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Vivement l'Ecole!

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«Désinfosphère» : Internet dans le facho business

19 Octobre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique, #Médias

Twitter : un espace numérique entre débat public et propagation d'idées  extrémistes – salle 421 – Master de communication politique et publique en  France et en Europe

«Libération» a identifié plus d’un millier de sites complotistes en France. Certains d’entre eux génèrent d’importants revenus grâce à des audiences colossales. Jackpot pour leurs propriétaires, qu’ils soient groupes politiques, Etats étrangers ou particuliers.

Plus de 33 millions de visites par mois. Ce chiffre hallucinant est celui des visites cumulées du seul top 10 des sites internet de désinformation en français recensés par Libération. Au total, après plusieurs mois d’enquête, ce sont plus d’un millier de plateformes en activité que nous avons pu identifier, allant du blog pas si confidentiel au site dont l’allure professionnelle peut tromper un œil non averti. Impossible de calculer précisément le nombre total de Français pris dans les filets de cette «désinfosphère». Mais un autre chiffre frappe : les 100 plus importantes de ces plateformes totalisent au bas mot 60 millions de visites et 150 millions d’articles consultés chaque mois, selon les données accessibles publiquement. C’est l’équivalent de l’audience (calculée par l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias) des sites de Libé, le Point, France Bleu et Europe 1… réunis.

«Pansionisme» et «complot» du 11 Septembre, Eric Zemmour et le professeur Raoult, prétendu grand remplacement, mesures sanitaires comparées à des «crimes contre l’humanité», «nanoparticules» dans les vaccins contre le Covid-19… Parcourir ces sites est une plongée dans ce qui se fait de pire en matière de fausses informations. Un contenu qui oscille entre titres accrocheurs, petites manipulations et gros mensonges, et qui viendra ensuite inonder les réseaux sociaux.

Ciblage des internautes

Un documentaire de Complément d’enquête (diffusé en septembre sur France 2) a mis en exergue les revenus parfois importants que peuvent dégager ces plateformes. Car «elles exploitent, si ce n’est détournent, les outils de publicité ciblée sur Internet», explique à Libé Nicolas Lebrun, fondateur de l’entreprise Ad Safe as Possible, spécialiste de la protection d’image de marque contre ces discours. Il ajoute que «pour le moment, le marché est relativement neuf et les annonceurs ou prestataires n’ont pas encore pris la mesure du sujet».

La technique tout d’abord. La publicité en ligne fonctionne désormais massivement sur le ciblage des internautes via des outils automatisés, appelés «programmatiques». Concrètement, une marque indique à ses prestataires qu’elle souhaite, par exemple, toucher les hommes âgés de 25 à 35 ans, urbains, de région parisienne, passionnés de tennis et plutôt diplômés du supérieur – autant d’éléments connus grâce aux cookies internet notamment. La machine fait le reste : les encarts publicitaires de ladite marque sont diffusés aux internautes collant à ces critères, quel que soit le site sur lequel ils se trouvent.

Une révolution : les marques n’achètent plus une pub dans un titre de presse précis ou sur le panneau d’une ligne de bus présélectionnée, mais elles ciblent désormais des personnes (ou plutôt des groupes de personnes) sans se préoccuper du support de diffusion. Selon la réglementation, les prestataires doivent lister, pour leurs clients, les sites sur lesquels leurs publicités sont diffusées. Mais en pratique, ce n’est pas souvent le cas, nous glisse une source interne à une entreprise spécialisée. Dès lors, il est difficile pour une marque de savoir avec précision où est visible sa pub.

Administrations ou entreprises privées peuvent ainsi se retrouver exposées sur des sites haineux ou complotistes. A l’image, comme a pu le constater Libération, de ces campagnes de recrutement pour l’armée de terre diffusées sur des plateformes ouvertement racistes ou dénonçant la «franc-maçonnerie luciférienne»… «Ces sites se jouent des outils de détection sémantique des discours haineux qui ne peuvent analyser la zone grise, celle où on use de périphrases pour tenir des propos qui tombent sous le coup de la loi, explique Nicolas Lebrun. Quant aux fake news, aucun outil sémantique ne peut les repérer avec certitude : il faut des moyens humains.»

Une manne bien identifiée

Marques ou intermédiaires mis face à cet état de fait par Complément d’enquête ont eu tendance à botter en touche, mais certains ont préféré assumer. Comme ce haut fonctionnaire du fisc qui, sous couvert d’anonymat, a répondu en substance que son sujet n’était pas de contrôler où sont diffusées ses pubs, quand bien même elles financeraient des sites de désinformation, mais de faire payer leurs impôts aux contribuables.

Une manne qu’ont bien identifiée les acteurs de la désinfosphère. Tel ce site américain fort de dizaines de millions de visites mensuelles dont Complément d’enquête a estimé le revenu publicitaire à 200 000 euros par mois. C’est aussi la foule de plus petites plateformes identifiées par Libé qui, en France, monétisent leurs pages pour des revenus certes bien inférieurs, néanmoins intéressants à l’échelle d’un particulier.

Si les standards de rémunération du marché sont très variables en fonction de la qualité de la publicité diffusée, l’IAB France, une association de professionnels du secteur, a calculé que le revenu moyen est de 96 centimes pour mille impressions d’un encart publicitaire (le nombre de fois où il est «vu»). Un site qui enregistre un million d’impressions par mois peut donc espérer générer entre 900 et 1 000 euros de chiffre d’affaires mensuel. L’estimation est basse, compte tenu de ce que confirme en off l’administrateur d’un de ces sites que nous avons pu contacter. Or nous avons identifié plus d’une quarantaine de sites qui dépassent ce seuil, certains montant même beaucoup plus haut, avec deux, trois, quatre et jusqu’à près d’une dizaine de millions de pages vues. Jackpot.

«La séquence pandémique a accéléré la diffusion de toutes les théories complotistes, celles liées au Covid-19 comme celles du “complot juif”. Ça a été une opportunité inédite pour la désinfosphère de pousser ses contenus». —  Tristan Mendès France, maître de conférences associé à l'université Paris-Diderot

Des revenus qui permettent aux acteurs de la désinfosphère de se professionnaliser et d’accroître encore une influence déjà loin d’être négligeable. Par exemple, si la pseudo-théorie du «grand remplacement» truste désormais les plateaux de télévision, ce concept est en réalité réapparu sur les sites d’extrême droite il y a quelques années, notamment à travers la figure de Renaud Camus. La désinfosphère a ensuite donné de la visibilité à son discours raciste, le répandant dans des cercles de moins en moins confidentiels au point qu’il est désormais porté par un quasi-candidat à l’élection présidentielle.

«Il est parfois difficile de traduire l’effervescence en ligne dans le réel. Toutefois ,le film Hold-Up, qui a incubé dans les marginalités de la désinfosphère et qui est subitement devenu un objet médiatique, n’aurait intéressé que quelques milliers de personnes sans accélération algorithmique et militante. Grâce à l’audience des sites qui en ont fait la promotion, des centaines de milliers de personnes ont pu le voir», explique Tristan Mendès France, maître de conférences associé à l’université Paris-Diderot et observateur du conspirationnisme. Mais c’est aussi l’exemple du rôle joué par la désinfosphère américaine dans l’accession au pouvoir de Trump.

Participation de puissances étrangères

Les acteurs de la nébuleuse de la désinformation française vont du quidam convaincu (que ce soit de l’existence des Illuminati ou des «dangers» des vaccins) jusqu’aux mouvements politiques radicaux et collectifs covidosceptiques. Les seuls qui ont accepté de répondre à nos questions (sous couvert d’anonymat) sont des administrateurs de sites de taille relativement modeste. Certains jugent légitime de faire entendre un autre son de cloche que celui des médias mainstream ou veulent «accompagner et aider à l’éveil des consciences». D’autres encore considèrent qu’ils ne font que «présenter des informations […] et publier quelques articles polémiques brûlants du moment». Les créateurs de contenus ont souvent vu leur audience s’accroître avec le Covid-19. «La séquence pandémique a accéléré la diffusion de toutes les théories complotistes, celles liées au Covid-19 comme celles du “complot juif”, explique Tristan Mendès France. Ça a été une opportunité inédite pour la désinfosphère de pousser ses contenus.»

On retrouve également des puissances étrangères qui participent à l’orientation de l’opinion publique comme les médias d’origine russes Sputnik et RT France, qui ont déjà été pointés du doigt jusqu’au plus haut niveau de l’Etat. Mais aussi l’Iran, avec la version francophone du site Pars Today (5 millions de pages vues en août), qui expliquait par exemple début octobre que les Etats-Unis transféraient des djihadistes de Syrie vers l’Irak pour «mettre sur pied une deuxième génération de Daech» ou encore qu’Israël préparerait la France à une «guerre contre l’Algérie» à travers la candidature… d’Eric Zemmour.

Du côté des acteurs politiques, que ce soient Egalité et Réconciliation (près de 20 millions de pages vues par mois), Fdesouche (8,3 millions), Boulevard Voltaire (5 millions), Riposte laïque (3 millions) ou bien d’autres, l’objectif est évidemment de peser sur le «combat culturel», cette «métapolitique» que portait le Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne. Cette fachosphère (qui préférait l’appellation «réinfosphère» et cherche maintenant à se faire appeler «presse alternative») manipule l’information pour imposer son constat d’une France qui serait menacée de disparition sous les coups de boutoir de musulmans, présentés dans leur ensemble comme «colonisateurs», d’un pouvoir en place dictatorial à la solde des juifs ou d’une guerre civile (pardon, «de civilisation») inéluctable.

Des discours de haine dont le mécanisme consiste à instrumentaliser le moindre fait ou à présenter comme des vérités les déclarations venues de leur camp. A noter que, par exemple, Boulevard Voltaire est reconnu comme un service de presse d’information politique et générale par la Commission paritaire des publications et agences de presse.

C’est aussi le cas de FranceSoir, autrefois grand titre de presse et désormais pointé du doigt pour sa désinformation liée au Covid-19. Le site est devenu un acteur majeur de ces fausses informations, présentées tantôt comme des «points de vue», tantôt comme des vérités scientifiques (alors que décriées par les experts. Le site vivait de la publicité avant que Google ne lui ferme l’accès à son outil dédié, quasi monopolistique sur le marché, et s’est tourné vers les dons défiscalisés, récoltant des centaines de milliers d’euros. Au total, des dizaines de sites promouvant la «fakemed» (pour «fausse médecine») ont conquis en quelques mois une forte audience en ligne et une influence qui s’est matérialisée dans la rue avec l’affluence des débuts des manifestations anti-pass sanitaire.

