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Vivement l'Ecole!

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#Parcoursup: "Ces lycéens subissent une véritable maltraitance sociale" - Claude Halmos/France Info

10 Juin 2018 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Parcoursup

#Parcoursup: "Ces lycéens subissent une véritable maltraitance sociale" - Claude Halmos/France Info

Le nouveau dispositif Parcoursup, plateforme d'admission dans l'enseignement supérieur lancée par le gouvernement, qui se substitue au dispositif post-bac, très critiqué, place de nombreux lycéens dans une situation de refus de leurs choix ou d'attente. Situation hautement angoissante pour eux. La psychanalyste Claude Halmos nous explique aujourd'hui pourquoi cette situation peut avoir des conséquences pyschologiques importantes pour tous ces futurs étudiants. 

Je pense qu’elle a d’ores et déjà – et qu’elle aura – des conséquences psychologiques importantes.

Pour quelles raisons ? 

Être admis dans une université c’est, pour un lycéen, obtenir de la société le droit d’entrer dans une structure où il va pouvoir avancer vers la réalisation d’un projet professionnel, qu’il a conçu et pour lequel il a travaillé. Il peut donc – même s’il pourrait légitimement souhaiter qu’on lui accorde une seconde chance – admettre qu’on lui refuse cette admission, s’il n’a pas assez travaillé ou, en tout cas, pas assez travaillé pour cette université-là.  

Pourquoi peut-il l’accepter, dans ce cas du manque de travail ?  

D’abord parce que, si le motif du refus qu’on lui oppose est son niveau scolaire, il garde une possibilité d’agir sur la situation : il peut travailler davantage et améliorer son niveau. Et puis parce que le motif du refus est, dans ce cas, en accord avec les valeurs qu’on lui a toujours enseignées.

Or, dans le cas de Parcoursup, les lycéens se retrouvent classés en fonction de critères que, très souvent, ils ne comprennent pas. Cela leur donne un sentiment d’absurdité, d’arbitraire, d’injustice et de surcroît, de tromperie, parce qu’on leur avait promis autre chose. Et, comme ils n’ont aucun moyen de s’opposer à ce classement, ils se sentent réduits à l’impuissance par une force qui les écrase. 

Et vous pensez que cela peut avoir des conséquences psychologiques importantes ?

Mais bien sûr ! Ces lycéens se retrouvent – à la veille de ce moment, symboliquement très important de leur parcours qu’est, pour eux comme pour leurs familles, le bac – atteints d’abord dans l’image qu’ils ont d’eux-mêmes : beaucoup se sentent dévalorisés et méprisés. Atteints ensuite dans leur projet de vie, avec le sentiment qu’on leur coupe les ailes (ce qui est d’une très grande violence psychologique). Et – je le répète – pour des raisons qu’ils ne comprennent pas, ce qui ouvre la porte à toutes les constructions imaginaires.

De plus, Parcoursup leur donne une image très négative de la société, à un moment de leur vie où la confiance dans le monde est l’une des choses qui peut soutenir leur désir de vivre et d’avancer.

Je crois que l’on peut dire que ces lycéens subissent une véritable maltraitance sociale ; susceptible de donner lieu aussi bien à des réactions dépressives qu’à des réactions de violence

Claude Halmos

Des réactions et conséquences dont les promoteurs de Parcoursup n’ont manifestement pas pris la mesure.     

Comment l’expliquez-vous ?  

Cela prouve que l’on continue à croire que les souffrances psychologiques graves ne pourraient venir que de la vie privée. Et que l’on méconnait celles qui viennent de la vie sociale. Et les "psys" participent de cette méconnaissance puisque, pour la plupart, ils n’en parlent jamais.    

Claude Halmos

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#Parcoursup : «Avoir un "oui" ne veut pas dire que l'élève a une formation où il veut aller !»...

8 Juin 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Parcoursup, #Politique

#Parcoursup : «Avoir un "oui" ne veut pas dire que l'élève a une formation où il veut aller !»...

EXTRAIT

Un prof de sciences économiques et sociales de Seine-et-Marne (77)

(...)

