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Vivement l'Ecole!

pedagogie

A tous les gardiens du temple de la langue française... A tous les faux réformateurs...

27 Juin 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Littérature, #Pédagogie

A tous les gardiens du temple de la langue française... A tous les faux réformateurs...

La langue française n’est point fixée et ne se fixera point. Une langue ne se fixe pas.

L’esprit humain est toujours en marche, ou, si l’on veut, en mouvement, et les langues avec lui. Les choses sont ainsi. Quand le corps change, comment l’habit ne changerait-il pas ? Le français du dix-neuvième siècle ne peut pas plus être le français du dix-huitième, que celui-ci n’est le français du dix-septième, que le français du dix-septième n’est celui du seizième. La langue de Montaigne n’est plus celle de Rabelais, la langue de Pascal n’est plus celle de Montaigne, la langue de Montesquieu n’est plus celle de Pascal. Chacune de ces quatre langues, prise en soi, est admirable, parce qu’elle est originale. Toute époque a ses idées propres, il faut qu’elle ait aussi les mots propres à ses idées.

Les langues sont comme la mer, elles oscillent sans cesse. À certains temps, elles quittent un rivage du monde de la pensée et envahissent un autre. Tout ce que leur flot déserte ainsi sèche et s’efface du sol. C’est de cette même façon que des idées s’éteignent, que des mots s’en vont.

Il en est des idiomes humains comme de tout. Chaque siècle y apporte et en emporte quelque chose. Qu’y faire ? Cela est fatal. C’est donc en vain que l’on voudrait pétrifier la mobile physionomie de notre idiome sous une forme donnée. C’est en vain que nos Josué littéraires crient à la langue de s’arrêter ; les langues ni le soleil ne s’arrêtent plus. Le jour où elles se fixent, c’est qu’elles meurent

 

Victor Hugo - La Préface de Cromwell - 1827

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Jean Rouaud : « Très cher Manu... »

25 Juin 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

Jean Rouaud : « Très cher Manu... »

EXTRAITS

Dans une tribune au « Monde », le prix Goncourt 1990 revient sur l’altercation entre le chef de l’Etat et un jeune en marge des commémorations de l’appel du 18-Juin.

Cher Manu,

Ou plutôt très cher Manu, si on considère la folle montée des enchères qui accompagne votre mandat, au point que le gel des aides personnalisées au logement (APL), après la ristourne de 5 euros, a un côté tirelire en céramique rose comparé aux cadeaux somptueux offerts aux puissants.

En même temps, on a compris que 5 euros, c’était du « pognon » (en gros, l’argent que les enfants économisent pour la fête des mères), et que les cadeaux fiscaux, les dividendes, les salaires pharaoniques, c’est de l’investissement, du ruissellement, comme le bouquet final du feu d’artifice du 14-Juillet, quand des ombelles étincelantes se déversent au-dessus des campeurs ébahis qui resteront un jour de moins, parce que d’année en année le budget vacances est de plus en serré. Du moins pour ceux qui ont encore la chance de partir.

Sémantiquement, « pognon » fait vieux, plus du tout utilisé, mais c’est sans doute voulu, puisque tout est passé au pesoir de votre propagande. Que les aides aux démunis coûtent du blé, une blinde ou un bras, les démunis, ça risquait de leur parler. Ce n’était donc pas à eux que le message s’adressait. En langage crypté, « pognon » vise directement les nantis, qui ont toujours, sémantiquement, un train de retard quand ils se la jouent peuple. Un peu comme ce candidat à la présidentielle qui allait toujours faire ses courses à Prisunic. Et même à « Prisu », s’il s’était vraiment lâché. Ce qui lui a coûté votre place.

Ce sont les mêmes, nantis, vieux et bien-pensants, tous honnêtes gens, c’est-à-dire gens de grands biens, qui, au nom des valeurs (sonnantes et trébuchantes), refusaient jadis catégoriquement toute idée d’impôt sur le revenu, qu’ils considéraient comme un « vol de la propriété » – « le secret des fortunes violé », s’étranglait l’ignoble Thiers –, et qui trouvent aujourd’hui insupportable, inconcevable, inenvisageable, et pour tout dire scandaleux, d’aider leur prochain sous prétexte que tous ces assistés ne seraient pas fichus de se débrouiller par eux-mêmes.

