Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

parcoursup

Les psychologues scolaires débordés par ParcourSup...

7 Mars 2018 , Rédigé par France Inter Publié dans #Parcoursup, #Education

Les psychologues scolaires débordés par ParcourSup...

Non cités dans la nouvelle réforme de l'accès aux études supérieures, les psychologues de l'Éducation nationale alertent sur leur incapacité à gérer ParcourSup, une semaine avant la première échéance. Ils estiment que leur rôle d'orientation et d'information auprès des élèves et des parents n'est pas assez reconnu.

C'est d'abord une simple question de chiffres : avec trois à quatre établissements à charge sur une académie, des milliers d'élèves et une journée seulement passée en établissement, c'est mathématiquement, impossible pour les psychologues de l'Éducation nationale de recevoir tout le monde. Et pourtant, une semaine avant la clôture de la saisie des vœux, le 13 mars prochain, ces professionnels de l'orientation sont débordés.

Géraldine Duriez, psychologue de l'Éducation nationale sur l'académie de Créteil qualifie sa profession comme le "courant d'air dans les établissements" : "Si tout va bien, si tous les élèves se présentent aux rendez-vous, on peut en recevoir 8 par jour."

Les psychologues aident les élèves à se projeter sur leurs atouts ou à ne pas se décourager devant un pré-requis

Mais hors de question de faire des choix parmi les élèves. Ceux qui ont des bonnes notes ne sont pas moins perdus que les autres, surtout que ça ne suffit plus pour le supérieur : le périscolaire compte aussi désormais, comme nous l'explique Sylvie Amici, psychologue en Seine-Saint-Denis : "Quand un élève ne peut pas répondre à tous ces attendus et qu'en plus, c'est pour des raisons économiques, sociales ou d'appartenance à un lieu où toutes ces ressources n'existent pas, on l'aide à s'émanciper et à dire 'ce vœu-là, c'est quelque chose que tu souhaites faire alors fais-le !'"  

Il faut donc aider à constituer ces nouveaux dossiers, mais aussi renseigner les jeunes comme leurs professeurs ou encore les parents. "Parce que répondre quand on a 17 ans sur quelles qualités on a, quels sont ses points forts, ses atouts, comment on se projette, cela demande de l'élaboration, rappelle Sylvie Amici, et là en tant que psychologue on peut parfois les aider."

La preuve, des ateliers "spécial vœux" sur ParcourSup, organisés par le CIO d'Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis ont fait le plein pendant les vacances. Près de 300 élèves de terminale y ont participé.

Soisic Pellet

Lire la suite

Lettres de motivation pour Parcoursup : l'angoisse des élèves, la solution de profs...

5 Mars 2018 , Rédigé par Bondyblog Publié dans #Education, #Parcoursup

Lettres de motivation pour Parcoursup : l'angoisse des élèves, la solution de profs...

Les élèves de Terminale ont jusqu’au 13 mars pour saisir leurs vœux sur Parcourssup, la nouvelle plateforme d’orientation post-bac. Parmi les mesures, la rédaction d’un projet de formation pour chaque vœu d’orientation avec lettres de motivation. Une nouveauté qui angoisse certains élèves. 

A la bibliothèque municipale d’Aulnay-sous-Bois, quelques lycéens viennent trouver refuge pour réviser au calme. Ilyes* est en Terminale ES au lycée Jean-Zay de la ville. Il passe le bac pour la seconde fois et cette fois-ci, il compte bien l’obtenir. Cette année, il considère avoir mis toutes les chances de son côté, “pas de blagues, ni d’absence, je cartonne un peu partout et mes notes sont plus que convenables”, assure-t-il.

“Parcoursup et ses lettres de motivation, un exercice pour plus tard quand je rechercherai du travail et que je ne recevrai aucune réponse”

Reste une étape qui le stresse plus que tout, Parcoursup, la nouvelle plateforme d’orientation post-bac pour les élèves de Terminale. “C’est l’angoisse absolue. Ils auraient dû l’appeler “chemin de croix” tellement cela me semble difficile”. C’est surtout l’impératif des lettres de motivation qui l’inquiète plus que l’examen du baccalauréat prévu dans quelques mois. “J’ai dix vœux à faire au maximum, donc je dois faire autant de projets de formation motivés. Ca me semble hyper compliqué à rédiger”. En effet, pour chaque voeu d’orientation, les lycéens devront soumettre une lettre de motivation censée justifier leur choix. Ilyes compte sur l’aide de personnes travaillant à la bibliothèque municipale pour l’accompagner et l’aider dans sa rédaction.