«J’ai l’impression que Parcoursup a tous les travers d’APB, avec des défauts en plus, qui rendent le nouveau système encore pire que l’ancien. Je pense à cet effet "liste d’attente", par exemple. Dans le ressenti de nos élèves, cela renforce le sentiment de ne pas avoir les mêmes chances que les autres parce qu’ils viennent de Seine-et-Marne. Ils ont le sentiment de devoir attendre que les Parisiens fassent leurs choix. Eux passeront après, ils auront droit aux restes. En salle des profs, on en est venu à se demander si certaines facs n’avaient pas pris en compte un critère kilométrique, en partant du principe que plus un élève vient de loin, moins il a des chances de réussir. C’est la seule explication que l’on ait trouvée pour comprendre comment si peu de nos élèves ont les choix qu’ils voulaient. Pour nous, ils paient l’enclavement de la Seine-et-Marne.

«Le pire, c’est qu’on ne saura jamais si Parcoursup a bien fonctionné ou pas. Avec APB, on pouvait tirer un bilan : tant d’élèves ont leur premier vœu, tant leur douzième… Là, la seule donnée diffusée, c’est le nombre d’élèves ayant un vœu accepté. Mais cela ne veut pas dire que c’était la formation qu’il voulait ! Par exemple, dans ma classe, en tant que prof principal, j’ai incité fortement mes élèves à formuler au moins un vœu dans une formation où la place ne manque pas. Un vœu de secours, en quelque sorte. Du coup, beaucoup de mes élèves ont un "oui", mais c’est un "oui" par dépit.

«Autre chose aussi, c’est un détail mais qui agace tellement dans mon lycée… : l’hypocrisie avec laquelle les résultats sont présentés. Pour les demandes à la fac, les élèves ont systématiquement un "oui". Certains ont d’abord cru être pris, mais dans la case d’à côté : la mention "en attente". Plus le temps passe, plus le "en attente" s’apparente furieusement à un "non" ! Une telle hypocrisie, c’est vraiment se moquer d’eux. Imaginez-moi, en face, en tant qu’enseignant. Sur une ligne de crête : obligé de tenir un discours rassurant, mais sans vouloir non plus leur mentir et leur faire croire que tout va bien. Pour, en plus, s’entendre dire dans les médias que nous, les profs, et notamment les profs syndiqués [il est au Snes-FSU, ndlr], on stresse nos élèves inutilement. Le gouvernement joue avec nos nerfs.»

Marie Piquemal

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#Parcoursup - «Cette réforme renforce l'exclusion territoriale, je le mesure dans ma ville»...

6 Juin 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique, #Parcoursup

#Parcoursup - «Cette réforme renforce l'exclusion territoriale, je le mesure dans ma ville»...

EXTRAIT

(...)

Meriem Derkaoui, maire communiste d’Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis

«Dans ma ville, des lycéens commencent vraiment à paniquer. Ils se sentent seuls. Tous n’ont pas à la maison des parents qui parlent le français et en mesure de les aider. Je ne pouvais pas les laisser livrés à eux-mêmes. Je ne pouvais pas rester spectatrice de ce tri social. J’ai donc décidé d’ouvrir une permanence SOS Parcoursup à la mairie. Elle est ouverte chaque soir de 17 heures à 19 heures.

C’est aussi un moyen pour moi d’établir un recensement précis des situations. Je veux savoir: à qui donne-t-on une chance de réussir avec ce nouveau système? Combien se retrouvent de fait exclus?

Les difficultés étaient prévisibles depuis le départ. Avec cette réforme, ils ont ajouté des éléments bureaucratiques, qui sont autant d’obstacles supplémentaires pour accéder à l’université. Je pense par exemple à ces lettres de motivations, c’est une façon de multiplier par cinq ou par dix les difficultés pour nos jeunes… alors qu’il aurait fallu, au contraire, les alléger !

J’avais alerté la ministre. Fin avril, Frédérique Vidal était venue à Aubervilliers pour la pose de la première pierre du campus Condorcet (prévu pour accueillir 12 000 étudiants en sciences humaines et sociales, ndlr). Dans mon discours d’ouverture, je l’ai interpellée publiquement. J’ai exprimé mes craintes sur les conséquences graves de cette sélection instaurée à l’entrée de l’université. Je craignais un renforcement de l’exclusion territoriale.

