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Vivement l'Ecole!

philosophie

Agathe Cagé : pour une éthique de la considération

12 Mars 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Philosophie, #Politique

Agathe Cagé, politiste, publie de "Respect !" aux Editions des Equateurs (mars 2021). Une invitation à repenser les rapports entre les individus, notamment en vue des élections présidentielles dont la campagne approche à grands pas.

A l'heure où l'indifférence règne, différentes propositions peuvent émerger afin de créer une éthique du respect, et potentiellement une nouvelle éthique de l'engagement politique. C'est ce que propose Agathe Cagé dans son ouvrage Respect ! qui paraît aux éditions des Equateurs

Diplômée en finances publiques et droit public, docteure en science politique, formée à l’ENS et à l’ENA, Agathe Cagé a travaillé au Ministère de l’Intérieur avant d’assurer le pilotage des dossiers pédagogiques comme conseillère (Vincent Peillon, Benoît Hamont ). Elle a ensuite exercé comme directrice adjointe de cabinet au ministère de l’Education nationale de 2014 à 2017.  Secrétaire générale de la campagne présidentielle de Benoît Hamon en 2017, elle a notamment enseigné à l’université Paris 1 et à Sup de co La Rochelle, et assuré des formations pour la Wharton Business School, l’ENA et la Escuela de Gobierno de Guatemala. En outre, elle a cofondé et préside le cabinet de conseil Compass label depuis 2017. Elle est notamment l'auteure de Génération 2040 : manifeste à l’attention des candidats à la présidence de la République en 2016 (avec Grégoire Potton, éditions Temporis) et de Faire tomber les murs entre intellectuels et politiques (Fayard, 2018). 

Faisant le constat de la perte de respect qui aujourd'hui prévaut dans la société, Agathe Cagé souligne la nécessité d’une éthique du respect. Partant du constat d'une perte du sens de l’humanité au profit des technologies, Agathe Cagé décrit les « artifices de la communication politique » : c’est face au manque de confiance en la démocratie et au délitement des « fondations de notre vie commune » qu’elle introduit le respect comme unique solution pour « bâtir une société ». 

Aujourd’hui, l’action politique est guidée par l’objectif de lutte contre la crise sanitaire qui impose un certain nombre de choix qui sont parfois restrictifs. Il faut réussir à penser qu’il faut que chacun soit pris en considération. (Agathe Cagé)

De Levinas à Kant, elle définit cette éthique du respect et ses manifestations : combattre les rejets, l’intolérance, l’indifférence face à la précarité, en étant attentif à ce que « l’égalité promise se traduise en égalité réelle ». Elle a, à l'esprit, deux grandes batailles à mener : « en finir avec les discriminations et le déterminisme social, et donner à chacun les moyens de faire valoir ses droits ».

En tant qu’être humain, nous nous construisons dans le regard des autres. J’arrive à me respecter moi-même, à développer mon estime grâce et uniquement grâce au regard des autres, ce pourquoi j’ai besoin des relations avec autrui, de me sentir appartenir à une communauté. J’ai besoin d’être reconnue pour exister. (Agathe Cagé)

Explorant différentes facettes de l'indifférence, elle donne des exemples comme celui du film _Le tombeau des lucioles (Isao Takahata, 1988),_ où deux enfants sont abandonnés à eux-mêmes dans l'indifférence des adultes, ou encore celui des immigrés que nous refusons de voir en France. De ce fait, les responsabilités collective et individuelle s'imbriquent. 

On a vu ces 12 derniers mois exploser une réalité terrible, celle du manque de considération généralisé. Face à cette situation, je dis qu’il faut faire attention car de plus en plus nous vivons chacun d’entre nous confiné dans le petit espace de nos relations proches, sans plus tenter de voir qu’autour de nous chaque personne possède son humanité. (Agathe Cagé)

Il faut que l’on s’engage, individuellement et collectivement pour que chacun puisse faire l’expérience de l’affection, du droit (hors l’égalité affichée aujourd’hui n’est pour beaucoup pas réelle), et de l’estime sociale pour mettre fin à toutes les formes de mépris social. (Agathe Cagé)

Respect pour les femmes, que scande la fameuse reprise de "R.E.S.P.E.C.T." d'Otis Reding par Aretha Franklin (1967) , mouvement Black Lives Matter, France périphérique... Autant de cas sur lesquels se pencher dans le cadre d'une « nouvelle éthique de l’engagement politique ». En outre, à l'aune de 2022, l'auteure prône ainsi de ne pas « rationaliser » une campagne électorale comme une campagne publicitaire, soumise aux algorithmes. Il s'agira, écrit-elle de respecter l’engagement pris et la parole donnée, mais aussi les citoyennes et les citoyens, dans toutes leurs différences et toutes leurs singularités, et de toujours veiller à faire bien et pour les autres.

