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Vivement l'Ecole!

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Et hop ! Les députés transforment la redevance en impôt invisible

26 Juillet 2022 , Rédigé par Télérama Publié dans #Médias

https://www.moneyvox.fr/i/media/06l/006252ld55.jpg

EXTRAIT

Les députés ont voté la fin la redevance audiovisuelle samedi 23 juillet. Mais comment financer les chaînes et radios publiques ? Par une fraction de la TVA, pardi ! Soit un impôt qui ne se voit pas. N’est-ce pas prendre les Français pour des naïfs ? Explications.

Tant d’amateurisme et de désobligeance sont confondants. Après des heures de débats houleux, la disparition de la contribution à l’audiovisuel public (CAP, ex-redevance) a été adoptée par les députés en plein cœur de l’été par moins d’un tiers de la représentation nationale alors en séance. Elle sera remplacée par une fraction de la TVA votée par le Parlement chaque année. Joli tour de passe-passe qui consiste à remplacer un impôt par un autre, le tout au nom du pouvoir d’achat et dans une joyeuse improvisation.

(...)

... Faire dépendre le financement des télévisions et radios publiques du bon vouloir de l’État, c’est remettre en cause leur indépendance et, en prime, risquer de se voir censurer par le Conseil constitutionnel. Tollé général et reculade désorganisée. Dans la pagaille, Aurore Bergé, présidente du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale et fine connaisseuse de l’audiovisuel, sort de son chapeau la cartouche TVA, et la fait avaliser par son groupe et ses alliés sans vrai débat.

Malin. À première vue, du moins. (...) Non seulement les Français vont continuer à payer pour leurs télévisions et radios publiques, mais les quelque cinq millions de foyers modestes qui en étaient jusqu’ici exonérés vont désormais devoir mettre au pot. Supprimer un impôt visible pour le remplacer par un impôt invisible et plus injuste, c’est du grand art. Les Français et leur audiovisuel public méritaient mieux que ce mauvais numéro de prestidigitation.

Olivier Milot

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L'information à l'heure des réseaux sociaux

22 Juillet 2022 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Medias

https://www.telerama.fr/sites/tr_master/files/styles/simplecrop1000/public/montage-mur-ecran_rvb_web_0.jpg?itok=CY_mnH07

EXTRAITS

A chaque époque son média dominant. De fait, nous sommes passés en matière de transmission de l’information, du règne absolu de la télévision à celui d’internet au point qu'il ne semble pas exagérer d’affirmer qu’internet, et en particulier sa déclinaison à travers les réseaux sociaux, impose aux autres médias - télévision, radio, presse - son modèle de transmission de l’information.

A chaque époque son média dominant. En octobre 1993, c’est-à-dire il y a près de trente ans, Ignacio Ramonet publiait, dans « le Monde diplomatique », un article où il analysait comment la télévision avait réussi à imposer son modèle à l’ensemble des médias en matière de traitement de l’information. Or, depuis, la télévision s’est peu à peu muée en média du passé. Au tournant des années 2010, la marionnette de PPDA dans les Guignols de l’info ponctuait déjà la présentation de son journal télévisé parodique par la formule restée célèbre : « Vous regardez l’ancêtre d’internet. » De fait, nous sommes passés au début du XXIème siècle, en matière de transmission de l’information, du règne absolu de la télévision à celui d’internet. Le passage d’un média dominant à un autre entraîne nécessairement un certain nombre de changements formels qui ne sont pas sans conséquence sur le contenu même de l’information. Il ne semble pas exagérer d’affirmer qu’internet, et en particulier sa déclinaison à travers les réseaux sociaux, impose aux autres médias - télévision, radio, presse - son modèle de transmission de l’information.

(...)

En ce qui concerne la télévision l’influence prédominante des réseaux sociaux d’internet est sans doute à chercher dans les chaînes d’info en continu, présente depuis la fin du siècle dernier dans le paysage audiovisuel mais dont l’influence a commencé à se faire sentir à partir des années 2000, c’est-à-dire en même temps qu’internet établissait son modèle dominant à l’ensemble de la sphère médiatique. À la différence du rituel du journal télévisé commençant à heure fixe et coïncidant avec l’heure des repas, la chaîne d’infos en continu offre la promesse d’une information disponible à n’importe quelle heure du jour et de la nuit.

On pourrait supposer qu’une telle dilatation temporelle s’accompagne d’une offre informationnelle accrue. C’est pourtant exactement le contraire que l’on peut constater et cela aussi bien d’un point de vue qualitatif que d’un point de vue quantitatif. Pour comprendre ce paradoxe, nul besoin de recourir à une théorie du complot qui voudrait que la sphère médiatique procéderait à de la rétention volontaire d’informations dans le but de laisser la grande masse des citoyens dans l’ignorance. En réalité, c’est à la fois plus simple et plus compliqué. J’identifie pour ma part deux grandes causes à cet état de fait. Il y en a sans doute d’autres qui m’ont probablement échappé et que je ne peux par définition pas mentionner.

