Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

pedagogie

Visiter un musée autrement avec ses élèves...

27 Mars 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Pédagogie

Visiter un musée autrement avec ses élèves...

EXTRAITS

Il n’est pas rare pour un enseignant de voir les élèves rechigner à la perspective d’une visite culturelle... On peut alors imaginer des dispositifs pour rendre la visite de musée plus attractive.

« Ah non, pas encore une sortie au musée » dit allègrement Ryan, élève de 6e dans mon collège de REP+ lorsque je présente les prochaines visites de la classe archéologie. Je le comprends un peu, en me disant qu’à son âge, j’aurais pensé la même chose, sans le dire ouvertement. Comment alors rendre cette visite plus dynamique ?

Une stratégie coopérative, par l’intermédiaire des tutorats, peut être tentée ; les essais de tutorats entre pairs de même âge n’étant pas concluants, nous allons faire une tentative entre cycles avec des tranches d’âge vraiment différentes.

Tutorats à double sens

Début janvier, les sixièmes rencontrent leurs tuteurs lycéens et font la visite du musée de Saint-Dizier de manière complètement autonome (les plus grands ont été préparés par leur enseignante de lycée). Le plus intéressant est que chacun prend son rôle très au sérieux et l’enseignant n’est là que pour faire éventuellement de la médiation. Très vite, le professeur ne sert plus à rien… Peut-être peut-il valider des compétences très discrètement. Nous les voyons prendre de l’autonomie, conceptualiser, prendre conscience et verbaliser des savoirs au-delà de nos espérances. Face au petit Yassine qui dit : « C’est quoi ce tableau ? », le plus grand ne peut pas s’éclipser et répondre : « Je n’ai pas envie ». Les sixièmes se sentent poussés à écouter, car ils savent que la semaine d’après, ils deviendront eux-mêmes tuteurs d’élèves de maternelle.

(...)

Le soir, Ryan, avant de s’endormir dans le bus, a dit que c’était « assez stylé de visiter un musée ». Et si on allait en voir un autre ?

Laurent Bastien
Professeur d’histoire-géographie et responsable de la classe archéologie au collège REP+ Anne-Frank de Saint-Dizier (Haute-Marne)

Lire la suite

La bienveillance en éducation : approches compréhensives et critiques...

22 Janvier 2019 , Rédigé par Questions Vives Publié dans #Pédagogie

La bienveillance en éducation : approches compréhensives et critiques...

EXTRAIT

Notes de la rédaction

Ce numéro thématique propose onze textes sur la notion de bienveillance en éducation. Les usages de plus en plus nombreux du mot bienveillance, dans de nombreux discours sur l’éducation, nous ont incités à nous y intéresser scientifiquement, afin de mieux comprendre sa signification, au-delà des prescriptions officielles et des effets de mode. Les articles présentent différentes approches et analyses : des problématiques des professionnels de l’éducation, mais également des regards historiques, philosophiques ou critiques.

Les textes sont à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Grammaire : 100 idées pour l’enseigner autrement...

4 Décembre 2018 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Education, #Pédagogie

100 idées

Les élèves boudent la grammaire ? Brigitte Mahillon, professeure de français, et France Tillieu, professeure des écoles, viennent de publier "100 idées pour enseigner la grammaire autrement". Un ouvrage pratique regroupant 100 séances, toutes expérimentées en classes, et qui mettent les enfants en situation de petits grammairiens. Aperçu…

La grammaire est souvent une matière rébarbative pour les enfants qui se demandent à quoi elle peut bien servir. « Les enseignants ont souvent le sentiment de ne pas maîtriser parfaitement la matière. Ils se raccrochent alors au cadre rassurant, bien défini de la grammaire scolaire, qui propose des exemples proprets, triés sur le volet, et des textes parfois adaptés pour justifier les règles établies », déclare Brigitte Mahillon, professeure de français, qui vient de publier avec France Tillieu, professeure des écoles, « 100 idées pour enseigner la grammaire autrement » aux éditions Tom Pousse. Un ouvrage destiné aux enseignants, orthophonistes ou parents souhaitant accompagner l’enfant de 8 à 14 ans dans sa découverte de la langue.

