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Vivement l'Ecole!

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Fake, manipulations et réseaux sociaux: pourquoi il faut vite comprendre ce qu’est “l’astroturfing”...

11 Février 2017 , Rédigé par Les Inrocks Publié dans #Médias, #Internet

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Fake, manipulations et réseaux sociaux: pourquoi il faut vite comprendre ce qu’est “l’astroturfing”

A l’ère de la post-vérité, au milieu des fake news et alternative facts, émerge l’astroturfing. Cet anglicisme un brin barbare, qui évoquerait plutôt un délire mystique ou une nouvelle façon de lire son horoscope, fait référence à un procédé perfide qui sévit sur internet : la simulation d’une activité ou d’une initiative qui serait issue du peuple, en réalité montée de toutes pièces par un acteur souhaitant influer sur l’opinion.

Fabrice Epelboin, qui a donné plusieurs cours à Sciences Po Paris sur la disruption sociale et politique apportée par les réseaux sociaux, nous éclaire sur ce phénomène qu’il étudie depuis plusieurs années. Le sujet d’abord ignoré puis dédaigné, a finalement obtenu plus de considération et une réelle légitimité : le Brexit, la montée des extrêmes, et l’élection de Donald Trump sont passés par là.

Juste pour être certains d’avoir bien compris, pouvez-vous nous donner une définition complète de l’astroturfing ?

Fabrice Epelboin –  L’astroturfing englobe l’ensemble des techniques – manuelles ou algorithmiques – permettant de simuler l’activité d’une foule dans un réseau social. On peut commencer à parler d’astroturfing quand plusieurs personnes interagissent de concert et sans dévoiler leur connivence dans un même fil de discussion, pour tromper ceux qui ne sont pas dans le secret. Mais l’astroturfing implique le plus souvent des identités créées de toutes pièces, destinées à mettre en scène des phénomènes de foule dans un environnement tel que Facebook, de façon à influencer la perception des utilisateurs de la plateforme ou à donner plus de visibilité à un sujet, en fabriquant de façon artificielle sa popularité.

Quand le terme a-t-il été utilisé pour la première fois ?

Le terme est issu d’une marque créée par l’entreprise américaine Monsanto qui a imaginé un faux gazon pour le stade de baseball de Houston, dont l’équipe s’appelle les Astro – d’où la marque, “astroturfing”, qui désigne un faux gazon. En anglais, un mouvement populaire spontanée est appelée “grassroot”, du coup, astrotrufing peut être compris comme “faux grassroot”. Ceci dit, le concept date de bien avant. Nixon avait une équipe à la Maison Blanche dont les membres se faisaient passer pour des citoyens ordinaires en écrivant aux courriers des lecteurs des médias américains pour chanter les louanges de sa politique. Dans Jules César de Shakespeare, Cassius envoie à Brutus de faux courriers censés être écrits par des citoyens ordinaires l’incitant à renverser César.

Qui, exactement, met en place des stratégies d’astroturfing ? Les gouvernements ?

Nombreux sont les Etats à pratiquer l’astroturfing dans le but d’influencer l’opinion publique. La Chine est célèbre pour sa “water army”, une véritable armée de plus de 280 000 fonctionnaires, qui passe son temps à diffuser les messages du gouvernement sur les réseaux sociaux. La Corée du Sud également, a par exemple lourdement influencé l’opinion publique lors des présidentielles de 2012 avec une vaste opération de diffamation du candidat de l’opposition, orchestrée à travers un vaste réseau de faux comptes sur Twitter, opéré par les services secrets.

Les Etats-Unis, suite à une fuite orchestrée par Anonymous, ont montré qu’ils développaient des outils pour mettre en place des opérations d’astroturfing. Snowden a révélé que le CGHQ – les services de renseignement anglais – faisait de même et savait manipuler n’importe quel sondage, tels que ceux que vous trouvez quotidiennement sur les sites médias. Cela n’inquiétait personne jusqu’à ce que l’astrotrufing apparaisse, avec la Big Data, la psychométrie et les fake news, comme le fer de lance de la campagne électorale de Donald Trump.

(...)

Suite et fin en cliquant ci-dessous...

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Revue de presse Education... Retour sur un débat...

11 Février 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de presse Education... Retour sur un débat...

Eh bien cette revue sera encore une fois très courte. Profitez bien de ce week-end ou de vos vacances.

La presse se fait l’écho du débat d’hier soir.

Marine Le Pen : l’échange tendu avec Najat Vallaud-Belkacem. "La ministre a vivement interpellé Marine Le Pen sur son programme concernant l’éducation, dans "L’Émission Politique" de France 2."

Bras de fer entre Marine Le Pen et Najat Vallaud-Belkacem sur l’éducation

N Vallaud-Belkacem et les contradictions de Marine Le Pen. "Moment attendu de l’émission politique de France 2 le 9 février, le duel N Vallaud-Belkacem - Marine Le Pen a nettement tourné à l’avantage de la ministre qui a su montrer les contradictions du discours du Front national sur l’Ecole."

Et Libération se contente de reprendre la dépêche de l’AFP. Education : âpre débat entre Marine Le Pen et Najat Vallaud-Belkacem. Et pour l’Express c’est aussi l’AFP et le même titre ! Education : âpre débat entre Marine Le Pen et Najat Vallaud-Belkacem

Et une fois terminé le débat... Najat Vallaud-Belkacem à Besançon lundi pour valoriser les campus des métiers et des qualifications. “ D’après le ministère, ces campus "regroupent des établissements d’enseignement secondaire et d’enseignement supérieur, de formation initiale ou continue. Ils sont construits autour d’un secteur d’activité d’excellence correspondant à un enjeu économique national ou régional soutenu par la collectivité et les entreprises"

Les régions veulent piloter l’enseignement général et professionnel "Le bac doit-il être régionalisé ? L’enseignement professionnel doit-il être séparé définitivement du reste de l’enseignement secondaire ? L’enseignement général doit-il dépendre des considérations locales ? Voilà deux questions posées par les " 8 propositions aux candidat.e.s à l’élection présidentielle" que Régions de France a dévoilé le 8 février."

En Haute-Garonne, Une politique locale d’orientation des jeunes. "Au-delà de ses missions d’accompagnement des personnes en recherche d’emploi et des passerelles avec les entreprises partenaires du territoire, le Comité de Bassin d’Emploi Nord 31, présidé par Sandrine Floureusses, vice-présidente du conseil départemental, souhaite mettre en œuvre une politique locale sur l’orientation. Il faut dire que cette question est primordiale pour les jeunes. Leur avenir professionnel, voire personnel, en dépend…

Ecole privée : le lamentable double discours de la droite sur la protection de l’enfance par Bruno Bertrand, magistrat, François Braize Inspecteur général des affaires culturelles honoraire et Jean Petrilli avocat. "Le Conseil constitutionnel a censuré une réforme législative pourtant salutaire destinée à cantonner notamment le développement de l’islam radical à travers l’enseignement privé. Voici comment remédier à cette situation."

