Les commentaires vont bon train depuis trois jours pour cerner le décalage vertigineux entre le profil des créateurs cités et les idées du candidat. L’exemple le plus criant est la chanteuse Barbara, suffisamment contemporaine pour ne pas risquer l’anachronisme. Elle fut une égérie socialiste, pour ne pas dire une groupie mitterrandienne, à qui on doit Regarde, chanté en public juste après la victoire de son champion en mai 1981, qu’elle élève au rang de guide suprême : « Quelque chose a changé/L’air semble plus léger/C’est indéfinissable. (…) Un homme/Une rose à la main/A ouvert le chemin/Vers un autre demain. »

(...)

Pour lui, un créateur ne s’appartient plus. Et la définition de la culture est à prendre non dans sa dimension artistique, mais sociétale et morale. Donald Trump pensait la même chose, qui, lors de ses meetings, a diffusé les musiques de Neil Young, Adele, Queen, Pharrell Williams ou Guns N’Roses, malgré l’indignation de ces derniers. Mais le droit d’auteur étant bien plus protégé en France, les procès à venir pourraient coûter cher au candidat.

Dernier point. Le clip ne dit rien d’un programme présidentiel mais tout d’une politique culturelle. Zemmour entend « préserver notre patrimoine architectural et culturel ». Il tranche un débat qui n’a cessé d’osciller, avec les budgets, entre soutien au patrimoine et soutien à la création. Son choix est unilatéral, on pouvait s’en douter, tant il colle à sa lecture du pays.

Michel Guerrin(Rédacteur en chef au « Monde »)

Lire la suite

"Faire de la politique c'est quoi aujourd'hui ?" - Par Najat Vallaud-Belkacem

3 Décembre 2021 , Rédigé par ladose.binge.audio Publié dans #Politique

Image

EXTRAITS

Pour répondre à cette question vertigineuse, j'aimerais pouvoir répondre avec sincérité, sans enjoliver, mais sans dissuader qui que ce soit de s'engager un jour. Ma première conviction est en effet que la meilleure façon de faire de la politique aujourd'hui serait de la partager très largement. Et non pas la confisquer à quelques-uns, avec des règles du jeu que plus personne n'accepte. Il faut donc laisser à chacun la liberté d'en faire à sa manière, et se garder de donner leçons et recettes qui fermeraient portes et fenêtres. J'ai donc choisi, non pas la forme trop narcissique d'un dictionnaire amoureux de la politique, mais celle d'un petit abécédaire sceptique, évitant tout esprit de système et de dogme. 24 entrées qui se veulent autant d'invitations à faire de la politique aujourd'hui.

 

Affronter. Je n'aime pas associer la politique à la violence, adopter cette vision très virile qui tend à faire de la politique un art de la guerre. Cela ne correspond ni à mes aspirations ni à mon expérience de l'engagement, encore moins aux quelques satisfactions que la vie politique a pu m'apporter. Mais c'est un mot important car s'il faut fuir la culture du "clash" et les affrontements stériles, la politique reste le courage d'affronter le monde, la difficulté, l'adversité. 

 

Bifurquer. La politique est une ogresse qui peut vous dévorer si vous lui donnez tout. Il faut savoir s'échapper, s'en libérer, bifurquer si on veut rester libre. C'est très difficile parce que ce n'est pas prévu au programme : une élection chasse l'autre, un mandat en appelle un autre, une défaite appelle la revanche, etc. Il faut imposer son itinéraire : bifurquer permet de prendre d'autres chemins, sans changer de destination.

 

(...)

 

Fraternité. La plus malmenée des valeurs républicaines en politique, aujourd'hui. Sa réhabilitation est une urgence, une exigence absolue.

 

(...)

 

Réseaux sociaux. J'ai dû apprendre à faire de la politique avec. Aujourd'hui, je crois qu'il faudrait apprendre à en faire sans. C'est évidemment impossible tant les réseaux sociaux ont pris de l'espace dans nos vies quotidiennes, capté notre attention, influencé nos façons de nous informer et de communiquer. Mais le travail critique qu'accomplit une nouvelle génération de militants politiques sur ces outils numériques doit servir à s'engager différemment.  

