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Vivement l'Ecole!

pedagogie

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L’empreinte de l’élève que l’on a été...

26 Octobre 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Pédagogie

L’empreinte de l’élève que l’on a été...

EXTRAIT

Le métier de l’enseignant s’irrigue des traces scolaires laissées dans sa mémoire. L’élève que l’on a été donne-t-il le la de ses pratiques ? Cyril Lascassies, enseignant en technologie au collège Voltaire de Tarbes et formateur à l’ESPE Midi-Pyrénées, nous raconte comment et pourquoi il prend le soin de donner les clés à chacun du goût d’apprendre.

Il explique que c’est dans son parcours d’élève qu’il a puisé son envie de devenir enseignant. Scolarisé dans une classe unique à la campagne, il a appris avec plaisir dans l’entraide, au contact des plus grands, a vécu difficilement le passage au collège, y rencontrant l’ennui, le désintérêt des professeurs pour ses découvertes, pour ce moteur électrique construit par ses soins à partir de matériaux récupérés. Il raconte l’ambiance dans la classe, les réactions moqueuses lorsqu’il reçoit les félicitations bêtifiantes d’une enseignante.

L’autoritarisme l’insupporte. Il se rebelle, choisit « d’arrêter de travailler pour faire l’idiot », y gagne des copains mais frôle le redoublement en 3e et l’orientation en CAP. Le lycée lui donnera un nouveau départ, une réconciliation avec la scolarité. Il est le plus âgé de sa fratrie et de ses cousins et passe du temps auprès d’eux à expliquer les cours, les exercices. De ces trois expériences là, le bonheur d’apprendre en primaire, la rébellion du collégien et le plaisir de voir les autres peu à peu comprendre, il tisse aujourd’hui sa façon de pratiquer son métier, d’aller chercher les élèves là où ils sont et de les voir peu à peu prendre confiance en eux.

Pas tout de suite

Enseignant, il ne le devient pas tout de suite. Il entreprend des études en mathématiques, hésitant d’abord avec l’éducation physique et sportive, poursuit en troisième cycle informatique et devient ingénieur informaticien. « Par provocation, je disais que je voulais avoir un vrai métier avant d’être enseignant. »

Et puis, il se rend compte que ce n’est pas ce qu’il désire faire. Il répond à une annonce de l’ANPE pour être remplaçant en technologie. « On m’a alloué une salle informatique pour préparer les élèves au B2i. J’ai découvert qu’il y avait un programme en technologie trois mois après. » Il prend goût au métier, passe le concours d’enseignant sans temps pour réviser et l’obtient de justesse. Son année de stage est une année de plein apprentissage avec des classes de la 6e à la 3e, une SEGPA (section d’enseignement général professionnel et adapté), des élèves malentendants. Ensuite, il enseigne dans douze établissements différents, de remplacements en mutations, et arrive en 2012 à Tarbes.

(...)

Monique Royer

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Non aux mises en causes répétées des sciences de l’éducation...

20 Octobre 2017 , Rédigé par AECSE Publié dans #Education, #Pédagogie

Non aux mises en causes répétées des sciences de l’éducation...

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION DE L’ASSOCIATION DES ENSEIGNANTS ET CHERCHEURS EN SCIENCES DE L’ÉDUCATION (AECSE)

Non aux mises en causes répétées des sciences de l’éducation.

Pour un débat scientifique respectueux et de qualité sur les questions d’éducation en France

Depuis plusieurs semaines dans notre pays, les sciences de l’éducation sont l’objet de mises en cause répétées dans divers médias, de la part de certains responsables politiques, de journalistes, voire d’universitaires d’autres disciplines. Ces accusations sur la responsabilité de cette discipline universitaire dans l’échec actuel de notre système éducatif portent sur des questions essentielles : l’aménagement du temps de l’enfant, les dispositifs d’allègement du nombre d’élèves par classe au CP et au CE1, les effets du redoublement sur la réussite et/ou l’échec scolaire, l’apprentissage de la lecture, l’excellence scolaire, la lutte contre les inégalités de réussite selon l’origine sociale, la formation des enseignants, etc.

Force est toutefois de constater que les propos tenus relèvent au mieux d’une méconnaissance des recherches et des résultats produits par les sciences de l’éducation ; au pire d’une tentative délibérée de désinformation et de manipulation de l’opinion publique. En effet, alors que certains de ces auteurs prétendent s’appuyer sur des travaux scientifiques, ils convoquent exclusivement ceux qui servent leurs conclusions, avec des arguments souvent discutables. Le procédé est connu. Il a ses adeptes. Nous n’en sommes pas.

