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Vivement l'Ecole!

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#Parcoursup : «On se sent bloqués, niés même» - Garance A. 19 ans...

30 Mai 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique, #Parcoursup

#Parcoursup : «On se sent bloqués, niés même» - Garance A. 19 ans...

Garance, 19 ans, a écrit à Libé pour raconter son sentiment de déception et d'amertume envers «cet algorithme injustifié». Nous publions sa lettre dans cette chronique, qui donne la parole depuis le début de l'année à ceux en première ligne dans l'application de cette réforme d'ampleur.

Ce mardi, roulement de tambour : «Plus de deux tiers des élèves ont au moins une proposition dans Parcoursup», annonce le ministère de l’Enseignement supérieur, une semaine après la publication des premiers résultats d'affectation des élèves de terminale et en réorientation dans l'enseignement supérieur. Cette nouvelle plateforme qui remplace l'ancien système APB fait l'objet de vives inquiétudes et de critiques, notamment sur la méthode du gouvernement qui a mis en place cette réforme, d'ampleur, à toute vitesse.

Depuis le début de l'année, Libération donne la parole à tous ceux qui sont en première ligne dans l'application de cette réforme. Elèves, étudiants en réorientation, profs de lycée, enseignants-chercheurs... Dans cette chronique, chacun raconte, avec ses mots et son ressenti, les changements vécus de l'intérieur.

Derniers épisodes: «Le choc du classement dans ma classe de terminale», par Denis, prof de maths. Et une prof de fac qui raconte comment elle a trié les dossiers.

Aujourd'hui, Garance A., 19 ans, étudiante en réorientation

Elle nous a adressé cette lettre, avec l’espoir que «sa voix porte». Elle ne sait pas ce qu'elle fera plus tard mais aimerait bien contribuer à changer les choses. Parce qu'aujourd'hui, elle a perdu foi dans le système scolaire français.

«Je vous écris aujourd’hui pour parler de Parcoursup. Nous demander de déterminer notre futur en quelques mois, à l’aide d’un logiciel, c’est profondément agressif et douloureux. C’est beaucoup trop dur de nous demander de choisir "vite et bien". Hop, on doit cliquer sur un bouton, et puis deux, hop. On doit ensuite confirmer ou renoncer à un choix, le faire de façon stratégique, répondre à un choix en fonction d’un autre choix, etc. Hop. C’est fait. Que le résultat nous convienne ou pas, l’important c’est que ce soit fait. Pas le temps de réfléchir, hop. Je ne vous parle même pas du refus d’admission, ou de certaines listes d’attente qui ne sont que des euphémismes de rejet. Ça aussi, c’est très violent. Ça fait partie de l’école de la vie, mais à 18 ans, on n’est pas prêt.

«Pas prêt, mais aussi pas préparé. Les professeurs nous donnent des indications, mais ne savent pas mieux que nous comment le système marche. Même les professionnels des centres d’information et d’orientation, que j’ai, pour ma part, rencontrés à plusieurs reprises, ne sont pas en mesure de nous accompagner lors de cette étape qui nous serre le ventre.

Laissez-moi vous raconter tout de même mon «parcours»

«Je veux souligner un autre point très important pour moi, sûrement le plus brutal : on n’a pas le droit à l’erreur. Et même si l’on nous dit qu’on a le droit de se tromper, que la réorientation est possible, c’est faux. Les élèves en réorientation repartent avec un handicap. Ils ne sont pas souvent représentés dans les articles sur Parcoursup. Je sais de quoi je parle, c'est mon cas. C’est normal, nous sommes une minorité. Mais laissez-moi vous raconter tout de même mon "parcours"…

«Ma scolarité a été plutôt bonne depuis le collège. J’ai tourné autour de 15 de moyenne et j’ai obtenu mon bac en 2017 avec la mention bien. A l’issue de mon inscription sur APB, j’ai obtenu mon premier choix : une prépa D1-ENS, qui me permettait de suivre une formation en droit et en économie, en prépa et à la fac. J’étais fière d’avoir eu de la chance mais aussi d’avoir bien bossé. Seulement voilà, dès les premiers jours, j’ai très vite compris que le droit ne me plaisait pas du tout. J’avais idéalisé la matière, je me suis sentie complètement perdue et très déçue. L’économie n’était pas ma tasse de thé non plus, et ne l’avait jamais été, à vrai dire.

