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Vivement l'Ecole!

parcoursup

Pourquoi nous refusons le dispositif « Parcoursup », et ce que nous proposons...

29 Avril 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique, #Parcoursup

Résultat de recherche d'images pour "non"

Tandis qu'un certain nombre de voix s'élèvent pour dénoncer la sélection à l'Université, d'autres en font appel au "principe de réalité". Or, que l'on soit totalement, en partie ou pas du tout favorable à la réforme de l'accès à l'enseignement supérieur, le certain est que la plateforme Parcoursup ne saurait en aucune manière répondre au principe d'une orientation "réussie" des étudiant.e.s.

Rappel du contexte

La plateforme Parcoursup a été mise en œuvre dans la plus grande précipitation (entre octobre et décembre 2017), sans aucune concertation avec les établissements du secondaire et du supérieur, et sans même attendre que la loi « relative à l’Orientation et à la Réussite des Étudiants » soit votée par le Parlement : tout le monde a donc été placé devant le fait accompli, bien que hors cadre légal (pour mémoire : la loi ORE a été promulguée le 8 mars 2018, alors que le calendrier de la saisie des vœux par les lycéen.ne.s s’échelonnait du 20 janvier au 13 mars).

En février, après que les enseignant.e.s du secondaire ont dû répondre à l’injonction d’évaluer l' « autonomie », la « capacité à s’investir », la « capacité à réussir » ou la « cohérence » du projet de formation des lycéen.ne.s, en prenant éventuellement en compte leurs loisirs ou leurs activités extra-scolaires afin de les valoriser (la totalité de l’existence de ces jeunes gens, y compris ce qui est censé échapper à la scolarité, tendant du même coup à devenir une valeur d’échange sur le marché de l’enseignement supérieur), il a été annoncé que des commissions d’examen des vœux seraient mises en place au sein des universités, lesquelles auraient vocation à examiner des milliers de dossiers avant de les classer un à un (les ex-aequo ne seraient pas tolérés).

Conscient qu’il serait humainement impossible de procéder à tel classement (que l’on soit complètement, moyennement ou pas du tout favorable à un telle procédure, quel cerveau pourrait comparer puis hiérarchiser, aussi rationnellement qu’équitablement, 3000 voire 5000 dossiers selon les filières ?), le Ministère a mis à la disposition des équipes pédagogiques un outil informatique dit d’« aide à la décision ».

En découvrant cet outil (une formation express a été organisée à Paris les 19-21 mars ; le 9 avril, la version définitive de l’outil n’était toutefois toujours pas accessible), les enseignant.e.s-chercheur.e.s ont compris qu’il leur incomberait d’attribuer, comme bon leur semble, si ce n’est au petit bonheur la chance, d’une part des notes et d’autre part des coefficients aux différents items constitutifs des pièces déposées sur Parcoursup (bulletins de note, « fiches avenir », projets de formation).

Ainsi, on pourrait au choix décider de privilégier les notes obtenues en philosophie, en biologie ou en sport, accorder des bonus à l' « esprit d’initiative » ou à la « méthode de travail » des lycéen.ne.s, donner un grand poids ou pas de poids du tout aux avis émis par les professeurs principaux ou les chefs d’établissement – le tout pouvant de surcroît être paramétré différemment selon les séries de bac, ce qui crée de facto une discrimination entre les diplômes censés légalement garantir l’accès à l’université.

Notre diagnostic

Au cours de ces dernières semaines, nous n’avons cessé de nous interroger, individuellement et collectivement, sur la conduite à adopter vis-à-vis de cette réforme « en marche forcée », de débattre de la façon dont nous pourrions nous approprier cet outil le plus démocratiquement possible, de peser le pire et le « moins pire ».

Au bout du compte, nous sommes nombreux et nombreuses à avoir pris la décision de ne pas constituer les commissions d’examen de vœux, parce que :

-     nous considérons qu’un « paramétrage » statistique dont nous ne maîtrisons ni les logiques ni les effets ne saurait en aucune manière répondre à une orientation « réussie », et encore moins résoudre les véritables problèmes auxquels les étudiant.e.s de première année de Licence sont confrontés ;

-     nous contestons le principe de quantification de données essentiellement qualitatives, de surcroît sujettes à des variations locales impossibles à pondérer, et refusons de déguiser l’arbitraire en mesures objectives ;

-     nous estimons que la préférence accordée par les lycéen.ne.s à telle ou telle formation, le désir et/ ou la nécessité qu’ils et elles ont de s’inscrire dans tel ou tel établissement, est un élément primordial pour décider de leur accueil dans l’enseignement supérieur, et que l’absence de prise en compte de ces données dans Parcoursup (où les vœux ne sont plus classés) rend cette procédure d’autant plus injuste et inappropriée au regard des problèmes qu’elle prétend résoudre.

