Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

pedagogie

Philippe Meirieu, Professeur des Sciences de l’éducation, tire la sonnette d'alarme dans son dernier livre "La Riposte"... (EUROPE1)

2 Septembre 2018 , Rédigé par Europe 1 Publié dans #Education, #Pédagogie

Philippe Meirieu, Professeur des Sciences de l’éducation, tire la sonnette d'alarme dans son dernier livre "La Riposte"... (EUROPE1)

L'émission est à écouter en cliquant sur le lien ci-dessous

CC

Lire la suite

Une classe de 12 CP et de 12 CE1, c'est possible... Par Catherine Chabrun...

2 Septembre 2018 , Rédigé par Catherine Chabrun Publié dans #Education, #Pédagogie

Une classe de 12 CP et de 12 CE1, c'est possible... Par Catherine Chabrun...

EXTRAIT

Monsieur le Ministre,

Vous vous félicitez du développement des classes de CP à 12, vous avez raison. Mais une année et ensuite se retrouver dans une classe à 25 ou plus peut dérouter les élèves plus fragiles. Sans oublier que le plus souvent, elles sont mises en place au détriment des effectifs des autres niveaux.

Je vous propose donc une autre possibilité.

Au lieu de faire des classes de CP à 12 élèves et des classes de CE1 à 12 élèves en REP+, réunissez-les CP et les CE1 dans une seule classe, une alchimie pédagogique se produira renforcée avec le maître supplémentaire que vous pourrez ainsi nommer.
Deux ans pour apprendre « à lire, à écrire, à compter », comprendre le monde et assurer la suite du chemin scolaire, n’est-ce pas ce que vous souhaitez ?

Ce qui permettra aussi de dépasser les seules REP ou REP+ et d'en faire profiter tous les enfants.

Pour argumenter cette proposition, rien ne vaut l’expérience d’une pratique pédagogique sur un certain temps… Je vous livre la mienne.

Après deux années en CP, j’ai eu la chance de pouvoir enseigner dans une classe de CP/CE1 pendant six ans. Ce fut un choix volontaire partagé avec mes collègues. Ce qui a permis de respecter l’hétérogénéité (niveau et comportement), la mixité sociale et le même effectif que les classes à niveau simple.

J’ai vite compris les avantages pour eux et pour moi.

1. Le nombre réduit d’élèves

Pour le CP, c’est beaucoup plus confortable avec 12 élèves pour :

-  les découvertes collectives que ce soit en français ou en mathématiques : travail sur les textes, lettre des correspondants, repérage de ce qu’on sait, découvertes de mots de syllabes, de son, mise en commun des recherches sur les nombres, résolution de problèmes, figures géométriques, découverte des opérations….

- la production individuelle de texte

- les apprentissages graphiques personnalisés

- les entraînements et ses corrections

- le soutien personnalisé

- les différentes manipulations et l’utilisation de matériel

- les expérimentations mathématiques, scientifiques…

- la recherche d’un document, d’une ressource

- etc.

Pour le CE1, on retrouve bien sûr les mêmes avantages quantitatifs en adaptant ce qui est spécifique à leur programme.

(...)

Monsieur le Ministre

Les classes multi-niveaux, multi-âges… sont très appréciées par les enseignants Freinet et ce n’est guère étonnant.

Donner du temps, respecter les chemins singuliers de l’apprentissage, permettre à tous de progresser, donner la parole aux enfants pour qu’ils participent à l’organisation du travail, de la vie collective, accueillir les projets, articuler la vie, l’environnement et l’école… sont bien au cœur de la pédagogie Freinet.

Le mouvement Freinet a de l’expérience, il peut en faire profiter les enseignants que ce soit en formation initiale ou continue !

Monsieur le Ministre, n’hésitez pas, venez visiter nos classes !

Catherine Chabrun

Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Coup de coeur... Paul Auster...

31 Août 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

J'avais sauté du haut d'une falaise, et puis, juste au moment où j'allais m'écraser en bas, il s'est passé un évènement extraordinaire : j'ai appris que des gens m'aimaient. D'être aimé ainsi, cela fait toute la différence. Cela ne diminue pas la terreur de la chute, mais cela donne une perspective nouvelle à la signification de cette terreur. J'avais sauté de la falaise, et puis, au tout dernier moment, quelque chose s'est interposé et m'a rattrapé en plein vol. Quelque chose que je définis comme l'amour. C'est la seule force qui peut stopper un homme dans sa chute, la seule qui soit assez puissante pour nier les lois de la gravité.

Moon Palace - Paul Auster

Lire la suite

Blanquer veut évaluer à tout-va... Par Faïza Zérouala...

31 Août 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

Blanquer veut évaluer à tout-va... Par Faïza Zérouala...

Lors de sa traditionnelle conférence de presse, Jean-Michel Blanquer a livré son bilan de l'année, plein d'autosatisfaction. Le ministre de l'éducation nationale entend multiplier les chantiers de réformes. Il a notamment décidé de mettre en place encore plus d'évaluations des élèves et, dans le futur, des établissements. 