Maxime Macé et Pierre Plottu

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Le Système B. L'information selon Vincent Bolloré - Vidéo

14 Octobre 2021 , Rédigé par Reporters sans frontières Publié dans #Médias

 
Dans ce court documentaire produit par Reporters sans frontières (RSF), 11 journalistes témoignent des méthodes utilisées par l’homme d’affaires Vincent Bolloré lorsqu’il prend le contrôle d’un média ou lorsque des journalistes enquêtent sur ses activités industrielles. Ces pratiques représentent un véritable danger pour la liberté de la presse, mais aussi pour la démocratie.
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A lire: "Les algorithmes font-ils la loi" - Aurélie Jean (+ video)

8 Octobre 2021 , Rédigé par GQ Publié dans #Médias

Les algorithmes font-ils la loi ? - broché - Aurélie Jean - Achat Livre ou  ebook | fnac

EXTRAITS

Les téléspectateurs de C à vous totalement scotchés par les révélations de la célèbre scientifique Aurélie Jean sur l'effet bulle des algorithmes des réseaux sociaux qui provoque une mauvaise observation du monde qui nous entoure

Aurélie Jean était dans “C à vous” le 7 octobre pour parler de son livre “Les algorithmes font-ils la loi ?”. Ses propos ont passionné les téléspectateurs. 

“C à vous” recevait jeudi 7 octobre Aurélie Jean, docteure en science numérique et entrepreneure. À 39 ans, elle est une scientifique réputée et ses paroles sont très écoutées notamment lorsqu'elles parlent des algorithmes. En 2019, elle avait publié le livre “De l’autre côté de la machine - Voyage d’une scientifique au pays des algorithmes” qui montrait la façon dont les algorithmes étaient biaisés et pouvaient provoquer des conclusions erronées voire des injustices. Un des exemples qu'elle cite : Amazon qui faisait son recrutement selon un algorithme entraîné “sur la base de données des embauches des dix années précédentes où la majorité des postes avaient été pourvus par des hommes, l’algorithme en a donc conclu, à tort, que les hommes étaient de meilleurs candidats.” Dans “C à vous”, Aurélie Jean venait parler de son nouveau ouvrage : “Les algorithmes font-ils la loi ?” sorti aux éditions de L'Observatoire.

(...)

“L'effet bulle c'est un effet théorisé par Eli Pariser qui était en fait l'idée que, sur les réseaux sociaux par exemple, on va statistiquement classer les utilisateurs dans des classes, en fonction de la similarité statistique de leur comportement et de leur profil explique Aurélie Jean. Ce qu'on va aimer, ce qu'on va partager, ce qu'on va écrire en commentaires, les gens qui nous suivent et les gens qu'on suit. On met dans des gens dans les classes mais j'ai envie de dire que c'est un algorithme classique que j'utilise moi-même dans mon travail, donc ce n'est pas un problème. Cela étant dit, lorsqu'on utilise ces algorithmes, on se sert de ces classes pour ensuite proposer des contenus, ciblés, parce qu'on va proposer des contenus que d'autres gens dans notre classe aiment. En théorie, on va aimer en retour. Cela étant dit, si on va trop loin, trop de manière extrême dans ces algorithmes et comment on va classifier les gens, on va créer des bulles, des classes rigides où des gens ne passent pas d'une classe à l'autre et restent dans leur bulle. On va créer une bulle d'opinion et d'observation parce qu'au final on va ne voir que le contenu que les gens de notre classe voit et donc on va observer le monde de manière biaisée et donc l'analyser également de manière biaisée, quitte à confirmer notre propre biais dans notre classe.” 

(...)

Lucie Laffon

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Dans "La République des hommes", Gabrielle Siry-Houari raconte comment le sexisme, en politique et dans les médias, a des conséquences concrètes.

7 Octobre 2021 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Politique, #Médias

Gabrielle Siry-Houari boycotte Cnews et l'émission de Pascal Praud y est pour beaucoup

Dans "La République des hommes", Gabrielle Siry-Houari raconte comment le sexisme, en politique et dans les médias, a des conséquences concrètes.

SEXISME - “J’ai eu le sentiment de découvrir le poids du sexisme en arrivant dans les sphères de pouvoir, ou en tous cas en les côtoyant”, raconte Gabrielle Siry-Houari. Dans son livre “La République des hommes” (éditions Bouquins), la maire-adjointe du 18e arrondissement de Paris et porte-parole du PS dénonce ce qu’elle appelle le “patriarcat libéral”. 

“C’était d’une certaine manière un choc, surtout dans le milieu médiatique. L’impression de tomber de haut, raconte-elle. J’ai le sentiment qu’il y a une espèce d’attente - qui est tout à fait légitime - de ces sphères de pouvoir pour qu’elles soient exemplaires et qu’en fait c’est l’inverse qui se produit.”

Son récit démarre en 2015 à Bercy. Elle intègre le Ministère de l’Économie et des Finances comme conseillère au secrétariat d’État au numérique et à l’innovation. Mais la difficulté principale, selon ce qu’elle décrit, c’est le sexisme ordinaire. Elle a alors 25 ans, 90% de ses interlocuteurs sont des hommes. Son quotidien est alors ponctué de “manterrupting” et de dénigrement des hommes qui composent son entourage professionnel.

“Si le sexisme continue de sévir dans les sphères de pouvoir où se prennent les décisions pour notre vivre-ensemble, où s’élaborent les lois et s’organise le débat au sein de l’espace public dans les médias, il y a moins de chances que la situation de l’ensemble des femmes s’améliore, regrette-t-elle. Même constat sur les violences: comment escompter une lutte appropriée contre les violences sexuelles si ceux qui les commettent composent aussi les sphères de pouvoir?”

Ce sexisme lié au pouvoir, elle le retrouve lorsqu’elle se rend sur certains plateaux télé. Elle consacre un chapitre de son livre à la responsabilité de certains médias dans “l’hystérisation” du débat public. Elle est devenue porte-parole du PS et se souvient très bien de ses différents passages sur CNews et en particulier dans l’émission de Pascal Praud, “L’heure des pros”.

“Un troupeau d’hommes sexagénaires et fortunés”

À plusieurs reprises, elle tentera de défendre son propos, sans succès. “La première fois, j’y ai subi les tentatives d’infantilisation de Frédéric Mitterrand qui mimait l’émerveillement devant mon joli cahier”, raconte-t-elle (voir la vidéo ci-dessus). Avant d’y noter “vous êtes exquise” et son numéro de téléphone et de s’en vanter en direct.

“Vous êtes tout de suite infériorisée et ensuite c’est plus difficile, il faut déployer beaucoup plus d’efforts, pour avoir une parole politique crédible et forte, explique-t-elle au HuffPost. Et on comprend qu’en fait, vous n’êtes pas là pour ça.”

Mais c’est surtout le sexisme et le paternalisme de Pascal Praud qui la décidèrent à boycotter l’émission et même la chaîne. “Ces émissions, très organisées, bien qu’elles s’apparentent à une foire d’empoigne, s’assimilent donc à une arène dans laquelle une femme - parfois un homme, aux opinions ou à la sociologie minoritaires - est jetée en pâture à un troupeau d’hommes sexagénaires et fortunés” décrit-elle.

Des matchs “perdus d’avance” qu’elle a désormais décidé de boycotter. “On ne gagne pas grand chose et au contraire, on contribue à légitimer ce genre d’espace médiatique problématique, qui n’est pas un espace de débat neutre”, conclut-elle.

Lucie Hennequin

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Revue de Presse Education...

27 Septembre 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education...

Au sommaire cette semaine : du bien-être mal perçu, des failles dans le système, le gymkhana de l’enseignement supérieur, l’école interdite pour les filles afghanes et des élèves du Nigéria, et une invitation à la créativité collective.

Entre déclaration du ministre et protestation des personnels de l’éducation : « je t’aime, moi non plus »

Les personnels de l’éducation battaient le pavé ce jeudi. « L’intersyndicale FSU – FO – SUD – CGT Educ’Action demande « un plan d’urgence dans l’éducation » et dénonce « une rentrée de nouveau marquée par une absence d’anticipation ». Selon les syndicats, l’école est mise « à rude épreuve », en raison de la crise sanitaire. » explique Sud-Ouest. Le décevant Grenelle de l’éducation n’a pas adouci la colère des enseignants qui attendent désespérément le dégel du point d’indice des fonctionnaires. Le système éducatif se dégrade, les inégalités face à la réussite scolaire sont criantes, aggravées encore par les périodes successives d’école confinée. La longue liste de revendications n’a pourtant pas attiré les foules, avec « des taux de grévistes de 3,96 % dans le primaire et 6,19 % dans le secondaire, selon le ministère, mais de respectivement 15 % et 32 % d’après les syndicats. » peut-on lire dans Le Monde. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, temporise dans le même quotidien : « Toutes ces actions de rentrée traduisent la colère, l’amertume et l’agacement après cinq années très difficiles pour les personnels, confrontés à une avalanche de mesures qui ont dénaturé leur métier et affaibli le service public d’éducation. »

France 3 Provence Alpes Côte d’Azur est allée voir les manifestants marseillais dont la colère s’est corsée depuis les annonces du Président de la République sur le futur recrutement des enseignants par les directeurs d’école. « Ce qu’on veut vraiment faire comprendre au président de la République, c’est qu’une école ne se gère pas comme une entreprise du CAC 40 », résume Virginie Akliouat, secrétaire générale du SNUIPP des Bouches-du-Rhône.  « Le président de la République a donné le cap à Marseille le 2 septembre en annonçant une véritable libéralisation de l’école publique avec des directeurs choisissant les professeurs et disposant des rythmes scolaires et même des enseignements. La loi Rilhac est un premier pas. Elle fait des directeurs d’école de vrais supérieurs hiérarchiques mais ne disposant ni de la formation ni du statut protecteur vis à vis de leur supérieur immédiat (l’IEN). » explique François Jarraud dans le Café Pédagogique. A noter que la contestée loi Rilhac est adoptée au Palais Bourbon, deux ans quasiment jour pour jour après le suicide de Christine Renon dont le souvenir est fortement présent dans les esprits des enseignants et dans les cortèges.