 Pour celui qui aspire à exercer dans le commerce international, ce passage obligé à la lettre de motivation ne lui inspire rien de bon. Assez fataliste et en même temps un brin déconneur, il le prend comme un “exercice pour plus tard, lorsque je rechercherai du travail, que j’enverrai plusieurs candidatures motivées et que je ne recevrai aucune réponse”.

“Faire entrer l’univers du travail à l’école va accentuer les inégalités”

Anne Bastin est professeure de français au lycée Jacques Brel de la Courneuve. Elle a découvert la nouvelle plateforme d’orientation en même temps que ses élèves. “Tout est assez flou, que cela soit pour les élèves , les enseignants ou encore pour les conseillers d’orientation psychologues”, affirme-t-elle.

Elle émet de nombreuses réserves sur l’appréciation véritable de ces lettres de motivation. “Je ne vois pas comment, à moyen constant, les établissements supérieurs vont lire chaque projet de formation motivé. Cela me semble juste impossible”.

“La volonté de faire entrer dans l’école l’univers du travail est une bonne chose mais pas de cette manière-là. Là, on place plutôt l’économie de marché et c’est un bien mauvais signal qui nous ait envoyé”, estime-t-elle. Pour la professeur de lettres, cette nouvelle mesure ne va qu’accentuer “les inégalités sociales de jeunes déjà victimes de ségrégations sociales et territoriales“.

Des lettres de motivation types données aux élèves

Ainsi, au lycée Jacques Brel, les professeurs ont décidé lors d’une assemblée générale juste avant le début des vacances d’hiver, de mettre à disposition des lettres de motivation types pour les élèves en difficulté ou qui en feraient la demande. “Je me suis rendue compte lors d’un exercice demandé aux lycéens de rédaction d’une lettre de motivation sur leur futur orientation qu’ils étaient très peu outillés. En même temps, ils ont 16, 17, 18 ans, n’est-ce pas normal à leur âge ?”

Mais pour la professeure, une chose positive a émergé de cette difficulté rencontrée par les élèves. “Cette mesure a créé beaucoup d’indignations chez les lycéens et ils ont conscience des inégalités engendrées par un tel dispositif. Ce sont ces lycéens d’aujourd’hui qui seront les citoyens de demain. Cette prise de conscience est importante”.

Mohammed BENSABER

*Le prénom a été changé

Lire la suite

Bienvenue dans l’enfer de parcoursup! Un parent témoigne...

5 Mars 2018 , Rédigé par Pensées by Caro Publié dans #Education, #Parcoursup

Bienvenue dans l’enfer de parcoursup! Un parent témoigne...

EXTRAIT

Je tenais aujourd’hui à manifester ma solidarité avec tous ceux qui sont actuellement concernés, de près ou de loin, par le fameux (enfin, le « fameux », je m’entends, on a toujours tendance à penser qu’on est au centre du monde mais j’imagine que quelques chanceux n’en ont pour l’instant jamais entendu parler) PARCOURSUP. A savoir la plateforme de sélection des formations universitaires post-bac, qui a remplacé le non moins fameux APB.

Ce n’est pas pour la ramener (mais un peu quand même), nous, on a l’immense privilège de doubler le plaisir, merci les jumeaux (ceux qui pensent naïvement qu’une fois sortis des couches, franchement, la gémellité, il faut arrêter d’en faire tout un plat, je leur dis: RENDEZ-VOUS L’ANNEE DU BAC).

Parcoursup, c’est en quelque sorte la dernière épreuve infligée à l’amour parental. Le test ultime. Si tu réussis à conserver ensuite un peu d’affection pour tes enfants (et inversement) c’est que tu as construit au fil des années un putain de lien solide. Pardon my vulgarité, mais il y a des circonstances atténuantes. C’est à dire que ça devrait entrer dans la nomenclature de la sécu et bénéficier de quelques jours d’arrêt maladie.

Parce que non seulement c’est un casse-tête inommable (l’inventeur du « oui…si » est un psychopathe ou plus vraisemblablement un champion du monde de la manipulation mentale, parce qu’en gros, donc, les bacheliers recevront des réponses à leurs voeux pouvant aller de « oui » à « oui si » (= va te faire voir dans une boite à papa ou accepte sans broncher une filière à des kilomètres de ce que tu avais envisagé), ce qui en réalité signifie donc que désormais, l’université est sélective (mais attention, c’est un SECRET). Non seulement un casse tête, donc, avec les dix voeux et leurs « sous voeux », les formation à la Sorbonne « hors secteur » alors que tu habites à 500 mètres du périph, les annonces en loucedé à deux mois du bac, de la suppression du redoublement en première année de médecine, les sigles qui se reproduisent comme des lapins, mais aussi une tannée, avec l’apparition donc de ce fameux « oui… si », (LE SECRET) qui implique de devoir fournir, pour entrer, par exemple, en fac de bio (vous vous doutez que l’intitulé n’est pas aussi trivial mais je vous épargnerai ça), un CV et une lettre de motivation. OUI OUI OUI. Un CV, en terminale. Pour avoir le droit de t’asseoir sur les bancs défoncés d’une université francilienne, lyonnaise ou grenobloise. Sans parler bien évidemment des notes de 1ere et terminale.