(...)

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous (Lire en particulier la liste des signataires qui ne forment pas un bataillon de "gauchistes")

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Les étudiants lillois en grève des copies...

24 Avril 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Parcoursup

Les étudiants lillois en grève des copies...

A la fac de droit et de sciences politiques de Lille, les étudiants «grévistes» ont refusé de remplir leur copie d'examen. En lieu et place des réponses attendues, ils ont préféré interpeller ceux qui critiquent leur mouvement et témoigner de leur confrontation avec les forces de l'ordre. Extraits.

Lors des derniers partiels, les étudiants «grévistes» de la faculté de droit et de sciences politiques de Lille, épicentre du mouvement local, ont refusé de composer, respectant ainsi les consignes votées en assemblée générale. Ils ont apposé sur leur copie la mention «étudiant en grève, 10 majoré» : une demande pour obtenir du correcteur la moyenne malgré le boycott. Sur le papier, les slogans au goût de 68 («En grève ! Démocratie, fais-moi marrer») côtoyaient les explications détaillées du soutien au mouvement.

La présence de chacun étant obligatoire pendant la première heure de l'examen, les plumes ont eu le temps de se délier. Parfois, le résultat est lapidaire et rageur : «Composer, c’est se soumettre» ; «Etudiant gazé, étudiant en grève.» La rudesse du cordon de CRS pour empêcher le blocage a été peu appréciée. Une copie raconte : «J’arrive à 12h30 devant la fac de droit. […] Les CRS chargent, lancent des projectiles, frappent avec leurs matraques le petit nombre qui résiste encore. Alors, en raison de la situation, je n’ai pas envie de répondre aux sujets, parce que, non, tout ça, c’est pas des conditions d’examen.» En guise de post-scriptum : «Pardon, fallait que ça sorte !»

D’autres sont plus policés : «Ayant été aux premières loges des mesures violentes et inadmissibles des forces de l’ordre, je me refuse à participer à cet examen.» Enfin, celui-là constate : «Parce que ma gorge est actuellement en feu, parce que ma bouche me gratte (ce qui est une première), parce que mes yeux me piquent, parce que des CRS n’ont pas leur place dans une fac […], je ne composerai pas sur ces sujets qui étaient pourtant très attractifs !»

D’autres tiennent à répondre à ceux qui les prennent pour des étudiants paresseux, prêts à se saisir de l’aubaine pour décrocher leur diplôme «en chocolat», selon les termes d’Emmanuel Macron. Un étudiant énumère ainsi les parties du plan qu’il aurait pu développer, prouve ses connaissances : «Je prends aujourd’hui le risque (de ne pas participer) à ces examens malgré mes révisions», explique-t-il. «Le tout pour continuer d’étudier sereinement, et continuer de me battre pour mon futur et celui des autres.» Il s’affirme contre la sélection, mais surtout pour «plus de moyens pour l’université, tant matériellement qu’humainement.» Une autre copie résume : «Faites entrer l’argent, pas les CRS.» Beaucoup s’inquiètent d’un «modèle éducatif qui ne fait qu’aggraver les inégalités sociales et culturelles». Certains développent : «Ce gouvernement réduit le nombre d’étudiants en fonction des places à l’université, alors qu’il faudrait ajuster les places au nombre d’étudiants. Ce gouvernement néolibéral veut créer la rareté au sein de l’enseignement français, première étape de la libéralisation d’un secteur et de la mise en concurrence des facultés.» Puis assènent : «L’université française est une fierté nationale et doit rester publique, accessible à tous.» En guise de conclusion, ce remake du fameux «En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées» des années Giscard : «Non à la sélection dans un pays dans la première matière première est la matière grise.»   

Stéphanie Maurice correspondante à Lille

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Le scandale de Parcoursup!...

22 Avril 2018 , Rédigé par Rennes-2 / Comité de mobilisation Publié dans #Education, #Politique, #Parcoursup

@PersonnelMobR2

@PersonnelMobR2

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Universités - S'il manque de la place, alors élevez des murs, construisez des salles et des amphis, formez des enseignants et ECLAIREZ CE PAYS!!

