Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

parcoursup

Parcours sup, aboutissement stupide d’un système éducatif stupide?...

27 Mai 2018 , Rédigé par Le blog de Bernard Collot Publié dans #Education, #Politique, #Parcoursup

Parcours sup, aboutissement stupide d’un système éducatif stupide?...

Parcours sup n’est que la fin logique et absurde de la conception et de la finalité d’un système éducatif. Sa finalité est répétée sans ambiguïté dans tous les documents produits depuis des années en particulier par les instances européennes comme l’OCDE : « produire » les adultes-travailleurs dont le libéralisme et l’économie de marché ont besoin (lire à ce propos toutes les analyses de Nico Hirtt, les plus fines et documentées que je connaisse).

Que cela se finisse par un processus de sélection (les dispatcher quelque part !) n’est que logique.

La pression d’un parcours sup commence dès la maternelle. Tout le temps de construction des enfants en adultes est placé sous le signe de la pression et de la contrainte : contraintes physiques (obligation du temps scolaire, immobilité, rythmes…) pression psychologique (réussir, notes, évaluations, devoirs…), pression cognitive (alors que l’on sait que cette dernière est contre-productive)… tout ceci caractérise bien les techniques quasiment scientifiques de formatage. Je trouve stupéfiant que même les « gauchistes » affichés ne le voient pas, à moins qu’ils ne le voient trop bien pour s’en servir eux aussi.

Mais cet aboutissement d’un parcours… du combattant (de ceux qui n’ont jamais demandé d’être combattants sans qu’ils sachent même pourquoi il fallait qu’ils combattent) par un « parcours sup », avant même la ligne d’arrivée, atteint le sommet de l’absurdité : la pression de la dernière année est au maximum pour obtenir le bout de papier, l’objet final qui avait été découpé en multiples tranches pour être greffé successivement dans la chaine industrielle scolaire. Et voilà que dans la même année, alors qu’aucun ne sait encore si le bout de papier sera obtenu, il faut qu’à l’avance tous se prennent obligatoirement la tête pour cocher ce qu’ils voudraient faire de leur vie sans aucune assurance qu’une voie choisie les conduise quelque part (pour ceux qui ont l'envie d'une voie et si la voie est acceptée… pour les mieux formatés !)[1]. Et on voudrait ensuite une société sereine, déstressée, non violente ? Heureusement (pour l’économie et le libéralisme) qu’il n’y a pas suffisamment de places dans les universités : si tous ceux qui voudraient y aller le pouvaient, qui ensuite ramasserait les poubelles ? Même la « lumière » Voltaire le disait : Je vous remercie de proscrire l’étude chez les laboureurs. Moi qui cultive la terre, je vous présente requête pour avoir des manœuvres et non des clercs tonsurés. [2]»

Critiquer, contester un algorithme qui dispatche mal vers un aval plus qu’incertain alors qu’il faudrait remettre en cause tout l’amont scolaire, sa finalité et l’environnement social qui l’imposent, c’est éviter de voir ce à quoi nous condamnons les enfants, adolescents et jeunes adultes par un système éducatif qui n’a jamais été fait pour eux et leur autonomie d’adultes ; nous y avons été nous-mêmes condamnés, c’est probablement pour cela que nous le perpétuons par notre passivité. Il faudra peut-être attendre quelques siècles pour que des historiens décrivent cette période comme un des obscurantismes les plus stupides de l’histoire de nos sociétés, malgré les smartphones, les bagnoles, et autres gadgets… mais elles se seront très probablement autodétruites d’ici là.

Bernard Collot

PS : Il y a trois ou quatre ans j’avais fait des billets (ici, …) pour suggérer la suppression du bac : Oulala ! Politiquement et même révolutionnairement absolument incorrect !

[1] Autrefois la finalité du système éducatif était bien la même. Mais d’une part la sélection définitive avait commencé bien avant pour la sortie du système éducatif, il y en avait donc moins à « filtrer », d’autre part avec une université dont la rentrée n’était que mi-octobre, il y avait un certain temps pour réfléchir, se décider et s’organiser pour ceux qui avaient franchi le cap du bac (et même le temps d’aller faire les vendanges pour payer le futur loyer).

[2] Lettre à M. de la Chalotais, 28 février 1763

Et son blog à suivre absolument en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Trier et résigner... Comment Emmanuel Macron s'attaque à la jeunesse...

27 Mai 2018 , Rédigé par Sarkofrance Publié dans #Education, #Politique, #Parcoursup

Trier et résigner... Comment Emmanuel Macron s'attaque à la jeunesse...

EXTRAITS

Qui aurait pu croire que le plus jeune président que la Vème République ait connu serait aussi le plus dur et le plus injuste avec la jeunesse ? La politique macroniste prend tout son sens quand elle s'applique aux plus jeunes du pays.

(...)