La première cause est à chercher dans le modèle économique des chaînes d’information en continu. Ce modèle repose sur une concurrence visant à obtenir le plus de téléspectateurs possibles, ce qui les amène donc à sélectionner les sujets les plus susceptibles d’intéresser le public. Or ces sujets sont en réalité en nombre relativement réduits et tournent en boucle sur l’ensemble des chaînes. Comment pourrait-il en être autrement ? Là où autrefois le téléspectateur regardait un programme, le journal télévisé qui pouvait donc imposer son propre contenu à des téléspectateurs captifs, il cherche à présent une information et il y a de grandes chances pour que cette information corresponde à ce qui domine l’actualité dans le moment présent. Par conséquent, si la chaîne ne parle pas de ce qui préoccupe le téléspectateur, il sera amené à changer de chaîne pour trouver l’information qu’il recherche.

La deuxième cause serait à rechercher dans la gestion de l’économie de l’attention, celle du téléspectateur. On le sait, le temps moyen passé sur une chaîne d’information en continu par un téléspectateur est relativement court, de l’ordre de quelques minutes. Le but de la chaîne est d’attirer le téléspectateur, mais également de le retenir le plus longtemps possible, ou, a minima, de l’inciter à revenir le plus fréquemment possible. Pour cela, il est bien plus rentable de jouer sur l’effet de suspense que sur la divulgation d’informations. Le téléspectateur est placé dans l’attente d’un supplément d’information : on va rejoindre un correspondant sur place, telle personnalité va intervenir, on attend de plus amples informations d’un moment à l’autre… Tout est mis en place pour que vous restiez captif du fil d’actualité. Le but ultime est donc de vous informer le moins possible afin de créer une frustration que vous allez chercher à combler en restant dans l’espoir chimérique d’obtenir une information plus substantielle.

(...)

Qu’on mette les choses au point, les commentaires des éditorialistes n’ont absolument pas pour but d’expliquer l’actualité ou d’essayer de la comprendre. Ce sont, la plupart du temps et comme souvent sur internet, des bavardages, ce que les anglophones appellent des « small talks » et qui ressortissent essentiellement à la fonction phatique du langage : la fonction phatique consiste en effet selon la terminologie de Jakobson à assurer le lien communicationnel à l’exclusion de tout autre type d’information. Les commentaires des éditorialistes pourraient donc se résumer la plupart du temps à cette phrase que nous prononçons quand nous sommes au téléphone : « Allo ? Vous m’entendez ? Ne coupez pas ! » Qu’on observe les étymologies particulièrement éclairantes de « buzz » et de « Twitter » : dans les deux cas, on notera l’analogie avec un bruit sans aucune signification.

Mais à vrai dire, la seule fonction phatique n’est pas suffisante pour caractériser la nature des commentaires des éditorialistes. S’y ajoute aussi, sous les dehors d’un discours qui se veut surplombant et objectif, une autre fonction du langage, la fonction émotive. Le commentaire de l’actualité à la télévision occupe en effet souvent la fonction du like ou dislike des réseaux sociaux. Le but du commentaire n’est donc pas, encore une fois, de fournir une explication éclairante sur un sujet précis mais de porter un jugement de valeur. On le sait, la mobilisation des émotions est un ressort puissant de l’attention et permet donc d’attirer et de retenir le téléspectateur. On comprendra donc que les plateaux des chaînes d’information soient organisés de manière à produire un contenu émotionnel d’autant plus puissant qu’il sera contradictoire : les éditorialistes se recrutent donc, non en fonction de leurs compétences sur tel ou tel sujet mais en fonction de leur orientation idéologique, ce sera le représentant de tel journal de gauche en face du représentant de tel journal de droite. On retrouvera donc à la télévision les débats enflammés que peut susciter dans les commentaires telle ou telle publication des réseaux sociaux. Cela influe évidemment sur la nature des informations retenues : à l’information consensuelle telle qu’elle pouvait se présenter de manière caricaturale dans le 13h de Jean-Pierre Pernaut, on préférera une information clivante à même de générer des prises de position tranchées et contradictoires.

Mais la prédominance des éditorialistes dans le système médiatique ne s’arrête pas là. Les caractéristiques de la fonction d’éditorialiste contamine en effet le reste du champ journalistique : c’est ainsi qu’un bon nombre de présentateurs, animateurs, intervieweurs, se sont mués en éditorialistes, prenant position de manière ostensible là où on attendrait un minimum de neutralité, au moins apparente. Ce qui a pour effet (et pour but) de transformer un certain nombre d’interviews en matchs de boxe où l’aspect conflictuel importe davantage que l’obtention d’informations. Là encore, il faut chercher dans ce changement de paradigme l’influence que font subir les réseaux sociaux à l’ensemble du système médiatique. Les passages les plus saillants d’une émission de télévision sont susceptibles d’être repris sur internet et c’est la recherche de cette reprise qui constitue le but ultime du journaliste de plateau. La forme en est de manière emblématique « la petite phrase ». Que le nombre de mots sur Twitter soit limité, empêchant ainsi le développement de tout raisonnement complexe n’est évidemment pas anodin et produit quasi-mécaniquement un appauvrissement de la pensée et de la compréhension. L’information des chaînes d’info en continu est donc devenu de fait « un récit raconté par un idiot plein de bruit et de fureur et ne signifiant rien ».

(...)