 

(...)

 

Wokisme. Le dernier en date des concepts absurdes que la droite réactionnaire réussit régulièrement à imposer dans le débat et qui témoigne à lui seul de la difficulté de faire de la politique sérieusement.   

 

Najat Vallaud-Belkacem

 

Texte intégral à lire en cliquant ci-dessous (Et le second lien pour s'abonner)

 

Lire la suite

Najat Vallaud-Belkacem : « Nous voulons que s’expriment toutes les idées contre l’extrême pauvreté »

29 Novembre 2021 , Rédigé par La Croix Publié dans #Politique, #Pauvreté

https://images.ladepeche.fr/api/v1/images/view/604452b28fe56f691b738148/full/image.jpg?v=1

Entretien

Lundi 29 novembre, l’ONG internationale One lance, en partenariat avec La Croix et make.org, une consultation citoyenne pour inviter les citoyens à faire de la lutte contre l’extrême pauvreté un enjeu de l’élection présidentielle. Najat Vallaud-Belkacem, sa directrice générale France, en explique les objectifs.

La Croix : Vous lancez une consultation citoyenne sur l’extrême pauvreté, dans le but d’en faire un enjeu de l’élection présidentielle. À quand remonte l’engagement de l’ONG One sur cette question ?

Najat Vallaud-Belkacem : L’ONG One a été fondée par Bono, le chanteur du groupe U2, au début des années 2000. Malgré les trithérapies découvertes quelques années plus tôt, l’épidémie du sida continuait de faire des ravages en Afrique subsaharienne où les soins sont inaccessibles. Plusieurs millions de morts qui auraient pu être évitées ne l’ont pas été. C’est pour faire cesser ce scandale que One est née.

L’extrême pauvreté explose, des populations entières qui n’accèdent pas aux besoins fondamentaux, et une iniquité vaccinale criante entre des pays riches, où 60 % de la population est vaccinée, et des pays pauvres, qui en sont à moins de 5 %… On n’en finira pas avec le Covid si on ne protège pas l’intégralité du monde. On n’en finira pas non plus avec les désordres du monde (famines, crises climatiques, violences, files de réfugiés…) si on ne s’attaque pas aux inégalités manifestes qui empêchent des populations de sortir de l’extrême pauvreté là où elles vivent.

Il y a pour moi une légitimité évidente à ce que la campagne présidentielle d’un des pays les plus riches du monde fasse une place à ces questions. Ce n’est pas utopique que de le souhaiter. C’est au contraire rendre justice à la façon dont les citoyens français, plus éclairés qu’ils ne l’ont jamais été, perçoivent désormais ces sujets.

Ils s’indignent du pillage des ressources naturelles du Sud par de grandes multinationales du Nord. Ils s’écœurent de voir quelques grandes fortunes profiter en milliards de dollars de la crise, sans être taxées comme elles devraient l’être par des pouvoirs publics impuissants. Ils éprouvent une nausée devant les débats interminables sur les migrants et réfugiés qui ne s’intéressent jamais au fond du problème : ce que fuient ces populations et comment on pourrait leur éviter d’avoir à fuir quelque chose…

Bref, plus que jamais, le désir d’un monde plus juste s’installe dans les esprits. Le « quoi qu’il en coûte » a permis de balayer les objections des libéraux. L’imagination doit être de retour pour penser les solutions de demain. C’est cela qu’ambitionne cette consultation menée avec la plateforme make.org, qui met les « civic techs » au service de la véritable citoyenneté : celle qui ne se contente pas de répondre par oui ou non à des sondages ou de glisser un bulletin dans l’urne mais qui, en s’exprimant sur le fond, permet de créer ces consensus dont on manque tant en ces temps de polarisation permanente.

Quelles sont les solutions que vous souhaiteriez voir émerger ?

