Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

medias

Comment s'informent les adolescents ?

22 Mars 2022 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Médias

Près de 70 % de la presse française est lue en ligne

Comment apprennent-ils à s'informer dans les différents médias et peut-on leur apprendre à bien s'y orienter ?

En cette année d’élection présidentielle il était prévu de proposer une émission sur la manière dont les adolescents s’informent sur la politique. La guerre en Ukraine bouscule la programmation et le sujet fait bien plus la une que la campagne électorale. Il est également largement traité dans les médias qui s’adressent au public jeune – alors finalement la question posée dans cette émission est simplement "comment s’informent les adolescents ?", sur ces sujets comme sur d’autres.

Etre et savoir tente d'y répondre en s'appuyant sur les 5 W du journalisme, souvent utilisés pour expliquer les bases de l’information dans l’éducation aux médias : What ? Who ? Where ? When ? Why ?

Alors que regardent, écoutent et lisent les adolescents pour s’informer ? Qui produit ces contenus ? Vers quels médias se tournent les jeunes ? Le travail du jeune journaliste Hugo Travers, alias Hugo décrypte, donne un exemple précis de ce qui peut être fait en la matière et qui rencontre un large public.

Comment les adolescents accèdent à l’information, dans quelles conditions (c’est le où et le quand) ? Si s’informer est une pratique qui pour eux s’intercale avec d’autres usages, en ligne, sur les mêmes réseaux sociaux, que cela implique-t-il pour ce jeune public ?

Et pourquoi faut-il éduquer les adolescents à bien s’informer ? Quelques éléments de réponse pour introduire les réflexions qui suivent : l’enjeu est démocratique mais surtout il va au-delà de la jeunesse car s’intéresser à ce que regardent les adolescents revient à nous éduquer nous-mêmes tant le paysage médiatique et le journalisme évoluent aussi à leur contact. Les adolescents sont peut-être précurseurs en ce qui concerne la manière dont nous allons tous nous informer dans le futur.

Enfin, cette question concerne l’institution scolaire et il est également question dans l'émission de ce qu’il est possible de faire en classe avec une enseignante !Louise Tourret s'entretient avec Maryse Broustail, professeure d'histoire-géographie au lycée à Mantes-la-Jolie (académie de Versailles), chargée de mission pour le CLEMI (Centre pour l'éducation aux médias et à l'information) Versailles, Sophie Jehel, maîtresse de conférences en sciences de l'information et de la communication à l'Université Paris 8, elle vient de publier aux éditions de l’INA, L'adolescence au cœur de l'économie numérique, Jean-François Ebeling, rédacteur en chef adjoint en charge d’Arte journal juniorHugo Travers alias Hugo Décrypte, journaliste et vidéaste, fondateur des médias Hugo Décrypte et Mashup.

La citation

"On sait qu’il y a des jeunes qui ne vont s’informer que par nous, ou quasiment, pour connaitre les programmes des candidats et savoir pour qui ils souhaiteraient voter. Le travail est donc colossal et la responsabilité l’est tout autant (…) c’est un travail de pédagogie", Hugo Décrypte

Pour aller plus loin

Lien vers la page de la Semaine de la presse et des médias dans l'école sur le site du CLEMI

Lien vers le CEMTI (Centre d'étude sur les médias, les technologies et l'internationalisation) à l'Université Paris 8

Louise Tourret

Lire la suite

Guerre d'Algérie : ce que la télévision française en montre aujourd'hui

17 Mars 2022 , Rédigé par France Inter Publié dans #Histoire, #Médias

Benjamin Stora et Georges-Marc Benhamou sont les invités de l'Instant M pour « C’était la guerre d’Algérie », diffusé lundi 14 et mardi 15 mars sur France 2.

Il fallait bien cinq épisodes d’une heure pour brosser 132 ans de colonisation française en Algérie et sept années de guerre. L’injustice, la misère, l’humiliation, la lutte armée, l’engrenage de la terreur, la défaite du politique, la radicalisation des deux côtés.

Il fallait ces voix multiples pour construire le récit choral des enfants du conflit. Arabes musulmans qui comptent les morts et les mutilations, descendants de combattants, pieds-noirs arrachés à leur terre, héritiers d’une extrême-droite jusqu’au-boutiste, fils et filles de Harkis, appelés du contingent à vie traumatisés, juifs à l’identité broyée…

Tous, ils disent la mémoire à l’œuvre, ils disent la guerre d’Algérie dans la France d’aujourd’hui.

Il fallait une producteur-documentariste né en Algérie, George-Marc Benamou. Il fallait un historien né en Algérie, Benjamin Stora. Il fallait une antenne de service public.

Extraits de l'entretien

La guerre d'Algérie

Qu'est-ce que la France peut montrer aujourd'hui qu'elle ne pouvait pas montrer hier ? Benjamin Stora explique : "Contrairement à ce qu'on croit, il existe beaucoup d'images de la Guerre. Elles proviennent de l'armée, de l'UCPAD (Établissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense). Elle a énormément filmé cette guerre. Mais les documents ont rarement été montrés : pour des raisons de censure, mais aussi parce que les Français voulaient oublier cette guerre. Donc les archives audiovisuelles (500 000) dorment depuis au Fort d'Ivry en particulier. Parfois, des verrous sautaient grâce à des documentaires : celui de Peter Batty (La Guerre d'Algérie (1984)), ou le mien (Guerre d'Algérie : la déchirure 1954 – 1962). Mais il fallait aller plus loin et remonter 132 ans en arrière."