(...)

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Réforme de l'université : «Que va-t-il se passer pour les élèves quand le nombre de places en fac sera atteint ?»...

17 Février 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Parcoursup

Réforme de l'université : «Que va-t-il se passer pour les élèves quand le nombre de places en fac sera atteint ?»...

Elèves, profs, conseillers d'orientation mais aussi enseignants-chercheurs… Tous sont en première ligne face à la réforme de l'accès à l'enseignement supérieur, qui se met en place à toute vitesse. «Libération» leur donne la parole pour qu'ils racontent les bouleversements en cours.

La loi modifiant les conditions d’accès à l’université a été votée par le Parlement jeudi 15 février. Dans les lycées et les universités, c’est la course – la précipitation diront certains – pour mettre en place cette réforme d’ampleur… Les règles du jeu pour aller à la fac changent dès cette année, et beaucoup de points restent obscurs.

Elèves de terminale, étudiants en réorientation, profs principaux de lycée, conseillers d’orientation, parents mais aussi enseignants chercheurs et équipes administratives dans les universités, tous se retrouvent en première ligne. Libération a décidé de leur donner la parole de façon régulière. Pour que chacun raconte, avec ses mots et son ressenti, cette réforme vécue de l’intérieur.

                            ______________________________________

Aujourd’hui, Catherine Sindicas, conseillère d’orientation 

Le titre des conseillers d’orientation a changé, on doit désormais dire : psychologue de l’éducation nationale spécialité éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle. Catherine Sindicas travaille depuis vingt ans au CIO (centre d’information et d’orientation) de Clamart, dans les Hauts-de-Seine.

«On commence enfin à y voir plus clair. Les informations nous sont parvenues au compte-gouttes jusqu’à fin janvier. On a même dû retarder les séances d’informations aux familles car jusque-là nous n’avions pas suffisamment d’éléments pour les renseigner. Et puis, il y a des cafouillages. Par exemple, le rectorat nous avait expliqué que pour les licences Staps et psycho, les élèves d’Ile-de-France pouvaient postuler dans n’importe quelle université de la région, la sectorisation n’étant plus le périmètre de l’académie mais de la région académique. Sauf qu’en ouvrant Parcoursup, surprise : les informations indiquaient l’inverse. On a fait remonter le problème, c’était un mauvais paramétrage de Parcoursup par les universités… L’erreur n’a été modifiée que la semaine dernière sur la plateforme.

«Il reste cette question à laquelle je n’arrive pas à avoir de réponse, elle est pourtant centrale : que va-t-il se passer dans les licences les plus demandées quand le nombre de places sera atteint ? Comment cela va finir pour les élèves sur la liste d’attente ? Le ministère a assuré qu’il n’y aura pas de sélection, mais comment les choses vont se passer concrètement ?

«Je conseille aux élèves de formuler leurs vœux en fonction de leurs envies, mais en élargissant au maximum les choix d’universités pour une même licence. Pour l’instant, je ne vois pas bien l’amélioration par rapport à l’ancien système APB, sauf sur un point : ils ne sont plus obligés de hiérarchiser leurs vœux, et cela enlève un vrai stress. Pour le reste, évidemment le tirage au sort n’était pas une bonne solution, mais c’était une pratique à la marge, et il suffisait d’ouvrir plus de places dans les licences concernées. Ce que je déplore aussi, c’est la façon dont nous, ex-conseillers d’orientation [il faut désormais dire psychologue de l’éducation nationale, spécialiste du conseil en orientation, ndlr], sommes mis totalement de côté dans cette réforme. Le ministère a transféré le cœur de notre métier aux professeurs principaux alors qu’ils ne sont pas formés pour… Que devient-on ? On disparaît ?»

Marie Piquemal

Lire la suite

Parcoursup - Vers un renforcement des inégalités...

9 Février 2018 , Rédigé par Slate Publié dans #Education, #Politique, #Parcoursup

Parcoursup - Vers un renforcement des inégalités...