C’est la grande loi naturelle du monde, que chacun soit récompensé selon son mérite. Celui de vos commanditaires est-il grand d’être nés pour la plupart une cuillère dorée dans la bouche ? De plus, on ne voit pas en quoi il y aurait du mérite à avoir du mérite. Le méritant ne peut que se féliciter de sa chance d’être méritant. Ce qui ne l’autorise en rien.

(...)

Votre mentalité de pion de dortoir

Tellement peu votre « affaire », les difficultés à vivre et à survivre du plus grand nombre, que les humbles en font cruellement l’expérience chaque fois que vous descendez de votre trône de parvenu docile aux puissances d’argent.

A peine un pied sur le parvis du peuple vous souffletez les « illettrées » des abattoirs de Bretagne, les ouvriers incapables de se payer des costards, les infirmières toujours à se lamenter d’empiler les heures. Il est évident que, dans ce cas, on ne peut exiger de vous que vous penchiez votre légendaire compassion sur la terre et les animaux. Les animaux continueront ainsi à être maltraités avant d’être abattus sans anesthésie, les poussins mâles d’être jetés vivants à la broyeuse, la terre d’être abreuvée de glyphosate et autres substances assassines, qui engraissent les profits de Bayer et de Monsanto, et on demandera à Total et à l’huile de palme d’assurer la transition énergétique.

(...)

Et maintenant, c’est la jeunesse que vous sermonnez, avec votre mentalité de pion de dortoir. La jeunesse s’en prendrait à votre olympique fonction. Laquelle jeunesse, si elle ne se conduit pas bien, n’aura pas ce beau costume qui est pour vous le mètre étalon de la réussite. Et qu’est-ce qui nous vaut ce courroux jupitérien ? La jeunesse vous aurait appelé Manu. Ce qui est tendre si vous vous rappelez la chanson de Renaud. « Eh déconne pas Manu, c’t’à moi qu’tu fais d’la peine. » Ce qui est objectivement vrai.

(...)

L’été arrive, c’est le moment de tomber la veste. « On arrête tout, on réfléchit, et c’est pas triste. » Encore un truc de vieux. L’an 01, cette fois. Un conseil pratique que vous auriez pu donner au jeune homme pour le jour où il voudra « faire la révolution ». Ce qui laisse des ouvertures. Il n’est pas inutile de rêver. Les rêves sont des programmes, cher Manu.

Jeannot

La tribune est à lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous (pour abonnés)

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« Il est nécessaire d’avoir des idées biodégradables en pédagogie. Il faut se débarrasser des stéréotypes »

24 Juin 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

« Il est nécessaire d’avoir des idées biodégradables en pédagogie. Il faut se débarrasser des stéréotypes »

« Depuis que je suis enseignante, je me suis très souvent remise en question » ; « Il est nécessaire d’avoir des idées biodégradables en pédagogie. Il faut se débarrasser des stéréotypes » ; J’adore inventer des situations nouvelles pour vois comment vont réagir les enfants » ; « Mes lectures ? Des livres de pédagogie, de linguistique, de psychologie de l’enfant, et pas seulement du Dolto… ».

Mais quel est ce Professeur d’Ecole qui s’exprime aussi librement, avec autant d’enthousiasme ? Certainement une « mordue » qui ne décrochera plus.

Oui mais seulement voila… C’ est une veinarde : elle enseigne en maternelle, la section « chouchoute », l’univers clos, protégé, à l’écart des conflits et du démon de l’échec scolaire. En maternelle, ni examen, ni sanction. De plus, c’est la vitrine de la recherche pédagogique. Bref la maternelle est une oasis, un lieu d’expression et d’épanouissement épargné par les contraintes.

Coin-poupées, coin-cuisines, coin-livres… Des images aux couleurs vives accrochées partout aux murs… Un cochon d’Inde dans une cage, la mascotte des enfants… L’énorme calendrier où sont notés les anniversaires…En rouge et en gros caractères le dimanche... Des bouts de moquette de toutes les couleurs où l’on s’assoit pour lire, en puisant à pleines mains dans de grands paniers remplis de livres…Nathalie s’est mise à part ; elle prépare la cuisine des poupées… Tout à l’heure sera « le temps des mamans » où chacune d’elles viendra dans la classe chercher son enfant, en prenant tout le temps qui lui sera nécessaire…C’ est qu’elle a bien changé l’école maternelle. Hier on y exécutait les ordres au sifflet ; aujourd’hui elle est le salon de l’innovation pédagogique, enviée par le monde entier ! Lentement mais sûrement, la scolarisation des tout-petits (2 ans) progresse. Personne ne conteste plus les apports d’une école maternelle vivifiée par les recherches pédagogiques et par l’application de méthodes nouvelles :