«J’ai donc décidé d’interrompre mon année. En novembre, j’ai quitté le système scolaire, ayant bien en tête que ce n’était qu’une mesure provisoire. J’aime trop l’école pour m’en passer. Il a toujours été hors de question que je m’arrête là, mais seulement que je recule pour mieux sauter.

«Psychologiquement, c’était très dur, parce que c’était considéré dans mon environnement comme "déviant" au sens propre : je prenais un chemin de traverse et perdais du temps. Mais je me suis persuadée que je pourrais retrouver la "route principale" l’année suivante. Bien sûr, je ne suis pas à plaindre. J’ai eu des réponses positives. Certains n’ont rien eu du tout, d’autres sont sur liste d’attente et vont sûrement y rester jusqu’à septembre. Ces élèves doivent à tout prix être aidés. Ils ne peuvent pas rester dans cette situation pendant toutes les vacances scolaires. C’est trop de stress, c’est inhumain.

On ne va tout de même pas jouer aux chaises musicales pendant tout l’été

«Je pense à tous ceux qui sont dans des cas plus alarmants que le mien. Tout le monde n’a pas la chance d’être encadré et soutenu par une famille attentive. Choisir son avenir ne devrait pas être source d’insomnie et de crises de panique. Cela ne devrait pas s’apparenter à un sentiment d’échec. Ecrire son futur devrait faire ressortir les ambitions de chacun et "donner la niaque". Au lieu de ça, on se sent bloqués. Niés, même, en quelque sorte. Je ne me sens pas comme une jeune femme qui se lance dans la vie, qui fait ses choix. Mais comme un numéro de dossier, qu’on juge "apte", "inapte" ou "moyenne".

«Le fait de devoir tout prouver avant même d’intégrer une formation, ça aussi c’est consternant ! Le principe, c’est quand même d’aller à l’école, d’apprendre, et ensuite de montrer qu’on est capable. Là, par des lettres de motivation, on doit montrer qu’on est capable d’aller à l’école. Et les élèves qui n’ont pas appris à se vendre, à se mettre en avant, à démontrer leurs qualités, comment s’en sortent-ils ? Les enfants dont les parents ne peuvent les aider à écrire une lettre en 2 500 caractères, espaces inclus, comment s’en sortent-ils ? Est-ce que ça veut dire qu’ils sont moins capables ? Non, juste qu’on ne peut pas comparer 810 000 élèves entre eux. Chacun est différent, les qualités et les notes de l’un ne devraient pas être un critère de sélection imposé à l’autre.

«Alors voilà, aujourd’hui, je n’ai plus foi dans le système scolaire français. Et je ne vais pas refaire le pays du haut de mes 19 ans. En revanche, j’espère avoir l’opportunité d’étudier les sciences politiques pour pouvoir y contribuer, dans un futur proche. Je ne sais pas ce que je veux faire plus tard. J’ai plein d’idées. Mais il y a un épais brouillard entre le point de départ et le Saint Graal de l’arrivée.

«Oter des mains des lycéens les clés de leur propre futur professionnel, c’est irraisonné. On leur donne le choix, mais pas trop quand même. Il faut qu’il y en ait pour tout le monde. Et aucun n’est satisfait. De toute façon, il n’y a plus de places. Il y a trop d’élèves pour les places vacantes. On ne va tout de même pas jouer aux chaises musicales pendant tout l’été ! Il faut peut-être résoudre le problème à la source au lieu de nous imposer des algorithmes injustifiés. Les jeunes ne sont pas des objets d’expérimentation. Leur avenir encore moins.»

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#Parcoursup : et maintenant des milliers de lycéens abandonnent la plateforme...

29 Mai 2018 , Rédigé par Le Café Pedagogique Publié dans #Education, #Parcoursup

#Parcoursup : et maintenant des milliers de lycéens abandonnent la plateforme...

L'effet décourageant de Parcoursup est il déjà démontré ? La publication quotidienne des résultats de Parcoursup montre qu'au 28 mai encore 285 794 lycéens n'ont toujours aucune proposition soit seulement 50 000 de moins qu'au 25 mai. Le grand changement c'est la hausse continue des abandons de la plateforme. Ils ont été multipliés par quatre depuis le 24 mai et concernent déjà 13 000 jeunes.

