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Vivement l'Ecole!

pedagogie

Tout s'apprend. Seules l'ignorance et la peur engendrent la violence...

13 Octobre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

Tout s'apprend.  Seules l'ignorance et la peur engendrent la violence...

Il y a quelques jours une collègue m'interpelle  : "Christophe, est-il exact que tu aies donné ton adresse mail à tous tes élèves?". A ma réponse affirmative cette collègue, jeune, a écarquillé de grands yeux et a eu cette réflexion : "Eh bien toi tu n'as pas peur! Moi je ne ferai jamais une chose pareille! Tu vas te faire agresser!". Cette peur exprimée je l'ai très souvent entendue. Elle est la manifestation d'une accumulation d'incompréhensions, d'ignorances, de fantasmes. Et de réalités.

Les relations professeurs-élèves doivent respecter des limites convenables. C'est une évidence nécessaire afin d'éviter tous les débordements possibles, afin de faire prendre conscience aux pré-adolescents et adolescents qui sont avec nous quelles sont ces limites, jusqu'où on peut aller et ne pas aller.

Cette "pédagogie des limites" - j'en ai conscience - n'est pas possible partout. Il existe des établissements où peut-être il convient d'être plus prudent que dans d'autres. Il est certainement plus judicieux de ne pas dévoiler son Email ou l'adresse de sa page Facebook à des élèves qui, deux jours après la rentrée, envoient leurs professeurs "se faire enc...."! Ces débordements inacceptables se produisent aussi, sous des formes moins directes, plus feutrées, dans d'excellents établissements. Au lycée Condorcet de Limay par exemple ou, plus prestigieux encore, au lycée Lakanal de Sceaux*.

Tout, je crois, s'apprend. La peur n'a jamais évité le danger. Bien au contraire elle l'attire!

Je donne mes coordonnées personnelles à mes élèves depuis plusieurs années. Les objectifs pédagogiques de cette démarche sont expliqués dès la première semaine de la rentrée. Les limites sont posées. A ce jour, je n'ai JAMAIS rencontré le moindre problème. Alors que des collègues qui ne donnent et ne donneront jamais leurs coordonnées en ont connus. Et de très sérieux !

Nos élèves, il faut avoir cela à l'esprit, sont nés avec des ordinateurs, des adresses Email, des pages Facebook et, de plus en plus, des comptes Twitter. Nous ne pouvons pas ignorer ce "fait sociétal" majeur. Au risque, si nous l'ignorons ou si nous en avons peur, de nous couper des réalités quotidiennes de nos élèves. Il ne s'agit pas de banaliser, de gadgétiser ("faire d'jeun") l'échange de coordonnées ou d'adresses de comptes sociaux. Il s'agit de faire comprendre aux élèves que nous aussi, enseignants, sommes entrés dans le XXIème siècle, que nous en maîtrisons les outils et que nous pouvons les utiliser à des fins pédagogiques utiles, pratiques, respectueuses de la vie des uns et des autres.

Lorsque j'étais enfant, ma grand-mère paternelle m'interdisait absolument d'accéder à un petit salon, toujours fermé. Elle y entreposait des souvenirs de mon grand-père, son mari, mort jeune dans les tranchées de la Grande Guerre. Bien évidemment, cette interdiction n'encourageait que mes désirs de visite au salon secret  !

En cachant, en NOUS cachant, nous ne provoquons que la curiosité, parfois malsaine, de nos élèves. Le dialogue professeurs-élèves, nécessaire, ne peut plus se contenter d'échanges rapides à la fin d'un cours, de conversations dans le brouhaha d'un préau. Nous disposons d'outils extraordinaires, rapides, pratiques. Ne pas s'en servir, ne pas apprendre aux élèves à les utiliser de manière intelligente et respectueuse des vies privées de chacun, c'est - les nombreux exemples récents en sont la preuve - ouvrir la porte des incompréhensions réciproques.

Bien évidemment, les excès, les débordements, les injures à l'encontre d'enseignants existeront toujours. Mais elles seront beaucoup plus rares si nous montrons et démontrons à nos élèves que nous n'avons pas PEUR de l'échange, qu'il soit verbal dans un couloir ou "informatique" par le biais d'un mail ou d'un réseau social. Tout s'apprend.

