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Vivement l'Ecole!

Articles avec #politique tag

"Macron traite la question de l'éducation avec des slogans"...

14 Août 2017 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Politique

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Agathe Cagé, ex-directrice adjointe du cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, puis secrétaire générale de la campagne de Benoît Hamon, juge les premiers pas de Macron.

Femmes et hommes politiques, économistes, chefs d’entreprises, syndicalistes… Chaque jour, pour "l’Obs", un expert ou une personnalité dresse le bilan des premiers pas d’Emmanuel Macron à la présidence de la République. 

Haut-fonctionnaire, Agathe Cagé a travaillé avec les trois ministres de l’éducation du quinquennat Hollande. Elle était directrice adjointe du cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, puis secrétaire générale de la campagne de Benoît Hamon. Elle est l’auteure du blog Balle au Centre, qui propose une analyse "critique mais objective" du quinquennat Macron.

Vos impressions sur les 100 premiers jours du quinquennat d’Emmanuel Macron dans le domaine de l’éducation que vous connaissez bien ?

Le sujet éducation n’apparaît pas du tout comme prioritaire, dans la continuité de la campagne. Quels que soient les candidats, le sujet était relégué assez loin dans les débats. Mais en ce début de quinquennat, il y a un élément assez symptomatique : le président a attendu trois mois pour avoir un conseiller en charge de l'éducation nationale à ses côtés.

Ma deuxième impression, c’est que l’on est sur un traitement par slogan – la lutte contre l'égalitarisme – ou par mesures un peu gadget comme la distribution des Fables de la Fontaine. Il manque la vision globale de ce que le président voudrait faire.

Y a-t-il des points positifs dans son action depuis son élection ?

J’en vois deux. Le premier, c’est le périmètre du ministère : le portefeuille comprend l'éducation nationale mais également la jeunesse, la vie associative et l'éducation populaire. Cela peut permettre de faire des choses vraiment intéressantes en pensant ensemble le temps scolaire et le temps à l’extérieur de l'école. C'est intéressant d'avoir fait ce choix politique assez rare.

Une deuxième mesure très positive annoncée par Jean-Michel Blanquer pour la rentrée, c’est l’opération "Devoirs faits" qui va permettre aux collégiens de faire leurs devoirs dans leur établissement. Il a annoncé un objectif d’un collégien sur cinq, qui pourront bénéficier dès cette rentrée d’un temps d'étude accompagné après la classe pour les devoirs. C'est extrêmement intéressant parce que ça réduit une source d’inégalité profonde entre les élèves : la capacité ou non à être accompagnés pour leurs devoirs à la maison.

Et les points négatifs ?

Il y a d'abord la volonté de rupture affichée par rapport au quinquennat précédent. Or on sait que l'éducation est un des domaines où on a le plus besoin continuité. Il y a une volonté immédiate de reprendre les textes qui définissent l'organisation du collège, avec la fin de l'interdisciplinarité obligatoire et le rétablissement systématique des classes bilangues.

L’autre point négatif, c’est l’application du principe du "en même temps". Dans l’Education nationale, cela ne fonctionne pas. Il faut pouvoir évaluer ce que l’on fait, ce qui est bon ou pas pour l'élève. Pour cela il faut faire des choix, pas du "en même temps".

Et là, on permet aux communes qui le souhaitent de repasser à la semaine de quatre jours. Jean-Michel Blanquer ne choisit pas. On aura "en même temps" des élèves qui auront des semaines à quatre jours et demi et des élèves qui auront des semaines à quatre jours de classe. Et cela, sans se demander quel est le meilleur système pour l'élève, mais ce qui peut arranger les communes.

Deuxième exemple, un dispositif avait été mis en place il y a quelques années qui s'appelle "plus de maîtres que de classes" pour mieux suivre les élèves de CP et CE1. Jean-Michel Blanquer à la rentrée 2017 a décidé d’en supprimer 50%. Donc on ne sait pas si le dispositif est considéré comme un dispositif utile ou inutile. Le dispositif était pourtant unanimement salué par la communauté éducative. On l’ampute pour des raisons de moyens.

Troisième exemple, c'est celui de l’interdisciplinarité au collège. Le ministre dit cela peut être intéressant mais "en même temps", on peut avoir des collèges qui fonctionnent bien sans interdisciplinarité, donc on supprime le cadre réglementaire qui rendait l'interdisciplinarité obligatoire.