Les statistiques journalières

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Parcours sup, aboutissement stupide d’un système éducatif stupide?...

27 Mai 2018 , Rédigé par Le blog de Bernard Collot Publié dans #Education, #Politique, #Parcoursup

Parcours sup, aboutissement stupide d’un système éducatif stupide?...

Parcours sup n’est que la fin logique et absurde de la conception et de la finalité d’un système éducatif. Sa finalité est répétée sans ambiguïté dans tous les documents produits depuis des années en particulier par les instances européennes comme l’OCDE : « produire » les adultes-travailleurs dont le libéralisme et l’économie de marché ont besoin (lire à ce propos toutes les analyses de Nico Hirtt, les plus fines et documentées que je connaisse).

Que cela se finisse par un processus de sélection (les dispatcher quelque part !) n’est que logique.

La pression d’un parcours sup commence dès la maternelle. Tout le temps de construction des enfants en adultes est placé sous le signe de la pression et de la contrainte : contraintes physiques (obligation du temps scolaire, immobilité, rythmes…) pression psychologique (réussir, notes, évaluations, devoirs…), pression cognitive (alors que l’on sait que cette dernière est contre-productive)… tout ceci caractérise bien les techniques quasiment scientifiques de formatage. Je trouve stupéfiant que même les « gauchistes » affichés ne le voient pas, à moins qu’ils ne le voient trop bien pour s’en servir eux aussi.

Mais cet aboutissement d’un parcours… du combattant (de ceux qui n’ont jamais demandé d’être combattants sans qu’ils sachent même pourquoi il fallait qu’ils combattent) par un « parcours sup », avant même la ligne d’arrivée, atteint le sommet de l’absurdité : la pression de la dernière année est au maximum pour obtenir le bout de papier, l’objet final qui avait été découpé en multiples tranches pour être greffé successivement dans la chaine industrielle scolaire. Et voilà que dans la même année, alors qu’aucun ne sait encore si le bout de papier sera obtenu, il faut qu’à l’avance tous se prennent obligatoirement la tête pour cocher ce qu’ils voudraient faire de leur vie sans aucune assurance qu’une voie choisie les conduise quelque part (pour ceux qui ont l'envie d'une voie et si la voie est acceptée… pour les mieux formatés !)[1]. Et on voudrait ensuite une société sereine, déstressée, non violente ? Heureusement (pour l’économie et le libéralisme) qu’il n’y a pas suffisamment de places dans les universités : si tous ceux qui voudraient y aller le pouvaient, qui ensuite ramasserait les poubelles ? Même la « lumière » Voltaire le disait : Je vous remercie de proscrire l’étude chez les laboureurs. Moi qui cultive la terre, je vous présente requête pour avoir des manœuvres et non des clercs tonsurés. [2]»

Critiquer, contester un algorithme qui dispatche mal vers un aval plus qu’incertain alors qu’il faudrait remettre en cause tout l’amont scolaire, sa finalité et l’environnement social qui l’imposent, c’est éviter de voir ce à quoi nous condamnons les enfants, adolescents et jeunes adultes par un système éducatif qui n’a jamais été fait pour eux et leur autonomie d’adultes ; nous y avons été nous-mêmes condamnés, c’est probablement pour cela que nous le perpétuons par notre passivité. Il faudra peut-être attendre quelques siècles pour que des historiens décrivent cette période comme un des obscurantismes les plus stupides de l’histoire de nos sociétés, malgré les smartphones, les bagnoles, et autres gadgets… mais elles se seront très probablement autodétruites d’ici là.

Bernard Collot

PS : Il y a trois ou quatre ans j’avais fait des billets (ici, …) pour suggérer la suppression du bac : Oulala ! Politiquement et même révolutionnairement absolument incorrect !

[1] Autrefois la finalité du système éducatif était bien la même. Mais d’une part la sélection définitive avait commencé bien avant pour la sortie du système éducatif, il y en avait donc moins à « filtrer », d’autre part avec une université dont la rentrée n’était que mi-octobre, il y avait un certain temps pour réfléchir, se décider et s’organiser pour ceux qui avaient franchi le cap du bac (et même le temps d’aller faire les vendanges pour payer le futur loyer).

