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Vivement l'Ecole!

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Revue de Presse Education... Nouveautés improvisées – Du vécu et des débats –Variations – Salutaires cogitations

27 Juin 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Nouveautés improvisées – Du vécu et des débats –Variations – Salutaires cogitations

Les épreuves du bac général et technologique ont eu beau se résumer au français, à la philosophie et au grand oral, elles ont engendré cafouillis, stress et insatisfactions. Les nouveautés étaient de mise dans une impression d’improvisation tandis que les algorithmes de Parcours Sup distillaient leurs perles d’angoisse. Heureusement pendant le cafouillage, les réflexions se poursuivent pour une école moins stressante et une vision enrichie de la réussite scolaire.

Nouveautés improvisées

La numérisation des copies de philosophie aurait pu apparaître comme un progrès. Hélas, une erreur 503 s’est invitée, accroissant la colère des enseignants correcteurs. «Retards de distribution, bugs du logiciel, scandale écologique et craintes d’être surveillés… les professeurs de philosophie ne décolèrent pas. Pour eux, la numérisation des copies dénature le travail des correcteurs », relève Louise Vallée pour le Monde (article réservé aux abonnés). La correction en elle-même s’est avérée pour beaucoup bien décevante. Avec la possibilité de garder la note du contrôle continu, des élèves stratèges se sont présentés à l’examen sans aller jusqu’au bout de leur composition. « On se souvient que certains candidats avaient quitté les salles d’examen au bout d’une heure, beaucoup au bout de deux. Ils devaient au minimum signer la liste d’émargement et rester dans la salle pendant une heure. De nombreux élèves savaient qu’ils pouvaient d’ores et déjà compter sur leur contrôle continu », explique Sonia Princet qui a recueilli les impressions d’enseignants correcteurs dont Marie Perret.. « Les élèves ne sont pas responsables de la situation. À partir du moment où le ministère a décidé que cette épreuve n’en serait pas une, il fallait s’attendre à ce que le niveau des copies soit celui-ci. La responsabilité incombe plutôt au ministère qui aurait dû soit aménager l’épreuve bien en amont, bien avant le mois de juin, soit l’annuler. »

Le grand oral était la grande nouveauté de ce bac, maintenue comme si l’année avait été ordinaire avec un cafouillage frisant l’impréparation. « Bac 2021: le premier jour du Grand Oral ne s’est pas passé comme prévu », titre le Huffington Post« Absence de jury, retards conséquents, des dysfonctionnements perturbent la première journée du grand oral, épreuve inédite du baccalauréat. », explique Gwenn AllanicFrance Info a recueilli des témoignages édifiants sur le déroulement de l’épreuve«Je suis enseignant. Nous avons été convoqués comme beaucoup de collègues pour être jury vendredi soir à 21h05 ! J’ai été convoqué dans deux établissements différents aux mêmes heures et le même jour en tant que professeur de réserve ! Une convocation au Sud de l’académie et l’autre au Nord ! »

Du vécu et des débats

Libération est allé à la rencontre de lycéens à la sortie du grand oralShelby « qui est «très timide en temps normal» et n’aime pas attirer l’attention a concentré ses efforts pour regarder les jurés dans les yeux en exposant son sujet consacré au financement des entreprises et a «beaucoup parlé avec les mains, pour ne pas jouer avec». L’exact inverse d’Anissa, 17 ans. «On m’a dit de ne surtout pas trop parler avec les mains, sinon on dirait que tu danses, le jury n’aime pas ça. Et de ne pas parler vite», indique l’adolescente, sortie ravie de cette épreuve. «Ils étaient trop cool, trop gentils», dit-elle au sujet des professeurs chargés de l’évaluer. » Le Figaro a choisi le lycée Condorcet pour recueillir des témoignages dont ce constat de deux enseignants. « «Les élèves apprennent à poser leur voix, à se détacher de leur note, et gagnent ainsi des qualités utiles pour la suite de leur parcours». Les deux professeurs expliquent même que la forme rapporte plus de points que le fond dans cette épreuve, selon une grille qui leur a été distribuée. »

Variations

Contrairement aux sections générales et technologiques, pour les BAC PRO les aménagements ont été minimes, explique Alexis Morel. « Comme les autres années, cinq épreuves, dont quatre générales et communes à toutes les filières, sont prévues au menu. Une situation “injuste” pour Ariane, élève en bac pro vente : “Nous avons tous été victimes de la crise sanitaire, et notre année a été aussi stressante que celle des lycées généraux, voire pire.” Outre les cours en demi-jauge et les classes à distance, elle et ses camarades ont vu leurs stages reportés ou annulés. »

Les épreuves pas encore terminées, un aménagement du bac pointe son nez. « Il s’agirait de « resacraliser » l’examen, après deux années où, crise sanitaire oblige, il n’a pu se tenir correctement (à 100 % en contrôle continu l’an passé, 82 % cette fois-ci). Rien, ou presque, du bac version Blanquer, créé en 2018, n’a réellement pu exister. », explique Thomas Poupeau.

En Algérie, les grands moyens sont employés pour éviter le renouvellement des fraudes massives lors du bac de 2016. Pendant les cinq jours de l’épreuve, l’accès à Internet est freiné dans le pays paralysant une grande partie des activités. Peine perdue : « Car ni le blocage de WhatsApp, Facebook et Twitter, ni les coupures d’internet ne sont parvenus à endiguer la triche. » relate France-Info. « En attendant, des internautes suggèrent, non sans humour, que la seule façon d’éliminer le problème serait de… supprimer le bac. »

« Alors que le baccalauréat, l’épreuve anticipée de français ou encore les BTS ont connu des aménagements pour s’adapter à l’année scolaire bousculée par le Covid, rien de tel pour le brevet, ce qui suscite quelques inquiétudes. » rapporte l’Est Républicain alors que 860 037 collégiens plancheront lundi et mardi.

Sup de contrariétés

Les algorithmes de Parcours Sup provoquent encore cette année déceptions, incompréhensions et amertume. « L’algorithme s’inscrit dans une réforme globale de l’orientation en France qui sacrifie une partie de la jeunesse aux exigences du marché du travail, dénonce Julien Gossa, maître de conférences à l’université de Strasbourg. » dans une tribune de Libération réservée aux abonnés.

« “Je suis démotivée” : Parcoursup met à mal le moral des lycéens en attente à Brioude (Haute-Loire) » constate La MontagneSara Saidi de L’étudiant rassure les déçus en allant à la rencontre d’étudiants qui, malgré des vœux contrariés sont heureux de leur parcours. Ils partagent leur expérience. « Bien s’informer sur les offres de formation, même à l’étranger, est un autre conseil donné par certains étudiants. Cela a permis par exemple à Jade de rebondir après les refus des formations auxquelles elle avait candidaté sur Parcoursup en 2018. »

L’Etudiant se penche également sur le bilan des parcours « oui, si », un dispositif mis en place pour accompagner de façon renforcée les candidats potentiellement en difficultés pour le suivi de leur première année dans l’enseignement supérieur. Et le constat est mitigé : « Selon une note publiée le 23 avril par le département statistiques du ministère de l’Enseignement supérieur, la réussite des étudiants après un parcours “oui si” n’est pas évidente. Si les titulaires d’un baccalauréat professionnel sont nombreux dans ces parcours aménagés, rares sont ceux qui arrivent à passer en deuxième année. »

Admis pour la rentrée prochaine à la Sorbonne ou déjà étudiant dans cette université, tous seront mis à la même enseigne avec des cours en amphi suivis exclusivement à distanceLe Figaro s’en fait l’écho « L’université Sorbonne Nouvelle annonce sur son site que «tous les cours en amphi passent en distanciel asynchrone» et ce, «quelle que soit la jauge à la rentrée»La raison: «les amphithéâtres impliquent un fort brassage et sont plus difficiles à aérer», lit-on. » Claire Conruyt a également interrogé plusieurs responsables d’universités pour voir si le distanciel sera une pratique généralisée.

Dans The Conversationl’orientation universitaire est explorée pour éclairer la question des inégalités salariales entre les hommes et les femmes. « Or, l’exercice de métiers différents (on parle parfois de « ségrégation occupationnelle ») ne semble pas le fruit du hasard et découle notamment des filières de formation suivies. Or, celles-ci apparaissent fortement différenciées selon le genre et s’avèrent rarement mixtes. Ainsi, la part de femmes parmi les nouvelles personnes inscrites en cycle licence n’est-il en moyenne que de 30 % en STEM (sciences, technologies, ingénierie, mathématiques) quand il est de 77 % en santé et protection sociale. »

Salutaires cogitations

Amaël André et Catherine Delarue-Breton, enseignants à l’Université de Rouen, s’interrogent dans The Conversation : « Inégalités scolaires : les élèves des territoires ruraux manquent-ils vraiment d’ambition ? ». Leur analyse des processus psychosociaux en jeu dans l’orientation scolaire nous invite à dépasser les préjugés et à revisiter la notion d’ambition scolaire« Au-delà de son acception géographique ou sociale, où l’ambition, sur son versant positif toujours, se conçoit comme un désir individuel d’aller au loin et plus haut, il nous semble nécessaire de la repenser comme un désir multiforme de se dépasser soi-même, de s’augmenter et d’augmenter aussi ce qui nous entoure. On peut avoir de l’ambition pour soi – et chercher à se délocaliser – ou pour son territoire – et chercher à le valoriser – par exemple. »

Toujours dans The ConversationSylvian Wagnon et Mathieu Depoil, de l’Université Paul Valery de Montpellier, se penchent sur l’éducation populaire, « cette démarche éducative non scolaire’» et son évolution. Toujours essentielle à l’image de l’action d’ATD Quart-Monde, « L’éducation populaire s’ancre dans tous les domaines et représente un levier éducatif pour toutes les catégories sociales et toutes les générations à l’image du travail de la Fédération des centres sociaux sur le vieillissement. »

Louisa Benchabanerelate quant à elle des solutions mises en place par des enseignants pour favoriser l’apprentissage de la confiance en soi. En effet, « Le système de notation apparaît aux yeux des experts comme un obstacle majeur au développement d’une plus grande confiance en soi. “On évalue beaucoup par le négatif, en sanctionnant les erreurs, et on ne met pas du tout en valeur les efforts et les progrès des élèves”, observe la philosophe Joëlle Proust, membre du Conseil scientifique de l’Éducation nationale.

L’organisation de la salle de classe ioue-t-elle un rôle dans cette confiance en soi encouragée ou au contraire brimée ? Elle reflète, quoi qu’il en soit, les pratiques pédagogiques qui s’y déroulentOuest France relaie les travaux du géographe Pascal Clerc qui « s’intéresse à la classe en tant qu’objet géographique. ». Il analyse ce qui se joue selon l’organisation : en autobus, en U ou en îlots. « Car, selon lui à travers l’analyse des agencements, des territoires, des mobilités et des postures corporelles, de l’organisation du pouvoir, il s’agit d’interroger la relation entre pratiques pédagogiques et géographie de la salle de classe ».

Au Québec, les équipes pédagogiques sont invitées à «  prendre une pause pour poser un regard sur les apprentissages réalisés afin de mieux se projeter dans l’avenir. » Des personnes-ressources et une démarche sont mises à disposition. « Selon moi, il est important que les gestionnaires scolaires profitent de la fin de l’année pour amorcer une réflexion collective avec leur équipe. Ce temps d’arrêt, juste avant les vacances, peut être l’occasion de tirer profit des acquis réalisés et des défis rencontrés cette année pour pouvoir les utiliser comme levier afin de se projeter dans le futur », fait remarquer Mélissa Bricault, conseillère RÉCIT au Centre de services scolaire des Mille-Îles.

Monique Royer aux manettes cette semaine de notre revue de presse

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Revue de Presse Education... Laïcité - Bac - Parcoursup - Divers - Ailleurs

21 Juin 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Laïcité - Bac - Parcoursup - Divers - Ailleurs

Cette semaine c’est l’annonce par le ministre d’un plan de formation sur la laïcité qui fait la Une. On parle aussi beaucoup du bac et encore de Parcoursup. Quelques infos diverses avant d’aller faire un tour au-delà de nos frontières.

LAICITE

Encore une annonce tonitruante qui fait suite à la loi contre le séparatisme et l’assassinat de Samuel Paty. Apparemment les enseignants n’ont pas la même conception que le gouvernement de la laïcité, alors il est urgent de les former. Par contre, leur donner les moyens de faire correctement leur travail… C’est le rapport Obin et sa conception très particulière du sujet qui sert de base à ce plan.

On commence par la source (site du ministère) : Laïcité et Valeurs de la République : le ministre retient les préconisations de Jean-Pierre Obin pour lancer dès la rentrée 2021 son plan de formation des personnels. “Au lendemain de l’assassinat de Samuel PATY, Jean-Michel BLANQUER, ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, a souhaité confier à Jean-Pierre OBIN, Inspecteur général honoraire, la rédaction d’un rapport consacré à la formation des personnels de l’Éducation nationale à la laïcité et aux valeurs de la République, dans l’objectif que ce rapport aboutisse à des propositions très opérationnelles.”

Les détails dans Le Monde : l’éducation nationale annonce un plan de formation sur quatre ans pour les personnels“Jean-Michel Blanquer a repris les grandes lignes d’un rapport sur la formation des enseignants à la laïcité, dont il avait confié l’écriture à l’ancien inspecteur général Jean-Pierre Obin. Celui-ci relevait notamment une « confusion intellectuelle » sur ce sujet.”
Sur FranceInfoTV : Laïcité : en quoi va consister la formation des enseignants annoncée par Jean-Michel Blanquer ? “Ce plan reprend les principales propositions d’un rapport sur le sujet commandé en février par le ministre de l’Education. Il doit notamment permettre au personnel de savoir “appréhender les phénomènes de contestation des savoirs et d’atteinte à la laïcité et aux valeurs de la République”.”