Le premier épisode de la Guerre d'Algérie : les débuts de la colonisation

Pourquoi remonter si loin ? Georges Marc Benhamou confie que Pierre Joxe, appelé en Algérie et fils d'un ministre du Général De Gaulle dit : "La première guerre d'Algérie date de 1830. Et la guerre est-elle d'ailleurs vraiment terminée ? On ne reconnaît officiellement en France le terme de Guerre d'Algérie que depuis 1999 !"

Un documentaire pour lever les tabous

Georges Marc Benhamou : "Pour réaliser ce documentaire, nous étions guidés par l'étoile de Camus et de Mouloud Feraoun, deux grands écrivains libres qui ont vécu le drame algérien et essayé de lever tous les tabous, de dire toutes les vérités. L'extrême gauche et l'extrême droite nous feront peut-être des reproches. Mais l'important est de tout dire et de ne plus censurer."

En Algérie, un sentiment antigaulliste

On ne sait pas toujours, mais pendant la Seconde guerre mondiale, L'Algérie avait été un fief de pétainistes. D'où un fort sentiment anti-gaulliste. Benjamin Stora explique : "Les Européens d'Algérie, comme on les appelait à l'époque, préféraient Giraud à de Gaulle qui était plutôt mal vu. De Gaulle était surnommé "la grande Zohra" dans les milieux ultras de la colonisation. Ils le soupçonnaient d'être un "bradeur d'Empire". Et le reproche sera fait aussi, à d'autres comme Pierre Mendès-France. On montre dans ce film qu'à chaque fois que des portes pouvaient s'ouvrir et que des occasions pouvaient se présenter vers plus de paix, elles se refermaient. Cela va conduire à des situations qui vont déboucher sur de la violence.

Le grand mensonge de la colonisation, un sujet d'aujourd'hui

Georges-Marc Benhamou remarque que "La campagne électorale tourne autour de questions d'assimilation, de la pseudo-non-compatibilité de l'islam avec La République… Mais l'histoire bégaie depuis 1871 ! L'universalisme républicain le message de Jules Ferry, magnifique d'un côté et de l'autre les contradictions insupportables du colonialisme. Et tout cela va créer de la violence."

"La dramaturgie des relations franco-algérienne avec des espérances folles est incroyable. À la fin des années 1920, quand Ferhat Abbas, le grand patron du nationalisme algérien modéré Messali Hadj aspirent à la France : ils vont taper à la porte de la France pendant trente ans ! Nice et la Savoie vont devenir françaises après l'Algérie, mais leurs habitants vont devenir français, les Algériens pas.

C'est le grand mensonge de la colonisation. Quand le député Blum-Viollette du Front populaire veut proposer la nationalité à 24 000 personnes sur 9 millions ! C'est la révolution. Le lobby colonial d'Alger empêche Léon Blum de déposer ce projet."

Explique Georges-Marc Benhamou. Il ajoute que l'issue aurait pu être différente : "Au fond, on croit qu'il n'y a qu'un nationalisme algérien qui dirige l'Algérie, qui est le Front de libération nationale. Il y a eu d'autres tentations.

Il y avait d'autres chemins : le chemin assimilationniste, le chemin ouvrier, démocratique et pluraliste de Messali Hadj, qui aurait pu qui aurait pu être le Mandela de l'Algérie. On voit que les radicaux, les militaires français, les blocages font que les extrêmes des deux côtés vont l'emporter."

Montrer la violence

La violence des rapports est une donnée importante du conflit franco-algérien. Benjamin Stora précise qu'il existe une immense "souffrance algérienne, avec le déplacement de deux millions de paysans algériens, la destruction de milliers de familles, l'utilisation du napalm aussi et bien sûr, la torture, les exactions… Cela a marqué considérablement l'imaginaire algérien. Mais les réalisateurs montrent aussi "l'exil, l'exode, l'arrachement de tous ces Français d'Algérie qui sont nés là-bas sur 2, 3, 4, 5, 6 générations ! On a du mal à imaginer cela aujourd'hui. Toutes ces personnes parties terrorisées vers un pays qu'ils connaissaient à peine."

C'était la guerre d'Algérie sur France TV

ALLER PLUS LOIN

Lire la suite

Nos démocraties à la merci des réseaux sociaux (Vidéo)

7 Mars 2022 , Rédigé par France Inter Publié dans #Médias, #Sociologie, #Politique, #Internet

David Chavalarias présente son ouvrage, Toxic Data, paru le 2 mars chez Flammarion, où il analyse et décrypte comment la manipulation de masse se déploie sur les réseaux.