Aujourd’hui, nous y sommes. Mesurons objectivement la réalité. Je vais constituer une petite délégation de lycéens et les amener dans le bureau de la ministre pour qu’ils se parlent face à face. Qu’ils lui racontent toutes les démarches qu’ils ont faites et leur faible espoir aujourd’hui de réussite.»

Marie Piquemal

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« Parcoursup constitue un retour en arrière de deux siècles » - Pierre Merle

6 Juin 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Parcoursup

« Parcoursup constitue un retour en arrière de deux siècles » - Pierre Merle

EXTRAITS

La sélection opérée par la plate-forme est fondamentalement porteuse d’injustices, explique le sociologue Pierre Merle dans une tribune au « Monde ».

A l’occasion de la publication des premiers résultats de la plate-forme Parcoursup, le 23 mai, à peine plus d’un candidat sur deux avait reçu une affectation, plus de 300 000 étaient en attente, et 29 000 avaient tous leurs souhaits refusés (des propositions leur seront ultérieurement présentées par la commission rectorale de leur académie).

Au 1er juin, 575 000 candidats ont au moins une proposition, mais 16 000 d’entre eux ont cependant quitté la plateforme, 199 000 sont encore en attente, 24 000 sont toujours sans proposition, plus de 5 000 ont sollicité l’aide de la commission rectorale ad hoc et presque 7 000 se sont désinscrits.

La ministre Frédérique Vidal s’est réjouie de l’augmentation rapide de la proportion de candidats ayant obtenu au moins une proposition. Outre le nombre croissant d’abandons, Parcoursup soulève de nombreux problèmes. Parmi les candidats encore en attente, déçus et inquiets, les bacheliers des filières professionnelles et technologiques sont surreprésentés. Pourquoi ?

Anticipant un refus d’inscription dans les filières universitaires, ces étudiants ont adapté leur stratégie d’orientation et ont plus souvent choisi les filières professionnalisantes courtes, BTS et IUT, qui correspondent mieux à leurs parcours. Or ces filières sont également très demandées par les bacheliers généraux, et la sélection favorise davantage ces derniers, jugés plus aptes à réussir des études supérieures. Parcoursup ne règle donc pas un problème essentiel de l’enseignement supérieur : une affectation de candidats dans des filières qui n’ont pas été conçues pour eux.

(...)

Inévitable favoritisme

Une autre limite centrale de Parcoursup est de ne pas assurer une sélection juste des candidats. Les conseils de classe des lycées, qui évaluent chaque élève selon les critères définis par Parcoursup (autonomie, méthode de travail, esprit d’initiative, capacité à s’investir), ont des pratiques fortement divergentes. Malgré leurs doutes, certains conseils de classe ont essayé, pour chaque lycéen, de répondre le mieux possible à ces critères.

D’autres, considérant qu’il n’était pas possible de réaliser une évaluation objective sur des critères jugés subjectifs et/ou souhaitant donner le plus de chances possible à leurs élèves, ont décidé de mettre les appréciations « très satisfaisante » ou « satisfaisante » à la quasi-totalité d’entre eux. La tentation d’aider les élèves de l’établissement, voire le favoritisme, est inévitable. Une sélection juste ne peut pas émerger de telles pratiques évaluatives.

La prise en compte des notes de chaque candidat est tout aussi problématique. Même si les évaluations des lycéens seront, à l’avenir, organisées sous forme de partiels avec des sujets communs à tous les établissements, les pratiques de notation des professeurs demeureront nettement différenciées selon le niveau scolaire des élèves et les lycées.

Sur cette question, les recherches sont totalement convergentes. Les comparaisons des notes réalisées dans le cadre de Parcoursup sont pour cette raison non pertinentes. Un 15/20 d’un élève inscrit au lycée Louis-le-Grand n’est pas comparable à un 15/20 d’un élève scolarisé dans la majorité des lycées de banlieue.

Pour prendre en compte ces différences, certaines universités pondèrent les notes des candidats, notamment en accordant des bonus à certains lycées, compte tenu du classement des établissements. Cette démarche d’équité, a priori séduisante, est pourtant inappropriée. Outre un classement des établissements discutable, ce classement est ordinal (il définit un ordre du premier au dernier), mais il n’est pas cardinal. Il ne définit pas des niveaux de compétences moyens des établissements.