Certains collèges pourront proposer des cours où plusieurs disciplines travaillent ensemble, d’autres choisir le tout disciplinaire. Ce qui fait que les familles qui connaîtront bien le système de l'Education nationale trouveront les moyens de choisir les établissements dont l’offre éducative leur paraît la plus intéressante pour leur enfant. Les non initiés n’auront pas cette capacité.

Qu’est ce que vous attendez de lui à la rentrée ?

Il a annoncé qu'il allait ouvrir une consultation pour faire évoluer le baccalauréat. Il faut mettre autour de la table tous les acteurs. J’attends de lui la réflexion soit dépolitisée, c’est-à-dire qu’on réfléchisse sans idéologie préalable à ce qui pourrait être le meilleur bac pour les jeunes en France. C'est un chantier important. J’espère qu’il ne sera pas instrumentalisé politiquement.

Votre note ?

5/10. Peut encore prendre la bonne voie.

Propos recueillis par Sophie Fay

A propos du dispositif "Devoirs faits", on pourra lire aussi avec intérêt le billet ci-dessous

CC

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Pour lutter contre les idées reçues face à la pauvreté... 9 affiches...

14 Août 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Société

Pour lutter contre les idées reçues face à la pauvreté... 9 affiches...
Pour lutter contre les idées reçues face à la pauvreté... 9 affiches...
Pour lutter contre les idées reçues face à la pauvreté... 9 affiches...
Pour lutter contre les idées reçues face à la pauvreté... 9 affiches...
Pour lutter contre les idées reçues face à la pauvreté... 9 affiches...
Pour lutter contre les idées reçues face à la pauvreté... 9 affiches...
Pour lutter contre les idées reçues face à la pauvreté... 9 affiches...
Pour lutter contre les idées reçues face à la pauvreté... 9 affiches...
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L'école ou la fin de l'insouciance...

12 Août 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Pédagogie, #Politique, #Education

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"Ah, alors c'est la fin de l'insouciance..."

Cette phrase, je l'ai prononcée, il y a quelques jours alors qu'un ami me disait avoir inscrit son fils pour sa première année en maternelle. Pourquoi ai-je dit cela  ?... N'aurais-je pas dû dire  :

"C'est formidable! Il va apprendre, s'élever, respecter l'autre..."

Ou bien:

"Ah l'Ecole! Il va y être heureux et tu le retrouveras chaque soir souriant et chaque jour transformé par ce qu'on lui aura inculqué"...

Or je n'ai pas dit cela... J'ai dit  :

"Ah, c'est la fin de l'insouciance"...

Terrible phrase, venue naturellement dans et par ma bouche... Comment ai-je pu prononcer ces mots  ? Aussi facilement... Terrible phrase qui n'est que le résultat d'une perversion  : celle de l'Ecole.

Car l'Ecole est pervertie:

- pervertie par l'immobilisme voulu et organisé puis maintenu par quelques syndicats irresponsables, véritables "machines" à maintenir les choses en l'état, quel que soit cet état. "Il faut satisfaire la base", dit-on dogmatiquement. Et le dogme, cela ne se discute pas. Comment, pourtant, peut-on croire et faire croire que des statuts nés en 1950 ne méritent même pas un léger dépoussiérage ? Loin de moi l'idée d'instruire le procès de ces syndicats-là. Ils sont indiscutablement utiles et nécessaires. Ils le seraient plus encore en acceptant de refonder les acquis quand ils ne font que maintenir des traditions anciennes, en décalage total avec les réalités présentes;

- pervertie par des absences notoires... Comment ce métier qui s'apprend peut-il satisfaire celles et ceux qui le servent avec dévouement et passion sans formation continue digne de ce nom  ? Il suffirait donc d'obtenir tel ou tel diplôme, de passer tel ou tel concours donnant accès à tel ou tel titre, pour enseigner ensuite pendant environ quarante ans, assis sur des certitudes à n'entretenir que par habitudes?

- pervertie par un émiettement aux nombreux visages... Emiettement des statuts, émiettement des emplois du temps, émiettement des examens et concours (La France est la championne du monde des examens!), émiettement des équipes pédagogiques qui n'ont d'équipes que le nom, émiettement des objectifs, émiettement de tout  !

Et notre Ecole, d'émancipatrice est devenue gare de triage, reproduisant année après année les différences et inégalités. Chaque classement PISA, aussi discutable soit ce classement, le dit et le confirme. On lit ces classements, on les commente quelques jours et puis on continue de faire comme si rien ne s'était passé... Qu'un Ministre ose vouloir, maladroitement ou pas, transformer même à la marge et c'est immédiatement le tollé. Surtout ne changeons rien! Ou - c'est une variante qui n'est qu'un faux nez de l'immobilisme - changeons mais "pas comme ça".