21 Avril 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Parcoursup

Universités - S'il manque de la place, alors élevez des murs, construisez des salles et des amphis, formez des enseignants et ECLAIREZ CE PAYS!!

L'argument consistant à dire: "Il faut sélectionner pour entrer à l'université puisque dans la vie il y a de la sélection!" est d'une stupidité rare. ⤵️

Car contrairement à ce qu'affirme le bourrage de crâne ambiant, la "sélection" de candidats par l'entreprise ne se fait DU TOUT sur les critères imposés par le gouvernement pour l'université. ⤵️ 

Ces critères sont obsolètes, datés, d'une injustice très XIXe siècle. C'est hallucinant d'être à ce point ancré dans un monde ancien. ⤵️

Enfin, avec Parcoursup, l'université française se voit imposer, de fait, une mission de tri qui n'est pas et ne doit pas être la sienne. L'université instruit, ouvre les esprits, éclaire les femmes et les hommes, propose des voies différentes, explore l'inconnu...⤵️

Et ceci sans distinction. S'il manque de la place, alors élevez des murs, construisez des salles et des amphis, formez des enseignants et ECLAIREZ CE PAYS!!

Christophe Chartreux - @ProfToujours

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Tolbiac dévastée par les étudiants? Trop facile madame la Ministre... Regardez ces photos... Bien avant Tolbiac...

20 Avril 2018 , Rédigé par Ruines d'université Publié dans #Education, #Parcoursup

Tolbiac dévastée par les étudiants? Trop facile madame la Ministre... Regardez ces photos... Bien avant Tolbiac...

Tout cela c'était avant Tolbiac. Et personne ne pleurait sur le sort de l'université! Alors voir se répandre maintenant de manière opportuniste des larmes de crocodile me révolte!

Christophe Chartreux

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Ruines d'Université

De nombreux centres de recherche et universités sont aujourd'hui au bord de la ruine (financièrement). Résultat ? Beaucoup tombent en ruines (littéralement) ! Sciences en marche entend dénoncer les conditions matérielles affectant le travail des personnels et des étudiants. Le manque de moyens a des conséquences sur la qualité de l'enseignement et de la recherche, mais aussi sur nos vies quotidiennes !
 
Et oui, hésiter à aller aux toilettes, travailler à 12 dans 20 m2 ou étudier dans un amphi non chauffé complique beaucoup nos études ou nos missions de recherche et d'enseignement. Participez : ruinesduniversite@gmail.com - http://sciencesenmarche.org
Toujours la fac de droit de Nantes, toujours pas d’isolation, mais pas de chauffage non plus. #Glaglagla

Toujours la fac de droit de Nantes, toujours pas d’isolation, mais pas de chauffage non plus. #Glaglagla

Faculté de droit à Nantes, mais où est passée l'isolation ?

Campus Saint Charles d'Aix Marseille

Allons nous laver les mains à la faculté de droit d'Aix Marseille

Allons nous laver les mains à la faculté de droit d'Aix Marseille

Des cerveaux au plafond de la Bibliothèque Universitaire de Metz ? #TracesJaunes

Des cerveaux au plafond de la Bibliothèque Universitaire de Metz ? #TracesJaunes

Le Batiment U3 de l'Université Paul Sabatier à Toulouse recherche une solution antipelliculaire…

Le Batiment U3 de l'Université Paul Sabatier à Toulouse recherche une solution antipelliculaire…

Qui a volé le lavabo des toilettes de l'Institut d'Etudes Politiques de Strasbourg ??? #LeJointEnPapierTiendraTilLeCoup?

Qui a volé le lavabo des toilettes de l'Institut d'Etudes Politiques de Strasbourg ??? #LeJointEnPapierTiendraTilLeCoup?

Descente aux enfers à l'Université des Sciences de Nancy. Non, ce n'est pas un passage secret. #MaisBienPourLesEtudiants

Descente aux enfers à l'Université des Sciences de Nancy. Non, ce n'est pas un passage secret. #MaisBienPourLesEtudiants

Fenêtres en aluminium et encadrement en bois à l'Université des Sciences de Nancy. Idéal pour laisser passer le froid, l'humidité, et provoquer de belles moisissures autour des fenêtres et sur les murs ! #GlaGla

Fenêtres en aluminium et encadrement en bois à l'Université des Sciences de Nancy. Idéal pour laisser passer le froid, l'humidité, et provoquer de belles moisissures autour des fenêtres et sur les murs ! #GlaGla

Université Lyon 2: Asthmatiques s'abstenir.