  -       elle permet de repérer très tôt les handicaps
  -       elle offre de meilleures chances pour la réussite scolaire ultérieure

Il convient néanmoins de nuancer ces indiscutables réussites. L’école maternelle n’efface pas la tare indélébile du système éducatif, à savoir la reproduction des inégalités sociales. Le fils d’ouvrier/employé qui rentre à l’école à trois ans n’a guère d’espoir, statistiquement parlant, de mieux réussir sa scolarité primaire que son camarade fils de cadre, lequel ne l’aura pourtant rejoint qu’en CP. Et la créativité des professeurs d’école en maternelle n’est pas encore pour eux un passeport pour la réussite scolaire. Hélas !

A ce sujet, il est nécessaire de souligner que les professeurs d’école exerçant en maternelle pratiquent un militantisme pédagogique hors du commun. La liste des « charmes » de l’école maternelle, trop longs à énumérer, est le résultat de ces réflexions en commun, de ces permanentes remises en question, de l’ébullition pédagogique qui font envier notre école maternelle partout dans le monde :

-       Le dialogue parents/enseignants y est plus qu’encouragé. Les parents ont le droit d’entrer dans les classes, de s’attarder avec les autres parents et enseignants
  -       Certains parents mettent la main à la pâte et participent à l’animation de l’école
  -       Les heures d’accueil peuvent être modulées en fonction du rythme des enfants
  -       La sonnerie est très souvent supprimée
  -       Dans les écoles où sont scolarisés les « 2 ans », ceux-ci entrent après les « géants » de 5 ans afin d’éviter les bousculades
  -       L’enfant est astreint au code collectif de vie mais il peut choisir ses activités, avancer à son rythme
  -       L’enseignant est délivré de programmes imposés trop contraignants,  des carnets de notes et des devoirs
  -       L’enseignant peut prendre son temps, observer, écouter et attendre tel ou tel bambin.

Mais les premiers sombres nuages commencent à s’accumuler au dessus de nos écoles maternelles. On a dit et répété aux parents qu’elles préparaient, qu’elles conditionnaient l’avenir scolaire des enfants. Désormais la maternelle est de plus en plus intégrée dans la stratégie scolaire. (En particulier dans les milieux aisés). Certains vont jusqu’à se persuader qu’intégrer le CP à 5 ans offrira plus de chances à leur progéniture pour « faire » Normale Sup. ou Polytechnique.  Les professeurs d’école maternelle font l’objet d’une cour (d’une pression ?) insistante de la part des parents qui souhaitent voir leur enfant savoir lire à 5 ans, voire 4. On veut désormais une maternelle performante, mieux organisée, bref qui « produise » des effets visibles rapidement. Et la maternelle se mue, peu à peu, en antichambre du CP. C’est une erreur formidable !  Mais elle résulte :

  -       de la pression que d’aucuns font peser sur les parents par un discours lamentablement alarmiste et non dépourvu d’arrières pensées politiques.
  -       d’une période incertaine où « avenir » rime souvent avec « chômage ». 

   
  Il est à craindre que d’autres demandes croissantes pesant sur cette école ne fassent voler en éclats ce qui assurait les belles heures de la maternelle :
   
  -       la liberté pédagogique
  -       l’inventivité et la prise en compte des innovations pédagogiques
  -       l’absence de contraintes
  -     la prise en compte du développement de l’enfant sanctionnée par son évolution et par elle seule

Tout ce qui n’existe plus en école élémentaire...

Christophe Chartreux

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Enseigner, c'est vivre - 23 septembre 2006...

24 Juin 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

Enseigner, c'est vivre - 23 septembre 2006...

Ecrit le 23 septembre 2006...

Je suis tombé dans l'enseignement comme Obélix dans la potion de son druide bien aimé. Mon arrière-grand père, mon grand père et mon père étaient instituteurs, hussards noirs de la République. Seul mon père a souhaité un jour sortir du rang et devenir Inspecteur de l' Education Nationale. Je lui en ai, pendant un temps, terriblement voulu.