Alors sont apparues les phobies scolaires. Nos élèves sont parmi les plus silencieux du monde. Ils apprennent beaucoup de choses sans savoir s'en servir. On les a leurrés avec l' "égalité des chances" quand il fallait parler de droit à l'éducation pour tous. L'infantilisation des personnels enseignants fait des ravages. Les parents les moins informés ne comprennent plus cette Ecole-là...

Oui vraiment - et rien n'est fait pour inverser cette tendance - l'école est de plus en plus la fin de l'insouciance.

Christophe Chartreux

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Le ''trou noir'' de l'EN a un nom ; mais le mystère perdure... Par Claude Lelièvre...

10 Août 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique

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Thierry Coulhon, qui avait été nommé ''conseiller enseignement supérieur, recherche et innovation'' auprès du président de la République il y a trois mois déjà , vient de se voir attribuer en plus le périmètre du ministère de l'Education nationale après trois mois d'errance et de vacance. Mais le mystère perdure.

Cette absence (totalement inédite sous la cinquième République) d'un conseiller ''éducation'' pendant près de trois mois, et le mode de résolution non moins inédit de cette anomalie (l'extension du périmètre du conseiller ''à l'enseignement supérieur et à la recherche'' au domaine proprement dit de l'Education nationale) ne manque pas de surprendre.

Le moment même où cela se produit (simple ''coïncidence'' ou ''rencontre significative''?) interpelle : à savoir le ''changement de pied'' intervenu à propos du ''statut de première dame'' initialement envisagé pour l'épouse du Chef de l'Etat, Brigitte Macron.

Dans mon billet du 20 juin dernier (« Le ''trou noir'' du cabinet élyséen ») j'avais signalé que Brigitte Macron avait déclaré dès novembre 2016 dans « Paris Match » que son « combat serait sur l'éducation afin d'offrir aux jeunes autre chose que des cages d'escalier. Si on les abandonne au bord du chemin cela explosera » ;et que six mois plus tard, dans le même journal, elle avait soutenu que « si Emmanuel Macron était élu, elle s'impliquerait dans l'univers féminin et social, l'éducation, le handicap, la culture ». J'avais conclu que  « ces considérations donnaient plutôt du crédit à une certaine prise en compte effective imminente de cela pour expliquer le mystère du ''trou noir'' ». Et j'avais ajouté qu' « il serait temps d'en sortir et de paraître en pleine lumière ».

Mardi dernier, après les turbulences que l'on sait, l'entourage de Brigitte Macron a déclaré que l'Elysée publiera fin août-début septembre une « communication » sur le « rôle public » de l'épouse du président de la République en indiquant qu'elle pourrait embrasser « plusieurs causes » mais avec pour « fil directeur l'éducation et l'intégration des différences dans la société »

Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a déclaré dans une interview parue dans le JDD du 23 juillet : « Je perçois Brigitte Macron comme la prof idéale ». Une flagornerie toute bête ? Ou bien la révélation impromptue de ce qu'est l'archétype bien particulier du ''professeur idéal'' pour le nouveau ministre de l'Education nationale (Brigitte Macron a en effet accompli l'essentiel de sa carrière d'enseignante de lettres classiques dans deux établissements bien particuliers : les lycées privés jésuites de « La Providence » à Amiens et de « Saint -Louis de Gonzague » à Paris) ? Chacun jugera (étant entendu que les ex-collègues approchés de Brigitte Macron s'accordent à dire qu'elle a été une collègue d'un abord facile, fort investie dans son métier de professeur).

Le ''nominé'' Thierry Coulhon a été président de l'université de Cergy-Pontoise de 2004 à 2008, vice-président du bureau de la Conférence des présidents d'université de 2006 à 2008, conseiller spécial au sein du cabinet de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, en 2008, puis directeur adjoint de son cabinet de 2009 à 2010 avant d'avoir la responsabilité du programme des centres d'excellence du Commissaire général à l'investissement.

Comme l'a écrit Gurvan Le Guellec dans son article publié le 3 août sur tempsreel.nouvelobs.com où il annonçait l'extension des attributions du conseiller à l'Elysée : « Thierry Coulhon passe pour un excellent connaisseur du monde universitaire […] mais son intérêt pour le primaire et le secondaire semble assez neuf »...

Claude Lelièvre

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L'école vue par le MEDEF... Et d'autres...