Seules l'ignorance et la peur engendrent la violence...

* http://www.20minutes.fr/societe/1124285-20130323-trois-eleves-exclues-lycee-apres-avoir-insulte-prof-twitter

Christophe Chartreux

PS: audace infinie, mes élèves utilisent, sous mon strict contrôle, leur téléphone portable en classe.

Réflexion récente d'une élève:

"Depuis qu'on l'utilise avec vous pour travailler, on a l'impression que c'est un objet vraiment utile".

J'ai un peu gagné...

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Grammaire à l’école (2) : Quand l’expert choisi par le Ministère fragilise les ajustements 2018…

11 Octobre 2018 , Rédigé par Antoine Fetet Publié dans #Education, #Pédagogie

Grammaire à l’école (2) : Quand l’expert choisi par le Ministère fragilise les ajustements 2018…

M. Philippe Monneret, Professeur des Universités en sciences du langage (Université de Paris IV Sorbonne) est intervenu à l’ESENESR le 27 septembre 2018 dans le cadre du séminaire des inspecteurs de l’éducation nationale 1er  degré. Devant un parterre d’inspecteurs, diffusé en direct via Youtube [1] et via le réseau Canopé, M. Monneret avait la mission de détailler le nouveau cap fixé à l’enseignement de la grammaire par les « ajustements aux programmes », enseignement qui a connu tant de vicissitudes au cours des dernières décennies.

Je vous propose une analyse thématique en trois parties de cette intervention largement médiatisée.


2e partie : des préventions inattendues contre les ajustements 2018

Tout au long de sa présentation, Philippe Monneret navigue entre une attitude de respect dû à la « puissance invitante » et un positionnement très critique envers les ajustements des programmes publiés en juillet 2018. Une phrase semble résumer à elle seule cette ambivalence : « Nous ne vivons pas dans un monde idéal, où seul l’esprit de la science règne, nous vivons dans un monde réel où il y a des enjeux politiques de toutes sortes ». Le pilotage par la science, mis en avant par le ministère, qui s’appuie désormais sur un Conseil Scientifique de l’Éducation Nationale, ne serait-il plus un principe directeur pour l’élaboration des programmes ?

Les constituants de la phrase

M. Monneret passe un long moment à commenter le nouveau texte, notant plusieurs difficultés ou inexactitudes dans la présentation des constituants de la phrase. Au cycle 2,

« Il y a cette compétence “hiérarchiser les constituants de la phrase(ce qui est une très bonne chose), parmi lesquels figurent “les compléments”. Hors, les compléments, ce n’est absolument pas une catégorie linguistique : il y a d’une part les compléments du verbe et d’autre part les compléments circonstanciels qui sont dans une tout autre catégorie. Il ne faudrait pas croire que la catégorie “les compléments est une catégorie homogène. Il y a une catégorisation qui n’apparait pas dans les programmes mais il faut avoir à l’esprit que la catégorie des compléments est une catégorie double. »

Pour le cycle 3, il se livre au même type d’explication de texte : Remarquant qu’une seule entrée liste, sans les hiérarchiser, tous les types de compléments (« différencier les compléments : COD, COI, compléments circonstanciels de temps, de lieu, de cause… ») il ajoute :

« Ici, ça n’est pas explicite, et c’est pour cette raison que je vous le précise, il y a vraiment une barrière entre d’une part COD/COI et d’autre part les compléments circonstanciels. »

Rappelons que la réécriture de ces programmes visait à ajuster et à clarifier des textes qualifiés par M. Blanquer de difficiles à comprendre.

Or, le texte de 2016 faisait une distinction nette entre compléments de verbe et compléments de phrase. Par ailleurs, l’introduction de la notion de prédicat renforçait la visibilité de la structure de base de la phrase : (le prédicat était ainsi décrit : très souvent un groupe verbal formé du verbe et de compléments du verbe) . Ce qui était explicite dans le texte précédent est désormais confus et, hélas, sujet à interprétation.

(...)

Antoine Fetet

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La recherche au secours de l’école ?

7 Octobre 2018 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Education, #Pédagogie

La recherche au secours de l’école ?

