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Vivement l'Ecole!

philosophie

Le 21 juillet 2017 disparaissait Anne Dufourmantelle... Gardons-la vivante...

22 Juillet 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Philosophie

Le 21 juillet 2017 à Ramatuelle disparaissait Anne Dufourmantelle... Gardons-la vivante...

La nuit est notre amplitude secrète. L'espace de notre folie intime, mutique. La nuit enregistre nos peurs et nous en délivre, le jour, par l'effet d'une amnésie bienfaitrice dont l'angoisse est le reste insécable. La nuit est notre vérité, elle nous intime à rejoindre un lieu plus ancien qu'on appelle parfois l'âme, et dont la langue nous est indéchiffrable.

Eloge du risque

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" Risquer sa vie " est l'une des plus belles expressions de notre langue. Est-ce nécessairement affronter la mort - et survivre...ou bien y a-t-il, logé dans la vie même, un dispositif secret, une musique à elle seule capable de déplacer l'existence sur cette ligne de front qu'on appelle désir ?

Eloge du risque

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Venue du plus loin de la mémoire de la vie, là où mère et enfant ne font qu'un, corps fusionnés, la douceur évoque un paradis perdu. Un avant originel qui serait une aube. Mais dès le commencement, il y aura eu de la violence, de la terreur, du meurtre. Le mimétisme et la rivalité qui font flamber la haine; pas de parole sans trahison et de civilisation sans l'attrait de la cruauté la plus raffinée. Le paradis est toujours déjà perdu si on le rapporte à l'origine, et ce constat n'appartient pas aux seuls mélancoliques. Vivre est une conquête arrachée à cette passion de la perte qui est aussi un leurre; les épopées, les récits, les mythes le rappellent. Il faut avoir le courage de ne pas acquiescer à cet élan perdu car il est une terrible méprise, il fera le lit de tous les ressentiments à venir. Il donnera raison au sacrifice.

Puissance de la douceur

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Elle l’écoute.
Les grands rêves sont des trésors qui, s’ils ne sont pas captés, peuvent devenir toxiques. Et c’est le corps, alors, qui devra se charger de donner l’alerte. C’est ainsi que parfois accidents ou maladies se déclarent. Aussi prête-t-elle aux songes une attention extrême, décryptant les détails redoublés, les ellipses, les inversions...autour des associations du rêveur. L’envers du feu ne brûle pas. Elle est troublée par ces mots-là.

L'envers du feu

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On ne revient jamais de voyage, d’aucun voyage. Quand on part, on ne revient pas le même, et c’est ce dépaysement, parce qu’il fait écho à nos fragmentations intérieures, qui brutalise nos accoutumances, tant il est vrai que nous percevons le monde avec des préenregistrements continuellement tamisés parce que nous pensons déjà, savons déjà, anticipons, devinons, pressentons, pour ne pas être attrapés trop brusquement par l’inouï. Ainsi va l’amour quand il est de foudre. Il offre tous les dépaysements possibles au détour de la rue d’à côté.

En cas d'amour: Psychopathologie de la vie amoureuse

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Les êtres ne se possèdent pas, ils se reconnaissent.

Souviens-toi de ton avenir

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Coup de coeur... Michel Foucault...Le courage de la vérité...

21 Juillet 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature, #Philosophie

« La démocratie ne peut pas faire appel au discours vrai. C’est à cela que s’opposera, dans le livre VII, la fameuse redescente des philosophes dans la caverne, lorsque, après avoir effectivement contemplé la vérité, on leur dira : Quel que soit le plaisir que vous ayez pu éprouver à contempler cette vérité, quand bien même vous y avez reconnu votre patrie, vous savez bien qu’il vous faut redescendre dans la cité et devenir ceux qui la gouvernent. Vous imposerez votre discours vrai à tous ceux qui veulent faire gouverner la cité selon les principes de la flatterie. Après la critique de la parrêsia démocratique, qui montrait qu’il ne peut y avoir de parrêsia au sens de dire-vrai courageux dans la démocratie, le retournement platonicien montre donc que, pour qu’un gouvernement soit bon, pour qu’une politeia soit bonne, il faut qu’ils se fondent sur un discours vrai, qui bannira démocrates et démagogues. » 

Michel Foucault - Le Courage de la vérité

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Coup de coeur... Anne Dufourmantelle...

