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Vivement l'Ecole!

pedagogie

"Moi m'sieur je me réveille tous les matins à 5h15..."

10 Juin 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

"Moi m'sieur je me réveille tous les matins à 5h15..."

"Moi m'sieur je me réveille tous les matins à 5h15..."

Voici la réponse que m'a donnée, il y a quelques jours, un élève de 5ème à la question de savoir à quelle heure se préparaient mes élèves le matin pour partir au collège... Sept autres entendaient la sonnerie à 6h30, onze à 6h45 et les cinq derniers, les chanceux, à 7h. Je laisserai de coté les horaires de retour dans ce collège rural de 400 gamins.

Il ne s'agit pas d'un sondage. Ce questionnaire et les réponses obtenues n'ont aucune valeur scientifique. Néanmoins cet élève n'est pas unique en France. Je le sais... Ils existent, doivent être performants de 8h à 16h, parfois 17. Encore heureux que leur semaine s'étale sur quatre jours et demi (en collège) offrant la possibilité de terminer plus tôt ou de commencer, deux fois par semaine, à 9h. Ces deux fois-là, mon élève - nous l'appellerons Antoine - peut faire la grasse matinée jusqu'à 6h! Le paradis!...

Sans verser dans un pathos qui pourrait, à juste titre, m'être reproché, il serait irresponsable de nier ces réalités qui perdurent depuis des décennies dans les collèges. Sans parler de l'organisation des journées! Celui qui n'a pas VECU un emploi du temps d'élève de classe de 4ème option "européenne" ne sait pas à quel "enfer" il a échappé.

Bien entendu, parmi l'ensemble, beaucoup d'élèves - et de parents de ces mêmes élèves - sont très satisfaits d'un tel système. Ces enfants-là réussissent  ; les résultats sont excellents; la fatigue est amortie par des notes oscillant entre 15 et 20.  Tout va très bien dans le meilleur des mondes... Ils sont faits pour le système puisque le système a été construit pour eux...

Mais, tout en félicitant ces brillants enfants, il ne peut nous échapper que d'autres, beaucoup d'autres, accumulent fatigue ET résultats médiocres, voire catastrophiques. Souvent depuis le CP. Ceux-là glisseront doucement vers la sortie du système pour rejoindre les cohortes de décrocheurs ou d'abandonnés sans l'ombre d'un diplôme. Ils disparaissent... On ne les voit plus... Et tout continue d'aller très bien dans ce meilleur des mondes... Les invisibles ne dérangent pas... C'est toujours ça de gagné...

J'appelle de mes vœux une révolution scolaire à la hauteur des enjeux.

Cette "révolution copernicienne" de l'école, du collège et DES lycées permettra à des milliers d' "Antoine" de se réveiller plus tard, pour travailler dans des établissements plus accueillants. Elle devra casser, au sens propre du terme, des grilles d'emplois du temps absurdes et - au risque de la polémique - s'il faut que l'enseignant que je suis doive rester plus longtemps sur son lieu de travail mais pour exercer de manière plus détendue et plus efficace pour chacun, alors je serai un "révolutionnaire"! Elle devra réécrire tous les programmes, refonder tout l'édifice de l'orientation et engager une formation des enseignants en conformité avec les exigences du XXIème siècle.

Il y a là un chantier gigantesque qui nécessitera bien d'autres décisions courageuses que celles prises actuellement.

Alors et alors seulement, les "Antoine" à venir ne me diront plus jamais  : "Moi m'sieur je me réveille tous les matins à 5h15..."

Christophe Chartreux

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Interdire le portable à l'école : pourquoi ça va être compliqué de faire raccrocher les élèves...

8 Juin 2018 , Rédigé par LCI Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

Les députés ont voté jeudi l'interdiction des téléphones portables dans les écoles et collèges, en vue d'une application à la rentrée 2018. C'est pourtant déjà le cas dans les salles de classes. Mais sans moyens logistiques, humains et juridique supplémentaires, le ministre de l'Éducation pourrait avoir du mal à aller plus loin. Explications.

Est-ce le nouveau serpent de mer éducatif français ? Promise par Emmanuel Macron pendant la campagne, relancée par son ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, l'interdiction des téléphones portages à l'école et au collège a été adopté jeudi 7 juin à l'Assemblée nationale, sous la forme d'une proposition de loi du groupe La République en marche. Une mesure dont l'ancien recteur s'est fait le porte-parole depuis sa prise de fonctions.

Interdire le portable, oui mais où et quand ?

L'usage (mais pas la possession) du téléphone portable en classe est déjà réglementé. L'article L511-5 du code de l'éducation dispose en effet que "dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges, l'utilisation durant toute activité d'enseignement et dans les lieux prévus par le règlement intérieur, par un élève, d'un téléphone mobile, est interdite." Actuellement, c'est à l'équipe dirigeante de chaque établissement de préciser les lieux d'interdiction, de faire respecter celle-ci et de mettre en place les sanctions qui peuvent aller, en primaire par exemple, de la simple retenue jusqu'à l'exclusion de l'élève.

Jean-Michel Blanquer veut-il rendre cette interdiction parfaitement effective ? Veut-il l'étendre obligatoirement à de nouveaux lieux ? En septembre, dans L'Express, il expliquait vouloir "faire respecter les règles et le droit", et rappelait déjà que "l'usage des téléphones est interdit en classe".

En décembre 2017, le ministre ne précisait, ni le périmètre de l'interdiction, ni les modalités pour la faire respecter : "Nous sommes en train de travailler sur les modalités, ça peut prendre des modalités différentes. On peut en avoir besoin pour des usages pédagogiques ou des situations d'urgence. Il faut que ce soit confiné, ce qui au passage existe déjà : il y a des collèges qui le font déjà."