Ainsi, à une différence importante dans le classement des lycées peut correspondre une différence faible en termes de niveau moyen des élèves. Par ailleurs, il s’agit d’un classement ordinal d’établissements, nullement comparable avec un classement ordinal et cardinal des élèves qui y sont scolarisés.

(...)

Interrogations légitimes

Comment est-on arrivé à un système de sélection aussi discutable, qui, sous couvert de calculs compliqués, légitime une sélection arbitraire pour de trop nombreux candidats ? Parmi les multiples raisons, il faut retenir la précipitation de la mise en œuvre de Parcoursup, qui n’a pas permis de saisir la complexité des problèmes et la difficulté à trouver des solutions adaptées.

Ensuite, le gouvernement a fait preuve d’une forme d’autisme en refusant de prendre en compte les modifications possibles, par exemple le classement des vœux, ou en supprimant – système en vigueur dans APB (admission postbac) – le choix obligatoire, a minima, d’une licence dite à la « pastille verte », dont les capacités d’accueil sont moins limitées. La limitation du nombre de choix (dix, au lieu de vingt dans APB) accentue aussi, mécaniquement, les problèmes d’affectation.

(...)

Après avoir pris des mesures fort coûteuses et très favorables aux plus fortunés (plus de 5 milliards d’euros de recettes fiscales perdues), tout en affirmant, paradoxalement, que « les riches n’ont pas besoin de président », Emmanuel Macron est-il encore en mesure de proposer aux jeunes générations des projets mobilisateurs plutôt qu’une approche comptable et malthusienne, source légitime d’inquiétudes et de déception ?

A croire que le gouvernement est plus préoccupé par le sort de quelques milliers de rentiers, majoritairement des héritiers, que par les plus de 800 000 jeunes gens qui, chaque année, souhaitent construire leur avenir et feront la France de demain.

Pierre Merle est l’auteur de « Les Pratiques d’évaluation scolaire. Historique, difficultés, perspectives » (PUF, 336 pages, 25 euros).

La tribune est à lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous

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#Parcoursup - "Des dizaines de milliers de lycéens préparent les épreuves du bac sans savoir où ils étudieront l'an prochain."

6 Juin 2018 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education, #Parcoursup

#Parcoursup - "Des dizaines de milliers de lycéens préparent les épreuves du bac sans savoir où ils étudieront l'an prochain."

Depuis le début de la procédure de Parcoursup, les réponses continuent à arriver dans les boîtes mail des candidats. Les trois quart des candidats ont reçu au moins une proposition d'admission, mais des dizaines de milliers de lycéens préparent les épreuves du bac sans savoir où ils étudieront l'an prochain.

Le ministère de l'Éducation publie chaque jour les chiffres actualisés. Plus de 600 000 sur 800 000 candidats ont au moins un vœu accepté dans Parcoursup. C'est plus que ce que le ministère prévoyait, il avait tablé sur deux tiers au moment du bac. 

"Si j'ai le bac mais pas de place en fac, je fais quoi ?"

Mais pour les candidats en attente, l'incertitude est de plus en plus difficile à l'approche du bac dans une douzaine de jours, comme l'explique une lycéenne qui stresse : "Parcoursup c'était censé ne pas nous décourager avant le bac, parce que l'année dernière il y avait eu des réponses qui avaient démotivé les gens quand ils passaient leurs d'épreuves. Mais là je trouve encore pire d'être en attente, de ne pas savoir."

Quand un lycéen accepte définitivement une place, il en libère d'autres

L'angoisse est compréhensible, répond Jérôme Teillard, le chef de projet en charge de Parcoursup au ministère de l'Enseignement supérieur, mais les choses avancent selon lui : "170 000 candidats sont en attente d'une proposition. Pour mémoire, quand on a commencé au 22 mai, ils étaient 344 000, donc on voit que ça a très largement réduit et c'est le principe du processus de convergence. Les candidats ont leur a laissé la possibilité de garder des vœux en attente lorsqu'ils choisissaient un veux, mais qu'ils en avaient un autre préféré. (???/Note du webmaster) Et puis certains candidats ont déjà eu complètement leurs propositions. Ils sont déjà plus de 276 000 à avoir fait ce choix définitif. Ces choix ou ces renoncements contribuent à libérer des places pour d'autres qui reçoivent alors des propositions." Mais plus inquiétant, plus de 30 000 candidats n'ont reçu que des réponses négatives, sur des formations sélectives. Certains ont déjà demandé à être suivis par les commissions mises en place par les recteurs pour leur trouver des solutions.   

