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Vivement l'Ecole!

pedagogie

Education/Pédagogie... Petit catalogue d'idées-forces...

11 Février 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

Education/Pédagogie... Petit catalogue d'idées-forces...

Petit « catalogue » d’idées-forces
 
-       En près d’un siècle, la « révolution pédagogique », soi-disant responsable de TOUS les maux de l’école, n’a pas eu lieu ! Au contraire, l’Ecole reste prisonnière de son Histoire.
 
-       Les « adorateurs » d’un age d’or de l’Education Nationale se trompent et nous trompent !
 
-       Morale et Justice ne sont ni de droite ni de gauche ; elles sont nationales ! Ce que l’on en fait, en revanche, est soit de droite, soit de gauche, c’est certain !
 
-       Des réformes nombreuses ont voulu  transformer l’école ; bien peu ont été  effectivement appliquées. Aucune, de fond ni d’importance, ne l’a été sur des durées excédant 5 ans. (A ce jour)
 
-       L’Ecole, au féminin singulier…ça n’existe pas ! Elle n’est que DIFFERENCES ! 
 
-       L’école garde des règles de vie et des pratiques pédagogiques héritées du siècle dernier. L’échec scolaire a bon dos ! Il résume tout et n’explique rien ! 
 
-       Toute classe est une classe hétérogène.
 
-       L’hétérogénéité réduit extrêmement peu le niveau de l’élite en augmentant bien plus le niveau des plus faibles.
 
-       La constitution de classes homogènes a des effets préjudiciables sur le plan socio affectif, et ceci pour les élèves placés dans les groupes les plus faibles.
 
-       Education et Instruction sont inséparables
 
-       L’échec scolaire est aussi vieux que l’école obligatoire. Il n’a jamais existé d’age d’or de l’enseignement.
 
-       L’échec scolaire a une fâcheuse tendance à révéler impitoyablement les inégalités sociales
 
-       Le système éducatif tranche dans le vif. C’est à 6 ans que l’on trie les « bons » et les « mauvais ». (Le FN veut "déséduquer" dès 11/12 ans!)
 
-       La prétendue « baisse de niveau » est un fantasme engendré par une société inquiète de son avenir et de son Ecole. Ce qui ne signifie pas que tout aille bien.
 
-       Aucune lumière n’a jamais jailli des disputes entre tenants de la méthode globale de lecture (jamais appliquée) et tenants de la méthode alphabétique ou syllabique (B-A- BA).
 
-       Une seule chose est sûre : aucune méthode d’apprentissage de la lecture n’a su garantir à 100% la réussite des enfants.
 
-       83% des professeurs d’école donnent des devoirs écrits - et parfois évalués) à la maison ; leur non exécution n’est pas admise. ( POURTANT ILLEGAL EN ECOLE PRIMAIRE !)
 
-       De l’imagination pédagogique et des innovations naissent le malheur et le scandale, dit on ici et là ! On leur préfère donc un siècle de "savoir-faire" réécrit au goût du jour? Jusqu’ à l’ennui… Jusqu'à 150 000 décrocheurs par an (heureusement ramenés à 110 000 en 2015 grâce au travail acharné de Najat Vallaud-Belkacem et de ses prédécesseurs)
 
-       Il est nécessaire d’avoir des idées biodégradables en pédagogie. Il faut se débarrasser des stéréotypes.
 
-       Les professeurs d’école exerçant en maternelle pratiquent un militantisme pédagogique positif hors du commun.
 
-       Le « mérite » est aujourd’hui convoqué pour justifier la stratification sociale et les inégalités. C’est un vernis moral. 
 
-       Rien n’est plus important que la dimension affective dans l’enseignement du premier degré
 
-       TOUTES les études prouvent que les maîtres passent leur temps, bien au-delà des horaires officiels, à faire du Français et du Calcul et, plus précisément, de la lecture et des opérations.

-       L’enseignant a trop souvent tendance à se « couper du monde ». Il ne peut pourtant s’abstraire, contrairement à ce qu’affirme Jean Paul Brighelli dans ses « ouvrages » par exemple, de l’environnement de son établissement.
 