Les entreposer dans des casiers ? Un "cauchemar logistique"

En septembre, le ministre avançait une ébauche de solution : "En Conseil des ministres, nous déposons nos portables dans les casiers avant de nous réunir. Il me semble que cela est faisable pour tout groupe humain, y compris une classe".

La première fédération d'associations de parents d'élèves, la Peep, s'était alors interrogée sur la faisabilité de cette mesure, et estimait qu'elle posait "un problème de logistique effroyable". "Imaginons un collège de 600 élèves. Ils mettent tous leur téléphone dans une boîte ? Comment fait-on pour les stocker ? Et pour les restituer à leur propriétaire à la fin des cours ?" se demandait le président de la Peep, Gérard Pommier, estimant que "les conditions ne sont pas réunies", faute de locaux et de personnel. Un problème de moyens qui compliquerait également l'exploration de la piste de casiers individuels et sécurisés. 

Devant cette levée de boucliers, le ministre est revenu sur ses propos, laissant aux établissements "une liberté [...] quant aux modalités choisies.". Sans proposer de solution, donc.

Confisquer les portables ? Il faudra une loi

Pour rendre effective une interdiction d'utiliser le téléphone, ou pour le saisir dès l'entrée dans l'enceinte de l'établissement ou de la classe, les possibilités juridiques demeurent restreintes, et des mesures d'interdiction totale pourraient porter atteinte à des libertés fondamentales.  De plus, la confiscation est autorisée à titre préventif seulement pour les objets dangereux, et interdite à titre de sanction. Enfin, si le règlement intérieur peut prévoir une confiscation comme punition, celle-ci peut être annulée par la justice administrative si elle dépasse une certaine durée, car elle va à l'encontre du droit de propriété, comme le souligne Me Valérie Piau, avocate spécialisée en droit de l'éducation, sur son site.

Le magazine L'Étudiant rappelle que, sans accord de l'élève, "seul un officier de police judiciaire est habilité à mettre en œuvre une fouille". Juridiquement, "l'objet confisqué est placé sous la responsabilité de celui qui en a la garde du fait de la confiscation", et l'élève (ou un parent) peut donc demander une indemnisation financière "si la confiscation est effectuée sans dresser un état contradictoire de l'appareil et sans garantie de conservation".

Les brouilleurs ? Une proposition de 2012 impossible à mettre en oeuvre

En 2012, le député UMP Philippe Meunier proposait d'installer dans les établissements scolaires des brouilleurs d'onde GSM. Une solution qui pourrait présenter l'avantage de rendre inutilisables les téléphones sans les confisquer. Mais le ministre de l'Éducation de l'époque, Vincent Peillon, lui a opposé l'article L33-3-1 du Code des postes et des communications électroniques, qui interdit "l'utilisation de tout dispositif destiné à rendre inopérants des appareils de communications électroniques de tous types, tant pour l'émission que pour la réception". Si les théâtres et cinémas font office d'exception, ce n'est pas le cas des écoles.

Au-delà de ce souci juridique, le brouilleur pose un problème technique : il ne fait pas le tri entre les téléphones et bloque aussi les communications du professeur, qui pourrait en avoir besoin en cas d'urgence, et peut aussi bloquer au delà de la salle de classe les téléphones de personnes qui n'ont rien demandé.

La rédaction de LCI

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Parlons Ecole, savoirs, programmes... En oubliant Fables, uniformes et interdiction des téléphones portables...

8 Juin 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie, #Histoire

Les savoirs du XXIème siècle

Les programmes ont le projet ambitieux de contribuer à construire le « futur citoyen actif dans la cité ». Les finalités affichées dans les textes introductifs aux programmes témoignent de la volonté de la République de transmettre des valeurs qui fondent le vivre ensemble et tout un patrimoine culturel constitutif d’une identité partagée. Il n’est pas question de les renier, mais de réfléchir au hiatus grandissant entre cet idéal d’excellence et la réalité de l’École de la République sur le terrain. Il y a urgence désormais à se donner les moyens de cet idéal. 

Deux raisons majeures pour placer la question des savoirs au cœur du futur projet pour une École du XXIe siècle :

Vivre au XXIème  siècle, dans un monde globalisé, où sciences et technologies  évoluent très rapidement, suppose l’accès à des savoirs plus  complexes : il ne s’agit plus seulement  d’additionner des savoirs de base (lire, écrire,  compter, se repérer dans le temps et l’espace), mais d’accéder  à la « pensée complexe » inlassablement décrite dans  toute l’œuvre d’Edgar Morin.

Penser  l’École aujourd’hui, c’est aussi avoir présent à l’esprit  que nos enfants entrant aujourd’hui au CP, auront 20 ans en  2032 !  Que sera-t-il pertinent  d’avoir comme « bagage » (au sens noble du terme) dans  ce monde futur ? Les connaissances sont rapidement obsolètes  dans certains secteurs. Des disciplines, aujourd’hui situées hors  du champ de la scolarité obligatoire, apparaissent (ou apparaîtront  vite) comme indispensables. Il faudra faire des choix dans la  masse devenue exponentielle des savoirs amassés par l’Humanité  comme devant être « transmis » ?

Les savoirs enseignés et les outils intellectuels indispensables à les appréhender sont donc à repenser de fond en comble et doivent faire l’objet d’une réflexion collective. Ces questions doivent être au cœur d’un débat de la société toute entière, dépassant les clivages partisans. Non, il ne doit pas y avoir un « discours de gauche sur les savoirs », mais la volonté partagée de « régénérer une culture humaniste laïque » permettant « d’armer intellectuellement les adolescents pour affronter le XXIème siècle » (Morin, 1998).