N. V.-B. : À partir de lundi 29 novembre et jusqu’à mi-janvier, nous invitons chacun à se connecter sur le site stoppauvrete.make.org et à répondre à la question suivante : « Comment l’État, les entreprises et les associations peuvent-ils mettre fin à l’extrême pauvreté et aux inégalités dans le monde ? » La question est volontairement large car nous voulons que s’expriment toutes les idées, ciblant tous les leviers : pouvoirs publics, grandes entreprises, associations.

Le projet est de déboucher sur une quinzaine de propositions qui puissent donner à voir la lucidité et l’ambition des Français sur ces sujets. L’extrême pauvreté n’est pas une fatalité, la preuve c’est qu’on a réussi à la faire diminuer : dans les années 1990 elle concernait 36 % de la population mondiale et ce chiffre était tombé à 8 %, juste avant que le Covid ne vienne balayer des années d’efforts.

Il faut donc reprendre ce combat, actualiser nos moyens, chasser les angles morts, comprendre que c’est parce qu’on laisse s’installer l’extrême richesse qu’on s’empêche d’en finir avec l’extrême pauvreté. Lutte contre les flux financiers illicites, législations plus sévères contre le pillage des ressources naturelles, plus juste représentation des pays pauvres à la table des négociations internationales, levée des droits de propriété intellectuelle sur les traitements de grandes pandémies mondiales, etc., les idées sont légion. À chacun de s’en saisir.

Recueilli par Nathalie Birchem

Lire la suite

Valérie Pécresse en avant pour aller en arrière toute - Par Claude Lelièvre

23 Novembre 2021 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Politique

ANNALES DE L EXAMEN D ENTREE EN 6e DES LYCEES, COLLEGES ET C.C., 1956 de  VUIBERT A. | Achat livres - Ref RO60048082 - le-livre.fr

L'ex-ministre de l'enseignement supérieur de se distingue lors de la primaire organisée au sein de ''LR'' par des propositions (examen d'entrée en sixième, augmentation de deux heures des horaires dévolus au ''lire-écrire-compter'' dans l'élémentaire, focalisation unilatérale sur la ''transmission'') au rebours des deux ministres de la période gaullienne d'avant Mai 68 : Fouchet et Peyrefitte.

L'examen d'entrée en sixième

Il a été créé par deux arrêtés successifs (du 1er septembre 1933 et du 13 février 1934) à la suite de la décision de rendre progressivement gratuit l'accès aux classes de l'enseignement secondaire . A la ''barrière de l'argent'' qui jusque là limitait l'accès à l'enseignement secondaire aux enfants des classes socialement favorisées (à l'exception des rares boursiers triés sur le volet par des concours de bourses difficiles) est substituée une autre ''barrière'' (un examen d'entrée) , car il n'est pas envisagé alors un seul instant que l'école de l'élite (le secondaire) soit submergée par l'entrée massive des enfants du peuple

Le décret du 23 novembre 1956 supprime « l'examen d'entrée en sixième pour les élèves de l'enseignement public dont les résultats de la dernière année scolaire auront été égaux ou supérieurs à la moyenne »

On est alors dans une période où l'on considère que l'âge de la fin de la scolarité obligatoire doit être repoussée. C'est décidé finalement dès le début de la période gaullienne, par une Ordonnance de 1959. Il est prévu que les enfants ayant six ans cette année là auront obligatoirement deux années d'instruction supplémentaires.

Et, en 1963, le ministre de l'Education nationale Christian Fouchet (très fermement soutenu par le Président de la République Charles de Gaulle) institue le collège d'enseignement secondaire (CES) par lequel peuvent désormais transiter tous les élèves de 11-12 ans à 15-16 ans.

Les projets du ministre de l'Education nationale Alain Peyrefitte avant Mai 68

Dès son arrivée au ministère de l’Éducation nationale en mai 1967, le très gaullien Alain Peyrefitte a réuni chaque semaine un groupe de travail qui a élaboré en quelque six mois un plan de réformes en 27 points (27 points qui figurent – bien des années plus tard – in extenso en Annexes du tome III du livre d’Alain Peyrefitte intitulé C’était de Gaulle, signe de l’importance persistante qu’il leur accordait).