Ministre incompris ?  Jean-Michel Blanquer affirme  au micro d’Elisabeth Martichoux sur LCI « Le bien-être des professeurs c’est mon but ». Dis tonton prof, pourquoi tu tousses ? Les bonnes intentions énoncées par le ministre semblent se traduire par des actes ressortant de l’amour vache, en particulier pour le secondaire.  « On supprime des postes alors que la démographie augmente dans les collèges et les lycées. Mais on ne peut pas bien faire son travail quand on a deux ou trois classes en plus, poursuit le secrétaire général du FSU. Et aujourd’hui, la classe à 37 élèves est devenue quasi la norme, notamment en première et terminale.», peut-on lire sur le site de Libération.

Illustration de Fabien Crégut

Ellen Salvi a lu l’ouvrage du ministre et en souligne l’autosatisfaction dominante sur le site de Mediapart.  « Exercice d’autosatisfaction oblige, le ministre de l’éducation nationale n’avait plus assez d’encre pour rappeler les manquements de son administration, les bugs des outils numériquesla solitude des enseignants, leur accès tardif à la vaccination, ou encore le creusement des inégalités scolaires. Trop occupé à se désoler des critiques qui « prennent le chemin de la facilité » et à esquisser sa vision d’une école du futur, guidée par un impératif de compétitivité, il en oublie d’écouter les opinions qui traversent le monde éducatif. »

Remettre le métier à l’ouvrage … politique

« Qui va gagner le million (de voix de profs) : guerre de com’ sur le salaire des enseignants »le titre choisi par Lucien Marboeuf pour son article de blogest particulièrement percutant et pertinent, le contenu de l’article aussi. « Bienvenue au pays de l’esbroufe. » écrit-il en décryptant les annonces des différents camps, entre « revalorisation historique de cacahouètes », promesse d’augmentation fracassante et répliques en tous genres, le tout en concomitance avec un rapport de l’OCDE qui affiche des chiffres accablants. « En France, le cout d’un prof des écoles est de 2092 $ par élève, contre 3680 $ en moyenne dans l’OCDE, 3881 $ en Espagne et 5097 $ en Allemagne. Un prof de collège français coute 2843 $ par élève, contre 3680 $ en moyenne dans l’OCDE, 5209 $ en Espagne et 6514 $ en Allemagne. » L’heure est à la pêche aux voix en vue de l’élection présidentielle. « Dites, les collègues, vous ne vous sentez pas instrumentalisés, au final ?… », conclut le professeur des écoles bloggeur.

Le sociologue François Dubet explore pour Alternatives Economiques les questions laissées en suspend par la promesse d’Anne Hildago de doubler les salaires des enseignants. « Il faudrait dire ce qui serait attendu « en échange » d’une élévation aussi radicale des salaires : engagement dans la vie des établissements et des activités tenues aujourd’hui pour périscolaires ? Allongement du temps scolaire pour les élèves et pour les maîtres ? Changement dans les modes d’affectation des enseignants dans les établissements ? Obligation de formation continue des maîtres ? Ou que sais-je encore ? ». Claude Lelièvre, dans son blog, rappelle d’autres revalorisations annoncées dans un passé proche. « L’annonce faite par Anne Hidalgo en est une, et de taille. Mais il y en a eu d’autres, qui méritent d’être rappelées même si on les a quelque peu oubliées, bien à tort. Car elles donnent à réfléchir dans notre situation complexe actuelle. » « La question des salaires des enseignants est centrale mais faut-il focaliser le débat sur seulement ceux-ci ? » s’interroge le sociologue Pierre Merle en soulignant lui aussi les interrogations qui se posent dans le sillage de la proposition de la maire de Paris.  Et parmi, les questions fondamentales, figure celle de l’attractivité du métier. « Dans les disciplines dites en tension, trop de postes aux concours du CAPES ne sont pas pourvus (7% en anglais, 12% en mathématiques, 14% en économie et gestion en 2020) (RERS, 2021). », des chiffres exposés par Pierre Merle pour illustrer la difficulté de recrutement. Violaine Morin, dans un article réservé aux abonnés , Le Monde, s’intéresse aux agrégés qui quittent le navire. « Quelques membres de ce « corps d’élite » des professeurs choisissent, temporairement ou définitivement, de renoncer à faire cours. Un phénomène que l’éducation nationale qualifie de « minoritaire ».

 Et pourtant : « Education : La richesse de l’école ce sont les profs, non pas les tuyaux ! ». L’affirmation est de Dominique Wolton lors de l’ouverture de la dernière édition de Ludovia. « Face à l’injonction de s’adapter toujours plus aux techniques de la communication numérique, Dominique Wolton reconnaît aux enseignants un pouvoir de résistance, au moins passive. C’est d’abord parce que la relation pédagogique prévaut sur la technique. Mais, c’est aussi parce que l’école, plutôt que de chercher vainement à rattraper un hypothétique retard, doit transmettre le patrimoine de l’humanité. », relate Ludomag.  Oui, le métier d’enseignant est beau et mérité mieux qu’une surenchère électoraliste, il vaut bien un débat profond sur l’école.

Des brèches dans le système

Pendant ce temps-là l’école du en même temps s’infiltre dans les failles du système. Là, c’est l’association « Le choix de l’école » qui place dans les établissements scolaires de jeunes diplômés de grandes écoles pour des postes en CDD. « Sous couvert d’un discours généreux, Le Choix de l’école correspond bien à la vision d’Emmanuel Macron d’un système éducatif qu’il faudrait bousculer et « manager » à la façon d’un entrepreneur – vision qui a dicté aussi les annonces du président de la République sur la liberté de recrutement accordée à certains directeurs d’école de Marseille. », explique Fanny Marlier dans son article pour Mediapart. Un enseignant contractuel du  collège Vigo d’Epinay sur Seine a fait les frais de ce placement. « L’un de leurs collègues de mathématiques, contractuel depuis quatre ans dans l’établissement, a été remercié cet été, tandis qu’une débutante, diplômée d’une grande école ayant songé sur le tard à l’Éducation nationale, était recrutée pour enseigner les mathématiques », raconte le même article.

Ici, dans l’éducation prioritaire, c’est l’enseignement catholique qui prend place avec six établissements sous sa coupe, quitte à interpréter à sa façon le principe de laïcité, comme le raconte le Café Pédagogique. « La laïcité n’est pas l’absence de religions mais ce qui permet leur coexistence harmonieuse”, explique P Delorme. “Nous souhaitons vivre pleinement la laïcité mais en ayant quelque chose de différent à proposer”. Aussi l’enseignement catholique refuse les formations de l’éducation nationale “car on ne vit pas la laïcité de la même façon”. L’enseignement catholique développera ses propres formations. Elle sera proposée “à tous nos personnels éducatifs”.

Le premier ministre a quant à lui joué l’apaisement avec les réseaux d’écoles d’enseignement en langue régionale secoués par la décision au printemps du Conseil Constitutionnel de remettre en cause une grande partie de leur approche pédagogique. Opération de déminage de Jean Castex alors que, comme l’explique La Gazette des Communes, « Jean-Michel Blanquer et les réseaux associatifs s’opposent diamétralement sur la méthode pédagogique par immersion pratiquée depuis longtemps par les écoles privées et également, par un certain nombre d’enseignants d’écoles publiques bilingues, selon le chercheur Gwenole Larvol ».

 Les écoles Diwan ont essuyé les critiques de l’Inspection dans un rapport publié cet été « À la fin de l’été 2021, un rapport de l’Éducation nationale a fuité sur les réseaux sociaux. Son contenu en substance ? Les élèves de l’enseignement Diwan obtiennent de bons résultats, que ce soit en français ou en breton. Mais derrière ce constat positif, le rapport pointe du doigt l’illégalité de la méthode Diwan. Pour rappel, l’enseignement immersif consiste à faire l’école dans une langue. Soit le breton pour Diwan. Dans le rapport, les inspecteurs préconisent de baisser les heures d’enseignement en breton à la faveur du français : le nombre d’heures assurées en breton ne devrait à terme pas dépasser 12 heures ​par semaine, estiment-ils. », explique Ouest France qui signale au passage l’organisation d’une journée immersive par les écoles Diwan le 20 septembre . L’enjeu de l’enseignement d’une langue régionale, comme le breton, se situe également au niveau économique avec des emplois directement liés à la maîtrise de la langue. «  Brezhoneg = Postoù-Labour, langue bretonne = emplois ! » peut-on lire sur une pancarte dans une manifestation photographiée par Ouest-France.

Du côté de l’enseignement supérieur

« Un total de 239 bacheliers, contre 591 l’an dernier, sont encore sans affectation à l’issue de la procédure Parcoursupa indiqué ce mercredi 22 septembre le ministère de l’Enseignement supérieur. », relaie France BleuL’Etudiant modère le constat en indiquant : « Mais tous les candidats n’ont pas obtenu satisfaction : le 16 juillet 2021, deux mois avant la fin de la procédure complémentaire, au moins 31.512 candidats avaient quitté la plateforme sans avoir reçu de proposition de formation. »

Camille Peugny, professeur de sociologie, dresse un plaidoyer pour les premiers cycles universitaires dans un article (réservé aux abonnés) disponible sur le site d’Alternatives Economiques“Au cours des vingt dernières années, le nombre d’étudiantes et d’étudiants dans l’enseignement supérieur a augmenté de plus de 600 000 pour atteindre près de 2,8 millions en 2020. Parmi ces derniers, 60 % sont inscrits à l’université – cette proportion n’a diminué que de quatre points depuis 2000 –, tandis que les autres établissements continuent d’accueillir des fractions relativement modestes des nouvelles cohortes étudiantes.”