-       Les inégalités sociales de « carrière scolaire » sont très fortes en France ; trop fortes.
 
-       Le développement culturel de l’enfant est SOCIAL,
 
-       En deux ans (5ème/4ème surtout), autant d’inégalités « socio/scolaires » se créent que pendant TOUTE la scolarité primaire.
 
-       Les inégalités sociales de carrière scolaire s’expliquent pour une part équivalente :
 
par les inégalités de réussite académique;

par les inégalités de choix scolaires et d’orientation
 
-       Améliorer l’efficacité de l’école, dès lors que ce sont les moins favorisés qui sont les plus sensibles à son influence, est donc une manière de réduire les inégalités entre élèves mais AUSSI les inégalités sociales.
 
-       Le fonctionnement même des classes fabrique et reproduit certaines inégalités sociales
 

-       Tout un pan de la lutte contre les inégalités sociales passe par une « formation » des parents.
 
-       L’éducation sert aussi à se classer par rapport aux « concurrents ». Et au fur et à mesure que les scolarités s’allongent, les écarts sociaux se déplacent plus avant en prenant par exemple la forme de l’accès à telle ou telle filière : c’est la « démocratisation ségrégative » (négative)
 

-       Des politiques d’allongement du tronc commun ou le développement des passerelles entre filières sont susceptibles d’atténuer les inégalités sociales.
 
-       Il FAUT aller vers une attitude plus expérimentale où enseignants ET chercheurs concevront et évalueront les effets précis de tel dispositif sur tel public
 
-       La question de la réduction des inégalités socio scolaires est fondamentalement POLITIQUE.
 
-       La violence à l’école est constituée de faits ténus, mais répétitifs et nerveusement usants, du genre « incivilités », « harcèlements » ou « micro-violences ».
 
-       Les « mauvais élèves » manifestent une agressivité impuissante à l’encontre des professeurs qui n’est en fait qu’une contestation impuissante de leur place scolaire
 
-       La pédagogie pratiquée (style coopératif) et le style de gestion de la Direction (participatif) sont des facteurs de protection bien identifiés.
 
-       L’existence des classes de niveau est un facteur majeur de risques, deux fois plus explicatif que la monoparentalité par exemple. La ségrégation scolaire est LE danger réel.
 
-       Les écoles, dans lesquelles les élèves perçoivent des règles claires, des actions valorisantes et des sanctions sans ambiguïtés, bénéficient de moins d’indisciplines.  
 
-       Un encadrement compétent et formé initialement puis de manière continue ACCOMPAGNE d’un travail éducatif et culturel AVEC PROJET porte TOUJOURS des fruits.
 
-       Le combat contre la violence à l’école est un combat politique contre la démagogie.
 
-       La promotion du « marché » en matière scolaire est bien une politique de classe.
 
-       La relation Professeur/Elève est CENTRALE dans la vie quotidienne de l’institution scolaire
 
-       Pour vivre ensemble, enseignants et élèves doivent gérer, dans les collèges et lycées, l’arrivée d’une "culture juvénile" de plus en plus légitime
 
-       Il faut OFFICIELLEMENT reconnaître que la réussite éducative est diversement difficile à atteindre selon l’environnement des écoles et des collèges. Il faut donc mettre en place une très forte diversification qualitative et quantitative des moyens d’enseignement.
 
-       Le redoublement a fait la preuve de sa totale inefficacité.  
 
-       Il est prouvé que retirer 5 élèves sur un effectif de 25 n’aura aucun effet ; que plafonner des effectifs à 25 n'a aucun effet; en revanche, passer de 15 élèves à 10 est porteur d’excellents résultats.
 
-       Les élèves faibles qui redoublent progressent moins que les élèves faibles qui sont promus. Il faut donc explorer d’autres pistes que le redoublement.
 
-       Le cours magistral (et frontal) en Primaire et en Collège (voire même en lycée) est plus qu’une erreur : c’est une faute professionnelle.
 