Trier

Mardi, une centaine de personnes, pour moitié des lycéens, ont été placées en garde à vue, une garde à vue prolongée de 24 heures le lendemain pour une vingtaine de mineur.e.s. En cause, la brève occupation d'une salle du lycée Aragot à Paris XIIème arrondissement, où se déroulait une AG après la manifestation de la fonction publique le jour même. En toute illégalité, les parents des élèves mineurs incarcérés n'ont été prévenus qu'une dizaine d'heures plus tard. Interrogé, le ministre de l'intérieur Gérard Collomb nie tout problème et met en garde: "la première chose que les professeurs devraient dire à leurs élèves, c'est qu'effectivement quand on est un jeune mineur, on ne va pas nécessairement occuper son lycée, ni aller dans les manifestations qui peuvent dégénérer." Quelques interpelés témoignent plus tard que le même message leur a été délivré par les policiers: "ne participez pas à ces manifestations."

Ce même mardi, les premiers résultats d'affectation post-bac géré par les algorithmes de la nouvelle plateforme Parcoursup sont publiés: 400 000 élèves - les moins bon.ne.s et/ou celles et ceux des lycées les moins prestigieux -  sont en liste d'attente. Ils n'auront, au cours de l'été, que des délais de plus en plus courts pour répondre aux éventuelles réponses positives qui leur parviendront plus tardivement. Parcoursup a été construit sur les décombres d'APB, quand ce dernier système était fustigé pour avoir confié 0,4% des affectations dans l’enseignement supérieur en 2017 à un tirage au sort.

Parcoursup est une supercherie libérale et un fiasco politique: ce nouveau système a laissé les facultés publiques libres de sélectionner comme elles l'entendent, à l'exception d'une proportion minimale d'élèves boursiers. Il a supprimé la hiérarchisation des vœux, ce qui inévitablement provoque des "embouteillages" monstres de candidatures dans les établissements et favorise l'attribution des meilleures places aux élèves des meilleurs établissements.

Cette sélection ne dit pas son nom, elle n'est pas avouée, ou à peine, par les responsables macronistes: mardi 22 mai, Macron ose parler de "sélection par le mérite"; Dès les premières heures du fiasco, la ministre de l'enseignement supérieur tente de minimiser les problèmes: elle promet qu'avant le bac (dans une quinzaine de jours) "deux tiers des lycéens auront une réponse", positive ou négative, ce qui en creux signifie qu'environ 250 000 élèves seront encore dans l'incertitude.

"Par-delà la technique (la plateforme, l’algorithme), il y a bien une philosophie, celle de la concurrence généralisée, entre les élèves d’abord, entre les établissements ensuite, au moyen d’une sélection qui ne dit pas son nom". Tribune d'universitaires publiée par Libération le 25 mai 2018.

En Macronista, on trouve cela "normal". On trouve normal d'avoir à définir un projet professionnel dès l'âge de 17 ou 18 ans. Normal d'être en concurrence pour suivre un enseignement public, normal d'être sélectionné sur des notes de première et (partiellement) de terminale sans attendre le bac national. Normal d'appliquer les règles de sélection du privé au public. Normal de trier les élèves sur des notes non unifiées, prélude à la réforme élitiste du bac.

Cette précarisation des futurs étudiants est un prélude. Parcoursup est une étape essentielle dans la politique de classe, une première étape dans l'apprentissage de la discipline et la résignation: "le président de la Start-up Nation était en fait un vieux con comme les autres" écrit un enseignant sur son blog. C'est l'un des meilleurs résumés de cette supercherie. Le gros du contingent des refus d'affectation ou de mise en attente concernent les départements moins riches et les établissements jugés "moins" bons.

Résigner

La politique macroniste a donc fait de la jeunesse l'une de ses proies prioritaires: le projet est quasi-thatchérien. Il s'agit (1) d'inculquer que la précarité est un état normal et non contestable et qu'il n'y a pas d'alternative politique et sociale; (2) de nier la lutte des classes en créant suffisamment de situation de concurrence entre tous, et, évidemment, (3) de soigner les premiers de cordée de la France d'en haut et protéger leurs rentes.

Le projet macroniste pour la jeunesse a commencé par la suppression maladroite des APL, puis la suppression discrète des classes rurales pour permettre le dédoublement plus médiatisé de milliers de classes en zones d'urgence, puis l’annulation de 2600 recrutement d'enseignants du second degré au budget 2018. Il s'est poursuivi avec la répression violente des occupations d'universités.

L'aveu récent du ministre de l'Education nationale que cette équipe macroniste ne consacre pas d'investissement majeur dans son "interview-bilan" au JDD début mai est passé presque inaperçu: "les contraintes économiques" ne sont pas pour tout le monde. Le gouvernement gère une fausse pénurie quand il s'agit des services publics pour tous, qui n'affecte pas la redistribution fiscale généreuse pour les plus fortunés du pays.