Lors de la communication qu’il a faite au conseil des ministres du 28 février 1968, le ministre de l’Éducation nationale Alain Peyrefitte a été très clair : « La réforme de l’enseignement engagée [à savoir la mise en place des collèges d’enseignement secondaire à partir de 1963] a profondément modifié les cadres de l’organisation scolaire, le contenant. Pour donner tout son sens à cette œuvre, il faut s’occuper du contenu. Les méthodes pédagogiques n’ont guère évolué depuis le siècle dernier, ni même depuis le xviie siècle. Or rien n’est plus difficile que de faire changer l’esprit et les méthodes. La démocratisation amène dans l’enseignement secondaire des enfants culturellement défavorisés ; ils ne sont pas justiciables des méthodes qui réussissent auprès des enfants culturellement favorisés ».

Les points de la réforme envisagée (groupés sous le nom de « rénovation pédagogique) n’en sont plus alors au statut d’avant-projets, car ils doivent faire l’objet d’une mise en œuvre expérimentale à la rentrée de septembre 1968 dans cent écoles primaires et trente collèges. Il est dit explicitement que « le cours magistral doit disparaître presque complètement à tous les niveaux ». Et il est prévu de remplacer les devoirs à la maison par des interrogations écrites ou orales donnant l’occasion aux élèves d’améliorer leur capacité d’expression et de s’évaluer eux-mêmes (par l’auto-correction). Il est prévu que le latin disparaisse entièrement en sixième et cinquième.

A l'important colloque tenu à Amiens à la mi-mars 1968, le ministre de l'Education nationale Alain Peyrefitte affirme ne voir une solution que par « la réforme des méthodes de l’enseignement » et précise que « tout cela signifie que nous voulons des maîtres qui soient moins les serviteurs d’une discipline que les serviteurs des enfants ; des maîtres qui sachent, certes, de quoi ils parlent, mais aussi et surtout à qui ils parlent. ». « C’est seulement par cette réforme des méthodes de l’enseignement, conclut le ministre Alain Peyrefitte, que l’école peut remplir aujourd’hui sa mission de toujours, celle d’initier à une culture ; or cette initiation, aujourd’hui, ne peut qu’être une invention ».

Bon, il paraît que « LR » se situe dans la filiation gaulliste et que Valérie Pécresse est allée se prosterner à Colombey-les-Deux-Eglises. Mais toute la période gaullienne était tendue vers un avenir autre , notamment en matière d'Ecole. Et là, c'est l'inverse. Valérie Pécresse , en particulier, se met en avant pour aller en arrière toute.

Claude Lelièvre

Le calcul à l'examen d'entrée en 6e 300 problèmes classés par chapitre dans  l'ordre du programme - Cours moyen classes de 7e des lycées collèges et  cours complémentaires - Les mementos du

Lire la suite

"La lutte contre la pauvreté n’est pas une question de charité, mais de justice et d’égalité." - Najat Vallaud-Belkacem (Vidéo)

22 Novembre 2021 , Rédigé par Ville Intelligente Mag Publié dans #Politique, #Education, #Pauvreté

Najat Vallaud-Belkacem est née le 4 octobre 1977 à Beni CHIKER au Maroc.

Ancienne Ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et auparavant du Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, sous François Hollande, elle est aujourd'hui directrice France de l’ONG ONE.

Au cours de cet entretien, Najat Vallaud-Belkacem a souhaité nous parler de ses combats avec L’ONG ONE contre les inégalités sociales auxquelles notre société fait face afin que tout le monde puisse mener une vie digne et pleine de possibilités. Elle est convaincue que la lutte contre la pauvreté n’est pas une question de charité, mais de justice et d’égalité. Que ce soit à travers des actions de plaidoyer ou des grandes campagnes de sensibilisation au niveau local, national, européen et international.