Pixis, l’intelligence artificielle qui veut révolutionner l’orientation scolaire. "L’orientation scolaire, ce casse-tête sans fin. Choisir sa voie, se réorienter si ça ne plaît pas : désormais, une intelligence artificielle mise au point par la start-up Pixis peut t’aider à trouver des réponses !” Et il y en a d’autres, comme Imapala.

Et pour bien parler : Enrichissement du vocabulaire de l’éducation et l’enseignement supérieur. “Une liste de termes, expressions et définitions adoptés dans l’éducation et l’enseignement supérieur a été publiée au B.O. du 9 février.”

Bernard Desclaux

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Revue de Presse Education... En vrac - Orientation - USA...

10 Février 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... En vrac - Orientation - USA...

Les revues de presse courtes se succèdent.

En vrac

Rencontre entre Edouard Fritch et Najat Vallaud Belkacem. D’après communiqué de la Présidence de la Polynésie française, publié le 08/02/2017. « Le président du gouvernement a rencontré à Paris la ministre de l’éducation. Il a notamment été question du maintien de la dotation globale de fonctionnement à 1. 750 milliards cfp en 2017 et du financement des projets de construction ou de rénovation des internats de Faaa, Atuona et de Mahina.  »

Bac Pro : Pour le Snetap il faut revoir le curriculum. « Comment réorganiser l’épreuve de contrôle ? Comment aider les élèves les plus fragiles ? Comment améliorer la poursuite d’études ? Comment améliorer les compétences professionnelles des élèves ? Le Snetap Fsu, syndicat de l’enseignement agricole, fête à sa manière les 30 ans du bac pro par un document qui synthétise 5 journées de réflexion dont le Café pédagogique s’est fait l’écho. Pour le Snetap, l’avenir du bac pro c’est le retour aux 4 années de formation. Mais il se joue aussi dans la refonte du parcours et du curriculum.  »

Orientation

Chaque mois, chaque semaine des fermetures sont annoncées. Aujourd’hui c’est en Alsace, et le journal local, l’Alsace, relait l’information. Quid des CIO d’Altkirch et Saint-Louis ? « Les CIO (Centres d’information et d’orientation) d’Altkirch et Saint-Louis sont-ils appelés à disparaître ? Avec la nouvelle « carte cible » déterminée au niveau national et à la suite du désengagement financier progressif du conseil départemental, cette structure éducative risque tout simplement d’être supprimée des villes moyennes. »

Et pendant ce temps…

Sophie Laborde Balen, Fondatrice du réseau Tonavenir.net. « Tonavenir.net est la première franchise sur le secteur de l’orientation scolaire » explique : « Réseau spécialisé dans l’orientation scolaire des élèves, Tonavenir.net regroupe désormais 22 cabinets-conseil dans toute la France. Première franchise à avoir vu le jour sur ce secteur, Ton avenir.net jouit d’un savoir-faire qui lui permet d’obtenir un taux de satisfaction de 100%. »

Orientation : le digital devient fondamental. “Souvent anxiogène, le choix d’orientation n’en est pas moins une étape fondamentale pour le jeune citoyen, puisqu’il va décider en grande partie de son avenir. Mais c’est aussi un enjeu pour le pays tout entier, qui va déterminer ses futurs atouts. Selon Thierry Debarnot, cofondateur de digiSchool, le digital peut apporter des solutions, s’il est correctement articulé avec un accompagnement humain.”

Et en région Poitou-Charente : SAFRAN : des formations pour les professionnels de l’orientation. “Etant l’une des priorités régionales, le thème de l’orientation tout au long de la vie est largement développé dans le dispositif Safran au travers de 8 actions de formation destinées en particulier aux acteurs impliqués dans le SPRO et le CEP.”

USA

Aux USA, l’incompétence, ça paye, à moins que ce ne soit l’inverse !

Ecoles privées, grizzlis, conflits d’intérêts... La classe américaine selon Betsy DeVos, la ministre de l’Education de Trump. “La nomination de la milliardaire a été confirmée de justesse, mardi. Franceinfo dresse le portrait de celle que les démocrates accusent déjà d’incompétence.”

Aux Etats-Unis, une milliardaire controversée à l’éducation. “Mme DeVos s’était mise elle-même en difficulté en montrant, au cours de ses auditions par les sénateurs, qu’elle était loin de maîtriser son sujet. Elle s’était attiré en outre les sarcasmes pour avoir plaidé en faveur de l’introduction des armes à feu dans une école isolée du Wyoming afin de protéger les élèves des ours, alors que la loi de cet Etat l’interdit. Au sein d’une administration très idéologique, Mme DeVos entend militer pour le développement des établissements privés financés par des fonds publics, et pour des chèques éducation afin de favoriser « le choix ». Les premiers touchés devraient être les établissements publics qui sont sous son autorité.

La milliardaire n’est pas la seule engagée dans un combat frontal contre le département dont elle a désormais la charge. Deux autres personnes choisies par le président Trump ont campé par le passé sur une ligne tout aussi intransigeante :...” Article malheureusement pour les abonnés.

Et pour finir une bonne nouvelle : Non, les avancées technologiques ne menacent pas l’emploi. « Le développement du numérique s’accompagnera de nouveaux emplois, estime Eric Schmidt, le président exécutif d’Alphabet, société mère de Google.  » Si c’est lui qui le dit !

Bernard Desclaux

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Revue de Presse Education... Pédagogie - Divers...

8 Février 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Pédagogie - Divers...
Calme plat sur l’actualité éducative ce mercredi, où il est tout de même question de pédagogie et de plusieurs informations diverses.
 
Pédagogie
 
Le Café pédagogique fait la recension du dernier numéro de la revue Éducation et socialisation, qui porte sur l’architecture scolaire, ses contraintes particulières, et aussi sur ses liens avec la pédagogie : « Si Béatrice Mabilon-Bonfils et Virginie Martin (laboratoire EMA, université de Cergy, et kedge business school) réfléchissent à l’articulation entre pédagogie nouvelle et espace scolaire, on ne saurit réduire la question de cet espace à la salle de classe. De même Anne Dizerbo (Espe Rouen) oppose l’importance de l’autonomie dans les objectifs scolaires actuels avec les contraintes qui sont imposées aux élèves dans leurs stationnements et déplacements. Mais la surveillance reste, au regard de la réalité, une nécessité et une responsabilité pour les adultes ».
 