En février dernier, le gouvernement a lancé sa réforme de l'apprentissage, dans une nouvelle loi baptisé "Liberté de choisir son avenir professionnel" (sic!): il y a des progrès - une maigre allocation de 500€ pour passer un permis de conduire (dont le coût moyen est d'environ 1400€), l'extension des réductions étudiantes aux apprentis, une obole de 30 euros supplémentaires par mois - mais cette réforme suit une logique qui n'a pas fait ses preuves: elle étend l'âge limite de 26 à 30 ans, une aubaine subventionnée pour les entreprises, pour une rémunération dérisoire (715 euros mensuels).

Mais la plus grave des réformes contre la jeunesse fut celle du bac et des affectations post-bac: un bac plus élitiste (contrôle continu, renforcement des matières littéraires, grand oral au bac) et une sélection sur dossier étendu à toutes les établissements de France sur fond de gel des moyens, hors inflation, de l'Education nationale en 2018, qui dit mieux ?

De l'étranger, Macron commente. Jupiter n'est pas content qu'on l'attaque. Il s'obstine, et répète, telle Maggie au Royaume Uni il y a 40 ans, qu'il n'y a pas d'alternative possible. Interrogé par son amie journaliste Ruth Elkrief sur BFM TV , le jeune monarque prévient: "Aucun désordre ne m’arrêtera. Le calme reviendra." Cette obstination cherche à résigner le plus grand nombre. Le message est clair: vous pouvez manifester, protester, ou râler, rien ne bougera, rien de changera.

(...)

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Lire la suite
Lire la suite

Parcoursup... Paroles d'élèves...

26 Mai 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Parcoursup

Parcoursup... Paroles d'élèves...

EXTRAITS

Vendredi, 338 551 candidats n’avaient obtenu aucun de leurs vœux ou étaient en attente sur la plate-forme, dont les premiers résultats ont été donnés mardi.

« Tous les matins, je me réveille dix minutes plus tôt, et je me connecte directement sur Parcoursup avec l’espoir d’avoir remonté dans les listes d’attente. »

« Il faut attendre que les meilleurs élèves, qui sont pris partout, nous libèrent des places »

« Quand, après ces mois d’attente, de stress et d’espoir, nous avons vu un en attente s’afficher pour huit vœux, plus deux refus, nous avons eu le sentiment de recevoir une gifle d’une violence inouïe »

Scotchés sur l’application Parcoursup de leur smartphone dans l’attente d’une possible réponse, « les élèves en parlent tous les jours en classe, commente Fabienne, enseignante dans un lycée du Val-de-Marne : untel “qui a avancé sur sa liste d’attente”, un autre “qui a été pris”, etc. »

« Une copine n’a eu que des réponses en attente, elle est très loin dans les classements des listes d’attente, est-ce qu’il vaudrait mieux qu’elle redouble pour avoir un meilleur dossier l’année prochaine ? »

« On a un groupe Facebook qui regroupe l’ensemble des terminales arts appliqués de France. Les messages du type “je suis 4e sur liste d’attente à tel endroit, désistez-vous vite” s’y multiplient »

Beaucoup d’autres, au contraire, estiment que leur mérite ou celui de leur enfant, « très bon élève » ou « premier de sa classe », n’a pas été reconnu comme on l’avait promis.

« Sans savoir ce qui a pu me classer aussi mal, je me demande s’il n’y a pas un facteur qui priorise les lycéens sur les étudiants en réorientation »

Séverin Graveleau

Pour lire l'article cliquez sur le lien ci-dessous

Lire la suite

Parcoursup : soutien psychologique, numéro vert... quelles aides pour les lycéens inquiets...

26 Mai 2018 , Rédigé par LCI Publié dans #Education, #Parcoursup

SOUTIENS – De nombreux lycéens se disent perdus par la mise en place de Parcoursup, en particulier ceux qui n’ont pas reçu de réponses positives. Pour les soutenir et les orienter correctement, plusieurs dispositifs d’aides existent.

Depuis le début de la semaine, une rumeur évoquant des "cellules psychologiques" pour venir en aide aux lycéens déboussolés par Parcoursup a fleuri sur les réseaux sociaux. Sans doute en raison des nombreuses imperfections de cette nouvelle plateforme d'accès à l'enseignement supérieur, de nombreux internautes l’ont prise au sérieux. A tel point que le ministère de l’Enseignement supérieur a dû la démentir. Ce ne qui signifie pas que rien n’a été fait pour répondre aux inquiétudes bien légitimes de nombreux lycéens.

Depuis le 22 mai, plus de la moitié des 810.000 jeunes inscrits sur Parcoursup ont reçu au moins une réponse positive à leurs vœux. Mais l'autre moitié reste en attente d'une proposition, avec pas mal de stress à la clé. Les lycéens inquiets sont donc invités par le ministère de l’Enseignement supérieur à se rapprocher de leur professeur principal afin d’évoquer les alternatives possibles. Ces derniers sont en effet chargés de suivre leurs élèves dans la réflexion qu’ils mènent sur leur orientation.

