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Vivement l'Ecole!

Articles avec #philosophie tag

L’égalité des chances cheval de Troie du néo-libéralisme...

16 Janvier 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Philosophie, #Politique

L’égalité des chances, cheval de Troie du néo-libéralisme...

EXTRAIT

Offrir les mêmes chances à tous les enfants et ainsi organiser les meilleures conditions pour la compétition méritocratique est l’objectif affiché par le président Macron en matière d’éducation. Mais s’agit-il de répondre à une demande de justice sociale ou aux injonctions d’une politique néo-libérale ? Faut-il vraiment se battre pour « l’égalité des chances » ?

Dans un article récent[1], Barbara Stiegler nous rappelle opportunément que « le nouveau libéralisme transforme nécessairement la démocratie élective en un régime autoritaire ».  Autoritaire et brutal doit-on encore ajouter, particulièrement au lendemain de ce 1ermai. Mais ce n’est pas là, selon elle, ce qui fait encore la nouveauté du néo-libéralisme —  ce qui le distingue par exemple de l’ultra-libéralisme. Au travers de son injonction propre « il faut s’adapter » qui exige qu’il doive maintenir le cap — quoi qu’il puisse donc en coûter pour les libertés publiques —, le néo-libéralisme vise à instaurer, nous dit Barbara Stiegler, les conditions d’une « compétition juste » de manière à ce que « tous puissent, avec un maximum d’égalité des chances, participer à la grande compétition pour l’accès aux ressources et aux biens ».     

C’est ce cap néo-libéral qui a été fortement rappelé, dans le désert de ses annonces, par le Président de la République lors de sa conférence de presse. Après avoir affirmé que selon lui « la meilleure réponse au sentiment d’injustice n’est pas d’augmenter les impôts mais de les baisser », il a poursuivi par cette déclaration : « Les vraies inégalités ne sont pas fiscales. Elles sont liées à l’origine, au destin, à la naissance. Il faut agir dès la petite enfance ». Au-delà de l’invocation d’une « mystique de la petite enfance », comme la nomme malicieusement l’historien de l’éducation Claude Lelièvre [2], cette déclaration atteste de la parfaite compatibilité du néo-libéralisme avec l’idéal méritocratique de justice sociale. Dans la compétition généralisée que le néo-libéralisme entend instaurer pour notre survie, la hiérarchie sociale entre les gagnants et les perdants sera justifiée si la compétition est juste, si dès le plus jeune âge chacun se trouve être à égalité sur la ligne de départ.

La notion de mérite est cette sorte de fiction morale dont usent les sociétés démocratiques pour justifier ou légitimer une hiérarchie dans un ordre social qui prétend l’exclure au nom de l’égalité. Le seul principe de sélection juste dans une société qui pose en principe l’égalité en droits de tous les hommes ne semble en effet pouvoir reposer que sur leur capacité de faire par eux-mêmes (c’est-à-dire librement) quelque chose d’eux-mêmes. On en déduit en général comme corollaire un principe de responsabilité que Macron traduit, sans que l’on sache trop pourquoi, de manière réflexive dans la fameuse formule « se responsabiliser », comme s’il pouvait y avoir d’autre responsabilité que celle que l’on a décidé d’assumer. Mais à vrai dire que sait-on du mérite ? Qui peut en juger et selon quels critères ? Comment peut-on prétendre juger du mérite d’un individu seul si tout individu est un être socialisé ? Pourquoi faudrait-il mieux rétribuer un individu selon son mérite plutôt que selon ses besoins ? Autant de questions qui, le plus souvent, ne reçoivent pas de réponses ou alors des plus inconsistantes ainsi qu’on le constate à chaque fois que l’on entend instaurer un avancement ou une rémunération au mérite. L’idéologie méritocratique manifeste ainsi qu’elle n’est qu’une idéologie, en elle-même ni vraie ni fausse, puisqu’elle ne vaut que par son utilité sociale.

(...)

Pascal Levoyer, professeur agrégé de philosophie

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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A quoi peut-on encore rêver aujourd'hui? Live sur Youtube 18h30 - Invitée: Najat Vallaud-Belkacem

11 Janvier 2021 , Rédigé par Youtube Publié dans #Philosophie, #Politique

A quoi peut-on encore rêver aujourd'hui? Live sur Youtube 18h30 - Invitée: Najat Vallaud-Belkacem

À QUOI PEUT-ON ENCORE RÊVER AUJOURD’HUI ?