EXTRAITS

Dans les sociétés d’aujourd’hui, il n’est d’activité qu’on ne cherche à améliorer en s’appuyant sur les acquis de la recherche. Cela vaut pour les activités à forte charge humaine, comme la médecine, même si, particulièrement dans ce cas, les apports de la recherche ne sont pas forcément mis en œuvre, parce que des considérations autres que techniques interviennent ; par exemple, si on sait parfaitement comment aider à mourir les personnes en fin de vie, ceci apparaît comme méritant un débat.

(...)

Réformer grâce aux « acquis de la recherche » ?

C’est à cet égard que le ministre de l’Éducation Jean‑Michel Blanquer entend se démarquer. Il affirme vouloir fonder ses réformes sur les acquis de la recherche, par exemple quand il décide de dédoubler les classes de CP en zone prioritaire, en s’inspirant directement des travaux des économistes Piketty et Valdenaire montrant qu’une réduction très marquée de la taille de la classe, dans les milieux les plus défavorisés, peut atténuer les inégalités sociales.

Certes, on déplorera qu’il semble juger sans importance de remettre du même coup en cause, avant toute évaluation sérieuse, l’expérience « plus de maîtres que de classe », engagée elle aussi sur la base de recherches.

Mais ce ne sont peut-être pas là les recherches dans lesquelles il a le plus confiance… Aujourd’hui, il existe une multitude d’approches scientifiques des questions scolaires, et de toutes aussi nombreuses contingences politiques ou personnelles font qu’on se tournera plutôt vers telle ou telle.

Les neurosciences à la rescousse

Alors que la ministre précédente mettait en avant les travaux sociologiques et économiques établissant les bienfaits d’une certaine mixité sociale, le ministre actuel affirme haut et fort sa confiance dans les neurosciences. Certes, ces approches ne prétendent pas répondre aux mêmes questions. Comment des élèves par ailleurs comparables travaillent ou vivent plus ou moins bien selon la composition sociale du public de l’établissement, dans un cas ; de l’autre, comment les jeunes cerveaux abordent les premiers apprentissages ?

Dans sa confiance envers les neurosciences, qui s’est traduite par la nomination d’un neuroscientifique à la tête du conseil scientifique de l’Éducation nationale installé en janvier 2018, Jean‑Michel Blanquer n’innove en rien. Dès 2006, Gilles de Robien alors ministre exprimait son enthousiasme par rapport à « la science, la vraie, la science expérimentale », poursuivant « cette science toute jeune, c’est la science du cerveau ».

On croit entendre mot pour mot Jean‑Michel Blanquer, quand il s’efforce de présenter sa politique comme découlant tout simplement de la science qui lui semble la moins contestable. Et séduisante, car les neurosciences restent un continent relativement noir, mystérieux, prometteur mais encore très neuf, et c’est sans doute pour cette raison que l’enthousiasme du début du XXIe siècle (exprimé également par les instances européennes) ne s’est guère traduit jusqu’alors dans les politiques éducatives.

La tentation d’instrumentaliser la science

S’il sait être enthousiaste, le milieu scientifique est par nature et en général, prudent, bien plus que le milieu politique qui lui, doit trancher et prendre, pour exister, un flot incessant de « mesures »… Et pour trancher dans les débats que suscitent toute décision politique, la tentation est grande d’instrumentaliser la science, comme s’il était possible d’en tirer toujours des conclusions univoques, populaires si possibles (tel que le B.A-BA pour apprendre à lire).

Mais si les techniques d’imagerie cérébrale permettent de voir les régions du cerveau activées lors de telle ou telle tâche, il reste à interpréter ce constat d’une « activité »cérébrale » (notamment, est-on face à une cause des apprentissages, ou bien à une conséquence ?).

Plus largement, tout neuroscientifique sérieux sait pertinemment que ses expériences sont des expériences, pas forcément transposables, et que les mécanismes de l’apprentissage, plurifactoriels, ne se réduisent pas à un circuit neuronal particulier.