On poursuit avec l’analyse critique du Café pédagogique : Laïcité : Le rapport Obin et la politique Blanquer 
Remis en mai au ministre mais publié le 14 juin, le rapport Obin sur “la formation des personnels de l’Education nationale à la laïcité” propose un vaste plan de formation qui entend imposer à tous les personnels de l’Education nationale la version très spéciale de la laïcité portée par son auteur. Selon un scénario très classique, le rapport commandé par le ministre se transforme immédiatement en décisions.  Tout cela se fait dans le climat pré électoral marqué par la loi séparatisme. L’Education nationale est mobilisée pour accompagner cette campagne. Ce qui marque dans le rapport et peut-être demain dans les formations c’est la tentative de rompre avec la conception de la laïcité qui fait sens aux yeux des enseignants et dans l’Etat en général. Cette tentative a t-elle un avenir passé 2022 ?”

Autre analyse, celle de Philippe Watrelot : Laïcité, panique morale et instrumentalisation.  “Je ne suis pas un « spécialiste » de la laïcité…
Je suis juste un prof de SES qui enseigne et vit en banlieue depuis toujours. Je travaille dans la ville où je suis né et où j’ai fait mes études. J’habite dans la commune juste à côté, dans un immeuble où se côtoient des personnes de toutes origines. Je croise des femmes avec le voile, certaines élèves le retirent juste à l’entrée du lycée. Nous sommes confrontés quelquefois à des problèmes avec certains élèves mais il y a eu peu d’incidents en 2015 ni au moment de l’assassinat de Samuel Paty. Je ne veux donc pas faire des généralités et encore moins de grands discours.” 

 Enfin l’analyse de la Vigie de la laïcité. ​“Lundi 14 juin 2021, Jean-Pierre Obin, inspecteur général honoraire a remis au ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, Jean-Michel Blanquer, un rapport sur « La formation des personnels de l’Éducation nationale à la laïcité et aux valeurs de la République ».
​La Vigie de la laïcité a pris connaissance de ce rapport et en tire les commentaires suivants : …”

BAC

C’est le marronnier du moment avec l’écrit de philo et la numérisation des copies, ainsi que le Grand Oral.

Le dessin de Jules Thommen

Tout d’abord le grand oral que Blanquer défend coût que coûte mais dont les enseignants regrette qu’aucun temps d’apprentissage ne soit prévu dans les moyens donnés aux établissements. Baccalauréat 2021 : un grand oral pour tenter de changer la place d’un enseignement marginalisé en France. “Le grand oral sera la nouveauté du baccalauréat 2021. Une remise en lumière d’un apprentissage dont la place reste fragile dans les programmes scolaires.”
Bac et Grand oral. Jean-Michel Blanquer rejette les critiques sur son côté inégalitaire
“Le ministre de l’Éducation a estimé lundi que le Grand oral, grande première cette année, allait permettre de valoriser les élèves. Pour Jean-Michel Blanquer, l’école doit compenser les différences qui peuvent exister entre élèves en fonction de leur origine sociale.”

Autre polémique du bac 2021 : la correction numérique des copies que rejettent les enseignants de philosophie. Bac : quand les profs de philo refusent en bloc la correction numérique
“Ce jeudi avait lieu l’épreuve de philosophie du bac 2021. Outre les polémiques autour du contrôle continu, c’est désormais la correction de l’épreuve qui fait débat. Temps de correction réduit, procédure en ligne, surveillance… on vous explique la colère des correcteurs.” Notons que la correction numérique ne concerne pas les autres examens

Et pour terminer une petite analyse de Claude Lelièvre? Le baccalauréat est-il un héritage napoléonien ?
“Théologie, droit, médecine, sciences mathématiques et physiques, lettres : dans ces cinq domaines qui structurent l’université au début du XIXe siècle, les grades « conférés par les Facultés à la suite d’examens et d’actes publics […] seront au nombre de trois : le baccalauréat, la licence et le doctorat », indique le décret du 17 mars 1808 signé par Napoléon.
Ce texte pose les bases du baccalauréat moderne. Cependant, cet examen n’est pas une création ex nihilo et son intitulé existait déjà sous l’Ancien Régime. Dans quelle mesure la date de 1808 marque-t-elle un tournant dans l’histoire de l’éducation ? Quelles traces la période napoléonienne a-t-elle laissées dans l’enseignement secondaire tel que nous le connaissons ?”

Bac Pro 2021 : le sujet d’histoire géographie, enseignement moral et civique
Mercredi 16 juin : deuxième épreuve pour les élèves du Bac Pro, après le français ce matin, l’histoire géo cette après-midi.

Le dessin de Fabien Crégut

PARCOURSUP

Parcoursup encore et toujours.

Parcoursup : pourquoi d’excellents élèves ne trouvent pas de formation
“DÉCEPTION – De nombreux candidats affichant des notes pourtant très hautes sont confrontés à la réforme du baccalauréat et aux algorithmes de sélection de Parcoursup, que les
Parcoursup, machine à angoisses. Cruel algorithme Par Célia Cuordifede
“Depuis 2018, la plate-forme a institué le concept de sélection à l’entrée des formations pour les bacheliers. Mais les outils de cadrage apparaissent toujours très opaques et créateurs de profondes inégalités.”

L’épreuve Parcoursup a-t-elle supplanté le bac ?“Les procédures d’affectation dans le supérieur semblent avoir pris plus d’importance que le baccalauréat : quel est le sens de cette orientation ?” L’émission de Louise Tourret à écouter. 32 ‘
L’épreuve Parcoursup.
“J’étais hier soir l’invité de l’émission “Être et savoir” de Louise Tourret sur France Culture. Et nous avons parlé de Parcoursup. De “l’épreuve Parcoursup” comme le rappelait opportunément le titre de l’émission. Et de pourquoi ce système (me) semblait inefficace socialement, anxiogène individuellement et dangereux politiquement.”

Comment Parcoursup organise sans le vouloir la fuite des cerveaux étudiants
“Entre attente interminable, stress dilué sur tout l’été et réponses aléatoires, le système d’affectation dans l’enseignement supérieur fait s’arracher les cheveux aux lycéens. À bout de forces, certains d’entre eux préfèrent se tourner vers l’étranger, histoire de voir si l’herbe n’y est pas plus verte…”

Le nouveau marché de l’orientation scolaire. “L’orientation scolaire est un enjeu majeur pour les élèves du secondaire. Au sein de l’éducation nationale, la mission des conseillers d’orientation et des enseignants est pourtant menacée par la raréfaction des moyens et l’accroissement du nombre d’élèves. Une dégradation de service qui pousse les familles à se tourner un peu plus vers le marché privé de l’orientation scolaire.”
Orientation : l’heure de gloire du mentorat
“La pratique du mentorat se développe en France avec l’appui du gouvernement. Le modèle, fondé sur une vision sur-mesure de l’orientation, reste limité dans son impact global.” Par Tiphaine Thuillier

Le dessin de Jules Thommen

DIVERS

Grenelle : Le ministère veut changer le statut des enseignants
“”Esprit d’équipe” : c’est le thème d’un groupe de travail réunissant syndicats et ministère suite au Grenelle de l’éducation. Sous prétexte de développer “l’esprit d’équipe” dans les écoles et les établissements, l’Education nationale souhaite modifier le statut des enseignants du 2de degré pour y inclure des missions d’encadrement. Une façon de hiérarchiser e caporaliser le corps enseignant ?”
Les enseignants français sont mal payés : une réalité chiffrée et incontestable ! Par Paul DEVIN
“Alors qu’une publication de l’INSEE vient à nouveau affirmer la faible rémunération des enseignantes et enseignants, d’aucuns cherchent à mettre en doute cette réalité avec des arguments qui se révèlent être des poncifs résistants mais faux…”

« La grande pauvreté n’est pas considérée comme une problématique centrale des politiques éducatives »
Dans l’ouvrage qu’il a dirigé, « Grande pauvreté, inégalités sociales et école. Sortir de la fatalité », Choukri Ben Ayed questionne l’action de l’école en matière de lutte contre les inégalités en croisant études scientifiques et expériences de terrain. Propos recueillis par Séverin Graveleau

Sylvain Connac : Coopération et évaluation
“”Quand on touche à l’évaluation, on touche à beaucoup de facteurs liés à l’enseignement”. C’est pourtant le projet qu’ont mené Sylvain Connac et Pierre Cieutat (Lirdef – Pidapi) dans une trentaine de classes de l’enseignement catholique de la région toulousaine. Dans un ouvrage (Coopération et évaluation. Pour ne décourager aucun élève, Chronique sociale), ils montrent comment le changement s’opère dans la classe en s’appuyant sur une nouvelle évaluation : la boucle évaluative. Sylvain Connac revient sur cette recherche.”

Contre le harcèlement scolaire, il faut un sursaut des candidats aux régionales et départementales
“Le sujet du harcèlement à l’école reste un grand oublié de la campagne électorale. Pourtant, les régions ont la charge des lycées et les départements des collèges.” par Hugo Martinez Étudiant, ancienne victime de harcèlement scolaire, président de l’association HUGO !

L’éducation aux médias et à l’information, plus nécessaire que jamais
“Après l’assassinat de Samuel Paty, la demande des enseignants a explosé. Récit d’une intervention dans un collège de la dessinatrice KAM, pour l’association Cartooning for Peace.” Par Soazig Le Nevé

AILLEURS

Un petit tour hors de France.

En cas d’échec, le conseil de classe est roi
“enseignement Covid oblige, plusieurs changements sont à signaler au niveau des corrections et des délibérations.” C’est en Belgique

L’OCDE plaide pour développer l’éducation tout au long de la vie
“Dans un nouveau rapport publié le 15 juin, “Perspectives sur les compétences 2021”, l’OCDE attire l’attention sur l’impact de la crise du Covid. Pour l’OCDE l’éducation tout au long de la vie devra davantage encore améliorer les compétences de ceux qui ont quitté tôt le système scolaire. Une recommandation qui concerne particulièrement la France où le pourcentage des adultes en formation et leur gain en compétences sont inférieurs à la moyenne OCDE.”

Un système éducatif sur la voie de la numérisation
“La crise sanitaire bouleverse les activités de nombreux secteurs dont l’éducation et la formation. Alors que des solutions d’urgence sont mises en place pour permettre aux élèves et étudiants de terminer leur année à distance, une véritable transformation digitale est enclenchée.”
“Sur cette voie, le Vietnam a su s’adapter à temps et de manière efficace. C’est ce que décrit par exemple un rapport de 2020 du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ce document, analysant la réponse des secteurs éducatifs à la crise sanitaire, relève qu’en 2020, 79,7% des élèves vietnamiens avaient expérimenté la scolarisation en distanciel, ce qui place le Vietnam au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE (67,5%).”

Géraldine Duboz

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Revue de Presse Education... Grenelle de l’Education – ParcourSup – Langues régionales...

30 Mai 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Grenelle de l’Education – ParcourSup – Langues régionales...

Un Grenelle de l’Education annonçant une revalorisation salariale mais un quotidien chahuté pour les enseignants, les personnels de direction et d’éducation. Pour les élèves, surtout ceux qui passent le Bac et attendent les résultats de ParcourSup, l’inquiétude est forte. Les langues régionales, mises en difficulté par le Conseil constitutionnel, se sont donné rendez-vous dans les rues.

Vendredi 28 mais 2021, alors qu’elle partait terminer sa semaine au collège, elle entendit à la radio l’annonce que la demi-jauge pour les 4e et 3e se terminait dès le lundi. Elle a passé la journée à s’informer et à attendre la confirmation de sa direction qui devait être aussi abasourdie que les professeurs de collège. Que dire aux élèves ? Que savent les familles de l’organisation de lundi ? Comment s’organiser en si peu de temps ? La cantine. Les cours à refaire. Les emplois du temps. A priori, c’est une nouvelle positive, liée à la vaccination galopante des enseignants et à la baisse des contaminations, mais ne pouvait-on pas leur laisser le temps de la mise en place avant le week-end et l’annoncer plus tôt par la voie officielle ?

Retour en classe complète lundi pour les 4e et 3e encore en demi-jauge dans quinze départements

Les élèves de 4e et 3e qui, depuis le 3 mai, suivaient les cours en demi-jauge dans les quinze départements les plus touchés par l’épidémie seront à nouveau en classe entière à partir du lundi 31 mai, a annoncé le ministre de l’éducation.  La demi-jauge reste en revanche maintenue dans les lycées.

Tel est le quotidien des enseignants français : l’adaptation, l’inquiétude, la résilience permanentes pour faire vivre des jours les plus normaux possibles à des enfants largement chahutés par la situation sanitaire, dans ce qui n’est pas vraiment de l’indifférence généralisée mais la critique, le mépris, la méconnaissance. Alors, certes, on devient chatouilleux, susceptibles, de moins en moins positifs, malgré les annonces de revalorisation salariale. Parce que, les annonces, même les médias n’y croient plus vraiment.

Revalorisation des professeurs ?

Grenelle de l’éducation : l’ambition d’une réforme « systémique » à l’épreuve du réel

Par Mattea Battaglia pour Le Monde

“Si le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, donne des gages en matière salariale, les discussions relatives au métier d’enseignant sont reportées à l’été.