Ces propos irrespectueux n’ont d’autres buts que de discréditer les enseignant.e.s- chercheur.e.s de sciences de l’éducation qui, depuis près de cinquante ans, travaillent à la compréhension de la complexité des faits éducatifs, apportant leurs contributions aux débats de société sur les questions d’éducation, de la formation des enseignants et des autres acteurs éducatifs.

Face aux difficultés récurrentes que rencontrent ces personnels dans le quotidien de leur métier, les sciences de l’éducation seraient la cause du problème. La polémique est aisée dans un contexte qui tente de trouver des bouc-émissaires à des problèmes qui ne sont pourtant pas nouveaux.

Le Conseil d’administration de l’Association des Enseignants et Chercheurs en Sciences de l’Éducation s’interroge sur le sens de ces mises en cause répétées. Quels buts sous-tendent ces accusations ? Quels intérêts y trouvent les détracteurs des sciences de l’éducation ? Ce sont là des questions auxquelles nous attendons des réponses et pour lesquelles nous sommes disposés à échanger.

Quant aux difficultés actuelles de l’école française, nous en appelons au débat scientifique, seul capable d’apporter des réponses à la hauteur des nombreux défis qui nous attendent. Notre pays et notre jeunesse le méritent.

Pour le CA de l’AECSE
Cédric Frétigné et Thérèse Perez-Roux, Co-Présidents
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L’école et la fausse querelle du pédagogisme... (+ commentaire)

18 Octobre 2017 , Rédigé par Telos Publié dans #Education, #Pédagogie

L’école et la fausse querelle du pédagogisme... (+ commentaire)

EXTRAIT

Jean-Michel Blanquer serait parti en guerre contre le « pédagogisme ». Mais quelle est cette hydre qu’il faut combattre pour redonner son lustre à l’école française ? Le « pédagogisme », manière péjorative de désigner une orientation pédagogique, consiste à vouloir « mettre l’élève au centre du système éducatif ». Selon ses détracteurs, il serait apparu dans les années 1970-1980, et aurait inspiré la loi d’orientation de Lionel Jospin de 1989. L’idée de ce courant est de rendre l’élève actif et acteur de sa formation et de repenser la relation pédagogique à partir de là.

Ses accusateurs considèrent que la recherche de l’épanouissement de l’enfant s’est faite au détriment des méthodes classiques d’enseignement direct, du maître à l’élève, des savoirs et des connaissances et serait responsable de la baisse du niveau scolaire en ce qui concerne, notamment, les apprentissages fondamentaux.

Comme souvent en France, cette querelle est purement idéologique et incroyablement détachée de la réalité du fonctionnement de l’Ecole. Car le pédagogisme est très loin de régner en maître dans les salles de classe. Les travaux de comparaison internationale (voir par exemple les recherches de Nathalie Mons et Marie Duru-Bellat) montrent au contraire que le système éducatif français reste un modèle « académique » dans lequel l’enseignement disciplinaire est ultradominant, avec un curriculum hiérarchique qui ouvre peu l’école sur le monde extérieur et dans lequel l’enseignement individualisé est peu développé. Ces méthodes « verticales » d’enseignement, qui prédominent dans notre pays, ne sont effectivement pas favorables à l’épanouissement des élèves comme l’a montré une étude menée en 2011 auprès d’un large échantillon d’élèves et d’enseignants dans 23 pays. Elles sont aussi associées à une plus grande défiance à l’égard de la société et des institutions.

(...)

Olivier Galland Directeur du GEMASS

Le billet complet se trouve ci-dessous

Commentaire:

Le "pédagogisme", comme le rappelle très justement Olivier Galland ici, n'est pas un danger puisqu'il n'existe tout simplement pas.

Il existe en revanche un risque bien plus grand que les "réformes" en cours font peser sur l'école et qu'il serait urgent d'analyser. Je veux parler du "libéralisme technocratique" qui gagne du terrain et n'annonce rien de bon...

Christophe Chartreux

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Vous avez dit "pédagogisme"?...

15 Octobre 2017 , Rédigé par P Meirieu - P Kahn Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

Résultat de recherche d'images pour "pedagogue"

Puisque notre Ministre de l'Education Nationale a récemment utilisé le terme "pédagogisme" (Site LePoint.fr en date du 23 mai), lui offrant une vitrine institutionnelle, je vous engage à lire les définitions comparées des deux termes ainsi que l'excellente analyse de Pierre Kahn sur le site du CAIRN.

                                      _______________________________

Pédagogisme et pédagogie

Pédagogisme, n. f. néologisme attribué à Montaigne (1595) qui désignait ainsi l’enseignement de Platon. Sa systématisation dans le langage courant est récente (1984 ?) : ensemble de lieux communs éducatifs issus du gauchisme libertaire et du christianisme social qui mettent en avant le respect absolu de l’enfant. Le pédagogisme, au prétexte de rendre l’enfant constructeur de son propre savoir et auteur de son développement, discrédite a priori toute autorité éducative et tout apport culturel. Il laisse ainsi se développer les inégalités qu’il prétend combattre.

