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Vivement l'Ecole!

pedagogie

À l’école, le portable, c’est le couteau suisse du XXIᵉ siècle... Par François Taddei...

26 Mai 2018 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Education, #Pédagogie

À l’école, le portable, c’est le couteau suisse du XXIᵉ siècle... Par François Taddei...

Cet article est publié en partenariat avec la revue « Le magazine de l’Éducation » du laboratoire EMA-TechEduLab de l’Université de Cergy-Pontoise.

Le potentiel des nouvelles technologies pour l’apprentissage et l’éducation est en grande partie non évalué. Il manque de recherche précise sur le sujet et notamment de recherches sur ce qui se passe dans le terrain et pour chacun des apprenants, et ce à tous les âges de la vie. Il y a peu d’évaluations en dehors de sentiments personnels.

L’une des questions centrales est : a-t-on appris à apprendre ? Et a-t-on appris à apprendre de manière critique à l’heure du numérique ? Car on peut aussi être manipulé par le numérique. Tout moyen de communication est aussi un moyen de manipulation, on l’a vu de Goebbels à Trump ou Daesch. Plus on a des outils de communication efficaces, plus il faut développer l’esprit critique et la capacité à distinguer le bon grain de l’ivraie, ce qui est tout sauf évident même pour un adulte et a fortiori pour un enfant ou un adolescent.

Par contre ce que le numérique permet, par rapport à la radio par exemple, c’est qu’on peut tous produire et partager et que l’on peut facilement documenter ce que l’on fait. On peut échanger plus largement et à toutes les échelles. On a donc cette possibilité, non seulement d’apprendre à lire, écrire mais d’accueillir une production faite par d’autres et de soi-même produire, via l’écrit ou tout un tas d’autres dispositifs que le numérique permet.

Il faut non seulement apprendre à décrypter les messages que l’on reçoit mais il faut aussi apprendre à partager ses idées, ce qui suppose apprendre à les mettre en ordre, avoir une capacité critique sur soi-même mais aussi d’accepter la critique de l’autre. Une critique qui bien sûr doit être bienveillante et constructive.

Apprendre c’est être capable de donner et de recevoir des critiques. Le numérique permet de faire cela à des échelles sans précédent. Les jeunes d’aujourd’hui ont besoin de comprendre la puissance de cet outil numérique. C’est le rôle de l’école de s’assurer que chaque élève sorte avec une culture numérique suffisante, qu’il ait un esprit critique, développé une éthique de l’utilisation des outils, et acquis les compétences pour s’approprier les outils.

Une des grandes difficultés, c’est qu’aujourd’hui les enseignants sont très peu accompagnés La formation initiale est perfectible comme tout dispositif et la formation continue plus encore, car elle est loin d’être à la hauteur des enjeux et en particulier des enjeux de transformation.

On a donc besoin d’un vrai développement professionnel et d’adosser ce développement professionnel aux résultats de la recherche. Et cela peut se faire en s’appuyant notamment sur les laboratoires de recherche, si ceux-ci font l’effort de rendre accessibles leurs savoirs et résultats à tous les publics, à commencer par les professeurs. Il faut permettre à chaque enseignant de s’approprier les meilleures pratiques et de les adapter au contexte spécifique qui sont les siens. Il suffit qu’une fraction des enseignants le fasse, qu’il documente ce qu’il en fait pour permettre à d’autres de s’en servir.

Par exemple l’utilisation des portables à l’école. Il ne faut pas passer d’un extrême à l’autre : tout accepter ou tout interdire. A minima ce qu’il me semble important de développer c’est la capacité à utiliser l’outil à bon escient.

Il est ainsi possible d’installer dans les téléphones portables un système qui permet d’accéder aux données des capteurs : donc, si vous êtes prof de physique vous pouvez étudier le moment des pendules et enregistrer directement sur votre téléphone les oscillations du pendule. Si vous voulez étudier la chute libre, vous pouvez étudier l’accélération que subit un outil de ce genre.

Vous pouvez en cours de géographie vous en servir géolocaliser une partie de l’espace ou en cours de sport utiliser le GPS pour que les élèves voient le parcours qu’ils vont faire. Toutes les traces numériques que ces appareils peuvent enregistrer, on peut les détourner pour les utiliser à des fins pédagogiques.