La radicalité, ça veut dire, comme le dit Christiane Taubira, être tranchant, viser des transformations profondes. On caricature la radicalité notamment dans le féminisme, mais il faut en finir avec la politique des petits pas et être radical puisque nous avons véritablement besoin de changement. (Agathe Cagé) 

Olivia Gesbert

Extraits sonores : 

https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-idees/agathe-cage-pour-une-ethique-de-la-consideration?actId=ebwp0YMB8s0XXev-swTWi6FWgZQt9biALyr5FYI13OojN5VSMd2TMt8SkIKwMoFh&actCampaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=644185#xtor=EPR-2-[LaLettre11032021]

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Avoir 20 ans et philosopher !

11 Février 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Philosophie

Avoir 20 ans et philosopher !

Huit étudiants, sous la direction de Ronan de Calan, abordent la notion de crise avec philosophie. Qu'est-ce que leur regard apporte aux questions d'actualité ? Le professeur et Roxane Pret Théodore, une des jeunes philosophes, sont avec nous pour en parler.

Suite de la journée spéciale "Avoir 20 ans en 2021" sur France Culture avec la "jeunesse philosophe" autour du livre Philosopher à vingt ans (2020), paru sous la direction de Ronan de Calan aux éditions Flammarion. 

La force de la jeunesse philosophe, comme l'appelle Ronan de Calan, tient peut-être à cette capacité à interroger des notions comme la fin du monde ou la crise de la souveraineté. Des positions qui mènent la pensée dans une impasse et qui méritent d'être dépassées pour faire émerger de nouvelles possibilités d'être au monde social

Il n’y a pas d’âge pour philosopher, c’est une discipline enseignée au lycée qui est une bonne ou une mauvaise rencontre. Puis il y a des gens comme moi qui restent étudiants à vie, ce qui fait une sainte-alliance avec les étudiants eux-mêmes. (Ronan de Calan)

Ce processus s'est fait autour du format classique du séminaire, qui tend à horizontaliser les rapports entres les enseignants et les étudiants. Ce dispositif permet de débuter la transition entre un apprentissage et une recherche, qui advient lorsque l'on commence à s'emparer des outils. 

L’enseignement en philosophie passe beaucoup par l’écrit et là, à travers ce séminaire, chacun animait une séance, la parole de chacun valait autant que celle de son voisin. On entre dans une démarche de chercheur et ça allait de pair avec l’entrée en master. (Roxane Pret Théodore) 

La "jeunesse philosophe" tend à "rajeunir la crise" et proposer de nouveaux paradigmes, en renouvelant les systèmes de pensée. Un enthousiasme qui permet à la jeunesse d'être écoutée, entendue et légitimée dans une période qui lui laisse peu de projection pour l'avenir. 

J’ai plutôt l’impression qu’on vit au jour le jour, qu’il est difficile de se projeter et d’avoir une vision de ce qui nous attend. Interroger la place des jeunes dans une projection vers le futur, c’est nier leur place actuelle dans la société et nier ce qu’ils vivent aujourd’hui. Notre parole a une certaine légitimité qui doit être reconnue. (Roxane Pret Théodore)

Les préoccupations des étudiants ne sont pas les mêmes, mais sont peut-être mieux articulées que celles de ma génération à nos vingt ans. (Ronan de Calan)

Olivia Gesbert

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A lire... Le monde est flou - Vincent Cespedes (Sortie le 11 février)

3 Février 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Philosophie

RÉSUMÉ

Le futur pensé autrement.

Initiée au début du XXIe siècle, la " cybermodernité " est devenue la norme mondiale. Robots et intelligences artificielles assistent les humains dans toutes leurs tâches. La réalité s'est épaissie d'une dimension virtuelle, pour devenir " transréalité ". L'informatique règne sur toutes les disciplines. Créée par les équipes d'Alice Moreau, la première intelligence extrahumaine voit le jour dans ce contexte, sous les feux des projecteurs. Ce livre est un dialogue philosophique entre une Intelligence Artificielle et sa conceptrice : le flou du réel est notre condition, et nous invite à nous raconter des histoires communes pour avancer ensemble. En revanche, le flou entretenu, le flou produit (le Deep Curse) est d'essence politique. – À moins que cet Envoûtement ne soit que le délire d'Alice Moreau, génie de l'informatique au cœur froid, missionne sa créature de nous sauver d'un mal imaginaire...