Partis en Algérie pendant les années de sang, de 1955 à 1960, mes parents m'ont fait naître dans cette  Algérie française qui n'était française que par la volonté des colons puis de l'armée. Je n'ai aucun souvenir de mon pays natal, l'ayant quitté à l'âge de trois ans pour le Maroc où sont restés mes plus beaux souvenirs. Jusqu'au jour où mon père, triomphant, nous a annoncé, à ma mère et à moi, qu'il avait décroché le concours d' Inspecteur. J'avais seize ans et ce succès signifiait le retour en France. Un monde s' écroulait ! J'ai compris, plus tard, qu'on n'est pas du pays de sa nationalité, mais du pays où l'on a son passé, ses amis d'enfance et ses premières amours, du pays de son école et des ses maîtres. J'aime la France, bien entendu ! Mais mon coeur a laissé sa trace dans le sable des plages d'El Jadida et de Casablanca, à tout jamais.

Je vois encore mon père, assis à la table de la cuisine, corrigeant les copies pendant que je faisais mes devoirs. C'est tellement mieux d'avoir son père pour demander de l'aide et obtenir réponse. Nombre de mes élèves, en rentrant chez eux, n'ont pas cette chance. Je le regardais, du coin de l'oeil, appliqué à toujours expliquer telle erreur, en rouge, «la couleur du maître et des empereurs de Chine» disait il. Et la soirée s'écoulait, sans télévision. Les nouvelles de France n'étaient audibles, sur France Inter, qu'à partir de neuf heures du soir, et encore ! On écoutait le Pop club de José Arthur... Alors je dévorais les livres comme autant de délicieux loukoums. Il fut mon premier maître.

Ma mère ne travaillait pas, comme on dit bêtement pour une femme qui ne perçoit pas un salaire. Elle a travaillé à m'élever, dans le respect absolu du Maroc, dont j'ai appris la langue, dont j'ai apprécié les coutumes. Chez moi, le jeudi, les amis s'appelaient David, Khadija, Antonio et Jean-Pierre. Jamais nous ne faisions de différences entre juifs, musulmans et chrétiens. Certaines familles françaises nous le reprochaient. Il en aurait fallu bien plus pour impressionner mes parents. Cela me peine d'entendre aujourd'hui dans le pays de Voltaire toutes les intolérances, les soupçons savamment entretenus, les haines. Je ne comprends pas. Je ne peux pas comprendre. Mes amis avaient leurs confessions mais surtout un coeur, un regard et des mots qui me bercent encore. D'illusions ? Peut être...

C' est au Maroc que j'ai entendu pour la première fois le mot pédagogie. Je me souviens très bien des discussions animées le dimanche à la plage entre mon père et ses collègues. Ah Célestin Freinet ! C'est qu'ils en seraient presque venus aux mains, ces grands enfants ! Mais tout se terminait avec l'accent de là-bas dans des éclats de rire... Et du haut de mes dix ans, je me disais déjà que cela devait être un sacré métier si l'on en parlait même le dimanche à la plage. Et ce Freinet devait être quelqu'un d'importance. Peut être qu'il viendrait un jour dîner à la maison ! Plus tard j'entendrai aussi le nom de Philippe Meirieu. Mon père lui vouait une grande admiration.

« Papa, je veux être professeur plus tard. »

Je crois que si j'avais annoncé avoir découvert le trésor des Etrusques, il en aurait été moins fier !

« Mon fils, tu empruntes un chemin noble et difficile mais, écoute moi bien, mon fils-je, l'entends encore, si tu es professeur, il faudra, tu m'entends bien, il faudra que tu aimes avant toute chose, avant toi même, avant ta future femme, que tu aimes tes élèves ! Il n'y a pas d'enseignement sans amour ! Enseigner, c'est vivre et on ne vit pas sans amour ! Tu as compris mon fils ? »

Il avait raison mon père. Il est parti le 4 septembre 2005, le jour de la rentrée, sans prévenir. Le jour de la rentrée ! Il m'a fait ça, à moi ! Je suis certain qu'il l'a fait exprès pour que je pense à lui à chaque début d'année scolaire. Il aurait pu en faire moins le bougre !

Ma mère l'a suivi le 8 janvier 2006. Elle me laissait lire tard le soir. Ils sont restés près de moi pendant toutes mes années d'études. Ils sont près de moi chaque jour.