L’année dernière, Jean-Michel Blanquer avait dû se contenter de mettre en œuvre la rentrée préparée par sa prédécesseure Najat Vallaud-Belkacem. Il y avait bien entendu insufflé sa touche avec la rentrée en musique ou, plus important, le dédoublement des classes de CP en REP +. Pour la session 2018, le ministre de l’éducation nationale a les coudées franches. À quelques jours de la rentrée, il a pu exposer les orientations qu’il souhaite pour l’école lors de sa conférence de presse de rentrée, tenue le 29 août. L’exercice est convenu et étrangement similaire aux promesses et aux pistes formulées l’année dernière à la même époque, dans le même cadre. Avec un brin d’autosatisfaction, il assure que les mesures déjà prises sont scrutées par la presse étrangère et que différentes enquêtes révèlent que les Français plébiscitent son action, sans livrer plus de détails.

« C’est la rentrée de la poursuite et la consolidation » des réformes déjà initiées, a annoncé le ministre, avant de dérouler la multitude de chantiers ouverts. Il s'agit « d’amplifier le sillon, les perspectives ouvertes » depuis sa nomination. De manière claire, Jean-Michel Blanquer joue au chamboule-tout et n’entend pas s’arrêter là. C’est peu de dire que le ministre a dessiné un cap clair et qu’il a une idée très précise de ce qu’il désire pour les 12 millions d’élèves et les 800 000 enseignants. Durant cette heure d’un exposé baptisé « Ensemble pour l’École de la confiance », Jean-Michel Blanquer a usé et abusé de ce dernier terme. Coïncidence, cela renvoie par ailleurs au titre de son dernier ouvrage, Construisons ensemble l’école de la confiance, paru en mai aux éditions Odile Jacob. « Un pays qui va bien est un pays qui aime ses professeurs, qui leur fait confiance. Et la France, en réalité, aime ses professeurs », assure encore le locataire de la rue de Grenelle.

La réussite en matière éducative, ajoute Jean-Michel Blanquer – jamais avare de compliments envers le corps enseignant –, n’incombe pas au seul ministre. Pour ce faire, il faut mobiliser selon lui « l’esprit collectif » et ne pas s’enfermer dans un esprit partisan ou dans l’idéologie en accord avec les partenaires sociaux. Ce souhait apparaît comme un vœu pieu, tant l’action du ministre arbore une forte tonalité conservatrice et tant les syndicats lui reprochent de mettre en œuvre des consultations fictives. 

Sur un plan plus concret, la seule nouveauté importante annoncée concerne les évaluations. La vision managériale irrigue l’école façon LREM, comme en témoigne par exemple le rapport Cap 2022 (lire notre article sur le sujet) rendu public à l’été. Il faut donc évaluer les petits et les établissements pour les rendre plus efficaces.

Le ministre a en ligne de mire les piètres performances des écoliers français en lecture, en compréhension et en mathématiques. Pour appuyer son discours, Blanquer s’appuie sur les évaluations des élèves de sixième réalisées cette année. Elles dressent « un portrait de fragilité ». 15 % d’entre eux éprouvent des difficultés en français et 27 % en mathématiques. En REP, 43 % des élèves témoignent d’une faible maîtrise dans cette dernière discipline. 

Pour Jean-Michel Blanquer, il ne faut pas s’arrêter là : « Il y a une montée en puissance de la logique de l’évaluation qui est un levier de progrès incontestable. » Plusieurs évaluations vont donc être mises en place pour s’assurer du niveau des élèves. Ceux de CP en passeront deux en septembre et en janvier-février, les CE1 en septembre, les sixièmes en octobre, et les lycéens de seconde devront effectuer un « test de positionnement » peu après la rentrée.

Le ministre est conscient que pléthore de parents et professeurs peuvent être réticents à ce mode de fonctionnement, eu égard au caractère anxiogène de ce type d’exercice. Pour le ministre, les résultats des évaluations de CP pourront permettre par exemple de livrer des indications aux professeurs de maternelle sur les besoins des élèves. Jean-Michel Blanquer a tenu à rassurer : « Le but n'est pas de faire peur. On doit les aborder de façon décontractée, il faut enlever ce venin de l’angoisse derrière les évaluations. N’essayons pas de créer des peurs, elles ne sont pas anxiogènes mais rassurantes. C’est bien pour soutenir que nous les mettons en place. »

Il a également rappelé qu’elles étaient conçues par « les meilleurs esprits », à savoir la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère (DEPP), le conseil scientifique présidé par Stanislas Dehaene et la Direction générale de l’enseignement scolaire (Dgesco).

Jean-Michel Blanquer envisage aussi de mettre en place une évaluation des établissements avec pour but « de les soutenir », assure-t-il.   Par ailleurs, une agence nationale de l’évaluation sera mise en place dès janvier. Elle s’ajoutera à la DEPP précitée et au Cnesco (Conseil national d’évaluation des politiques scolaires), créé par la précédente majorité en 2013.

Blanquer a aussi réaffirmé vouloir revenir aux fondamentaux – lire, écrire, compter, respecter autrui – et sa priorité donnée au primaire, dans la continuité de ce qu’avait voulu faire François Hollande. Héritage dont il reste bien peu de chose, puisque la réforme des rythmes scolaires portée par Vincent Peillon disparaît comme peau de chagrin. 85 % des communes renoncent à la semaine de quatre jours et demi. La réforme du collège, elle aussi, est renvoyée au placard. Une « offre enrichie » en langues anciennes sera assurée au collège. Les classes bilangues seront aussi étendues.

