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Vivement l'Ecole!

migrants

« Les charlatans du “c’était mieux avant” cherchent à accréditer le mythe d’un pays heureux avant l’arrivée des migrants musulmans »

19 Décembre 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Politique, #Migrants

EXTRAITS

L’expression s’annonce comme l’une des ritournelles de la campagne présidentielle de 2022 et des candidats qui prétendent « sauver la France », souligne Philippe Bernard, éditorialiste au « Monde », dans sa chronique.

« C’était mieux avant ». Vraiment ? Des mineurs mouraient de silicose, des femmes succombaient entre les mains de « faiseuses d’ange », on enfermait des malades mentaux, le journal télévisé était conçu au ministère de l’information et les usines crachaient fumées et déchets sans émouvoir personne. Les baby-boomers le savent parfaitement : la croissance flamboyante des « trente glorieuses » masquait des réalités que personne n’accepterait aujourd’hui. Qui peut être nostalgique d’un temps où les enfants d’ouvriers n’entraient pas en classe de 6e ? Où la soumission des femmes était la règle ? Où les immigrés s’entassaient dans des bidonvilles ? Où le téléphone était un luxe et où les accidents de la route tuaient chaque année l’équivalent d’une petite ville ? Voire du temps où chaque jeune Français passait les plus belles années de sa vie à faire la guerre en Algérie ?

Et pourtant, le « c’était mieux avant » s’annonce comme l’une des ritournelles de la campagne présidentielle 2022. Pour les candidats qui prétendent « sauver la France », marteler que le pays est au fond de l’abîme est un impératif. Ils pensent pouvoir exploiter le « déclinisme » affiché par deux Français sur trois dans les sondages. Après tout, l’élection de Donald Trump ou le choix du Brexit par les Britanniques résultent largement de discours promettant le retour à un prétendu Age d’or.

A tout prix, il faudrait désormais convaincre les électeurs que la France du général de Gaulle ou celle de Michel Sardou était un pays heureux et prospère, un paradis perdu qu’il s’agirait de recréer. Que les archives de l’INA et les photos de nos vieux albums reflètent une société insouciante, où un emploi attendait chacun, où les familles communiaient devant leur poste de télé, où les professeurs étaient considérés et la France respectée dans le monde.

(...)

Mais les discours politiques actuels induisant que « la France n’est plus la France » ne visent évidemment pas à entretenir la nostalgie des pantalons à pattes d’éléphant, du Formica ou du tube de l’été 1970. Sous couvert de « rétro » ou de « vintage », il s’agit de diffuser le fantasme d’un pays en voie de submersion par des « vagues migratoires » incontrôlées et le mythe d’un pays heureux avant l’arrivée des musulmans. Autrement dit, de faire de ces derniers les boucs émissaires des tensions nées des bouleversements technologiques et géopolitiques, en profitant des amplificateurs d’émotion que sont les réseaux sociaux.

Le tour de passe-passe des charlatans de la nostalgie, leur stratégie de la haine, suppose de passer sous silence les exemples d’intégration réussie, de nier les atouts que donne à la France sa diversité, de fermer les yeux sur les Français qui, sans bruit, aident les réfugiés à s’enraciner. Tout cela pour mieux attiser les peurs nées des attentats islamistes, pour essentialiser des populations en niant leur diversité, pour mieux faire croire à la fable d’un pays en guerre civile.

(...)

Dans un court manifeste, spirituel et convaincant, rédigé contre les « grands-papas ronchons », l’historien et philosophe Michel Serres énumère, exemples vécus à l’appui, les mille exemples de la fausseté du poncif « c’était mieux avant », expression qui fait le titre de son livre (2017, éditions Le Pommier). Il soutient que chaque grande césure historique, comme celle que vit le monde ces temps-ci (mondialisation, climat, Internet) suppose un changement de mode de pensée qui a un coût. Plutôt que de ruminer le passé, il appelle à « construire et non à regretter »« Le monde n’a jamais cessé de changer, constate-t-il. Tout le problème est d’accompagner ce changement pour qu’il débouche sur le meilleur. »

C'était mieux avant ! : Serres, Michel: Amazon.fr: Livres

(...)

... Plutôt que de nier ou d’euphémiser les tensions sociales et les violences liées à la multiplication des ghettos urbains et de ses corollaires en matière d’échec scolaire, de chômage, de drogue et de perméabilité à la propagande islamiste, il s’agit d’afficher ces enjeux à la fois sociaux, urbanistiques, scolaires et sécuritaires comme ultra-prioritaires pour le prochain quinquennat. Bref, d’esquisser un avenir enviable et crédible, où la République tient ses promesses, afin de sortir du faux dilemme entre guerre civile et « bon vieux temps ».