Février dernier, les convois de la liberté atteignent l’Arc de triomphe. Sur Twitter et sur Facebook, la tension est à son comble. Les anti-pass vont prendre la capitale. Dans leur laboratoire, une équipe de mathématiciens cartographient ce moment de suractivité sur les réseaux sociaux et s’interrogent : Quels comptes s’emploient à relayer tel ou tel message et dans l’intérêt de qui ? Les algorithmes favorisent-ils la montée de telle ou telle colère ? Des robots viennent-ils grossir les rangs des insurgés ? Des puissances étrangères ont-elles intérêt à semer la discorde, chez nous, en France ? Les réseaux sociaux sont-ils la meilleure arme de la Russie et de la Chine cherchant à reconfigurer l’ordre mondial ?

David Chavalarias publie « Toxic Data », tout y est très simplement expliqué : Comment les mouvements d’opinion sont aujourd’hui hautement manipulés et amplifiés sur les réseaux au point que nos démocraties vont y laisser leur peau.

Toxic Data

Toxic Data

Comment les réseaux manipulent nos opinions

« Le 5 mai 2017, durant l’entre-deux-tours de la présidentielle, un tweet révèle des milliers de courriels de l’équipe d’En Marche. Il sera massivement relayé pour tenter de faire basculer l’opinion, et avec elle l’élection.

Qui était à la manœuvre de ces MacronLeaks ?
Le GRU russe, qui aurait hacké les boîtes mail, l’alt-right, l’extrême droite française… et 20 000 bots, des robots pilotés par intelligence artificielle. »

D’élection en élection, une lame de fond s’abat sur chaque citoyen : les réseaux sociaux nous manipulent et déchirent notre tissu social. De fait, la science révèle notre dangereuse inadaptation à la nouvelle donne numérique. Comment se prémunir des intoxications à l’heure du vote ? Une analyse stupéfiante doublée de pistes concrètes, tant individuelles que collectives, pour nous protéger et préserver nos démocraties.

Lire la suite

A lire... "Au cœur du Z" - Par Vincent Bresson, infiltré dans la campagne d'E Zemmour

17 Février 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Politique, #Médias

Me voilà intégré à une équipe fantôme » : les extraits d'un récit  d'infiltration dans l'équipe de Zemmour

« Au cœur du Z », le décryptage d’une stratégie numérique

Vincent Bresson, un journaliste indépendant de 27 ans, « jeune, blanc, et diplômé », dont le prénom a le bonheur de figurer dans le calendrier, constate en septembre 2021 la percée d’Eric Zemmour dans les sondages. Lui qui n’a jamais voté estime que « quelque chose se passe » et décide d’y aller voir. Il postule, sous un faux nom, à Génération Z, et est introduit trois semaines plus tard dans le mouvement.

Le jeune homme colle des affiches, côtoie d’autres militants, cherche à comprendre leurs motivations. Il sursaute lorsque certains cadres parlent devant lui de « Nègres » et observe – le plus souvent d’assez loin – les hauts responsables de l’équipe de campagne. Lorsqu’on lui confie, pour la nuit, la surveillance du quartier général du mouvement, à Paris, il n’en profite pas pour fouiller le bureau d’Eric Zemmour. « Je ne suis pas un espion », écrit Vincent Bresson, qui lit l’historien maurassien Jacques Bainville (1879-1936) pour se mettre à jour.

L’apport majeur de cette plongée chez les partisans du candidat d’extrême droite tient surtout dans le décryptage de leur stratégie numérique et son intégration à « la cellule WikiZédia », qui entend « zemmouriser » les pages Wikipédia.

« Au cœur du Z », de Vincent Bresson (Editions Goutte d’or, 302 pages, 18 euros)

                             ___________________________________

EXTRAITS

Je viens de rejoindre un nouveau groupe de travail nommé « WikiZédia ». J’avais repéré cette initiative début octobre [2021], sur le canal Telegram « Groupe de discussion », ouvert à 1 400 personnes. Un membre proposait de « Contribuer à Zemmour & Wikipédia : ajouter du contenu qui concerne Zemmour, compléter et rectifier si nécessaire. = > contacter @Choucroutegourmande ».

Je contacte @Choucroutegourmande, le 10 novembre, lui signifie mon envie de contribuer, et me voilà intégré à WikiZédia. Une fois de plus, personne ne vérifie mon identité. Et là, c’est vertigineux : j’ai désormais accès à des stratégies et à des tactiques officieuses, non assumées publiquement.

Cette petite cellule de militants pro-Zemmour ne se réunit jamais physiquement. Les « wikizédiens » se coordonnent uniquement par Internet et échangent à travers différentes messageries. Ils sont huit à converser sur Discord et onze à échanger sur Telegram, principalement les mêmes personnes. (…)

Dans la conversation Telegram, un certain Gabriel se présente comme chargé de la page Wikipédia du Z. Il distille ce conseil : « Pour gagner en crédibilité et imposer ses choix éditoriaux, il ne faut pas paraître orienté. » Ce Gabriel précise en quelque sorte la ligne éditoriale à respecter, une sorte de travail d’équilibriste où, pour pouvoir orienter le contenu, il faut disposer de sources crédibles, ne pas s’appesantir sur un point de détail (donc respecter une règle de proportionnalité) et éviter de se faire révoquer par d’autres contributeurs de l’encyclopédie en ligne, qualifiés par Gabriel de « gauchistes qui polluent la page ».

(...)