... les énoncés produits sur internet et en particulier sur les réseaux sociaux ont un statut particulier en cela qu’ils ne sont ni totalement ancrés, ni totalement coupés. On connaît généralement l’identité de l’énonciateur, à ceci près qu’il peut s’agir d’une identité fictive (ainsi cher lecteur et chère lectrice ignores-tu mon identité réelle à moins que tu ne sois de mes proches), on peut déterminer le moment où l’énoncé est produit qui ne correspond d’ailleurs pas forcément à sa réception (à moins qu’on ne vive que par et sur internet), en revanche rien ne nous précise le lieu (internet devient le lieu de référence : lorsque j’utilise le terme « ici », c’est mon blog que je désigne, pas le lieu réel où j’écris, identifiable sur une carte), le destinataire n’est pas forcément explicite, à tel point qu’il peut ou non apparaître dans l’énoncé (si j’utilise le pronom de deuxième personne, tu crois savoir que c’est à toi que je parle, même si je ne sais pas qui tu es).

La nature particulière et ambiguë des énoncés produits sur internet brouille donc les codes habituels de communication. On est là sans être ici, on s’adresse à quelqu’un sans savoir à qui, on est dans une temporalité indéterminée qui n’a ni début, ni fin. Les éléments de la situation d’énonciation qui trouvent leur origine dans le réel deviennent de pures abstractions désincarnées. Autrement dit, nous avons à faire à des énoncés sans situation d’énonciation, sans pour autant être des énoncés coupés par rapport à la situation d’énonciation. C’est à l’image des plateaux des chaînes d’information en continu peuplés de gens qui font comme s’ils connaissaient le réel mais qui n’en connaissent que la représentation. Il faut lire l’article consacré au sujet par mon collègue Sylvain Grandserre qui décrit en détail et de l’intérieur cet écosystème médiatique (en l’occurrence le fonctionnement de l’émission des Grandes Gueules et plus généralement de BFMTV), pour se rendre compte à quel point les professionnels censés rendre compte du réel n’en connaissent strictement rien, enfermés qu’ils sont dans l’espace artificiel des plateaux de télévision où ils côtoient essentiellement leurs semblables. Le fait même de passer à la télévision vous déconnecte du réel quand bien même vous en seriez issu.

(...)

Petrus Borel, professeur de français en lycée

Texte intégral à lire en cliquant ci-dessous 

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La Nupes, invisibilisée dans les médias

30 Mai 2022 , Rédigé par RFI Publié dans #Médias

Législatives 2022 : Lancement de campagne

Le programme de la Nouvelle union populaire écologique et sociale a été présenté jeudi 19 mai et il n’a pas toujours reçu un écho médiatique à la hauteur du rassemblement politique qu’il représente.

Si l’on veut connaître la nuance politique d’un journal ou son degré de compréhension de la gauche à trois semaines des élections législatives, il suffit de regarder son traitement de la conférence de presse des 650 propositions de la Nupes, la Nouvelle union populaire écologique et sociale qui rassemble insoumis, écologistes, socialistes et communistes.

Pour ce « programme partagé », présenté jeudi 19 mai 2022, c’est un traitement a minima avec seulement un maigre article perdu dans une page intérieure pour Le FigaroLe Parisien ou Les Échos, propriété de Dassault ou de LVMH. En revanche, il a fait la Une pour L’HumanitéLibération et Le Monde. Il faut dire que ce programme commun de la gauche, qui rappelle celui de 1972, est un événement incontestable que seul le parti-pris peut faire mine d’ignorer. Et pourtant, ni le 20h de Julien Arnaud sur TF1, ni celui de France 2 n’ont jugé digne de lui consacrer le moindre titre.

La politique, dit-on, n’intéresse personne. Pourtant, il y avait là, à la fois de l’image, du symbole et du fond. Pour la photo, il n’est pas courant de voir sur la même scène Olivier Faure pour le PS, Julien Bayou pour Europe Écologie-Les Verts, Ian Brossat pour le PC et Jean-Luc Mélenchon pour les insoumis. Pour le symbole, il est encore plus notable de voir que toutes ces formations ont été capables de s’entendre sur le nom de Mélenchon comme Premier ministre et de mettre entre parenthèses leurs différences pour présenter des propositions communes, dans 95% des cas.

Et parmi elles, la possibilité de changements en profondeur pour des dizaines de millions de personnes. Que ce soit un SMIC passant de 1 300 à 1 500 euros net, une révolution fiscale avec 14 tranches d’imposition au lieu de cinq, la retraite à 60 ans, un investissement massif dans la bifurcation écologique avec un million d’emplois à la clé, le blocage des prix de première nécessité… Bref, une rupture « raisonnée mais ferme » comme dit le leader de la France insoumise.

Le soir du premier tour, un comptage par formation politique a pour but d’éviter de montrer la force de Nupes. De la même façon, beaucoup de contre-feux semblent allumés pour détourner les médias de cette union politique. Il y a les sujets légitimes comme le nouveau gouvernement, l’Ukraine, Cannes… et puis ceux qui semblent faits pour rallumer des polémiques, comme l’affaire du burkini à la piscine de Grenoble.

Face à cela, Nupes promet de revoir pas mal de choses dans les médias avec une loi anti-concentration, un Conseil national des médias ou encore des mesures de protection contre les influences politiques et financières dans les rédactions.

Amaury de Rochegonde

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Comment s'informent les adolescents ?