26 Juin 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature, #Philosophie

La nuit est notre amplitude secrète. L'espace de notre folie intime, mutique. La nuit enregistre nos peurs et nous en délivre, le jour, par l'effet d'une amnésie bienfaitrice dont l'angoisse est le reste insécable. La nuit est notre vérité, elle nous intime à rejoindre un lieu plus ancien qu'on appelle parfois l'âme, et dont la langue nous est indéchiffrable.

Eloge du risque

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" Risquer sa vie " est l'une des plus belles expressions de notre langue. Est-ce nécessairement affronter la mort - et survivre...ou bien y a-t-il, logé dans la vie même, un dispositif secret, une musique à elle seule capable de déplacer l'existence sur cette ligne de front qu'on appelle désir ?

Eloge du risque

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Venue du plus loin de la mémoire de la vie, là où mère et enfant ne font qu'un, corps fusionnés, la douceur évoque un paradis perdu. Un avant originel qui serait une aube. Mais dès le commencement, il y aura eu de la violence, de la terreur, du meurtre. Le mimétisme et la rivalité qui font flamber la haine; pas de parole sans trahison et de civilisation sans l'attrait de la cruauté la plus raffinée. Le paradis est toujours déjà perdu si on le rapporte à l'origine, et ce constat n'appartient pas aux seuls mélancoliques. Vivre est une conquête arrachée à cette passion de la perte qui est aussi un leurre; les épopées, les récits, les mythes le rappellent. Il faut avoir le courage de ne pas acquiescer à cet élan perdu car il est une terrible méprise, il fera le lit de tous les ressentiments à venir. Il donnera raison au sacrifice.

Puissance de la douceur

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Elle l’écoute.
Les grands rêves sont des trésors qui, s’ils ne sont pas captés, peuvent devenir toxiques. Et c’est le corps, alors, qui devra se charger de donner l’alerte. C’est ainsi que parfois accidents ou maladies se déclarent. Aussi prête-t-elle aux songes une attention extrême, décryptant les détails redoublés, les ellipses, les inversions...autour des associations du rêveur. L’envers du feu ne brûle pas. Elle est troublée par ces mots-là.

L'envers du feu

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On ne revient jamais de voyage, d’aucun voyage. Quand on part, on ne revient pas le même, et c’est ce dépaysement, parce qu’il fait écho à nos fragmentations intérieures, qui brutalise nos accoutumances, tant il est vrai que nous percevons le monde avec des préenregistrements continuellement tamisés parce que nous pensons déjà, savons déjà, anticipons, devinons, pressentons, pour ne pas être attrapés trop brusquement par l’inouï. Ainsi va l’amour quand il est de foudre. Il offre tous les dépaysements possibles au détour de la rue d’à côté.

En cas d'amour: Psychopathologie de la vie amoureuse

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Les êtres ne se possèdent pas, ils se reconnaissent.

Souviens-toi de ton avenir

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Au nom de quoi un président exige-t-il le respect ? ...

23 Juin 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique, #Philosophie

Au nom de quoi un président exige-t-il le respect ? ...

Lundi dernier, lors de la cérémonie de commémoration de l’appel du 18 juin 1940, Emmanuel Macron a repris un collégien qui l’avait salué d’un «Ça va, Manu ?» certes familier, mais dépourvu d’insolence. «Tu dis : "monsieur le Président."» Nous qui avons connu «Casse-toi, pôv con» et autres sarkonneries, nous trouvons l’apostrophe plutôt gentillette, même précédée des premières mesures de l’Internationale timidement chantonnées. Mais monsieur le Président n’a pas apprécié. «Le jour où tu veux faire la révolution, lui a-t-il expliqué, tu apprends d’abord à avoir un diplôme [sous-texte : si tu passes entre les gouttes de Parcoursup] et à te nourrir toi-même [sous-texte : sans te goberger avec les minima sociaux, s’il te plaît], d’accord ? Et à ce moment-là tu iras donner des leçons aux autres.»

D’accord ? Pas vraiment. Le raisonnement a l’air passablement bancal, qui pose en préalable à toute contestation ce qui en est en général la visée. En effet, si quelques-unes se font en dentelles, le plus souvent les révolutions sont le fait de gens qui n’ont pas de diplômes et qui crèvent de faim. «Vous n’avez qu’à manger de la brioche», aurait sans doute rétorqué Manu, ci-devant Macron, au peuple armé de la Bastille, ayant acheté dans quelque grande école le droit de faire la leçon aux autres. Tant que tu n’as pas les moyens de régler ton chariot de courses chez Lidl, ferme ta gueule. Tu l’ouvriras quand tu pourras te payer un costard. C’est en gros la philosophie ambiante ces temps-ci, en une langue peu châtiée, c’est vrai, mais quand on parle pognon, on va droit au but.