La fiche élève de l’Onisep leur préconise également de rencontrer un ou une psychologue de l’Éducation nationale (anciennement conseiller/ère d’orientation) à sa permanence ou encore de prendre contact avec le CIO le plus près de chez vous. Pour les élèves qui n’ont reçu que des réponses négatives, ils peuvent solliciter la commission d’accès à l’enseignement supérieur de leur académie pour les aider à trouver une formation.

Confrontés à l’inquiétude de leurs élèves, des proviseurs organisent parallèlement dans de nombreux établissements des réunions d'informations. Enfin, un numéro vert (0800 400 070) est à la disposition des lycéens du lundi au vendredi (de 10h à 16h) pour répondre à toutes leurs questions.

La rédaction/LCI

Parcoursup : soutien psychologique, numéro vert... quelles aides pour les lycéens inquiets...
Lire la suite

VIDEO. "C'est impossible humainement" : des profs d'université torpillent Parcoursup...

26 Mai 2018 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Parcoursup

Avec la nouvelle plateforme de sélection dans le supérieur Parcoursup, la majorité des enseignants du supérieur ont dû classer les futurs étudiants. Un travail difficile, voire impossible, dans le temps imparti.

Toutes les formations publiques de France ont dû rendre leur classement sur Parcoursup, le 18 mai. Derrière ces choix, des enseignants-chercheurs. Et certains, interrogés par franceinfo, ne se privent pas pour critiquer la méthode, notamment Florent Tétard, responsable d'un DUT à l'université Paris 13, ou Gabriella Marongiu, professeur d'anglais en langues étrangères appliquées (LEA) à l'université de Lille. Laurence Le Douarin, qui enseigne la sociologie à Lille, a même refusé de l'appliquer.

Une multitude de critiques

Tous sont d'accord sur les critiques à adresser au nouveau système d'admission. D'après eux, les enseignants ont manqué de temps pour réaliser ce classement. Florent Tétard s'occupe des commissions d'étude de dossiers depuis quatre ans, dans son DUT, une formation sélective. "Cette année, on a dû faire les entretiens pendant les vacances. Sinon, ce n'était pas possible de boucler." Il compare les deux procédures : "L'an dernier, on avait les dossiers dès le 11 mars. Là, on a dû attendre le 31." 

Étudier tous les dossiers à la main, ça demanderait de siéger en commission pendant dix ans.

Gabriella Marongiu à franceinfo

Son témoignage concorde avec celui de Gabriella Marongiu, professeure à Lille. Cette ancienne élue du Front de gauche en est convaincue : "Il est impossible humainement de traiter le nombre de données que l’on reçoit." Dans son département, deux professeurs d'informatique ont créé un programme adapté aux critères choisis : les notes en langues vivantes, maths, histoire-géo, sciences économiques et français. Sa commission a examiné tous les dossiers avec ce logiciel, "environ 3 000 au total", en leur attribuant une note sur vingt.

Seule une centaine de cas a posé problème. Il s'agissait des dossiers trop similaires pour être ordonnés. Après avoir étudié les lettres de motivation et les "fiches avenir", des outils censés aider à comprendre le projet professionnel de l'élève, toujours impossible de les départager. "C'est finalement l'option du tirage au sort qui a été retenue." Pourtant, le choix aléatoire, l'une des principales critiques du système APB, devait être éliminé avec la nouvelle réforme.

Des critères impossibles à utiliser

Ces dysfonctionnements, Laurence Le Douarin les avait "anticipés" "Comment voulez-vous que dans les temps impartis, on puisse examiner finement et qualitativement les dossiers ?" Les commissions d'examen des vœux se reposent en majorité sur les notes. Les autres critères proposés sont le "projet de formation", soit l'équivalent d'une lettre de motivation, et les "fiches avenir". Ces fiches devaient être remplies par les professeurs des lycéens. Ils y inscrivaient des commentaires et des notes sur la cohérence du projet professionnel pour aider à faire la sélection. Un exercice plus ou moins bien réalisé selon les établissements. "On a constaté très rapidement que beaucoup d’enseignants n’ont pas joué le jeu parce qu'ils ne voulaient pas casser les étudiants", relate Florent Tétard. Certains ont même "boycotté" les fiches. Résultat : impossible d'en faire un critère fiable pour choisir les futurs étudiants.

Comment voulez-vous que les enseignants connaissent 13 600 formations et leurs spécificités? C’est impossible.

Florent Tétard à franceinfo

Même combat pour les lettres de motivation. Gabriella Marongiu explique pourquoi elles n'ont pas été prises en considération pour sa filière : "15% des lettres de motivation que nous avions reçues étaient des copies presque pures et simples des trois premiers modèles de lettres de motivation pour Parcoursup proposés par Google." Ce chiffre a été établi à l'aide du logiciel créé par le président et le vice-président de sa commission. Pour Laurence Le Douarin, c'est "évident" "Quel élève va être sincère dans une lettre de motivation ? Ils n'ont plus la possibilité d'ordonner leurs vœux. Personne ne va écrire 'je préfère une autre formation que la vôtre'."