Philippe Bernard

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Najat Vallaud-Belkacem : « Les morts des migrants sur nos côtes ne sont pas une fatalité »

17 Décembre 2021 , Rédigé par L'obs Publié dans #Migrants

Au large de Calais, le naufrage d'un bateau de migrants fait de nombreux  morts | Le HuffPost

EXTRAITS

Carte blanche : L’ancienne ministre de l’Education nationale aujourd’hui directrice de l’ONG One analyse et dénonce la somme « de nos inactions, de nos erreurs et de nos renoncements » qui aboutissent à la noyade de dizaines de migrants dans la Manche.

Le 24 novembre dernier, 27 personnes, dont sept femmes et trois jeunes, ont trouvé la mort dans la Manche en tentant de rejoindre l’Angleterre. Cette tragédie frappe par son ampleur. C’est, depuis 2018, le drame le plus meurtrier que la Manche ait connu, qui porte à trente le nombre de décès en mer depuis le début de l’année, auxquels s’ajoutent quatre disparitions. En 2020, six migrants avaient trouvé la mort et trois autres étaient portés disparus. Quatre autres décès avaient été recensés en 2019. Et encore, il ne s’agit que des recensements officiels, car la mer ne rend pas tous les corps. Et ces chiffres viennent s’ajouter aux autres vies fauchées sur les routes de l’exil qui ne font pas les gros titres des journaux. Selon les associations, au moins 336 personnes sont mortes à la frontière avec l’Angleterre depuis 1999.

Face à ce drame, la première réaction, c’est celle du cœur. Notre commune humanité ne peut supporter sans réagir que la mer rejette sur nos côtes des hommes, des femmes et des enfants dont le seul crime est de chercher dans notre monde un avenir un peu meilleur que celui que le destin ou les circonstances leur ont infligé. En mer, tout particulièrement, la sauvegarde des vies humaines doit primer sur toute autre considération, de statut, de nationalité, ou de politique migratoire. Le cynisme de ceux qui cherchent à rejeter sur les victimes la responsabilité de leur sort, qui assortissent leur émotion feinte devant les caméras de « oui, mais… » lourds de sous-entendus, ou qui tentent d’instrumentaliser politiquement de tels drames, n’a d’égal que leur indécence et n’appelle que le mépris de tous ceux qui se sentent frères et sœurs en humanité avec ceux qui souffrent. L’empathie et la compassion ne peuvent s’épuiser qu’à mesure que notre humanité recule.

Mais ce n’est pas simplement d’absence de cynisme que nous avons besoin pour renouer avec notre humanité. Derrière les chiffres, il y a des vies, des destins, des souffrances et des espoirs.

Il est insupportable, et tristement révélateur, qu’aucun hommage officiel, qu’aucune condoléances présidentielles, qu’aucune reconnaissance ministérielle, qu’aucune minute de silence parlementaire, ou qu’aucune période de deuil et de décence n’ait suivi le drame.

(...)

Najat Vallaud-Belkacem, directrice de l’ONG One/France

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Une autre image de l'immigration au quotidien : Le débat présidentiel à 1000 lieues de la réalité de terrain

15 Décembre 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Politique, #Migrants

Migrants en Nouvelle-Aquitaine : où seront accueillies les 900 personnes  attendues en octobre?

"Oui, régulièrement, depuis 2016, depuis le démantèlement de la Jungle de Calais et la répartition à travers le pays, sous l’autorité de Bernard Cazeneuve, dans différents centres d’hébergements, de quelques 8000 réfugiés… régulièrement, donc, j’appelle quelques préfets, élus locaux de tous bords, des responsables associatifs pour savoir comment se passe la cohabitation entre les habitants des bourgs, des villes moyennes et les migrants (en moyenne 50 par centre ou répartis en logements individuels, beaucoup de familles) accompagnés par un réseau associatif en contrat avec l’Etat et les collectivités locales. 

Eh bien cette année, comme les années précédentes, du point de vue de l’acceptation sociale, tout se passe bien. 

Très bien ! Depuis 2016 la capacité est de 110.000 places pour des migrants fraichement arrivés, disséminés à 60% en dehors de l’Iles de France. Et c’est là que ça se passe le mieux ! 

Chaque préfet ou élu local regorge d’exemples d’expériences d’intégration et de solidarité, d’écoles rouvertes et d’emplois pourvus. Parfois une très courte période d’inquiétude populaire à l’annonce de la reconversion d’anciens locaux collectifs en centre d’hébergement mais ça ne dure pas.   

"Des enfants sont scolarisés, des jeunes sont en formation, passent des diplômes, des adultes trouvent du travail, une utilité sociale. Une vie s’organise sans heurts."

