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Vivement l'Ecole!

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Le CESE a rendu son avis "Réseaux sociaux numériques : comment renforcer l'engagement citoyen ?"

19 Janvier 2017 , Rédigé par CESE Publié dans #Education, #Politique, #Numerique

Crédit photo : Topyweb.com

Crédit photo : Topyweb.com

L’engagement citoyen est plus que jamais dans notre société un enjeu central. Susciter, favoriser, valoriser cet engagement est décisif aujourd’hui ; c’est un facteur majeur de préservation et d’approfondissement de notre démocratie. C’est dans ce contexte que les réseaux sociaux numériques se sont faits depuis quelques années une place spectaculaire: 56 % des Français.es sont membres d’au moins un réseau social.
 
Si le nombre d’utilisateur.rice.s des réseaux sociaux ne cesse de croître, une partie de la population s’en trouve mise à l’écart par une fracture numérique tant en équipement que sociale.
 
Ces réseaux sociaux sur le net constituent des outils extrêmement puissants et attractifs mêlant valorisation de soi, agrégation d’individualités et force de coopération des liens ainsi constitués. Ils peuvent être vecteurs d’intelligence collective et de collaboration en ligne. Ils ont également transformé la circulation de l’information en une transmission qui se veut horizontale, transformant chaque socionaute en un émetteur récepteur d’information. La prise de parole est désormais à la portée de chacun.e. Des communautés numériques peuvent désormais produire des contenus qui seront commentés, transmis, diffusés, enrichis, quasiment en temps réel.
 
Ainsi les réseaux sociaux numériques offrent des potentialités remarquables pour susciter et favoriser l’engagement et sont aussi objet d’engagement. Il importe de ne pas les sous-estimer.
 
Il ne faut toutefois pas céder à l’illusion d’un quelconque déterminisme technologique soit en considérant que les outils socionumériques peuvent à eux seuls générer des formes nouvelles d’engagement et de mobilisation, soit en ignorant les faiblesses, les biais et les risques qui leur sont inhérents.
 
La logique économique qui sous-tend leur fonctionnement a une double conséquence. D’une part, elle repose sur la collecte des données, leur utilisation ou leur revente à des fins commerciales. D’autre part, elle implique de fixer le plus longtemps possible l’utilisateur.rice en lui proposant des relations et des informations qui lui ressemblent, et qui la.le confortent dans ses expressions ou ses émotions.
 
Tout cela génère des risques et des biais qui de plus en plus apparaissent au grand jour : enfermement dans des chambres d’échos ou bulles qui réduisent les possibilités de débat, diffusion de fausses informations et de rumeurs, possibilités de manipulation de l’opinion, propos de haine..., qui peuvent peser négativement sur l’engagement citoyen.
 
Ce constat n’invalide pas l’idée que les réseaux sociaux peuvent être des outils particulièrement efficaces en matière d’engagement citoyen. Mais il est décisif d’avoir conscience que comme la plupart des outils, ils présentent des caractéristiques ambivalentes voire contradictoires et nécessitent que l’on en fasse un usage responsable. C’est le sens des préconisations de cet avis.
 
Pour en savoir plus, cliquez ci-dessous
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Pouvoirs publics et société civile : co-construire l’avenir numérique en éducation – Discours à l’OCDE

15 Novembre 2016 , Rédigé par Ministère Education Nationale Publié dans #Education, #Numérique

http://www.najat-vallaud-belkacem.com/

http://www.najat-vallaud-belkacem.com/

Ce lundi 14 novembre 2016, Najat Vallaud-Belkacem a clôturé la conférence inaugurale de la Semaine de l’éducation, à l’OCDE. Retrouvez ici son discours sur le thème du numérique dans l’éducation.

Monsieur le secrétaire général de l’OCDE,
Monsieur le directeur de l’OCDE,
Madame la secrétaire générale de la Ligue de l’Enseignement, chère Nadia Bellaoui,
Mesdames et messieurs, en vos titres, grades, et qualités,
Chers amis,

Il existe bien des manières d’envisager l’avenir. On peut, par exemple, le considérer comme quelque chose de déjà existant.

L’avenir, c’est ce qui vient, ce qu’on attend, un peu inquiet, un peu curieux, un peu anxieux. On se demande si c’est la prospérité ou la récession qui nous attend au coin de la rue. On se dit qu’il est déjà là, et qu’au fond, il n’y a pas grand-chose à y faire.

Mais une telle conception est profondément contraire à ce que défendent l’École, l’éducation et la formation.

L’École n’apprend pas aux élèves à subir un destin : elle leur apprend à se construire un avenir.

Voilà ce à quoi nous invitent l’École et la Ligue de l’Enseignement. Voilà ce à quoi nous invite Bergson quand il écrit « que l’avenir ne soit plus ce qui va arriver, mais ce que nous allons en faire. » Et c’est aussi ce à quoi vous nous invitez, aujourd’hui, à travers cette conférence inaugurale qui a pour thème « Pouvoirs publics et société civile : construire l’avenir numérique ».

Quand le futur est en jeu, attendre est souvent contre-productif, en particulier quand il s’agit du numérique.