Il sait pertinemment que le meilleur cerveau du monde n’apprend pas tout seul mais en interaction avec d’autres, que la méthode pédagogique qui respecte le mieux du monde le fonctionnement cérébral ne peut rien contre un enfant qui ne veut pas apprendre, ou encore que les principes redécouverts mais somme toute assez élémentaires selon lequel il convient de stimuler l’attention ou la curiosité des élèves risquent de rester sans effet sur les apprentissages avec des d’enseignants peu motivés, des journées de classe à rallonges ou des enfants mal nourris !

(...)

Professeure des universités émérite en sociologie, Observatoire sociologique du changement, Sciences Po – USPC

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Des enseignants formés, reconnus et experts dans les systèmes éducatifs en tête des évaluations PISA...

6 Octobre 2018 , Rédigé par Centre de recherche, formation, histoire sociale Henri Aigueperse-UNSA Education Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

Des enseignants formés, reconnus et experts dans les systèmes éducatifs en tête des évaluations PISA...

EXTRAIT

Beaucoup a été dit sur les résultats des évaluations PISA et en particulier sur les modes d’apprentissage mis en œuvre pour les élèves dans les pays qui ont les meilleurs résultats. Ainsi, l’apprentissage du travail coopératif, le développement de la confiance en soi, le recours à des évaluations positives, la résolution d’enquêtes, le droit de se tromper et d’apprendre de ses erreurs… sont autant d’éléments qui favorisent la réussite des élèves.

Une autre approche est de se servir des résultats pour analyser les modes de recrutement, les formations, le développement professionnel des enseignants. La Chaire Franco-Chinoise sur les politiques d’éducation en Europe (CFCPE) vient de publier plusieurs articles dans ce sens (https://www.cfcpe-edu.org/les-pays-au-sommet-des-resultats-pisa-des-enseignants-experts-en-recherche-et-pedagogues )

Ils mettent en évidence que les pays qui sont en tête des évaluations PISA, recrutent et forment des enseignants experts en recherche et pédagogues, qu’ils développent la valorisation et la reconnaissance des enseignants au-travers de la formation initiale et continue, qu’ils font le choix d’un engagement fort dans la formation continue.

(...)

Denis Adam

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Revue de Presse Education... Journée Mondiale des Enseignants — Réformes — Catho — Supérieur — Divers...

6 Octobre 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Pédagogie

Revue de Presse Education... Journée Mondiale des Enseignants — Réformes — Catho — Supérieur — Divers...

A part un grand MERCI de la part de notre ministre, pas de déclarations nouvelles dans l’actualité du jour. Mais quelques réflexions à noter.

JME

Journée mondiale des enseignants 2018 - Conférence internationale à l’UNESCO

Journée mondiale des enseignants : "Seuls 5% des professeurs de collège se sentent valorisés par la société"

Et sur le site du ministère, un grand MERCI !

Comme chaque année depuis 1994, le 5 octobre marque la Journée mondiale des enseignants. En 2017, la Journée mondiale des enseignants a pour thème "Enseigner en liberté, autonomiser les enseignants".”

Réformes

Sur le Café pédagogique : Le Snes réagit à la consultation bidon du CSP et Programmes du lycée : L’Apmep prend les devants

Bac : Le calendrier des épreuves ajusté

En réponse à une question du sénateur Pierre Ouzoulias, JM BLanquer a annocé une révision du calendrier des épreuves de spécialités dans le nouveau bac en 2021. D’autres sénateurs ont manifesté leurs inquiétudes sur le choix des spécialités et l’augmentation des inégalités sociales comme par exemple F Cartron.”

Catho

L’enseignement catholique veut relever le défi de la mixité sociale

Le secrétaire général de l’enseignement catholique, Pascal Balmand, donnait sa conférence de rentrée le 4 octobre. Parmi les thèmes de réflexion pour l’année, la mixité sociale et l’espoir d’intégrer une carte de l’éducation prioritaire renouvelée.”

L’enseignement catholique à qui perd gagne avec les réformes Blanquer

L’enseignement catholique sort il gagnant ou perdant des réformes introduites par JM Blanquer ? Présentant la rentrée de l’enseignement catholique le 4 octobre, Pascal Balmand, son secrétaire général, s’est démarqué de leur philosophie et a déploré les suppressions de postes. Mais au final, l’enseignement catholique sait tirer parti de la politique menée par JM Blanquer.”