[2] Lettre à M. de la Chalotais, 28 février 1763

Et son blog à suivre absolument en cliquant ci-dessous

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Trier et résigner... Comment Emmanuel Macron s'attaque à la jeunesse...

27 Mai 2018 , Rédigé par Sarkofrance Publié dans #Education, #Politique, #Parcoursup

Trier et résigner... Comment Emmanuel Macron s'attaque à la jeunesse...

EXTRAITS

Qui aurait pu croire que le plus jeune président que la Vème République ait connu serait aussi le plus dur et le plus injuste avec la jeunesse ? La politique macroniste prend tout son sens quand elle s'applique aux plus jeunes du pays.

(...)

Trier

Mardi, une centaine de personnes, pour moitié des lycéens, ont été placées en garde à vue, une garde à vue prolongée de 24 heures le lendemain pour une vingtaine de mineur.e.s. En cause, la brève occupation d'une salle du lycée Aragot à Paris XIIème arrondissement, où se déroulait une AG après la manifestation de la fonction publique le jour même. En toute illégalité, les parents des élèves mineurs incarcérés n'ont été prévenus qu'une dizaine d'heures plus tard. Interrogé, le ministre de l'intérieur Gérard Collomb nie tout problème et met en garde: "la première chose que les professeurs devraient dire à leurs élèves, c'est qu'effectivement quand on est un jeune mineur, on ne va pas nécessairement occuper son lycée, ni aller dans les manifestations qui peuvent dégénérer." Quelques interpelés témoignent plus tard que le même message leur a été délivré par les policiers: "ne participez pas à ces manifestations."

Ce même mardi, les premiers résultats d'affectation post-bac géré par les algorithmes de la nouvelle plateforme Parcoursup sont publiés: 400 000 élèves - les moins bon.ne.s et/ou celles et ceux des lycées les moins prestigieux -  sont en liste d'attente. Ils n'auront, au cours de l'été, que des délais de plus en plus courts pour répondre aux éventuelles réponses positives qui leur parviendront plus tardivement. Parcoursup a été construit sur les décombres d'APB, quand ce dernier système était fustigé pour avoir confié 0,4% des affectations dans l’enseignement supérieur en 2017 à un tirage au sort.

Parcoursup est une supercherie libérale et un fiasco politique: ce nouveau système a laissé les facultés publiques libres de sélectionner comme elles l'entendent, à l'exception d'une proportion minimale d'élèves boursiers. Il a supprimé la hiérarchisation des vœux, ce qui inévitablement provoque des "embouteillages" monstres de candidatures dans les établissements et favorise l'attribution des meilleures places aux élèves des meilleurs établissements.

Cette sélection ne dit pas son nom, elle n'est pas avouée, ou à peine, par les responsables macronistes: mardi 22 mai, Macron ose parler de "sélection par le mérite"; Dès les premières heures du fiasco, la ministre de l'enseignement supérieur tente de minimiser les problèmes: elle promet qu'avant le bac (dans une quinzaine de jours) "deux tiers des lycéens auront une réponse", positive ou négative, ce qui en creux signifie qu'environ 250 000 élèves seront encore dans l'incertitude.

"Par-delà la technique (la plateforme, l’algorithme), il y a bien une philosophie, celle de la concurrence généralisée, entre les élèves d’abord, entre les établissements ensuite, au moyen d’une sélection qui ne dit pas son nom". Tribune d'universitaires publiée par Libération le 25 mai 2018.

En Macronista, on trouve cela "normal". On trouve normal d'avoir à définir un projet professionnel dès l'âge de 17 ou 18 ans. Normal d'être en concurrence pour suivre un enseignement public, normal d'être sélectionné sur des notes de première et (partiellement) de terminale sans attendre le bac national. Normal d'appliquer les règles de sélection du privé au public. Normal de trier les élèves sur des notes non unifiées, prélude à la réforme élitiste du bac.

Cette précarisation des futurs étudiants est un prélude. Parcoursup est une étape essentielle dans la politique de classe, une première étape dans l'apprentissage de la discipline et la résignation: "le président de la Start-up Nation était en fait un vieux con comme les autres" écrit un enseignant sur son blog. C'est l'un des meilleurs résumés de cette supercherie. Le gros du contingent des refus d'affectation ou de mise en attente concernent les départements moins riches et les établissements jugés "moins" bons.