Cette pédagogie, s’il en est, rappelle celle de Marlène Schiappa qui, pour défendre la politique sociale du gouvernement, citait récemment la Première Internationale inspirée de Karl Marx : «L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes», avant que son propre père, spécialiste du révolutionnaire Gracchus Babeuf, ayant donc souscrit lui aussi aux conditions requises pour donner des leçons aux autres, ne lui fasse un petit cours de marxisme : «Il s’agit d’une œuvre collective("les travailleurs") et non individuelle (chaque travailleur devant se débrouiller tout seul) ; le but est l’émancipation collective(et non une réussite personnelle - laquelle, au demeurant ?),celle des travailleurs, du prolétariat. On ne peut attendre de salut de personne sauf de l’action organisée, donc consciente». Tout le contraire, par conséquent, de cette vision strictement individualiste de la réussite où chaque être humain semble devoir se muer en start-up de sa propre existence au son de «Marche ou crève» entonné par un leader au charisme de dingue. Marlène et Manu n’ont-ils pas bu la révolution au même tonneau de piquette ? Ils nous expliquent la vie, mais étaient-ils si bons que ça en philo ?

A propos de philo, et puisqu’il est toujours mieux d’avoir étudié, c’est certain, jetons un coup d’œil du côté des sujets de bac. Les élèves de 1re ES ont eu à plancher sur un texte de Durkheim qui analysait la notion de respect et cette «autorité morale» que nous reconnaissons à une personne douée d’une «énergie psychique d’un certain genre». «Le respect, écrit Durkheim, est l’émotion que nous éprouvons quand nous sentons cette pression intérieure et toute spirituelle se produire en nous.» Cette émotion, il est normal qu’un chef d’Etat souhaite l’inspirer à tous. Mais que respectons-nous quand nous disons «monsieur le Président» ? Un homme, une pensée, une action, ou bien seulement des convenances, les usages de la politesse ? Sommes-nous saisis de cette émotion envers celui qui empêche l’Aquarius d’accoster au port d’Ajaccio pourtant ouvert ? Sommes-nous respectueux de celui qui ne respecte pas les droits les plus élémentaires et qui, nous représentant tous, nous Français, vient d’être épinglé par la Commission nationale des droits de l’homme pour non-respect des procédures d’asile et privation de liberté des migrants dans des lieux indignes ? Manu militari. Et si nous rencontrions Donald Trump, lui dirions-nous «Mister President» ? Lui dirions-nous même «Hi, Donald !» ? Il a ordonné que des enfants soient dans des cages, séparés de leurs parents, et il faudrait être respectueux ? Le respect ne se commande pas. Fuck you, Trump. Qu’est-ce que le respect qui n’est pas réciproque ? Mesurée à cette aune, «ça va, Manu ?» est d’une extrême bienveillance. Il se pourrait qu’un jour, face à la jeunesse du pays, le président Macron ait la nostalgie d’une telle gentillesse.

Camille Laurens

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Monsieur le Président, serez-vous le fossoyeur de la philosophie?...

28 Mai 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Philosophie

Monsieur le Président, serez-vous le fossoyeur de la philosophie?...

Emmanuel Macron cite les philosophes, mais l’enseignement de la matière au lycée est menacé.

Entendre un président de la République se référer explicitement ou implicitement à Paul Ricœur, Spinoza ou Kant, tranche si fortement avec le niveau discursif de ses prédécesseurs qu’on ne peut que se féliciter de ce réanoblissement de la fonction (quoi qu’on en pense d’ailleurs). Cela rappelle que depuis quatre siècles la France a vu naître, de Descartes à Rousseau en passant par Diderot, Helvétius, La Mettrie, Condillac, Montesquieu, Comte ou Toqueville, une pléiade de philosophes de portée universelle. Au XXe siècle, Bergson, Sartre, Merleau-Ponty, Simone Veil, Alain, Foucault, Deleuze, Derrida, Ricœur et bien d’autres ont prolongé cette belle tradition et fait de la France un incomparable foyer de création philosophique qui dialogue avec les penseurs du monde entier.

On doit notamment cette fécondité contemporaine à une spécificité française que beaucoup nous envient : un enseignement philosophique dispensé à tous les élèves de classes terminales générales et technologiques, et, en particulier, l’existence d’une terminale littéraire à fort horaire de philosophie (dix heures hebdomadaires jadis, huit aujourd’hui) qui nourrit les universités et grandes écoles en futurs philosophes, professeurs et écrivains. S’attaquer à cette spécificité, c’est tuer à terme cette spécificité française.