Plutôt que dire aux élèves que c’est un instrument qu’il faut absolument éviter, il faut leur apprendre que c’est une boîte noire qu’ils se doivent de comprendre pour en utiliser au mieux les potentialités. Le portable c’est le couteau suisse du XXIe siècle. Il faut donc apprendre à s’en servir. On sera d’autant plus écouté par les élèves, qu’on en aura montré les potentialités.

Apprendre à apprendre est le maître mot. C’est la meilleure manière de s’adapter au monde. C’est vrai des individus, c’est vrai des collectifs.

François Taddei, Chercheur Inserm, directeur, Centre de Recherches Interdisciplinaires (CRI)

François Taddei a rendu le 4 avril 2018 un rapport au Ministère de l'Education, composé de 30 propositions pour voir émerger en France un service public de la société apprenante.

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Promouvoir l’usage du brouillon...

25 Mai 2018 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Pédagogie

Promouvoir l’usage du brouillon...

EXTRAIT

En production d’écrits, il est souvent demandé aux élèves de faire un brouillon, avant la rédaction au propre d’un texte. Par expérience, nous savons que l’amélioration du brouillon vers le texte final est un acte difficile pour l’élève. Retour sur une recherche menée en 2013 [1] dans un lycée algérien qui porte sur l’analyse des pratiques des enseignants où l’utilisation d’une grille d’autoévaluation se révèle moins fructueuse que les commentaires écrits de l’enseignant.

« N’oubliez pas de faire un brouillon avant de passer au propre !  » Qui parmi nous n’a pas entendu cette phrase annonçant une activité d’écriture ? Même si nous étions de jeunes écoliers, nous étions conscients de la particularité des brouillons, qui est de préparer un écrit à venir ou un devoir imposé par les enseignants. Le brouillon représente un écrit incontournable, à travers lequel l’enseignant cherche en premier lieu à inculquer dans l’esprit de ses élèves l’art du travail méthodique. Généralement, ceux qui font un brouillon sont des apprenants stratégiques qui ont le sens de l’élaboration progressive de leurs écrits et l’organisation de leurs travaux.

Le brouillon, c’est sale

Malgré ces considérations, nombreux sont les élèves qui arrivent au lycée sans vraiment savoir faire un brouillon, ni même en voir l’utilité. Pour eux, c’est gaspiller du temps. Selon Yves Reuter [2], les élèves considèrent le brouillon comme un signe d’incompétence : ils l’associent à quelque chose de sale, d’illisible, empli de taches et de ratures. Une des raisons évoquées à cette représentation négative est liée au fait que les élèves sont habitués à lire et à analyser des textes dans leur version définitive, propres et exempts de toute trace de leur fabrication. Par conséquent, ils imaginent que l’écrit se réalise en un seul jet, immédiatement propre, organisé et sans rature, et ne comprennent pas l’intérêt de le corriger. Cela dit, si le brouillon est souvent déprécié par les élèves, il est également peu considéré par les enseignants.

Il est nécessaire de promouvoir l’utilité du brouillon dans le processus d’écriture (en classe comme ailleurs) et d’expliciter en quoi il permet d’aboutir à un texte final de qualité. « Faire un brouillon permet de ne pas affronter toutes les difficultés, à la fois en hiérarchisant les tâches, en négligeant délibérément, dans un premier temps, les problèmes de surface », comme l’explique Marie-Claude Penloup [3]. En d’autres termes, il permet d’amoindrir la charge cognitive.

(...)

Souad Benabbes, Maitre de conférences, Université Larbi Ben M’hidi, Algérie

A lire également sur notre site :

Les gestes du brouillon, par Karine Risselin et Elsa Costero
Enseigner avec l’écrit, compte-rendu de la Conférence de consensus du Cnesco et de l’IFE sur le thème « Écrire et rédiger », par Hélène Eveleigh
Plus ou moins, par Alexandra Monbet

Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Écrire : un acte complexe qui ne se résume pas à la production de textes...

22 Mai 2018 , Rédigé par IFé - Centre Alain Savary Publié dans #Education, #Pédagogie

Écrire : un acte complexe qui ne se résume pas à la production de textes...