Il ne s’agit pas ici d’un discours incantatoire, mais de choses que nous vivons les uns et les autres (ainsi que nos enfants) au quotidien. Dans le monde actuel, un citoyen voulant comprendre son environnement, y agir en conscience et de manière responsable, est confronté à des savoirs plus complexes que par le passé. Les débats sur le réchauffement planétaire, les modèles de développement durable, les questions éthiques posées par les progrès de la médecine, la pertinence de telle ou telle technologie face à des choix écologiques, les problèmes posés par l’économie et la finance, les problématiques institutionnelles ou administratives, les questions de droit … autant de questions qui intéressent le citoyen mais nécessitent des outils intellectuels et des connaissances plus élaborés que par le passé. Nous ne sommes plus dans une conception additive de la connaissance, où il suffirait, à partir de savoirs de « base », d’accumuler jusqu’à l’encyclopédisme. D’ailleurs, ceux qui revendiquent une telle position (dans les débats contre les pédagogues en particulier), oublient – tellement ils ont intégré culturellement ces processus culturels – qu’ils manipulent des compétences de l’ordre d’un méta-savoir, un savoir sur le savoir qui leur permet sans problème de faire des liens, d’abstraire, de penser en surplomb ce qu’ils disent n’être simplement que des savoirs faciles à engranger. Si aujourd’hui, les choses étaient si simples, cela se saurait. 

Si cet enjeu (ce défi) n’est pas pris à bras le corps par l’École, afin de donner au plus grand nombre des clés de compréhension, une nouvelle fracture sociale va se développer, celle qui séparera ceux qui ont accès à la complexité et ceux qui en sont exclus. On le voit, il ne s’agit plus ici d’une simple question de l’accès à la culture ; mais de la capacité à s’emparer intellectuellement des problèmes du monde dans lequel nous vivons. Cette fracture est d’autant plus grave qu’elle sera (est déjà ?) « actée » politiquement. Il est de plus en plus fréquent d’entendre des hommes politiques, dans des interviews, indiquer que répondre de manière détaillée serait trop « technique », trop compliqué… pour l’auditeur ou le lecteur. Sous-entendu : le citoyen n’a pas les moyens de comprendre des mécanismes complexes : qu’il se contente de donner quitus sur des aspects généraux ; ensuite, les personnes compétentes feront le reste ! De telles positions sont indécentes car elles remettent en cause profondément le fonctionnement démocratique. D’ailleurs, n’est-ce pas également ce qui peut paraître irritant quand, dans des blogs, l’on lit avec stupéfaction des citoyens déverser des torrents de jugements à l’emporte pièce sur le mode « ya qu’à… », « il suffit de… » sur des questions qui mériteraient des débats approfondis ? Ces citoyens ne sont pas plus bêtes que les autres ; mais ils reflètent bien, de notre point de vue, la conséquence qu’il y a à réserver les choses compliquées (et sérieuses) à une élite.

Ainsi, l’École est au cœur de ce nouveau défi de la Connaissance afin de réconcilier ses ambitions pour les générations futures avec la réalité de la classe. Un simple exemple permettra de constater qu’il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur les enseignants mais d’inciter à une réflexion collective sur des pratiques devenues de tels habitus scolaires qu’ils ne suscitent plus guère de réflexion.

Dans une discipline scolaire comme l’histoire-géographie, les finalités que poursuivent les enseignants, telles qu’elles apparaissent dans toutes les recherches didactiques, dans les évaluations de la DEPP (Image de la discipline et pratiques d’enseignement en histoire, géographie et éducation civique au collège, mars 2007), sont très ambitieuses : former des citoyens responsables, exercer l’esprit critique, comprendre le monde.  Pédagogiquement – et contrairement à ce qui est dit ça et là – ces mêmes enseignants disent être attentifs à mettre leurs élèves en activité, pour maintenir l’attention et la motivation et favoriser les apprentissages. Mais, les observations faites en classe dans le cadre de plusieurs recherches INRP montrent que sont valorisées, le plus souvent, des activités de « basse tension intellectuelle ». La métaphore peut faire sourire ; elle est pourtant claire. Colorier une carte, retrouver dans le titre d’un document un mot attendu par l’enseignant, l’échelle, reproduire sur son cahier le schéma fait par l’enseignant pour appuyer le raisonnement du cours, peuvent être autant d’activités effectuées… en pensant à autre chose ! Quel est l’investissement authentique de l’élève ? Quel enjeu y a-t-il pour lui, réellement ? En quoi cela lui pose-t-il une vraie question, un problème à résoudre ? Comme le dit Philippe Perrenoud, l’élève peut se contenter de faire son « métier d’élève ». En revanche, faire argumenter ces mêmes élèves – à partir de documents variés – sur le tracé d’une autoroute ; proposer et confronter des points de vue sur des solutions différentes, prenant en compte des contraintes géologiques, l’existence d’un patrimoine culturel (un site gaulois ?), des coûts différents, la répartition de la population, des perspectives européennes… est autrement plus mobilisateur. L’élève – considéré alors comme un futur citoyen en herbe – peut très bien comprendre les enjeux pour peu que les documents soient mis à sa portée. Tout à coup, décoder la légende d’une carte fait sens puisqu’il faut y retrouver une information qui deviendra argument. S’apercevoir que le dossier proposé ne permet pas de répondre à toutes les questions, devient un véritable entraînement à l’esprit critique, au-delà de tout formalisme scolaire. La critique vient à l’esprit parce qu’une question émerge à laquelle l’élève ne peut répondre en l’état.