Najat Vallaud Belkacem s’adressait aux recteurs hier et a notamment affirmé son soutien aux RASED : « "Là où les Rased sont incomplets, je vous demande de recréer des postes. En effet, avec le CAPPEI nous rénovons la formation des maîtres spécialisés, grâce en particulier, à l’alternance. Nous venons aussi de créer le nouveau corps des psychologues de l’éducation nationale. Il serait donc peu compréhensible que cela ne s’accompagne pas d’un effort en matière de postes". S’adressant aux recteurs, N Vallaud Belkacem a prononcé des mots qui étaient attendus. Depuis des semaines les associations des Rased se plaignent que les créations de postes les oublient trop souvent. C’est le cas par exemple dans le 93 où le Snuipp est monté au créneau. »
 
Suite à la publication d’une étude pointant les effets négatifs de l’intervention des RASED auprès des enfants en difficulté, le syndicat SE-UNSA publie un communiqué pour les soutenir.

Le Café pédagogique signale la publication d’un rapport de l’IFE (institut français de l’éducation) sur l’accompagnement d’un dispositif particulier de "plus de maîtres que de classes. On retrouvera le rapport complet ici.
Enfin, signalons que le GFEN (Groupe français d’éducation nouvelle) organise en partenariat avec l’association OZP et le Café pédagogique ses dixièmes rencontres.

Divers

La FEP CFDT, premier syndicat enseignant de l’enseignement privé, appelle dans une tribune à son tour à revoir le contrat d’association avec l’Etat. Une démarche, qui en ces temps d’offensives de l’enseignement catholique pour obtenir davantage de subventions de l’Etat, pose forcément question, même si les objectifs semblent différents : « "L’évolution du contrat d’association est-elle souhaitable ?" Venant après l’annonce, dans La Croix, d’une volonté d’une partie de l’enseignement catholique de renégocier les accords le liant avec l’Etat, la tribune de la Fep Cfdt, premier syndicat enseignant du privé, ne peut qu’interroger. L’enseignement catholique, institution et personnel, est il mobilisé pour remettre en question l’équilibre dessiné dans les années 1980 ? Bruno Lamour fait le point sur "l’actualisation du contrat d’association" et aussi sur la fuite des élèves vers le privé du fait des réformes. »

20 minutes nous apprend que le professeur poursuivi par le lycée Averroes de Lille pour diffamation a finalement été relaxé en appel.

Pendant ce temps, la très contestée et contestable ministre de l’Education américaine, Betsy DeVos, a été confirmée à son poste de justesse grâce au vote du vice-président Mike Pence, nous apprend Le Figaro. Du jamais vu.

Et pour finir, le concours du nouveau corps de psychologues de l’EN est ouvert depuis hier, nous annonce Vousnousils.

Aurélie Gascon

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Revue de Presse Education... Présidentielles - Pédagogie- Divers...

8 Février 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Présidentielles - Pédagogie- Divers...
Temps toujours aussi calme sur l’actualité éducative, en cette période de vacances pour la zone C. Les présidentielles sont toujours au centre des préoccupations, avec leur lot de propositions. Il sera également question de pédagogie et nous complèterons ce court tour d’horizon par quelques informations diverses.
 
Présidentielles
 
A l’occasion de son entrée en campagne, Najat Vallaud Belkacem a accordé un entretien à Libération, dans lequel elle confie aussi son envie de rester ministre de l’Éducation nationale : « Si Hamon l’emporte en mai, vous rempilez à l’Education nationale ?
 
Vous décidez rarement de ces choses-là, mais oui, le meilleur service à rendre à l’Education nationale, au-delà des personnes, serait de lui consacrer un ministre durable qui conduise une politique cohérente sur le long terme car l’école, c’est du long terme [lire ci-contre, ndlr]. Ce qui fait le plus de mal à ce ministère, ce sont les va-et-vient, les retournements de situation permanents, qui ont désespéré les professeurs eux-mêmes. Ils ne sont pas rétifs à la réforme, mais ils exècrent ces allers-retours où on leur fait faire des choses pour leur expliquer cinq ans plus tard que c’est exactement le contraire qu’il fallait faire. »
 
Les Décodeurs du Monde passent par ailleurs au crible quelques unes des affirmations de la ministre lors de son bilan du quinquennat : « « Le quinquennat va s’achever sur un bilan en matière d’éducation dont je suis éminemment fière ! », affiche sereinement la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem. Pourtant, lors de son passage à la matinale de France Inter, lundi 6 février, la secrétaire d’une association de parents d’élèves et un professeur membre du collectif Touche pas à ma ZEP ont soulevé des problèmes auxquels la ministre n’a pu répondre avec justesse. » *

Et puisque les choses ne doivent pas toujours aller dans le même sens, le Café pédagogique signale que l’APHG (association des professeurs d’histoire et géographie) et son nouveau président font des propositions aux candidats à la présidence de la République : « Le document prend la forme d’une table des lois en 10 articles, parmi lesquels : " l’Histoire et la Géographie ne sont pas des matières instrumentalisables par le pouvoir politique", allusion assez claire aux amateurs de récit national, " toute réforme ne doit être pensée et appliquée qu’après une très large concertation avec le terrain" et enfin " l’enseignement de l’Histoire-Géographie doit reconnaître la primauté des connaissances sur les compétences". » On regrettera simplement que ce document oppose encore artificiellement connaissances et compétences, qui ont pourtant vocation à se compléter...

Pédagogie

Il est aujourd’hui brièvement question de pédagogie, avec des résultats de différentes recherches. Tout d’abord, Vousnousils relaie les résultats d’une étude sur les effets de l’intervention des RASED sur les enfants en difficulté. Et visiblement, ils seraient très décevants : « Créés pour répondre aux difficultés d’apprentissage et d’ »adaptation aux exigences scolaires » de certains élèves en primaire, les RASED ne rempliraient pas cette mission, selon une étude de l’Iredu, présentée fin janvier, et citée par l’AEF. Ce serait même le contraire : d’après Claire Bonnard, Céline Sauvageot et Jean-François Giret, les auteurs de l’étude, les RASED auraient un impact négatif sur certains apprentissages.

Un impact négatif « surtout auprès des moins faibles »

Pour en arriver à ces conclusions, les auteurs de l’étude ont évalué le niveau de 9 000 élèves du CP à la 5e, selon 3 critères : leurs « compétences sociales », leurs résultats à l’évaluation de CP, et leur maîtrise du langage. Ils ont ainsi pu constater que chez les élèves présentant des « caractéristiques comparables », ceux passés par les RASED redoublaient davantage que les autres.