EXTRAIT

"Écrire c'est à la fois calligraphier, copier, encoder et produire" explique Bernadette Kervyn, maitre de conférence à l'université de Bordeaux lors de son intervention en formation de formateurs à l'IFÉ en novembre 2017. Partie prenante de la recherche Lire et Ecrire, elle s'intéresse particulièrement à l'écriture : encodage, copie différée et production d'écrits.

Neuf tâches observées par les chercheurs dans les classes

Cette recherche a observé très minutieusement les occasions d’apprendre que les enseignants rendent possibles à travers la conception de leurs démarches pédagogiques et la réalisation de tâches par les élèves. Les chercheurs ont découpé l'activité d'écriture en neuf tâches distinctes :

  • E1 : Calligraphier (lettres, syllabes, mots)
  • E2 : Copier avec modèles (lettres, syllabes, mots, phrases, textes) 
  • E3 : Copier après disparition du modèle (lettres, syllabes, mots, phrases, textes)
  • E4 : Écrire sous la dictée (lettres, syllabes, mots, phrases, textes)
  • E5 : Produire en combinant des unités linguistiques déjà imprimées (syllabes, mots, phrases)
  • E6 : Produire en dictant à autrui (lettres, syllabes, mots, phrases, textes)
  • E7 : Produire en encodant soi-même (syllabes, mots, phrases, textes)
  • E8 : Préparer la tâche d'écriture
  • E9 : Revenir sur l'écrit produit

 

(...)
 
Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Coup de coeur... Michel Foucault... (Foucault parlant de l'école... Vidéo)

21 Mai 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Philosophie, #Pédagogie

Dans un système de discipline, l'enfant est plus individualisé que l'adulte, le malade l'est avant l'homme sain, le fou et le délinquant plutôt que le normal et le non-délinquant. C'est vers les premiers en tout cas que sont tournés dans notre civilisation tous les mécanismes individualisants ; et lorsqu'on veut individualiser l'adulte sain, normal et légaliste, c'est toujours désormais en lui demandant ce qu'il y a encore en lui d'enfant, de quelle folie secrète il est habité, quel crime fondamental il a voulu commettre.

Michel Foucault - Surveiller et punir

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La dictée n’est pas ce qu’on veut nous faire croire...

21 Mai 2018 , Rédigé par Questions de classe(s) Publié dans #Education, #Pédagogie, #Politique

  La dictée n’est pas ce qu’on veut nous faire croire...

Lorsque Jean-Michel Blanquer évoque la dictée quotidienne comme un remède indispensable, il sait que pour les parents, les grands-parents... pour une très grande partie de la population, cet exercice est auréolé de vertus comme l’est une potion pour bien grandir, même si elle est désagréable au goût – comme l’était l’huile de foie de morue.

En effet, pour beaucoup d’entre eux, la dictée était source de peine, de souffrance, voire de honte. Le zéro était bien partagé, cinq fautes suffisaient ! Le stylo rouge du maître ou de la maîtresse d’école n’était pas indulgent, il rayait sans pitié et écrivait le zéro d’un geste rageur.

Des lignes des mots mal orthographiés s’en suivaient.

La dictée parle donc à tout le monde !

Mais les élèves aux dictées à zéro ou à une faute étaient-ils meilleurs en orthographe ?
Guère plus que les autres, car dans leurs écrits personnels, ils n’appliquaient guère les règles grammaticales et oubliaient les mots appris par cœur. La vigilance lors de l’exercice de la dictée ne se reproduisait pas dans les rédactions. Et pourquoi aujourd’hui en serait-il autrement ?

La dictée est dans l’esprit de M. Blanquer comme dans la mémoire collective un texte lu par un professeur qui sera ensuite dicté plus ou moins rapidement avec une insistance sur la ponctuation et sur certaines syllabes notamment celles qui sont muettes en fin des mots pour les plus jeunes. Répétée tous les jours, voire deux fois par jour au CP, elle devrait entraîner des automatismes (accords et application des règles). Le constat qu’elle n’améliore pas l’orthographe dans les situations d’écriture personnelle n’est guère évoqué.