Najat Vallaud-Belkacem nous livre sa vision avec son vécue sur la place de la femme dans une société dominée par les hommes.

Elle nous rappelle l’importance du rôle de l’éducation nationale à transmettre les bonnes valeurs mais pas seulement, il y a pour elle une responsabilité collective et dont la seule question qu’il faut se poser « que voudrais-je pour mon enfant si je ne savais pas dans quelle famille, dans quel cadre social il naissait ».

Elle nous partage sa vision des grands enjeux de demain notamment avec la question du numérique et de l’environnement.

Si vous souhaitez suivre et connaître toute l’actualité des sujets menés par L’ONG ONE et par sa directrice France Najat Vallaud-Belkacem, c’est ici :

https://www.one.org/fr/

Lire la suite

Le grand glissement ou l'extrême droitisation de l'espace public

21 Novembre 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Politique

Le grand glissement ou l'extrême droitisation de l'espace public

Et si, au lieu de l'abject « grand remplacement », cette théorie du complot revendiquée par des terroristes et désormais popularisée en France par les chaînes d'information continue, c'est bien plutôt à un « grand glissement » que nous avons affaire ? Un long glissement de l'ensemble de l'espace public vers l'extrême droite, rendant, par exemple, possible qu'une telle expression, le « grand remplacement », puisse trouver sa place au cœur du débat opposant les candidats à la primaire de la droite, sans qu'aucun ou aucune n'ose la récuse clairement, sans qu'aucune ou aucun n'ose affirmer aussi clairement et calmement que l'a fait encore récemment le quotidien britannique The Guardian qu'il s'agit d'une expression raciste. Pour comprendre comment nous en sommes arrivés là, il faut lire le nouvel essai de la politiste Frédérique Matonti * et, peut-être aussi se demander, avec Arnaud Viviant, dans quelle mesure la déliquescence de la critique participe du grand dérapage.

Sylvain Bourmeau

*

Comment sommes-nous devenus réacs ?

Lire la suite

Pronom «iel» : l’Académie française a-t-elle autorité sur la langue française ?

20 Novembre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Langue, #Politique, #Blanquer

Académie française |

Dénonçant l’arrivée du pronom non genré dans «le Robert», le député LREM Jolivet a saisi les immortels. En réalité, si l’Académie a une aura médiatique, elle a peu de pouvoir sur l’évolution de la langue française.

Suite à «l’entrée», dans le dictionnaire en ligne du Robert, des pronoms non genrés «iel» (singulier) et «iels» (pluriel), vous nous faites part de la réaction indignée du député LREM François Jolivet sur Twitter : «Les auteurs [du Robert] sont donc les militants d’une cause qui n’a rien de Français : le #wokisme», écrit-il sur le réseau social. Et l’élu de joindre à son tweet une lettre adressée à «Madame le secrétaire perpétuel de l’Académie française», dans laquelle il interroge l’institution : «En votre qualité de gardien de notre langue française, pourriez-vous nous dire si vous avez délibéré sur le sujet.» Dès lors, vous nous demandez si l’Académie est bien «la gardienne du bon usage» du Français, et nous interrogez sur «le statut juridique de ses avis».

Créée en 1635 sous Louis XIII, l’Académie française, composée de 40 membres nommés à vie, a pour «principales fonction», selon l’article 24 de ses statuts, «de travailler, avec tout le soin et toute la diligence possibles, à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences». Pour ce faire, elle devait réaliser, à l’origine, quatre ouvrages : une rhétorique, une poétique, une grammaire et un dictionnaire. Mais en dehors d’une grammaire publiée en 1932 – fortement décriée –, elle ne conservera finalement qu’une seule de ses missions : le dictionnaire.

«Pas les compétences pour rédiger un dictionnaire»

Un ouvrage qui «ne devra ne pas seulement enregistrer dans un ordre alphabétique des mots avec leur explication, [mais] devra choisir aussi les mots d’usage propres à figurer dans la conversation, dans les discours, dans les écrits qui doivent être à la portée de tous», explique l’académie sur son site.