22 Mars 2022 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Médias

Près de 70 % de la presse française est lue en ligne

Comment apprennent-ils à s'informer dans les différents médias et peut-on leur apprendre à bien s'y orienter ?

En cette année d’élection présidentielle il était prévu de proposer une émission sur la manière dont les adolescents s’informent sur la politique. La guerre en Ukraine bouscule la programmation et le sujet fait bien plus la une que la campagne électorale. Il est également largement traité dans les médias qui s’adressent au public jeune – alors finalement la question posée dans cette émission est simplement "comment s’informent les adolescents ?", sur ces sujets comme sur d’autres.

Etre et savoir tente d'y répondre en s'appuyant sur les 5 W du journalisme, souvent utilisés pour expliquer les bases de l’information dans l’éducation aux médias : What ? Who ? Where ? When ? Why ?

Alors que regardent, écoutent et lisent les adolescents pour s’informer ? Qui produit ces contenus ? Vers quels médias se tournent les jeunes ? Le travail du jeune journaliste Hugo Travers, alias Hugo décrypte, donne un exemple précis de ce qui peut être fait en la matière et qui rencontre un large public.

Comment les adolescents accèdent à l’information, dans quelles conditions (c’est le où et le quand) ? Si s’informer est une pratique qui pour eux s’intercale avec d’autres usages, en ligne, sur les mêmes réseaux sociaux, que cela implique-t-il pour ce jeune public ?

Et pourquoi faut-il éduquer les adolescents à bien s’informer ? Quelques éléments de réponse pour introduire les réflexions qui suivent : l’enjeu est démocratique mais surtout il va au-delà de la jeunesse car s’intéresser à ce que regardent les adolescents revient à nous éduquer nous-mêmes tant le paysage médiatique et le journalisme évoluent aussi à leur contact. Les adolescents sont peut-être précurseurs en ce qui concerne la manière dont nous allons tous nous informer dans le futur.

Enfin, cette question concerne l’institution scolaire et il est également question dans l'émission de ce qu’il est possible de faire en classe avec une enseignante !Louise Tourret s'entretient avec Maryse Broustail, professeure d'histoire-géographie au lycée à Mantes-la-Jolie (académie de Versailles), chargée de mission pour le CLEMI (Centre pour l'éducation aux médias et à l'information) Versailles, Sophie Jehel, maîtresse de conférences en sciences de l'information et de la communication à l'Université Paris 8, elle vient de publier aux éditions de l’INA, L'adolescence au cœur de l'économie numérique, Jean-François Ebeling, rédacteur en chef adjoint en charge d’Arte journal juniorHugo Travers alias Hugo Décrypte, journaliste et vidéaste, fondateur des médias Hugo Décrypte et Mashup.

La citation

"On sait qu’il y a des jeunes qui ne vont s’informer que par nous, ou quasiment, pour connaitre les programmes des candidats et savoir pour qui ils souhaiteraient voter. Le travail est donc colossal et la responsabilité l’est tout autant (…) c’est un travail de pédagogie", Hugo Décrypte

Pour aller plus loin

Lien vers la page de la Semaine de la presse et des médias dans l'école sur le site du CLEMI

Lien vers le CEMTI (Centre d'étude sur les médias, les technologies et l'internationalisation) à l'Université Paris 8

Louise Tourret

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Guerre d'Algérie : ce que la télévision française en montre aujourd'hui

17 Mars 2022 , Rédigé par France Inter Publié dans #Histoire, #Médias

Benjamin Stora et Georges-Marc Benhamou sont les invités de l'Instant M pour « C’était la guerre d’Algérie », diffusé lundi 14 et mardi 15 mars sur France 2.

Il fallait bien cinq épisodes d’une heure pour brosser 132 ans de colonisation française en Algérie et sept années de guerre. L’injustice, la misère, l’humiliation, la lutte armée, l’engrenage de la terreur, la défaite du politique, la radicalisation des deux côtés.

Il fallait ces voix multiples pour construire le récit choral des enfants du conflit. Arabes musulmans qui comptent les morts et les mutilations, descendants de combattants, pieds-noirs arrachés à leur terre, héritiers d’une extrême-droite jusqu’au-boutiste, fils et filles de Harkis, appelés du contingent à vie traumatisés, juifs à l’identité broyée…

Tous, ils disent la mémoire à l’œuvre, ils disent la guerre d’Algérie dans la France d’aujourd’hui.

Il fallait une producteur-documentariste né en Algérie, George-Marc Benamou. Il fallait un historien né en Algérie, Benjamin Stora. Il fallait une antenne de service public.

Extraits de l'entretien

La guerre d'Algérie

Qu'est-ce que la France peut montrer aujourd'hui qu'elle ne pouvait pas montrer hier ? Benjamin Stora explique : "Contrairement à ce qu'on croit, il existe beaucoup d'images de la Guerre. Elles proviennent de l'armée, de l'UCPAD (Établissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense). Elle a énormément filmé cette guerre. Mais les documents ont rarement été montrés : pour des raisons de censure, mais aussi parce que les Français voulaient oublier cette guerre. Donc les archives audiovisuelles (500 000) dorment depuis au Fort d'Ivry en particulier. Parfois, des verrous sautaient grâce à des documentaires : celui de Peter Batty (La Guerre d'Algérie (1984)), ou le mien (Guerre d'Algérie : la déchirure 1954 – 1962). Mais il fallait aller plus loin et remonter 132 ans en arrière."