Le fruit de 30 ans de recherches

Ce livre condense les trente années de recherches, d’expérimentations et de pratiques des auteures. Brigitte Mahillon a été professeure de français dans le secondaire pendant 4 ans avant d’enseigner dans une école primaire. « J’ai dû me former entre autres, aux mathématiques et aux sciences et paradoxalement, c’est dans l’exercice de l’enseignement de la grammaire que je me suis sentie le plus mal à l’aise alors que j’y étais particulièrement formée. Très vite, je me suis aperçue que la grammaire scolaire imposait aux enfants des mécanismes, des règles, des découpages parfois arbitraires », confie l’enseignante. Cette prise de conscience l’incite à changer radicalement d’attitude, à penser différemment et à entamer des recherches.

(...)

Dorothée Blancheton

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Lire la suite

" Enseigner un métier d'exécutant ou de concepteur ? "...

28 Novembre 2018 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education, #Pédagogie

" Enseigner un métier d'exécutant ou de concepteur ? "...

EXTRAITS

"L'enseignant est celui qui ose penser par lui-même. Il ne peut pas être un simple exécutant". Devant 300 enseignants, réunis par le Snuipp, Philippe Meirieu a ouvert la première journée du colloque " Enseigner un métier d'exécutant ou de concepteur ? " organisé par le Snuipp les 27 et 28 novembre. Durant deux journées, chercheurs (P Meirieu et R Goigoux), pédagogues (GFEN), enseignants et syndicalistes réfléchissent aux défis envoyés à la profession par JM Blanquer. Avec un objectif : que le métier ne leur échappe pas.

(...)

C'est à un vrai travail de déconstruction / reconstruction que se livre durant deux heures Philippe Meirieu. Partant de la maxime de JM Blanquer "lire, écrire, compter, respecter autrui", il remet ces mots dans la perspective de l'école républicaine et de la profession enseignante.

En s'appuyant sur le Dictionnaire de Ferdinand Buisson, qu'il a récemment réédité, P Meirieu met en évidence la distance entre la conception républicaine de l'Ecole et celle de JM Blanquer. "Lire pour F Buisson c'est pouvoir accéder directement aux textes et pratiquer le libre examen... Si les enfants doivent apprendre à lire c'est pour qu'ils n'aient personne à croire sur parole... Quand on renvoie l'obligation de lecture à des impératifs fonctionnels on se trompe complètement sur la finalité de la lecture qui est une finalité d'émancipation", explique-t-il. Savoir lire c'est bien comprendre et non seulement savoir décoder, comme poussent à le croire les récentes évaluations nationales. De même écrire pour F Buisson sert à construire sa pensée, c'est se donner une discipline de pensée.

P Meirieu rappelle que pour F Buisson, "les enseignants laïcs ne peuvent pas aider leurs élèves à séparer savoirs et croyances s'ils enseignent leurs savoirs comme des croyances". Une posture qui prend le contre pied des injonctions ministérielles.

(...)

F Jarraud

Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Quelle grammaire enseigner?...

20 Novembre 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Pédagogie

Quelle grammaire enseigner?...

EXTRAIT

En septembre 2018 s’est tenu à l’ESENESR (École supérieure de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche) un séminaire pour les IEN (inspecteurs de l’Éducation nationale) sur les « apprentissages fondamentaux ». Le ministère recommandait fortement de suivre la conférence de Philippe Monneret retransmise sur Youtube. Patrice Gourdet et Solveig Lepoire-Duc, enseignants chercheurs en didactique du français, proposent de reprendre certains points avancés dans la conférence et de les mettre en débat.

Selon la directrice de l’ESENER, Bénédicte Robert, un des enjeux de la conférence de Philippe Monneret était de clarifier la pertinence d’une leçon de grammaire et de donner des indications pour éclairer des pratiques enseignantes. Selon Philippe Monneret lui-même, sa contribution devait permettre de développer l’esprit critique à l’égard de cet enseignement et de modifier les représentations. En tant qu’universitaires amenés à former des enseignants et à côtoyer des élèves, et ayant la grammaire comme objet d’étude, nous avons été attentifs aux propos avancés. Nous proposons à partir de cinq interrogations d’apporter des avis et des arguments selon nous propices à l’ouverture du débat souhaité par Monsieur Monneret.