En effet, si les élèves issus de RASED présentent une progression similaire aux autres en français, en mathématiques, l’impact des RASED « est fortement négatif, surtout auprès des moins faibles ». »
Le Figaro se consacre par ailleurs, dans un article réservé aux abonnés, aux résultats de la classe inversée, qui seraient eux aussi incertains : « Si cette méthode séduit de plus en plus d’enseignants, les chercheurs restent encore circonspects.

C’est la nouvelle pédagogie à la mode. Inventée par deux professeurs du Colorado en 2005, la « classe inversée » séduirait aujourd’hui 20.000 enseignants français, principalement au collège et au lycée, dont une majorité dans l’enseignement privé. C’est ce qu’estime Héloise Dufour, à la tête de l’association « Inversons la classe », créée en 2013 et seule existante dans ce domaine. Le premier congrès organisé par l’association accueillait « 4000 professeurs » lors de la « semaine de la classe inversée » organisée fin janvier 2017, contre 800 en 2016 et 200 en 2015, affirme cette chercheuse en biologie. Financée à la fois par l’Éducation nationale, la mairie de Paris, Microsoft et la Fondation Schlumberger pour l’éducation, son association vient d’entamer une levée de fonds. »

Divers

Terminons cette courte revue de presse par quelques informations diverses. Vousnousils nous apprend, peu après la condamnation de l’Etat pour la mort de Marion Fraisse, victime de harcèlement, que des collégiens interpellent les candidats à la présidentielle contre le cyberharcèlement : « Dans la vidéo des « ambassadeurs Respect Zone », destinée aux candidats à l’élection présidentielle d’avril-mai 2017, des messages de collégiens défilent : « sur les réseaux sociaux, on m’a traité de sale p… », « sur les réseaux sociaux, on a lancé des rumeurs sur nous, et tout le monde y a cru », « sur les réseaux sociaux, on a vu des images très violentes qu’on ne voulait pas voir », « sur les réseaux sociaux, une personne a créé un faux compte pour me faire croire qu’elle était amoureuse de moi ».

A la fin, cette question : « Mesdames et Messieurs les candidats à l’élection présidentielle, quelles sont vos propositions pour nous protéger sur les réseaux sociaux ? » Selon les ambassadeurs Respect Zone, cette vidéo est aussi un outil permettant « d’intéresser les collégiens au débat électoral ». »
Le Café pédagogique signale également l’ouverture du concours supplémentaire de Créteil pour les professeurs des écoles.

Aurélie Gascon

* En réponse aux (excellents) décodeurs du Monde, dont j'ai lu le "décodage", la "justesse" d'une réponse ministérielle, quel que soit ce Ministre, dépend de deux facteurs:

- l'interprétation faite des propos entendus. L'auditeur, qu'il soit journaliste, enseignant, cadre supérieur ou mère au foyer entend ce que son angle critique et/ou ses convictions lui "imposent" d'entendre.

- la réalité de l'action sur le terrain confrontée à la difficulté de traduire en mots ces actions souvent techniques, difficiles et se heurtant à des passions contradictoires bien davantage qu'à des réflexions raisonnables.

Le débat "Education" est souvent hystérisé, ce qui rend toute réponse responsable - et donc ministérielle - soupçonnable au pire de mensonge, au mieux d'imprécision, rarement - voire jamais - de la moindre salve d'applaudissements.

Comme en tout domaine, il convient d'étudier TOUT ce qui est fait, calmement, loin des chamailleries inutiles et chronophages, en équilibrant le positif et le négatif afin d'offrir au citoyen une information fondée sur la... justesse.

Christophe Chartreux

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Revue de Presse Education... Enseignement privé - SES - Divers...

7 Février 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Enseignement privé - SES - Divers...
Une actualité éducative assez terne en ce premier lundi de vacances pour la zone C. Échéances électorales obligent, il sera beaucoup question de l’enseignement privé, un peu de l’enseignement de SES. Et nous terminerons avec quelques informations diverses.
 
Enseignement privé
 
Les présidentielles approchant, l’enseignement catholique fait le forcing pour obtenir plus de subventions de l’Etat (il semble en effet tout à fait urgent de subventionner encore davantage un des facteurs les plus criants du manque de mixité sociale dans nos établissements), et bénéficie de l’oreille bienveillante, pour ne pas dire complaisante, de Mme Annie Genevard, responsable nationale pour l’éducation des Républicains :« Aujourd’hui, plaide l’enseignement catholique, « ce compromis technique ne permet plus de tenir compte de la réalité du besoin scolaire", écrit La Croix. Le secrétariat général de l’enseignement catholique, si attaché à la règle des 80/20 qui s’est imposée dans les années1990, aurait décidé de la remettre en question et d’exiger davantage.
 
Le quotidien interroge la responsable nationale Education des Républicains, Annie Genevard, qui veut aller encore plus loin. " Nous ne sommes pas hostiles à une évolution du 80-20 pour répondre au passage massif d’élèves du public vers le privé", dit-elle à La Croix. Elle propose d’élargir le financement à des écoles hors contrat comme les établissements "Espérance banlieue" » Le Café pédagogique relativise ensuite la hausse des élèves accueillis par le privé, prétexte pourtant avancé pour justifier cette demande assez peu fondée.

Il est également question, aujourd’hui, de la scolarisation à domicile, appelée homeschooling outre-Atlantique. L’Obs publie un témoignage de parents qui ont fait ce choix : « Elise* a une quarantaine d’années, elle vit dans un petit village à la campagne. En 2016, à quelques mois d’intervalles, elle a décidé, avec son mari, de retirer ses enfants de l’école et du collège pour assurer leur instruction à domicile – comme la loi le permet. Au centre de cette démarche, l’envie de donner à leurs enfants la possibilité d’avancer à leur rythme, tout en apprenant au contact de leur environnement. Comment ça marche pour sa famille au quotidien ? Elle nous raconte ».

SES

Après les multiples controverses de ces dernières semaines concernant les programmes de SES, et à l’occasion des 50 ans du bac ES, Bruno Magliulo publie un billet en forme de plaidoyer en faveur de cet enseignement : « Le bac économique et social a donc apporté une grande contribution à ce qu’il est convenu d’appeler "la démocratisation de l’enseignement secondaire", marquée par la forte extension du taux d’une tranche d’âge parvenant à se doter du baccalauréat. Ce seul chiffre devrait suffire à légitimer la place de cette filière dans les lycées français, et ce d’autant que, tout au long de ces cinquante dernières années, nombre d’autres pays ont décidé de créer au sein de leur propre enseignement secondaire, des filières identiques ou fortement ressemblantes.