Mais sa critique de Parcoursup va plus loin que les erreurs techniques. Selon elle, la réforme du système "pose de vraies questions philosophiques, éthiques et morales et remet en cause plus de 40 ans de politique éducative." Elle se place en désaccord avec la sélection à l'université, qui perpétuerait "un système méritocratique". Celui-ci permettrait aux inégalités de se maintenir, offrant aux seuls meilleurs élèves la possibilité de choisir leur formation.

Mathilde Hérard

Commentaire:

N'est-on pas désormais en droit de poser les deux questions suivantes?

Parcoursup doit-il être reconduit l'an prochain?

Ne serait-il pas préférable de laisser la place à une politique d'aides multiformes à l'université, une politique qui aurait pour noble ambition d'élever le niveau de tous plutôt que réserver les savoirs à quelques uns déjà triés?

C Chartreux

Lire la suite

"Comme prévu, Parcoursup est un fiasco..."

26 Mai 2018 , Rédigé par Sud Education Publié dans #Education, #Politique, #Parcoursup

"Comme prévu, Parcoursup est un fiasco..."

Comme prévu, Parcoursup est un fiasco.

Le projet mégalomaniaque de classer toute une classe d’âge en notant les élèves jusqu’à 7 décimales n’est rien d’autre que la généralisation du tirage au sort qui était jusque là restreint à une infime minorité (moins d’1 % l’an dernier). Il y a tellement de critères qui entrent en compte qu’il s’agit là d’une gigantesque loterie. C’est de surcroît une entreprise délétère à 4 semaines du baccalauréat, puisque les élèves sont invité-e-s à prendre connaissance de leur rang de classement, qui ne fait qu’engendrer le découragement, la démobilisation, la perte de confiance en soi voire le décrochage.

Heureusement, le gouvernement a trouvé un critère infaillible : sélectionner sur la base du lycée d’origine. L’entreprise de tri social dénoncée par SUD éducation et l’interfédérale de l’éducation depuis des mois est indéniable : les élèves venant des voies professionnelle, technologique et/ou dont l’établissement d’origine est situé dans certains quartiers sont discriminé-e-s.

Ainsi, les remontées récoltées par SUD éducation via le formulaire mis à disposition des enseignant-e-s et lycéen-ne-s permet d’établir sur les 150 premières classes de terminale que :

  • 61 % des élèves n’ont aucune réponse positive en filière technologique
  • 65 % des élèves n’ont aucune réponse positive en filière professionnelle Au lycée Jean Renoir de Bondy on trouve même une classe de terminale technologique dans laquelle 100 % des élèves n’ont aucune réponse positive ! SUD éducation réclame la publication par le ministère des résultats détaillés par académie et par lycée du 1er tour de Parcoursup. De plus, sur les élèves ayant reçu au moins une réponse positive, plusieurs ont obtenu des… formations à distance ! Sans compter les vœux très loin des souhaits de l’élève, placés par « sécurité ».

La loi ORE met en place la sélection à l’entrée de l’enseignement supérieur. SUD éducation réclame son abrogation et la création des places nécessaires pour l’accueil de toutes et tous les étudiant-e-s dans la filière de leur choix. Il faut un investissement de 3 milliards par an pendant 10 ans dans l’enseignement supérieur et la recherche !

Vous trouverez une série d’exemples et le lien vers le formulaire de recension de SUD éducation ci-dessous.

Formulaire de recension de SUD éducation : http://www.sudeducation.org/Dressons-le-bilan-de-terrain-de

Exemples par lycée (pourcentage d’élèves sans aucune réponse positive OUI ou OUI-SI, c’est-à-dire avec seulement des réponses NON ou EN ATTENTE) :

74 % au lycée Henri Becquerel dans le 77
71 % au lycée professionnel de l’ENNA de Saint-Denis dans le 93
63 % au lycée Marx Dormoy dans le 94

Exemples par classe (pourcentage d’élèves sans aucune réponse positive OUI ou OUI-SI, c’est-à-dire avec seulement des réponses NON ou EN ATTENTE) :