Je souhaite à tous les enfants de France de trouver leurs parents le soir en rentrant de l'école...

Il faut que je pense à photocopier l'acte I, scène 4 d' Andromaque pour mes troisièmes...

C'est curieux comme la tragédie prend toute son ampleur, toujours, au soleil !

Christophe Chartreux

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Enseigner ou l’art d’improviser...

24 Juin 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Pédagogie

Enseigner ou l’art d’improviser...

EXTRAIT

Le métier d’enseignant s’invente au jour le jour, les cours se nourrissent des interactions avec les élèves, s’enrichissent d’année en année des expériences précédentes, des connaissances acquises au fil du temps. Caroline Jouneau-Sion, professeure d’histoire-géographie au lycée Germaine-Tillion à Sain-Bel dans le Rhône, vit sa profession comme celle d’un artisan où la créativité est sans cesse sollicitée.

Longtemps, elle a eu l’impression de bricoler avec l’inquiétude du manque de construction solide susceptible d’être assimilé à un manque de sérieux. Elle se souvient de l’été 99 pendant lequel elle se préparait à son année de stage. Que préparer, pour quelles classes, les questions se bousculent alors qu’elle ne saura qu’à la fin août auprès de quelles sections elle allait intervenir. Elle empile les ressources à la bibliothèque, frénétiquement, sans se sentir prête, jusqu’à ce que son mari lui suggère d’aller voir sur Internet. Elle découvre les richesses du partage et de la mutualisation en tombant sur les cours de Françoise Moréda en histoire et Cécile De Joie en géographie, qu’elle adapte. Dans la foulée, elle s’abonne à la liste de diffusion H-Français, adhère peu après à l’association Les Clionautes, en devient la présidente. Ce sont dans ces échanges, ces lectures, qu’elle étoffe ses pratiques professionnelles.

Elle raconte qu’elle a quitté son costume de « combattante » pour une approche plus « enseignante » avec les élèves le jour où elle a lu une contribution sur le thème de « vous savez qu’on peut sourire aux élèves, ce n’est pas grave ». Elle a le sentiment de construire au jour le jour son métier, de répondre par ces trouvailles et ses initiatives qui en découlent, aux problèmes qu’elle rencontre, aux particularités des contextes et des élèves, de vivre aussi ainsi sa profession loin de l’ennui.

(...)

Monique Royer

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Tiens, des nouveaux "nouveaux programmes"...

22 Juin 2018 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education, #Pédagogie

Tiens, des nouveaux "nouveaux programmes"...

EXTRAITS

Les nouveaux programmes de l'école et du collège

Présentés en CSE le 12 juillet, les "projets d'ajustement et de clarification" des programmes de la scolarité obligatoire viennent d'être publiés par le Conseil supérieur des programmes. Il s'agit bien en fait de nouveaux programmes car les interventions du CSP vont très loin dans les prescriptions. Les "connaissances et compétences associées" et les "exemples de situation" sont réécrits à tous les niveaux ainsi que les argumentaires qui les encadrent. Plus que d'ajustements il s'agit bien d'une réécriture détaillée des programmes qui s'accompagne de "repères" largement décrits pour chaque classe du collège. Ces "ajustements" sont disponibles pour le français,  les maths et l'EMC.

(...)

Publiés fin juin, ces copieux et détaillés "ajustements" devraient être validés le 12 juillet pour application à la rentrée. Voilà de quoi occuper les vanaces.

F Jarraud

Les ajustements

Anciens programmes

Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Semaine de 4 jours - A raison de 6h par jour en école primaire, où placer les APC et "Devoirs faits" en primaire? (Rentrée 2018)

20 Juin 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Pédagogie

Semaine de 4 jours - A raison de 6h par jour en école primaire, où placer les APC et "Devoirs faits" en primaire? (Rentrée 2018)

EXTRAIT

(...)

1- En quoi consiste ce nouveau changement ?

C’était une des promesses d’Emmanuel Macron durant sa campagne : laisser « plus de liberté » aux communes en leur laissant le choix de revenir à la semaine de quatre jours. La réforme Peillon, en vigueur depuis 2013 et qui fixe les bases de la semaine de quatre jours et demi, n’est donc pas abrogée. Les communes sont libres d’organiser la semaine scolaire comme elles le souhaitent, sur une base de quatre jours ou quatre jours et demi.