-       Quand le scolaire dévisse, le social se lézarde… 
 
-       Travailler dur pour être récompensé, certes mais récompenser chacun à hauteur des efforts fournis…

Christophe Chartreux
 

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"Ne pas se laisser piéger par un débat hors-sol"... (Pédagogues ou pédagogistes?)

9 Février 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Pédagogie

Résultat de recherche d'images pour "debat"
 
Qualifiés d’«  arrogants  » et de «  prétentieux  », voire d’«  assassins  », les «  pédagogistes  » ont été à la fête depuis la rentrée 2016. Il n’y a là pas grand-chose de nouveau, cela fait bien 30 ans que ça dure ! Mais derrière les discours ou les écrits des intellectuels prétendument baillonnés et défenseurs de la réussite des élèves, que se cache-t-il ?
 
«  Pour que l’école aille mieux, il faudrait écouter les intellectuels et les académiciens plutôt que les sociologues et les pédagogistes  »
 
Depuis maintenant une trentaine d’années, le débat sur l’école a emprunté un curieux chemin qui nous éloigne de plus en plus de la réalité du quotidien de nos classes et de nos établissements. La question scolaire est devenue l’un des champs d’intervention privilégié de la révolution conservatrice. La conquête de l’hégémonie culturelle passe par la consécration de son discours sur l’école. La réhabilitation de l’autorité, de la morale, de l’identité nationale et de la sélection sont au cœur de son projet éducatif et social.

«  Ce à quoi il s’agit de régler son compte ici, à travers la promotion d’une idéologie tout imprégnée de pessimisme élitaire, c’est à l’idée même de démocratisation scolaire.  »


Ugo Palheta, «  L’école relue et corrigée par les médias  » sur le site Acrimed.

Mais, pour remporter cette bataille culturelle, encore faut-il écarter les «  empêcheurs de régresser en paix  » : pédagogues, sociologues, historiens de l’éducation, etc. L’«  anti-pédagogisme  » (qui est également un «  anti-sociologisme  ») s’enracine alors dans l’idée que la «  décadence  » de l’école de la République s’explique par la mainmise des pédagogues sur l’institution. Dès lors, le débat serait réduit à l’opposition entre les fossoyeurs de l’école et les partisans d’un retour à l’ordre scolaire ancien.

Une «  dissidence  » très médiatique

C’est à travers l’exhibition médiatique d’une série d’idéologues (Alain Finkielkraut, Éric Zemmour, Natacha Polony), unis par leur méconnaissance patente de la réalité scolaire, que la petite rhétorique des «  réac-publicains  » se distille. D’abord véhiculée par des médias «  sur-mesure  » (Valeurs Actuelles, Causeur, Le Figaro Magazine, sans parler d’innombrables sites et blogs), elle se diffuse à présent à travers la «  grande presse  », la radio, la télévision, d’une façon de plus en plus «  décomplexée  ». Une surexposition médiatique que les autoproclamés «  dissidents  », sempiternels invités des plateaux de télévision, n’aiment pas trop que l’on rappelle…

L’enjeu est de faire passer la «  décadence  » de l’école pour une évidence et d’en appeler, avec plus ou moins de nuances selon les cas, à la restauration de l’école d’antan. Une posture qui se voudrait «  iconoclaste  », à rebours du «  politiquement correct  » et de «  la bien-pensance soixante-huitarde  ». Mais cette dissidence est d’autant plus confortable qu’elle relaye la pensée dominante et la pensée de la domination.

Confisquer le débat pour mieux l’instrumentaliser

En 2006, dans le cadre de sa campagne présidentielle, Jean-Marie Le Pen consacre son intervention dijonnaise aux questions scolaires. Le discours s’ouvre par l’énumération des titres alarmistes d’ouvrages sur l’école publiés entre 1972 et 2006 [1]. «  Si je devais dresser l’état de cette institution en quelques mots, annonce-t-il, il me suffirait de citer les titres des livres qui lui ont été consacrés depuis trente ans. Jugez-en par vous-même.  »