10 Août 2017 , Rédigé par MEDEF Publié dans #Education, #Politique

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Vous trouverez ci-dessous un extrait du programme de l'Université d'été du MEDEF:

- présentation, qui mérite d'être lue tant elle oriente les débats vers une vision très "Institut Montaigne";

- les questions traitées qui contiennent déjà leur réponse respective;

- la liste des intervenants dont quelques personnalités connues.

Un document "prospectif" qui interroge, voire inquiète.

Christophe Chartreux

                                           ____________________________________

15h30-16h30 – Conférence-débat

Qui aura cette idée folle, de réinventer l’école ?

De réforme en réforme, la France ne cesse pourtant de dégringoler dans les classements internationaux qui comparent les systèmes éducatifs. Alors même que l’on plaide pour l’avènement de sociétés de la connaissance, de plus en plus d’enfants ne maîtrisent pas les fondamentaux et arrivent au collège sans savoir ni lire, ni écrire, ni compter… Et que dire de l’enseignement de l’économie ! Notre système éducatif est certes favorable à une petite élite, mais laisse au bord du chemin un nombre croissant d’élèves faibles. Comment expliquer ces contre-performances et comment faire pour redresser la barre ? Comment remotiver les enseignants face à des classes de plus en plus difficiles ? Comment surtout cultiver les différences et permettre à chaque élève de trouver son parcours d’excellence et de garder confiance en soi ?

Quel crédit accorder aux classements internationaux ?

Quelle place pour l’école dans la société d’aujourd’hui ?

L’école de la République est-elle adaptée au monde du XXIe siècle ?

Idéal démocratique vs compétition scolaire ?

Peut-on demander à l’école de suppléer la famille et d’éduquer en plus d’instruire ?

Mais à quoi ça sert la culture ?

Économie : comment et avec qui réviser les programmes ?

L’autoritarisme est mort, vive l’autorité !

Montessori, Freinet, Steiner-Waldorf, Decroly… que penser des méthodes pédagogiques alternatives ?

Comment renouer un pacte de confiance entre enseignants et parents d’élève ?

Mooc, webinaires, cours en ligne… a-t-on encore besoin de l’école pour apprendre ?

Fallait-il supprimer les notes ?

Comment rénover l’apprentissage et atteindre l’objectif de 500000 apprentis en 2017 ?

Confiance et estime de soi, l’exemple danois

Intervenants

>Peter Bichara, président de Siemens France

>Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale(TBC)

>Blanche Lochmann, présidente de la Société des agrégées

>Jacques Richier, président d’Allianz France

>Andreas Schleicher, directeur de la direction de l’Éducation et des compétences à l’OCDE, fondateur du classement PISA

Animateur : Jean-Luc Placet, président d’IDRH

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Des contestations politico-religieuses à l'école...

9 Août 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

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Les contestations politico-religieuses

"Un grand nombre d’élèves d’origine maghrébine, Français voire de parents français, la majorité sans doute dans certains établissements, se vivent comme étrangers à la communauté nationale, opposant à tout propos deux catégories : « les Français » et « nous ». Se revendiquant hier, lorsqu’on les interrogeait, d’une identité « arabe », d’ailleurs problématique pour des maghrébins, ils se revendiquent de plus en plus souvent aujourd’hui d’une identité « musulmane ». Un endoctrinement qui peut commencer dès l’école primaire, comme en témoignent certains instituteurs. Beaucoup de collégiens, interrogés sur leur nationalité, répondent de nos jours « musulmane ». Si on les informe qu’ils sont Français, comme dans ce collège de la banlieue parisienne, ils répliquent que c’est impossible puisqu’ils sont musulmans !

L’identité collective, qui se référait souvent hier chez les élèves à une communauté d’origine, réelle ou imaginaire, et qui avait fait parler à certains sociologues de « l’ethnicisation » des rapports entre les jeunes, semble se transformer de nos jours en un sentiment d’appartenance assez partagé à une « nation musulmane  », universelle, distincte et opposée à la nation française. Ses héros sont à la fois les adolescents palestiniens qui affrontent à mains nues les blindés israéliens, et dont les images des corps ensanglantés passent en boucle sur les chaînes satellitaires des pays arabes, et les chefs « djihadistes » responsables des attentats de New York et de Madrid. De nombreux témoignages, comme celui de ce principal du collège d’une sous préfecture d’un département rural, racontant ce car scolaire acclamant Ben Laden en arrivant devant son établissement, semblent montrer que de plus en plus d’élèves vibrent à l’unisson de « la massification du soutien à Al-Qaïda » révélée par les sondages d’opinion dans le monde arabe.