Concrètement, le pédagogisme promeut des pratiques composites articulées, d’une part, à une non-directivité bienveillante – où l’écoute de l’autre est censée résoudre tous ses problèmes – et, d’autre part, à une technologie sophistiquée et jargonnante qui relève du béhaviorisme (théorie psychologique qui ne considère que le couple stimulus – réponse). Il associe ainsi la direction de conscience et le dressage, alors qu’éduquer consiste à convoquer une intelligence et à transmettre à l’individu une culture lui permettant de s’exhausser au-dessus de sa condition, d’assumer et de transformer le monde qui l’accueille.

Synonymes : démission éducative, illusion libertaire, barbarie douce, etc.

Texte fondateur de la critique du pédagogisme : Hannah Arendt, « La crise de l’éducation », La crise de la culture, 1954.


Pédagogie, n. f., terme dérivé du grec apparu en 1495 pour désigner les méthodes d’éducation des enfants : désigne la réflexion concrète (« théorie pratique » selon Durkheim) sur les conditions de possibilité de l’éducation des enfants. La pédagogie est accessible principalement à travers un ensemble de textes issus du patrimoine culturel, émanant de figures éducatives majeures qui se caractérisent par leurs efforts pour faire accéder à la culture et à la liberté des êtres humains jusque-là réputés inéducables et voués à l’exclusion. Ces textes s’efforcent de penser les situations éducatives et de surmonter dans la temporalité les contradictions inévitables entre la nécessité de l’engagement du sujet dans ses apprentissages (« On n’apprend rien que l’on a appris soi-même. ») et l’obligation de lui imposer ses objets d’apprentissage (si l’individu pouvait vraiment les choisir, c’est qu’il serait déjà éduqué).

Les efforts pour surmonter ces contradictions se traduisent par des propositions plus ou moins originales et habiles visant à articuler, d’une part, la recherche du sens et la finalisation des apprentissages (pédagogie de l’intérêt, du projet, des situations-problèmes…) et, d’autre part, la formalisation des acquisitions (construction de modèles et de systèmes, évaluation et transfert des connaissances…). La pédagogie cherche, par ailleurs, à associer l’instruction (transmission des savoirs et des valeurs) et l’émancipation (capacité de chacun à penser par soi-même). En cela elle vise à développer chez le sujet l’exigence de précision, de justesse et de vérité afin de lui permettre d’échapper à toute forme d’emprise et de cléricature. Elle travaille, enfin, sur les conditions de développement du sujet dans un collectif où il doit apprendre à s’intégrer tout en exerçant sa liberté.

Par extension, le mot pédagogie peut désigner une discipline de recherche qui travaille sur les textes éducatifs et s’efforce d’identifier comment ils sont construits, ce qui les structure, en quoi ils diffèrent et se ressemblent, ce qu’ils peuvent nous apprendre aujourd’hui. Cette discipline n’est pratiquée que de manière extrêmement marginale dans les universités françaises, y compris dans les départements de sciences de l’éducation.

Synonyme : roman de formation

Faux ami :  didactique (souvent identifiée à la pédagogie qui, malgré leur intérêt commun pour l’élaboration de dispositifs, s’en démarque radicalement en plaçant la question du sujet au cœur de ses préoccupations).

Textes fondateurs de la pédagogie : Lettre de Stans de Johan-Heinrich Pestalozzi, 1799, et De l’éducation d’un homme sauvage, de Jean-Marc Gaspard Itard, 1801 (mémoire sur la tentative d’éducation de Victor, l’enfant sauvage de l’Aveyron) : ces deux textes décrivent et théorisent un travail exemplaire pour éduquer des enfants que l’on considérait alors comme perdus pour « l’humaine condition »…

Philippe Meirieu

J'invite les lecteurs à se plonger également dans la lecture du texte ci-dessous:

La critique du « pédagogisme » ou l’invention du discours de l’autre

 
https://www.cairn.info/revue-les-sciences-de-l-education-pour-l-ere-nouvelle-2006-4-page-81.htm
                                           _________________________
 
Je reproduis ci-dessous sa conclusion:
 
Que l’antipédagogisme actuel persiste dans l’ignorance ou la méprise des positions réelles de ceux-là mêmes dont il revendique l’héritage ne peut que jeter le doute sur la valeur objective de ses analyses. J’espère l’avoir montré dans cet article : il suffirait bien souvent de cacher la signature de leurs auteurs pour que bien des écrits pédagogiques de l’école républicaine historique passent aujourd’hui pour du « pédagogisme ». Cela incite à penser que la critique du pédagogisme n’a pas d’objet, ou plus exactement qu’elle procède de la rhétorique de la construction de l’adversaire. Les pédagogues théoriciens d’hier et d’aujourd’hui, quelles que soient les différences, évidemment remarquables, de leurs discours, ont en commun deux thèses :
 
1  – il existe une culture et des connaissances pédagogiques distinctes des savoirs disciplinaires enseignés ;
2 – cette culture et ces connaissances aident à la construction d’une compétence sans laquelle l’acte d’enseigner est plus difficile.
 