La dictée réduit l’orthographe à un exercice, au lieu de la présenter aux élèves comme un moyen de produire un écrit lisible et respectueux des mots et des règles. D’ailleurs, c’est tout l’écrit qui est présenté comme un exercice : copie, rédaction… sont aussi ordonnées, exécutées puis notées.

Le désir, le plaisir, la nécessité, l’imagination, le jeu… sont laissés de côté et en dehors de la classe.

Certains enfants, adolescents, bien sûr pourront s’en saisir au sein de leur famille, mais pour tous ceux qui n’ont que l’école pour écrire, ils n’auront pas l’occasion d’expérimenter l’écriture comme moyen d’expression, de création et de communication. Alors les lettres de motivation pour l’orientation ou l’entrée à l’université prévues par la nouvelle loi… ce sera encore plus difficile pour eux.

Au siècle dernier, on sélectionnait avec des dictées, aujourd’hui les écrits personnels suffiront !

Revenons à l’étude de l’orthographe, une fois que l’enfant, l’adolescent a compris « pourquoi » il doit écrire correctement avec le moins d’erreurs possible, intéressons-nous aux « comment ».

La dictée prônée par Blanquer est peu efficace, mais il y a d’autres dictées possibles.

(...)

Catherine Chabrun

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Des avantages de l'évaluation par compétences...

21 Mai 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie, #Evaluation

Des avantages de l'évaluation par compétences...

Depuis désormais quatre ans - tout a commencé en 2014 - les 6e de l'établissement dans lequel j'enseigne sont évaluées par compétences, sans notes chiffrées. Ces quatre années, dont la première fut riche en découvertes et en inquiétudes aussi - car défricher c'est s'engager sur des chemins parfois pleins de surprises - ont permis aux enseignants, aux élèves et aux parents de constater la pertinence d'autres méthodes d'évaluation que celles auxquelles des décennies d'habitudes avaient fini par faire croire à toutes et tous qu'elles étaient immuables, gravées dans le marbre, intouchables, voire "sacrées".

Or si l'école est un "sanctuaire" dans lequel le "sacré" et ses "rituels" doivent trouver et conserver leur place respective, il n'est écrit nulle part que ce "sanctuaire" doive rester fermé à l'expérimentation, au changement, au "faire autrement", à l'innovation. C'est ce que, très modestement, les équipes pédagogiques en charge des 6e ont entrepris de faire à partir de septembre 2014.

Je voudrais insister sur quelques points qui me semblent, à l'expérience, fondamentaux et à connaitre, à appréhender, si d'autres (comme beaucoup le font déjà et depuis bien plus longtemps que nous) enseignants souhaitent s'engager dans cette voie.

- l'évaluation sans notes ne doit JAMAIS être présentée - car c'est un non sens - comme une "suppression" des notes chiffrées, mais comme leur remplacement par une AUTRE méthode;

- l'évaluation par compétences (que par commodités je désignerai sous l'acronyme EPC) n'est pas une solution miracle, une baguette magique. C'est un outil de travail qui permet néanmoins, et beaucoup plus efficacement que les notes, de centrer les apprentissages sur les difficultés des élèves sans jamais retarder ceux dont les difficultés sont moindres ou inexistantes. Pour être plus clair

* les EPC ne ralentissent pas les meilleurs et aident les "moyens" et "faibles" à progresser bien plus rapidement et utilement qu'avec les notes.

* l'évaluation par compétences est un accompagnement permanent quand la note est une sanction définitive.

- les EPC doivent être expliquées, avant tous les autres "intervenants" impliqués, aux parents dès la mise en place du projet. Ce sont eux les plus inquiets souvent. Habitués qu'ils ont été aux notes en rouge et aux moyennes;

- la mise en place des EPC ne peut se faire qu'en EQUIPE pédagogique et avec le soutien de la hiérarchie de l'établissement. Il serait vain et épuisant de bâtir un projet sans l'accord de toutes et tous;

- il ne faut jamais avoir "peur" de se tromper au début. L'erreur ne doit pas être répétée mais elle est autorisée. Un exemple: j'ai toujours pensé, et le pense toujours, que l'élève de collège (c'est moins vrai au lycée) recevant une copie évaluée par chiffres ne lit pas l'appréciation. Encore moins si celle-ci est détaillée. Nos élèves, j'en ai fait l'expérience, lisent très peu, voire pas du tout, les annotations en marge. Seul compte le CHIFFRE!