Urinoir bouché depuis une semaine, ça sent pas le sapin de Noël à Tolbiac

Urinoir bouché depuis une semaine, ça sent pas le sapin de Noël à Tolbiac

Rampe anti-handicapés à Lyon 2 campus de Bron (rampe de livraison évidemment, humour)

Rampe anti-handicapés à Lyon 2 campus de Bron (rampe de livraison évidemment, humour)

Un père d'étudiant, en 2009, vient chercher son fils à la fac de lettres de l'université d'Aix Marseille. Sidéré par le contraste entre la beauté architecturale du lieu et le sort qui lui était réservé, il a pris ces photos.

Un plafond de l'université Bordeaux Montaigne, c'est pour le TD de cache cache et saute moutons

Un plafond de l'université Bordeaux Montaigne, c'est pour le TD de cache cache et saute moutons

universiteenruines
Le plafond du 1er étage de la faculté de lettres de l'université Aix Marseille, campus Aix en Provence, ambiance loft

Le plafond du 1er étage de la faculté de lettres de l'université Aix Marseille, campus Aix en Provence, ambiance loft

universiteenruines
Lavabo poubelle à Aix-Marseille !

Lavabo poubelle à Aix-Marseille !

 

Bienvenue à l'Université des Sciences Humaines d'Aix Marseille. Non, il n'y a pas eu de tremblement de terre. #UniversitéEnRuines

Université de Reims Champagne Ardennes. TP sur la mécanique des fluides ? Etrange pour une univ’ de Sciences Humaines et Sociales #EtLesShadocksPompaientPompaient

Université Paris Est: L'école sans colle qui colle, la porte d'entrée sans porte, et les budgets sanctuarisés sans budgets #ToutVaBien


Université Paris Est: L'école sans colle qui colle, la porte d'entrée sans porte, et les budgets sanctuarisés sans budgets #ToutVaBien

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Les trompettes de Parcoursup...

20 Avril 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique, #Parcoursup

D'après les éléments de langages du gouvernement, APB était une usine à gaz pratiquant un scandaleux tirage au sort. Parcoursup va-t-il faire mieux?

Parcoursup est un service proposé par l'état qui permettra prochainement d'affecter futurs bacheliers dans les filières d'enseignement supérieur de leur choix.

L'état chaque année fait face à la déclinaison d'un ancien et classique problème de mathématiques appliquées : les mariages stables. 

L'enjeu est de taille, maximiser le nombre de couple candidat/formation stable dans le temps tout en maximisant la satisfaction générale ou à défaut minimiser l'insatisfaction générale.

Nos données d'entrées sont simples : 887 681 candidats et 13200 formations.

  1. Un problème de ressources

    Remarquons dans un premier point un certain déséquilibre. Le nombre de places disponible dans l'enseignement supérieur est inférieur au nombre de prétendants. Ce déséquilibre est encore plus flagrant cette année à cause du mini choc démographique des années 2000. Ce sont ces bébés 2000 qui frappent aujourd’hui à la porte de l'enseignement supérieur.

    Le problème n'est donc plus seulement de répartir au mieux huit œufs dans une boite de huit, mais de placer huit œufs dans une boite de six. Il faut être très clair, même le meilleur algorithme d'affectation au monde est incapable résoudre ce problème. Il y aura des œufs cassés. L'enseignement supérieur est face à un manque de ressources structurelles qui l'empêche de pourvoir honorer ses promesses.

  2. Le meilleur algorithme

    C'est un problème de mathématiques caractérisé par une forte explosion combinatoire à la frontière entre la théorie des systèmes complexes et la théorie des jeux. Ce problème des mariages stables fut résolut en 1962 par David Gale et Lloyd Shapley par un algorithme qui porte désormais leurs noms. 

    Chose importante à retenir, l'algorithme de Gale Shapley est reconnu actuellement comme le meilleur algorithme d'affectation. La puissance de l'algorithme de Gale Shapley réside dans le classement. Le candidat classe ses vœux dans l'ordre de préférence désiré sans aucune stratégie.

    Entre 2009 et 2017, le service Admission Post Bac chargé d'affecter les bacheliers implémentait cet algorithme. La plateforme APB réalisait plutôt bien la tâche qu'on lui avait attribué avec un vœux proposé à 80,6% des candidats dès le premier tour en 2016.