Après plus d’une cinquantaine de réunions et deux grandes conférences (dont la FSU et la CGT avaient claqué la porte), Jean-Michel Blanquer a conclu cette grand-messe, mercredi soir, en prenant douze « engagements ». « C’est bien assez », diront ceux qui redoutent, depuis des mois, que des « contreparties » soient exigées au titre de la revalorisation. « C’est peu », réagiront ceux qui défendent une autonomie reconnue pour les établissements, de nouvelles règles pour le recrutement… Et, pourquoi pas, une remise à plat des décrets de 1950 qui régissent aujourd’hui encore les missions des enseignants (définies par un nombre d’heures de cours chaque semaine), même après le « dépoussiérage » opéré sous la gauche.

Si la hausse des rémunérations pour 2022 est chose acquise, grâce à une « enveloppe dédiée » de 700 millions d’euros, qui fait suite aux 400 millions inscrits au budget en 2020, la loi de programmation pluriannuelle censée garantir l’augmentation régulière des salaires, quelle que soit l’issue du scrutin présidentiel de 2022, est, elle, mise de côté. Rue de Grenelle, au ministère, on défend le maintien de sa logique, « par le dialogue social et la signature d’accords qui nous engagent ».”

Sauf, peut-être Marie-Christine Corbier  qui relaie les mesures annoncées dans les Echos :

“Des enseignants débutants revalorisés à 2.000 euros net par mois, des élèves qui devront avoir eu, en fin d’année, le nombre d’heures de cours prévu, des professeurs recrutés sur leur profil… Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé mercredi soir 400 millions d’euros de revalorisations et une série de réformes.”

Or, si les enseignants sont devenus très méfiants vis-à-vis des annonces gouvernementales, ils aimeraient que la revalorisation concerne également les personnes en milieu de carrière.

Grenelle de l’éducation : «On nous parlait d’une revalorisation historique et on n’y est pas»

“En conclusion de trois mois de concertation portant sur le futur de l’école, Jean-Michel Blanquer a annoncé de nouvelles primes pour les enseignants et l’objectif de se hisser parmi les pays rémunérant le mieux leurs professeurs. Pas de quoi convaincre Guislaine David, représentante du premier syndicat du primaire.”

La priorité désormais  est de revaloriser les milieux de carrière ?

  • C’est compliqué, c’est un petit peu de tout. Mais on sait qu’au bout de quinze ans de carrière, c’est là qu’on a le décrochage avec les pays de l’OCDE, avec un retard de 22 %.

Jean-Michel Blanquer affiche justement l’objectif de hisser la France dans «le peloton de tête des pays de l’OCDE» en matière de rémunération des enseignants. C’est du pur affichage ou cela vous semble possible ?

  • C’est du pur affichage, en tout cas il ne le fera pas dans un an. On n’a pas obtenu la loi de programmation pluriannuelle, donc, au-delà de 2022, on ne sait pas ce qui va se passer.”

Claude Lelièvre, quant à lui, nous rappelle que la revalorisation n’est, ni historique, ni sans précédent.

Revalorisation Blanquer: ni historique ni sans précédent!

“Ainsi, sans remonter très loin  dans le temps, on peut rappeler le « précédent » qui a justement précédé le ”ministère Blanquer” lorsque   la ministre de l’Education nationale  Najat Vallaud Belkacem a obtenu une rallonge de 3 milliards d’euros pour le budget 2017 (dont 814 millions pour la revalorisation des enseignants (500 millions pour les accords PPCR et 300 millions au titre de la hausse du point d’indice). Un montant supérieur à celui annoncé hier par le ministre actuel de l’Education nationale et sans l’horizon dominant des ”primes”

Quant à l’adjectif « historique »… En 2018, l’estimation du produit intérieur brut a été de l’ordre de 2300 milliards d’euros.700 millions d’euros, c’est donc 0,03% du PIB.  On est loin, très loin de l’augmentation de la part de la dépense intérieure d’éducation dans le PIB de 1990 à 1993 où l’on est passé de 6,6% à 7,6% (une augmentation de la part du PIB dévolue à l’éducation de plus de 0,3% par an, soit dix fois plus).”

Enseignants : La précarité progresse en Europe 

“La crise du recrutement des enseignants n’est pas une spécialité française. Une récente publication de la Commission européenne montre que 35 systèmes éducatifs européens sont en manque d’enseignants. Cette situation n’explique pourtant qu’en partie les progrès de la précarisation du métier enseignant sur le continent. Il en va aussi des choix politiques.”

Selon l’OIT, il faut soutenir les éducateurs afin qu’ils puissent contribuer à la construction d’un meilleur avenir du travail

“Les personnels de l’éducation ont besoin de soutien supplémentaire pour être en mesure de prodiguer les enseignements nécessaires à la construction d’une reprise plus robuste et plus durable après la pandémie.”

Langues régionales : incertitudes, colère et manifestations

Vendredi dernier, le Conseil constitutionnel a retoqué en partie la loi sur l’enseignement immersif en langues régionales, ce qui a provoqué l’inquiétude et la colère des écoles concernées qui ont manifesté samedi, malgré le soutien d’Emmanuel Macron.

Loi sur les langues régionales: les écoles immersives risquent-elles la fermeture ?

“La loi sur les langues régionales a été publiée dimanche au Journal officiel dans sa version édulcorée. Depuis vendredi, l’enseignement immersif est contraire à la Constitution. Cette décision plonge les écoles associatives, telles que Diwan, dans une grande insécurité juridique.”

Emmanuel Macron défend l’enseignement en immersion et se pose en « gardien » des langues régionales

“Le président de la République a publié un message sur Facebook pour saluer le travail de Diwan et des écoles immersives, cinq jours après la censure partielle, par le Conseil constitutionnel, de la loi Molac. Pour Emmanuel Macron, « les langues de France sont un trésor national ».”

Langues régionales. Entre 8 000 et 10 000 manifestants dans les rues de Guingamp, ce samedi

“​Mobilisées après la censure par le Conseil constitutionnel de deux articles de la loi Molac, des milliers de personnes sont dans les rues de Guingamp, ce samedi 29 mai 2021, pour défendre la langue bretonne, à l’occasion de l’arrivée de la Redadeg.”

Sète : les défenseurs de l’école occitane se sont donné rendez-vous dans la rue

Rassemblement à Bastia pour la défense de l’enseignement immersif de la langue corse

Langues régionales : mobilisation à Mont-de-Marsan pour la défense de l’enseignement immersif du gascon

Grand oral et Bac

Grand oral du bac, un exercice fécond ou inutile ? Tout dépendra de sa préparation
CHRONIQUE. “Si les élèves doivent acquérir la maîtrise et les codes de l’oral, ils doivent aussi rester eux-mêmes, estime notre chroniqueuse. Cela suppose que le système scolaire s’intéresse réellement à eux, tels qu’ils sont. Un changement de paradigme…” pour abonnés au NouvelObs.

Revue de Sèvres : Plaidoyer pour l’oratie 

“”L’oral revient en force”. Pour Daniel Coste (ENS Lyon) et Roger François Gauthier (IG), qui coordonnent le nouveau numéro (86) de la Revue de Sèvres, l’oral a un tapis rouge devant lui en France comme ailleurs dans le monde. Oui mais de quel oral s’agit-il ? Et comment l’enseigner ? Comment éviter que cet enseignement augmente les inégalités ? Les auteurs plaident pourtant pour une “oratie”, un vocable moulé sur la littératie. Et ils analysent le “grand oral”.”

Jean-Pierre VERAN estime, dans son blog, que :

“Passer du statut d’ « oral de rattrapage » à celui de « grand oral » au baccalauréat, voilà qui en dit long sur le début de revalorisation de l’oral en France. Le dernier dossier de la Revue internationale d’éducation sur l’oral en éducation permet de voir, sur quatre continents, la diversité des situations, des lignes de force d’évolution et des questions partagées.”

Derrière la formule « à la carte » des spécialités au lycée, des inégalités persistantes

Selon Alice Bouviala dans Le Monde  “Les données publiées en mai par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) confirment qu’il existe une grande variété de parcours, là où des critiques de la réforme pointaient le risque d’une reproduction à l’identique des anciennes sections (scientifique, économique et sociale et littéraire). Cependant, libérés des rails des anciennes sections, les choix de spécialité des élèves dépendent beaucoup de leur milieu social ou de leur genre.”

Le bac, une passion française

“La lecture de « La Grande Histoire du baccalauréat » de Robert Colonna d’Istria, revient à visiter un monument national, une institution française aussi symbolique des passions hexagonales que le jambon-beurre ou le Tour de France.

Parcoursup

Orientation post-bac : l’inévitable stress de Parcoursup ?

“À partir du 27 mai, les lycéens reçoivent les réponses aux vœux d’orientation vers l’enseignement supérieur qu’ils ont exprimés sur Parcoursup. A cette occasion, il importe de se pencher sur les reproches adressés à cette plate-forme qui, depuis 2018, remplace le site Admission Post-Bac (APB). En effet, depuis son lancement, cet outil fait face à bon nombre de critiques : la procédure qu’il impose serait opaque, stressante pour ses candidats, en plus d’être particulièrement longue.”

L’article  d’Alban Mizzi – Doctorant en sociologie, Université de Bordeaux – est libre d’accès et fait l’état des lieux sur le fonctionnement de la plate-forme. C’est un moment difficile pour tous les lycéens, comme chaque année, mais compliqué par la situation sanitaire et scolaire.

Orientation post-bac: les lycéens attendent la boule au ventre

“Stressés, des lycéens de terminale attendent les premiers résultats, prévus jeudi 27 mai, des choix d’orientation qu’ils ont émis sur la plateforme Parcoursup. Toutes et tous espèrent trouver une formation post-bac qui leur convienne après presque deux ans d’école en temps de Covid-19.”

Parcoursup : une année inédite, sous le choc du Covid et du nouveau bac

“Les candidats à l’enseignement supérieur découvrent ce jeudi, à partir de 19 heures, les premières réponses à leurs voeux déposés sur la plateforme Parcoursup. Entre la crise sanitaire, la réforme du bac et le manque de places dans l’enseignement supérieur, les inquiétudes sont nombreuses.”

 Ces prépas du privé qui s’arrangent avec les règles de Parcoursup

“Certaines classes préparatoires prestigieuses demandent aux candidats des pièces complémentaires en plus de celles exigées par la plate-forme. Une pratique contraire aux principes de transparence et d’équité qui régissent la procédure.” dénonce Eléa Pommiers.

Louis Maurin : « La France des privilégiés en veut toujours plus »

“Cofondateur et directeur de l’Observatoire des inégalités depuis 2003, Louis Maurin a enquêté pour son dernier ouvrage sur la France aisée, ceux qu’il dénomme les « encore plus ». Contrairement à ce qu’ils prétendent, ceux-ci traversent les crises allègrement. Pire, ces classes privilégiées, en se présentant comme des victimes, détournent sur d’autres l’attention médiatique et les efforts à réaliser, et désignent des boucs émissaires, les « assistés » et/ou les étrangers. Une fracture que la crise économique et sociale déclenchée par la pandémie de Covid-19 ne fait qu’aggraver.”

Mais il fait soleil, le printemps est revenu et on peut en profiter autour d’un verre en terrasse.

Catherine Rossignol

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Hanouna, la macronie par excellence ?

21 Mai 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Politique, #Médias, #Propagande macroniste, #Démagogie, #Populisme

Elisabeth Borne, ministre du Travail, sera demain aux côtés de Cyril Hanouna pour une émission spéciale intitulée "1 jeune, 1 solution".

"1 jeune, 1 solution", c’est le nom du plan lancé il y a un an par le gouvernement. Cyril Hanouna monte un programme pour donner corps à un plan du gouvernement. A moins que ce ne soit l’inverse. Tant l’animateur apparaît comme la courroie de transmission idéale du macronisme auprès du public populaire. Hanouna, incarnation et bras médiatique de la macronie.

Dès la campagne, Hanouna chope Macron à la sortie d’un débat. Le futur président souhaite une bonne millième aux téléspectateurs de "Touche pas à mon poste". L’animateur lui souhaite lui, "une belle échéance" le 7 mai. Ensuite, Hanouna aura Emmanuel au téléphone, en direct sur C8. Il transmettra au nouveau président ses vœux d’anniversaire. Récemment, l’émission a appelé Brigitte Macron pour son anniversaire aussi. Je n’ai pas trouvé d’autres exemples, à part la matinale de "Fox news" appelant Donald Trump pour son anniversaire.  

D’autant qu’on franchit un cran. Après 24 heures de pression sur les réseaux sociaux, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, cède : le voici par téléphone dans TPMP. Elisabeth Borne, demain. Quant à Marlène Schiappa, elle y a son rond de serviette. Et le plus choquant (je ne partage pas l’analyse de Sophia Aram) n’est pas que la numéro deux du ministère de l’Intérieur y trône entre deux pouet-pouet ou deux dérives trash, c’est que l’exécutif y soit systématiquement opposé à l’extrême-droite.    

Il y aurait une thèse à faire sur la manière dont Cyril Hanouna façonne les tenants de l’extrême-droite en parfaits personnages de télé. Prenez Jean Messiha, énarque, corédacteur du programme de Marine Le Pen en 2017, souffre-douleur au potentiel comique énorme, se réfugiant sans cesse derrière ses origines arabes pour professer le pire. Redoutable.   

Cyril Hanouna, un gars issu des quartiers devenu riche, ultra-libéral, autoritaire, sans tabou, qui adule les self-made men. Le bréviaire macronien fait homme. Hanouna qui organise le face-à-face avec le Rassemblement National mieux que personne. Ce que veut le président.