Sonia Bourhan

Si quelqu'un comprend cette phrase:

"Les candidats ont leur a laissé la possibilité de garder des vœux en attente lorsqu'ils choisissaient un veux, mais qu'ils en avaient un autre préféré"

CC

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#Parcoursup : Pôle emploi anticipe des ratés

5 Juin 2018 , Rédigé par Le Republicain Lorrain Publié dans #Education, #Politique, #Parcoursup

#Parcoursup : Pôle emploi anticipe des ratés

Pôle emploi anticipe auprès de ses agents une augmentation importante d’inscriptions d’étudiants en septembre pour tenir compte des difficultés à proposer aux lycéens une inscription dans l’enseignement supérieur.

Pôle emploi prépare déjà ses salariés à gérer les conséquences des difficultés de Parcoursup. À Metz, en fin de semaine dernière, une information sur le sujet a eu lieu dans plusieurs agences. Les équipes locales de direction ont lu une note interne aux employés leur expliquant qu’ils allaient devoir faire face à une importante augmentation des inscriptions en septembre. « C’est traditionnel, à chaque rentrée, nous avons une augmentation d’environ 20 % des inscriptions des étudiants. Là, un de nos responsables nous a fait le compte rendu oral d’une note. Elle indiquait qu’il fallait plutôt s’attendre à 40 % de hausse à la rentrée 2018 », raconte un agent en poste en Moselle.

Cette information de l’encadrement n’a pas été relayée de la même manière dans toutes les agences. « À Forbach ou Sarrebourg, les agents n’en ont pas encore entendu parler. Par contre, plusieurs agences de Nancy ont été prévenues qu’il fallait qu’elles s’organisent pour faire face à un afflux exceptionnel d’inscriptions en raison de Parcoursup. Forcément, cela inquiète les agents vu la situation de nos effectifs », explique un cadre lorrain qui préfère conserver l’anonymat. On le sait depuis début mai, au moins 4 000 postes d’agents de Pôle emploi sur 55 800 pourraient être supprimés d’ici à 3 ans…

Étudiants sur le carreau

En octobre 2017, 3 700 bacheliers n’avaient pas trouvé de places dans l’enseignement supérieur dans le cadre du système d’admission post-bac (APB). Le gouvernement en a tiré les conséquences en lançant Parcoursup, dont la première phase a permis à 569.322 candidats (sur 812 055) de recevoir au moins une proposition d’admission post-bac. Au 31 mai, 205.739 candidats sont en attente et ils vont continuer à recevoir des offres jusqu’à la fin du mois d’août.

Nous avons contacté la direction de Pôle emploi Grand Est, qui nous a répondu de façon un peu contradictoire. « Il n’y a pas de sujet. En tout cas, nous ne sommes pas en capacité de le chiffrer comme cela […] Oui, il y aura probablement un surcroît d’inscription et nous allons nous y adapter », a indiqué un porte-parole de Pôle emploi. Avant de renvoyer, embarrassé, vers le ministère du Travail puis vers… celui de l’Éducation nationale, seuls compétents pour s’exprimer.

Cet afflux exceptionnel a aussi été évoqué lors du comité d’établissement de Pôle emploi, réuni jeudi à Strasbourg, par des représentants du personnel, et la direction régionale a banalisé la question, selon nos informations. « On va demander des explications. Une telle anticipation n’est pas anodine. Cela veut dire que le gouvernement s’attend à ce que nombre d’étudiants vont rester sur le carreau », s’inquiète un représentant syndical.

Alain MORVAN

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#Parcoursup - Parcours complexe de supériorité...

2 Juin 2018 , Rédigé par Monolecte Publié dans #Education, #Parcoursup

#Parcoursup - Parcours complexe de supériorité...

EXTRAITS

S’il y a bien une chose à retenir de Parcoursup, c’est que l’algorithme n’est pas bienveillant. En fait, la machine ou le traitement automatisé ne peut pas être bienveillant. Parce qu’il ne permet pas l’interaction, tout simplement, pas d’argumentation, pas de cas particulier, pas de recours ou si peu et tellement balisé.