A quoi peut bien servir ce travail de fourmi ? Gabriel donne la réponse : « Ne lâchez pas la page du Z, qui est encore vue 50 000 fois par jour (émoticône biceps gonflé). » 50 000 vues par jour. D’après les chiffres fournis par la Wikimedia Foundation, la page « Eric Zemmour » est la plus consultée de France sur l’année 2021. Et de loin : 5,2 millions de pages vues. En seconde position, il y a « Elizabeth II » (4,5 millions), puis « Cristiano Ronaldo » (3,9 millions). Plus la campagne s’intensifiera, plus ce chiffre risque d’être élevé. Voici donc l’enjeu central de cette opération : le contrôle de la « vérité » en ligne. (…)

Cette guerre numérique est patronnée par un certain « Samuel ». Dans les conversations, les membres du projet WikiZédia disent prendre leurs directives auprès de lui. S’il n’y a pas de « Samuel » sur Discord, il y en a bien un, surnommé « Grand Chef », sur la conversation Telegram, et il est loin d’être un inconnu. Son nom apparaît un peu plus loin en entier : Samuel Lafont. A 33 ans, il est le patron de la stratégie numérique de la campagne d’Eric Zemmour.

Dans une conférence à usage interne de Génération Z, à laquelle j’ai pu avoir accès, Samuel Lafont retrace lui-même une partie de son parcours militant, notamment à l’UNI, le syndicat universitaire de droite, qu’il décrit comme son « école de formation ». Il explique y avoir gravi tous les échelons. Il a d’abord créé une section de l’UNI ex nihilo à Nîmes, a continué son activisme à Montpellier et a fini par être élu au conseil national des étudiants de ce syndicat, à Paris. (…)

Le 3 décembre 2021, à 00 h 05, Gabriel- « Cheep » intervient sur la page Wikipédia consacrée à Eric Zemmour. Il ajoute des portraits photo du maréchal Pétain et de Pierre Laval, chef du gouvernement sous le régime de Vichy. Sous les photos, « Cheep » rédige la légende suivante : « Philippe Pétain et Pierre Laval, dont la responsabilité dans la Shoah en France est sujette à débat. » Une affirmation totalement fausse.

(…) Un autre utilisateur de Wikipédia (dont le pseudo est « Lefringant ») annule une première fois la modification mensongère de Gabriel- « Cheep », une minute seulement après sa publication. A 00 h 10, « Cheep » revient à la charge en indiquant « Images appropriées ». « Lefringant » annule de nouveau la modification en commentant : « L’image peut-être, la légende absolument pas ». « Cheep » passe en force en disant : « Il suffit de lire l’article sur Laval. » « Lefringant » annule de nouveau. Une administratrice de Wikipédia (dont le pseudo est « Bédévore ») intervient pour stopper la « guerre d’édition ». Elle immobilise cette page pendant vingt-quatre heures, sans la légende de « Cheep ».

Le lendemain, plusieurs contributeurs expérimentés reprochent à Gabriel- « Cheep » ses modifications contraires à la neutralité de point de vue, l’un des principes fondateurs de Wikipédia. Un administrateur propose un blocage d’une semaine pour « Cheep ». Pour se défendre, « Cheep » demande à ce que l’on suppose sa bonne foi, autre règle fondamentale sur Wikipédia. Il écrit : « Pas de procès d’intention. Il s’agit de l’article consacré à Zemmour, donc il me semblait relativement évident que la légende concernait son avis sur le sujet. » En tant que contributeur expérimenté, il sait pourtant que sa légende ne présentait nullement un point de vue, mais une affirmation générale. Son ancienneté le sauve, il n’est pas bloqué. Sa modification est néanmoins masquée pour « contenu illégal ».

(…)

Le 17 décembre, Samuel Lafont intervient en direct sur la messagerie Discord de Génération Z. La discussion s’intitule « Conférence sur la mobilisation ». Le directeur de la stratégie numérique d’Eric Zemmour parle durant trois quarts d’heure, puis répond à quelques questions de militants. Cette conférence a été enregistrée par un militant et publiée sur YouTube, mais la vidéo a très vite été basculée en un lien privé. J’ai pu la sauvegarder pendant sa courte existence (environ quarante-huit heures) en accès libre.

(...)

En fin de journée, le fameux « Yann », responsable des actions Facebook, m’envoie un message. « La stratégie que l’équipe de Zemmour veut mettre en place est d’investir le plus de groupes Facebook possible sur tous les thèmes et de publier sur ces groupes, commenter les publications avec du contenu sur Zemmour. Je vais t’envoyer une liste de catégories de groupes, pourrais-tu m’en donner trois ? Et je t’enverrai un ensemble de groupes à intégrer et sur lesquels publier. »

Depuis son profil Telegram, où « Yann » porte chemise blanche et cravate, il m’envoie un document listant les 97 thèmes ciblés : « Laurent Wauquiez », « Bonapartistes », « Natio-Poutine », « Juifs », « Musulmans », « Antivax », « Johnny », « Pêcheurs », « Coluche », « Pékin Express », « Cosmétique » ou encore « Pizza ». J’opte pour un choix éclectique : « Mylène Farmer », « Gauchos » et « Foot ».