Sonia Devillers

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Revue de Presse Education - Le ministre - Supérieur - Ressources et débats...

16 Mai 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education - Le ministre - Supérieur - Ressources et débats...
Le ministre

Dans Ouest France, le ministre Jean-Michel Blanquer s’approche du record de longévité. “Ministre de l’Éducation nationale depuis le 17 mai 2017, Jean-Michel Blanquer est proche de battre le record de longévité du ministère. Resté quatre ans, trois mois et 26 jours dans les années 1960, Christian Fouchet détient toujours ce record.”

Il se permet une petit interview dans la Nouvelle République : “L’Europe à l’école : interview de Jean-Michel Blanquer et Clément Beaune. “Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, et le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Clément Beaune, veulent mettre plus d’Europe dans l’enseignement.

Et pendant ce temps, Le Monde annonce : “Covid-19 : les notices de 43 % des autotests commandés par l’Education nationale sont erronées. “Trois jours après le lancement de la campagne de distribution des autotests aux lycéens, un courriel du ministère de l’éducation nationale a été envoyé aux chefs d’établissement, les alertant sur une erreur dans leur mode d’emploi, a révélé RTL jeudi 13 mai. « Si vous êtes négatif, cela veut dire que la Covid-19 a été détectée », est-il écrit à tort sur la notice.

« L’erreur, qui a été rectifiée, concerne effectivement 43 % des commandes actuelles, et les tests Panbio destinés aux professeurs du secondaire », a confirmé au Monde le ministère de l’éducation nationale. Pour rattraper la situation, le ministère a envoyé des courriers électroniques aux équipes enseignantes avec un lien vers une notice rectifiée, fait savoir RTL.

Le dessin de Fabien Crégut

 

Et Ouest France revient sur “l’organisation du bac pour cette année. Bac 2021. Les « évaluations ponctuelles » annulées pour les élèves du Cned. “Les candidats au bac qui suivent les cours du Centre national d’enseignement à distance (Cned) dénonçaient, depuis des mois, une « inégalité » de traitement par rapport aux élèves scolarisés dans des établissements sous contrat qui avaient obtenu l’annulation des évaluations communes. Soulagement pour les élèves de terminale qui passent le bac en candidat libre via le Centre national d’enseignement à distance (Cned). Un décret paru au Journal officiel, le 7 mai dernier, annule les « évaluations ponctuelles », y compris celle d’éducation physique et sportive, au profit des notes obtenues durant l’année figurant dans le livret scolaire.

Tandis que Le Monde évoque “Les élèves de la voie professionnelle dans le flou des aménagements du bac”

“Seules les deux meilleures notes des épreuves d’enseignements généraux seront prises en compte pour valider le baccalauréat professionnel. Les examens professionnels restants, parfois évalués en contrôle terminal, seront, eux, organisés sans aménagement particulier.

L’Étudiant s’intéresse au bac à l’étranger : “Dans certains pays confinés, les déplacements ne sont pas autorisés alors que les épreuves terminales du bac sont en présentiel. Ils s’inquiétaient de l’absence de réponse, voire de «considération», du ministère de l’Éducation nationale face à leurs inquiétudes. Les élèves de terminale des lycées d’enseignement français dans des pays étrangers confinés sont à présent fixés sur leur sort. Pour les candidats qui ne sont pas autorisés, dans leur pays de résidence, à se déplacer dans leur centre d’examen pour passer leurs épreuves terminales du baccalauréat, des aménagements ont été fixés par l’Éducation nationale.

Dans un article réservé aux abonnés de Libération, Marguerite de Lasa s’exclame “Baccalauréat : «L’épreuve de philosophie est devenue un simulacre, une mascarade». “Prendre en compte la meilleure des deux notes entre écrit de philo et contrôle continu pour le bac ? Cette mesure, annoncée par Jean-Michel Blanquer, le 5 mai, atterre des professeurs de philosophie, qui dénoncent une épreuve vidée de sa substance.

Vousnousils revient sur la polémique : “Le Grand oral doit-il être repensé ?” Publié par Chloé Le Dantec

Des associations d’enseignants demandent la suppression du Grand oral du bac, et reprochent à l’épreuve d’être discriminatoire. Explications. Dans un communiqué, l’APSES (Association des professeurs de Sciences économiques et sociales) demande la suspension du Grand Oral pour le baccalauréat 2021, et une « refonte » de cette épreuve pour les années suivantes, parlant d’une « machine à piéger les élèves et à accroître les inégalités sociales de réussite scolaire. »”

Supérieur

Dans Le Monde “Inquiétude sur les effets de la crise sanitaire sur Parcoursup : l’enseignement supérieur sans boussole face aux candidatures Par Soazig Le Nevé et Violaine Morin. “Le tri est compliqué par la crise sanitaire et la réforme du lycée. Les enseignants du supérieur s’inquiètent d’une probable baisse de niveau des étudiants.” “Comment départager les candidats de terminale au terme de cette année scolaire bouleversée par la crise sanitaire ? Comment évaluer leur niveau à l’entrée dans l’enseignement supérieur, quand la majorité d’entre eux n’ont pas suivi l’ensemble de leurs cours, souvent donnés à distance, ou n’ont pas rendu tous leurs devoirs ? Ces questions agitent les enseignants du secondaire, qui ont rempli les dossiers de leurs élèves sur Parcoursup, comme ceux du supérieur, qui sont en train d’en éplucher le contenu.

La jauge d’accueil à l’université sera relevée à 50% dès le 19 mai, annonce Vidal, annonce l’AFP agence repris par le Figaro Etudiant. “Les universités pourront accueillir 50% des étudiants à partir du mercredi 19 mai, contre 20% jusqu’à présent, afin d’organiser des sessions de préparation au rattrapage, a annoncé ce mercredi la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. Interrogée sur Sud Radio sur l’évolution de la jauge dans les universités, la ministre a indiqué qu’on passerait «à 50% à partir du 19 mai», soit «un siège sur deux».”

Les Échos mentionne le bilan de la “Sélection à l’entrée en master : quatre ans après la réforme, des résultats en demi-teinte. “La réforme de la sélection à l’entrée en master a accru la réussite des étudiants, souligne le ministère de l’Enseignement supérieur. Mais elle a réduit les possibilités de poursuites d’études parmi les diplômés de licence.

Et du coup, L’Étudiant publie “Master : le droit à la poursuite d’études est modifié dès la rentrée 2021. “Depuis la réforme de 2017, la sélection en master se fait en M1 et non en M2 et un droit à la poursuite d’études a été créé. Dans le cas où vous ne seriez reçu dans aucun master alors que vous avez validé votre licence, vous pouvez ainsi engager une démarche de poursuite d’études auprès des services rectoraux sur le portail trouvermonmaster.gouv.fr. Le rectorat doit alors vous faire des propositions de formation.”

L’Étudiant toujours : “Sciences Po: stupeur pour les excellents candidats recalés sur Parcoursup”

Des élèves de terminale recalés ne comprennent pas les nouveaux critères d’admission de Sciences Po qu’ils jugent opaques. Certains soupçonnent même l’institut de ne pas avoir lu leur dossier.”

Débat et Ressources

Le Café s’interroge : “Les jeunes français nuls en EMI ?

Alors que les jeunes passent en moyenne 35 heures par semaine sur Internet, comment traitent-ils l’information ? Pisa 2018 a posé plusieurs questions à des jeunes de 15 ans de 76 pays ou territoires. S’il y a bien un lien entre enseigner l’EMI et faire face à la désinformation, les jeunes français sont encore en dessous de la moyenne OCDE pour détecter la vraie de la fausse information sur Internet.”

«Plutôt que de s’attaquer à la méritocratie, luttons contre le naufrage éducatif»

FIGAROVOX/CHRONIQUE – “Face aux critiques récentes formulées à l’encontre de la méritocratie, le chroniqueur Olivier Babeau défend cette notion qu’il juge indispensable. Il faudrait pallier les défaillances du mérite plutôt que de remettre en cause son bien-fondé, argumente-t-il.

Et toujours dans Le Figaro : “Les médiocres résultats de l’enseignement à distance. “Avec le confinement, des millions de très jeunes enfants, de collégiens et de lycéens se sont retrouvés à travailler sur écran. Avec des résultats contrastés, notamment selon l’âge.” “À une autre époque, pas si lointaine pourtant, à peine deux ans, il était convenu chez les professionnels de l’éducation que l’apprentissage par le biais unique des écrans n’était pas profitable à des étudiants avant… le stade du master. Pour des jeunes gens déjà matures, donc, et avancés dans leur projet professionnel. Les étudiants de première ou deuxième année étaient encore trop jeunes et avaient tendance à décrocher, entendait-on de la part d’universitaires qui avaient créé des licences à distance. L’éducation passe nécessairement par une alternance entre distanciel et présentiel, assuraient-ils.

RFI : “L’enseignement de la guerre d’Algérie en France: entre histoire et mémoire”

Dans son rapport sur la colonisation et la guerre d’Algérie, l’historien Benjamin Stora appelle à accorder davantage de place à l’histoire de la France en Algérie dans les programmes scolaires français. Cette histoire, si elle n’a jamais été éludée à l’école de la République, s’est problématisée et politisée au fil du temps. Son traitement suscite passions et controverses. Pourquoi ?

TraAM Documentation : La place du professeur documentaliste dans l’enseignement de l’oral

Dans le cadre du projet TraAM Documentation 2020-2021, les référentes des académies de Bordeaux, Guyane, Lille, Nantes et Rennes ont travaillé en collaboration sur une production concernant la place du professeur documentaliste dans l’enseignement de l’oral que vous pouvez découvrir ci-dessous :

Le Monde publie une tribune d’Eric Mesnard, Professeur d’histoire et de géographie, formateur à l’Inspe de Créteil sur “Mémoires de l’esclavage : « L’histoire enseignée doit prendre en compte la complexité et la variété des héritages »

“A l’occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, le professeur d’histoire et formateur Eric Mesnard interroge la place à l’école de l’enseignement de l’esclavage en 2021.

 La Netscouade de l’Étudiant “Formation des enseignants au numérique : l’héritage inattendu de la crise sanitaire”

PARTENARIAT. La formation des professeurs était un angle mort du débat sur la transformation numérique des universités. Par manque de ressources, de temps ou d’intérêt. Le confinement a précipité les choses et la formation au numérique s’est imposée en urgence. Évolution salutaire : les questions pédagogiques prédominent désormais sur les questions techniques.

Bernard Desclaux

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Revue de Presse Education... A cache test – Le point de la diversion – Le bac de la discorde – Silence on réforme – Respirations

10 Mai 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... A cache test – Le point de la diversion – Le bac de la discorde – Silence on réforme – Respirations

Les nouvelles sont constantes sans que la courbe de la démagogie ne s’infléchisse. Alors, pour nous donner un peu d’air, nous ferons quelques incursions en Belgique et au Québec, visiteront des initiatives positives avec le respect bien entendu des gestes barrière dont l’exclusion du point médian.

A cache-test

Cela fait neuf protocoles qu’on met en application depuis le mois de mars 2020“, relève Didier Georges, principal de collège à Paris dans une interview à France Info. La nouveauté majeure annoncée était l’arrivée des tests salivaires. Beaucoup se font encore attendre. « Seulement 207 000 tests salivaires réalisés dans les écoles sur les 400 000 promis » constate France-Infohttps://www.francetvinfo.fr/sante/m….
Mais pas d’inquiétude, le virus circule peu à l’école ou presque. « Fidèle à leurs déclarations passées, le Premier ministre et le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer ont de nouveau assuré que le virus “circule très peu” à l’école ce lundi. Les études et données scientifiques démentent ces affirmations. » le Dauphiné pointe les failles de ce déni persistant.

La reprise en présentiel en demi-jauge s’est effectuée, elle, dans une fluctuation d’interprétations. «  Scolarité : un même niveau avec des classes en demi-jauge ? » s’interroge Jérôme Pilleyre dans La Montagne. Cette demi-jauge, sans doute satisfaisante sur le plan prophylactique, pose cependant des problèmes pédagogiques. «  Aux difficultés de l’enseignement en distanciel liées à l’environnement matériel, psychologique et sociologique des élèves, pointe Philippe Meirieu, professeur honoraire des universités en sciences de l’éducation, s’ajoutent celles de son articulation avec l’enseignement en présentiel dans la mesure où les deux moitiés d’une classe ne progressent, si ce n’est au même rythme, pas de la même façon. »

Sophie Logjes, maître-assistante dans une Haute Ecole belge, raconte les difficultés des enseignants «  si les élèves et étudiants sont gravement malmenés dans le contexte actuel, les équipes éducatives sont elles aussi en souffrance énorme. L’apprentissage et la formation payent un lourd tribut à cette crise. »

Au Québec, alors que des écoles ont été fermées pendant de longues semaines cette année en raison de la COVID-19, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, annonce une série de mesures totalisant 110 millions pour soutenir la réussite éducative. Une partie de cette somme est investie pour la mise sur pied d’activités pédagogiques pendant l’été, relate La Presse.


Le point de la diversion

En vedette cette semaine le point médian, désormais proscrit à l’Éducation Nationale. Plusieurs journaux ont abusivement titré sur l’interdiction de l’écriture inclusive comme le Figaro qui (involontairement ?) souligne les contradictions de la circulaire. «  Il convient de proscrire le recours à l’écriture dite ‘‘inclusive’’, qui utilise notamment le point médian pour faire apparaître simultanément les formes féminines et masculines d’un mot employé au masculin lorsque celui-ci est utilisé dans un sens générique. » L’extrait du texte est contrebalancé un peu plus loin par « la circulaire encourage néanmoins la féminisation des métiers et des fonctions ».
Julia Vergely résume ainsi la contradiction et l’intention dans Télérama « Ce que le ministre interdit est seulement l’usage du point médian, une solution parmi d’autres pour féminiser la langue, mais qui semble cristalliser le débat et être le pire cauchemar de toute une classe politique. » (et de Michel Sardou).