Il y a, spontanément de nombreux volontaires pour l’insertion, l’alphabétisation des migrants. Hallucination d’éditorialiste bobo, bienpensant ? Non, froid (ou plutôt le chaud) constat des acteurs qui organisent ce vaste programme d’accueil. 

D’ailleurs, en quittant les écrans des chaines boloréïsés, en parcourant plutôt les pages des quotidiens régionaux, donc en s’attachant aux récits du terrain plutôt qu’aux coups de gueule de plateaux, on a, tous les jours, les détails de cette réussite.   

Mais le débat politique ne reflète pas cette réalité !  

Non, ces nouvelles ne sont pas assez spectaculaires ni génératrices de clics pour retenir l’attention du débat. C’est une réalité de bas bruit, pas traduisible en clashs tweet ou en bandeaux d’écrans. 

On opposera à ces vérités de terrains quelques radicalisés ou déséquilibrés. On y opposera aussi les images de misères de la porte de La Chapelle à Paris. 

Mais dans la capitale, en plus des classiques Secours Catholiques et Populaires, de nouvelles associations fleurissent, comme Utopia56, qui, parfois en marge des circuits officiels, se démènent pour trouver des volontaires pour accueillir une nuit, des familles de migrants sans toits. 

"Et ils en trouvent ! Beaucoup ! Des milliers de bénévoles, partout en France, démentent la grande image terrifiante et terrifiée d’un pays au bord de la guerre civile, déstabilisée par une supposée submersion migratoire hostile."

L’immigration illégale, incontrôlée n’est pas sans conséquences sociales ou sécuritaires, à la lisière nord de Paris et en proche banlieue mais les résultats humains de la politique de répartition des migrants et l’action associative, à travers la France, prouvent que le pays peut très bien prendre sa part sans s’autodétruire comme le ton dominant de la campagne le suggère."  

Thomas Legrand - France Inter

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640 enfants se sont noyés en Méditerranée depuis la mort d'Aylan...

20 Février 2020 , Rédigé par Courrier du Rif Publié dans #Migrants

640 enfants se sont noyés en Méditerranée depuis la mort d'Aylan...
Save The Children met en garde contre cette tragédie trois ans après la mort d'un enfant qui a choqué l'opinion publique internationale Au moins 640 enfants migrants ou réfugiés ont perdu la vie en Méditerranée depuis 2014, a rappelé Save the Children ce dimanche à l'occasion du troisième anniversaire de la mort d'Aylan Kurdi, l'enfant réfugié syrien dont le corps a été retrouvé sur une plage au large des côtes turques. Jusqu'à présent cette année, 1 549 personnes sont mortes en essayant d'atteindre l'Europe, dont 64 enfants, souligne l'ONG dans un communiqué. En outre, les données de l'Organisation internationale pour les migrations montrent que le nombre d'enfants noyés en essayant d'atteindre les côtes européennes "n'a pas cessé d'augmenter", selon Save the Children, qui pense que les chiffres pourraient être plus élevés puisque beaucoup des disparitions qui se produisent ne sont pas certifiées ou documentées. L'organisation a averti que les enfants migrants et réfugiés, en particulier ceux qui voyagent seuls, sont "les plus vulnérables dans ces flux par mer et par terre au risque d'exploitation, de violence et de traite". Changer la politique d'immigration "Le gouvernement doit mener un changement dans les politiques de migration qui permettra aux enfants réfugiés de chercher une protection en Europe par des voies légales. Nous ne pouvons pas permettre à plus d'enfants de continuer à mettre leur vie en danger en mer ou entre les mains des mafias", a déclaré le directeur général de Save the Children, Andrés Conde. "La moitié des personnes qui ont besoin d'une protection internationale aujourd'hui sont des enfants ; l'avenir tant de leur pays d'origine, s'ils peuvent y retourner et veulent y retourner un jour, que des sociétés d'accueil elles-mêmes dépendra largement de ce que nous ferons d'eux", a-t-il ajouté. Par EFE

Source: https://www.courrierdurif.com/2020/02/640-enfants-se-sont-noyes-en.html?m=1#.XkHQ1sn3eSO.facebook
Save The Children met en garde contre cette tragédie trois ans après la mort d'un enfant qui a choqué l'opinion publique internationale
 
Au moins 640 enfants migrants ou réfugiés ont perdu la vie en Méditerranée depuis 2014, a rappelé Save the Children ce dimanche à l'occasion du troisième anniversaire de la mort d'Aylan Kurdi, l'enfant réfugié syrien dont le corps a été retrouvé sur une plage au large des côtes turques. Jusqu'à présent cette année, 1 549 personnes sont mortes en essayant d'atteindre l'Europe, dont 64 enfants, souligne l'ONG dans un communiqué.
 