Sur les trente-sept titres cités, quinze sont signés par des journalistes ou essayistes, huit par des universitaires (pas tous chercheurs en éducation), huit par des professeurs de lycée, deux par des professeurs de classe prépa, deux par des professeurs des écoles, un par une professeure de collège et un par un proviseur. Plus de 60 % ont donc été rédigés par des personnes ne travaillant pas en classe ! Et l’actualité éditoriale sur l’école, de Jacques Julliard à Carole Barjon, n’a certainement pas infléchi cette tendance ni dans sa violence verbale (dans un marché saturé où il convient de toujours surenchérir pour sortir du lot) ni dans la connaissance concrète du terrain. La conséquence est l’étalage de propositions farfelues sur l’école dans les programmes des politiques (interdire le tutoiement – y compris en maternelle ? –, rétablir l’estrade pour le maître ou se lever quand un adulte entre en classe – comme si ce n’était pas déjà le cas !) et l’inflation des chiffres assénés pour dépeindre la «  catastrophe  » en cours.

Mais peu importe, car, comme conclut l’ancien président du FN, «  Oh, bien sûr, mesdames et messieurs, vous n’aviez pas besoin de la lecture de tous ces titres de livres pour savoir que l’école est un champ de ruines ! En revanche, le processus de décomposition intellectuel et moral de l’école depuis 35 ans est moins connu, même s’il n’est qu’un reflet de la décadence de la société toute entière.  »

(...)

Gregory Chambat

Suite et fin en cliquant sur le lien en bas de page

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Ce qu’en disent Alain Boissinot, Viviane Bouysse, François Dubet, Roland Goigoux, Michel Lussault, Philippe Meirieu et Florence Robine

«  On pourrait rire de cette litanie de la déploration si elle n’était le signe d’un double problème : d’une part, le caractère systématiquement nostalgique des propos publics sur l’éducation, sans doute parce que nous regrettons toujours, peu ou prou, le temps où nous étions plus jeunes, et parce que les élites imaginent que ce qui leur a si bien réussi doit réussir avec tout le monde.

D’autre part, la difficulté à sortir des schématismes et à comprendre que l’accès à la langue et au savoir ne relève pas de la pensée magique : apprendre ne se décrète pas et les injonctions, dans ce domaine, n’ont aucun effet sur le réel. La qualité d’une école se mesure peut-être moins par ses ambitions affichées que par ce que les élèves apprennent vraiment. (…)

Il est impératif de comprendre pourquoi notre école a tant de mal à tenir ses promesses. A condition de ne pas évacuer systématiquement certains travaux et de lire les textes avant de les critiquer. A condition de ne pas se contenter de montages de propos glanés ici ou là, mais de regarder ce qui se fait vraiment et concrètement dans les classes et qui mérite plus que quelques anecdotes bien choisies. A condition de ne pas confondre les déclarations d’intention et les réformes annoncées avec les pratiques réelles. A condition de s’astreindre à une exigence de précision, de justesse et de rigueur qui, pour apparaître désuète, n’en reste pas moins essentielle, surtout quand on ne cesse de dénoncer la chute des exigences et celle du niveau.  »

«  Le mépris et l’ignorance ne servent pas le débat sur l’École  », tribune publiée dans Le Monde du 9 novembre 2016.

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Quand «  faire travailler les élèves  » fait réfléchir le prof…

7 Février 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Pédagogie

Quand «  faire travailler les élèves  » fait réfléchir le prof…
Quand «  faire travailler les élèves  » fait réfléchir le prof…

Au colloque «  Faire travailler les élèves  », on rencontre surtout des adultes, qui sont «  de l’autre côté de la barrière  » (chercheurs, enseignants, proviseurs…). Les adultes sont aussi dans l’assistance. Pour tous, la même quête : rendre l’élève acteur.

Une élève pourtant est là, pour parler de son expérience au Microlycée de Sénart, en particulier de son processus pour «  raccrocher  » et renouer avec la réussite. Un de ses professeurs, Anne Philippon, lui a permis de comprendre qu’elle s’auto-handicapait – et cette notion est, je pense, particulièrement éclairante pour nos pratiques enseignantes. L’élève préfère alors ne pas tenter de réaliser un exercice ou se braque, plutôt que d’essayer et d’échouer à l’arrivée, en somme «  il se protège  », car «  c’est violent, si on ne réussit pas  ». Ainsi, progressivement, cette élève qui avait de grandes difficultés en anglais a pu progresser et atteindre le niveau attendu.