Une fois le premier cycle franchi, le parcours du combattant continue pour accéder en Master. Ainsi, à Montpellier, « entre l’université Paul-Valéry et les “sans master”, la tension monte », relate le Midi Libre. « Avoir sa licence ne garantit pas la poursuite de ses études en master. Lors de cette rentrée universitaire, un peu partout en France, des milliers d’étudiants se retrouvent dans cette impasse. À Montpellier, ils seraient plusieurs centaines. Depuis la réforme des masters en 2016, ce sont en effet les universités qui fixent leurs capacités d’accueil et leurs critères de sélection. Et il n’y a pas assez de place pour tous les étudiants qui y ont théoriquement le droit de poursuivre leurs études. »

« Vacataires de l’enseignement supérieur : des profs attendent d’être payés depuis un an », titre RTL sur son siteLa colère monte et le problème semble insoluble tant qu’une disposition réglementaire ne sera pas prise.  « Comment expliquer de tels retards dans le versement de leur salaire ? Deux raisons. Il y a d’abord une bizarrerie du statut qui prévoit des payes trimestrielles, parfois même après la fin du contrat. Et il y a surtout une lourdeur administrative terrible qui ajoute des mois de retard au retard. »

L’école ailleurs

« Les Afghanes disparaissent de l’espace public dans leur pays, derrière des burkas », RFI illustre ce sinistre contrat avec le témoignage de Farshi âgée de 26 ans. « Une de mes soeurs est en 3e, donc elle est à la maison puisqu’elle n’a plus le droit d’aller à l’école, raconte-t-elle, jointe par Carlotta Morteo, du service International de RFI. Nous sommes très tristes, parce qu’elle va rester sans instruction, alors qu’elle est très intelligente, elle est la deuxième de sa classe. Tout ce qu’elle peut faire, c’est étudier les livres à la maison. » Face à cette relégation des femmes, la solidarité s’organise.  « La colère gronde dans les rangs des étudiants Afghans. Sur les réseaux sociaux, des dizaines d’étudiants masculins témoignent de leur refus de retourner à l’école sans leurs camarades féminines. En effet, le vendredi 17 septembre dernier, le gouvernement taliban a publié un décret annonçant la réouverture des écoles secondaires pour “les élèves masculins et enseignants masculins”, laissant sur le carreau toutes les filles et femmes Afghanes. Les lycées et collèges pour filles demeurent donc fermés. » peut-on lire sur le site de la Dépêche

France 24 nous alerte : « Au Nigeria, un million d’enfants vont manquer l’école en raison de l’insécurité » . De nombreuses familles craignent d’envoyer leurs enfants en classe. En effet : « Selon l’Unicef, il y a eu cette année vint attaques contre des écoles au Nigeria, plus de 1 400 élèves ont été enlevés et 16 sont morts. Enlevés par des bandes criminelles dans les États du nord-ouest et du centre du pays, la plupart ont été libérés après négociation d’une rançon, après des semaines ou des mois de captivité, souvent dans des conditions épouvantables dans des camps ruraux. »

En Amérique du Nord, les mesures sanitaires suscitent les débats. Aux USA, « La situation sur les campus américains grouillant d’étudiants sans masques est telle que des membres du corps professoral, craignant pour leur santé, protestent, pétitionnent et même démissionnent. » , indique le Courrier International . Au Québec, les enseignants semblent être confrontés aux mêmes difficultés et incrédulités que leurs collègues français concernant l’arrivée des tests dans les écoles. « Les directions d’école ont déploré l’arrivée « chaotique » des tests, avec des directives reçues à la dernière minute, du matériel manquant et une pénurie de personnel pour faire les tests. Daniel Paré et les ministres Christian Dubé (Santé) et Jean-François Roberge (Éducation) ont assuré mardi qu’ils comptent faire tous les ajustements nécessaires à la mise en place des tests dans les écoles. », explique Le Devoir. « « Nous sommes fiers d’avoir pris toutes les mesures pour garder nos écoles ouvertes tout en protégeant la santé des élèves et du personnel. Nous gardons le cap, écoutons les gens sur le terrain et faisons les ajustements nécessaires. On le fait pour nos enfants. » a indiqué le ministre Roberge sur Twitter. Tiens, tiens, ça ne vous rappelle pas quelqu’un ?

Et pour finir, une invitation à la créativité collective

La prochaine édition de la Grande Lessive®« installation artistique éphémère faite par tou·te·s autour de la Terre » aura lieu le 14 octobre avec comme thème « Tous des oiseaux ? ». A Saint-Gildas des Bois, c’est l’association Al’Fa Répit qui propose ce projet fédérateur aux autres structures locales et notamment des écoles. « Des fils seront tendus dans diverses places et rues et les réalisations de leurs auteurs accrochées avec des pinces à linge. Des dessins sur le thème de l’année : Tous des oiseaux ? ».  A La Chapelle Neuve, « l’école participera à la Grande Lessive, une installation artistique éphémère intergénérationnelle et internationale ». Ce sont deux exemples parmi tous les collectifs déjà inscrits. Alors, pourquoi pas à votre tour envisager de tendre un grand fil pour, l’espace d’une journée, contribuer en collectif à apporter couleurs et poésie. Pour s’inscrire : ttps://www.lagrandelessive.net/participer/

La revue de presse a été brassée cette semaine par Monique Royer avec une récolte d’actualités moissonnée par Bernard Desclaux

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MANU, MCSAM ET CARLITO ...

3 Septembre 2021 , Rédigé par Arrêt sur images Publié dans #Politique, #Médias, #Education

https://images.ladepeche.fr/api/v1/images/view/613096a33e45464970439c35/large/image.jpg?v=1

EXTRAITS

Il porte un cadre retourné. Étrange. Suspense. Soudain, au bon moment, il le retourne. Ce sont les photos des youtubeurs McFly et Carlito. C'est donc la suite de la mini-série, après Mc Fly et Carlito promeuvent les gestes barrière, et McFly et Carlito invités à l'Elysée. Il avait promis de montrer leurs portraits le 14 juillet, il tient sa promesse - avec un peu de retard, le public comprendra, mais il tient. Il est fair-play. Il ose. La "commu" des youtubeurs est censée être en extase. Il a dû redouter que cette promesse le poursuive toute la campagne, comme un sparadrap. Sait-on jamais. Une promesse non tenue à McFly et Carlito, si ça menait en Haute Cour, par les temps qui courent. Mais n'oublions pas les choses sérieuses. Cette rentrée scolaire, tout de même, est dédiée à Samuel Paty. Spéciale dédicace. Sam, si tu nous regardes ! Mais là, pas de photo.

(...)

Daniel Schneidermann

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

 

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Débat public - "Le drame de notre temps, c'est que la bêtise se soit mise à penser"...

2 Septembre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Médias

La guerre des talk-shows enflamme la télé

"Nous étouffons parmi les gens qui croient avoir absolument raison, que ce soit dans leurs machines ou dans leurs idées. Et pour tous ceux qui ne peuvent vivre que dans le dialogue et l'amitié des hommes, ce silence est la fin du monde". Albert Camus, Le Siècle de la Peur (Combat, 1948)

Le débat public est d'une affligeante médiocrité. Tout le monde ou presque en est d'accord. Y compris celles et ceux organisant ces joutes verbales vues bien plus qu'entendues car devenues spectacles - ne parle-t-on pas de "talk show" - "machines à buzz et à clash" interdisant tout débat digne de ce nom. Les sujets traités sont les mêmes de plateaux télés en matinales radios et sont rarement ceux qu'il conviendrait de développer. Ils "font" l'actualité, surfent sur l'immédiateté ou sont feuilletonnés jusqu'à l'épuisement, jusqu'au sujet qui viendra remplacer le précédent.

Il en a toujours été ainsi pourrait-on dire. Non. L'actualité, depuis l'avènement de l'information dite "en continu" et des réseaux sociaux servant à la fois de chambres d'écho à l'infini et d'amplification des débats dans ce qu'ils ont de spectaculaires, de scandaleux et de choquants, est de nos jours offerte en bien de consommation presque comme un autre. Pire même, les animateurs d'émissions populaires/populistes comme Cyril Hanouna par exemple - mais il en est bien d'autres de Pascal Praud à Jean-Marc Morandini en passant par Marc Menant - mélangent les genres abattant les murs qui séparaient le "futile" du "sérieux". Pourquoi pas? La vulgarisation n'est somme toute pas condamnable en soi. Bien au contraire.

Hélas, cette vulgarisation ne privilégie que le superficiel, n'approfondit jamais tel ou tel sujet, transformant en éclats de rire et de voix permanents ce qui mériterait d'être respecté dans et par une réflexion partagée avec les auditeurs et téléspectateurs. Elle dit au citoyen ce qu'il a envie d'entendre, dans une paresse et une facilité absolument révoltantes. A la radio, les "formats" sont de plus en plus courts. Il faut aller vite. Les réponses doivent être courtes. Le journaliste se sent en permanence obligé, non pas de relancer son interlocuteur invité mais de le couper toutes les vingt secondes pour "animer" le plateau de peur peut-être d'ennuyer l'auditeur. Il en résulte des conversations hachées, chacun empiétant sur la parole de l'autre dans un magma de mots qui ne font plus sens, la réflexion se perdant avant d'être interrompue par la coupure publicitaire ou par l'intervieweur mettant fin au "dialogue". Le temps passe si vite n'est-ce pas? On en retiendra une phrase, un mot qui seront commentés à l'infini sur les réseaux dits "sociaux", sur lesquels ceux qui parlent fort sont ceux que l'on écoute, ceux parmi lesquels on étouffe tant ils semblent avoir absolument raison, pour plagier Camus. L'amusement y gagne. L'intelligence collective y perd. Quant au doute, pourtant si nécessaire à la volonté de réflexion, il n'a même plus sa place. Et pour cause! De la vulgarisation nécessaire, nous sommes passés au vulgaire inutile et dangereux.

Ce à quoi nous assistons n'est rien moins qu'une désintellectualisation du débat public par le biais de médias de plus en plus "médiocratiques". Alors que de nombreuses voix alertent souvent et caricaturalement sur "le niveau qui baisse" (à l'école), d'autres voix et très souvent les mêmes sont celles qui participent à l'effondrement du niveau, celui-là pas caricatural du tout, de notre débat public. Un débat dominé désormais par les communicants dont l'obsession est de nourrir le petit "oiseau bleu". Entre autres. Le développement de telle ou telle actualité, de tel ou tel thème, ne trouve plus sa place que sur quelques stations de radios - France-Culture par exemple heureusement de plus en plus écoutée, ce qui démontre l'appétence des français pour une information "ralentie", posée, réfléchie - ou chaînes de télévision. Dans la presse écrite aussi. Mais l'immense majorité du débat public se perd dans les analyses à court-terme, dans les talk-show récurrents, répétitifs et réunissant les mêmes "experts" en tout donc spécialistes de rien. Il faut parler, parler, parler. Prendre la parole et ne pas la céder. C'est à dire prendre le pouvoir sur l'autre sans lui reconnaître le droit de vous contredire pour vous convaincre. Dire très vite ce qui mériterait de longs développements. Le discours libéral se sent très à son aise dans de tels "formats". Centré toujours sur les individus bien davantage que sur les idées. Désintellectualisation et individualisation: deux écueils interdisant aux idées de trouver leur place. Les idées, sans doute trop subversives pour les démagogues qui nous dirigent ou nous "informent", qu'ils soient politiques, éditorialistes ou animateurs médiatiques.