En outre, les données de l'Organisation internationale pour les migrations montrent que le nombre d'enfants noyés en essayant d'atteindre les côtes européennes "n'a pas cessé d'augmenter", selon Save the Children, qui pense que les chiffres pourraient être plus élevés puisque beaucoup des disparitions qui se produisent ne sont pas certifiées ou documentées. L'organisation a averti que les enfants migrants et réfugiés, en particulier ceux qui voyagent seuls, sont "les plus vulnérables dans ces flux par mer et par terre au risque d'exploitation, de violence et de traite".
 
Changer la politique d'immigration
 
"Le gouvernement doit mener un changement dans les politiques de migration qui permettra aux enfants réfugiés de chercher une protection en Europe par des voies légales. Nous ne pouvons pas permettre à plus d'enfants de continuer à mettre leur vie en danger en mer ou entre les mains des mafias", a déclaré le directeur général de Save the Children, Andrés Conde.
 
"La moitié des personnes qui ont besoin d'une protection internationale aujourd'hui sont des enfants ; l'avenir tant de leur pays d'origine, s'ils peuvent y retourner et veulent y retourner un jour, que des sociétés d'accueil elles-mêmes dépendra largement de ce que nous ferons d'eux", a-t-il ajouté.
 
Par EFE
Save The Children met en garde contre cette tragédie trois ans après la mort d'un enfant qui a choqué l'opinion publique internationale Au moins 640 enfants migrants ou réfugiés ont perdu la vie en Méditerranée depuis 2014, a rappelé Save the Children ce dimanche à l'occasion du troisième anniversaire de la mort d'Aylan Kurdi, l'enfant réfugié syrien dont le corps a été retrouvé sur une plage au large des côtes turques. Jusqu'à présent cette année, 1 549 personnes sont mortes en essayant d'atteindre l'Europe, dont 64 enfants, souligne l'ONG dans un communiqué. En outre, les données de l'Organisation internationale pour les migrations montrent que le nombre d'enfants noyés en essayant d'atteindre les côtes européennes "n'a pas cessé d'augmenter", selon Save the Children, qui pense que les chiffres pourraient être plus élevés puisque beaucoup des disparitions qui se produisent ne sont pas certifiées ou documentées. L'organisation a averti que les enfants migrants et réfugiés, en particulier ceux qui voyagent seuls, sont "les plus vulnérables dans ces flux par mer et par terre au risque d'exploitation, de violence et de traite". Changer la politique d'immigration "Le gouvernement doit mener un changement dans les politiques de migration qui permettra aux enfants réfugiés de chercher une protection en Europe par des voies légales. Nous ne pouvons pas permettre à plus d'enfants de continuer à mettre leur vie en danger en mer ou entre les mains des mafias", a déclaré le directeur général de Save the Children, Andrés Conde. "La moitié des personnes qui ont besoin d'une protection internationale aujourd'hui sont des enfants ; l'avenir tant de leur pays d'origine, s'ils peuvent y retourner et veulent y retourner un jour, que des sociétés d'accueil elles-mêmes dépendra largement de ce que nous ferons d'eux", a-t-il ajouté. Par EFE

Source: https://www.courrierdurif.com/2020/02/640-enfants-se-sont-noyes-en.html?m=1#.XkHQ1sn3eSO.facebook
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Immigration : le lexique de l’extrême-droite a-t-il gagné le débat public ?

27 Décembre 2019 , Rédigé par Musée de l'Histoire de l'Immigration Publié dans #Migrants

Immigration : le lexique de l’extrême-droite a-t-il gagné le débat public ?
 
 

Conférences et débats

 

Benjamin Stora | Gérard Noiriel

Immigration : le lexique de l’extrême-droite a-t-il gagné le débat public ?

Mercredi 15 janvier, 19h, Auditorium Philippe Dewitte

 

La question identitaire a gagné le débat public. Sur les questions migratoires plus que sur tout autre sujet, les mots, jamais neutres, donnent prise à quantité d’assignations, de raccourcis, de préjugés qui fracturent la société en renforçant le clivage entre « eux » et « nous », alimentant ainsi une histoire identitaire fondée sur le rejet de l’autre.

 

Le décryptage du lexique et la critique de la grammaire nationalistes sont nécessaires pour recréer les conditions d’un débat équitable et apaisé sur les nombreux défis qui attendent la société française. Car les dérapages assumés, les inversions de valeurs et autres postures rhétoriques constituent une menace grandissante pour « faire, dire et vivre ensemble ».

 

Intervenants :Gérard Noiriel, historien, auteur de Le venin dans la plume. Édouard Drumont, Éric Zemmour et la part sombre de la République (La Découverte, 2019).