Une dictée quotidienne, comme l’avait aussi préconisé Najat Vallaud-Belkacem, fait souligné par Jean-Michel Blanquer, va également être mise en place. Le ministre s’agace aussi de voir que les observateurs, et la presse donc, s’appesantissent sur « ce qui ne va pas ». Justement, Jean-Michel Blanquer consacre une large partie de son discours à saluer la « mesure de justice sociale » – une expression récurrente dans sa bouche – qu’est le dédoublement des classes de CP-CE1 en éducation prioritaire. À la rentrée dernière, 2 200 classes étaient concernées et le gouvernement a fait une intense promotion de cette « politique en pointe » tout au long de l’année, afin de donner un vernis social à son action.

L'an dernier, elle concernait seulement les CP des réseaux d'éducation prioritaire renforcés (REP +). Elle s'étend désormais à tous les CP des zones difficiles (REP et REP +), soit 3 200 classes, et aux CE1 en REP +, soit 1 500 classes. Pour cette rentrée scolaire, 4 700 classes sont donc concernées. « Concrètement, 60 000 élèves en bénéficiaient l’an dernier, ce chiffre passe à 190 000 », a détaillé le ministre. Il a expliqué avoir vu les conséquences concrètes de la mesure sur le terrain. Les élèves savent tous lire en CE1 et comprennent les textes. « Cela ne se voit pas à court terme, mais il y a un effet psychologique chez les élèves, jure-t-il. C’est une mesure de justice sociale, la plus importante que je connaisse, je ne crois pas qu’on puisse faire plus important. »

Interrogé par un journaliste sur le fait que cette mesure se fait à moyens constants, le ministre s’est agacé. Et a promis que « non, nous n’avons déshabillé aucun Pierre pour habiller Paul ». Certaines communes en territoire rural se sont inquiétées de voir fermer des classes pour permettre la mise en œuvre de cette mesure. Autre difficulté : comment trouver les locaux pour mettre en place le dédoublement, puisque la mesure nécessite deux salles ?

Là encore, Blanquer minimise la question, soulevée notamment par les organisations syndicales : « Seules 10 à 15 % des classes vont rencontrer un problème logistique à la rentrée. »

Une « inflexion, et pas un changement, des programmes scolaires » doit également se poursuivre, en développant une « stratégie » pour le français et pour les mathématiques, fondée pour cette dernière matière sur le rapport Torossian-Villani.

Les autres niveaux, collège et lycée, ne sont pas oubliés. Au collège, la principale nouveauté sera l'interdiction du portable. La loi a été votée en juillet. Les téléphones ne pourront plus être utilisés qu'à des fins pédagogiques avec les professeurs. Dans les faits, les établissements avaient pour la plupart déjà réfléchi à la question et déjà érigé cette interdiction. Deux heures de chorale – visiblement la passion du ministre – seront également mises en place dans tous les collèges.

Les lycéens auront dans leur emploi du temps dès cette année 54 heures consacrées à l'information sur l'orientation, après les vacances de la Toussaint. Dès la fin de l’année, les élèves qui souhaiteront intégrer une première générale devront choisir trois enseignements de spécialité au lieu des séries – S, ES, L –, qui disparaissent dès la rentrée 2019 dans le cadre de la réforme du lycée. De fait, le ministre entend « personnaliser les parcours » et renforcer la voie professionnelle, réforme déjà initiée, notamment en créant « trois pôles de métiers d’excellence par région ».

Enfin, le ministre a salué le travail des unités laïcité et celui du Conseil supérieur des programmes, notamment sur l’éducation morale et civique. Il est aussi revenu sur les cours d’éducation à la sexualité et a annoncé la publication prochaine d’une circulaire explicitant le contenu des leçons. « À chaque âge correspond sa logique. Nous serons de bon sens sur ces questions », a-t-il encore promis. Depuis plusieurs semaines, la loi Schiappa est accusée d’introduire des cours d’éducation sexuelle à la maternelle prévoyant des initiations à la sexualité, selon plusieurs publications virales relayées par des sites internet douteux. Jean-Michel Blanquer a appelé chacun à ne pas devenir un « ventilateur à fantasmes ».

Pour le reste, pas d’annonces exceptionnelles. Le ministre promet encore de poursuivre sa tâche de « modernisation des institutions, des inspections générales, de modernisation pédagogique et éducative ».

Un plan internat est annoncé. Une possible résurrection des internats d’excellence, cette mesure décriée pour son coût démesuré et mise en œuvre dans les années Sarkozy ? Le ministre y répondra dans quelques jours. Autre chantier en perspective, une réforme de l’éducation prioritaire, là aussi un vieux serpent de mer. La prime de 1 000 euros net par an aux enseignants d’éducation prioritaire a déjà été actée. Le reste des annonces suivra, au même rythme effréné. Quitte à devenir illisible et à donner le tournis. 