Pour l’enseignante, faire travailler les élèves, c’est donc «  leur faire prendre conscience de ce qui les “auto-handicape ”  », c’est aussi établir un lien de confiance qui va pousser l’élève à s’engager dans une activité, faire des efforts pour y parvenir, persévérer pour avoir la satisfaction de réussir mais aussi d’accéder à quelque chose de nouveau.

Sylvie Sisakoum, professeur de lettres classiques, explique son changement de posture : après une crise de sens dans son métier, elle s’est mise dans la peau d’un élève pas motivé. Le changement a été progressif, après partages d’expériences, nombreuses lectures personnelles et tâtonnements. Elle présente quelques uns des dispositifs mis en place avec ses élèves : métacognition (les élèves envisagent les questions de la future évaluation), travail sur les annotations des copies et leur sens pour eux, évaluation par les pairs (par exemple, à l’oral), coopération, proposition d’une variété d’activités (un groupe en semi autonomie, elle-même en appui auprès des autres). Elle insiste sur son nouveau positionnement : écouter, plutôt que parler.

Ces deux exemples ont particulièrement retenu mon attention, car ils correspondent aussi à une recherche personnelle de sens dans mon métier, à savoir permettre à chaque élève de suivre (pas poursuivre, mais intégrer le sens) et arrêter mon refrain improductif et lassant «  tu devrais travailler plus  » : une position peut-être facile pour moi (car dégageant ma responsabilité) et sans résultat (puisque ne donnant pas «  le mode d’emploi  » pour travailler).

Anne-Sophie Martinez
Professeure d’histoire-géographie en collège

Et d'autres témoignages et textes en cliquant ci-dessous

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Education : « Les enfants ont besoin de contraintes »

6 Février 2017 , Rédigé par Le Parisien Publié dans #Education, #Pédagogie

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Philippe Meirieu, spécialiste des sciences de l'éducation.

Bien qu'elle attire de plus en plus de parents, la philosophie des écoles démocratiques trouve peu de défenseurs parmi les spécialistes de la pédagogie et des sciences de l'éducation. S'il comprend les raisons qui poussent les familles à se détourner d'une Education nationale « vécue comme une machine incapable de s'intéresser au développement de l'enfant », le professeur Philippe Meirieu est lui-même très sévère sur le concept.

« Des familles veulent reprendre le pouvoir sur des institutions qu'elles estiment oppressantes. Mais les enfants ont besoin de contraintes, qui les aident à se dépasser », explique le chercheur en sciences de l'éducation. « Il est illusoire de penser que l'enfant apprend seul. Ce système ne peut marcher que pour ceux qui bénéficient par ailleurs d'une très bonne éducation... et qui n'ont finalement pas besoin d'école pour réussir. Mais pour tous les autres, qui grandissent dans des environnements moins favorisés, un cadre sécurisant est tout à fait nécessaire », martèle le spécialiste.

Selon lui, le risque est grand qu'en abandonnant l'idée de contrainte, « on lui substitue une forme d'emprise psychologique dangereuse : s'il n'y a pas de cadre, c'est un phénomène de séduction qui structurera l'enfant ».

Le Parisien

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Inspecteur ici et ailleurs...

1 Février 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Pédagogie

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Dessin de Jack Koch (lien vers son excellent blog en bas de page)

Chantal Manes-Bonnisseau préside la SICI, Conférence permanente internationale des Inspections, fondée en 1995 pour développer la coopération entre les inspections des pays membres (trente-huit systèmes éducatifs) et améliorer les compétences professionnelles des inspecteurs. La présidente est Inspectrice générale de l’Éducation nationale en France dans le groupe Langues vivantes étrangères et régionales.

En quoi le regard international, les échanges, sont-ils des apports importants qui ont justifié la création de votre association ?