80 % dans une classe technologique au lycée Livet dans le 44
73 % dans une classe de STMG au lycée Georges de La Tour dans le 54
82 % dans une classe technologique au lycée François Truffaut dans le 60
71 % dans une classe de S du lycée Racine à Paris
74 % dans une classe de S au lycée Turgot à Paris
96 % dans une classe de L au lycée Victor Hugo dans le 84
79 % dans une classe de ES au lycée Maurice Genevoix à Montrouge dans le 92
76 % dans une classe de S au lycée Joliot-Curie dans le 92
73 % dans une classe de ES au lycée Joliot-Curie dans le 92
76 % dans une classe de L au lycée Joliot-Curie dans le 92
87 % dans une classe de ES au lycée Guy de Maupassant à Colombes dans le 92
94 % dans une classe professionnelle au lycée de Prony d’Asnières-sur-Seine dans le 92
76 % dans une classe de S au Lycée Berthelot à Pantin dans le 93
71 % dans les 3 classes de STMG au Lycée Berthelot à Pantin dans le 93
83 % dans une classe professionnelle du lycée de Plaine Commune dans le 93
82 % dans une classe professionnelle du lycée Jules Michelet à Fontenay-sous-Bois dans le 94
71 % dans une classe de ES au lycée Charles Baudelaire dans le 95
72 % dans une classe de L au lycée Charles Baudelaire dans le 95
87 % dans une classe de S du lycée Romain Rolland à Goussainville dans le 95
74 % dans une classe de STMG au lycée Van Gogh à Ermont dans le 95

PDF - 69.5 ko
Parcoursup : les premières remontées montrent une nette inégalité entre lycées
Lire la suite

Parcoursup : l’imposture...

25 Mai 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique, #Parcoursup

Parcoursup : l’imposture...

Ce qui se profile aujourd'hui, c’est la généralisation à grande échelle de quelque chose de plus pernicieux encore que le recours au tirage au sort. Par-delà la technique, il y a bien une philosophie : celle de la concurrence entre élèves comme entre établissements. Un diagnostic établi par près de 900 enseignants à l'université.

Aux jeunes, on a menti, et abondamment.

On leur a menti, d’abord, en forgeant un dispositif appuyé sur une rhétorique de la «responsabilisation» qui voudrait que chaque élève de 17 ans soit en mesure d’avoir un projet professionnel ainsi qu’une idée claire du type d’orientation académique qui y correspond, tout en interdisant, via Parcoursup, auxdits élèves de hiérarchiser leurs vœux.

On leur a encore menti en leur demandant d’écrire ces fameuses lettres de motivation. Cette exigence est absurde au fond : demander à des jeunes de 17 ans de rédiger des lettres de motivation à l’appui d’une demande d’admission dans des disciplines qu’ils ne connaissent guère ne peut conduire qu’à des lettres stéréotypées. Mais elle est en outre mensongère : au moment où ces lettres étaient demandées, il apparaissait déjà clairement que, dans leur grande majorité, elles ne seraient pas lues. Et ce, pour la bonne et simple raison que le travail de classement des candidatures Parcoursup – travail colossal qui consiste à affecter 800 000 étudiant·e·s ayant potentiellement fait 10 choix chacun·e – échoit à des universitaires déjà débordé·e·s. Impossible donc pour celles et ceux qui ont accepté de faire ce travail, de ne pas prendre d’abord en considération les résultats scolaires. Ces résultats, antérieurs au baccalauréat (notes de terminale et de première), constitués de notes non unifiées par un examen national, variables selon les lycées et les politiques éducatives, ont été transformés en critères de sélection des candidatures. Ceci fait écho à la réforme annoncée du baccalauréat, qui repose sur un accroissement de la part de «contrôle continu», et laisse craindre un creusement des inégalités entre lycéen·ne·s. Tout cela programme la fin du baccalauréat qui n’aura plus pour rôle d’établir l’aptitude à suivre les études supérieures de son choix.

Injustice de la mise en chiffres contre injustice du tirage au sort

Le «scandale» du tirage au sort dans le système précédent (APB) a largement servi de fondement et de justification à la mise en place de la loi ORE et du dispositif Parcoursup. Il faut d’emblée souligner la part d’instrumentalisation de cet argument, dès lors que le tirage au sort, tout problématique et injustifiable qu’il soit, n’a concerné que 0,4% des affectations dans l’enseignement supérieur en 2017.

Ce qui se profile aujourd’hui, c’est en réalité la généralisation à très grande échelle de quelque chose de plus pernicieux encore que le recours au tirage au sort. Qu’on en juge : dans des filières fréquemment confrontées à la nécessité de retenir environ 10% des candidatures (800 places pour 8 000 demandes ; 60 places pour 600 demandes…), le «classement» qu’il est demandé aux universités de réaliser aboutit à tout mettre en chiffres afin d’intégrer les appréciations qualitatives dans les algorithmes de classement : tel type d’appréciation «vaut» un 15/20, tel autre un 10/20… ; telle filière va privilégier les notes dites «littéraires», telle autre les notes dites «scientifiques». Mais cette mise en chiffres, sur de tels volumes, ne suffit pas : il faut encore départager les très nombreux ex aequo. Pour aboutir à un classement opératoire, il est nécessaire de descendre jusqu’au troisième chiffre après la virgule ! Si la seule différence entre un·e étudiant·e admis·e et un·e étudiant·e recalé·e tient à un millième de point sur une «moyenne» dont la confection soulève de graves questions de fond, n’aboutit-on pas à un système aussi injuste et plus trompeur que le tirage au sort ?