Et pourtant ! Non seulement le processus de création de cette filière - et du nouvel enseignement qui le caractérise : les "sciences économiques et sociales (SES) - fit l’objet de très vives oppositions, mais force est de constater que les cinquante années qui viennent de s’écouler ont été très fréquemment marquées par diverses critiques, attaques, et même parfois tentatives de suppression pure et simple. Dans les années 1990, un recteur alors très en vue se permit de qualifier publiquement cette filière d’ "erreur génétique" (faisant en cela référence à la part sociale de cet enseignement) , en réclamant sa suppression, ou pour le moins sa refonte en profondeur. Il ne fut fort heureusement pas écouté. Au moment même ou nous écrivons ces lignes, un énième débat oppose une partie des représentants du patronat français et certains de leurs alliés, aux professeurs de sciences économiques et sociales et à leur association disciplinaire (l’APSES), à propos des programmes de l’enseignement des SES, une nouvelle fois mis en cause dans le cadre de l’Académie des sciences morales et politiques.

Pour la filière "économique et sociale", et l’enseignement des sciences économiques et sociales qui la caractérise, les 50 années que nous célébrons furent donc loin d’être un "long fleuve tranquille", et nous faisons hélas le pari que les années qui suivent ne le seront pas plus. »

Divers

Pour terminer cette (très) courte revue, quelques informations diverses. Najat Vallaud Belkacem fait le bilan du quinquennat en matière d’éducation et s’en dit fière : « La ministre a également été interpellée par un enseignant, membre du mouvement Touche pas à ma zep. Il lui a reproché de n’avoir jamais reçu ce collectif malgré les actions menées depuis septembre dans le but d’obtenir une carte de l’éducation prioritaire élargie aux lycées. Najat Vallaud-Belkacem a répondu que des membres de Touche pas à ma zep avaient bien été reçus et qu’elle est « extrêmement attachée à donner les moyens à l’éducation prioritaire » : « on ne peut pas me faire ce procès ». « Nous ne pouvions pas tout faire en même temps », a-t-elle déclaré pour justifier l’absence des lycées de la nouvelle carte : « nous avons procédé dans l’ordre, nous avons commencé par les écoles et les collèges. C’est un travail qui a été long, qui a pris deux ans, car il fallait définir des critères […] Je suis très fière de ce qui a été fait. Pour les lycées, il faudra faire la même chose, avec des critères différents ».

Elle a conclu en exprimant sa satisfaction sur le cap mené ces cinq dernières années : « le quinquennat va s’achever sur un bilan en matière d’Éducation dont je suis éminemment fière ! » »

Le Monde nous apprend que l’université de Bordeaux mise sur la pédagogie de projet : « Que des étudiants tentent de mettre « l’imagination au pouvoir » n’a rien de très neuf, sauf quand la demande émane de la direction de leur université. C’est ce qui se produit actuellement à Bordeaux, où les 55 000 étudiants de l’université issue de la fusion de trois des quatre universités de la métropole sont fortement incités à inventer des projets communs et innovants. »

C’est avec lassitude que nous évoquerons également l’éternel retour du marronnier sur l’uniforme à l’école, évoqué dans un reportage de France 2. Rappelons que l’introduction de l’uniforme à l’école n’induit aucun effet miracle gommant les inégalités et qu’il est plutôt le marqueur d’une idéologie au mieux très conservatrice... Et si on s’occupait des problèmes plus urgents ?

Aurélie Gascon

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Revue de Presse Education... Inégalités - Privé - Élections - Malaise enseignant...

6 Février 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

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EXTRAITS

(...)

Inégalités

Cette semaine, plusieurs publications nous rappellent qu’il y a mieux à faire que de s’écharper sur des règles de grammaire et que la question des inégalités devrait être au cœur des débats politiques (et pas seulement sur l’École, d’ailleurs).

Les destins scolaires sont déjà largement joués en sixième, nous disent Alternatives économiques ou encore La Croix en s’appuyant sur une récente étude de l’Insee.

Étudiant la situation en 2015 des élèves entrés en sixième en 2007, elle montre que 77 % des enfants les plus performants aux évaluations de 6e ont obtenu le baccalauréat sans redoubler et poursuivent des études supérieures. Inversement, seuls 14 % des collégiens les moins performants en 6e suivent des études supérieures. Près de la moitié d’entre eux n’est même plus scolarisée. Le fait d’arriver « en retard » au collège (à l’âge 12 ans ou plus) réduit de la même manière les chances de suivre des études huit ans après. L’origine sociale joue également : 68 % des enfants de cadres de la cohorte étudiée poursuivent des études supérieures, contre seulement 32 % des enfants d’ouvriers. De même, les écarts selon le sexe sont significatifs : une fille sur deux est inscrite dans l’enseignement supérieur, alors qu’il n’y a que quatre garçons sur dix dans cette situation. Les auteurs précisent néanmoins que le niveau des acquis en 6e est le plus fort déterminant : « Toutes choses égales par ailleurs, il joue plus sur le destin scolaire des jeunes que le sexe, l’origine sociale, le lieu de résidence, le type d’établissement, ou encore l’âge d’entrée en 6e ». Un constat qui confirme donc, s’il en était besoin, les grandes difficultés de l’école française à lutter contre les inégalités.

Denis Peiron dans La Croix essaye de passer du constat à l’analyse en interviewant le Délégué général du laboratoire d’idées Vers le haut. Pour Marc Vannesson, l’étude de l’Insee “ vient confirmer une situation regrettable : notre système scolaire n’est pas capable de s’adapter à la situation d’un jeune tant qu’il n’a pas totalement décroché. Une fois que l’élève est en rupture, on peut s’appuyer sur des dispositifs qui ont fait leurs preuves, notamment les micro-lycées, dont le nombre a augmenté ces dernières années. Mais auparavant, on conserve une logique de moule dans lequel tout le monde doit entrer, on ne parvient pas à faire du sur-mesure…

Plutôt que de s’enfermer dans des querelles somme toute stériles sur le fait de savoir si l’École augmente les inégalités ou si elle ne les augmente pas , il serait peut-être plus urgent de se demander si le système éducatif fait sa part dans la réduction des inégalités. Et de faire de cette question, le véritable enjeu de la campagne présidentielle.

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Élections

Cette rubrique risque fort de devenir récurrente au cours des prochains mois. La multiplication des déclarations et les précisions sur les programmes vont en alimenter la chronique.

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Samedi, à Lyon, Marine Le Pen a dévoilé son projet présidentiel avec 144 engagements . Parmi ceux-ci, quelques uns concernent l’École en particulier les engagements 101 à 107. On peut y lire beaucoup de généralités avec des mots qui ne font pas peur (“mérite” et “méritocratie”,“transmission”, “égalité des chances”,...) et peu de propositions concrètes sinon la suppression de certaines mesures actuelles. C’est le propre d’un discours démagogique. Et c’est finalement cette banalité qui est le plus inquiétant car ce discours on a déjà l’impression de l’avoir entendu mille fois en salle des profs...