Or, si l’actuelle réforme du lycée et du baccalauréat était maintenue en l’état, le même président, si friand de citations philosophiques, resterait dans l’histoire comme le fossoyeur d’une dimension essentielle de l’enseignement philosophique en France. Il n’est pas certain qu’il en ait conscience. En effet, si le futur baccalauréat affiche la philosophie comme matière universelle parmi les quatre épreuves écrites de toutes les séries, il consacre en réalité non seulement sa marginalisation dans les coefficients, mais aussi et surtout la disparition pure et simple de la terminale littéraire. Plus aucun élève ne pourrait bénéficier d’une formation qui le prépare comme aujourd’hui à des études supérieures en philosophie, mais aussi aux outils nécessaires dans la plupart des sciences humaines et sociales.

Quant au service des professeurs de philosophie, il s’en trouverait si alourdiqu’on en viendrait à réduire le nombre de dissertations des élèves, part irremplaçable de leur formation intellectuelle qui influe sur leurs capacités dans toutes les autres matières. Tout cela alors que, en relation avec les autres disciplines littéraires et scientifiques (1), l’enseignement philosophique est l’un des moyens les plus efficaces pour développer la citoyenneté, la laïcité, et faire barrage aux idéologies les plus régressives et dangereuses.

Sans une prise de conscience de ce que signifient les actuels projets du gouvernement, Emmanuel Macron restera bien comme un fossoyeur de la tradition française qui dans l’histoire a marié démocratie, république et philosophie depuis le siècle des Lumières. Sur son bureau de l’Elysée, De Gaulle n’avait pas les cours de la Bourse mais les œuvres de Hegel et de Nietzsche. Il n’est pas trop tard pour réagir.

(1) Il y a six mois, pour devancer cette menace, j’avais adressé au ministre de l’Education nationale une lettre cosignée par les physiciens Jean-Marc Lévy-Leblond et Etienne Klein, l’anthropologue Philippe Descola, le philosophe Pierre Guenancia, le sociologue Christian Laval, les historiens Bernard Legras et Pierre Serna, lettre restée sans réponse.

Jean-Paul Jouary, philosophe

Auteur de : le Futur antérieur. L'art moderne face à l'art des cavernes, Beaux Arts, 2017.

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Coup de coeur... Baruch Spinoza...

26 Mai 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature, #Philosophie

Si, dans une Cité, les sujets ne prennent pas les armes parce qu’ils sont sous l’empire de la terreur, on doit dire, non que la paix y règne, mais plutôt que la guerre n’y règne pas. La paix, en effet, n’est pas la simple absence de guerre, elle est une vertu qui a son origine dans la force d’âme, car l’obéissance est une volonté constante de faire ce qui, suivant le droit commun de la Cité, doit être fait. Une Cité, faut-il dire encore, où la paix est un effet de l’inertie des sujets conduits comme un troupeau, et formés uniquement à la servitude, mérite le nom de solitude1 plutôt que celui de Cité.

Quand nous disons que l’État le meilleur est celui où les hommes vivent dans la concorde, j’entends qu’ils vivent d’une vie proprement humaine, d’une vie qui ne se définit point par la circulation du sang et par l’accomplissement des autres fonctions communes à tous les autres animaux, mais principalement par la raison, la vertu de l’âme et la vie vraie.

Baruch Spinoza, Traité politique, 1677.

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Coup de coeur... Michel Foucault... (Foucault parlant de l'école... Vidéo)

21 Mai 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Philosophie, #Pédagogie

Dans un système de discipline, l'enfant est plus individualisé que l'adulte, le malade l'est avant l'homme sain, le fou et le délinquant plutôt que le normal et le non-délinquant. C'est vers les premiers en tout cas que sont tournés dans notre civilisation tous les mécanismes individualisants ; et lorsqu'on veut individualiser l'adulte sain, normal et légaliste, c'est toujours désormais en lui demandant ce qu'il y a encore en lui d'enfant, de quelle folie secrète il est habité, quel crime fondamental il a voulu commettre.

Michel Foucault - Surveiller et punir

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Si Platon nous rendait visite, que se passerait-il?...

