A 11 heures, ce mardi, seront dévoilés les résultats de l’enquête Pisa, qui évalue le niveau des élèves de 15 ans dans 72 pays et territoires. A ses débuts, cette étude ne concernait qu’une trentaine de pays mais au fil des années, les participants sont toujours plus nombreux à taper à la porte, tant Pisa - pour «Program for International Student Assessment» - s’est imposé comme un indicateur de référence. Retour sur l’histoire de cette enquête.

D’où vient Pisa ?

En 2001, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publiait le tout premier Pisa - qui n’est pas la première étude du genre. Il en existe d’autres, bien plus anciennes, comme celles pilotées par l’IEA (l’Association internationale pour l’évaluation de l’efficacité dans le domaine scolaire), fondée en 1958. Si l’enquête Pisa s’est imposée comme l’indicateur de référence, c’est d’abord une affaire de communication. Sur ce terrain, l’OCDE a une (large) longueur d’avance sur sa «concurrence», avec une assise politique et un écho médiatique sans commune mesure avec ceux de l’IEA.

Comment se passent les évaluations ?

Selon les pays, ce sont entre 4 500 et 10 000 élèves qui passent le test avec le souci de présenter des échantillons les plus représentatifs possibles. Chaque pays volontaire contribue au financement. Par exemple, la France verse 250 000 euros par an à l’OCDE pour Pisa, et dépense à peu près autant pour mener l’enquête sur son territoire si l’on comptabilise les agents publics mobilisés.

A quoi ressemble l’interro ?

Pisa n’est pas du tout semblable aux autres études. L’objectif est d’évaluer dans quelle mesure un jeune de 15 ans sait (ou non) mobiliser les connaissances apprises en classe et ailleurs, pour répondre à une question pratique, proche des besoins de la vie réelle. Trois domaines sont évalués : compréhension de l’écrit, culture scientifique et mathématiques. Les questions ne sont pas «scolaires», et peuvent décontenancer. Sont évalués les élèves âgés entre 15 ans et trois mois et 16 ans et deux mois : ils sont donc en troisième ou en seconde. Une logique tout à fait différente de celles de l’IEA, qui évaluent des élèves à des niveaux scolaires précis (CM1, quatrième et terminale). La plupart des questions ne sont pas rendues publiques, afin de permettre d’en réutiliser d’une enquête à l’autre (Pisa est publiée tous les trois ans).

Marie Piquemal