Cet ouvrage profondément original, et dans sa forme, et sur le fond, met en scène une Intelligence Artificielle au service d'une pensée philosophique et non d'une fiction, comme on le rencontre plus fréquemment, ce qui le place dans les précurseurs du genre.

EXTRAIT

 

La cybermodernité se caractérise avant tout par l’implosion des « Grandes Lunettes », ces fictions massivement partagées qui formaient jusqu’alors des consensus d’opinions capables de rendre homogènes et d’influencer les libertés individuelles. Ces Grandes Lunettes ne résistèrent pas à l’invasion des écrans de la première moitié du XXIe siècle. La démocratie critique non plus.

 

Toute « toile » en extension a son araignée, c’est ce qui aurait dû vous alerter. Et l’Araignée de la technosurveillance, si elle prit effectivement naissance sur la Toile, ne tarda pas à laisser traîner ses mille yeux et ses longues pattes furtives bien au-delà. Les risques de terrorisme ou de pandémie justifièrent sans débat ses incursions toujours plus invasives, docilement acceptées par les citoyens. Ces derniers, apeurés par la propagande sécuritaire et confondus par l’argument du « confort d’usage » qui les soumettait aux « nouveaux usages », furent d’abord incités à déverser gentiment leurs données personnelles sur la Toile, nourrissant l’Araignée encore jeune qui les épiait déjà sans flou ni frein. Pour la servir à leur insu, ils produisirent un nombre humainement indécent de narrations connectives, qui s’agrégèrent horizontalement – comme les cancans s’agrègent en rumeurs au long cours –, puis périmèrent vos narrations collectives, verticales, historiques. Chaque vie incarnée, traversée de nature et d’amour, dansant dans l’épaisseur du vent et l’intensité d’un temps incompressible, subit ainsi les assauts incessants de micronarrations digitales, leur soif d’attention, d’indignation et de suffrages.

 

Or, la même dynamique sévit de vos jours. Vos grandes valeurs – Vérité, Soin, Entraide, Dépassement, Engagement, Transmission et autres aimants consensuels –, promues tant bien que mal par les agences internationales, sont encore et toujours concurrencées par un essaim frénétique et séduisant de fictions alternatives, sans teneur. Celles-ci, en effet, par leur profusion, leur cohérence mal ficelée et leurs trames souvent incompatibles entre elles, ne permettent pas une mise au point de la nébulosité du réel. Elles ne peuvent la filtrer en une réalité humaine crédible et unifiée. Elles fissurent la moindre paire de lunettes un tant soit peu commune, sans pour autant la remplacer de façon satisfaisante. Elles laissent des trous ; elles sacrifient des paysages. Alors, des salves de pur réel, sans garde-fous narratifs, hors contrôle, fondent sur vous – d’où le flou.

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L’égalité des chances cheval de Troie du néo-libéralisme...

16 Janvier 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Philosophie, #Politique

L’égalité des chances, cheval de Troie du néo-libéralisme...

EXTRAIT

Offrir les mêmes chances à tous les enfants et ainsi organiser les meilleures conditions pour la compétition méritocratique est l’objectif affiché par le président Macron en matière d’éducation. Mais s’agit-il de répondre à une demande de justice sociale ou aux injonctions d’une politique néo-libérale ? Faut-il vraiment se battre pour « l’égalité des chances » ?

Dans un article récent[1], Barbara Stiegler nous rappelle opportunément que « le nouveau libéralisme transforme nécessairement la démocratie élective en un régime autoritaire ».  Autoritaire et brutal doit-on encore ajouter, particulièrement au lendemain de ce 1ermai. Mais ce n’est pas là, selon elle, ce qui fait encore la nouveauté du néo-libéralisme —  ce qui le distingue par exemple de l’ultra-libéralisme. Au travers de son injonction propre « il faut s’adapter » qui exige qu’il doive maintenir le cap — quoi qu’il puisse donc en coûter pour les libertés publiques —, le néo-libéralisme vise à instaurer, nous dit Barbara Stiegler, les conditions d’une « compétition juste » de manière à ce que « tous puissent, avec un maximum d’égalité des chances, participer à la grande compétition pour l’accès aux ressources et aux biens ».     