Cette médiocrité - un véritable fait de société qui mériterait un débat mais il ne vient jamais, les responsables étant trop occupés, ou parfois contraints, à distiller des idées courtes traduites en autant d'éléments de langage - est évidemment une contribution majeure à l'abaissement de l'esprit critique. Dès le plus jeune âge, ce qui devrait faire de nous des citoyens éclairés - l'information développée - se transforme en messages courts, en slogans et "punchline". Un terreau idéal pour le libéralisme - au sens le plus large - qui ne se sent jamais aussi à l'aise que dans l'accélération et la prévalence de l' événementiel, de l'instantanéité et de l'émotionnel sur la réflexion et le débat respectueux de la parole contradictoire, outil essentiel permettant à l'individu/citoyen de pouvoir exercer son libre-arbitre. Libre-arbitre confisqué puisque délégué à quelques-uns "pensant" en son nom. Sous le prétexte fallacieux qu'une "bonne" polémique vaudrait toujours mieux qu'une conversation de salon. Raisonnement absurde destiné à discréditer le débat intellectuel pour l'enfermer dans un exercice élitiste destiné à un public choisi.

Bien entendu, le débat public trouve aussi des espaces où il peut jouer son rôle. Le "média-centrisme" ne doit pas nous aveugler. Dans les collectivités locales, nombreuses sont celles qui organisent des débats participatifs. Le développement des sites Internet permet à toutes et tous de trouver "débat à son pied": débat de société; consultation publique; assises thématiques; referendum local; conférences citoyennes à distance - la pandémie "covid19" a permis le développement de ces échanges via des outils que beaucoup ont découverts.

On le voit et ce n'est pas le moindre des paradoxes, alors que les français ont accès, via les "open data" entre autres, à des informations jadis inaccessibles aux communs des mortels, ils n'ont jamais été à ce point privés de débats publics de large audience sur les sujets majeurs pourtant ignorés par les média "mainstream". La demande est pourtant là. Très forte. Même si, il faut le dire, participer à des débats, Internet ou autres, n'influe que très exceptionnellement sur les décisions politiques en aval. Sauf lorsque ce débat est à l'initiative du pouvoir politique en place, ce qui ne participe qu'artificiellement à la revitalisation de la démocratie.

Enfin, ce débat public - je parle de celui qui se voit et s'entend comme un perpétuel bruit de fond gavant le citoyen comme l'éleveur gave ses oies - passe très largement à coté des dossiers essentiels. Je n'en dresserai pas ici la liste tant ils sont nombreux mais à force de privilégier l' actualité brûlante, le citoyen se voit privé de la réflexion longue au sujet de ce qui le passionne pourtant.

Qu'on y prenne garde, à force d'égarement nous pourrions être amenés à justifier l'élection de populistes tel Donald Trump, en donnant raison à Cocteau:

"Le drame de notre temps, c'est que la bêtise se soit mise à penser".

Qu'il sache que son constat, ancien, se réalise quotidiennement de nos jours. Hélas.

Christophe Chartreux

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Revue de Presse Education... Post Covid - Réformer la réforme du Bac - Parcoursup - Supérieur - Divers...

5 Juillet 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Post Covid - Réformer la réforme du Bac - Parcoursup - Supérieur - Divers...

Pour cette dernière revue de presse de l’année scolaire, nous vous offrons quatre mains. Pour les thèmes, même diversité :  de l’école post-covid, une réforme de la réforme du bac, Parcoursup, un tour dans le supérieur et plein d’informations diverses.

Post-covid ?

Agnès Florin, chercheuse au CREN à Nantes l’affirme dans le Café pédagogique : “Le Covid va laisser une trace durable “.
Ce que nous avons observé en premier c’est qu’un pourcentage important de collégiens disent qu’un des leurs a été touché par le covid : environ 30% des jeunes. C’est très important. Et nous avons compris qu’il fallait comprendre cet impact au sens large. L’impact est souvent social : rapport au travail, inquiétude. Il dépend aussi des élèves car ils vivent dans des environnements différents. La crise sanitaire n’a pas eu le même impact auprès des élèves vivant dans de grands appartements ou dans des appartements surpeuplés. Les élèves dont le domicile a un jardin ou un balcon sont plus satisfaits. Les enfants dont le père s’est mis en télétravail aussi.
et une remarque importante : “Ce que nous disent les jeunes à la sortie du premier confinement c’est que le bien être au collège est supérieur à celui de leur maison. Ils ressentent une meilleure atmosphère de travail au collège.

Sur France Info jeudi, le ministre a fait l’unanimité dans la profession… contre lui ! Sur les rattrapages en collège et lycée post-covid, il affirme : ““On fera une inscription d’office à devoirs faits” pour les élèves de 6e qui ne seront “pas au niveau en français et en mathématique”, a annoncé Jean-Michel Blanquer. Le dispositif restera sur la base du volontariat pour les autres élèves de cinquième, quatrième et troisième. “

Une belle unité, bravo Monsieur le ministre !

Parimal Mandke raconte dans Marseille News “L’enseignement supérieur dans le monde post-Covid”
“Les étudiants se sont maintenant habitués à ce nouveau système d’éducation. Cela fait plus d’un an maintenant, et il est sûr de supposer que les méthodes d’étude traditionnelles devront arriver à un modèle mixte qui combine les meilleures caractéristiques des deux, l’apprentissage physique en classe et l’apprentissage numérique. La collaboration et la communication à distance entre les étudiants, les parents et les enseignants sont devenues un élément crucial pour ajouter de la valeur aux études, même lorsque les enfants ont été à la maison, loin du campus. Le besoin de l’heure est un écosystème complet qui est un mélange parfait d’outils et de technologies innovants pour l’enseignement-apprentissage combinés à des opportunités de socialisation entre pairs et avec les enseignants dans un cadre naturel physique.”

Réformer la réforme du bac

Les Echos ont titré dessus en premier “Bac : Blanquer s’apprête à renforcer le contrôle continu
Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, doit proposer ce lundi des aménagements à sa réforme du bac. La mise en place envisagée du contrôle continu intégral, avec la disparition des épreuves communes, provoque déjà une vive colère de certains syndicats.

Sur le site du ministère Ajustements proposés pour le baccalauréat général et technologique à compter de la session 2022

Une annonce qui suscite de nombreuses réactions :

Marianne lance un débat entre Emmanuel Maurel et Pierre Mathiot sur “Rupture d’égalité ou revalorisation : le contrôle continu menace-t-il le bac ?”
Un extrait assez singulier au vu des études déjà anciennes sur la docimologie “Même quand on n’était pas un très bon élève, on avait sa chance à l’examen et on avait la garantie que la notation au bac serait de la pure égalité. ” selon Emmanuel Maurel. Citons un travail de Bruno Suchaut déjà en 2008 sur les notes du bac :”La loterie des notes au bac : un réexamen de l’arbitraire de la notation des élèves”

Jean-Robert Pitte signe une tribune dans Le Figaro : “Bac: «Un rite qui n’a plus de sens va disparaître à terme… et tant mieux!”
“Il faut saluer la réforme du bac, examen dévalué de longue date, explique le secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques, Jean-Robert Pitte.” Il ajoute “La crise sanitaire aura paradoxalement permis à Jean-Michel Blanquer d’entreprendre une réforme profonde du baccalauréat.” et pour bien enfoncer le clou du bac qui n’a plus de valeur : “Ce sésame dont le prestige était resté intact et l’obtention aussi difficile qu’émouvante depuis sa fondation par Napoléon en 1808 jusqu’aux environs de 1968, n’avait aujourd’hui plus rien de méritoire.” Evidemment, Monsieur Pitte, a passé son bac avant 1968, je vous rassure.

Dans Mediapart, Faïza Zerouala considère que le Contrôle continu au bac [est] l’injustice chronique de Blanquer
Le ministre de l’éducation nationale vient de décider d’introduire davantage de contrôle continu pour le baccalauréat, au risque de créer un examen local et d’accroître ainsi les inégalités entre élèves. Comme quasiment toutes ses réformes depuis le début du quinquennat.” abonnés

La Croix fait un tour d’horizon des propos du ministre et donne la parole à Jean-Rémi Girard : “Attribuer 40 % du bac sur la base des bulletins, ce serait placer les enseignants sous la pression permanente des élèves et de leurs parents », fait-il valoir. C’est aussi « courir le risque de voir chaque lycée faire une lecture locale des programmes, en tenant compte du profil des élèves et en s’éloignant du référentiel national que constituait jusqu’ici le bac »

N’en doutons pas, d’autres retours viendront dès la rentrée à ce sujet, nous vous donnons rendez-vous.

Parcoursup

Notre rédactrice en chef, Cécile Blanchard a publié dans Alternatives économiques un article sur ce “Que fait Parcoursup aux lycéens ?”
Depuis trois ans, les lycéens de terminale doivent passer par une plate-forme du nom de Parcoursup pour s’inscrire dans l’enseignement supérieur. Un certain nombre d’écoles privées échappent à cette règle, mais elle vaut sinon pour toutes les filières universitaires, les classes préparatoires, les BTS, etc.”

L‘Express a donné la parole à des lycéens déçus et publie une enquête au titre péremptoire. “Parcoursup : “C’est une loterie qui ne dit pas son nom !”
Heureusement, l’enquête va au-delà des déceptions : “Les critères requis par les différentes formations sont clairement formalisés et accessibles sur la plateforme. Les candidats savent donc à quoi s’attendre”, assure Jérôme Teillard, chef de projet Parcoursup au ministère de l’Enseignement supérieur. Certes. Mais quand le nombre de places est largement insuffisant pour absorber le flux des aspirants étudiants toujours plus nombreux (+ 234 700 ces cinq dernières années), comment départager cette masse de profils de plus en plus similaires ? C’est là que ça se corse ! La façon dont s’opèrent les choix reste souvent trop opaque. Un constat avancé par la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH). ”

Sur Europe1, la ministre affirme que “Parcoursup : “c’est exactement le principe de la méritocratie” “APB c’était le tirage au sort. Parcoursup c’est un projet d’orientation qui se construit […] Il y a les attendus qui sont connus, il y a les dossiers qui sont examinés…
Dans ce même entretien Frédérique Vidal annonce la création de 19.000 places supplémentaires, notamment en BTS et dans les filières en tension… mais sans moyens supplémentaires en terme d’enseignants.