Le bac de la discorde

« Normalement dans la réforme, il y avait 40 % de l’évaluation prévue en contrôle continu et 60 % en épreuves terminales. Du fait de la crise, le ratio passe à 82 % de contrôle continu et 18 % d’épreuves terminales puisque les épreuves anticipées de français de l’an dernier ont été basculées en contrôle continu comme les deux enseignements de spécialité qui devaient être évalués cette année. » explique Karim Benmiloud, le recteur de l’Académie de Clermont-Ferrand dans la Montagne.
La décision est contestée avec des manifestations et des blocages de lycées, à Nantes par exemple. ”Aujourd’hui, personne n’est prêt” à passer le baccalauréat », estime Mathieu Devlaminck, élève de terminale et président de l’Union nationale des lycéens qui demande sur France-info qu’un contrôle continu soit organisé en lieu et place d’un examen final. Florence Delannoy, secrétaire générale adjointe du syndicat des personnels de direction de l’Éducation nationale, estime de son côté qu’il faut «  sans doute aménager et non supprimer le grand oral  » et propose d’abaisser le coefficient de cette épreuve dans l’examen. « Là, c’est catastrophique, sur le grand oral. », confie Chantal, mère d’une adolescente de 16 ans, inscrite au CNED.
Outre-Quiévrain, le choix est tout autre relève la Voix du Nord « Alors qu’en France, de nombreux lycéens demandent l’annulation des épreuves en présentiel et la validation du baccalauréat par le contrôle continu, en Belgique, la grande majorité des élèves de l’enseignement officiel (enseignement organisé par les pouvoirs publics) ne seront soumis à aucun examen en juin prochain  », indique le Soir qui détaille les mesures prises par le pouvoir organisateur Wallonie-Bruxelles Enseignement. Nicolas Tsasa, professeur de géographie et de sciences sociales s’émeut de cette mesure, s’alarmant notamment que d’autres systèmes scolaires belges tirent leur épingle de ce jeu.


Silence, on réforme

Pendant ce temps, deux autres réformes côté français arrivent sur la pointe des pieds et sont contestées. « Une réforme brutale »​, « frustrante »​, imposée par « des personnes qui ne connaissant pas le terrain  »​. ainsi est qualifiée la création du BUT par Jalil Lahmar, le directeur de l’IUT de La Roche-sur-Yon (Vendée). Le Bachelor Universitaire de Technologie remplacera dès la rentrée le DUT avec une année d’études en plus. L’application a été anticipée d’un an, une accélération empêchant une préparation sereine dans les IUT et une information des lycéens.
A la rentrée 2021, la refonte de la formation des enseignants entrera en vigueur. Elle «  solde définitivement l’héritage des Instituts universitaires de formation des maîtres », explique le chercheur Vincent Troger, rappel historique à l’appui, dans une tribune publiée dans le Monde (réservée aux abonnés).

Au Québec, les négociations avec les syndicats des enseignants ont abouti à une revalorisation salariale. « Sur le plan de la rémunération, l’entente d’une durée de trois ans avec Québec permet notamment aux enseignants de « se rapprocher de la moyenne canadienne » peut-on lire sur le site du Devoir. Au dernier échelon, la rémunération annuelle passera de 82 585 $ à 91 116 $ (le dollar canadien est aux environs de 0,67 euros.). L’accord contente les enseignants mais laisse de côté les autres personnels de l’éducation. Quelque 33 000 employés de soutien scolaire étaient en grève ce mardi. Le 19 mai les professionnels de l’éducation organiseront une « grève mystère ». « Soyons clairs : les enseignantes et les enseignants méritent leur augmentation de salaire. Soyons encore plus clairs : les professionnelles et les professionnels ne méritent pas moins », a déclaré le président de la FPPE-CSQ, Jacques Landry.


Respirations

Un peu d’oxygène avec deux lectures puisées dans « The Conversation  ». «  Les langues régionales peuvent-elles survivre sans politique linguistique ? » s’interrogent Cameron Morin et Médéric Gasquet-Cyrus à l’occasion de l’adoption d’une proposition de loi relative à la « protection » et la « promotion » des langues régionales de France. « Les souvenirs d’enfance des enseignants influent sur leur manière de lutter contre les inégalités scolaires  », quatre chercheuses de Toronto partagent les résultats de leurs recherches : « Nous avons découvert que la probabilité que les enseignants et praticiens de fraîche date dénoncent et remettent en cause les inégalités scolaires dépend grandement de leurs souvenirs d’enfance. »

Respirons encore mieux avec des projets médias menés avec et par des élèves. A Lunéville, « lassées des fake news pullulant sur les réseaux sociaux, Lou Pano, Louise Vaingre et Marie Pisias, étudiantes en première au lycée Bichat, ont décidé de créer leur propre journal : Bich’Actu. ». A Sainte-Mère-Église, le réseau d’éducation prioritaire a sa radio et cette semaine des CM1 et des CM2 étaient au micro. Peut-être que l’un ou l’autre de ces médias parlera de « l’initiative WikiAfrica Education, qui rassemble des centaines de citoyens du continent africain et de sa diaspora. Tous poursuivent le même objectif : produire et diffuser des connaissances sur l’Afrique, depuis l’Afrique.  », relatée par le Courrier International.

Avant de nous quitter, je vous propose des vitamines à puiser dans le dernier dossier des Cahiers Pédagogiques « Enseigner la créativité ? ». « Les retours d’expériences se rejoignent pour reconnaitre le rôle positif joué par la créativité dans la découverte de soi, et la joie de vivre une expérience forte au sein du groupe. Le lâcher prise et l’ouverture d’esprit sont des facteurs essentiels pour libérer la part de créativité présente en chacun mais trop souvent empêchée. Dynamisante, permettant l’irruption de la sensibilité et de la subjectivité, elle enrichit autant les élèves que les professeurs.  », expliquent Caroline Elissagaray et Angélique Libbrecht, les coordonnatrices du dossier.

Aux manettes cette semaine Monique Royer qui souhaite une bonne lecture à toutes et à tous

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Revue de Presse Education... Retour — Nouvelles organisations — Polémiques — Ressources

2 Mai 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Retour — Nouvelles organisations — Polémiques — Ressources

Une bien curieuse semaine de retour de vacances avec les uns en présentiel et les autres à distance. Mais ça n’empêche pas le développement de polémiques. Et bien sûr des ressources complèteront cette revue de presse rédigée un 1er mai.


Retour de vacances

C’est la première semaine après les vacances, et c’est Une rentrée dans l’inquiétude. “Si le ministère a fait évoluer le protocole sanitaire dans un sens plus sévère, les enseignants effectuent leur rentrée sans vaccination, sans tests et allègements systématiques alors que l’épidémie est à un niveau très élevé. JM Blanquer reste dans la négation des risques pris par les élèves et les personnels.”

Le think tank Terra Nova pense qu’« Il faut créer une task force pour lutter contre le virus à l’école ». “Alors que les écoles rouvrent ce lundi 26 avril, Mélanie Heard, coordinatrice du pôle santé du think tank Terra Nova, propose de repenser les protocoles sanitaires à l’école. La normalienne préconise de créer une stratégie plus globale de lutte contre le virus dans les établissements en misant davantage sur la prévention.” La lecture des articles est réservée aux abonnés.

L’AFP diffuse la satisfaction du Ministère : Reprise de l’enseignement à distance : le ministère tire un bilan "plutôt satisfaisant". “Le ministère de l’Education nationale s’est dit satisfait ce lundi à l’issue de cette première journée de reprise des cours à distance dans l’enseignement secondaire.”

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Le Monde fait un autre constat : Au collège et au lycée, une rentrée numérique émaillée de « ralentissements localisés et ponctuels ». "Après le fiasco de la semaine du 6 avril, la communauté éducative a traversé sans difficultés majeures la rentrée « à distance » des collégiens et des lycéens, lundi 26 avril, malgré quelques couacs."

De même que le Café pédagogiqueRentrée : Les enseignants face à l’imprévu... “"La difficulté de la période c’est l’impression d’être ballotée au fil des événements". Patricia Bonnard, professeure de français en collège, résume bien l’atmosphère de cette rentrée faite en classe, pour le premier degré, à distance dans le second degré. Partout il faut s’adapter aux urgences du jour, comme les classes sans professeurs dans les écoles, et partout tenter d’anticiper sur un avenir très incertain.”

Côté enseignement supérieur, le gouvernement prépare une rentrée étudiante "100% en présentiel" “Invitée ce mardi sur France Inter, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, a indiqué que le gouvernement préparait une rentrée étudiante "100% en présentiel" pour septembre. Actuellement, plus de 60% des étudiants reviennent au moins une fois par semaine à la fac.”

Mais pour le moment, : les cours reprendront en présentiel à 50% en mai. “La ministre de l’Enseignement supérieur a annoncé la reprise des cours à 50% en présentiel d’ici mi ou fin mai. Si certaines formations seront terminées, le présentiel pourra servir à la préparation des examens.”

La situation profite à certains, ainsi, Openclassrooms veut suivre la folle croissance de l’enseignement en ligne. “La crise sanitaire a accéléré son modèle de cours à distance. La start-up tricolore boucle une levée de 70 millions d’euros, notamment avec le fonds créé par Mark Zuckerberg et sa femme ou encore Salesforce Ventures.”

L’OCDE et l’internationale de l’éducation demandent des mesures pour les professeurs.
C’est assez rare de voir une internationale syndicale et l’OCDE faire programme commun. C’est pourtant ce que proposent les "10 principes pour une reprise de l’éducation efficace et équitable" publiés par l’OCDE et l’Internationale de l’éducation. Ils invitent notamment à ne pas oublier les enseignants dans les conditions de la reprise.”

Dans le Gard : “Une vive polémique a éclaté au lycée Jean Vilar de Villeneuve-lès-Avignon, dans le Gard, après l’envoi d’un mail de la FCPE. Il invitait les parents d’élèves à “recenser les professeurs décrocheurs”. Certains enseignants y ont vu une forme de délation voire de fichage.”

Le Monde précise : “Le courriel réclamant la liste des enseignants qui n’auraient pas assuré les cours à distance a provoqué de vives réactions sur les réseaux sociaux. La FCPE du Gard a présenté ses excuses à l’équipe enseignante, tandis que le bureau national condamnait une initiative « contraire à ses valeurs ».”


Nouvelles organisations

Claude Lelièvre se penche sur le brevet : Pauvre brevet. Pauvres élèves. “La publication des disciplines retenues pour l’épreuve de sciences du brevet marque la volonté du ministre d’organiser cet examen comme s’il s’agissait d’une année normale en dépit des interrogations des organisations syndicales. Et pourtant l’histoire du brevet montre qu’il a pu connaître des variations extrêmes…

Blanquer et Vidal visés par une plainte après le maintien des examens de BTS. “Les ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur sont accusés d’exposer les étudiants à "un risque de contamination par le Covid-19".”

Pour André Bellon Président de l’Association pour une Constituante, www.pouruneconstituante.fr La langue de la République est le français “Le parlement vient de voter la loi dite Paul Molac concernant l’enseignement des langues régionales. Pour le député du Morbihan qui lui a donné son nom, c’est « une première dans l’histoire de la Ve République ». La chose mérite inventaire.”

Et Jean-Eric Schoettl et Anne-Marie Le Pourhiet se demandent s’il faut « Renforcer l’enseignement des langues régionales dans une France fragmentée ? » “Une proposition de loi relative à « la protection patrimoniale des langues régionales » a été définitivement adoptée par le Parlement. Nombre de ses dispositions sont potentiellement dangereuses, s’inquiètent Jean-Éric Schoettl, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel et Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public à l’université Rennes II.”


Les polémiques de la semaine

Sylvain Wagnon, Professeur des universités en sciences de l’éducation, Faculté d’éducation, Université de Montpellier. Débat : L’école dans la nature, une alternative à construire. “L’engouement pour l’école à l’extérieur est une réalité. Depuis un an, les tribunes se sont multipliées pour inciter les enseignants à sortir dans la nature avec leurs classes. Pédiatres et médecins ont souligné l’intérêt de ce mouvement pour la santé des enfants, et le ministère de l’Éducation nationale leur a emboîté le pas, en soutenant les initiatives locales qui fleurissent de toutes parts.”

Une Tribune importante de Roger-François Gauthier, ancien inspecteur général et expert international en éducation : « A quoi sert l’école : à former des élèves cultivés ? » “L’école doit transmettre des connaissances, des compétences, mais aussi et surtout une « culture » estime l’ancien inspecteur général et expert international en éducation Roger-François Gauthier.”
La récente publication d’un projet de réécriture du programme de maternelle, comme avant elle la refonte des programmes du lycée, a une nouvelle fois donné lieu à de multiples commentaires. Mais juger de la pertinence d’un programme scolaire n’a de sens que si l’on sait ce qu’on attend de la maternelle, quelle idée on a de la petite enfance et, au-delà, si on sait ce que visent les études jusqu’à la fin du lycée. Or, non seulement on ne sait pas, en France, quelle est précisément la finalité des études, mais on ne sait pas non plus quelle forme doivent prendre les apprentissages des élèves. A quoi « sert » l’école ? Les élèves vont-ils à l’école pour acquérir des compétences ou pour apprendre des connaissances ? Ou pour autre chose ?