On peut bien entendu contester ces deux thèses. Mais en faire les fers de lance d’une entreprise de destruction de l’école, croire et faire croire qu’elles sont propres à une décadence post-républicaine de l’institution scolaire, les réduire à la caricature en transformant l’énoncé d’une condition nécessaire (les connaissances pédagogiques aident à enseigner) en l’affirmation d’une condition suffisante (la pédagogie peut remplacer les savoirs), dénoncer, avec Jean Lechat, ceux qui voudraient qu’on puisse être « professeur de rien » (Lechat, 2005, p. 31) quand il est impossible d’exhiber un seul texte « pédagogique » soutenant une telle idée : tout cela décrédibilise cette contestation. Si le « ressort principal » du pédagogisme « consiste à affirmer que le souci de la pédagogie doit l’emporter sur celui du savoir » (Jaffro & Rauzy, 1999, p. 177), alors le pédagogisme n’existe pas, en tout cas pas là où ses pourfendeurs s’alarment de le trouver, dans les départements de sciences de l’éducation et les écrits de ceux qui s’efforcent aujourd’hui de prendre la pédagogie comme objet de leurs recherches – quelle que soit au demeurant la qualité, qu’on peut juger variable, de ces recherches. Le discours antipédagogique pourrait être tenu plus sérieusement s’il précisait son corpus et étayait ses thèses par une analyse de ce corpus. Revues professionnelles, plans de formation des IUFM et politiques de recrutement de leurs personnels, rapports de visites des professeurs stagiaires par leurs conseillers pédagogiques… : il y a là un champ qu’il serait intéressant de labourer et dont on ne peur préjuger des récoltes, mais que les philippiques contre la « bruyante pédagogie » (Muglioni, 1993, p. 38) se croient en général dispensées de connaître. Cette ignorance volontaire fait de la plainte antipédagogique une pure construction idéologique : l’invention du discours de l’autre.
 
Pierre Kahn
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Education - "Un nouveau coup de balancier balaie les efforts de ces dernières années"...

14 Octobre 2017 , Rédigé par Afef Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

Education - "Un nouveau coup de balancier balaie les efforts de ces dernières années"...
Journée de réflexion de l'AFEF
 
Les gouvernements changent, et avec eux les orientations des Ministères de l’Éducation. Pour cette rentrée, notre ministre n’annonce pas de réforme – aux effets toujours redoutés – mais un nouveau coup de balancier balaie les efforts de ces dernières années, sans que les véritables enjeux n’aient été exposés ni discutés. Depuis dix ans, des changements de positionnement majeurs se sont succédé, auxquels nous avons cru. Et nous voici, une fois de plus, déstabilisés par les annonces ministérielles, voire ébranlés dans nos convictions professionnelles. Alors que nous avons besoin de stabilité pour répondre à la question posée à l’École aujourd’hui, bien au-delà des agendas politiques, comment permettre à une génération d’élèves de penser le monde nouveau dans lequel ils vont vivre, de penser pour agir, s’engager et s’exprimer en tant qu’hommes et femmes responsables du devenir de nos sociétés ? Cette question philosophique, didactique et professionnelle, qui nous concerne directement en tant qu’enseignants de français, est la question politique dont nous voudrions débattre.
 
Comment en effet penser, ou plutôt repenser, l’importance et les finalités de l’enseignement des langages et de la littérature, de l’oral et l’écrit, aujourd’hui et pour les dix ans à venir ? Comment devons et pouvons-nous accompagner, éduquer et former des enfants, adolescents et jeunes adultes aux prises avec un monde dont les repères traditionnels, moraux, politiques, familiaux, technologiques, culturels, sont bouleversés ? Nous laissons, sous prétexte d’impuissance, s’accroitre les écarts entre les plus riches et les plus pauvres, et les inégalités qui en découlent, dans la société et à l’école. Ne sommes-nous donc pas capables d’outiller les élèves qui nous sont confiés pour qu’ils puissent développer leur pensée critique ? N’est-il pas dans notre rôle d’enseignants de français de leur faire prendre conscience des évolutions sociétales ? Et de les faire réfléchir aux valeurs portées par les mots qu’ils emploient et par leurs pratiques culturelles ?
 