Supérieur

La fin de l’année est compliquée pour les étudiants qui se retrouvent sans affectation en master.

Dans le Huffington Post ” Quand les étudiants en licence ont la mauvaise surprise d’être acceptés nulle part” 
Avec le mouvement #EtudiantsSansMaster, les étudiants prennent la parole sur les difficultés à être acceptés en master. Des formations de plus en plus restreintes, jugées trop élitistes.
“Un hashtag en forme de ras-le-bol général. Les étudiants, déjà touchés par les conséquences sociales et éducatives de la pandémie de Covid avec les cours en distanciel, l’isolement, la difficulté à trouver des petits boulots ou à maintenir une vie sociale, sont désormais confrontés (pour ceux qui terminent leur troisième année) à une autre problématique lorsqu’il s’agit d’envisager leur avenir.”

Et pour la rentrée ? Ce qui se profile dans l’enseignement supérieur. Par Clément Rocher de l’Etudiant.
“À quoi ressemblera votre rentrée de septembre ? La ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a reçu le rapport contenant des préconisations sur la préparation de la rentrée étudiante 2021. Elle devrait s’exprimer sur les points retenus dans les jours à venir.”

Deux tribunes sur l’enseignement et la recherche.
Retour d’expérience sur l’enseignement de l’anthropocène à l’université. Tribune signée par 5 universitaires (The COnversation)
“La planète bleue voit incontestablement son état se détériorer : les différents systèmes naturels interconnectés (biosphère, atmosphère, hydrosphère, lithosphère) sont dégradés de manière profonde et généralisée par les activités humaines, avec ce que certains chercheurs ont nommé une « grande accélération » depuis les années 1950. L’urgence de partager le constat sur l’état de la planète et d’élaborer des réponses à la hauteur des enjeux pour maintenir son habitabilité se fait chaque jour plus pressante.”
« Nous voulons une cohérence de la politique publique en matière de recherche architecturale, urbaine et paysagère »
“Entre promesses non tenues et rendez-vous manqués, la réforme des Ecoles nationales supérieures d’architecture et de paysage (ENSA-P) est restée lettre morte, dénoncent dans une tribune au « Monde », 48 directeurs et directrices de recherche.”

Une polémique sur la “blanchité alimentaire”.
«Blanchité alimentaire»: Sciences Po sous le feu des critiques après les propos d’une chercheuse du CNRS. Par Aldebert Mayeul pour Le Figaro étudiant.
“Dans le cadre d’un séminaire organisé par Sciences Po Paris et l’Université de Nanterre, cette chercheuse a défendu le concept de «blanchité alimentaire» comme outil de «l’identité raciale dominante». L’école se défend, affirmant ne promouvoir «aucune théorie ni école de pensée particulière».”

Divers

L’année se termine difficilement pour les personnels de l’éducation nationale.
Quand les enseignants claquent la porte, par Sandrine Garcia de La vie des idées
“Les démissions de professeurs des écoles, bien que statistiquement limitées, sont un révélateur de la dégradation des conditions de travail des enseignants dans un contexte d’austérité budgétaire, sans que cette question se limite au thème de la revalorisation des salaires.”
Après quinze mois de crise sanitaire, les chefs d’établissement se disent « fatigués »
“Alors qu’une étude publiée récemment montre une forte dégradation du moral des personnels de direction depuis mars 2020, certains d’entre eux racontent les effets d’un an et demi de crise sanitaire sur leur métier.” Par Séverin Graveleau. Article réservé aux abonnés du Monde.

Une tribune sur l’orientation par Vincent Troger (Le Monde) et la réponse de Bernard Desclaux (sur son blog)
« Le système d’orientation de l’école française semble de plus en plus décalé avec la réalité économique et sociale ». Tribune de Vincent Troger, Maître de conférence honoraire en sciences de l’éducation
“Alors que la procédure Parcoursup continue, Vincent Troger, maître de conférences honoraire en sciences de l’éducation, invite, dans une tribune au « Monde », à centrer davantage l’orientation sur le projet de vie des jeunes.”
Par Bernard Desclaux : Peut-on changer notre système d’orientation

Régions : zoom sur les compétences dans l’enseignement scolaire, l’orientation et le supérieur. Par Thibaut Cojean dans L’Etudiant
“Entre la gestion quotidienne des lycées, une mission d’orientation partagée avec l’Etat et un financement facultatif de l’enseignement supérieur, quel est le rôle des régions dans l’éducation et la recherche ?”

Pour terminer, un peu de lecture. Philippe Meirieu : Construire une vision d’avenir pour l’Ecole et la démocratie
“”Ce qui se joue à travers la place de l’éducation dans le débat politique c’est une certaine confiance en l’avenir, le contraire du populisme”. Pédagogue, président des CEMEA, Philippe Meirieu se retrouve au centre de deux événements importants cette semaine. Le 30 juin, le lancement d'”Ambition éducation” et de son appel. Le 3 juillet celui de Convergence(s) pour l’éducation nouvelle. A un an des présidentielles, l’ambition est de ramener l’éducation dans le débat politique. Pour Philippe Meirieu, l’avenir de la démocratie en dépend.”

“Il faut lire, discuter, bricoler” conseille Philippe Meirieu pour les vacances des enfants. (France Inter)
“Les vacances scolaires débutent donc après demain mardi, jusqu’au 2 septembre. Pour les écoliers, collégiens ou lycéens, ces vacances s’annoncent donc à l’issue de deux années scolaires chaotiques en raison de la crise du coronavirus. Certains élèves ont pu paraître totalement perdus. Le spécialiste des sciences de l’éducation, Philippe Meirieu, était l’invité du journal de 13h, ce samedi.”

Emilie Kochert et Géraldine Duboz, qui vous souhaitent de bonnes vacances.

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Revue de Presse Education... Nouveautés improvisées – Du vécu et des débats –Variations – Salutaires cogitations

27 Juin 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Nouveautés improvisées – Du vécu et des débats –Variations – Salutaires cogitations

Les épreuves du bac général et technologique ont eu beau se résumer au français, à la philosophie et au grand oral, elles ont engendré cafouillis, stress et insatisfactions. Les nouveautés étaient de mise dans une impression d’improvisation tandis que les algorithmes de Parcours Sup distillaient leurs perles d’angoisse. Heureusement pendant le cafouillage, les réflexions se poursuivent pour une école moins stressante et une vision enrichie de la réussite scolaire.

Nouveautés improvisées

La numérisation des copies de philosophie aurait pu apparaître comme un progrès. Hélas, une erreur 503 s’est invitée, accroissant la colère des enseignants correcteurs. «Retards de distribution, bugs du logiciel, scandale écologique et craintes d’être surveillés… les professeurs de philosophie ne décolèrent pas. Pour eux, la numérisation des copies dénature le travail des correcteurs », relève Louise Vallée pour le Monde (article réservé aux abonnés). La correction en elle-même s’est avérée pour beaucoup bien décevante. Avec la possibilité de garder la note du contrôle continu, des élèves stratèges se sont présentés à l’examen sans aller jusqu’au bout de leur composition. « On se souvient que certains candidats avaient quitté les salles d’examen au bout d’une heure, beaucoup au bout de deux. Ils devaient au minimum signer la liste d’émargement et rester dans la salle pendant une heure. De nombreux élèves savaient qu’ils pouvaient d’ores et déjà compter sur leur contrôle continu », explique Sonia Princet qui a recueilli les impressions d’enseignants correcteurs dont Marie Perret.. « Les élèves ne sont pas responsables de la situation. À partir du moment où le ministère a décidé que cette épreuve n’en serait pas une, il fallait s’attendre à ce que le niveau des copies soit celui-ci. La responsabilité incombe plutôt au ministère qui aurait dû soit aménager l’épreuve bien en amont, bien avant le mois de juin, soit l’annuler. »

Le grand oral était la grande nouveauté de ce bac, maintenue comme si l’année avait été ordinaire avec un cafouillage frisant l’impréparation. « Bac 2021: le premier jour du Grand Oral ne s’est pas passé comme prévu », titre le Huffington Post« Absence de jury, retards conséquents, des dysfonctionnements perturbent la première journée du grand oral, épreuve inédite du baccalauréat. », explique Gwenn AllanicFrance Info a recueilli des témoignages édifiants sur le déroulement de l’épreuve«Je suis enseignant. Nous avons été convoqués comme beaucoup de collègues pour être jury vendredi soir à 21h05 ! J’ai été convoqué dans deux établissements différents aux mêmes heures et le même jour en tant que professeur de réserve ! Une convocation au Sud de l’académie et l’autre au Nord ! »

Du vécu et des débats

Libération est allé à la rencontre de lycéens à la sortie du grand oralShelby « qui est «très timide en temps normal» et n’aime pas attirer l’attention a concentré ses efforts pour regarder les jurés dans les yeux en exposant son sujet consacré au financement des entreprises et a «beaucoup parlé avec les mains, pour ne pas jouer avec». L’exact inverse d’Anissa, 17 ans. «On m’a dit de ne surtout pas trop parler avec les mains, sinon on dirait que tu danses, le jury n’aime pas ça. Et de ne pas parler vite», indique l’adolescente, sortie ravie de cette épreuve. «Ils étaient trop cool, trop gentils», dit-elle au sujet des professeurs chargés de l’évaluer. » Le Figaro a choisi le lycée Condorcet pour recueillir des témoignages dont ce constat de deux enseignants. « «Les élèves apprennent à poser leur voix, à se détacher de leur note, et gagnent ainsi des qualités utiles pour la suite de leur parcours». Les deux professeurs expliquent même que la forme rapporte plus de points que le fond dans cette épreuve, selon une grille qui leur a été distribuée. »

Variations

Contrairement aux sections générales et technologiques, pour les BAC PRO les aménagements ont été minimes, explique Alexis Morel. « Comme les autres années, cinq épreuves, dont quatre générales et communes à toutes les filières, sont prévues au menu. Une situation “injuste” pour Ariane, élève en bac pro vente : “Nous avons tous été victimes de la crise sanitaire, et notre année a été aussi stressante que celle des lycées généraux, voire pire.” Outre les cours en demi-jauge et les classes à distance, elle et ses camarades ont vu leurs stages reportés ou annulés. »

Les épreuves pas encore terminées, un aménagement du bac pointe son nez. « Il s’agirait de « resacraliser » l’examen, après deux années où, crise sanitaire oblige, il n’a pu se tenir correctement (à 100 % en contrôle continu l’an passé, 82 % cette fois-ci). Rien, ou presque, du bac version Blanquer, créé en 2018, n’a réellement pu exister. », explique Thomas Poupeau.