    APB a un ancêtre toujours vivant : SCEI, le Service des Concours des Écoles d'Ingénieurs mis en place au début des années 2000 à l'initiative du Professeur Bernard Koehret de l'Institut National Polytechnique de Toulouse. Impressionné par l'efficacité de cet outil, l'état a commandé une version pour l'admission dans l'enseignement supérieur avec quelques aménagements, APB était né. Le gouvernement actuel considère peut être que APB est une « usine à gaz » mettant en pauvre un scandaleux « tirage au sort », mais nos grandes écoles d'ingénieurs continuent d'utiliser la version originelle pour affecter les candidats suite à aux concours d'entrées. Les grandes écoles d'ingénieurs savent que lorsque cet outil est bien utilisé il réalise un excellent travail.

(...)

"Ingénieur différent"

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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Parcoursup : la ministre a-t-elle menti?...

17 Avril 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Parcoursup

Parcoursup : la ministre a-t-elle menti?...

Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, avait affirmé à «Libération» qu'«aucun candidat à l’université ne recevra un "non"» sur la plateforme de vœux post-bac. Mais une fiche technique de son ministère montre l'inverse.

«Aucun candidat à l’université ne recevra un "non". Il aura un "oui" ou un "oui si"», affirmait il y a peu à Libé la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. C’était le samedi 17 mars, dans son bureau, rue Descartes. Les élèves venaient d’inscrire leurs vœux dans la toute nouvelle plateforme Parcoursup, la ministre se voulait rassurante, rejetant d’un bloc les critiques de sélection à l’entrée de l’université. A la question : «Vous dites donc qu’il y aura une place pour chaque élève qui le souhaite ?» Elle répondait : «Oui. C’est l’objectif que l’on poursuit. Nous travaillons tous les jours pour ça.»

A lire aussi la chronique «Parcoursup, année zéro» qui donne la parole aux élèves et profs en première ligne face à la réforme

Nous voici un mois plus tard. Une fiche technique, publiée sur le site de la DGesip (une direction technique du ­ministère), montre tout l’inverse. A l’issue de la procédure Parcoursup, le 6 septembre, des élèves «en attente» pourront recevoir une «notification de décision négative induite par l’examen des candidatures». Ce document, révélé vendredi par l’agence de presse AEF, ­prévoit expressément l’hypothèse qu’«au terme de la phase principale de la procédure nationale de préinscription (6 septembre) des candidats n’[aient] pas reçu de "oui" ou de "oui si" dans une formation qu’ils ont sollicitée». Dans ce cas, lit-on, ces candidats «sont informés qu’il n’a pu être donné une suite favorable à leur candidature compte tenu du nombre de places disponibles dans la formation et de leur rang de classement parmi les candidats retenus».

Interrogé dimanche, le ministère reconnaît que «de fait, un "en attente" pourra se transformer en un "non" à partir du 6 septembre. Ce sont des décisions constatant l’impossibilité matérielle à la fin de la procédure d’accueillir tous les étudiants en attente.» Et d’insister : «Il s’agit juste d’anticiper une situation qui va peut-être arriver, même si on fait tout pour qu’elle n’arrive pas.»

[Ajout à l’article, le 16 avril 2018 à 11 heures]: Le ministère de l’Enseignement supérieur tient à préciser que «19 000 places supplémentaires dans les universités seront financées pour la rentrée 2018 et que la commission d’accès à l’enseignement supérieur va travailler pour proposer des solutions aux candidats sans propositions d’admission dès les résultats du bac.»

Marie Piquemal

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Message de soutien d’un vacataire de Rennes-2 aux étudiant.es grévistes...

16 Avril 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique, #Parcoursup

Message de soutien d’un vacataire de Rennes-2 aux étudiant.es grévistes...
Après avoir indiqué sur twitter qu'un de mes cours à Rennes-2 était annulé, que je le regrettais mais soutenais la mobilisation, des étudiants m'ont questionné. Ce texte a été rédigé afin d'être lu lors de leur l'Assemblée Générale du lundi 16 avril à Rennes-2.

Pour me présenter rapidement, je suis formateur et vacataire dans diverses universités. Rennes-2 est la première à m’avoir recruté, dans une filière particulière (le D.U. Métiers des bibliothèques) et sur un horaire minuscule : en effet, je n’y interviens que 2 h par an, une séance, généralement la dernière journée du parcours. Cette année, ce devait être le lundi 16 avril après-midi. L’université étant bloquée, ce cours est annulé. Je ne suis pas très surpris, je le regrette, mais je le comprends parfaitement et souhaite ici apporter mon soutien à la mobilisation pacifique.