On le voit, ces situations problématiques (on parle en mathématiques et en sciences de « situations problèmes »), ambitieuses, transposables à toutes les disciplines scolaires et expérimentées par certains pédagogues depuis… près de 30 ans, créent de la « tension intellectuelle », obligent à l’apprentissage et favorisent une posture responsable. Or que nous disent les mêmes recherches et évaluations énoncées plus haut du côté des élèves ? Sur les 3000 élèves questionnés par la DEPP en 2007, 86,9% considèrent que la classe d’histoire est « le lieu où l’on apprend à étudier des dates importantes » et 85,8% estiment qu’en géographie on étudie des « pays ». Les élèves ont donc finalement intériorisé le modèle dominant de l’enseignement français qui fait une large place au discours du maître et assez peu à de réelles situations d’apprentissage comme c’est le cas dans de nombreux pays européens.

De même (mais tout ne peut être développé ici), une approche de la complexité supposerait de sortir – comme le Socle commun y invite – du cloisonnement, de l’extrême compartimentation des savoirs scolaires. Peut-être faudrait-il d’ailleurs, commencer par les enseignants ! Pour avoir participé à une recherche INRP portant sur les pratiques argumentatives dans des débats oraux dans la classe au collège, l’un des auteurs peut témoigner de la méconnaissance profonde qu’ont les didacticiens même avec des champs disciplinaires voisins. Voulant étudier sur une classe de collège (5ème) les capacités des élèves à argumenter dans chacune des disciplines scolaires… ces chercheurs ont du commencer par travailler au plan théorique ce qu’est l’argumentation… en histoire, en physique, en arts plastiques, et français, etc. Sans compter la méconnaissance des problèmes spécifiques posés par les pédagogies entre disciplines, et entre niveaux d’enseignement. Pourquoi ne pas envisager des passerelles, institutionnalisées aussi pour les enseignants ! Que les professeurs de collèges aillent à l’école élémentaire et au lycée (et vice-versa) ; que des enseignants d’université apprennent à découvrir les problèmes rencontrés par les enseignants de lycées. Que des journées d’informations soient organisées à l’intention des enseignants des autres cycles sur les problèmes de l’apprentissage de la lecture, de l’écriture ; sur la présentation des grandes familles de disciplines (épistémologies comparées) ; sur l’interdisciplinarité pédagogique ; sur l’orientation à tous les niveaux … bref que chacun, à sa place, puisse se faire une vision plus large, plus ample, de l’ensemble du système éducatif.

Il est clair que les Universités, les IUT, les grandes écoles, les ESPE, l’IFE (Institut Français d’Éducation) ont un « nouveau rôle » à jouer en promouvant une diffusion des savoirs pour le plus grand nombre et auxquels, d’ailleurs, des étudiants même jeunes pourraient être associés ! Des Universités Populaires, démultipliées sur le territoire, pourraient permettre le dialogue fécond avec les citoyens sur ces questions engageant l’avenir : une manière de renouer avec le projet de l’Éducation nouvelle en jetant des ponts entre société et École.

Hélas, l'Ecole qui se construit sous nos yeux est TRES éloignée des objectifs et enjeux présentés dans ce texte.

Christophe Chartreux et Nicole Allieu-Mary

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L'Education Nationale expérimente l'utilisation du smartphone en classe... Si si!...

6 Juin 2018 , Rédigé par France 3 Grand Est Publié dans #Education, #Pédagogie

Depuis un an, dans le collège de la commune, les élèves ont pris l'habitude d'utiliser leur tablette et leur smartphone pendant les cours. Une expérimentation BYOD pour Bring your own device. Comprenez : Apporte ton propre matériel. Le concept vient des Etats-Unis.

Le collège d'Ingwiller s'est lancé dans cette opération du Byod à la rentrée dernière.

C'est une première en France. La réforme s'applique à tous les niveaux et dans toutes les matières. Flashcode, mirage, scratch : un jargon incompréhensible mais que les élèves maîtrisent parfaitement. L'expérimentation fait mouche. "Ca devient vraiment simple parce que les élèves sortent leur smartphone, ils sont connectés à la wifi, ils font leur recherche et peuvent continuer leur travail", explique l'un des professeurs de mathématiques.

Autre petite révolution : "la Twictée". Le principe : une dictée partagée entre deux classes sur le réseau social Twitter. 

Cette révolution a couté 98 000 euros car il a fallu équiper le collège d'un accès internet haut débit et sécurisé. Mais avec ces activités plus ludiques doublées d'un suivi personnalisé, les collégiens sont devenus de véritables acteurs de leurs cours. Même si de temps en temps, la tentation est grande d'utiliser les tablettes pour jouer. "On est quand même là pour travailler", s'empresse de préciser une élève de 5e au collège Olympe de Gouges.

Un projet financé en grande partie par le département qui prévoit d'investir 13 millions d'euros dans le nouveau plan numérique d'ici 2021.

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Un enseignant sceptique... Ils sont nombreux... (Video)

6 Juin 2018 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

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Notre système scolaire va-t-il s’effondrer?...

4 Juin 2018 , Rédigé par Alain Bouvier Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

Notre système scolaire va-t-il s’effondrer?...
EXTRAITS
 
Certains pensent qu’il suffirait de ne pas évoquer ce qui se passe réellement au sein et autour de notre système éducatif pour que son  statu quo soit préservé. Les autruches ne font pas mieux !
 
De la sorte, je crains que nous soyons face à l’un des futurs grands ratés dont l’Éducation nationale a le secret, mais qui sera le pire de tous.
 
Une dislocation
 
Malgré ses spécificités (dont sa grande rigidité bureaucratique), notre système éducatif n’échappe pas aux évolutions planétaires. C’est très inquiétant car elles ne sont pas anticipées par le milieu pédagogique français qui s’emploie même à les ignorer. Auto-aveuglé, il ne se prépare pas aux évolutions et ne se donne pas les moyens intellectuels d’avoir prise sur ce qui l’attend. Veut-il vraiment tenter de maîtriser les changements ? On peut en douter.
 