Le monde nous renvoie un miroir de ce que nous sommes, nous incite à interroger nos pratiques et nos résultats, à ne pas considérer nos us et coutumes comme des vérités éternelles et immuables. Parler des autres c’est donc aussi parler de soi.

C’est pourquoi il est intéressant et utile de parler de l’inspecteur en Europe dans une perspective comparative qui met en regard nos pratiques et celles des autres pays. Ce regard comparatif nous est d’autant plus utile que nous vivons actuellement en France des mutations du métier, qui nous apparaît en évolution constante et profonde. Je vous renvoie à un certain nombre de publications à cet effet dont l‘excellente revue Administration et Éducation, publiée par l’AFAE (Association française des acteurs de l’éducation) dont le dernier numéro de mars 2016 est consacré aux inspecteurs territoriaux, médiateurs du changement.

Bien sûr, tout ce que je dis exprime un point de vue ; il n’est pas nécessairement partagé par tous les acteurs éducatifs qui s’intéressent aux comparaisons internationales en matière d’éducation. Vous lirez et entendrez si vous vous intéressez au sujet des points de vue différents, voire opposés. Ce qui, encore une fois, est utile et sain car en matière d’éducation, comme dans beaucoup d’autres domaines, il existe un débat animé sur la place de la France dans le monde.

Vous parlez des mutations du métier. Un modèle européen d’inspection serait- il en train de se dessiner ?

L’analyse la plus détaillée des pratiques européennes est proposée par le réseau européen Eurydice. Dans ses rapports récents, un certain nombre de convergences ont été pointées.

Dans une majorité des vingt-six pays étudiés qui représentent trente-et-un systèmes éducatifs, l’évaluation externe d’établissements est pratiquée (y compris en France), fondée sur des critères standardisés selon des procédures similaires : une analyse préalable des données fournies par l’établissement, la visite de l’établissement sur une ou plusieurs journées, le rapport et le retour fait à l’établissement. On note aussi l’importance croissante de l’auto-évaluation : obligatoire dans deux-tiers des pays étudiés dans le rapport Eurydice, recommandée dans les autres, selon des modalités très variables selon les pays, qui laissent plus ou moins d’autonomie aux établissements.

Un exemple très intéressant est celui de l’Écosse, où tous les établissements ont adopté le même référentiel que celui de l’évaluation externe sur la base d’un consensus national. Dans la plupart des pays, les établissements disposent de guides et de manuels destinés à les accompagner dans cette démarche. Les résultats de ces auto-évaluations sont en général exploités dans le cadre de l’évaluation externe.

Autre convergence : la volonté de plus en plus affichée de mieux communiquer avec les acteurs du système éducatif : en premier lieu les établissements inspectés (dans certains länder allemands, les chefs d’établissements sont associés à la définition des points essentiels sur lesquels va porter l’inspection ; au Pays de Galles, en Irlande du Nord et en Écosse, les chefs d’établissement ou les personnels de l’établissement sont associés de très prés(representatives, associate inspector en Irlande du Nord ; peer inspector au Pays de Galles).

(...)

Propos recueillis par Jean-Michel Zakhartchouk

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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"Mais en fait, qu'est-ce que c'est un pédagogue?"...

29 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

sisyphe.jpg

Dialoguant récemment avec une collègue, jeune enseignante titulaire débutante, la conversation roulant sur la pédagogie, elle vint à me demander : "Mais en fait, qu'est-ce que c'est un pédagogue?"...