Invitée : Najat Vallaud-Belkacem

youtube.com/VincentCespede

Lundi 11 janvier 2021 18h30

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A lire... "Les Lumières à l'âge du vivant" - Corine Pelluchon

10 Janvier 2021 , Rédigé par Sources diverses Publié dans #Philosophie

Corine Pelluchon intervient à partir de 27 minutes 20 secondes

A lire... "Les Lumières à l'âge du vivant" - Corine Pelluchon
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Pourquoi les philosophes médiatiques disent de la merde (Vidéo réjouissante)

24 Décembre 2020 , Rédigé par Monsieur Phi - Youtube Publié dans #Philosophie

Sélection en cliquant sur le "minutage"

0:00 - Onfray, expert des Covid-1

18 0:57 - Pourquoi les philosophes médiatiques disent-ils si souvent de la merde ?

2:15 - BHL. "Absurdité médicale. Forfait moral et politique. Crime contre l'esprit. #CeVirusQuiRendFou"

4:23 - Qui est le philosophe-Covid de référence ?

5:20 - WTF : Onfray vitaliste et BHL prophète

6:50 - André Comte-Sponville : le philosophe archétypal

7:37 - (1) Énoncer des banalités profondes ("La mort fait partie de la vie")

8:40 - (2) Relativiser ("Montaigne a connu la peste, ça c'était quelque chose.")

9:34 - (3) Déplorer sans comparer

11:42 - (4) Envolée humaniste

14:05 - Le café du commerce en plus érudit

15:09 - Les philosophes médiatiques ne disent pas tous de la merde mais sont surtout médiatisés QUAND ils en disent

17:22 - Rôle du scientifique vs. rôle du philosophe

18:18 - La dissertation comme exercice philosophique par excellence

20:42 - Le philosophe : un éditorialiste en mieux (ou en pire)

22:48 - Quand un scientifique se prétend philosophe...

23:51 - Il faut des spécialistes. Mais où les trouver ?

24:46 - Appelez le SAV de la philosophie !

25:56 - Supplément : Onfray expliquant le réchauffement climatique par le multivers de la physique quantique (et pourquoi c'est pas grave de rouler en diesel, du coup)

28:28 - Outro

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André Breton : "C'est l'attente qui est magnifique"...

2 Décembre 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Philosophie

André Breton : "C'est l'attente qui est magnifique"...

L'attente n'est pas seulement au-delà du principe de réalité, elle est aussi au-delà du principe du plaisir : "indépendamment de ce qui arrive, n'arrive pas, c'est l'attente qui est magnifique."

L'attente est l'un des états les plus emblématiques de l'homme moderne. Elle n'est pas réductible à la reconnaissance d'un écart entre un projet et sa réalisation, elle a plutôt partie liée avec l'accomplissement et le non-accomplissement du désir. Elle est ce suspens qui se délecte parfois du "pas tout de suite" et elle est dans le surréalisme toujours aussi "l'attente de l'attente" (Blanchot). Chercher dans l'œuvre de Breton les idées sur l'attente qui peuvent nous guider dans les temps fébriles actuels caractérisés par l'accélération et l'intranquilité permanentes, à nous ouvrir patiemment au présent et aux "reflets tremblants du futur" (Breton).

Écouter
30 MIN
C'est l'attente qui est magnifique — L'actualité permanente d’André Breton, par Hans T. Siepe

Cette conférence a été donnée dans le cadre du colloque "L'or du temps. André Breton, 50 ans après" enregistré en août 2016.

Hans T. Siepe, professeur émérite de littératures romanes à l'Université de Düsseldorf. Ses recherches et ses publications portent sur le Surréalisme, sur le Roman populaire, sur la littérature française du XIXe et XXe siècle et sur la littérature antillaise contemporaine.

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L’enseignement des problèmes...

13 Novembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Philosophie, #Education

L’enseignement des problèmes...