J'ai longtemps pensé aussi, et ne le pense plus, que sans note chiffrée, l'élève lirait davantage son appréciation et ses annotations. Pas forcément! Souvent, très souvent, l'élève se satisfait de son code couleur et ne lit pas les appréciations que vous avez patiemment et consciencieusement rédigées.

Il existe alors une méthode très simple, une "ruse": rendre les copies SANS code couleur, avec uniquement les appréciations (brèves et précises pour des 6e), PUIS révéler le code couleur à la classe en projetant ces résultats au tableau et en vérifiant - c'est très rapide - que les élèves, toujours malicieux, n'ont pas transformé un "rouge" en "vert" vif sur leur copie!

Il est possible aussi, voire recommandé, de pratiquer l' auto-évaluation en fonction des appréciations et annotations. Un exercice ponctuel mais constructif sur la durée. Bien évidemment, c'est l'évaluation du professeur qui "fait loi".

Il pourrait m'être dit, à juste titre, que cette "méthode" est possible avec des évaluations chiffrées. Certes mais l'évaluation chiffrée, quelle que soit la méthode de rendu des devoirs, reste une addition de points. Je devrais dire une soustraction puisque la note est le résultat d'erreurs sanctionnées par des points soustraits à un total de 20. L'EPC est une valorisation des acquis, un surlignage des réussites et, bien entendu, la mise en lumière pour l'élève du POURQUOI de ces échecs et du COMMENT ne pas les répéter;

- il convient aussi de très bien choisir les logiciels permettant l'enregistrement des évaluations. Je n'ai pas ici à en conseiller car chaque établissement à ses habitudes. Il devra être le plus simple possible et disposer d'outils permettant d'illustrer UTILEMENT les conseils de classes;

- ces conseils de classe DOIVENT (c'est mon avis) être dirigés par le Professeur Principal (en présence du Chef d'établissement ou pas) et par lui ou elle seul-e. Pourquoi cette insistance?

L'EPC est un travail d'EQUIPE. D'équipe PEDAGOGIQUE! Sans diminuer le rôle du chef d'établissement, il est impératif que ces moments de rencontre, de dialogues, de CONSEILS aux élèves et aux parents, restent la "propriété" des professeurs. Il est également capital à mes yeux que la CPE et la professeur-documentaliste assistent aux conseils de classes. Leur éclairage est toujours un "plus" indéniable.

Enfin - mais c'est une fin provisoire - je peux affirmer ici que les élèves évalués par compétences en 6e, l'année suivante en 5e et évalués de manière traditionnelle, n'ont connu aucun problème d'adaptation. L'EPC n'est pas un frein, un épouvantail ni "la fin de la civilisation". (Je l'ai lu!).

J'espère avoir été utile en donnant mon éclairage. Il est certes engagé et convaincu. Je n'ai pas la prétention de l'imposer à qui que ce soit. Chacun choisira ce qui lui semble être le meilleur pour ses élèves et pour lui-même.

Christophe Chartreux

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L'école abuse-t-elle des notes ?

21 Mai 2018 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Pédagogie

L'école abuse-t-elle des notes ?

Doit-on repenser l'évaluation scolaire ? Et comment la repenser à l'heure où la société du service nous incite de plus en plus à distribuer des notes ?

La pratique de la mauvaise note est encore très fréquente en collège et lycée (...). Nous sommes encore sur un système très traditionnel, sur un modèle qui remonte à la fin du 19ème siècle.
P. Merle

Il y a plein de manières d’évaluer, les lettres A, B, C – acquis/ non acquis... mais peut-être préférez-vous les notes sur 20 ? D’ailleurs, depuis quand note-t-on sur 20 ? L’ouvrage dont nous parlons aujourd’hui Les pratiques d’évaluation scolaire, historique, difficultés, perspectives, est une véritable somme, la somme, sur la question. Une somme historique pour commencer car en effet, il faut se plonger dans l'histoire de l'éducation pour comprendre pourquoi et comment l'école évalue les élèves encore aujourd’hui. 