Avant toute chose, comprenez que pour un vacataire, une heure non réalisée n’est pas payée. J’ignore si nous pourrons rattraper ces cours, je l’espère, mais j’en doute. Par ailleurs, contrairement aux années passées, je ne suis plus fonctionnaire : actuellement je vis uniquement de droits d’auteurs et de mes cours. Cette perte financière est donc sensible. Je précise tout cela pour expliquer que je comprends très bien les délicates situations dans laquelle certain.es collègues vacataires peuvent se trouver. J’espère que le très beau succès de la caisse de solidarité avec les cheminot.es pourra aussi leur profiter.

En ce qui me concerne, ce ne sont que deux heures, et j’ai heureusement eu d’autres revenus. Mon regret le plus important n’est pas financier, il est face à l’impossibilité de donner cours, pour mes élèves et l’ensemble des élèves de Rennes-2 en général. Bloquer, c’est un échec. C’est la dernière solution. C’est un acte contre-intuitif : quand on défend l’éducation pour tout.es, empêcher des cours ce n’est pas naturel. La logique est la même que lorsque l’on défend le service public des transports et que l’on empêche les trains de rouler. C’est bien parce que l’on veut en voir rouler longtemps, plus nombreux et partout qu’ils sont stoppés lors de la grève.

La réforme de l’université est violente, socialement violente, construite de manière absurde – par exemple la lettre de motivation sur Parcoursup, un outil souvent obsolète, mais totalement marqué par l’origine sociale –, introduisant une brèche de plus dans l’universalisme, que l’université porte pourtant dans son nom même. La sélection existe déjà mille fois avant l’université, elle existe quand on n’a pas de bureau chez soi pour travailler, quand des étudiant.es ne peuvent pas se nourrir correctement, car devant choisir entre loyer et repas, quand certain.es doivent travailler 15 heures par semaine alors que d’autres peuvent se consacrer pleinement à leurs études. Je suis né du bon côté, je n’ai pas eu à vivre ces difficultés, mais je les vois constamment et la réforme actuelle ne conduira qu’à les creuser.

Il faut défendre l’ouverture maximale de l’université, à toutes et tous, à tous les âges, quel que soit son parcours, ses papiers, etc. Nous sommes malheureusement dans un contexte où seul le rapport de force est compris, où la répression est partout maximale : contre les étudiant.es, les cheminot.es, les salarié.es... Quand un gouvernement préfère dépenser 300 000 €/jour à détruire une utopie concrète, comme sur la ZAD de NDDL, au lieu de l’injecter dans l’éducation ou les hôpitaux, il s’avère qu’il n’y a pas de choix. Il n’y a jamais eu un semblant d’écoute des craintes et des propositions des étudiant.es.

Je regrette profondément ce blocage, je regrette toujours que l’éducation, vectrice de l’émancipation, soit un moment interrompue. Mais les fautifs ne sont pas les étudiant.es, comme les fautifs des trains annulés ne sont pas les grévistes. Le responsable c’est le gouvernement, même s’il s’en défausse sans cesse dans une autorité forcée, qui est l'inverse du courage.

On ne bloque pas de gaieté de cœur, même si ce peut être l’occasion de beaux moments d’échanges et d’expériences intéressantes. À ce titre, j’appelle donc de mes vœux la naissance d’une université populaire à Rennes-2, comme cela s’est vu ailleurs. Un lieu de dialogue, de débat, de convergence (et pas que des luttes !). Dans ce cadre, je serais ravi de proposer un cours sur les « Bibliothèques, lieux du lien social » ou autre chose de ce type. Et je suis certain que des dizaines d’autres personnes se proposeront.

Maël Rannou
Auteur, formateur, ex-bibliothécaire

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Parcoursup: «On ne peut pas prédire la réussite d'un élève»...

12 Avril 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Parcoursup

Parcoursup: «On ne peut pas prédire la réussite d'un élève»...

Elèves, profs, conseillers d’orientation mais aussi enseignants-chercheurs… Tous sont en première ligne face à la réforme de l’accès à l’enseignement supérieur, qui se met en place à toute vitesse. «Libération» leur donne la parole pour qu’ils racontent les bouleversements en cours.