Il n’existe qu’une seule grammaire de référence ?

S’il existe bien une diversité d’approches linguistiques, une seule théorie serait, selon Philippe Monneret, propice pour décrire la langue à l’école et ce « savoir de référence » ferait l’unanimité. Affirmer que la grammaire scolaire est le fruit d’un « consensus souterrain », implicite mais connu de tous, revient à méconnaitre la réalité des recherches dans ce domaine spécifique et à refermer le débat. Comment croire à l’existence d’un « consensus » alors que la succession rapide de deux textes institutionnels, 2015 puis 2018, démontre justement, à travers les modifications apportées, le caractère sensible de l’étude de la langue ?

Les ajustements en français proposés par le Conseil supérieur des programmes (CSP) au mois de juillet 2018 reconfigurent de manière importante l’étude de la langue avec une justification par le bon sens avancée par la présidente du CSP. Il existe bien des références différentes et donc plusieurs entrées pour décrire la langue.

En deçà, une première question mérite d’être posée concernant le terme même de grammaire dont il aurait été essentiel de clarifier le sens dès le départ. Nelly Flaux, dans un ouvrage précieux intitulé La grammaire (collection Que sais-je ? aux Presses universitaires de France), explique qu’il a plusieurs acceptions et que le sens à retenir dépend du point de vue selon lequel on envisage la langue. C’est donc un choix politique qu’il conviendrait d’assumer pour avancer une réponse précise à la question jamais posée durant cette intervention : pourquoi enseigner la grammaire à l’école et, en conséquence, comment ?

(...)

Patrice Gourdet
Maitre de conférences en sciences du langage et didactique du français, Université de Cergy Pontoise, laboratoire ÉMA
Solveig Lepoire-Duc
Maitre de conférences en Sciences du Langage et Didactique du français à l’université Claude-Bernard, Lyon 1, laboratoire ICAR UMR-5191

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

La semaine de 4 jours? La pire possible et la recherche est unanime sur ce point...

16 Novembre 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Pédagogie

La semaine de 4 jours? La pire possible et la recherche est unanime sur ce point...

EXTRAITS

C’était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron : permettre aux municipalités de revenir à la semaine scolaire de quatre jours. Déjà, la ville de Marseille a annoncé sa décision en ce sens. Pourtant, quoi qu’en disent ses promoteurs, cette organisation spécifiquement française a fait ses preuves comme la pire possible et la recherche est unanime sur ce point.

Monsieur le ministre de l’Éducation nationale déclare dans le Monde du 20 mai 2017 : « Sur les rythmes, je crois qu’il faut se garder des certitudes. Entre la semaine d’école sur les 4 jours et celle sur les 4 jours et demi, aucune étude tranche quant à l’impact sur les résultats. » Effectivement, il ne peut pas y avoir de certitudes tant sont nombreux les facteurs susceptibles d’influer sur les comportements des enfants et leurs rythmes.

En revanche, monsieur le ministre se trompe quand il déclare qu’il n’existe aucune étude sur l’impact sur les résultats. Des rapports, des recherches en chronobiologie et en chronopsychologie existent. Leurs résultats, publiés dans des ouvrages et des revues scientifiques, constituent un corpus de connaissances sur lequel il est possible de s’appuyer pour appréhender le problème des « rythmes scolaires » et plus particulièrement proposer des aménagements des temps scolaires plus respectueux des rythmes de l’enfant (voir la bibliographie, références 1, 2, 3 et 4).

Avant d’indiquer quels rythmes doivent être respectés prioritairement, il convient de lever l’ambiguïté liée à l’expression « rythmes scolaires » .

  • Soit les « rythmes scolaires » correspondent aux emplois du temps et calendriers scolaires.
  • Soit les « rythmes scolaires » sont compris comme les variations périodiques biologiques, physiques et psychologiques propres à l’enfant en situation scolaire.