Le premier épisode de la Guerre d'Algérie : les débuts de la colonisation

Pourquoi remonter si loin ? Georges Marc Benhamou confie que Pierre Joxe, appelé en Algérie et fils d'un ministre du Général De Gaulle dit : "La première guerre d'Algérie date de 1830. Et la guerre est-elle d'ailleurs vraiment terminée ? On ne reconnaît officiellement en France le terme de Guerre d'Algérie que depuis 1999 !"

Un documentaire pour lever les tabous

Georges Marc Benhamou : "Pour réaliser ce documentaire, nous étions guidés par l'étoile de Camus et de Mouloud Feraoun, deux grands écrivains libres qui ont vécu le drame algérien et essayé de lever tous les tabous, de dire toutes les vérités. L'extrême gauche et l'extrême droite nous feront peut-être des reproches. Mais l'important est de tout dire et de ne plus censurer."

En Algérie, un sentiment antigaulliste

On ne sait pas toujours, mais pendant la Seconde guerre mondiale, L'Algérie avait été un fief de pétainistes. D'où un fort sentiment anti-gaulliste. Benjamin Stora explique : "Les Européens d'Algérie, comme on les appelait à l'époque, préféraient Giraud à de Gaulle qui était plutôt mal vu. De Gaulle était surnommé "la grande Zohra" dans les milieux ultras de la colonisation. Ils le soupçonnaient d'être un "bradeur d'Empire". Et le reproche sera fait aussi, à d'autres comme Pierre Mendès-France. On montre dans ce film qu'à chaque fois que des portes pouvaient s'ouvrir et que des occasions pouvaient se présenter vers plus de paix, elles se refermaient. Cela va conduire à des situations qui vont déboucher sur de la violence.

Le grand mensonge de la colonisation, un sujet d'aujourd'hui

Georges-Marc Benhamou remarque que "La campagne électorale tourne autour de questions d'assimilation, de la pseudo-non-compatibilité de l'islam avec La République… Mais l'histoire bégaie depuis 1871 ! L'universalisme républicain le message de Jules Ferry, magnifique d'un côté et de l'autre les contradictions insupportables du colonialisme. Et tout cela va créer de la violence."

"La dramaturgie des relations franco-algérienne avec des espérances folles est incroyable. À la fin des années 1920, quand Ferhat Abbas, le grand patron du nationalisme algérien modéré Messali Hadj aspirent à la France : ils vont taper à la porte de la France pendant trente ans ! Nice et la Savoie vont devenir françaises après l'Algérie, mais leurs habitants vont devenir français, les Algériens pas.

C'est le grand mensonge de la colonisation. Quand le député Blum-Viollette du Front populaire veut proposer la nationalité à 24 000 personnes sur 9 millions ! C'est la révolution. Le lobby colonial d'Alger empêche Léon Blum de déposer ce projet."

Explique Georges-Marc Benhamou. Il ajoute que l'issue aurait pu être différente : "Au fond, on croit qu'il n'y a qu'un nationalisme algérien qui dirige l'Algérie, qui est le Front de libération nationale. Il y a eu d'autres tentations.

Il y avait d'autres chemins : le chemin assimilationniste, le chemin ouvrier, démocratique et pluraliste de Messali Hadj, qui aurait pu qui aurait pu être le Mandela de l'Algérie. On voit que les radicaux, les militaires français, les blocages font que les extrêmes des deux côtés vont l'emporter."

Montrer la violence

La violence des rapports est une donnée importante du conflit franco-algérien. Benjamin Stora précise qu'il existe une immense "souffrance algérienne, avec le déplacement de deux millions de paysans algériens, la destruction de milliers de familles, l'utilisation du napalm aussi et bien sûr, la torture, les exactions… Cela a marqué considérablement l'imaginaire algérien. Mais les réalisateurs montrent aussi "l'exil, l'exode, l'arrachement de tous ces Français d'Algérie qui sont nés là-bas sur 2, 3, 4, 5, 6 générations ! On a du mal à imaginer cela aujourd'hui. Toutes ces personnes parties terrorisées vers un pays qu'ils connaissaient à peine."

C'était la guerre d'Algérie sur France TV

ALLER PLUS LOIN

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Nos démocraties à la merci des réseaux sociaux (Vidéo)

7 Mars 2022 , Rédigé par France Inter Publié dans #Médias, #Sociologie, #Politique, #Internet

David Chavalarias présente son ouvrage, Toxic Data, paru le 2 mars chez Flammarion, où il analyse et décrypte comment la manipulation de masse se déploie sur les réseaux.

Février dernier, les convois de la liberté atteignent l’Arc de triomphe. Sur Twitter et sur Facebook, la tension est à son comble. Les anti-pass vont prendre la capitale. Dans leur laboratoire, une équipe de mathématiciens cartographient ce moment de suractivité sur les réseaux sociaux et s’interrogent : Quels comptes s’emploient à relayer tel ou tel message et dans l’intérêt de qui ? Les algorithmes favorisent-ils la montée de telle ou telle colère ? Des robots viennent-ils grossir les rangs des insurgés ? Des puissances étrangères ont-elles intérêt à semer la discorde, chez nous, en France ? Les réseaux sociaux sont-ils la meilleure arme de la Russie et de la Chine cherchant à reconfigurer l’ordre mondial ?