Il est particulièrement significatif de constater à cet égard que dans la plupart des établissements visités, les instants de recueillement national organisés à la suite de ces événements tragiques ont été contestés ou perturbés de l’intérieur, parfois de l’extérieur, ou bien n’ont pu avoir lieu, ou encore ont été détournés de leur objet officiel par des chefs d’établissement soucieux qu’ils puissent se dérouler dans le calme (par exemple en invitant les élèves à se recueillir sur « tous les morts de toutes les guerres ».) Comme dans la plupart des pays musulmans, Oussama Ben Laden est en train de devenir, chez les jeunes de nos « quartiers d’exil », et donc pour une part notable de nos élèves, qui craint d’ailleurs de moins en moins de l’exprimer, la figure emblématique d’un Islam conquérant, assurant la revanche symbolique des laissés-pour-compte du développement en rejetant en bloc les valeurs de la civilisation.

C’est sans doute là, et de loin, l’aspect de nos observations le plus inquiétant pour l’avenir."

Vous pensez peut-être que ces lignes ont été écrites trés récemment... Pas du tout  !

Elles sont extraites du rapport de Jean-Pierre Obin et ont été rédigées en juin... 2004!

Ce rapport fut remis à François Fillon, à l'époque Ministre de l'Education Nationale. Ce dernier prit soin de le ranger très soigneusement dans un tiroir. Suivi en cela par ses successeurs qui "oublièrent" d'ouvrir ce tiroir.

C'est bien dommage...

Le rapport complet est lisible ICI

 <http://www.jpobin.com/pdf2/2004lessignesetmanifestations.pdf>

Christophe Chartreux

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Quelle finalité pour quelle École?...

7 Août 2017 , Rédigé par France Strategie Publié dans #Education, #Politique

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On connaît enfin le nom du conseiller éducation de Macron...

3 Août 2017 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Politique, #Macron

On connaît enfin le nom du conseiller éducation de Macron...

Depuis deux mois, le microcosme s'étonnait, pour ne pas dire s'inquiétait en constatant que le président n'avait toujours pas nommé de collaborateur chargé de suivre les questions éducatives. Fallait-il y voir un désamour soudain pour le "combat premier" de sa campagne ? Ou l'influence occulte de la certifiée de lettres Brigitte Trogneux, qualifiée de meilleur ex-prof de France par Jean-Michel Blanquer dans une philippique énamourée ?

(...)

Gurvan Le Guellec

L'article complet est à lire ci-dessous. Vous y découvrirez le nom de l'heureux "élu"...

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Pour un collège dont le seul élitisme serait républicain...

3 Août 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

Pour un collège dont le seul élitisme serait républicain...
Pour un collège dont le seul élitisme serait républicain!

 

Il en est des débats comme des plats. Plus on repasse les mêmes, moins on a envie d'y goûter. Ce fut le cas pendant des mois au sujet de la réforme du collège, dite "Collège2016". Celle-ci, après avoir franchi les obstacles mis en travers de son chemin, s'est installée. Elle fut accusée de tous les maux par les mêmes qui ont mis en oeuvre son empêchement d'abord, puis le ralentissement de son application effective et enfin son application.

Cette réforme serait, je cite :

- "responsable de la mort du Latin, du Grec et de l'Allemand", alors que Latin, Grec et Allemand sans la réforme auraient poursuivi l'entre-soi dans lequel ces options étaient confinées et leur inéluctable descente aux enfers par la réduction des effectifs concernés, chaque année un peu plus importante. Or, Latin, Grec et Allemand ont désormais tout pour « reprendre des couleurs » ;

- "responsable de la haine de l'excellence et des bons élèves", alors que la réforme ne s' "attaque" pas aux bons élèves mais met à disposition des enseignants les outils nécessaires à la réduction des écarts entre les plus en difficultés et ceux n'en ayant aucune ou très peu;

- "responsable du nivellement par le bas", alors qu' un nombre d'élèves bien plus important qu'auparavant aura accès à ce qui, avant la réforme, lui était souvent interdit;

- "responsable de la désorganisation des établissements par la précipitation qui a présidé sa mise en application", alors que les débats ont commencé il y a des années. Souvenons-nous de l'Appel de Bobigny qui portait en germes tout ce que la réforme du collège met aujourd'hui en application. Cet appel fut présenté et approuvé par TOUS les syndicats d'enseignants le 20 octobre...2010! Avant l'élection de François Hollande, Vincent Peillon travaillait DEJA à la mise en place de cette réforme. Ce dernier, comme Benoit Hamon puis Najat Vallaud-Belkacem n'ont eu de de cesse d'impliquer des centaines de professionnels de l'éducation pour une construction préparée et concertée.