Traiter le problème des rythmes scolaires revient alors à satisfaire pragmatiquement deux pôles d’intérêt : celui des adultes et celui des enfants dont les rythmes de vie doivent être impérativement respectés. Il s’agit de parvenir à un compromis qui s’appuie notamment sur des données relevant de deux disciplines, la chronobiologie et la chronopsychologie. La chronobiologie a pour domaine de recherche les rythmes biologiques ; la chronopsychologie a pour objet l’étude scientifique des variations périodiques des comportements humains. Il semble nécessaire de rappeler les principales données.

(...)

Éviter la semaine de quatre jours

En évitant la semaine dite de quatre jours : contrairement à ce que l’on laisse entendre, des travaux scientifiques ont bien été conduits, travaux qui ont permis de mettre en évidence que la semaine de quatre jours « secs » sans politique d’accompagnement péri et extrascolaire, accentue et allonge les effets perturbateurs du week-end. Habituellement ressentis par les enfants le lundi, ces effets perdurent chez certains jusqu’au mardi midi avec la semaine de quatre jours.

Il faut également souligner que si le volume horaire d’enseignement hebdomadaire demeure le même, la répartition de l’enseignement sur quatre jours engendre soit l’alourdissement de la journée scolaire, soit l’allongement d’un premier trimestre qui déjà n’en finit pas !

De plus, toujours à propos de la semaine de quatre jours, accorder une demi-journée supplémentaire de congé n’est pas profitable à tous les enfants. La libération du temps n’est pas forcément synonyme d’épanouissement, d’éveil et d’intégration. Au contraire ! Elle peut accentuer les différences. Certains profitent pleinement de la libération du temps parce que le milieu culturel les environnant le permet. D’autres, faute d’encadrement familial, faute d’une politique socioculturelle accessible à tous, subissent le temps libéré et ont plus de mal à rentrer dans la logique scolaire lorsqu’ils reviennent en classe (voir bibliographie référence 4).

Et comme dit plus haut, les recherches ont montré que l’application de la semaine de quatre jours « secs » non seulement génère une inversion de la rythmicité classique, signe de désynchronisation, mais qu’en plus, elle est accompagnée d’une réduction de la durée du sommeil nocturne et d’une baisse du niveau de performance (voir bibliographie référence 4).

Ainsi, par exemple, dans une étude conduite à Rennes en 2003 et 2004, j’ai pu déterminer et comparer les effets des aménagements en quatre jours et quatre jours et demis. Concernant les durées de sommeil, et les niveaux et variations journalières et hebdomadaires de la vigilance d’une manière générale, l’aménagement en quatre jours et demi est plus bénéfique aux enfants, notamment ceux du cycle élémentaire, que celui sur quatre jours. Ce bénéfice est visible sur les deux années d’évaluation et s’accentue avec l’âge. Il se traduit par des durées moyennes de sommeil régulières et supérieures, notamment au CM2 : en semaine de quatre jours ils dorment en moyenne 608 minutes par nuit et 646 en semaine de quatre jours et demi. Par ailleurs, si les niveaux de performance sont sensiblement les mêmes, en revanche les fluctuations sont plus classiques (ce qui signifie que les enfants fatiguent moins) lorsqu’ils sont en quatre jours et demi.

C’est seulement en tenant compte prioritairement des préconisations énumérées précédemment que les aménagements des temps scolaires, péri et extra scolaires pourraient être reconsidérés dans la concertation.

François Testu, Professeur émérite en Psychologie, Université de Tours, président de l’ORTEJ→http://www.ortej.org/

Billet complet à retrouver en cliquant ci-dessous

http://www.cahiers-pedagogiques.com/Sur-l-air-d-un-pas-en-avant-trois-pas-en-arriere

Lire la suite

"Dix instituteurs invitent leur ministre à visiter leurs classes pour constater que leur enseignement marche"...

9 Novembre 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Pédagogie, #Lecture

"Dix instituteurs invitent leur ministre à visiter leurs classes pour constater que leur enseignement marche"...