Faïza Zérouala

Lire la suite

Education - Les vrais débats sur l'école et ses enjeux enfin posés! La Riposte/Philippe Meirieu - Extraits

29 Août 2018 , Rédigé par P Meirieu - L'Obs Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

Education - Les vrais  débats sur l'école et ses enjeux enfin posés! La Riposte/Philippe Meirieu - Extraits

Ces pédagogues qui ont trop  souvent bon dos

"J'aurais aimé pouvoir écrire, en toute sérénité, un ouvrage capable d'éclaircir quelques-uns des malentendus qui traînent sur l'Ecole et la pédagogie. Mais, de toute évidence, la sérénité, sur ces questions, n'est pas à l'ordre du jour. Car, si je ne fais pas partie des "déclinistes" qui, tout en jouissant des privilèges de l'époque, regrettent un passé largement mythifié et auquel, pourtant, personne ne voudrait revenir, je n'en suis pas moins révolté, et cela depuis longtemps, par le creusement d'une fracture scolaire qui détruit en profondeur le lien social… Je ne suis pas, non plus, l'un de ces "technophobes" systématiques qui imaginent que, sans écran ni numérique, le monde en serait encore à l'âge d'or. Mais je m'inquiète néanmoins de la totémisation de technologies dont l'usage incontrôlé nous enferme dans l'immédiateté, paralyse la pensée et prépare l'avènement de ce que Gilles Deleuze nommait, dès 1990, les "sociétés de contrôle"… Je ne suis pas plus de ceux qui excommunient systématiquement toute forme d'expression culturelle nouvelle au prétexte qu'elle n'entre pas dans les canons académiques traditionnels. Mais je n'en suis pas moins convaincu de la nécessité de donner aux élèves des repères historiques précis, de leur permettre de rencontrer les "grandes œuvres" et de les amener à un usage riche et rigoureux de la langue orale comme de la langue écrite.

On me décrit, ici ou là, comme ayant eu une influence déterminante sur l'évolution du système scolaire depuis plusieurs dizaines d'années : c'est me faire beaucoup d'honneur et témoigner de beaucoup d'ignorance.

Certes, j'ai occupé, à plusieurs reprises, des responsabilités dans l'institution scolaire. J'ai été amené, comme d'autres, à faire des propositions de réforme. Mais, à l'exception, peut-être, des Travaux personnels encadrés au lycée – mis en œuvre en 1999 puis réduits à la portion congrue par Luc Ferry au moment où, précisément, ils commençaient à être pris au sérieux par les professeurs et les élèves –, aucune des propositions auxquelles j'ai travaillé n'a été étudiée sérieusement ni reprise par le ministère de l'Education nationale. […]

C'est pourquoi imputer aujourd'hui les difficultés de l'Ecole au règne des "gourous des sciences de l'éducation" est une imposture. Si tant est qu'il ait pu exister des "gourous" dans ce domaine – moins influents tout de même que dans ceux de la philosophie, des médias ou du développement personnel ! –, ils n'ont jamais été en situation de mettre l'Education nationale en coupe réglée ni de dicter leurs décisions à des ministres : consultés quelquefois pour rédiger des "rapports", ils ont vu, bien souvent, leurs propositions se perdre dans les sables, victimes de la coalition de l'immobilisme institutionnel, des corporatismes professionnels et des tergiversations politiques. Et quand, miraculeusement, certaines de leurs suggestions ont été retenues, les alternances ministérielles ont vite fait de les réduire à la portion congrue, voire de les abolir allègrement."

(...)

Blanquer, pragmatique ou populiste ?

"Une chose est de décider en cherchant à prendre en compte, dans le même acte, plusieurs exigences – et le pédagogue s'efforce en permanence à cela –, c'en est une autre de juxtaposer des décisions qui satisfont, chacune, des exigences différentes afin de satisfaire "à la fois" – bien plus qu'"en même temps" – des sensibilités, des demandes ou des électorats différents, voire complètement divergents. Avec bien sûr, à la clé, la satisfaction d'une popularité assurée – quoique assise sur des malentendus profonds –, mais aussi une institution incapable de fournir des perspectives claires à ses acteurs et une éducation cohérente à ses élèves.

En réalité, nous préférons des réponses contradictoires à des aspirations hétérogènes plutôt que de véritables propositions élaborées permettant de "sortir par le haut" de la contradiction.

Ainsi, des parents d'élèves de primaire peuvent-ils simultanément applaudir au "rétablissement" de la dictée quotidienne et plébisciter la semaine de quatre jours qui, aboutit, de fait, à en diminuer le nombre !

Et cette incohérence n'est rien au regard de celle d'un ministre qui dit s'appuyer sur "les résultats des recherches scientifiques" et ouvre massivement les vannes à la même semaine de quatre jours que, précisément, l'immense majorité des scientifiques s'accorde à juger néfaste pour la qualité du travail de l'enfant. Que dire, encore, de l'utilisation de "mots miracles" qui rassurent l'opinion au moindre coût ? "Une dictée par jour"… Pourquoi pas ! Mais de quelle dictée parle-t-on? De la dictée traditionnelle qui ne fait que vérifier la maîtrise de l'orthographe sans guère en permettre l'apprentissage ? D'une dictée préparée ? Avec une grille précise et sur des objectifs spécifiques ? Et s'agit-il de la même dictée pour tous ? Certains élèves pourront-ils dicter à d'autres ? En corriger d'autres ? Ou bien même, fera-t-on une dictée coopérative où la classe tout entière discutera des solutions aux difficultés rencontrées ? Etc. On voit bien que la réponse à ces questions est bien plus importante que l'affirmation péremptoire de la mise en place d'un rituel censé rassurer les parents inquiets."