Parcoursup, le nouveau dispositif d'inscription des bacheliers dans l'enseignement supérieur, introduit des «attendus», fixés par les universités pour l’entrée dans chaque licence.

(...)

Vers un renforcement des inégalités

Ce nouveau mode de sélection renforce les inégalités entre les bacheliers. Beaucoup des attendus n’ont pas grand-chose à voir avec le parcours scolaire. Est-on obligé de parler de cursus, de CV pour des élèves qui sortent de l’école? Je crois qu’en terminale, je n’aurais rien pu dire qui ne soit indiqué dans mon dossier scolaire, à moins de faire la liste de mes colonies de vacances et de mes goûts musicaux.

La capacité à se valoriser et à mettre ses atouts en avant est très variable suivant les individus; elle recoupe des compétences sociales qui n’ont sans doute pas à entrer en compte comme critère de jugement dans un pays déjà très inégalitaire scolairement –nous sommes champions en la matière.

Les activités extra-scolaires dépendent hélas encore beaucoup du milieu d’origine et de l’engagement familial dans le parcours de l’enfant, notamment financier: les inscriptions en club de sport, en cours de musique... ont un coût. De même, faire des «séjours à l’étranger» un attendu confirmé relève purement et simplement du tri social.

Cette sélection pose également la question de l’anticipation: à quel âge est-on censé commencer à préparer son orientation et cocher les bonnes cases des attendus? Est-ce vraiment trop tard de choisir une voie à 18 ans?

Un recrutement basé sur les compétences sociales et les activités extra-scolaires s’opère déjà dans de nombreuses filières sélectives et à l’entrée des grandes écoles. Science Po et l’Essec – entre autres – ont dû créer des dispositifs d’ouverture sociale tant il leur était impossible d'offrir autre chose qu’un entre-soi de privilégiés à leurs étudiants. Ce sera désormais peut-être aussi le cas dans certaines universités.

(...)

Louise Tourret

Article à lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Parcoursup... Un point de vue...

8 Février 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Parcoursup, #Université

Parcoursup... Un point de vue...

Parcoursup: le dernier combat

(...)

1. La plateforme Parcoursup, c’est l’arbitraire d’une prédiction d’orientation définie par des enseignant.e.s de Terminale désorienté.e.s; c’est l’inégalité sociale d’un bonus accordé à celles et ceux qui disposent d’un patrimoine extra-scolaire, social ou culturel ; c’est un dispositif qui favorise celles et ceux qui en maîtrisent les codes. Jeu de piste ou loterie : la plus grande réussite de Parcoursup est de vous désorienter. Et pourquoi donc ?

2. L’objectif de Parcoursup et son monde (Loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants, dite loi ORE, réforme du bac et du lycée) est de créer un grand marché dérégulé de l’éducation. Ce marché est déjà en place. Chers parents, chères lycéennes et chers lycéens, des dizaines d’officines privées sont prêtes à vous piller et remplaceront très bientôt les conseillers d’orientation, lesquels sont gratuits. L'une d'entre elle propose de choisir entre une formule Inspiration (320 euros) et une formule Sérénité (560 euros). Pour 810 euros il existe même une option « inscription internationale »**. Le rêve du patronat va s’accomplir : que les étudiants payent leur propre orientation, leur formation – l’augmentation des droits d’inscription est programmée - et au final, pourquoi pas, payent pour travailler !

3. Parcoursup est la négation du libre choix pour chaque jeune de définir son avenir professionnel, de se réorienter ou encore du droit –parfaitement légitime ! - de ne pas savoir à 17 ans quelle voie professionnelle il/elle souhaite emprunter.

4. La conséquence mécanique de Parcoursup, c’est la guerre à tous les niveaux : guerre entre lycéen.ne.s pour accéder aux meilleurs formations, guerre entre formations, entre universités et entre établissements secondaires, entre public et privé, entre pauvres et riches ; mais aussi tensions entre profs et élèves, entre enseignants et entre parents et profs de terminale. Et guerre entre enseignants-chercheurs pour devenir ou ne pas devenir des bureaucrates de la sélection.

5. Tout est déjà en place que pour que la sélection à l’entrée de l’université s’institutionnalise. Après des années de réductions budgétaires et de dégradation des conditions de travail, les universitaires sont majoritairement favorables à la mise en place d’une sélection qu’ils considèrent à tort comme un remède à leurs difficultés ; les présidents d’université y poussent ; les conseils d’administration des universités, chambres d’enregistrement dominées par des membres extérieurs et des majorités présidentielles, valideront capacités d’accueil et attendus.