Chargés de l’enseignement de la langue et des langages, il nous revient de questionner les mots et les discours. Quand les mots les plus banals, liberté, autorité, responsabilité… se vident de leur contenu ou sont détournés ; quand les discours médiatiques, politiques, scolaires deviennent opaques, que les discours scientifiques sont dévoyés pour alimenter des théories complotistes sur les réseaux sociaux, que les discours littéraires et philosophiques sont rangés au rayon café du commerce, il est urgent de les questionner. Et d’outiller nos élèves, au quotidien. À condition que l’outillage ne soit pas uniquement grammatical, discursif ou stylistique, mais qu’il interroge l’idéologie, les valeurs, le point de vue qui s’affirme ou se déguise derrière les mots et les discours.
 
Chargés de l’enseignement de la littérature, il nous revient aussi d’en questionner les finalités. Enseigner la littérature aujourd’hui, dans nos classes, est-ce former des lecteurs engagés ? Nos bibliothèques contiennent un matériau, culturel-langagier, d’une puissance rare. Fenêtre ouverte sur les mondes d’aujourd’hui et d’hier qu’elle relie, la littérature nous donne à observer les êtres humains, comprendre les réalités, les injustices, « l’héroïsme », les engagements, entrer dans d’autres cultures et systèmes de pensée grâce au tamis de l’expérience fictive. Genres nobles et populaires, roman, poésie, théâtre, œuvres contemporaines et classiques, françaises et étrangères : les atouts de la littérature sont immenses ; sommes-nous prêts à infléchir notre regard pour former des lecteurs engagés et responsables, soucieux de faire vivre un patrimoine, mais aussi de le bousculer pour se construire, se comprendre et comprendre le monde ?
 
En charge de tous les élèves, quel que soit leur degré de réussite et leur intérêt pour l’école, comment vivons-nous les décrochages partiels ou plus radicaux qui renvoient une partie d’entre eux dans les cordes ? Nous connaissons bien les répartitions habituelles, une proportion à peu près stable d’élèves avance dans le système scolaire sans trop de difficultés, puis, leur bac en poche, se heurte à une université qui explose sans avoir prévu leur arrivée ; une autre quotité d’élèves, auxquels l’école n’apporte pas de réponse qui leur parle, se promène de dispositif en dispositif, certains trouvent un espace quelque part, dans l’enseignement professionnel par exemple, d’autres non. Pour ces derniers, quel sens ont les mots et discours de l’école ? Quand nous n’avons pas pu éviter les décrochages, de quels moyens disposons-nous pour qu’ils ne démarrent pas dans la vie totalement démunis des langages et de la culture dont ils ont besoin pour lire, comprendre et construire le monde ?
 
À cette rentrée 2017, l’AFEF s’interroge sur les incidences de certains choix politiques, à court et long terme, sur les pratiques langagières et littéraires : pourquoi, dans la durée, parier sur les programmes curriculaires et les cycles ? Comment le lycée entre-t-il dans le continuum du socle commun ? À une période où l’autonomie prend des significations différentes dans le vocabulaire politique et dans nos classes, quel type d’autonomie visons-nous pour nos élèves dans une formation langagière et littéraire ? Comment faire du numérique, de plus en plus présent dans nos sociétés et la vie de nos élèves, un levier des humanités ?
 
Une table ronde examinera ces questions dans l’ensemble de la carrière scolaire, en s’appuyant sur les spécificités de l’enseignement du français – langages et littérature –. Les enfants, les adolescents, viennent à l’École avec des besoins et attentes pédagogiques, culturels, sociaux larges et divers, auxquels le système scolaire peine à répondre. La lecture, l’écriture, la parole devraient aider les jeunes à mobiliser leurs capacités pour se construire, s’engager, se socialiser – et explorer leurs voies de réussite. Certains les trouvent dans le système scolaire, d’autres du côté du lycée professionnel, d’autres encore aux marges de l’École, dans des partenariats avec des associations. La table ronde réunira … (Les intervenants seront indiqués bientôt);
 
Ensuite, Philippe Meirieu nous invitera, notamment à partir des débats et réponses développés par la table ronde, à réfléchir sur les discours et les décisions récentes en matière d’éducation ; il prendra en compte les usages du numérique et les questions-titre de la journée : Littérature, langages et politiques ; quel humanisme, quelle littératie critique, quel engagement pour les enseignants ?
 
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A lire... Eduquer avec tact... Eirick Prairat...

12 Octobre 2017 , Rédigé par ESF Editions Publié dans #Education, #Pédagogie

A lire... Eduquer avec tact... Eirick Prairat...