Des écoles autonomes mais pas indépendantes

"Tentons d'entrouvir une porte. Imaginons que l'on travaille ensemble à construire pour notre pays une Ecole qui soit véritablement jacobine dans ses finalités et radicalement girondine dans ses modalités. A l'inverse exactement de ce qui se passe aujourd'hui où l'Etat est jacobin sur les modalités – l'organisation scolaire, les horaires et même les méthodes – dont il vérifie la minutieuse exécution par un contrôle technocratique, en étant totalement girondin sur les finalités, laissant les établissements, au sein même de l'enseignement public, choisir celles qui conviennent le mieux à leur clientèle : formation de tous ou sélection des élites, concurrence ou coopération, bachotage mécanique ou recherche documentaire, etc.

Prenons donc parti résolument pour l'autonomie des établissements, mais sans la confondre avec l'indépendance. Exigeons une "autonomie démocratique" et refusons l'"autonomie libérale".

Revendiquons des établissements autonomes, mais dans un "service public" qui reste une véritable institution d'Etat. Comment ? Les responsables nationaux, sous le contrôle du Parlement, doivent fixer un ensemble de finalités qui s'imposent à tous les établissements et constituent autant de "chapitres obligés" de leur projet.

Il s'agirait, par exemple, de la politique d'orientation, de l'accueil, de l'information et de l'implication des familles, du développement de la recherche documentaire et d'un usage critique du numérique, des propositions en matière d'éducation artistique et culturelle, de la formation des délégués d'élèves, etc.

Une fois ces finalités définies, il reviendrait à chaque établissement de travailler pour élaborer les modalités qui, dans un contexte donné, en fonction des contraintes et ressources locales, pourraient permettre de les incarner au sein des enseignements et de la vie scolaire. À partir de là, on pourrait permettre aux établissements de travailler de manière autonome – au sens propre du terme –, c'est-à-dire en leur donnant les moyens dont ils ont réellement besoin. Et, pour cela, il y a bien une méthode possible : proportionner la dotation des établissements publics et privés sous contrat – en budget consolidé, c'est-à-dire salaires compris – aux difficultés sociales des élèves qui y sont scolarisés. Le mouvement vers la mixité sociale, si difficile à mettre en œuvre aujourd'hui, devrait alors pouvoir s'engager de manière plus systématique, quitte à bousculer un peu le confort financier des établissements prestigieux qui, ne scolarisant que des élèves favorisés, verraient leur dotation baisser."

(...)

Sortir des faux débats

"J'assume mon discours. Je le crois même important en ces temps où les débats se fixent alternativement sur des questions idéologiques sans véritable contenu ou des questions techniques sans réflexion sur les enjeux. D'un côté, on rabâche que "l'autorité doit être rétablie dans le système scolaire !", alors qu'aucun enseignant n'en récuse la nécessité, que toutes et tous voudraient bien pouvoir l'exercer et que chacune et chacun se demandent plutôt comment y parvenir. D'un autre côté, on s'empoigne sur le contrôle continu au baccalauréat… sans s'interroger sur la nature des épreuves qui le constitueront et la conception de l'exigence intellectuelle qui les sous-tendra.

On passe ainsi de polémiques artificielles en querelles superficielles, esquivant les interrogations fondatrices sur le sens de l'éducation qu'on veut donner à nos enfants et le monde à venir.

Étrange situation : nous ressemblons à des marins qui dissertent sur les qualités du capitaine et se disputent sur les avantages réciproques de la voile et de la vapeur sans jamais consulter une boussole ni s'interroger sur leur destination.

C'est dire à quel point le débat démocratique sur l'éducation et l'Ecole est en déshérence. On répète à satiété que l'on veut "la réussite de tous", mais sans définir clairement celle-ci, ni même esquisser le type d'homme et de société que l'on veut promouvoir. On affirme qu'il faut que nos enfants sachent lire, écrire, compter, s'exprimer, connaissent notre histoire et comprennent le monde, mais sans jamais dire pourquoi ni, surtout, pour quoi. On invoque sans cesse l'efficacité de l'école, mais on la réduit systématiquement à une somme d'objectifs individuels mesurables, sans prendre en compte l'importance de la fréquentation d'une institution qui n'est pas seulement destinée à "apprendre", mais aussi à "apprendre ensemble".

On veut former des citoyens lucides, capables de vivre au quotidien les valeurs de la République – liberté, égalité, fraternité, laïcité –, mais sans jamais en tirer les conséquences sur l'organisation des établissements et des enseignements, les regroupements d'élèves et les méthodes pédagogiques… On perd ainsi toute chance d'avoir de vrais débats autour de principes structurants, et a fortiori d'esquisser des visions d'avenir susceptibles d'être de véritables "attracteurs", permettant aux parents de dépasser ce qu'ils perçoivent comme l'intérêt immédiat de leurs propres enfants."