6. Les réformes Macron-Vidal-Blanquer ont une systématicité et s’imposent dans une stratégie du choc. Réforme du Bac (bac spécifique à chaque lycée = bac maison), réforme du lycée (lycée "modulaire"), loi ORE et politique de réduction du nombre de fonctionnaires participent d’une même logique : la défonctionarisation de l’éducation et de l’enseignement supérieur et leur entrée dans le secteur concurrentiel privé. La stratégie de l’empilement des réformes et leur imposition sans concertation - et en dehors de tout cadre légal pour ce qui est de la loi ORE - visent à empêcher les mobilisations et toute contestation démocratique.

7. Si les réformes Macron-Vidal-Blanquer s’imposent, les syndicats réformistes, que ce soit le Sgen-CFDT pour les personnel ou la Fage pour les étudiants, auront une responsabilité historique dans la mise en œuvre d’une politique de ségrégation sociale et de destruction de la fonction publique. Ils veulent débattre et pourquoi pas négocier le poids des chaînes, alors qu’il faut se battre et ne rien céder. Ils n’ont pas encore compris que Macron, c’est la politique de Sarkozy, avec le sourire et la com’ en plus.

8. Mener le combat contre la sélection, c’est défendre la justice sociale, la démocratie et le libre accès au savoir. C’est aussi refuser que les compétences se substituent partout aux connaissances, c’est refuser que les formations soient calibrées en fonction des besoins du patronat, vieux rêve de la droite que Macron-Vidal vont exaucer. C’est défendre le principe que la connaissance n’est pas une marchandise, que l’accès au savoir est un droit humain fondamental et qu’à cette fin, l’Université publique doit être soutenue et doit rester ouverte à tous les bacheliers. C’est essentiel pour l’égalité des chances, pour le progrès social, mais c’est aussi fondamental pour l’université elle-même dont les fondements ont été évidés par dix années de réformes néolibérales et les valeurs à peu près réduites à néant. Selon Sophie Orange et Romuald Bodin, dans un article important qu'on peut lire ICI, "APB et Parcoursup partagent le fait d'être des outils pensés par et pour les milieux sociaux les plus favorisés et risquent donc de produire la désorientation des moins favorisés là où il était censé la réduire".

9. Dans une importante « Recommandation concernant la science et les chercheurs scientifiques » la Conférence générale de l’UNESCO réunie à Paris au mois novembre 2017, liait étroitement la valeur de la recherche à celle des scientifiques eux-mêmes, dont l’accomplissement des tâches exige « des qualités d'intégrité et de maturité intellectuelle, alliant d'éminentes qualités intellectuelles et le respect des principes éthiques ». Aussi l’UNESCO recommande-t-elle ceci aux États membres :

« faire en sorte que tous leurs ressortissants, sans distinction de race, de couleur, d’ascendance, de sexe, de genre, d’orientation  sexuelle, d’âge, de langue natale, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale, ethnique ou sociale, de condition économique ou sociale de naissance, ou de handicap, jouissent des mêmes possibilités d'acquérir une éducation et une formation initiales leur offrant les qualifications nécessaires aux carrières dans la recherche et le développement, et que tous ceux qui ont acquis cette aptitude jouissent de la même possibilité d'accès aux  emplois existants dans la recherche scientifique. »

Ce que les universitaires ne mesurent pas encore, c’est que derrière l’accès à l’université pour les bacheliers se joue aussi l’accès à l’emploi scientifique et le statut même des fonctionnaires, le statut des enseignants-chercheurs que Pécresse n’avait pas réussi à casser en 2009 et que Macron entend remettre en cause. Quand les universitaires se rendront compte de ce qui se joue là, ce sera trop tard. 

10. Parcoursup n’est pas qu’un dispositif technocratique. Cette plateforme porte en elle un modèle de société. Ce modèle - qui est celui de la compétition, de la concurrence et de la sélection – est mortifère pour toute civilisation.

Pascal Maillard

Le 7 février 2018

Lire la suite

«Avec Parcoursup, je n’aurais pas pu accéder à l’université»...

2 Février 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Université, #Parcoursup

«Avec Parcoursup, je n’aurais pas pu accéder à l’université»...

«Parcours super naze, l’exclusion est en marche» ; «Même Darwin n’avait pas imaginé tant de sélection» ; «Fac pour tous»… Placée sous le signe de la convergence des luttes, la première journée d’action contre les réformes de l’entrée à l’université et du baccalauréat n’a pas fait le plein. Ils étaient plusieurs milliers (2 400 selon la police) à manifester jeudi après-midi à Paris, et environ 400 à se réunir devant le rectorat de Lyon.