Après une première édition en 1694, l’institution en publiera sept autres jusqu’en 1935, dont certaines empreintes de réformes majeures de l’orthographe. Soit un dictionnaire complet et révisé tous les 40 ans environ. Mais depuis, le rythme a perdu de son élan. En 90 ans, les immortels n’ont atteint que la lettre S de la neuvième édition (publiée par morceaux au fur et à mesure de sa révision). Plus précisément le mot Sérénissime. Résultat : tous les mots compris entre Sérénissime et la lettre Z connaissent une définition relevant, au mieux, des années 30. Et tous les mots créés depuis 1935 et compris dans ce même intervalle de lettre sont tout bonnement… absents du dictionnaire. Même dans la dernière édition partielle, les mots du début de l’alphabet (de A à E) manquent un peu de fraîcheur, puisque leur définition relève de 1992, date de la publication du premier tome du «nouveau» dictionnaire, ou ne figurent pas, pour ceux créés depuis cette date.

Une lenteur conduisant à un décalage permanent par rapport à l’évolution de la langue, et qui s’expliquerait par la nature actuelle de l’institution : «Ses membres, essentiellement des écrivains, même largement secondés par des agrégés de lettres, n’ont pas du tout les compétences pour rédiger un dictionnaire, explique la linguiste Laélia Véron (université d’Orléans). C’est un vrai métier, comme lexicographe, dont l’Académie est grandement dépourvue.» Une lacune qui, de fait, empêche l’Académie française «de travailler sur les nouveautés et l’actualisation de la langue française». Et rend d’autant plus hypothétique son rôle, au long cours, de «gardien de la langue française».

«Il n’y a pas de gardien de la langue»

Pour remédier à ce retard chronique, l’Académie se fend parfois de déclarations, comme en octobre 2017 contre l’écriture inclusive, qualifiée de «péril mortel»ou de commentaires, dans sa rubrique «dire, ne pas dire», comme elle le fit en juillet 2020 contre l’usage du terme «présentiel».

Le dictionnaire en tant que tel, ou ses prises de position, ont-elles pour autant une valeur juridique ? «Aucune institution n’a autorité sur la langue française», affirme Maria Candéa, professeur de linguistique à la Sorbonne-Nouvelle.

«Réglementer la langue française ne veut rien dire. L’Académie française peut faire des recommandations au public, mais il n’y a pas un gardien de la langue, pas d’organisme qui fixe la norme, abonde un haut fonctionnaire travaillant dans ce domaine. Le principe reste celui de la liberté d’expression et les Français peuvent, à titre privé, écrire comme ils l’entendent. Pour se moquer de l’académie, Voltaire en son temps s’amusait d’ailleurs à faire des fautes d’orthographe.»

Le dictionnaire de l’Académie détient néanmoins une spécificité : il est le seul à être publié au Journal officiel, au fur et à mesure de l’avancée de sa révision. Une procédure qui lui confère un statut particulier vis-à-vis des services de l’Etat et des services publics en général, mais les immortels étant, comme nous l’avons vu plus haut, tellement en retard sur l’évolution de la langue que cette position a finalement peu de conséquences.

«Combler les lacunes de vocabulaire»

L’Académie n’est cependant pas dépourvue de tout pouvoir. Elle siège ainsi, actuellement en la personne de Frédéric Vitoux, au sein de la commission d’enrichissement de la langue française. Placée sous l’autorité du Premier ministre et coordonnée par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF), cette commission, selon son site, «a pour mission première de créer des termes et expressions nouveaux afin de combler les lacunes de notre vocabulaire et de désigner en français les concepts et réalités qui apparaissent sous des appellations étrangères». Elle travaille pour ce faire sur un réseau de 19 groupes d’experts des domaines scientifiques et techniques.