Rage against the machine

La neutralité de la machine n’est que celle que l’on veut bien lui accorder. La machine ne fait que le boulot pour laquelle elle a été programmée et le fait suivant les critères et les barèmes qu’on lui a assignés. De ce point de vue là, la machine n’est pas si neutre que cela, elle agit en fonction des intentions de ceux qui se cachent derrière.

En résumé, une machine qui trie en fonction des aptitudes à faire du vélo ne pourra en aucun cas être bienveillante pour les poissons. Sa seule neutralité, en fait, c’est de servir de paravent à l’humain ou au groupe d’humains qui a décidé délibérément d’exclure les poissons de la compétition.

L’absence de bienveillance de la machine est parfois compensée par la possibilité — souvent complexe et écrite en tout petit hors de la zone d’affichage de la page — de poser un recours contre la décision qui se cache derrière la fausse rationalité de la machine. En fait, ce qui rend encore supportable l’inhumanité de la machine, ce sont ses interstices et ses petits bugs. Et la possibilité de contester le verdict de la machine.

En l’absence de tout recours, la machine devient la méthode particulièrement malveillante d’administrer l’arbitraire. C’est une négation de l’homme et de la démocratie. Et c’est très exactement le rôle que remplit Parcoursup en dépouillant ses utilisateurs contraints et forcés de toute possibilité d’action sur leur propre destin. C’est une mécanique froide qui ne sert qu’à imposer le désordre absurde de l’arbitraire en le déguisant sous les oripeaux toujours mensongers de la neutralité de la machine.

L’automatisation du tri des destins de nos enfants n’est pas différente en soit de celle des machines à trier et broyer les poussins : c’est juste de la barbarie nickel chrome. Et elle complète le dispositif de plus en plus abouti et performant du tri automatique des déchets humains, des surnuméraires.

De ce point de vue-là, la seule utilité de Parcoursup est de rendre invisibles ceux qui décident et gèrent le vaste programme d’eugénisme social en cours.

(...)

La France est aujourd’hui le pays champion de l’OCDE… en inégalités scolaires. ParcourSup est le clou qui finit de refermer le cercueil démocratique. Parce qu’il ne faut pas s’y tromper : hypnotisés par la grande course à l’échalote, les parents d’élèves, eux, souhaitent encore plus d’iniquité, pourvu que leur rejeton soit le canasson qui remportera la timbale.

Ce n’est probablement pas pour rien que le pays de Parcoursup est aussi celui de la cavalcade aux HP. Non pas comme Hôpital Psychiatrique (lequel fait pitié jusqu’à la charité!), mais bien comme Haut Potentiel… ce qui, en substance ne veut pas dire grand chose de plus que le fait que chaque parent, pris individuellement, est plus au moins convaincu d’avoir chié Mozart et Einstein comprimés dans un seul petit corps parfait.

Forcément, d’un simple point de vue statistique, il y en a beaucoup qui se trompent énormément.

(...)

Le Monolecte

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Le bac, et après ? Le double stress des lycéens "sans fac" à l’ère de Parcoursup...

2 Juin 2018 , Rédigé par Sud Ouest Publié dans #Education, #Politique, #Parcoursup

Le bac, et après ? Le double stress des lycéens "sans fac" à l’ère de Parcoursup...

Des dizaines de milliers de lycéens ne savent pas encore où ils étudieront l’an prochain. Une situation difficile à gérer alors que le bac approche.

"Si j’ai le bac mais pas de place en fac, je fais quoi ?" Comme Julien, ils sont des dizaines de milliers de lycéens à préparer leur examen sans savoir où ils étudieront l’an prochain, au risque d’aggraver leur stress.

Cet élève de Terminale S dans le Val-de-Marne, qui vise des DUT ou des facs de bio-chimie, est "en attente" pour tous ses vœux sur la plateforme d’admission post-bac Parcoursup, dont les premières réponses sont tombées il y a dix jours. "Tous les matins, je regarde si j’ai progressé dans les listes d’attente", raconte-t-il, alors qu’il aimerait réviser sereinement le bac, dont le coup d’envoi sera donné 18 juin.