Extraits de "la Riposte, pour en finir avec les miroirs aux alouettes", de Philippe Meirieu, éditions Autrement.

Lire la suite

Philippe Meirieu : L'heure de La Riposte...

29 Août 2018 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

Philippe Meirieu : L'heure de La Riposte...

EXTRAIT

"Comment accepter la suffisance et le mépris de ceux qui , face aux difficultés éducatives d'aujourd'hui, tout en n'ayant que le mot "confiance" à la bouche, ne proposent comme grille de lecture que la désignation de boucs émissaires - le pédagogisme et l'égalitarisme - et le recours à des remèdes miracles - les neurosciences et le numérique." Philippe Meirieu lance  "La Riposte", un nouvel ouvrage qui sort aujourd'hui. Face aux bonnes vieilles méthodes qui trient les élèves, aux écoles alternatives qui exploitent les parents et aux usages abusifs des neurosciences il appelle à "en finir avec les miroirs aux alouettes" et à relever les vrais défis éducatifs. La pédagogie est de retour. Le Café pédagogique vous offre cet ouvrage pour toute adhésion à notre association de soutien.

Vous publiez une "Riposte" aux "miroirs aux alouettes". Les miroirs aux alouettes on les lit tous les jours. Ce sont à la fois les anti-pédagos et ce que vous appelez les "hyper-pedagos", une variété plus nouvelle. Comment expliquer le succès de leurs thèses qui semblent pourtant très fragiles ?

J’ai le sentiment que nous assistons aujourd’hui à une sorte de « cristallisation idéologique », une configuration particulière de convergences et d’alliances qui méritent d’être comprises, tant à la lumière de l’histoire qu’à celle de l’examen des principaux enjeux éducatifs contemporains. Il y a, en effet, quelque chose d’étonnant à voir, simultanément et souvent plébiscitées par les mêmes médias, la montée en charge d’une gestion autoritariste et technocratique du système scolaire  à travers la nostalgie des « bonnes vieilles méthodes » et l’hégémonie de l’évaluation – et d’une injonction systématique au « respect de l’enfant » - à travers la séduction qu’exerce, par exemple, la psychologie et la pédagogie « positives ». Comme il est étonnant de voir se développer, tout à la fois, la référence à l’Éducation nouvelle (à travers l’image de Maria Montessori en particulier) et la mythologie des sempiternels « retours » : retour de l’autorité, de la dictée, de la méthode syllabique, du travail « sérieux » dans le strict respect des disciplines contre une interdisciplinarité qui serait condamnée à la superficialité, etc.

Ainsi cohabitent étrangement un discours « anti-pédago » et un discours « hyper-pédago » Les « anti-pédagos » s’élèvent contre ce qu’ils décrivent comme un refus de transmettre ; ils expliquent que l’instruction ne se « négocie » pas et que la véritable éducation est une rencontre « pure » avec les savoirs, complètement incompatible avec les « gymnastiques non-directives » du constructivisme ou de la pédagogie de projet. Les « hyper-pédagos » développent, eux, une forme de spontanéisme naïf, considérant que toute contrainte est castratrice, que l’enfant est naturellement un être merveilleux, qu’il ne désire qu’apprendre, que l’école l’ennuie, le sclérose et l’éloigne des savoirs qu’elle prétend transmettre.

Les « anti-pédagos » sont, effectivement, mieux identifiés et ils ont pignon sur rue à travers une belle brochette de chroniqueurs et d’intellectuels, de Jacques Julliard à Natacha Polony, d’Alain Finkielkraut à Michel Onfray. Les « hyper-pédagos » sont apparus pourtant dans la mouvance de l’Éducation nouvelle – A.-S. Neill à Summerhill en est un bel exemple – mais leur discours est resté relativement marginal. Il se développe aujourd’hui, en phase avec tout un courant très individualiste du « développement personnel » : on y exalte la « bonne nature de l’enfant », la priorité absolue de son « bien-être », le refus de toute obligation et le développement de la créativité contre toute forme de « normalisation ». On y dénonce, comme Ken Robinson, le formatage insupportable des enfants qui ne les prépare pas à exercer leur « liberté d’entreprendre » dans la société libérale… Certes, les enseignants qui se réfèrent à ces thèses ne sont pas très nombreux. On ne les trouve guère que dans certaines écoles privées hors-contrat, comme les « écoles démocratiques », mais l’idéologie hyper-pédago est néanmoins très fortement dans l’air du temps au point qu’un hebdomadaire, pas particulièrement gauchiste, comme Le Point peut, à quelques jours d’intervalle, vilipender la réforme du collège qualifiée de pédagogisme aventuriste, et prôner le refus des sanctions, le retour à la nature, la spontanéité créatrice, à travers une interprétation, d’ailleurs discutable, de Montessori, Steiner ou de la « psychologie positive ». Résultat : l’idéologie « hyper-pédago » s’infiltre largement chez les parents qui n’hésitent pas à l’utiliser pour défendre leur propre enfant contre tout ce qu’il estime être des « maltraitances » : beaucoup d’enseignants du premier degré peuvent témoigner de cela. C’est le signe clair de la montée de ce que j’appelle le familialisme – dont la pointe avancée est l’instruction en famille – et qui est un dérivé de l’individualisme : la volonté de donner la priorité aux intérêts de l’individu à court terme contre le « bien commun », la volonté de contrôler l’éducation pour n’avoir que des écoles homogènes, idéologiquement, sociologiquement et pédagogiquement, avec l’univers familial. À terme, c’est, bien sûr, la mort ou le démantèlement du service public et la clanification de l’éducation.