Toutefois, un engagement mérite toute notre attention, c’est le n°81 qui propose la suppression du collège unique et le retour près de 60 ans en arrière avec la sélection précoce à 14 ans… On retrouve d’ailleurs ici des idées déjà développées par certains des candidats à la primaire de la droite. Cette proposition peut séduire une bonne partie de l’opinion publique convaincue de la nécessité d’offrir quelque chose aux enfants qui ne seraient pas “faits pour les études” et de l’importance de la valorisation de l’apprentissage et du travail manuel (l’ « intelligence de la main » de Bruno Lemaire). Le problème c’est de savoir qui est orienté vers ces sections. Ce ne sont JAMAIS les enfants des catégories sociales les plus favorisées... Derrière le “goût” pour les études ou le travail manuel, se cachent les inégalités sociales...Et puis, il y a la sélection précoce. En instaurant un tri dès la 5ème, on ferme l’avenir des jeunes. Qui peut prédire comment un adolescent peut évoluer et progresser ? C’est une proposition qui officialise, non seulement le déterminisme social, mais une sorte de fatalisme naturaliste : il y aurait les enfants “doués” et ceux qui ne le seraient pas... et cela serait figé une fois pour toutes. C’est la négation de l’éducabilité et au final de la mission même de l’école. Non au tri sélectif (à l’école...) ! L’école de Marine Le Pen est une école injuste et inefficace

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Philippe Watrelot

Le bloc-notes complet est à retrouver en cliquant ci-dessous

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Revue de Presse Education... Du vrac, en v’la du vrac !...

4 Février 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

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Une courte revue pour terminer cette semaine. Certains se préparent sans doute pour les vacances. donc une petite collecte de textes, en vrac, mais bien intéressants tout de même.

Du vrac, en v’la du vrac !

On commencera par des propos sur le numérique.

C’est une démarche ambitieuse et exigeante pour l’enseignement scolaire, c’est aussi une ambition pour notre pays : devenir un leader scientifique dans le domaine du numérique éducatif.” Une tribune signée par Mme Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, M. Louis Schweitzer, Commissaire général à l’investissement, M. Pierre-René Lemas, directeur général de la Caisse des Dépôts, M. Jean-Marc Monteil, chargé d’une mission interministérielle sur le numérique éducatif. Le numérique à l’école, un investissement d’avenir. “Présent aujourd’hui dans tous les domaines de l’activité humaine, le numérique s’installe comme un facteur déterminant de l’évolution des modes de vie, professionnels comme privés, individuels comme collectifs. L’organisation du travail, la formation, la santé, par exemple, sont transformées par l’utilisation et les développements du numérique. Le répertoire comportemental de chacun d’entre nous s’en trouve ou s’en trouvera modifié, de même que nos façons de penser, de percevoir et de partager le monde dans lequel nous vivons.”

Bruno Devauchelle dans le Café pédagogique : Pédagogie, la belle endormie...Une question : le numérique aurait-il réveillé la question pédagogique qui doucement s’endormait ? A regarder le nombre impressionnant de liens faits entre les deux, on ne peut que constater une relation. Ces liens se font non seulement dans les discours (cf. JM Fourgous ou V Peillon), mais aussi dans les actes (Mooc, classes inversées etc.). Les connaisseurs de l’histoire de la pédagogie, et aussi du numérique, constatent cependant que ce qui apparaît comme nouveau ne l’est que par rapport aux actions en cours mais pas en regard de l’histoire. Ainsi de l’enseignement mutuel à la classe inversée, ou encore de Usenet au web 2.0, dans les deux cas on observe une résurgence de pratiques antérieures, actualisées, amplifiées, facilitées. Si le numérique est le plus récent, ce descendant social de l’informatique a réussi à réveiller une belle endormie pédagogique.”

« Le système scolaire conserve une logique de moule ». Les propos recueillis par Denis Peiron du Délégué général du laboratoire d’idées Vers le haut, Marc Vannesson analyse une nouvelle étude « Insee première » portant sur la trajectoire des jeunes depuis la 6e jusqu’à leur entrée dans l’âge adulte. Entre autre : “L’étude de l’Insee prouve-t-elle l’incapacité du collège et du lycée à combattre les difficultés scolaires qui se sont installées ?” demande Denis Peiron. Et Marc Vannesson répond : “Elle vient confirmer une situation regrettable : notre système scolaire n’est pas capable de s’adapter à la situation d’un jeune tant qu’il n’a pas totalement décroché. Une fois que l’élève est en rupture, on peut s’appuyer sur des dispositifs qui ont fait leurs preuves, notamment les micro-lycées, dont le nombre a augmenté ces dernières années. Mais auparavant, on conserve une logique de moule dans lequel tout le monde doit entrer, on ne parvient pas à faire du sur-mesure…

La constante macabre fait son retour au Colloque Antibi : Quelle continuité pour l’évaluation après 2017 ?Les politiques éducatives survivent-elles aux alternances politiques ? Rarement. La question est devenue centrale lors du colloque organisé par le Mouvement contre la constante macabre (MCLCM), créé par André Antibi, le 2 février. Un colloque en chansons, en témoignages, en promesses de continuité mais aussi de ruptures. Même si le MCLCM bénéficie du soutien de tous.”

Mais aussi sur le terrain, ainsi, L’évaluation sans piège pour les élèves fait son chemin. “Paris - L’évaluation des élèves par des contrôles de connaissances sans piège, destinés à les faire mieux travailler en les mettant en confiance, se développe, s’est réjoui jeudi le professeur André Antibi, fondateur du "Mouvement de lutte contre la constante macabre" (MLCCM).”

Et Philippe Meirieu rappelle sur le Cafépédagogique : Les enfants ont besoin des institutions. “Commentant la multiplication des structures privées "épanouissantes", Philippe Meirieu évoque les finalités éducatives dans Le Parisien. "Des familles veulent reprendre le pouvoir sur des institutions qu’elles estiment oppressantes. Mais les enfants ont besoin de contraintes, qui les aident à se dépasser. Il est illusoire de penser que l’enfant apprend seul. Ce système ne peut marcher que pour ceux qui bénéficient par ailleurs d’une très bonne éducation... et qui n’ont finalement pas besoin d’école pour réussir. Mais pour tous les autres, qui grandissent dans des environnements moins favorisés, un cadre sécurisant est tout à fait nécessaire... S’il n’y a pas de cadre, c’est un phénomène de séduction qui structurera l’enfant".

Bernard Desclaux

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Revue de Presse Education... Education - Pédagogie - Enseignement supérieur - Divers...