Cette nouvelle organisation résulte d’un décret publié au Journal officiel le 28 juin, qui instaure une dérogation permettant à une école maternelle ou élémentaire de revenir à la semaine de quatre jours si elle le souhaite, et ce dès septembre 2017.

Le décret pose cependant plusieurs limites, précisant que cette dérogation ne doit pas avoir pour effet :

« de répartir les enseignements sur moins de huit demi-journées par semaine,
ni d’organiser les heures d’enseignement sur plus de vingt-quatre heures hebdomadaires,
ni sur plus de six heures par jour et trois heures trente par demi-journée,*
ni de réduire ou d’augmenter sur une année scolaire le nombre d’heures d’enseignement ni de modifier leur répartition. »

2. Comment s’opère cette dérogation ?

  • Le passage à la semaine de quatre jours émane d’une entente entre les différents acteurs locaux : commune ou établissement public de coopération intercommunale, conseils d’école et inspecteur de l’éducation nationale de circonscription.
  • Ces différents acteurs locaux saisissent ensuite conjointement les services départementaux de l’éducation nationale pour leur proposer une nouvelle organisation du temps scolaire.
  • Dans chaque département, la demande est ensuite examinée par le directeur académique des services de l’éducation nationale (Dasen), qui vérifie l’application de plusieurs règles, notamment le respect des heures d’enseignement par semaine, par journée et par demi-journée. Avant de valider le passage à la semaine de quatre jours, le Dasen doit enfin « consulter la collectivité territoriale compétente en matière de transport scolaire ainsi que le conseil départemental de l’éducation nationale. »

A la discrétion du Dasen, la décision peut s’appliquer « dans toutes les écoles de la commune (…) quand une majorité des conseils d’école s’est exprimée en sa faveur ».

(...)

Clément Le Foll

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

* Interdiction d'organiser les enseignements sur sur plus de six heures par jour et trois heures trente par demi-journée

Donc se pose une question (qui ne concerne que les écoles revenues à 4j/Semaine):

Comment les professeurs d'école pourront-ils dispenser les 36h/année d'APC destinées aux élèves en difficultés?

Si l'APC est placée sur une des quatre journées (Lundi/Mardi/Jeudi/Vendredi), elle s'ajoute aux six heures quotidiennes.

Or il est interdit de dépasser 6h/jour.

Reste le mercredi matin... Mais ça... Il est question d'un "Plan mercredi" où l'on placerait le matin des "activités culturelles et intelligentes".

Cela s'appelait des "cours" jadis... Du temps des 4,5 jours...

Il est question aussi d'ajouter - encore! - des heures de "Devoirs faits" en primaire...

Je crains l'épuisement généralisé des élèves... Et celui-là ne sera pas le fruit d'un matraquage idéologique qui durant 5 ans a persuadé parents et parfois enseignants que 4,5 jours fatiguaient les  bambins!

Christophe Chartreux

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Pleins feux sur la dissertation de philosophie dans certains baccalauréats... Par Claude Lelièvre...

18 Juin 2018 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Pédagogie, #Baccalaureat

Pleins feux sur la dissertation de philosophie dans certains baccalauréats... Par Claude Lelièvre...

Ce lundi, la presse ne manquera pas de citer le libellé des sujets de dissertation proposés dans les différentes séries des baccalauréats généraux ou technologiques. Une spécialité annuelle bien française (et pourtant très emblématique de l'écart entre ce que nous valorisons et ce que nous sommes effectivement capables de faire en matière scolaire)...

Mais qui a mis en place une dissertation de philosophie au bac ?

La décision initiale a été prise par Victor Duruy (ministre de l'Instruction publique de Napoléon III) dans le cadre du « Règlement du 28 novembre 1864 » réorganisant le baccalauréat (qui avait été institué par Napoléon I en mars 1808) .

Actuellement, la plupart des professeurs de philosophie français pensent que la dissertation de philosophie est en principe (et par principe) la forme canonique de l'évaluation de l'enseignement philosophique car elle serait quasi consubstantielle à l'exercice et à l'appréciation de ce ''mode de penser'' particulier (même s'ils déplorent amèrement que les candidats s'avèrent le plus souvent incapables de satisfaire à ses exigences). Et pourtant il s'est passé plus d'un demi siècle avant que l'on s'avise qu'il devrait y avoir une épreuve de « dissertation philosophique » au baccalauréat. Jusque là, en effet, l'épreuve de philosophie n'était présente qu'à l'oral de l'examen et consistait à répondre à une ''question de cours''.