En Algérie, les grands moyens sont employés pour éviter le renouvellement des fraudes massives lors du bac de 2016. Pendant les cinq jours de l’épreuve, l’accès à Internet est freiné dans le pays paralysant une grande partie des activités. Peine perdue : « Car ni le blocage de WhatsApp, Facebook et Twitter, ni les coupures d’internet ne sont parvenus à endiguer la triche. » relate France-Info. « En attendant, des internautes suggèrent, non sans humour, que la seule façon d’éliminer le problème serait de… supprimer le bac. »

« Alors que le baccalauréat, l’épreuve anticipée de français ou encore les BTS ont connu des aménagements pour s’adapter à l’année scolaire bousculée par le Covid, rien de tel pour le brevet, ce qui suscite quelques inquiétudes. » rapporte l’Est Républicain alors que 860 037 collégiens plancheront lundi et mardi.

Sup de contrariétés

Les algorithmes de Parcours Sup provoquent encore cette année déceptions, incompréhensions et amertume. « L’algorithme s’inscrit dans une réforme globale de l’orientation en France qui sacrifie une partie de la jeunesse aux exigences du marché du travail, dénonce Julien Gossa, maître de conférences à l’université de Strasbourg. » dans une tribune de Libération réservée aux abonnés.

« “Je suis démotivée” : Parcoursup met à mal le moral des lycéens en attente à Brioude (Haute-Loire) » constate La MontagneSara Saidi de L’étudiant rassure les déçus en allant à la rencontre d’étudiants qui, malgré des vœux contrariés sont heureux de leur parcours. Ils partagent leur expérience. « Bien s’informer sur les offres de formation, même à l’étranger, est un autre conseil donné par certains étudiants. Cela a permis par exemple à Jade de rebondir après les refus des formations auxquelles elle avait candidaté sur Parcoursup en 2018. »

L’Etudiant se penche également sur le bilan des parcours « oui, si », un dispositif mis en place pour accompagner de façon renforcée les candidats potentiellement en difficultés pour le suivi de leur première année dans l’enseignement supérieur. Et le constat est mitigé : « Selon une note publiée le 23 avril par le département statistiques du ministère de l’Enseignement supérieur, la réussite des étudiants après un parcours “oui si” n’est pas évidente. Si les titulaires d’un baccalauréat professionnel sont nombreux dans ces parcours aménagés, rares sont ceux qui arrivent à passer en deuxième année. »

Admis pour la rentrée prochaine à la Sorbonne ou déjà étudiant dans cette université, tous seront mis à la même enseigne avec des cours en amphi suivis exclusivement à distanceLe Figaro s’en fait l’écho « L’université Sorbonne Nouvelle annonce sur son site que «tous les cours en amphi passent en distanciel asynchrone» et ce, «quelle que soit la jauge à la rentrée»La raison: «les amphithéâtres impliquent un fort brassage et sont plus difficiles à aérer», lit-on. » Claire Conruyt a également interrogé plusieurs responsables d’universités pour voir si le distanciel sera une pratique généralisée.

Dans The Conversationl’orientation universitaire est explorée pour éclairer la question des inégalités salariales entre les hommes et les femmes. « Or, l’exercice de métiers différents (on parle parfois de « ségrégation occupationnelle ») ne semble pas le fruit du hasard et découle notamment des filières de formation suivies. Or, celles-ci apparaissent fortement différenciées selon le genre et s’avèrent rarement mixtes. Ainsi, la part de femmes parmi les nouvelles personnes inscrites en cycle licence n’est-il en moyenne que de 30 % en STEM (sciences, technologies, ingénierie, mathématiques) quand il est de 77 % en santé et protection sociale. »

Salutaires cogitations

Amaël André et Catherine Delarue-Breton, enseignants à l’Université de Rouen, s’interrogent dans The Conversation : « Inégalités scolaires : les élèves des territoires ruraux manquent-ils vraiment d’ambition ? ». Leur analyse des processus psychosociaux en jeu dans l’orientation scolaire nous invite à dépasser les préjugés et à revisiter la notion d’ambition scolaire« Au-delà de son acception géographique ou sociale, où l’ambition, sur son versant positif toujours, se conçoit comme un désir individuel d’aller au loin et plus haut, il nous semble nécessaire de la repenser comme un désir multiforme de se dépasser soi-même, de s’augmenter et d’augmenter aussi ce qui nous entoure. On peut avoir de l’ambition pour soi – et chercher à se délocaliser – ou pour son territoire – et chercher à le valoriser – par exemple. »

Toujours dans The ConversationSylvian Wagnon et Mathieu Depoil, de l’Université Paul Valery de Montpellier, se penchent sur l’éducation populaire, « cette démarche éducative non scolaire’» et son évolution. Toujours essentielle à l’image de l’action d’ATD Quart-Monde, « L’éducation populaire s’ancre dans tous les domaines et représente un levier éducatif pour toutes les catégories sociales et toutes les générations à l’image du travail de la Fédération des centres sociaux sur le vieillissement. »

Louisa Benchabanerelate quant à elle des solutions mises en place par des enseignants pour favoriser l’apprentissage de la confiance en soi. En effet, « Le système de notation apparaît aux yeux des experts comme un obstacle majeur au développement d’une plus grande confiance en soi. “On évalue beaucoup par le négatif, en sanctionnant les erreurs, et on ne met pas du tout en valeur les efforts et les progrès des élèves”, observe la philosophe Joëlle Proust, membre du Conseil scientifique de l’Éducation nationale.

L’organisation de la salle de classe ioue-t-elle un rôle dans cette confiance en soi encouragée ou au contraire brimée ? Elle reflète, quoi qu’il en soit, les pratiques pédagogiques qui s’y déroulentOuest France relaie les travaux du géographe Pascal Clerc qui « s’intéresse à la classe en tant qu’objet géographique. ». Il analyse ce qui se joue selon l’organisation : en autobus, en U ou en îlots. « Car, selon lui à travers l’analyse des agencements, des territoires, des mobilités et des postures corporelles, de l’organisation du pouvoir, il s’agit d’interroger la relation entre pratiques pédagogiques et géographie de la salle de classe ».

Au Québec, les équipes pédagogiques sont invitées à «  prendre une pause pour poser un regard sur les apprentissages réalisés afin de mieux se projeter dans l’avenir. » Des personnes-ressources et une démarche sont mises à disposition. « Selon moi, il est important que les gestionnaires scolaires profitent de la fin de l’année pour amorcer une réflexion collective avec leur équipe. Ce temps d’arrêt, juste avant les vacances, peut être l’occasion de tirer profit des acquis réalisés et des défis rencontrés cette année pour pouvoir les utiliser comme levier afin de se projeter dans le futur », fait remarquer Mélissa Bricault, conseillère RÉCIT au Centre de services scolaire des Mille-Îles.

Monique Royer aux manettes cette semaine de notre revue de presse

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Revue de Presse Education... Laïcité - Bac - Parcoursup - Divers - Ailleurs

21 Juin 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Laïcité - Bac - Parcoursup - Divers - Ailleurs

Cette semaine c’est l’annonce par le ministre d’un plan de formation sur la laïcité qui fait la Une. On parle aussi beaucoup du bac et encore de Parcoursup. Quelques infos diverses avant d’aller faire un tour au-delà de nos frontières.

LAICITE

Encore une annonce tonitruante qui fait suite à la loi contre le séparatisme et l’assassinat de Samuel Paty. Apparemment les enseignants n’ont pas la même conception que le gouvernement de la laïcité, alors il est urgent de les former. Par contre, leur donner les moyens de faire correctement leur travail… C’est le rapport Obin et sa conception très particulière du sujet qui sert de base à ce plan.

On commence par la source (site du ministère) : Laïcité et Valeurs de la République : le ministre retient les préconisations de Jean-Pierre Obin pour lancer dès la rentrée 2021 son plan de formation des personnels. “Au lendemain de l’assassinat de Samuel PATY, Jean-Michel BLANQUER, ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, a souhaité confier à Jean-Pierre OBIN, Inspecteur général honoraire, la rédaction d’un rapport consacré à la formation des personnels de l’Éducation nationale à la laïcité et aux valeurs de la République, dans l’objectif que ce rapport aboutisse à des propositions très opérationnelles.”

Les détails dans Le Monde : l’éducation nationale annonce un plan de formation sur quatre ans pour les personnels“Jean-Michel Blanquer a repris les grandes lignes d’un rapport sur la formation des enseignants à la laïcité, dont il avait confié l’écriture à l’ancien inspecteur général Jean-Pierre Obin. Celui-ci relevait notamment une « confusion intellectuelle » sur ce sujet.”
Sur FranceInfoTV : Laïcité : en quoi va consister la formation des enseignants annoncée par Jean-Michel Blanquer ? “Ce plan reprend les principales propositions d’un rapport sur le sujet commandé en février par le ministre de l’Education. Il doit notamment permettre au personnel de savoir “appréhender les phénomènes de contestation des savoirs et d’atteinte à la laïcité et aux valeurs de la République”.”

On poursuit avec l’analyse critique du Café pédagogique : Laïcité : Le rapport Obin et la politique Blanquer 
Remis en mai au ministre mais publié le 14 juin, le rapport Obin sur “la formation des personnels de l’Education nationale à la laïcité” propose un vaste plan de formation qui entend imposer à tous les personnels de l’Education nationale la version très spéciale de la laïcité portée par son auteur. Selon un scénario très classique, le rapport commandé par le ministre se transforme immédiatement en décisions.  Tout cela se fait dans le climat pré électoral marqué par la loi séparatisme. L’Education nationale est mobilisée pour accompagner cette campagne. Ce qui marque dans le rapport et peut-être demain dans les formations c’est la tentative de rompre avec la conception de la laïcité qui fait sens aux yeux des enseignants et dans l’Etat en général. Cette tentative a t-elle un avenir passé 2022 ?”