EXTRAIT

D'autres méthodes que le b.a.-ba

Le ministre de l'éducation nationale affirme que l'école pourrait mieux réussir l'enseignement de la lecture ; nous le pensons aussi. Il considère qu'il n'y a pas de lecture maîtrisée si l'élève ne manipule pas avec aisance "les correspondances entre les lettres et les sons" ; nous aussi. Mais il y a différentes façons d'y parvenir, et notre expérience de plusieurs années de CP nous a appris qu'enseigner le "b.a.-ba" dès le début de septembre est loin d'être le procédé le plus efficace.

Nous n'enseignons donc pas le "b.a.-ba" au début du CP. Nous ne pratiquons pas non plus ce que l'on dénomme "méthode globale". Dès le début de l'année, en revanche, nous mettons à la disposition de nos élèves les outils qui les rendent progressivement autonomes dans l'écriture de textes dont ils sont les auteurs. En rectifiant les programmes pour y énoncer l'obligation de pratiquer le "b.a.-ba" dès le début du CP, le ministre nous empêcherait d'emprunter cette voie originale et féconde qui vise à ce que les enfants s'approprient parallèlement la maîtrise des codes : le code grapho-phonologique certes, mais aussi le code orthographique, grâce auquel le lecteur repère plus directement le sens des mots (sept, cette, Sète, set) et leur rôle dans la phrase (Quand elles lui content des histoires, il est content).

(...)

Suite et liste des signataires à retrouver en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Education - J'éprouve aujourd'hui une infinie tristesse... Par Christophe Chartreux

2 Novembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

Education - J'éprouve aujourd'hui une infinie tristesse... Par Christophe Chartreux

J'éprouve aujourd'hui une infinie tristesse...

Depuis l'affaire de Créteil - cet adolescent qui a "braqué" son enseignante avec une arme factice, tout cela pour échapper à une punition parentale - des kilomètres de commentaires, d'articles, de réflexions sur les réseaux dits "sociaux" (le Hastag désormais célèbre #PasDeVagues ) ont envahi l'espace médiatique. Tout et n'importe quoi a été dit. Du plus passionnant au plus mensonger.

Le Ministre de l'Intérieur d'abord - ce qui est pour le moins surprenant - puis ceux de l'Education Nationale et de la Justice ont réagi, voire "sur-réagi", à l'incendie provoqué par la vidéo de cette agression dans un lycée de Créteil. Les mesures annoncées très rapidement, tellement rapidement qu'elles provoquèrent une belle empoignade entre le fougueux Castaner et la bien plus sage Belloubet, se contentèrent de nourrir un catalogue sécuritaire. Catalogue connu, déjà utilisé sans résultat. J'affirme ici qu'aucun résultat ne sera obtenu davantage aujourd’hui qu'hier.

Le Ministre de l'Education Nationale a joué sa partition. Politique exclusivement. Il s'agissait d'abord, et sans doute seulement, dans un moment où la Macronie souffre d'un déficit abyssal de confiance comme de résultats, de rassurer les alliés "naturels" d'une Ecole "à l'ancienne", présentée depuis un an et de mi comme "rassurante". Les "ficelles" habituelles ont été réutilisées: déclaration martiale en présence des recteurs, conférence de presse, vidéo tweetée et facebookée, "retour" des 100 lignes, conseils de discipline facilités, travaux d'intérêt général et j'en passe. Vous trouverez facilement l'ensemble en appelant à l'aide votre ami Google. La droite "tradi" est rassurée; l’extrême-droite fait semblant de trouver que tout cela ne va pas assez loin mais applaudit, la Macronie soutient par réflexe pavlovien, les parents sont aux anges tant la propagande fonctionne depuis un an et demi, un nombre certain d'enseignants applaudit. Si l'on peut en comprendre quelques-uns, confrontés à des situations très difficiles que personne n'a jamais niées, j'ai plus de peine avec d'autres dont les combats ne sont certainement pas engagés par un manque de discipline dans leur classe ou de soutien de leur hiérarchie.

Oui j'éprouve, depuis l'apparition de cette vidéo, une infinie tristesse. Qui, jour après jour, va croissante.

Tristesse d'abord pour notre collègue. Evidemment! Manifestement en souffrance, peut-être pas seulement depuis cette inexcusable agression, je lui adresse mon soutien, ma sympathie, ma solidarité totale. 