Cette structure, qui approuve 200 à 300 nouveaux mots par an, ne se situe donc pas dans le domaine du vocabulaire courant, même s’il lui arrive de déborder un peu, comme avec l’approbation, récemment, du terme «infox» en lieu et place de «fake news». L’Académie française, représentée dans cette commission, a dès lors le pouvoir de valider – ou non – les propositions qui y sont débattues, même si un connaisseur explique que les décisions sont prises de manière «consensuelles».

Autre domaine où elle a un pouvoir, mais ici plutôt de nuisance : la réforme de l’orthographe. Elle a ainsi réussi à torpiller la dernière, en 1990, suite à un pataquès en interne qui vu les académiciens approuver la réforme… avant de la dénoncer. «Elle pourrait initier des réformes de l’orthographe, elle en a mené plusieurs avec succès dans le passé, mais elle n’en a plus les compétences depuis trop longtemps», juge Maria Candéa.

«Légitimité médiatique»

En retard constant sur l’évolution de la langue, consultée, mais avec d’autres, sur les réformes de l’orthographe ou les termes techniques, l’Académie n’a donc pas vraiment le statut de «gardien de la langue française», détenu par nul autre par ailleurs. Reste que la langue «a besoin de normes, de grammaires et de dictionnaires, explique la linguiste Maria Candéa. Mais cette fonction revient plutôt aujourd’hui aux dictionnaires privés (Larousse et Robert), qui eux-mêmes entérinent l’usage observé dans la population».

«L’Académie française a une légitimité médiatique, mais ce n’est pas elle qui travaille sur les nouveautés et l’actualisation de la langue française, abonde Laélia Véron. En plus des dictionnaires privés, il y a plein d’initiatives, passées ou actuelles, qui concourent à cet exercice à la place de l’Académie.»

Comme le Trésor de la langue française, lancé par de Gaule en 1970 et qui regroupe 90 000 entrées ; celui, assez technique, donc, de la commission d’enrichissement de la langue française, France Terme ; le collaboratif Wiktionnaire ; Ou encore le foisonnant Dictionnaire des francophones, qui rassemble le français parlé sous toutes ses formes dans les pays francophones.

Luc Peillon

Lire la suite

« Une jeunesse, des jeunesses » : Comment les jeunes réinventent-ils l’engagement politique ? (Audio)

20 Novembre 2021 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Jeunesse, #Politique

Les jeunes et la politique

Lire la suite

« Le discours des réacs traduit une crise profonde du capital culturel de certaines élites » - (Vidéo)

19 Novembre 2021 , Rédigé par Regards Publié dans #Politique, #Education, #Sociologie, #Société

Comment sommes-nous devenus réacs ?, Frédérique Matonti | Fayard

Lire la suite

L’Education nationale doit faire front contre l’extrême droite

8 Novembre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique

Comment les profs sont-ils évalués ?

Des responsables syndicaux appellent les enseignants à s’unir contre les idées les plus hostiles aux valeurs de la République, à la démocratie et à la tolérance sur leurs lieux de travail comme dans le débat public.

En 2017, lors de la dernière élection présidentielle, moins de 5 % des enseignant·es et des personnels de l’Education ont voté pour Marine Le Pen. Le monde de l’Education a jusqu’alors résisté à la percée de l’extrême droite de ces dernières décennies. Depuis 2017, les médias montent en épingle des enseignant·e·s engagé·e·s auprès de Marine Le Pen ou aujourd’hui d’Eric Zemmour. Or on constate qu’il s’agit, et heureusement, d’un phénomène très marginal.

Comment l’expliquer ? En tant que syndicalistes nous avons une connaissance privilégiée de l’institution et de ses personnels. Nous sommes convaincu·e·s que cette résistance aux idées d’extrême droite est bel et bien indissociable des aspirations qui président aux métiers de l’Education. Et pour cause : être un·e professionnel·le de l’Education, c’est faire sien l’héritage des Lumières, de la Révolution française, des conquêtes républicaines, contre l’obscurantisme et la pensée rétrograde. C’est porter l’histoire de la construction d’une école émancipatrice, des grandes batailles pour la laïcité et contre la mainmise des Eglises sur l’enseignement, pour l’extension et la défense du service public.