Benjamin Stora, historien, président du Conseil d’orientation du Palais de la Porte Dorée. Animé par Nicolas Prissette, journaliste, revue L’Éléphant.

 

Gratuit sur réservation ici

 

 

Contact presse

Pierre Laporte Communication

info@pierre-laporte.com

0145231414

 
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"Comment pouvons-nous les renvoyer à la mort ?" Le vibrant plaidoyer de Le Clézio pour les migrants

7 Octobre 2019 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education, #Littérature, #Migrants

La vérité, c'est que chaque drame de la migration en provenance des pays pauvres pose la question qui s'est posée jadis aux habitants de Roquebillière, lorsqu'ils ont offert l'asile à ma mère et à ses enfants : la question de la responsabilité.

Dans le monde contemporain, l'histoire ne répartit plus les populations entre factions guerrières. Elle met d'un côté ceux qui, par le hasard de leur situation géographique, par leur puissance économique acquise au long des siècles, par leur expériences, connaissent les bienfaits de la paix et de la prospérité. Et de l'autre, les peuples qui sont en manque de tout, mais surtout de démocratie.

La responsabilité, ce n'est pas une vague notion philosophique, c'est une réalité.

Car les situations que fuient ces déshérités, ce sont les nations riches qui les ont créées. Par la conquête violente des colonies, puis après l'indépendance, en soutenant les tyrannies, et enfin aux temps contemporains, en fomentant des guerres à outrances dans lesquelles la vie des uns ne vaut rien, quand la vie des autres est un précieux trésor.

Bombardements, frappes ciblées depuis le ciel, blocus économiques, tous les moyens ont été mis en oeuvre par les nations puissantes pour vaincre les ennemis qu'elles ont identifiées. Et qu'importe s'il y a des victimes collatérales, des erreurs de tirs, qu'importe si les frontières ont été tracées à coups de sabre par la colonisation sans tenir compte des réalités humaines.

La migration n'est pas, pour ceux qui l'entreprennent, une croisière en quête d'exotisme, ni même le leurre d'une vie de luxe dans nos banlieues de Paris ou de Californie. C'est une fuite de gens apeurés, harassés, en danger de mort dans leur propre pays.

Pouvons-nous les ignorer, détourner notre regard ?

Accepter qu'ils soient refoulés comme indésirables, comme si le malheur était un crime et la pauvreté une maladie ?

On entend souvent dire que ces situations sont inextricables, inévitables. que nous, les nantis, ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde. Qu'il faut bien des frontières pour nous protéger, que nous sommes sous la menace d'une invasion, comme s'il s'agissait de hordes barbares montant à l’assaut de nos quartiers, de nos coffre-forts, de nos vierges.

Quand bien même nous ne garderions que l'argument sécuritaire, n'est-il pas évident que nos murs, nos barbelés, nos miradors sont des protections illusoires ?

Si nous ne pouvons accueillir celles et ceux qui en ont besoin, si nous ne pouvons accéder à leur demande par charité ou par humanisme, ne pouvons-nous au moins le faire par raison, comme le dit la grande Aïcha Ech Chenna qui vient en aide aux enfants abandonnés du Maroc : "Donnez, car si vous ne le faites pas, un jour ces enfants viendront vous demander des comptes".

L'histoire récente du monde nous met devant deux principes contradictoires mais non pas irréconciliables.

D'une part, l'espoir que nous avons de créer un jour un lieu commun à toute l’humanité. Un lieu où régnerait une constitution universelle et souvenons-nous que la première constitution affirmant l'égalité de tous les humains, fut écrite non pas en Grèce, ni dans la France des Lumières, mais en Afrique dans le Royaume du Mali d'avant la conquête.

Et d'autre part, la consolidation des barrières préventives contre guerres, épidémies et révolutions.

Entre ces deux extrêmes, la condition de migrants nous rappelle à une modestie plus réaliste. Elle nous remet en mémoire l'histoire déjà ancienne des conflits inégaux entre pays riche et pays sous équipé c'est le maréchal Mobutu qui, s'adressant aux Etats-Unis proposa une vraie échelle de valeur établie non pas sur le critère de la puissance économique ou militaire d'un pays mais sur sa capacité au partage des richesses et des services afin que soit banni le mot de "sous-développement" et qu'il soit remplacé par celui de "sous-équipement".

Nous nous sommes habitués progressivement, depuis les guerres d'indépendances, à ce que des centaines de milliers d'être humains, en Afrique, au Proche Orient, en Amérique latine, naissent, vivent et meurent dans des villes de toiles et de tôles, en marge des pays prospères. Aujourd’hui avec l’aggravation de ces conflits, et la sous-alimentation dans les pays déshérités, on découvre que ces gens ne peuvent plus être confinés. Qu'il traversent forêts, déserts et mers pour tenter d'échapper à leur fatalité.