Tristesse ensuite pour cet établissement de Créteil qui a vu fondre sur lui médias et rumeurs diverses. Pour avoir vécu indirectement, en 2013, le même tsunami sur un établissement scolaire, je compatis. C'est d'une extrême violence car nous ne sommes pas préparés à affronter la vague.

Tristesse enfin pour ma chère Ecole si maltraitée depuis un an et demi. Car s'il n'est pas question de laisser passer le geste de cet adolescent - tout en laissant toute liberté au Conseil de discipline, souverain, de décider d'une sanction sans subir AUCUNE pression, d'où qu'elle vienne - les débats qui ont occupé le microcosme "Education" et le macrocosme "Médias" manquent totalement et paresseusement leur cible. L' occasion - malheureuse et inacceptable - de ce "braquage" aurait du permettre à l'institution d'observer ce qui se fait de mieux ailleurs dans et hors de l'Union Européenne en matière de "vie scolaire".

Au lieu de ça, nous n’eûmes droit qu'à un discours POLITICIEN très éloigné des attentes, des urgences nécessaires à l'Ecole. Droit à l'oubli "pratique" de la suppression de 2650 postes dans le secondaire. Droit aussi aux habituelles attaques contre l'héritage de Mai-68, contre les "pédagogistes" - nouvelle catégorie permettant de diviser les pédagogues que sont TOUS les enseignants - contre le laxisme fantasmé plus que réel, contre le passé récent d'un quinquennat honni, d'une Ministre caricaturée même si le Ministre de l'Education Nationale s'est placé dans la lignée de ses prédécesseurs, Najat Vallaud-Belkacem comprise. Tout arrive...

Oui, j'éprouve ces jours derniers une infinie tristesse...

Avec Paulo Freire, néanmoins, j'ose espérer pouvoir, avec tant d'autres, poursuivre ma route sur les chemins qui mènent vers l'ECOLE!

"Enseigner exige joie et espérance. Il y a une relation entre la joie nécessaire à l’activité éducative et l’espérance : l’espérance de ce que, professeur et élèves, nous pouvons ensemble apprendre, enseigner, nous inquiéter, produire, et ensemble également résister aux obstacles à notre allégresse. L’espérance fait partie de la nature humaine."

Paulo Freire - Pédagogie de l'autonomie

Christophe Chartreux

Lire la suite

Benjamin Moignard : La sanction efficace est éducative...

2 Novembre 2018 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education, #Pédagogie

Benjamin Moignard : La sanction efficace est éducative...

EXTRAITS

31 octobre 2018 - Que penser des plans de lutte contre la violence scolaire ? Est-on trop laxistes ? Quelles mesures sont efficaces ? Maître de conférences à l’Université Paris-Est et directeur de l’Observatoire Universitaire International Education et Prévention, Benjamin Moignard travaille depuis des années sur la violence scolaire. Pour lui, le débat sur la violence scolaire est mal posé en France et traduit surtout le ressenti des enseignants qui ne sont pas reconnus dans leur expertise.

 

Peut-on estimer le niveau des sanctions disciplinaires en France par rapport à d'autres pays ?

 

On dispose de quelques comparaisons internationales. Par exemple sur les exclusions temporaires, en France on a une moyenne de 4 à 6 élèves par jour par établissements ce qui est deux fois plus qu'aux Etats-Unis ou au Canada. Il y a aussi des pays où cette mesure n'existe pas comme en Suède ou en Espagne. Si on regarde les heures de colle, en France la moitié des collégiens signalent en avoir eu dans l'année. C'est seulement un quart des élèves en Angleterre, 22% en Allemagne, 18% en Espagne. On a bien en France un niveau de sanctions élevé par rapport aux autres pays.

 

L'idée de laxisme est fausse ?

 

On a un recours important aux sanctions. Mais c'est aussi très concentré dans certains établissements. Globalement c'est davantage dans l'éducation prioritaire. Mais certains établissements à recrutement favorisé, y compris dans le privé, ont aussi des chiffres importants de sanctions. Le lien avec le milieu social n'est pas établi par la recherche.