Tout cela en contradiction absolue avec la nécessité affirmée, y compris par les opposants les plus virulents, de réformer le collège, ce "maillon faible".

Des opposants :

- attaquant très violemment l'Aide Personnalisée et les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI) qui pourtant offrent la possibilité de croiser les disciplines (sans jamais les remettre en cause), en donnant du sens aux apprentissages jadis cloisonnés, en plaçant les élèves dans des situations de construction et de réalisation de projets ;

- mettant en doute les capacités des enseignants à travailler en équipe, voire en affirmant que tous les enseignants de collège travaillaient DEJA en équipe - ce qui est très rare et ne concerne que quelques collègues par équipe pédagogique. Ce travail en équipe est pourtant - toutes les études le démontrent, tous les établissements dits "innovants" travaillent ainsi depuis des années avec des résultats incontestables et incontestés - une urgence dans un pays où, il est vrai, le travail en équipe est étranger à l’organisation historique du système éducatif très pyramidal. A ce sujet je ne peux que conseiller la lecture éclairante du texte de Daniel Calin ici http://dcalin.fr/textes/equipe.html

- mettant en cause la simultanéité de la refondation des programmes ET de l'évaluation, alors que c'est à cette condition de simultanéité dans le temps que la réforme entre en cohérence avec ses attendus. Procéder par étapes successives eût amené les élèves du niveau 3e à attendre... 2020 (!!) pour espérer être concernés, ce qui aurait entraîné des distorsions TRES désorganisatrices!

Tout cela soutenu par quelques "experts" véritables ou autoproclamés, chroniqueurs permanents et omniprésents, humoristes sans humour, philosophes trop heureux de se voir offrir des tribunes inespérées transformées en polémiques alimentant les réseaux sociaux de commentaires d'une indigne violence, plus inacceptable encore quand elle est l'oeuvre d'enseignants.

Qui n'a pas entendu les Christophe Barbier, Natacha Polony, Nicole Ferroni, Alain Finkielkraut, Michel Onfray, Jacques Julliard, Jean-Paul Brighelli, et tous ceux que j'oublie car je préfère les oublier, ne s'en porte que mieux tant leurs diatribes, critiques outrées et outrancières, caricatures approximatives jusqu'aux mensonges, n'apportaient strictement rien au débat nécessaire que tous ceux-là n'ont contribué qu'à assécher, faute d'arguments et de propositions attendues.

On les attend encore!

Mais faisons quelques rappels :

- La réforme du collège, qui aurait pu aller plus loin, plus vite, plus fort - la Ministre l'aurait souhaité - a l'immense mérite d'exister ENFIN pour commencer à grandir.

- C'est une réforme de gauche. Ce qui a déplu à certains, y compris à cette autoproclamée "vraie gauche", aujourd'hui "France Insoumise" qui battait le pavé avec... le SNALC (Syndicat enseignant "marqué à droite" comme on dit).

- C'est une réforme solidaire dans un pays qui vit, depuis plusieurs années, une crise des solidarités et des replis identitaires. Replis se manifestant par des exclusions aux visages multiples qui sont autant de négations de l'égalité des droits:

exclusion de ceux qui ont toujours moins;
exclusion des quartiers dits "difficiles";
exclusion de toutes les minorités;
exclusion des familles non francophones;
exclusion d'établissements à l'écart des métropoles, isolés en milieu rural;
exclusion des "étranges étrangers" et de tous ceux qui ne sont pas "nous";
exclusion des décrocheurs, "produits" non pas par le collège, mais par ses dysfonctionnements.

Ceux-ci aggravés par le gouvernement actuel, dont nous aurions du attendre le meilleur de la droite et de la gauche quand nous n'avons que le pire de la droite. Gouvernement qui n'a de cesse et n'aura de cesse d'appliquer des politiques de destruction d'emplois (300 000 dans la fonction publique! Fourchette basse!), de sélection par l'échec, de refus du concept d'éducabilité condamnant, comme un Bruno Le Maire dans son programme de candidat à la primaire de la droite, un élève faible en CM2 sans lui laisser d'autre espoir qu'une orientation par l'échec, donc subie. A dix ans!