Dans les classes de philosophie, la pratique écrite de la philosophie consistait quasi exclusivement en ce qui était appelé alors la ''rédaction''. Il s'agissait pour les élèves de restituer le contenu transmis (et souvent dicté...) par le professeur et d'en rédiger un résumé détaillé.

La Sainte Trinité de la dissertation

On doit remarquer également que la dissertation en trois parties ne s'est pas imposée d'emblée (alors qu'elle est aussi considérée actuellement par beaucoup comme partie intégrante de la forme canonique de la dissertation de philosophie). Dans les manuels de dissertation philosophique parus dans les premières décennies qui suivent la décision de Victor Dury, c'est en effet la forme d'une dissertation en quatre parties qui l'emporte initialement : un ''préambule'', un ''corps'', une ''récapitulation'' (qui doit normalement comprendre des conséquences pratiques) et une ''conclusion''.

Il faut attendre l'entre-deux-guerres pour que la dissertation en trois parties fasse une percée significative. C'est le professeur de philosophie Félicien Challaye qui, dans son ouvrage « La dissertation philosophique » paru en 1932, théorise pour la première fois l'idée d'un plan nécessaire en trois parties (la forme la plus appropriée à ses yeux de la discussion et de la confrontation entre des thèses différentes).

Enfin, en 1958, Denis Huisman (''Huisman et Verger'' ont été les deux auteurs de manuels de philosophie les plus en vue des années 1960 et 1970) conforte (voire sacralise) sans réplique la dissertation en trois parties en expliquant que « ce plan représente une clé universelle. Pour Hegel, toute idée, toute thèse ou toute histoire se ramenait automatiquement à un processus invariable : thèse, antithèse, synthèse. De même une dissertation doit se construire selon ces trois étapes » ( « L'art de la dissertation » ). La référence à Hegel ( ou plutôt la ''révérence'' à l'illustre philosophe) signe ce qu'il en est : une sacralisation d'une forme rhétorique contingente (la dissertation philosophique en trois partie) présentée comme universelle et la quintessence de la pensée.

Des mises en cause récurrentes ( mais sans portée réelle...)

L'une des plus célèbres : celle de Claude Lévi-Strauss. « J'ai commencé à apprendre que tout problème, grave ou facile, peut être liquidé par l'application d'une méthode, toujours identique, qui consiste à opposer deux points de vues traditionnelles de la question ; à introduire la première par les justifications du sens commun puis à les détruire au moyen de la seconde ; enfin à les renvoyer dos à dos grâce à une troisième qui révèle le caractère également partiel des deux autres […]. Coups de théâtre spéculatifs à l'ingéniosité desquels se reconnaissent les bons travaux philosophiques » ( « Tristes tropiques », Plon, 1955, page 54).

Des déplorations non moins récurrentes...

A commencer, entre autres, par celle d'Emile Boirac, professeur au lycée Condorcet à Paris, dès 1890 : « Beaucoup de jeunes gens éprouvent une réel embarras à trouver et à choisir les idées convenables, à les distribuer dans le meilleur ordre, à les développer dans une juste proportion, en un mot à présenter leur pensée sous une forme saisissable et précise » (« La dissertation philosophique », Félix Alcan, 1890)

Ou bien encore celle de Luc Ferry dans « Le Monde » du 12 juin 2007 : « Je trouve cette épreuve calamiteuse. C'est le café du commerce. L'épreuve de dissertation consiste à faire réfléchir entre elles des positions antagonistes . C'est un exercice de rhétorique intéressant, mais ce n'est pas de la philosophie. Et comment juger les copies des élèves sur des idées ? Les professeurs vont en réalité juger des savoir-faire, des capacités d'argumentation, bien davantage que des savoirs. Et récompenser au final les élèves qui, par habitude de classe sociale, ont appris à bien s'exprimer »

Et si on profitait de ce qu'il y aura bientôt une épreuve (''universelle'' ) de philosophie (pour -au moins- tous les baccalauréats généraux et technologiques ; et pourquoi pas pour les baccalauréats professionnels ) et tenter enfin un aggiornamento ad hoc qui serait loin d'être superflu ?

Claude Lelièvre

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Laurence De Cock : "Pour l'enseignement d'une histoire émancipatrice et plurielle"...