Sa façon ancienne et attristante d’aborder des problèmes plus ou moins nouveaux ne lui permet, dans le meilleur des cas, que de formuler des constats, mais faits trop tardivement pour qu’il soit encore possible d’intervenir avec efficacité. Pourquoi seulement subir les mutations et ne pas construire l’avenir ? Beaucoup d’arbres dissimulent la forêt des questions taboues.
 
On assiste pourtant aux prémices d’une double dislocation : l'une, d’origine externe, importée via les réseaux mondiaux et  favorisée par les fameux GAFA ; l'autre d’origine interne, conséquence de cet aveuglement volontaire et de l’irresponsabilité collective. Résultat : le système éducatif menace, sous peu, de s’effondrer sur ceux qui le constituent.
 
L’avenir est aux formes non scolaires
           
Non seulement on assiste à une fragmentation générale des systèmes éducatifs nationaux, comme l’a constaté un récent numéro de la Revue internationale d’éducation de Sèvres[1], mais la forme scolaire est en cours de dislocation, surtout dans les pays économiquement développés.
 
On parle de « forme scolaire » pour désigner à la suite du sociologue Guy Vincent l’organisation du travail pédagogique des élèves, c’est-à-dire le classique découpage en classes plus ou moins homogènes, souvent selon l’âge (mais ce n’est pas le cas des écoles à classe unique), avec une organisation précise de l’espace, complétée de modalités de travail formalisées en présence d’un enseignant (parfois de plusieurs) formé pour exercer son métier et pour conduire les activités des élèves. Les pratiques pédagogiques s’inscrivent dans des règles écrites, générales et impersonnelles, qui émanent des pouvoirs organisateurs (de l’État en France, qui décide des programmes, des horaires, des examens…).
 
Cette organisation de l’école fut inspirée, en gros à partir du XVIIe siècle, par des congrégations, puis étendue au monde occidental, aux territoires colonisés, et plus tard à l’ensemble des pays, renforcée par les recommandations des instances internationales.
 
Parler de forme scolaire c’est laisser entendre qu’il existe des formes non scolaires d’éducation.
 
Nous allons le voir, ce sont elles qui se multiplient, se diversifient, s'accumulent et tendent à occuper une place de plus en plus importante, laissée vacante par une forme scolaire sclérosée, déliquescente,  et par un système arrivé à la limite de son effondrement sur lui-même.
 
En France, l’actuelle domination de l’école étatique
 
Le système éducatif français est avant tout étatique ; c’est l’une de ses caractéristiques lorsqu’on le compare à celui de beaucoup d’autres pays.
 
Certes, en France, existent un nombre important d’écoles privées, mais 95% d’entre elles sont sous contrat avec l’État ; elles suivent les programmes nationaux, appliquent les mêmes horaires que les écoles publiques, ont des enseignants formés de la même façon que ceux du public, payés par l’État et inspectés par les inspecteurs de l’État. L’école française est donc bien une école étatique.
 
L’imbroglio que je vais évoquer ci-dessous, à grands traits, est tout autre. Il concerne souvent des effectifs relativement réduits d’élèves, mais dont le nombre est en pleine expansion depuis quelques années (évolution en quantité et en variété). Il évoque aussi des parties beaucoup plus conséquentes, complémentaires du système formel, peu visibles et pour cela sans doute rarement évoquées par les enseignants, alors que, pourtant, elles tendent à jouer un rôle de plus en plus important.
 
Ainsi, last but not least, la partie informelle se substitue progressivement à la partie formelle, tout au moins à une fraction de celle-ci ; cette ubérisation de l’école est une tendance lourde, en France comme ailleurs. Elle mériterait que le corps enseignant s’en empare, comme de vrais professionnels devraient le faire.
 
(...)
 
Perspectives
 
Le système formel va-t-il, sous peu, s’effondrer sur lui-même ?  Ce n’est pas impossible car les ingrédients et les conditions sont réunis pour que ce risque soit crédible. Après l'actuelle période où tout cela se développe en complément de l'école formelle, le temps de la substitution, au moins partielle, s'annonce.
 
Quelle société voulons-nos préparer pour nos enfants et qu’attendons-nous de l'École ? Il n’y a pas de réponses consensuelles à ces questions. De plus, en France, l’État qui jadis pesait de façon hégémonique sur ce registre, a perdu sa capacité de décider seul des règles du jeu social et économique.
 
Plus redoutable encore : le système formel n’est plus qu’un « fournisseur » partiel de services éducatifs parmi d’autres, et sans que l’on distingue bien, désormais, à qui il est vraiment destiné.
 
C’est certain, de nombreuses familles quitteront l’école formelle durant la prochaine décennie et cela a déjà commencé, soit parce qu’elles n’ont plus foi en l’École comme ascenseur social, soit parce qu’elles trouvent mieux et plus efficace ailleurs, selon leurs critères, le coût de ces alternatives n’étant pas leur souci.
 
L’ubérisation n’a pas fait disparaître les taxis, ni Pôle emploi, ni les hôtels. Les théâtres privés n'ont pas tué la Comédie française. Une fraction de l’école formelle demeurera donc, probablement pour accueillir les enfants d’une importante « classe moyenne inférieure », limitée par les coûts de l’école du marché et surtout parce qu’elle fonde encore sur l’École et les diplômes son dernier espoir pour ses enfants.
 
Les enseignants français sont-ils prêts à faire face à ces rapides évolutions sociétales, à s’en emparer pour sauver l’École s’il est encore temps ?
 