Un système progressif

Sa camarade, Siham, n’a pas non plus de réponse positive sur Parcoursup : "Je ne m’attendais pas à n’avoir aucun 'oui’", confie-t-elle. La lycéenne a notamment fait des vœux en Paces (première année commune aux études de santé) et en chimie. Elle est "'en attente’ partout et pas forcément bien classée". "J’aimerais être fixée avant le bac, ça m’enlèverait un gros poids", soupire-t-elle.

Mis en place cette année, Parcoursup livre ses réponses aux souhaits des 810 000 candidats au fil de l’eau. Quand un lycéen accepte définitivement une place, il en libère donc d’autres, ce qui désengorge peu à peu le système. Le précédent système, APB, fonctionnait différemment : à la même période l’année dernière, aucun candidat n’avait eu de réponse et le gros des résultats avait été communiqué en une seule fois le 8 juin.

"Cette année, on a voulu faire en sorte qu’une grande majorité soit rassurée avant les épreuves du baccalauréat", a affirmé jeudi la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal. "Pour les autres, je comprends que ce soit une situation stressante mais il faut bien comprendre que Parcoursup est un système progressif et continu", a-t-elle insisté. Vendredi, elle s’est félicitée que l’objectif initial, qui était d’avoir "deux tiers de réponses avant le bac", soit atteint avec "plus de deux semaines d’avance".

"Un effet démobilisateur"

Mais pour quelque 236 000 candidats qui n’avaient toujours pas reçu de proposition en cette fin de semaine, difficile de se concentrer sur les révisions. "Je suis très stressée, je regarde tous les matins les résultats de Parcoursup", déclare Laurene, en Terminale ES dans un lycée de Seine-Saint-Denis, sans affectation pour l’instant. "Pourquoi passer le bac si on n’a rien derrière?" 

"Les élèves avec uniquement des réponses 'en attente’ ont un sentiment d’échec", observe Clarisse Guiraud, professeur de sciences économiques et sociales, dans un lycée polyvalent à Stains (Seine-Saint-Denis). Constatant que certains "baissent les bras" avant même de passer le bac, elle fait de son mieux pour "les rassurer".

Et ceux qui ont eu un 'oui’ ne sont pas forcément sereins, comme le raconte Jérôme Martin, prof d’histoire-géo à Bondy (Seine-Saint-Denis). "On a conseillé à nos élèves d’élargir leurs vœux au maximum. Du coup, beaucoup ont des réponses positives pour des places qui ne les satisfont pas vraiment". Ces résultats décevants ont, selon lui, "un effet démobilisateur à la veille du bac". 

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Ces 48 heures où la France a placé ses jeunes en garde à vue...

30 Mai 2018 , Rédigé par SLATE Publié dans #Education, #Politique, #Parcoursup

Ces 48 heures où la France a placé ses jeunes en garde à vue...

EXTRAITS

Le 22 mai, les forces de l’ordre intervenaient au lycée Arago, à Paris, brièvement occupé par plusieurs dizaines de jeunes, et procédaient à 102 interpellations. Julien*, le frère de notre collaborateur Thomas Deslogis, en faisait partie.

«Julien* est en garde à vue.» Le message m’arrive le mercredi 23 mai au soir. Julien a été arrêté la veille, en même temps qu’une centaine d’autres jeunes, alors qu’en marge de la manifestation du jour, ils s’étaient introduits dans l’enceinte du lycée Arago, place de la Nation à Paris.

Il vient d’avoir 18 ans, est étudiant, ne fait partie d’aucun mouvement ni syndicat, mais a la fièvre politique que j’avais à son âge, il y a dix ans, alors que j’étais loin de penser devenir journaliste. Julien est mon frère.

Déjà vingt-quatre heures qu’il est derrière les barreaux. Tandis que je fais chauffer mon téléphone en tournant dans mon appartement, Julien apprend que contrairement à ce que les forces de l’ordre lui avaient assuré plus tôt dans la journée, sa garde à vue est prolongée. Il retourne dans sa cellule, qu’il partage avec six autres perturbateurs de paix sociale et de cours de lycées.

Mardi 22 mai, jour 1

Les fonctionnaires défilent dans différentes villes de France pour défendre le service public. À Paris, près de 15.000 personnes manifestent, dont une poignée de jeunes venus exprimer leur solidarité en cette période de mécontentement général.