Recteurs

Macron change les règles de nomination des recteurs pour placer une camarade de l’ENA

Publiée dans le communiqué du Conseil des ministres du mercredi matin 3 octobre, l’information est passée inaperçue. Sauf chez les universitaires. Les ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur ont, en effet, présenté un décret "portant modification des modalités de nomination des recteurs". Le but annoncé : "diversifier le recrutement des recteurs". Comment ? En permettant à davantage de non-titulaires de doctorat (plus précisément, à des "non-titulaires d’habilitation à diriger des recherches") d’occuper cet emploi prestigieux. Jusqu’à présent, seuls 6 recteurs sur 30 pouvaient ne pas être universitaires. Le décret double ce chiffre à 12.”

Le gouvernement change les règles de nomination des recteurs

L’énarque Charline Avenel, camarade de promotion d’Emmanuel Macron, pourrait bénéficier de la modification des conditions et rejoindre l’académie de Versailles.”

Recrutements hors expérience éducative : les recteurs puis les chefs d’établissement ? Par Claude Lelièvre

Ce serait logique, dans un contexte où il apparaît que les modalités de « gouvernance » (voire le « management ») viennent en tête des préoccupations, par delà l’éducation et l’instruction. Les débuts d’une nouvelle gouvernance de l’EN ?

Supérieur

Les conventions éducation prioritaire de Sciences Po rattrapées par la méritocratie

" Le double objectif de contrer les critiques d’élitisme à l’égard de l’institution et d’apporter une réponse à ces différents problèmes donna logiquement naissance à un dispositif hybride du point de vue des finalités. Ce dernier était en outre traversé d’emblée par la tension entre méritocratie et discrimination positive et ce d’autant plus que beaucoup de responsables de grandes écoles comme d’autres acteurs prééminents dans les sphères politiques et culturelles ne manquèrent pas dès l’annonce de sa création de dénoncer dans les médias le caractère démagogique d’un dispositif qui semblait abattre les barrières méritocratiques d’accès à l’enseignement supérieur sélectif. Cette tension a en outre été accentuée par les caractéristiques du dispositif et son évolution dans le temps". La politique des conventions éducation prioritaire de Sciences Po est passée au crible par Germán Fernández-Vavrik, Filippo Pirone et Agnès van Zanten dans la revue « Raisons éducatives » 2018/1 N° 22. Les auteurs montrent comment le mythe méritocratqiue et le refus de renouveler réellement les élites sont en train d’étouffer le dispositif.”

Parcoursup : un bilan approfondi reste à faire par Luc Cédelle

Le nouveau système d’admission dans l’enseignement supérieur n’a pas connu le «  crash  » que lui promettaient ses détracteurs, mais n’a pas non plus évité une accumulation de critiques tout au long de l’été. Faute encore de données détaillées, son bilan reste à faire.”

Parcoursup : du tirage au sort au coup de Poker par Pauline Quillon

Pour la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, Parcoursup est bien évidemment un succès. Frédérique Vidal a défendu, vendredi 21 septembre, le bilan de la plateforme d’affectation des bacheliers contre des tombereaux de critiques. Tous les indicateurs sourient : plus de boursiers en formation, seuls 955 lycéens accompagnés par le rectorat pour trouver une solution in extremis, contre 3 729 l’an dernier. Surtout, fin de l’injustice du tirage au sort. Il ne faudrait qu’ajuster : aider le choix des étudiants en affichant le rang du dernier appelé l’an dernier, avancer la date butoir de la première phase à fin janvier, rendre anonymes les dossiers... Et, en catimini, permettre aux jeunes de définir leur vœu préféré... Voici que pointe le nez, relookée, la hiérarchisation des vœux que tous réclament, et dont l’abandon a provoqué l’embouteillage aux portes des formations. Et auquel, au grand jamais, Frédérique Vidal ne voulait renoncer puisque, en dépit des mises en garde des chercheurs, c’est un « choix politique » pour supprimer « l’autocensure » et les « biais sociaux ». C’est surtout pour que les étudiants tirent eux-mêmes leur destin au sort. La sélection se fait par la guerre des nerfs : le plus anxieux de la liste d’attente craque le premier et perd. Résultat délirant, les BTS, surchargés de demandes, ne font pas le plein. Les candidats découragés ont opté pour la licence, non sélective. Bref, le système navigue encore en absurdie.”