Dans la foulée, « Yann » m’envoie des liens de groupes liés à mes thèmes : « La France insoumise », « Contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes », « Avec Philippe Poutou », « Anticapitaliste », « Ecosocialiste », mais aussi « RC Lens », « Si toi aussi tu es supporter du Racing Club de Lens et fier de l’être », « Olympique lyonnais », « Olympique lyonnais Fans », « Olympique lyonnais à vie », ou encore « Mylène Farmer-Le Groupe, Fans de Mylène Farmer », « Mylène Farmer : le mythe français ». Pour les groupes d’extrême gauche, l’idée est sûrement de susciter un maximum de réactions. Côté foot, le choix de cibler Lens est-il lié au fait que ce club populaire évolue dans un bassin où le vote pour le Rassemblement national est fort ? Et pour Lyon, est-ce parce que le club est réputé avoir une frange de ses supporteurs estampillée « extrême droite » ? (…)

« Yann » m’envoie un dernier message, qu’il avait déjà publié sur la discussion « Action Facebook » : « Sur ces groupes, il faut que vous publiiez à fond du contenu sur EZ [Eric Zemmour] et commentiez les publications avec des liens vers le site d’EZ, des vidéos, lien vers l’adhésion. » Il conseille de poster massivement, de faire des copier-coller avec les contenus partagés sur « J’agis pour Zemmour », voire de publier le même post sur vingt groupes. Et si on finit par se faire virer d’un groupe ? « Vous me le dites, et je vous en envoie un [autre]. » (…)

L’obsession de Samuel Lafont : saturer les réseaux sociaux et parfois même l’espace médiatique. Donner l’impression que des vagues spontanées se créent chaque fois. C’est la même idée avec la création de sites Internet annonçant des soutiens émanant de diverses professions (les agriculteurs, les maires, les profs, les avocats, les militaires…) : laisser entendre qu’une lame de fond extrêmement large pousse la candidature d’Eric Zemmour. En réalité, ces mouvements sont coordonnés. La dynamique Zemmour sur Internet est donc, du moins en partie, artificielle et à mettre au crédit de ces stratégies souterraines.

« Au cœur du Z », de Vincent Bresson (Editions Goutte d’or, 302 pages, 18 euros)

Lire la suite

A voir... "Media Crash : qui a tué le débat public ?" - Au cinéma le 16 février

16 Février 2022 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Médias

Il y a ce que vous voyez, ce que certains souhaitent que vous voyiez, et ce que vous ne voyez pas. Jamais la France n’a connu une telle concentration des médias privés. Quelques industriels milliardaires, propriétaires de télévisions, radios,  journaux utilisent leurs médias pour défendre leurs intérêts privés. Au détriment de l'information d’intérêt public.

 

En cachant ce qui est essentiel, en grossissant ce qui est accessoire, ces médias façonnent, orientent, hystérisent pour certains le débat. Les grands perdants sont les citoyens.

 

Les journalistes de Mediapart et de Premières Lignes s’associent pour raconter la coulisse des grands médias. Révéler des censures et des auto-censures. Des journalistes témoignent de pressions. Entre influence et agenda politique de moins en moins caché. Avec la complicité de certains responsables politiques, qui s’en accommodent volontiers, quand ils n’exercent pas des pressions eux-mêmes.

Lire la suite

Un professeur cartonne dans un jeu télé, ses élèves privés de cours

13 Février 2022 , Rédigé par Capital Publié dans #Education, #Médias

https://media.sudouest.fr/8431286/1200x-1/mdm-ldcm-22-4178-dif-le-21-01-22-laurent.jpg

Laurent Ducourneau est devenu une star du jeu de Tf1 "Les Douze coups de midi", comptant des milliers d'euros de gains depuis plus d'un mois, mais personne ne l'a remplacé dans son lycée.

C'est l'histoire d'une success story qui n'en est pas vraiment une pour les élèves de d'un lycée de Libourne (Gironde). Comme l'a révélé Sud Ouest, relayé par France Bleu, Laurent, comme il est appelé sur TF1, est devenue une figure des Douze coups de midi, le célèbre jeu présenté par Jean-Luc Reichmann. Le gagnant actuel de l'étoile est encore loin des grandes figures de l'émission, à commencer par Bruno et ses 252 participations, pour plus d'un million d'euros de gains. Pour le moment, avec ses 30 victoires, il est classé à la 37e position, mais totalise déjà de son côté plus de 155.000 euros de gains.

Une réussite donc. Sauf que Laurent Ducourneau est professeur dans la vraie vie, de philosophie précisément. Comme nos confrères le rappellent, si sur le plateau l'animateur Jean-Luc Reichmann est dithyrambique sur son poulain, estimant que "les élèves sont comme des fous à Bordeaux et ailleurs", à Libourne, la musique n'est pas la même. Des parents commencent à s'inquiéter à quelques semaines du baccalauréat.

Retour à la rentrée ?

Car depuis trois semaines, Sud Ouest nous informe que le rectorat n'a pas trouvé de remplaçant à Laurent Ducourneau. Donc les élèves n'ont pas cours de philosophie depuis. Comme il a pris un congé sans solde, le rectorat se retrouve coincé. Néanmoins, pas de craintes, puisque les cours ratés vont pouvoir être rattrapés, assure-t-on du côté de l'académie. Quant à Laurent Ducourneau, il sera de retour après les vacances d'hiver de février. Reste à savoir maintenant à quel stade du jeu il s'arrêtera. Pour rentrer dans le top 10 des plus grands gagnants du jeu de TF1, il lui faudrait rester encore plus d'un mois. Réponse dans les jours à venir.