Résigner

La politique macroniste a donc fait de la jeunesse l'une de ses proies prioritaires: le projet est quasi-thatchérien. Il s'agit (1) d'inculquer que la précarité est un état normal et non contestable et qu'il n'y a pas d'alternative politique et sociale; (2) de nier la lutte des classes en créant suffisamment de situation de concurrence entre tous, et, évidemment, (3) de soigner les premiers de cordée de la France d'en haut et protéger leurs rentes.

Le projet macroniste pour la jeunesse a commencé par la suppression maladroite des APL, puis la suppression discrète des classes rurales pour permettre le dédoublement plus médiatisé de milliers de classes en zones d'urgence, puis l’annulation de 2600 recrutement d'enseignants du second degré au budget 2018. Il s'est poursuivi avec la répression violente des occupations d'universités.

L'aveu récent du ministre de l'Education nationale que cette équipe macroniste ne consacre pas d'investissement majeur dans son "interview-bilan" au JDD début mai est passé presque inaperçu: "les contraintes économiques" ne sont pas pour tout le monde. Le gouvernement gère une fausse pénurie quand il s'agit des services publics pour tous, qui n'affecte pas la redistribution fiscale généreuse pour les plus fortunés du pays.

En février dernier, le gouvernement a lancé sa réforme de l'apprentissage, dans une nouvelle loi baptisé "Liberté de choisir son avenir professionnel" (sic!): il y a des progrès - une maigre allocation de 500€ pour passer un permis de conduire (dont le coût moyen est d'environ 1400€), l'extension des réductions étudiantes aux apprentis, une obole de 30 euros supplémentaires par mois - mais cette réforme suit une logique qui n'a pas fait ses preuves: elle étend l'âge limite de 26 à 30 ans, une aubaine subventionnée pour les entreprises, pour une rémunération dérisoire (715 euros mensuels).

Mais la plus grave des réformes contre la jeunesse fut celle du bac et des affectations post-bac: un bac plus élitiste (contrôle continu, renforcement des matières littéraires, grand oral au bac) et une sélection sur dossier étendu à toutes les établissements de France sur fond de gel des moyens, hors inflation, de l'Education nationale en 2018, qui dit mieux ?

De l'étranger, Macron commente. Jupiter n'est pas content qu'on l'attaque. Il s'obstine, et répète, telle Maggie au Royaume Uni il y a 40 ans, qu'il n'y a pas d'alternative possible. Interrogé par son amie journaliste Ruth Elkrief sur BFM TV , le jeune monarque prévient: "Aucun désordre ne m’arrêtera. Le calme reviendra." Cette obstination cherche à résigner le plus grand nombre. Le message est clair: vous pouvez manifester, protester, ou râler, rien ne bougera, rien de changera.

(...)

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Parcoursup... Paroles d'élèves...

26 Mai 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Parcoursup

Parcoursup... Paroles d'élèves...

EXTRAITS

Vendredi, 338 551 candidats n’avaient obtenu aucun de leurs vœux ou étaient en attente sur la plate-forme, dont les premiers résultats ont été donnés mardi.

« Tous les matins, je me réveille dix minutes plus tôt, et je me connecte directement sur Parcoursup avec l’espoir d’avoir remonté dans les listes d’attente. »

« Il faut attendre que les meilleurs élèves, qui sont pris partout, nous libèrent des places »

« Quand, après ces mois d’attente, de stress et d’espoir, nous avons vu un en attente s’afficher pour huit vœux, plus deux refus, nous avons eu le sentiment de recevoir une gifle d’une violence inouïe »

Scotchés sur l’application Parcoursup de leur smartphone dans l’attente d’une possible réponse, « les élèves en parlent tous les jours en classe, commente Fabienne, enseignante dans un lycée du Val-de-Marne : untel “qui a avancé sur sa liste d’attente”, un autre “qui a été pris”, etc. »

« Une copine n’a eu que des réponses en attente, elle est très loin dans les classements des listes d’attente, est-ce qu’il vaudrait mieux qu’elle redouble pour avoir un meilleur dossier l’année prochaine ? »

« On a un groupe Facebook qui regroupe l’ensemble des terminales arts appliqués de France. Les messages du type “je suis 4e sur liste d’attente à tel endroit, désistez-vous vite” s’y multiplient »

Beaucoup d’autres, au contraire, estiment que leur mérite ou celui de leur enfant, « très bon élève » ou « premier de sa classe », n’a pas été reconnu comme on l’avait promis.