D’abord parce que la rapidité de son développement creuse très vite les écarts. Celui qui attend n’est pas seulement passif : il devient dépassé.

Ensuite, parce que nous ne savons pas vraiment à quoi nous attendre, sur ce sujet.

L’histoire du numérique est jalonnée de prédictions ratées – comme ce ministre qui, à la lecture d’un rapport, dans les années 1990, sur le développement du commerce en ligne, déclara, sûr de lui : « ça ne marchera jamais ! ».

Il est donc plus prudent de faire nôtre la prédiction du prospectiviste américain Thomas Fray, je cite : « 60 % des métiers des 10 prochaines années n’ont pas encore été inventés. »

Nul ne peut dire quels seront les grands métiers de demain, comme nul n’aurait pu imaginer, il y a 10 ans, qu’un métier qui recruterait beaucoup en 2016 serait celui de community manager – pour une raison simple : il y a 10 ans, ce métier n’existait pas.

N’attendons pas. Développons ces compétences qui exigent de savoir apprendre à apprendre, des compétences qui permettent de s’adapter pour ne plus subir ce qu’Andréas Schleicher – que je salue – désigne comme un dépassement des capacités des citoyens par la technologie dans de nombreux domaines.

C’est dire l’ampleur de la tâche qui nous attend – mais c’est dire aussi à quel point se déploient devant nous des opportunités nombreuses et des défis exaltants.

L’industrie numérique, en France, selon le SYNTEC, c’est déjà, aujourd’hui, plus de 700 000 emplois, avec + 27% de croissance l’an dernier – et parmi ces emplois, 92% sont en CDI.

Dans l’Union Européenne ce sont 900 000 emplois vacants à l’horizon 2020, et en France environ 50 000 à 130 000 emplois non pourvus.

Voilà pourquoi, si l’avenir reste encore à inventer, nous pouvons néanmoins avoir, aujourd’hui, une certitude : cet avenir sera numérique, ou il ne sera pas.

De tels enjeux concernent forcément une institution comme l’École à la fois s’agissant du devenir professionnel de nos élèves, et de leur formation en tant que personne et que citoyen.

Comment préparer nos élèves, non seulement au monde d’aujourd’hui, mais à celui de demain ? Comment les préparer à des métiers qui n’existent pas ?

Eh bien déjà, en nous assurant que nos élèves, au cours de leur scolarité, auront acquis une véritable maîtrise des outils numériques.

Alors, évidemment, quand vous évoquez ce sujet, très souvent on vous oppose le fameux argument des « digital natives ».

Le problème de cette expression, c’est qu’elle ne correspond pas à une réalité. Que nos enfants utilisent le numérique au quotidien, oui, bien sûr. Qu’ils grandissent avec, assurément. Mais de cette utilisation, il est dangereux d’en déduire qu’ils en ont une véritable maîtrise.

C’est précisément le rôle de l’École que de permettre à un élève non seulement de savoir faire quelque chose, mais d’en acquérir une maîtrise.

On n’apprend pas à lire simplement pour déchiffrer une notice de montage. C’est évidemment important de savoir le faire. Mais lire, cela va bien au-delà.

C’est aussi saisir des intentions, des nuances, des spécificités stylistiques. Surtout, par la lecture, on s’ouvre un panorama immense : celui des bibliothèques, des ouvrages passés et présents par lesquels se forge une culture et s’acquièrent de nouveaux savoirs.

De la même façon, en introduisant à l’École, des compétences liées au numérique, comme l’usage du numérique, le codage et l’algorithmique, nous permettons à nos élèves de développer de solides connaissances et un véritable savoir-faire.

Dès l’école primaire, nous avons donc introduit, dans les programmes, l’apprentissage du code et de l’algorithmique, et ce jusqu’en terminale.

Ainsi, à la fin du cycle 4, chaque élève doit savoir que des langages informatiques sont utilisés pour programmer des outils numériques et réaliser des traitements automatiques de données. Il doit connaître les principes de base de l’algorithmique et de la conception des programmes informatiques, et les mettre en œuvre pour créer des applications simples.

Nous leur donnons ainsi les compétences nécessaires à la maîtrise des outils et des enjeux numériques.

L’École forme un citoyen instruit, éduqué, cultivé, autonome.

Elle prépare l’élève à donner, au monde qui l’entoure, du sens. Et dans ce monde, le numérique occupe une place importante – en particulier quand il s’agit de s’informer et d’accéder à des connaissances.

Nous devons leur apprendre à chercher, à aborder internet avec un esprit critique et exigeant.

Nous devons aussi tenir compte des risques de désinformation et de diffusion massive des théories complotistes.

Tel est le sens de l’Éducation aux Médias et à l’Information : donner à nos élèves les connaissances nécessaires, dans une ère marquée par une surinformation permanente.

Il y a là des enjeux cognitifs, des enjeux de citoyenneté, de liberté et d’autonomie qui sont inhérents au numérique. Avec le numérique, notre façon d’appréhender le monde, de communiquer, d’échanger, ou de nous procurer des informations évolue.

(...)

Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Suite et fin du discours à retrouver ci-dessous:

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