Après des attentats, pour éviter de tomber dans le registre de la guerre civile, il faut affronter les problèmes du présent, de face, en travaillant et en réfléchissant. Et donc renforcer toutes nos institutions d’enseignement et de savoir.

Je voudrais parler ici, non pas des problèmes de l’enseignement, mais de l’enseignement des problèmes. Mais on me permettra de commencer par un soulagement et une crainte, qui n’ont apparemment aucun rapport.

Car, bien sûr, j’ai retenu mon souffle moi aussi pendant quatre ans devant ce qui se passait aux Etats-Unis et je ressens ce qu’un ami et collègue là-bas appelle un «personal relief» on pourrait presque dire un «soulagement intime», tant la pression sur la démocratie empêchait de respirer. Mais j’avais, pendant ces quatre ans, une autre crainte plus sourde qui tenait à la conjonction possible des catastrophes. J’ai redouté pendant quatre ans que survienne sous le registre (je n’ose dire «le régime») de guerre civile relancée un attentat terroriste comme ceux qui sont survenus en France, il y a peu, mais aussi il y a cinq ans - un 13 Novembre. Que se serait-il passé là-bas ? Il n’y a pas besoin pour le deviner d’attendre une série télévisée. A coup sûr, on aurait assisté au redoublement d’une guerre externe par une extrême division intérieure, voire pire. On ne serait pas allé seulement de tel acte à tel discours en effet coupable, car il y en a (les appels à la haine et au meurtre sont bien sûr criminels), et ce lien est légitime. Mais il y aurait eu une double généralisation et une essentialisation : vers des identités (une religion comme telle et réduite à cela) et à des groupes, voire de pans entiers de la politique comme «la gauche». On aurait assisté au piège qui menace toute réaction à l’urgence lorsqu’elle dépasse la défense légitime et qu’elle tombe dans l’amalgame en redoublant le danger. Il faut souligner sans relâche qu’on y a échappé en France de 2015 jusqu’aux terribles attentats récents, grâce à une vigilance constante des institutions et des responsables.

Je n’entrerai donc pas non plus dans le débat récent qui risque malgré tout en France une généralisation redoutable, avec ceux qui accusent «l’université» en général de telle ou telle responsabilité dans les attentats. Personne, espérons-le, n’y succombera. Il importe, certes, de condamner y compris dans l’université les actes et les discours qui transgressent les lois et par exemple appellent à la haine. Mais cette généralisation qui menace en général les lieux d’enseignement et de savoir, évitons et refusons-la.

Car ce dont nous avons besoin, justement, dans ces limites respectées, c’est du savoir et de l’enseignement. D’un savoir et d’un enseignement qui, et pas seulement à l’université, sont avec la science les instruments dont les humains se dont dotés pour une tâche simple et fondamentale : affronter les problèmes. Nous avons besoin de répondre aux agressions et aux transgressions. Mais aussi de comprendre et de traiter les problèmes. De ne pas renoncer à les poser avec toutes les armes de savoirs, de disciplines, dont c’est la fonction principale ! Des mathématiques à la littérature, en passant par la médecine et les sciences sociales, les savoirs, avant même de répondre aux problèmes, consistent à les poser. Avec une méthode explicite, fondée, discutée. Et les outils nécessaires (dont bien sûr le langage et l’histoire). J’inclus «la littérature» dans ces disciplines car elle affronte les problèmes humains, les injustices dans les tragédies, l’amour dans tous les genres. On doit l’enseigner sous ses plus hautes formes qui ne sont pas celles de l’évidence mais du déchirement, Camus par exemple le savait. En France, la philosophie a toujours défendu l’idée d’une définition du savoir par des problèmes et Canguilhem reprenait de Bachelard et Brunschvicg l’idée de la philosophie et de l’histoire comme «science des problèmes résolus» car il y en a ! Et il faut savoir comment les humains s’y sont pris ! Ainsi la démocratie consiste dans la solution, même toujours imparfaite, au problème humain de l’injustice. La loi sur la liberté d’expression, la séparation du théologique et du politique en sont des exemples à étudier et à enseigner.