Marc Belpois se demande Où est passé le projet de revalorisation “historique” du salaire des enseignants ? “En février, à l’issue du Grenelle de l’éducation, Jean-Michel Blanquer s’était engagé à augmenter enfin les salaires des profs. Depuis, plus de nouvelles… Un “grand débat” pour rien ?

Et puis il y a un petit problème en région parisienne dans Parcoursup. Examen des dossiers sur Parcoursup : l’argument "100% présentiel" est invalide. “Sur Parcoursup, certains lycées tentent de mettre en avant les candidatures de leurs élèves en mentionnant le suivi de tous les cours en présentiel, contrastant avec les demi-jauges pratiquées par beaucoup d’établissements. Loin d’avoir l’effet escompté, cette stratégie est jugée scandaleuse et contre-productive par les autorités et par l’enseignement supérieur.”

Parcoursup : « Cours à 100% en présentiel », la mention pas très loyale de certains lycées. “Les lycées qui n’ont pas eu recours aux cours à distance le signalent aux profs chargés d’examiner les dossiers d’entrée dans le supérieur. Pas très fair-play, jugent syndicats et candidats. « Inapproprié », confirme le ministère.”

Études de Santé : le Conseil d’État suspend l’arrêté fixant le numerus clausus des étudiants de PACES. “Le Conseil d’État suspend l’arrêté de janvier 2021 qui fixait le nombre d’étudiants de première année commune aux études de santé autorisés à poursuivre leurs études en médecine, odontologie, pharmacie et maïeutique. Les ministères de l’Enseignement supérieur et de la Santé s’engagent à republier cet arrêté dans les plus brefs délais.”


Ressources

Différencier pour tirer profit de la diversité dans la classe, à l’aide du numérique (ou pas !) Par Phylippe Laurendeau. “La différenciation pédagogique est clairement identifiée comme le principal levier pour amener tous les élèves à la réussite éducative et ce, depuis plusieurs décennies. Pourtant, c’est un concept qui demeure mal compris et qui a rencontré de nombreuses difficultés d’implantation dans les écoles, tout particulièrement au secondaire. Ce dossier fait le point sur les connaissances actuelles.
Un dossier conjoint de Carrefour éducation et de l’École branchée, rédigé par Martine Rioux de l’École branchée
.” Des ressources québecquoises.

Appel à participation à une études : Enseignement numérique, que faut-il retenir ?Partagez votre expérience dans cette étude internationale menée par Wacom ! “Les enseignants et les étudiants à travers l’Europe ont adopté des techniques inédites et de nouveaux outils numériques pour l’enseignement à distance depuis le début de la crise sanitaire. Avec cette étude de 20 questions, nous voudrions explorer et comprendre ce qui a été difficile dans l’enseignement à distance, ce qui s’est avéré être une nouvelle expérience précieuse et quelles compétences et solutions numériques pour les classes virtuelles peuvent être utiles et poursuivies après la pandémie  ?

De l’effet Pygmalion à l’effet golem. Les aprioris des enseignants ou patrons et leurs effets sur la performance. “Les enseignants peuvent être beaucoup de choses pour les élèves. Ils sont les porteurs du savoir, les évaluateurs des acquis, les guides de ceux qui ont des difficultés et les « cheerleaders » pour que tout ce petit monde soit motivé de continuer à apprendre. Or, ils sont aussi des miroirs plus ou moins déformants dans lesquels les jeunes s’observent. En effet, sans le savoir, les attitudes et approches d’un professeur vont avoir un impact direct sur les résultats.”

Pour l’École élémentaire : Cultiver la créativité pour relever les défis du XXIe siècle par Caroline Fiset Vincent, Stefan Haag. “Quelle approche pédagogique les enseignants peuvent-ils adopter pour mettre en place des conditions favorables à la créativité ? Avant la parution en mai de notre n° 569 « Enseigner la créativité ? », un enseignant et une conseillère pédagogique québécois exposent ici leur approche interdisciplinaire, soutenue par la pensée design, les questions fécondes en sciences et technologies et l’usage du numérique.”

États-Unis : L’école obligatoire jusqu’à 18 ans, une politique efficace contre la délinquance. “Une étude de Vox.eu indique que la durée minimale de scolarité réduit le potentiel criminel de l’élève, à condition qu’il soit encore à l’école à 18 ans. La prison, elle, s’avère un accélérateur de criminalité.
Pour comprendre les liens entre éducation et criminalité, de nombreux travaux ont examiné les conséquences des lois augmentant la durée de la scolarité obligatoire. Une conclusion constante en ressort : la prolongation de la durée des études réduit la criminalité.
La manière traditionnelle d’expliquer ce résultat repose sur la « théorie du crime » de Becker, selon laquelle un individu arbitre entre les coûts et les avantages des activités criminelles. Or une scolarité plus longue a tendance à accroître les revenus (légaux) futurs de celui qui bénéficie de cette prolongation. Les avantages d’une activité criminelle s’en trouvent réduits
.” Et vive la rationalité des comportements.

Bernard Desclaux

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Revue de Presse Education... Reprise - Laïcité - Covid et conséquences

25 Avril 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Reprise - Laïcité - Covid et conséquences

Comme de nombreuses semaines ces derniers mois, l’actualité est dominée par la pandémie et ses conséquences, notamment la reprise dans les écoles, les collèges et lycées. L’autre fait marquant et polémique est l’annonce des états généraux de la laïcité. Diverses publications pour terminer.

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Le dessin de Fabien Crégut.

Reprise

Les réactions sont nombreuses à la suite de l’annonce de la réouverture des écoles demain puis des collèges et lycées la semaine prochaine.
Tout d’abord, le protocole. Il n’a pas vraiment changé, comme l’explique le Café pédagogique.
“22 avril - Alors que l’épidémie n’a pas réellement régressé, l’Education nationale maintient les dates de réouverture des établissements. Lors d’un échange avec les syndicats, le ministère a annoncé quelques améliorations du protocole sanitaire. Cela concerne surtout la fermeture des classes dès le 1er cas de covid. Dans les départements les plus exposés, les collèges passeront en demi jauge. Celle-ci reste la règle dans tous les lycées. Rien de neuf par contre en ce qui concerne la vaccination des enseignants, le maintien des examens ou l’aération des cantines et des salles de classe.” La seule nouveauté c’est que les classes de primaire sans enseignant ne seront plus accueillies. Covid-19 : la classe sera fermée quand un prof de primaire n’est pas remplacé dans Libération.
Les examens sont maintenus (grand oral, philosophie, brevet, etc) ce qui engendre de nombreuses réactions, de même que les autres mesures annoncées.
Tests, demi-jauge, grand oral : parents et syndicats divisés avant la réouverture des classes"Dernier objet de querelle : le maintien de l’écrit de philosophie et surtout du grand oral du baccalauréat annoncé par Jean-Michel Blanquer. "Cela fait un moment que nous disons que cette année n’est pas normale et que par conséquent il faut en prendre la mesure au niveau des examens et donc neutraliser le grand oral." défend Sophie Vénétitay, assurant qu’"il y a une rupture d’égalité" entre les élèves selon les conditions épidémiologiques de leurs lycées ou le recours au fonctionnement hybride ou non dès octobre lorsqu’il n’était pas obligatoire. "C’est une nouvelle épreuve, issue d’une réforme, nous estimons qu’il faut lâcher du lest et le neutraliser cette année" croit également Jean-Rémi Girard."
Les scientifiques réagissent aussi à la réouverture des écoles, eux qui n’y étaient pas favorables pour une grande majorité.Le protocole sanitaire des écoles sera-t-il efficace ? Ce qu’en disent 3 scientifiques
“Si les scientifiques considèrent qu’il est trop tôt pour rouvrir, ils saluent l’arrivée de la question de l’aération dans le protocole sanitaire à destination des écoles.” A lire dans le HuffingtonPost.
La nouveauté que constitue les autotests au lycée fait couler beaucoup d’encre, notamment à propos du fait que le gouvernement aurait souhaité que les enseignants s’en chargent (ils s’ennuient tellement en classe). Les médecins scolaires s’étonnent. Covid-19 : il n’y a pas assez de médecins pour former les "élèves aux autotests", s’inquiète le Syndicat national des médecins scolaires. "Comme on dit "autotest", forcément, c’est la personne elle-même qui le fait. Et dans l’allocution de Jean-Michel Blanquer, il a parlé de la semaine du 3 mai, d’activités pédagogiques, de tutoriels et de personnels formés qui, pendant une semaine, expliqueraient aux élèves de quoi il s’agit. Alors, j’aimerais bien savoir qui sont ces personnels ? Par qui seront-ils formés ? Nous n’avons pas de précisions à ce niveau-là."
(FranceTvInfo)
Pour cette reprise se pose la question de l’aération des salles de classe. Nombreux sont les scientifiques et les enseignants ayant réclamé, en vain, des capteurs de CO2. Covid-19 : mesurer le CO2 pour mieux aérer et diminuer la transmission
“La transmission du SARS-CoV-2 se fait essentiellement par aérosols. Pour limiter leur concentration, un groupe d’enseignants-chercheurs propose d’équiper les écoles de capteurs de CO2, un gaz qui trahit la qualité de l’air respiré”. (Le Monde)

Une autre revendication ignorée des enseignants : la vaccination. D’ailleurs les Français sont d’accord : 79% de la population estime qu’il faut vacciner le personnel enseignant en priorité
“Selon un sondage OpinionWay pour le syndicat d’enseignants Snes-FSU, 79% des Françaises et Français pensent que le personnel enseignant doit faire partie des publics prioritaires à la vaccination contre le coronavirus.” (RTL)
Pour le gouvernement, ouvrir la vaccination aux enseignants de plus de 55 ans (comme à tous les Français) semble avoir résolu le problème. D’ailleurs beaucoup de Français n’ont pas retenu l’âge et sont persuadé que tous les enseignants peuvent être vaccinés. La communication est donc un point fort de cette présidence.


Laïcité

C’est l’autre sujet polémique de la semaine, avec l’annonce par Marlène Schiappa des états généraux de la laïcité.
Les associations s’interrogent : pourquoi maintenant et pour quoi faire ?
“Une trentaine d’organisations, dont le CRAP-Cahiers pédagogiques, signent un texte commun pour s’inquiéter de l’organisation d’États Généraux de la laïcité, sans concertation et dans un délai très court.”
Et beaucoup ont décidé de boycotter. 28 organisations syndicales et associatives refusent de participer aux états généraux de la laïcité lancés par la ministre Marlène Schiappa. La Croix
Comme le rappelle Libération,L’initiative survient en plein bras de fer sur le devenir de l’Observatoire de la laïcité.
Rappelons que la laïcité est déjà aux coeur des débats de la loi sur les séparatismes.
Misère du débat public sur l’école
“Le mercredi 10 mars 2021, la commission de l’éducation, de la culture et de la communication du Sénat auditionnait Jean-Pierre Obin, inspecteur général honoraire de l’Éducation nationale, dans le cadre de l’examen de la « loi séparatisme ». Olivier Vincent réagit ici aux propos tenus pendant cette audition, et notamment à son postulat que ce serait à l’État de dire quels sont les auteurs et les références acceptables dans la formation des enseignants en matière de laïcité.”
Et revoilà l’islamogauchisme.
"Islamo-gauchisme" craint par la ministre de l’Enseignement supérieur en France : le sociologue Michel Wieviorka remet son rapport final
“Le sociologue Michel Wieviorka a remis un rapport à la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal sur le supposé "islamo-gauchisme" à l’université, après s’être saisi lui-même de la question, a-t-il indiqué à l’AFP. Ce rapport de quelque 80 pages, qu’il a intitulé "Racisme, antisémitisme, antiracisme : apologie pour la recherche", paraît jeudi aux éditions La Boîte à Pandore.” RTL


Covid et conséquences.

Tout d’abord les conséquences sur les jeunes.
Coronavirus : « Les journées sont devenues trop longues »… Comment les ados d’un village limousin vivent la crise sanitaire
“Ce mardi, ils tapent dans un ballon sous un ciel lumineux. Amandine, Léa, Noah et Maïa sont en vacances. Mais confinement oblige, les quatre adolescents n’ont pas eu droit au dépaysement. D’ailleurs, depuis le début de la crise sanitaire, leurs vacances, c’est souvent dans leur village qu’ils les ont passées : à Magnac-Bourg, en Haute-Vienne, où vivent 1.117 âmes. Alors qu’ils voudraient courir le monde, leur horizon s’est brutalement rétréci depuis un an.”
Coronavirus : Le « think tank » Terra Nova propose des pistes pour lutter contre le décrochage des jeunes
“COVID-19 Le « think tank » proche du centre gauche plaide pour « un effort accru de formation » à l’intention de ces jeunes, au plus près d’eux, « dans leurs territoires », grâce au numérique
Un déploiement massif de l’apprentissage en s’appuyant sur le numérique pour des formations à distance souples : le centre de réflexion Terra Nova lance des pistes dans un rapport publié mercredi pour lutter contre le décrochage des jeunes frappés par la crise du Covid-19.” 20 Minutes

Ensuite, les enseignants.
Covid à l’école : "En France, on a parfois oublié les enseignants"
“Pour Eric Charbonnier, analyste de l’OCDE, la politique éducative française affiche des résultats mitigés dans sa gestion de la crise.
Nous nous sommes interrogés sur les modes d’organisation : est-ce que les décisions relatives aux protocoles sanitaires, sont très centralisées dans les pays de l’OCDE ? Ou, est-ce que, finalement, les écoles ont leur mot à dire ? Or, notre étude démontre que le système est très centralisé, quasiment partout. Même dans des pays plutôt fédéraux, ou découpés en provinces comme la Canada. Ce qui a pu susciter pas mal de problèmes sur le terrain et créer des mécontentements. Les enseignants ne comprennent pas que l’on change aussi souvent de protocole. Sur ce point, la situation de la France est donc la même qu’ailleurs. Les difficultés propres qu’elle rencontre sont plutôt liées à son modèle éducatif. ”
 L’Express, pour les abonnés.