Alain Bouvier
 
Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous
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"Ne désespérez jamais les cancres"...

3 Juin 2018 , Rédigé par ELLE Publié dans #Education, #Pédagogie

3 octobre 2007

L’échec scolaire n’est pas une fatalité. Il suffit qu’un enfant rencontre un enseignant qui le passionne pour qu’il se mette à aimer l’école. Et c’est le professeur Pennac, élève nul jusqu’en terminale, qui le dit. Interview. 

La leçon de Daniel Pennac

L’échec scolaire n’est pas une fatalité. Il suffit qu’un enfant rencontre un enseignant qui le passionne pour qu’il se mette à aimer l’école. Et c’est le professeur Pennac, élève nul jusqu’en terminale, qui le dit. Interview.  

« Sortir du coma scolaire une ribambelle d’hirondelles fracassées. » C’est la définition que Daniel Pennac donne de sa mission de professeur auprès de ceux qu’on appelle « cancres ». Et l’écrivain sait de quoi il parle. Dans son  livre, " Chagrin d’école " (éd. Gallimard), il raconte le cancre qu’il a été, ses années de douleur et la rédemption grâce à trois formidables professeurs. Il parle aussi de l’école, de la famille, de l’échec et de ses élèves sans vouloir donner, dit-il, « ni méthode ni conseil pédagogique ». Ça se lit comme un roman avec, parfois, une boule dans la gorge. Et le regret, quand on a été soi-même un vrai cancre, de ne pas avoir rencontré un « Monsieur Pennac » pour guérir.

Interview de Marie-Françoise Colombani 

Qu'est-ce qu'un cancre ?

ELLE. D’où vient le mot cancre ?              

DANIEL PENNAC. De « crabe ». Ce mot affreux désigne celui qui marche de travers et ne suit pas le même chemin que les autres. Par bonheur, cette façon de parler d’un mauvais élève est devenue presque obsolète. Aujourd’hui, on dit : « C’est un nul », degré zéro de quelque chose.  

ELLE. On n’arrive pas à imaginer que vous avez été ce petit garçon que vous décrivez et qui a mis un an à apprendre la lettre « A ».              

D.P. C’est tout le problème du cancre : personne ne le croit jamais. Quand il est enfant, on pense qu’il joue la comédie, qu’il ment, qu’il est paresseux, révolté, inhibé... Et si, une fois adulte, il s’en est sorti, on imagine qu’il se vante de l’avoir été.  

ELLE. Quand on lit votre livre, on a souvent le coeur serré.      

D.P. Parce qu’il y a beaucoup de douleur chez le cancre. Et elle laisse des traces. Il faut réaliser la vie de cet enfant qui oscille entre la honte, l’impression de ne jamais faire ce qu’il faut, d’être toujours pris en défaut... En plus, il doit jongler en permanence entre deux mensonges. Il lui faut mentir à ses professeurs pour justifier qu’il n’a pas fait ses devoirs et à ses parents pour les rassurer quand ils lui posent la pire des questions : « Comment ça s’est passé aujourd’hui ? » Ce gosse utilise une énergie intellectuelle inouïe pour donner une pseudo-cohérence à ses mensonges. C’est autant qu’il n’investit pas dans son travail. Et peu à peu, il s’installe dans une conduite de refus et de rejet.  

ELLE. Volontairement ?              

D.P. Délibérément. J’ai été ce suicidaire scolaire dont je parle. Et ce livre n’a pas été gai à écrire. J’ai même pleuré une fois, en relisant la lettre de mon père lorsque j’ai obtenu mon premier poste. Il l’avait adressée à « Monsieur Daniel Pennac, professeur ». A l’époque, je n’avais pas fait attention à ce mot « professeur ». En le découvrant quarante ans plus tard, il résonnait encore comme un énorme soupir de soulagement.  

ELLE. Un cancre, c’est un handicapé ? Un révolté ? Un inadapté ?              

D.P. Il y a sans doute autant d’explications que d’élèves. En ce qui me concerne, statistiquement, j’étais programmé pour être un élève sans problème. Famille bourgeoise cultivée, aimante, parents unis, frères réussissant leurs études... Et moi ? Un cancre étalon ! Pourquoi ? Mystère !  

ELLE. Et aujourd’hui, c’est toujours aussi inexplicable pour vous ?            

 D.P. Absolument. Comme pour la plu-part de mes élèves. Mais, au fond, ce n’est pas très important pour un professeur de comprendre pourquoi un gamin ne fait rien. Ce qu’il doit prendre en compte, ce sont les effets. Quand cet élève entre en classe, une partie de lui est encore dans le cours précédent – il n’avait pas fait son devoir ou appris sa leçon – et, déjà, il s’angoisse à l’idée d’avoir à affronter une nouvelle interrogation orale ou écrite. Il ne s’installe pas dans ce que j’appelle le « présent d’incarnation ». C’est contre cette absence-là que le professeur doit lutter, dans la matière qu’il enseigne et à l’heure à laquelle il l’enseigne. 

Le rôle des parents et des professeurs

ELLE. Avec le recul, qu’auraient dû faire vos parents pour vous aider ?            

D.P. Freud disait : tout ce que font les parents est, par définition, mal fait. Ils sont trop impliqués, paralysés par leur propre angoisse et rongés d’une inquiétude permanente. Dernièrement, ma mère, quasi centenaire, regardait une émission sur un auteur qu’elle    connaît bien : moi. A la fin, qu’a-t-elle dit à mon frère ? « Tu crois qu’il s’en sortira un jour ? » Et j’ai dépassé la soixantaine ! Mais je dois reconnaître que mes parents ont fait preuve d’une constance incroyable en me maintenant, malgré moi, dans un cursus scolaire long. A 20 ans, pendant ma seconde terminale, tout ce que j’avais capitalisé sans m’en apercevoir, comme connaissance et comme savoir, a enfin explosé.