Etudiants "sans fac" : pour protester, elle entame une grève de la faim sur le campus du Mirail

Elle fait partie des plus de 120 étudiants actuellement « sans fac », soutenus par l’Union des étudiants qui a organisé un point presse mercredi en début d’après-midi à la Maison des solidarités, sur le campus flambant neuf de l’université Toulouse 2 Jean Jaurès (Mirail). Âgée de 33 ans, elle est probablement depuis mardi midi, la seule étudiante en grève de la faim à Toulouse.”

Divers

Comment l’État veut booster l’apprentissage en créant des « prépas apprentissage »
L’heure est à la mobilisation générale pour booster l’apprentissage. Muriel Pénicaud, ministre du Travail, sera à la faculté des métiers de Bruz, ce jeudi 4 octobre, pour lancer officiellement les « prépas apprentissage ». Un dispositif qui va permettre à des jeunes d’apprendre le savoir être professionnel comme la ponctualité, l’autonomie, le travail en équipe, le surpassement de soi, etc... Objectif : être opérationnel pour intégrer le monde du travail.”

Et pour tout savoir à propos de PIX : Benjamin Marteau : « Le service public Pix aide chacun, élève ou citoyen, à cultiver ses compétences numériques »
Luc Cédelle s’entretient avec Benjamin Marteau, directeur de la start-up d’Etat Pix

Bernard Desclaux qui vous souhaite et bel et bon week-end !

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Devoirs : pourquoi les élèves n’en font pas plus que ce que demandent les profs...

2 Octobre 2018 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Education, #Pédagogie

Devoirs : pourquoi les élèves n’en font pas plus que ce que demandent les profs...

EXTRAIT

Des exercices facultatifs pour s’entraîner en maths, des idées de lectures pour enrichir des cours de lettres ou éclairer des chapitres d’histoire… Jamais les enseignants n’ont manqué d’imagination pour suggérer des pistes de travail complémentaire à leurs élèves. Mais, quelles que soient les générations, ces conseils ne rencontrent en général que peu d’échos. Comment expliquer ce succès si limité ? À l’heure où chacun est invité à apprendre à apprendre et à se former tout au long de la vie, peut-on espérer changer la donne ?

Des penseurs aussi différents que Spinoza, Freud ou Piaget ont mis en avant cette réalité profonde de la psychologie humaine : l’homme entretient un rapport pragmatique avec la connaissance. En clair, il ne s’y intéresse vraiment que dans la mesure où elle peut lui être utile ! Citant Proust, le philosophe Olivier Reboul l’expliquait dans son ouvrage Qu’est-ce qu’apprendre ? avec humour : « chacun reçoit plus ou moins bien l’information selon qu’elle correspond à ses besoins ou à ses intérêts. L’indicateur des chemins de fer est le plus beau des romans d’amour, du moins si l’on est amoureux et si l’on n’a pas d’autre moyen de transport ».

Ce fait psychique, très robuste, opère même dans des contextes inattendus. Ainsi, Clair Michalon, expert en interculturalité, constate que dans des environnements difficiles – forêt tropicale, désert, région pauvre – où la vie est précaire, les personnes âgées sont davantage respectées que dans nos sociétés occidentales plus aisées. Cette proximité intergénérationnelle est-elle une spécificité culturelle ? Non, répond cet auteur, notant que, partout où l’existence est risquée, les jeunes générations trouvent intérêt à se rapprocher de leurs « anciens ». L’enjeu sous-jacent, c’est de comprendre comment, en milieu hostile, ils sont parvenus à vivre « vieux », et de pouvoir les imiter.

(...)

Yann Roche

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Nouvelles évaluations: l’enfant chargé de chiffres...

1 Octobre 2018 , Rédigé par Stella Baruk - Mediapart Publié dans #Education, #Pédagogie

Nouvelles évaluations: l’enfant chargé de chiffres...