3 Février 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

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L’actualité éducative de ce jeudi, très riche, nous amènera à beaucoup parler d’éducation au sens large. Nous parlerons ensuite de pédagogie et de l’enseignement supérieur, avant de terminer par quelques informations diverses.

Education

Commençons par quelques nouvelles de la politique éducative actuelle. L’Express aborde l’épineux sujet de la concurrence entre les écoles privées et publiques, où le privé semble actuellement marquer quelques points : « A la rentrée 2016, les écoles et collèges privés ont enregistré une hausse de leurs effectifs. "Exode" ou "épiphénomène"’ Si opposition et gouvernement se défendent de vouloir rallumer la guerre scolaire, le modus vivendi tangue à l’approche des élections. »

Toujours dans le domaine de la politique, cette annonce au sujet de l’enseignement artistique en France : « Au terme du conseil des ministres de ce 1er février, les ministères de la Culture et de l’Éducation nationale se sont retrouvés autour d’une mission commune. L’Éducation artistique et culturelle sera l’objet d’un projet interministériel, ainsi qu’en témoigne le projet porté par les deux cabinets et celui de Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. »

Les médias parlent également d’éducation au sens plus large du terme ce jeudi. Le Parisien relaie ainsi des propos de Philippe Meirieu, très critique sur le concept d’écoles démocratiques : « Bien qu’elle attire de plus en plus de parents, la philosophie des écoles démocratiques trouve peu de défenseurs parmi les spécialistes de la pédagogie et des sciences de l’éducation. S’il comprend les raisons qui poussent les familles à se détourner d’une Education nationale « vécue comme une machine incapable de s’intéresser au développement de l’enfant », le professeur Philippe Meirieu est lui-même très sévère sur le concept. »

Enfin, il est également beaucoup question d’éducation aux médias. Saluons à ce propos l’initiative du Monde, qui annonce un dispositif de ressources pédagogiques, complété par des interventions de journalistes volontaires dans les classes : « En parallèle du Décodex, ce guide créé par l’équipe des Décodeurs qui permet de vérifier la fiabilité d’un site Internet, s’est développé un projet qui a très vite fusionné avec lui. Car ils sont tous les deux nés d’une même nécessité : rendre le flux d’informations continu plus lisible et plus compréhensible, notamment pour nos jeunes lecteurs. Pour ce faire, Le Monde a décidé de s’engager dans une démarche d’éducation à l’information, à destination des collégiens et des lycéens, par le biais d’interventions en classe et par la mise à disposition, sur son site Internet, de contenus pédagogiques. »

The Conversation publie par ailleurs un article assez complet sur ce qu’est l’EMI et sur ses enjeux.

Et pour conclure, les Décodeurs du Monde montrent comment Najat Vallaud Belkacem tente d’éduquer ses (très nombreux) trolls complotistes, une tâche des plus ardues à en juger par la stupidité des nombreuses rumeurs dont elle a fait l’objet : « Dans son discours d’un gros quart d’heure, un florilège des rumeurs la concernant. « Je tiens à dire que ce complot [contre l’orthographe] n’est pas une lubie de femme enceinte, soulignait-elle. Je le précise car j’ai découvert ces derniers temps, grâce à Internet, que j’attendais mon troisième enfant. Cela fait naturellement le bonheur de mon mari. Pardon. De mon ex-mari. Ces mêmes sites m’ont en effet appris que j’étais divorcée. Quand on vous dit que l’on nous cache tout ! »

« Mais, me suis-je demandée, pourquoi ce divorce dont je n’étais pas au courant ? Une rapide recherche sur Internet m’a éclairée sur ce point : je lui ai caché, pendant des années, une terrible vérité. Je ne suis pas Najat Vallaud-Belkacem. Je suis Claudine Dupont. » Un faux nom qui avait circulé sur Twitter, avec une fausse carte d’identité, dès la rentrée 2014 – sa première en tant qu’ex-ministre aux droits des femmes nouvellement promue à l’éducation. »

Pédagogie

Les médias font également la part belle à la pédagogie aujourd’hui, avec des sujets variés. Avec un article de France Inter, l’évaluation par contrat de confiance d’André Antibi fait son grand retour sur le devant de la scène : « L’évaluation par contrat de confiance repose sur un programme de révision explicite. Au moment d’aborder un nouveau chapitre d’histoire par exemple, élèves et professeurs identifient ensemble les objectifs du cours. Une semaine avant le contrôle, les enseignants donnent le programme de l’examen aux élèves en choisissant une liste d’exercices déjà corrigés en classe. Un jeu de questions-réponses permet ensuite de déceler les possibles difficultés. L’EPCC permet ainsi de préparer plus rigoureusement l’évaluation. » Si l’explicitation des objectifs des cours et des attentes des enseignants est absolument essentielle et positive, on peut néanmoins pointer les limites d’un dispositif qui pourrait bien dans certains cas tourner au bachotage court termiste et se montrer bien moins efficace pour les apprentissages à long terme.

Franceinfo se penche de son côté sur le dispositif de la classe inversée : « La méthode d’enseignement de la classe inversée est en vogue. En France, entre 15 000 et 20 000 enseignants d’école élémentaire, de collège et lycée l’appliquent déjà. Les élèves apprennent le cours chez eux et travaillent les exercices en classe. À l’occasion d’une semaine d’information, du 30 janvier au 4 février, consacrée à cette méthode, les enseignants qui la pratiquent ouvrent leur classe à leurs collègues intéressés, comme au collège de Ballancourt, dans l’Essonne. »

Signalons également une étude critique sur les usages du numériques à l’école, relayée par le Café pédagogique, qui nous rappelle utilement que le numérique n’est pas une fin en soi mais un outil à mettre au service de notre pédagogie : « On a souvent vanté le TNI comme un élément de motivation des élèves. Le ministère avait même écrit que 96% des enseignants ressentaient une amélioration rapide de la motivation scolaire. Cet effet est confirmé par eEduc Eval. Mais il ne l’est que partiellement.

En fait l’effet motivant ne dure que l’année de l’apparition du TNI dans la classe. Il retombe tout de suite après. »

Enfin, le Café pédagogique fait une recension intéressante d’un livre concernant l’apprentissage des langues vivantes, ses mythes et ses réalités : « On nait doué pour les langues, ou pas. Il faut apprendre une langue étrangère le plus tôt possible. Un séjour à l’étranger est efficace pour apprendre une langue. Les neurosciences vont révolutionner l’enseignement des langues. Voilà quelques affirmations courantes qu’enseignants et parents connaissent bien. Sont-elles fondées ? Stéphanie Roussel, maitre de conférences en études germaniques et Daniel Gaonac’h, professeur en psychologie cognitive, décryptent 9 affirmations de ce type et nous aident à y voir clair dans un petit livre publié par Retz. Alors, en langues comme dans d’autres sujets, prenons le temps de la réflexion.. » Espérons que cela permette d’enrichir le débat sur l’apprentissage des langues étrangères en France...