Eirick Prairat est professeur de philosophie de l’éducation à l’université de Lorraine et membre de l’Institut universitaire de France. Il est chercheur associé au Groupe de recherche sur l’éducation éthique et l’éthique de l’éducation de l’université du Québec à Montréal et membre du conseil scientifique de la Direction générale de l’enseignement scolaire.

Si certains ont cru bon de remiser le tact au musée des belles manières, Eirick Prairat entend ici le réhabiliter ; mieux, lui donner une vie en pédagogie.

L’auteur montre tout d’abord que le tact n’est pas simple habileté relationnelle, mais qu’il est bel et bien vertu.

Certes, c’est une vertu discrète, presque invisible, mais nous aurions tort de la sous-estimer ou de la négliger. Le tact se révèle dans le jeu des échanges et des interactions.

Eirick Prairat poursuit en soulignant, à la suite des philosophes Herbart et de Canguilhem, l’importance du tact pour le pédagogue. En tant que disposition éthique, il est souci de ce qui nous fait tenir ensemble. En tant que savoir-faire pédagogique, il est capacité à saisir le sens d’une situation pour réagir convenablement.

Reste alors une question : peut-on apprendre le tact aux professeurs ? Il semble que celui-ci se découvre et s’éprouve dans la rencontre et l’expérience. L’auteur esquisse dans la dernière partie de cet ouvrage les grandes lignes d’une formation éthique des professeurs.

De nombreuses mises en situation donnent les clés pour réagir de manière appropriée aux situations difficiles que rencontrent régulièrement les enseignants.

ESF sciences humaines

Cognitia

20, rue d’Athènes – 75009 Paris

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Semaine de quatre jours et demi en primaire - APPEL AUX MAIRES...

11 Octobre 2017 , Rédigé par P Meirieu et autres Publié dans #Education, #Pédagogie

Semaine de quatre jours et demi en primaire - APPEL AUX MAIRES...

APPEL AUX MAIRES PARU DANS LE FIGARO DU 11 OCTOBRE 2017

Monsieur ou Madame le Maire

Pour la première fois, l’État vous a donné la responsabilité des rythmes scolaires alors qu’il réduisait vos moyens. Certains d’entre vous sont déjà revenus à la semaine de quatre jours, d’autres non.

Nous attirons votre attention sur la gravité de cette décision.

Nous sommes le pays d’Europe où la durée de l’année scolaire était déjà la plus courte : en 2014, avec tous les « ponts» et jours fériés, il y a eu 162 jours d’ école en France. Il y en a chez nos voisins entre 180 et 200. Là où la semaine de quatre jours sera en vigueur, il y en aura encore 35 de moins, et il ne restera que 127 jours de classe.

La suppression des classes du mercredi matin, c’est 17,5 journées pleines en moins. Puisque les semaines auront quatre jours de classe, cela représente l’équivalent d’un peu plus de quatre semaines, soit un mois plein de vacances supplémentaires. Passer à la semaine de quatre jours, c’est priver les écoliers d’un mois de fréquentation de l’école.

Et qui affirmera de bonne foi qu'avec des enfants, des heures en fin de journée remplaceront efficacement celles de la matinée qu'on supprime ? Une étude du ministère a montré que la suppression du vendredi après-midi, déjà adoptée par certaines municipalités après le «Décret Hamon», entraînait une dégradation des résultats scolaires. Alors, croyez-vous  vraiment  qu’avec  moins  de  130  jours  de  classe  par  an  on  puisse  obtenir  les  mêmes  résultats qu’avec un peu plus de 160?

Les enfants de professeurs et de cadres supérieurs n’en souffriront sans doute  pas  trop,  mais  les  autres?

Quelles  seront  les  conséquences  sur  ceux  dont  on  dit  souhaiter  l’intégration et pour  qui  l’école  sera  moins  présente  dans  leur  vie?

Nous  sommes  en  queue  de  peloton  au  classement PISA,  voulons-nous  être  les tout derniers? Le passage  à  la  semaine  de  quatre  jours ne  peut  pas  ne  pas  entraîner  une  baisse  du  niveau à  laquelle aucune  réforme  pédagogique  ne saurait remédier.

C’est  une décision très lourde de conséquences pour l’avenir.

C’est pourquoi nous vous appelons à maintenir la semaine de quatre jours et demi, soit neuf demi-journées  de  présence  à  l’école,  et  nous  appelons  le  ministre  de  l’Éducation  nationale  à  maintenir  les moyens financiers qu’il avait mis en place pour la permettre.