Aggravés enfin par un Président de la République ayant fait le choix de laisser les clefs de la Rue de Grenelle à des responsables dont le passé au Ministère de l'Education Nationale fut surtout un passif:

- 80 0000 postes supprimés;

- fin de la formation initiale;

Je ne parle ici que des plus "hauts faits d'armes".

La réforme du collège a fait un choix, voulu et porté par Vincent Peillon, Benoit Hamon et surtout Najat Vallaud-Belkacem à laquelle l'Histoire donnera raison et rendra hommage. Ce choix, c'est celui du refus d'un autre choix, souvent illustré par les travaux de François Dubet: "Le choix de l'inégalité" qui accompagne toujours les exclusions que nous venons d'énumérer.

Un refus motivé, non pas  - comme l'a très rapidement affirmé Jean-Marie Blanquer aux premiers jours de son entrée en fonction, donnant quelques gages aux "extrémistes du passé" et au "champions de l'élitisme dynastique" - par la volonté d' un égalitarisme utopique et dangereux, mais pour simplement respecter une valeur fondatrice de notre République:

l'égalité, celle des droits et devoirs, l'égalité par le rééquilibrage des moyens, aussi: donner plus à ceux qui ont moins. C'est clair, simple et tellement évident!

L'Ecole est pourtant devenue, silencieusement et de manière chaque année de plus en plus prégnante, un terrain de jeu réservé à quelques-uns. A ces "quelques-uns" très au courant des codes scolaires obscurs à tant d'autres, ces "quelques-uns" culturellement armés pour accompagner leurs enfants vers la réussite.

Doit-on les en blâmer? Certainement pas! En revanche, inquiétons nous de constater à quel point les exclus - toujours issus des mêmes catégories sociales - seront de plus en plus exclus. Surtout lorsque ces "exclus" ne constituent plus - inconsciemment - un "terrain d'avenir" pour celles et ceux qui en ont la responsabilité pédagogique mais sont stigmatisés, transformés en "problèmes". Combien de fois ai-je entendu cette phrase lors des conseils de classe:

"Cet élève pose problème". Comprendre: "Cet élève EST un problème". Terrible! Alors ceux-là ne sont plus des élèves. Ils se transforment en "décrocheurs", "absentéistes permanents", "intenables", "irrécupérables". En un mot ils deviennent responsables, coupables de leur malheur. Et coupables du malheur qu'ils infligent aux autres, "ceux qui suivent".

Nous - les enseignants - touchons alors du doigt cette crise des solidarités.

Comment aurions-nous pu - et les opposants à la réforme du collège auraient du s'interroger avant de crier à la fin de la civilisation par l'abandon du Latin et du Grec, abandon absolument jamais acté - participer à cet abandon des solidarités?

Comment pourrons-nous accepter de tenir grande ouverte la porte du triomphe à une idéologie de droite dont l'objectif annoncé est de briser plus encore toute velléité solidaire à l'égard de celles et ceux que les dysfonctionnements de l'école - dysfonctionnements que cette idéologie de droite à alimentés de manière continue - ont contribué à écarter?

Je ne l'accepte pas et ne l'accepterai jamais!

Voilà pourquoi j'ai soutenu cette réforme:

-    de gauche, sociale et solidaire, sans rien rabattre sur le "niveau" ni sur les "disciplines"; à l'opposé de l' "identitarisme" triomphant;

- bienveillante et lucide car consciente du danger réel des "communautarismes";

-    à contre-courant des "gauloiseries" sarkozystes, des excès zemmouriens, de la "francité en danger" chère à Alain Finkielkraut, de l' "égalitarisme" et du "pédagogisme" si facilement pointés du doigt par paresse intellectuelle.

-    élitiste! Mais un élitisme républicain permettant à toutes et tous de toucher au meilleur à l'opposé de cet élitisme dynastique le permettant à quelques-uns seulement.

Voilà pourquoi j'ai soutenu Vincent Peillon et Benoit Hamon. Voilà pourquoi j'ai soutenu et soutiens Najat Vallaud-Belkacem dans ses combats.

Voilà pourquoi j'ai soutenu et soutiens une réforme qu'il serait très dangereux de détricoter pour la remplacer par ce que nous avons subi dans le passé.

Et qui a lamentablement échoué...

Christophe Chartreux

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"Le pédagogisme"... Ce faux débat auquel je ne participe plus...

1 Août 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

&quot;Le pédagogisme&quot;... Ce faux débat auquel je ne participe plus...