David Chavalarias publie « Toxic Data », tout y est très simplement expliqué : Comment les mouvements d’opinion sont aujourd’hui hautement manipulés et amplifiés sur les réseaux au point que nos démocraties vont y laisser leur peau.

Toxic Data

Toxic Data

Comment les réseaux manipulent nos opinions

« Le 5 mai 2017, durant l’entre-deux-tours de la présidentielle, un tweet révèle des milliers de courriels de l’équipe d’En Marche. Il sera massivement relayé pour tenter de faire basculer l’opinion, et avec elle l’élection.

Qui était à la manœuvre de ces MacronLeaks ?
Le GRU russe, qui aurait hacké les boîtes mail, l’alt-right, l’extrême droite française… et 20 000 bots, des robots pilotés par intelligence artificielle. »

D’élection en élection, une lame de fond s’abat sur chaque citoyen : les réseaux sociaux nous manipulent et déchirent notre tissu social. De fait, la science révèle notre dangereuse inadaptation à la nouvelle donne numérique. Comment se prémunir des intoxications à l’heure du vote ? Une analyse stupéfiante doublée de pistes concrètes, tant individuelles que collectives, pour nous protéger et préserver nos démocraties.

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A lire... "Au cœur du Z" - Par Vincent Bresson, infiltré dans la campagne d'E Zemmour

17 Février 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Politique, #Médias

Me voilà intégré à une équipe fantôme » : les extraits d'un récit  d'infiltration dans l'équipe de Zemmour

« Au cœur du Z », le décryptage d’une stratégie numérique

Vincent Bresson, un journaliste indépendant de 27 ans, « jeune, blanc, et diplômé », dont le prénom a le bonheur de figurer dans le calendrier, constate en septembre 2021 la percée d’Eric Zemmour dans les sondages. Lui qui n’a jamais voté estime que « quelque chose se passe » et décide d’y aller voir. Il postule, sous un faux nom, à Génération Z, et est introduit trois semaines plus tard dans le mouvement.

Le jeune homme colle des affiches, côtoie d’autres militants, cherche à comprendre leurs motivations. Il sursaute lorsque certains cadres parlent devant lui de « Nègres » et observe – le plus souvent d’assez loin – les hauts responsables de l’équipe de campagne. Lorsqu’on lui confie, pour la nuit, la surveillance du quartier général du mouvement, à Paris, il n’en profite pas pour fouiller le bureau d’Eric Zemmour. « Je ne suis pas un espion », écrit Vincent Bresson, qui lit l’historien maurassien Jacques Bainville (1879-1936) pour se mettre à jour.

L’apport majeur de cette plongée chez les partisans du candidat d’extrême droite tient surtout dans le décryptage de leur stratégie numérique et son intégration à « la cellule WikiZédia », qui entend « zemmouriser » les pages Wikipédia.

« Au cœur du Z », de Vincent Bresson (Editions Goutte d’or, 302 pages, 18 euros)

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EXTRAITS

Je viens de rejoindre un nouveau groupe de travail nommé « WikiZédia ». J’avais repéré cette initiative début octobre [2021], sur le canal Telegram « Groupe de discussion », ouvert à 1 400 personnes. Un membre proposait de « Contribuer à Zemmour & Wikipédia : ajouter du contenu qui concerne Zemmour, compléter et rectifier si nécessaire. = > contacter @Choucroutegourmande ».

Je contacte @Choucroutegourmande, le 10 novembre, lui signifie mon envie de contribuer, et me voilà intégré à WikiZédia. Une fois de plus, personne ne vérifie mon identité. Et là, c’est vertigineux : j’ai désormais accès à des stratégies et à des tactiques officieuses, non assumées publiquement.

Cette petite cellule de militants pro-Zemmour ne se réunit jamais physiquement. Les « wikizédiens » se coordonnent uniquement par Internet et échangent à travers différentes messageries. Ils sont huit à converser sur Discord et onze à échanger sur Telegram, principalement les mêmes personnes. (…)

Dans la conversation Telegram, un certain Gabriel se présente comme chargé de la page Wikipédia du Z. Il distille ce conseil : « Pour gagner en crédibilité et imposer ses choix éditoriaux, il ne faut pas paraître orienté. » Ce Gabriel précise en quelque sorte la ligne éditoriale à respecter, une sorte de travail d’équilibriste où, pour pouvoir orienter le contenu, il faut disposer de sources crédibles, ne pas s’appesantir sur un point de détail (donc respecter une règle de proportionnalité) et éviter de se faire révoquer par d’autres contributeurs de l’encyclopédie en ligne, qualifiés par Gabriel de « gauchistes qui polluent la page ».

(...)