Supérieur

Le ministère de l’Enseignement supérieur a lancé un portail d’informations pour aider les étudiants en fin de licence à trouver leur master, selon le Figaro : « Voilà qui devrait aider les étudiants à s’y retrouver dans la jungle des masters. Le gouvernement a lancé mercredi un portail d’information, Trouvermonmaster.gouv.fr, pour aider les étudiants en fin de licence (Bac+3) à trouver une formation en master, dont la réforme concernant la sélection prendra effet à la rentrée 2017. Le site internet, qui entre en vigueur ce mercredi, répertorie 4.861 formations au total, a-t-on précisé au ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, soit l’intégralité des diplômes nationaux de master. »

L’âge limite pour entrer en apprentissage a été repoussé à 30 ans dans certaines régions et cela permet à certaines universités de renouveler leurs pratiques : « En quoi l’université de Franche-Comté est-elle concernée ?

Cette expérimentation va nous permettre d’accueillir de nouveaux publics en apprentissage. L’université de Franche-Comté compte actuellement 474 apprentis sur 628 alternants. L’une des particularités de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur est qu’on y observe un taux de rupture de contrat extrêmement faible. »

Enfin, aux Etats-Unis, les universités se rebiffent contre le décret de Donald Trump qui interdit de séjour les ressortissants de certains pays. L’Etudiant en parle ici.

Divers

Nous terminerons cette revue de presse avec quelques informations diverses. Tout d’abord, dans un article réservé aux abonnés, l’Humanité relaie la mobilisation des ATSEM contre la précarité de leur statut et pour une revalorisation salariale. Rappelons que leur présence est indispensable et précieuse dans les écoles maternelle et espérons qu’elles aient gain de cause...

Aux Etats-Unis, la très incompétente candidate au poste de ministre de l’Education craint pour sa validation par le Sénat, et c’est tant mieux. Espérons, pour les enseignants et les enfants américains qu’elle soit effectivement rejetée.

Et pour conclure, une annonce : L’unité de Veille & Analyses de l’IFÉ recrute !

Aurélie Gascon

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Théories complotistes : quand Najat Vallaud-Belkacem trolle ses trolls...

2 Février 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Médias

EXTRAITS

Elle-même ciblée par plusieurs campagnes de désinformation en ligne, la ministre de l’éducation nationale a mobilisé les enseignants dans la lutte contre les théories du complot.

Aucune personnalité politique n’a fait, autant que Najat Vallaud-Belkacem, les frais de la rumeur. Ses adversaires ont, sur la Toile, déformé les propos comme les intentions, attaqué la personne presque autant que l’action. Si la ministre de l’éducation nationale ne sous-estime pas l’attrait des théories complotistes sur les élèves – un « ennemi intime du savoir et des connaissances auquel il nous faut faire face », soulignait-elle devant un parterre d’élèves et d’enseignants il y a tout juste un an –, elle a choisi, la concernant, d’y répondre par l’humour, la dérision. « Troller ceux qui la trollent », résume-t-on dans son entourage.

« Internet a révélé ces derniers jours un complot contre l’accent circonflexe. Un complot que je prépare depuis mes 13 ans, patiemment », expliquait-elle le 9 février 2016, à l’occasion d’une journée d’étude sur le complotisme organisée au Muséum d’histoire naturelle, à Paris. En guise de « complot », sa supposée réforme de l’orthographe (des rectifications orthographiques remontant à 1990) qui enflammait, alors, les réseaux sociaux. « On ne pourra pas m’accuser de l’avoir décidé dans la précipitation. Nous sommes en 1990, je suis en 5e, et j’ai sans peine réussi à convaincre l’Académie française de me prêter main-forte pour conduire à bien ce projet inavouable ».

« Quand on vous dit que l’on nous cache tout ! »

Dans son discours d’un gros quart d’heure, un florilège des rumeurs la concernant. « Je tiens à dire que ce complot [contre l’orthographe] n’est pas une lubie de femme enceinte, soulignait-elle. Je le précise car j’ai découvert ces derniers temps, grâce à Internet, que j’attendais mon troisième enfant. Cela fait naturellement le bonheur de mon mari. Pardon. De mon ex-mari. Ces mêmes sites m’ont en effet appris que j’étais divorcée. Quand on vous dit que l’on nous cache tout ! »

« Mais, me suis-je demandée, pourquoi ce divorce dont je n’étais pas au courant ? Une rapide recherche sur Internet m’a éclairée sur ce point : je lui ai caché, pendant des années, une terrible vérité. Je ne suis pas Najat Vallaud-Belkacem. Je suis Claudine Dupont. » Un faux nom qui avait circulé sur Twitter, avec une fausse carte d’identité, dès la rentrée 2014 – sa première en tant qu’ex-ministre aux droits des femmes nouvellement promue à l’éducation.

Une rumeur parmi d’autres : on ne compte plus les attaques ciblant son âge, son genre, mais surtout ses origines, sa confession. De fausses informations colportées via Internet, mais aussi à la une des journaux de droite et d’extrême droite. « L’ayatollah. Enquête sur la ministre de la rééducation nationale », titre Valeurs actuelles le 4 septembre 2014. Minute fustige, à la même période, la nomination d’une « Marocaine musulmane à l’éducation ». Najat Vallaud-Belkacem répond en citant Desproges : « C’est beaucoup plus économique de lire Minute que d’acheter Sartre car pour le prix d’un journal, vous avez à la fois la nausée et les mains sales. » Aux partisans de la Manif pour tous, à la « réacosphère » dans son ensemble, qui fustigent la « théorie du genre » à l’école, elle ironise sur sa « coupe de cheveux », « preuve ultime » de ce qu’elle essaierait « de transformer les filles en garçons ».

« Tout ça révèle le rapport compliqué que certains entretiennent avec la féminité, la jeunesse ou avec l’idée même que ce pays soit composé de Français d’origines diverses, explique-t-elle alors aux journalistes. Pour eux, chacune de ces trois qualités est suspecte en soi, alors les trois en même temps, ça fait sans doute beaucoup. » C’est aussi l’explication avancée par ses collaborateurs : si Najat Vallaud-Belkacem est une « cible », c’est qu’elle incarne toutes les « premières fois ». Première femme nommée à ce ministère – le quatrième dans l’ordre protocolaire –, première binationale (franco-marocaine), issue de l’immigration, des zones d’éducation prioritaire. Et parmi les premières de cette génération qui se livre au jour le jour sur la Toile, à coup de tweets et de selfies…

(...)

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Mattea Battaglia

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