Le premier syndicat chez les enseignants du supérieur (Snesup-FSU), l’organisation étudiante Unef, les syndicats lycéens UNL et SGL, FO, CGT, SUD et d’autres réclament le retrait du projet de loi sur les nouvelles modalités d’accès à l’université, jugées sélectives, via la plateforme d’inscription Parcoursup lancée il y a dix jours. Ils ont été rejoints par la FCPE, première fédération des parents d’élèves, qui souhaite que «le baccalauréat reste la seule porte d’entrée» à l’enseignement supérieur.

Premiers concernés, les lycéens étaient nombreux à marcher entre les facs de Jussieu et de la Sorbonne. Comme Adrien, 16 ans, en première ES à Palaiseau (Essonne). «Je trouve ça injuste, tout le monde devrait pouvoir accéder aux études qu’il veut. Quelqu’un de moyen au lycée comme moi peut tout à fait réussir à l’université. Je préférais le tirage au sort à ces critères arbitraires.» A ses côtés, Medhi, 16 ans, en seconde à Cergy (Val-d’Oise), est inquiet : «J’ai peur de ne pas trouver d’université, d’être dans le désarroi total en fin de terminale.»

Des étudiants étaient présents en signe de soutien aux lycéens. «Je n’aurais jamais pu accéder à l’université avec cette réforme. J’étais en terminale STG [sciences et technologies de la gestion] dans un lycée pas facile. J’aimerais que tous les lycéens aient les mêmes chances que moi, tonne Matthieu, 24 ans, en histoire à Paris-I. D’autre part, le contrôle continu au bac ne peut fonctionner que si tous les élèves ont la même éducation pour ne pas créer une France à deux vitesses, ceux des lycées d’élite et les autres. La sélection passerait aussi par ce biais-là.» Fabienne, prof de maths au lycée Jules-Ferry, abonde : «Ce qui est prévu est que ce soit les universités qui choisissent leurs étudiants, et non plus l’inverse. C’est aberrant.»

Marlène Thomas

Lire la suite

« La politique scolaire ne peut pas être guidée uniquement par le souci de l'efficacité »...

23 Janvier 2018 , Rédigé par Le Nouveau Magazine Litteraire Publié dans #Education, #Parcoursup

« La politique scolaire ne peut pas être guidée uniquement par le souci de l'efficacité »...

EXTRAITS

Lundi 22 janvier 2018, la plate-forme Parcoursup succède à Admission Post-Bac pour s’inscrire dans le supérieur. Des milliers de lycéens vont avoir jusqu'au 13 mars pour entrer leurs vœux dans la nouvelle plateforme. En toile de fond de cette mesure, la question de la sélection à l'université concentre d'ores et déjà de vives contestations. 

François Dubet, ex-Directeur de recherche à l’EHESS et auteur de Ce qui nous unit : discriminations, égalité et reconnaissance (Seuil, 2016), nous apporte son regard sur cette réforme et sur « l’idéologie scolaire » portée par le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer.

La réforme de l’université envisage d’introduire la sélection dès lors que le nombre de candidatures sera supérieur à la capacité d’accueil de la formation. Le danger n’est-il pas de sceller le destin professionnel d’un jeune à partir de ses notes au lycée ?

Il faut d’abord voir comment fonctionne notre système d’orientation vers l’enseignement supérieur. Aujourd’hui, et sans que beaucoup semblent en être scandalisés, près de la moitié des étudiants sont sélectionnés par le biais des classes préparatoires, des concours, des places limitées en IUT, en BTS, en doubles licences sélectives et dans toutes les « petites » grandes écoles publiques ou privées. Souvent même, ils sont orientés sur la base de leur dossier avant d’avoir passé le bac. Les autres, ceux qui ont les moins bons dossiers scolaires, vont à l’université où près de la moitié d’entre eux se découragent, abandonnent ou cherchent une autre formation dès la première année. De ce point de vue, la non sélection à l’université est une sélection indirecte ou négative. Et quand les capacités d’accueil sont inférieures aux demandes, il ne reste que le tirage au sort. Le nouveau système doit sans doute être critiqué, à condition de ne pas ignorer les impasses et injustices du fonctionnement actuel.

Autrement dit, dans les faits, le destin des jeunes est déjà scellé par leurs notes au lycée, par les filières du baccalauréat et, au-delà, bien souvent par les origines sociales des élèves qui pèsent sur leurs résultats scolaires, sur leurs ambitions et sur leurs marges de choix. En ce sens, le « À bas la sélection » à l’entrée dans le supérieur a toujours quelque chose d’un peu suspect quand il ne met pas en cause l’hyper sélection scolaire et sociale des futures élites et des formations à finalités professionnelles précises. Je ne suis pas certain que le nouveau système change sensiblement les choses en termes d’équité. D'ailleurs ce n’est pas son objectif premier puisqu’il vise surtout à réduire « l’encombrement » de certaines filières et à réduire les échecs et les abandons au premier semestre de la licence.