Plusieurs lectures récentes, sur les réseaux sociaux comme sur les sites plus "spécialisés", m'ont amené - mais j'en suis convaincu depuis quelques mois sans pouvoir véritablement et clairement formaliser ma réflexion - à regarder d'un oeil neuf le combat (beaucoup plus que le débat) qui oppose depuis des décennies "pédagogues" et "républicains".

Le tout nouveau Ministre de l'Education Nationale - et ex DGESCO pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy de sinistre mémoire - a cru utile de réutiliser le terme péjoratif: "Pédagogisme". Aimant manifestement les mots en "isme", il a également évoqué l' "égalitarisme", ce chien galeux qui empêcherait la liberté de déployer ses ailes. Diable!

De fait, le successeur de Najat Vallaud-Belkacem choisissait son camp: celui des "républicains" contre les "pédagogues".

L'objet de ce court billet n'est pas de définir les deux "écoles". Internet regorge de milliers de pages, toutes plus savantes les unes que les autres, qui informeront le lecteur curieux bien mieux que je ne saurais le faire.

Il est plutôt de constater et de faire constater à quel point ce "débat" est devenu vain, médiocre, inutile et dangereux.

D'ailleurs s'agit-il encore d'un débat? La définition que je donne à ce terme n'et en rien illustrée par les invectives, accusations, injures parfois, qui jalonnent les échanges entre les uns et les autres. Un débat, ce sont des personnes de bonne volonté, d'avis certes différents mais qui échangent des opinions contraires dans un but COMMUN: la construction, la réalisation d'un projet.

Or nous assistons, depuis des années et en particulier sur les réseaux dits "sociaux" ou dans les "com" publiés à la suite d'articles parus dans la presse Internet (très friande de ce "débat"), à des dialogues de sourds d'un caractère très particulier:

Etape 1  : le républicain provoque, en général toujours le premier, un "débat" sur tel ou tel sujet. La pédagogie regorge d'occasions de se disputer. Il le fait en employant TOUJOURS la même méthode: la "réécriture" du discours "pédagogiste", pour reprendre la teminologie ironique utilisée. Le républicain ne dénonce pas la pédagogie. Il n'utilise quasiment jamais le corpus pourtant immense à sa diposition. Il se contente d'une complainte permanente, récurrente qui peu à peu glisse de la réécriture à l' invention pure et simple du discours de son "adversaire". L'idéologie remplace alors la réflexion, l'analyse scientifique.

Etape 2  : le pédagogue s'offusque et répond. Pour ce faire il prend alors le temps de se justifier. Il passe des heures à RE-construire ce qui vient d'être détruit. Cette re-justification permanente n'empêche évidemment pas son interlocuteur "républicain" de considérer toujours le "pédagogue" comme ce "professeur de rien" dont parlait Jean Lechat en 2005 dans L’idée de science classique. (In Lombard J. LÉcole et les sciences. Paris : L’Harmattan, 2005). Et le "pédagogue", de justification en justification, finit par lasser et se lasser. Le "débat" trouvant sa conclusion dans des fins de non recevoir au mieux, dans l'invective et l'injure au pire.

De tout cela il ne sort... rien!

Car tout ce temps passé, par les uns à inventer idéologiquement un faux discours "pédagogiste", et par les autres à se justifier parfois maladroitement, est autant de temps perdu au détriment d'un sujet autrement plus essentiel: l'Ecole et ses réelles difficultés.

La critique du "pédagogisme" n’a pas d’objet. Elle procède de la rhétorique de la construction de l’adversaire. Les justifications permanentes des pédagogues n'ont pas plus d'objet non plus puisqu'elles sont la conséquence d'un propos lui même sans objet. On tourne en rond et l'Ecole passe au second plan. Un comble!

Voilà pourquoi je ne participerai plus JAMAIS à ce "débat" devenu inutile, inintéressant et consommateur d'un temps précieux que je préfère consacrer à la construction de l'école de demain plutôt qu'à la destruction de celle d'aujourd'hui par la faute d'échanges qui ne font plus sens.

J'invite humblement mes lecteurs à faire de même et à s'engager dans cette voie, plus exigeante mais plus exaltante et positive.

P.S. de Philippe Meirieu : Pour "revisiter" ce débat et prendre de la distance avec lui, je me permets de renvoyer à mon ouvrage "Lettres à quelques amis politiques sur la République et l'état de son école", Plon, 1998, épuisé mais disponible gratuitement en téléchargement sur ce site : cliquez ici

Christophe Chartreux

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