Xavier Martinage

Un professeur cartonne dans un jeu télé, ses élèves privés de cours - Capital.fr

Lire la suite

Quand le CNRS passe Cyril Hanouna au crible - Vidéo - France Inter

13 Février 2022 , Rédigé par France Inter Publié dans #Médias

Lire la suite

Gérard Darmon et Edwy Plenel: tremblements sur un plateau

13 Février 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Médias

Face au duo d’animateurs Ruquier et Salamé, le fondateur de Mediapart est sommé de répondre, sous les rires, à la «charge» que vient de lui asséner l’acteur de sa voix cuivrée. Que lui reproche-t-on? Tout simplement d’enquêter.

C’est l’attaque en piqué la plus inattendue de l’histoire récente des polémiques de plateau. Devant les animateurs de France 2 Laurent Ruquier et Léa Salamé, le comédien Gérard Darmon se déclare d’abord «troublé : Edwy Plenel est un homme qui tremble quand il parle». Ciel, que signifie donc ce tremblement ? Plenel aurait-il donc métabolisé en son corps quelque obscure tragédie ? Plus mystérieux encore, et enrobant l’attaque de miel («vous soulevez des problèmes qui existent, qui sont là, qui sont réels»), Darmon reproche au fondateur de Mediapart «de lancer des infos, d’appeler, de passer des coups de fil en loucedé». Eurêka : c’est une incontrôlable passion investigatrice, qui fait trembler le corps de Plenel.

Tout d’abord, effet de surprise, on écoute Darmon. Quelque chose chez Gérard Darmon respire la sagesse. L’âge, cette belle voix cuivrée. Le téléspectateur n’a rien contre Gérard Darmon. On peinerait à identifier un seul de ses films dans l’immédiat, mais Darmon fait partie des meubles du cinéma français. C’est donc le cinéma profond qui par sa bouche exprime de profondes réflexions, comme il y a une France profonde, un Etat profond.

Mais avec l’accusation de «passer des coups de fil», on dégringole de catégorie. On est dans autre chose. Ça sent le témoignage vécu. Celui qui parle a été témoin direct des fameux «coups de fil», et de leurs ravages. On a souvent reproché à Mediapart d’enquêter à charge, unilatéralement, à sens unique, de feuilletonner ses enquêtes, de mettre en exergue des aspects secondaires, Ibiza, les homards, mais c’est la première fois, sur un plateau, qu’il lui est reproché… d’enquêter tout court.

Le pote du garde des Sceaux

On s’est beaucoup interrogé sur les motivations de Gérard Darmon, inconnu jusqu’alors sur le front de la polémique télévisée, visage mille fois vu dans des films français, dans des rôles de vieux truand ou de vieux flic, rôles à voix sentencieuse, qu’il incarne à merveille. Et ce soir encore. On s’est demandé quelle mouche avait piqué Gérard Darmon, jusqu’à ce qu’on le découvre, dans les archives des réseaux sociaux, pote du garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti. Voilà. Il vengeait donc son copain, lui-même cible récurrente de Mediapart pour sa situation de conflit d’intérêts de ministre, ancien avocat et, tout récemment, à propos de l’acquisition d’une Maserati avec des fonds provenant des Seychelles.

Deux jours durant, Darmon est donc la star malgré lui des réseaux. Mais ce soir-là, il n’est pas seul sur le plateau face à Plenel. Y siègent aussi l’écrivain Frédéric Beigbeder et le duo Ruquier et Salamé. Beigbeder se range du côté de Darmon. Non seulement Plenel tremble, mais la gauche est triste. «Pourquoi est-ce que la gauche moralisatrice emmerde les gens ? Pourquoi elle ne fait plus rêver, la gauche ?» Plenel évoque-t-il une comparaison de Serge Klarsfeld entre Zemmour et Hitler ? Beigbeder, goguenard : «On vient d’assister à un point Godwin en direct. Hitler est arrivé dans le débat.»

Restent les deux animateurs, impartiaux en apparence. D’ailleurs ils ont invité Plenel, et prennent bien soin de lui demander de répondre à la «charge lourde» de Darmon. Voilà bien la preuve qu’ils lui donnent la parole, que les portes du service public ne lui sont pas fermées. Mais on est dans une émission de divertissement. Il ne faudrait pas que le débat devienne trop plombant. «Edwy Plenel, neuvième candidat de la gauche !» lance Salamé, enjouée. Ruquier : «A chaque invitation, quand vous prononcerez Mediapart, on mettra dix euros qu’on offrira à de bonnes œuvres.» Et c’est vrai qu’il est facilement ridiculisable, Plenel, avec son réflexe de prophète en promo permanente, de citer Mediapart toutes les trois phrases, depuis quatorze ans que ça dure.