Les quelques étudiants jugés a priori faibles ou issus de filières techniques et professionnelles et qui pouvaient trouver leur voie et leur vocation à l’université pourront être victimes du nouveau système. Pour l'éviter, il faudrait s’intéresser aux motivations et aux profils de tous les candidats, c'est-à-dire se livrer à une analyse « fine » des candidatures. Mais on peut craindre que les universités ne soient pas en mesure de réaliser une analyse fine et individualisée des demandes des étudiants, faute de moyens, de temps et de personnels, et qu’elles se bornent à regarder les notes et les types de baccalauréat. On pourrait imaginer demander à toutes les formations de réserver un quota de places aux étudiants aux « profils atypiques » afin de ne pas leur fermer les portes de manière systématique. Par ailleurs, il est vraisemblable que « l’année zéro » de mise à niveau des étudiants aux « profils atypiques » en découragera beaucoup.

(...)

Quel regard portez vous sur la « méthode Blanquer » consistant à utiliser les sciences cognitives pour justifier ses décisions ? N’y-a-t-il pas un risque d’instrumentalisation des sciences dites « dures » à des fins politiques ?

Le ministre se présente comme un expert dont les choix sont guidés par la science et l’évaluation bien plus que par l’idéologie. Aussi, plus nettement encore que ses prédécesseurs, il s’entoure d’experts et de conseils scientifiques présidés par des personnalités incontestables. Il n’y a pas à discuter ce choix car, après tout, mieux vaut s’appuyer sur des connaissances fiables et rationnelles que sur des croyances. Cela étant dit, quelques remarques s’imposent.

La première rappelle que le savant et le politique ont deux vocations et deux métiers différents et que la décision est toujours politique. C’est le politique qui dicte l’agenda des problèmes et pas la science ; c’est le politique qui dit que le grand problème est celui de la méthode d’apprentissage de la lecture et pas celui des inégalités entre les établissements. Aussi, bien souvent l’évaluation est mobilisée de manière ad hoc : par exemple, quand le ministre dit qu’il réhabilite le redoublement, il laisse penser qu’il était interdit — ce qui est faux — et surtout il ignore toutes les recherches qui en soulignent l’inutilité et le coût. Il n’y a rien de scandaleux à ce que le politique fasse pleinement son travail, il est plus gênant qu’il laisse croire que sa politique est dictée par la science.

La deuxième remarque concerne l’autonomie professionnelle des enseignants. En effet, pour qu'ils mettent en œuvre les méthodes les plus efficaces, et n'appliquent pas aveuglement des directives, il faut une formation professionnelle de haut niveau. Or, Jean-Michel Blanquer tient deux discours. D’un côté, conformément à l’expertise internationale, il en appelle à l’autonomie des établissements ; de l’autre, il édicte les bonnes manières de faire, comme le faisait Jules Ferry. Le point aveugle est celui du recrutement et de la formation d’enseignants capables de mettre en œuvre les meilleures méthodes en fonction des problèmes rencontrés car s’il faut de l’expertise du sommet, il en faut aussi à la base.

Troisièmement, si les sciences cognitives nous en apprennent beaucoup sur les mécanismes d’apprentissage, il y a un gap entre ces connaissances et la construction de pédagogies efficaces et scientifiques. Ce que reconnaissent d’ailleurs beaucoup de spécialistes des sciences cognitives, et on peut craindre que les actes de foi remplacent la connaissance raisonnée. Qui peut croire que la fin de la méthode globale, mise en œuvre avec parcimonie, réglera les problèmes de lecture ? Rappelons que bien des recherches montrent que l’efficacité des maîtres dépend moins des méthodes mises en œuvre que la nature des relations entre eux et les élèves, que du climat scolaire, de la cohésion des équipes éducatives et de la confiance des parents dans l’école. Cela ne signifie pas que toutes les méthodes se valent, mais les méthodes ne sont pas le tout de la pédagogie.

Enfin, la politique scolaire ne peut pas être guidée uniquement par le souci de l’efficacité et, dans une moindre mesure aujourd’hui, par celui de l’équité. Rappelons que l’éducation est aussi portée par un projet moral et social, qu’elle est guidée par la représentation du type d’individu, de sujet et de société qu’elle veut produire. Or, la science ne nous dit rien sur ce point. Et c’est très bien ainsi car c’est là la vocation du politique dans les sociétés démocratiques.