Dominique Borne, Doyen honoraire de l’IGEN
Antoine Compagnon, Professeur au Collège de France
Boris Cyrulnik, neuro-psychiatre, Directeur d'enseignement
Jean-Paul Delahaye, ancien Directeur général de l'enseignement scolaire
Jacques Julliard, historien et journaliste
Claude Lelièvre, historien de l’Education
Philippe Meirieu, Professeur émérite en Sciences de l’éducation
Pierre Nora, de l' Académie française
Mona Ozouf, Directrice de recherche émérite au CNRS
Antoine Prost, historien de l’Education
Claude Thélot, ancien Directeur de l'évaluation et de la prospective au ministère de l'Education nationale
Bernard Toulemonde, ancien Recteur et Directeur au ministère de l’Education nationale
Agnès van Zanten, Directrice derecherche au CNRS

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Quand "pédagogisme" renvoie - volontairement et politiquement - à un débat dépassé...

8 Octobre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

Quand "pédagogisme" renvoie - volontairement et politiquement - à un débat dépassé...

Plusieurs lectures récentes, sur les réseaux sociaux comme sur les sites plus "spécialisés", m'ont amené - mais j'en suis convaincu depuis quelques mois sans pouvoir véritablement et clairement formaliser ma réflexion - à regarder d'un oeil neuf le combat (beaucoup plus que le débat) qui oppose depuis des décennies "pédagogues" et "républicains".

Le tout nouveau Ministre de l'Education Nationale - et ex DGESCO pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy de sinistre mémoire - a cru utile de réutiliser le terme péjoratif: "Pédagogisme". Aimant manifestement les mots en "isme", il a également évoqué l' "égalitarisme", ce "chien galeux" qui empêcherait la liberté de déployer ses ailes. Diable!

De fait, le successeur de Najat Vallaud-Belkacem choisissait son camp: celui des "républicains" contre les "pédagogues".

L'objet de ce court billet n'est pas de définir les deux "écoles". Internet regorge de milliers de pages, toutes plus savantes les unes que les autres, qui informeront le lecteur curieux bien mieux que je ne saurais le faire.

Il est plutôt de constater et de faire constater à quel point ce "débat" est devenu vain, médiocre, inutile et dangereux.

D'ailleurs s'agit-il encore d'un débat? La définition que je donne à ce terme n'et en rien illustrée par les invectives, accusations, injures parfois, qui jalonnent les échanges entre les uns et les autres. Un débat, ce sont des personnes de bonne volonté, d'avis certes différents mais qui échangent des opinions contraires dans un but COMMUN: la construction, la réalisation d'un projet.

Or nous assistons, depuis des années et en particulier sur les réseaux dits "sociaux" ou dans les "com" publiés à la suite d'articles parus dans la presse Internet (très friande de ce "débat"), à des dialogues de sourds d'un caractère très particulier:

Etape 1  : le républicain provoque, en général toujours le premier, un "débat" sur tel ou tel sujet. La pédagogie regorge d'occasions de se disputer. Il le fait en employant TOUJOURS la même méthode: la "réécriture" du discours "pédagogiste", pour reprendre la teminologie ironique utilisée. Le républicain ne dénonce pas la pédagogie. Il n'utilise quasiment jamais le corpus pourtant immense à sa diposition. Il se contente d'une complainte permanente, récurrente qui peu à peu glisse de la réécriture à l' invention pure et simple du discours de son "adversaire". L'idéologie remplace alors la réflexion, l'analyse scientifique.

Etape 2  : le pédagogue s'offusque et répond. Pour ce faire il prend alors le temps de se justifier. Il passe des heures à RE-construire ce qui vient d'être détruit. Cette re-justification permanente n'empêche évidemment pas son interlocuteur "républicain" de considérer toujours le "pédagogue" comme ce "professeur de rien" dont parlait Jean Lechat en 2005 dans L’idée de science classique. (In Lombard J. LÉcole et les sciences. Paris : L’Harmattan, 2005). Et le "pédagogue", de justification en justification, finit par lasser et se lasser. Le "débat" trouvant sa conclusion dans des fins de non recevoir au mieux, dans l'invective et l'injure au pire.

De tout cela il ne sort... rien!

Car tout ce temps passé, par les uns à inventer idéologiquement un faux discours "pédagogiste", et par les autres à se justifier parfois maladroitement, est autant de temps perdu au détriment d'un sujet autrement plus essentiel: l'Ecole et ses réelles difficultés.

La critique du "pédagogisme" n’a pas d’objet. Elle procède de la rhétorique de la construction de l’adversaire. Les justifications permanentes des pédagogues n'ont pas plus d'objet non plus puisqu'elles sont la conséquence d'un propos lui même sans objet. On tourne en rond et l'Ecole passe au second plan. Un comble!

Voilà pourquoi je ne participerai plus JAMAIS à ce "débat" devenu inutile, inintéressant et consommateur d'un temps précieux que je préfère consacrer à la construction de l'école de demain plutôt qu'à la destruction de celle d'aujourd'hui par la faute d'échanges qui ne font plus sens.