EXTRAIT

Ce que ces évaluations semblent laisser prévoir, c’est qu’avec les meilleures intentions du monde, le petit sujet connaissant qui entre en classe aujourd’hui a toute chance d’être regardé par l’institution scolaire comme un « sujet neurocognitif » qui, plutôt qu’un apprentissage, subira un entraînement, sur le mode sportif de la recherche de performance.

Contribuant aux hautes températures de la rentrée, et pour qui l’ignorerait, depuis le 17 septembre et jusqu’au 12 octobre ceux de nos écoliers qui entrent en CP et en CE1, ont été ou seront soumis à des « évaluations ». Ce qu’il s’agit d’évaluer, ce sont leurs « compétences » dans les matières reines, français et mathématiques[1]. La démarche d’ensemble concernant plus de un million et demi de « petits » élèves, elle ne peut laisser indifférent quiconque s’intéresse à l’école ; et une fois examinée de plus près, ne peut manquer de donner le désir d’intervenir.

La presse a largement fait écho aux réactions désapprobatrices des enseignants, qui de plus ne seront que des exécutants, les résultats devant être analysés par une machine. Face à ces protestations, le ministre  reste ferme sur le fond, ces évaluations ayant  été élaborées « de manière scientifique par les meilleurs experts ». « Conçues au plan national», elles proposent à tous les «mêmes tests fondés sur des critères transparents et objectifs», proposés « dans un esprit de bienveillance». Seront ainsi identifiées les compétences de chaque élève pour un bon apprentissage de la lecture et des mathématiques.

Voyons cela en mathématiques, par exemple pour les  petits du CE1, en entrant dans le vif du sujet.

Ils auront entre les mains un livret de 9 exercices, numérotés de 1 à 8 sur les nombres entiers, le dernier, 9,  sur les «figures géométriques», le tout devant être ‘exécuté’ en 30 minutes.

Le meneur de jeu est lui-même invité à se soumettre à un protocole précis, les consignes de passation étant assorties d’éléments de langage qui le sont tout autant. Les enfants éprouveront-ils le même étonnement qu’un adulte qui les découvre ?

Il leur est demandé d’emblée de ne pas avoir peur (items 2,5, 6,7,8).

Il y aurait donc lieu d’avoir peur ? Demander aux élèves de ne pas avoir peur alors qu’ils savent parfaitement qu’ils vont être jugés sur ce qu’ils vont produire est hautement contre-performatif. Car ils ont peur, - imaginez ceux qui sortent de la maternelle ! - précipités qu’ils sont dans ces « séances » hors du temps, du temps de vie en classe, où quand on les interroge, c’est sur des sujets qui ont pris chair et âme parce qu’on a les découverts ou appris tous ensemble avec le maître ou la maîtresse.

Il sera donc, avec insistance, demandé aux enfants de ne pas s’en faire : s’ils ne savent pas « ce n’est pas grave» (2, 5, 6, 7, 8) ;  mais s’ils savent « un petit peu » il leur est conseillé de répondre, même s’ils ne sont pas «très sûrs» (2, 5, 7, 8). Faudrait savoir. Si ce n’est pas grave, que fait-on là ? Et pourquoi répondre si on n’est pas sûr ? Pour donner du grain à moudre à la machine ?

Confusion, contradictions qui révèlent peut-être une sorte de mauvaise conscience de faire passer ‘malgré tout’ à des enfants des « épreuves », parfois sur des sujets qu’ils n’auront pas travaillé en classe. « Ces tests ont pour mission d’évaluer des compétences cognitives pas uniquement des tâches spécifiques déjà apprises en classe ». Mieux : « avec ces tests, que nous appelons « Repères », l’idée est d’avoir une photographie de toutes les dimensions cognitives de l’enfant » [2].

(...)

Stella Baruk

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La direction d’école : quelle(s) recherche(s) !?...

29 Septembre 2018 , Rédigé par ifé Publié dans #Education, #Pédagogie

http://www.snudifo95.com/2018/03/direction-d-ecole-petition-nationale-du-snudi-fo-et-journal-special.html

http://www.snudifo95.com/2018/03/direction-d-ecole-petition-nationale-du-snudi-fo-et-journal-special.html

EXTRAIT

Une fois n’est pas coutume, les directeurs et directrices d’écoles maternelles, élémentaires et primaires sont en cette rentrée scolaire (un peu) plus sous le feu des projecteurs qu’à l’accoutumée : communication suite à une mission parlementaire « flash », réflexion à l’ordre du jour de l’agenda social du Ministère de l’Éducation nationale et de celui de différentes organisations syndicales.