Propos recueillis par Natnaël Bussières

Entretien complet à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Entrée dans le supérieur : avis de gros temps sur la réforme...

23 Janvier 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Parcoursup

Entrée dans le supérieur : avis de gros temps sur la réforme...

EXTRAIT

La plate-forme Parcoursup, qui applique le nouveau système d’entrée dans l’enseignement supérieur, est désormais ouverte aux vœux des futurs bacheliers, mais les critiques pleuvent, y compris chez certains partisans de la réforme, qui jugent ses modalités « bâclées ».

Il y a les oppositions de fond : garantir ou non à chaque bachelier l’accès à la formation de son choix. Et les objections de forme : sur la difficulté à mettre en œuvre rapidement et sans trop de dégâts un bouleversement des conditions d’accès aux études supérieures. Alors que la nouvelle plate-forme Parcoursup, qui remplace la défunte Admission post-bac, a été ouverte le 15 janvier, les critiques sur le fond et les avertissements sur la forme s’entrecroisent pour susciter un climat d’inquiétude.

(...)

Luc Cédelle

Suite et fin à retrouver en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Parcoursup - «L’objectif recherché est bien celui de la sélection»...

22 Janvier 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Parcoursup

Parcoursup -  «L’objectif recherché est bien celui de la sélection»...

Pour la chercheuse Anne-Cécile Douillet, le gouvernement a focalisé l’attention sur l’injustice du tirage au sort pour mieux faire passer sa réforme.

Anne-Cécile Douillet (photo DR) est professeure de science politique à l’université de Lille.

La polémique sur APB, l’été dernier, semble avoir profité au gouvernement pour cette réforme, non ?

Disons plutôt que le gouvernement a créé lui-même cette fenêtre d’opportunité, en mettant l’accent sur les dysfonctionnements techniques d’APB ou, plus précisément, en faisant d’APB la «cause» du recours au tirage au sort et de la situation de milliers d’élèves sans affectation. Il est parvenu à focaliser l’attention sur les limites de la plateforme et l’injustice du tirage au sort, occultant les autres aspects du problème, comme le manque de moyens. Pour qu’une réforme passe, il faut formuler le problème de façon à ce que la «solution» proposée par le gouvernement devienne la seule réponse possible. C’est exactement ce qu’il a fait en l’espèce. Le problème tel que posé par le gouvernement avait deux réponses possibles : soit le tirage au sort, largement considéré comme inacceptable, et donc pas recevable ; soit cette réforme, qui apparaît alors comme une solution de bon sens.

C’est un coup de maître en communication politique, donc…

Je serais plus prudente : il est encore trop tôt pour parler de succès. La réforme n’a pas encore été votée de manière définitive par le Parlement, même s’il y a peu de doutes de ce côté. En revanche, on ne peut pas considérer que la mise en œuvre soit gagnée. Cela va dépendre de la façon dont les acteurs locaux s’en saisissent et, pour l’instant, des oppositions se manifestent dans divers départements universitaires, un peu partout en France.

Pour certains, cette réforme ne serait qu’un premier pas pour aller plus loin le coup d’après…

On peut effectivement y voir une politique «des petits pas», une réforme incrémentale comme on dit en science politique : accumuler les petits changements, progressivement, pour ne pas heurter, et à la fin arriver à un vrai bouleversement. Dans le cas présent, on pourrait être tenté de lire la réforme avec cette grille de lecture. En effet, pour l’instant, le gouvernement ne parle pas ouvertement de sélection, mais de meilleure orientation, et maintient un droit à l’accès à l’université pour les détenteurs du baccalauréat puisque les rectorats feront des propositions d’affectation si les lycéens ne sont pas pris là où ils ont postulé. Mais on peut penser que l’objectif recherché, à terme, est bien celui de la sélection, pour réduire le nombre d’étudiants dans les universités publiques peut-être… Il est possible de faire de nombreuses spéculations, d’autant qu’au même moment est lancé le chantier de la réforme du baccalauréat. On pourrait imaginer sa remise en cause comme diplôme national ouvrant droit à une inscription à la fac. Cela dit, il est possible d’avoir une tout autre lecture, et d’écarter cette théorie des petits pas. A bien y regarder, cette réforme est d’ampleur. Elle introduit en effet un principe complètement nouveau : il ne suffit plus d’avoir le bac pour intégrer la filière de son choix, les dossiers scolaires seront désormais étudiés pour dire quels lycéens ont plus le droit que les autres d’accéder à cette formation.

Marie Piquemal

Lire la suite
<< < 10 11 > >>