« Sans savoir ce qui a pu me classer aussi mal, je me demande s’il n’y a pas un facteur qui priorise les lycéens sur les étudiants en réorientation »

Séverin Graveleau

Pour lire l'article cliquez sur le lien ci-dessous

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Parcoursup : soutien psychologique, numéro vert... quelles aides pour les lycéens inquiets...

26 Mai 2018 , Rédigé par LCI Publié dans #Education, #Parcoursup

SOUTIENS – De nombreux lycéens se disent perdus par la mise en place de Parcoursup, en particulier ceux qui n’ont pas reçu de réponses positives. Pour les soutenir et les orienter correctement, plusieurs dispositifs d’aides existent.

Depuis le début de la semaine, une rumeur évoquant des "cellules psychologiques" pour venir en aide aux lycéens déboussolés par Parcoursup a fleuri sur les réseaux sociaux. Sans doute en raison des nombreuses imperfections de cette nouvelle plateforme d'accès à l'enseignement supérieur, de nombreux internautes l’ont prise au sérieux. A tel point que le ministère de l’Enseignement supérieur a dû la démentir. Ce ne qui signifie pas que rien n’a été fait pour répondre aux inquiétudes bien légitimes de nombreux lycéens.

Depuis le 22 mai, plus de la moitié des 810.000 jeunes inscrits sur Parcoursup ont reçu au moins une réponse positive à leurs vœux. Mais l'autre moitié reste en attente d'une proposition, avec pas mal de stress à la clé. Les lycéens inquiets sont donc invités par le ministère de l’Enseignement supérieur à se rapprocher de leur professeur principal afin d’évoquer les alternatives possibles. Ces derniers sont en effet chargés de suivre leurs élèves dans la réflexion qu’ils mènent sur leur orientation.

La fiche élève de l’Onisep leur préconise également de rencontrer un ou une psychologue de l’Éducation nationale (anciennement conseiller/ère d’orientation) à sa permanence ou encore de prendre contact avec le CIO le plus près de chez vous. Pour les élèves qui n’ont reçu que des réponses négatives, ils peuvent solliciter la commission d’accès à l’enseignement supérieur de leur académie pour les aider à trouver une formation.

Confrontés à l’inquiétude de leurs élèves, des proviseurs organisent parallèlement dans de nombreux établissements des réunions d'informations. Enfin, un numéro vert (0800 400 070) est à la disposition des lycéens du lundi au vendredi (de 10h à 16h) pour répondre à toutes leurs questions.

La rédaction/LCI

Parcoursup : soutien psychologique, numéro vert... quelles aides pour les lycéens inquiets...
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VIDEO. "C'est impossible humainement" : des profs d'université torpillent Parcoursup...

26 Mai 2018 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Parcoursup

Avec la nouvelle plateforme de sélection dans le supérieur Parcoursup, la majorité des enseignants du supérieur ont dû classer les futurs étudiants. Un travail difficile, voire impossible, dans le temps imparti.

Toutes les formations publiques de France ont dû rendre leur classement sur Parcoursup, le 18 mai. Derrière ces choix, des enseignants-chercheurs. Et certains, interrogés par franceinfo, ne se privent pas pour critiquer la méthode, notamment Florent Tétard, responsable d'un DUT à l'université Paris 13, ou Gabriella Marongiu, professeur d'anglais en langues étrangères appliquées (LEA) à l'université de Lille. Laurence Le Douarin, qui enseigne la sociologie à Lille, a même refusé de l'appliquer.

Une multitude de critiques

Tous sont d'accord sur les critiques à adresser au nouveau système d'admission. D'après eux, les enseignants ont manqué de temps pour réaliser ce classement. Florent Tétard s'occupe des commissions d'étude de dossiers depuis quatre ans, dans son DUT, une formation sélective. "Cette année, on a dû faire les entretiens pendant les vacances. Sinon, ce n'était pas possible de boucler." Il compare les deux procédures : "L'an dernier, on avait les dossiers dès le 11 mars. Là, on a dû attendre le 31." 