Et ce "comment" est primordial car il contient une problématique, LA problématique de l’évaluation : doit-on évaluer d’abord les progrès de chacun ? Ou évaluer les élèves les uns par rapport aux autres, les comparer et les classer ? C’est bien une philosophie de l’enseignement et de la transmission qui est  contenue dans la question de l’évaluation et des notes. Question pas tout à fait tranchée à l’heure qu’il est, alors que les pratiques d’évaluation se diversifient à l’école et se répandent, au-delà, dans la société du service, où chacun est appelé à noter les services, les lieux, des individus comme les chauffeurs de VTC ou les agents commerciaux… 

L’intérêt de la note, c'est la clarté dans le cadre d'un dialogue avec les familles.
J.-M. Huart

Avec

Pierre Merle, sociologue et spécialiste des pratiques d’évaluation scolaire, pour Les pratiques d’évaluations scolaires, PUF (mai 2018)

Le problème c'est quand ce n'est plus le contrôle effectué qui est faible mais l'élève qui est faible.
P. Merle

Jean-Marc Huart, directeur général de l’enseignement scolaire au ministère de l’Éducation nationale (Dgesco)

L'évaluation participe à la construction de l'enfant et à son arrivée dans le monde adulte.
J.-M. Huart.

L'actualité de l’éducation

Avec Erwin Canard, journaliste au magazine l’Étudiant 

Louise Tourret

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L’intérêt de la note, c'est la clarté dans le cadre d'un dialogue avec les familles.
J.-M. Huart

Commentaire:

Le dialogue avec les parents des élèves de 6e de mon établissement n'a jamais été rompu sous prétexte que ceux-ci étaient évalués (et le sont toujours) autrement que par des notes chiffrées.

De quelle "clarté" parle-t-on lorsqu'on dit à un parent d'élève:

"Les notes de Pierre sont en baisse depuis un mois. Il est passé de 14 à 11. Il faut qu'il se ressaisisse!"

Sans parler des "moyennes" trimestrielles, d'une opacité totale, dénuées de "sens" et de "clarté".

Quelle comparaison établir, quelle "clarté" obtenir, entre telle discipline où l'enfant est "moyenné" sur 12 évaluations et telle autre discipline où il l'est sur 3? La moyenne générale du trimestre, très souvent prise en considération pour l'appréciation du chef d'établissement, englobant le tout sans tenir compte une seconde de cette différence notable.

Peut-on parler de clarté lorsqu'un élève voit sa "moyenne" être impactée parce qu'un 9 en SVT a été ajouté à un 14 en EPS ou en Français? (ou inversement, peu importe la discipline). Avec des évaluations qui n'ont strictement rien à voir entre elles, ne "mesurent" pas les mêmes méthodes, les mêmes compétences, les mêmes attentes? Ne sont pas mesurées sur le même nombre de devoirs.

L'intérêt de la note n'est donc ni la clarté ni le maintien du dialogue avec les parents.

Christophe Chartreux

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En France, les élèves passent plus de temps à apprendre à lire et à compter qu'ailleurs... 24/11/2015

20 Mai 2018 , Rédigé par Les Echos Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

En France, les élèves passent plus de temps à apprendre à lire et à compter qu'ailleurs... 24/11/2015

La France consacre 37 % du temps d'instruction obligatoire à l'étude du français en primaire, contre 22 % en moyenne dans l'OCDE.

« Il faut renforcer les fondamentaux ", « l'important est que les élèves sachent lire, écrire, compter », « il faut davantage d'heures de français et de mathématiques »... Combien de fois a-t-on entendu ces réflexions de la part des politiques, de droite comme de gauche, depuis des années. Et pourtant, « contrairement aux idées reçues, les élèves reçoivent en France davantage d'heures de cours qu'en moyenne " dans les pays de l'OCDE, aussi bien au primaire qu'au collège, selon l'étude annuelle « Regards sur l'éducation " de l'Organisation publiée ce mardi.

Les élèves français cumulent ainsi 864 heures à l'école primaire (contre 804 en moyenne dans les pays de l'OCDE) et 991 heures au collège (contre 916). « Ils passent plus de temps à étudier les fondamentaux que la plupart de leurs voisins », notent les auteurs de l'étude. Cela est « particulièrement vrai dans l'enseignement primaire ".