20 Mai 2018 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Philosophie

Si Platon entrait dans un Mc Do, s’il voyait décoller la fusée qui a propulsé Thomas Pesquet dans l’espace, s’il rencontrait Bob Dylan, s’il nous voyait consultant fiévreusement nos téléphones, que dirait-il? Entretien avec le philosophe Roger Pol-Droit.

Platon est né en 428 avant notre ère, à Athènes, dans une grande famille de l’aristocratie. Le jeune homme reçoit la meilleure éducation possible : il lit Homère, joue de la cithare, chasse avec ses chiens, pratique la lutte à un haut niveau. Quand il rencontre Socrate pour la première fois, il a entre 18 et 20 ans. C’est un choc, un coup de foudre qui change tout, bien que Socrate n’ait, au premier regard, pas grand-chose pour plaire : il a la soixantaine, il est mal habillé, son visage est disgracieux, avec de grosses lèvres, un nez épaté, des yeux globuleux, et le philosophe qu’il est vit sans le sou. 

Platon fréquente Socrate pendant une dizaine d’années. Leur relation s’interrompt lorsque le vieil homme est jugé par l’assemblée du peuple et condamné à mort pour impiété envers les dieux et corruption de la jeunesse. Durant les cinquante années qui lui restent à vivre, Platon n’aura que deux objectifs : d’une part, faire vivre Socrate et sa voix, perpétuer le trouble que celle-ci engendre ; d’autre part, imaginer une Cité où Socrate ne puisse plus être condamné, autrement dit concevoir un modèle de société où le meurtre du juste devienne impossible.

D’innombrables livres ont été écrits sur Platon. Mais il en manquait un. Un qui dirait ce que Platon penserait s’il revenait parmi nous, s’il entrait dans un Mc Do, s’il voyait décoller la fusée qui a propulsé Thomas Pesquet dans l’espace, s’il rencontrait Bob Dylan, s’il nous voyait contemplant fiévreusement nos téléphones, etc…

Ce livre existe désormais. Il s’intitule « Et si Platon revenait », signé par Roger-Pol Droit, philosophe et écrivain(Albin Michel, 2018).

Etienne Klein

En savoir plus en cliquant ci-dessous

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A Lire... "Peut-être pas immortelle"... Frédéric Boyer... (Audio/France Culture)

5 Mai 2018 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Littérature, #Philosophie

Résultat de recherche d'images pour "frederic boyer peut etre pas immortelle"

Frédéric Boyer : "écrire pour tenir quelque chose parmi les vivants" 

L'écrivain et éditeur Frédéric Boyer, nous parle de son livre "Peut-être pas immortelle", hommage littéraire à sa compagne, Anne Dufourmantelle, disparue l’été dernier. Trois poèmes parus aux éditions P.O.L, dont il prendra la direction en juin. 

Il vient de perdre coup sur coup sa compagne, la philosophe Anne Dufourmantelle, et son ami, l'éditeur Paul Otchakovsky-Laurens. Il rend hommage à la première dans son dernier livre. Et poursuit le travail du second en prenant la direction des éditions P.O.L. dans un mois. Ecoutez notre entretien avec l'écrivain, traducteur et éditeur Frédéric Boyer.

Anne Dufourmantelle

Anne Dufourmantelle

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Coup de coeur... Diderot... (Video)

4 Mai 2018 , Rédigé par France Culture Publié dans #Littérature, #Philosophie

S'inspirer de Diderot dans la quête du plaisir

Le plaisir, la philosophie biologique, l’esthétique du vivant…Diderot et la quête du plaisir, entre épicurisme et stoïcisme. Et surtout, ne pas oublier que : "Les passions sobres font les hommes communs".

Saisir la riche diversité des interprétations et des usages de l’épicurisme qui, tout en se référant à l’antique doctrine du Jardin, participèrent à l’émergence de nouvelles formes de pensée morale - aspect que des approches mettant au premier plan des questions d’épistémologie ou de métaphysique ont souvent contribué à marginaliser dans les grandes synthèses proposées par l’histoire de la philosophie. Etudier, entre philosophie et littérature, les prolongements de cette problématique jusqu’au moment présent, en étudiant certaines formes de résurgence de l’épicurisme sur la scène de la pensée morale contemporaine et des débats qui la traversent.

De l’ Encyclopédie, lieu où il parle le mieux de sa conception hédoniste et matérialiste de l’existence, jusqu'à l’Essai sur les règnes de Claude et Néron.

Une conférence enregistrée en 2016.

Paolo Quintili, professeur d’histoire de la philosophie, Université Tor Vergata, Rome.

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