Évidemment, vous n’avez pas manqué de remarquer que les « anti-pédagos » qui s’acharnent sur des gens comme moi, sont étrangement muets sur les hyper-pédagos ! Ce n’est pas un hasard : les uns et les autres sont profondément élitistes : les premiers veulent que l’École soit toute entière à l’image des classes prépas… les seconds qu’elle privilégie l’entre-soi des parents « éclairés ».

(...)

Propos recueillis par François Jarraud

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

« Il est temps d’utiliser le smartphone en classe »...

27 Août 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Pédagogie

« Il est temps d’utiliser le smartphone en classe »...

EXTRAITS

Dans une tribune au « Monde », André Giordan, professeur en sciences de l’éducation à l’université de Genève, estime que l’école, plutôt que de bannir le portable, doit apprendre aux élèves à s’en servir.

L’usage du téléphone portable pose un réel problème de société. Pour nombre de jeunes, il est devenu une véritable addiction. Les parents sont souvent démunis pour réguler son usage. Des professeurs le sont également devant des élèves dont l’esprit est centré sur les réseaux sociaux aux dépens du savoir enseigné. Toutefois, sont-ce autant de « bonnes » raisons pour bannir le portable de l’institution scolaire ? N’est-ce pas plutôt une facilité pour nos politiques, dont le réflexe, comme dans d’autres domaines, est souvent d’interdire plutôt que de repérer les dysfonctionnements et d’y remédier ?

 

Et si l’on mettait plutôt le smartphone au programme ? Au lieu de le proscrire, l’objectif de l’institution scolaire devrait être de conduire les élèves à un usage serein et pertinent de cet objet emblématique de la société présente et à venir.

 

C’est ce qu’ont déjà compris nombre de responsables d’établissements scolaires et d’enseignants. Ils prennent comme point de départ la passion de leurs élèves pour leur smartphone pour en faire un vecteur d’éducation, dans différents domaines : en matière de technologie, de santé, de citoyenneté… Ce faisant, ils introduisent un autre rapport au portable et… aux savoirs eux-mêmes. Tout est d’abord une affaire d’usages : n’oublions pas que l’eau est le plus grand poison connu si l’on dépasse certaines limites !

 

Problématiques de l’époque

 

Pour prévenir les « conduites excessives », des ateliers sont organisés, où l’on travaille la notion de limite en relation avec la santé, l’activité physique et le sommeil. Les élèves y apprennent à ne pas se polariser uniquement sur cet objet et sur les réseaux sociaux. Le téléphone portable est souvent un exutoire, mais il est relativisé lorsque le désir d’apprendre est présent. Travailler sur le fonctionnement des réseaux sociaux est une formidable porte d’entrée pour comprendre notre époque. Des ateliers peuvent permettre de réfléchir sur les réseaux les plus utilisés. Quels sont leurs avantages et leurs inconvénients respectifs ? Comment se construit leur succès ? Comment se fait-il, par exemple, que Snapchat, chez les jeunes, marque des points par rapport à Facebook ?

 

(...)

 

Alors, arrêtons de dramatiser inutilement. Il est temps de sortir cet instrument polyvalent des sacs des élèves pour l’utiliser – pas de manière exclusive, bien sûr – en classe. Il est essentiel que les institutions scolaires et le corps enseignant sélectionnent et partagent les ressources les plus intéressantes d’un point de vue pédagogique et que des formations spécifiques pour les enseignants se mettent en place. 

 

André Giordan

 

La tribune est à lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous

 

Lire la suite

Education - La « Riposte » de Philippe Meirieu - Sortie le 29 août... (Par Claude Lelièvre)

27 Août 2018 , Rédigé par EducPro - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Pédagogie, #Politique

On pourrait croire que Philippe Meirieu est pris par une certaine lassitude, voire le découragement. Mais non, bien au contraire.

Et son dernier livre qui vient de paraître chez  "Autrement" le montre à l’évidence, même s’il admet en exergue qu’il s’agit encore une fois de « dépasser les malentendus et revenir à l’essentiel" .

Mais il ne s’agit nullement pour lui de se répéter pour se faire entendre ou pour se faire enfin comprendre (en dépit des  "brouillages" plus ou moins développés par nombre de ses adversaires). Il s’agit surtout pour lui d’aller à l’essentiel tout en prenant en compte le contexte actuel. D’où des chapitres aux titres évocateurs de cet  "air du temps" tels que « L’antipédago et l’hyperpédago sont dans un bateau » ou « Du consumérisme scolaire aux écoles alternatives » ou " Au bout de la crête : un passge risqué mais peut-être possible".