Mais voilà. Si prompts à moquer Plenel sur des pointes d’épingles, ils ne reprennent jamais Darmon. Ils ne lui disent pas : «Mais enfin, reprochez-vous donc à Mediapart d’enquêter ? C’est bien ça ?». Ontologiquement, le comédien sur un plateau est incontestable. Ils rient à sens unique, comme le désormais immortel duo de présentateurs de Don’t Look Up rit de la jeune doctorante en astrophysique, qui alerte sur la comète. Quoiqu’il arrive, quel que soit le sujet, le rire a le dernier mot, et ce soir il a choisi son camp.

Daniel Schneidermann

Lire la suite

L'instit des «grandes gueules» - Souvenirs d'un prof dans les médias - Texte intégral

9 Décembre 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Médias

Autisme - Sylvain Grandserre, instituteur : « Mes collègues ont peur »

EXTRAIT

Invité pendant 12 ans à des débats radio/TV, je livre une analyse des mécanismes de fabrication du buzz et pointe la dérive de ces médias. Une conviction : la zemmourisation médiatique encourage la trumpisation politique. Il ne s'agit pas de «cracher dans la soupe», mais de comprendre pourquoi elle a désormais si mauvais goût. Ce récit a fait l'objet de l’émission Arrêt sur images du 26/03/2021.

On peut retrouver ci-dessous le lien vers l'émission du 26/03/2021  d'ARRÊT SUR IMAGES de Daniel SCHNEIDERMANN entièrement consacrée à cette série d'articles. Cette interview d'une heure a immédiatement suscité de très nombreuses réactions sur Twitter, notamment des deux journalistes/présentateurs/animateurs, mais aussi de leurs nombreux followers, preuve qu'on peut parler d'une émission sans même avoir pris le temps de la regarder. Mais il n'est pas trop tard ! Surtout si l'on veut sortir des caricatures.

Emission d'ARRÊT SUR IMAGES => Grandes Gueules : "On achète notre liberté de parole pour créer le clash".

https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/grandes-gueules-on-achete-notre-liberte-de-parole-pour-creer-le-clash

PARTIE 1

Invité douze années à une émission de radio pionnière dans les débats médiatiques, j’analyse ici cette expérience inédite, d’autant plus importante qu’elle annonçait l’avènement du « buzz » et de la zemmourisation des grands médias privés. Occasion aussi de réfléchir aux moyens d’en finir avec cette lente dégradation qualitative et démocratique de notre système d’information. 

Avant d’entrer dans les détails de mon expérience, je veux exposer ici ce qui motive mon écriture. L'univers médiatique est relativement hermétique, peu accessible si on n'y travaille pas. Certes, il arrive que les uns et les autres y fassent quelques incursions le temps d'un reportage, d'une interview, d'une invitation. Mais il est rare qu'une personne totalement étrangère à ce domaine y vienne si souvent, aussi longtemps, qui plus est dans un groupe TV/radio/presse en pleine expansion.

Mon précédent billet, dans l'urgence d'une réponse à la nouvelle offense qui était faite à mon métier, ne faisait que dévoiler ce que j'avais pu découvrir. Je souhaite ici prendre le temps d'une plus longue description et d'une analyse plus profonde. On ne peut imaginer uniquement des médias publics, même si - à titre personnel - j’en fais grande consommation. A moins de vouloir tout nationaliser, il faut d'urgence réfléchir à ce que peuvent être les modèles - notamment économiques - de médias privés, indépendants à la fois des grandes fortunes qui font main basse sur le secteur, et des logiques financières qui poussent leurs acteurs à rechercher le clash afin d’assurer leur rentabilité au travers d’audiences ainsi dopées. Mais d’abord, pour cette première partie, j’explique d’où je pars et donc d’où je parle.

On parle de quoi ?

Pendant douze ans, j’ai participé plus de 300 fois aux « Grandes Gueules » (ou « GG »), une émission quotidienne de deux à trois heures de débats, novatrice à son lancement (août 2004), diffusée initialement sur la radio RMC puis en simultané à la télévision sur RMC STORY (ex NUMÉRO 23, « chaîne de la diversité ») depuis septembre 2016. Elle est animée, conjointement ou alternativement, par les journalistes Alain MARSCHALL et Olivier TRUCHOT qui officient également sur BFM/TV, chaîne de télévision appartenant au même groupe média NEXTRADIO TV.

Cette émission, qui boucle sa 17e saison, est essentielle dans la stratégie du groupe puisqu'elle est mise à l’antenne, en direct ou en rediffusion, près de 30 heures par semaine (1). Chaque jour, s’y retrouvent trois intervenants parmi les 15 recrutés. Chacun est avant tout présenté selon sa profession : l'avocat (il y en a trois), le fromager (qui est plutôt devenu chef d’entreprise), la prof d'histoire-géo (qui ne l’est plus), l’instit (qui l’était vraiment), l'éducateur (qui est encore bien plus que cela), l'étudiant (qui publie déjà un livre), l’agriculteur (ancien responsable syndical), la fonctionnaire (qui fut porte-parole de Manuel VALLS), l’éditrice (qui est la compagne d’un important homme politique) l’ancienne SDF (qui heureusement ne l’est plus), le directeur marketing (qui fut aussi mannequin)... 