Ils frappent à notre porte, ils demandent à être reçus.

Comment pouvons-nous les renvoyer à la mort ?

Dans son beau livre, le docteur Pietro Bartolo cite cette phrase de Martin Luther King, qui n'a jamais sonné aussi vraie : "Nous avons appris à voler comme des oiseaux et à nager comme des poissons, mais nous n'avons pas appris l'art tout simple de vivre ensemble comme des frères".

Jean-Marie Gustave Le Clézio

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A Voir... « Atlantique », plongée dans les rêves et les traumas des migrants africains...

2 Octobre 2019 , Rédigé par Jeune Afrique - Le Monde Publié dans #Cinéma, #Migrants

La réalisatrice franco-sénégalaise Mati Diop livre, avec son premier long-métrage, « Atlantique », une œuvre puissante, enracinée dans les paysages et les traumas africains. Le film sortira dans les salles le mercredi 2 octobre.

Atlantique, c’était le film de tous les dangers. Jusque-là, Mati Diop, fille du célèbre musicien Wasis Diop, n’avait retenu l’attention, s’attirant des louanges il est vrai, qu’avec deux petits films, un court-métrage et un moyen-métrage.

Le premier, Atlantiques – avec un s –, évoquait en 2010 l’histoire d’un jeune Sénégalais, Serigne, qui avait participé à une traversée clandestine vers les îles espagnoles des Canaries à partir de Dakar et avait survécu miraculeusement à un naufrage. Le deuxième, en 2013, Mille Soleils, était un documentaire très original revenant sur la destinée de l’acteur principal de Touki Bouki, l’œuvre culte de l’oncle de la réalisatrice, Djibril Diop Mambéty, cinéaste-poète qui a marqué à jamais l’histoire du cinéma africain avant de mourir, bien trop tôt, à l’âge de 53 ans.

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Immigration - Didier Fassin : «Sauver des vies est devenu illégitime et condamnable» (Vidéo)

18 Septembre 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique, #Migrants, #Refugies

Dans son dernier livre, «la Vie, mode d’emploi critique», l’anthropologue démontre que même si les Occidentaux affirment que toutes les existences sont sacrées, ils n’accordent pas la même valeur à chacune, comme le montre notamment le traitement infligé aux migrants.

La vie n’a pas de prix. Mais les vies ne se valent pas toutes. Il y a huit ans, Didier Fassin tirait de sa double expérience de médecin et d’anthropologue une hypothèse : les sentiments moraux et la compassion, le fait de sauver des vies, étaient devenus, depuis les années 70, un ressort essentiel des politiques contemporaines. C’était le cœur de son essai la Raison humanitaire (Seuil), qui ressort ces jours-ci augmenté d’une postface inédite. Mais peut-on en dire autant aujourd’hui, quand l’Europe laisse à la Turquie le soin de gérer l’afflux de migrants à ses portes et que le gouvernement français hésite à leur offrir des points d’eau dans le Calaisis ? Dans son dernier livre, la Vie, mode d’emploi critique (Seuil), issu de conférences données à l’Institut de recherche sociale de Francfort, le professeur de sciences sociales à l’Institut d’étude avancée de Princeton revient sur un paradoxe : jamais la vie n’a été aussi sacralisée dans nos sociétés occidentales. Mais rarement les vies n’ont paru si inégales.

(...)

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Sonya Faure

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Accueil des migrants : des récits d’enfants pour sensibiliser les jeunes...

18 Septembre 2019 , Rédigé par La Gazette des communes Publié dans #Education, #Politique, #Migrants

30 mars 2018

Afin de lutter contre les préjugés dont souffrent les migrants, Solidarité laïque vient de publier un livret destiné aux enfants, à leurs parents et leurs professeurs. La ville de Montreuil s’en est emparée pour le distribuer aux collégiens.

« Nous sommes avant tout des enfants », tel est l’intitulé de ce livret de 30 pages qui décortique, de façon à la fois pédagogique et ludique, les idées reçues liées aux migrants et aux réfugiés. « Si on commence à les accueillir dans de bonnes conditions, on sera envahi. » Ecrit dans une bulle de bande dessinée, ce préjugé donne l’occasion aux auteurs de faire un détour par la Déclaration universelle des droits de l’Homme pour rappeler que migrer, c’est un droit fondamental. Et d’expliquer, avec des mots d’enfants, ce qu’est un réfugié.

Des dessins, des cartes, des infographies illustrent les flux migratoires. Le livret revient sur les Droits de l’enfant, explique ce que c’est un mineur non accompagné et le droit à la protection dont il jouit. Tout au long des pages, des témoignages d’enfants de migrants ou de réfugiés viennent mettre des mots simples et forts sur ce qu’est l’exil, le déchirement, la réalité d’un parcours migratoire, de la survie quotidienne à Calais.