A quoi peut bien servir ce travail de fourmi ? Gabriel donne la réponse : « Ne lâchez pas la page du Z, qui est encore vue 50 000 fois par jour (émoticône biceps gonflé). » 50 000 vues par jour. D’après les chiffres fournis par la Wikimedia Foundation, la page « Eric Zemmour » est la plus consultée de France sur l’année 2021. Et de loin : 5,2 millions de pages vues. En seconde position, il y a « Elizabeth II » (4,5 millions), puis « Cristiano Ronaldo » (3,9 millions). Plus la campagne s’intensifiera, plus ce chiffre risque d’être élevé. Voici donc l’enjeu central de cette opération : le contrôle de la « vérité » en ligne. (…)

Cette guerre numérique est patronnée par un certain « Samuel ». Dans les conversations, les membres du projet WikiZédia disent prendre leurs directives auprès de lui. S’il n’y a pas de « Samuel » sur Discord, il y en a bien un, surnommé « Grand Chef », sur la conversation Telegram, et il est loin d’être un inconnu. Son nom apparaît un peu plus loin en entier : Samuel Lafont. A 33 ans, il est le patron de la stratégie numérique de la campagne d’Eric Zemmour.

Dans une conférence à usage interne de Génération Z, à laquelle j’ai pu avoir accès, Samuel Lafont retrace lui-même une partie de son parcours militant, notamment à l’UNI, le syndicat universitaire de droite, qu’il décrit comme son « école de formation ». Il explique y avoir gravi tous les échelons. Il a d’abord créé une section de l’UNI ex nihilo à Nîmes, a continué son activisme à Montpellier et a fini par être élu au conseil national des étudiants de ce syndicat, à Paris. (…)

Le 3 décembre 2021, à 00 h 05, Gabriel- « Cheep » intervient sur la page Wikipédia consacrée à Eric Zemmour. Il ajoute des portraits photo du maréchal Pétain et de Pierre Laval, chef du gouvernement sous le régime de Vichy. Sous les photos, « Cheep » rédige la légende suivante : « Philippe Pétain et Pierre Laval, dont la responsabilité dans la Shoah en France est sujette à débat. » Une affirmation totalement fausse.

(…) Un autre utilisateur de Wikipédia (dont le pseudo est « Lefringant ») annule une première fois la modification mensongère de Gabriel- « Cheep », une minute seulement après sa publication. A 00 h 10, « Cheep » revient à la charge en indiquant « Images appropriées ». « Lefringant » annule de nouveau la modification en commentant : « L’image peut-être, la légende absolument pas ». « Cheep » passe en force en disant : « Il suffit de lire l’article sur Laval. » « Lefringant » annule de nouveau. Une administratrice de Wikipédia (dont le pseudo est « Bédévore ») intervient pour stopper la « guerre d’édition ». Elle immobilise cette page pendant vingt-quatre heures, sans la légende de « Cheep ».

Le lendemain, plusieurs contributeurs expérimentés reprochent à Gabriel- « Cheep » ses modifications contraires à la neutralité de point de vue, l’un des principes fondateurs de Wikipédia. Un administrateur propose un blocage d’une semaine pour « Cheep ». Pour se défendre, « Cheep » demande à ce que l’on suppose sa bonne foi, autre règle fondamentale sur Wikipédia. Il écrit : « Pas de procès d’intention. Il s’agit de l’article consacré à Zemmour, donc il me semblait relativement évident que la légende concernait son avis sur le sujet. » En tant que contributeur expérimenté, il sait pourtant que sa légende ne présentait nullement un point de vue, mais une affirmation générale. Son ancienneté le sauve, il n’est pas bloqué. Sa modification est néanmoins masquée pour « contenu illégal ».

(…)

Le 17 décembre, Samuel Lafont intervient en direct sur la messagerie Discord de Génération Z. La discussion s’intitule « Conférence sur la mobilisation ». Le directeur de la stratégie numérique d’Eric Zemmour parle durant trois quarts d’heure, puis répond à quelques questions de militants. Cette conférence a été enregistrée par un militant et publiée sur YouTube, mais la vidéo a très vite été basculée en un lien privé. J’ai pu la sauvegarder pendant sa courte existence (environ quarante-huit heures) en accès libre.

(...)

En fin de journée, le fameux « Yann », responsable des actions Facebook, m’envoie un message. « La stratégie que l’équipe de Zemmour veut mettre en place est d’investir le plus de groupes Facebook possible sur tous les thèmes et de publier sur ces groupes, commenter les publications avec du contenu sur Zemmour. Je vais t’envoyer une liste de catégories de groupes, pourrais-tu m’en donner trois ? Et je t’enverrai un ensemble de groupes à intégrer et sur lesquels publier. »

Depuis son profil Telegram, où « Yann » porte chemise blanche et cravate, il m’envoie un document listant les 97 thèmes ciblés : « Laurent Wauquiez », « Bonapartistes », « Natio-Poutine », « Juifs », « Musulmans », « Antivax », « Johnny », « Pêcheurs », « Coluche », « Pékin Express », « Cosmétique » ou encore « Pizza ». J’opte pour un choix éclectique : « Mylène Farmer », « Gauchos » et « Foot ».