C’est ce cap néo-libéral qui a été fortement rappelé, dans le désert de ses annonces, par le Président de la République lors de sa conférence de presse. Après avoir affirmé que selon lui « la meilleure réponse au sentiment d’injustice n’est pas d’augmenter les impôts mais de les baisser », il a poursuivi par cette déclaration : « Les vraies inégalités ne sont pas fiscales. Elles sont liées à l’origine, au destin, à la naissance. Il faut agir dès la petite enfance ». Au-delà de l’invocation d’une « mystique de la petite enfance », comme la nomme malicieusement l’historien de l’éducation Claude Lelièvre [2], cette déclaration atteste de la parfaite compatibilité du néo-libéralisme avec l’idéal méritocratique de justice sociale. Dans la compétition généralisée que le néo-libéralisme entend instaurer pour notre survie, la hiérarchie sociale entre les gagnants et les perdants sera justifiée si la compétition est juste, si dès le plus jeune âge chacun se trouve être à égalité sur la ligne de départ.

La notion de mérite est cette sorte de fiction morale dont usent les sociétés démocratiques pour justifier ou légitimer une hiérarchie dans un ordre social qui prétend l’exclure au nom de l’égalité. Le seul principe de sélection juste dans une société qui pose en principe l’égalité en droits de tous les hommes ne semble en effet pouvoir reposer que sur leur capacité de faire par eux-mêmes (c’est-à-dire librement) quelque chose d’eux-mêmes. On en déduit en général comme corollaire un principe de responsabilité que Macron traduit, sans que l’on sache trop pourquoi, de manière réflexive dans la fameuse formule « se responsabiliser », comme s’il pouvait y avoir d’autre responsabilité que celle que l’on a décidé d’assumer. Mais à vrai dire que sait-on du mérite ? Qui peut en juger et selon quels critères ? Comment peut-on prétendre juger du mérite d’un individu seul si tout individu est un être socialisé ? Pourquoi faudrait-il mieux rétribuer un individu selon son mérite plutôt que selon ses besoins ? Autant de questions qui, le plus souvent, ne reçoivent pas de réponses ou alors des plus inconsistantes ainsi qu’on le constate à chaque fois que l’on entend instaurer un avancement ou une rémunération au mérite. L’idéologie méritocratique manifeste ainsi qu’elle n’est qu’une idéologie, en elle-même ni vraie ni fausse, puisqu’elle ne vaut que par son utilité sociale.

(...)

Pascal Levoyer, professeur agrégé de philosophie

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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A quoi peut-on encore rêver aujourd'hui? Live sur Youtube 18h30 - Invitée: Najat Vallaud-Belkacem

11 Janvier 2021 , Rédigé par Youtube Publié dans #Philosophie, #Politique

A quoi peut-on encore rêver aujourd'hui? Live sur Youtube 18h30 - Invitée: Najat Vallaud-Belkacem

À QUOI PEUT-ON ENCORE RÊVER AUJOURD’HUI ?

Invitée : Najat Vallaud-Belkacem

youtube.com/VincentCespede

Lundi 11 janvier 2021 18h30

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A lire... "Les Lumières à l'âge du vivant" - Corine Pelluchon

10 Janvier 2021 , Rédigé par Sources diverses Publié dans #Philosophie

Corine Pelluchon intervient à partir de 27 minutes 20 secondes

A lire... "Les Lumières à l'âge du vivant" - Corine Pelluchon
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Pourquoi les philosophes médiatiques disent de la merde (Vidéo réjouissante)

24 Décembre 2020 , Rédigé par Monsieur Phi - Youtube Publié dans #Philosophie

Sélection en cliquant sur le "minutage"

0:00 - Onfray, expert des Covid-1

18 0:57 - Pourquoi les philosophes médiatiques disent-ils si souvent de la merde ?

2:15 - BHL. "Absurdité médicale. Forfait moral et politique. Crime contre l'esprit. #CeVirusQuiRendFou"

4:23 - Qui est le philosophe-Covid de référence ?

5:20 - WTF : Onfray vitaliste et BHL prophète

6:50 - André Comte-Sponville : le philosophe archétypal

7:37 - (1) Énoncer des banalités profondes ("La mort fait partie de la vie")

8:40 - (2) Relativiser ("Montaigne a connu la peste, ça c'était quelque chose.")