Étudier tous les dossiers à la main, ça demanderait de siéger en commission pendant dix ans.

Gabriella Marongiu à franceinfo

Son témoignage concorde avec celui de Gabriella Marongiu, professeure à Lille. Cette ancienne élue du Front de gauche en est convaincue : "Il est impossible humainement de traiter le nombre de données que l’on reçoit." Dans son département, deux professeurs d'informatique ont créé un programme adapté aux critères choisis : les notes en langues vivantes, maths, histoire-géo, sciences économiques et français. Sa commission a examiné tous les dossiers avec ce logiciel, "environ 3 000 au total", en leur attribuant une note sur vingt.

Seule une centaine de cas a posé problème. Il s'agissait des dossiers trop similaires pour être ordonnés. Après avoir étudié les lettres de motivation et les "fiches avenir", des outils censés aider à comprendre le projet professionnel de l'élève, toujours impossible de les départager. "C'est finalement l'option du tirage au sort qui a été retenue." Pourtant, le choix aléatoire, l'une des principales critiques du système APB, devait être éliminé avec la nouvelle réforme.

Des critères impossibles à utiliser

Ces dysfonctionnements, Laurence Le Douarin les avait "anticipés" "Comment voulez-vous que dans les temps impartis, on puisse examiner finement et qualitativement les dossiers ?" Les commissions d'examen des vœux se reposent en majorité sur les notes. Les autres critères proposés sont le "projet de formation", soit l'équivalent d'une lettre de motivation, et les "fiches avenir". Ces fiches devaient être remplies par les professeurs des lycéens. Ils y inscrivaient des commentaires et des notes sur la cohérence du projet professionnel pour aider à faire la sélection. Un exercice plus ou moins bien réalisé selon les établissements. "On a constaté très rapidement que beaucoup d’enseignants n’ont pas joué le jeu parce qu'ils ne voulaient pas casser les étudiants", relate Florent Tétard. Certains ont même "boycotté" les fiches. Résultat : impossible d'en faire un critère fiable pour choisir les futurs étudiants.

Comment voulez-vous que les enseignants connaissent 13 600 formations et leurs spécificités? C’est impossible.

Florent Tétard à franceinfo

Même combat pour les lettres de motivation. Gabriella Marongiu explique pourquoi elles n'ont pas été prises en considération pour sa filière : "15% des lettres de motivation que nous avions reçues étaient des copies presque pures et simples des trois premiers modèles de lettres de motivation pour Parcoursup proposés par Google." Ce chiffre a été établi à l'aide du logiciel créé par le président et le vice-président de sa commission. Pour Laurence Le Douarin, c'est "évident" "Quel élève va être sincère dans une lettre de motivation ? Ils n'ont plus la possibilité d'ordonner leurs vœux. Personne ne va écrire 'je préfère une autre formation que la vôtre'."

Mais sa critique de Parcoursup va plus loin que les erreurs techniques. Selon elle, la réforme du système "pose de vraies questions philosophiques, éthiques et morales et remet en cause plus de 40 ans de politique éducative." Elle se place en désaccord avec la sélection à l'université, qui perpétuerait "un système méritocratique". Celui-ci permettrait aux inégalités de se maintenir, offrant aux seuls meilleurs élèves la possibilité de choisir leur formation.

Mathilde Hérard

Commentaire:

N'est-on pas désormais en droit de poser les deux questions suivantes?

Parcoursup doit-il être reconduit l'an prochain?

Ne serait-il pas préférable de laisser la place à une politique d'aides multiformes à l'université, une politique qui aurait pour noble ambition d'élever le niveau de tous plutôt que réserver les savoirs à quelques uns déjà triés?

C Chartreux

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"Comme prévu, Parcoursup est un fiasco..."

26 Mai 2018 , Rédigé par Sud Education Publié dans #Education, #Politique, #Parcoursup

"Comme prévu, Parcoursup est un fiasco..."

Comme prévu, Parcoursup est un fiasco.