(...)

Suite et fin à lire en cliquant sur le lien de bas de page

Les signataires:

 

Georges Borenfreund, Isabelle Boucobza, Véronique Champeil Desplats, Emmanuel Dockès, Ylias Ferkane, Charlotte Girard, Tatiana Gründler, Nabil Hajjami, Stéphanie Hennette-Vauchez, Arnaud Le Pillouer , Eric Millard, Elsa Peskine, Marjolaine Roccati, Patricia Rrapi, Tatiana Sachs, Laurence Sinopoli, Béatrice Thullier, Marc Touillier, Juliette Tricot, Cyril Wolmark, Lionel Zevounou, juristes universitaires.

Ce texte a pour origine un groupe d’universitaires juristes de l’université Paris-Nanterre et a recueilli en deux jours près de 900 signatures d’autres universitaires.

La liste des signataires est accessible à l’adresse suivante : 

parcoursuplimposture.nursit.com.

Lire la suite

Parcoursup : un algorithme absurde qui renforce les inégalités sociales... (+ commentaire)

25 Mai 2018 , Rédigé par Bastamag Publié dans #Education, #Parcoursup

Parcoursup : un algorithme absurde qui renforce les inégalités sociales... (+ commentaire)

EXTRAITS

L’algorithme Parcoursup a rendu ses premières sentences : la moitié des 810 000 potentiels bacheliers n’ont pas reçu de proposition d’affectations, un mois avant le début des épreuves du bac. Ce fiasco était pourtant attendu, tant la logique opaque et élitiste du nouvel algorithme était critiquée. Explications.

Plus de 810 000 lycéens et étudiants avaient jusqu’au 31 mars pour confirmer leurs vœux sur la nouvelle plateforme Parcoursup et choisir parmi les 13 000 formations et filières proposées sur cette plateforme. Au 22 mai, 400 000 demeurent sans propositions d’affectation, dont une proportion encore inconnue se verront refuser toutes leurs options.

Avec APB, 80 % des étudiants disposaient d’une affectation avant le bac

De 2009 à 2017, les élèves de terminale indiquaient leurs vœux par préférence, avec un maximum de 24 filières. À l’exception des cursus annoncés comme sélectifs, les responsables d’une formation ne pouvaient pas classer les candidats ni examiner les dossiers scolaires. Ils annonçaient le nombre de places disponibles dans tel cursus et laissaient ensuite les affectations se faire. Entrait alors en jeu l’algorithme d’Admission post-bac (APB) pour répartir les candidats. Quand la demande était supérieure à l’offre, et après avoir épuisé tous les critères – académie, niveau de préférence, situation familiale –, l’algorithme procédait à un tirage au sort pour départager les élèves ayant obtenu le même classement.

Malgré ses défauts, ce mécanisme était alors perçu comme plus cohérent avec le principe de libre accès à l’université. Autre avantage : lorsqu’un candidat était accepté pour l’un de ses premiers vœux, toutes ses autres demandes moins prioritaires étaient annulées, libérant rapidement des places pour d’autres. Par exemple, si le troisième vœu d’un futur bachelier était accepté, et qu’il était donc sûr d’être au moins inscrit dans la troisième filière de son choix, ses quatrième, cinquième et vœux suivants étaient annulés. Ce qui n’est plus le cas avec Parcoursup, chaque candidat pouvant initialement obtenir plusieurs affectations, empêchant ainsi, jusqu’à ce qu’il détermine définitivement son choix, d’autres bacheliers d’y accéder.

Résultat : avec APB, à la mi-juillet 2017, 85 % des futurs étudiants avaient reçu une proposition d’affectation (80 % début juin). 87 000 demeuraient en attente, principalement pour des filières en forte tension comme Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives), la première année commune aux études de santé (Paces), le droit ou la psychologie. Au final, à la rentrée 2017, 3000 candidats (0,35 % des candidats) se sont retrouvés sans affectation. Moins d’1 % ont été concernés par le tirage au sort en 2017. La Cour des comptes, opposée au tirage au sort, souligne elle-même dans un rapport d’octobre 2017 que : « Les effets réels de ce tirage au sort dans l’éviction de certains candidats restent circonscrits si on considère les volumes traités par l’outil APB. » L’algorithme d’APB, dit de « Gale Shapley », est toujours reconnu comme le meilleur algorithme d’affectation. Les grandes écoles d’ingénieurs l’utilisent encore pour répartir les candidats à la suite des concours d’entrée.

(...)