Le moment semblait donc opportun pour proposer un état des lieux des recherches portant prioritairement sur la direction d’école et les enseignant.e.s en charge de cette fonction, ces travaux apparaissant par ailleurs comme peu mobilisés dans le discours des différents acteurs.

La solution de facilité semblait toute trouvée : effectuer une recension d’un numéro thématique paru en 2017 dans la Revue des sciences de l’éducation et intitulé « rôles, responsabilités, pratiques et compétences des directeurs d’école », soit huit articles allant des communautés d’apprentissage professionnelles à l’impact d’une formation internationale sur la notion de leadership. Peine perdue : des articles en accès libre en 2019 seulement (les résumés et la bibliographie sont heureusement déjà accessibles !) et une direction d’école qui recouvre dans de nombreux pays l’éducation à la fois primaire et secondaire, avec un personnel disposant d’un statut de chef d’établissement.

Il a donc fallu reprendre le chemin des bases de données, des bibliographies et notes de bas de page, et des discussions entre collègues, pour proposer ci-dessous quelques éléments d’analyse sur la place des directeurs et directrices d’école dans le paysage des recherches francophones en éducation. Trois grandes conclusions peuvent être retenues de ce balayage non exhaustif de la littérature de recherche publiée depuis une dizaine d’années.

Tout d’abord, une convergence des questions et résultats de recherche avec les préoccupations présentées sous d’autres formes dans les rapports parlementaires (en 2018, en 2010 et 2015) et certains dilemmes et tensions vécus et rapportés dans d’autres cadres (enquêtes, formation, réseaux sociaux) par les professionnels.

(...)

Claire Ravez

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Après-midi de débats autour de "bienveillants et exigeants à l’école" - 22 octobre/Paris

27 Septembre 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Pédagogie

Après-midi de débats autour de "bienveillants et exigeants à l’école" - 22 octobre/Paris
Lundi 22 octobre au lycée Jacques Decour, Paris 9e

Les Cahiers pédagogiques ont publié en janvier 2018 un dossier sur ce thème (n° 542) et proposent une réflexion collective entre ateliers et table ronde sur le thème :

Bienveillants et exigeants à l’école

Le lundi 22 octobre 2018 (début des vacances d’automne) de 14h à 18h au lycée Jacques Decour, 12 avenue Trudaine Paris IXe (Métro Anvers)

La bienveillance à l’école, ce n’est pas les bons sentiments, la complaisance ou la démagogie, mais bien plutôt une attitude générale qui devrait davantage être présente dans l’institution, à tous les niveaux. Laxisme et indulgence sont des pratiques à la portée de la main, face à des publics fragiles ; elles détournent l’attention, et dispensent d’espérer d’eux de bons résultats. Il faut oser aller à contre-courant, penser ses exigences et ne pas y renoncer, ne pas leurrer les élèves. Mais précisément, seul un climat favorable qui autorise l’erreur et le tâtonnement permet d’y parvenir. Bienveillance et exigence, un couple qui ne doit pas être dissociable.

Programmation 2014-2015 Programme de l’après-midi :

- Présentation du dossier des Cahiers pédagogiques sur ce thème et du dispositif (Jean-Michel Zakhartchouk)

- Ateliers préparant des questions pour les intervenants et réfléchissant aux thèmes.

- Table ronde, avec Danièle Manesse, chercheuse et co-coordonnatrice du dossier des Cahiers, Aziz Jellab, co-auteur de « Bienveillance et bien-être à l’école », Gwenola Reto, responsable de formation et auteure d’une thèse sur la bienveillance en milieu scolaire, Bernard Corvaisier, enseignant d’Histoire-géo dans l’académie de Dijon, Christine Vallin, inspectrice de l’éducation nationale dans le Nord.

Programmation 2014-2015 Inscriptions en ligne

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