          Je lui fis une réponse banale, rapide, pris par le temps qui nous prend et nous emporte... Peut-être était-elle inquiète de n'être pas assez pédagogue... Ou l'être mal... Gagnée par les attaques de mauvaise foi dont la pédagogie est la cible... Je ne sais pas... Je le lui demanderai... Je sais, moi, qu'elle est, sera et restera une formidable enseignante. Qu'elle saura transmettre en partageant, partager ce qu'elle sait... Qu'elle connaîtra des échecs, qu'elle s'en relèvera, qu'elle continuera, qu'elle subira des dizaines de réformes, qu'elle respectera des dizaines de circulaires... Mais qu'au bout du compte, elle ne sera jamais seule car le pédagogue, Hélène, est toujours avec ses élèves. Il ne peut pas les laisser. Même quand il est silencieux, que les têtes sont penchées sur un exercice, le professeur est là. Présent sans être omniprésent... Peut-être est-ce ça, en partie car tout ou presque a été dit, la pédagogie... Un espace, lieu et temps, partagé... Bruyant ou silencieux, au gré des heures et des activités... La pédagogie c'est d'abord un espace. Il reste ensuite à le remplir, à moitié, au tiers, au trois-quarts... Peu importe... C'est selon l'objectif à atteindre, les possibilités de chacun qu'hélas l'Ecole se tue -au sens propre- à réunir à plusieurs et à exiger que ces "plusieurs" aillent toutes et tous à la même vitesse quand Pierre aurait besoin de six heures de mathématiques et Najira seulement deux... Mais non... Tout est normé et pour la vie... Ce sera quatre heures pour toute la cohorte... La cohorte... Pourquoi pas le régiment tant qu'on y est...

          Le pédagogue est un peintre étrange qui serait chargé de colorer l'espace... "En mobilisant les élèves, en structurant les savoirs, en accompagnant les parcours" comme le dit si limpidement Philippe Meirieu... L'espace vide devient au cours de la séance un "cabinet des curiosités"  où l'hétéroclite s'ordonne petit à petit... Le désordre qui règne dans les esprits prend une forme visible, reconnaissable et structurée. N'oublie pas Hélène: il faut toujours donner corps aux découvertes... Tu sculptes l'espace... Tu accompagnes les gestes de tes jeunes "apprentis" qui à leur tour, devant toi, sculptent maladroitement, puis de mieux en mieux, l'espace angoissant de l'inconnu initial. De la découverte à la maîtrise... Car toujours ils doivent parvenir à la maîtrise... Dynamiser, structurer rigoureusement, accompagner chacun (et ça c'est difficile) dans son parcours... Et chaque séance est un nouveau parcours... Et chaque élève a son propre mode de "promenade"... 

          Le pédagogue est celui-là... Celui qui accepte les modes différents mais exige rigoureusement de structurer ce que j'ai appelé ici "l'espace", c'est à dire ce moment privilégié comme disait Proust où, et là je convoque Stendhal, vont se cristalliser lumineusement les connaissances éparses... Réunir Proust et Stendhal à la même table... Jolie compagnie... C'est peut-être ça aussi la pédagogie... Une oeuvre d'art quotidiennement renouvelée, jamais achevée, Sisyphe en quelque sorte... Comme le héros mythologique, tu n'atteindras jamais le sommet Hélène... mais c'est bien mieux ainsi car toujours tu auras le désir de recommencer... Encore et encore !... Jusqu'au jour où tu fermeras ta porte pour la dernière fois...

Le caillou de Sisyphe aura roulé de l'autre côté...

Christophe Chartreux

Le mythe de Sisyphe raconté par des élèves de CM2 - Ci-dessous

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Cessons de démotiver les élèves... Vidéo...

24 Janvier 2017 , Rédigé par Dunod Publié dans #Education, #Pédagogie

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Éduquer à l’incertitude - Élèves, enseignants : comment sortir du piège du dogmatisme?...

22 Janvier 2017 , Rédigé par Dunod Publié dans #Education, #Pédagogie

La faible résistance des jeunes aux chants des sirènes religieuses, consuméristes ou complotistes est inquiétante. Avec la laïcité comme valeur, l’École demeure, pourtant, le lieu par excellence pour apprendre à résister à de telles emprises. Face aux questions existentielles des hommes, la science a multiplié les questions, mais n’a apporté aucune certitude.

L’École ne doit donc pas se tromper d’ennemi, et opposer dogmatiquement science et spiritualité. Ce qui jette les hommes les uns contre les autres, c’est le dogmatisme et l’addiction aux certitudes. Si l’École devenait le lieu où l’on apprend à « sentir ce qu’on pense et à penser ce que l’on ressent », l’incertitude serait sans doute moins angoissante, et la peur d’apprendre moins intense.