Travailler autrement avec les élèves

La France détient ainsi le record, au sein de l'OCDE, du nombre d'heures consacrées à la lecture, à l'expression écrite et à la littérature (37 % du temps d'instruction obligatoire contre 22 % en moyenne). « C'est le chiffre le plus élevé de tous les pays de l'OCDE ", appuie Eric Charbonnier, expert en charge de l'éducation au sein de l'Organisation. Même chose en mathématiques, qui représentent 21 % du temps d'instruction obligatoire en France dans l'enseignement primaire, contre 15 % dans les autres pays de l'OCDE. L'Allemagne est à 20 %, le Mexique à 24 %, le Portugal à 27 %, mais la Corée à seulement 14 %.

Mais pourquoi, alors, la France ne se situe-t-elle que dans la moyenne de l'OCDE pour ses performances éducatives ? Et pourquoi est-elle l'un des pays où l'accroissement des inégalités est le plus fort ? « Il faudrait peut-être réfléchir à transformer cette plus grande quantité d'heures [dédiées aux fondamentaux] en meilleure qualité », suggère Eric Charbonnier. Cette « qualité qui va faire la différence » dépend de l'utilisation qui est faite des heures de cours et de la gestion des difficultés des élèves, selon l'OCDE.

Il faut « travailler autrement avec les élèves », estime Eric Charbonnier. Il se félicite ainsi de la disparition du redoublement, mais estime qu'il faut lui trouver « des alternatives », « car ce n'est pas en le supprimant mécaniquement qu'on trouvera des solutions ». Il plaide aussi pour de petits groupes d'élèves en vue d'un travail plus « différencié ", et milite pour l'utilisation du numérique.

Former les enseignants au numérique

Cette « réflexion sur l'environnement pédagogique " passe avant tout, selon l'OCDE, par la formation des enseignants, qui apparaît comme « le levier fondamental ». Le gouvernement a entrepris de la réformer depuis 2012, mais il faut « continuer à la faire évoluer pour mieux préparer les enseignants au volet pédagogique », estiment les auteurs du rapport. Une allusion à une formation qui est encore très inégale selon les nouvelles écoles du professorat (ESPE). L'OCDE juge tout aussi essentielle la formation continue, entre autres pour inciter les enseignants à travailler en équipe. La France est notamment en retard sur la formation au numérique : 60 % des enseignants estiment en avoir besoin.

Autre exception qui pèse sur les résultats français : les journées des élèves sont aussi les plus chargées. Les apprentissages des élèves de primaire sont très peu étalés dans le temps. Malgré la réforme des rythmes scolaires (qui a fait passer le nombre de jours d'école de 144 à 162), la France reste le pays où les enfants ont le nombre de jours de classe le plus faible, tandis que dans les autres pays les enfants bénéficient en moyenne de 185 jours. « Il faudrait étaler les apprentissages et trouver des moments plus propices pour gérer les élèves en difficulté », estime l'OCDE qui propose de rouvrir le débat sur la réduction des vacances d'été.

Pour expliquer la hausse des inégalités en France, l'OCDE invoque aussi une dépense éducative qui ne va pas vers les établissements qui en ont le plus besoin et une école primaire qui continue à être victime d'un « sous-investissement " par rapport au secondaire.

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Parents d’élèves. La FCPE attachée à la semaine de 4,5 jours...

20 Mai 2018 , Rédigé par Ouest France Publié dans #Education, #Pédagogie

Parents d’élèves. La FCPE attachée à la semaine de 4,5 jours...

La première fédération de parents d’élèves (310 000 adhérents) tient son 72e congrès à Brest (Finistère), ce week-end. Trois questions à Liliana Moyano, présidente nationale.

Entretien avec Liliana Moyano, présidente de la Fédération des conseils des parents d’élèves ou FCPE, qui tient son congrès national à Brest.

De nombreuses communes choisissent le retour à la semaine de quatre jours. Qu’en pensez-vous ?