Aujourd’hui, Julien Gossa, 37 ans, maître de conférences en informatique à l’université de Strasbourg

Depuis septembre, il tient sur Educpros le blog «Docs en stock: dans les coulisses de la démocratie universitaire», où il décrypte ce qui se joue en ce moment à l’université. Dans son dernier post, il explique ce que veut dire concrètement «ouvrir une place» dans un amphi.

«Trier des dossiers, je sais ce que c’est. Je fais ça depuis dix ans, car j’enseigne en DUT informatique (une filière sélective, à l’intérieur de l’université, ndlr). Donc classer les candidatures, comme s’apprêtent à faire tous les collègues de licence, je connais bien. Dans mon équipe, on a essayé beaucoup de choses pour améliorer le recrutement et diminuer au maximum le taux d’échec. Notre système de sélection est performant. Pourtant, il ne fonctionne pas. Pour une raison simple: on ne peut pas prédire la réussite d’un étudiant.

À défaut, on sélectionne les élèves les plus scolaires. Bien sûr, il y a les bons élèves qui réussiront partout. Mais pour les autres, ceux qui ont entre 9 et 13 de moyenne, on ne peut pas savoir. Il y a des lycéens avec des mauvaises notes, un comportement qui laisse à désirer au lycée, qui vont réussir par la suite. D’autres, au contraire, sages comme des images avec des notes correctes, découvrent la vie nocturne et se plantent royalement en première année. Il n’y a rien d’écrit et de prévisible.

Dans notre département, pour l’IUT informatique, on faisait jusqu’ici ce travail d’ouvrir un à un chaque dossier: lire les lettres de motivation pour éviter les grosses erreurs d’orientation notamment et repêcher quelques élèves motivés mais avec des notes limites. On appelle ça des paris.

Ce travail de tri est long et ultrachiant, il faut le dire. Et assez déprimant car on refuse beaucoup d’élèves gentils et volontaires. Jusqu’ici, ils avaient une deuxième chance. L’université servait de filet-trampoline : on savait que les élèves que l’on refusait pouvaient aller à la fac, et même retenter leur chance à l’entrée de l’IUT à la fin de la première année. Avec cette réforme, ce filet disparaît, désormais les élèves sont classés partout. Cette réforme a une autre conséquence bien concrète, la concurrence généralisée y compris au sein d’une même université, comme entre notre DUT et les licences.

Jusqu’ici, nous avions très peu d’informations sur la façon dont la réforme allait se mettre en place. Les équipes étaient dans l’attente. Les premières réunions concrètes commencent à peine, maintenant qu’il est trop tard pour en discuter. Les candidatures doivent être triées d’ici le 18 mai.»

Marie Piquemal

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Nicolas Offenstadt, prof à Tolbiac : "Les étudiants des facs occupées mènent une juste lutte"...

11 Avril 2018 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Politique, #Parcoursup

Nicolas Offenstadt, prof à Tolbiac : "Les étudiants des facs occupées mènent une juste lutte"...

Historien engagé et maître de conférences à Tolbiac, Nicolas Offenstadt soutient ouvertement les étudiants de la fac occupée Paris-I-Panthéon-Sorbonne dans leur mobilisation contre la loi orientation et réussite des étudiants (ORE), parfois rebaptisée "loi Vidal" ou "Parcoursup" – du nom de la nouvelle plateforme d'admission post-bac.

Pour lui, l’occupation d'universités à travers le pays est loin d’être anecdotique. "Je suis profondément opposé à toute forme de sélection à l’entrée de l’université", déclare à "l'Obs" cet universitaire, qui dispensera ce mardi matin un "cours alternatif" aux élèves grévistes. Entretien.

La fronde dans les universités s’étend partout en France depuis quelques semaines. Son ampleur est-elle sous-estimée par le pouvoir ? A titre personnel, pourquoi la soutenez-vous ?              

Je suis profondément opposé à toute forme de sélection à l’entrée de l’université. D’autant plus que c’est un âge où les choix sont encore bien incertains. Il faudrait au contraire tout faire pour que les futurs étudiants ne soient pas sous pression, mais puissent s’orienter souplement. Or, on voit bien que diverses réformes essayent d’introduire une sélection, sous différentes modalités plus ou moins hypocrites. Au lieu de bâtir des systèmes de sélection injustes et absurdes, ne faut-il pas mieux organiser un financement en fonction des besoins, qui sont évidents ? 