Autre analyse, celle de Philippe Watrelot : Laïcité, panique morale et instrumentalisation.  “Je ne suis pas un « spécialiste » de la laïcité…
Je suis juste un prof de SES qui enseigne et vit en banlieue depuis toujours. Je travaille dans la ville où je suis né et où j’ai fait mes études. J’habite dans la commune juste à côté, dans un immeuble où se côtoient des personnes de toutes origines. Je croise des femmes avec le voile, certaines élèves le retirent juste à l’entrée du lycée. Nous sommes confrontés quelquefois à des problèmes avec certains élèves mais il y a eu peu d’incidents en 2015 ni au moment de l’assassinat de Samuel Paty. Je ne veux donc pas faire des généralités et encore moins de grands discours.” 

 Enfin l’analyse de la Vigie de la laïcité. ​“Lundi 14 juin 2021, Jean-Pierre Obin, inspecteur général honoraire a remis au ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, Jean-Michel Blanquer, un rapport sur « La formation des personnels de l’Éducation nationale à la laïcité et aux valeurs de la République ».
​La Vigie de la laïcité a pris connaissance de ce rapport et en tire les commentaires suivants : …”

BAC

C’est le marronnier du moment avec l’écrit de philo et la numérisation des copies, ainsi que le Grand Oral.

Le dessin de Jules Thommen

Tout d’abord le grand oral que Blanquer défend coût que coûte mais dont les enseignants regrette qu’aucun temps d’apprentissage ne soit prévu dans les moyens donnés aux établissements. Baccalauréat 2021 : un grand oral pour tenter de changer la place d’un enseignement marginalisé en France. “Le grand oral sera la nouveauté du baccalauréat 2021. Une remise en lumière d’un apprentissage dont la place reste fragile dans les programmes scolaires.”
Bac et Grand oral. Jean-Michel Blanquer rejette les critiques sur son côté inégalitaire
“Le ministre de l’Éducation a estimé lundi que le Grand oral, grande première cette année, allait permettre de valoriser les élèves. Pour Jean-Michel Blanquer, l’école doit compenser les différences qui peuvent exister entre élèves en fonction de leur origine sociale.”

Autre polémique du bac 2021 : la correction numérique des copies que rejettent les enseignants de philosophie. Bac : quand les profs de philo refusent en bloc la correction numérique
“Ce jeudi avait lieu l’épreuve de philosophie du bac 2021. Outre les polémiques autour du contrôle continu, c’est désormais la correction de l’épreuve qui fait débat. Temps de correction réduit, procédure en ligne, surveillance… on vous explique la colère des correcteurs.” Notons que la correction numérique ne concerne pas les autres examens

Et pour terminer une petite analyse de Claude Lelièvre? Le baccalauréat est-il un héritage napoléonien ?
“Théologie, droit, médecine, sciences mathématiques et physiques, lettres : dans ces cinq domaines qui structurent l’université au début du XIXe siècle, les grades « conférés par les Facultés à la suite d’examens et d’actes publics […] seront au nombre de trois : le baccalauréat, la licence et le doctorat », indique le décret du 17 mars 1808 signé par Napoléon.
Ce texte pose les bases du baccalauréat moderne. Cependant, cet examen n’est pas une création ex nihilo et son intitulé existait déjà sous l’Ancien Régime. Dans quelle mesure la date de 1808 marque-t-elle un tournant dans l’histoire de l’éducation ? Quelles traces la période napoléonienne a-t-elle laissées dans l’enseignement secondaire tel que nous le connaissons ?”

Bac Pro 2021 : le sujet d’histoire géographie, enseignement moral et civique
Mercredi 16 juin : deuxième épreuve pour les élèves du Bac Pro, après le français ce matin, l’histoire géo cette après-midi.

Le dessin de Fabien Crégut

PARCOURSUP

Parcoursup encore et toujours.

Parcoursup : pourquoi d’excellents élèves ne trouvent pas de formation
“DÉCEPTION – De nombreux candidats affichant des notes pourtant très hautes sont confrontés à la réforme du baccalauréat et aux algorithmes de sélection de Parcoursup, que les
Parcoursup, machine à angoisses. Cruel algorithme Par Célia Cuordifede
“Depuis 2018, la plate-forme a institué le concept de sélection à l’entrée des formations pour les bacheliers. Mais les outils de cadrage apparaissent toujours très opaques et créateurs de profondes inégalités.”

L’épreuve Parcoursup a-t-elle supplanté le bac ?“Les procédures d’affectation dans le supérieur semblent avoir pris plus d’importance que le baccalauréat : quel est le sens de cette orientation ?” L’émission de Louise Tourret à écouter. 32 ‘
L’épreuve Parcoursup.
“J’étais hier soir l’invité de l’émission “Être et savoir” de Louise Tourret sur France Culture. Et nous avons parlé de Parcoursup. De “l’épreuve Parcoursup” comme le rappelait opportunément le titre de l’émission. Et de pourquoi ce système (me) semblait inefficace socialement, anxiogène individuellement et dangereux politiquement.”

Comment Parcoursup organise sans le vouloir la fuite des cerveaux étudiants
“Entre attente interminable, stress dilué sur tout l’été et réponses aléatoires, le système d’affectation dans l’enseignement supérieur fait s’arracher les cheveux aux lycéens. À bout de forces, certains d’entre eux préfèrent se tourner vers l’étranger, histoire de voir si l’herbe n’y est pas plus verte…”

Le nouveau marché de l’orientation scolaire. “L’orientation scolaire est un enjeu majeur pour les élèves du secondaire. Au sein de l’éducation nationale, la mission des conseillers d’orientation et des enseignants est pourtant menacée par la raréfaction des moyens et l’accroissement du nombre d’élèves. Une dégradation de service qui pousse les familles à se tourner un peu plus vers le marché privé de l’orientation scolaire.”
Orientation : l’heure de gloire du mentorat
“La pratique du mentorat se développe en France avec l’appui du gouvernement. Le modèle, fondé sur une vision sur-mesure de l’orientation, reste limité dans son impact global.” Par Tiphaine Thuillier

Le dessin de Jules Thommen

DIVERS

Grenelle : Le ministère veut changer le statut des enseignants
“”Esprit d’équipe” : c’est le thème d’un groupe de travail réunissant syndicats et ministère suite au Grenelle de l’éducation. Sous prétexte de développer “l’esprit d’équipe” dans les écoles et les établissements, l’Education nationale souhaite modifier le statut des enseignants du 2de degré pour y inclure des missions d’encadrement. Une façon de hiérarchiser e caporaliser le corps enseignant ?”
Les enseignants français sont mal payés : une réalité chiffrée et incontestable ! Par Paul DEVIN
“Alors qu’une publication de l’INSEE vient à nouveau affirmer la faible rémunération des enseignantes et enseignants, d’aucuns cherchent à mettre en doute cette réalité avec des arguments qui se révèlent être des poncifs résistants mais faux…”

« La grande pauvreté n’est pas considérée comme une problématique centrale des politiques éducatives »
Dans l’ouvrage qu’il a dirigé, « Grande pauvreté, inégalités sociales et école. Sortir de la fatalité », Choukri Ben Ayed questionne l’action de l’école en matière de lutte contre les inégalités en croisant études scientifiques et expériences de terrain. Propos recueillis par Séverin Graveleau

Sylvain Connac : Coopération et évaluation
“”Quand on touche à l’évaluation, on touche à beaucoup de facteurs liés à l’enseignement”. C’est pourtant le projet qu’ont mené Sylvain Connac et Pierre Cieutat (Lirdef – Pidapi) dans une trentaine de classes de l’enseignement catholique de la région toulousaine. Dans un ouvrage (Coopération et évaluation. Pour ne décourager aucun élève, Chronique sociale), ils montrent comment le changement s’opère dans la classe en s’appuyant sur une nouvelle évaluation : la boucle évaluative. Sylvain Connac revient sur cette recherche.”

Contre le harcèlement scolaire, il faut un sursaut des candidats aux régionales et départementales
“Le sujet du harcèlement à l’école reste un grand oublié de la campagne électorale. Pourtant, les régions ont la charge des lycées et les départements des collèges.” par Hugo Martinez Étudiant, ancienne victime de harcèlement scolaire, président de l’association HUGO !

L’éducation aux médias et à l’information, plus nécessaire que jamais
“Après l’assassinat de Samuel Paty, la demande des enseignants a explosé. Récit d’une intervention dans un collège de la dessinatrice KAM, pour l’association Cartooning for Peace.” Par Soazig Le Nevé

AILLEURS

Un petit tour hors de France.

En cas d’échec, le conseil de classe est roi
“enseignement Covid oblige, plusieurs changements sont à signaler au niveau des corrections et des délibérations.” C’est en Belgique

L’OCDE plaide pour développer l’éducation tout au long de la vie
“Dans un nouveau rapport publié le 15 juin, “Perspectives sur les compétences 2021”, l’OCDE attire l’attention sur l’impact de la crise du Covid. Pour l’OCDE l’éducation tout au long de la vie devra davantage encore améliorer les compétences de ceux qui ont quitté tôt le système scolaire. Une recommandation qui concerne particulièrement la France où le pourcentage des adultes en formation et leur gain en compétences sont inférieurs à la moyenne OCDE.”

Un système éducatif sur la voie de la numérisation
“La crise sanitaire bouleverse les activités de nombreux secteurs dont l’éducation et la formation. Alors que des solutions d’urgence sont mises en place pour permettre aux élèves et étudiants de terminer leur année à distance, une véritable transformation digitale est enclenchée.”
“Sur cette voie, le Vietnam a su s’adapter à temps et de manière efficace. C’est ce que décrit par exemple un rapport de 2020 du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ce document, analysant la réponse des secteurs éducatifs à la crise sanitaire, relève qu’en 2020, 79,7% des élèves vietnamiens avaient expérimenté la scolarisation en distanciel, ce qui place le Vietnam au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE (67,5%).”

Géraldine Duboz

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