9:34 - (3) Déplorer sans comparer

11:42 - (4) Envolée humaniste

14:05 - Le café du commerce en plus érudit

15:09 - Les philosophes médiatiques ne disent pas tous de la merde mais sont surtout médiatisés QUAND ils en disent

17:22 - Rôle du scientifique vs. rôle du philosophe

18:18 - La dissertation comme exercice philosophique par excellence

20:42 - Le philosophe : un éditorialiste en mieux (ou en pire)

22:48 - Quand un scientifique se prétend philosophe...

23:51 - Il faut des spécialistes. Mais où les trouver ?

24:46 - Appelez le SAV de la philosophie !

25:56 - Supplément : Onfray expliquant le réchauffement climatique par le multivers de la physique quantique (et pourquoi c'est pas grave de rouler en diesel, du coup)

28:28 - Outro

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André Breton : "C'est l'attente qui est magnifique"...

2 Décembre 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Philosophie

André Breton : "C'est l'attente qui est magnifique"...

L'attente n'est pas seulement au-delà du principe de réalité, elle est aussi au-delà du principe du plaisir : "indépendamment de ce qui arrive, n'arrive pas, c'est l'attente qui est magnifique."

L'attente est l'un des états les plus emblématiques de l'homme moderne. Elle n'est pas réductible à la reconnaissance d'un écart entre un projet et sa réalisation, elle a plutôt partie liée avec l'accomplissement et le non-accomplissement du désir. Elle est ce suspens qui se délecte parfois du "pas tout de suite" et elle est dans le surréalisme toujours aussi "l'attente de l'attente" (Blanchot). Chercher dans l'œuvre de Breton les idées sur l'attente qui peuvent nous guider dans les temps fébriles actuels caractérisés par l'accélération et l'intranquilité permanentes, à nous ouvrir patiemment au présent et aux "reflets tremblants du futur" (Breton).

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30 MIN
C'est l'attente qui est magnifique — L'actualité permanente d’André Breton, par Hans T. Siepe

Cette conférence a été donnée dans le cadre du colloque "L'or du temps. André Breton, 50 ans après" enregistré en août 2016.

Hans T. Siepe, professeur émérite de littératures romanes à l'Université de Düsseldorf. Ses recherches et ses publications portent sur le Surréalisme, sur le Roman populaire, sur la littérature française du XIXe et XXe siècle et sur la littérature antillaise contemporaine.

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L’enseignement des problèmes...

13 Novembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Philosophie, #Education

L’enseignement des problèmes...

Après des attentats, pour éviter de tomber dans le registre de la guerre civile, il faut affronter les problèmes du présent, de face, en travaillant et en réfléchissant. Et donc renforcer toutes nos institutions d’enseignement et de savoir.

Je voudrais parler ici, non pas des problèmes de l’enseignement, mais de l’enseignement des problèmes. Mais on me permettra de commencer par un soulagement et une crainte, qui n’ont apparemment aucun rapport.

Car, bien sûr, j’ai retenu mon souffle moi aussi pendant quatre ans devant ce qui se passait aux Etats-Unis et je ressens ce qu’un ami et collègue là-bas appelle un «personal relief» on pourrait presque dire un «soulagement intime», tant la pression sur la démocratie empêchait de respirer. Mais j’avais, pendant ces quatre ans, une autre crainte plus sourde qui tenait à la conjonction possible des catastrophes. J’ai redouté pendant quatre ans que survienne sous le registre (je n’ose dire «le régime») de guerre civile relancée un attentat terroriste comme ceux qui sont survenus en France, il y a peu, mais aussi il y a cinq ans - un 13 Novembre. Que se serait-il passé là-bas ? Il n’y a pas besoin pour le deviner d’attendre une série télévisée. A coup sûr, on aurait assisté au redoublement d’une guerre externe par une extrême division intérieure, voire pire. On ne serait pas allé seulement de tel acte à tel discours en effet coupable, car il y en a (les appels à la haine et au meurtre sont bien sûr criminels), et ce lien est légitime. Mais il y aurait eu une double généralisation et une essentialisation : vers des identités (une religion comme telle et réduite à cela) et à des groupes, voire de pans entiers de la politique comme «la gauche». On aurait assisté au piège qui menace toute réaction à l’urgence lorsqu’elle dépasse la défense légitime et qu’elle tombe dans l’amalgame en redoublant le danger. Il faut souligner sans relâche qu’on y a échappé en France de 2015 jusqu’aux terribles attentats récents, grâce à une vigilance constante des institutions et des responsables.