La foule commence à se disperser. Dans le cortège étudiant, on discute déjà de l’après manif. Ines* pense aller boire une bière avec ses amis, mais tout d’un coup, un appel circule: «Tous à Arago!», pour y tenir une assemblée générale, à la demande, selon la rumeur, des élèves du lycée. Julien entend le même mot d’ordre.

Puis tout va très vite. Les forces de l’ordre sont appelées par la direction du lycée dès que la centaine de jeunes y pénètre, comme l'expliqueront les inspecteurs.

La logique est la même que lors des mouvements de foules: on suit le mouvement, porté par l’adrénaline et l’instinct de survie plus que par une analyse posée de la situation. Les jeunes se réfugient dans une salle de classe, un partie pousse chaises et tables pour bloquer l’entrée.

De ce que Julien peut observer, les quelques ordinateurs présents sont tout simplement déplacés sur une autre table. Il ne s’explique toujours pas les images de matériel informatique volé ou cassé qui ont fait le tour des réseaux sociaux. On est en droit d’imaginer que n’importe qui aurait pu profiter de l’éphémère chaos qui régnait alors dans les couloirs de l’établissement.

Voilà les CRS soudainement «dépassés», comme obligés d’obéir à un ordre venu d’en haut et auquel eux-mêmes ne s’attendaient pas.

Un groupe de CRS s'introduit finalement dans la classe, tandis que leurs collègues détruisent une autre porte menant au même endroit. Julien voit encore le premier corps de police crier sur le second pour qu’il s’arrête.

Outre quelques plaquages plus ou moins secs durant la mini-course poursuite qui vient de se terminer, dont une fille prise à la gorge sous les yeux d’Inès, le face-à-face se déroule sans trop d’accrocs. Les forces de l’ordre emmènent la centaine de jeunes dans la cour du lycée, les y font s’assoir et patienter, en leur envoyant «des signaux et des informations contradictoires». Normalement, dit-on à Julien, tout cela sera terminé en un rien de temps.

Normalement. Mais les CRS, soudainement «dépassés», comme obligés d’obéir à un ordre venu d’en haut et auquel eux-mêmes ne s’attendaient pas. Chaque élève, un à un, a le droit à sa fiche d’interpellation. Un bus, dans lequel une soixantaine de jeunes sont entassés, est appelé à la rescousse. Direction le commissariat Hebert, dans le 18e arrondissement.

Une fois arrivées, les forces de l’ordre doivent s’organiser pour dispatcher cette petite foule dans les différents commissariats de la capitale, opération qui prendra près de quatre heures. Quatre heures dans la chaleur d’un bus plein à craquer. Quatre heures durant lesquelles les étudiants se convainquent qu’il est impossible d’arrêter autant de personnes à la fois pour un fait qu’eux, qui n’ont fait que suivre le mouvement sans violence ni dégradation, jugent aussi mineur, aussi commun en temps de grève, aussi désorganisé.

Mais comme le résume Julien a posteriori, ces trois jours seront «une suite de faux espoirs». La distribution faite, chacun son commissariat par petits groupes, les gardes à vue sont officiellement notifiées. Viennent les fouilles et les confiscations.

Ici s’arrête la communication avec le monde extérieur. Julien se retrouve d’abord dans une cellule en compagnie de vingt-cinq de ces camarades, puis six. Les quelques mineures et mineurs sont enfermés à part. Un étudiant, au mécontentement trop démonstratif, sera isolé. Il est minuit passé.

(...)

Samedi 26 mai, épilogue

Sourires aux lèvres, étudiantes et étudiants fraîchement libérés se demandent «qui est le con qui a eu cette idée» d’aller au lycée Arago. Tout ce petit monde est désormais fiché.

Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, s’exprime sur BFM. «Si on veut garder demain le droit de manifester, dit-il en réaction à de nouveaux débordements, il faut que les personnes qui veulent exprimer leur opinion puissent aussi s'opposer aux casseurs, et non pas, par leur passivité, être d'un certain point de vue complices de ce qui se passe».

Jusqu’à la date de son procès, Benjamin, qui étudie en banlieue, a l’interdiction de se rendre à Paris. Inès s’est fait passer un savon par ses parents. La mère de Julien, la mienne donc, avait prévu d'aller manifester ce 26 mai. Elle renonce.

*Les prénoms ont été modifiés.

Thomas Deslogis

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