Objectif : former des citoyen·ne·s éclairé·e·s

Etre un·e professionnel·le de l’Education, c’est avoir la conviction que chaque élève a sa place dans notre société. C’est donc œuvrer au quotidien pour la tolérance et, à l’échelle de sa classe, de son établissement, pour que les préjugés antisémites, racistes, LGBTI-phobes et sexistes ainsi que toutes les formes de discriminations reculent. C’est d’ailleurs ce qu’exigent de nous les programmes scolaires !

Enfin, être un·e professionnel·le de l’Education, c’est assumer la ferme conviction que notre objectif est bien de former des citoyen·ne·s éclairé·e·s, et que la pédagogie, la bienveillance, la construction de la confiance avec les élèves et les familles, l’innovation ne sont pas des gros mots mais bien les leviers d’une école qui permette à toutes et tous de réussir.

Or, l’extrême droite représente l’inverse de tout cela. Elle incarne le courant politique issu en droite ligne de l’opposition à la République et à ses valeurs, depuis la Révolution jusqu’à la guerre d’Algérie, en passant par le régime de Vichy. Les récentes interventions de certain·e·s de ses représentant·e·s les plus médiatiques le confirment, même si plusieurs années de tentative de «dédiabolisation» ont pu le faire oublier. Elle représente le courant le plus hostile au syndicalisme, à la démocratie sociale, aux acquis du mouvement ouvrier.

Elle est hostile à l’immigration, au féminisme, aux droits des personnes LGBTQIA + : dans le champ de l’Education, elle s’est illustrée ces dernières années par son opposition à toutes les politiques visant à promouvoir l’égalité. Plus généralement, on ne compte plus le nombre de personnalités d’extrême droite condamnées par la justice pour provocation à la haine raciale.

Enfin, elle est vent debout contre ce qu’elle appelle le «pédagogisme», revendique un retour à l’école de l’estrade et des punitions, porte dans la société une vision décliniste et rétrograde de l’école, dans laquelle les enseignant·e·s seraient au fond les idiot·e·s utiles d’une menace sourde sur le destin de la France. Elle porte la lourde responsabilité de la désignation des enseignant·e·s comme bouc émissaire des colères identitaires.

Les personnels ont un rôle à jouer

L’extrême droite ne condamne jamais l’insuffisance des moyens attribués à l’Education. Jamais l’extrême droite ne parle des vraies difficultés des personnels qui ont vu leurs conditions de travail se dégrader. Jamais l’extrême droite ne porte un regard critique sur les inégalités scolaires et sociales des élèves qui n’ont cessé de se renforcer. Au contraire, elle instrumentalise les craintes pour dénigrer l’école et ses personnels ou pour imposer des mesures de préférence nationale au sein du service d’Education. Elle fait de l’école un prétexte pour imposer sa vision xénophobe et sécuritaire de la société.

Il n’est pas difficile d’imaginer ce que deviendrait l’école si l’extrême droite prenait les rênes du pouvoir. Nous en avons déjà une illustration dans les municipalités tenues par l’extrême droite avec des mesures anti-sociales telle que la fin de la gratuité de la cantine ou des transports pour les enfants des familles démunies, ou encore des entraves dans l’accès aux activités périscolaires.

Pour nous, responsables syndicaux·ales de plusieurs organisations de l’Education nationale, les personnels ont un rôle à jouer, particulièrement en cette période de campagne pré-électorale. Nous appelons donc solennellement les personnels de l’Education nationale à faire front contre la montée de l’extrême droite et ses idées, sur nos lieux de travail comme dans le débat public.

par Frédéric Marchand, Secrétaire général de l’Unsa Education, Benoît Teste, Secrétaire général de la FSU, Maud Valegeas, Co-secrétaire fédérale de Sud Education et Isabelle Vuillet, Co-secrétaire générale de la CGT Educ’action

Lire la suite
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>