Et après le covid ? Une analyse de Bruno Magliulo
L’école de l’après covid 19 : sur quels fondements se construit-elle ?
“Depuis près de dix-huit mois, du fait de la crise créée par le virus Covid 19, comme la société toute entière, l’école est soumise, en France comme ailleurs, à une série de défis nouveaux. Tant bien que mal, grâce à la mobilisation des acteurs de terrain, le navire prend l’eau mais ne coule pas. Cependant, les transformations induites par cette crise sont si profondes que nombreux sont ceux qui pensent que l’école de l’après Covid 19 sera marquée par les bouleversements qui la traversent en cette période de pandémie. Pour diverses raisons, on peut prédire un large retour sur l’école d’avant, avec cependant diverses évolutions nées des pratiques de temps de crise.”


Divers

Le Cned a fait la une de l’actualité à cause de l’échec des classes virtuelles, mais peu de gens connaissent les conditions de travail de ses salariés.
Au Cned, des agents et des enseignants se sentent débordés et isolés
“Le quotidien au Cned est pourtant l’inverse d’une utopie 2.0, selon les salariés interrogés par StreetPress. « Il y a des bugs quasiment chaque semaine qui durent entre une et quatre heures. Pendant ce temps, on ne peut pas travailler », témoigne Catherine, 54 ans, qui corrige des copies d’histoire-géographie. Jeudi 8 avril, plusieurs dizaines d’employés du Cned se sont mis en grève. Et ce n’est pas seulement parce que leurs ordis rament. Ils éteignent leurs tours centrales pour protester contre leurs conditions de travail et l’absence de moyens supplémentaires malgré l’augmentation du nombre d’inscrits depuis la crise sanitaire.”

Un sujet qui revient régulièrement, l’affection dans les lycées de Paris. Pourquoi tant de bruit autour de l’affectation dans les lycées parisiens ? Par Cécile Blanchard Rédactrice en chef des Cahiers pédagogiques
“En matière d’éducation, Paris fait figure d’exception : les directeurs d’école y sont systématiquement déchargés de toute heure de cours et la Ville fournit aux écoles élémentaires des PVP (professeurs de la Ville de Paris) qui se chargent des enseignements de musique, arts visuels et EPS dans les écoles élémentaires. Surtout, l’affectation en lycée suit une procédure très spéciale, appelée Affelnet (dont les résultats seront connus cette année le 30 juin)” pour les abonnés d’Alternatives-economiques.

Au moment où Joe Biden reconnait le génocide arménien, de nombreux enseignants témoignent de la difficulté de l’enseigner. Génocide arménien : de plus en plus, les professeurs doivent faire face au négationnisme
“Encouragées par des associations franco-turques, les contestations des élèves et de leurs parents du génocide arménien sont de plus en plus fréquentes, pendant les cours et en dehors.” Le JDD

Un sujet important et grave, l’accès à la pédophilie via le net.
Pornographie en ligne : des risques préoccupants pour les adolescents
“L’adolescence est une période de bouleversements et de maturations physiques, biologiques et psychiques. Pour les jeunes, Internet va alors sembler un lieu privilégié pour chercher des informations et partager des questionnements, les confrontant seuls aux dangers et aux risques de cette utilisation.
Un adolescent sur cinq serait concerné par un de ces risques : cyberharcèlement, contact avec des inconnus, utilisation de sexting et usage de la pornographie.
La confrontation avec la pornographie en ligne est un risque qui questionne. En effet, le nombre de sites de cet ordre s’est multiplié de manière exponentielle : en 2007, il existait déjà plus de 4 millions de sites d’ordre pornographique sur Internet et, souvent, il suffit de valider « être majeur » ou « avoir plus de 18 ans » pour y accéder.”

Pour terminer, on s’intéresse aux jeunes filles. Celles qui vivent en milieu rural et les étudiantes victimes d’agressions.
Elle a enquêté sur les jeunes filles en milieu rural populaire
“La sociologue Yaëlle Amsellem-Mainguy est allée rencontrer des jeunes filles de milieu populaire vivant en milieu rural. Elle met en lumière les ressources déployées par cette jeunesse.” Ouest France
« La majorité des étudiantes qui viennent consulter se libèrent de faits d’agressions »
“Margaux Leroyer-Mordacq le Blanc, psychologue clinicienne et accompagnant les étudiants, revient sur les violences sexuelles et morales au sein de l’enseignement supérieur.”

Géraldine Duboz

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Revue de Presse Education... Couacs et bobards - Colères diffuses et brèves confuses - Oxygène...

11 Avril 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Couacs et bobards - Colères diffuses et brèves confuses - Oxygène...

L’école à distance résumée à des serveurs inertes, telle est la note dominante d’une actualité éducative hebdomadaire où l’on a vu aussi des manifestations fleurir dans les 10 kilomètres impartis. Pendant les cafouillages, l’éducation continue. N’est-ce pas là l’ultime et bonne nouvelle ?


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Illustration de Fabien Crégut

Couacs et bobards

La méthode Coué était à l’œuvre cette semaine pour justifier le grand cafouillage numérique de l’école à la maison. Pourtant, Jean-Michel Blanquer l’assurait sur les ondes de France-Inter le 26 février dernier « On » est préparé sur l’enseignement à distance, déclenchable au cas par cas, ou massif si ça devait prendre des proportions plus « importantes ». La déclaration, dont le Huffignton Post se faisait l’écho, vantait les trésors du CNED « Nous » avons toute une série d’enseignement à distance, du CNED, déclenchable au cas par « cas ». Et paf, dès mardi matin, le site était en rade comme bon nombre d’Espaces Numériques de Travail, déclenchant désarroi, lassitude et colère dans les maisons confinées comme chez les enseignants. « Comme lors du premier confinement mis en place pour freiner la diffusion du Covid-19, l’école à la maison a débuté mardi 6 avril avec de nombreux bugs signalés par des professeurs, parents et élèves, en raison de serveurs numériques inaccessibles ou défaillants. », constate FranceTvinfo.

La faute à qui ? L’OBS inventorie les raisons invoquées par le ministre de l’Éducation. « Un opérateur privé à Strasbourg victime d’un incendie il y a quelque temps, qui n’a pas pu faire face à l’afflux de connexions ce matin  ». Le directeur de l’opérateur réfute la culpabilité de son entreprise «  des régions ENT affectées et des applications indisponibles ne sont pas hébergées chez OVHcloud ! » Alors serait-ce une attaque venue de l’étranger ? « Quant au dispositif du Cned (Centre national d’Enseignement à Distance) Ma classe à la maison, qui a subi aussi des « perturbations », Jean-Michel Blanquer a évoqué mardi matin une « très forte attaque informatique venue de l’étranger  », sans plus de précision sur son origine. Le Quai d’Orsay est lui-même surpris par cette allégation qui a provoqué une avalanche de messages moqueurs sur les réseaux sociaux. Jérôme Notin, directeur du site CyberMalveillance, a une explication qui relance la vague de fous rires « Les motivations de ce type d’attaques en général sont soit une demande de rançon – ce qui n’a pas été le cas pour le ministère (…) – soit idéologiques ; peut-être que des étudiants, des collégiens se sont ligués pour louer ce réseau de machines zombies qui va ensuite attaquer les serveurs du Cned. »

Les rires n’apaisent pas la colère face à un fiasco prévisible au vu des faibles moyens engagés pour renforcer tuyaux et serveurs afin de supporter la charge des connexions simultanées et outiller enseignants et élèves. « 600 millions d’euros, c’est le montant des crédits non dépensés en 2020 et reportés à 2021 dans l’Éducation nationale [1], l’argent rendu, en pleine pandémie, au moment du « quoiqu’il en coûte », des milliards donnés à certaines sociétés privées. Combien de postes d’enseignants économisés en pleine crise ? combien d’outils informatiques non achetés pour des élèves qui en sont dépourvus ? Combien de journées de formations aux nouvelles modalités d’enseignement à distance ? » dénonce Jean-Charles Léon. « Le minimum aurait été d’anticiper (« être proactif », dans le jargon de la Start-up nation) et d’engager par exemple une coordination avec les acteurs de l’enseignement à distance et de se poser la question de la montée en charge du système. Cela ne semble pas avoir été le cas. Et donc, « on est prêts » à refaire les mêmes erreurs… » constate Philippe Watrelot sur le site d’Alternatives Économiques. Sa conclusion « Est-ce que le plus gros « plantage », la plus grosse « erreur 404 » ne serait pas d’avoir nommé Jean-Michel Blanquer à ce poste ? » rejoint les propos de Sylvain Grandserre sur « Blanquer le ministre qui bugue ». « Quand l’institution scolaire prendra-t-elle conscience des dégâts que produisent les écarts croissants entre ses discours et les réalités quotidiennes du travail de ses acteurs ? » s’interroge Paul Devin dans son blog.


Colères diffuses et brèves confuses

Pendant le confinement, les rabotages de moyens se poursuivent. Les mouvements de protestation sont forcément locaux, disséminés sur le territoire par l’application de la règle des 10 kilomètres. Jeudi 8, les AESH (Accompagnants d’élèves en situation de handicap) donnaient de la voix un peu partout en France pour protester contre le mirage de l’école inclusive. « Il y a un décalage entre le discours d’Emmanuel Macron sur la scolarisation de tous les enfants et l’absence de solution pérenne. Comment suivre une scolarisation normale sur moins d’un tiers du temps de l’année ? L’égalité des chances en prend un coup  », témoigne Laurent, père d’un enfant dys. A Lorient comme à Narbonne, «  AESH, enseignants mais aussi représentants des parents d’élèves dénoncent une précarité avec un salaire en dessous du seuil de pauvreté. » A Sarcelles, la mobilisation associait le thème de l’éducation prioritaire. « Et pour les manifestants, le constat est sans appel : la baisse est générale pour ces établissements classés REP, REP + ou politique de la ville quand les inégalités creusées par la crise sanitaire nécessiteraient plus que jamais l’inverse », relate le Parisien. En Occitanie, on s’inquiète de la fermeture de classes dans l’enseignement agricole public comme au lycée Charlemagne de Carcassonne.

Pendant ce temps, la majorité de droite et du centre au Sénat adopte un amendement subrepticement glissé dans le projet de loi sur le respect des principes de la République, communément nommé loi contre le séparatisme. « En cas d’absence répétée d’un élève, la suspension du versement des allocations familiales pourra être décidée, après plusieurs avertissements. Le gouvernement n’a pas exprimé de position défavorable. »

Pendant ce temps-là, la fin de l’Observatoire de la laïcité est confirmée. « Le paradoxe de la fin programmée de l’Observatoire de la laïcité vient du niveau de satisfaction que cette institution suscite auprès des acteurs de terrain  » explique France 24 en illustrant quantitativement la qualité de travaux appréciés. « Car depuis 2013, et avec un budget annuel de fonctionnement de 59 000 euros, le bilan de l’Observatoire de la laïcité est riche de la publication de nombreux guides pratiques sur la laïcité, de la rédaction ou de la codirection de chartes de la laïcité à l’échelle nationale ou locale, de la formation à la laïcité de 350 000 acteurs de terrain, de la rédaction de plus de 1 000 analyses juridiques ». 119 universitaires apportent leur soutien à l’Observatoire dans les colonnes du Monde, « Ils mettent en garde contre la tentation de faire de la laïcité « un outil répressif, de contrôle et d’interdiction, en contradiction totale avec la loi de 1905  ». Le CRAP-Cahiers Pédagogiques a également publié un communiqué où il  rend hommage au travail effectué par l’Observatoire de la laïcité et gardera comme boussole l’idée que « la laïcité, ce n’est pas d’interdire ce qui choque ou déplaît à tel ou tel ».

Pendant ce temps-là de confinement, les concours d’entrées aux grandes écoles sont maintenus en présentiel quitte à se taire lorsqu’on est cas contact. "Mais je connais pas mal de gens qui disent que s’ils sont cas contact, ils ne vont pas le déclarer et ils ne se feront pas tester de peur d’être positifs. Deux ans de travail ruinés juste parce qu’on est peut-être positif, ça paraît énorme dans notre tête !" Les futurs bacheliers sont quant à eux sous la pression du grand oral pour le moment maintenu malgré l’évidence criante de l’impossibilité d’une préparation sereine. « Une pétition lancée par des lycéens a ainsi déjà réuni plus de 23 000 signatures. » indique Alexis Morel. Encore une fois, tout est fait comme si tout était normal. Cachez ce COVID que je ne saurais voir ou brandissez ces vaccins en signe d’espoir.