Chacun exprime librement son opinion mais sur les sujets retenus préalablement par l’équipe de l’émission. Les thèmes abordés sont présentés sous la forme d'une question assez binaire du type "pour ou contre". Ce concept est ainsi présenté : « Chez nous, c’est comme dans un repas de famille, on se retrouve pour discuter de l’actualité, on s’engueule, parfois des propos dépassent notre pensée. Ce n’est pas grave, on s’excuse et la conversation continue » (Olivier TRUCHOT, lefigaro.fr, 25/09/2018). Bref, des débats à la bonne franquette pour les uns, bien franchouillards pour d’autres, encadrés par deux journalistes expérimentés mais dont le rôle ici sort largement du cadre habituel d'une mission d’information pour glisser vers un show d'opinions (c’est même un slogan de la station, « RMC, votre radio d’opinions »).

(...)

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Sylvain GRANDSERRE
Maître d’école en Normandie
Ex-chroniqueur radio/tv
Auteur de « Un instit ne devrait pas avoir à dire ça ! » (coédition ESF / La Classe)

Lire la suite

Revue de Presse Education... Oh Micro(n)

29 Novembre 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Oh Micro(n)

Une revue hebdomadaire forcément marquée par le rebond du Covid (on révise l’alphabet grec bien malgré nous). Mais cette revue est surtout marquée du sceau d’un grand malaise dans la profession, d’un peu de pédagogie et de pas mal de réflexions sur l’orientation et le supérieur.

Oh Micro(n)

Le nouveau variant faisant flamber la 5è vague, on a encore beaucoup entendu le ministre cette semaine

Libération s’interroge : « Nouveau protocole Covid à l’école primaire : ça passe ou ça classe ?« 

Le ministre de l’Education nationale a annoncé ce jeudi la généralisation d’un dispositif expérimenté jusqu’alors dans dix départements : il n’y aura plus de fermeture de classe mais un dépistage de tous les élèves si un cas est détecté. Des dispositions aux contours encore flous.

La Dépêche détaille les mesures du nouveau protocole présenté sur France Inter : « autotests obligatoires en 6e, tests en maternelle… les nouvelles annonces de Jean-Michel Blanquer » et notamment celle qui interroge le plus : l’obligation de donner le statut négatif des élèves dès qu’un cas positif se trouve dans leur classe. Comment, alors que le Conseil constitutionnel a rappelé l’obligation du secret médical imposer la divulgation des résultats ?

On va dire que j’ai des chouchous, mais je suis encore une fois totalement d’accord avec l’analyse de Lucien Marboeuf dans son blog que je vous invite à lire si ce n’est déjà fait ! « 5ème vague : l’école dans le sens inverse des aiguilles » !

Pour aller à la source, voici le lien vers la FàQ du Ministère, mise à jour le vendredi 26 novembre.

Corollaire de la flambée des cas et des fermetures de classes (bon, ça c’est terminé, trop de classes fermées = on ne ferme plus… intéressante équation !), le retour du spectre du distanciel.

Libération en parlait dès le 24 novembre : « Covid-19 : à l’école, l’enseignement à distance repose une colle ».

« Le ministre de l’Education a signalé, mardi devant l’Assemblée nationale, une nouvelle augmentation sensible : 6 000 classes, «de l’école primaire en particulier», gardent actuellement porte close, nouveau chiffre le plus élevé depuis la rentrée et près de cinq fois supérieur au recensement paru avant les vacances de la Toussaint. «Je rappelle que l’année dernière, au pic de l’épidémie, quand nous réussissions à maintenir l’école ouverte, nous étions quand même à 12 000 classes fermées», a voulu rassurer Jean-Michel Blanquer. «Il compare des chiffres qui ne sont pas comparables», recadre Guislaine David, du SnuiPP-FSU, syndicat majoritaire dans le premier degré. Car si une classe de maternelle ou d’élémentaire est censée fermer, durant une semaine, dès la détection d’un cas de Covid, ce n’est plus le cas dans le second degré, ou à la marge, en sixième, car les enfants sont trop jeunes pour être vaccinés.

«Les chiffres nous affolent parce que c’est beaucoup plus important que l’année dernière, poursuit la syndicaliste. On risque de se retrouver comme en février-mars.» Un professeur des écoles de l’académie de Versailles, qui voit les classes fermer à grande vitesse autour de lui, résume l’état d’esprit général : «On avait un peu oublié tout ça, et ça revient comme un boomerang.» La preuve dans cette école de l’académie de Toulouse, où aucun enfant n’a contracté le Covid en un an et demi et où c’est la cata depuis cinq jours : une cinquième fermeture de classe, sur les huit que compte l’établissement, devait être décidée mercredi soir.« 

Julien Cueille sur son blog évoque lui aussi le distanciel, en avons-nous fait le bilan ? « Le spectre du distanciel hante l’Europe… Mais en a-t-on dressé le bilan? Les voix des « experts » (en technologies numériques, plutôt qu’en pédagogie) continuent de se faire bruyamment entendre, peut-être pour couvrir la parole des enseignant-e-s… et des élèves. » J’avoue trouver qu’une enquête sur 60 enseignants (est-ce un panel représentatif ?) sur 800 000 n’a pas forcément une grande valeur, mais je retiens que la pédagogie et non la technologie doit être à la base des usages du numérique pour les enseignants, cela paraît logique, comme pour toute forme d’enseignement.

(...)

Emilie Kochert

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Lire la suite
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 > >>