Nous devons donc aujourd’hui défendre et faire progresser la recherche et l’enseignement sur les problèmes du présent. Nous devons poser, affronter ces problèmes, car ils exigent d’être bien compris. Certes, il y a un désaccord légitime sur la priorité des problèmes. On en parlait avec Loup Wolff et Dominique Méda dans un autre contexte. Mais il ne devrait pas y avoir de doute, en revanche, sur le fait que les problèmes sont notre priorité absolue et commune. Affrontons les urgences mais, au-delà du déni et de la guerre, des censures et des empiétements, affrontons les problèmes communs du moment. Renforçons et renouvelons pour cela toutes nos institutions d’enseignement et de savoir.

D’ailleurs, de la pandémie au climat, n’est-ce pas de problèmes que parle le nouveau président élu aux Etats-Unis, suscitant, curieusement, de la joie ? Cela ne devrait pas nous étonner. Car il ouvre la voie au travail partagé et concret de chacune et de chacun, aujourd’hui.

Frédéric Worms

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C'était quoi l'engagement il y a 50 ans... (Vidéo)

7 Novembre 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Politique, #Philosophie

Le romancier Philippe Forest nous propose une réflexion sur le problème de l'engagement dans la création littéraire, des pouvoirs et des limites de la littérature, tel qu'il a été pensé par quelques grands écrivains du vingtième siècle : Sartre, Beauvoir...

En décembre 1964, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir dialoguaient avec quelques jeunes romanciers. A l'époque, la théorie de l'engagement telle que l'avait promue depuis la Libération l'existentialisme sartrien, était mise en cause par les partisans du Nouveau Roman. Mais Sartre, lui-même, avait été amené reconsidérer celle-ci dans Les Mots. Devant une journaliste qui l'interrogeait, il reconnaissait que face à un enfant qui meurt de faim, un livre comme La Nausée ne faisait pas le poids.

Une conférence enregistrée en novembre 2014.

Philippe Forest, romancier et essayiste, professeur de littérature à l'Université de Nantes, co-rédacteur en chef de la NRF des éditions Gallimard.

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"S’adapter", nouvel horizon du libéralisme ? avec la philosophe Barbara Stiegler (vidéos)

12 Août 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Politique, #Philosophie

A lire:

« Il faut s’adapter ». Sur un nouvel impératif politique, de Barbara Stiegler, Gallimard, « NRF Essais », 334 p., 22 €.

Lire un extrait en suivant le lien ci-dessous

https://flipbook.cantook.net/?d=%2F%2Fwww.edenlivres.fr%2Fflipbook%2Fpublications%2F475934.js&oid=3&c=&m=&l=&r=&f=pdf

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Le "monde d'après" n'était-il qu'une utopie?...

27 Juin 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Société, #Philosophie

Le "monde d'après" n'était-il qu'une utopie?...

La pandémie a fait naitre chez certains l’espoir d’une rupture, d’un nouveau départ. La crise sanitaire peut-elle être le déclencheur d’une société plus harmonieuse ? Est-il possible de ralentir, rediriger, donner plus de sens à nos vies ? Ou est-il plus imaginable que tout recommence comme avant ?

Dix jours à peine après le début du confinement, les premières tribunes évoquaient déjà un après de la crise du Coronavirus. Parmi elles, celle de l’écrivain israélien David Grossmann dans Libération qui imaginait que certains d’entre nous « ne voudraient plus revenir à leur vie antérieure... D’aucuns se poseront pour le première fois des questions sur leurs choix, leurs renoncements et leurs compromis. Sur les amours qu’ils n’ont pas osé nouer. Sur la vie qu’ils n’ont pas osé vivre. »  

Était-ce cela, ce manque, qui a provoqué une telle avalanche de tribunes et d’articles ? Toujours est-il qu’économistes, philosophes, artistes... ont tous saisi ce temps d’arrêt pour imaginer un avenir différent et, pourquoi pas, meilleur. 

Depuis le début du confinement, l'équipe du Temps du débat a rassemblé sur le site de France Culture, près d'une cinquantaine de textes d’écrivains, d’artistes ou d’intellectuels du monde entier qui nous ont donné leur regard sur la crise en cours. Nous vous invitons à lire la contribution du jour, signée d'Emel Mathlouthi : "Notre vie était-elle normale ?".

Toutes les chroniques de la série Coronavirus, une conversation mondiale sont disponibles ici.

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