Témoignages recueillis à Calais

Cet outil pédagogique a été conçu par Solidarité laïque, le SNUipp-FSU(1) et la Fédération des Conseils de Parents d’Elèves, avec la participation d’InfoMIE(2).

Des bénévoles de l’Ecole laïque du chemin des dunes, à Calais, ont aidé à recueillir les témoignages. Cathy Le Goff, chargé de mission Education contre le racisme à la Solidarité laïque, témoigne : « Nous avons voulu mettre à la disposition des professeurs un livret ressources sur les questions migratoires, qui permet d’évoquer et de démonter les préjugés dont souffrent les personnes migrantes. Nous avons travaillé six mois dessus et nous l’avons fait tester auprès des classes de toute la France, du primaires au lycée ». Le livret est gratuit et téléchargeable en ligne.

200 exemplaires distribués aux élèves de Montreuil

« Ce qui est intéressant dans cet outil pédagogique, c’est qu’il permet aux professeurs mais aussi aux parents d’évoquer avec les enfants l’arrivée des migrants », estime Malika Latrèche, responsable du service “Lutte contre les discriminations et Intégration” à Montreuil. La ville a obtenu 200 exemplaires, et en a distribué aux collégiens et lycéens venus visiter l’une des cinq expositions organisées dans le cadre de la semaine d’Education et d’actions contre le racisme. « Grâce aux dessins, aux photos… le livret permet d’aborder de façon ludique des problématiques complexes. Il peut être travaillé en classe à partir du CM1 », poursuit Malika Latrèche.

Elle entend commander d’autres livrets pour les mettre à la disposition des centres de loisirs. « Le plus fort dans ce document, ce sont les témoignages des enfants, très proches de leur réalité dure, mais porteurs aussi d’espoir », conclut-elle.

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Najat Vallaud-Belkacem : « Pour qu’au courage des réfugiés nous répondions avec la force de notre honneur »

17 Septembre 2019 , Rédigé par Le Monde - Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Migrants, #Réfugiés

Najat Vallaud-Belkacem : « Pour qu’au courage des réfugiés nous répondions avec la force de notre honneur »

A l'heure où le Président de la République affirme vouloir "regarder l'immigration en face", volonté manifestement populiste, sans prise en compte de la transversalité du "dossier" migrants/réfugiés et sans propositions très éloignées de celles du Rassemblement National, il est nécessaire et salutaire de lire ou relire d'autres mots, de réfléchir à d'autres pistes, bref de faire et penser autrement.

C'est ce que propose Najat Vallaud-Belkacem, femme de gauche, socialiste et engagée.

Christophe Chartreux

                                  _______________________________________

Aujourd’hui, partout dans le monde, les militants des droits humains se mobilisent pour informer, alerter, appeler les opinions publiques et les gouvernements à la responsabilité afin de faire respecter les droits fondamentaux des personnes déracinées, et d’améliorer leurs conditions de vie. On parle des demandeurs d’asile, des apatrides, des rapatriés, des personnes déplacées au sein même de leurs pays, des réfugiés. En 2017, ils étaient 70,8 millions à travers le monde, selon les Nations unies. Sans doute, ils sont plus nombreux aujourd’hui, et le seront plus encore demain.

Le courage de ces enfants, femmes et hommes pour affronter ces vies de déracinement, de fuite, d’exil et persévérer à se construire dignement un avenir, en dépit des dangers et des persécutions, puis de la défiance ou l’indifférence qu’ils rencontrent partout sur leur route, est proprement inimaginable.

Il faut pourtant faire cet effort d’humanité, d’empathie, d’intelligence et de savoir pour mettre fin au cercle vicieux qui nous mène à la catastrophe globale : toujours plus de peur, de crainte, et d’hostilité, mais aussi de contestation des faits et des chiffres, et donc d’ignorance chez celles et ceux qui ont la chance de pouvoir vivre et rester chez eux, et donc, d’accueillir. Si nous voulons que notre honneur soit à la hauteur de leur courage, alors il nous faut briser cette mécanique infernale qui prospère à l’ère de la « post-vérité », et rétablir les conditions d’un vrai débat démocratique, raisonné, informé, éclairé, juste et humain.

L’immigration – qu’elle soit la conséquence de la guerre, de la misère ou du changement climatique – s’est imposée, au cours des dernières années, comme un des défis politiques majeurs posés à nos sociétés. Elle est au cœur de ce qui préoccupe les opinions à travers les débats sur l’accueil des réfugiés, le degré d’ouverture de nos sociétés ou les modalités d’intégration des nouveaux arrivants.