C’est rude ! Dès l’été dernier, dans la précipitation, le nouveau ministre de l’Éducation national a laissé le choix aux communes d’organiser la semaine scolaire. Dans un contexte de dotations réduites, de suppression des contrats aidés et de disparition de la taxe d’habitation, beaucoup abandonnent les quatre jours et demi, pourtant plus bénéfiques aux élèves. On a le calendrier le plus déséquilibré des pays de l’OCDE avec 40 journées d’école en moins, mais qui sont plus longues. On demandait d’abord un vrai bilan des quatre jours et demi. Brest fait partie des villes qui résistent. Ça fait plaisir ! Elle un vrai projet éducatif qui tient compte de tous les « temps » de l’enfant : scolaire, périscolaire, loisirs, etc.

Le Président veut rendre obligatoire l’école maternelle et abaisser de 6 à 3 ans l’âge de scolarisation. Une bonne chose ?

Nous aurions préféré que la liberté soit laissée aux familles. Sans oublier le coût pour les communes. À Brest, elle entraînerait un surcoût de 1,5 million d’euros annuels pour les écoles privées.

Parcoursup, qui réforme l’accès à l’enseignement supérieur, suscite des oppositions. Votre position ?

Nous sommes contre la sélection qu’elle instaure. Le problème actuel est surtout démographique. Il faudrait augmenter le nombre de places à l’université pour faire face à cette hausse d’étudiants. Pour nous, l’échec en première année à l’université, est dû à un choix par défaut. Il faudrait travailler l’orientation et la construction de l’orientation, dès le collège ! Et que les professeurs des lycées et des universités y travaillent ensemble.

Laurence Guilmo/Ouest France

https://www.ouest-france.fr/bretagne/brest-29200/parents-d-eleves-la-fcpe-attachee-la-semaine-de-4-5-jours-5770862

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Pas de La Fontaine pour tous sans savoir-faire pédagogique!...

18 Mai 2018 , Rédigé par Enseigner au XXIe siècle - Jean-Michel Zakhartchouk Publié dans #Education, #Pédagogie

Pas de La Fontaine pour tous sans savoir-faire pédagogique!...

EXTRAIT

Ainsi donc, des milliers d’écoliers vont recevoir en cadeau les Fables de La Fontaine, avec, si j’ai bien suivi, les superbes illustrations de Chagall.  Je ne suis pas de ceux qui ironisent à priori sur le « coup de com » ministériel. La com est malheureusement devenue prédominante en politique et cette opération en fait sans doute partie. D’autant que ce geste aurait pu être l’œuvre de Vincent Peillon ou Najat Vallaud-Belkacem, tout aussi amoureux de la lecture et sans doute de La Fontaine que JM Blanquer. Notons simplement qu’une initiative comme la fameuse « rentrée en musique » du ministre actuel aurait valu sous les précédents les quolibets des mêmes qui peuvent l’applaudir aujourd’hui. Que n’aurait-on dit sur la rentrée « bisounours », sur la guimauve et l’idéologie du « climat de confiance » et de la bienveillance ! Aussi ne reprendrai-je pas ce que je peux lire sur les réseaux sociaux de la part de certains quant au côté forcément « réac » ou « rétro » de distribuer ainsi des livres d’un auteur-clé du « patrimoine ».

En revanche, ce qui m’irrite beaucoup, c’est le jugement implicite contraire que j’ai pu déjà lire : le ministre « qui met fin aux bêtises » (Le Point) réhabilité la « vraie » culture. Stupidité par exemple d’un commentaire saluant cette référence qui « nous changera de « Papa porte une jupe » (allusion à je ne sais quel livre de jeunesse, comme s’il fallait opposer des ouvrages d’humour pour écoliers et grandes œuvres littéraires, pas spécialement écrites pour la jeunesse d’ailleurs…).

En réalité, les pédagogues, les innovateurs n’ont jamais déserté La Fontaine et quelques autres. Bien au contraire, la revue honnie par les anti-pédagogues et dont je m’honore d’être un des rédacteurs a toujours mis en avant l’étude vivante, active,diversifiée des « grandes œuvres » et symboliquement, a utilisé les Fables comme illustrations décalées d’activités interdisciplinaires dans son dossier sur les EPI (voir dessin ci-contre). Un chercheur en sciences de l’éducation, trop mal connu, comme Michel Fabre utilise le matériau La Fontaine pour inciter au travail sur des situations –problèmes, notamment à travers des fables où la morale reste ambiguë comme La cigale et la fourmi (pour qui prend-on parti ?)

(...)

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