(...)

 

Simplifier les conseils de discipline ou mettre la police dans l'école ce sont de bonnes réponses ?

 

Evidemment dans les situations graves, comme ce qui s'est passé à Créteil, la réponse relève de la police et la justice : il faut une plainte et une enquête. Mais globalement cette mesure relève de la surenchère sécuritaire et est contre productive. La police dans les écoles a déjà été expérimenté. Des pays l'utilisent. On sait que c'est anxiogène aussi bien pour les parents, les élèves que les enseignants. C'est peu adapté au quotidien des établissements. Enfin les policiers sont rétifs : ils disent que ce n'est pas leur travail. Les enseignants sont plutôt en demande d'appui à leur travail que favorables à cette mesure.

Les laxistes sont ceux qui ne se préoccupent pas de l'efficacité de la sanction. Si on veut être efficace commençons par renforcer les collectifs enseignants et la cohésion des équipes. Outillons les enseignants pour affronter collectivement les situations difficiles.

 

(...)

 

Propos recueillis par François Jarraud

Lire la suite

Des travaux d'intérêt général pour les élèves indisciplinés... 26 juin 2011!...

2 Novembre 2018 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Pédagogie

Des travaux d'intérêt général pour les élèves indisciplinés... 26 juin 2011!...

Cette nouvelle mesure sera intégrée aux autres sanctions des collèges et lycées à partir de septembre prochain.

Une "mesure de responsabilisation", tâche d'intérêt commun à effectuer par l'élève, intégrera dès la rentrée prochaine l'arsenal des sanctions des collèges et les lycées, selon un décret du ministère de l'Education nationale publié dimanche 26 juin au Journal officiel.

Selon ce texte, "l’engagement d’une action disciplinaire sera automatique dans certains cas de violences verbales, physiques ou d’autres actes graves".

Ce décret avait été rejeté le 30 septembre par le Conseil supérieur de l'éducation (CSE), qui représente notamment enseignants, lycéens, parents, étudiants et collectivités territoriales. Le CSE, dont l'avis n'est que consultatif, contestait en particulier l'automaticité de la procédure disciplinaire, notamment pour les violences verbales.

"Limiter le retour à l'exclusion"

Principale innovation du décret, "afin de responsabiliser les élèves sur les conséquences de leurs actes, une nouvelle sanction, appelée +mesure de responsabilisation+, est créée". Cette mesure avait été favorablement accueillie par le CSE.

"L'idée c'est de limiter le retour à l'exclusion", a expliqué dimanche soir sur TF1 Luc Chatel. "La mesure d'intérêt général constitue une alternative avec une vocation éducative", selon lui.

Cette sanction "consiste à participer, en dehors des heures d’enseignement, à des activités de solidarité, culturelles ou de formation à des fins éducatives", selon ce décret.

"Ces activités peuvent être réalisées au sein de l’établissement ou au sein d’une association, d’une collectivité territoriale, d’un groupement rassemblant des personnes publiques ou d’une administration de l’Etat".

Pas plus de vingt heures

Cette "mesure de responsabilisation" ne pourra excéder vingt heures, devra "respecter la dignité de l'élève" et "ne pas l'exposer à un danger pour sa santé". Par ailleurs, "l’exclusion temporaire de l’établissement ne pourra excéder huit jours, au lieu d’un mois auparavant" afin de limiter les risques de décrochage scolaire.

"L’exclusion temporaire de la classe (d’une durée de huit jours au plus) est ajoutée à l’échelle des sanctions", poursuit le texte, ajoutant que "dans ce cas, l’élève continue à être accueilli dans l’établissement".

"Une commission éducative" ayant "notamment pour mission d’examiner la situation d’un élève dont le comportement est inadapté aux règles de vie dans l’établissement et de favoriser la recherche d’une réponse éducative, est instituée".

Une échelle de six types de sanction devra être intégrée dans les règlements intérieurs: avertissement, blâme, "mesure de responsabilisation", exclusion temporaire de la classe, de l'établissement, et enfin exclusion définitive.

L'Obs du 27 juin 2011

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 > >>