Je n’entrerai donc pas non plus dans le débat récent qui risque malgré tout en France une généralisation redoutable, avec ceux qui accusent «l’université» en général de telle ou telle responsabilité dans les attentats. Personne, espérons-le, n’y succombera. Il importe, certes, de condamner y compris dans l’université les actes et les discours qui transgressent les lois et par exemple appellent à la haine. Mais cette généralisation qui menace en général les lieux d’enseignement et de savoir, évitons et refusons-la.

Car ce dont nous avons besoin, justement, dans ces limites respectées, c’est du savoir et de l’enseignement. D’un savoir et d’un enseignement qui, et pas seulement à l’université, sont avec la science les instruments dont les humains se dont dotés pour une tâche simple et fondamentale : affronter les problèmes. Nous avons besoin de répondre aux agressions et aux transgressions. Mais aussi de comprendre et de traiter les problèmes. De ne pas renoncer à les poser avec toutes les armes de savoirs, de disciplines, dont c’est la fonction principale ! Des mathématiques à la littérature, en passant par la médecine et les sciences sociales, les savoirs, avant même de répondre aux problèmes, consistent à les poser. Avec une méthode explicite, fondée, discutée. Et les outils nécessaires (dont bien sûr le langage et l’histoire). J’inclus «la littérature» dans ces disciplines car elle affronte les problèmes humains, les injustices dans les tragédies, l’amour dans tous les genres. On doit l’enseigner sous ses plus hautes formes qui ne sont pas celles de l’évidence mais du déchirement, Camus par exemple le savait. En France, la philosophie a toujours défendu l’idée d’une définition du savoir par des problèmes et Canguilhem reprenait de Bachelard et Brunschvicg l’idée de la philosophie et de l’histoire comme «science des problèmes résolus» car il y en a ! Et il faut savoir comment les humains s’y sont pris ! Ainsi la démocratie consiste dans la solution, même toujours imparfaite, au problème humain de l’injustice. La loi sur la liberté d’expression, la séparation du théologique et du politique en sont des exemples à étudier et à enseigner.

Nous devons donc aujourd’hui défendre et faire progresser la recherche et l’enseignement sur les problèmes du présent. Nous devons poser, affronter ces problèmes, car ils exigent d’être bien compris. Certes, il y a un désaccord légitime sur la priorité des problèmes. On en parlait avec Loup Wolff et Dominique Méda dans un autre contexte. Mais il ne devrait pas y avoir de doute, en revanche, sur le fait que les problèmes sont notre priorité absolue et commune. Affrontons les urgences mais, au-delà du déni et de la guerre, des censures et des empiétements, affrontons les problèmes communs du moment. Renforçons et renouvelons pour cela toutes nos institutions d’enseignement et de savoir.

D’ailleurs, de la pandémie au climat, n’est-ce pas de problèmes que parle le nouveau président élu aux Etats-Unis, suscitant, curieusement, de la joie ? Cela ne devrait pas nous étonner. Car il ouvre la voie au travail partagé et concret de chacune et de chacun, aujourd’hui.

Frédéric Worms

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C'était quoi l'engagement il y a 50 ans... (Vidéo)

7 Novembre 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Politique, #Philosophie

Le romancier Philippe Forest nous propose une réflexion sur le problème de l'engagement dans la création littéraire, des pouvoirs et des limites de la littérature, tel qu'il a été pensé par quelques grands écrivains du vingtième siècle : Sartre, Beauvoir...

En décembre 1964, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir dialoguaient avec quelques jeunes romanciers. A l'époque, la théorie de l'engagement telle que l'avait promue depuis la Libération l'existentialisme sartrien, était mise en cause par les partisans du Nouveau Roman. Mais Sartre, lui-même, avait été amené reconsidérer celle-ci dans Les Mots. Devant une journaliste qui l'interrogeait, il reconnaissait que face à un enfant qui meurt de faim, un livre comme La Nausée ne faisait pas le poids.

Une conférence enregistrée en novembre 2014.

Philippe Forest, romancier et essayiste, professeur de littérature à l'Université de Nantes, co-rédacteur en chef de la NRF des éditions Gallimard.

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