Un système qui risque encore d’amplifier les inégalités

La ministre de l’Enseignement supérieur avait promis en mars qu’« aucun candidat à l’université ne recevra un "non" ». Un mois plus tard une note du ministère explique qu’à l’issue la procédure, le 6 septembre, des élèves « en attente » pourront recevoir une « notification de décision négative ». « Le dispositif Parcoursup a ceci de pervers qu’il aboutit à ce que des étudiants, qui n’ont officiellement été refusés nulle part, se retrouvent sans formation à la rentrée », estime l’économiste David Cayla. « Va-t-on voir les médias évoquer la situation de milliers d’étudiants sans affectation à la rentrée ? Cela est en réalité très peu probable. Car à l’inverse de ce qu’il se passait pour APB, les candidats non affectés auront tous été classés et triés préalablement, et ceux qui seront exclus de l’enseignement supérieur seront vraisemblablement les titulaires de bacs professionnels ou technologiques avec des dossiers scolaires faibles. »

Un rapport du Conseil national d’évaluation du système scolaire indiquait, en septembre 2016, que la France était le pays le plus inégalitaire en matière d’éducation parmi les 35 membres de l’OCDE [3]. Si les prévisions sur le mode de sélection de Parcoursup se confirment, la situation ne s’améliorera pas, les bacheliers avec des parcours scolaires compliqués ayant une forte probabilité d’être, de fait, exclus de l’enseignement supérieur, sans même avoir l’occasion d’y tenter leur chance. Des universités et des enseignants ont cependant résisté à ce système implacable. Le syndicat Snesup-FSU avait appelé, dès le 27 mars, les enseignants à classer les candidats selon seulement deux critères : l’obtention future du bac, qui « prouvera que les attendus sont possédés », et la demande d’inscription, qui « témoigne de la motivation suffisante ». Ce qu’ont fait plusieurs dizaines de commissions à Nantes, Paris 1, Rouen ou Lille. Des personnels universitaires se sont également mis en grève pour protester contre Parcoursup et les interventions policières réprimant la contestation étudiante.

Mathieu Paris

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

Commentaire:

Un bémol mérite d'être apporté à cet excellent article de Mathieu Paris

Il est dit que la base du problème serait - je cite - "une insuffisance d’investissement dans l’enseignement supérieur ces dernières années".

Rappelons donc que pour 2017 le budget "enseignement Supérieur recherche" concocté par le gouvernement précédent était en augmentation de près d’1 milliard d’euros (850 millions exactement, effort absolument inédit en la matière en France) et que c’est Emmanuel Macron qui, sitôt élu, en a gelé la bagatelle de 350 millions.

Au contradicteur qui ne manquerait pas d'affirmer:

"Oui mais pour le budget 2018 nous avons augmenté de 700 millions", je me permettrai de répondre:

700 millions auxquels on retire 350 millions précédemment gelés, cela fera TOUJOURS moins que 800 millions!

Christophe Chartreux
 

Lire la suite

Parcoursup ou une certaine vision du monde... Angoissant!

23 Mai 2018 , Rédigé par SLATE Publié dans #Education, #Parcoursup

Parcoursup ou une certaine vision du monde... Angoissant!

EXTRAITS

La nouvelle organisation de la répartition des futurs étudiants et étudiantes ne s'est pas faite sans heurt.

Ce mardi, une blague a pas mal tourné sur Twitter… une parodie de la blague préférée des enfants:

«Qu’est-ce qui est jeune et qui attend?

–Les étudiants devant #parcoursup.»

En ce jour des premières réponses, #parcoursup a été le mot-dièse le plus utilisé en ligne. L'occasion de voir que nos lycéens et lycéennes ont pas mal d’humour

Avec des variantes:

Beaucoup en rient comme pour exorciser une certaine inquiétude: les lycéennes et lycéens ont un peu tous l’air dans le brouillard, la majorité de celles et ceux qui s'expriment n'évoquant que des refus ou des mises en liste d'attente de la part de Parcoursup. Et dans la vie réélle, les étudiantes et étudiants de mon entourage sont tous en attente… et même parmi ceux et celles qui ont obtenu des réponses positives.

(...)

Une certaine vision du monde

Parcoursup n'est finalement qu'un avater de la numérisation de notre société. Tout était censé être plus simple mais tout est plus compliqué pour les individus, vous, moi, nos enfants. Il faut se conformer à un mode d'organisation numérique et s’y adapter en étant non pas plus réflexif mais plus connecté, et surtout, plus patient. Parcoursup est pleinement un outil contemporain: c’est nous qui nous adaptons à la «machine» au système, et devons en fluidifier le fonctionnement.

La question passionnante, que pourront explorer les chercheurs et chercheuses en sciences politiques et les philosophes sera sans doute celle de la relation aux institutions, au «système» et à l’État. En organisant ainsi l’orientation et donc la vie des élèves, l'institution prend une énorme responsabilité. Et en montant au front pour défendre leur plateforme, les ministres Vidal et Blanquer ont surtout défendu une vision du monde, une manière d’organiser la vie et l’avenir.

Qu'est-ce qui est jeune et qui attend? Un peu tout le monde en fait.

Louise Tourret

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>