D’où la proposition de Daniel Favre : développer la reconnaissance et la validation de l’expérience subjective, tout autant que la pensée critique, pour former une personne plus unifiée, donc difficile à manipuler – une personne qui, par son ouverture d’esprit et son sentiment de sécurité, peut relever les défis propres à l’évolution accélérée de notre monde.

DANIEL FAVRE Professeur en Sciences de l’éducation à la FDE-ESPE Université Montpellier, formateur d’enseignants depuis 1983, il a également été neurobiologiste de 1975 à 1990.

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Le second souffle né de la classe coopérative...

13 Janvier 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Pédagogie

Le second souffle né de la classe coopérative...

La classe coopérative n’est plus l’apanage exclusif du primaire. Dans le secondaire, des initiatives se développent, comme au lycée Louis-Armand d’Eaubonne où Cécile Morzadec enseigne l’espagnol. Elle nous raconte comment la création et la mise en œuvre d’une classe coopérative a donné un nouvel élan à son envie d’enseigner et un souffle nouveau au travail collectif.

Enseigner allait de soi, pour elle qui, adolescente, s’imaginait pour s’amuser professeure d’espagnol. A l’IUFM, sa vision idéalisée du métier se heurte au conformisme, à l’uniformité des méthodes proposées. Elle s’interroge sur la notion de liberté pédagogique, sur sa marge de créativité. Sa tutrice sème le doute, lui prévoyant une carrière difficile du fait de son manque présumé d’autorité. Alors, elle choisit ce thème-là pour son mémoire, celui de l’autorité, comme un pied de nez. Et puis, dès sa titularisation, elle reçoit une belle bouffée d’oxygène avec un stage sur les activités ludiques en cours d’espagnol, avec des idées qu’elle puise pour animer ses séquences.

Son premier poste est celui qu’elle occupe toujours à Eaubonne. Dès ses débuts, elle initie un club de théâtre. Progressivement, elle construit ses méthodes pédagogiques pour rendre son enseignement vivant, intéressant et communiquer aux élèves le goût de la langue espagnole. Elle repère les ouvrages et ressources consacrés aux langues du GFEN (Groupe français d’éducation nouvelle). Elle inscrit ses classes dans des projets e-twinning pour collaborer avec des lycéens d’autres pays européens. Elle participe aussi à des projets ERASMUS+ dans l’idée d’enrichir ses pratiques avec des idées venues d’ailleurs, d’autres contextes éducatifs.

Elle regarde également du côté du numérique avec l’ouverture d’un blog où elle met tous ses cours et ses supports à disposition des élèves mais aussi d’autres enseignants d’espagnol. Elle ouvre une rubrique pour que les lycéens puissent aussi publier. Bref, elle invente sans cesse, ouvre sa classe. «  Il y a des moments où je panique à l’idée que l’inspectrice débarque et voie que je ne fais plus ce qui est préconisé  », confie-t-elle.

Le temps du doute

Pourtant, Cécile Morzadec ressent au bout de quinze ans d’enseignement une certaine lassitude, malgré les initiatives, malgré les échanges. La faute sans doute au nombre de classes auprès de qui elle fait cours deux heures seulement par semaine ; pas assez pour réellement construire une relation pédagogique. Elle identifie aussi la cause du côté de la matière qu’elle enseigne. L’apprentissage d’une langue est un exercice qui ne favorise pas l’approfondissement des sujets. «  La barrière de la langue ne permet pas d’aller au fond des choses.  »

Le doute s’installe lorsque le renouvellement des programmes augmente le travail de préparation, alors qu’une classe manifeste son ennui sans que sa pédagogie ne parvienne à l’amoindrir. Elle songe à s’orienter vers le primaire pour avoir plus de temps avec ses élèves, pour les accompagner d’une façon plus complète dans leurs apprentissages.

(...)

Monique Royer

Pour aller plus loin :

Le blog de la classe innovante du lycée Louis Armand d’Eaubonne

Le blog de Cécile Morzadec

Reportage de France 3 sur la classe innovante

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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