ELLE. Parce que vous avez eu la chance de rencontrer des professeurs qui vous ont sauvé. Ce qui n’est malheureusement pas donné à tous les mauvais élèves.

D.P. De la sixième à la terminale, à raison de cinq professeurs par an, cela fait quand même trente-cinq occasions de tomber sur quelqu’un de bien ! Et quand ça arrive, le gosse est sauvé.  

ELLE. A quoi ressemble un professeur qui sauve ?              

D.P. Je ne peux parler que de ceux que j’ai eus. Ces professeurs-là ne se sont jamais préoccupés des origines de mon infirmité scolaire. Pas plus qu’ils n’ont perdu de temps à me sermonner. Confrontés à un adolescent en péril, ils ont simplement compris qu’il y avait urgence. Jour après jour, ils ont plongé sans jamais lâcher prise... Et ils ont fini par me sortir de là. Ces professeurs étaient infiniment présents à leur matière. Mon prof de maths, M. Bâl, irradiait la conviction que personne au monde ne pouvait être étranger au bonheur de faire des mathématiques. Mlle Gi, comme une tornade irrésistible, nous entraînait dans le flot tumultueux de l’histoire. Et c’est Socrate qui s’exprimait par la bouche de M. S. Comme beaucoup d’autres, j’étais à un moment de ma vie où j’avais le choix entre un jury de baccalauréat et un jury d’assises. Je leur dois la vie. 

La douleur de ne pas comprendre

ELLE. Et vous, que faisiez-vous quand un élève, par exemple, refusait de lire ? 

D.P. Quand un gosse de 14 ans dit : « Je n’aime pas lire », si vous, professeur, vous le croyez, il est foutu. Notre boulot ne s’arrête pas à ce que cet élève réussisse son bac, mais qu’il devienne un lecteur. Franchement, d’où lui viendrait l’envie de lire si l’essentiel du rapport qu’il entretient avec la lecture a pour finalité un examen ? A ces dégoûtés-là, je lisais moi-même des romans, m’interrompant au moment le plus passionnant. Il y en avait toujours un pour dire : « Monsieur, monsieur, passez-le-moi ! Je vous le rendraidemain. » L’important était de susciter de la demande. Pendant cette heure de lecture gratuite où, de Shakespeare à Fante en passant par Márquez, je ne lisais que des auteurs que j’aime, je ne posais aucune question et je n’envoyais personne au tableau. C’est la façon que j’avais trouvée pour qu’ils n’aient plus peur de moi pendant les autres heures de cours où l’on travaillait les textes, parce qu’il y avait quand même le bac à la fin de l’année.  

ELLE. « Les professeurs devraient prendre des cours d’ignorance ! » dit dans votre livre le cancre que vous étiez.              

D.P. Mais oui, pour essayer de nous représenter l’état dans lequel nous serions si nous ne savions pas ce que nous savons. Si je ne peux pas me projeter à l’époque où j’ai mis un an à apprendre la lettre « A », je peux faire un effort pour imaginer la nature du tourment, de la honte, de la révolte ou du refus d’un gosse confronté à un exercice qu’il n’arrive pas à faire.  

ELLE. Dans votre métier de professeur, vous êtes-vous servi de votre passé de « nul » ?  

D.P. Bien sûr. Le cancre que j’étais m’a toujours dit : « Tu es devenu prof grâce à moi ! » Et il a raison, ce salopard. Grâce à lui, je connais la douleur de ne pas comprendre et j’ai pu agir sur ses effets.  

ELLE. Pour finir, parlez-nous de la pause Carambar.              

D.P. Quand, en classes de seconde et de première, nous avions deux heures successives de français et qu’on grimpait avec beaucoup de concentration en altitude intellectuelle, je faisais une pause en distribuant un Carambar à chacun de mes élèves. Commençait alors un exercice de sottise. Et celui qui trouvait la blague la plus idiote gagnait un Carambar supplémentaire. Pendant cinq minutes, c’était un grand moment de rigolade au terme duquel nous reprenions notre ascension, plus honorés encore de fréquenter les sommets.  

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“Que sont-ils devenus ?” : une prof fait parler d’anciens élèves à la dérive...

30 Mai 2018 , Rédigé par Telerama Publié dans #Education, #Pédagogie

EXTRAIT

Qu’advient-il des adolescents qui traînent sur les bancs publics après les cours ? Des cancres et des “je-sais-tout” ? Pour Arte Radio, Delphine Saltel s’est enquis du sort de ses anciens élèves, quinze ans après leur passage dans le collège d’une banlieue difficile.

« Ce jour-là, j'ai rendez-vous avec mon pire souvenir de prof », annonce Delphine Saltel. Il s'appelle Ange. Une dizaine d'années après avoir quitté l'Education Nationale pour se consacrer entièrement à la radio, l'ex-professeur de français d'une banlieue difficile est partie à la rencontre de ses anciens élèves micro en main, pour Arte Radio. Que sont devenues les terreurs du collège et les premières de la classe ? Celle qui les enregistrait déjà à l'époque, confronte aujourd'hui leur voix d'enfant à leur parcours d'adulte. En découle un documentaire en quatre épisodes, parfois drôles, souvent touchants. Et dérangeants. Certaines personnes se sont métamorphosées, d'autres sont toujours en difficulté. Que peut l'école républicaine face aux déterminismes sociaux ? Par le biais d’archives, Delphine Saltel immerge l'auditeur dans le quotidien de sa « clouf » (le nom de code pour « classe de ouf »). Sur un ton désabusé et comique, elle raconte les « bruits de bouche bizarres » qu'ils faisaient dès qu'elle avait le dos tourné, et se souvient d'un temps où elle était persuadée que sa fonction permettait d'influencer les destins.