Le projet mégalomaniaque de classer toute une classe d’âge en notant les élèves jusqu’à 7 décimales n’est rien d’autre que la généralisation du tirage au sort qui était jusque là restreint à une infime minorité (moins d’1 % l’an dernier). Il y a tellement de critères qui entrent en compte qu’il s’agit là d’une gigantesque loterie. C’est de surcroît une entreprise délétère à 4 semaines du baccalauréat, puisque les élèves sont invité-e-s à prendre connaissance de leur rang de classement, qui ne fait qu’engendrer le découragement, la démobilisation, la perte de confiance en soi voire le décrochage.

Heureusement, le gouvernement a trouvé un critère infaillible : sélectionner sur la base du lycée d’origine. L’entreprise de tri social dénoncée par SUD éducation et l’interfédérale de l’éducation depuis des mois est indéniable : les élèves venant des voies professionnelle, technologique et/ou dont l’établissement d’origine est situé dans certains quartiers sont discriminé-e-s.

Ainsi, les remontées récoltées par SUD éducation via le formulaire mis à disposition des enseignant-e-s et lycéen-ne-s permet d’établir sur les 150 premières classes de terminale que :

  • 61 % des élèves n’ont aucune réponse positive en filière technologique
  • 65 % des élèves n’ont aucune réponse positive en filière professionnelle Au lycée Jean Renoir de Bondy on trouve même une classe de terminale technologique dans laquelle 100 % des élèves n’ont aucune réponse positive ! SUD éducation réclame la publication par le ministère des résultats détaillés par académie et par lycée du 1er tour de Parcoursup. De plus, sur les élèves ayant reçu au moins une réponse positive, plusieurs ont obtenu des… formations à distance ! Sans compter les vœux très loin des souhaits de l’élève, placés par « sécurité ».

La loi ORE met en place la sélection à l’entrée de l’enseignement supérieur. SUD éducation réclame son abrogation et la création des places nécessaires pour l’accueil de toutes et tous les étudiant-e-s dans la filière de leur choix. Il faut un investissement de 3 milliards par an pendant 10 ans dans l’enseignement supérieur et la recherche !

Vous trouverez une série d’exemples et le lien vers le formulaire de recension de SUD éducation ci-dessous.

Formulaire de recension de SUD éducation : http://www.sudeducation.org/Dressons-le-bilan-de-terrain-de

Exemples par lycée (pourcentage d’élèves sans aucune réponse positive OUI ou OUI-SI, c’est-à-dire avec seulement des réponses NON ou EN ATTENTE) :

74 % au lycée Henri Becquerel dans le 77
71 % au lycée professionnel de l’ENNA de Saint-Denis dans le 93
63 % au lycée Marx Dormoy dans le 94

Exemples par classe (pourcentage d’élèves sans aucune réponse positive OUI ou OUI-SI, c’est-à-dire avec seulement des réponses NON ou EN ATTENTE) :

80 % dans une classe technologique au lycée Livet dans le 44
73 % dans une classe de STMG au lycée Georges de La Tour dans le 54
82 % dans une classe technologique au lycée François Truffaut dans le 60
71 % dans une classe de S du lycée Racine à Paris
74 % dans une classe de S au lycée Turgot à Paris
96 % dans une classe de L au lycée Victor Hugo dans le 84
79 % dans une classe de ES au lycée Maurice Genevoix à Montrouge dans le 92
76 % dans une classe de S au lycée Joliot-Curie dans le 92
73 % dans une classe de ES au lycée Joliot-Curie dans le 92
76 % dans une classe de L au lycée Joliot-Curie dans le 92
87 % dans une classe de ES au lycée Guy de Maupassant à Colombes dans le 92
94 % dans une classe professionnelle au lycée de Prony d’Asnières-sur-Seine dans le 92
76 % dans une classe de S au Lycée Berthelot à Pantin dans le 93
71 % dans les 3 classes de STMG au Lycée Berthelot à Pantin dans le 93
83 % dans une classe professionnelle du lycée de Plaine Commune dans le 93
82 % dans une classe professionnelle du lycée Jules Michelet à Fontenay-sous-Bois dans le 94
71 % dans une classe de ES au lycée Charles Baudelaire dans le 95
72 % dans une classe de L au lycée Charles Baudelaire dans le 95
87 % dans une classe de S du lycée Romain Rolland à Goussainville dans le 95
74 % dans une classe de STMG au lycée Van Gogh à Ermont dans le 95

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Parcoursup : les premières remontées montrent une nette inégalité entre lycées
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