J'invite humblement mes lecteurs à faire de même et à s'engager dans cette voie, plus exigeante mais plus exaltante et positive.

P.S. de Philippe Meirieu : Pour "revisiter" ce débat et prendre de la distance avec lui, je me permets de renvoyer à mon ouvrage "Lettres à quelques amis politiques sur la République et l'état de son école", Plon, 1998, épuisé mais disponible gratuitement en téléchargement sur ce site : cliquez ici

Christophe Chartreux

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Ah les pédagogues et la pédagogie... Que de "crimes" imaginaires vous a-t-on accusés!...

5 Octobre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

Ah les pédagogues et la pédagogie... Que de "crimes" imaginaires vous a-t-on accusés!...

Ah les pédagogues et la pédagogie... Que de "crimes" imaginaires vous a-t-on accusés!...

Dialoguant récemment avec une collègue, jeune enseignante titulaire débutante, la conversation roulant sur la pédagogie, elle vint à me demander

"Mais en fait, qu'est-ce que c'est un pédagogue?"...

Je lui fis une réponse banale, rapide, pris par le temps qui nous emporte... Peut-être était-elle inquiète de n'être pas assez pédagogue... Ou l'être mal... Gagnée par les attaques de mauvaise foi dont la pédagogie est la cible... Je ne sais pas... Je le lui demanderai...

Je sais, moi, qu'elle est, sera et restera une formidable enseignante. Qu'elle saura transmettre en partageant, partager ce qu'elle sait... Qu'elle connaîtra des échecs, qu'elle s'en relèvera, qu'elle continuera, qu'elle subira des dizaines de réformes, qu'elle respectera des dizaines de circulaires... Mais qu'au bout du compte, elle ne sera jamais seule car le pédagogue, Hélène, est toujours avec ses élèves. Il ne peut pas les laisser. Même quand il est silencieux, que les têtes sont penchées sur un exercice, le professeur est là. Présent sans être omniprésent...

Peut-être est-ce ça, en partie car tout ou presque a été dit, la pédagogie... Un espace, lieu et temps, partagé...

Bruyant ou silencieux, au gré des heures et des activités... La pédagogie c'est d'abord un espace. Il reste ensuite à le remplir, à moitié, au tiers, au trois-quarts... Peu importe... C'est selon l'objectif à atteindre, les possibilités de chacun qu'hélas l'Ecole se tue - au sens propre - à réunir à plusieurs et à exiger que ces "plusieurs" aillent toutes et tous à la même vitesse quand Pierre aurait besoin de six heures de mathématiques et Najira seulement de deux... Mais non... Tout est normé et pour la vie... Ce sera quatre heures pour toute la cohorte... La cohorte!... Pourquoi pas le régiment tant qu'on y est...

Le pédagogue est un peintre étrange qui serait chargé de colorier l'espace... "En mobilisant les élèves, en structurant les savoirs, en accompagnant les parcours" comme le dit si limpidement Philippe Meirieu... L'espace vide devient au cours de la séance un "cabinet des curiosités"  où l'hétéroclite s'ordonne petit à petit... Le désordre qui règne dans les esprits prend une forme visible, reconnaissable et structurée. N'oublie pas Hélène: il faut toujours donner corps aux découvertes... Tu sculptes l'espace... Tu accompagnes les gestes de tes jeunes "apprentis" - je n'ai pas osé "apprenants" - qui à leur tour, devant toi, sculptent maladroitement, puis de mieux en mieux, l'espace angoissant de l'inconnu initial. De la découverte à la maîtrise... Car toujours ils doivent parvenir à la maîtrise... Dynamiser, structurer rigoureusement, accompagner chacun (et ça c'est difficile) dans son parcours... Et chaque séance est un nouveau parcours... Et chaque élève a son propre mode de "promenade"...

Le pédagogue est celui-là... Celui qui accepte les modes différents mais exige rigoureusement de structurer ce que j'ai appelé ici "l'espace", c'est à dire ce "moment privilégié" comme disait Proust où, et là je convoque Stendhal, vont se "cristalliser" lumineusement les connaissances éparses... Réunir Proust et Stendhal à la même table... Jolie compagnie non?... C'est peut-être ça aussi la pédagogie... Une oeuvre d'art quotidiennement renouvelée, jamais achevée, Sisyphe en quelque sorte... Comme le héros mythologique, tu n'atteindras jamais le sommet Hélène... Mais c'est bien mieux ainsi car toujours tu auras le désir de t'élever et d'élever tes élèves... On les a pas appelés "élèves" pour rien...

Encore et encore !... Jusqu'au jour où tu fermeras ta porte pour la dernière fois... Le caillou de Sisyphe aura roulé de l'autre côté...

A jamais...

Christophe Chartreux

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