17 Juin 2018 , Rédigé par Le Nouveau Magazine Litteraire Publié dans #Education, #Politique, #Histoire, #Pédagogie

Laurence De Cock : "Pour l'enseignement d'une histoire émancipatrice et plurielle"

Dans son dernier essai, l'historienne revient sur les enjeux qui entourent l'histoire scolaire depuis le XIXe siècle. Avec en toile de fond la déconstruction du « roman national », concept auquel elle substitue l'enseignement d’une histoire inclusive de tous les acteurs de la société française.

Laurence De Cock

Historienne et enseignante. Spécialiste des questions pédagogiques et didactiques, elle a coordonné plusieurs ouvrages parmi lesquels « La Fabrique scolaire de l’histoire » (Agone, 2017) et « Paniques identitaires » (Le Croquant, 2017). Elle vient de faire paraître « Sur l'enseignement de l'histoire » (Libertalia).

En quoi la déconstruction du « roman national », qui apparaît comme la trame de votre ouvrage, est-elle un enjeu majeur dans l’enseignement de l’histoire en France ?

Laurence De Cock : Lorsque des historiens développent ce thème au milieu du XIXe siècle, l’idée est fournir une sorte de matrice dans laquelle tous les Français peuvent se reconnaître. Il faut avoir en tête qu’à cette époque tous les enfants, du nord au sud de la France, ne se reconnaissent pas forcément dans une culture commune. Ils ont pour certains d’entre eux davantage le sentiment d’être plus Auvergnat ou Breton que Français. Le roman national est pensé et conçu pour dépasser les différences sociales et culturelles en fabriquant du républicain et du Français. Cela va consister à raconter l’histoire de France de façon linéaire, événementielle, et chronologique, de l’articuler autour de grands personnages héroïsés et essentiellement masculins comme Vercingétorix ou Clovis, ainsi que des grands événements qui ont vocation à montrer à quel point la nation française est digne d’admiration. Le roman national est également un récit progressiste qui vise à démontrer que la France est éternelle, et qu’elle avance toujours vers le meilleur. En cela, le récit véhicule une idéologie nationaliste et conservatrice de l’histoire de France à laquelle je préfère l’enseignement d’une histoire émancipatrice et plurielle.

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Pour autant, il ne s’agit pas plus, dites-vous, de raconter un « roman de gauche » qu’un « roman de droite »...

L. D. C. : D’un côté, certains diront qu’il faut enseigner un roman multiculturel, remplacer Jeanne d'Arc par Louise Michel et donner plus de place à l’histoire des luttes sociales. Quand d’autres iront jusqu’à intégrer dans leurs programmes politiques l’injonction au patriotisme - en 2017, Marine Le Pen appelait à « renforcer l’unité de la nation par la promotion du roman national et le refus des repentances d’État qui divisent » dans le cadre de l’enseignement de l’histoire. Deux récits caricaturaux tant ils ne racontent pas de manière fidèle, autant l’un que l’autre, un récit commun. Ma proposition dans ce livre est de sortir de cette bipolarisation stérile. Il faut réfléchir à des programmes qui soient le plus souple possible et dont les professeurs pourraient s’emparer pour offrir un enseignement libéré de toute polarisation idéologique et davantage adossé à la recherche et à l’épistémologie de la discipline. J’y reprends quelques propositions que nous avons faites avec le collectif Aggiornamento mais je développe également quelques pistes personnelles.

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Propos recueillis par Simon Blin

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A lire

Laurence De Cock, Sur l'enseignement de l'histoire. Débats, programmes et pratiques de la fin du XIXe siècle à nos jours, Libertalia, collection « Ceux d'en bas », 2018, 336 pages, 17€

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« Faire un projet en histoire, ce n’est jamais banal. » - Les Cahiers Pédagogiques...

15 Juin 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Histoire, #Pédagogie

Entretien avec les coordonnateurs du dossier, Benoit Falaize et Alexandra Rayzal

Qu’est-ce qu’enseigner l’histoire aujourd’hui ? Quels sont les enjeux de cet enseignement et comment doit-on s’y prendre pour que les élèves construisent un rapport apaisé, critique et intégrateur au passé de la société humaine et à l’Histoire ? Le dossier de notre dernier numéro regorge de pratiques et de projets très divers.

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L'entretien est à lire en cliquant ci-dessous

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