Car il s’agit aussi et toujours de descendre « Dans l’arêne » (titre significatif de la deuxième partie de l’ouvrage) tout en traçant rapidement mais nettement quelques pistes à emprunter (à partir d’une interrogation essentielle:  "Quelles finalités éducatives pour faire face aux défis d’aujourd’hui? "):  "Quelles connaissances mobiliser pour atteindre nos finalités?" ; " Faire de l’Ecole un espace de décérélation" ; " Former à l’attention "; " Mettre en place une évaluation exigeante" ; " Transmettre le goût d’apprendre" .

And last but not least: "Construire des collectifs pour former des citoyens"

Claude Lelièvre

Lire la suite

Philippe Meirieu : "Nous sommes toujours dans une école de la concurrence et de la performance" (Audio + commentaires)

26 Août 2018 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

Rythmes scolaires, école obligatoire, réforme du collège, nouveau bac... Le gouvernement d'Edouard Philippe multiplie les annonces dans le secteur éducatif, mais avec quelle vision ? Pour en parler, Philippe Meirieu, chercheur et professeur émérite en sciences de l'éducation, est l'invité du 6/9.

La rentrée scolaire, prévue pour le 3 septembre, comporte plusieurs changements, initiés par le gouvernement : classes allégées en CE1 dans certaines zones, interdiction des téléphones portables jusqu'à la fin du collège, aides gratuites aux devoirs, retour aux évaluations en CP et sixième... A plus long terme, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale, a annoncé envisager un nouveau baccalauréat pour 2021.

Vraie renouvellement ou mesures gadgets ? Philippe Meirieu, chercheur et professeur émérite en sciences de l'éducation, expose ses points de vue dans son nouveau livre, La Riposte, à paraître le 29 août aux éditions Autrement. Il s'exprime ce dimanche au micro de Laetitia Gayet.

Laetitia Gayet

Commentaires:

1- C'est anecdotique mais le téléphone portable n'est pas interdit. Il faut arrêter avec ça. Le texte de loi parle bien d'un "encadrement de son UTILISATION" . Ce qui est déjà le cas dans 99% des établissements scolaires de ce pays. Mes élèves utilisent et utiliseront cet OUTIL PEDAGOGIQUE. Ce qui les oblige à considérer cet "appendice" d'une toute autre manière ensuite. 

2- "classes allégées en CE1 dans certaines zones": je renvoie une fois de plus à la lecture de cet "avertissement" dont jamais personne ne parle. Voir lien de bas de page

Tout cela et le reste relèvent de l' "écume" politicienne. Des messages envoyés:

- à la frange réac' des électeurs;

- aux parents qu'on rassure

Les véritables enjeux sont ailleurs et Philippe Meirieu les a posés, sans haine ni esprit polémique:

Quels ELEVES veut-on?

 

- Des consommateurs en concurrence permanente/politique actuelle?

- Des ELEVES pratiquant l'entr'aide, la recherche et ayant le temps de PENSER?

 

Je cite de mémoire:

 

""Il ne s'agit pas de promouvoir telle ou telle méthode pédagogique mais de dire: "Telle pédagogie pour QUOI faire?

Une école qui favorise la concurrence permanente et flatte les instincts consuméristes ou une école du partage, de la solidarité, de l'entr'aide?"

 

Voilà où devrait se situer le débat pour l'école. On est très loin des sujets traités actuellement. Hélas.

 

Christophe Chartreux

 

Lire la suite

LES GRANDS TEMOINS DE L'EDUCATION... (Vidéos)

12 Août 2018 , Rédigé par Cap Canal Publié dans #Education, #Pédagogie

LES GRANDS TEMOINS DE L'EDUCATION... (Vidéos)

LES GRANDS TEMOINS DE L'EDUCATION

"Les grands témoins de l'éducation", c'est une série d'entretiens menés par Philippe Meirieu ave ceux et celles qui ont marqué à la fois l'histoire du système éducatif, scolaire ou non scolaire, mais, plus largement, l'histoire des dispositifs de formation en France, initiale et continue. Des entretiens pour prendre le temps de comprendre ce qui s'est passé, mais aussi de repérer les enjeux et de préparer l'avenir.

Outils d'information, de culture, de réflexion, chaque film est aussi un outil de formation qui peut être utilisé dans le cadre d'une réflexion individuelle ou collective.

Attention ! Ces films ont été réalisés en 2010 : ils portent donc la marque de leur époque de réalisation et doivent aussi être interrogés de ce point de vue.

Bertrand Schwartz -  La formation tout au long de la vie

Philippe Meirieu"Faire l'Ecole, faire la classe"

François Dubet L'égalité des chances : mythe ou réalité ?

Anne-Marie Chartier -  Lire et écrire à l'école

Pierre Léna -  L'éducation scientifique

Jean-Pierre Pourtois -   L'éducation familiale

Denis Kambouchner -  Education et culture

Jean-Yves Rochex -  Rapport au savoir et inégalités scolaires

Claude Lelièvre -   L'école à l'épreuve du collège unique

Marie-Thérèse Geffroy -    Analphabétisation et illettrisme

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 > >>