On peut regretter cette place prépondérante dans le débat. Il reste que, pour espérer la ramener à sa juste mesure, il faut d’abord l’accepter, et la comprendre.

Mais peut-on seulement parler de débat ? Aux Etats-Unis, en Angleterre, ici en France, ou encore en Italie, partout où je me suis déplacée ces derniers mois, en guise de débat, je n’ai souvent assisté qu’à des dialogues de sourds, quand ce ne sont pas des manipulations rendues possibles par les réseaux sociaux et des algorithmes qui trient les informations qui nous parviennent, et modèlent nos émotions, influencent nos avis et nos consciences.

Résultat : deux camps se font face, apparemment irréconciliables. Ceux qui, études à l’appui, avancent les statistiques et les preuves concrètes illustrant l’apport économique, culturel, démographique de l’immigration à nos sociétés. Et, face à eux, une immense majorité qui redoute un recul de son niveau de vie, une dilution de son identité ou de ses valeurs dans le grand bain de la mondialisation.

Les uns se prévalent de leurs chiffres, les autres restent campés sur leurs positions, incrédules, défiants, en colère. Nous qui mesurons régulièrement les perceptions savons par exemple que 65 % des citoyens au niveau mondial estiment que leur gouvernement leur « cache » le coût réel de l’immigration. Dans aucun des 28 pays étudiés, cette proportion ne descend en dessous de 50 %, et elle est de 63 % en France (enquête Ipsos « World Refugee Day. Global attitudes towards refugees » réalisée en avril-mai auprès d’un panel international). Plus surprenant, le degré d’adhésion à cette forme de « complotisme light » ne varie pas, en France, avec le niveau de revenu ou avec l’âge. De la même manière, près de la moitié des personnes interrogées souscrivent à l’idée que leur gouvernement cherche délibérément à altérer la composition ethnique de leur société en ouvrant les vannes de l’immigration. 43 % des Français, par exemple, le pensent.

On comprend, dès lors, que le débat paraisse impossible, et que la délibération démocratique bute face à un mur. Voilà pourquoi il est urgent que chacun prenne ses responsabilités, partout dans la société. Beaucoup le font déjà : les ONG, celles qui relèvent leurs manches pour aller secourir les migrants en mer, comme celles qui se fixent pour mission d’ouvrir les yeux des décideurs. La fondation Tent est de celles-là, qui se consacre à mobiliser les grandes entreprises du monde pour qu’elles contribuent à accueillir et intégrer les réfugiés par l’emploi ; et les entreprises elles-mêmes, qui s’engagent dans une telle aventure, et elles sont de plus en plus nombreuses en France à franchir le pas, au nom de leurs besoins économiques autant que de leur mission sociale.

Comprendre les blocages de la société

On ne dira jamais combien ces efforts émanant de la société civile dans toute sa diversité sont précieux. Mais leur permettre de réussir, dans la durée, nécessite de mieux comprendre les soubassements des blocages auxquels il s’agit de faire face et de pouvoir identifier les leviers de leur dépassement.

C’est la raison pour laquelle il est plus important que jamais d’investir dans la science, des humanités aux neurosciences, en passant par la data science, pour comprendre les fonctionnements profonds des opinions et des comportements dans nos sociétés. Il convient de soutenir celles et ceux qui, à l’instar d’un François Héran [sociologue, anthropologue et démographe, titulaire de la chaire Migrations et sociétés au Collège de France], poussent l’idée d’un GIEC sur la question migratoire globale afin de mener un combat comparable à celui qui est mené contre le climatoscepticisme, et qui finit par donner ses fruits. Un tel effort porté à l’échelle internationale, associant la recherche publique aux acteurs privés qui, comme Ipsos, décident de se saisir résolument du sujet, serait en mesure de nous aider, mieux que toutes les initiatives politiques, à mieux comprendre, mieux débattre et mieux agir, collectivement, comme citoyens.

Pour qu’enfin, au courage des réfugiés, nous puissions collectivement répondre avec la force de notre honneur, et le sens de la fierté retrouvée. Après tout, 70 % des Français se disent fiers et confiants que la France accueille des personnes persécutées dans leur pays. Lorsque la raison peine à infléchir les opinions à elle seule, pourquoi ne pas faire appel, nous aussi, à la puissance des sentiments et des émotions en convoquant aussi la fierté d’agir en êtres humains, d’abord guidés par les valeurs, le sens moral, et la volonté de construire une société meilleure, à l’avenir plus solidaire et plus juste pour toutes et tous ?

Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l’éducation nationale (2014-2017), est présidente du conseil stratégique de la fondation d’aide aux réfugiés Tent, et directrice des affaires publiques internationales du groupe Ipsos.

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