Dans la foulée, « Yann » m’envoie des liens de groupes liés à mes thèmes : « La France insoumise », « Contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes », « Avec Philippe Poutou », « Anticapitaliste », « Ecosocialiste », mais aussi « RC Lens », « Si toi aussi tu es supporter du Racing Club de Lens et fier de l’être », « Olympique lyonnais », « Olympique lyonnais Fans », « Olympique lyonnais à vie », ou encore « Mylène Farmer-Le Groupe, Fans de Mylène Farmer », « Mylène Farmer : le mythe français ». Pour les groupes d’extrême gauche, l’idée est sûrement de susciter un maximum de réactions. Côté foot, le choix de cibler Lens est-il lié au fait que ce club populaire évolue dans un bassin où le vote pour le Rassemblement national est fort ? Et pour Lyon, est-ce parce que le club est réputé avoir une frange de ses supporteurs estampillée « extrême droite » ? (…)

« Yann » m’envoie un dernier message, qu’il avait déjà publié sur la discussion « Action Facebook » : « Sur ces groupes, il faut que vous publiiez à fond du contenu sur EZ [Eric Zemmour] et commentiez les publications avec des liens vers le site d’EZ, des vidéos, lien vers l’adhésion. » Il conseille de poster massivement, de faire des copier-coller avec les contenus partagés sur « J’agis pour Zemmour », voire de publier le même post sur vingt groupes. Et si on finit par se faire virer d’un groupe ? « Vous me le dites, et je vous en envoie un [autre]. » (…)

L’obsession de Samuel Lafont : saturer les réseaux sociaux et parfois même l’espace médiatique. Donner l’impression que des vagues spontanées se créent chaque fois. C’est la même idée avec la création de sites Internet annonçant des soutiens émanant de diverses professions (les agriculteurs, les maires, les profs, les avocats, les militaires…) : laisser entendre qu’une lame de fond extrêmement large pousse la candidature d’Eric Zemmour. En réalité, ces mouvements sont coordonnés. La dynamique Zemmour sur Internet est donc, du moins en partie, artificielle et à mettre au crédit de ces stratégies souterraines.

« Au cœur du Z », de Vincent Bresson (Editions Goutte d’or, 302 pages, 18 euros)

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A voir... "Media Crash : qui a tué le débat public ?" - Au cinéma le 16 février

16 Février 2022 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Médias

Il y a ce que vous voyez, ce que certains souhaitent que vous voyiez, et ce que vous ne voyez pas. Jamais la France n’a connu une telle concentration des médias privés. Quelques industriels milliardaires, propriétaires de télévisions, radios,  journaux utilisent leurs médias pour défendre leurs intérêts privés. Au détriment de l'information d’intérêt public.

 

En cachant ce qui est essentiel, en grossissant ce qui est accessoire, ces médias façonnent, orientent, hystérisent pour certains le débat. Les grands perdants sont les citoyens.

 

Les journalistes de Mediapart et de Premières Lignes s’associent pour raconter la coulisse des grands médias. Révéler des censures et des auto-censures. Des journalistes témoignent de pressions. Entre influence et agenda politique de moins en moins caché. Avec la complicité de certains responsables politiques, qui s’en accommodent volontiers, quand ils n’exercent pas des pressions eux-mêmes.

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Un professeur cartonne dans un jeu télé, ses élèves privés de cours

13 Février 2022 , Rédigé par Capital Publié dans #Education, #Médias

https://media.sudouest.fr/8431286/1200x-1/mdm-ldcm-22-4178-dif-le-21-01-22-laurent.jpg

Laurent Ducourneau est devenu une star du jeu de Tf1 "Les Douze coups de midi", comptant des milliers d'euros de gains depuis plus d'un mois, mais personne ne l'a remplacé dans son lycée.

C'est l'histoire d'une success story qui n'en est pas vraiment une pour les élèves de d'un lycée de Libourne (Gironde). Comme l'a révélé Sud Ouest, relayé par France Bleu, Laurent, comme il est appelé sur TF1, est devenue une figure des Douze coups de midi, le célèbre jeu présenté par Jean-Luc Reichmann. Le gagnant actuel de l'étoile est encore loin des grandes figures de l'émission, à commencer par Bruno et ses 252 participations, pour plus d'un million d'euros de gains. Pour le moment, avec ses 30 victoires, il est classé à la 37e position, mais totalise déjà de son côté plus de 155.000 euros de gains.

Une réussite donc. Sauf que Laurent Ducourneau est professeur dans la vraie vie, de philosophie précisément. Comme nos confrères le rappellent, si sur le plateau l'animateur Jean-Luc Reichmann est dithyrambique sur son poulain, estimant que "les élèves sont comme des fous à Bordeaux et ailleurs", à Libourne, la musique n'est pas la même. Des parents commencent à s'inquiéter à quelques semaines du baccalauréat.

Retour à la rentrée ?

Car depuis trois semaines, Sud Ouest nous informe que le rectorat n'a pas trouvé de remplaçant à Laurent Ducourneau. Donc les élèves n'ont pas cours de philosophie depuis. Comme il a pris un congé sans solde, le rectorat se retrouve coincé. Néanmoins, pas de craintes, puisque les cours ratés vont pouvoir être rattrapés, assure-t-on du côté de l'académie. Quant à Laurent Ducourneau, il sera de retour après les vacances d'hiver de février. Reste à savoir maintenant à quel stade du jeu il s'arrêtera. Pour rentrer dans le top 10 des plus grands gagnants du jeu de TF1, il lui faudrait rester encore plus d'un mois. Réponse dans les jours à venir.

Xavier Martinage

Un professeur cartonne dans un jeu télé, ses élèves privés de cours - Capital.fr

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Quand le CNRS passe Cyril Hanouna au crible - Vidéo - France Inter

13 Février 2022 , Rédigé par France Inter Publié dans #Médias

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