(...)

Irène Verlaque

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Interdiction du téléphone portable dans les #collèges : les députés adoptent en commission un texte jugé "grotesque" par une partie de l'opposition..

29 Mai 2018 , Rédigé par LCP Publié dans #Education, #Pédagogie, #Politique

Une partie de l'opposition juge "grotesque" cette proposition de loi du groupe LREM, le code de l'éducation permettant déjà d'encadrer l'usage des téléphones dans les établissements scolaires.

Mardi, les députés de la commission des affaires culturelles et de l'éducation ont adopté la proposition de loi du groupe LREM visant à encadrer l'usage des téléphones portables dans les écoles et collèges. Le texte, réécrit à la suite de l'adoption d'un amendement de la rapporteure LREM Cathy Racon-Bouzon, reprend une promesse de campagne d'Emmanuel Macron.

Il vise à interdire "l’utilisation d’un téléphone mobile ou de tout autre équipement terminal de communications électroniques par un élève" dans les établissements scolaires, mais aussi "pendant toute activité liée à l'enseignement qui se déroule à l'extérieur de leur enceinte".

Une interdiction assortie de deux exceptions : le téléphone portable sera accepté en classe en cas d'"usages pédagogiques" mais aussi dans les lieux où le règlement intérieur "l'autorise expressément".

"Grotesque"

Lors de l'examen du texte, l'opposition a rappelé qu'une loi interdisant l'usage du téléphone portable dans les salles de classe existait déjà.

Frédérique Meunier (LR) n'a d'ailleurs pas hésité à lire à ses collègues l'article L. 511-5 du code de l’éducation, effectif depuis 2010 :

Dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges, l'utilisation durant toute activité d'enseignement et dans les lieux prévus par le règlement intérieur, par un élève, d'un téléphone mobile, est interdite.Rédaction actuelle de l'article Article L511-5 du code de l'éducation

"Parfois, ça peut être grotesque de vouloir répondre à tout prix à une promesse de campagne d'autant plus que cette promesse avait été faite alors que la loi existait déjà", a moqué la députée communiste Elsa Faucillon. Son collègue socialiste Régis Juanico met en cause un texte qu'il juge avant tout politique :

Moi, ce que j'ai compris, c'est que (cette loi) a vocation de permettre au ministre de l'Education nationale (Jean-Michel Blanquer) à la rentrée de septembre de pouvoir faire des annonces...Régis Juanico

La rapporteure LREM du texte Cathy Racon-Bouzon a en effet affirmé que l'objectif était de permettre une mise en oeuvre de la mesure dès la rentrée 2018-2019.

"Premier étage de la fusée"

Mais Cathy Racon-Bouzon a défendu le texte, qui instaure un "principe (général) d'interdiction du portable" alors que, dans sa rédaction actuelle, la loi prévoit que seul le règlement intérieur d'un établissement peut le faire.

La rapporteure a également affirmé que la proposition de loi était le "premier étage d'une fusée" permettant d'engager une "réflexion sur la démarche éducative" : les députés ont adopté un amendement "afin que les écoles et collèges transposent à l’ère du numérique l’éducation à la responsabilité civique" ainsi qu'un autre visant à "renforcer la formation des élèves à l’utilisation des outils et des ressources numériques".

D'autres initiatives pourraient être prises à "l'été ou à l"automne" à l'issue de la présentation des conclusions de la "mission d'information sur l'école à l'ère du numérique".

Le texte, qui a été renommé "proposition de loi relative à l'encadrement de l'utilisation de l'usage du téléphone portable dans les écoles et les collèges", sera examinée en séance publique le jeudi 7 juin.

Maxence Kagni

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Une année à l'école des profs : "Le mémoire m'a permis d'améliorer ma manière d'enseigner"...

29 Mai 2018 , Rédigé par L'Etudiant Publié dans #Education, #Pédagogie

Une année à l'école des profs : "Le mémoire m'a permis d'améliorer ma manière d'enseigner"...

IMMERSION À L'ESPÉ. Épisode 7. C'était l'une des dernières échéances avant leur titularisation : les enseignants-stagiaires ont passé la soutenance de leur mémoire. Pour Maëli, Clémentine et Théo, produire ce mémoire fut difficile, long mais aussi très utile.

Avec une heure trente de retard sur l'horaire de sa convocation, Maëli s'installe dans une salle du campus de Batignolles de l'Espé de Paris, dans le XVIIe arrondissement. Il est midi en ce mercredi de mai, et l'enseignante-stagiaire en master 2 MEEF (métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation) parcours lettres est partie de chez elle cinq heures plus tôt. Un problème de train l'a retardée. Maëli n'arrive donc pas – c'est une litote que de le dire – dans des conditions idoines pour passer sa soutenance. Ce moment est la dernière véritable échéance avant la sentence, prévue pour juin, qui annoncera ou non sa titularisation en tant qu'enseignante. La soutenance orale, qui a lieu au mois de mai pour l'ensemble des stagiaires, clôture ainsi l'épisode "mémoire" de la deuxième année de master MEEF, débutée dès octobre.

(...)

Lire aussi les épisodes précédents :

– Épisode 1 : "Je suis impatient d'être devant mes élèves"
– Épisode 2 : "On voit qu'on patine un peu tous"
Épisode 3 : "On est débordé"
Épisode 4 : "J'ai pris confiance en moi"
Épisode 5 : "Je ne m'attendais pas à ce qu'enseigner me plaise autant"
Épisode 6 : Le tronc commun, "intéressant mais chronophage"

Erwin Canard

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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