L’accent mis sur la sélection dans cette réforme de l’accès à l’université accroît-il, selon vous, les inégalités entre les élèves ? Quelle alternative préconisez-vous ?

Je suis partisan d’une toute autre politique universitaire, à l’opposé de tout ce qui est fait depuis des années au détriment de la formation des étudiants et de la qualité de l’institution dans son ensemble. Il convient d’abord de penser l’université comme un service public, au sens le plus complet du terme, ce qui veut dire valoriser son caractère national et non pas une pseudo-concurrence entre des établissements qui ne sont pas faits pour cela. Ce qui signifie encore que la formation est autant celle de personnalités citoyennes disposant d’un savoir humaniste et critique que celle de jeunes professionnels.

Faire de l’université un lieu purement utilitariste et producteur d’immédiateté ne peut conduire qu’à des sociétés faibles, soumises et tendues.            

Enfin, cela implique de maintenir des logiques vraiment publiques en termes de financement, de gouvernance et de choix et non pas chercher à faire pénétrer des logiques (et des institutions) libérales et entrepreneuriales dans un monde qui n’a rien à voir avec cela.  

Ce mardi matin, vous allez dispenser aux étudiants grévistes un cours alternatif sur "l’exploration urbaine, nouveau terrain pour les luttes sociales ?". Pourquoi ? 

D’abord parce que les étudiants des facs occupées mènent une juste lutte, parce qu’il faut encourager leurs capacités critiques et enfin parce que je pense qu’une lutte et une occupation doivent être l’occasion de réflexivité, d’interrogation sur ses actions, d’où un thème qui permette de réfléchir sur les occupations alternatives des espaces urbains contemporains, au-delà de l’immédiateté.

Bon nombre d'"explorateurs urbains" affirment vouloir desserrer les contraintes spatiales de nos villes d’aujourd’hui, celle du capitalisme qui rend tout marchand et des pensées sécuritaires. De même il est utile de réfléchir à ce que peuvent apporter les historiens et les spécialistes des sciences sociales aux usages des lieux vides, abandonnés, ou occupés de manière alternative, et surtout à la compréhension et l’analyse de ces usages.  

Sur place, les étudiants se sont baptisés "Commune libre de Tolbiac". Ce clin d’œil à l’histoire fait-il sens ?              

Toute construction d’un rapport politique au passé est un choix. Il n’y aucun sens préétabli qui serait à valider. Ici, ce peut être une inscription dans les révoltes du mouvement ouvrier français (on pense d’abord à la Commune de Paris en 1871), mais aussi un clin d’oeil, volontaire ou involontaire, à toutes les prises de pouvoir progressistes qui ont essayé des modèles alternatifs, notamment après la Première Guerre mondiale.

Ce type d’appellation sous-tend aussi souvent l’idée d’un pouvoir qui ne soit pas autoritaire comme ont pu l’être ceux du bloc de l’Est avec au départ des idéaux d’un autre ordre. 

Vous avez vous-même été étudiant en histoire à Tolbiac, dans ces locaux bâtis quelques années après Mai-68… Quels souvenirs en conservez-vous ? Y avez-vous jadis fait grève en tant qu’étudiant ?              

J’ai été socialisé politiquement dans la lutte contre la sélection, contre la réforme Devaquet qui a justement échoué devant la mobilisation étudiante en 1986. J’ai encore les slogans en tête. Nous avons lutté avec beaucoup de sérieux, et de drames, avec la mort de Malik Oussekine qui reste gravée dans ma mémoire.

Tolbiac était très mobilisé déjà et je me rappelle combien nous avons été heureux de rencontrer Cohn-Bendit dans une des manifs, nous avions nous aussi, ainsi, l’impression de faire le lien avec les luttes passées.

J’ai beaucoup aimé ces années à Tolbiac, le milieu étudiant y était très ouvert, divers et nous échangions bien au-delà de nos disciplines d’origine, ces rencontres ont beaucoup contribué à ma formation générale.            

Vendredi soir, certains de vos étudiants en grève ont été visés par des projectiles. Un épisode qui fait écho à l’agression violente survenue à Montpellier. Comment analysez-vous ces descentes dans les facs conduites par l’extrême droite ?

La violence physique fait partie du répertoire de l’extrême droite depuis bien longtemps. Les nouveaux mouvements actualisent son usage selon les enjeux. C’est congruent avec le reste de leur discours politique. C’est aussi, classiquement, un moyen publicitaire pour des groupes marginaux.

Propos recueillis par Charlotte Cieslinski

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