Hélas, là encore les promesses tournent aux bobards, douchées par les couacs d’une campagne de vaccination mal orchestrée. Les annonces se succèdent dans un grand flou comme le titre Le Point. Après les sexagénaires ou dès le mois d’avril et avant la reprise en présentiel ? « Dans » le déploiement de cette stratégie à l’égard de la communauté éducative, nous allons commencer, sans doute dès la semaine prochaine, à vacciner les personnels enseignants, les ATSEM (Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles) et autres personnels de la communauté éducative de plus de 50 ans qui sont en contact avec des enfants en situation de handicap » a déclaré Jean Castex lors de son déplacement à Lyon le 10 avril. Voilà qui va sans doute rajouter au climat de défiance surtout lorsqu’on regarde du côté des 19 pays pour qui les enseignants constituent un public prioritaire pour la vaccination.

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Oxygène

Et si on parlait maintenant de belles initiatives petites ou immenses, de ces bulles qui apportent sourires et perspectives enthousiasmantes.
La documentariste Valérie Denesle a posé sa caméra à Dieppe pour suivre deux lycéennes dans leur parcours d’orientation. À travers ce film, la réalisatrice souhaitait « donner la parole à des personnes qu’on n’entend peu ou pas. J’avais envie de savoir ce qu’il y avait dans la tête d’une adolescente qui prépare son orientation. Ce qu’elles ont à raconter est important. » Julia et Gwanaelle, les deux lycéennes filmées, racontant avec enthousiasme cette expérience à Paris-Normandie. Le documentaire « le sens de l’orientation » est disponible ici.

Dans la série ces formidables élèves, France Bleu Occitanie nous raconte l’histoire de ce collégien qui a créé une appli d’appels associée à Discord pour les enseignants. Mise au point l’an passé, elle est toujours utilisée par les professeurs de l’enseignement supérieur. Maxence, le créateur de Suivix semble surpris par le succès « Ça me fait chaud au cœur, je ne m’imaginais pas du tout que ça prendrait une aussi grosse ampleur". A Lens, ce sont deux collégiens qui « préparent la seconde édition de leur festival de musique confinée, mais qui bastonne, le Back to the lockdown festival  » peut-on lire dans 20 Minutes.

Allons faire un tour du côté du site Les Outils Tice animé par Fidel Navamuel qui partage généreusement sa veille et ses conseils sur le numérique. Cette semaine, il attire notre attention sur « la Digitale », une boîte à outils et applications numériques conçues pour l’enseignement qui ont la particularité d’être gratuits et “responsables”.

Parmi les nombreuses ressources à lire, écouter, regarder, signalons les 9 émissions de radio proposées à l’occasion du 800e anniversaire de la Faculté de Médecine de Montpellier. Histoire, botanique, médecine d’hier et de demain, les thèmes sont riches pour célébrer l’Université de Rabelais et de Lapeyronie.

Et pour clore cette longue revue de presse, un mot écrit en majuscules : MERCI. La campagne de financement participatif pour la rénovation du site des Cahiers Pédagogiques a atteint son objectif. Nous allons donc avoir bientôt grâce à vous un site moderne et tout beau. La cagnotte est ouverte jusqu’au 11 au soir pour cette fois toiletter la maquette de la revue papier.

Aux manettes de la revue de presse cette semaine, Monique Royer qui vous souhaite des vacances ressourçantes, reposantes et sans bugs.

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Revue de Presse Education... Avant — Après — Pendant ce temps — Supérieur — Divers...

5 Avril 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Avant — Après — Pendant ce temps — Supérieur — Divers...

La semaine s’est coupée en deux : avant et après l’intervention du Président. Heureusement yaurapas que du Covid.


Avant

Colère, épuisement, ces mots reviennent en ce début de semaine. Ainsi, Les écoles du Val-d’Oise au bord de la crise de nerfs, “Alors que les cas de Covid-19 se multiplient à grande vitesse au sein des établissements, la vie scolaire se vit désormais en pointillé, entre les classes fermées, et celles qui se retrouvent sans enseignant.”

"Je suis épuisée" : les écoles de la Loire face à une crise aiguë du remplacement “La semaine dernière, dans la Loire, jusqu’à 60 postes d’enseignants n’ont pas été remplacés dans les écoles. En cause, des professeurs testés positifs ou cas contact. C’est le cas notamment à l’école du Centre, à La Ricamarie, où les titulaires disent leur grande fatigue.”

Au lycée de Drancy, 20 élèves ont perdu un parent du Covid : que sait-on ? “Si l’exécutif souhaite maintenir les écoles ouvertes, les enseignants réclament la fermeture du lycée Eugène Delacroix à Drancy où la situation sanitaire est "alarmante".”

Covid-19 : « Dans les établissements scolaires, on écope comme on peut la troisième vague, mais pas question de le faire en silence » Tribune de Anne Urbain, professeure de lettres au lycée Blaise-Cendrars, à Sevran. “Anne Urbain, professeure de lettres et autrice, témoigne, dans une tribune au « Monde », des difficultés de la crise sanitaire et de l’état d’esprit des enseignants et des élèves dans son lycée de Sevran, en Seine-Saint-Denis.”
"La situation est ingérable" : pourquoi l’Éducation nationale est à court d’enseignants remplaçants se demande Anthony Cortes

Fermera, fermera pas ? se demande Cécile Blanchard Rédactrice en chef des Cahiers pédagogiques dans Alternatives économiques. “Faut-il ou non fermer de nouveau toutes les écoles et renvoyer tous les élèves chez eux ? La question se pose de manière récurrente depuis la reprise de l’épidémie en octobre. La fermeture des écoles, collèges et lycées avait été décidée brusquement en mars 2020.” pour abonnés

« Si on veut garder l’école, il faut vacciner les enseignants » considère Christine Rouzioux sur LCI.
Certain sont plus radicaux : École : et si nous nous passions de ministre ? “Notre système éducatif a besoin de stabilité, estime Cédric Forcadel. Maître d’école, il plaide pour une « constituante » de l’éducation qui ne ferait plus dépendre l’école des changements de majorité au pouvoir et de la succession de ministres.”
Et dans Libération Ecoles : Blanquer, du déni à l’effet domino “Le ministre de l’Education nationale s’obstine à ne pas imposer la demi-jauge pour tout le monde et garde les écoles ouvertes coûte que coûte. Pendant ce temps là, les établissements se vident de leurs élèves et de leur personnel scolaire.”

Après

Fermetures de classes, protocole sanitaire… ce qui change dans les écoles à partir de lundi
“Alors que le pays fait actuellement face à une troisième vague de contaminations au Covid-19, la question de la fermeture des établissements scolaires revient sur le tapis. Le gouvernement met en place de nouvelles mesures à compter de ce lundi, toutes destinées à freiner l’épidémie dans les écoles du pays.”

L’Etudiant annonce : Covid-19. Fermeture des écoles et lycées, vacances modifiées... ce qui change à partir du 6 avril

« La situation sanitaire dans les écoles met en danger l’ensemble de notre réponse à l’épidémie » Tribune, d’“Un collectif de médecins et de parents d’élèves, parmi lesquels Djillali Annane, Dominique Costagliola et Gilles Pialoux, estime, dans une tribune au « Monde », que la fermeture des écoles « n’entraînerait pas mécaniquement une catastrophe éducative au pays des Lumières ».”

Enseignement à distance : "On a appris au printemps dernier et on fera sans doute mieux", affirme la secrétaire générale adjointe du SNPDEN “"On était dans une situation qui était compliquée, là où on a une feuille de route", affirme sur franceinfo Florence Delannoy après l’allocution d’Emmanuel Macron.”

Mais pour Michel Desmurget : « Le télé-enseignement est une parodie éducative » dans sa TRIBUNE au Figaro. “Pour le directeur de recherche en neurosciences à l’Inserm et essayiste, le premier confinement a révélé que l’enseignement numérique ne pouvait être que temporaire et de courte durée. Car il favorise le décrochage des élèves et accroît les inégalités.”
Pour Rodrigo Arenas, membre de la FCPE : Covid-19 : dans les écoles, la difficile adaptation à l’enseignement à distance.

Covid : le bac et les concours devraient être maintenus “Le ministre de l’Education nationale a affirmé vouloir maintenir les épreuves finales du bac, dont la nouvelle épreuve du grand oral. Dans l’enseignement supérieur, les concours sont maintenus, à l’inverse des examens en présentiel qui devront être reportés.”

Si on ouvre un peu la focale : La France à part dans sa gestion de la crise sanitaire “Quel bilan dresser de la gestion de la crise sanitaire ? L’OCDE publie le bilan de la première année de Covid 19 dans l’Ecole. L’organisation examine comment les systèmes éducatifs ont réagi dans 30 pays. Il s’en dégage que la France n’est pas le seul pays à avoir maintenu l’école ouverte longtemps. Par contre elle fait partie des rares pays qui ne donnent pas la priorité aux enseignants pour la vaccination. Et se dessinent des choix pédagogiques français qui tous ciblent les minorités ethniques.”

Pascal Plantard, anthropologue : « A la faveur de la crise, parents et enseignants ont connu un rapprochement inédit  » “La bascule dans l’enseignement à distance, pour freiner l’épidémie, a modifié les pratiques et les relations entre enseignants, parents et élèves, estime l’anthropologue. Des changements à avoir en tête, à la veille d’un reconfinement scolaire.” Propos recueillis par Mattea Battaglia

Après cette décision les recteurs s’expriment.
Éducation : le recteur de Besançon souhaite « mieux coordonner l’enseignement à distance »
Reconfinement : "Ça va bien se passer", affirme la rectrice de l’académie de Dijon
Confinement et écoles : ce qu’il faut retenir de l’interview de la rectrice de l’académie d’Orléans-Tours
“Invitée du 12/13 de France 3 Centre-Val de Loire ce vendredi 2 avril, Katia Béguin, rectrice de l’académie d’Orléans-Tours, a répondu à nos questions. Voici ce qu’il faut en retenir.
Pour la rectrice de l’académie de Lille, la fermeture des écoles était la "meilleure solution"

Après les annonces présidentielles, parents et enseignants livrés à eux-mêmes
déclarent Yannick Trigance, secrétaire national à l’Éducation et à l’Enseignement supérieur et Vincent Duchaussoy, secrétaire national en charge du Travail, des Nouvelles Formes de travail et de l’Emploi. “Conscient d’avoir perdu son « pari » de la fin janvier, mais toujours incapable de l’admettre, le président de la République s’est enfin résolu à annoncer des mesures de freinage supplémentaires face à la progression non maîtrisée de l’épidémie. Mais une fois encore, comme depuis un an, la méthode interroge.”


Pendant ce temps

Loi sur les langues régionales : l’appel de l’UDB Kreiz Breizh aux députés du Centre-Bretagne “​L’UDB Kreiz Breizh appelle, dans un communiqué, les députés du Centre-Bretagne à voter « conforme » la proposition de loi sur les langues régionales présentée par le député LREM Paul Molac. Proposition de loi qui sera présentée jeudi 8 avril 2021 devant l’Assemblée nationale.”

Le Sénat interdit les signes religieux aux mamans accompagnatrices “Sans surprise la majorité de droite du Sénat a adopté le 30 mars un amendement à l’article 1 de la loi séparatisme interdisant le port de signes religieux aux mères accompagnatrices lors des sorties scolaires ou des interventions en classe. Le gouvernement a pris parti contre cet amendement. Le projet de loi devra revenir vers l’Assemblée pour que la mesure entre en vigueur.”


Supérieur

À l’Université, un peu de présentiel mais beaucoup de « demerdentiel » pour les profs “Habitués des amphithéâtres remplis de centaines d’élèves, les professeurs de l’Unistra expérimentent depuis mars 2020 l’enseignement à distance. Mettant à rude épreuve leurs capacités d’adaptation, c’est sur eux qu’a pesé toute la mise en place des nouvelles méthodes d’enseignement.” par Camille Balzinger

Yves Granjon, « La perception de l’enseignement à distance par les étudiants en situation de confinement : premières données », Distances et médiations des savoirs [En ligne], 33 | 2021, mis en ligne le 16 mars 2021, consulté le 30 mars 2021. “Cette étude propose une analyse du vécu des étudiants face à un enseignement à distance imposé en période de confinement et principalement constitué d’une simple transposition numérique de l’enseignement classique. Plus de 7000 étudiant(e)s de l’Université de Lorraine ont répondu à une enquête sur l’enseignement à distance dispensé depuis mars 2020.”

Maintenir ou pas les concours : les grandes écoles en rangs dispersés "Si le réseau des Sciences Po a renoncé à ses épreuves écrites sur table, d’autres écoles, en particulier celles qui recrutent en prépa, maintiennent leurs examens, écrits et oraux. Quitte à changer leurs modalités au dernier moment."


Divers

Mais bien intéressant !

Au collège La Justice de Cergy-Pontoise, « mettre l’architecture au service de toutes les pédagogies  »

Transformer l’apprentissage des maths, un défi pour l’école par Line Numa-Bocage, Professeure des Université Science de l’éducation, Psychologue, CY Cergy Paris Université ; Imène Ghedamsi-Lecorre, Professor, Université de Tunis El Manar ; Thomas Lecorre, Maitre de conférences, laboratoire BONHEURS, CY Cergy Paris Université.

Les Rendez-Vous de l’Orientation “L’Onisep propose un nouveau rendez-vous aux équipes éducatives. Toutes les 6 semaines environ, une personnalité de l’orientation, de l’éducation, partagera son point de vue et son expertise sur le processus d’orientation.” Première conférence par Frédérique Weixler.

Le corps a-t-il encore sa place dans l’enseignement à distance ? par Marion Tellier, Professeure des Universités en didactique des langues, Aix-Marseille Université (AMU)

Sédentarité : des initiatives pédagogiques pour atténuer la souffrance des étudiants par Franck Luccisano, Professeur d’Education Physique et Sportive, SKEMA Business School

Bernard Desclaux

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